Projet de l'édifice du Centre – rapport de diligence raisonnable: Rapport sur les coûts
Il est essentiel de s'assurer que les estimations de coûts pour le projet de l’édifice du Centre sont rigoureuses et transparentes. Compte tenu de la complexité et de l'ampleur des travaux, nous avons fait appel aux services d'un expert-conseil indépendant en matière de coûts, Turner & Townsend, pour valider la méthodologie globale de calcul des coûts et établir le coût probable de la construction. Vous trouverez ci-dessous un rapport de Turner & Townsend sur les coûts.
Table des matières
Sommaire
L’édifice du Centre fait l’objet du plus vaste programme de réhabilitation patrimoniale jamais entrepris au Canada. L’échelle et la portée de ce projet sont immenses. Il a été reconnu par le Project Management Institute (PMI) comme un projet d’influence mondiale, se classant au premier rang au Canada et au septième rang en Amérique du Nord. De nombreux autres grands projets au Canada et sur la scène internationale présentent des niveaux comparables de complexité, comme le remplacement d’importants systèmes mécaniques et électriques, la restauration d’éléments patrimoniaux, d’importantes mises à niveau de la sécurité, l’amélioration de l’accessibilité, l’amélioration du rendement énergétique et environnemental, le renforcement parasismique et la mise à niveau des systèmes audiovisuels et informatiques. Ce ne sont pas chacune des complexités du projet de réhabilitation de l’édifice du Centre qui le distinguent, mais plutôt l’impact cumulatif de toutes ces complexités qui le rend unique sur la scène mondiale. L’équipe du projet doit faire face à une liste inégalée d’éléments complexes qui doivent également tous être équilibrés et intégrés de manière à ne pas avoir d’impact négatif sur la fibre patrimoniale de cette structure emblématique. L’établissement d’une estimation de base des coûts pour un projet de cette ampleur est un défi, étant donné la nécessité d’évaluer les principales complexités décrites ci-dessus individuellement, en fonction de leurs propres mérites, et en conjonction les unes avec les autres.
Le Programme de réhabilitation vise la restauration et la modernisation complètes de l’édifice du Centre pour qu’il puisse appuyer les activités parlementaires modernes et accueillir un nombre croissant de Canadiens pendant un autre siècle. Outre des installations techniques (systèmes mécaniques et électriques, et systèmes de Technologie de L'information (TI) et de sécurité) mises à niveau, cette installation moderne comprendra des caractéristiques de pointe en matière de durabilité et d’accessibilité qui sont essentielles pour que le Parlement du Canada respecte les codes et les normes modernes.
Le programme comprend également la construction d’un nouveau Centre d’accueil du Parlement souterrain, à plusieurs niveaux. Cette installation moderne permettra d’améliorer considérablement la sécurité, de répondre aux exigences du programme fonctionnel du Parlement qui ne peuvent être satisfaites dans l’édifice du Centre, et d’offrir une meilleure expérience et des possibilités d’interaction aux visiteurs du Parlement du Canada. Le Centre d’accueil du Parlement sera raccordé aux édifices du Centre, de l’Est et de l’Ouest; ils formeront un complexe parlementaire intégré qui améliorera considérablement la fonctionnalité du Parlement.
En partenariat avec le Parlement, Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) a réalisé d’importants progrès en vue de solidifier la portée du projet et de faire avancer la conception. Les décisions de conception, axées sur l’atteinte d’un équilibre entre le respect des besoins du Parlement, la rentabilité et la préservation de la fibre patrimoniale de l’édifice, ont permis d’établir la portée de base pour l’édifice du Centre et le Centre d’accueil du Parlement. Cette portée de base est essentielle pour définir l’estimation des coûts de ce projet.
En s’inspirant du document d’avant-projet de conception à 90 % et de la séquence d’entrée actualisée approuvée par le comité d’examen indépendant de la conception de l’Institut royal d’architecture du Canada, Turner & Townsend a préparé une estimation des coûts de base (coûts liés à la construction et à la supervision des travaux effectués sur le site) du programme comme suit :
| Ventilation des coûts | Coût de l’édifice du Centre | Coût du Centre d’accueil du Parlement |
|---|---|---|
| Coût net de la construction | 1 540 065 366 $ | 447 896 093 $ |
| Exigences générales, honoraires du directeur des travaux, cautions et assurances | 462 019 610 $ | 118 657 414 $ |
| Total partiel : Estimation des coûts de construction | 2 002 084 976 $ | 566 553 507 $ |
| Réserve pour éventualités liées à la conception | (25 %) 385 016 342 $ | (15 %) 67 184 414 $ |
| Réserve pour éventualités liées à la construction | (20 %) 308 013 073 $ | (10 %) 44 789 609 $ |
| Total partiel, sans indexation | 2 695 114 391 $ | 678 527 530 $ |
| Indexation des coûts de base | 304 877 241 $ | 54 179 000 $ |
| Total : Estimation des coûts de construction de base | 2 999 991 632 $ | 732 706 530 $ |
Veuillez vous référer à la section 7 pour la description des éléments de coût.
L’estimation du total des coûts de construction de base est également détaillée dans le présent rapport en fonction des principaux facteurs de coût, comme le montrent les graphiques ci-dessous :
Éléments clés de la construction de l'édifice du Centre
Description de l'image
- Installations techniques : 29 %
- Patrimoine : 11 %
- Construction intérieure et touches finales : 18 %
- Excavation, structure (y compris la toiture), fondations et protection parasismique : 24 %
- Enveloppe (maçonnerie, fenêtres) : 15 %
- Durabilité : 3 %
Éléments clés de la construction du Centre d’accueil du Parlement
Description de l'image
- Installations techniques : 32 %
- Construction intérieure et touches finales : 25 %
- Excavation, structure, fondations et protection parasismique : 35 %
- Enveloppe (murs extérieurs, portes et couverture) : 5 %
- Durabilité : 3 %
Un examen de projets comparables au sein de la Cité parlementaire du Canada et à l’échelle mondiale permet de confirmer que les coûts de base des travaux de construction sont conformes à ceux de l’industrie. Un bon point de référence est le projet de l’édifice de l’Ouest récemment achevé, qui comportait toutefois beaucoup moins d’éléments patrimoniaux et donc une complexité bien moindre, et qui devait également satisfaire à des normes d’accessibilité universelle et de durabilité moins élevées, ces normes ayant été relevées à la suite de l’achèvement des travaux à l’édifice de l’Ouest.
Les réserves pour éventualités et les provisions pour risques appropriées sont d’importants éléments de coûts dans l'exécution réussie de projets vastes et complexes. Dans le cadre de la détermination de l’opinion sur les coûts de base probables des travaux de construction, Turner & Townsend a utilisé des réserves pour éventualités liées à la conception et à la construction conformes aux normes de l’industrie pour des programmes d’une ampleur et d’une complexité comparables. De plus, à la lumière de l’analyse comparative avec des projets déjà réalisés dans la Cité parlementaire, le total des réserves pour éventualités liées à la conception et à la construction est conforme si l’on tient compte de l’ampleur, de la portée et de la complexité relatives des projets.
| Centre d’accueil du Parlement | Édifice du Sénat du Canada | Édifice de l’Ouest | Édifice du Centre | |
|---|---|---|---|---|
| Réserves pour éventualités (conception et construction) | 25 % | 30 % | 35 % | 45 % |
En plus des réserves pour éventualités comprises dans l’estimation des coûts de base des travaux de construction, il est essentiel, dans le cadre des projets d’une ampleur, d’une portée et d’une complexité comparables, de prévoir une provision pour risques qui permettrait de couvrir les coûts découlant de facteurs externes, comme les exigences fonctionnelles nouvelles ou révisées, la variation du coût de la main-d’œuvre et des matériaux, les interruptions dans la chaîne d’approvisionnement ou la fermeture de chantiers de construction. Plutôt que de recourir à une estimation ponctuelle, SPAC établit sa provision pour risques globale en appliquant une fourchette de 15 % à 35 %. La provision pour risques globale pourra servir tant au Centre d’accueil du Parlement qu’à l’édifice du Centre.
Cette fourchette permet à SPAC de délimiter la provision pour risques globale tout en reconnaissant que les exigences fonctionnelles du Parlement n’ont pas toutes été établies à ce stade et qu'il est difficile de prévoir avec précision l’indexation des coûts liés à la construction dans le contexte actuel de la pandémie. La valeur supérieure de la fourchette permet de dégager suffisamment de fonds pour faire face aux situations inconnues qui peuvent se concrétiser dans le cadre d’un projet très complexe et de longue durée. La valeur inférieure, quant à elle, sert d'objectif à atteindre pour s'assurer que les risques contrôlables, tels que les changements de portée, sont convenablement limités. Turner & Townsend a réalisé une analyse statistique pour déterminer si la provision actuelle pour risques était adéquate compte tenu de la nature des risques qui pourraient se présenter pendant un programme de travaux aussi vaste, long et complexe. À la lumière de cette analyse, Turner & Townsend considère que la fourchette de 15 % à 35 % au titre de la provision pour risques est appropriée.
De plus, selon l’analyse comparative effectuée avec des projets déjà réalisés dans la Cité parlementaire, la provision pour risques globale est conforme si l’on tient compte de l’ampleur, de la portée et de la complexité relatives des projets.
| Édifice du Sénat du Canada | Édifice de l’Ouest | Centre d’accueil du Parlement et édifice du Centre | |
|---|---|---|---|
| Réserve pour risques | 15 % | 25 % | De 15 % à 35 % |
Après examen, Turner & Townsend a également révisé la provision prévue par SPAC concernant les honoraires professionnels (environ 25 %), pour couvrir les frais de gestion de projet, les services d'architecture et de génie et d'autres services de consultation, et a conclu qu’elle correspond aux normes de l'industrie et aux projets antérieurs réalisés dans la Cité.
Turner & Townsend est d’avis que l’information sur les coûts utilisée par SPAC reflète exactement l’ampleur, la portée et la complexité actuelles du programme. Notre examen portant sur l’estimation des coûts globaux de SPAC a révélé que des facteurs appropriés en ce qui concerne les honoraires professionnels et une provision pour risques ont servi à établir l’opinion sur les coûts de construction probables.
Ainsi, Turner & Townsend est convaincu qu’une fourchette d’estimation des coûts de 4,5 milliards de dollars à 5 milliards de dollars est appropriée pour réaliser le Programme de réhabilitation de l’édifice du Centre. Les deux seules réserves émises à l’égard de cette évaluation concernent la portée, qui pourrait être considérablement modifiée à la lumière de l’évolution des exigences fonctionnelles, et l’augmentation de l’indexation à des taux extrêmes. Les événements externes importants de la sorte ne peuvent pas être entièrement couverts par une provision pour risques sans compromettre l’avantage d’adopter un budget pour encadrer un projet de mise en œuvre sensible à l’évolution des coûts. Turner & Townsend est d’avis que l’estimation des coûts et la fourchette budgétaire adoptées par SPAC rendent adéquatement compte des risques et que les limites budgétaires établies sont suffisantes pour réaliser toute la portée du projet et absorber le coût des risques qui pourraient se concrétiser.
Introduction
Turner & Townsend, des experts indépendants en matière de coûts, de temps et de risques, ont élaboré le présent rapport pour fournir à Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) et au Parlement une opinion sur les coûts de construction de base probables, y compris les principaux inducteurs de coûts, associés à la restauration et à la modernisation de l’édifice du Centre et à la construction du nouveau Centre d’accueil du Parlement. Les estimations contenues dans le présent rapport sont fondées sur l’information actuelle relative à la portée contenue dans l’avant-projet de conception à 90 % et sur les modifications apportées à la conception en fonction des commentaires du Comité d’examen indépendant de la conception de l’Institut royal d’architecture du Canada, qui a examiné de façon indépendante et approuvé la conception actuelle.
Analyse comparative : norme acceptée et meilleures pratiques
La Royal Institution of Chartered Surveyors (RICS) est le principal organisme professionnel au monde pour les qualifications et les normes relatives aux terres, au biens et à la construction.
En 2013, RICS a produit une note d'orientation mondiale, 1ère édition, pour l'analyse des coûts et l'analyse comparative. Le présent rapport a été préparé conformément aux principes de la RICS par des experts-comptables professionnels qui sont membres de la RICS.
Contexte
La Cité parlementaire est un lieu historique national, et l’édifice du Centre est un édifice patrimonial classé. Une véritable représentation physique de la démocratie canadienne, il s’agit de l’un des symboles nationaux les plus importants du Canada. Il héberge le Sénat du Canada, la Chambre des communes et la Bibliothèque du Parlement. De style néogothique, l’édifice comprend des éléments architecturaux très décoratifs, d’ouvrages de sculpture sur pierre aux plafonds de plâtre ornemental, et plusieurs lieux de cérémonies, dont la salle du Sénat du Canada, la Chambre des communes, la tour de la Paix, la Chapelle du Souvenir, le Hall d’honneur et le Hall de la Confédération. La Colline du Parlement attire chaque année des millions de visiteurs.
SPAC est responsable des programmes de restauration et de modernisation des édifices de la Colline du Parlement et des environs, afin de préserver ces trésors patrimoniaux pour le Parlement et l’ensemble des Canadiens. Ces efforts sont orientés par la vision et le plan à long terme, une stratégie mise en œuvre depuis 2001 qui s’échelonne sur plusieurs décennies et qui a permis de mener à bien divers projets, y compris ceux de l’édifice de l’Ouest (2018) et de l’édifice du Sénat du Canada (2018) qui ont été récemment achevés, celui de la phase 1 du Centre d’accueil du Parlement (2018), ainsi que de nombreux autres projets clés, comme ceux du 180, rue Wellington (2016) et de l’édifice Sir-John-A.-Macdonald (2015).
Avec la transition réussie des opérations parlementaires à l’édifice de l’Ouest et à l’édifice du Sénat du Canada en 2019, la restauration et la modernisation de l’édifice du Centre sont maintenant le point de mire des efforts. Ces efforts se traduiront par le plus important projet de réhabilitation du patrimoine jamais entrepris à ce jour au Canada et l’un des plus importants au monde. Afin d’assurer l’utilisation efficiente des ressources et de faire avancer le projet rapidement, SPAC met à profit un plan intégré de conception et de construction dans le cadre duquel la conception est établie de façon séquencée et se déroule en simultané avec le début des travaux de construction. À cette fin, les activités de construction qui doivent être menées à bien et qui ne sont pas touchées par les considérations relatives à la conception finale, comme les activités de démolition et d’assainissement dans l’édifice du Centre et les activités d’excavation du Centre d’accueil du Parlement, ont été amorcées. Cette stratégie reflète une pratique de gestion de projet prudente et démontre une gestion efficace des considérations liées aux coûts et au calendrier. Attendre l’achèvement de la conception détaillée pour ainsi être en mesure d’obtenir une estimation entièrement fondée des coûts du projet avant d’entreprendre les travaux de construction entraînerait des augmentations de coûts importantes, ainsi que des retards dans le calendrier général et l’achèvement du projet.
Étant donné l’importance d’assurer la poursuite des activités parlementaires sans interruption, l’édifice du Centre n’a fait l’objet d’aucune intervention importante depuis sa construction il y a plus de cent ans et a grand besoin d’être réhabilité. Bien qu’encore majestueux, l’édifice était très difficile et coûteux à entretenir avant sa fermeture. Les composants et les systèmes du bâtiment avaient largement dépassé leur cycle de vie prévu, beaucoup étant aussi vieux que l’édifice lui-même, et commençaient à tomber en panne. La pierre était endommagée par les infiltrations d’eau et le cycle extrême de gel et de dégel d’Ottawa. Invisible derrière la pierre et le plâtre, l’eau corrodait également l’acier de construction, ce qui endommageait encore plus la maçonnerie. Derrière les magnifiques finitions patrimoniales se cachent également des kilomètres de conduites de chauffage rouillées, qui se sont brisées et ont laissé échapper de l’eau, ce qui a endommagé la fibre patrimoniale. Les systèmes électriques et de communication étaient inadéquats et exploités à l’extrême dans l’espoir qu’ils puissent supporter la technologie de diffusion moderne pour laquelle ils n’ont jamais été conçus ou équipés.
L’édifice était froid en hiver en raison des fenêtres non étanches et d’un manque d’isolation, et dans la chaleur de l’été, il fallait installer des unités de climatisation dans les fenêtres, ce qui était inesthétique et coûteux à faire fonctionner. Enfin, les ascenseurs, y compris ceux de la tour de la Paix, tombaient régulièrement en panne et, au cours de la dernière année d’exploitation, nécessitaient une attention et une maintenance quotidiennes.
L’édifice du Centre a été construit avant l’adoption des codes sismiques, à une époque où les changements climatiques n’étaient pas un facteur. Malgré sa fonction de foyer du Canada, l’édifice du Centre n’a pas été conçu de manière à accueillir tous les Canadiens de façon égale. Il doit être adapté afin qu’il puisse résister aux tremblements de terre et passer de l’un des pires biens du gouvernement du Canada sur les plans de la consommation d’énergie et de l’émission de gaz à effet de serre (par m2 dans le portefeuille de SPAC) à une installation neutre en carbone et accessible à tous les Canadiens.
En tant qu’édifice parlementaire fonctionnel essentiel, l’édifice du Centre doit être adapté pour intégrer les besoins parlementaires modernes, allant de la sécurité au multimédia en passant par la diffusion, tout en respectant et en conservant les espaces patrimoniaux et cérémonials. Étant donné les contraintes d’espace, cet édifice patrimonial ne peut pas accueillir toutes les fonctions parlementaires. En particulier, avant sa fermeture, le contrôle de sécurité des visiteurs était effectué à l’intérieur de l’édifice du Centre, au pied de la tour de la Paix, au moyen d’un seul scanneur. La mise en place d’une infrastructure améliorée est essentielle en appui au nombre grandissant de Canadiens et d’étrangers qui visitent la Colline du Parlement. Chaque année, avant la fermeture, quelque 350 000 personnes participaient à une visite guidée. Toutefois, près de trois demandes de visite sur quatre n’ont pu être satisfaites en raison du manque d’infrastructure pour les visiteurs.
La zone sismique d’Ottawa
La Cité parlementaire et l’emblématique édifice du Centre du Canada se trouvent dans la zone sismique de l’ouest du Québec, qui englobe un vaste territoire comprenant la vallée de l’Outaouais, depuis Montréal jusqu’au Témiscamingue, ainsi que les régions des Laurentides et l’est de l’Ontario. Cette zone se classe au deuxième rang des zones sismiques les plus actives du pays, un tremblement de terre d’une magnitude moyenne inférieure à 2,0 s’y produisant tous les cinq jours.
En 2015, les normes sismiques prévues dans le Code national du bâtiment du Canada ont été mises à jour, y compris, mais sans s’y limiter, les lignes directrices à l’intention des ingénieurs concernant l’isolement du soubassement. Ce dernier permet de limiter l’énergie sismique qui est transférée du sol au bâtiment, ce qui réduit le niveau d’intervention pour le renforcer. Dans le cas de l’édifice du Centre, cette approche garantit que le bâtiment résistera aux futurs événements sismiques tout en évitant les interventions structurelles qui endommageraient la précieuse fibre patrimoniale existante.
Tremblements de terre au Canada, 1627 à 2020
Description longue des tremblements de terre au Canada ou à proximité, de 1627 à 2020
Une carte du Canada avec des points rouges qui marquent les endroits où des tremblements de terre se sont produits. La taille des points indique la magnitude de chaque tremblement. La majeure partie des activités sismiques se sont produites sur la côte ouest du Canada. Ce sont aussi les tremblements dont la magnitude est la plus élevée. Il y a des points rouges dans le nord et l’est du Canada et très peu au centre du pays. La zone sismique de l’Ouest du Québec est la deuxième zone la plus active.
Expérience des visiteurs
La Colline du Parlement accueille chaque année un nombre de plus en plus important de Canadiens et d’étrangers, et plus de 350 000 visiteurs participent à des visites guidées chaque année. Le nouveau Centre d’accueil du Parlement offre une expérience améliorée aux visiteurs, avec des capacités accrues de soutien aux visites, ainsi qu’une expérience différente qui permettra à la Bibliothèque du Parlement d’établir un lien entre environ le double de Canadiens et le Parlement et d’accroître la participation des groupes scolaires.
Le parcours accessible à tous offre un accès sans obstacle de la flamme du centenaire au Centre d’accueil du Parlement, ouvert et accueillant, en passant par les cours nouvellement transformées, jusqu’aux tribunes du Sénat du Canada et de la Chambre des communes, où les visiteurs peuvent assister et participer au processus démocratique.
Un dessin conceptuel de l’entrée centrale du Centre d’accueil du Parlement. Source : Centrus.
Portée
Après avoir servi le Canada et les Canadiens pendant un siècle, l’édifice du Centre a besoin d’une réfection complète, à l’intérieur et à l’extérieur, afin de préserver, de restaurer et de moderniser un morceau de l’histoire de la nation pour les générations à venir. L’édifice du Centre fait l’objet du plus vaste programme de réhabilitation patrimoniale jamais entrepris au Canada, et il a été reconnu par le Project Management Institute (PMI) comme un projet d’influence mondiale, se classant au premier rang au Canada et au septième rang en Amérique du Nord. Les principaux points saillants du programme sont les suivants :
- Remplacement complet et/ou réparation des éléments de construction défaillants, tels que les fenêtres, le toit, la maçonnerie et les installations techniques
- Mise à niveau de la structure, des éléments parasismiques, du système de protection contre les incendies, des ascenseurs, des cages d’escaliers et des toilettes, entre autres, pour les rendre conformes aux normes et aux codes modernes
- Modernisation et augmentation de l’infrastructure nécessaire au soutien des opérations parlementaires : mise à niveau des chambres, des salles de comité et des bureaux, des services de soutien, comme les services de restauration et les services aux médias, et des installations informatiques, de radiodiffusion, de multimédia, de sécurité physique et de cybersécurité.
Cours est et ouest
L’édifice du Centre possède trois cours intérieures à aire ouverte qui ont été conçues pour apporter de la lumière dans le bâtiment. Ces espaces étaient auparavant inaccessibles et inutilisés, mais ils sont maintenant la clé pour rendre le foyer du Canada plus accessible à tous les Canadiens. Une nouvelle structure de toit en verre, qui renfermera les cours et sera reliée à la structure de toit existante, répondra à une multitude d’objectifs du programme.
Durabilité
La surface importante des façades en pierre des cours intérieures est une source importante de perte d’énergie. La fermeture de ces cours est essentielle pour atteindre la neutralité carbone et rendra le bâtiment beaucoup plus efficient et moins coûteux à entretenir, car les murs extérieurs de la cour ne seront plus exposés au cycle extrême de gel et de dégel d’Ottawa qui détériore la maçonnerie avec le temps.
Accessibilité universelle
Après la réhabilitation, les cours offriront une voie d’accès accessible à tous du Centre d’accueil du Parlement à l’édifice du Centre, y compris pour les groupes de visites guidées, les personnes qui visitent l’édifice du Centre à des fins professionnelles ainsi que les tribunes de la Chambre pour les Canadiens en visite.
Fonctionnalité
L’espace intercalaire des cours fournit l’espace supplémentaire nécessaire pour la circulation, les escaliers et les ascenseurs, requis par le code, en évitant des interventions importantes et dommageables dans le tissu patrimonial de l’édifice. Les cours facilitent également l’accès du public puisqu’elles constituent la principale interface entre le Centre d’accueil du Parlement et l’édifice du Centre. Cette interface et ce point d’entrée élégants pour les visiteurs évitent de congestionner les zones de l’édifice patrimonial qui sont essentielles au fonctionnement du Parlement.
Le coût indicatif de la construction des cours Est et Ouest est de l’ordre de 22 millions de dollars chacune.
Représentation de l’une des cours recouverte d’un toit en verre qui surplombe un espace ouvert bien éclairé où des gens circulent. Source : Centrus.
Le programme comprend également la construction d’un Centre d’accueil du Parlement souterrain qui améliorera la sécurité du Parlement en offrant un service de contrôle des visiteurs sécurisé à l’extérieur de l’édifice du Centre, permettra d’assurer les fonctions parlementaires à exécuter à proximité de l’édifice du Centre, et améliorera considérablement l’infrastructure des visiteurs, y compris les installations servant aux visites publiques, en plus d’offrir aux visiteurs une expérience en complément des visites populaires. Une fois construite, cette nouvelle installation souterraine reliera les édifices du Centre, de l’Est et de l’Ouest en un seul complexe parlementaire intégré.
Représentation de l’édifice du Centre et de l’entrée du Centre d’accueil du Parlement. Source : Centrus.
Axée sur l’accessibilité universelle et la neutralité carbone, l’approche de conception de l’édifice du Centre et du Centre d’accueil du Parlement répond à ces exigences tout en garantissant que la réhabilitation de l’édifice du Centre et le paysage parlementaire restent au cœur du projet. Le parterre de gazon du Parlement a été préservé dans sa forme traditionnelle, l’accent étant mis sur le maintien de sa taille et de sa relation avec les édifices du Parlement et d’autres éléments architecturaux clés tels que le mur de Vaux. La fibre patrimoniale de l’édifice du Centre a été conservée et protégée. Les interventions permettront d’enrichir la façon dont les parlementaires et les Canadiens interagissent avec les édifices et le site, en plus d’intégrer une nouvelle couche de patrimoine contemporain dans la Cité parlementaire.
Diagramme des quatre niveaux souterrains du Centre d’accueil du Parlement. Source : Centrus.
Faits saillants du programme parlementaire et de la modernisation des bâtiments
Les exigences fonctionnelles du Parlement ont évolué au fil du temps, de la croissance du pays, des progrès technologiques et de la transformation de l’environnement de sécurité. SPAC a travaillé en étroite collaboration avec le Parlement au cours des 18 derniers mois afin de finaliser les exigences fonctionnelles du programme parlementaire et d’obtenir, dans le cadre du programme, les décisions clés nécessaires pour faire avancer l’avant-projet de conception. La conception actuelle constitue la base sur laquelle le présent rapport sur les coûts a été élaboré. Malgré les difficultés initiales à trouver l’espace adéquat pour moderniser l’édifice du Centre, des décisions clés, comme celles liées au maintien de la Chambre des communes à son emplacement actuel et à l’exploitation d’espaces auparavant sous utilisés (comme les trois cours), permettent de moderniser l’édifice de façon rentable sans réduire considérablement les fonctions parlementaires et en touchant de façon limitée les espaces à grande valeur patrimoniale et cérémoniale.
Espace intercalaire du Hall d’honneur
Les espaces traditionnels permettant aux parlementaires d’interagir de manière officieuse ont été perdus dans l’édifice du Centre. Un espace nouvellement créé au-dessus du Hall d’honneur offre une occasion unique de créer un espace partagé qui permettra aux parlementaires de se réunir – se rassembler, se rencontrer et travailler. Le concept d’espace partagé réintroduit la fonctionnalité originale de la conception de Pearson et Marchand, qui a été perdue au fil du temps en raison des contraintes d’espace.
Représentation d’un nouvel espace au-dessus du Hall d’honneur servant d’aire commune aux parlementaires. Source : Centrus.
Le tableau ci-dessous donne un aperçu des capacités de l’édifice du Centre et du Centre d’accueil du Parlement en ce qui concerne les fonctions parlementaires et l’immeuble de base après la réhabilitation. La comparaison met en évidence l’optimisation de l’utilisation des bâtiments prévue dans l’avant-projet de conception actuel.
| Fonctions parlementaires et modernisation des bâtiments : faits saillants | Édifice du Centre | Centre d’accueil du Parlement |
|---|---|---|
| Chambres, halls et tribunes | Chambres du Sénat et de la Chambre des communes | s/o |
| Amélioration du lobby à deux niveaux pour soutenir la Chambre des communes et la croissance du nombre de députés | s/o | |
| Les tribunes publiques seront rendues conformes au code et universellement accessibles (l’élaboration de la conception sera axée sur la réduction du nombre de sièges). | s/o | |
| Salles de comités | Trois salles de comités pour le Sénat | Salle polyvalente du Sénat |
| Deux salles de comités pour la Chambre des communes | s/o | |
| Bureaux parlementaires | 22 unités de bureaux parlementaires du Sénat, plus le bureau du président | s/o |
| 44 unités de bureaux parlementaires pour les députés, plus le bureau du président | s/o | |
| Nouvel espace parlementaire | Espace intercalaire sur trois niveaux au-dessus du Hall d’honneur pour des bureaux parlementaires, des réunions et des rencontres | s/o |
| Cérémonial | Tour de la Paix, chapelle du Souvenir, hall de la Confédération et Hall d’honneur | Hall d’accueil |
| Soutien aux visites et programme pour les visiteurs | Visites publiques et accès aux tribunes de la Chambre, soutenues par les cours Ouest et Est | Amélioration des installations pour les visites publiques et autres expériences pour les visiteurs en complément des visites (salles de classe, théâtre polyvalent, espace d’exposition et boutique) |
| Soutien aux médias | Salle des dépêches, tribune de la presse et zones de mêlée de presse dans les foyers de la Chambre | Séances d’information pour les médias (Charles Lynch) |
| Services alimentaires | Restaurant du Parlement | Cafétéria parlementaire et café public |
| Administration parlementaire | Bureaux et salles de réunion | Bureaux et aire d’entreposage |
| Sécurité | Sécurité physique et cybernétique | Sécurité physique et cybernétique |
| Toilettes | 95 cabines | 91 cabines |
| Cages d’escaliers | 30 cages d’escaliers | 20 cages d’escaliers |
| Ascenseurs | 17 | 11 |
Méthodologie et approche de calcul des coûts
Les coûts ont été estimés à partir de dessins de l’avant-projet de conception achevé à 90 % produits par le concepteur principal Centrus qui, à titre de coentreprise agissant comme expert-conseil principal, fournit des services d’architecture et d’ingénierie pour le programme de l’édifice du Centre et du Centre d’accueil du Parlement. Les documents de l’avant-projet de conception à 90 % comprenaient des jeux de dessins portant sur les exigences en matière d’architecture, de structure, de mécanique, d’électricité, de durabilité, d’accessibilité, de connectivité, de plans d’intervention patrimoniale et d’aménagement parlementaire.
Turner & Townsend a également intégré la séquence d’entrée révisée du Centre d’accueil du Parlement à la cour de l’édifice du Centre, laquelle a été approuvée par le comité d’examen indépendant de la conception de l’Institut royal d’architecture du Canada, composé d’éminents architectes et professionnels du design canadiens.
Pour établir l’estimation des coûts, Turner & Townsend et PCL/EllisDon, le directeur des travaux, ont évalué de façon indépendante les coûts en fonction des documents de l’avant-projet de conception achevé à 90 %, entre autres en mesurant les quantités à partir des dessins. Pour plusieurs éléments patrimoniaux clés, des provisions fondées sur des analyses comparatives avec d’autres édifices de la Cité parlementaire ont été intégrées à l’estimation. Il convient de noter que la réserve pour éventualités liées à la conception qui a été établie pour l’édifice du Centre servira à financer les augmentations de coûts courantes qui découlent de l’évolution de la portée, y compris les éléments patrimoniaux, tandis que la réserve pour éventualités liées à la construction permettra d’absorber les répercussions de la coordination de conditions de site inconnues, par exemple.
Une fois les estimations indépendantes terminées, une comparaison côte à côte des estimations du directeur des travaux et de Turner & Townsend a été effectuée. Lorsqu’il y avait des divergences dans les données, des mesures numériques ont été prises pour montrer les différences dans les surfaces et les longueurs mesurées et les écarts de coûts qui en résultent. Les tarifs ont été validés au moyen de devis d’entrepreneurs spécialisés ainsi que de données sur les coûts d’autres projets. À la suite du rapprochement complet des estimations, l’écart entre l’estimation du coût net relatif aux corps de métier (avant les exigences générales, les honoraires du directeur des travaux, les réserves pour éventualités, etc.) établie par Turner & Townsend et celle du directeur des travaux était de moins de 3 %. Ce faible pourcentage respecte la fourchette prévue et est exceptionnel à ce niveau d’achèvement de la conception pour un programme de travaux aussi complexe.
Pour compléter le processus, un examen interne indépendant d’assurance et de contrôle de la qualité a été mené par des experts et des autorités chevronnés en matière de calcul des coûts au sein de Turner & Townsend.
Complexités en matière de conception et de construction
Les projets de réhabilitation du patrimoine, surtout ceux de cette ampleur, sont uniques, très complexes et coûteux. L’édifice du Centre est à la fois un complexe parlementaire fonctionnel et un bâtiment public. Pour qu’il puisse s’acquitter de ces deux responsabilités au XXIe siècle et au-delà, il doit faire l’objet d’un large éventail d’interventions de modernisation minutieusement planifiées et exécutées qui respecteront et conserveront les attributs patrimoniaux hautement décoratifs de l’édifice.
Turner & Townsend a sondé l’industrie pour recenser des projets similaires en cours ou en phase de planification. Les projets sont uniques compte tenu de leur portée et, d’après l’analyse de l’industrie et le tableau ci-dessous, le projet de réhabilitation de l’édifice du Centre est le plus complexe.
| Projet de référence | Zone d’activité sismique élevée | Fonction législative permanente | Conservation du patrimoine | Éléments architecturaux décoratifs | Impératifs de sécurité | Long cycle de vie | Substances désignées | Capacité limitée de l’industrie |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Édifice du Centre (Canada) | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui |
| Édifice de l’Ouest (Canada) | Oui | Oui | Non | Non | Oui | Oui | Oui | Oui |
| Édifice Wellington (Canada) | Oui | Oui | Non | Non | Oui | Non | Oui | Oui |
| Édifice de la Cour suprême (Canada) | Oui | Non | Oui | Non | Non | Oui | Oui | Oui |
| Holyrood (Royaume-Uni) | Non | Oui | Non | Non | Oui | Non | Non | Non |
| Hôtel de ville de Manchester (Royaume-Uni) | Non | Oui | Oui | Oui | Non | Non | Oui | Non |
| Palais de Westminster (Royaume-Uni) | Non | Oui | Oui | Oui | Oui | Non | Oui | Non |
| Portcullis House (Royaume-Uni) | Non | Non | Non | Non | Oui | Oui | Non | Non |
| Centre d’accueil du Parlement (Canada) | Oui | Oui | Non | Non | Oui | Oui | Non | Oui |
| Phase 1 du Centre d’accueil des visiteurs (Canada) | Oui | Oui | Non | Non | Oui | Oui | Non | Oui |
| Édifice de l’Assemblée nationale du Québec (Canada) | Oui | Oui | Non | Non | Oui | Non | Non | Oui |
Principales conclusions du programme d’évaluation
Étant donné la complexité et l’ampleur de ce projet, Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) a réalisé un programme d’évaluation complet dans le but de réduire les risques liés au programme et d’éclairer l’avant-projet de conception et les stratégies de construction en aval. Les principales conclusions du programme d’évaluation sont :
Patrimoine et architecture
- Modélisation des données du bâtiment (MDB) complète à l’usage de l’équipe de conception
- Fondement de la stratégie de conservation.
Archéologie
- Amélioration du registre archéologique du site
- Plus de 90 000 artéfacts trouvés et catalogués.
Environnement
- Base d’une évaluation approfondie des effets sur l’environnement du projet et plan de gestion de l’environnement pour soutenir la période de construction
- Base de référence complète permettant de mesurer les initiatives de durabilité.
Substance désignées
- Pas de conditions exagérées dans l’édifice existant
- Solide bilan de gestion des substances résiduelles qui resteront encapsulées dans certains éléments de construction
- Facilitation de l’élaboration d’une stratégie sur les substances désignées.
Systèmes structuraux
- La résistance structurale de l’édifice est meilleure que prévu, ce qui permettra d’optimiser les interventions de conception.
Systèmes géotechniques et d’ingénierie civile
- Présence confirmée d’une formation rocheuse de classe A qui permettra d’optimiser la conception des fondations et des structures
- Compréhension approfondie de l’état des raccordements des infrastructures municipales et de génie civil desservant l’édifice.
Systèmes mécaniques et électriques
- Conditions confirmées de chauffage, de refroidissement et d’humidité nécessaire au maintien de la structure patrimoniale pendant la construction
- Limitation pour de nombreux services
- Confirmation des contraintes et de la nécessité d’une nouvelle stratégie de distribution pour les systèmes mécaniques et électriques.
Certains des principaux défis et complexités du programme, qui sont également d’importants facteurs de coût, sont décrits ci-dessous.
Patrimoine
Bien que de nombreux projets visant la modernisation d’immeubles comportent des éléments patrimoniaux, l’étendue des éléments patrimoniaux et architecturaux décoratifs qui font partie intégrante de la structure de l’édifice du Centre est très vaste et sans précédent au Canada, et rare dans le monde. L’édifice lui-même est une œuvre d’art : il compte plus de cinquante pièces à haute valeur patrimoniale qui contiennent des éléments décoratifs uniques et importants, qu’il soit question des plafonds des chambres du Sénat et de la Chambre des communes, des dix-sept murales d’Arthur Crisp, des vitraux et des fenêtres à carreaux serties de plomb, des travaux de menuiserie, du plâtre décoratif et des dispositifs d’éclairage.
Il est nécessaire de procéder à une évaluation complète, une conception sur mesure et une construction soignée pour intégrer comme il se doit des éléments modernes dans la fibre patrimoniale. Ainsi, le processus de modernisation de l’édifice et de conservation de ses éléments patrimoniaux prend plus de temps et entraîne des coûts supplémentaires. Par exemple, pour intégrer de nouvelles installations techniques et structurelles, il faut ouvrir des murs qui sont eux-mêmes des biens patrimoniaux. Dans le cadre de la modernisation de la chambre du Sénat, il faut conserver sur place le plafond de plâtre orné de feuilles d’or et de décorations peintes au pochoir, tout en en renforçant la structure.
Non seulement les projets de réhabilitation du patrimoine sont plus coûteux, mais il est aussi plus difficile de les comparer en raison de leur caractère unique et de l’état propre à chaque élément patrimonial. Par exemple, les stratégies de conservation des plafonds des chambres du Sénat et de la Chambre des communes (et les coûts qui en découlent) sont très différentes de celles adoptées pour les murales d’Arthur Crisp, situées dans l’édifice du Centre, et très différentes encore de celles adoptées pour la mosaïque de Norman Rockwell au Siège des Nations Unies.
Salle du Sénat et tribunes
La salle du Sénat, située du côté est de l’édifice du Centre, est l’endroit où la reine et le gouverneur général viennent s’adresser au Parlement et donner la sanction royale aux projets de loi. Les tribunes de la Chambre permettent au public et aux médias d’observer les délibérations du Sénat. Le nombre de sénateurs n’augmente pas avec la croissance démographique et reste stable à 105.
Ce haut lieu du patrimoine sera conservé et modernisé afin d’améliorer l’accès des Canadiens au processus démocratique, y compris la reconstruction de la tribune de la Chambre afin de fournir un accès universel complet ainsi que l’intégration de la technologie moderne, y compris la radiodiffusion, dans son empreinte actuelle. Le coût de construction pour la rénovation de cet espace fonctionnel est de l’ordre de 60 millions de dollars.
Source : site Web du Sénat du Canada
La salle du Sénat avant le début du projet. Crédit image : Sénat du Canada.
Complexité structurelle et mise à niveau des systèmes du bâtiment
L’édifice du Centre comporte une charpente en acier et une maçonnerie porteuse. Pour satisfaire aux exigences des codes modernes, il faudra améliorer la structure, ainsi que procéder à la mise à niveau des éléments parasismiques. Il est à noter qu’Ottawa se trouve dans la deuxième zone sismique la plus active du Canada.
Pour répondre aux exigences parasismiques, on appliquera une solution d’isolement du soubassement à l’édifice du Centre, plutôt que de procéder à une amélioration structurelle et parasismique traditionnelle. Bien que cette technologie soit éprouvée et utilisée fréquemment dans la région Asie-Pacifique ainsi que sur la côte ouest de l’Amérique du Nord, c’est la première fois que cette approche sera appliquée dans la Cité parlementaire. Le recours à une technologie d’isolement du soubassement réduit les coûts d’environ 200 millions de dollars, mais ce qui est peut-être encore plus important, c’est qu’il permet d’éviter un large éventail d’interventions structurelles qui auraient un impact négatif sur la fibre patrimoniale de l’édifice du Centre. L’isolement du soubassement sera également plus efficace en cas d’événement sismique, ce qui réduira le risque de dommages à l’édifice du Centre pendant un tremblement de terre.
Les améliorations structurelles et parasismiques restent cependant complexes, et le risque que des conditions existantes imprévues entraînent des coûts supplémentaires est généralement beaucoup plus élevé dans les projets patrimoniaux. De plus, une quantité considérable de mesures de soutien temporaires complexes et une surveillance sont nécessaires pour s’assurer que l’édifice du Centre et la tour de la Paix ne subissent pas de conséquences pendant la construction. Ces considérations doivent être prises en compte dans l’établissement d’une réserve pour éventualités adéquate en ce qui concerne la construction.
En plus des améliorations structurelles et sismiques, des installations techniques modernes et adaptées devront être intégrées dans l’édifice du Centre et le Centre d’accueil du Parlement. Dans l’édifice du Centre, les travaux comprennent l’enlèvement et le remplacement complet des systèmes de protection contre les incendies, des systèmes mécaniques et électriques, de la plomberie et des ascenseurs, ainsi que l’installation d’une nouvelle infrastructure informatique et de sécurité. La décision visant à déterminer la répartition de ces systèmes, dans un édifice qui présente d’importantes contraintes d’espace, est complexe. De plus, ces nouveaux systèmes doivent s’intégrer de façon transparente dans la fibre patrimoniale existante de l’édifice. Bon nombre de ces éléments de conception seront finalisés au cours de la phase d’élaboration de la conception du programme. Par conséquent, une réserve suffisante pour les éventualités de conception a été prise en compte dans l’estimation des coûts pour soutenir le processus d’élaboration de la conception.
Comment fonctionne l’isolation à la base
Description longue du fonctionnement de l’isolation à la base
Comment fonctionne l’isolation à la base
Une image divisée en deux parties.
Partie 1 : l’édifice du Centre
Un diagramme de l’édifice du Centre, et des structures et du sol en dessous.
Sous l’édifice se trouve une tranchée désignée comme un « fossé sismique ».
Fossé sismique
- Une tranchée de 1,5 m de large
- Assez large pour accueillir les travaux de maintenance
- Fournit un espace permettant jusqu’à 20 cm de mouvement dans n’importe quelle direction.
La base de l’édifice est soutenue par des objets appelés « isolateurs ».
Isolateur
L’édifice du Centre sera soutenu par environ 560 de ces colonnes flexibles.
Les fondations se trouvent sous le fossé.
Dans la zone représentant le sol sous les fondations, une flèche horizontale qui pointe dans les 2 directions représente les mouvements au sol.
En dessous, il est écrit :
Système de suspension sismique
L’édifice de Centre reposera sur une solide base d’acier et de béton armé soutenue, à son tour, par des isolateurs ancrés aux fondations du bâtiment.
Partie 2 : l’isolateur à la base
Une illustration agrandie d’un isolateur.
Sous la base de l’édifice se trouve un cylindre désigné comme une « colonne flexible ».
Colonne flexible
Fabriquée à partir d’une combinaison de caoutchouc et d’acier avec un cœur en plomb.
La colonne flexible repose sur une colonne en béton.
Dans la zone représentant le sol sous les fondations, une flèche horizontale qui pointe dans les 2 directions représente les mouvements au sol.
Non plus sur un sol instable
Chaque isolateur peut se plier et fléchir, absorbant l’énergie générée par un tremblement de terre tandis que le bâtiment au-dessus reste relativement immobile.
Sécurité
Le contexte mondial et national en matière de sécurité a entraîné une augmentation continue de l’infrastructure de sécurité dans la Cité parlementaire au fil du temps, l’objectif principal étant de protéger les institutions démocratiques du Canada, les personnes qui y travaillent et les visiteurs. Au même moment, la Cité parlementaire accueille des millions de visiteurs par année, et nombre d’entre eux viennent voir l’édifice du Centre et prendre part à la démocratie parlementaire du Canada. Il est essentiel de mettre en œuvre une approche de sécurité qui concilie les besoins d’un édifice législatif en activité et l’ouverture du Parlement.
Les exigences en matière de sécurité de la Cité parlementaire, y compris l’édifice du Centre et le Centre d’accueil du Parlement, sont établies par le Parlement et sont fondées sur des évaluations exhaustives des menaces et des risques également élaborées par le Parlement. Bien qu’une collaboration ait eu lieu avec les administrations du Sénat, de la Chambre des communes et du Service de protection parlementaire afin de faire progresser la stratégie et les exigences en matière de sécurité de l’édifice du Centre et du Centre d’accueil du Parlement, et que d’importants progrès aient été accomplis, ces exigences (améliorations structurelles, capacités de balayage, surveillance et cybersécurité) sont encore en cours de finalisation. Des hypothèses concernant la planification et des analyses comparatives avec des projets déjà réalisés dans la Cité parlementaire ont été utilisées pour établir une provision théorique pour la sécurité. La finalisation des exigences de sécurité, ainsi que tout changement ultérieur, aura un impact direct sur la portée et le calendrier du programme.
L’infrastructure de sécurité et les procédures de protection comportent de multiples facettes, sont axées sur le campus et se situent à plusieurs niveaux. Contrairement à d’autres éléments du programme, le contexte de la sécurité est en constante évolution, et les exigences en matière de sécurité sont très susceptibles de changer en fonction des nouvelles menaces et de la disponibilité de nouvelles solutions technologiques. Des projets de la Cité parlementaire, notamment à l’édifice de l’Ouest et à l’édifice du Sénat du Canada, et d’autres projets ailleurs dans le monde, comme au Siège des Nations Unies, ont subi des changements de ce type. En effet, des changements apportés aux exigences de sécurité pendant la construction ont eu des répercussions négatives sur le coût et le calendrier du projet.
Par conséquent, il est important d’établir une réserve pour éventualités adéquate en ce qui concerne la conception et la construction, ainsi qu’une provision au titre des risques comme mesure d’atténuation de ce risque, comme cela a été fait avec succès pour l’édifice de l’Ouest et le Sénat du Canada.
La sécurité et la modernisation du siège des Nations Unies
En 2015, le Government Accountability Office des États Unis a indiqué que le projet de modernisation et de restauration du complexe du siège des Nations Unies avait trois (3) ans de retard et avait dépassé son budget de 379 millions de dollars (US), en grande partie à cause des mesures de sécurité renforcées adoptées pendant le projet.
Pendant la construction, l’Assemblée générale des Nations Unies a approuvé de nouvelles exigences en matière de sécurité. Le renforcement de la sécurité a à lui seul retardé le projet de près d’un an.
Les exigences de sécurité renforcée ont été ajoutées au projet en 2011 en raison des menaces croissantes auxquelles les Nations Unies sont confrontées au niveau mondial. Au cours du projet, les Nations Unies, le gouvernement américain et la Ville de New York ont cerné des améliorations de sécurité supplémentaires qui n’avaient pas été envisagées dans le plan de modernisation initial.
Source : Government Accountability Office du gouvernement des États Unis, rapport au président du comité du sénat des États Unis sur les relations étrangères, « United Nations Renovations : Original Scope Reduced and Project Over Budget, but Lessons Learned Could Improve Future Projects », mai 2015.
Substances désignées
Le programme d’évaluation a permis de déterminer les quantités et l’emplacement des substances désignées dans l’édifice du Centre. Le programme d’élimination, qui a commencé dans les zones patrimoniales à faible impact où l’enlèvement est plus facile, est maintenant achevé à environ 50 % et a permis d’enlever environ 4 000 tonnes métriques de substances désignées (principalement de l’amiante) à ce jour. Selon les constatations actuelles, l’investissement dans le programme d’évaluation a amélioré l’exactitude des documents de conception, ce qui se traduit par un nombre moindre d’ordres de modification pendant l’exécution de la construction. Toutefois, les travaux de démolition et d’élimination qui ont commencé dans les zones à forte valeur patrimoniale de l’édifice exigent plus de main-d’œuvre et sont plus coûteux. Ces travaux comportent une possibilité accrue de découverte de conditions imprévues. Cette possibilité a été prise en compte dans l’établissement de la réserve pour éventualités liées à la construction, au cas où des travaux d’élimination supplémentaires seraient nécessaires. L’édifice de l’Ouest, qui n’a pas bénéficié d’un programme d’évaluation complet, a dû faire l’objet de beaucoup plus de travaux d’élimination que ce qui avait été prévu à l’origine, ce qui a entraîné une utilisation plus importante des réserves pour éventualités pour cette partie des travaux.
Conditions imprévues
L’édifice du Centre a été construit rapidement, en temps de guerre, il y a 100 ans. Il n’existe pas de documentation précise et détaillée, y compris des plans conformes à l’ouvrage fini qui comprennent les dimensions exactes et les conditions des travaux effectués pendant la construction originale de l’édifice. Comme il a été mentionné plus haut dans le présent rapport, SPAC a mené le programme d’évaluation le plus complet entrepris à ce jour dans la Cité parlementaire afin de réduire les risques du programme et d’éclairer le processus de conception. Bien que le programme d’évaluation ait grandement éclairé le processus de conception, les conditions imprévues représentent toujours un risque inconnu important, dont les répercussions sur les coûts et le calendrier ne peuvent être entièrement quantifiées dès le début du projet. Par conséquent, une réserve pour éventualités adéquate en ce qui concerne la construction a été établie pour faire face aux conditions imprévues. SPAC continuera à surveiller de près les changements qui découlent des conditions imprévues du site afin d’atténuer leur impact autant que possible.
Bien que les conditions imprévues mises au jour à l’édifice du Centre soient encore limitées, un exemple récent est la fondation de moellons du côté est de l’édifice du Centre qui, lorsqu’elle a été exposée dans le cadre des activités d’excavation, s’est avérée être en moins bon état que prévu. Il a donc fallu procéder à un renforcement supplémentaire dans ce secteur avant que les activités d’excavation adjacentes puissent commencer. Ces travaux ont été financés au moyen de la réserve pour éventualités liées à la construction prévue dans la provision initiale de fonds servant à couvrir les dépenses prévues jusqu’en 2021 à 2022.
Chambre des communes
La Chambre des communes, qui abrite la Chambre élue du Parlement canadien, est située sur le côté ouest de l’édifice du Centre. Ce haut lieu du patrimoine sert à la fois aux procédures cérémonielles et aux activités principales telles que les débats et l’adoption de lois visant à tracer la voie démocratique du pays.
Dans le but de protéger le patrimoine, le Bureau de régie interne de la Chambre des communes a décidé de ne pas agrandir la Chambre, mais plutôt de concentrer les efforts sur sa modernisation. Afin de tenir compte de l’augmentation du nombre de députés au fil du temps, on étudie la possibilité de modifier l’aménagement des sièges.
Ce haut lieu du patrimoine sera modernisé afin d’améliorer l’accès de la population canadienne au processus démocratique, y compris la reconstruction des tribunes de la Chambre afin de fournir un accès universel complet ainsi que l’intégration de la technologie moderne, y compris la radiodiffusion, dans son empreinte actuelle. Le coût de la rénovation de cet espace fonctionnel est de l’ordre de 113 millions de dollars.
Un autre aspect essentiel est la conservation des éléments du patrimoine tels que les vitres plombées et les vitraux, les parquets en teck et en ébène, les luminaires d’origine à caractère patrimonial, les boiseries décoratives, y compris les lambris et les portes, les murs et les sculptures en pierre de Tyndall, le plâtre décoratif et le plafond en lin peint.
Un dessin architectural de la salle de séance de la Chambre des communes. Source : Centrus.
Opinion sur le coût probable
La présente opinion sur le coût probable porte sur les coûts de construction de base associés à la restauration et à la modernisation de l’édifice du Centre, ainsi qu’à la construction du Centre d’accueil du Parlement, conformément au tableau récapitulatif ci-dessous :
| Ventilation des coûts | Coûts de l’édifice du Centre | Coûts du Centre d’accueil du Parlement |
|---|---|---|
| Coût net de la construction | 1 540 065 366 $ | 447 896 093 $ |
| Exigences générales + honoraires du directeur des travaux + cautions et assurances | 462 019 610 $ | 118 657 414 $ |
| Total partiel : Estimation des coûts de construction | 2 002 084 976 $ | 566 553 507 $ |
| Réserve pour éventualités liées à la conception | (25 %) 385 016 342 $ | (15 %) 67 184 414 $ |
| Réserve pour éventualités liées à la construction | (20 %) 308 013 073 $ | (10 %) 44 789 609 $ |
| Total partiel, sans indexation | 2 695 114 391 $ | 678 527 530 $ |
| Indexation des coûts de base | 304 877 241 $ | 54 179 000 $ |
| Total : Estimation des coûts de construction de base | 2 999 991 632 $ | 732 706 530 $ |
Analyse du coût net du bâtiment
Le coût net de la construction est défini comme étant les dépenses associées aux matériaux et à la main-d’œuvre nécessaires à la réalisation des travaux sur place. Pour le Programme de réhabilitation de l’édifice du Centre, cela englobe un grand nombre d’activités, notamment : la réhabilitation de la maçonnerie, le remplacement des fenêtres, l’excavation et la mise à niveau des fondations et des éléments parasismiques, la conservation des caractéristiques patrimoniales (édifice du Centre seulement), la construction intérieure et les finitions, ainsi que la mise à niveau complète de tous les systèmes électriques et mécaniques de l’édifice et de son infrastructure—chauffage, refroidissement, ventilation, protection-incendie, plomberie, électricité et ascenseurs—en mettant l’accent sur la durabilité qui aidera à rendre l’édifice neutre en carbone.
Après un examen minutieux de la portée de la conception à 90 % et du raffinement de la conception approuvé par le comité d’examen indépendant de la conception de l’Institut royal d’architecture du Canada, Turner & Townsend est d’avis que le coût net de la construction est suffisant pour réaliser la portée définie, mais formule les observations suivantes :
- Les coûts liés à la mise en place du chantier sont connus en raison des travaux déjà exécutés
- Le programme d’évaluation complet qui a été exécuté a permis d’éclairer la conception; il a ainsi réduit le besoin d’augmenter davantage les réserves pour éventualités liées à la conception et à la construction
- Les travaux d’excavation relatifs au Centre d’accueil du Parlement, qui constituent un élément de coût substantiel connu étant donné que le bâtiment est entièrement souterrain, sont bien avancés et se situent dans les limites des prévisions de coûts précédentes
- La plupart des orientations clés confirmant la portée du projet ont été fournies par le Parlement, à l’exception des services de sécurité, d’alimentation et des médias. Pour compléter l’estimation, des hypothèses ont été formulées sur ces éléments et Services publics et Approvisionnements Canada établira une provision pour risque en partie pour tenir compte de l’incertitude sur ces éléments.
Analyse des exigences générales
Il est à noter que Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) a embauché un directeur des travaux aux fins de l’exécution du programme. Les coûts connexes sont indiqués dans le tableau de ventilation des coûts sous les postes suivants : exigences générales; frais engagés sur le chantier pour faciliter l’ensemble des travaux; honoraires du directeur des travaux; coûts associés aux services professionnels fournis par l’entrepreneur pour superviser la planification, la conception et la construction du projet; et coûts d’assurance et de cautions versés à l’entrepreneur pour le protéger contre les perturbations ou les pertes financières si l’entrepreneur ne respecte pas les spécifications ou les objectifs du projet. Dans le cas de la réhabilitation de l’édifice du Centre, cette méthode d’exécution est recommandée compte tenu de la complexité du programme, du niveau de risque élevé étant donné la nature patrimoniale du projet et de l’approche consistant à commencer la construction avant que la conception détaillée ne soit finalisée. Les activités de construction simultanées permettent à SPAC de faire avancer certaines parties de la conception (par exemple, l’excavation) et de limiter les coûts liés à l’indexation qui s’ajouteraient si le projet était acquis d’un seul coup. Le modèle du directeur des travaux offre également une plus grande souplesse et une visibilité sur les montants à payer aux sous-traitants, ce qui réduit les éventuels coûts liés aux réclamations liées au commerce, lesquelles sont financées au moyen du poste budgétaire relatif aux assurances et aux cautions.
Analyse des réserves pour éventualités
Le recours à une réserve pour éventualités liées à la conception et à la construction est une pratique exemplaire établie en matière de gestion de projet; un montant réservé est ainsi ajouté à l’estimation des coûts de base au début du projet pour permettre d’absorber les changements de coûts prévus au fur et à mesure que la conception et la construction évoluent. Le montant de la réserve établie pour un projet donné est fondé sur la complexité et le stade de conception du projet et représente habituellement un pourcentage des coûts nets de construction (coût total de la construction, déduction faite des honoraires du directeur des travaux, des assurances, des exigences générales, des réserves et de l’indexation).
Accessibilité et conception inclusive
La Loi sur l’accessibilité du Canada (projet de loi C-81), qui a reçu la sanction royale en juin 2019, fournit le cadre législatif pour guider la stratégie de conception inclusive de l’édifice du Centre.
SPAC et ses partenaires au Parlement travaillent ensemble pour cerner les obstacles et les solutions possibles qui équilibrent l’intersection entre la préservation du patrimoine et la modernisation. Un comité consultatif sur l’accessibilité, composé de membres d’un certain nombre d’organisations qui travaillent dans le domaine de l’accessibilité (voir l’image ci-dessous), fournit des conseils d’experts pour l’élaboration de l’examen de l’accessibilité universelle et du plan d’action relatif aux projets d’environnement bâti dirigés par SPAC.
Un Canadien sur sept s’identifie comme ayant un handicap et notre population vieillit et vit plus longtemps, ce qui signifie que de plus en plus de Canadiens et de Canadiennes vivront avec un handicap.
Source : Fondation Rick Hansen
Comité consultatif sur l’accessibilité
SPAC a mis sur pied un Comité consultatif sur l’accessibilité (CCA) composé de partenaires et d’intervenants clés.
Partenaires internes
- Partenaires parlementaires
- Sénat
- Chambre des communes
- Bibliothèque du Parlement
- Service de protection parlementaire
- Conseil du Trésor
- Bureau de la sous-ministre à l’Accessibilité au sein de la fonction publique
- SPAC
- Bureau de l’accessibilité
- Directions générales de SPAC
- Services immobiliers
- Autres
- Autres ministères
- Innovation, Sciences et Développement économique Canada
- Statistique Canada
Comité consultatif sur l’accessibilité
Fournir des conseils d’expert en la matière et une orientation pour l’élaboration de l’Examen de l’accessibilité universelle et le plan d’action ainsi que de plusieurs projets liés à l’accessibilité pour l’environnement bâti au sein de la Cité parlementaire et des services immobiliers.
Partenaires externes
- Clients
- Utilisateurs
- Visiteurs
- Organismes voués à l’accessibilité
- Institut national canadien pour les aveugles (INCA)
- Fondation Rick Hansen
- Marche des dix sous
- Association des Sourds du Canada
- Lésions médullaires Canada
- Association des malentendants canadiens
- Accès troubles de la communication Canada
- Association pour la santé environnementale du Québec
- Autres organismes institutionnels
- Commission de la capitale nationale (CCN)
- Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine (BEEFP)
Réserve pour éventualités liées à la conception
Au fur et à mesure que le projet progresse et que le niveau de détail de la conception augmente, la réserve pour éventualités liées à la conception, c’est-à-dire le budget affecté à la résolution de problèmes imprévus depuis la définition de l’avant-projet de conception jusqu’à l’achèvement de la conception détaillée, est utilisée au besoin pour couvrir les coûts nécessaires pour mener à bien la portée actuelle du projet. Il peut s’agir, par exemple, des coûts associés à la coordination de la conception entre les disciplines de conception avant l’appel d’offres, du coût des ajustements à apporter à la conception pour satisfaire pleinement aux besoins parlementaires ou du coût lié à l’intégration des composants mécaniques et électriques dans l’édifice patrimonial.
Le montant de la réserve pour éventualités liées à la conception constituée par SPAC pour l’édifice du Centre et le Centre d’accueil du Parlement, qui correspond à 25 % et à 15 % respectivement, est convenable compte tenu du coût net du bâtiment et lorsqu’il est comparé au pourcentage réservé dans le cadre d’autres projets similaires dans la Cité parlementaire. Le pourcentage plus élevé associé à la réserve pour l’édifice du Centre est directement lié à la complexité accrue de sa conception. La réserve pour éventualités liées à la conception sera utilisée au besoin tout au long de la phase d’élaboration de la conception du programme afin de soutenir le raffinement de la conception. En général, le montant de la réserve est plus élevé lorsque la conception est à un stade conceptuel (faible niveau de détail). Au fur et à mesure que la conception progresse dans les stades de l’avant projet et de la conception détaillée, on s’attend à ce que la réserve soit utilisée pour soutenir l’élaboration de la portée (par exemple, l’ajustement de la taille des poutres structurelles et de la disposition des conduits) jusqu’à ce que l’ensemble de la conception fasse l’objet d’un appel d’offres. À mesure que la conception progresse, la certitude concernant les coûts augmente. Pour que l’élaboration de la conception soit couronnée de succès, un solide processus de contrôle des changements doit être mis en œuvre afin que l’utilisation de la réserve pour éventualités puisse être activement gérée. Turner & Townsend recommande que les dépenses effectuées au moyen de la réserve fassent l’objet d’un suivi et de rapports réguliers. On veillera ainsi au respect des limites budgétaires et à l’utilisation appropriée de la réserve, conformément au plan d’exécution du programme élaboré pour le projet.
La réserve pour éventualités liée à la conception n’est pas destinée à couvrir l’ajout d’éléments de travail au programme ou l’élargissement de sa portée. Tout nouvel élément de portée est financé de façon externe, soit au moyen de la provision pour risques si le changement vise à répondre à une exigence fonctionnelle cernée existante, soit par le partenaire externe qui souhaite intégrer les changements pour permettre une fonctionnalité nouvellement cernée.
L’emblématique tour de la Paix de l’édifice du Centre
Haute de près de 100 mètres, l’emblématique tour de la Paix constitue la pièce maîtresse de la démocratie canadienne. Au cœur de la tour de la Paix, le carillon abrite cinquante-trois cloches dont le poids varie entre 10 090 kilogrammes et 4,5 kilogrammes, en souvenir des sacrifices et du service des Canadiens pendant la Première Guerre mondiale.
La modernisation de cet important symbole canadien comprend l’isolation du soubassement et d’importantes améliorations structurelles pour satisfaire aux exigences des codes modernes. La maçonnerie sera modernisée, et les sculptures et les pierres sculptées seront soigneusement inspectées et restaurées par le sculpteur du Dominion.
Dans le cadre de la stratégie d’accessibilité universelle plus large, il y aura désormais un chemin direct et accessible à tous entre la flamme du centenaire et l’entrée officielle, vers la tour de la Paix, la Chapelle du Souvenir, et la plateforme d’observation, qui demeureront des incontournables pour les visiteurs du Parlement.
L'édifice du Centre. Source : Services publics et Approvisionnement Canada.
Réserve pour éventualités liées à la construction
En général, la réserve pour éventualités liées à la construction concerne la somme allouée pour couvrir les travaux supplémentaires ou inattendus pendant la phase de construction d’un projet. Elle permet de protéger le projet contre tout problème ou enjeu inattendu et d’éviter les dépassements de coûts. La réserve est utilisée en appui des travaux exécutés sur place au fur et à mesure que des problèmes imprévus surviennent. Par exemple, pour l’édifice du Centre, on pourra puiser dans la réserve pour éventualités liées à la construction pour réparer la charpente d’acier située derrière la façade en maçonnerie existante, laquelle est en moins bon état que prévu, ou pour déplacer le câblage lorsque l’on découvre un conflit avec d’autres éléments du mur. On pourra également recourir à cette réserve pour couvrir les clarifications de la portée pendant la construction, les coûts associés à la prolongation ou à l’accélération du calendrier ou les coûts associés à des conditions météorologiques anormales.
Le montant de la réserve pour éventualités liées à la construction constituée par SPAC pour l’édifice du Centre et le Centre d’accueil du Parlement, qui correspond à 20 % et à 10 % respectivement, est convenable compte tenu du coût net du bâtiment et lorsqu’il est comparé au pourcentage réservé dans le cadre d’autres projets similaires dans la Cité parlementaire. Pour que la gestion de la réserve pour éventualités liée à la construction soit couronnée de succès, un solide processus de contrôle des changements doit être mis en œuvre afin que l’utilisation de la réserve puisse être activement gérée. Tout comme pour la gestion de la réserve pour éventualités liées à la conception, Turner & Townsend recommande que les dépenses effectuées au moyen de la réserve fassent l’objet d’un suivi et de rapports réguliers. On veillera ainsi au respect des limites budgétaires et à l’utilisation appropriée de la réserve, conformément au plan d’exécution du programme élaboré pour le projet. À l’instar de la réserve associée à la conception, la réserve pour éventualités liées à la construction ne couvre pas les coûts qui découlent d’un changement de portée.
Une réserve pour éventualités de construction de 20 % pour l’édifice du Centre et de 10 % pour le Centre d’accueil du Parlement est raisonnable par rapport à d’autres projets comparables dans la Cité parlementaire. Le pourcentage inférieur accordé à la réserve liée à la construction par rapport à celle liée à la conception est adéquat, vu l’adoption par SPAC d’une stratégie d’aide à la conception dans le cadre de laquelle des entrepreneurs spécialisés sont directement consultés pendant la phase de conception du projet pour éclairer le processus de conception, dans le but d’éviter des changements coûteux en aval et de réduire les précisions coûteuses de la conception en cours de construction. À la lumière de cette information, le niveau de la réserve pour éventualités liées à la construction est convenable, car il reflète le processus de conception collaborative. En outre, la réserve pour éventualités liées à la construction établie pour le Centre d’accueil du Parlement est considérablement moins élevée que celle de l’édifice du Centre, puisque cette dernière vise une nouvelle construction, beaucoup moins complexe. Vu sa moindre complexité, la réserve constituée pour le Centre d’accueil du Parlement est légèrement moins élevée que la moyenne dans la Cité parlementaire, et celle constituée pour l’édifice du Centre est plus élevée que la moyenne, mais correspond à celle établie pour l’édifice de l’Ouest, par exemple, en raison de sa portée plus large et de la plus grande complexité de l’édifice du Centre sur le plan des caractéristiques patrimoniales.
Durabilité
L’une des priorités du programme de réhabilitation de l’édifice du Centre est de faire preuve de leadership en matière de durabilité. L’édifice du Centre, qui figure parmi les pires biens du portefeuille de SPAC pour ce qui est du rendement et de l’émission de gaz à effet de serre, deviendra neutre en carbone. Sa consommation d’énergie sera réduite de plus de 75 % et sa consommation d’eau, de plus de 50 %.
Une approche de conception globale est mise à profit pour obtenir le meilleur rapport qualité-prix pour les Canadiens, et vise à faire preuve d’un leadership exceptionnel en matière de durabilité dans un contexte patrimonial, à parvenir à la neutralité carbone et à atteindre un niveau élevé d’efficience énergétique. Pour y arriver, il faudra des décisions intégrées en matière de construction et de conception, une planification durable des sites, des choix technologiques novateurs et des changements de comportement qui favorisent la santé et le bien-être.
Dans le cadre du Programme de réhabilitation de l’édifice du Centre, on a développé une vision globale qui s’aligne sur de nombreuses stratégies gouvernementales existantes.
Vision holistique du Programme de réhabilitation de l'édifice du Centre
Description longue de la vision globale du programme de réhabilitation de l’édifice du Centre
Les mots « Vision globale » dans un cercle sont entourés des termes suivants : Patrimoine, Intégration de la Cité à la communauté, Résilience climatique, Gérance environnementale, Bâtiment intelligent centré sur les occupants, Santé et bien-être, Gérance des ressources et Neutre en carbone.
Analyse de l’indexation
L’indexation fait référence aux fluctuations du coût ou du prix de biens ou de services dans une économie pendant une période donnée. Les hausses des coûts sont généralement dues aux forces du marché et reflètent la hausse du coût de la main-d’œuvre, des matériaux et de l’équipement nécessaires à la réalisation des projets. Certains facteurs d’augmentation visent uniquement certains métiers de la construction (par exemple, ferronnerie) ou certains matériaux (par exemple, prix du ciment ou du bois d’œuvre). Par ailleurs, l’indexation peut augmenter de manière plus marquée sur certains marchés, comme c’est le cas actuellement à Ottawa, lorsque plusieurs grands projets complexes réalisés au même moment sont en concurrence pour obtenir les mêmes matériaux et embaucher les mêmes travailleurs. Dans le contexte économique d’une pandémie mondiale en raison de la COVID-19 comme celle que nous connaissons aujourd’hui, il est difficile d’anticiper les taux d’indexation, qui sont actuellement élevés. En ce qui concerne le Programme de réhabilitation de l’édifice du Centre, on s’attend à ce que les taux d’indexation se stabilisent avec le temps. Les coûts autorisés pour le programme ont été calculés d’après des indices d’inflation par région et par industrie, publiés par le Conference Board du Canada. Turner & Townsend adopte les taux d’indexation inclus dans les coûts de base estimatifs figurant dans le présent rapport, et approuve l’utilisation d’une provision pour risques pour absorber les fluctuations du marché. Toute augmentation de l’indexation au-delà d’un certain taux sera nécessairement financée par la provision pour risques. Il est prudent de prévoir une provision pour risques pour de telles éventualités, puisqu’il est très difficile d’anticiper les taux d’indexation dans l’industrie de la construction, ce qui rend difficile de prévoir précisément les coûts de la main-d’œuvre et des matériaux inclus dans les coûts de base de la construction.
Risque
Prévoir une provision pour risques pour un programme, en plus des réserves pour les éventualités liées à la conception et à la construction, constitue une pratique exemplaire en gestion de projet, et permet de se prémunir contre diverses éventualités comme la modification de la portée ou d’autres impondérables comme l’indexation. Turner & Townsend a effectué une analyse statistique pour déterminer si la provision pour risques actuelle était adéquate, compte tenu des risques connus actuels du programme (indexation, changements de portée, etc.). Cette analyse a permis de déterminer que la provision pour risques établie par SPAC (entre 15 % et 35 %) est adéquate compte tenu de l’incertitude sur la portée des travaux dans l’attente de décisions essentielles, la construction de l’édifice du Centre et du Centre d’accueil du Parlement pendant les premières étapes d’exécution, la difficulté accrue d’anticiper l’indexation en contexte de pandémie, et l’ampleur et la complexité du programme, entre autres. En outre, le recours à l’aide à la conception directement auprès d’entrepreneurs spécialisés pendant la phase de conception du projet atténuera les risques d’instructions données sur le chantier et de modifications de la conception pendant la phase ultérieure de construction.
Compte tenu des facteurs susmentionnés, Turner & Townsend est d’avis que SPAC a bien mesuré l’enveloppe liée au risque compte tenu de la nature du projet, et que cette enveloppe est proportionnelle à celle d’autres projets menés dans la Cité parlementaire, notamment à l’édifice de l’Ouest et à l’édifice du Sénat du Canada, pour lesquels on a prévu une provision pour risques d’environ 25 % et de 15 % des coûts, respectivement. À la lumière de ces normes dans l’industrie, du niveau de maturité et de complexité du programme, et de l’analyse comparative, Turner & Townsend approuve la fourchette de risque portée par SPAC. Il est à noter que Turner & Townsend recommande fortement à SPAC d’adopter un cadre robuste de gestion du risque pour assurer une gestion efficace des provisions pour risques et veiller à ce que les fonds soient adéquatement octroyés et suivis tout au long du programme, conformément aux pratiques exemplaires dans l’industrie.
Conclusion
Turner & Townsend a mené une analyse détaillée afin de garantir l’exactitude de la méthode d’établissement des coûts et l’optimisation des ressources. Le coût repose sur les travaux essentiels requis pour respecter les codes du bâtiment, assurer la santé et la sécurité au Parlement et restaurer le patrimoine bâti, ainsi que pour moderniser l’édifice afin de répondre aux exigences fonctionnelles du Parlement. Turner & Townsend est convaincu que l’estimation des coûts de construction de base présentée dans ce rapport n’a qu’une marge d’erreur de 10 à 15 %, ce qui se traduit en un niveau de certitude élevé en ce qui concerne la réalisation du programme dans les limites du budget actuel, y compris les éventualités établies et la provision pour risques, pourvu qu’aucun changement majeur ne soit apporté au programme fonctionnel et que les coûts ne connaissent pas d’augmentation extrême.
Les montants attribués aux éventualités et à la provision pour risques pour l’édifice du Centre correspondent à ceux attribués pour l’édifice de l’Ouest et l’édifice du Sénat du Canada.
| Analyse comparative | Édifice du Centre | Centre d’accueil du Parlement | Édifice de l’Ouest | Sénat du Canada |
|---|---|---|---|---|
| Éventualités liées à la conception et à la construction | 45 % | 25 % | 35 % | 30 % |
| Provision pour risques | 15 à 35 % | 15 à 35 % | 25 % | 15 % |
Les montants attribués aux éventualités et à la provision pour risques seraient adéquats si le programme était réalisé tel qu’il est actuellement envisagé, mais ne seraient pas suffisants pour absorber des changements importants dans sa portée, par exemple si survenait un grave incident de sécurité.
Après avoir mené un processus de rapprochement complet avec l’estimation menée en parallèle par le directeur des travaux, Turner & Townsend estime que le coût net de la main d’œuvre (avant les exigences générales, les honoraires du directeur des travaux, les éventualités, etc.) correspond à 3 % près à l’estimation du directeur des travaux. Pour un projet de cette ampleur et de cette complexité, cet écart correspond à ce qui est attendu, et est également exceptionnel vu l’avancement actuel de la conception. Comme les deux estimations reposent sur des méthodes d’estimation différentes, on peut conclure avec certitude que les coûts rendent bien compte de la conception actuelle.
Nous sommes d’avis que les provision pour risques du programme sont adéquates, tant pour la conception (édifice du Centre : 25 %; Centre d’accueil du Parlement : 15 %) que pour la construction (édifice du Centre : 20 %; Centre d’accueil du Parlement : 10 %), et qu’elles correspondent aux normes de l’industrie et aux projets de référence dans la Cité parlementaire (entre 25 % et 35 % au total pour les provisions liées à la conception et à la construction). Les provision pour risques correspondent aux normes de l’Association for Advancement of Cost Engineering international. Turner & Townsend approuve également les valeurs d’indexation présentées dans ce rapport, d’après les indices industriels actuels disponibles, de même que l’enveloppe de risque mise de côté pour anticiper les fluctuations du marché. De plus, Turner & Townsend appuie la provision pour risques portée par Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) (entre 15 % et 35 %), et qui correspond à ce que nous avons constaté dans des projets d’envergure et de complexité similaires. La limite supérieure permettra d’accéder à un fonds de risque assez élevé pour faire face aux impondérables qui peuvent survenir au cours d’un projet très complexe et long, et la limite inférieure constitue un objectif ambitieux pour atténuer de manière adéquate les risques contrôlables, comme ceux liés aux changements liés à la portée.
L’estimation des coûts et la fourchette budgétaire (4,5 milliards de dollars à 5 milliards de dollars) utilisées par SPAC sont adaptées aux éventualités et aux risques liés à l’exécution adéquate de la portée du projet actuelle. Pour assurer la bonne gestion du montant estimatif, Turner & Townsend recommande fortement à SPAC, à l’équipe de conception et au directeur des travaux de mettre en place un solide processus de contrôle des changements afin de gérer les imprévus de manière efficace, de surveiller tous les imprévus et d’en rendre compte régulièrement au cours des phases d’élaboration de la conception (pour éviter les changements graduels de conception qui se traduisent par des changements majeurs au programme) et de construction (en menant des inspections des lieux et en étayant bien les documents d’appel d’offres) et de les ajuster en conséquence, au besoin. Pour assurer la bonne gestion des imprévus, Turner & Townsend encourage fortement SPAC à suivre un cadre de gestion des risques solide afin de s’assurer que les allocations pour risques sont gérées de manière efficace et efficiente et que toutes les sommes consacrées aux risques sont affectées et suivies de manière appropriée pendant toute la durée du programme, conformément aux normes de pratiques exemplaires de l’industrie.
Turner & Townsend est convaincu que le coût total de la construction est exact, y compris les provision pour risques et l’indexation, et qu’il sera suffisant pour réaliser le programme selon la portée actuelle connue. De plus, Turner & Townsend confirme que la fourchette de risques que SPAC assume est appropriée, à condition que ne survienne aucun changement majeur de la portée du projet ni aucun imprévu comme une hausse extrême du taux d’indexation.