La rougeole au Canada : 2015

RMTC

Volume 42-7, le 7 juillet 2016 : Pouvons-nous arrêter la rougeole?

Surveillance

Surveillance de la rougeole au Canada, 2015

Sherrard L1*, Hiebert J2, Cunliffe J1, Mendoza L2, Cutler J1

Affiliations

1 Centre de l’immunisation et des maladies respiratoires infectieuses, Agence de la santé publique du Canada, Ottawa (Ontario)

2 Laboratoire national de microbiologie, Agence de la santé publique du Canada, Winnipeg (Manitoba)

Correspondance

lindsey.sherrard@phac-aspc.gc.ca

Citation proposée

Sherrard L, Hiebert J, Cunliffe J, Mendoza L, Cutler J. Surveillance de la rougeole au Canada, 2015. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2016;42:155-62. https://doi.org/10.14745/ccdr.v42i07a01f

Résumé

Contexte : La rougeole ne sévit plus au Canada depuis 1998. Chaque année, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) présente des données épidémiologiques à l’Organisation panaméricaine de la Santé  en vue de vérifier que l’élimination de la rougeole persiste au Canada.

Objectif : Faire état de l’activité rougeoleuse au Canada en 2015, à l’aide de données probantes à jour étayant le statut d’élimination durable de la rougeole au Canada.

Méthodologie : Les données de surveillance de la rougeole ont été saisies par le Système canadien de surveillance de la rougeole et de la rubéole (SCSRR) et le projet pilote sur la surveillance de la rougeole et de la rubéole et évaluées pour la répartition en fonction des caractéristiques démographiques et des facteurs de risque. On a rédigé un résumé des caractéristiques des éclosions, et mené et décrit des analyses génotypiques et phylogéniques. Les données de surveillance pour l’année 2015 ont été évaluées par rapport aux critères essentiels d’évaluation de l’élimination de la rougeole de l’Organisation panaméricaine de la Santé.

Résultats : En 2015, l’incidence de la rougeole au Canada était de 5,5 cas pour 1 000 000 d’habitants, avec 196 cas dans quatre provinces. La majorité des cas (87,2 %, n = 171) n’étaient pas immunisés, et les taux d’incidence propres à l’âge ainsi que les nombres de cas étaient plus élevés chez les personnes âgées de 10 à 14 ans (29,5 cas pour 1 000 000 d’habitants, n = 55). Cette situation était attribuable en grande partie à une éclosion notable dans une communauté religieuse ne pratiquant pas la vaccination. Dans l’ensemble, 10,7 % (n = 21) des cas ont été hospitalisés. Les renseignements sur le génotype étaient accessibles pour 100 % des cas de rougeole (4 éclosions sur 4, et 6 cas sporadiques sur 6). Le Canada a satisfait, pleinement ou partiellement, à la plupart des critères de l’Organisation panaméricaine de la Santé pour la vérification de l’élimination de la rougeole.

Conclusion : Bien que les cas importés et les zones à faible couverture vaccinale continuent de menacer le statut d’élimination du Canada, les données de surveillance pour 2015 fournissent des preuves solides que l’élimination de la rougeole a été maintenue.

Introduction

La rougeole est l’une des maladies connues les plus contagieuses. Avant que les vaccins contre la rougeole deviennent largement accessibles, la maladie était une importante cause de décès et d’invalidité dans le monde entier, causant 2,6 millions de décès chaque année, selon les estimations Note de bas de page 1.

Au Canada, la rougeole a été une maladie à déclaration obligatoire depuis 1924, sauf de 1959 à 1968. Une surveillance accrue fondée sur les cas de rougeole est coordonnée par le Centre de l’immunisation et des maladies respiratoires infectieuses et le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence de la santé publique du Canada, par l’intermédiaire du Système canadien de surveillance de la rougeole et de la rubéole (SCSRR) et du projet pilote sur la surveillance de la rougeole et de la rubéole. La surveillance accrue de la rougeole est nécessaire afin de fournir des preuves suffisantes de l’élimination de la rougeole.

L’élimination de la rougeole est définie comme l’absence de transmission de la rougeole endémique dans une zone géographique définie pendant 12 mois ou plus, au moyen d’un système de surveillance bien rodé Note de bas de page 2. L’élimination de la rougeole au Canada a été décrite comme un important objectif de santé publique atteignable depuis au moins 1980 Note de bas de page 3. Au cours de la Conférence de concertation de 1992 sur la rougeole, le Canada s’était donné comme objectif d’avoir éliminé la rougeole d’ici 2005 Note de bas de page 4. Cet objectif a été révisé à l’occasion de la Conférence panaméricaine sur la santé XXIV de 1994, alors que le Canada et d’autres États membres se sont entendus pour éliminer la rougeole dans les Amériques au plus tard d’ici 2000 Note de bas de page 5. À la suite de la mise en œuvre d’un programme de vaccination systématique à deux doses contre la rougeole, le dernier cas endémique au Canada a été signalé en 1997, et le statut d’élimination de la rougeole a été obtenu un an plus tard Note de bas de page 6.

Malgré ce succès, le statut d’élimination du Canada continue d’être menacé par l’importation de la rougeole d’autres pays où la maladie demeure endémique. Afin de vérifier son statut d’élimination de la rougeole sur une base continue, le Canada soumet des données de surveillance à l’Organisation panaméricaine de la Santé. L’objectif du présent rapport est de fournir un résumé épidémiologique de l’activité rougeoleuse observée au Canada pour l’année épidémiologique 2015.

Méthodologie

Données de surveillance : Les provinces et les territoires ont signalé hebdomadairement à l’ASPC, par l’intermédiaire du SCSRR ou du projet pilote de surveillance de la rougeole et de la rubéole, les cas de rougeole correspondants à la définition nationale d’un cas Note de bas de page 7 (n = 10 dans les provinces et n = 3 dans les territoires), y compris la déclaration de « zéro cas ». Les données non nominatives et sans identification sur les cas ont été extraites et soumises à l’Organisation panaméricaine de la Santé. Les cas confirmés de rougeole avec une éruption cutanée apparue au cours de l’année épidémiologique 2015 (du 4 janvier 2015 au 2 janvier 2016) ont été inclus dans le présent rapport.

Génotypage : Tous les génotypages du virus de la rougeole ont été effectués au LNM de l’Agence. On a effectué – par transcription inverse-amplification en chaîne de la polymérase (TI-ACP) – le génotypage normalisé de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), soit le séquençage des 450 nucléotides du gène (région N-450) de la nucléoprotéine et du gène entier de l’hémagglutinine (gène H) Note de bas de page 8, de tous les cas de rougeole confirmés. Les échantillons cliniques (respiratoires ou urinaires) ont été transmis au LNM par les laboratoires provinciaux et ont été confirmés par TI-ACP dans les laboratoires provinciaux ou au LNM. Les séquences de la région N-450 et du gène H ont été comparées aux séquences de référence des génotypes de l’OMS Note de bas de page 9, et des arbres phylogénétiques de parcimonie maximale ont été générés au moyen du logiciel MEGA6 Note de bas de page 10. Les génotypes ont été attribués en fonction de l’homologie maximale des séquences N-450 par rapport aux génotypes de référence de l’OMS Note de bas de page 9. Les séquences ont également été versées dans la base de données Measles Nucleotide Surveillance (MeaNS) de l’OMS, comparées à des « souches nommées » ainsi qu’à des séquences déposées par d’autres membres du réseau mondial de laboratoires pour la rougeole Note de bas de page 9,Note de bas de page 11.

Gestion et validation des données : Les données de surveillance de la rougeole ont été gérées à l’aide du logiciel Microsoft Access 2010. On a mené un processus de validation des données en mars 2016 avec les quatre provinces qui avaient signalé des cas de rougeole en 2015. Ce processus comprenait une interrogation à propos des champs vides, la détermination des saisies de champ illogiques et la confirmation des valeurs auprès les territoires de compétence ayant effectué les déclarations.

Analyse : Le logiciel Enterprise Guide de SAS 5.1 Note de bas de page 12 a été utilisé pour effectuer les analyses épidémiologiques descriptives, ainsi que pour le calcul des variables catégoriques (nombres, proportions) et des variables continues (médianes, intervalles). Les taux d’incidence ont été calculés en fonction des estimations de la population de Statistique Canada en date du 1er juillet 2015. On a évalué la répartition des cas de rougeole selon les caractéristiques démographiques (p. ex. âge, sexe, lieu), les signes de risque (p. ex. état vaccinal, hospitalisation, source d’exposition) et le génotype. Les caractéristiques des éclosions ont été résumées et les données de surveillance ont été comparées aux critères essentiels pour le maintien du statut d’élimination de la rougeole décrits par l’Organisation panaméricaine de la Santé Note de bas de page 13.

L’état vaccinal était défini conformément au calendrier d’immunisation systématique financé par l’État Note de bas de page 14. Les cas qui n’étaient pas admissibles au programme d’immunisation systématique en raison de leur âge (c.-à-d. âgés de moins d’un an ou qui sont nés avant 1970) ont été classés dans la catégorie « à jour », sans égard à leur état déclaré. Les personnes nées après 1970 et âgées de sept ans ou plus ont été définies comme étant à jour si elles avaient reçu deux doses. En ce qui concerne les enfants âgés de un à six ans, l’administration d’une ou de deux doses, selon le calendrier recommandé dans la province ou le territoire de déclaration, les qualifiait parmi les sujets à jour.

Cette activité systématique de surveillance de la santé publique n’avait pas à être approuvée par un comité d’examen éthique.

Résultats

Aperçu

En 2015, l’incidence de la rougeole au Canada était de 5,5 cas pour 1 000 000 d’habitants, avec un total de 196 cas déclarés. Ces données comprennent un cas de rougeole chez un voyageur international, qui n’était pas pris en compte dans le dénominateur. Tous les cas ont été confirmés en laboratoire (29,1 %, n = 57) ou présentaient un lien épidémiologique avec un cas confirmé en laboratoire (70,9 %; n = 139).

La majorité des cas (99,5 %, n = 195) ont été signalés durant la période couvrant les semaines épidémiologiques 1 à 20, qui ont pris fin le 10 janvier et le 23 mai 2015, respectivement. Un maximum de 87 (44,4 %) cas a été signalé au cours d’une même semaine, lors d’une éclosion au Québec (semaine 9, qui s’est terminée le 7 mars) (figure 1).

Figure 1 : Répartition des cas déclarés de rougeole par semaine épidémiologique d’apparition de l’éruption cutanée et par province ou territoire, au Canada, en 2015

Figure 1 : Répartition des cas déclarés de rougeole par semaine épidémiologique d’apparition de l’éruption cutanée et par province ou territoire, au Canada, en 2015

Description textuelle : Figure 1

Figure 1 : Répartition des cas déclarés de rougeole par semaine épidémiologique d’apparition de l’éruption cutanée et par province ou territoire, au Canada, en 2015

  Reporting province or territory  
Epidemiologic Week Ending British Columbia Manitoba Ontario Quebec TOTAL
1 10-Jan-2015 0 - - - 0
2 17-Jan-2015 0 0 0 1 1
3 24-Jan-2015 0 0 0 3 3
4 31-Jan-2015 0 0 8 4 12
5 07-Feb-2015 0 1 1 0 2
6 14-Feb-2015 0 0 8 5 13
7 21-Feb-2015 0 0 1 15 16
8 28-Feb-2015 0 0 0 15 15
9 07-Mar-2015 0 0 0 87 87
10 14-Mar-2015 0 0 1 11 12
11 21-Mar-2015 2 0 0 15 17
12 28-Mar-2015 1 0 0 3 4
13 04-Apr-2015 7 0 0 1 8
14 11-Apr-2015 1 1 0 0 2
15 18-Apr-2015 0 0 0 1 1
16 25-Apr-2015 0 - - - 0
17 02-May-2015 0 0 0 1 1
18 09-May-2015 0 - - - 0
19 16-May-2015 0 - 0 - 0
20 23-May-2015 0 0 1 0 1
21 30-May-2015 0 - - - 0
22 06-Jun-2015 0 - - - 0
23 13-Jun-2015 0 - - - 0
24 20-Jun-2015 0 - - - 0
25 27-Jun-2015 0 - - - 0
26 04-Jul-2015 0 - - - 0
27 11-Jul-2015 0 - - - 0
28 18-Jul-2015 0 - - - 0
29 25-Jul-2015 0 - - - 0
30 01-Aug-2015 0 - - - 0
31 08-Aug-2015 0 - - - 0
32 15-Aug-2015 0 - - - 0
33 22-Aug-2015 0 - - - 0
34 29-Aug-2015 0 - - - 0
35 05-Sep-2015 0 - - - 0
36 12-Sep-2015 0 - - - 0
37 19-Sep-2015 0 - - - 0
38 26-Sep-2015 0 - - - 0
39 03-Oct-2015 0 - - - 0
40 10-Oct-2015 0 - - - 0
41 17-Oct-2015 0 - - - 0
42 24-Oct-2015 0 0 0 1 1
43 31-Oct-2015 0 - - - 0
44 07-Nov-2015 0 - - - 0
45 14-Nov-2015 0 - - - 0
46 21-Nov-2015 0 - - - 0
47 28-Nov-2015 0 - - - 0
48 05-Dec-2015 0 - - - 0
49 12-Dec-2015 0 - - - 0
50 19-Dec-2015 0 - - - 0
51 26-Dec-2015 0 - - - 0
52 02-Jan-2016 0 - - - 0
Grand Total - 11 2 20 163 196

Âge, sexe et lieu

Des renseignements sur l’âge, le sexe et la province ou le territoire de déclaration étaient disponibles pour tous les cas signalés en 2015. L’âge des personnes infectées variait de 1 mois à 55 ans, et l’âge médian était établi à 13,9 ans. Le groupe d’âge le plus souvent signalé était celui des jeunes âgés de 10 à 14 ans (28,1 %, n = 55), suivi par celui des personnes âgées de 15 à 19 ans (19,9 %, n = 39) et celui des enfants de 5 à 9 ans (17,9 %, n = 35). Les taux d’incidence étaient également les plus élevés dans ces groupes, soit 29,5, 18,6 et 17,9 cas pour 1 000 000 d’habitants, respectivement (tableau 1). Aucun cas n’a été signalé chez les personnes âgées de 60 ans et plus. Environ la moitié des cas signalés (55,1 %, n = 108) étaient des hommes. Quatre provinces canadiennes ont déclaré des cas de rougeole en 2015 : la Colombie-Britannique, le Manitoba, l’Ontario et le Québec. L’incidence était la plus élevée au Québec, suivi par la Colombie-Britannique, le Manitoba et l’Ontario (19,7; 2,3; 1,5 et 1,5 cas pour 1 000 000 d’habitants, respectivement).

Tableau 1  : Répartition des cas confirmés de rougeole et des taux d’incidence (pour 1 000 000 d’habitants) par groupe d’âge, sexe et province ou territoire de déclarationTableau 1 note 1, au Canada, en 2015
Groupe d’âge H F CB MB ON QC CA Taux global d’incidence
< 1 an 2 3 0 1 0 4 5 12,9
1 à 4 ans 12 6 0 0 4 14 18 11,6
5 à 9 ans 22 13 0 0 0 35 35 17,9
10 à 14 ans 30 25 1 0 3 51 55 29,5
15 à 19 ans 19 20 7 0 1 31 39 18,6
20 à 24 ans 6 9 0 0 4 11 14 5,7
25 à 29 ans 3 5 0 0 0 8 8 3,2
30 à 39 ans 10 4 2 1 5 6 14 2,9
40 à 59 ans 4 3 1Tableau 1 note 2 0 3 3 7 0,7
60 ans et plus 0 0 0 0 0 0 0 0,0
Total 108 88 11 2 20 163 196 5,5
Taux d’incidence  6,1 4,9 2,3 1,5 1,5 19,7 5,5 -

Immunisation

En 2015, la vaste majorité des cas (87,8 %, n = 172) n’étaient pas à jour, compte tenu de leur âge, en ce qui concerne le vaccin contenant le virus de la rougeole au moment de l’infection (tableau 2). De même, la majorité des cas (86,7 %, n = 170) n’avaient jamais reçu de dose du vaccin contenant le virus de la rougeole. Neuf cas de rougeole (cinq nourrissons âgés de moins d’un an et quatre adultes nés avant 1970) n’étaient pas admissibles, en raison de leur âge, à recevoir le vaccin contenant le virus de la rougeole selon les recommandations actuelles sur l’immunisation systématique du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI). Ces cas ont été classés comme étant à jour, sans égard à leurs antécédents de vaccination. Par conséquent, parmi les 16 cas décrits comme étant à jour, seuls sept cas (ou 3,6 % de tous les cas signalés) avaient déjà reçu le vaccin contenant la rougeole.

Aucun des cas signalés n’était né avant 1957, le seuil utilisé dans d’autres pays, comme les États-Unis Note de bas de page 15. Selon les données, en 2015, un cas avait reçu trois doses du vaccin contenant le virus de la rougeole. Cependant, la troisième dose avait été administrée dans la semaine précédant l’apparition de l’éruption cutanée et avait vraisemblablement été administrée après l’exposition au virus de la rougeole. L’état vaccinal n’a pu être évalué dans 4,1 % (n = 8) des cas, en raison de renseignements manquants.

Tableau 2  : État vaccinal des cas confirmés de rougeole, par groupe d’âge et exhaustivité de la vaccinationTableau 2 - Note 1, au Canada, en 2015
Groupe d’âge Non vaccinés Vaccinés Inconnu
Pas à jour À jour Pas à jour À jour Impossible à déterminer À jour
< 1 an 0 5 0 0 0 0
1 à 4 ans 17 0 0 1 0 0
5 à 9 ans 35 0 0 0 0 0
10 à 14 ans 51 0 4 0 0 0
15 à 19 ans 33 0 1 4 1 0
20 à 24 ans 14 0 0 1 0 0
25 à 29 ans 8 0 0 0 0 0
30 à 39 ans 5 0 3 1 5 0
40 à 59 ans 0 2 1 0 2 2
60 ans et plus 0 0 0 0 0 0
TOTAL 163 7 9 7 8 2

Hospitalisation

Dans l’ensemble, en 2015, l’hospitalisation a été indiquée pour 10,7 % (n = 21) des cas déclarés (tableau 3). Le plus grand nombre d’hospitalisations a été observé chez les personnes âgées de 20 à 24 ans (n = 5, 33,3 %). En revanche, la proportion la plus élevée d’hospitalisations s’observe chez les nourrissons âgés de moins d’un an, dont 60 % (n = 3) des cas ont été hospitalisés. Presque tous les cas hospitalisés (95,2 %, n = 20) n’avaient aucun antécédent déclaré de vaccination, alors que la plupart des hospitalisations (76,2 %, n = 16) ont été liées à une éclosion au Québec, dans une communauté religieuse ne pratiquant pas la vaccination. Toutefois, il importe de noter qu’on ignore si 2,6 % (n = 5) des cas ont été hospitalisés ou non.

Tableau 3  : Données d’hospitalisation des cas confirmés de rougeole, par groupe d’âge, au Canada, en 2015
  Non hospitalisé Hospitalisé Inconnu
Groupe d’âge Total N % N % N %
< 1 an 5 2 40,00 % 3 60,0 % 0 0,0 %
1 à 4 ans 18 18 100,00 % 0 0,0 % 0 0,0 %
5 à 9 ans 35 33 94,3 % 2 5,7 % 0 0,0 %
10 à 14 ans 55 53 96,4 % 1 1,8 % 1 1,8 %
15 à 19 ans 39 32 82,1 % 3 7,7 % 4 10,3 %
20 à 24 ans 15 10 66,7 % 5 33,3 % 0 0,0 %
25 à 29 ans 8 6 75,0 % 2 25,0 % 0 0,0 %
30 à 39 ans 14 11 78,6 % 3 21,4 % 0 0,0 %
40 à 59 ans 7 5 71,4 % 2 28,6 % 0 0,0 %
60 ans et plus 0 0 - 0 - 0 -
Total 196 170 86,7 % 21 10,7 % 5 2,6 %

Épidémiologie moléculaire

En 2015, on disposait d’échantillons pour le génotypage de 28,6 % (n = 56) des cas déclarés de rougeole. Cependant, les génotypes ont été déterminés pour tous les événements rougeoleux uniques qui comprennent des éclosions (n = 4) et des cas sporadiques sans transmission secondaire (n = 6). Les génotypes détectés étaient les suivants : B3 (n = 23), D4 (n = 17), H1 (n = 11) et D8 (n = 5) (figure 2).

Figure 2 : Répartition des génotypes des souches de rougeole détectés en 2015 (n = 56) selon la semaine d’apparition de l’éruption cutanéeFigure 2 footnote 1

Figure 2 footnote 2

Figure 2 : Répartition des génotypes des souches de rougeole détectés en 2015 (n = 56) selon la semaine d’apparition de l’éruption cutanée

Description textuelle : Figure 2

Figure 2 : Répartition des génotypes des souches de rougeole détectés en 2015 (n = 56) selon la semaine d’apparition de l’éruption cutanée

Epi week B3 B3 - Harare D4 D8 D8 - Taunton D9 H1 Total
11 janv. - - - - - - - 0
18 janv. - - - - - - - 0
25 janv. - 1 1 - - - - 2
1 févr. - 4 7 - - - - 11
8 févr. - - 1 1 - - - 2
15 févr. - - 7 - - - - 7
22 févr. - 1 1 - - - - 2
1 mars - 3 - - - - - 3
8 mars - 10 - - - - - 10
15 mars - - - 1 - - - 1
22 mars - 1 - - - - 2 3
29 mars - - - - - - 1 1
5 avr. - - - 1 - - 7 8
12 avr. - - - - - - 1 1
19 avr. 1 - - 1 - - - 2
26 avr. - - - - - - - 0
3 mai 1 - - - - - - 1
10 mai - - - - - - - 0
17 mai - - - 1 - - - 1
24 mai - - - - - - - 0
31 mai - - - - - - - 0
7 juin - - - - - - - 0
14 juin - - - - - - - 0
21 juin - - - - - - - 0
28 juin - - - - - - - 0
5 juil. - - - - - - - 0
12 juil. - - - - - - - 0
19 juil. - - - - - - - 0
26 juil. - - - - - - - 0
2 août - - - - - - - 0
9 août - - - - - - - 0
16 août - - - - - - - 0
23 août - - - - - - - 0
30 août - - - - - - - 0
6 sept. - - - - - - - 0
13 sept. - - - - - - - 0
20 sept. - - - - - - - 0
27 sept. - - - - - - - 0
4 oct. - - - - - - - 0
11 oct. - - - - - - - 0
18 oct. - - - - - - - 0
25 oct. 1 - - - - - - 1
1 nov. - - - - - - - 0
8 nov. - - - - - - - 0
15 nov. - - - - - - - 0
22 nov. - - - - - - - 0
29 nov. - - - - - - - 0
6 déc. - - - - - - - 0
13 déc. - - - - - - - 0
20 déc. - - - - - - - 0
27 déc. - - - - - - - 0
3 janv. - - - - - - - 0
Total 3 20 17 5 0 0 11 56

Presque toutes les souches du virus identifiées comme étant du génotype B3 étaient identiques à la variante de séquence MVi/Harare.ZWE/38.09 (numéro d’enregistrement GenBank : JF973033) (n = 20) (figure 3). Toutes ces séquences du génotype B3 de variante Harare ont été détectées chez des cas de rougeole associés à l’éclosion au Québec (annexe), qui était liée à une vaste éclosion du génotype B3 de variante Harare aux États-UnisNote de bas de page 17. On a identifié un virus du génotype B3 chez trois autres cas. Alors que ces cas étaient sporadiques et liés à des voyages (en Afrique du Sud, en Éthiopie et en Tunisie), les deux cas avec des antécédents de voyage dans la région de l’Afrique présentaient des séquences N-450 identiques (correspondant à la souche nommée MVs/Kansas.USA/1.12, numéro d’enregistrement GenBank : JX315576) (figure 3). Toutefois, ces virus de la rougeole se distinguaient par leur séquençage du gène H (données non indiquées).

Tous les virus du génotype D4 identifiés (n = 17) présentaient des séquences N-450 identiques (figure 3) qui n’étaient identiques à aucune souche nommée. Tous ces cas étaient associés à une éclosion d’origine inconnue en Ontario, pour laquelle il a été impossible d’établir un lien épidémiologique entre de nombreux cas (annexe). Afin de mieux caractériser cette éclosion, on a étendu le séquençage, notamment du gène H et de la région MF-NCR (la région non codante entre la matrice et les gènes chimères). Une description détaillée est à venir.

Des virus du génotype H1 ont été identifiés dans 11 cas de rougeole, qui avaient tous des antécédents de voyage en Chine, où le génotype H1 est endémique Note de bas de page 11, ou des liens avec un cas ayant voyagé en Chine (annexe). Neuf de ces virus étaient identiques à la souche nommée MVs/Hong Kong.CHN/49.12 (numéro d’enregistrement GenBank : KC417295), alors que les deux autres se distinguaient par un seul nucléotide, mais étaient identiques lorsque comparés l’un à l’autre (figure 3).

Les autres cas de rougeole qui ont été génotypés présentaient tous le génotype D8 (n = 5), dont quatre ne concordant avec aucune souche nommée (figure 3). Deux présentaient des séquences N-450 identiques et étaient de la même éclosion associée à des voyages en Inde (annexe). Les trois autres cas de virus du génotype D8 virus étaient des cas sporadiques et présentaient tous des séquences N-450 uniques. Deux cas avaient des antécédents de voyage, l’un en Inde, où le génotype D8 est endémique Note de bas de page 11, l’autre au Pakistan, pays voisin du premier, tandis que le troisième cas était de source inconnue. À l’échelle mondiale, le génotype D8 de la rougeole a été le deuxième génotype le plus fréquemment signalé en 2015, selon les soumissions à la base de données Measles Nucleotide Surveillance (MeaNS) de l’OMS Note de bas de page 18.

Figure 3 : Arbre phylogénétique des séquences rougeoleuses N-450 détectées au Canada en 2015 (n = 56)

Figure 3 : Arbre phylogénétique des séquences rougeoleuses N-450 détectées au Canada en 2015 (n = 56)

Text description: Figure 3

Figure 3 : Arbre phylogénétique des séquences rougeoleuses N-450 détectées au Canada en 2015 (n = 56)

L’arbre phylogénétique des séquences rougeoleuses N-450 détectées au Canada en 2015 (n = 56) est représenté à la figure 3. Le génotype B3 de la rougeole a été détecté chez 20 cas d’une éclosion et chez trois cas sporadiques. La séquence des cas de l’éclosion était identique à celle de la souche nommée MVi/Harare.ZWE/38.09 (numéro d’enregistrement GenBank : JF973033). La séquence de deux cas sporadiques était identique à celle de la souche nommée MVs/Kansas.USA/1.12 (numéro d’enregistrement GenBank : JX315576), tandis que le troisième cas sporadique avait une séquence unique. Deux différentes séquences N-450 du génotype H1 ont été détectées dans les cas de 2015, mais elles étaient toutes associées à une éclosion. La séquence N-450 de neuf génotypes H1 était identique à celle de la souche nommée MVs/Hong Kong.CHN/49.12 (numéro d’enregistrement GenBank : KC417295), alors que les deux autres se distinguaient par un seul nucléotide, mais étaient identiques lorsque comparés l’une à l’autre. Une seule séquence N-450 du génotype D4 a été observée dans 17 cas, tous associés à une seule éclosion. Enfin, quatre séquences N-450 uniques du génotype D8 ont été détectées dans les cas de 2015. Une séquence a été détectée chez deux cas d’une seule éclosion. Les trois autres séquences ont été détectées dans trois cas sporadiques, et une séquence concordait avec la souche nommée MVs/Chui.KGZ/53.14 (numéro d’enregistrement GenBank : KU728741).


La rougeole canadienne dans le contexte mondial

En 2015, les cas importés représentaient 4,6 % (n = 9) des cas déclarés. Tous les cas importés étaient des adultes (âgés de 16 à 42 ans) qui n’étaient pas complètement immunisés, par rapport à leur âge (n = 7), ou des enfants trop jeunes pour être immunisés selon le du calendrier de vaccination systématique (n = 2). Toutefois, étant donné que l’administration du vaccin contenant le virus de la rougeole peut être envisagée dès l’âge de six mois à l’occasion de voyages à l’extérieur de l’Amérique du Nord Note de bas de page 16, ces deux enfants représentent également des occasions de vaccination manquées.

Les cas importés ont été exposés à la rougeole lors d’un voyage dans la plupart des régions de l’OMS : Asie du Sud-Est (n = 2), Pacifique occidental (n = 2), Méditerranée orientale (n = 2), Afrique (n = 2) et Amériques (n = 1). Aucun des cas importés signalés ne provenait de la région de l’Europe. La Chine et l’Inde étaient chacune à l’origine de deux cas importés déclarés. Un cas importé a été signalé en provenance de chacun des pays suivants : Éthiopie, Pakistan, Afrique du Sud, Tunisie et États-Unis.

En tout, quatre éclosions ont été signalées en 2015, pour un total de 190 cas. La source d’exposition du cas index a été déterminée pour trois des quatre éclosions, provenant de voyages aux États-Unis, en Chine et en Inde. La plus grande éclosion a été occasionnée par un seul cas importé des États-Unis et a compté pour 159 cas au total (annexe). Bien que le nombre de cas signalés pour chaque éclosion variait de 2 à 159 (médiane : 15), la durée des éclosions a été généralement courte, avec une médiane de 3 générations (intervalle de 2 à 6). Les génotypes B3, D4, H1 et D8 (n = 1 chaque) ont été identifiés. En 2015, on n’a déterminé aucune source d’exposition pour 14 cas, qui ont tous été signalés par l’Ontario. Dix de ces cas était décrits en détail ailleurs Note de bas de page 19. Un seul de ces cas s’est soldé par une propagation secondaire (annexe).

Maintien de l’élimination de la rougeole

L’Organisation panaméricaine de la Santé a énoncé quatre critères et indicateurs pour la vérification continue de l’élimination de la rougeole (tableau 4). Le Canada a satisfait, pleinement ou partiellement, à trois de ces quatre indicateurs.

Table 4: Pan American Health Organization essential criteria for the verification of measles elimination
Critère Indicateur Description
Vérifier l’interruption des cas endémiques de rougeole au cours d’une période d’au moins trois ans à compter du dernier cas endémique connu, en présence d’une surveillance de qualité supérieure. Aucun cas de transmission endémique.

Critère satisfait.

Le Canada est parvenu à éradiquer la rougeole en 1998. Depuis lors, les données moléculaires et épidémiologiques continuent de démontrer l’absence de souche virale en circulation pendant un an ou plus au CanadaNote de bas de page 6,Note de bas de page 20,Note de bas de page 21,Note de bas de page 22.

Maintenir une surveillance de qualité supérieure suffisamment sensible pour déceler les cas importés et ceux liés à l’importation. Plus de deux cas soupçonnés pour 100 000 habitants ont fait l’objet d’une enquête adéquate.

Critère partiellement satisfait.

Étant donné que seuls les cas confirmés de rougeole doivent obligatoirement être déclarés au Canada, cet indicateur ne peut être évalué directement.

Toutefois, grâce aux données du projet pilote sur la surveillance de la rougeole et de la rubéole, on a estimé le taux national d’enquêtes sur les maladies évoquant la rougeole, lequel s’est situé entre 12 pour 100 000 habitants (2006, année sans éclosion) et 19 pour 100 000 habitants (2011, année touchée par une éclosion)Note de bas de page 23.

Vérifier l’absence de souches de virus endémiques de la rougeole en assurant une surveillance virologique. Génotypage de la rougeole effectué lors de 80 % des éclosions.

Critère satisfait.

Les renseignements sur le génotype étaient accessibles pour 100 % des éclosions signalées en 2015.

Veiller à ce que l’immunisation au sein de la population soit adéquate. Quatre-vingt-quinze pour cent des cohortes de la population âgée de 1 à 40 ans ont reçu un vaccin contenant le virus de la rougeole.

Critère non satisfait.

Étant donné qu’il n’existe actuellement aucun registre national de vaccination au Canada, ce critère ne peut pas être évalué directement.

Toutefois, l’Enquête sur la couverture vaccinale nationale des enfants de 2013 a estimé à 89,6 % le taux de couverture vaccinale pour la première dose du vaccin contenant le virus de la rougeole chez les enfants âgés de 2 ans, et à 85,5 %, celui pour la deuxième dose du vaccin chez les enfants âgés de 7 ansNote de bas de page 24. Cette estimation reflète un changement dans la méthodologie, plutôt qu’une diminution de la couverture, par rapport aux années précédentes (p. ex. 95,2 % et 94,9 % en 2011Note de bas de page 25).

Il faut noter qu’il s’agit ici de valeurs moyennes; la couverture est hétérogène et peut varier d’une région à l’autre.

Discussion

Cent quatre-vingt-seize cas confirmés de rougeole ont été déclarés au Canada en 2015, issus de toutes les régions de l’OMS, à l’exception de la région de l’Europe. La majorité de ces cas provenaient d’un seul cas importé associé à une destination touristique populaire aux États-Unis Note de bas de page 17. Ce total arrive en troisième position du nombre de cas depuis l’élimination de la rougeole, en 1998, à la suite de celui de 2011 (n = 725) et de celui de 2014 (n = 418). Semblablement à la situation en 2014, la plupart des cas (81,1 %, n = 159) se trouvaient dans une communauté religieuse ne pratiquant pas la vaccination. Le fardeau était le plus élevé chez les enfants, en particulier chez ceux âgés de 5 à 19 ans, mais aussi chez les enfants âgés de 5 ans ou moins. La plupart des cas hospitalisés n’étaient pas vaccinés. Au moins un cas de chaque événement de rougeole (c.-à-d. quatre éclosions et six cas sporadiques) a été génotypé; quatre génotypes ont été déclarés en 2015, soit B3, D4, H1 et D8. Chaque événement de rougeole était distinct, car tous avaient une souche virale différente. Après la fin de chaque événement, aucune de ces souches virales n’a été observée de nouveau en 2015. La présence de cas dont la source était inconnue laisse croire que tous les cas de rougeole n’ont pas été déclarés; toutefois, le nombre de ceux-ci était relativement faible. Étant donné la durée médiane de l’éclosion de trois générations, toutes les éclosions ont été bien contenues.

Le Canada continue de satisfaire, pleinement ou partiellement, à trois critères sur quatre des indicateurs essentiels de l’Organisation panaméricaine de la Santé pour le maintien de l’élimination de la rougeole. Un critère antérieurement satisfait ne l’a pas été en 2015; il s’agit de la couverture par le vaccin contenant le virus de la rougeole. Cette situation reflète probablement un changement dans la méthodologie d’estimation de la couverture, et non une diminution de la couverture réelle. Fait notable, le budget fédéral 2016 prévoit 25 millions de dollars sur cinq ans dans de nouveaux investissements, en soutien à l’amélioration de la couverture vaccinale au Canada Note de bas de page 26.

À l’échelle mondiale, l’élimination et l’éradication de la rougeole continuent d’être une priorité en matière de santé publique, toutes les régions de l’OMS s’efforçant d’atteindre les objectifs d’élimination. Lors de l’Assemblée mondiale de la Santé en 2010, trois cibles pour l’éradication de la rougeole ont également été approuvées en vue d’accroître la couverture par le vaccin contenant le virus de la rougeole et de réduire des taux de morbidité et de mortalité dans le monde au plus tard en 2015 Note de bas de page 27. Quoi qu’il en soit, comme les objectifs mondiaux et ceux relatifs à l’élimination n’ont pas été atteints en 2015 Note de bas de page 28, il y a encore place à amélioration.

Limites

Ces données comportent un certain nombre de limites qui méritent un examen. Les indicateurs d’un système de surveillance bien rodé établis par l’Organisation panaméricaine de la Santé sont fondés sur l’investigation des cas évoquant la rougeole (c.-à-d. les cas présumés), alors que seuls les cas confirmés sont à déclaration obligatoire au Canada. À ce titre, ces données ne peuvent qu’indirectement répondre aux critères de l’Organisation panaméricaine de la Santé. En outre, les renseignements sur la mortalité et des renseignements détaillés sur la morbidité (p. ex. durée des hospitalisations, séquelles) ne sont pas actuellement saisis dans le SCSRR ou le projet pilote de surveillance de la rougeole et de la rubéole, ce qui limite la capacité de décrire complètement le fardeau de la rougeole au Canada. Enfin, comme l’état vaccinal est une variable dérivée qui est influencée par les différences des calendriers de l’ensemble des provinces et territoires, il peut être discriminatoire d’une personne à l’autre, en fonction d’un facteur qui ne décrit pas entièrement le risque d’être infectés par le virus de la rougeole.

Conclusion

Tant au Canada qu’à l’étranger, le maintien d’une couverture élevée par le vaccin contenant le virus de la rougeole demeure un important effort de santé publique, ainsi qu’un élément essentiel d’une stratégie en vue d’atteindre et de maintenir l’élimination de la rougeole. Bien que les cas importés et les zones à faible couverture vaccinale continuent de menacer le statut d’élimination du Canada, les données de surveillance fournissent des preuves solides que l’élimination de la rougeole a été maintenue.

Remerciements

Les auteurs souhaitent remercier leurs partenaires provinciaux et territoriaux de surveillance et d’analyse en laboratoire pour leur collaboration et leurs efforts continus à fournir et à valider les données saisies dans le SCSRR et le projet pilote sur la surveillance de la rougeole et de la rubéole, à transmettre des spécimens pour la surveillance moléculaire (génotypage), ainsi que pour leur revue du contenu de ce rapport.

Les auteurs sont également reconnaissants envers le Dr Alberto Severini, Jennifer Beirnes et Lisa Podhorodecki et le personnel des Services principaux de la génomique du Laboratoire national de microbiologie pour leur contribution dans la production des données moléculaires.

Conflit d’intérêts

Il n’y a aucun conflit d’intérêts à déclarer.

Financement

Ce travail a été appuyé par l’Agence de la santé publique du Canada.

Annexe : Sommaire des éclosions de rougeole au Canada, classées par date d’apparition de la première éruption cutanée, en 2015
No Province/
Territoire
n Jours
(générations)
Génotype Description
1 Québec 159 72Note de bas de page 6 B3 – HarareTableau - Note 1

Le cas index de cette éclosion a été exposé à la rougeole lors d’un voyage à un parc thématique populaire en Californie (États-Unis).

L’infection s’est ensuite propagée dans la communauté religieuse ne pratiquant pas la vaccination dans laquelle le cas index vivait.

Très peu de cas ont été déclarés à l’extérieur de la communauté religieuse.

2 Ontario 18 23Note de bas de page 3 D4

Le cas primaire de cette éclosion n’a pas été trouvé.

Treize cas initiaux dans quatre unités de santé ont été recensés. Ces cas n’avaient aucun lien épidémiologique entre eux ou avec un cas connu. Toutefois, selon les dates d’apparition de l’éruption cutanée et les résultats du génotypage, on suppose qu’ils avaient une source d’exposition commune.

Un seul de ces cas s’est soldé par une propagation secondaire (à cinq membres du même foyer).

3 Colombie-Britannique 11 19Note de bas de page 2 H1

Deux cas de rougeole ont été signalés chez des Canadiens qui ont été exposés au cours d’un voyage en Chine. Ces cas étaient contagieux pendant le vol de retour au Canada.

Un cas de rougeole exposé durant le vol était un visiteur de la Colombie-Britannique et n’est pas inclus dans le bilan provincial de cette province.

L’infection s’est ensuite propagée parmi d’autres passagers de ce vol ou des personnes qui avaient un lien épidémiologique avec le vol.

4 Québec 2 14Note de bas de page 2 D8

Le cas index avait des antécédents de voyage en Inde.

Un cas secondaire a été signalé; il avait été exposé au virus de la rougeole dans un milieu de soins de santé.

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