Le ministre Goodale adresse des remarques à l’Association canadienne des policiers (APC)

Discours

Bonjour tout le monde.

Ici, réunis sur le territoire traditionnel du peuple algonquin, j’ai le grand plaisir de vous transmettre les salutations et les meilleurs vœux du gouvernement du Canada.

Je tiens à remercier le président Stamatakis et l’Association canadienne des policiers (ACP) de m’avoir invité d’être parmi vous encore une fois cette année. Je vous remercie également de votre aide et de votre soutien continu concernant de nombreux dossiers de politique publique importants. Votre participation constructive est toujours très apprécié.

Assister à la conférence annuelle de l’ACP est un honneur!

Le travail que vos membres accomplissent quotidiennement en première ligne des services policiers partout au pays est vraiment impressionnant. Votre pays, à tous les niveaux, est profondément reconnaissant de votre service. Vous nous garder tous en sécurité.

L’année qui s’est écoulée depuis notre dernière rencontre ici a certainement été mouvementée et parfois très difficile.

Les policiers ont joué un rôle absolument essentiel pour aider les Canadiens à traverser bon nombre de moments les plus difficiles :

Il y a un an cette semaine, vous avez occupé une place importante parmi les 80 premiers répondants sur la scène de l’accident d’autobus tragique des Broncos de Humboldt, dans ma province, la Saskatchewan.

Vous avez fourni un soutien extraordinaire et hautement professionnel durant la présidence canadienne du processus du G7 l’an dernier, y compris le Sommet des leaders dans la région de Charlevoix.

Vous avez répondu avec une rapidité et une compétence incroyables à l’un des incidents les plus violents de l’histoire du Canada : l’horrible attaque meurtrière en fourgonnette le long de la rue Yonge à Toronto.

Lors d’un vendredi tragique du mois d’août dernier, deux de vos camarades se sont présentés au travail à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, mais ne sont jamais rentrés à la maison. Ils ont plutôt perdu la vie, dans des actes de bravoure indéfectibles, pour protéger leur collectivité contre un tireur de masse qui était déterminé à répandre le carnage. Le courage et la qualité de tous les membres du Service de police de Fredericton ce jour-là ont clairement réussi à éviter une catastrophe beaucoup plus grande.

Vous avez conseillé, préparé et mobilisé le Canada lorsqu’il est devenu le deuxième pays au monde à légaliser la consommation de cannabis à des fins récréatives chez les adultes et alors que nous ayons adopté des lois les plus sévères au monde sur la conduite avec facultés affaiblies.

Vous avez été parmi les premiers sur la scène lors de la « tempête du siècle », pendant que les villes d’Ottawa et de Gatineau ont été frappées par six tornades, un évènement sans précédent. Vous y étiez, pour aider les victimes à se mettre à l’abri et pour aider à atténuer le chaos.

En collaboration avec les responsables de la sécurité nationale et du renseignement, vous avez contribué à la prévention d’une tragédie à Kingston, en Ontario, en interceptant un terroriste potentiel avant que des vies ne soient mises en danger.

Et dès que vous avez su les terribles nouvelles de ce qui s’est passé à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, vos membres ont commencé de façon proactive à visiter les mosquées et à faire du porte-à-porte dans les communautés musulmanes  pour assurer leur sécurité et bâtir leur confiance…

… tout comme vous l’avez fait quelques mois plus tôt après une attaque virulente contre une synagogue à Pittsburgh qui a semé la peur et l’angoisse au sein de la communauté juive.

Ce ne sont que quelques-unes des histoires à l’échelle nationale que les Canadiens voient et entendent, et auxquelles ils réagissent. D’innombrables autres histoires existent qui n’attirent pas autant d’attention des médias.

Grâce au travail d’application de la loi, aux activités de sensibilisation, aux efforts de prévention, aux services de bienfaisance et à bien d’autres choses encore, les 160 services de police du Canada, de nos plus petites villes à nos plus grandes villes, peuvent être très fiers de leur solidarité avec les collectivités qu’ils desservent.

En tant que ministre de la Sécurité publique, je suis obligé de m’occuper de beaucoup de choses difficiles et désagréables, comme le trafic de fentanyl par les trafiquants de drogue et les terroristes qui essaient de semer le chaos. Vous le savez trop bien. Parfois, il est difficile de trouver le côté positif dans ce portefeuille.

Mais, sans aucun doute, mon association aux policiers, aux pompiers, aux ambulanciers, aux premiers répondants et aux intervenants d’urgence de toutes sortes, est de loin le meilleur aspect de ma fonction comme ministre. Je vous en remercie.

Permettez-moi de faire brièvement le point sur certaines des principales questions de politique de sécurité publique dont nous avons discuté ensemble au cours des dernières années.

Pour commencer, je suis heureux de vous informer que les projets de loi C-4 et C-7 ont tous deux été adoptés, comme promis. La loi C-4 visait à rétablir plusieurs droits fondamentaux des syndicats, y compris ceux des policiers. Le projet de loi C-7 visait à étendre ces droits, pour la première fois de l’histoire, aux membres de la GRC.

Deuxièmement, nous mettons la dernière main à une stratégie nationale visant à traiter les blessures de stress post-traumatique qui touchent de façon disproportionnée les agents de la sécurité publique. Je suis impatient d’en dire plus sur cette stratégie très bientôt, d’ici quelques jours.

Nous avons pu profiter de votre participation et de vos conseils sur ce sujet essentiel : la recherche supplémentaire nécessaire, les premiers signes précurseurs, la nécessité d’un traitement efficace et accessible, les renseignements et les outils nécessaires afin de lutter contre la stigmatisation, et la meilleure façon de permettre aux personnes de retrouver la santé, de retourner au travail et de vivre une vie réussie.

Dans les derniers budgets fédéraux, nous avons affecté plus de 50 millions de dollars aux BSPT et aux enjeux de la santé mentale touchant les agents de la sécurité publique. Une stratégie nationale complète sera accessible sous peu.

Troisièmement, au cours de la dernière année, nous avons également fait de nouveaux investissements pour mieux lutter contre la violence liée aux armes à feu et aux gangs partout au pays. Ces programmes sont en grande partie adaptés aux besoins uniques de chaque province et territoire. Au total, nous fournissons un nouveau financement de 327 millions de dollars au cours des cinq prochaines années (qui passera à 100 millions de dollars par année par la suite) en fonction de vos commentaires et de ceux des autres intervenants :

  • 8 millions de dollars pour renforcer le volet sur les gangs de jeunes dans le cadre de la Stratégie nationale pour la prévention du crime;
  • 25 millions de dollars permettront à mon ministère d’assurer la coordination, la recherche, la collecte et l’analyse des données;
  • 30 millions de dollars aideront la GRC à mieux surveiller les crimes liés aux armes à feu et les activités nuisibles comme l’achat par personne interposée;
  • 50 millions de dollars pour renforcer le travail de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) à la frontière pour lutter contre la contrebande;
  • la plus grande part, 214 millions de dollars, ira aux 13 provinces et territoires pour la prévention, l’intervention, la perturbation, l’application de la loi et les poursuites. À ce jour, des ententes de financement ont été conclues avec 11 de ces administrations et les deux autres sont presque terminées.

La flexibilité est une caractéristique nécessaire pour la sécurité du publique. Dans une collectivité particulière, le plus grand besoin pourrait être pour des services ciblés visant à éloigner les enfants des gangs ou les sortir de ce mode de vie. Dans une autre, il pourrait s’agir de programmes correctionnels ou de renforcement des services policiers, ou encore d’un travail accru en matière de poursuites. J’espère que nos partenaires provinciaux se tourneront vers vous pour obtenir de bons conseils en matière de mise en œuvre.

Notre programme des armes à feu et les gangs de rue travaille en tandem avec la nouvelle loi sur la sécurité des armes à feu du projet de loi C-71. Cette nouvelle loi accroîtra l’efficacité des vérifications des antécédents, améliorera les procédures de vérification des permis, uniformisera les bonnes pratiques d’affaires pour la tenue des dossiers commerciaux, renforcera la sécurité lorsque des armes à autorisation restreinte ou prohibée sont transportées, et éliminera les considérations politiques du système de classification.

Le Sénat doit terminer son travail sur le projet de loi C-71 ce printemps.

D’un autre côté, le budget fédéral du mois dernier a annoncé de nouveaux investissements pour lutter contre deux des plus grands défis en matière d’application de la loi de notre époque : le blanchiment d’argent et le fléau de l’exploitation sexuelle des enfants en ligne.

Alors que nous travaillons pour élaborer de nouveaux plans exhaustifs de lutte contre l’exploitation des enfants et la traite des personnes, je suis heureux de constater que ce nouveau financement contribuera à sensibiliser la population à ce problème très grave et à sa fréquence dans nos collectivités. Nous devons réduire la stigmatisation associée à la déclaration de ces crimes de la part des victimes et renforcer la capacité du Canada de sévir contre les délinquants et de les poursuivre.

En ce 1er avril, je tiens à souligner que nous célébrons maintenant le premier anniversaire du nouveau Programme de subventions commémoratif pour les premiers répondants du Canada.

Comme vous le savez, ce programme offre un paiement unique non imposable de 300 000 $ à la famille d’un premier répondant admissible qui décède en raison de ses fonctions, que ce soit un décès à cause d’une maladie professionnelle ou d’une perturbation psychologique ou un incident catastrophique.

Jusqu’à présent, nous avons appuyé plus de 19 familles en deuil, et 53 autres demandes sont en cours de traitement.

Nous apprécions le bon travail de l’ACP, qui s’assure que toutes les familles admissibles sont au courant de la subvention et la reçoivent.

Vous avez travaillé fort sur les particularités techniques du programme et à cause de votre travail, vous avez fait en sorte que le programme commémoratif existe depuis un an aujourd’hui. Il s’agit d’un petit geste de respect et de gratitude envers ceux qui ont fait le sacrifice ultime. Je suis heureux qu’ensemble, nous ayons achevé ce projet, et il fonctionne.

En terminant mes remarques, j’aimerais attirer l’attention sur deux autres enjeux croissants. Nous aurons besoin d’un travail policier exceptionnel et d’une solide collaboration pour les affronter.

Premièrement, nous devons contrer les actions que nous avons vu en Nouvelle-Zélande : la montée et les actions violentes de l’extrémisme de droite, du néo-nazisme, et de la suprématie blanche. Cette idéologie se manifeste par de l’antisémitisme violent, l’islamophobie, le racisme et la misogynie. Elle est remplie de haine et de terreur, et nous ne devons jamais lui accorder une place pour s’exprimer, certainement pas au Canada.

Christchurch n’était pas le premier incident. N’oublions pas la synagogue Tree of Life de Pittsburgh; et l’attaque de la fourgonnette le long de la rue Yonge; et Charlottesville; et la mosquée à Ste-Foye; et les meurtres de policiers à Moncton et à Mayerthorpe; et le Collège Dawson et l’École Polytechnique.

Tous ces incidents sont le produit de la même mentalité dépravée. S’attaquer à cette idéologie est d’une importante priorité en matière de sécurité publique et nationale.

Deuxièmement, nous devons être conscients des dangers que représentent ceux qui sont allés à l’étranger pour s’associer à l’organisation terroriste de Daech en Syrie et en Irak, ou à d’autres groupes terroristes violents.Certains semblent vouloir revenir au Canada.

C’est un problème d’envergure mondiale. Il existe jusqu’à 40 000 de ces soi-disant « voyageurs terroristes » ou « combattants terroristes étrangers » provenant de divers pays du monde. Le Canada n’en fait qu’une petite partie. On dit qu’il y en a environ 250, et seulement un petit pourcentage de ce total s’implique directement au groupe de Syrie-Irak-Turquie.

On estime qu’environ 60 de ces personnes sont revenues au Canada en provenance de divers endroits dans le monde (encore une fois, un petit nombre seulement de la Syrie, de l’Irak et de la Turquie), ce qui laisse environ 190 personnes encore à l’étranger et bon nombre d’entre eux sont probablement mortes. Quelques-unes d’entre elles ont été capturées dans la région. La plupart des voyages effectués par ces personnes, en provenance et à destination du Canada, ont eu lieu avant 2016. Les chiffres globaux au cours des trois dernières années ont été essentiellement stables.

À l’avenir, il existe un facteur important qui complique les choses. Que ces collaborateurs ou participants terroristes soient encore vivants ou morts, certains d’entre eux ont désormais des conjoints et des familles. Certains conjoints ou certaines familles sont parmi les prisonniers, dans une région du monde où le Canada n’a aucune présence diplomatique et ne détient aucune obligation légale de faciliter un retour.

Notre principal objectif à l’égard de toutes ces personnes est d’en faire enquête, de recueillir suffisamment de preuves pour porter des accusations et de les poursuivre en justice avec toute la rigueur de la loi. Ils doivent être tenus responsables de leur comportement scandaleux.

Il est difficile de trouver des preuves qui résisteront aux tribunaux canadiens. Bien que nous ayons réussi à le faire dans quatre cas à ce jour, nous avons besoin d’utiliser toute une gamme d’autres mesures, c’est-à-dire des interrogatoires et des enquêtes supplémentaires, de la surveillance, des engagements de ne pas troubler l’ordre public, de la collecte et la diffusion d’information conformément à la loi, de l’évaluation continue des menaces, des listes d’interdiction de vol, de la procédure d’inscription prévue par le Code criminel, du refus ou de la révocation de passeports, et des mesures de réduction des menaces autorisées par la loi.

Une étroite collaboration entre tous nos services de sécurité, de renseignement et de police est nécessaire pour s’assurer de trois choses :

  • Premièrement, que nous sachions tout ce qui est nécessaire sur l’emplacement, les actions, les risques et les menaces associés à ces personnes;
  • Deuxièmement, que nous employions la bonne combinaison de poursuites et des autres outils juridiques dans chaque circonstance pour assurer la sécurité des Canadiens et traduire les coupables en justice;
  • Troisièmement, nous devons contenir le fléau du terrorisme, l’empêcher de se transmette à la prochaine génération d’enfants et trouver les moyens les plus efficaces de prévenir ou de perturber la radicalisation mortelle avant qu’elle ne mène à la violence extrémiste.

Ce défi en est un ambitieux, mais je fais entièrement confiance au jugement, aux compétences et à la capacité des policiers canadiens de faire leur travail. Et de le faire correctement.

Je félicite votre professionnalisme : votre respect pour l’autorité et la supervision civile, votre transparence et votre responsabilité, votre poursuite de l’excellence et de standards élevés.

Votre travail contribue à distinguer le Canada des autres pays. Vous protégez les Canadiens, tout en protégeant nos droits et libertés. Vous protégez également notre caractère national en tant que société ouverte, diversifiée, inclusive et généreuse, toutes les qualités qui font du Canada le Canada.

Vous aidez à rendre tout cela possible. Je vous remercie de votre service.


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