Leçons à retenir : Réponse de l'Agence de la santé publique du Canada à l'éclosion de listériose de 2008

 

Décembre 2008

L'information contenue dans le présent rapport a été fournie par le Centre d'excellence pour l'évaluation et la conception des programmes (CEECP) a réuni l'information au moyen d'une recension des documents pertinents et d'une série d'entrevues. Le présent rapport ne tire pas de conclusions de fait exhaustives ni définitives sur l'ensemble des activités précédant l'éclosion de listériose ni sur l'ensemble des activités exécutées par différentes personnes ou entités au cours de l'éclosion de listériose. Les observations faites ici sont plutôt destinées à donner à la haute direction de l'ASPC une vue d'ensemble de ce qui a bien fonctionné au cours de cet incident particulier et de ce que l'Agence doit améliorer pour être mieux préparée à faire face à d'autres éclosions.


1. Résumé

L'éclosion de listériose à l'été et à l'automne 2008 liée aux viandes prêtes à manger produites dans une usine de Maple Leaf en Ontario a constitué une urgence sanitaire importante. Il y a eu 20 décès dans cinq provinces dans lesquels la listériose était la cause de décès sous-jacente ou accessoire et l'éclosion a beaucoup retenu l'attention des médias et du grand public. Les interventions collectives des autorités sanitaires locales et régionales, des administrations provinciales et territoriales et des fonctionnaires fédéraux ont permis de détecter et de limiter l'éclosion.

La production du présent rapport sur les leçons à retenir pour l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) visait à dégager une compréhension de haut niveau de ce qui a bien fonctionné et de ce qui doit être amélioré. L'information a été collectée au moyen de la recension de documents clés et d'entrevues menées auprès de fonctionnaires fédéraux s'étant occupé de l'éclosion ainsi que de certains des principaux intervenants provinciaux et territoriaux, dont des membres du Conseil des médecins hygiénistes en chef.

L'ASPC a joué un rôle de leadership de premier ordre au niveau fédéral au cours de l'éclosion de listériose.

  • La Division de la gestion des éclosions du Centre des maladies infectieuses d'origine alimentaire, environnementale et zoonotique a coordonné l'enquête épidémiologique nationale.
  • Le Laboratoire national de microbiologie a dirigé la composante d'analyse de l'enquête nationale sur l'éclosion, en coordonnant et en analysant toutes les données de laboratoire, y compris les résultats produits ailleurs et en fournissant des analyses et des interprétations des « empreintes » génétiques.
  • L'investissement considérable de l'Agence dans l'infrastructure de technologie de l'information et, en l'occurrence, dans le Réseau canadien de renseignements sur la santé publique, a été d'une aide inestimable pour mettre en commun l'information avec les organismes locaux, provinciaux-territoriaux et fédéraux.
  • Le Centre des opérations d'urgence a aidé à faciliter les nombreuses activités de communication et de coordination entre les responsables fédéraux, provinciaux-territoriaux et locaux de la santé publique ainsi qu'avec le cabinet du ministre et les organismes centraux qui ont suivi la situation de très près.
  • La Direction des communications a piloté les activités de communications nationales en santé publique en fournissant un éventail de produits de communications destinés au grand public, aux populations vulnérables et aux professionnels de la santé.

Toutefois, il y a toujours des leçons à retenir, en particulier dans le sillage d'incidents qui retiennent l'attention du public. Deux fils conducteurs et plusieurs questions clés sous-tendent les leçons à retenir de la réponse de l'ASPC à l'éclosion de listériose :

  • L'importance de la planification avancée – dans une situation d'éclosion complexe, importante et d'envergure nationale, les membres clés du personnel de l'ASPC sont-ils au courant de leurs rôles et de leurs responsabilités? Les liens nécessaires entre les protocoles d'intervention en cas d'éclosion et les politiques, plans et procédures d'urgence sont-ils établis? Le personnel de l'ASPC connaît-il les protocoles et a-t-il reçu une formation connexe? Le personnel de l'ASPC s'est-il exercé à mettre en œuvre les protocoles dans le cadre de simulations?
  • La nécessité d'approches plus structurées pour repérer et signaler une éclosion et pour discuter des réponses aux éclosions et à d'autres incidents, les documenter et faire un retour sur les situations.

Quatre grandes mesures sont recommandées pour améliorer la gestion des éclosions d'origine alimentaire à l'ASPC, comme suit.

  1. Revoir le Protocole de résolution des incidences de toxico-infections d'origine alimentaire (PRITIOA) pour guider l'intervention multipartite
    • 1.1 Intégrer les travaux en cours sur les ententes relatives à la communication d'information
    • 1.2 Moderniser les lignes directrices sur les communications
    • 1.3 Mettre au point un mécanisme normalisé d'examen rétrospectif des éclosions
  2. Créer un dépôt central d'accords
  3. Préciser, communiquer et répéter les rôles, les responsabilités et les mécanismes de gestion
    • 3.1 Approuver et mettre en œuvre une politique et un plan des mesures d'urgence pour le portefeuille de la Santé
    • 3.2 Offrir des séances d'orientation et de formation sur la politique et le plan des mesures d'urgence
    • 3.3 Répéter la mise en œuvre de la politique et du plan des mesures d'urgence dans le cadre de simulations d'éclosion d'origine alimentaire
    • 3.4 Améliorer les systèmes des communications d'urgence
  4. Renforcer les capacités du Centre des maladies infectieuses d'origine alimentaire, environnementale et zoonotique (permanentes, de pointe et de relève)

L'illustration ci-dessous saisit les thèmes qui sous-tendent les recommandations issues de l'examen des leçons à retenir. L'ASPC sera mieux préparée à faire face à des éclosions importantes de maladies infectieuses d'origine alimentaire d'envergure nationale si elle met en œuvre les recommandations ci-dessus qui permettront de préciser les rôles, les responsabilités et les rapports et de fournir au personnel de l'ASPC la formation et l'entraînement nécessaires aux mesures à prendre en cas d'éclosions et de situations d'urgence. À titre de pratique normalisée, l'ASPC devrait évaluer régulièrement son rendement en matière d'intervention et mettre en place des mécanismes pour garantir que les leçons à retenir sont mises en œuvre.

Figure 1

Figure 1
Équivalent textuel - Figure 1

La figure 1 montre les quatre thèmes utilisés pour guider la formulation des recommandations présentées dans le rapport. La figure se compose d'un ovale, divisé en quadrants, chacun représentant un thème. Des flèches les relient pour montrer que les thèmes n'ont pas été pris en compte séparément, mais bien dans le cadre d'un cycle d'évaluation continu.

Les quatre thèmes sont les suivants :

  • Rôles, responsabilités et rapports hiérarchiques
  • Orientation et formation
  • Répétition/simulation
  • Évaluation

Si le leadership national à l'égard des maladies infectieuses d'origine alimentaire représente une priorité pour l'Agence, elle doit alors prendre immédiatement des mesures pour élaborer, mettre en œuvre et superviser un plan d'action afin de donner suite aux constatations et aux recommandations du présent rapport. La haute direction de l'ASPC devrait suivre régulièrement les progrès relatifs à la mise en œuvre de ces leçons à retenir.

2. Objet et méthodes

Le présent rapport examine la réponse de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) à l'éclosion de listériose de 2008 afin de dégager une compréhension de haut niveau de ce qui a bien fonctionné et de ce qui doit être amélioré. La direction et le personnel de l'ASPC utiliseront le rapport à des fins de planification et de prise de décisions pour s'attaquer aux domaines devant être améliorés en vue d'éventuelles éclosions de maladies d'origine alimentaire.

Le projet a été exécuté par le Centre d'excellence pour l'évaluation et la conception de programmes, un groupe interne de l'ASPC qui ne fait toutefois pas partie des domaines de programme qui sont intervenus en réponse à l'éclosion. Un comité directeur du projet a supervisé l'élaboration et l'exécution de l'exercice visant à recenser les leçons à retenir. La méthodologie comporte deux volets principaux :

  • la recension des documents clés, dont des protocoles d'entente, d'autres protocoles et accords et des rapports rétrospectifs;
  • des entrevues menées de la mi-octobre à la mi-novembre 2008 auprès de membres du personnel de l'ASPC, de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), de Santé Canada (SC), du ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario et du ministère de la santé de la Colombie-Britannique, de même que des entretiens collectifs avec quelques membres du Conseil des médecins hygiénistes en chef et du Conseil du Réseau pancanadien de santé publique.

L'ACIA et Santé Canada ont aussi mené des exercices similaires de recension des leçons à retenir. Chaque organisation avait des mandats distincts et a produit des rapports indépendants, mais les trois organisations ont coordonné leurs travaux de collecte de données en menant des entrevues conjointes si possible.

3. Renseignements généraux et contexte

L'éclosion de listériose de 2008 a été mise au jour après trois semaines de signalements de cas de listériose plus fréquents que la normale en Ontario. À terme, sept provinces ont été touchées par l'éclosion. L'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) est entrée dans le dossier lorsqu'il est devenu évident que des cas étaient présents dans plus d'une province. La source de la maladie a été liée à des viandes prêtes à manger produites dans une usine de Maple Leaf en Ontario. Sur les 56 cas confirmés (dont 75 % en Ontario) et deux cas probables, il y a eu 20 décès dans lesquels la listériose était la cause de décès sous-jacente ou accessoire (sur cinq provinces; 75 % des décès sont survenus en Ontario).

3.1 Faits concernant les maladies d'origine alimentaire

Les maladies d'origine alimentaire s'entendent des maladies contractées en mangeant des aliments ou en buvant des liquides qui ont été contaminés par des bactéries, des parasites ou des virus. Elles sont relativement fréquentes. L'ASPC estime qu'il y a 11 millions de cas de maladies d'origine alimentaire annuellement au CanadaNote de bas de page 1. Cependant, beaucoup de cas de maladies alimentaires ne sont pas signalés parce que la maladie guérit spontanément et le malade n'a pas besoin de consulter un médecin. Les symptômes fréquents sont des crampes abdominales, des nausées, des vomissements, la diarrhée et la fièvre. Bon nombre de ces maladies sont des cas sporadiques mais certaines d'entre elles peuvent faire partie d'une éclosion. Dans le langage populaire, les gens parlent d'un « empoisonnement alimentaire ».

Il y a éclosion lorsqu'on constate une augmentation imprévue de cas d'une maladie survenant au sein d'une population donnée à un moment et dans un endroit donnés. Chaque éclosion est différente. Le nombre de cas dans une éclosion variera selon l'agent infectieux, la taille et la nature de la population exposée, l'immunité de la population ainsi que le moment et l'endroit. Par conséquent, le statut d'éclosion dépend de la fréquence habituelle de la maladie dans la même région, au sein de la même population et au cours de la même saison de l'annéeNote de bas de page 2.

La prévention des maladies d'origine alimentaire représente un grand défi en santé publique. Plusieurs facteurs influent sur l'épidémiologie des maladies d'origine alimentaire et compliquent la gestion de ces éclosions, notamment : l'apparition d'agents pathogènes nouveaux et rares; l'évolution des pratiques agricoles; la mondialisation grandissante de l'industrie alimentaire; les nouvelles méthodes de transformation des aliments, en particulier la production de masse et les produits prêts à manger; l'évolution des comportements et des susceptibilités des consommateurs. Le tableau 1 met en évidence les facteurs qui distinguent le nouveau scénario des éclosions du scénario traditionnel, afin de souligner la complexité de ces situationsNote de bas de page 3.

Tableau 1 : Le nouveau scénario des éclosions de maladies d'origine alimentaire
Scénario traditionnel d'une éclosion Nouveau scénario d'une éclosion

Localisée; cas groupés dans le temps et le lieu

Diffuse et présente dans plusieurs administrations; cas en apparence non liés

Repas ou événement commun

Aliments ayant une distribution étendue

Souvent le résultat d'une mauvaise manipulation des aliments

Aliments ayant une longue durée de conservation ou prêts à manger, nécessitant peu de manipulations de la part du consommateur

Détectée localement par un médecin, les autorités sanitaires locales, la collectivité

Détectée au moyen d'analyses de laboratoire

S'appuie sur la surveillance des syndromesNote de bas de page 4 et les bonnes relations

S'appuie sur la surveillance en laboratoire et la communication entre les laboratoires et les épidémiologistes

Dans le scénario traditionnel, les maladies sont groupées dans le temps et la géographie, puisqu'elles surviennent habituellement par suite d'erreurs courantes dans la manipulation des aliments dans des restaurants ou à la maison. Une éclosion locale classique pourrait faire suite à un repas préparé par un traiteur pour une réception, un souper communautaire ou un repas pris dans un restaurant. Une éclosion est reconnue lorsqu'une unité de santé publique locale repère un groupe de personnes malades ayant eu une exposition commune. Toutefois, les éclosions sont de plus en plus étendues, touchant des personnes dans plusieurs endroits différents et réparties sur plusieurs semaines. Les longues durées de conservation, la distribution plus vaste d'aliments prêts à manger et l'augmentation du nombre de voyages et de débouchés commerciaux contribuent à ce nouveau scénario dans lequel une maladie d'origine alimentaire est contractée et répandue au plan local, régional, national et international. Les progrès en matière de surveillance en laboratoire ont considérablement amélioré la capacité de repérer les éclosions qui surviennent sur une vaste région géographique ou une longue période de temps.

3.2 Listeria et listériose

La maladie d'origine alimentaire en cause dans l'éclosion qui est l'objet du présent rapport est la listériose. Il s'agit d'une infection grave causée par la consommation d'aliments contaminés par une bactérie, la Listeria monocytogenes, communément appelée Listeria. Listeria est répandue dans l'environnement (dans les sols, la végétation, l'eau, les eaux usées et les excréments des animaux et des humains, y compris des adultes en santé). Les végétaux et les légumes peuvent être contaminés à Listeria par le sol, l'eau et les engrais d'origine animale. Les animaux de ferme en apparence sains peuvent aussi être porteurs de Listeria et contaminer des aliments comme la viande et les produits laitiers. Listeria est une grande préoccupation au sein de l'industrie alimentaire et pour les responsables de la santé publique, à cause de sa capacité à se développer dans des aliments conservés au réfrigérateur et à des teneurs en sel relativement élevées.

La listériose est rare. En temps normal, on rapporte deux ou trois cas par semaine au Canada. Il s'agit d'une maladie grave pour les femmes enceintes, les bébés, les personnes âgées et les personnes dont le système immunitaire est affaibli. Comparativement à d'autres bactéries à l'origine d'intoxications alimentaires, Listeria est plus susceptible de causer la mort. En fait, de 20 % à 30 % des infections à Listeria d'origine alimentaire chez les personnes à risque peuvent être mortellesNote de bas de page 5. Les enfants et les adultes en santé contractent parfois une infection à Listeria mais ils deviennent rarement très malades.

Listeria a une longue période d'incubation pouvant atteindre 70 jours. Des symptômes peuvent apparaître dans les 2 à 30 jours et jusqu'à 70 jours après avoir mangé des aliments contaminés à Listeria. Cette longue période d'incubation rend l'enquête sur les éclosions de listériose particulièrement difficile puisque les malades ne sont souvent pas capables de se souvenir de ce qu'ils ont mangé sur une aussi longue période. Les symptômes des formes les plus bénignes de la listériose peuvent comprendre la constipation, des crampes, la diarrhée, des maux de tête, une fièvre persistante, des vomissements et des symptômes légers de la grippe (par exemple, frissons, fatigue, douleurs musculaires et articulaires). Des les cas graves, la maladie peut atteindre le système nerveux et causer des maux de tête, des raideurs au cou, de la confusion, une perte d'équilibre, des convulsions ou un avortement spontané.

La listériose a été associée à la consommation d'un éventail de produits alimentaires, dont le lait, des produits de viande, les fromages à pâte molle ou les crustacés. La bactérie peut être détectée dans des viandes froides/charcuteries/pâtés, des saucisses à hot-dog ou du poulet pas assez cuit, du poisson fumé et des produits laitiers non pasteurisés (crus) ou des légumes crus. Les aliments comme les hot-dog, les viandes froides ou les charcuteries peuvent être contaminés après leur transformation.

3.3 General Mandates of Federal Organizations

Les éclosions de maladies d'origine alimentaire comme la listériose survenant dans plusieurs administrations mobilisent des professionnels de la santé, les autorités sanitaires locales, les ministères de la Santé provinciaux et territoriaux ainsi que l'ASPC et ses partenaires fédéraux : l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et Santé Canada (SC). Tous les ordres de gouvernement partagent des responsabilités et travaillent en étroite collaboration pour aider à repérer une éclosion et y réagir.

Les mandats des ministres responsables des trois organismes fédéraux ayant un rôle à jouer lors d'une éclosion, notamment le ministre de la Santé pour Santé Canada et l'ASPC et le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire pour l'ACIA, figurent en partie dans les différentes lois qui ont créé ces entités. Chaque ministre administre différentes lois et différents programmes pour s'acquitter de son mandat, par l'intermédiaire du ministère ou des organismes qu'il dirige.

En vertu de la Loi sur le ministère de la Santé, le ministre de la Santé a le très large mandat de protéger la population du Canada contre les risques pour la santé et la propagation de maladies. Les tâches, attributions et pouvoirs du ministre en matière de santé comprennent l'enquête et la recherche en santé publique, notamment la surveillance de maladies.  et l'ASPC peuvent s'acquitter de différentes tâches et fonctions et exercer différents pouvoirs pour le compte du ministre. Le préambule de la Loi sur l'Agence de la santé publique du Canada reconnaît que la création de l'ASPC et la nomination de l'administrateur en chef de la santé publique du Canada contribuent aux efforts du gouvernement fédéral visant à repérer et à réduire les facteurs de risque pour la santé publique et à contribuer aux préparatifs nationaux en vue de faire face aux menaces pour la santé publique.

L'ASPC travaille en collaboration avec différents partenaires pour piloter les efforts du gouvernement fédéral et mobiliser les interventions pancanadiennes afin de prévenir la maladie et les blessures et de promouvoir et protéger la santé publique au Canada et dans le monde entier. L'ASPC anticipe les menaces à la santé publique, s'y prépare, y réagit et s'en rétablit en exécutant des activités de surveillance, de recherche et d'enquête et en produisant des rapports sur les maladies et les blessures de même que sur d'autres risques pour la santé évitables et leurs déterminants.

L'ASPC intervient dans des situations d'urgence en santé publique et des éclosions de maladies d'intérêt national, notamment des maladies d'origine alimentaire, en collaboration avec les provinces et les territoires et d'autres partenaires fédéraux. Dans une situation d'éclosion, l'ASPC assure la surveillance nationale de la santé publique et peut aider les autorités provinciales en exécutant des études épidémiologiques appliquées. Les laboratoires de l'ASPC fournissent des services de référence pour différencier les souches en plus d'assurer la surveillance nationale fondée sur des analyses de laboratoire et la diffusion d'information. Le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l'ASPC tient des bases de données nationales d'isolats cliniques pour toutes les maladies bactériennes d'origine alimentaire et il exploite le Service de référence pour la listériose (SRL) conjointement avec Santé Canada. L'Agence contribue aussi aux enquêtes provinciales et territoriales sur des situations d'urgences sanitaires en fournissant un savoir-faire technique et des conseils sur des maladies ou des questions particulières, en déployant des épidémiologistes et des techniciens de laboratoire pour contribuer aux enquêtes sur le terrain lorsqu'une aide additionnelle est nécessaire. Lors d'éclosions ayant une portée nationale ou d'éclosions qui touchent plus d'une administration, l'ASPC se guide sur un protocole établi avec les provinces et les territoires,  et l'ACIA, notamment le Protocole de résolution des incidences de toxico-infections d'origine alimentaire (PRITIOA) afin d'arrêter une intervention multipartiteNote de bas de page 6. Si une éclosion dépasse les frontières canadiennes, l'ACIA collabore avec ses partenaires internationaux, dont l'Organisation mondiale de la santé et les Centers for Disease Control and Prevention aux États-Unis.

SC joue un rôle important dans la protection de la santé et de la sécurité des Canadiens. Son rôle englobe la réglementation de différents aliments et la communication d'information connexe sur la salubritéNote de bas de page 7.Santé Canada élabore des règlements sur les normes alimentaires et la qualité nutritionnelle des aliments. L'ACIA et l'ASPC s'intéressent aux rôles et aux responsabilités de Santé Canada à l'égard de l'établissement de normes et de politiques en matière de salubrité des aliments.  réglemente les produits alimentaires et, dans une certaine mesure, les approuve.

SC élabore des normes et des politiques de salubrité des aliments pour aider à réduire le risque de maladies d'origine alimentaire. En tant que membre fondateur du Partenariat canadien pour sensibiliser les consommateurs à la salubrité des aliments, Santé Canada participe à des campagnes de sensibilisation publique sur les pratiques alimentaires sûres. En collaboration avec l'ACIA, Santé Canada a élaboré une Politique sur la présence de Listeria monocytogenes dans les aliments prêts à manger, qui comprend des conseils sur l'inspection et des mesures coercitives. La Direction des aliments de exploite le SRL conjointement avec le LNM de l'ASPC.

Santé Canada assure la surveillance des aliments tandis que le volet de surveillance humaine est assumé par l'ASPC. Une grande priorité du SRL consiste à fournir une base de données nationale de tous les isolats (cliniques, environnementaux et alimentaires) devant servir de référence aux fins des enquêtes, de la surveillance et d'autres analyses microbiologiques en cas d'éclosion. Le LNM de l'ASPC abrite la base de données de typage moléculaire des isolats humains, alimentaires et environnementaux.

L'ACIA inspecte la chaîne alimentaire du Canada pour vérifier qu'elle respecte les normes et les politiques établies par Santé Canada en matière de salubrité des aliments. L'ACIA établit des politiques relatives aux aliments (p. ex. la viande, le poisson, les œufs, les produits laitiers, les fruits et légumes ainsi que les aliments transformés et conditionnés) afin de faciliter le commerce interprovincial et international.

L'ACIA contribue aux enquêtes et aux interventions de lutte lors d'éclosions de maladies d'origine alimentaire au moyen de l'exécution des nombreuses dispositions législatives et réglementaires sur la salubrité des aliments, d'inspections et d'analyses approfondies d'usines de production d'aliments dans l'ensemble du pays et de ses activités d'enquête sur la salubrité des aliments et de rappel. Lorsque l'ACIA est informée d'un problème de salubrité des aliments potentiel, elle entame une enquête sur la salubrité des aliments. Ces enquêtes peuvent être déclenchées par différentes sources, notamment des plaintes de consommateurs et de l'industrie, des inspections, des vérifications, des résultats de laboratoire ou des renvois d'autres organismes. Par suite des enquêtes de l'ACIA, si le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire a des motifs raisonnables de croire que l'aliment pose un risque, il peut ordonner à toute personne qui vend, met en marché ou distribue l'aliment de le rappeler ou lui ordonner de l'envoyer à un endroit qu'il désigne. Cependant, avant qu'une ordonnance soit émise, l'industrie peut rappeler volontairement son produit du marché lorsqu'un risque pour la santé ou une infraction relative à la santé est confirmé. Lors d'activités de rappel, l'ACIA travaille en collaboration avec Santé Canada ainsi qu'avec l'industrie et d'autres organismes de réglementation.

3.4 Réponse en cas d'éclosion d'une maladie d'origine alimentaire

Le processus de détection d'une éclosion commence généralement lorsqu'une personne tombe malade et consulte un médecin ou se présente à une salle d'urgence. Si le médecin soupçonne une maladie d'origine alimentaire, il peut confirmer le diagnostic en envoyant un échantillon de sang, de selles ou de liquide céphalo-rachidien ou amniotique à un laboratoire. Les résultats d'analyse positifs sont communiqués au ministère de la Santé provincial par l'intermédiaire de l'unité de santé publique locale. Le laboratoire peut aussi décider d'envoyer un isolat de la bactérie Listeria monocytogenes extrait de l'échantillon à un laboratoire national ou au LNM de l'ASPC afin d'analyser « l'empreinte » génétique de la bactérie. Les résultats de l'électrophorèse en champ pulsé (ECP) aident à établir l'existence de liens entre les cas de maladie et une source alimentaire. L'analyse de l'empreinte génétique renvoie à une technique servant à déterminer la probabilité que le matériel génétique ait une source commune. Lorsqu'au moins deux bactéries Listeria monocytogenes ont des empreintes génétiques identiques, cela laisse supposer que la bactérie peut avoir une source commune et que les cas de listériose en question pourraient faire partie de la même éclosion. Une enquête épidémiologique plus approfondie visant à cerner une exposition commune doit être menée pour interpréter parfaitement l'importance de la découverte d'une « empreinte » génétique commune.

Les laboratoires affichent leurs résultats sur PulseNet, un réseau électronique virtuel. Le LNM de l'ASPC à Winnipeg est le principal coordonnateur de PulseNet Canada. Ce réseau permet à des microbiologistes de suivre et de partager des « empreintes » génétiques à des fins de comparaison. Il relit les laboratoires de santé publique et les laboratoires de toutes les provinces ainsi que certains laboratoires fédéraux en mettant en réseau leurs ordinateurs et leurs bases de données. Les participants de PulseNet font un sous-typage moléculaire normalisé (analyse des « empreintes génétiques ») des bactéries causant des maladies d'origine alimentaire par ECP. L'ECP peut servir à distinguer des souches d'organismes, comme Listeria, au niveau de l'ADN. Les « empreintes », ou profils, de l'ADN sont transmis à PulseNet par voie électronique. Ainsi, il est possible de détecter des grappes de cas de maladies d'origine alimentaire par ECP et de comparer rapidement les profils. Ainsi, les ministères fédéraux et provinciaux de la santé et les services sanitaires locaux peuvent communiquer en temps réel et la détection précoce d'éclosions de même que la transmission exacte d'information au public s'en trouvent facilitées. Les laboratoires peuvent comparer leurs résultats à ceux versés dans la base de données nationale de PulseNet pour trouver des jumelages et repérer des éclosions.

Des éclosions d'origine alimentaire peuvent être signalées aux responsables de la santé publique par différentes sources, notamment : l'identification au niveau local par des médecins, le grand public ou des particuliers; l'identification par des laboratoires locaux, provinciaux et territoriaux ou fédéraux; ou l'identification dans le cadre d'activités de surveillance régulières d'épidémiologistes locaux, provinciaux et territoriaux ou fédéraux qui relèvent des taux inhabituels d'une maladie ou constatent que plusieurs personnes sont tombées malades après avoir mangé au même endroit ou le même aliment, par exemple dans un centre de soins de longue durée.

Pour tenir le milieu de la santé publique du Canada au courant, les responsables de la santé publique locaux, provinciaux ou territoriaux et fédéraux peuvent émettre des Alertes de santé publique sur des éclosions de maladies d'origine alimentaire (et d'autres maladies, notamment de nature respiratoire et zoonotique) par le truchement du Centre canadien de renseignements et de surveillance des éclosions (CCRSE).

Le CCRSE est une composante du Réseau canadien d'information sur la santé publique (RCISP). Le RCISP consiste en une collection d'applications Web sécurisée sur la santé publique. Il a été mis au point par l'ASPC. Le Réseau comporte des outils permettant de communiquer des renseignements en temps réel dans l'ensemble du Canada entre les ministères de la Santé provinciaux et territoriaux et les services de santé locaux, de même qu'avec l'ASPC et des organismes affiliés participant à la surveillance de la santé publique ou aux interventions en cas d'éclosion. Les alertes de santé publique permettent de recevoir, d'afficher et de diffuser des renseignements sur les éclosions confirmées ou soupçonnées ou sur d'autres situations de santé publique à l'étude. Les outils du RCISP aident à déterminer l'existence ou l'étendue d'une éclosion grâce à la reconnaissance de cas apparentés dans différentes administrations et en portant une éclosion à l'attention des autorités de santé publique pour favoriser la mise en œuvre d'une intervention dans les meilleurs délais. PulseNet (susmentionné) utilise aussi le RCISP en guise de plateforme de communication pour partager l'information entre les laboratoires et épidémiologistes fédéraux et provinciaux ou territoriaux.

Une enquête est amorcée pour déterminer la source d'une éclosion et prendre les mesures de lutte disponibles visant à réduire les effets sur la santé publique et à prévenir la propagation de la maladie. Les enquêtes sur la contamination de produits alimentaires mobilisent les responsables et les laboratoires de santé publique locaux et provinciaux, Santé Canada, l'ASPC et l'ACIA. L'enquête épidémiologique consiste en la confirmation de l'existence d'une éclosion et en l'élaboration d'une définition de cas suivie d'observations de cas. À cette fin, il faut définir la population à risque et repérer les cas au moyen d'un examen rétrospectif de cas suspects ou d'une surveillance prospective renforcée. L'analyse des données s'intéresse aux dates, aux personnes et aux lieux en vue de formuler une hypothèse expliquant l'exposition à l'origine de l'éclosion. Des études analytiques plus approfondies qui font des comparaisons statistiques entre les expositions de personnes malades et bien portantes sont souvent exécutées pour confirmer ou réfuter l'hypothèse. Dans les éclosions soupçonnées de maladies d'origine alimentaire, s'il est possible de récupérer l'agent pathogène contenu dans l'aliment ou dans un prélèvement fourni par la personne malade pour l'analyser en laboratoire, les données ainsi obtenues peuvent confirmer le rôle d'un vecteur alimentaire.

La mise en œuvre de mesures de prévention et de lutte, qui ciblent la source de l'éclosion, les vecteurs contaminés de transmission de l'infection et les humains vulnérables, peut être envisagée à toutes les étapes de l'enquête, bien que les mesures définitives ne puissent habituellement être prises que lorsqu'on connaît la source et les autres facteurs responsables de l'éclosion. Les décisions sont fondées sur la connaissance de l'agent infectieux, des sources probables et des modes de transmission. L'analyse d'aliments peut entraîner des rappels ciblés. L'incidence et la gravité de la maladie détermineront l'urgence de mettre en œuvre certaines mesures de lutte. Les interventions peuvent comporter des mises en garde visant les aliments suspects, des rappels d'aliments, des fermetures d'établissements et des messages publics destinés à renforcer les principales pratiques exemplaires de manipulation des aliments et d'hygiène.

4. Constatations et recommandations

4.1. What Worked Well

L'intervention des organismes de santé publique lors de l'éclosion de listériose en 2008 s'est déroulée à peu près comme dans n'importe quelle autre éclosion, mais elle a été compliquée par la longue période d'incubation de la listériose. La dernière section du présent rapport présente une chronologie détaillée des mesures prises par les organismes fédéraux lors de l'éclosion de listériose.

La détection, l'enquête, la limitation et la coordination de l'éclosion de listériose en 2008 qui a touché plusieurs provinces ont mobilisé les autorités locales de la santé publique, les administrations provinciales et territoriales et des fonctionnaires fédéraux (ASPC, Santé Canada et ACIA). Le personnel de l'ASPC a fait preuve de beaucoup de détermination et d'effort pour intervenir dans la situation. Les principaux répondants ont vu d'un œil positif la plupart des aspects de l'intervention de l'ASPC.

Après qu'on ait constaté une distribution nationale de cas au milieu du mois d'août, la Division de la gestion des éclosions de l'ASPC, au sein du CMIOAEZ, a assumé un rôle de leadership pour coordonner l'enquête épidémiologique nationale. Plus particulièrement, elle s'est occupée de ce qui suit :

  • organiser et présider des téléconférences avec des collègues de l'ASPC au LNM, des partenaires provinciaux et territoriaux, l'ACIA et Santé Canada pour passer en revue les nouvelles données et discuter des méthodes d'enquête et de leurs constatations;
  • mettre au point et diffuser des instruments de collecte de données normalisés pour la collecte de données PT;
  • établir une base de données nationale, mettre régulièrement à jour les données, analyser les données et produire des rapports réguliers;
  • consulter individuellement des épidémiologistes des provinces et des territoires, de l'ACIA et de Santé Canada;
  • communiquer avec les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis.

Le LNM de l'ASPC a joué un rôle de premier plan en dirigeant la composante d'analyse de l'enquête nationale sur l'éclosion, en coordonnant et en analysant toutes les données de laboratoire (c.-à-d. les tests exécutés au LNM ainsi que les résultats de tous les tests exécutés ailleurs) et en transmettant les analyses et l'interprétation des « empreintes » génétiques au CMIOAEZ. Le LNM a fourni des services de laboratoire et tenu les laboratoires provinciaux et fédéraux au courant tout au long de l'éclosion. Au cours de l'éclosion, le LNM a réduit les délais d'analyse de laboratoire à quatre jours. L'analyse de l'empreinte génétique et le sérotypage pour les prélèvements ordinaires non urgents peuvent prendre jusqu'à 14 jours, sans compter le temps nécessaire pour prélever les échantillons et les faire parvenir à un laboratoire fédéral. Le LNM partage régulièrement tous les renseignements par le truchement de PulseNet et l'application de communication du RCRSP des laboratoires que le LNM exploite. PulseNet est utilisé dans le cadre d'une entente officielle entre l'ASPC et les provinces et territoires.

Plus particulièrement, le LNM s'est occupé de ce qui suit :

  • analyser toutes les empreintes génétiques produites par tous les laboratoires au cours de l'enquête sur l'éclosion, pour fournir des interprétations et des conseils au CMIOAEZ et lui assurer sa collaboration;
  • analyser les isolats humains de Listeria monocytogenes provenant des laboratoires provinciaux pour jumeler les empreintes génétiques;
  • fournir des analyses des empreintes génétiques et verser l'information dans PulseNet pour alerter le milieu des laboratoires de la possibilité d'une éclosion;
  • informer les laboratoires à la grandeur du Canada que le typage génétique a révélé une grappe de cas provenant d'une souche similaire dans plus d'une province. Le LNM a aussi avisé le CMIOAEZ de l'ASPC qu'il y avait en Colombie-Britannique et en Alberta des isolats de Listeria monocytogenes identiques à la souche de l'éclosion de l'Ontario;
  • aider Santé Canada à analyser des isolats de Listeria monocytogenes provenant d'échantillons d'aliments pour déterminer leur concordance avec l'empreinte de l'éclosion;
  • analyser des isolats envoyés par l'ACIA provenant des usines de transformation d'aliments afin de déterminer s'ils étaient identiques à l'empreinte de l'éclosion;
  • tenir des téléconférences avec le Réseau des laboratoires de santé publique du Canada (RLSPC) pour discuter de questions, par exemple les pratiques de laboratoire relatives à Listeria monocytogenes et convoquer un comité d'experts pour discuter des lignes directrices en matière d'analyse de laboratoire.

De façon générale, les principaux répondants ont estimé que l'ASPC avait géré son rôle global dans l'éclosion de façon positive. Il y avait également un consensus général sur le fait que les relations de travail avec les partenaires fédéraux étaient bonnes et que les téléconférences quotidiennes entre les responsables fédéraux, provinciaux-territoriaux et locaux de la santé publique ont contribué à la coordination et au partage d'information entre les partenaires ainsi qu'avec le cabinet du ministre et des organismes centraux, qui ont suivi la situation de très près. De plus, l'ASPC a abondamment communiqué avec les médias, le grand public et les professionnels de la santé.

Les éclosions de maladies d'origine alimentaire n'ont pas toutes une « solution ». Dans ce cas-ci, l'ASPC a joué un rôle important pour détecter et limiter l'éclosion de listériose. Les épidémiologistes ont coordonné l'enquête épidémiologique; les microbiologistes ont fait les analyses de laboratoire nécessaires; l'infrastructure de technologie de l'information de l'ASPC a aidé à partager les données techniques (p. ex. RCRSP, PulseNet); les réseaux FPT coordonnés par le personnel de l'ASPC ont facilité la circulation d'information entre les partenaires PT (p. ex. le Conseil des médecins hygiénistes en chef (CMHC), le Réseau des épidémiologistes FPT); et le Centre des opérations d'urgence (COU) a soutenu les communications et la coordination au cours de l'éclosion.

4.2 Ce qui doit être amélioré

L'ASPC a joué un rôle de leadership fédéral solide au cours de l'éclosion de la listériose. Toutefois, il y a place à l'amélioration. Le reste du rapport se concentre sur ces domaines à améliorer.

Deux fils conducteurs et plusieurs questions clés sous-tendent les leçons à retenir de la réponse de l'ASPC à l'éclosion de listériose : l'importance de la planification avancée et la nécessité d'approches plus structurées pour opposer des interventions à une éclosion et à d'autres incidents. Voici quelques exemples.

  • Avant un incident
    • Y a-t-il des ententes et des protocoles qui définissent et expliquent clairement les rôles, les responsabilités et les procédures? Dans une situation d'éclosion complexe, importante et d'envergure nationale, les membres clés du personnel de l'ASPC sont-ils au courant de leurs rôles et de leurs responsabilités? Les liens nécessaires entre les protocoles d'intervention en cas d'éclosion et les politiques, plans et procédures d'urgence sont-ils établis? Le personnel de l'ASPC connaît-il les protocoles et a-t-il reçu une formation connexe? Le personnel de l'ASPC s'est-il exercé à mettre en œuvre les protocoles dans le cadre de simulations?
  • Au cours d'un incident
    • Dans un contexte où la pression est élevée, en plus d'intervenir et de réagir, l'ASPC doit mettre en place systématiquement des mécanismes qui lui laissent le temps suffisant, avec les personnes compétentes, d'anticiper et de planifier un « scénario » (p. ex. que pourrait-il arriver ensuite? sur quelle capacité de pointe pouvons-nous compter?).
  • Après un incident
    • Quelles sont les implications de l'incident sur les politiques et la pratique? Que faut-il faire maintenant pour s'assurer d'être mieux préparés?

Caractère officiel
L'ASPC entretient de bonnes relations de travail avec un vaste éventail d'intervenants, ce qui est très positif. Toutefois, à certains égards, ces relations sont peut-être trop informelles. Une approche relativement informelle peut fonctionner lors d'éclosions limitées ou courantes, mais elle ne garantit pas la compréhension commune des rôles, des responsabilités et des procédures lors d'une éclosion nationale complexe et très importante. Il y a beaucoup trop de place aux suppositions, aux erreurs d'interprétation et aux problèmes de communication.

De façon presque générale, l'ASPC pourrait avoir avantage à adopter une approche plus structurée pour repérer et signaler des incidents importants et pour discuter des interventions nécessaires, les documenter et faire un retour sur les incidents. Par exemple, du point de vue de l'épidémiologie, il est essentiel de déclarer officiellement que l'ASPC assume le leadership d'un comité de coordination de l'enquête sur l'éclosion. De même, l'ASPC devrait toujours déclarer officiellement l'activation du centre des opérations d'urgence, expliquer pourquoi il l'active à un niveau donné et rappeler aux intervenants son mandat ainsi que la structure d'intervention et ses rôles et responsabilités connexes. Les principaux intervenants doivent être informés, même s'il s'agit d'un incident dont l'échelle est relativement restreinte.

Ces deux volets, c'est-à-dire la nécessité d'une planification avancée et concertée et une officialisation accrue des procédures et des processus, sont présents dans les trois grands domaines abordés dans le reste du rapport :

  • clarté des rôles et des responsabilités (en particulier à l'égard de la gestion des éclosions de maladies d'origine alimentaire, et de façon plus générale, de la gestion d'incidents par l'intermédiaire du COU);
  • systèmes et outils;
  • capacités.

4.3 Recommandation 1 : Revoir le PRITIOA

En quoi consiste le PRITIOA?

Le Protocole de résolution des incidences de toxico-infections d'origine alimentaire (PRITIOA) pour guider une intervention multipartite expose les principes généraux et les procédures à suivre en cas d'éclosion de maladies d'origine alimentaire au Canada. Il couvre les éclosions liées à des dangers microbiologiques ou chimiques. Le PRITIOA précise les rôles et responsabilités techniques des autorités fédérales, provinciales-territoriales, régionales et locales qui interviennent lors d'une éclosion. Il fournit des indications sur les principales activités d'une intervention, notamment : la communication de renseignements pertinents à l'enquête, la divulgation de renseignements provenant d'une tierce partie, la coordination des mesures et la conduite d'examens post-éclosion. Il renferme aussi des lignes directrices relatives à la communication avec le grand public. Le PRITIOA aurait également servi de modèle à l'élaboration de certains protocoles provinciaux.

SC et l'ACIA ont mis au point la première version du PRITIOA en 1999 et les provinces et les territoires ont convenu de s'en servir comme document de référence. Le protocole a été ensuite révisé en vue d'obtenir l'adhésion nationale de manière à refléter l'importante contribution du PRITIOA à la protection civile nationale. En 2004, le PRITIOA révisé a été endossé par le Comité fédéral-provincial-territorial de la politique sur la salubrité des aliments, le CMHC et les sous-ministres FPT de la Santé. Exception faite de ces appuis collectifs, l'approbation du PRITIOA par les provinces et les territoires à titre individuel n'a jamais été sollicitée.

Clarté des rôles et des responsabilités au cours de l'éclosion de listériose

Le PRITIOA a été conçu de manière à être « souple » et à constituer un document d'orientation fondé sur des principes, dans un esprit de coopération. Le protocole expose des rôles et des responsabilités techniques de très haut niveau. Par conséquent, il y a très peu de détails sur ce que comportent exactement la coordination et la gestion globales d'une éclosion nationale et quelle organisation, ou composante d'une organisation, est responsable de quels aspects de la coordination et de la gestion d'une éclosion.

Pour les principaux répondants de l'ASPC, de Santé Canada et de l'ACIA, les rôles et les responsabilités des partenaires fédéraux étaient relativement clairs pendant l'éclosion de listériose, si ce n'est que de savoir quel ministère fédéral assume la responsabilité des communications à l'égard de certains aspects d'une éclosion. Une fois encore, parmi les partenaires fédéraux, on s'entendait pour dire que l'ASPC, Santé Canada et l'ACIA travaillent généralement bien ensemble.

Par ailleurs, les partenaires PT, les médias et le grand public ne connaissaient pas de façon particulièrement claire la répartition concrète des rôles et des responsabilités fédéraux ni les rapports entre l'ASPC, Santé Canada et l'ACIA.

Le personnel technique de l'ASPC était d'accord que le PRITIOA fonctionne bien lors de situations ordinaires. Toutefois, le protocole n'est pas assez clair quant aux rôles et aux responsabilités lors d'une situation nationale d'envergure.

Comme nous l'avons mentionné, la gestion des éclosions de maladies d'origine alimentaire est devenue de plus en plus complexe compte tenu des facteurs suivants : nouvelles méthodes de transformation des aliments, en particulier la production de masse et les produits prêts à manger; mondialisation accrue de l'industrie alimentaire; apparition d'agents pathogènes nouveaux et peu connus; évolution des pratiques agricoles; évolution du comportement et des susceptibilités des consommateurs. Cette émergence de nouveaux scénarios d'éclosion se conjugue à la nature complexe des rôles et des responsabilités des différentes administrations ainsi qu'au nombre de parties concernées pour compliquer la situation. Le PRITIOA ne fournit pas un niveau de détail suffisant pour préciser les rôles et les responsabilités.

Autres problèmes relatifs au PRITIOA

Plusieurs autres problèmes inhérents au PRITIOA méritent qu'on s'y attarde :

  • Le protocole ne prend pas en compte des progrès à l'égard d'outils comme le RCRSP et PulseNet.
  • Le PRITIOA ne parle pas du rôle de premier plan que le LNM de l'ASPC joue à l'égard de la portion de l'intervention en cas d'éclosion assumée par les laboratoires, en coordonnant, collectant et analysant les données de laboratoire à l'échelle nationale et en fournissant des interprétations des résultats et des recommandations aux partenaires.
  • Le PRITIOA ne reflète pas le dialogue considérable qui s'est déroulé depuis plusieurs années lors de la préparation des ententes relatives au partage d'information de gouvernement à gouvernement.
  • Le PRITIOA n'incorpore pas les travaux récents sur les communications de crise et des risques et ne traite pas du mandat qui incombe à l'administrateur en chef de la santé publique (ACSP) de s'adresser directement aux Canadiens sur les questions de santé publique.
  • Le PRITIOA ne reconnaît pas les ententes conclues depuis sa rédaction (p. ex. le Service de référence pour la listériose ou le protocole d'entente FPT sur la communication d'information dans une situation d'urgence de santé publique).
  • Le PRITIOA est versé dans le site Internet de Santé Canada mais le document lui-même ne dit pas qui en est le « conservateur », ni s'il existe un processus de révision et de mise à jour régulière (la Division de la gestion des éclosions de l'ASPC, au sein du CMIOAEZ, tient à jour la liste des personnes-ressources pour le PRITIOA).

Le PRITIOA a été mis au point avant la création de l'ASPC. À cette époque, les responsabilités relatives aux maladies d'origine alimentaire incombaient à Santé Canada. Le PRITIOA n'a pas été mis à jour intégralement depuis la création de l'ASPC. Par conséquent, une partie du protocole montre des structures organisationnelles désuètes. Par exemple, la liste des sigles dit que le Laboratoire national de microbiologie de l'ASPC fait partie de Santé Canada. De même, le protocole n'a pas été mis à jour depuis que la Direction générale des maladies infectieuses et des mesures d'urgence (DGMIMU) de l'ASPC a été réorganisée en 2007. Le PRITIOA indique que le premier point de coordination au niveau fédéral est le Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses à l'ASPC – ce centre n'existe plus. Dans l'annexe 2, l'employé de l'ASPC chargé de fournir la liste globale des personnes-ressources à l'égard du PRITIOA n'est plus à l'emploi de l'ASPC.

Niveau de connaissance du PRITIOA

Les personnes s'occupant des aspects techniques ont utilisé le PRITIOA pour guider leur intervention lors de l'éclosion de listériose, mais il est évident que les cadres supérieurs, le personnel affecté aux mesures d'urgence et aux communications ainsi que d'autres employés clés de l'ASPC connaissent peu le protocole.

Il faut donner une meilleure orientation et une meilleure formation sur le protocole au personnel clé de l'ASPC (p. ex. cadres supérieurs, personnel affecté aux mesures d'urgence, aux communications et au Secrétariat des affaires ministérielles, etc.). À long terme, l'ASPC devrait examiner les possibilités de donner une orientation et une formation conjointes sur d'autres protocoles d'intervention, par exemple le Protocole d'intervention en cas d'éclosion de zoonose (PIEZ) et le Protocole d'intervention en cas d'éclosion de maladies respiratoires (PIEMR). Il est aussi clairement nécessaire de faire connaître les liens entre les protocoles d'intervention en cas d'éclosion et les protocoles et procédures propres au COU pour les cas où le COU est activé pour faire face à une éclosion. Par conséquent, il faudrait également prendre en compte les liens avec la formation donnée à l'ensemble du personnel de l'ASPC sur les mesures et interventions d'urgence.

Recommandation

Pour les raisons expliquées ci-dessus, en plus des problèmes dont nous parlerons dans les trois prochaines sections du rapport, l'ASPC devrait revoir le PRITIOA avec ses partenaires. Il s'agira d'une occasion importante pour tous d'évaluer de façon critique l'expérience récente avec la listériose et d'autres maladies d'origine alimentaire pour rajeunir le PRITIOA afin de guider convenablement et clairement l'intervention multipartite face aux nombreuses éclosions régulières qui surviennent à l'échelle locale, provinciale et nationale chaque année, en plus des éclosions complexes, de grande envergure ou importantes qui touchent le pays et dépassent nos frontières. Un PRITIOA révisé établira les assises nécessaires sur lesquelles la formation continue et des exercices de simulation réguliers pourront être fondés.

Le PRITIOA devrait être révisé régulièrement pour garantir qu'il demeure au diapason des nouvelles politiques, par exemple la Stratégie canadienne pour la salubrité des aliments. Cette stratégie couvre l'ensemble de la filière alimentaire, notamment les aliments canadiens et importés, et traite non seulement de l'innocuité biologique et chimique des aliments mais aussi de leur innocuité nutritionnelle. Sa vision et ses principes directeurs sont destinés à guider les initiatives en matière de salubrité des aliments de façon générale.

Tirer des leçons de l'expérience d'autres administrations

Lors de la révision du PRITIOA, les pratiques exemplaires d'autres administrations peuvent donner des éclairages qui peuvent s'appliquer à des situations canadiennes. Il faudrait s'attarder aux structures de gouvernance et aux intervenants mobilisés de même qu'aux programmes, processus, produits et lignes directrices qui facilitent les interventions efficaces dans le cas d'éclosion de maladies d'origine alimentaire. Un modèle à explorer est celui du Council to Improve Foodborne Outbreak Responses (CIFOR) aux États-Unis.Note de bas de page 8 Le CIFOR est un groupe de travail multidisciplinaire qui a été convoqué en 2006 pour améliorer la collaboration à la grandeur des États-Unis afin de réduire le fardeau des maladies d'origine alimentaire. Les initiatives en cours du CIFOR comprennent les suivantes :

  • lignes directrices consensuelles sur la détection des éclosions de maladies d'origine alimentaire et les interventions connexes;
  • lignes directrices applicables aux éclosions couvrant plusieurs administrations;
  • formation sur les éclosions;
  • établissement de rapports épidémiologiques et d'analyses de laboratoire;
  • définitions de grappes pour déterminer les facteurs clés des enquêtes fructueuses.
Recommandation 1 : Revoir le Protocole de résolution des incidences de toxico-infections d'origine alimentaire

4.3.1 Recommendation 1.1: Revoir le PRITIOA – Intégrer les travaux en cours sur les ententes sur la mise en commun de renseignements

Plusieurs questions ont été soulevées au cours de l'éclosion de listériose concernant la communication d'information et la mise en commun de données techniques. Elles sont mises en lumière ci-dessous.

Communication d'information

Au cours d'une éclosion
Au cours de la gestion d'une éclosion, au plan opérationnel, la Division de la gestion des éclosions de l'ASPC à Guelph et le réseau informel des épidémiologistes PT entretiennent des rapports étroits. Ce groupe technique collabore régulièrement à des enquêtes sur les éclosions en se guidant sur le PRITIOA. Au cours d'une éclosion, le groupe tient des téléconférences régulières et il y a de nombreuses communications individuelles entre l'ASPC et les épidémiologistes des provinces et des territoires qui travaillent sur l'éclosion. De même, la mise en commun des données d'analyse de laboratoire se fait par le truchement du RLSPC.

Au plus haut niveau au sein de l'ASPC, il y a des rapports entre l'ACSP et les médecins hygiénistes en chef des provinces et des territoires par l'intermédiaire du CMHC. Ce groupe transmet des renseignements techniques, mais il se penche aussi sur des questions de stratégie et d'orientation importantes. L'ASPC a convoqué deux téléconférences avec le CMHC au cours de l'éclosion de listériose (26 août et 4 septembre). Les membres du CMHC estimaient qu'ils auraient pu être mobilisés plus tôt par l'ASPC et que l'organisation des téléconférences aurait pu être mieux coordonnée.

Plusieurs défis se posent quant à la façon dont ces groupes mettent en commun leurs renseignements au cours d'une éclosion.

  • Les rapports diffèrent au sein des provinces et des territoires entre le médecin hygiéniste en chef et le sous-ministre ou sous-ministre adjoint de la Santé. Une communication avec le CMHC ou un médecin hygiéniste en chef ne constitue pas forcément une communication avec le SM ou le SMA.
  • Il n'y a pas de lien clair au niveau des directeurs généraux entre l'ASPC et ses vis-à-vis provinciaux et territoriaux en matière de maladies d'origine alimentaire. Au cours de l'éclosion de listériose, un tel lien aurait pu être utile avec l'Ontario où l'éclosion a été détectée en premier et où la majorité des cas se situaient. Par exemple, la liste des personnes-ressources du PRITIOA ne mentionne pas le DG du CMIOAEZ de l'ASPC ni de personnes-ressources au Centre des mesures et des interventions d'urgence (CMIU), dont le DG.
  • Il y a une certaine rupture à l'ASPC et dans quelques provinces et territoires entre le niveau d'exécution et le niveau de la direction (malgré les nombreuses réunions, etc.). Aucun mécanisme clair ne garantit que les renseignements pertinents sont transmis au niveau de la direction à partir du niveau d'exécution ou filtre jusqu'au niveau d'exécution à partir du niveau de la direction.

Cette communication d'information est relativement informelle et n'est pas explicitement abordée dans le PRITIOA (c.-à-d. il n'y a pas d'indication quant au moment ou à la fréquence de ces communications ni d'attentes claires à l'égard de la communication d'information vers les niveaux supérieurs ou inférieurs au sein d'une organisation).

Planification avancée En plus des mécanismes essentiels à la communication d'information au cours d'une éclosion, des groupes FPT structurés ont un lien conceptuel avec les questions relatives aux maladies d'origine alimentaire. Au sein de la structure du Réseau de santé publique (RSP), quatre des six groupes d'experts ont un certain rapport avec les éclosions de maladies d'origine alimentaire (voir le diagramme 1) : le Groupe d'experts en contrôle des maladies transmissibles et son Groupe de travail sur les maladies entériques d'origine alimentaire et hydrique ainsi que le Groupe de travail sur les communications du Comité d'information sur la pandémie; le Groupe d'experts des laboratoires canadiens de santé publique et son Comité de travail sur la qualité de l'eau et la salubrité des aliments; le Groupe d'experts sur la surveillance et l'information et son Groupe de travail sur les ententes de mise en commun de renseignements; le Groupe de travail sur les mesures et les interventions d'urgence. De plus, le Groupe de travail sur les communications en cas de pandémie relève directement du Conseil du RSP. Les travaux initiaux de ce groupe se sont concentrés sur l'emploi prophylactique d'antiviraux, mais la fonction et le rôle du groupe pourraient être élargis à d'autres sujets des communications FPT.

L'ASPC devrait revoir les mandats, l'état et les plans de travail de différents mécanismes FPT et préciser leurs liens, les uns avec les autres, à l'égard des maladies d'origine alimentaire. Par exemple, il semble que le mandat du Groupe de travail national sur les maladies entériques d'origine alimentaire et hydrique n'est encore que provisoire et que le Groupe de travail ne s'est réuni qu'une fois (en 2007).

L'imprécision des rapports entre les structures du RSP n'a pas forcément eu d'incidence sur les interventions de l'ASPC lors de l'éclosion de listériose, mais les mécanismes FPT disponibles pourraient contribuer à la planification future (p. ex. consultation au sujet des rôles et des responsabilités et clarification de ceux-ci, avis spécialisés sur des points techniques, élaboration et mise en œuvre de programmes de formation et de simulation, etc.).

Certains mécanismes du RSP pourraient même jouer un rôle au cours d'une éclosion. Par exemple, le personnel de l'ASPC affecté aux communications a pu exploiter le Groupe de travail sur les communications en cas de pandémie du RSP pour joindre régulièrement leurs homologues affectés aux communications des provinces et des territoires, au niveau de la direction, tout au long de l'éclosion de listériose. Selon le personnel de l'ASPC affecté aux communications, ce système d'information a été d'une utilité inestimable au cours de l'éclosion.

Diagramme 1 : Illustration des structures officielles du Réseau de santé publique

Diagramme 1
Équivalent textuel - Diagramme 1

ARCHIVÉ - Diagramme 1 - Équivalent textuel

Le diagramme 1 montre la structure organisationnelle officielle du Réseau de santé publique.

Au centre du Réseau se trouve le Conseil du Réseau de santé publique (CRSP), lequel compte six groupes d'experts. De plus, le Conseil des médecins hygiénistes en chef du Canada et le Groupe de travail sur les communications en cas de pandémie relèvent du CRSP. Quatre des six groupes d'experts ont un lien avec les maladies d'origine alimentaire et sont présentés dans le diagramme. Il s'agit du Groupe d'experts sur le contrôle des maladies transmissibles, du Groupe d'experts sur les mesures et les interventions d'urgence, du Groupe d'experts sur les laboratoires canadiens de santé publique et du Groupe d'experts sur la surveillance et l'information. Ces groupes d'experts comprennent des groupes thématiques axés sur les maladies d'origine alimentaire qui sont les suivants : Groupe de travail national sur les maladies entériques d'origine alimentaire et hydrique; Groupe de travail sur les communications du Comité de la grippe pandémique; Comité de travail sur la qualité de l'eau et la salubrité des aliments; Groupe de travail sur les ententes de mise en commun de renseignements.

Le CRSP relève directement de la Conférence des sous-ministres fédéral provinciaux territoriaux FPT de la Santé ou de la Conférence des ministres FPT de la Santé.

Partage de données

Partage de données entre les épidémiologistes de l'ASPC et des provinces et territoires
L'ASPC compte sur la transmission opportune de données exactes des provinces et territoires pour mener une enquête épidémiologique à l'échelle nationale. Au départ, lors de l'éclosion de listériose, l'Ontario n'a transmis à l'ASPC que des données agrégées et n'était pas disposé à fournir toutes les données individuelles ce qui a limité la capacité d'enquêter de l'ASPC. L'Ontario n'a commencé à transmettre des renseignements sur les cas individuels qu'après que les épidémiologistes de l'ASPC aient réitéré qu'il s'agissait d'une enquête nationale et que, par conséquent, il fallait produire des rapports à l'échelle nationale.

Le rôle des PT à l'égard des communications au grand public concernant les cas sur leur territoire
Les médias s'interrogeaient sur l'opportunité et l'exactitude des chiffres communiqués par l'ASPC. Au départ, l'Ontario et l'ASPC ont communiqué des chiffres sur l'éclosion à des moments différents et les médias ont découvert par eux-mêmes des cas et des décès et ils les ont rapportés. De plus, l'Ontario a modifié la définition et le calcul des décès au cours de l'éclosion, ce qui a fait en sorte que le nombre de décès rapportés a varié considérablement d'une journée à une autre. Par conséquent, il a fallu fournir beaucoup d'explications aux intervenants internes et externes au sujet de ce changement.

Il faut établir des protocoles plus clairs pour communiquer l'information sur les cas PT (et les décès) au cours d'une éclosion nationale, c'est-à-dire s'assurer que les PT communiquent leurs observations sur les cas dans leur propre territoire avant que l'ASPC présente le portrait national.

Pression pour obtenir des détails sur les cas individuels
Lorsqu'une éclosion est limitée à une province ou à un territoire, cette administration dirige l'enquête épidémiologique. L'ASPC ne reçoit pas de données à un niveau individuel. Lorsqu'une éclosion touche plus d'une province ou d'un territoire, les épidémiologistes PT transmettent des données individuelles à l'ASPC pour faciliter l'enquête épidémiologique nationale. Les épidémiologistes de l'ASPC utilisent ces données exclusivement à des fins d'analyse.

Au cours de l'éclosion de listériose, d'intenses pressions ont été exercées pour obtenir des renseignements détaillés. Les épidémiologistes de l'ASPC, et dans une moindre mesure, les chercheurs des laboratoires déclarent avoir senti des pressions de la part de la haute direction de l'ASPC et des organismes centraux pour obtenir des renseignements sur des cas individuels de leurs collègues PT et pour communiquer ces renseignements à d'autres fins que celles auxquelles ils étaient destinés. Cette observation concerne l'éclosion liée aux viandes prêtes à manger de Maple Leaf et à d'autres éclosions qui sont survenues en même temps. De plus, les épidémiologistes et les scientifiques de laboratoires de l'ASPC ont eu l'impression qu'on leur demandait d'abuser de leurs relations professionnelles avec leurs collègues PT pour obtenir et mettre en commun des renseignements qui relevaient strictement de la compétence des provinces et des territoires. La haute direction, le Secrétariat aux affaires ministérielles, le LNM et la Division de la gestion des éclosions de l'ASPC devraient poursuivre le dialogue sur ce point.

Conclusions et recommandation

Les dispositions relatives à la mise en commun des données d'analyse de laboratoire sont structurées et spécifiques dans le cadre du protocole d'entente de PulseNet. Par contraste, les dispositions relatives à la mise en commun des données épidémiologiques ont tendance à être « organiques », en ce sens que les employés de l'ASPC travaillent avec des personnes qu'ils connaissent (et en qui ils ont confiance) au lieu de suivre rigoureusement un protocole ou une procédure de mise en commun de données en bonne et due forme. Les réseaux informels comportent des faiblesses. Lorsqu'une organisation se restructure ou qu'une personne est en congé ou change de poste, le réseau disparaît. Il faut établir des protocoles plus clairs sur le niveau des renseignements qui peuvent être mis en commun à différentes fins, dans différentes situations.

Ces problèmes relatifs à la mise en commun de renseignements ne sont peut-être pas limités aux maladies d'origine alimentaire. L'ASPC consacre actuellement beaucoup d'énergie à l'élaboration d'ententes sur la communication d'information plus étendue de gouvernement à gouvernement, en accord avec les recommandations formulées dans le chapitre 5 du Rapport sur la surveillance des maladies infectieuses du Bureau de la vérificatrice générale (mai 2008). Il est essentiel de veiller à ce que ces ententes entre l'ASPC et chaque province et territoire (p. ex. définition de cas, niveau d'information et échéancier de l'analyse, de la confirmation et de la diffusion publique de renseignements) règlent les problèmes relatifs aux maladies d'origine alimentaire, dont ceux mentionnés ci-dessus. Par conséquent, les détails relatifs aux ententes FPT de communication d'information doivent être incorporés dans le PRITIOA, ou bien le PRITIOA devrait y renvoyer directement pour fournir des directives dans différentes situations de manière à éviter toute incohérence.

Recommandation 1.1 : Revoir le PRITIOA – intégrer les travaux en cours sur les ententes relatives à la communication d'information

4.3.2. Recommandation 1.2 : Revoir le PRITIOA – Moderniser les lignes directrices relatives aux communications

Perceptions des événements

L'éclosion de listériose a été l'objet d'une très grande couverture médiatique. Un examen des reportages dans les journaux et à la télévision entre le 18 août et le 1er octobre 2008 a révélé des thèmes pertinents pour l'ASPC. La section suivante du rapport donne des détails sur les activités de communication de l'ASPC.

Délais de l'enquête et de la notification du public
Plusieurs articles parus entre le 18 août et le 13 septembre révèlent par-dessus tout l'impression qu'il a fallu plus d'un mois pour que le public soit informé de la contamination possible de produits de viande. Certains articles citent un délai de sept semaines. Il est fait mention dans ces articles des causes possibles du délai, notamment du processus permettant de déterminer l'existence d'une éclosion, des délais nécessaires pour mener l'enquête et de la transmission des renseignements sur l'éclosion entre les organismes locaux, provinciaux et fédéraux. De façon connexe, quelques articles ont aussi fait état de la nécessité d'informer davantage la population sur le nombre de cas et de décès et leur répartition géographique.

Disponibilité des renseignements
Quelques articles publiés à la fin d'août font état de la difficulté pour le public d'obtenir des renseignements sur la listériose et l'éclosion. Les critiques comprenaient des remarques selon lesquelles les renseignements étaient « enfouis » dans des sites Internet du gouvernement fédéral. Plusieurs articles font état de la perception que les renseignements destinés aux membres les plus vulnérables de la population, comme les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes ayant un système immunitaire affaibli ou d'autres maladies chroniques, de même qu'aux médecins chargés de les soigner, n'avaient pas été communiqués dans les meilleurs délais.

Clarté des rôles et des responsabilités du gouvernement
Plusieurs articles s'interrogeaient sur la nécessité de clarifier qui, au gouvernement, était responsable au premier chef au cours d'une éclosion. De façon accessoire, des reportages ont souligné l'absence perçue de visibilité de l'ACSP du Canada.

Salubrité des aliments
En plus des thèmes ci-dessus, pertinents pour l'ASPC, un thème dominait une grande partie de la couverture médiatique sur la sécurité publique et les communications concernant la sécurité globale du système d'analyse et de surveillance des aliments, en plus de la question des rôles du secteur privé par opposition au secteur public pour détecter et gérer les aliments contaminés et assurer les communications dans ce dossier. Ces points ne font pas partie du mandat de l'ASPC.

Ce qui a bien fonctionné

Malgré les critiques susmentionnées, l'ASPC a collaboré à la production de nombreux produits de communication au cours de l'éclosion. En fait de rapports directs avec les médias :

  • Le directeur par intérim de la Division de la gestion des éclosions du Centre des maladies infectieuses d'origine alimentaire, environnementale et zoonotique a donné cinq entrevues aux médias le 20 août pour faire le point sur la situation épidémiologique de l'éclosion.
  • Le directeur général du Centre des maladies infectieuses d'origine alimentaire, environnementale et zoonotique a donné deux entrevues le 22 août pour expliquer la listériose et faire le point sur l'éclosion.
  • L'ACSP a participé à trois entrevues avec des médias :
    • entrevue au bulletin de nouvelles The National à CTV le 27 août pour donner des conseils aux parents (retour à l'école – boîtes à lunch);
    • entrevue à Canada AM le 28 août sur la salubrité des aliments;
    • entrevue au Toronto Star le 30 août en réaction à la critique que l'ASPC avait tardé à informer les Canadiens.
  • Séances d'information des médias quotidiennes du 23 août au 5 septembre (efforts conjoints – ACIA, ASPC et Santé Canada).
  • Le LNM a donné une séance d'information technique détaillée aux médias le 4 septembre, avec présentation d'une vidéo et visite du laboratoire.
  • Le Service des communications de l'ASPC a répondu à environ 150 à 160 demandes d'information des médias.

En outre, le personnel de l'ASPC a participé à 14 séances d'information du ministre qui a nécessité la préparation de notes d'information destinées aux médias.

L'ASPC a fourni un éventail de produits de communication :

  • personnes âgées et personnes dont le système immunitaire est affaibli) versées dans le site Internet de l'ASPC et distribuées directement à 38 organismes offrant des services à ces groupes (à compter du 2 septembre). Ces fiches d'information ont ensuite été distribuées au sein de leurs propres réseaux (p. ex. le Réseau canadien d'info-traitements sida englobe 200 organismes et un serveur de listes sur la tuberculose joint plus de 500 médecins et infirmiers/infirmières);
  • messages d'intérêt public, placés dans 123 quotidiens et hebdomadaires à la grandeur du Canada entre le 29 août et le 1er septembre 2008;
  • un message vidéo en ligne de l'ACSP utilisant You Tube qui a été visionné plus de 1000 fois entre le 28 août et le 19 novembre 2008;
  • onze pages Internet bilingues présentant des faits généraux sur la listériose et des mises à jour sur l'éclosion à l'intention du grand public, des médias et des professionnels de la santé qui ont été consultées par plus de 43 000 visiteursNote de bas de page 9 entre le 22 août et le 2 novembre 2008.

Malgré les critiques formulées dans les médias, de façon générale, les principaux répondants avaient l'impression que les activités de communication de l'ASPC étaient bonnes, compte tenu de la portée des produits. Une part importante de ce succès est attribuable aux bonnes relations de travail établies entre les équipes des communications de l'ASPC, de  et de l'ACIA.

Cela dit, il y a place à l'amélioration.

Ce qui peut être amélioré

En faisant un retour sur la réponse à l'éclosion de listériose, les fonctionnaires fédéraux affectés aux communications ont mentionné plusieurs domaines qui auraient pu être gérés différemment.

Délais
Les activités des communications du risque et de crise se sont concentrées sur la communication de messages de santé publique plus étoffés aux groupes de la population les plus vulnérables à l'éclosion (p. ex. les personnes âgées et les femmes enceintes) au lieu de transmettre uniquement des renseignements techniques sur l'éclosion (comme le nombre de personnes malades) par l'intermédiaire des médias. Selon certains répondants clés de l'ASPC, ces activités auraient pu commencer un peu plus tôt, bien qu'on ne sache pas très bien dans quelle mesure il aurait été possible de le faire plus tôt.

L'ASPC a produit des messages de santé publique adaptés à des groupes cibles particuliers (p. ex. les professionnels de la santé et les populations vulnérables) à compter du 2 septembre, mais les membres du CMHC avaient fermement l'impression qu'une plus grande rapidité s'imposait et que cela aurait dû être l'une des premières mesures prises par l'ASPC. Un comité spécial constitué de représentants du CMHC, de Santé Canada et de l'ASPC, avec le soutien de l'ASPC au plan de la coordination, analyse actuellement les documents disponibles sur Listeria et fera des recommandations sur la communication de messages génériques aux praticiens et au grand public.

Les partenaires fédéraux doivent s'entendre sur des façons de réduire les délais d'approbation des produits de communication conjoints. Les directeurs généraux des communications à l'ASPC, Santé Canada et l'ACIA négocient actuellement un projet de protocole.

Porte-parole
Il faut préciser quel ministère fédéral assume la responsabilité des communications sur des aspects particuliers d'une éclosion de maladies d'origine alimentaire.

Au sein de l'ASPC, il faut établir des protocoles plus clairs pour désigner le porte-parole principal et ses remplaçants. À l'égard d'un éventail de différents scénarios d'éclosion, il faut prendre en compte le niveau approprié du porte-parole (ACSP, SMA, DG) et la nature du savoir-faire qu'il doit posséder (p. ex. médecin ou spécialiste technique). Tous les porte-parole et leurs remplaçants doivent suivre une formation pertinente sur les relations avec les médias et des mises à jour régulières.

Relations entre les équipes des communications fédérales
Si l'on rapporte que les équipes des communications de Santé Canada, de l'ASPC et de l'ACIA ont très bien travaillé ensemble au cours de l'éclosion de listériose, les communications étaient limitées à des courriels et à des appels téléphoniques. Des gains pourraient être obtenus en offrant aux directeurs des communications fédérales des possibilités de discuter en personne de stratégies afin de dégager une compréhension commune de la définition des rôles et des responsabilités dans différentes situations.

Capacité de pointe de l'ASPC
La Direction des communications de l'ASPC en général, et plus particulièrement les équipes affectées aux relations avec les médias et aux communications de crise, doivent disposer d'un plan plus étoffé pour composer avec la capacité de pointe (couverture la fin de semaine, pratiques de rappel, horaires des vacances, remplaçants/substituts bien renseignés, etc.).

Les membres du personnel technique au LNM et à la Division de la gestion des éclosions ont fréquemment dû faire le point pour les membres de la haute direction et le personnel du cabinet du ministre et des organismes centraux et pour les médias. Les pressions exercées pour obtenir de l'information étaient élevées et les délais étaient souvent extrêmement courts. L'ASPC devrait fournir aux domaines techniques un soutien accru en matière de communications et de politiques lors d'incidents très médiatisés de cette nature pour garantir que les spécialistes techniques peuvent se concentrer sur leur travail d'enquête. En jumelant les spécialistes techniques à des conseillers en politiques et en communications, l'Agence pourra mieux servir le ministre, les responsables de la santé publique, les médias et le grand public.

Conclusions et recommandation

Le PRITIOA, le protocole qui guide l'intervention multipartite lors d'une éclosion de maladies d'origine alimentaire, comporte une annexe intitulée « Communication avec le public – Lignes directrices ». Plusieurs problèmes se rapportent à ces lignes directrices.

  • La plupart des employés affectés aux communications de l'ASPC ne connaissaient pas les lignes directrices du PRITIOA en matière de communications.
  • Les lignes directrices du PRITIOA en matière de communications ne précisent pas suffisamment les rôles et les responsabilités.
  • Les lignes directrices du PRITIOA en matière de communications, formulées à l'origine en 1999, ne prennent pas en compte les travaux récents sur les lignes directrices relatives aux communications de criseNote de bas de page 10 (qui comprennent des gabarits, des listes de contrôle et d'autres outils qui pourraient être adaptés au contexte des maladies d'origine alimentaire) et sur le Cadre stratégique conjoint de l'ASPC et de Santé Canada sur les communications du risque. L'ACIA et les PT ont peut-être aussi fait des travaux analogues sur les communications de crise et du risque qui pourrait s'appliquer.

Par conséquent, il est recommandé que l'ASPC collabore avec ses partenaires pour moderniser les lignes directrices relatives aux communications du PRITIOA en fonction des nouvelles méthodes de communication du risque et de crise et de l'expérience récente acquise lors d'éclosions importantes d'envergure nationale. Les lignes directrices doivent définir clairement les rôles, les responsabilités et les procédures en cas d'éclosion nationale importante et très importante.

Il y a eu des travaux sur les communications dans le domaine de la préparation à une pandémie. La planification des communications pour d'autres types d'éclosions potentiels doit exploiter l'infrastructure mise sur pied pour les pandémies, par souci d'efficacité et de cohérence. Par exemple, le Groupe de travail sur les communications du Comité d'information en cas de pandémie, du Groupe d'experts sur le contrôle des maladies transmissibles du RSP, a mis au point un plan opérationnel FPT provisoire. Ce plan vise à fournir des directives opérationnelles en harmonisant les activités de communications des partenaires fédéraux et PT lors d'une intervention en cas de grippe pandémique ou d'une autre urgence de santé publique de manière à assurer la coordination des communications. Ce groupe est constitué de responsables des communications du ministère de la Santé de chaque province et territoire chargés des communications relatives à des  maladies infectieuses ou à des situations d'urgence.

Une fois que les lignes directrices seront révisées, il est aussi recommandé d'organiser des séances d'orientation et de formation sur les lignes directrices du PRITIOA en matière de communications à l'intention du personnel clé de l'ASPC. Enfin, le personnel de l'ASPC devrait s'exercer à mettre en œuvre des mesures de communications en cas d'éclosions nationales de maladies d'origine alimentaire très importantes. Au plan fédéral, cela pourrait prendre la forme de simulations interministérielles tirant partie de l'infrastructure actuelle des mesures en cas de grippe pandémique dont Santé Canada fait déjà partie. Il faudrait toutefois intégrer l'ACIA. De même, en s'appuyant sur l'infrastructure FPT en cas de pandémie, le Groupe de travail sur les communications en cas de pandémie du RSP pourrait être une tribune adaptée pour coordonner les exercices FPT. Ces exercices pourraient aussi offrir l'occasion de rédiger un contenu générique qui pourrait être adapté aux particularités d'une éventuelle situation d'éclosion.

Recommandation 1.2 : Revoir le PRITIOA – Moderniser les lignes directrices en matière de communications

  • 1.2.1 Moderniser les lignes directrices en matière de communications dans le PRITIOA en fonction des nouvelles méthodes de communications du risque et de crise et de l'expérience récente acquise lors d'éclosions importantes d'envergure nationale.
  • 1.2.2 Sensibiliser, orienter et former le personnel à l'égard des lignes directrices du PRITIOA en matière de communications.
  • 1.2.3 S'exercer à mettre en œuvre les mesures de communications en vue d'éclosions de maladies d'origine alimentaire d'envergure nationale très importantes.

4.3.3. Recommandation 1.3 : Revoir le PRITIOA – Mettre au point un mécanisme normalisé de retour sur les éclosions

Il existe un éventail de mécanismes, structurés à différents degrés, pour évaluer les interventions.

Au sein de l'ASPC, il est de routine de tenir avec le personnel des séances de retour sur des événements importants. On qualifie parfois ces exercices de « rétroaction immédiate », de « bilan » ou de « compte rendu des premières impressions ». Dans le domaine des interventions d'urgence, les « rapports d'intervention » sont courants. Il n'y a actuellement pas de mécanisme normalisé au sein de l'ASPC pour faire ce genre d'évaluation, en diffuser les conclusions ou y donner suite.

Il y a eu trois comptes rendus internes sur l'éclosion de la listériose dans différents secteurs opérationnels de l'ASPC : Direction des communications; LNM; et Division de la gestion des éclosions du CMIOAEZ. La Direction des communications a mis à la disposition de l'équipe chargée de recenser les leçons à retenir les notes de son bilan; l'équipe de projet n'a pas reçu les notes des bilans du LNM ni du CMIOAEZ. Les membres du personnel de ces secteurs opérationnels ont participé à ces séances de bilan. Le personnel de l'ASPC ne faisant pas partie de ces secteurs opérationnels n'était pas forcément au courant que ces bilans avaient eu lieu. Un répondant clé, qui s'était occupé intensément de l'éclosion, a exprimé sa frustration de ne pas avoir eu la possibilité de participer à la séance de bilan de la Direction des communications.

Le CMIU a organisé une séance de rétroaction plus étendue le 11 septembre à laquelle ont participé des membres de l'ensemble de l'Agence qui avaient pris part aux interventions lors de l'éclosion de listériose. L'équipe de projet chargé de recenser les leçons à retenir a assisté à la séance à titre d'observateur et utilisé ses notes de la séance pour alimenter le présent exercice. À la rédaction du rapport final sur les leçons à retenir, l'équipe de projet a pris connaissance d'une version provisoire du rapport de la séance de rétroaction mais celui-ci n'a pas encore été mis au point ni approuvé.

En outre, des réflexions sur le succès et les lacunes des interventions sont parfois abordées dans le cadre de réunions interministérielles ou multipartites régulières. Par exemple, les membres du CMHC ont discuté de leur perception des interventions multipartites face à la listériose. De même, les cadres supérieurs fédéraux responsables de la salubrité des aliments à Santé Canada, l'ASPC, l'ACIA et Agriculture et Agroalimentaire Canada ont discuté de l'intervention fédérale lors de l'éclosion de la listériose.

Le PRITIOA renferme une section sur les retours post-éclosions visant à : évaluer les interventions concertées et l'utilité du PRITIOA pour guider ces interventions; et confirmer la cause de l'éclosion et établir un plan d'action pour en prévenir la répétition. La section du PRITIOA portant sur les retours post-éclosions ne précise pas à quel moment et de quelle façon ces retours doivent avoir lieu. En outre, il n'y a pas de mécanisme clair pour les examens et les approbations, la diffusion ou le suivi des mesures à prendre. Il n'y a pas de dépôt des rapports post-éclosions ni de mécanisme pour faire la synthèse régulière des constatations et des recommandations afin de les incorporer dans la pratique.

Lors de la révision du PRITIOA, il est donc recommandé de mettre au point un mécanisme normalisé de retour sur les interventions multipartites. L'approche devrait exposer les critères permettant de déterminer à quel moment et de quelle façon un tel examen doit avoir lieu et qui doit le diriger. Trois types de questions doivent être abordés dans un retour post-éclosions :

  • problèmes techniques et scientifiques liés à l'éclosion;
  • processus de gestion de l'incident;
  • implications plus vastes à l'égard des politiques et de la pratique.

En plus de participer à un examen et à une révision du processus de retour post-éclosion du PRITIOA, le CMIU de l'ASPC devrait revoir sa façon de faire le compte rendu des événements gérés par l'intermédiaire du COU.

Recommandation 1.3 : Revoir le PRITIOA – Mettre au point un mécanisme normalisé de retour sur les éclosions

4.4 Recommandation 2 : Créer un dépôt central d'accords

Une multitude d'accords, de protocoles d'entente et d'autres protocoles et procédures qui engagent l'ASPC sont d'une quelconque façon pertinents au PRITIOA et à la gestion d'une éclosion (voir le diagramme 2). Une partie des documents concernent le portefeuille de la Santé tandis que d'autres engagent plusieurs administrations.

Diagramme 2 : Illustration de la multitude d'accords qui entrent en jeu dans la lutte contre une éclosion

Diagramme 2
Équivalent textuel - Diagramme 2

ARCHIVÉ - Diagramme 2 - Équivalent textuel

Le diagramme 2 montre le très grand nombre d'ententes auxquelles l'ASPC est partie, et qui visent à prendre des mesures en cas d'éclosion de maladie d'origine alimentaire, ainsi que le contexte politique complexe avec lequel les partenaires fédéraux, provinciaux, territoriaux et locaux de la santé publique doivent composer pendant une enquête sur une éclosion de maladie d'origine alimentaire.

Le Protocole d'intervention lors de toxi-infection d'origine alimentaire (PRITIOA) est la procédure générale qu'utilisent l'ASPC, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), Santé Canada et les partenaires provinciaux et territoriaux pendant une éclosion de maladie d'origine alimentaire touchant plusieurs administrations. En plus de ce protocole, il existe cinq protocoles d'entente (PE), conclus par l'ASPC avec des partenaires de la santé publique, et sept documents d'orientation, qui servent à faciliter le processus d'enquête sur les éclosions. Le PE – Enquêtes sur les dangers pour la santé et les éclosions de maladies d'origine alimentaire, conclu par l'ACIA, le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des affaires rurales de l'Ontario (MAAARO), le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario (MSSLD) et le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario (MRNO), se rapporte aux enquêtes sur les éclosions de maladies d'origine alimentaire en Ontario. Quant au PE – Mise en commun des renseignements dans une urgence de santé publique, il a été conclu entre l'ASPC et les provinces et les territoires. Le PE – Enjeux communs en matière de santé humaine a été conclu par Santé Canada, l'ACIA et l'ASPC. Le PE – Service de référence pour la listériose a été conclu par l'ASPC et Santé Canada. Quant au PE – PulseNet, il a été conclu entre l'ASPC et les provinces et territoires.

Les documents d'orientation sont les suivants :

  • Projet de politique sur les mesures d'urgence du Portefeuille de la santé – ASPC et Santé Canada
  • Projet de plan des interventions d'urgence du Portefeuille de la santé – ASPC et Santé Canada
  • Politique relative au Listeria dans les aliments prêts à manger – Santé Canada
  • Directives sur les communications en temps de crise et sur les communications d'urgence – ASPC et Santé Canada
  • Projet de plan opérationnel des communications FPT – Comité d'information sur la pandémie
  • Cadre / Guide de communication stratégique des risques – ASPC et Santé Canada
  • Projets d'entente sur la mise en commun de renseignements sur la santé publique – ASPC et provinces et territoires

Plusieurs problèmes se posent :

  • certains de ces documents étaient difficiles à trouver, surtout leur version finale signée;
  • il est très difficile de saisir les différentes interdépendances entre ces documents. La plupart d'entre eux ne citent pas ou ne renvoient pas aux documents ou aux protocoles connexes. Qu'est-ce que la modification d'un accord implique pour un autre accord?
  • il est également difficile de déterminer l'existence d'objectifs ou d'interventions contradictoires dans les différents accords. Il est essentiel de garantir qu'aucun accord n'est incompatible avec un autre accord.

Compte tenu de l'importance des différents documents, il est primordial d'avoir accès aux versions les plus récentes (et à leurs listes de personnes-ressources). Il est de même essentiel de pouvoir saisir les liens entre les différents accords et en tenir compte dans les mises à jour des documents d'orientation et de formation de l'ASPC.

Il est donc recommandé que l'ASPC crée et tienne à jour un dépôt Web interrogeable des accords officiels et de leurs listes de personnes-ressources.

Avec un tel dépôt, un « conservateur » de l'ASPC devrait veiller à :

  • la mise à jour des listes de personnes-ressources : certains intervenants clés apparaissent sans doute dans plusieurs listes de personnes-ressources; il serait possible de gagner en efficacité en coordonnant la tenue et la mise à jour des listes de personnes-ressources lorsque des membres clés du personnel de l'Agence changent de poste;
  • les changements organisationnels à l'ASPC se reflètent dans les accords avec d'autres parties (p. ex. la restructuration récente de la DGMIMU).

Des travaux sont en cours au sein de la Direction de la gestion nationale, de l'administration, de l'installation et de la sécurité pour réunir la série des politiques administratives globales de l'ASPC. Certains rapprochements conceptuels ou technologiques seraient peut-être possibles entre ces deux dépôts.

Recommandation 2 : Créer un dépôt central d'accords

4.5. Recommandation 3 : Préciser, communiquer et simuler les rôles, les responsabilités et les mécanismes relatifs à la gestion d'incidents

C'est lors de l'éclosion de listériose que le Centre des opérations du portefeuille de la Santé (COPS) a été activé pour la première fois pour contribuer à la gestion d'une éclosion de maladie d'origine alimentaire. Un consensus solide s'est dégagé parmi les principaux répondants de l'ASPC, selon lequel le COPS, qui englobe le COU, a fourni un bon soutien en cours de l'éclosion de listériose. Il conviendrait de signaler certaines préoccupations concernant l'emploi du terme « urgence » puisque cela pourrait semer la confusion – il y a une différence entre la gestion d'une urgence et d'une éclosion comme la listériose.

L'activation du COU a offert la possibilité à l'ASPC de gérer la demande grandissante d'information et de satisfaire aux besoins de toutes les parties concernées, dont le personnel interne de l'ASPC, le personnel du ministre et des organismes centraux, les autres ministères fédéraux, les partenaires PT, les médias et le grand public.

Officialiser tous les aspects de la gestion d'un incident

Toutefois, il est clair qu'une approche plus structurée pour mettre en œuvre le COU est systématiquement requise. Voici quelques exemples.

  • Activation du COU : les intervenants ne savaient pas tous à quel moment et pour quelle raison le SMA de la DGMIMU de l'ASPC avait activé le COU. Certains répondants, même ceux provenant de l'ASPC, avaient une perception différente de l'objet et du niveau d'activation du COU (activation complète par opposition à activation afin de gérer les communications et les demandes d'information). Les critères employés pour déterminer un niveau d'activation donné ne sont pas clairs. Dans cette éclosion, le COU a été activé au niveau 2 (vigilance accrue) pour seconder l'ASPC dans ses activités, dont la coordination des programmes et le flot des communications et de l'information. Il est important que l'activation du COU soit officiellement déclarée dès le début et que les principaux intervenants connaissent immédiatement le niveau d'activation et sa justification.
  • Structure d'intervention : une multitude d'intervenants participent à la gestion d'une éclosion (voir le diagramme 3).
    • Dès le début de tout incident dans le cadre duquel le COU apporte son soutien, la structure d'intervention devrait être officiellement déclarée et des noms désignés pour chaque rôle dans la structure. Le personnel clé devrait examiner avec soin ces rôles. Il devrait s'agir d'une procédure normalisée, peu importe l'ampleur ou la nature de l'incident à gérer.
    • Certaines fonctions clés au sein de la structure d'intervention officielle (parfois désignée du nom de « structure de commandement de l'incident », ou SCI en bref) n'ont pas été mises en œuvre (c.-à-d. Groupe de planification avancée). Pour tout événement (planifié ou urgence), le gestionnaire de l'événement devrait toujours désigner un chef du Groupe de planification avancée. De concert avec le gestionnaire de l'événement, le chef du Groupe de planification avancée peut alors examiner la nécessité et la composition du Groupe.
    • Au cours de l'éclosion de listériose, il y a eu une transition dans le rôle de gestionnaire de l'événement ce qui a engendré une certaine confusion. En cas de changement dans les rôles au sein de la structure d'intervention, cette intervention devrait être communiquée de façon formelle et expliquée aux principaux intervenants de manière à éviter la confusion.
  • Désactivation du COU : on ne sait pas très bien si la désactivation du COU a été officiellement déclarée et communiquée aux principaux intervenants. Une fois encore, comme pour l'activation, la désactivation du COU devrait être officiellement communiquée aux principaux intervenants.

Sur le sujet de la structure d'intervention, le CMIU devrait s'employer à préciser les rôles :

  • du Groupe de la haute direction, (particulièrement important dans les situations d'incidents multiples) et composition;
  • du gestionnaire de l'incident par opposition au chef opérationnel/technique et les relations entre eux;
  • de la liaison avec la haute direction.

Le CMIU, la Direction des communications et d'autres secteurs clés de l'ASPC devraient aussi s'employer avec les bureaux régionaux de l'Agence à préciser le rôle régional (y compris à l'égard de la capacité de pointe) pendant des incidents nationaux importants comme l'éclosion de la listériose. Quel rôle jouent les conseillers en communication régionaux, les coordonnateurs régionaux des mesures et des interventions d'urgence, les directeurs régionaux et le directeur général régional en tant que personne-ressource pour les responsables provinciaux ou locaux de la santé publique, les bureaux régionaux d'autres ministères fédéraux et les organismes communautaires (p. ex. pour distribuer les produits de communications sur le risque)?

Le CMIU devrait aussi travailler avec Santé Canada, l'ACIA et la Direction de l'intégration des politiques, de la planification, des rapports et des relations internationales de la DGMIMU pour préciser la portée de leur contribution au COU dans différents scénarios potentiels.

La fonction du secrétariat FPT actuel devrait être officiellement intégrée dans la structure d'intervention afin d'assurer la continuité des communications et de la coordination avec les principaux partenaires PT. Dans le cas de la listériose, le COU était le point de coordination initial avec le CMHC et non le secrétariat du CMHC au sein de la Direction des politiques stratégiques de l'ASPC, ce qui a créé quelques difficultés.

Voici quelques-uns des problèmes soulevés par le CMHC.

Réunions :

  • confirmer à l'avance la présence des MHC pour que tous les participants sachent qui participe aux téléconférences;
  • coordonner un horaire quotidien des réunions;
  • dresser et distribuer des comptes rendus de toutes les téléconférences (liste des participants, discussion, suites à donner, décisions, attribution claire de la responsabilité du suivi, revue des points/suites à donner de la téléconférence précédente lors de la téléconférence suivante).

Flot d'information entre les réunions :

  • voir à ce que le courriel soit bien coordonné (bien étiqueter les sujets, clarifier l'objet de la communication et ce qui est attendu du médecin hygiéniste en chef et préciser si l'information est réservée à l'usage interne ou destinée à une diffusion externe);
  • indiquer sur chaque document s'il s'agit d'une version provisoire ou définitive (au cours de l'éclosion de listériose, des lignes directrices envoyées aux médecins hygiénistes montraient le suivi des modifications ce qui a engendré de la confusion);
  • se pencher sur la nécessité d'un endroit/dépôt centralisé pour conserver les versions définitives des produits d'information importants.

Les secrétariats compétents devraient assumer la responsabilité de l'organisation logistique des téléconférences et gérer le flot de l'information destinée à ces groupes PT au cours d'un incident afin de régler les problèmes ci-dessus. Par conséquent, ces secrétariats doivent envisager une couverture ininterrompue. Le rôle que le secrétariat FPT assumerait au cours d'un incident à l'égard de la gestion du flot d'information entre le CMHC et Santé Canada et l'ACIA, par exemple, n'est pas clair.

Diagramme 3 : Illustration des différents groupes faisant partie de la structure d'intervention

Diagramme 3
Équivalent textuel - Diagramme 3

ARCHIVÉ - Diagramme 3 - Équivalent textuel

Le diagramme 3 décrit la structure des interventions du Centre des opérations d'urgence et les recommandations formulées au sujet des divers groupes participant à l'intervention.

Le gestionnaire de l'événement dirige l'intervention et fait rapport au Groupe de la haute direction, qui à son tour rend des comptes à la ministre de la Santé. Le gestionnaire adjoint de l'incident et l'agent du ministère/organisme de première responsabilité relèvent du gestionnaire de l'événement, tout comme les groupes Régions, Conseiller juridique, Communication, Coordination et logistique et Planification avancée. Les groupes Communication et Conseiller juridique entretiennent également des liens avec le responsable de la liaison avec la haute direction. Les autres groupes qui pourraient prendre part à une intervention incluent le Cabinet du Premier ministre, le Comité des SMA sur la gestion des urgences, le Secrétariat FPT, la Direction de l'intégration des politiques, de la planification, des rapports et des relations internationales (DIPPRRI) et les Finances et ressources humaines. La structure hiérarchique pour ces groupes n'est pas présentée dans le diagramme.

Les recommandations mises en évidence dans le diagramme sont les suivantes : examiner les rôles des groupes Opérations et Régions, du gestionnaire de l'événement et du Groupe de la haute direction; examiner les rôles de Santé Canada et de l'ACIA dans la structure hiérarchique entre, d'une part, l'agent du ministère/organisme de première responsabilité, le gestionnaire adjoint de l'incident et le gestionnaire de l'événement et, d'autre part, les groupes Conseiller juridique et Communication et le responsable de la liaison avec la haute direction; examiner les rôles de l'ACIA et de Santé Canada au sein du Secrétariat FPT et de la DIPPRRI; évaluer les rôles possibles de l'agent du ministère/organisme de première responsabilité et du groupe Communication; et toujours mettre en œuvre le groupe Planification avancée.

Flot d'information : Protocoles et systèmes de GTI

Interne
Au cours des entrevues auprès des répondants clés, le personnel technique de l'ASPC a dit avoir reçu plusieurs demandes de renseignements similaires de différents intervenants (p. ex. Communications, Secrétariat aux affaires ministérielles, etc.) en personne, par téléphone et par courriel. Dans les situations où le flot d'information est abondant et des renseignements doivent être fournis dans des délais très courts, des protocoles seraient peut-être utiles. D'après l'expérience récente acquise lors de l'éclosion de listériose, un incident retentissant qui a suscité un vif intérêt de la part des médias et de l'organisme central, l'ASPC devrait réfléchir au traitement, à la gestion et au suivi des renseignements et des documents lors d'incidents futurs.

Au cours de l'incident, le personnel de l'ASPC a beaucoup compté sur la messagerie Lotus Notes. La dépendance vis-à-vis du courriel pose plusieurs problèmes :

  • après que le COU est activé, tous les membres de l'ASPC doivent ajouter en « c.c. » le compte de courriels du COU de l'ASPC; toutefois, certains d'entre eux oubliaient de le faire systématiquement;
  • les discussions étaient difficiles à suivre (impossible de faire le tri par objet);
  • l'archivage au niveau de l'Agence était difficile.

L'ASPC devrait examiner des solutions complémentaires ou en remplacement à Lotus Notes pour gérer le flot des communications au cours d'un incident. Le CMIU utilise actuellement E-Team, un système de gestion d'incidents. Par ailleurs, le RCRSP renferme un système Web de gestion d'incidents sécurisé, DynaEvent, qui offre une fonctionnalité de gestion du système de commandement des incidents informatisé, dont un babillard, des forums de discussion et la gestion des documents. En plus d'outils Web sécurisés pour l'alerte, la surveillance et la collaboration pancanadiennes, le RCRSP comporte un outil de gestion sommaire d'éclosion de maladies entériques qui peut servir à la communication de renseignements sommaires sur une éclosion au sein d'une administration et entre différentes administrations.

En s'appuyant sur l'expérience acquise lors de l'éclosion de listériose, le CMIU devrait revoir les horaires et l'interconnexion des réunions et téléconférences quotidiennes qui se tiennent habituellement au cours d'un incident. L'horaire quotidien des téléconférences au cours de l'éclosion de listériose était très serré :

  • 8 h 15 – téléconférence de l'ASPC/ACIA
  • 9 h – téléconférence du CPM/BCP/ACIA/ASPC pour parler des activités de la journée
  • 10 h – téléconférence des communications de l'ACIA/ASPC pour faire un retour et dresser la liste des activités de la journée
  • 10 h 30 – téléconférence des communications FPT avec les PT et les conseillers en communications régionaux de l'Agence pour faire un retour sur les téléconférences précédentes, déterminer et coordonner les activités fédérales et les activités PT de la journée et discuter des activités de diffusion externes dans les PT
  • 13 h – téléconférence de l'épidémiologiste avec les PT pour discuter des chiffres
  • 14 h – téléconférence avec le CTM/BCP pour confirmer les chiffres et l'évolution
  • 15 h – temps souvent réservé pour la répétition de la conférence de presse
  • 16 h – temps souvent réservé pour la conférence de presse, heure de l'affichage des derniers chiffres sur Internet

En revoyant l'horaire des téléconférences quotidiennes au cours de l'incident, le CMIU devrait :

  • préciser l'objet et le sujet des différentes téléconférences et, par conséquent, qui devrait et ne devrait pas y participer;
  • veiller à mettre en place un mécanisme structuré pour consigner et communiquer les discussions et les décisions.

Conclusions et recommandation

Il y a quatre principaux domaines d'intervention immédiate pour régler ces problèmes :

  • la nécessité de conclure rondement les consultations, l'approbation et la mise en œuvre de la politique et du plan sur les interventions d'urgence du portefeuille de la Santé (en cours) incorporant les leçons à retenir de l'éclosion de listériose et d'autres incidents récents;
  • offrir des séances d'orientation et de formation au personnel de l'ASPC sur la politique et le plan d'intervention (y compris les membres de la haute direction);
  • simuler la mise en œuvre de la politique et du plan dans un scénario de maladie d'origine alimentaire;
  • améliorer les systèmes et les protocoles de communications avec les intervenants internes et externes lors d'un incident.
Recommandation 3 : Préciser, communiquer et simuler les rôles, les responsabilités et les mécanismes de gestion d'incidents
  • Approuver et mettre en œuvre la politique et le plan d'intervention d'urgence du portefeuille de la Santé.
  • Offrir des séances d'orientation et de formation au personnel de l'ASPC sur la politique et le plan d'intervention.
  • Simuler la mise en œuvre de la politique et du plan dans un scénario d'éclosion de maladies d'origine alimentaire.
  • Améliorer les systèmes de communications en cas d'incident.

4.6. Recommandation 4 : Augmenter les capacités du CMIOAEZ

Au cours de l'éclosion, le personnel du CMIOAEZ a fait preuve d'engagement et de dévouement pour répondre aux demandes grandissantes découlant de l'enquête épidémiologique, de la coordination avec les PT en plus des communications avec le personnel de l'ASPC, de Santé Canada et de l'ACIA ainsi que le personnel du cabinet du ministre et de l'organisme central.

La Division de la gestion des éclosions du CMIOAEZ est une petite équipe d'épidémiologistes travaillant à Guelph.

La Division s'occupe d'environ 50 éclosions par an Note de bas de page 11:

  • 30 % impliquant des partenaires internationaux (habituellement les États-Unis et le Canada);
  • 40 % avec plus d'une province;
  • 20 % avec une seule province;
  • 10 % avec une région sanitaire locale.

Dans le cas d'éclosions internationales et multiprovinciales, la Division dirige et coordonne la collecte, l'analyse et la diffusion de données épidémiologiques. Dans les enquêtes provinciales et locales, la province demande au personnel de la Division de mettre son savoir-faire à contribution. De plus, lorsqu'un épidémiologiste de terrain fédéral est dépêché pour contribuer à une enquête provinciale ou locale, les épidémiologistes de la Division de la gestion des éclosions assurent la supervision du contenu.

En plus des enquêtes sur les éclosions, la Division dispense de la formation au niveau local, provincial, national et international. La Division participe également à la planification des mesures d'urgence, par exemple en vue des Jeux olympiques de 2010.

Au cours de la période où elle s'est occupée de l'éclosion de listériose, la Division s'occupait de vingt autres éclosions Note de bas de page 12 en plus de fournir leur savoir-faire technique aux fins de l'enquête sur l'éclosion, les épidémiologistes ont aussi collaboré à la rédaction de documents d'information et de documents destinés aux médias au cours de la crise de la listériose, notamment :
  • communication de renseignements aux fins des mises à jour quotidiennes du Web et des rapports de situation quotidiens;
  • séances d'information pour la haute direction et le Secrétariat des affaires ministérielles sur l'évolution de la situation;
  • participation à plusieurs téléconférences par jour;
  • révision d'infocapsules et de messages destinés aux médias;
  • rédaction de notes d'information;
  • réponse aux demandes de renseignements des médias, y compris en donnant des entrevues au début de l'éclosion.

Si l'exercice d'un leadership national à l'égard des maladies d'origine alimentaire est une priorité pour l'Agence, il faudra alors faire des investissements proactifs pour augmenter les capacités permanentes au sein du CMIOAEZ, augmenter les capacités de pointe pour venir à bout de la charge de travail pendant une éclosion, et assurer les capacités à long terme au moyen d'une bonne planification de la relève.

Problèmes courants

Compte tenu de la petite taille de l'équipe de la Division de la gestion des éclosions, il faudrait analyser l'effectif actuel d'épidémiologistes pour déterminer s'il est suffisant pour s'acquitter de sa charge de travail prévue.

En plus d'examiner la capacité épidémiologique en situation d'éclosion, il faut renforcer les capacités non techniques au CMIOAEZ, en particulier dans les domaines des politiques et des communications. Premièrement, le CMIOAEZ bénéficierait du soutien d'un analyste des politiques et de la planification au bureau du directeur général. Deuxièmement, compte tenu que les experts techniques doivent souvent jouer des rôles de soutien en matière de politiques et de communications, il sera important de donner plus de formation et de soutien aux membres de la Division de la gestion des éclosions pour leur permettre de voir davantage leur travail sous l'angle des politiques et des communications afin de satisfaire aux besoins en matière de breffage et répondre aux demandes des médias. Cela pourrait comporter une formation sur les communications en temps de crise et les communications du risque, une exposition à des ateliers sur l'élaboration de politiques dans la Région de la capitale nationale, de l'encadrement ou du mentorat, etc.

En plus d'un soutien en matière de politiques et de communications, la Division de la gestion des éclosions pourrait bénéficier d'une injection de soutien de la part d'autres services intégrés, notamment : formation sur les relations avec les médias; soutien pour améliorer la gestion des documents et les préparatifs pour répondre à des demandes d'accès à l'information et de protection des renseignements personnels; soutien de la GTI pour créer une base de données afin de faciliter le suivi des demandes relatives aux maladies d'origine alimentaire. Certaines éclosions de maladies d'origine alimentaire et hydrique aboutissent à des poursuites. On demande à la Division de la gestion des éclosions de fournir des preuves et, à l'occasion, de témoigner dans des actions en justice, ce qui nécessite beaucoup de temps et de préparation. La Division reçoit l'avis d'un conseiller juridique dans ces situations, mais on estime qu'elle pourrait bénéficier d'un soutien additionnel plus général de la part des services juridiques.

Les épidémiologistes de la Division de la gestion des éclosions à l'ASPC servent de secrétariat à un réseau informel d'épidémiologistes provinciaux et territoriaux qui tient des téléconférences trimestrielles régulières et une réunion annuelle dont l'ASPC couvre les dépenses. Ce rôle de secrétariat devrait être officialisé et prévu au budget avec un niveau de soutien approprié. En outre, il est recommandé d'établir le mandat du réseau d'épidémiologistes PT.

Capacité de pointe et viabilité pendant une éclosion

Compte tenu de la petite taille de l'équipe au sein de la Division de la gestion des éclosions qui doit intervenir lors d'éclosions, il serait avantageux d'analyser les possibilités de satisfaire aux besoins de pointe en mobilisant les ressources disponibles au sein de l'ASPC (p. ex d'autres divisions du CMIOAEZ ou du laboratoire de lutte contre les zoonoses d'origine alimentaire à Guelph ainsi que du Bureau régional de l'ASPC à Toronto, etc.).

Des améliorations peuvent être apportées pour garantir qu'une capacité accrue en matière de politiques et de communications est mise à la disposition de la Division de la gestion des éclosions (idéalement sur place) au cours d'une éclosion pour composer avec la demande accrue de notes d'information ou de réponse aux demandes d'information transmises par messagerie Web, etc.

D'un point de vue technique, l'enquête sur les éclosions constitue un domaine d'épidémiologie spécialisé. En période de pointe, les épidémiologistes doivent posséder des compétences et une expérience solides en matière d'enquête sur des éclosions. En tant qu'organisation, l'ASPC doit disposer d'une capacité suffisante en épidémiologie dans l'ensemble de l'Agence pour pouvoir réaffecter le personnel à une enquête tout en poursuivant ses activités régulières.

Il faudrait utiliser plus intégralement les programmes actuels de l'ASPC pour préparer et former d'autres catégories d'épidémiologistes pour qu'ils puissent apporter leur concours dans des situations d'éclosions importantes, notamment l'Équipe d'intervention d'urgence épidémiologie (EIU‑Épi) et l'aide épidémiologique du Programme canadien d'épidémiologie de terrain (PCET).

L'EIU-Épi de l'ASPC, dont la Division de la gestion des éclosions du CMIOAEZ assure la gestion, est une source potentielle de capacité de pointe en épidémiologie. L'Équipe se compose d'épidémiologistes provenant de la DGMIMU qui peuvent être appelés à fournir une capacité de pointe en cas d'incidents de santé publique. Les personnes inscrites sur la liste ont suivi une formation additionnelle, sur les éclosions et certaines d'entre elles sont des diplômés du PCET. Elles peuvent aider l'Agence de plusieurs façons, notamment en offrant leur aide et une capacité de pointe à une division ou un centre aux prises avec une situation urgente, en offrant leur aide au Centre des opérations d'urgence, en plus de fournir un soutien sur le terrain au Canada dans le cadre du mandat de l'Agence lors d'une crise majeure.

Le Service d'aide en épidémiologie, un volet du PCET géré par le Bureau de la pratique en santé publique de l'ASPC, est une autre source potentielle de capacité de pointe en épidémiologie. Le Service offre une aide en épidémiologie à court terme en dépêchant des épidémiologistes de terrain pour travailler sur des enquêtes de terrain, sur demande. Les épidémiologistes de terrain peuvent apporter une aide dans les cas suivants : enquête et contrôle d'une éclosion; enquête et contrôle de grappes; évaluation du risque environnemental; activités de surveillance, études épidémiologiques de terrain (épidémiologie descriptive, évaluation des besoins, efficacité de vaccin, études de cas-témoins, études de cohortes); enseignement et formation à l'enquête sur des éclosions. N'importe quel région, province, territoire ou groupe fédéral menant une enquête sur un problème de santé publique peut demander l'aide d'épidémiologistes de terrain.

Bien que deux épidémiologistes de terrain du PCET affectés à la Division de la gestion des éclosions se sont occupés de très près de l'éclosion, ni le service d'aide en épidémiologie ni l'EIU-Épi n'ont été mobilisé au cours de l'éclosion de listériose. Ils auraient pu fournir une capacité épidémiologique additionnelle.

Les capacités limitées au sein de la Division de la gestion des éclosions ont entravé le développement continu et le maintien de l'EIU-Épi. La dernière séance de formation remonte à 2007 et la liste doit être mise à jour. Il faudrait déterminer où l'EIU-Épi devrait être située et la meilleure façon de doter, gérer et former cette équipe à sa pleine capacité. Il faudrait envisager en particulier d'élargir la liste de manière à inclure des épidémiologistes d'autres secteurs de l'ASPC, au-delà de la DGMIMU, avec le soutien assuré par le Bureau de la pratique en santé publique à l'égard de la formation.

Relève

Le Programme canadien d'épidémiologie de terrain de l'ASPC renforce les capacités en santé publique en offrant une formation spécialisée à des professionnels de la santé dans le domaine de l'épidémiologie appliquée. L'ASPC continue à investir dans les 30 ans d'histoire du PCET. Les résultats sont positifs : les deux épidémiologistes de terrain sur place à Guelph pendant l'éclosion de listériose ont été un atout.

Cependant, il faut planifier la relève à long terme en prévision des départs inévitables de personnel et de la possibilité que les charges de travail s'alourdissent compte tenu de l'évolution des tendances relatives aux maladies d'origine alimentaire. Entre autres, il faut planifier le perfectionnement en gestion et la relève dans ce domaine de compétences techniques essentiel.

Le Service de la santé publique du Canada (SSPC)Note de bas de page 13 sera une source potentielle de personnel qualifié en santé publique, y compris d'épidémiologistes spécialisés en enquête sur les éclosions, pour travailler sur des incidents de santé publique courants et ponctuels. La priorité du SSPC est de renforcer les capacités en santé publique en recrutant et en embauchant du personnel qualifié et en offrant à ce personnel des possibilités régulières d'acquérir de l'expérience sur le terrain et de suivre une formation. Ces agents de santé publique (ASP) seront affectés en permanence à des endroits dans l'ensemble du pays (surtout des autorités sanitaires locales provinciales ou territoriales) qui ont un besoin constant d'aide ou de soutien en matière de santé publique. Ces postes compléteront les capacités globales d'une organisation de satisfaire à ses besoins réguliers, entre autres en améliorant les activités de surveillance et d'épidémiologie régulières, en étant disponibles et prêts à faire face à de vastes problèmes de santé publique et en assumant des tâches en cas d'éclosion ou de pandémie au fur et à mesure que ces besoins surgissent.

Recommandation 4 : Renforcer les capacités au Centre des maladies infectieuses d'origine alimentaire, environnementale et zoonotique

5. Prochaines étapes

Le comité directeur du projet devrait rédiger une réponse de la direction au présent rapport et le sous-ministre adjoint (SMA) de la Direction générale des maladies infectieuses et des mesures d'urgence (DGMIMU) devrait être chargé de l'élaboration, de la mise en œuvre et de la supervision d'un plan d'action pour donner suite aux constatations et aux recommandations.

Le dirigeant de la vérification de l'ASPC devrait suivre l'exécution du plan d'action et en rendre compte à la haute direction de façon continue.

6. Liste des sigles

ACIA
Agence canadienne d'inspection des aliments
ACSP
Administrateur en chef de la santé publique (pour le Canada)
ASPC
Agence de la santé publique du Canada
BCP
Bureau du Conseil privé
BDG
Bureau du directeur général
BDMSC
Bureau des dangers microbiens de Santé Canada
BSPT
Bureau de santé publique de Toronto
BSRA
Bureau de la salubrité et des rappels des aliments (ACIA)
C.-B.
Colombie-Britannique
CCRSE
Centre canadien de renseignements et de surveillance des éclosions
CIFOR
Council to Improve Foodborne Outbreak Response (États-Unis)
CMHC
Conseil des médecins hygiénistes en chef
CMIOAEZ
Centre des maladies infectieuses d'origine alimentaire, environnementale et zoonotique, DGMIMU (ASPC)
CMIU
Centre des mesures et des interventions d'urgence, DGMIMU (ASPC)
COPS
Centre des opérations du portefeuille de la santé
COU
Centre des opérations d'urgence
CPM
Cabinet du premier ministre
CRCO
Coordonnateur des rappels du centre opérationnel (ACIA)
DG
Directeur général
DGMIMU
Direction générale des maladies infectieuses et des mesures d'urgence (ASPC)
DIPPRRI
Direction de l'intégration des politiques, de la planification, des rapports et des relations internationales, DGMIMU (ASPC)
ECP
Électrophorèse en champ pulsé
FPT
Fédéral-provincial-territorial
GTI
Gestion/technologie de l'information
LNM
Laboratoire national de microbiologie (ASPC)
MHC
Médecin hygiéniste en chef (PT)
MSSLD
Ministre de la santé et des soins de longue durée (Ontario)
PE
Protocole d'entente
PRITIOA
Protocole de résolution des incidences de toxico-infections d'origine alimentaire
PT
Provincial-territorial
RCRSP
Réseau canadien de renseignements sur la santé publique
RH
Ressources humaines
RLSPC
Réseau des laboratoires de santé publique du Canada
RSP
Réseau de santé publique (Conseil pancanadien)
SC
Santé Canada
SCI
Structure de commandement des incidents
SM
Sous-ministre
SMA
Sous-ministre adjoint
SRL
Service de référence pour la listériose (exploité conjointement par Santé Canada et l'ASPC)
SVC
Système de vérification de la conformité (ACIA)
TB
Tuberculose
VIH/sida
Virus d'immunodéficience humaine/syndrome d'immunodéficience acquise

7. Chronologie des mesures fédérales prises lors de l'éclosion de listériose

Le jeudi 10 juillet

Dans le cadre de ses activités régulières, le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l'Agence de santé publique du Canada (ASPC) à Winnipeg reçoit plusieurs isolats humains de Listeria monocytogenes (L. mono)du ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario (MSSLDO) à des fins d'analyse des empreintes génétiques.Note de bas de page 14

Le vendredi 18 juillet

Le LNM de l'ASPC trouve que deux isolats provenant du MSSLD de l'Ontario ont des empreintes génétiques identiques. Le LNM communique les résultats au MSSLD de l'Ontario. Les empreintes génétiques sont affichées sur PulseNet, une base de données nationale commune pour les laboratoires. La base de données permet de comparer et de mettre en commun rapidement les empreintes génétiques de bactéries à la grandeur du Canada.

Le LNM continue de recevoir des isolats de routine de L. mono des laboratoires provinciaux de santé publique tout au long du mois de juillet.

Le jeudi 24 juillet

Le Bureau des dangers microbiens de Santé Canada (BDMSC) à Ottawa reçoit du Bureau de la santé publique de Toronto (BSPT), dans le cadre de ses activités régulières, onze échantillons d'aliments.

Le mardi 29 juillet

Le MSSLD de l'Ontario avise le Centre des maladies infectieuses d'origine alimentaire, environnementale et zoonotique (CMIOAEZ) de l'ASPC d'un nombre de cas de listériose supérieur à la moyenne. L'Ontario émet une alerte à l'intention des services de santé publique du Canada par le truchement du Réseau canadien de renseignements sur la santé publique (RCRSP)Note de bas de page 15. Le LNM de l'ASPC fournit l'analyse des empreintes génétiques de 20 cas de listériose couvrant les trois mois précédents au Canada et verse l'information dans PulseNet. À ce moment, aucune autre information n'est disponible et les enquêtes des services de santé publique locaux se poursuivent en Ontario.

Le mercredi 30 juillet

Le CMIOAEZ de l'ASPC, le MSSLD de l'Ontario et les services de santé publique de l'Ontario participent à une téléconférence sur des questions techniques. À cette date, il n'y a aucune grappe de listériose renfermant la même empreinte génétique.
Néanmoins, on demande aux unités locales de santé publique de l'Ontario d'envoyer au LNM des isolats de L. mono provenant de cas humains par l'intermédiaire de leurs laboratoires provinciaux pour d'autres analyses des empreintes génétiques. L'Ontario conserve la responsabilité du dossier, avec le soutien des ministères et organismes fédéraux.

Du 30 juillet au 5 août, le LNM de l'ASPC continue d'analyser d'autres isolats humains de L. mono qui sont envoyés de routine par les laboratoires provinciaux pendant cette période. Le BDMSC reçoit et analyse aussi des échantillons et des isolats d'aliments pendant cette période.

Le mardi 5 août

Le CMIOAEZ de l'ASPC communique avec le MSSLD de l'Ontario concernant les prélèvements et apprend qu'on continue de signaler des cas de listériose et qu'aucune source alimentaire suspecte n'a encore été retracée.

Le BDMSC avise le BSPT que trois des onze échantillons d'aliments reçus le 24 juillet ont donné des résultats positifs pour L. mono. Les analyses ont été faites dans les délais normaux (sept à dix jours) pour l'isolement de listeria dans des aliments.

Le mercredi 6 août

Le BSPT informe le Bureau régional de Toronto de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) que deux personnes souffrent de listériose au centre d'hébergement Leisureworld de Toronto. Le BSPT informe aussi l'ACIA de trois résultats positifs à L. mono signalés le 5 août, révélant la présence de L. mono dans des viandes froides servies à l'établissement Leisureworld. Les échantillons positifs provenaient de charcuteries non identifiées provenant de sandwiches servis au centre d'hébergement plus tôt au cours du mois de juillet et le BSPT dans la semaine du 21 juillet.

Le jeudi 7 août

Par suite de la notification du Bureau régional de Toronto de l'ACIA, le Bureau de la salubrité et des rappels des aliments (BSRA) de l'ACIA entreprend une enquête sur la salubrité des aliments afin de déterminer l'existence d'un danger lié à la salubrité des aliments. Le BSRA de l'ACIA demande des renseignements au BSPT et au BDMSC concernant les pratiques de prélèvement d'échantillons et la méthodologie d'analyse pour les échantillons positifs prélevés par le BSPT.

Le BDMSC informe l'ACIA que les échantillons provenant du BSPT provenaient de produits ouverts, conservés et manipulés par le personnel du centre d'hébergement dans le cadre des pratiques internes de l'établissement. Parce que les échantillons n'ont pas été prélevés dans un environnement contrôlé scientifiquement, on ne pouvait les considérer comme aseptiques – on ne pouvait éliminer la possibilité d'une contamination croisée d'autres aliments, surfaces, instruments, etc. au moment du prélèvement des échantillons. Il faudrait obtenir des échantillons positifs à l'L. mono de produits scellés pour évaluer le risque sanitaire et prendre des mesures à l'égard du produit.

En cherchant à repérer des échantillons scellés, l'ACIA reçoit du BSPT confirmation que des viandes de marque Maple Leaf ont été utilisées dans les sandwiches qui ont donné des résultats positifs à L. mono de l'établissement Leisureworld de Toronto. L'ACIA obtient les registres du fournisseur de Leisureworld Toronto, Sysco Canada, et les étudie pour déterminer quels produits de Maple Leaf ont été servis dans l'établissement.

Le vendredi 8 août

Le Bureau régional de Toronto de l'ACIA détermine que la viande utilisée dans les sandwiches échantillonnés provenait de l'usine 97B de Maple Leaf (Toronto) d'après les registres obtenus du fournisseur Sysco Canada. L'inspecteur du Programme d'hygiène des viandes de l'ACIA, responsable des inspections quotidiennes à l'usine 97B, demande aux responsables de l'usine de Maple Leaf des renseignements pour confirmer clairement l'identité du produit contaminé. Le personnel de terrain de l'ACIA entreprend la recherche de charcuteries portant le même code de produit et la même date de production que les échantillons ayant donné les résultats positifs de L. mono. Cet échantillonnage vise à établir un lien positif entre le produit de Maple Leaf et la souche de L. mono découverte dans le produit utilisé à Leisureworld Toronto et pour éliminer la possibilité d'une contamination croisée au centre d'hébergement.

Le Bureau régional de Toronto de l'ACIA communique avec Maple Leaf pour obtenir les registres de distribution du produit afin de repérer d'autres endroits où chercher le produit. Toutefois, l'ACIA n'y parvient pas puisque le bureau des ventes de Maple Leaf est fermé pour la fin de semaine. L'ACIA demande à Maple Leaf de continuer à retracer les bons de commande du produit en lui demandant de communiquer avec le coordonnateur des rappels du centre opérationnel (CRCO) de l'Ontario de l'ACIA si le produit est découvert. Le laboratoire de l'ACIA de la région du Grand Toronto est sur un pied d'alerte pour analyser le produit au cours de la fin de semaine mais Maple Leaf ne communique pas avec le CFRO.

Le lundi 11 août

L'ACIA reçoit les registres de distribution du produit de Maple Leaf, demandés le 8 août. On communique immédiatement avec les trois plus grands distributeurs du produit mais aucun d'eux n'a en sa possession des échantillons des codes du produit Maple Leaf sous enquête. L'équipe du CSRO de l'ACIA pour l'Ontario élargit la recherche en communiquant avec d'autres établissements de la chaîne Leisureworld afin de déterminer s'ils ont en leur possession le produit sous enquête.

Le mardi 12 août

Le personnel du CRCO de l'ACIA pour l'Ontario repère un paquet scellé du produit Maple Leaf, portant une date de péremption qui le classerait parmi les produits d'intérêt possible, dans un établissement de Leisureworld à Mississauga. Le personnel du Bureau régional de Toronto de l'ACIA prélève un échantillon de ce produit à des fins d'analyse pour déterminer si le produit contient la bactérie L. mono et pourrait être lié à la production à l'usine 97B de Maple Leaf, ce qui éliminerait la possibilité d'une contamination croisée à l'établissement Leisureworld de Mississauga.

Le Service de santé de la région de Halton informe l'ACIA de deux autres cas de listériose chez des patients hospitalisés au Joseph Brant Memorial Hospital de Burlington et des résultats d'analyses effectuées sur deux échantillons de charcuterie Maple Leaf servie à l'hôpital qui ont révélé la présence de L. mono. Toutefois, le Service de santé de la région de Halton rapporte que les deux patients n'ont pas mangé de charcuterie à l'hôpital et que les échantillons prélevés par le Service de santé de la région de Halton ne renfermaient pas de renseignements cruciaux établissant un lien avec les codes du produit sous enquête. Puisqu'aucun lien scientifique n'est établi entre les cas à l'établissement Leisureworld de Toronto et au Joseph Brant Memorial Hospital, l'ACIA lance une enquête distincte sur la salubrité des aliments.

Le mercredi 13 août

Des spécialistes de la salubrité des aliments de l'ACIA continuent d'examiner les registres de production et de distribution à l'usine 97B pour déterminer de façon précise la catégorie de produits (p. ex. codes de produits, dates de péremption, etc.) dans lesquels on a révélé la présence de L. mono à l'établissement Leisureworld de Toronto et au Joseph Brant Memorial Hospital. Par recoupement des codes de produits et de renseignements sur la distribution, l'équipe de l'ACIA cerne un lien possible entre les cinq échantillons de charcuterie contaminée à L. mono (trois de l'établissement de Toronto et deux du Joseph Brant Memorial Hospital) : les produits pourraient tous provenir des chaînes de production 8 et 9 de l'usine 97B de Maple Leaf.

Le BSRA de l'ACIA convoque une téléconférence avec l'ACIA, Santé Canada, le MSSLD et les unités de santé publique de l'Ontario pour passer en revue les résultats d'analyses de laboratoire et les données épidémiologiques réunis à ce jour. Le MSSLD informe les participants à la téléconférence que des unités de santé publique à Simcoe, Peterborough et Etobicoke ont signalé d'autres cas de listériose. Les enquêtes menées par ces unités de santé publique ont identifié des produits de la marque Maple Leaf comme une source possible des maladies.

Le Laboratoire de Santé Canada informe le CMIOAEZ de l'ASPC et l'ACIA que cinq échantillons prélevés sur des paquets ouverts ramassés par des responsables de la santé publique (nouvelle analyse des trois échantillons reçus le 24 juillet de Leisureworld Toronto et analyse de deux autres échantillons reçus le 1er août de l'hôpital) sont de la même souche que ceux trouvés dans les isolats humains identifiés par PulseNet Canada. Les isolats provenant des cas humains déclarés par le Joseph Brant Memorial Hospital sont aussi de la même souche.

L'information fournie dans cette téléconférence (c.-à-d. le fait qu'il y avait eu des analyses sur des échantillons provenant de paquets ouverts et l'absence de preuve d'une exposition des patients au produit contaminé) était insuffisante pour prouver que le produit était contaminé à la source de production. Il était impossible d'établir un lien scientifique définitif entre un produit particulier de Maple Leaf et les cas de listériose d'après les données scientifique disponibles à ce moment.

Les données épidémiologiques communiquées à l'ASPC à cette date par les différentes parties prenant part à l'enquête ne révélaient pas clairement un lien entre les maladies déclarées et les produits Maple Leaf. Tous les participants à la conférence s'entendaient pour dire qu'il fallait obtenir plus d'information sur le danger et l'exposition avant que Santé Canada ou l'ACIA puisse entreprendre une évaluation du risque aboutissant à un rappel. Aucun membre des groupes participants ne jugeait pertinent d'émettre un avis public ou un rappel.

Le LNM de l'ASPC avise les laboratoires à la grandeur du Canada, par le truchement de PulseNet, que les empreintes génétiques révèlent une concentration de cas d'une souche similaire dans plus d'une province. Le LNM de l'ASPC informe le CMIOAEZ de l'ASPC de la découverte en C.-B. et en Alberta d'isolat de L. mono qui correspondent à la souche de l'éclosion en Ontario. En réaction à cette information, le CMIOAEZ de l'ASPC communique avec la C.-B. et l'Alberta pour demander des renseignements épidémiologiques sur ces deux cas concordants. Il est déterminé que le cas signalé par l'Alberta est un résident de la Saskatchewan.Un plan d'échantillonnage à grande échelle est mis au point pour couvrir tous les produits de la marque Sure Slice (portant des dates de péremption du 1er août au 30 septembre) produits sur les deux chaînes de production suspectes de Maple Leaf. Ce plan est transmis au Bureau régional de Toronto (CRCO) pour être distribué à l'ACIA, au MSSLD et aux unités de santé publique. L'ACIA procède à l'échantillonnage avec l'aide des unités de santé publique de l'Ontario au cours des deux journées suivantes.

Le jeudi 14 août

Le personnel régional de l'ACIA et les unités de santé publique de l'Ontario prélèvent des échantillons de produits Sure Slice de Maple Leaf à différents endroits en Ontario au cours des deux journées suivantes et les acheminent au laboratoire de la Région du grand Toronto de l'ACIA pour analyse.

Les téléconférences pilotées par l'ACIA se poursuivent avec l'ASPC, Santé Canada, le MSSLD et les unités de santé publique pour mettre en commun les renseignements. L'ACIA explique les progrès relatifs à l'exécution du plan d'échantillonnage destiné à prélever des échantillons des produits Sure Slice pour les acheminer au laboratoire de l'ACIA de la Région du grand Toronto. Aucun des représentants des groupes participant ne juge nécessaire d'aviser le public ou de faire un rappel.

Le CMIOAEZ de l'ASPC fait un suivi auprès de la Saskatchewan sur son cas. Une alerte de santé publique est rédigée et un questionnaire est préparé pour faciliter la normalisation de la collecte de données interprovinciale.

Le vendredi 15 août

L'ASPC assume le rôle de coordination principal dans l'enquête épidémiologique sur l'éclosion de listériose, en accord avec le Protocole de résolution des incidences de toxico-infections d'origine alimentaire, puisqu'il est devenu évident que les infections sont réparties à l'échelle nationale. Cela nécessite la normalisation de la collecte de données, la centralisation des données pour permettre la déclaration et l'analyse de cas à l'échelle nationale pour repérer des liens entre les cas survenant dans différentes provinces. L'ASPC émet une alerte de santé publique pour demander à toutes les unités de santé publique d'utiliser un questionnaire normalisé pour collecter des renseignements sur les patients infectés par la souche de L. mono de l'éclosion.

L'ACIA et les unités de santé publique de l'Ontario continuent de collecter des échantillons de produits Sure Slice et de les acheminer au laboratoire de l'ACIA de la Région du grand Toronto pour détecter la bactérie L. mono.

Les téléconférences pilotées par l'ACIA se poursuivent avec l'ASPC, Santé Canada, le MSSLD et les unités de santé publique pour mettre en commun les renseignements. Aucun des représentants des groupes participant ne juge nécessaire d'aviser le public ou de faire un rappel.

Le samedi 16 août

À 17 h, le laboratoire de l'ACIA de la Région du grand Toronto confirme un résultat positif pour L. mono dans un échantillon prélevé d'un paquet scellé de rôti Sure Slice de Maple Leaf ramassé le 12 août à l'établissement Leisureworld de Mississauga et produit dans l'usine 97B. Les spécialistes de l'évaluation du risque technique de l'ACIA amorcent immédiatement une évaluation des données afin de déterminer le risque lié aux produits. L'évaluation détermine que le rôti et le bœuf salé Sure Slice (le dernier ayant été produit sur la même chaîne de production à l'usine 97B immédiatement après le rôti) satisfait aux critères énoncés par Santé Canada à l'égard d'un « risque pour la santé de catégorie 1 » (c.-à-d. les situations où l'on a toutes les raisons de croire que l'utilisation ou le contact d'un produit non-conforme entraînera des conséquences graves pour la santé ou la mort).

L'ACIA prépare un avis de danger pour la santé destiné au grand public et fournit des renseignements à Maple Leaf pour amorcer un rappel volontaire de deux codes de produits particuliers des produits de viande de rôti et de bœuf salé Sure Slice le dimanche 17 août.

Le dimanche 17 août

À deux heures, l'ACIA émet un avis de danger pour la santé pour aviser le grand public de ne pas consommer ni servir certains produits Sure Slice (rôti et bœuf salé) de Maple Leaf.

La société Aliments Maple Leaf publie un communiqué de presse pour annoncer le rappel volontaire de certains produits de viande de rôti et de bœuf salé vendus sous le nom Sure Slice.

Le lundi 18 août

Des données épidémiologiques se rapportant au cas de la Colombie-Britannique établissent un lien potentiel avec les cas en Ontario.

Les téléconférences convoquées par l'ACIA se poursuivent avec l'ASPC, Santé Canada, le MSSLD et les unités de santé publique pour mettre en commun les renseignements sur le rappel des produits Maple Leaf. L'ASPC préside la portion de la téléconférence portant sur les données épidémiologiques.

Le mardi 19 août

Les téléconférences convoquées par l'ACIA se poursuivent avec l'ASPC, Santé Canada, le MSSLD et les unités de santé publique pour mettre en commun les renseignements. L'ASPC préside la portion de la téléconférence portant sur l'enquête épidémiologique.

À 11 h, le laboratoire de l'ACIA de la Région du grand Toronto rapporte deux autres résultats positifs d'échantillons de produits Maple Leaf fabriqués sur la chaîne 9 à l'usine 97B. Ces échantillons font partie des échantillons prélevés les 14 et 15 août par l'ACIA et différentes unités de santé publique de l'Ontario. Les résultats positifs proviennent de produits Maple Leaf (Sure Slice) non visés par le rappel du 17 août (dates de péremption différentes de celles des produits rappelés le 17 août). Santé Canada, avec l'appui de l'ASPC, demande immédiatement aux spécialistes de l'évaluation du risque technique de l'ACIA d'évaluer le risque pour la santé de tous les produits de viande Sure Slice de Maple Leaf fabriqués sur les chaînes 8 et 9 de l'usine 97B. L'évaluation est achevée au cours de la journée. Elle détermine que les produits Sure Slice fabriqués dans l'établissement 97B satisfont aux critères établis par Santé Canada à l'égard des précautions à prendre par rapport à un « risque pour la santé de catégorie 1 ».

À 18 h, Maple Leaf accepte de rappeler volontairement tous les produits fabriqués sur les chaînes touchées. L'ACIA et Maple Leaf collaborent pour dresser la liste des 23 produits et codes (marque Sure Slice et autres produits) qui ont été fabriqués sur les deux chaînes de production.

L'évaluation du risque pour la santé est faite par Santé Canada avec l'appui de l'ASPC ce même soir. L'évaluation détermine que les produits Sure Slice fabriqués dans l'établissement 97B satisfont aux critères établis par Santé Canada à l'égard des précautions à prendre par rapport à un « risque pour la santé de catégorie 1 ».

Le BSRA de l'ACIA communique à Maple Leaf les résultats de l'évaluation du risque.

Le BSRA de l'ACIA émet un avis de danger pour la santé informant le grand public de ne pas servir ni consommer les 23 produits fabriqués sur les chaînes 8 et 9 de l'usine 97B. L'avis de danger pour la santé indique que ces échantillons positifs ont été prélevés dans le cadre d'une enquête en cours, mais on souligne que le LNM de l'ASPC n'a établi aucun lien entre les produits rappelés et les maladies déclarées et que l'enquête sur la source des cas de listériose se poursuivait. Le communiqué de presse donne le nom d'une personne-ressource de l'ASPC à qui les demandes de renseignements sur l'enquête épidémiologique devraient être adressées.

Le mercredi 20 août

Maple Leaf émet un communiqué de presse pour annoncer l'avis de rappel des 23 produits. Le Programme d'inspection des viandes de l'ACIA exige que Maple Leaf mette en œuvre un protocole de retenue et d'analyse en vertu duquel aucun produit de viande fabriqué à l'usine 97B ne sera mis en vente avant que les résultats d'analyse ne soient négatifs pour L. mono. Maple Leaf suspend toute la production à l'usine 97B.

Avec l'aide des unités de santé publique de l'Ontario, des fonctionnaires de l'ACIA entreprennent des contrôles de l'efficacité des rappels afin de confirmer le retrait des produits rappelés du marché. Les hôpitaux, les centres d'hébergement et les épiciers indépendants sont soumis à un processus de vérification renforcé (taux de vérification de 100 %) tandis que les magasins de chaînes de distribution au détail sont soumis à des contrôles de l'efficacité du rappel à un taux normal de vérificationNote de bas de page 16.

L'ACIA commence à recevoir des demandes de renseignements des médias sur les rappels. Entre le 20 août et le 30 août, le BSRA de l'ACIA répond à plus de 200 demandes de réseaux de télévision, de stations de radio et de journaux locaux et nationaux.

L'ASPC émet une déclaration de l'administrateur en chef de la santé publique dans laquelle il informe les Canadiens de l'enquête de santé publique.

Le BDMSC reçoit trois isolats pour analyse d'empreintes génétiques du bureau régional de l'ACIA dans la Région du grand Toronto.

Les téléconférences convoquées par l'ACIA se poursuivent avec l'ASPC, Santé Canada, le MSSLD et les unités de santé publique pour mettre en commun les renseignements. L'ASPC préside la portion de la téléconférence portant sur l'enquête épidémiologique.

Le jeudi 21 août

L'ASPC demande à l'ensemble des provinces et des territoires de passer en revue tous les cas de listériose à partir du 1er août 2008.

L'ACIA émet un avis destiné aux organes de presse pour garantir que les médias communiquent correctement les codes des produits rappelés, après avoir appris que les médias omettaient des détails importants sur les produits touchés.

Les laboratoires de l'ACIA et de Santé Canada continent à analyser les produits rappelés et les résultats révèlent qu'un grand nombre d'échantillons sont positifs. Les taux de contamination et les empreintes génétiques ne sont pas disponibles à cette date.

Maple Leaf poursuit ses efforts à l'usine 97B pour déterminer la cause de la contamination.

L'ACIA élabore un plan d'échantillonnage, de concert avec Santé Canada, pour les produits fabriqués sur d'autres chaînes de l'usine 97B.

Le vendredi 22 août

L'ASPC active son centre des opérations d'urgence au niveau 2 (vigilance accrue).

ASPC, Santé Canada et l'ACIA tiennent une conférence de presse conjointe à Ottawa pour informer le public de l'enquête sur la salubrité des aliments et répondre aux questions des médias.

Santé Canada exécute une évaluation du risque pour la santé des produits (outre les produits Sure Slice évalués le 19 août) fabriqués sur les chaînes 8 et 9 qui ont été rappelés par Maple Leaf le 20 août. L'évaluation détermine que ces produits satisfont aux critères établis par Santé Canada à l'égard d'un « risque pour la santé de catégorie 2 » (c.-à-d. une situation dans laquelle l'utilisation d'un produit, ou l'exposition à ce celui-ci, peut entraîner des conséquences indésirables temporaires pour la santé, ou dans laquelle la probabilité de conséquences indésirables graves pour la santé est faible).

L'ACIA et Royal Touch Foods émettent un avis de danger pour la santé pour avertir le public de ne pas servir ni consommer le sandwich Reuben Shopsy's deli-fresh Classic parce que le produit renferme du bœuf salé Maple Leaf qui peut être contaminé à L. mono.

Les téléconférences quotidiennes convoquées par l'ACIA se poursuivent avec l'ASPC, Santé Canada, le MSSLD et les unités de santé publique de l'Ontario pour mettre en commun l'information. L'ASPC préside la portion de la téléconférence portant sur l'enquête épidémiologique.

Le samedi 23 août

En se fondant sur des renseignements supplémentaires reçus de l'usine 97B, Santé Canada relève l'évaluation de risque pour la santé émise le 22 août (au sujet des produits fabriqués sur les chaînes 8 et 9, outre les produits Sure Slice évalués le 19 août) d'un « risque pour la santé de catégorie 2 » à un « risque pour la santé de catégorie 1 ».

Le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire tient une conférence de presse à Ottawa pour annoncer que les analyses génétiques exécutées par le laboratoire de salubrité des aliments de Santé Canada sur les produits Maple Leaf rappelés montrent que deux échantillons sur trois étaient contaminés de la même souche de L. mono de l'éclosion. Le troisième échantillon est presque identique à la souche de l'éclosion, mais présente une légère variance. Les résultats sont communiqués au LNM de l'ASPC pour comparer les empreintes génétiques des échantillons humains analysés.

Maple Leaf tient une conférence de presse pour réagir à la déclaration de l'ASPC selon laquelle l'éclosion est liée à l'usine 97B. La société annonce qu'elle a décidé d'étendre volontairement son rappel à tous les produits fabriqués dans cette usine, en insistant sur l'absence de preuve de contamination au-delà des chaînes de production 8 et 9.

Le LNM de l'ASPC reçoit 15 isolats de L. mono (en deux endroits) prélevés sur des échantillons de produits de viande scellés du laboratoire de l'ACIA à des fins d'analyse des empreintes génétiques. Ils ont été envoyés au LNM de l'ASPC plutôt qu'au BDMSC à cause de problèmes de capacité et en accord avec le protocole d'entente conclu entre le LNM de l'ASPC et le BDMSC.

L'ACIA demande à Santé Canada d'évaluer le risque pour la santé sur l'ensemble de la production de l'usine 97B de Maple Leaf. Au cours des communications régulières qu'entretiennent l'ACIA et Maple Leaf ce jour-là, l'ACIA informe Maple Leaf du lancement de cette évaluation.

Le dimanche 24 août

Santé Canada répond à la demande d'évaluation du risque pour la santé, en indiquant que tous les produits fabriqués dans l'usine 97B satisfont aux critères établis à l'égard ‘un « risque pour la santé de catégorie 1 ».

L'ACIA émet un avis de danger pour la santé élargi pour mettre en garde le public de ne pas servir ni consommer de produits de viande fabriqués à l'usine 97B parce que ces produits peuvent être contaminés à L. mono.

Maple Leaf émet un deuxième communiqué de presse au sujet du rappel volontaire de tous les produits fabriqués à l'usine 97B et affiche la liste des produits concernés sur son site Internet.
Le ministre de la Santé tient une conférence de presse au cours de laquelle les spécialistes techniques, porte-parole pour l'ACIA, l'ASPC et Santé Canada, répondent à des questions sur l'éclosion et le rappel.

L'ACIA indique que certains produits fabriqués à l'usine 97B ont été expédiés à une autre usine de Maple Leaf à Laval (Québec) dans le cadre d'un processus de transfert de travaux en cours entre usines. Le BSRA de l'ACIA entreprend une enquête secondaire sur la salubrité des aliments à cette usine, l'usine 271B.

Le lundi 25 août

L'ACIA et Lucerne Foods émettent un avis de danger pour la santé mettant le grand public en garde de ne pas servir ni consommer certains sandwiches des marques Safeway et Take Away Café parce que ces produits renferment l'un des produits Maple Leaf rappelés qui peuvent être contaminés à L. mono. Cet avis fait partie de plus de 20 rappels secondaires de produits liés aux rappels des produits fabriqués à l'usine 97, émis par l'ACIA entre le 25 août et le 5 septembre (annexe un).

L'ACIA continue de faire des contrôles de l'efficacité du rappel afin de confirmer que tous les produits rappelés ont été retirés du  marché. Environ 29 000 contrôles sont effectués du 20 août au 14 septembre.

Le MSSLD modifie sa méthodologie de déclaration de manière à inclure tous les décès parmi les cas de listériose liés à l'éclosion et ceux ayant la listériose comme cause de décès sous-jacente. L'ASPC rapporte maintenant publiquement douze décès (onze en Ontario et un en C.-B.) dus à l'éclosion de L. mono.

Le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire Canada tient une conférence de presse pour parler de l'éclosion. Des spécialistes techniques, porte-parole de l'ACIA, de l'ASPC et de Santé Canada, répondent aux questions.

L'ASPC assume la responsabilité d'organiser une téléconférence réunissant tous les responsables provinciaux et territoriaux de la santé publique et de la santé environnementale et les partenaires fédéraux de la salubrité des aliments (Santé Canada et l'ACIA) pour parler de l'enquête épidémiologique et environnementale. L'ASPC prépare un bref rapport épidémiologique et le distribue aux provinces et aux territoires ainsi qu'aux partenaires clés.

Une dernière téléconférence animée par l'ACIA réunit Santé Canada, le MSSLD et les unités de santé publique de l'Ontario pour mettre en commun l'information.

Dans une conférence de presse, des spécialistes techniques, porte-parole de l'ACIA, de l'ASPC et de Santé Canada, répondent aux questions sur l'éclosion et le rappel.

Le mardi 26 août

L'enquête des fonctionnaires de la santé publique sur les cas de listériose se poursuit, mais le nombre de cas confirmés change par suite des résultats d'analyses de laboratoire pour des cas suspects. Le nombre de cas de listériose confirmés liés à la souche de l'éclosion s'établit à 29, dont 15 décès.

L'ASPC prépare un bref rapport épidémiologique à jour et le distribue aux provinces et aux territoires ainsi qu'aux partenaires clés.

Le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire Canada tient une conférence de presse pour parler de l'éclosion. Des spécialistes techniques, porte-parole de l'ACIA, de l'ASPC et de Santé Canada, répondent aux questions.

L'ASPC organise une téléconférence avec le Conseil des médecins hygiénistes en chef et l'ACIA pour parler de l'enquête épidémiologique et d'autres mesures de santé publique, dont les lignes directrices relatives aux analyses pour la listériose.

L'ACIA demande à Santé Canada une évaluation du risque pour la santé de produits transformés par d'autres établissements de transformation des aliments, utilisant soit des produits de viande Maple Leaf rappelés ou des produits de viande fabriqués à l'aide du même équipement que celui utilisé dans l'usine 97B de Maple Leaf. Au cours des jours suivants, l'ACIA et Santé Canada s'emploient à préciser les catégories de produits à évaluer.

Du 26 au 31 août, le LNM de l'ASPC signale au BSRA de l'ACIA que 42 des 44 isolats rappelés (provenant des échantillons prélevés par l'ACIA et les unités de santé publique de l'Ontario les 14 et 15 août) soumis entre le 23 et le 27 août ont le profil de l'éclosion.

Le LNM de l'ASPC communique les résultats de l'un des 15 isolats de L. mono de l'ACIA provenant d'emballages scellés, soumis au LNM le 23 août. L'isolat L. mono correspond à l'empreinte génétique du produit provenant de l'usine 97B de Maple Leaf.

Le LNM de l'ASPC continue de recevoir des prélèvements et d'analyser les empreintes génétiques de tous les cas suspects. Le LNM continue de communiquer ses résultats aux provinces et aux territoires.

L'ASPC continue de tenir des téléconférences quotidiennes avec ses collègues PT, Santé Canada et l'ACIA pour mettre en commun l'information.

Le mercredi 27 août

Le nombre de cas confirmés ou de décès reste le même.

D'autres rappels secondaires visent à saisir la distribution étendue des viandes rappelées de Maple Leaf. Les rappels secondaires concernent des produits de viande transformés utilisant la viande produite à l'usine 97B de Maple Leaf (p. ex. des sandwiches préemballés) (voir l'annexe un).

Du 27 août au 18 septembre, Santé Canada continue de recevoir et d'analyser des échantillons alimentaires et environnementaux pour détecter L. mono.

Le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire Canada tient une conférence de presse pour parler de l'éclosion. Des spécialistes techniques, porte-parole de l'ACIA, de l'ASPC et de Santé Canada, répondent aux questions.

L'ACSP participe à une entrevue à l'émission National de CTV.

Le document Votre santé et vous de Santé Canada sur Listeria est légèrement modifié et affiché de nouveau sur le site Internet.

Le LNM de l'ASPC communique les résultats des 14 derniers isolats de L. mono provenant des 15 échantillons de produits scellés soumis au LNM le 23 août. L. mono concorde avec l'empreinte génétique du produit rappelé de l'usine 97B de Maple Leaf.

Le LNM de l'ASPC reçoit 29 autres isolats de L. mono provenant d'échantillons de produis de viande scellés du laboratoire de l'ACIA à des fins d'analyse des empreintes génétiques.

L'ASPC continue de tenir des téléconférences quotidiennes avec ses collègues PT, Santé Canada et l'ACIA pour mettre en commun l'information.

Le jeudi 28 août

Le nombre de cas confirmés ou de décès reste le même.

L'évaluation du risque pour la santé faite par Santé Canada révèle que les produits transformés par d'autres établissements qui contiennent des produits de viande Maple Leaf rappelés satisfont aux critères du « risque pour la santé de catégorie 1 ».

Le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire Canada tient une conférence de presse pour parler de l'éclosion. Des spécialistes techniques, porte-parole de l'ACIA, de l'ASPC et de Santé Canada, répondent aux questions.

Une vidéo de l'ACSP est versée dans le site Internet de l'ASPC et sur You Tube.

L'ACSP accorde une entrevue à Canada AM.

Les rappels secondaires de produits utilisant des produits de viande fabriqués à l'usine 97B de Maple Leaf se poursuivent.

L'ACIA, Santé Canada et l'ASPC discutent de l'enquête environnementale à l'usine de Maple Leaf, des problèmes de personnel et de l'analyse de produits alimentaires associés à l'usine 97B.

Maple Leaf soumet à l'examen et à l'approbation de l'ACIA un plan de mesures correctives pour régler les déficiences recensées par l'équipe d'enquêteurs de l'ACIA.

Le LNM de l'ASPC tient une téléconférence avec le Réseau des laboratoires de santé publique du Canada (RLSPC), y compris des représentants PT, pour parler de points comme les pratiques de laboratoire relatives à L. mono. Le LNM convoque un comité d'experts pour examiner les lignes directrices relatives aux analyses de laboratoire visant L. mono.

L'ASPC continue de tenir des téléconférences quotidiennes avec ses collègues PT, Santé Canada et l'ACIA pour mettre en commun l'information.

Le vendredi 29 août

Le nombre de cas confirmés ou de décès reste le même.

Le LNM de l'ASPC tient une téléconférence avec les médecins hygiénistes en chef des provinces et des territoires pour mettre la dernière main aux lignes directrices relatives aux analyses de laboratoire des prélèvements cliniques pour L. mono et discuter des recommandations relatives au dépistage dans les populations à risque et le grand public. Les résultats de cette discussion sont diffusés au sein du milieu clinique. Les lignes directrices sont affichées dans le site Web de l'ASPC le soir du 29 août.

Le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire Canada tient une conférence de presse pour parler de l'éclosion. Des spécialistes techniques, porte-parole de l'ACIA, de l'ASPC et de Santé Canada, répondent aux questions.

Des avis de santé publique sont publiés dans 123 quotidiens canadiens entre le 29 août et le 1er septembre.

Les rappels secondaires se poursuivent pour saisir la distribution élargie de produits utilisant des produits de viande fabriqués à l'usine 97B de Maple Leaf.

L'ASPC met à jour un bref rapport épidémiologique et le distribue aux provinces, aux territoires et aux principaux partenaires.

L'ASPC continue de tenir des téléconférences quotidiennes avec ses collègues PT, Santé Canada et l'ACIA pour mettre en commun l'information.

Le samedi 30 août

Le nombre de cas de listériose confirmés s'établit à 31, dont 16 décès liés à la souche de l'éclosion.

Le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire Canada tient une conférence de presse pour parler de l'éclosion. Des spécialistes techniques, porte-parole de l'ACIA, de l'ASPC et de Santé Canada, répondent aux questions.

L'ACSP accorde une entrevue au Toronto Star.

La fiche d'information Listériose – Protéger votre grossesse est versée dans le site Internet de l'ASPC et distribuée aux listes de diffusion de l'Agence et à des organismes nationaux comme la Société des obstétriciens et gynécologues et la Société canadienne de pédiatrie qui la distribuent à leurs listes de diffusion.

Le LNM de l'ASPC communique les résultats de quatre des 29 isolats de L. mono provenant d'échantillons alimentaires scellés que l'ACIA a soumis au LNM le 27 août. Leur empreinte génétique est identique à celle de l'éclosion.

Le dimanche 31 août

Le nombre de cas de listériose confirmés s'établit à 33, dont 17 décès liés à la souche de l'éclosion.

Le LNM de l'ASPC communique les résultats des 25 derniers isolats sur les 29 isolats de L. mono provenant d'échantillons alimentaires scellés que l'ACIA a soumis au LNM le 27 août. Vingt-trois isolats correspondent à l'empreinte génétique de l'éclosion et deux isolats sont d'une espèce de Listeria différente (empreinte génétique différente).

Le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire Canada tient une conférence de presse pour parler de l'éclosion. Des spécialistes techniques, porte-parole de l'ACIA, de l'ASPC et de Santé Canada, répondent aux questions.

Le lundi 1er septembre

Le nombre de cas de listériose confirmés s'établit à 38, dont 19 décès liés à la souche de l'éclosion.

L'ASPC prépare un bref rapport épidémiologique à jour et le distribue aux provinces et aux territoires ainsi qu'aux partenaires clés.

Le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire Canada tient une conférence de presse pour parler de l'éclosion. Des spécialistes techniques, porte-parole de l'ACIA, de l'ASPC et de Santé Canada, répondent aux questions.

Le mardi 2 septembre

Le nombre de cas confirmés ou de décès reste le même.

L'ASPC continue de tenir des téléconférences quotidiennes avec ses collègues PT, Santé Canada et l'ACIA pour mettre en commun l'information.

Le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire Canada tient une conférence de presse pour parler de l'éclosion de listériose et de l'enquête. L'administrateur en chef de la santé publique et les cadres supérieurs de Santé Canada et de l'ACIA participent à la conférence de presse pour faire le point et répondre aux questions.

Le mercredi 3 septembre

Le nombre de cas confirmés ou de décès reste le même.

Téléconférence avec Santé Canada, l'ACIA et le LNM de l'ASPC pour parler de l'enquête environnementale à l'usine 97B de Maple Leaf.

Téléconférence entre les responsables du laboratoire de l'ACIA et du LNM de l'ASPC pour parler des résultats des analyses de laboratoire.

L'ASPC continue de tenir des téléconférences quotidiennes avec ses collègues PT, Santé Canada et l'ACIA pour mettre en commun l'information.

Dans une conférence de presse en direct, le Premier ministre réclame une enquête indépendante sur l'éclosion de listériose.

Le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire Canada tient une conférence de presse pour parler de l'éclosion de listériose et de l'enquête. L'administrateur en chef de la santé publique et les cadres supérieurs de Santé Canada et de l'ACIA participent à la conférence de presse pour faire le point et répondre aux questions.

Le jeudi 4 septembre

Le nombre de cas confirmés ou de décès reste le même.

Téléconférence avec le Conseil des médecins hygiénistes en chef et l'administrateur en chef de la santé publique. Il aborde des questions stratégiques, des recommandations aux consommateurs et des avis de santé publique.

Le LNM de l'ASPC tient une séance d'information technique à l'intention des médias.
L'ASPC continue de tenir des téléconférences quotidiennes avec ses collègues PT, Santé Canada et l'ACIA pour mettre en commun l'information.

L'ASPC tient une séance d'information technique sur les systèmes de surveillance employés pour détecter et suivre Listeria et d'autres agents pathogènes d'origine alimentaire.

Le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire Canada tient une conférence de presse pour parler de l'éclosion. Des spécialistes techniques, porte-parole de l'ACIA, de l'ASPC et de Santé Canada, répondent aux questions.

La fiche d'information Listériose – Protéger la santé des personnes âgée est versée dans le site Internet de l'ASPC et distribuée à des organismes de l'âge d'or et des associations de soins à domicile ainsi qu'au Congrès sur le vieillissement et les personnes âgées tenu à Montréal.

Le vendredi 5 septembre

Le nombre de cas confirmés ou de décès reste le même.

L'ASPC continue de tenir des téléconférences quotidiennes avec ses collègues PT, Santé Canada et l'ACIA pour mettre en commun l'information.

L'ACIA émet un avis aux exploitants d'établissements sous réglementation fédérale qui transforment des produits de viande prêts à manger pour qu'ils veillent à démonter complètement et nettoyer les trancheuses à viande, prélever des échantillons environnementaux pour détecter la présence de Listeria et revoir leurs pratiques de nettoyage et de désinfection avec l'inspecteur de l'ACIA pour garantir que les trancheuses à viande sont bien stérilisées. L'avis demande aussi aux exploitants d'informer l'inspecteur de l'ACIA de tous les détails concernant les activités requises et les résultats d'analyse. Des tâches liées au SVC (pour la stérilisation du matériel utilisé pour trancher la viande) sont confiées aux inspecteurs de l'ACIA le 9 septembre 2008.

Le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire Canada tient une conférence de presse pour parler de l'éclosion. Des spécialistes techniques, porte-parole de l'ACIA, de l'ASPC et de Santé Canada, répondent aux questions.

Le samedi 6 septembre

Le nombre de cas confirmés ou de décès reste le même.

L'ASPC continue de tenir des téléconférences quotidiennes avec ses collègues PT, Santé Canada et l'ACIA pour mettre en commun l'information.

Le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire Canada tient une conférence de presse pour parler de l'éclosion. Des spécialistes techniques, porte-parole de l'ACIA, de l'ASPC et de Santé Canada, répondent aux questions.

Le Premier ministre Harper annonce une enquête sur l'éclosion de L. mono.

Le dimanche 7 septembre

Le nombre de cas confirmés ou de décès reste le même.

L'ASPC continue de tenir des téléconférences quotidiennes avec ses collègues PT, Santé Canada et l'ACIA pour mettre en commun l'information.

Le lundi 8 septembre

Le nombre de cas confirmés ou de décès reste le même.

Le Centre des opérations d'urgence de l'ASPC est désactivé (niveau 1 – préparation normale).

La fréquence des téléconférences avec les PT pour parler de l'épidémiologie de l'éclosion est réduite d'une fois par jour à une fois aux deux jours.

L'ASPC prépare un bref rapport épidémiologique à jour et le distribue aux provinces et aux territoires ainsi qu'aux partenaires clés.

L'ASPC distribue la fiche d'information intitulée Listériose – Protéger les personnes dont le système immunitaire est affaibli aux listes de diffusion pour la TB et le VIH/sida.

En prévision de la reprise de la production à l'usine 97B, l'ACIA entreprend un examen sur place d'une semaine pour évaluer la capacité de l'établissement de reprendre ses activités. Les inspecteurs de l'ACIA demandent quatre correctifs que Maple Leaf apporte par la suite.

Le LNM de l'ASPC reçoit huit isolats de L. mono prélevés dans l'environnement de transformation des aliments à l'usine 97B. (L'ACIA communique les résultats de l'analyse des empreintes génétiques de ces isolats le 18 septembre. Sept isolats sur huit correspondent à la souche de l'éclosion.)

Le mardi 16 septembre

Maple Leaf fournit au Centre opérationnel de l'Ontario de l'ACIA un résumé de son plan d'action proposé en prévision du redémarrage des opérations à l'usine 97B. Le document de Maple Leaf renferme les résultats de l'enquête que l'entreprise a menée pour déterminer la cause de la contamination à Listeria. L'enquête des Aliments Maple Leaf sur la source de la contamination n'est pas concluante mais elle fait état de cinq sources probables, dont les trancheuses de charcuterie.   

Le mercredi 17 septembre

Dans une lettre du directeur exécutif de l'ACIA pour l'Ontario, Maple Leaf reçoit l'approbation de l'ACAI pour relancer ses activités à l'usine 97B.

Une directive détaillée du gestionnaire de programme du Centre opérationnel de l'ACIA est transmise à l'inspecteur de l'ACIA responsable de l'usine 97B, ainsi que les plans d'échantillonnage et les conditions applicables à la reprise des opérations.

Après plusieurs révisions et des consultations avec Santé Canada sur les conditions applicables à la reprise des activités, l'ACIA approuve le plan de mesures correctives de Maple Leaf et l'usine 97B reprend la production le 17 septembre. La présence quotidienne d'un inspecteur de l'ACIA est maintenue dans l'usine.

Le mercredi 8 octobre

Maple Leaf informe l'ACIA que quatre échantillons de produits finaux de l'usine 97B ont révélé la présence de L. mono. Aucun des produits touchés n'a été mis en vente. Le dépistage intensifié de L. mono se poursuit dans l'usine.

Santé Canada émet une évaluation préventive de « risque pour la santé de catégorie 1 » pour les produits fabriqués dans la semaine précédant les résultats positifs. L'ACIA émet un rappel de catégorie 1 au niveau de la distribution pour garantir que le produit n'est pas offert aux consommateurs. Une évaluation du risque pour la santé subséquente menée par Santé Canada détermine que le produit ne présentait aucun risque pour la santé.

Le vendredi 17 octobre

Une évaluation du risque pour la santé menée par Santé Canada détermine que les produits fabriqués sur la chaîne 7 à l'usine 97B après le démarrage de la production en septembre (19 septembre au 7 octobre 2008) sont suspects et que, s'ils étaient distribués aux consommateurs, ils seraient réputés représenter un risque pour la santé de catégorie 1.

Le lundi 20 octobre

L'ACIA annonce que les produits de l'usine 97B ayant obtenu des résultats satisfaisants au dépistage de L. mono pouvaient être distribués. Les protocoles de retenue et d'analyse se poursuivent à l'usine 97B, tout comme la présence accrue des inspecteurs.

Annexe 1 – Rappels de produits de l'usine 97B de Maple Leaf Est. 97B liés à Listeria
Date Produit Société Primaire / secondaire Classification
17 août 2008 Rôti/bœuf salé Aliments Maple Leaf Inc. Primaire Catégorie 1 - Consommateur
19 août 2008 Produits de viande des chaînes 8 et 9 Aliments Maple Leaf Inc. Secondaire Catégorie 1 Consommateur
22 août 2008 Reuben Classic, bœuf salé Royal Touch Foods Inc. Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
24 août 2008 Tous les produits de viande Aliments Maple Leaf Inc. Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
25 août 2008 Sandwiches Atlantic Prepared Foods Limited Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
25 août 2008 Sandwiches Lucerne Foods Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
25 août 2008 Charcuteries Metro Ontario Inc. (anciennement A&P Canada) Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
27 août 2008 Sous-marins Sobey's Corporation Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
27 août 2008 Plateau de croissants/viandes et fromages Costco Wholesale Canada Ltd Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
28 août 2008 Charcuteries Delta Country Market Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
28 août 2008 Sandwiches Loblaw Brands Limited Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
28 août 2008 Sandwiches Glen Fine Foods Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
28 août 2008 Sandwiches Sobey's Corporation Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
28 août 2008 Charcuteries White House Meats Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
29 août 2008 Pizzas au pepperoni Wal Mart Secondaire Catégorie II – Détail/IRS
29 août 2008 Sandwiches Safeway Canada Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
29 août 2008 Charcuteries Country Traditions Frozen Food Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
29 août 2008 Charcuteries Metro Richelieu Inc. Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
29 août 2008 Charcuteries Coop Atlantic Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
29 août 2008 Bouts de viande froide Metro Ontario Inc. (anciennement A&P Canada) Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
29 août 2008 Sandwiches Sobey's Corporation Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
30 août 2008 Sandwiches King Bean Wholesalers Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
04 sept. 2008 Bologne Canex Retail Supermarket Secondaire Catégorie 1 - Consommateur
05 sept. 2008 Sandwiches Metro Ontario Inc. (anciennement A&P Canada) Secondaire Catégorie 1 - Consommateur

Annexe 2 – Courbe épidémiologique de la listériose (ASPC)

Agence de la santé publique du Canada. Courbe épidémiologique de la listériose. 3 octobre
Équivalent textuel - Annexe 2

ARCHIVÉ - Annexe 2 - Équivalent textuel

Annexe 2 – Courbe épidémiologique de la listériose (ASPC)
Semaine d'apparition de la maladie Nombre de personnes
18 mai 0
25 mai 0
1er juin 1
8 juin 3
15 juin 0
22 juin 2
29 juin 2
6 juillet 2
13 juillet 5
20 juillet 5
27 juillet 6
3 août 3
10 août 8
17 août 4
24 août 5
31 août 2
7 septembre 0
14 septembre 3
21 septembre 1
28 septembre 0


Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :