Bio-Bon : du cœur au ventre
À Coaticook, dans les Cantons-de-l’Est, une entreprise de transformation alimentaire conjugue efficacité industrielle et chaleur humaine. Fondée en 2003 par Pasquale Beauvais, Bio‑Bon s’est imposée dans le paysage québécois avec ses végépâtés biologiques, son approche durable et sa culture d’entreprise profondément humaine. Grâce à l’appui de DEC, l’entreprise a pu franchir une nouvelle étape : la modernisation complète de son usine et l’automatisation de ses processus de fabrication.
Sommaire
Entreprise : Bio‑Bon inc.
Nombre d’employés : 9 + 2 collaborateurs
Région : Cantons‑de‑l’Est
Programme :
Croissance économique régionale par l'innovation
(CERI) – Productivité, numérisation et expansion
Cet appui de DEC a permis : d’acquérir et d’installer des équipements de production ainsi qu’un module de gestion intégrée; de procéder aux améliorations locatives nécessaires au réaménagement de l’usine; et d’embaucher un consultant.
L’ADN de Bio-Bon : proximité et humanité
« Nourrir le monde, c’est une fierté », lance avec enthousiasme Pasquale Beauvais, fondatrice de Bio‑Bon.
Née d’un projet artisanal, son entreprise est aujourd’hui un acteur reconnu de la transformation biologique. Elle se spécialise dans les végépâtés préparés avec soin à partir d’ingrédients locaux et certifiés biologiques à 77 % par Ecocert Canada. Mais derrière la production se cache une mission plus vaste : cultiver des relations humaines, équitables et durables.
C’est que Pasquale Beauvais a toujours privilégié la proximité : amitiés avec les fournisseurs, écoute des employés, entraide communautaire. Cette approche a façonné l’entreprise et guidé chacune de ses décisions, y compris au moment d’entamer la plus grande transformation de son histoire.
Se structurer pour évoluer : le saut vers l’industrie
Afin de soutenir la croissance de l’entreprise et de structurer ses activités, Lahbib Aissaoui s’est joint officiellement à l’équipe de direction et est devenu copropriétaire en 2019. Son arrivée a permis de renforcer la gouvernance et de soutenir la mise en œuvre de la transformation industrielle.
Après des années à croître prudemment, Bio‑Bon a entrepris une métamorphose complète : réaménager son usine pour obtenir la certification FSSC 22000, une norme exigeante qui atteste de la sécurité des aliments dans les environnements de production. Ce projet a marqué un passage du stade artisanal à celui d’une production structurée et certifiée et visait le double objectif d’accéder aux grandes chaînes d’alimentation et d’amorcer une démarche vers l’exportation.
La démarche a nécessité la mise en place d’un système ISO : rédaction de procédures, traçabilité renforcée, audits et formation du personnel, etc. Cette métamorphose industrielle ne visait pas simplement la croissance : elle permettait aussi de garantir la sécurité alimentaire, la qualité et la pérennité. « Ce n’est plus une marche qu’on monte, c’est une échelle! », résume Pasquale, consciente du chemin parcouru.
Cette évolution n’aurait toutefois pas été possible sans l’engagement et la collaboration de l’ensemble de l’équipe de Bio-Bon, dont l’implication a été déterminante à chaque étape du projet.
Un appui qui a changé la donne
Bio-Bon a effectué son virage industriel grâce au soutien clé de DEC, qui a offert à l’entreprise l’oxygène nécessaire pour planifier, exécuter et consolider sa transformation malgré la pandémie.
« DEC nous a donné le plus précieux : du temps. Quand tu n’es pas à la course, tu fais les choses de la bonne façon », souligne l’entrepreneure.
Cette flexibilité, combinée à un accompagnement technique, a eu un effet structurant. Le passage à l’échelle a été réussi. La chaîne d’approvisionnement a été consolidée. La confiance dans les capacités de l’entreprise s’est renforcée, permettant de resserrer les liens avec les acteurs du développement économique régional et d’ouvrir la voie à une croissance durable.
Une culture d’équipe qui fait la différence, encore plus en temps de crise
Derrière les machines, il y a une équipe – majoritairement féminine – unie par une ambiance familiale. Les décisions se prennent collectivement, en réunion d’équipe; les meilleures idées viennent souvent « du plancher ». « Ce sont les gens de la production qui trouvent les meilleures idées », souligne l’entrepreneure, fière de la débrouillardise et de l’autonomie de son personnel.
Pour soutenir cette autonomie, Bio-Bon offre des formations à tous : secourisme, gestion du stress, compétences numériques. Pasquale rit en se remémorant certains de ses débuts : « J’ai appris à envoyer des courriels en 2014! » La conciliation travail-vie personnelle n’est pas un slogan, elle fait partie intégrante du modèle de gestion. Et en cas d’imprévu, la solidarité s’organise naturellement.
Lorsque la pandémie a frappé, Bio-Bon a perdu une partie importante de ses ventes dans le secteur HRI (hôtels, restaurants, institutions). Un coup dur, mais pas une défaite. L’entreprise s’est adaptée : elle a embauché du personnel pour du démarchage, renforcé ses ventes locales et noué des partenariats régionaux pour mutualiser entreposage et approvisionnement. Elle a également profité de ses nouveaux espaces d’entreposage pour acheter en gros, stabiliser les coûts et éviter les ruptures de stock.
Cette période difficile a mis en lumière la solidité de la culture d’entreprise et son fort ancrage régional. L’esprit d’équipe, la solidarité et la capacité d’adaptation ont permis à Bio-Bon de relever ces défis, tout en maintenant une relation de proximité avec ses clients et ses fournisseurs. En témoignent plusieurs gestes concrets, comme celui d’une cliente dont le réfrigérateur était tombé en panne et à qui l’entreprise a spontanément renvoyé ses produits, sans frais.
Développement durable : au-delà du bio
Parce qu’être « bon » dépasse la saveur, l’engagement environnemental est évidemment au cœur de Bio-Bon. Selon sa politique de développement durable, l’entreprise vise un équilibre entre les sphères économique, sociale et environnementale. À titre d’exemples, on y calcule les émissions directes de gaz à effet de serre (diesel, gaz naturel, électricité) pour, à terme, les compenser; on y forme les employés à la bonne gestion des matières résiduelles et à la conduite écoénergétique; on y a remplacé les boîtes en styromousse par des boîtes complètement recyclables; on y privilégie l’approvisionnement local en ingrédients biologiques, contribuant ainsi au développement d’une chaîne alimentaire plus circulaire et respectueuse. Et cette démarche, elle n’est pas simplement symbolique, elle est stratégique. Elle renforce l’image de marque, mais aussi la performance et l’ancrage territorial.
Grandir sans se dénaturer
Aujourd’hui, Bio-Bon brille tant par sa croissance que par son engagement social. L’entreprise s’appuie sur des partenariats basés sur l’amitié, l’écoute et la réciprocité, créant une vraie communauté avec ses fournisseurs et ses clients.
Grâce à ces efforts, elle peut désormais viser les grands distributeurs, un rêve qui se précise avec l’intérêt de chaînes comme Sobey’s, IGA ou Métro. Alors que l’entreprise s’apprête à gravir une nouvelle marche, soit l’accès aux grandes chaînes, puis aux marchés hors Québec, elle le fait avec l’assurance d’un modèle d’affaires qui a fait ses preuves. « On avance, mais jamais au détriment de nos valeurs », conclut Pasquale, qui y voit l’occasion de nourrir davantage de monde et surtout, de continuer à bien le faire.