Allocution de la présidente Rumina Velshi à l’atelier conjoint Canada–Royaume-Uni sur la diversité et l’inclusion dans le secteur nucléaire

Discours

Le 2 juin 2021

Virtuellement de Toronto (Ontario)

– Le texte prononcé fait foi –

Bonjour,

Je suis heureuse d’avoir l’occasion de vous parler aujourd’hui de certains des progrès que la Commission canadienne de sûreté nucléaire a pu réaliser en matière d’équilibre entre les genres et du travail qu’il nous reste à accomplir.

Des rencontres comme celle-ci aident à mettre en lumière les problèmes auxquels les femmes et les autres groupes en quête d’équité continuent d’être confrontés dans le secteur nucléaire et ailleurs. Ils nous donnent également l’occasion de renouveler notre engagement à faire preuve de leadership et à susciter de réels changements.

Je voudrais commencer aujourd’hui en vous racontant une anecdote.

Certains d’entre vous ont peut-être entendu parler de mes propres expériences professionnelles dans les années 1980 dans le secteur nucléaire – pas de vestiaires pour les femmes, des vêtements conçus uniquement pour les hommes, des commentaires et des sifflements, de la pornographie laissée un peu partout. Je ne crois pas que nos installations nucléaires aient été conçues en pensant que des femmes y travailleraient.

Maintenant, faisons un bond de 30 ans en avant. Le mois dernier, je présidais une audience de la Commission sur le renouvellement d’un permis pour une mine d’uranium. L’une des intervenantes était une employée de la mine d’uranium – la première femme opératrice d’un système de forage par jet au monde.  

Elle a parlé de manière très positive du soutien apporté par son employeur à son avancement professionnel, et je suis sûre qu’elle est un excellent modèle pour les femmes, et en particulier pour les femmes autochtones. 

Lors de l’audience, je lui ai demandé s’il y avait une chose que sa direction pouvait faire pour améliorer son environnement de travail. Elle a dit que son gestionnaire lui avait posé une question semblable la semaine précédente. Elle a répondu : « J’aimerais qu’il y ait des toilettes pour femmes dans la mine souterraine! ».

La Commission a reçu une mise à jour du titulaire de permis dès le lendemain. Les travaux de construction de la toilette souterraine sont déjà en cours. 

D’un côté, certaines choses demeurent malheureusement inchangées, même des décennies plus tard. Il arrive encore parfois que les femmes doivent demander les choses les plus élémentaires.

D’un autre côté, les gestionnaires se demandent réellement comment changer et améliorer leurs lieux de travail, et ils accordent la priorité aux préoccupations soulevées.

Pour moi, il s’agit d’un très bon point de départ. Voilà une raison d’être optimiste. Et cela nous permet de formuler la question qui devrait être posée sur chaque lieu de travail : Que pouvons-nous faire de mieux?

Pour atteindre la parité des genres dans un avenir rapproché, nous devons être proactifs et créer le changement dès maintenant.

Ce ne sera pas facile. Au Canada, les femmes ne représentent qu’un tiers des diplômés dans les domaines des sciences, des technologies, de l’informatique et des mathématiques, ou les STIM. Seulement 20 % de nos diplômés en génie sont des femmes. Pour les femmes de couleur, les chiffres sont encore plus alarmants et inquiétants.

Nous avons besoin d’un équilibre entre les genres et d’une diversité dans la réserve de talents pour embaucher les plus doués et les plus brillants esprits. Non seulement c’est la bonne chose à faire, mais c’est surtout la chose intelligente à faire.

À titre de présidente et première dirigeante de la CCSN, je crois que l’équilibre entre les genres et la diversité dans le secteur nucléaire sont importants et essentiels pour assurer les plus hauts niveaux de sûreté.

En tant qu’organisme de réglementation canadien, nous espérons pouvoir inciter nos titulaires de permis à suivre notre exemple.

La promotion de l’équilibre entre les genres constitue l’un des quatre piliers du plan stratégique de l’initiative Femmes en STIM de la CCSN – et ses répercussions potentielles vont bien au-delà de la CCSN.

Il est important que les dirigeants du secteur nucléaire suscitent le changement au sein de leur organisation, comme je continue de le faire à la CCSN, mais aussi dans le secteur nucléaire en général.

J’ai le privilège de participer à une initiative nationale et à deux initiatives internationales clés visant à faire progresser l’égalité des genres dans le secteur nucléaire.

L’initiative nationale que je dirige – le Groupe pour l’avancement des femmes en nucléaire (GAFN) – fait déjà sa marque. Je suis sûre que mes collègues du GAFN vous donneront davantage de détails plus tard au cours de l’atelier.

Plus tôt cette année, j’ai eu le plaisir de me réunir avec mes collègues et d’ouvrir la 2e réunion de travail de l’Agence pour l’énergie nucléaire sur l’amélioration de l’équilibre entre les genres – un groupe composé de représentants de 12 pays membres de l’AEN ainsi que de représentants de l’AIEA et de la Commission européenne, et qui a pour objectif d’explorer les options en matière de politiques, y compris les pratiques de collecte de données.

À la fin de 2020, le Groupe d’impact international des champions de l’égalité des genres a été formé. Il est composé d’organismes de réglementation nucléaire du monde entier, et j’ai l’honneur de présider ce groupe. Je suis fière du travail que nous accomplissons pour promouvoir l’égalité au sein de la communauté des organismes de réglementation nucléaire.

Par exemple, les membres de ce groupe ont accepté de ne participer qu’à des groupes de discussion et à des conférences où la diversité des genres est assurée – c’est pourquoi je suis légèrement déçue de trouver si peu de diversité parmi les intervenants de notre atelier d’aujourd’hui. L’équité entre les genres n’est pas seulement une question qui concerne les femmes. Nous pouvons et devons faire mieux.

Le nombre de membres du Groupe d’impact devrait augmenter de manière significative d’ici l’été et par conséquent, ce groupe est en voie d’acquérir une influence mondiale beaucoup plus grande.

Nous avons la chance de vivre à une époque où le changement semble possible – de nouvelles voix et de nouveaux mouvements poussent ce changement au nom de l’équité. 

Nous devons continuer de mettre l’accent sur la collaboration internationale :

  • pour mettre en commun les pratiques exemplaires et les leçons retenues
  • pour mieux comprendre l’impact disproportionné de la pandémie sur les femmes
  • pour renforcer les actions collectives en faveur de l’équilibre entre les genres

Et, toujours poser cette question essentielle : Que pouvons-nous faire de mieux?

La pandémie nous a permis de dégager de nombreuses leçons importantes. Dans bien des cas, elle a mis en lumière les inégalités que subissent quotidiennement les femmes et les autres groupes en quête d’équité.

Il est important d’aborder ces questions de front, et c’est maintenant qu’il faut le faire. 

Alors que nous nous rapprochons, espérons-le, du retour à la normale, je nous encourage tous et toutes :

  • à garder à l’esprit l’impact que nos politiques, programmes et initiatives peuvent avoir sur ces groupes
  • à appliquer une perspective axée sur le genre à notre travail, comme le fait actuellement la CCSN, pour cerner et éliminer les obstacles inconscients dans nos plans de retour sur le lieu de travail

Le retour sur le lieu de travail s’accompagnera sans aucun doute de son lot de défis, autant des enjeux de longue date que de nouveaux défis. Mais, il offrira aussi de nombreuses occasions de contribuer à l’établissement d’une plus grande équité dans le secteur nucléaire.

Nous connaissons les défis auxquels nous sommes confrontés. Mais nous savons aussi que nous sommes à la hauteur de la tâche et qu’ensemble, nous pouvons réaliser de réels progrès.

C’est à nous de montrer l’exemple. 

C’est à nous de saisir cette occasion. 

C’est à nous de poser la question « Que pouvons-nous faire de mieux? », mais c’est aussi à nous d’aider à y répondre.  

Je vous remercie.

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