ARCHIVÉ - Relevé des maladies transmissibles au Canada

 

Volume 36 • DCC-4
Juillet 2010

Une déclaration d'un comité consultatif (DCC)
Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI)

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Mise à jour de la déclaration sur l'utilisation des vaccins antirotavirus (Document PDF - 585 ko - 37 pages)

Mise à jour de la déclaration sur l'utilisation des vaccins antirotavirus

Preamble

Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) donne à l'Agence de la santé publique du Canada des conseils constants et à jour liés à l'immunisation dans les domaines de la médecine, des sciences et de la santé publique. L'Agence de la santé publique du Canada reconnaît que les conseils et les recommandations figurant dans la présente déclaration reposent sur les connaissances scientifiques les plus récentes et diffuse le document à des fins d'information. Les personnes qui administrent le vaccin doivent également connaître le contenu des monographies de produit pertinentes. Les recommandations d'utilisation et les autres renseignements qui figurent dans le présent document peuvent différer du contenu des monographies de produit des fabricants du vaccin au Canada. Les fabricants ont fait approuver leur vaccin et démontré son innocuité et son efficacité uniquement lorsqu'il est utilisé conformément à la monographie de produit. Les membres du CCNI et les agents de liaison doivent se conformer à la politique de l'Agence de la santé publique du Canada régissant les conflits d'intérêts, notamment la déclaration annuelle des conflits d'intérêts possibles.


Membres : Dre J. Langley (présidente), Dre B. Warshawsky (vice présidente), Dre S. Ismail (secrétaire exécutive), Dre N. Crowcroft(L'Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé), Mme A. Hanrahan (Services de santé de l'Alberta), Dre B. Henry (Centre d'épidémiologie de la Colombie-Britannique), Dre D. Kumar (Université de l'Alberta), Dre A. McGeer (Hôpital Mount Sinai), Dre S. McNeil (Professeur agrégée de médecine, Université de l'Alberta), Dre C. Quach-Thanh (L'Hôpital de Montréal pour enfants), Dr B. Seifert (Office régional de la santé de Winnipeg), Dre D. Skowronski (Centre d'épidémiologie de la Colombie-Britannique), Dr B. Tan (Professeur agrégé en pédiatrie, Hôpital du Royal University)

Représentants de liaison : Dre B. Bell (Center for Disease Control and Prevention des États-Unis), Dr C. Cooper (Association canadienne pour la recherche et l'évaluation en immunisation), Mme K. Pielak (Coalition canadienne des infirmières et infirmiers pour l'immunisation), Dre S. Rechner (Collège des médecins de famille du Canada), Dre M. Salvadori (Société canadienne de pédiatrie), S. Pelletier (Association pour la prévention des infections à l'hôpital et dans la communauté), Dre N. Sicard (Association canadienne de santé publique), Dre V. Senikas (Société des obstétriciens et gynécologues du Canada), Dr P. Plourde (Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages), Dr P.Van Buynder (Conseil des médecins hygiénistes en chef), Dre P. Orr (l'Association pour la microbiologic médicale et l'infectiologie Canada)

Représentants d'office : Mme M. FarhangMehr (Centre de l'immunisation et des maladies respiratoires infectieuses), Dre S. Desai (Centre de l'immunisation et des maladies respiratoires infectieuses), Dre B. Law (Centre de l'immunisation et des maladies respiratoires infectieuses), lcol (Dr) James Anderson (ministère de la Défense nationale), Dre Ezzat Farzad (Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits - Bureau de la médecine communautaire), Dr F. Hindieh (Direction des produits biologiques et des thérapies génétiques), Dre D. Elliott (Centre de l'immunisation et des maladies respiratoires infectieuses), Dr P. Varughese (Centre de l'immunisation et des maladies respiratoires infectieuses) de l'Agence de la santé publique du Canada régissant les conflits d'intérêts, notamment la déclaration annuelle des conflits d'intérêts possibles.

Introduction

Depuis la publication de la Déclaration sur l'usage recommandé du vaccin antirotavirus pentavalent à souches réassorties de virus humain-bovin dans le RMTC de janvier 2008(1) , l'usage d'un nouveau vaccin antirotavirus (RotarixMC, GlaxoSmithKline Biologicals) a été autorisé. D'autres données sur l'épidémiologie, l'innocuité et l'efficacité associées à l'usage des vaccins antirotavirus ont également été rendues publiques. Bien que les deux vaccins autorisés (RotaTeq®, Merck Frosst Canada, Inc. et RotarixMC) assurent une protection contre la gastro-entérite à rotavirus, leur composition et leur calendrier d'utilisation diffèrent. La présente déclaration met à jour les recommandations relatives à l'usage du vaccin antirotavirus pentavalent à souches réassorties de virus humain-bovin (RotaTeq®) et fournit de l'information sur l'innocuité, l'efficacité et l'usage recommandé du vaccin monovalent à rotavirus humain vivant, atténué (RotarixMC).

Recommandations du CCNI :

1. Nourrissons en santé : Les vaccins antirotavirus sont recommandés pour les nourrissons âgés de 6 semaines (6 semaines et 0 jour) à 15 semaines (14 semaines et 6 jours). La série vaccinale devrait se terminer à 8 mois (8 mois et 0 jour). (Recommandation - Catégorie A - données probantes suffisantes pour recommander l'immunisation)

2. Nourrissons prématurés : Les nourrissons qui sont âgés entre 6 semaines (6 semaines plus 0 jour) et 8 mois (8 mois plus 0 jour) d'âge chronologique et qui sont en santé et non hospitalisés peuvent recevoir RotaTeq® ou RotarixMC. La première dose devrait être administrée entre l'âge de 6 semaines (6 semaines et 0 jour) et de 15 semaines (14 semaines et 6 jours). La série vaccinale devrait se terminer à 8 mois (8 mois et 0 jour). (Recommandation - Catégorie A - données probantes suffisantes pour recommander l'immunisation)

3. Nourrissons immunodéprimés : D'après le risque théorique associé aux vaccins à virus vivant atténué chez les nourrissons immunodéprimés et compte tenu du peu de données relatives à cette population, le CCNI recommande que les nourrissons atteints ou soupçonnés d'être atteints d'un déficit immunitaire ne reçoivent pas RotaTeq® ni RotarixMC sans consultation préalable auprès d'un médecin spécialiste ou d'un expert dans ces troubles. (Recommandation - Catégorie E - données probantes suffisantes pour déconseiller l'immunisation)

4. Nourrissons ayant des antécédents d'intussusception : En s'appuyant sur des données récentes, le CCNI recommande que les nourrissons ayant des antécédents d'intussusception ne reçoivent pas de vaccins antirotavirus. (Recommandation - Catégorie E - données probantes suffisantes pour déconseiller l'immunisation)

Méthodes

Le CCNI a examiné certains éléments comme le fardeau de la maladie à prévenir et les populations cibles, l'innocuité, l'immunogénicité, l'efficacité réelle et potentielle des vaccins, les calendriers vaccinaux et d'autres aspects de la stratégie globale d'immunisation. Après une évaluation critique de chacune des études, des tableaux sommaires assortis de cotes de qualité des preuves s'inspirant de la hiérarchie méthodologique du CCNI (tableaux 7 et 8) ont été dressés et des recommandations relatives à l'utilisation des vaccins ont été proposées. Le président du groupe de travail et l'un des médecins spécialistes de l'ASPC ont présenté les données probantes et proposé des recommandations au CCNI. Après un examen approfondi des preuves et une consultation des membres aux réunions du CCNI, le Comité a adopté certaines recommandations. Une description des considérations pertinentes, des raisons sous-tendant certaines décisions et des lacunes dans les connaissances est présentée ci-dessous. La synthèse complète des connaissances tenues à jour par l'ASPC. L'ASPC consigne les renseignements sur ces processus tout au long de la synthèse des connaissances et de l'élaboration des recommandations.

Une recension des écrits a été effectuée pour la déclaration antérieure sur le vaccin antirotavirus(1) au moyen d'une recherche dans la base de données Medline, pour la période 1966-2007, avec les mots clés MeSH suivants : rotavirus infection, rotavirus disease, rotavirus vaccine. Par la suite, une autre recension des écrits a été réalisée pour retracer des études pertinentes publiées de 2007 à 2009. Les mêmes mots clés MeSH ont été utilisés pour la compilation des nouvelles publications. Une brève description de la recension antérieure est présentée ci-dessous, de même que des données nouvelles.

Résumé de l'épidémiologie et du fardeau de la maladie

Le rotavirus est un virus à ARN double brin formé d'un noyau central, d'une capside interne et d'une capside externe. Le sérotype viral est défini par deux protéines virales (VP) de structure, situées dans la capside externe : VP7, la glycoprotéine (protéine G), et VP4, la protéine clivée par une protéase (protéine P)(2). Ces protéines de la capside externe provoquent la formation d'anticorps neutralisants qui joueraient, semble-t-il, un rôle de protection important. Onze sérotypes VP7 (G) et douze sérotypes VP4 (P) sont connus comme étant pathogènes pour les humains(3). Comme une ségrégation indépendante de ces deux segments de gène qui codent ces protéines est possible, de nombreuses combinaisons VP7/VP4 peuvent exister et un système de typage, fondé sur les types G et P, a été mis au point(2;3).

Aux É.-U. et, selon les données limitées dont on dispose au Canada, six sérotypes de rotavirus (P1A[8]G1, P1B[4]G2, P1A[8]G3, P1A[8]G4, P1A[8]G9 et P2A[6]G9) sont à l'origine de la majorité des maladies. Ces souches sont en général désignées par la spécificité de leur sérotype G (sérotypes G1-4 et G9). Environ 55 % à 65 % de toutes les gastro-entérites à RV dans 2 études canadiennes(4;5) ont été causées par le sérotype G1. Bien que les sérotypes non G1 soient généralement moins répandus, la prévalence de chaque sérotype varie cependant d'année en année et d'une région géographique à l'autre. Chacun des autres sérotypes G peut dominer au cours d'une année donnée(6).

Le rotavirus est une cause fréquente de gastro-entérite chez les enfants, étant responsable en général de 10 % à 40 % de toutes les gastro-entérites infantiles(7-10). Les données épidémiologiques canadiennes ont déjà été passées en revue(1) . Selon les données disponibles au Canada, on estime que la gastro-entérite à rotavirus est associée à une utilisation considérable des soins de santé : environ 36 % des enfants infectés par un rotavirus consultent un médecin, 15 % se rendent dans un service des urgences et 7 % doivent être hospitalisés(11). Le rotavirus cause la majorité des gastro-entérites infantiles qui nécessitent une hospitalisation; dans l'ensemble, quelque part entre un enfant sur 62(11) et un enfant sur 312(12) de < 5 ans devra être hospitalisé pour une infection à rotavirus. Les parents d'enfants atteints d'une gastro-entérite à rotavirus sont plus nombreux que les parents d'enfants souffrant d'une gastro-entérite non à rotavirus à s'absenter du travail (54 % contre 37 %)(5). La transmission familiale est fréquente; au moins un autre membre de la famille de 47 % des cas d'infection à rotavirus souffrant de diarrhée(5;13).

Une étude rétrospective récente du fardeau des infections à rotavirus en Colombie-Britannique(14) a approfondi la question du fardeau des maladies à rotavirus au Canada. Cette étude s'est basée sur des données tirées de bases de données administratives pour la période 2000-2007 dans une région du Canada. Elle a montré que l'incidence des maladies à rotavirus chez les enfants de 0 à 4 ans s'établissait à 50,9 pour 100 000 habitants et le taux d'hospitalisation s'élevait à 20 pour 100 000 habitants. Ces données comportent certaines limites importantes, notamment le fait qu'il s'agisse d'une étude rétrospective, de l'examen d'une région géographique limitée et de l'utilisation de données administratives.

Le Programme canadien de surveillance active de l'immunisation (IMPACT) a récemment publié des données provenant d'une étude de surveillance prospective. Entre janvier 2005 et décembre 2007, 1 359 enfants ont été hospitalisés(15;16) dans les 12 hôpitaux du réseau d'IMPACT en raison d'une gastro-entérite à rotavirus d'origine communautaire, laquelle a été confirmée en laboratoire. Aucun des 1 321 cas dont le statut vaccinal était connu n'avait reçu de vaccin antirotavirus. Soixante-trois pour cent des cas concernaient des nourrissons de 2 ans et moins; l'âge moyen des cas était de 2,4 ans. Une co-morbidité sous-jacente était présente chez 32 % des enfants; les troubles gastro-intestinaux représentaient plus de 25 % des affections sous-jacentes, la maladie de Crohn et le reflux gastro-oesophagien étant les plus fréquents. Dans l'ensemble, 48,6 % des enfants hospitalisés étaient déshydratés, et la durée moyenne des épisodes de diarrhée et de vomissements précédant l'hospitalisation était de 2,3 jours et de 2,4 jours, respectivement. En raison de l'infection à rotavirus, on a considérablement eu recours aux soins de santé, notamment la consultation aux urgences qui a mené à une hospitalisation (1 consultation chez 68,5 % des enfants, 2 consultations chez 26,4 % des enfants, 3 consultations chez 4 % des enfants et 4 consultations chez 1 % des enfants). Les enfants ont séjourné en moyenne 7,9 heures en salle d'urgence avant leur hospitalisation et ont été admis pour une durée moyenne de 3,4 jours. Au total, 48 enfants (3,5 %) ont eu besoin de soins intensifs pendant une période moyenne de 2,4 jours; aucun enfant ayant une infection d'origine communautaire n'est décédé. En tout, dans les hôpitaux du réseau d'IMPACT, 497 enfants ont été hospitalisés avec une gastro-entérite à rotavirus nosocomiale confirmée en laboratoire pendant la même période de surveillance de 3 ans. Ainsi, l'infection nosocomiale était responsable de 27 % (497/1 856) des admissions attribuables à une gastro-entérite à rotavirus. Le nombre d'enfants de moins de 1 an ayant contracté l'infection à rotavirus nosocomiale était disproportionné (59 % vs 31 % des cas d'origine communautaire). Aucun des enfants atteints d'une infection à rotavirus nosocomiale n'avait reçu de vaccin antirotavirus. Deux enfants de moins d'un an ayant des affections sous-jacentes et une infection nosocomiale sont décédés, mais aucun des décès n'était directement attribuable à une infection à rotavirus.

En résumé, les données publiées disponibles indiquent que le fardeau de la maladie associé au rotavirus chez les enfants canadiens de moins de cinq ans est considérable

Mise à jour sur RotaTeq®

RotaTeq® est un vaccin pentavalent oral à souches réassorties de virus vivant humain-bovin qui contient 5 souches réassorties de rotavirus. L'usage de RotaTeq® a été autorisé au Canada en août 2006 pour la prévention de la gastro-entérite à rotavirus chez les nourrissons âgés de 6 à 32 semaines. Son administration systématique chez les nourrissons a été recommandée par l'Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP) des États-Unis en août 2006. En janvier 2008, le CCNI a recommandé que RotaTeq® soit offert aux nourrissons âgés de 6 à 32 semaines dont les parents ou tuteurs souhaitent réduire le risque de gastro-entérite à rotavirus(1) .

Mise à jour sur l'innocuité de RotaTeq®

Dans des études de phase III de RotaTeq® portant sur près de 72 000 nourrissons en santé, aucune augmentation du risque d'intussusception ou d'autres événements indésirables graves n'a été observée(17-18). Aux États-Unis, l'innocuité post-commercialisation de RotaTeq® est surveillée par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et la Food and Drug Administration (FDA), qui évaluent les rapports produits par deux systèmes : le système de surveillance passive Vaccine Adverse Events Reporting System (VAERS) et le système de surveillance active Vaccine Safety Datalink (VSD)(19).

Entre février 2006 et mars 2008, environ 14 millions de doses de RotaTeq® ont été distribuées aux États-Unis; le nombre de doses administrées n'est cependant pas connu(20-22). Les données disponibles ne démontrent pas que RotaTeq® est associé à l'intussusception(20-21). L'association potentielle entre RotaTeq® et l'intussusception a été évaluée par comparaison du nombre de cas d'intussusception signalés au VAERS, après l'administration de RotaTeq® avec le nombre de cas attendus du seul fait du hasard. Les taux de base de l'intussusception chez les nourrissons de 6 à 14 semaines, de 15 à 23 semaines et de 24 à 35 semaines ont été établis d'après les diagnostics lors du congé de l'hôpital dans les sites d'étude du VSD pour la période 2000-2004, avant l'introduction de RotaTeq®.

Entre le 1er février 2006 et le 31 mars 2008, le VAERS a reçu 267 rapports de cas d'intussusception qui répondaient à la définition de cas de la Brighton Collaboration(22); 91 d'entre eux (34 %) sont survenus dans les 21 premiers jours suivant la vaccination, 48/91 (53 %) dans les 7 premiers jours. Le nombre de cas d'intussusception signalés au VAERS soit durant la période de 21 jours ou de 7 jours suivant l'administration de n'importe quelle dose de RotaTeq® ne dépassait pas le nombre de cas attendus du seul fait du hasard. Bien qu'on ait observé une agrégation apparente des cas d'intussusception durant la période de 7 jours suivant l'administration de la première dose de RotaTeq®, il n'est pas possible, à partir des données du VAERS seulement, de déterminer si cette augmentation est due à une meilleure déclaration des cas d'intussusception après la première dose du vaccin ou à une légère hausse du risque d'intussusception dans les 7 jours suivant l'administration de la première dose(20-22).

Une évaluation plus approfondie de l'innocuité après la commercialisation de RotaTeq® peut être obtenue du Vaccine Safety Datalink (VSD), un réseau de surveillance active regroupant huit organisations de soins intégrés disséminées dans tous les É.-U. et englobant 2,9 % de la population américaine. Le VSD est capable de vérifier les hypothèses produites par le VAERS ou les études cliniques de pré-commercialisation. À la suite de l'administration de plus de 200 000 doses, le VSD n'a relevé aucune augmentation du risque d'intussusception dans les 30 jours suivant la réception de toute dose de RotaTeq® (23). Plus de 160 000 premières doses ont été administrées dans le cadre des essais du VSD et des essais préalables à l'homologation, et aucun cas d'intussusception n'a été détecté dans les 7 jours suivant la vaccination(23).

D'après les données de surveillance de l'innocuité après la commercialisation obtenues par le VAERS et le VSD, la vaccination par RotaTeq® n'est suivie d'aucune augmentation du risque d'autres événements indésirables graves, notamment la présence de selles sanglantes, de la méningite, de l'encéphalite, de crises convulsives, de la maladie de Kawasaki, de la myocardite ou septicémie à Gram négatif(22;24). Le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale ( GACVS ) a passé en revue récemment toutes les données disponibles en provenance des É.-U. (où le vaccin RotaTeq® a été introduit) et de l'Union européenne (où le vaccin RotarixMC est utilisé) portant sur l'association potentielle entre la maladie de Kawasaki et les vaccins antirotavirus et a conclu qu'aucune preuve n'indiquait l'existence d'une association causale entre les vaccins antirotavirus et la maladie de Kawasaki(25).

En résumé, les données de surveillance post-commercialisation après la distribution de plus de 14 millions de doses de RotaTeq® aux É.-U. ne démontrent pas ni ne laissent entrevoir une augmentation du risque d'intussusception ou d'autres événements indésirables graves chez les nourrissons suivant l'administration du vaccin RotaTeq®.

Les CDC et la FDA continueront de surveiller les événements indésirables signalés après la vaccination par RotaTeq® aux É.-U.

Le 7 mai 2010, Santé Canada a émis un avis sur une évaluation en cours de réalisation des données concernant la présence de circovirus porcin. Nous sommes présentement à examiner de nouvelles données concernant la présence d'ADN de circovirus porcin (PCV-1 et PCV-2) dans les vaccins antirotavirus. Bien que l'on considère que ces vaccins sont contaminés par le circovirus porcin, il ne semble pas que ce dernier cause une maladie chez l'humain. Selon Santé Canada, rien n'indique que la présence de PCV-1 ou de PCV-2 dans les vaccins antirotavirus pose un risque pour la sécurité des patients et souligne que le profil d'innocuité des vaccins antirotavirus était excellent lors des essais cliniques et l'est demeuré après une utilisation clinique auprès de millions de patients(26).

Mise à jour sur l'efficacité de RotaTeq®

Dans les essais de phase III qui ont mené à l'homologation de RotaTeq®, l'efficacité globale de trois doses de RotaTeq® contre la gastro-entérite à rotavirus grave causée par des sérotypes G contenus dans le vaccin (G1, G2, G3, G4) atteignait 98,2 % (IC à 95 % 89,6-100) et s'élevait à 73,8 % (IC à 95 % 67,2-79,3 %) contre la gastro-entérite à rotavirus de toute gravité durant la première saison entière d'infection à rotavirus une fois la vaccination terminée. Chez 144 nourrissons inscrits aux essais de phase III qui ont reçu au moins une dose de RotaTeq® plus de 10 semaines après une dose antérieure, l'efficacité du vaccin contre la gastro-entérite à rotavirus G1-G4 de toute gravité était similaire à celle observée chez les nourrissons qui avaient reçu des doses selon le calendrier moins de 10 semaines après une dose antérieure (74%; IC à 95 % 67-79 % c. 63 %; IC à 95 %, <0-94 %)(27). Dans l'étude d'extension de l'essai central REST (Rotavirus Efficacy and Safety Trial) menée en Finlande, 21 000 des quelque 70 000 nourrissons originaux ont été suivis jusqu'à l'âge de 3,5 ans(18;28). Le nombre total d'hospitalisations et de consultations aux urgences associées à la gastro-entérite à rotavirus jusqu'à 3,1 ans après la 3e dose a diminué de 94 % (IC à 95 % 91-96 %); l'efficacité du vaccin contre la gastro-entérite à rotavirus de toute intensité atteignait 63 % (IC à 95 % 44-75 %)(28). Durant la même période de suivi, une évaluation par sérotype du degré de prévention des hospitalisations et des consultations aux urgences associées à la gastro-entérite à rotavirus chez les nourrissons qui avaient reçu 3 doses du vaccin a mis en évidence une baisse soutenue de 82 % à 95 % des taux de gastro-entérite causée par les rotavirus G1-G4 et G9(29).

L'essai REST ne visait pas à évaluer l'efficacité d'un nombre de doses de RotaTeq® inférieur à 3. Toutefois, l'analyse après coup des hospitalisations et des consultations aux urgences dans cette population a révélé des taux élevés de protection après l'administration de la première et de la deuxième dose du vaccin(30). Entre le 14e jour suivant la première dose et l'administration de la 2e dose, le taux d'infection par les sérotypes G1-G4 a diminué de 100 % (IC à 95 % 72-100 %) et le taux d'infection par tout sérotype de 82 % (IC à 95 % 39-97 %); entre le 14e jour suivant la 2e dose et l'administration de la 3e dose, une réduction du taux de 91 % (IC à 95 % 63-99 %) a été observée pour les sérotypes G1-G4 et de 84 % (IC à 95 % 54-96 %) pour tout sérotype du rotavirus. Boom et coll. ont évalué l'efficacité d'une immunisation complète (3 doses) ou partielle (1 ou 2 doses) par RotaTeq® en relation avec les consultations aux urgences dans un milieu urbain aux États-Unis. Dans une étude cas/témoins comparant les enfants atteints d'une gastro-entérite à rotavirus confirmée en laboratoire à un groupe témoin de sujets ayant une gastro-entérite non causée par un rotavirus ou atteints d'une maladie respiratoire aiguë, l'efficacité de la protection conférée par le vaccin antirotavirus empêchant une hospitalisation ou une consultation aux urgences était de 69 % (IC à 95 % = 71 % à 100 %) après 1 dose, 81 % (IC à 95 % = 13 % à 96 %) après 2 doses et de 88 % (IC à 95 % = 68 % à 96 %) après 3 doses. Ces données semblent indiquer que la vaccination des nourrissons durant la saison d'infection à rotavirus peut conférer une protection précoce importante contre les maladies graves à rotavirus même si la série vaccinale n'est pas complète(31).

L'impact de la vaccination systématique des nourrissons américains au moyen de RotaTeq® a été évalué récemment par les CDC, qui se sont servis des données du National Respiratory and Enteric Virus Surveillance System (NREVSS) et du New Vaccine Surveillance Network (NVSN) en mesurant plusieurs paramètres soit la date du début de la saison, le nombre de cas, la fréquence des tests et la proportion des tests positifs(32). Comparativement aux 6 saisons précédentes (2000-2006), la période d'activité du rotavirus durant la saison 2007-2008 a été retardée de 15 semaines. Entre 2000 et 2006, la date médiane d'apparition des maladies à rotavirus a été la mi-décembre. En 2008, l'activité du rotavirus a débuté à la fin février, soit avec un retard de huit semaines. Cette analyse a également fait ressortir une baisse spectaculaire du nombre global de cas signalés. Lorsqu'on examine la saison 2007-2008 dans son ensemble, l'ampleur des maladies à rotavirus a diminué de plus de 50 %. Bien que le nombre de cas puisse varier d'une année à l'autre, tant le nombre total de tests effectués que le nombre de tests positifs pour le rotavirus étaient beaucoup plus faibles durant la saison 2007-2008 que pendant les sept saisons précédentes (2000-2006). Si l'on considère le nombre total de tests de détection du rotavirus effectués durant la saison 2007-2008, on constate que 11 % plus de tests ont été réalisés, mais que le nombre d'échantillons positifs détectés a baissé de 67 %(33). Dans toutes les régions étudiées, la saison a été retardée et le pourcentage de tests positifs pour le rotavirus était anormalement faible. Chez les enfants inscrits dans le NVSN, entre le 1er janvier et le 30 avril 2006, 2007 et 2008, le pourcentage total d'échantillons de selles positifs pour le rotavirus était de 50 %, 45 % et 6 %, respectivement(34). Cette réduction considérable du nombre d'échantillons de selles positifs pour le rotavirus a été observée chez les enfants hospitalisés.

Depuis la publication des résultats de surveillance des CDC décrits ci-dessus, plusieurs autres études menées dans différents milieux cliniques et régions géographiques aux quatre coins des É.-U. ont été publiées(35-41). Chacune de ces études a constaté des réductions considérables du nombre de cas de gastro-entérite à rotavirus, du nombre d'hospitalisations associées à une gastro-entérite à rotavirus et de la proportion de tests positifs pour le rotavirus depuis l'introduction de la vaccination systématique contre le rotavirus (par Rota Teq®) chez des nourrissons américains en 2006.

Même si ces résultats doivent être interprétés avec une certaine circonspection vu que les données pour 2007-2008 ne représentent qu'une seule saison, la constance des tendances observées par le NREVSS, le NVSN et d'autres études dans différentes régions géographiques donne à penser que le fardeau de la maladie causée par le rotavirus aux É.-U. a connu une baisse spectaculaire durant la saison 2007-2008. Cette baisse de l'activité du rotavirus coïncide avec l'usage accru de RotaTeq® après que l'Advisory Committee on Immunization Practices eut recommandé la vaccination universelle des nourrissons aux É.-U. en février 2006(42). On ne dispose pas de données représentatives à l'échelle nationale sur la couverture vaccinale, mais les renseignements fournis par des sites sentinelles d'information sur l'immunisation basés dans une population aux É.-U. indiquent une augmentation du taux moyen de couverture par une dose de RotaTeq® chez les nourrissons âgés de 3 mois, qui est passé de 49,1 % en mai 2007 à 56,0 % en mars 2008(43) la couverture moyenne par 3 doses chez les enfants âgés de 13 mois est passée de 3,4 % en mai 2007 à 33,7 % en mars 2008. La plupart des enfants de plus de 2 ans au début de la saison 2007-2008 n'auraient pas reçu le vaccin antirotavirus, car ils avaient passé l'âge limite pour recevoir RotaTeq® lorsqu'il a été homologué en 2006. La réduction de l'activité du rotavirus observée durant la saison 2007-2008 est supérieure à ce qu'on pourrait attribuer aux effets protecteurs directs chez les vaccinés, ce qui donne à penser que la vaccination d'une proportion de la population peut conférer des avantages indirects aux personnes non vaccinées en réduisant la transmission du rotavirus dans la collectivité (immunité collective).

Une surveillance continue des maladies et des études épidémiologiques doivent être effectuées au Canada et aux É.-U. pour confirmer l'impact du vaccin antirotavirus en 2007-2008 et dans les saisons à venir. Nous disposerons bientôt des données prospectives de surveillance du Programme canadien de surveillance active de l'immunisation (IMPACT), qui permettront d'avoir un tableau épidémiologique plus précis du fardeau de la maladie associé au rotavirus et de l'efficacité du vaccin au Canada.

Vaccin monovalent à rotavirus humain : RotarixMC

La présente section fournit de l'information sur un deuxième vaccin contre les infections à rotavirus offert au Canada. Depuis juin 2008, l'ACIP recommande d'inclure ce vaccin dans le calendrier de vaccination systématique des nourrissons(42).

Composition du vaccin(44;45)

RotarixMC est un vaccin vivant monovalent à rotavirus humain de sérotype G1[P8] fabriqué à partir de la souche 89-12 du rotavirus de sérotype G1[P8] qui circule dans la nature et qui a été isolé dans les selles d'un enfant de 15 mois atteint de diarrhée bénigne à rotavirus en décembre 1998. Le virus parent a été cultivé dans des cellules rénales de singe vert africain, cloné puis cultivé sur des cellules Vero. Le vaccin est vendu sous forme d'une suspension liquide contenue dans des applicateurs destinés à l'administration orale d'une dose unique.

Chaque dose de 1,5 ml du vaccin contient au moins 106,0 DICC50 (dose infectante pour 50 % des cellules en culture) de la souche mère du rotavirus humain. Le vaccin contient également du sucrose, de l'adipate de disodium, du milieu Eagle modifié de Dulbecco et de l'eau stérile. L'applicateur actuel pour l'administration orale de RotarixMC contient du latex mais des produits ne contenant pas de latex seront probablement aussi disponibles en 2010. Pour obtenir des renseignements concernant la disponibilité de produits ne contenant pas de latex ou pour vérifier les numéros de lot de fournitures existantes ou de celles à venir, veuillez communiquer avec la Ligne d'information médicale du fabricant GlaxoSmithKline Inc au 1-800-387-7374.

Entreposage et manipulation

RotarixMC doit être conservé au réfrigérateur entre 2 et 8 °C et à l'abri de la lumière.

Immunogénicité

Les corrélats immunologiques de la protection contre l'infection et la maladie à rotavirus n'ont pas encore été parfaitement élucidés. La corrélation entre les réponses immunitaires et la protection contre la maladie n'a pas été établie; ainsi, les essais cliniques pour l'approbation du vaccin antirotavirus se sont fondés sur l'efficacité plutôt que sur les corrélats immunologiques de l'efficacité.

La réponse immunitaire à RotarixMC a été évaluée dans des essais cliniques effectués dans 6 pays européens(44) et 11 pays d'Amérique latine(45) portant sur 1 180 nourrissons immunisés. Dans ces essais, l'administration de 2 doses a entraîné des taux de séroconversion (IgA), définie par des titres sériques ≥ 20 U/ml d'IgA contre le rotavirus à un dosage ELISA, qui varient entre 77,9 % et 94,4 % (IC à 95 % 73,8 % - 97,3 %) un à deux mois après la deuxième dose du vaccin. Un essai comparatif randomisé a été effectué en Amérique du Nord(46) chez 421 nourrissons vaccinés. Ces derniers ont reçu soit une concentration virale de 105,2 UFF ou 106,4 UFF du vaccin ou un placebo. Utilisant la même mesure de l'immunité (≥ 20 U/ml IgA à l'ELISa), les auteurs ont constaté que 67,4 %, 78,5 % et 6,3 %, respectivement, des nourrissons ont produit des anticorps. La séroconversion après une dose a été signalée pour un petit sous-ensemble de nourrissons. Parmi ceux qui ont reçu 105,2  UFF du vaccin, 64 % ont produit des IgA sériques contre le rotavirus. Quant à ceux qui ont reçu 106,4 UFF de concentration virale, 56 % ont produit des IgA sériques contre le rotavirus. Dans cette même étude, 20 nourrissons vaccinés étaient séronégatifs après leur première dose du vaccin; une séroconversion est apparue après la deuxième dose. Tous les essais comparatifs randomisés mentionnés ci-dessus semblent indiquer que la majorité des nourrissons ont produit des anticorps contre le vaccin après avoir terminé une série vaccinale de deux doses.

L'innocuité et l'immunogénicité de 2 doses de RotarixMC ont été évaluées chez 1 009 nourrissons prématurés(47). Dans un sous-groupe de 147 nourrissons nés après au moins 27 semaines d'âge gestationnel, on a observé une séroconversion (définie comme étant une concentration d'IgA sériques anti-rotavirus ≥ 20 U/ml dosés par ELISA) chez 85,7 % (IC à 95 % = 79,0 à 90,9) des nourrissons, un mois après la deuxième dose de vaccin.

On a évalué l'innocuité et l'immunogénicité de 3 doses de RotarixMC chez 50 enfants sud-africains infectés par le VIH(48). Chez 21 enfants présentant une numération moyenne de lymphocytes CD4 de 2 145/mL (écart-type = 746) dont on pouvait étudier les données, on a constaté une séroconversion chez 57,1 % (IC à 95 % = 36-61) des nourrissons, 2 mois après la troisième dose. Les données sur le taux de séroconversion après l'administration de 2 doses n'étaient pas disponibles.

Efficacité

L'efficacité de la préparation autorisée de RotarixMC a été évaluée dans 2 essais cliniques de phase III (49;50) menés en Amérique latine(49) et en Europe(50) sur 21 741 nourrissons (11 581 qui ont reçu RotarixMC et 10 160 qui ont reçu un placebo). Ces données sont résumées dans les Tableaux 1, 2 et 9. L'efficacité durant la deuxième saison suivant la vaccination a été évaluée dans l'essai européen et dans un sous-ensemble de nourrissons en Amérique latine (7 175 qui ont reçu RotarixMC et 7 062 qui ont reçu un placebo)(51). Pour ces essais, on a recruté des nourrissons en santé âgés de 6 à 13 semaines (14 semaines moins 1 jour). Deux doses de RotarixMC ont été administrées par voie orale à partir de l'âge de 6 à 14 semaines, avec un intervalle minimum de 4 semaines entre les doses, et aucune restriction n'a été imposée en ce qui concerne l'allaitement ou l'administration d'autres vaccins homologués pour les enfants. À l'âge de 24 semaines, toutes les doses avaient été administrées.

Dans l'ensemble, l'administration de 2 doses de RotarixMC était très efficace contre la gastro-entérite à rotavirus grave dans les essais de phase III durant la première saison épidémique d'infection à rotavirus suivant l'immunisation, le degré d'efficacité variant entre 85 %(49) et 96 %(50). L'effet protecteur a persisté durant la deuxième saison épidémique, l'efficacité du vaccin variant entre 79 %(51) et 86 %(50) (Tableau 1).

Bien que des études structurées de l'efficacité d'une dose unique de RotarixMC n'aient pas été effectuées, des données sur l'efficacité ont été recueillies pour la période entre la dose 1 et la dose 2 de RotarixMC dans l'essai européen de phase III(50). Durant l'intervalle entre la dose 1 et la dose 2 (durée moyenne : 61 jours dans chaque groupe étudié), un nombre beaucoup plus faible de sujets dans le groupe RotarixMC que de sujets dans le groupe placebo ont signalé une gastro-entérite causée par un rotavirus de type sauvage (valeur p = 0,019). L'efficacité du vaccin contre toute forme de gastro-entérite à rotavirus durant cet intervalle s'élevait à 89,8 % (IC à 95 % 8,9-99,8 %).

RotarixMC est un vaccin monovalent qui vise à protéger contre l'infection par le rotavirus de sérotype G1P[8]. Toutefois, le génotype P[8] est présent dans la plupart des autres souches en circulation. La protection conférée par l'infection naturelle à RV n'est pas limitée aux antigènes G et P, mais est aussi associée aux protéines structurales VP2 et VP6 (en plus de VP4 et de VP7) et à des protéines non structurales. Une protection croisée contre l'infection due à des sérotypes non G1 était donc à prévoir et a été évaluée dans les essais cliniques de phase III (Tableau 2). Bien que pour certaines souches, seul un petit nombre de cas aient été détectés, un certain degré de protection croisée a été démontré. L'efficacité contre les souches non G1 variaient entre 41 % et 92 %, l'efficacité combinée contre la diarrhée à RV grave causée par des types non G1 s'établissant à 88 % durant deux saisons d'infection à rotavirus(45). L'efficacité du vaccin contre les sérotypes non G1 était statistiquement plus grande que dans le groupe placebo dans le cas des sérotypes G3P[8], G4P[8] et G9P[8], mais non du sérotype G2P[4]. Ce résultat était prévisible car le sérotype G2P[4] ne possède pas le génotype P[8]. Cependant, durant la deuxième saison d'infection à rotavirus(RV) et la première saison et la deuxième saison combinées, l'efficacité contre la gastro-entérite grave due à G2P[4] était statistiquement significative (85,5 %; IC à 95 % 24,0-98,5). La protection croisée observée contre les autres sérotypes a persisté tout au long de la deuxième saison.

L'efficacité du vaccin n'a pas diminué chez les nourrissons allaités. Le degré d'efficacité contre toute GE à RV et contre la GE à RV grave était de 86 % dans le groupe allaité jusqu'à la première dose et de 96 %, chez les nourrissons allaités jusqu'à la deuxième dose comparativement à 91 % et à 96 %, respectivement, dans le groupe qui n'avait pas été allaité jusqu'à la première ou la deuxième dose.

L'efficacité chez les bébés prématurés et les nourrissons immunodéprimés n'a pas été évaluée, bien que le peu de données existantes sur l'immunogénicité laisse penser que ni la prématurité, ni les infections à VIH asymptomatiques ou légèrement symptomatiques auraient une incidence sur l'efficacité de RotarixMC (47;48). Il importe de noter que l'immunogénicité de RotarixMC chez les nourrissons séropositifs pour le VIH a été évaluée uniquement après l'administration de 3 doses.

Tableau 1 : Résumé des études d'efficacité de Rotarix MC ( 49 ; 51 )
1 re saison d'infection à RV 2 e saison d'infection à RV
Efficacité ** (%) IC à 95 % Efficacité *** (%) IC à 95 %
* Statistiquement significatif (p < 0,05) n.d. = non disponible -Efficacité indiquée pour la cohorte selon le protocole, définie comme le groupe de participants qui ont terminé la série vaccinale complète de 2 doses et ont respecté le protocole; l'efficacité signalée s'applique à tout sérotype G ** La 1re période d'efficacité a été définie comme la période de 2 semaines suivant la dose 1 jusqu'à la fin de la première saison d'épidémie d'infection à rotavirus *** La 2e période d'efficacité a été définie comme la période s'étendant entre la consultation à la fin de la première période épidémique d'infection à rotavirus et la fin de la deuxième période épidémique d'infection à rotavirus Nombre de nourrissons inclus dans l'analyse d'efficacité = 17 867 (9 009 ayant reçu RotarixMC c. 8 858 ayant un reçu un placebo) Nombre de nourrissons inclus dans l'analyse d'efficacité = 3 874 (2 572 ayant reçu RotarixMC c. 1 302 ayant reçu un placebo)
Toute gastro-entérite à rotavirus
- Amérique latine (49)
- Europe (52)
n.d.
87,1 *
n.d.
76,9 - 92,1
n.d.
71,9 *
n.d.
61,2 - 79,8
Gastro-entérite à rotavirus grave (Score de Vesikari ≥ 11) - Amérique latine( 49; 51) - Europe (52) 84,7 *
95,8 *
71,7 - 92,4
89,6 - 98,7
79,0 *
85,6 *
66,6 - 87,4
75,8 - 91,9
Hospitalisation attribuable à une gastro-entérite à rotavirus
- Amérique latine (49)
- Europe (50)
85 *
100 *
69,6 - 93,5
81,8 - 100
83,0 *
92,2 *
73,1 - 89,7
65,6 - 99,1


Tableau 2 : Résumé de l'efficacité de Rotarix MC contre l'infection à rotavirus des sérotypes G1 et non G1 évaluée au cours de deux saisons d'infection à rotavirus( 45 ; 49 - 51 )
Au cours d'une saison d'infection à rotavirus Au cours de deux saisons d'infection à rotavirus
Type Gastro-entérite à rotavirus de toute gravité Gastro-entérite à rotavirus grave Gastro-entérite à rotavirus de toute gravité Gastro-entérite à rotavirus grave
* Statiquement significatif (p < 0,05)
n.d. = non disponible
G1[P8]
Amérique latine
Europe
91,8 *
95,6 *
74,1 - 98,4
87,9 - 98,8
90,8 *
96,4 *
70,5 - 98,2
85,7-99,6
82,1 *
89,8 *
64,6 - 91,9
82,9 -94,2
82,7 *
96,4 *
64,4-92,5
90,4-99,1
G2[P4]
Amérique latine
Europe
41,0
62,0
-79,2 - 82,4
<0 - 94,4
45,4
74,7
-81,5 - 85,6
<0 -99,6
38,6
58,3 *
<0 - 84,2
10,1 -81,0
43,8
85,5 *
<0 - 87,9
24,0-98,5
G3[P8]
Amérique latine
Europe
n.d.
89,9 *
n.d.
9,5-99,8
87,7 *
100 *
8,3-99,7
44,8-100
n.d.
84,8 *
n.d.
41,0-97,3
71,9
93,7 *
-47,7-97,1
52,8-99,9
G4[P8]
Amérique latine
Europe
n.d.
88,3 *
n.d.
57,5-97,9
50,8
100 *
-844-99,2
64,9-100
n.d.
83,1 *
n.d.
55,6-94,5
63,1 *
95,4 *
0,7-88,2
68,3-99,9
G9[P8]
Amérique latine
Europe
n.d.
75,6 *
n.d.
51,1-88,5
90,6 *
94,7 *
61,7-98,9
77,9-99,4
n.d.
72,9 *
n.d.
59,3-82,2
87,7 *
85,0 *
72,9-95,3
71,7-92,6
Souches avec génotype [P8]
Amérique latine
Europe
87,3 *
88,2 *
64,1 - 96,7
80,8-93,0
86,9 *
96,5 *
62,8 -96,6
90,6-99,1
80,5 *
n.d.
67,9 - 88,8
n.d.
82,2 *
n.d.
70,0 - 90,1
n.d.
Souches regroupées non G1 (G2, G3, G4, G9, G12)
Amérique latine
Europe
n.d.
n.d.
n.d.
n.d.
n.d.
n.d.
n.d.
n.d.
77,5 *
72,9 *
64,7 - 86,2
62,9-80,5
79,6
87,7 *
67,1 - 87,9
78,9-93,2

Efficacité

Les études post-commercialisation permettant d'examiner l'incidence du recours à RotarixMC dans les programmes de vaccination systématique chez le nourrisson indiquent que le fardeau global de la maladie diminue considérablement après la mise en œuvre d'un programme de vaccination par RotarixMC. En Australie, chez les enfants de moins de 15 mois, le taux de gastro-entérite annualisé nécessitant une consultation aux urgences était plus faible dans l'année suivant la mise en place d'un programme de vaccination antirotavirus subventionné par l'État chez les nourrissons que dans les 7 années précédentes, peu importe l'année(52) (75 pour 1000 vs 80,6-131,0 pour 1 000). Au Mexique, les décès causés par une diarrhée aiguë chez les enfants de moins de 5 ans ont chuté de 42 % par rapport à la période précédant la vaccination(53). En Belgique la proportion de selles d'enfants âgés de 5 ans ou moins atteints de diarrhée ayant un résultat positif pour le rotavirus a diminué de plus de la moitié dans l'année suivant le financement d'une vaccination des enfants par RotarixMC(54).

Innocuité du vaccin et événements indésirables

L'innocuité de RotarixMC a été évaluée dans 12 essais cliniques(44) portant au total sur 76 918 nourrissons (41 479 ayant reçu RotarixMC, 35 439 ayant reçu un placebo).

Intussusception

Le risque d'intussusception après l'administration de RotarixMC a été évalué dans un essai de grande envergure sur l'innocuité et l'efficacité qui a été effectué en Amérique latine et en Finlande (n = 63 225; 31 673 ayant reçu RotarixMC et 31 552 ayant reçu un placebo)(45). Aucune augmentation du risque d'intussusception après la réception de RotarixMC n'a été observée par rapport au groupe placebo. Treize cas d'intussusception ont été enregistrés dans les 31 jours suivant l'une ou l'autre dose du vaccin (6 dans le groupe RotarixMC et 7 dans le groupe placebo; RR : 0,85; IC à 95 % 0,30-2,42). Aucune agrégation des cas d'intussusception n'a été relevée dans les 7 ou 14 jours suivant la vaccination.

Dans les 11 autres essais cliniques de RotarixMC (n = 12 220), 7 cas d'intussusception ont été signalés au total (5 dans le groupe RotarixMC et 2 dans le groupe placebo)(45). Dans l'ensemble des essais cliniques, la fréquence signalée de l'intussusception était de 0,047 % pour les sujets qui avaient reçu RotarixMC et de 0,05 % pour les sujets placebo.

Suite à la distribution mondiale d'environ 23 millions de doses de RotarixMC, un total de 190 cas d'intussusception (0,81/100 000 doses distribuées) avait été signalé à GlaxoSmithKline dans le cadre de la surveillance post-commercialisation en date du 11 janvier 2008(55).

Présence de selles sanglantes

Les cas de présence de selles sanglantes n'ont pas été recherchés de façon prospective dans aucune des études sur RotarixMC, mais on s'attendrait à ce que ce trouble soit consigné comme un événement non sollicité. Un examen des rapports non sollicités a donc été effectué pour évaluer la survenue d'un tel problème. Divers termes ont été utilisés dans les études pour déclarer les événements indésirables liés à la présence de sang dans les selles. Nous avons utilisé le terme de haut niveau (HLT) « gastrointestinal hemorrhages » du Medical Dictionary for Regulatory Activities (MedDRA) et fournissons les données sur la survenue de cet événement indésirable ci-dessous. Dans le Core Integrated Safety Summary, une base de données interne de GSK qui regroupe tous les essais cliniques de RotarixMC et inclut 36 755 sujets ayant reçu RotarixMC et 34 454 sujets placebo, au moins un événement indésirable inclus dans le HLT « gastrointestinal hemorrhages » de MedDRA a été signalé par 19 (0,05 %) vaccinés et 9 (0,03 %) sujets placebo, peu importe le délai d'apparition après la vaccination(45). Aucune différence statistiquement significative n'a été relevée entre les groupes RotarixMC et placebo pour chacun des termes privilégiés HLT de MedDRA examinés qui étaient inclus dans « gastrointestinal hemorrhages » (l'IC à 95 % pour le risque relatif incluait 1,0). La présence de selles sanglantes, plus particulièrement, a été signalée chez 15 (0,04 %) vaccinés et 7 (0,02 %) sujets placebo (RR 1,13; 0,43-3,28). Sur les 28 événements indésirables codés sous le HLT « gastrointestinal hemorrhages », 24 cas [17 (0,046 %) chez les vaccinés et 7 (0,020 %) dans le groupe placebo] ont commencé à éprouver des symptômes dans les 31 jours suivant la vaccination. Ces troubles sont disparus dans tous les cas. Aucun des 28 sujets n'a signalé une intussusception(45).

Autres événements indésirables graves suivant l'immunisation

La survenue d'événements indésirables graves a été comparée chez 31 673 personnes ayant reçu RotarixMC et 31 552 sujets placebo dans un vaste essai de phase III mené en Amérique latine(49). Dans cet essai, 928 (291/10 000) événements indésirables graves ont été recensés chez les vaccinés et 1 047 (332/10 000) dans le groupe placebo (RR 0,88, IC à 95 % 0,81-0,96; p = 0,005). Le taux d'hospitalisation s'élevait à 280/10 000 dans le groupe RotarixMC contre 318/10 000 dans le groupe placebo (RR 0,88; IC à 95 % 0,88, IC à 95 % 0,81-0,96; p = 0,005).

Chez les 36 755 sujets ayant reçu RotarixMC et les 34 454 sujets placebo inclus dans le Core Integrated Safety Summary, au moins 1,7 % des vaccinés et 1,9 % des sujets placebo avaient présenté au moins 1 événement indésirable grave (RR 0,9; IC à 95 % 0,81-1,01). Les risques relatifs d'événements indésirables graves associés à la diarrhée, à la gastro-entérite et à la déshydratation étaient plus faibles chez les vaccinés que chez les sujets placebo (Tableau 3). Globalement, il n'y avait pas de différence significative de la mortalité entre les vaccinés et les sujets placebo. Si l'on fait abstraction du moment d'apparition, au cours de ces études on a recensé 68 (0,19 %) décès après l'administration de RotarixMC et 50 (0,15 %) décès après l'administration d'un placebo, soit un risque relatif de 1,31 [IC à 95 % : 0,89; 1,93]. Tous les décès signalés ont été évalués par les chercheurs comme n'étant pas liés à la vaccination. Aucune différence statistiquement significative n'a été constatée dans le cas des décès enregistrés dans les 31 jours suivant la vaccination ni dans les décès survenus tout au long des études, peu importe le moment d'apparition.

Afin d'évaluer les crises convulsives comme événements indésirables non sollicités, nous avons examiné trois périodes : entre la 1re dose et la 3e consultation, dans les 31 jours suivant n'importe quelle dose, et 43 jours après n'importe quelle dose. Dans l'essai mené en Amérique latine, un nombre significativement plus grand d'événements codés au moyen du terme privilégié « convulsions » ont été recensés chez les sujets ayant reçu RotarixMC que chez les sujets placebo entre la 1re dose et 30 à 90 jours suivant la 2e dose (16 [0,0 5%] contre 6 [0,02 %]; p = 0,03)(45). Toutefois, aucune différence statistiquement significative dans ces événements n'a été observée entre les vaccinés et les sujets placebo quel que soit le délai suivant la vaccination lorsque les termes privilégiés englobant tous les événements de type convulsions étaient combinés(45). Dans l'essai européen, aucune différence statistiquement significative dans les événements indésirables graves liés aux convulsions n'a été observée entre les participants qui avaient reçu RotarixMC et les sujets placebo dans les 31 ou 43 jours suivant l'administration de n'importe quelle dose(56).

Certains autres événements indésirables graves d'origine neurologique sont énumérés au tableau 3.

Tableau 3 : Résumé des événements indésirables graves (EIG) survenus 0 à 30 jours après l'administration de n'importe quelle dose(44;58)
Événement indésirable RotarixMC
n=36,755
n (%)
Placebo
n=34,454
n (%)
Risque relatif
(95% CI)
Au moins 1 EIG 627 (1,7) 659 (1,9) 0,9 (0,81-1,01)
Diarrhée 9 (0,02) 25 (0,07) 0,35 (0,14-0,78)
Gastro-entérite 72 (0,2) 111 (0,32) 0,62 (0,45-0,84)
Déshydratation 9 (0,02) 21 (0,06) 0,43 (0,17-0,97)
Décès 33 (0,09) 20 (0,06) 1,64 (0,92-3,02)
Intussusception 9 (0,02) 7(0,02) 1,23 (0,41-3,9)
Bronchiolite 127 (0,35) 137 (0,4) 0,88 (0,68-1,13)
Pneumonie 122 (0,33) 122 (0,35) 0,99 (0,76-1,28)
Tout trouble
neurologique
Autres troubles choisis :
convulsions
crise convulsive fébrile
encéphalite
épilepsie
 
17 (0,05)
11 (0,03)
3 (0,01)
3 (0,01)
1
24 (0,07)
7 (0,02)
6 (0,02)
0
4 (0,01)
0,65 (0,33-1,27)
1,18 (0,41-3,67)
0,3 (0,04-1,55)
2,99 (0,24-156,9)
0,19 (0,0-2,07)

Maladie de Kawasaki

Dans les essais cliniques, le risque de maladie de Kawasaki n'a pas augmenté après l'administration de RotarixMC(44). Dans l'ensemble, la maladie de Kawasaki a été signalée chez 17 (0,03 %) des vaccinés et 9 (0,02 %) des sujets placebo (RR 1,7; IC à 95 % 0,7-4,4). Aucune agrégation des cas n'a été observée durant la période de 31 jours suivant l'administration d'une dose du vaccin, et l'intervalle entre la vaccination et l'apparition de la maladie variait grandement (de 3 jours à 9 mois).

Événements indésirables après la vaccination sollicités

L'incidence des événements indésirables sollicités de toute gravité, incluant la fièvre, la toux, la diarrhée, les vomissements, l'irritabilité et la perte d'appétit, dans les 7 jours suivant l'immunisation, a été évaluée dans l'essai européen à l'aide de relevés quotidiens tenus par les parents/tuteurs(50). Les événements indésirables sollicités qui ont été signalés ne différaient pas chez les nourrissons qui avaient reçu RotarixMC et ceux qui avaient reçu un placebo après la première ou la deuxième dose (tableau 4a et tableau 4b).

Tableau 4a. Pourcentage de sujets présentant des symptômes généraux sollicités qui ont été évalués comme étant attribuables à la vaccination, données pour la période s'étendant du jour 0 au jour 7 après la première dose de Rotarix MC ou de placebo (45)
Rotarix MC (N = 914) Placebo (N = 490)
Symptôme N % IC à 95 % N % IC à 95 %
Diarrhée 18 2,0 1,3-3,1 7 1,4 0,6-2,9
Vomissements 44 4,8 3,5-6,4 24 4,9 3,2-7,2
Fièvre 133 14,6 12,3-17,0 67 13,7 10,8-17,0
Perte d'appétit 126 13,8 11,6-16,2 71 14,5 11,5-17,9
Irritabilité, agitation 299 32,7 29,7-35,9 171 34,9 30,7-39,3
Toux/écoulement nasal 58 6,3 4,9-8,1 29 5,9 4,0-8,4

 

Tableau 4b. Pourcentage de sujets présentant des symptômes sollicités qui ont été évalués comme étant attribuables à la vaccination, données pour la période s'étendant du jour 0 au jour 7 après la seconde dose de Rotarix MC ou de placebo (45)
Rotarix MC (N = 914) Placebo (N = 490)
Symptôme N % IC à 95 % N % IC à 95 %
Diarrhée 6 0,7 0,2-1,4 8 1,6 0,7-3,2
Vomissements 18 2,0 1,2-3,1 23 4,7 3,0-7,0
Fièvre 164 18,1 15,7-20,8 95 19,5 16,1-23,4
Perte d'appétit 118 13,0 10,9-15,4 57 11,7 9,0-14,9
Irritabilité, agitation 238 26,3 23,5-29,3 123 25,3 21,5-29,4
Toux/écoulement nasal 53 5,9 4,4-7,6 34 7,0 4,9-9,6

Innocuité chez les nourrissons prématurés

L'innocuité de RotarixMC a été évaluée chez 1 009 nourrissons prématurés (198 avaient un âge gestationnel de 27-30 semaines et 801 avaient un âge gestationnel de 31-36 semaines)(47). On n'a relevé aucune différence dans les taux d'événements indésirables graves entre les nourrissons ayant reçu RotarixMC et ceux ayant reçu le placebo (5,1 % vs 6,8 %). Les taux de symptômes sollicités et non sollicités étaient comparables entre les deux groupes. Aucun cas d'intussusception n'a été signalé.

Innocuité chez les nourrissons infectés par le VIH

On a examiné l'innocuité de RotarixMC chez 100 nourrissons sud-africains (50 avaient reçu RotarixMC et 50, le placebo)(48). La fréquence des événements indésirables graves et des événements indésirables sollicités et non sollicités était la même dans les deux groupes.

Le 7 mai 2010, Santé Canada a émis un avis sur une évaluation en cours de réalisation des données concernant la présence de circovirus porcin. Nous sommes présentement à examiner de nouvelles données concernant la présence d'ADN de circovirus porcin (PCV-1 et PCV-2) dans les vaccins antirotavirus. Bien que l'on considère que ces vaccins sont contaminés par le circovirus porcin, il ne semble pas que ce dernier cause une maladie chez l'humain. Selon Santé Canada, rien n'indique que la présence de PCV-1 ou de PCV-2 dans les vaccins antirotavirus pose un risque pour la sécurité des patients et souligne que le profil d'innocuité des vaccins antirotavirus était excellent lors des essais cliniques et l'est demeuré après une utilisation clinique auprès de millions de patients(26).

Excrétion et transmission du virus

Après l'administration de RotarixMC, de 50 % à 80 % des nourrissons ont excrété des antigènes viraux dans leurs selles (détection par la méthode ELISA) le 7e jour suivant la première dose du vaccin, et de 4 % à 18 % des nourrissons le 7e jour suivant la deuxième dose(56). Lorsque la présence du virus vaccinal vivant a été recherchée dans les selles positives à l'ELISA, le rotavirus vivant était détectable dans les selles de 17 % des vaccinés le 7e jour suivant la première dose. L'excrétion du virus chez les vaccinés était dans tous les cas asymptomatique.

Des essais évaluant le risque de transmission du virus vaccinal des vaccinés à leurs contacts sont présentement en cours.

Administration simultanée d'autres vaccins destinés aux enfants(45)

RotarixMC peut être administré en même temps que tous les vaccins généralement recommandés pour les nourrissons. Après évaluation de l'impact de l'administration de RotarixMC au même moment que le DCaT-VHB-VPI/Hib, le DCaT, le DCaT-VPI, le Hib, le DCT-VHB, le VHB, le vaccin antipneumococcique conjugué, le vaccin conjugué contre le méningocoque du sérogroupe C et le VPI, il a été établi que la réponse immunitaire et le profil d'innocuité ne variaient pas avec l'administration simultanée d'autres vaccins. L'administration de RotarixMC au même moment que le vaccin antipoliomyélite oral peut entraîner une réponse immunitaire plus faible envers RotarixMC. Par conséquent, le vaccin antipoliomyélite devrait être administré à au moins 2 semaines d'intervalle.

Interchangeabilité

On ne dispose d'aucune donnée sur l'innocuité, l'immunogénicité ou l'efficacité de RotarixMC lorsqu'il est utilisé pour la première dose et RotaTeq® pour la seconde dose ou vice versa. Dans la mesure du possible, on devrait avoir recours au même produit pour toute la série vaccinale contre le rotavirus. Si on ignore l'identité du produit utilisé pour une dose précédente, on devrait compléter la série en utilisant le produit disponible. Si la série comprend au moins une dose de RotaTeq®, 3 doses en tout du vaccin devraient être administrées.

Posologie et calendrier

RotarixMC est administré en 2 doses orales séparées de 1.5 ml. Ce vaccin ne devrait jamais être injecté.

La première dose de RotarixMC devrait être administrée entre l'âge de 6 semaines (6 semaines et 0 jour) et de 15 semaines (14 semaines et 6 jours). Il devrait y avoir un intervalle d'au moins 4 semaines entre la première et la seconde dose. Toutes les doses devraient déjà avoir été reçues à l'âge de 32 semaines (8 mois plus 0 jour).

En l'absence de données concernant l'administration de RotarixMC dans un milieu familial et compte tenu des problèmes concernant le maintien de la chaîne du froid, le Comité recommande que toutes les doses soient administrées dans une clinique/cabinet sous la direction d'un dispensateur de soins.

Interruption du calendrier vaccinal

Si pour une raison ou une autre, une dose incomplète est donnée (p. ex. le nourrisson crache ou régurgite le vaccin), l'administration d'une dose de remplacement n'est pas recommandée.

Si un nourrisson devait par mégarde recevoir la première dose de RotarixMC à un âge de ≥ 15 semaines, contrairement aux directives figurant sur l'étiquette, les doses subséquentes du vaccin devraient être données à un intervalle minimum de 4 semaines entre chaque dose. Toutes les doses devraient avoir été administrées lorsque l'enfant atteint l'âge de 8 mois plus 0 jour.

Infection à RV antérieure

Dans le cas des nourrissons qui ont souffert d'une gastro-entérite à rotavirus avant d'avoir reçu toute la série vaccinale, il faut tout entreprendre ou compléter la série de 2 doses, car l'infection initiale ne confère souvent qu'une immunité partielle(59).

Allaitement
L'efficacité de RotarixMC est similaire chez les nourrissons qui sont allaités et ceux qui ne le sont pas(50) les nourrissons allaités peuvent donc recevoir RotarixMC.

Maladies intercurrentes
Comme d'autres vaccins, RotarixMC peut être administré aux nourrissons atteints d'une affection transitoire bénigne, de même qu'à ceux qui présentent une fièvre ou non(59). Consulter la section « Précautions » ci-dessous afin de connaître les directives concernant la vaccination des nourrissons qui présentent une gastro-entérite aiguë.

Nourrissons prématurés (âge gestationnel de < 37 semaines)
Les données dont on dispose sur 1 009 nourrissons prématurés montrent que RotarixMC est sûr et induit une réponse immunitaire semblable à celle des nourrissons nés à terme(47). Comme les bébés prématurés possèdent des titres plus faibles d'anticorps maternels contre le rotavirus, ils peuvent théoriquement courir un plus grand risque de gastro-entérite grave due à un rotavirus naturel et de présenter des réactions indésirables au vaccin antirotavirus. Une étude effectuée dans l'État de Washington a indiqué que les nourrissons prématurés courent un plus grand risque d'être hospitalisés pour une gastro-entérite, y compris pour une gastro-entérite virale(60). Dans une étude menée à Toronto, des antécédents de prématurité ont été relevés chez 13 % des enfants admis pour une infection à RV au cours de leur première année de vie, soit un taux plus élevé que le taux régional de prématurité de 7 %, ce qui évoque la possibilité que la maladie soit plus grave dans ce groupe(61).

D'après les données disponibles et à cause de la susceptibilité de cette population, le CCNI estime que l'avantage potentiel de la vaccination des bébés prématurés l'emporte sur le risque potentiel. Les nourrissons âgés de 6 semaines à 8 mois plus 0 jour (âge chronologique) qui sont en bonne santé et ne sont pas hospitalisés peuvent recevoir RotarixMC.

Exposition des personnes immunodéprimées ou des femmes enceintes à des nourrissons vaccinés

Jusqu'à 80 % des vaccinés peuvent excréter des antigènes viraux dans leurs selles après l'administration de RotarixMC, l'excrétion étant maximale 7 jours après la première dose. Le vaccin à rotavirus vivant peut être détecté dans les selles de 17 % des vaccinés 7 jours après la première dose.

Aucune donnée sur le risque de transmission horizontale du virus vaccinal n'a été publiée. Une étude portant sur 100 paires de jumeaux a été effectuée, mais n'a pas encore été publiée(62). Toutefois, de nombreux experts sont d'avis que les avantages découlant de la protection des contacts familiaux immunodéprimés contre une infection à rotavirus naturelle au moyen de la vaccination des nourrissons l'emportent sur le risque théorique de transmission du virus vaccinal(42). Les nourrissons vivant avec des personnes qui sont ou que l'on soupçonne d'être immunodéprimées ou qui prennent des médicaments immunosuppresseurs peuvent donc être vaccinés. Afin de réduire au minimum le risque de transmission du virus vaccinal, il faut se laver soigneusement les mains après un contact avec le nourrisson vacciné, en particulier après un contact avec ses selles (p. ex. après avoir changé une couche) ainsi qu'avant la préparation d'aliments et avant tout contact direct avec la personne immunodéprimée.

Les nourrissons vivant avec une femme enceinte peuvent être vaccinés. En tenant compte que la plupart des femmes en âge de procréer sont déjà immunisées contre le rotavirus à la suite d'une exposition naturelle antérieure, le risque d'infection et de maladies associées au virus vaccinal est faible. En outre, l'infection à rotavirus pendant la grossesse ne présente aucun risque connu pour le fœtus.

Contre-indications

Les nourrissons qui ont des antécédents de réaction anaphylactique à un des composants du vaccin ou à son contenant ne devraient pas être immunisés. Si un nourrisson présente une réaction anaphylactique après avoir reçu une dose du vaccin, les doses subséquentes ne devraient pas être administrées et l'enfant devrait être adressé à un allergologiste. Comme l'applicateur oral de RotarixMC contient du caoutchouc latex, les nourrissons qui sont allergiques au latex ne devraient pas recevoir ce vaccin.

Antécédents d'intussusception : Aucune association entre RotarixMCet l'intussusception n'a été démontrée dans le cadre d'essais d'innocuité à grande échelle ou de la surveillance post-commercialisation. Cependant, puisqu'une association a été observée précédemment entre RotashieldMD et des taux accrus d'intussusception, puisqu'on comprend mal les mécanismes pathogènes à la base de cette augmentation du risque et qu'il est possible que les nourrissons ayant des antécédents d'intussusception courent un plus grand risque d'épisodes subséquents, les nourrissons présentant des antécédents d'intussusception ne devraient pas recevoir RotarixMC. Cette recommandation pourra être modifiée lorsqu'on disposera de plus de données sur l'innocuité.

Sujets immunodéprimés :Les données recueillies auprès de 50 enfants sud-africains présentant une infection à VIH asymptomatique ou légèrement symptomatique ayant reçu 3 doses de RotarixMC indiquent que RotarixMC est sûr et immunogène dans cette population; cependant, on ne dispose pas de données sur d'autres populations immunodéprimées. Compte tenu du risque théorique posé par l'administration d'un vaccin antiviral vivant atténué à des nourrissons immunodéprimés et de la très faible quantité de données disponibles chez cette population, les nourrissons ayant une affection soupçonnée ou connue entraînant une immunodéficience ne devraient recevoir ni RotaTeq® ni RotarixMC sans qu'un médecin spécialiste de ces affections ait été consulté.

Précautions

Gastro-entérite aiguë : L'immunogénicité et l'efficacité de RotarixMC n'ont pas été étudiées chez les nourrissons souffrant d'une gastro-entérite concomitante. Chez ces nourrissons, cependant, comme c'est le cas pour le vaccin oral contre la polio, l'immunogénicité et l'efficacité du vaccin peuvent en théorie être plus faibles(63). On devrait donc retarder l'administration du vaccin antirotavirus chez les nourrissons qui présentent une gastro-entérite modérée à grave jusqu'à ce que leur état s'améliore, à moins que ce délai ne fasse en sorte que la première dose soit administrée à l'âge de > 14 semaines plus 6 jours. Les nourrissons qui souffrent d'une gastro-entérite bénigne peuvent être vaccinés.

Affections gastro-intestinales chroniques préexistantes :L'innocuité et l'efficacité de RotarixMC n'ont pas été établies chez les enfants qui présentent des affections gastro-intestinales chroniques préexistantes. Il est toutefois probable que le vaccin antirotavirus soit bénéfique pour les nourrissons atteints d'une maladie gastro-intestinale chronique qui ne reçoivent pas de traitement immunosuppresseur; par conséquent ceux-ci peuvent être vaccinés.

Usage recommandé des vaccins antirotavirus

Les présentes recommandations remplacent celles publiées dans la déclaration de novembre 2008(1) . Le CCNI recommande l'administration des vaccins antirotavirus RotaTeq® ou RotarixMC aux sujets suivants :

1. Nourrissons en santé : Le vaccin antirotavirus est recommandé pour les nourrissons âgés de 6 semaines (6 semaines et 0 jour) à 15 semaines (14 semaines et 6 jours). (Recommandation - Catégorie A - données probantes suffisantes pour recommander l'immunisation)

On peut utiliser soit le vaccin pentavalent à souches réassorties de virus humain-bovin (RotaTeq®) ou le vaccin monovalent à rotavirus humain (RotarixMC). On ne devrait pas commencer la vaccination chez les nourrissons âgés de 15 semaines et 0 jour ou plus, car on ne sait pas s'il est sûr d'administrer la première dose du vaccin antirotavirus chez les nourrissons plus vieux. L'intervalle minimal entre les doses est de 4 semaines. Toutes les doses du vaccin antirotavirus devraient avoir été administrées avant l'âge de 8 mois, 0 jour (Tableau 5).

L'épidémiologie de la gastro-entérite à rotavirus au Canada donne à penser que les taux de prévalence sont élevés chez les enfants de moins de 5 ans. Bon nombre de ces enfants doivent consulter leur dispensateur de soins primaires et certains d'entre eux doivent être hospitalisés. Heureusement, il est rare au Canada qu'une gastro-entérite à rotavirus ne se solde par un décès. Même si aucun des deux produits actuellement autorisés n'a été associé à une augmentation du risque d'intussusception, la surveillance continue demeurera un élément essentiel de nos programmes d'immunisation.

En raison du manque de données sur la distribution des souches de RV au Canada et des tendances géographiques et saisonnières, il est difficile de prédire l'impact absolu d'un programme universel de vaccination contre le RV. Selon des données préliminaires recueillies aux É.-U. après l'introduction de Rota Teq®, l'efficacité du vaccin chez les nourrissons immunisés est similaire à celle signalée dans les essais cliniques, et une protection indirecte notable peut être observée chez les personnes non immunisées même lorsque les taux de couverture vaccinale sont relativement faibles. Nous disposerons bientôt des données de surveillance prospective du programme IMPACT, qui brosseront un tableau épidémiologique plus complet du fardeau de la maladie et de la distribution des souches de rotavirus au Canada.

La décision d'inclure un ou des vaccins antirotavirus dans les programmes provinciaux et territoriaux de vaccination universelle subventionnés par l'État dépendra de plusieurs facteurs, notamment des résultats de l'évaluation détaillée coûts-avantages et de l'évaluation d'autres éléments du cadre analytique d'Erikson et DeWals pour les programmes d'immunisation au Canada(64).

Fondé sur le survol de données effectué par l'Organisation mondiale de la Santé, le Groupe consultatif stratégique d'experts de la vaccination (SAGE) recommande l'inclusion de la vaccination des nourrissons contre le rotavirus dans tous les programmes nationaux de vaccination. Dans les pays où ≥ 10 % des décès chez les enfants de < 5 ans sont causés par la diarrhée, l'introduction du vaccin est fortement recommandée(65).

2. Nourrissons prématurés : Les nourrissons qui sont âgés entre 6 semaines et 8 mois plus 0 jour d'âge chronologique et qui sont en santé et non hospitalisés peuvent recevoir RotaTeq® ou RotarixMC. La première dose devrait être administrée entre 6 semaines et 14 semaines et 6 jours. (Recommandation - Catégorie A - données probantes suffisantes pour recommander l'immunisation)

Des données recueillies chez 1 009 nourrissons prématurés démontrent que RotarixMC est sûr chez les prématurés et induit une réponse immunitaire semblable à celle des nourrissons nés à terme(48). Une étude portant sur RotaTeq® a révélé que le vaccin à virus vivant atténué était sûr et efficace chez les enfants de cet âge gestationnel(1) . Selon les données disponibles, le CCNI estime que l'avantage potentiel de la vaccination des nourrissons prématurés l'emporte sur le risque potentiel. Les nourrissons âgés de 6 semaines à 14 semaines et 6 jours (âge chronologique) qui sont en santé et ne sont pas hospitalisés peuvent entreprendre la série soit de RotaTeq® ou de RotarixMC. L'intervalle minimal entre les doses du vaccin antirotavirus est de 4 semaines. Toutes les doses du vaccin devraient être administrées avant l'âge de 8 mois, 0 jour (âge chronologique) (Recommandation de catégorie A - données probantes suffisantes pour recommander l'immunisation)

3. Nourrissons immunodéprimés : D'après le risque théorique associé aux vaccins à virus vivant atténué chez les nourrissons immunodéprimés et compte tenu du peu de données relatives à cette population, le CCNI recommande que les nourrissons atteints ou soupçonnés d'être atteints d'un déficit immunitaire ne reçoivent pas RotaTeq® ni RotarixMC sans consultation préalable d'un médecin spécialiste ou d'un expert dans ces troubles. (Recommandation - Catégorie E - données probantes suffisantes pour déconseiller l'immunisation)

4. Nourrissons ayant des antécédents d'intussusception :En s'appuyant sur des données récentes, le CCNI recommande que les nourrissons ayant des antécédents d'intussusception ne reçoivent pas de vaccins antirotavirus. (Recommandation - Catégorie E - données probantes suffisantes pour déconseiller l'immunisation)

Aucune association entre RotarixMC ou RotaTeq® et l'intussusception n'a été démontrée dans des essais à grande échelle sur l'innocuité ni dans le cadre de la surveillance post-commercialisation. Les enfants ayant des antécédents d'intussusception ont été exclus des essais sur l'immunogénicité et l'efficacité. La présente recommandation se fonde sur l'association précédemment établie entre RotashieldMC et l'augmentation des taux d'intussusception, sur le manque de connaissances relatives aux mécanismes pathogènes à l'origine de cette augmentation de risque, sur l'absence de données dans cette population et sur la possibilité que les nourrissons ayant des antécédents d'intussusception courent un plus grand risque d'épisodes subséquents.

Tableau 5 : Résumé des caractéristiques des vaccins et usages recommandés des deux vaccins antirotavirus actuellement autorisés, RotaTeq® et Rotarix MC
Caractéristique RotaTeq® RotarixMC
Souche mère du rotavirus Humain - souche bovine WC3 Souche humaine 89-12 (Type G1P1A[8])
Composition vaccinale Souches réassorties : G1xWC3; G2xWC3; G3xWC3; G4xWC3; P1A[8]xWC3 Souche humaine 89-12 (Type G1P1A[8])
Formulation Liquide (aucune reconstitution requise) Liquide (aucune reconstitution nécessaire)
Applicateur Tube doseur sans latex Applicateur oral de verre avec caoutchouc naturel (latex) dans le piston et le capuchon
Volume par dose 2 ml 1.5 ml(45)
Nbre de doses dans une série 3 2
Âge minimal lors de la 1re dose 6 semaines 6 semaines
Âge maximal lors de la 1re dose 14 semaines + 6 jours 14 semaines + 6 jours
Intervalles minimaux entre les doses 4 semaines 4 semaines
Âge maximal pour la dernière dose 8 mois + 0 jour 8 mois + 0 jour

 

Tableau 6. Niveaux de preuve fondés sur la méthodologie de la recherche
I Données probantes provenant d'un ou de plusieurs essais cliniques comparatifs randomisés.
II-1 Données probantes provenant d'un ou de plusieurs essais cliniques comparatifs sans randomisation.
II-2 Données probantes provenant d'études analytiques de cohortes ou cas/témoins, de préférence de plus d'un centre ou groupe de recherche utilisant des indicateurs cliniques de résultats de l'efficacité d'un vaccin.
II-3 Données probantes provenant d'études de plusieurs séries chronologiques avec ou sans intervention. Les résultats spectaculaires obtenus dans un contexte non contrôlé (comme les résultats de l'introduction de la pénicilline dans les années 1940) pourraient aussi être considérés comme faisant partie de ce type de données probantes.
III Opinions d'experts respectés se basant sur des expériences cliniques, des études descriptives et des études de cas ou des rapports de comités d'experts.

 

Tableau 7. Cote de qualité (validité interne)
Bonne Étude (notamment les méta-analyses ou les recensions systématiques) répondant bien à tous les critères propres à la méthodologie*.
Passable Étude (notamment les méta-analyses ou les recensions systématiques) ne répondant pas (ou du moins pas clairement) à au moins un critère propre à la méthodologie* mais n'ayant pas de « lacune majeure » connue.
Mauvaise Étude (notamment les méta-analyses ou les recensions systématiques) ayant au moins une « lacune majeure » propre à la méthodologie* ou une accumulation de lacunes moins importantes ne permettant pas de formuler des recommandations à partir des résultats de l'étude.
* Les critères généraux propres à la méthodologie sont décrits dans Harris et coll.(66).

 

Tableau 8. Recommandations du CCNI concernant l'immunisation
A Le CCNI a conclu qu'il existait des données probantes suffisantes pour recommander l'immunisation.
B Le CCNI a conclu qu'il existait des données probantes acceptables pour recommander l'immunisation.
C Le CCNI a conclu qu'il existait des données probantes contradictoires qui ne permettent pas de faire une recommandation pour ou contre l'immunisation; cependant, d'autres facteurs peuvent influencer la prise de décisions.
D Le CCNI a conclu qu'il existait des données probantes acceptables pour déconseiller l'immunisation.
E Le CCNI a conclu qu'il existait des données probantes suffisantes pour déconseiller l'immunisation.
I Le CCNI a conclu qu'il existait des données probantes insuffisantes (en quantité ou en qualité) pour formuler une recommandation; cependant, d'autres facteurs peuvent influencer la prise de décisions.

 

Tableau 9. Résumé des données à l'appui de l'utilisation de Rotarix MC  :
Étude Plan d'étude Nombre de participants Résultats Niveau de preuve Qualité
Données à l'appui de l'innocuité de Rotarix MC
Dennehy et coll., 2005 (46) 529 inscrits
421 vaccinés
108 sujets placebo
-Relevé quotidien sollicité pendant les 15 jours suivant la vaccination
-Consignation non sollicitée des données pendant les 43 jours suivant la vaccination
-Événements indésirables graves (10-12 mois)
-Gastro-entérite, de la première dose jusqu'à 2 mois après la 2 e dose
I Bonne
Population nord-américaine
Échantillon de petite taille
Ruiz-Palacios et coll., 2006 (49) Essai comparatif randomisé à double insu 63 225 inscrits
31 673 vaccinés
31552 placebo
Cliniques - notamment : gastro-entérite grave, hospitalisations à l'aide de MedRHA I Bonne
Linhares et coll., 2008 (51) Essai comparatif randomisé à double insu 15 183 inscrits
7669 vaccinés
7493 placebo
Cliniques - notamment : gastro-entérite grave, hospitalisations par le biais d'une surveillance active en milieu hospitalier I
Données à l'appui de l'efficacité de Rotarix MC
Ruiz-Palacios et coll., 2006 (49) Essai comparatif randomisé à double insu 20 169 inscrits
10 159 vaccinés
10 010 placebo
I Bonne
Vesikari et coll., 2007(50 Essai comparatif randomisé à double insu 3994 inscrits
2646 vaccinés
1348 placebo
Cliniques - gastro-entérite de toute gravité, hospitalisations, consultation d'un dispensateur de soins I Bonne
Linhares et coll., 2008 (51) Essai comparatif randomisé à double insu 20160 inscrits
7397 vaccinés
7218 placebo
Cliniques - hospitalisations, gastro-entérite grave
Échelle de Vesikari utilisée
I Bonne
Données à l'appui de l'immunogénicité de Rotarix MC
Dennehy et coll., 2005 (46) Essai comparatif randomisé à double insu 529 inscrits
421 vaccinés
108 sujets placebo
IgA ≥ 20 U/ml à l'ELISA I Bonne

Références

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