Vidéo : Vulnérabilité financière

Transcription

Brenda Spotton : Merci beaucoup, Kelley. Merci à tous de nous avoir donné l’occasion de nous réunir et de faire une séance de remue-méninges sur les enjeux de la recherche sur la littératie financière. Ce groupe d’experts a été mis sur pied, comme le suggère l’ordre du jour, pour explorer les vulnérabilités financières. Jusqu’à maintenant, nous avons entendu parler du bien-être financier et du comportement financier. Nous voulons aborder avec vous la question du stress financier et des vulnérabilités financières. Pour soutenir notre effort collectif visant à habiliter les Canadiens et à améliorer leur bien-être financier, nous devons comprendre la situation des Canadiens qui se disent préoccupés par leur situation financière et qui déclarent avoir subi un stress financier, qu’il soit autoévalué ou objectif, et qui sont autrement vulnérables d’une façon ou d’une autre.

Nous savons que le stress financier, quelle que soit la façon dont nous le mesurons, qu’il soit subjectif ou objectif, que ce stress financier subjectif élevé submerge d’autres déterminants de la satisfaction des Canadiens à l’égard de leur bien-être en général. Voilà les résultats que Matt Brzozowski, un de mes collègues de l’Université York, et moi avons tirés de l’enquête sociale générale pour 2005 et 2010. Bien que 60 % des Canadiens manifestent ou signalent une certaine mesure de stress extrême, le stress financier était la principale source de stress pour 13 % d’entre eux. Des rapports plus récents, des études plus récentes suggèrent que le stress financier est encore plus élevé chez les Canadiens et, en fait, une étude récente dont Eloise parlera peut-être plus tard en détail suggère que même les Canadiens dont le revenu est supérieur à 100 000 $ éprouvent un stress financier important.

Le Rapport de 2015 sur la gestion de l’argent de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada fait état de ce que nous savons, à savoir que si une personne subit un stress financier subjectif, cela peut nuire à sa capacité de prendre des mesures au besoin et, par conséquent, avoir une incidence sur son stress financier objectif. Nous savons que les ménages financièrement vulnérables se sentent stressés. Ils s’inquiètent de leurs finances. Ils ont des difficultés financières. Ils sont à risque de faillite et de défaut de paiement de leurs dettes, et ils risquent de voir leur situation financière perturbée par une dépense imprévue ou une perte soudaine de revenu.

Notre question, cependant, est de savoir ce que nous entendons par vulnérabilité financière. Il se peut que les finances du ménage soient fragiles ou précaires, mais qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie différentes choses pour différentes personnes, différents chercheurs, et c’est souvent plus facile à reconnaître qu’à définir sur le plan opérationnel. Mais, comme l’ont signalé deux chercheurs du Fonds monétaire international dans une étude réalisée en 2017, le concept reste assez vague et il n’y a pas de consensus quant aux définitions opérationnelles.

Ce que j’aimerais donc vous expliquer dans les dernières minutes de cette introduction, c’est un peu de taxonomie ou une ou deux optiques à travers lesquelles nous pourrions voir la vulnérabilité financière. Dans un premier temps, elle pourrait être construite comme un concept de solvabilité, de sorte que l’on puisse dire qu’il existe des vulnérabilités financières associées aux actifs des ménages par rapport aux passifs, ou, comme je vais vous le montrer tout à l’heure, au problème de la dette des ménages. Elle peut être conçue comme un concept de liquidité, où l’accent est mis sur la capacité d’effectuer des paiements, maintenant ou à l’avenir. Et pour ceux d’entre vous qui connaissent bien l’Enquête canadienne sur les capacités financières, sachez qu’un grand nombre de ces questions sont axées sur le concept de liquidité du stress financier et de la vulnérabilité financière.

La vulnérabilité financière est un risque d’insolvabilité; pour commencer à partir des fondements de base, l’insolvabilité est un concept de bilan. Nous considérons donc la richesse nette comme l’actif moins le passif. Si le résultat est négatif, le ménage est insolvable. Plus l’endettement d’un ménage est élevé, plus les paiements du service de la dette, par exemple, s’ils augmentent, pourraient menacer la solvabilité du ménage.

Pour vous donner quelques contextes de la situation canadienne, je dirai qu’au Canada, l’effet de levier des ménages augmente régulièrement depuis 2000 et qu’il représente actuellement 169 % du revenu après impôt. C’est-à-dire, pour un 1,69 dollar, les ménages canadiens ont en moyenne 1,69 dollar de dettes. Désolé, les amis. Je vais changer le - pour gagner du temps. Ceux d’entre vous qui prennent des photos. Ils ont 1,69 dollar pour chaque dollar de revenu après impôt. La dette totale des ménages au Canada s’élève à 2,1 billions de dollars, mais bien sûr, cela ressemble à un grand nombre avec beaucoup de zéros, et ce qui compte vraiment, c’est la ventilation et la moyenne, ainsi que la variation de la dispersion de cette dette. Donc, pour vous donner un aperçu de la répartition de la dette entre les ménages canadiens, nous avons ici quelques chiffres.

Tout d’abord, la dette totale des ménages, qui s’élève à 2,1 billions de dollars, se compose en grande partie de prêts hypothécaires et de marges de crédit hypothécaire, soit 1,5 billion, ou environ 75 % de la dette totale des ménages. Quinze pour cent de ces ménages, par exemple, ont un ratio prêts/revenus supérieur à 450 %. C’est extrêmement élevé. Il s’agit généralement de ménages plus jeunes ou à faible revenu, qui vivent souvent sur les marchés de Toronto ou de Vancouver, où le prix des maisons est exorbitant. Une fraction de la dette totale des ménages se trouve actuellement sur le marché de la dette à la consommation, soit environ 49 cents pour chaque 1,69 dollar de dette pour un ménage moyen.

Plutôt que de découler de l’endettement en soi, il pourrait s’agir d’un risque d’illiquidité. L’illiquidité est plutôt un problème de trésorerie, lorsque les recettes courantes sont insuffisantes pour couvrir les dépenses courantes. Et comme l’a soulevé un des participants au cours de la séance précédente, la question est de savoir à quel moment ces dépenses sont effectuées par rapport au moment où le revenu est perçu. Ainsi, le risque d’illiquidité - en tant qu’indicateur de vulnérabilité financière - pourrait être un indicateur distinct - non pas sans rapport, mais distinct - de la vulnérabilité financière.

Toutefois, lorsque nous examinons le ratio du service de la dette par rapport au revenu disponible, nous constatons qu’il s’élève à moins de 15 % depuis quelques années. Le fait que notre niveau d’endettement augmente, mais que les ratios du service de la dette demeurent relativement constants, s’explique par les taux d’intérêt relativement bas qui prévalent dans l’économie canadienne depuis les dix et quinze dernières années.

Ainsi, la vulnérabilité financière, comme le problème d’illiquidité actuel, apparaît dans les études qui sondent les sentiments des Canadiens à l’égard de leurs difficultés financières, de leur capacité de faire face aux dépenses courantes et de leur utilisation des prêts sur salaire. Et ces indicateurs, sur 31 % des Canadiens qui déclarent avoir des difficultés à payer leurs factures et leurs dépenses courantes ou ne pas pouvoir les payer, 45 % des emprunteurs de prêts sur salaire utilisent des prêts à coût élevé pour payer les dépenses imprévues et nécessaires, 36 % des Canadiens connaissent une variabilité du revenu au cours du mois, d'un emploi précaire ou autre. La vulnérabilité financière des Canadiens est le problème d'illiquidité d'aujourd'hui.

Il est également prouvé que l'illiquidité financière est un risque pour l'avenir - la vulnérabilité financière est un risque d'illiquidité pour l'avenir. Nous savons donc, d'après les résultats de certaines autres enquêtes canadiennes sur la capacité financière, que 56 % des Canadiens ne pourraient pas couvrir au moins six mois de frais de subsistance s'ils perdaient leur emploi. Trente-huit pour cent des Canadiens n'ont suffisamment d'économies que pour amortir le - ou pour tenir un à deux mois ou moins, selon une étude plus petite et plus récente réalisée par Seymour Consulting, dont Eloise parlera. Quarante-trois pour cent des Canadiens ne puiseraient pas dans leurs économies ou leurs fonds d'urgence pour couvrir les dépenses imprévues de 500 dollars. Et le problème est que nous ne savons pas pourquoi ils ne le font pas.

Donc, certaines de nos questions pour essayer de sonder le stress financier, la vulnérabilité financière, c'est de savoir exactement qui est financièrement vulnérable. Nous savons qu'il ne s'agit pas nécessairement de personnes à faible revenu. Selon l'enquête sociale générale, les personnes en situation de stress financier se situent dans une tranche de revenu beaucoup plus élevée que les personnes à faible revenu. Comment se présente la vulnérabilité financière? Où se situent les points de tension financière? Quelle est la volatilité des flux de revenus et de dépenses? Comment les consommateurs font-ils face à la situation? Quels comportements réduiraient la vulnérabilité? Des questions et d'autres auxquelles notre groupe d'experts ici présent va nous aider à répondre. J'aimerais maintenant céder la parole à Monsieur David Rothwell, de l'État de l'Oregon, qui est arrivé de la côte Ouest hier soir. Merci David.

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