Histoires de diversité en milieu de travail – Craig Farrish - Service correctionnel Canada

Le commissaire Don Head en compagnie de Craig Farrish

Il y a maintenant près de 11 ans que j'ai été affecté au programme de chiens détecteurs. Outre la grande variété de chiens extraordinaires avec lesquels nous travaillons (labradors, épagneuls et retrievers de tous genres et l'occasionnel Duck Toller), j'ai été exposé à toutes sortes de situations où j'ai pu observer la grande diversité qui existe parmi les détenus et les visiteurs dans nos établissements.

Ma première expérience remonte à il y a environ neuf ans, au moment de mon affectation initiale à l'Établissement de Bath en tant que maître chien. J'effectuais des fouilles courantes dans les cellules avec mon partenaire Ben, qui a pris sa retraite il y a cinq ans. Après avoir terminé la fouille des cellules, j'étais assis dans le bureau de l'unité, où je remplissais de la paperasse et discutais avec d'autres agents. Un détenu est entré dans mon bureau et était absolument furieux. Il m'accusait d'avoir brisé plusieurs tubes de rouge à lèvres et de rimmel. Il est devenu de plus en plus fâché lorsque j'ai commencé à rire, car je pensais que c'était une plaisanterie de mes collègues. Jusqu'à ce moment-là, je n'avais jamais rencontré de personne transgenre, et encore moins un détenu manifestant des troubles de l'identité sexuelle. J'ai rapidement appris qu'il y avait trois de ces détenus à l'Établissement de Bath. Très vite, ces mêmes détenus m'ont étiqueté d'anti gay. J'ai rencontré le délinquant qui m'avait accusé d'avoir endommagé ses produits de maquillage et je lui ai présenté mes excuses pour ma réaction qui, apparemment, manquait de maturité. Puis, j'ai pris le temps de bavarder avec lui et je lui ai promis de faire tout ce qui était en mon pouvoir pour maintenir un degré d'empathie professionnel vis-à-vis de ses besoins importants et particuliers, ainsi que des besoins des autres délinquants comme lui. J'ai donc apporté plusieurs modifications au protocole d'exécution des fouilles dans leur cas, mais le plus important, c'est que nous avons réussi à établir une solide relation professionnelle. Sans entrer dans les détails, au moment d'un transfèrement sollicité, ce même détenu a dit à mon surveillant à l'époque que j'étais devenu l'un de ses agents préférés! J'ai parlé à d'autres employés de ce que j'avais appris sur les personnes ayant des troubles de l'identité sexuelle et du tact dont je faisais preuve à leur endroit dans l'espoir d'aider mes collègues à mieux intervenir auprès de ces délinquants, ainsi qu'auprès d'autres personnes dans la collectivité.

Depuis que j'exerce la fonction de maître chien, j'ai dû m'informer au sujet de certaines exigences religieuses et j'ai dû modifier mes techniques de fouille en conséquence. Cela est vrai pour toutes les religions, mais j'aimerais parler de l'islam en particulier.

Lorsque j'ai commencé à occuper mon poste, j'ai eu plusieurs problèmes avec des détenus et des visiteurs musulmans qui déposaient des plaintes contre moi et mon partenaire à quatre pattes. Préoccupé par la fréquence de ces plaintes, j'en ai discuté avec un imam, ainsi qu'avec un de mes amis qui est musulman. Ils m'ont expliqué que lorsque de la salive et des poils de chien se retrouvent sur des articles religieux, tels que les tapis et vêtements de prière et les livres saints, ces articles ne peuvent plus servir à la prière.

J'ai modifié immédiatement mes pratiques de fouille. J'ai dû établir un équilibre entre la nécessité de procéder à des fouilles et les besoins particuliers des détenus et des visiteurs. Au moment de la fouille des cellules, j'expliquais chaque fois aux détenus musulmans que le chien serait dans la pièce et je les encourageais à ôter tous les articles religieux ou à les placer à un endroit où le chien ne pourrait les contaminer. Avant l'enlèvement ou le déplacement de ces articles, je m'assurais de les fouiller, et ainsi me conformais aux pratiques de sécurité tout en respectant le caractère sacré des objets. Quand j'avais affaire à des visiteurs, je me munissais d'un gros écran moustiquaire. Je demandais aux visiteurs musulmans de le tenir devant eux pendant que le chien les fouillait. Cela permettait au chien de les renifler et ainsi d'effectuer la fouille, mais respectait également leur souhait d'éviter toute forme de contamination. Après l'instauration de ces pratiques, les plaintes ont cessé.

De nouveau, j'ai communiqué ces pratiques et mes suggestions à d'autres maîtres chiens, à d'autres employés et à des personnes dans la collectivité. Aujourd'hui, je suis très ouvert à la diversité que j'observe dans l'exécution de mes fonctions au Service correctionnel du Canada (SCC) et je m'efforce sans cesse d'apprendre à mieux connaître les différents groupes dont nous nous occupons, parce que je veux être non seulement un meilleur agent, mais aussi une meilleure personne.

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2024-01-09