Un système sophistiqué pour protéger les espèces en péril
La préservation des espèces sauvages est un défi de taille, mais nous avons aujourd'hui de nombreux moyens pour le relever, comme la législation, l'expertise et de nouvelles solutions technologiques.
La Loi sur les espèces en péril a été adoptée en 2002 pour prévenir la disparition d'espèces sauvages en imposant la prise de mesures de soutien et de rétablissement. Conformément à la Loi, le gouvernement du Canada prend des mesures pour gérer et protéger les espèces sauvages et les habitats naturels présents dans les propriétés fédérales.
Étant responsable d'un vaste portefeuille immobilier, Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) a un rôle déterminant à jouer dans cet effort de conservation, et il s'en acquitte à l'aide de la technologie.
En collaboration avec un réseau interne sur les espèces en péril, 2 femmes de notre ministère ont mis en commun leur ingéniosité et leurs compétences pour développer un outil de cartographie des espèces en péril fondé sur un système d'information géographique. Cet outil cartographique vient révolutionner le suivi et la conservation de la diversité biologique dans les propriétés fédérales gérées par SPAC dans la région de la capitale nationale.
Une approche adaptée
Le suivi des espèces protégées dans les propriétés de SPAC était autrefois une tâche presque aussi « insoumise » que les animaux eux-mêmes. « L'information était dispersée dans des dossiers contenant divers rapports et feuilles de calcul », explique Fatma Boujenoui, spécialiste principale en environnement. « Lorsqu'on me demandait de fournir des données sur la présence d'une certaine espèce ou d'un habitat faunique à un gestionnaire immobilier ou à une équipe de projet qui commençait à travailler à un site, il fallait faire beaucoup de recherches. Ce n'était pas pratique. »
Mme Boujenoui a donc proposé à Isabelle Proulx, spécialiste des systèmes d'information géographique, de créer un outil cartographique qui permettrait de stocker nos données ministérielles sur les espèces en péril et de montrer visuellement les espèces et leurs habitats présents dans les propriétés gérées par SPAC dans la région de la capitale nationale. Le travail d'élaboration de cet outil a été fait exclusivement au sein de SPAC, en utilisant notre expertise environnementale et géographique. Avec des données fournies par des partenaires fédéraux et provinciaux, le Système d'information sur les espèces en péril a vu le jour.
Au fil des ans, Mmes Proulx et Boujenoui ont ajouté des fonctionnalités et des détails uniques à l'outil cartographique, notamment un inventaire des arbres, faisant de celui-ci une ressource complète et polyvalente. « L'outil compte de multiples couches de données », indique Mme Proulx. « En plus des coordonnées et des données sur l'habitat de centaines d'espèces protégées, il y a des liens vers d'autres ressources officielles, des textes de loi, des rapports, des caractéristiques de propriétés et bien d'autres choses. Il y a aussi de nombreux filtres et options de recherche. »
L'outil a été conçu expressément en fonction des biens dont SPAC est le propriétaire ou le gestionnaire pour le compte d'autres organisations fédérales. Il est en outre fondé sur un protocole particulier de SPAC qui permet de classer nos sites selon la probabilité qu'ils hébergent des espèces en péril, et de présenter les mesures de protection connexes. « Dans l'outil, je peux accéder facilement au classement de tous les sites et m'assurer que nous respectons notre protocole », indique Mme Boujenoui.
Plus qu'une simple carte
« L'outil est un puissant moyen de recherche et d'analyse », souligne Mme Boujenoui. « Il permet de voir la biodiversité et les habitats présents sur nos sites de la région de la capitale nationale. Il permet de cibler une espèce et d'obtenir la carte des endroits où celle-ci a été observée. Cette image vaut 1 000 mots. Associé à tous les autres renseignements pertinents sur l'espèce, il décrit bien la situation sur le terrain, ce qui nous permet de mieux soutenir les espèces en péril sur nos sites. »
La capacité d'analyse de l'outil permet également de cerner les connaissances manquantes et de maximiser les ressources limitées. Comme l'explique Mme Proulx, « quand SPAC dispose d'un budget pour mener des études sur les espèces en péril présentes sur ces sites, nous pouvons utiliser cet outil interne pour déterminer les endroits qui en ont le plus besoin et la manière la plus efficace de dépenser les fonds ». SPAC n'est pas la seule organisation à en bénéficier. Cet outil favorise une planification, des décisions et des tactiques de conservation des espèces plus efficaces à grande échelle, car les données peuvent être partagées avec d'autres intervenants, par exemple la municipalité, qui travaillent à des projets communs.
Le meilleur exemple qui illustre bien toute l'utilité de l'outil est celui du papillon monarque. L'espèce est passée récemment de la catégorie « préoccupante » à la catégorie « en voie de disparition ». « Cela a des conséquences sur certaines de nos propriétés », affirme Mme Boujenoui. « Comme une carte me permet maintenant de voir la répartition de cette espèce sur nos sites dans la région et le nombre de fois qu'elle a été observée à chacun d'eux, je sais avec qui je dois en discuter à SPAC et dans les organisations partenaires. Par exemple, certains types de projets pourraient nécessiter l'obtention d'un permis. »
Le développement de l'outil a donné lieu à des changements positifs dans la manière dont SPAC gère les espèces en péril et dans les perspectives à l'avenir. « De nombreuses organisations du Ministère collectent des données sur les espèces en péril pour des projets. Pour assurer la collecte de données uniformes qui pourront être facilement intégrées dans l'outil, nous avons établi des exigences précises pour la soumission des données géospatiales », indique Mme Boujenoui. « Cela est essentiel, car nous pourrons ainsi mieux comprendre la biodiversité de nos sites, et nous nous rapprocherons de notre objectif de déployer l'outil aux équipes de SPAC des autres régions, en vue d'assurer une conservation plus efficace des espèces dans tout le Canada. »
Consultez la page Nos histoires pour lire d'autres articles sur des employés et des projets intéressants de SPAC.