Au-delà du badge : John Mentis

Avertissement sur le contenu : Le présent article traite des expériences vécues par John Mentis, lesquelles comprennent des références au racisme et à la discrimination. Pour public averti seulement.

      
Transcription vidéo

Lorsque j’ai terminé le cours à Saint-Vincent-de-Paul, un des instructeurs m’a dit que j’étais le premier homme noir à devenir gardien de prison au Canada.

Le Service correctionnel du Canada présente : Au-delà du badge

Bonjour. Je m’appelle John Mentis. J’ai travaillé dans le domaine des services correctionnels pendant 30 ans.

J’ai grandi à Truro, en Nouvelle-Écosse. Je suis né en 1938. La plupart des restaurants ne servaient pas les personnes noires dans ce temps-là. C’était difficile pour mes parents et aussi pour les enfants, vous savez, en tant qu’enfant, j’ai quitté Truro lorsque j’avais 18 ans et il y avait encore des restaurants qui ne servaient pas les personnes noires.

La voie vers une carrière dans le domaine des services correctionnels

Avec un de mes copains, j’étais sur le point de m’enrôler dans l’Aviation royale. Et puis j’ai reçu un appel du Québec m’informant que j’avais l’occasion de participer à un camp d’entraînement avec les Bruins de Boston. Mon père était un bon joueur de hockey et la première chose qu’il m’a dite lorsque j’ai quitté la maison, c’est ceci : « John, essaie de te trouver un assez bon emploi, parce que tu ne feras pas carrière dans le hockey. » Et j’ai vécu avec cette pensée toute ma vie, vous savez, avec le fait que je n’arriverais jamais au sommet.

Je travaillais à Cowansville et j’ai lu dans le journal de Granby qu’une prison allait ouvrir ses portes à Cowansville. Un de mes copains et moi on s’est dit pourquoi pas appliquer. On a donc appliqué à la prison de Cowansville et on a été acceptés. J’ai fait ma formation à Saint-Vincent-de-Paul. Lorsque j’ai terminé le cours à Saint-Vincent-de-Paul, un des instructeurs m’a dit que j’étais le premier homme noir à devenir gardien de prison au Canada.

Lutter contre le racisme

Je n’avais pas de problèmes avec les détenus avec qui je travaillais dans ce temps-là. Une fois, c’était drôle. Nous avions un détenu qui, je crois, avait été condamné pour meurtre ou quelque chose du genre, et suis entré dans la cellule et ce jeune homme m’a dit : « Chuck, qu’est-ce que tu fais en uniforme? » Il croyait que j’étais un prisonnier qui avait volé l’uniforme de quelqu’un d’autre. (Rires)

Au provincial, je n’ai pas eu de problèmes avec les détenus, mais j’en ai eu avec un collègue. Ce gars n’aimait pas les personnes noires, vous savez, et j’avais été transféré à cet endroit. Une journée, on était seuls dans le bureau et on discutait lorsque la situation a commencé à se gâter. Il m’a alors dit : « Tu vas voir ce qu’on fait aux [censuré]. » Puis je lui ai craché au visage. Il n’a pas bougé, parce que j’étais prêt à… Je ne laissais personne m’insulter de cette façon.

Après, j’ai été transféré à Rimouski, mais j’y suis retourné par la suite et il a été transféré à Waterloo. (Rires) Ils ont alors vu que ce n’était pas moi le problème, et je suis retourné à Cowansville et j’y suis resté presque tout le restant de ma carrière.

Porter un regard sur l’un des premiers agents correctionnels noirs au Canada

J’étais confiant, car vous savez, j’ai traversé toutes sortes d’épreuves dans ma vie et, vous savez, je voulais prouver que je pouvais faire le travail même si j’étais noir, je pouvais le faire aussi bien qu’un autre, vous savez.

 

Une brillante et noble carrière. John, merci de votre service.

Détails de la page

2026-02-26