Actualités sur les maladies infectieuses : juin 2016

RMTC

Volume 42-6, le 2 juin 2016 : La rage

Actualités sur les maladies infectieuses

Éclosion de Elizabethkingia dans le Wisconsin

Source : Wisconsin Department of Health Services. Elizabethkingia anophelis - USA (09): (Wisconsin) fatal, community acquired – ProMED-mail post International Society for Infectious Diseases. Date : le vendredi 8 avril 2016 (En anglais seulement).

Le Department of Health Services (DHS) du Wisconsin enquête actuellement sur l’éclosion d’une infection touchant la circulation sanguine causée par la bactérie Elizabethkingia. La majorité des patients ont plus de 65 ans, et tous ont un historique d’au moins une maladie grave préexistante. À l’heure actuelle, la source de ces infections est inconnue. Nombre de cas entre le 1er novembre 2015 et le 6 avril 2016

Confirmés = 57; sous enquête = 1; cas possibles = 4; décès = 17.

Comme rappel concernant les sensibilités antimicrobiennes de la souche responsable de l’éclosion : malgré le fait que la Elizabethkingia est une bactérie qui résiste à plusieurs médicaments, les tests de sensibilité aux antimicrobiens (TSA) menés dans les laboratoires de microbiologie clinique du Wisconsin avec de récents isolats de Elizabethkingia ont démontré que la plupart des isolats testés sont réceptifs aux fluoroquinolones, à la rifampicine, et au triméthoprime/sulfaméthoxazole. La littérature médicale suggère qu’un traitement combinant ces agents pourrait être plus efficace qu’une monothérapie. Lorsqu’il est possible, le traitement devrait être dirigé par les tests de sensibilité aux antimicrobiens.

L’organisme a été caractérisé pour la première fois en 2011.

Cas confirmés de Elizabethkingia dans l'Ouest du Michigan

Source: Detroit News (edited). Elizabethkingia anophelis – USA (05): (Wisconsin, Michigan) fatal, community acquired – ProMED – mail post, International Society for Infectious Diseases. Date: le vendredi 18 mars 2016 (En anglais seulement).

Les responsables de la santé ont confirmé le décès d’un résident de l’Ouest du Michigan à la suite d’une bactériémie correspondant à une éclosion observée dans le Wisconsin. Le jeudi 17 mars 2016, le Department of Health and Human Services du Michigan a déclaré en avoir été informé le 11 mars 2016 par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). La description mentionnait une personne adulte plus âgée souffrant d’affection sous-jacente. Les responsables ont tenté de déterminer où l’infection avait été contractée.

Dans le Wisconsin, 17 personnes souffrant d’infections causées par la bactérie Elizabethkingia sont décédées depuis novembre 2015. L’éclosion constitue la plus importante enregistrée dans la documentation publiée, d’après les responsables.

Un peu plus tôt cette semaine, les responsables de la santé du Wisconsin ont indiqué sur leur site Web que le nombre total de cas déclarés s’élevait à 54. Les infections étaient concentrées dans le quart sud‑est fortement peuplé de l’État, y compris la région de Milwaukee et les comtés suburbains environnants.

La bactérie est ainsi nommée en raison d’Elizabeth O. King, une bactériologiste des CDC qui a étudié la méningite chez les nourrissons. L’organisme est commun dans l’environnement, notamment dans l’eau et le sol, mais il cause rarement des infections.

Le cas du Michigan présente la « même empreinte génétique » que ceux du Wisconsin, d’après les déclarations de la porte-parole du CDC Melissa Brower à The Associated Press le jeudi 17 mars 2016. « Nous ne savons vraiment pas comment cette personne dans le Michigan a pu contracter l’infection », a ajouté Melissa Brower. Mais « il ne faut surtout pas présumer que cette personne s’est rendue dans le Wisconsin parce qu’il s’agit de la même région géographique » que le Michigan, a-t-elle précisé.

La majorité des patients du Wisconsin touchés par l’infection sont âgés de 65 ans et plus et ont un historique d’au moins une maladie grave préexistante. L’infection a été détectée chez toutes les personnes décédées, mais l’on ne sait pas si la bactérie Elizabethkingia est la cause de ces décès, ou si elle y a contribué.

La rage humaine – Missouri, 2014

Source : Pratt PD, Henschel K, Turabelidze G, et al. Human Rabies – Missouri, 2014. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2016;65:253–256. DOI : http://dx.doi.org/10.15585/mmwr.mm6510a1 (En anglais seulement).

Le 18 septembre 2014, le Missouri Department of Health and Senior Services (MDHSS) a été avisé d’un cas soupçonné de rage chez un habitant du Missouri. Le patient, un homme âgé de 52 ans, vivait dans une région rurale très boisée et des observations de chauves-souris dans son domicile et autour de son domicile ont été signalées de manière isolée. L’exposition aux chauves-souris présente un risque de rage. Après deux visites aux services des urgences en raison d’une douleur intense au cou, d’une paresthésie dans le bras gauche, de tremblements dans la partie supérieure du corps et d’anxiété, il a été hospitalisé le 13 septembre pour une encéphalite d’étiologie inconnue. Le 24 septembre, il a reçu un diagnostic de rage et il est décédé le 26 septembre. Des tests du séquençage génétique ont confirmé une infection à une variante du virus de la rage associée aux pipistrelles de l’Est. Les fournisseurs de soins de santé doivent conserver un taux élevé de soupçon clinique pour la rage chez les patients qui souffrent d’une encéphalite inexpliquée et qui évolue rapidement, et suivre les pratiques de contrôle des infections recommandées lorsqu’ils examinent et traitent des patients soupçonnés d’avoir contracté une maladie infectieuse. Ce cas est le deuxième cas de rage humaine au Missouri en six ans; durant cette période, des spécimens provenant de six humains ont été transmis par le Missouri State Public Health Laboratory aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux fins de tests pour la rage avant le décès. En 2008, un homme âgé de 55 ans est décédé de la rage au Missouri après avoir été mordu à l’oreille par une chauve‑souris; avant cela, le dernier cas de rage au Missouri avait été signalé en 1959. De 2008 à 2011, un total de 11 cas de rage humaine a été signalé aux États-Unis et à Porto Rico, y compris cinq cas d’infection contractée à l’étranger. Parmi les six cas contractés à l’échelle nationale, cinq cas étaient associés à des cas de virus de la rage de la chauve-souris. Dans trois cas, une morsure de chauve-souris confirmée a été déclarée. Au Missouri, les chauves-souris et les mouffettes sont les principaux réservoirs du virus de la rage. Étant donné que les animaux sauvages peuvent ne pas présenter de signes évidents de rage, il est important que, lorsque cela est possible, toutes les chauves-souris et les carnivores terrestres sauvages liés à une possible exposition à la rage soient euthanasiés et testés pour la rage.

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