Situation des populations d'oiseaux migrateurs considérés comme gibier au Canada en 2012 : contexte


Contexte

Les règlements de chasse aux oiseaux migrateurs considérés comme gibier au Canada sont révisés tous les ans par Environnement Canada, avec l'apport des provinces et des territoires ainsi que de divers autres intervenants. Dans le cadre de ce processus, le Service canadien de la faune (SCF) d'Environnement Canada produit trois rapports chaque année. Le premier rapport, Situation des populations d'oiseaux migrateurs considérés comme gibier au Canada (connu également sous le nom de rapport de novembre), contient des renseignements sur les populations ainsi que de l'information de nature biologique relatifs aux oiseaux migrateurs considérés comme gibier, fournissant ainsi une base scientifique pour la gestion. Le deuxième rapport, intitulé Propositions de modification du Règlement sur les oiseaux migrateurs du Canada (rapport de décembre), décrit les modifications proposées aux règlements de chasse annuels, aux règlements sur les espèces surabondantes et au Règlement sur les oiseaux migrateurs. Les propositions relatives aux règlements de chasse sont élaborées, conformément aux Objectifs et directives pour l'établissement d'une réglementation nationale sur la chasse aux oiseaux migrateurs considérés comme gibier . Le troisième rapport, Règlements sur les oiseaux migrateurs au Canada, résume les règlements de chasse pour la saison de chasse à venir. Les trois rapports sont distribués aux organisations et aux particuliers ayant un intérêt pour la conservation des oiseaux migrateurs considérés comme gibier, afin de leur permettre de participer à l'élaboration des règlements de chasse au Canada.

Les données présentées dans le rapport Situation des populations d'oiseaux migrateurs considérés comme gibier au Canada proviennent de diverses sources. Les estimations et les tendances des populations reproductrices de canards de l'intérieur des terres sont dérivées de relevés aériens systématiques à grande échelle effectués chaque année dans l'est et dans l'ouest du Canada ainsi que dans certaines régions des États-Unis. De plus, des relevés à plus petite échelle des populations reproductrices de sauvagine sont habituellement effectués tous les ans, dans d'autres régions du pays. Les renseignements sur les populations de canards de mer proviennent surtout de relevés effectués sur quelques sites d'importance ou sur une petite partie de l'aire de répartition de l'espèce, pendant la période de reproduction, de mue ou d'hivernage. Les estimations et les tendances des populations d'oies et de bernaches sont principalement dérivées de relevés spécifiques, annuels ou occasionnels, effectués pendant la période de reproduction ou parfois pendant la migration. Des renseignements supplémentaires sur les populations de sauvagine sont également obtenus à partir de relevés effectués chaque année au milieu de l'hiver dans les territoires d'hivernage des quatre voies de migration des États-Unis. Les renseignements sur les populations de cygnes et d'autres oiseaux migrateurs considérés comme gibier proviennent de relevés effectués dans des régions spécifiques en période de reproduction ou d'hivernage ou de relevés d'oiseaux nicheurs effectués à l'échelle du pays. Les taux de prises d'oiseaux migrateurs considérés comme gibier au Canada et aux États-Unis sont estimés à l'aide de relevés nationaux et, dans certains cas, par l'entremise de relevés spécifiques à une espèce. De 1961 à 2001, les estimations des prises de sauvagine aux États-Unis provenaient du Waterfowl Questionnaire Survey du Fish and Wildlife Service des États-Unis. Cependant, un nouveau relevé, le Harvest Information Program (programme de renseignements sur les prises (HIP)) a été entièrement mis en œuvre en 1999 et visait, en plus de la sauvagine, des espèces et des groupes d'oiseaux migrateurs considérés comme gibier tels que les bécasses, les tourterelles et les bécassines. Les estimations des prises obtenues à partir des deux relevés ne sont toutefois pas directement comparables.

La situation des populations de canards de l'intérieur

L'est du Canada

Dans l'est du Canada, les populations nicheuses de sauvagine sont suivies annuellement au moyen de l'Inventaire de la sauvagine sur les aires de reproduction de l'est du Canada (ci-après, Inventaire de la sauvagine de l'est du Canada). Le Service canadien de la faune effectue un relevé systématique en hélicoptère qui couvre la région du bouclier boréal, depuis le nord-est de l'Ontario jusqu'à Terre-Neuve-et-Labrador, et la région des hautes terres de l'Atlantique, qui s'étend de la Gaspésie (au Québec) à la Nouvelle-Écosse. Le Fish and Wildlife Service des États-Unis (USFWS) réalise des relevés aériens (avion) de transects qui couvrent en partie l'est du Canada et le nord-est des États-Unis (figure 1). Ce travail a beaucoup évolué depuis 1990, ayant vu le jour dans le cadre du Plan conjoint sur le Canard noir du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine (PNAGS). Les relevés ont été conçus principalement dans le but de fournir des estimations et des tendances fiables sur les populations nicheuses du Canard noir, une espèce à nidification hâtive.

Historiquement, les données tirées de ces relevés (SCF et USFWS) ont été analysées séparément, malgré un certain chevauchement dans la couverture géographique. En 2004, le Service canadien de la faune et le USFWS ont décidé d'intégrer leur relevé respectif afin de réduire la portée du chevauchement et d'élargir la région géographique couverte. Ainsi, les données du présent rapport représentent une intégration des résultats provenant des deux plateformes des relevés. Éventuellement, tous les résultats des relevés seront intégrés afin de présenter les résultats sur une base régionale.

D'autres relevés des populations reproductrices sont également effectués dans certaines régions de l'est du Canada, bien qu'ils ne soient pas inclus actuellement dans l'Inventaire de la sauvagine de l'est du Canada.

Dans le sud de l'Ontario, un relevé des populations reproductrices de sauvagine sur des parcelles-échantillons au sol a été effectué par le Service canadien de la faune à des intervalles de trois à cinq ans de 1971 à 2004. En 2005, ce relevé a été remplacé par un relevé annuel rotatif, alternant le nombre de parcelles échantillonnées d'une année à l'autre.

Dans le sud du Québec, à partir de 2004, deux suivis réguliers en hélicoptère ont été mis en place afin d'évaluer la valeur des rives du Saint-Laurent (106 transects de 10 km × 1 km répartis aléatoirement dans le fleuve, l'estuaire et le golfe) et des basses-terres pour la sauvagine nicheuse (100 quadrats de 2 km à × 2 km répartis systématiquement dans les plaines agricoles de l'Abitibi, du lac Saint-Jean et du Saint-Laurent). En raison de coupes budgétaires, le suivi des rives du Saint-Laurent a été discontinué en 2010. En 2011, une révision statistique du suivi des basses terres a révélé que le degré de précision n'était pas suffisant. Pour combler cette lacune, à partir de 2012, seules les basses-terres du Saint-Laurent sont survolées - parce que cette région est celle qui subit le plus de pression dans la province et parce que c'est là où la tendance des populations de Canards noirs et de Canards colverts a besoin d'être davantage suivie - et l'effort d'échantillonnage y a été augmenté pour obtenir une meilleure signification statistique.

Un programme de relevés aériens a été mis en place en 2008 au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse afin d'évaluer la population reproductrice de sauvagine sur les terres agricoles. Ce programme est appuyé par le Plan conjoint des habitats de l'Est et de 2009 à 2012, on a élargi la portée des relevés afin d'intégrer les terres agricoles de l'Île-du-Prince-Édouard en plus des secteurs du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse couverts depuis le début du programme. Bien qu'elles ne soient pas entièrement intégrées dans l'analyse de l'Inventaire de la sauvagine dans l'est du Canada, les données provenant de ces relevés fournissent aux gestionnaires des renseignements concernant la valeur relative de ces zones pour la population reproductrice de sauvagine dans la région.

La présente section présente une synthèse des renseignements sur les populations de canards de l'intérieur de l'est du Canada.

Le canard noir

La population de Canards noirs (Anas rubripes) en Amérique du Nord a soulevé certaines préoccupations au cours des dernières décennies, mais maintenant la population s'est stabilisée.

Les relevés réalisés au milieu de l'hiver, couvrant les voies de migration de l'Atlantique et du Mississippi, montrent une diminution de la population continentale entre 1955 et le début des années 1980; par la suite la population s'est stabilisée à des niveaux faibles (figure 2). Le nombre total de Canards noirs dénombrés dans les deux voies de migration combinées à l'hiver 2012 (246 334) était de 32 % supérieur au décompte de 2011 (187 198) et de 8 % supérieur à la moyenne de 2002 à 2011 (228 688). En 2012, la population de Canards noirs était estimée à 223 551 individus dans la voie de migration de l'Atlantique et à 22 783 dans la voie de migration du Mississippi (Klimstra et Padding, 2012). Les relevés de Canards noirs réalisés dans leurs aires d'hivernage sont utiles pour l'étude des tendances générales de la population, mais ils ne sont pas efficaces lorsqu'il s'agit d'évaluer la situation des populations reproductrices, en raison du mélange d'oiseaux provenant de diverses aires de reproduction. La figure 3 présente l'indice intégré du nombre d'indicateurs d'individus reproducteurs de Canards noirs dans l'aire couverte par l'Inventaire de la sauvagine de l'est du Canada.

L'Inventaire de la sauvagine de l'est du Canada de 2012 a estimé le nombre de Canards noirs à 603 100, ce qui est 11 % supérieur à l'estimation de 2011 (544 200) et 5 % inférieur à la moyenne sur 10 ans (2002-2011) de 634 570. Les tendances semblent être relativement stables pour la plupart des strates de l'inventaire, à l'exception de l'ouest du bouclier boréal, où la tendance est à la baisse.

Le déclin du nombre de Canards noirs dans leurs aires d'hivernage a incité les États-Unis à mettre en œuvre un programme visant à réduire les prises de cette espèce en 1983. Le Canada a pris part à ce programme en 1984. Entre 1984 et 1988, les prises aux États-Unis ont diminué progressivement, alors qu'elles sont demeurées plutôt stables au Canada (tableau 2). En 1989 et 1990, toutefois, le Canada a réussi à mettre en œuvre des règlements de chasse aux Canards noirs plus restrictifs afin de protéger les populations reproductrices locales. En 2011, pour la première fois depuis que les données sur les prises sont enregistrées, le nombre de prises de Canards noirs a augmenté au Canada (91 862), tandis que leur nombre a baissé aux États-Unis (88 351) (tableau 2). L'hiver doux canadien pourrait avoir incité plus de Canards noirs que d'habitude à rester au Canada. Aux États-Unis, l'hiver doux pourrait avoir entraîné une diminution des déplacements des Canards noirs pour se nourrir, comparé à un hiver normal, ce qui aurait diminué leur vulnérabilité à la chasse (Paul Padding, comm. pers.).

Les autres espèces de canards de l'intérieur
Inventaire de la sauvagine de l'est

L'Inventaire de la sauvagine de l'est (figure 1), bien que conçu au départ pour dénombrer les Canards noirs dans l'est du Canada, fournit des données quantitatives sur les autres espèces de canards de l'intérieur qui peuvent être utilisées pour évaluer la situation des populations reproductrices de ces espèces. Les indices intégrés à l'échelle de l'aire de répartition du nombre d'équivalents-couples reproducteurs des espèces les plus abondantes dans l'est (canards plongeurs et barboteurs) sont présentés aux figures 4a à 4c.

Canard colvert

L'abondance estimée de Canards colverts (Anas platyrhynchos) dans la zone de l'Inventaire de la sauvagine de l'est a diminué de 4 % en 2012 par rapport à l'estimation de 2011 (figure 4a). Dans l'ensemble, les Canards colverts continuent d'afficher une tendance à la hausse dans toutes les régions couvertes par l'Inventaire de la sauvagine de l'est, le plus fort taux d'augmentation étant dans les hautes terres de l'Atlantique.

Sarcelle d'hiver

L'abondance estimée de la Sarcelle d'hiver (Anas crecca) dans la zone de l'Inventaire de la sauvagine de l'est a augmenté de 1 % en 2012 par rapport à l'estimation de 2011 (figure 4b). En 2012, la Sarcelle d'hiver a montré une augmentation dans les hautes terres de l'Atlantique et dans le centre du bouclier boréal, mais une baisse dans les parties est et ouest du bouclier boréal. Dans l'ensemble, cette espèce continue de montrer des tendances stables, sauf dans les hautes terres de l'Atlantique, où la tendance est à la hausse.

Fuligule à collier

L'abondance estimée du fuligule à collier (Aythya collaris) dans la zone de l'Inventaire de la sauvagine de l'est a baissé de 1 % en 2012 par rapport à l'estimation de 2011 (figure 4c). Dans l'ensemble, cette espèce continue à se porter bien dans les quatre régions couvertes par l'inventaire.

Inventaire de la sauvagine dans le sud du Québec

De 2004 à 2011, un suivi des basses-terres du sud du Québec (plaines agricoles de l'Abitibi, du lac Saint-Jean et du Saint-Laurent) a été effectué en hélicoptère, selon un échantillonnage fondé sur une rotation dans laquelle la moitié des 200 quadrats est survolée chaque année. À partir de 2012, afin d'obtenir des résultats plus précis statistiquement, seules les basses-terres du Saint-Laurent sont survolées. Les résultats des espèces les plus abondantes sont présentées au tableau 1b. Le Canard colvert est l'espèce de sauvagine la plus abondante, et de loin, dans les basses-terres du Saint-Laurent; les effectifs de 2012 sont estimés à 13 200 équivalents-couples. Le colvert affiche une tendance à long terme assez stable depuis 2004, soit une très faible augmentation de 0,6 % par année. Les effectifs du Canard noir pour 2012 sont estimés à 3 800 équivalents-couples; la population de cette espèce présente une baisse de l'ordre de 3,6 % par année depuis 2004. La Sarcelle d'hiver, le Canard branchu et la Bernache du Canada (population des régions tempérées de l'est du Canada) continuent de bien se porter dans cette région de la province, affichant une tendance à la hausse de 5 %, de 10 % et de 8 % par année, respectivement (tableau 1b). Par ailleurs, le Fuligule à collier est demeuré plutôt stable au fil des ans, avec une hausse modeste de 1,5 % par année de 2004 à 2012.

Inventaire de la sauvagine dans des parcelles-échantillons du sud de l'Ontario

Depuis 2005, l'inventaire de sauvagine mené dans des parcelles-échantillons dans le sud de l'Ontario est effectué annuellement suivant un plan d'échantillonnage par rotation où la moitié des 349 parcelles sont étudiées chaque année. Avant 2005, des relevés étaient effectués de façon sporadique (environ tous les trois ans), et toutes les parcelles ont fait l'objet de relevés au cours d'une année donnée. En 1981 et 1982, l'effort d'inventaire a été réparti sur deux ans; le nombre de parcelles inventoriées en 1981 était élevé tandis que le nombre de parcelles en 1982 a été faible. Par conséquent, l'estimation de la population pour 1981 est déterminée au moyen des données combinées de 1981 et 1982 (figures 5a, 5b, 34).

Les résultats de l'inventaire de la sauvagine dans des parcelles-échantillons au sol dans le sud de l'Ontario sont présentés sous forme graphique aux figures 5a et 5b pour les espèces de canards les plus communes. Les tendances de population sont présentées pour les périodes 1971-2012 et 2000-2012 (). Parmi les canards barboteurs, seule la Sarcelle à ailes bleues a présenté un déclin à long terme (-5,7 % par an); cependant, la population semble montrer une amélioration récemment (tendance à l'augmentation à court terme). De même, la population de Canards noirs montre une légère tendance négative à long terme et une légère tendance à la hausse depuis 2000 (; figure 5a). La population reproductrice de Canards colverts, l'espèce de canards la plus abondante au sud de l'Ontario, a légèrement augmenté depuis 1984; en 2012, on comptait un peu plus de 165 000 couples de Canards colverts dans le sud de l'Ontario. La population de Canards branchus a montré une augmentation constante depuis 1971 (4,0 % par an, ) et est la deuxième espèce de canards la plus abondante dans cette région. Chez les canards plongeurs, toutes les espèces affichent, à long terme, une hausse de leur population reproductrice (figure 5b). Les résultats pour le Grand harle et le Harle couronné montrent que les populations d'oiseaux nicheurs ont augmenté considérablement depuis 2000 (tableau 1a). Les estimations de la population du Fuligule à collier indiquent aussi une tendance positive à court et long terme (tableau 1a). Les estimations annuelles de la population de certaines espèces, telles que la Sarcelle à ailes bleues, la Sarcelle d'hiver et le Fuligule à collier, peuvent varier grandement. Pour les Sarcelles, ce phénomène est principalement lié à leur faible abondance générale dans l'aire d'inventaire. Pour le Fuligule à collier, espèce se reproduisant plus tard, les estimations annuelles peuvent être influencées par la présence d'un grand nombre d'oiseaux en migration certaines années.

Les Prairies canadiennes et l'ouest de la région boréale du Canada

Les populations reproductrices de sauvagine font l'objet d'un suivi annuel grâce au Relevé des populations reproductrices et des habitats de la sauvagine de l'ouest du Canada (U.S. Department of the Interior et Environnement Canada, 1987). L'aire traditionnelle couverte par le relevé comprend les Prairies canadiennes et l'ouest de la région boréale du Canada (du nord-ouest de l'Ontario jusqu'à la plaine Old Crow, au Yukon), ainsi que le centre-nord des États-Unis (prairies des États-Unis) et certaines parties de l'Alaska (figure 6). Depuis 1955, le USFWS et le Service canadien de la faune effectuent ce relevé en avion en plus de procéder à des dénombrements au sol. Les estimations des populations reproductrices sont corrigées depuis 1961 pour tenir compte du risque d'erreurs attribuables à la visibilité.

La présente section présente une synthèse des renseignements sur les populations de canards de l'intérieur des Prairies canadiennes et de l'ouest de la région boréale du Canada. Un résumé des résultats par province et par territoire est présenté dans le rapport de Schuster et Ingram (2012).

Les conditions des habitats de reproduction dans la région des cuvettes des Prairies

Dans la région des cuvettes des Prairies (prairies du Canada et des États-Unis), les conditions météorologiques ont une forte influence sur les conditions des habitats de reproduction de la sauvagine et, par conséquent, sur l'abondance des populations. Les sécheresses créent des conditions difficiles pour la reproduction des canards. Depuis 1961, les conditions des habitats au printemps sont mesurées par le nombre d'étangs en mai (figure 7). En 2012, l'estimation totale du nombre d'étangs (Prairies canadiennes et prairies des États-Unis combinées) était de 5,5 (± 0,2) millions. Il s'agit d'une baisse de 32 % par rapport à l'estimation de 2011, et d'une augmentation de 9 % par rapport à la moyenne à long terme de 5,1 (± 0,03) millions d'étangs (USFWS, 2012). En 2012, l'estimation du nombre d'étangs dans les Prairies canadiennes était de 3,9 (± 0,1) millions d'étangs. Il s'agit d'une baisse de 21 % par rapport à l'estimation de l'année dernière (4,9 ± 0,2 millions) (figure 7). Une analyse des tendances a montré des augmentations importantes (p < 0,05) du nombre d'étangs dans la région des cuvettes des Prairies du Canada au cours des dix dernières années (2003-2012) (tableau 3).

Le canard colvert

La population reproductrice de Canards colverts (Anas platyrhynchos) dans l'aire traditionnelle couverte par le relevé s'est remise du déclin observé dans les années 1980, mais en 2001, la population reproductrice a chuté sous l'objectif du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine (PNAGS) de 8,2 millions (figure 8) et y est demeurée jusqu'en 2006. Entre 2007 et 2009, l'indice de population reproductrice de Canards colverts dans l'aire traditionnelle couverte par le relevé a fluctué autour de l'objectif du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine. En 2012, l'indice de population reproductrice de Canards colverts était de 10,60 (± 0,32) millions d'oiseaux, soit 29 % supérieur à l'objectif du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine. Il existe des tendances positives significatives sur 5 et 10 ans dans l'aire traditionnelle du relevé (tableau 3).

L'indice de la population reproductrice des Prairies du Canada de 2012 (4,16 ± 0,17 millions de dollars) a augmenté de 17 % par rapport à celui de 2011 (3,55 millions) et est légèrement inférieur à l'objectif du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine de 4,37 millions d'oiseaux pour la région (figure 8). Dans l'ouest de la région boréale du Canada, l'indice de population reproductrice de Canards colverts était 44 % plus élevé que celui de l'année précédente, avec un nombre estimé de 2,60 (± 0,21) millions d'oiseaux (figure 8). Il n'y a pas de tendance significative dans l'ouest de la région boréale du Canada, mais il existe de fortes tendances à la hausse sur 5 et 10 ans dans les Prairies canadiennes (tableau 3).

Les prises continentales de Canards colverts au cours des dernières années ont augmenté considérablement comparativement à la fin des années 1980 et au début des années 1990 (tableau 4), reflétant l'importante augmentation de la population de Canards colverts. Cette augmentation des prises s'est produite uniquement aux États-Unis, alors que les taux de prises se sont stabilisés au Canada. En 2011, on a estimé que 4,41 millions de Canards colverts avaient été tués aux États-Unis, ce qui avoisine le nombre de prises (4,17 millions) de l'année précédente. En 2011, au Canada, les prises ont été estimées à 509 889 oiseaux tués, soit une augmentation de 14 % par rapport à l'estimation de 2010 (446 319). Dans l'ensemble, comparativement à 2010, les prises continentales de Canards colverts ont augmenté de 7 % en 2011 à 4,92 millions d'oiseaux (tableau 4).

Le canard pilet

À la suite de la baisse spectaculaire de l'abondance dans les années 1980 et au début des années 1990, la population reproductrice de Canards pilets (Anas acuta) dans l'aire traditionnelle du relevé a montré des signes de rétablissement à la fin des années 1990, passant à 3,6 millions d'oiseaux en 1997 (figure 9). Par la suite, le nombre de Canards pilets a de nouveau diminué, atteignant un nombre historiquement faible en 2002. Depuis 2003, la population a augmenté pour atteindre 4,43 millions en 2011. En 2012, l'estimation de la population était de 3,47 (± 0,19) millions d'oiseaux. Cependant, la population demeure en deçà de l'objectif du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine de 5,56 millions d'oiseaux (figure 9). Le tableau 3 montre qu'elle a subi une importante augmentation à court terme dans la région traditionnelle du relevé; cependant, la population montre un déclin significatif à long terme.

En 2012, la population d'oiseaux reproducteurs dans les Prairies canadiennes était estimée à 984 233 (± 81 711) oiseaux, soit la moitié environ de l'estimation de 2011 (1,80 million). Les conditions de l'habitat étaient particulièrement bonnes en 2011 avec un très grand nombre d'étangs. Dans les Prairies canadiennes, la population demeure en dessous de l'objectif du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine de 3,30 millions d'oiseaux. Dans l'ouest de la région boréale, le nombre de Canards pilets a diminué de 25 % en 2012 à 112 593 (± 16 625) oiseaux (figure 9). La population de cette espèce demeure en deçà de l'objectif du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine de 407 000 Canards pilets. Dans l'ouest de la région boréale, la population montre d'importants déclins à court et à long terme, alors que les États-Unis et les Prairies canadiennes indiquent une augmentation à court terme.

Le nombre total de prises annuelles de Canards pilets a diminué suite au déclin de la population qui a commencé dans les années 1980. Les prises continentales ont augmenté graduellement au milieu des années 1990 (tableau 5), ce qui reflète la hausse estimée du nombre de Canards pilets pendant la même période. Entre 2002 et 2004, l'effectif de la population reproductrice et les prises ont chuté de nouveau. Depuis, le nombre de prises continentales a augmenté chaque année, dû principalement à l'augmentation des prises aux États-Unis. L'estimation des prises continentales a augmenté de 15 % en 2011 (851 413 oiseaux tués), avec une augmentation observée au Canada (49 313) et aux États-Unis (802 100; tableau 5).

Les autres canards barboteurs

Les autres espèces de canards barboteurs qui ont fait l'objet d'un suivi dans le cadre du relevé des populations reproductrices et des habitats de la sauvagine sont la Sarcelle à ailes bleues (Anas discors), le Canard chipeau (A. strepera), la Sarcelle d'hiver (A. crecca), le Canard d'Amérique (A. americana) et le Canard souchet (A. clypeata). L'abondance de toutes ces espèces, à l'échelle du continent, a augmenté en 2012 par rapport à 2011 (figures 10 à 14). Toutes ces espèces, sauf le Canard d'Amérique, ont montré des tendances significatives positives sur dix ans à long terme (tableau 3); la tendance à long terme du Canard d'Amérique est en déclin, mais pas de façon considérable. On a estimé, en 2012, une hausse de la population de toutes les espèces dans les Prairies canadiennes (y compris pour le Canard d'Amérique; figures 10 à 14).

Les populations de ces cinq espèces surpassent à l'heure actuelle les objectifs du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine dans l'aire traditionnelle du relevé (figures 10 à 14). Depuis les années 1980, la population continentale du Canard d'Amérique est demeurée principalement en deçà de l'objectif du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine de 2,97 millions d'oiseaux, mais en 2012, la population a atteint 3,47 millions d'oiseaux, bien au-delà de l'objectif de population (figure 13).

Le fuligule milouinan et le petit fuligule

Le Petit Fuligule (Aythya affinis) et le Fuligule milouinan (A. marila) ne sont pas traités séparément dans le cadre du relevé des populations reproductrices et des habitats de la sauvagine, car les deux espèces, vues à partir d'un avion, sont difficiles à différencier. Néanmoins, le Petit Fuligule est beaucoup plus abondant (Austin et al., 1999). Après plusieurs années de déclin, les populations de Fuligules dans l'aire traditionnelle du relevé ont augmenté pour atteindre des niveaux antérieurs aux années 2000 (5,24 ± 0,30 millions d'oiseaux en 2012), proches de l'objectif du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine de 6,3 millions de dollars.

La taille de la population de Fuligules dans l'ouest de la région boréale du Canada représente pratiquement les deux tiers du total des populations continentales. Avec un nombre d'oiseaux estimé à 3,26 (± 0,26) millions en 2012, le nombre de Fuligules dans l'ouest de la région boréale du Canada reste bien en deçà de l'objectif de population du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine de 4,3 millions d'oiseaux (tableau 3). La population reproductrice de l'ouest de la région boréale a montré de fortes tendances à la hausse sur cinq et dix ans, mais un déclin significatif à long terme. En 2012, la population reproductrice des Prairies canadiennes était estimée à 917 791 (± 97 875) oiseaux, ce qui représente une augmentation de 39 % par rapport à l'estimation de 2011. Bien que cette population régionale montre une tendance significative sur cinq et dix ans à la hausse (tableau 3), elle reste bien en deçà de l'objectif du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine de 1,05 million d'oiseaux.

Les prises de Petits Fuligules et de Fuligules milouinans ont considérablement diminué au Canada au fil du temps (tableaux 6 et 7). En 2011, les prises de Petits Fuligules et de Fuligules milouinans au Canada étaient estimées à 21 066 et à 5 532 oiseaux, respectivement, ce qui représente dans les deux cas une diminution par rapport à 2010 (40 % et 20 %, respectivement).

Les prises de Fuligules ont relativement varié aux États-Unis (tableaux 6 et 7). En 2011, les prises de Petits Fuligules aux États-Unis étaient de 227 426 oiseaux, ce qui représente une diminution de 21 % par rapport à 2010. Les prises de Fuligules milouinans ont aussi été variables au fil des années aux États-Unis; elles étaient estimées à 59 424 oiseaux en 2011 (soit 15 % de moins qu'en 2010).

Les prises continentales de Petits Fuligules ont diminué de 23 %, passant à 248 492 oiseaux en 2011. De la même manière, les prises continentales de Fuligules milouinans ont baissé de 15 %, passant à 64 956 oiseaux la même année.

Les autres canards plongeurs

Les autres espèces de canards plongeurs qui ont fait l'objet d'un suivi dans le cadre du relevé des populations reproductrices et des habitats de la sauvagine sont le Fuligule à dos blanc (Aythya valisineria), le Fuligule à tête rouge (A. americana), le Fuligule à collier (A. collaris) et l'Érismature rousse (Oxyura jamaicensis).

La population reproductrice de Fuligules à dos blanc dans les Prairies du Canada a récupéré quelque peu du déclin de sa population observé pendant les années 1980 et au début des années 1990. La population a beaucoup fluctué au cours des dernières années (figure 16). Dans l'ensemble en 2012, dans l'aire traditionnelle du relevé, le Fuligule à dos blanc montre des tendances significatives à la hausse à court et à long terme; toutefois, en Alaska et dans l'ouest de la région boréale, cette espèce affiche un déclin important sur dix ans, alors que dans les Prairies canadiennes et les prairies des États-Unis, les tendances sur cinq et dix ans sont fortement à la hausse (tableau 3). Avec une population continentale de 759 937 (± 68 516) oiseaux en 2012, le Fuligule se situe au-dessus de l'objectif du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine à dos blanc de 541 868 (figure 16).

Au Canada, les prises de Fuligules à dos blanc fluctuent d'une année à l'autre. En 2011, les prises ont été estimées à 12 998, soit le double de l'estimation de 2010 (tableau 8). Aux États-Unis, les prises fluctuent aussi largement d'une année à l'autre; en 2011, elles étaient estimées à 140 862 oiseaux, soit 3 % de moins que l'estimation de 2010 (tableau 9).

Comme le Fuligule à dos blanc, le nombre de Fuligules à tête rouge varie considérablement d'une année à l'autre (figure 17). Le compte de 2012 de 1,27 (± 0,10) million d'oiseaux sur le continent est comparable aux estimations des cinq dernières années, mais supérieur aux nombres estimés avant 2006 (moins d'un million) et inférieur à l'estimation de l'année dernière, qui n'a jamais été aussi élevée (figure 17). La population demeure bien au-dessus de l'objectif du Plan nord-canadien de gestion de la sauvagine. Le Fuligule à tête rouge affiche une tendance à la hausse significative sur dix ans et à long terme dans l'aire traditionnelle du relevé.

La population du Fuligule à collier montre une tendance à la hausse de 2,5 % par année sur le long terme dans l'ouest de la région boréale et dans les Prairies canadiennes, ainsi que dans l'ensemble de l'aire du relevé (tableau 3). La population d'Érismatures rousses se porte également bien avec une tendance significative à la hausse de 1,8 % par année à long terme dans l'aire traditionnelle du relevé (tableau 3; figure 19).

Le sud du Yukon

Il s'agissait de la 21e année de l'Inventaire coopératif de la sauvagine nicheuse des zones routières du Yukon. Il s'agit d'un relevé au sol visant la sauvagine, ainsi que d'autres oiseaux de rivage et oiseaux aquatiques. Il a pour but de suivre les tendances seulement - il n'y a aucune estimation de la population associée. Le relevé consiste en des dénombrements effectués cinq fois entre le début mai et la mi-juin sur un échantillon de terres humides. L'échantillon du relevé de 2012 était composé d'environ 285 terres humides le long du réseau routier au sud du Yukon. Afin de réduire au minimum les données manquantes, un échantillon de 169 terres humides a été choisi parmi les 285 pour examiner les tendances au cours des cinq, dix et quinze dernières années, ainsi que pendant toute la période de 21 ans. Pour chaque relevé, les équivalents-couples étaient calculés à l'aide de procédures normalisées. Les chiffres présentés dans les figures 20 à 24 correspondent au nombre total de couples sur les 169 terres humides inventoriées lors des cinq inventaires effectués chaque année.

Le printemps 2012 (de mars à mai) a été légèrement plus chaud et beaucoup plus humide que la normale dans la région climatique du Yukon et des montagnes du nord de la Colombie-Britannique. En été (de juin à août), les températures et les précipitations ont été bien au-delà de la normale. Ces conditions, combinées à des précipitations hivernales et à des accumulations de neige supérieures à la moyenne, ont entraîné des niveaux d'eau très supérieurs à la normale dans de nombreuses terres humides du sud du Yukon en mai et au début du mois de juin.

La migration printanière des canards barboteurs (telle qu'évaluée par les dénombrements au lac Marsh, près de Whitehorse) a été légèrement en avance sur la normale. La migration des Canards colverts a culminé aux environs du 24 avril.

Le nombre total de canards était supérieur de 17 % par rapport à l'an dernier. Les canards barboteurs (figure 20) affichaient tous une hausse, alors que les canards plongeurs et les canards de mer montraient une baisse (figure 24). Les changements les plus impressionnants par rapport à l'année dernière ont été relevés chez le Canard souchet (+164 %), le Canard pilet (+63 %) et la Sarcelle d'hiver (+56 %). Les tendances à long terme (5, 10, 15 et 21 ans) ont été examinées pour les dix principales espèces de canards dénombrés dans l'inventaire mené au Yukon. Les seules tendances significatives étaient :

Un examen rapide de la tendance à la hausse du Canard chipeau montre que cette dernière reflète une augmentation des populations de l'espèce dans les environs de Whitehorse, probablement liée à un grand complexe d'étangs d'épuration construit en 1996. Bien que la taille de l'échantillon soit petite, les Cygnes trompettes continuent d'afficher de très importantes hausses durant toutes les périodes, à l'exception des cinq dernières années. (J. Hawkings, comm. pers.).

L'intérieur de la Colombie-Britannique

Le phénomène météorologique La Niña survenu en Colombie-Britannique au cours de l'hiver 2011-2012 a entraîné un printemps tardif et frais. Au début du mois de mai 2012, les accumulations de neige étaient au-dessus de la moyenne, voire bien au-dessus, dans tout l'intérieur de la Colombie-Britannique. Le commencement des relevés a été reporté au 7 mai 2012 pour permettre la fonte des neiges et l'ouverture des terres humides en moyenne et haute altitude. Comme au cours des années précédentes, certaines terres humides en haute altitude (>4 500 pieds) sont restées totalement gelées pendant toute la période de relevé, mais les niveaux d'eau en moyenne altitude (3 500 à 4 500 pieds) étaient plus élevés que l'année dernière et généralement bons. Les niveaux d'eau des terres humides de faible altitude (moins de 3 500 pieds) ont été légèrement meilleurs que l'année dernière, mais il est encore inférieur aux niveaux à long terme (de 1980 à 2010). Dans l'ensemble, les conditions de l'habitat de reproduction étaient meilleures, et parfois bien meilleures qu'en mai 2011. Les conditions étaient moyennes à bonnes dans la partie nord de l'aire de relevé et pour les terres humides de plus haute altitude, mais inférieures à la moyenne dans la partie sud, qui contient le nombre le plus élevé de terres humides, qui sont les plus productives dans la province.

Des relevés aériens de la sauvagine nicheuse ont été réalisés dans le plateau intérieur du centre de la Colombie-Britannique chaque année depuis 2006, sur une superficie de plus de 10 millions d'hectares. Une méthode de dénombrement par transect en bande, similaire à celle utilisée pour le relevé de la sauvagine reproductrice du centre du continent, a été utilisée pour réaliser le relevé, sauf que toutes les observations de sauvagine étaient géoréférencées et associées à un type d'habitat unique (c.-à -d. un ruisseau, une terre humide, une rivière, un lac, une terre agricole) et à une unité écologique (une écosection) afin de pouvoir ensuite déterminer des relations habitat-espèce par écosystème et de modéliser l'utilisation du paysage. En utilisant la formule du Fish and Wildlife Service des États-Unis pour estimer l'abondance de la sauvagine nicheuse, la population de canards dans le plateau central a été estimée à 297 716 (± 15 023) oiseaux en mai 2012, le Canard colvert étant l'espèce la plus abondante (26 % du total). L'estimation globale est de 14 % supérieure à l'estimation totale du nombre de canards de 260 578 en 2011 (A. Breault, comm. pers.).

La situation des populations de canards de mer

La situation des populations de la plupart des espèces de canards de mer (tribu Mergini), qui se reproduisent en Amérique du Nord, est préoccupante. On compte quinze espèces sur le continent. Il est difficile de recueillir des renseignements adéquats sur l'écologie et la dynamique des populations de canards de mer, car un bon nombre d'entre elles se reproduisent à de faibles densités, dans des régions éloignées du continent, et elles couvrent de vastes aires géographiques. Par conséquent, les connaissances sur les canards de mer sont limitées et il existe peu d'indices de populations ou d'estimations fiables de la productivité annuelle pour aucune des espèces. Une bonne partie de nos connaissances est fondée sur quelques rares études localisées. Les taux de prises sont également peu connus. Comparativement à d'autres espèces de sauvagine, les canards de mer ont de faibles taux de reproduction, ce qui signifie que le maintien de la population dépend grandement de la mortalité chez les adultes. Ainsi, le potentiel de rétablissement rapide des populations est limité. En raison des préoccupations croissantes concernant la situation des populations de canards de mer, le Comité du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine a mis en œuvre le Plan conjoint des canards de mer (PCCM) en 1998 [voir www.seaduckjv.org - en anglais uniquement]. Les objectifs du Plan conjoint des canards de mer peuvent être regroupés dans les quatre grandes catégories suivantes : les connaissances, les communications, les partenariats, et les mesures de conservation. Un plan stratégique lié au Plan conjoint des canards de mer a été élaboré pour la période 2008 à 2012. Ce plan détermine les besoins en matière d'information sur les canards de mer et décrit les stratégies générales pour répondre à ces besoins. L'équipe du Plan conjoint des canards de mer a également élaboré un plan de mise en œuvre pour la période 2012-2015, qui définit les priorités actuelles du Plan conjoint des canards de mer ainsi que des tâches, des échéances et des responsabilités précises en vue de gérer les besoins prioritaires.

L'information sur les prises est estimée par l'intermédiaire de programmes nationaux d'enquête sur les prises en vigueur au Canada ou aux États-Unis. Par contre, les estimations des prises pour quelques espèces de canards de mer ne sont pas précises en raison de la petite taille des échantillons.

Les eiders

Les Eiders à tête grise et les Eiders à duvet vivent dans des habitats marins côtiers des régions arctiques et subarctiques et ont une répartition circumpolaire. Leurs aires de reproduction au Canada sont vastes et couvrent la plupart des côtes, à l'est, de la mer de Beaufort, en passant par le golfe Coronation et le golfe Reine-Maud, et au nord, des îles de l'Extrême-Arctique ainsi que sur tout l'est de l'Arctique canadien, y compris la baie d'Hudson et la baie James. Elles s'étendent également de la côte sud du Labrador au Nouveau-Brunswick. Les eiders qui nichent au Canada l'hiver, aussi loin au nord que les eaux libres persistes, forment de vastes regroupements dans les zones côtières. Dans le Pacifique, ils passent l'hiver dans les polynies avoisinant la péninsule de Tchoukotka, en Russie, tandis que dans le nord-ouest de l'Atlantique, ils passent l'hiver dans la baie d'Hudson, au sud-ouest du Groenland, et de la côte du Labrador jusqu'au sud de New York. Dans l'ensemble de leur aire de répartition, il existe quatre sous-espèces d'Eider à duvet et deux populations d'Eiders à tête grise. Ces populations sont considérées comme étant distinctives sur le plan démographique étant donné qu'elles sont confrontées à différentes conditions climatiques et menaces locales.

Les eiders ont longtemps été recherchés pour leur chair et leur duvet, et plus récemment, ils sont devenus le point de mire de chasses en pourvoirie le long de la côte est des États-Unis. Le marché de la chasse les avait presque fait disparaître de l'est de l'Amérique du Nord à la fin du 19e siècle. La Convention concernant les oiseaux migrateurs a conféré aux eiders un statut de protection spéciale qui a largement éliminé leur chasse en Amérique du Nord. Plus récemment, l'exploitation commerciale d'eiders au Groenland a suscité des préoccupations concernant la viabilité des eiders passant l'hiver dans cette région (Hansen, 2002; Gilliland et al., 2009). Contrairement à toutes les autres espèces d'oiseaux migrateurs en Amérique du Nord, l'Eider à duvet, dans certaines régions de l'est du Canada, demeure à la base des grandes activités de prises commerciales et de subsistance du duvet fournissant un revenu dans des zones à faible emploi. En outre, le duvet est utilisé localement pour l'isolation des parkas inuits et appuie les économies locales.

L'activité industrielle dans le Nord du Canada est susceptible d'augmenter au cours des prochaines décennies. Il y a un intérêt renouvelé pour l'exploitation pétrolière et gazière au large de la mer de Beaufort, ainsi que dans certaines régions de l'est de l'Arctique. La navigation maritime est aussi susceptible d'augmenter dans l'Arctique, notamment dans le détroit d'Hudson. La mer de Beaufort et le détroit d'Hudson comportent d'importantes aires de repos et d'alimentation marines utilisées par des milliers d'eiders à certaines périodes de l'année. L'intensification de l'activité humaine dans ces zones pourrait avoir des répercussions négatives sur les eiders, notamment à cause de la perturbation et de la pollution engendrées par les déversements accidentels ou chroniques.

L'éloignement de la plupart de leurs aires de reproduction et d'hivernage, l'existence de plusieurs populations distinctes, et le fait que les eiders n'utilisent pas les voies de migration reconnues en Amérique du Nord sont tous des facteurs expliquant l'absence de programmes de gestion et de surveillance au Canada ou leur incohérence lorsque certains de ceux-ci étaient mis en œuvre. De toute évidence, le Canada a une responsabilité essentielle pour ce qui est de la gestion des eiders, mais la coopération des conseils de gestion des ressources fauniques du Nord, de la Russie, du Groenland, de la France et des États-Unis est nécessaire.

L'eider à tête grise
La population de l'ouest de l'Arctique

Les estimations de la population et les tendances de l'Eider à tête grise de l'ouest de l'Arctique sont actuellement basées sur un dénombrement effectué à peu près tous les dix ans au cours de la migration printanière à la pointe Barrow en Alaska (Suydam et al., 2000, 2008). Les résultats ont indiqué une baisse de la population de l'espèce de 56 % sur une période de 20 ans, faisant passer son nombre de 800 000 en 1976 à environ 350 000 en 1996. Cependant, les dénombrements réalisés en 2003 et 2004 semblent indiquer que la population s'est peut-être stabilisée ou a éventuellement augmenté depuis le milieu des années 1990 (304 000 ± 76 254 et 592 000 ± 172 011 en 2003 et 2004, respectivement). Des relevés aériens par transects menés à l'ouest de l'île Victoria suggèrent que la population reproductrice de l'Eider à tête grise dans cette région a baissé de 54 % entre le début des années 1990 et 2004-2005 (Raven et Dickson, 2006). La plus forte baisse s'est produite dans la région d'Holman, qui est la seule collectivité de la zone d'étude.

Les déplacements entre les zones de nidification, de mue et d'hivernage ont été documentés pour des Eiders à tête grise munis de transmetteurs par satellite sur l'île Victoria et l'île Banks, dans les Territoires du Nord-Ouest et dans la baie Prudhoe, en Alaska. Les résultats indiquent que la majorité des Eiders à tête grise de l'ouest muent et passent l'hiver au large de la côte est de la Russie ou au large de la côte de l'Alaska (Dickson, 2012a). La côte ouest de l'île Banks est l'un des principaux sites de halte migratoire pendant la migration de mue pour les Eiders à tête grise qui ont été munis d'un transmetteur par satellite sur l'île Banks, dans les Territoires du Nord-Ouest (Dickson, 2012b). Le site de halte migratoire le plus utilisé au cours du printemps était le sud-est de la mer de Beaufort (Dickson, 2012a). Les Eiders à tête grise bagués au centre de l'Arctique, dans le golfe Reine-Maud, ont été récupérés près de l'Alaska, de même que près du Groenland (R. Alisauskas, comm. pers.).

L'Eider à tête grise est chassé à des fins de subsistance au Canada, en l'Alaska et en Russie. Des préoccupations sont soulevées par la possibilité que la chasse de l'espèce à des collectivités locales, telles que Holman (Canada), ait des répercussions, bien que les données sur la chasse pour les trois pays n'offrent pas l'exactitude nécessaire pour modéliser les effets sur la survie des adultes. Fabijan et al., (1997) ont estimé une prise de 2 à 5 % de la population en Alaska et au Canada, du milieu des années 1970 au milieu des années 1990. La prise d'eiders au Canada a lieu principalement en juin, la majeure partie (99 %) des activités de chasse étant menées à Holman (96 % des oiseaux pris sont des Eiders à tête grise). Les données relatives à la chasse pour la Russie sont spéculatives; les chiffres se situent probablement à quelques milliers.

La population de l'est de l'Arctique

Un examen des données disponibles sur les aires d'hivernage au Groenland montre une diminution importante du nombre d'Eiders à tête grise qui y passent l'hiver et y muent, et cet examen semble indiquer que la population de l'est de l'Arctique subit un déclin. On ne sait pas si cette diminution apparente correspond à une modification de la répartition attribuable à des perturbations humaines (Suydam, 2000). Cependant, dans les basses terres de Rasmussen, au Nunavut, une diminution significative du nombre d'Eiders à tête grise a été observée entre 1974-1975 et 1994-1995 (Gratto-Trevor et al., 1998), ce qui confirme les préoccupations manifestées par les chasseurs de la région qui avaient observé la diminution de la population (Johnston et al., 2000). En février 2010, le Service canadien de la faune a effectué des relevés exploratoires dans certaines parties du détroit d'Hudson et de la baie Frobisher. Ces relevés ont permis de confirmer la présence d'un grand nombre d'Eiders à tête grise et d'Eiders à duvet passant l'hiver à l'extrémité nord du Labrador et à la pointe sud de l'île de Baffin (S. Gilliland et C. Lepage; données non publiées) avec un petit nombre d'oiseaux présents sur le côté est des baies d'Ungava et de Frobisher. La côte est de l'île de Baffin n'a pas été examinée mais des observations anecdotiques réalisées par des pilotes d'hélicoptères suggèrent que des concentrations d'eiders pourraient passer l'hiver dans cette région également (J. Innis, comm. pers.).

Dans l'est de l'Arctique, les données disponibles sur les prises d'eiders sont limitées. Toutefois, les prises d'eiders (les Eiders à tête grise et les Eiders à duvet combinés) dans le sud-ouest du Groenland sont estimées à plus de 100 000 oiseaux par année. Une grande proportion de ces prises est composée d'oiseaux qui se reproduisent au Canada, puisque, selon de récents relevés, la population d'Eiders à duvet nichant dans l'ouest du Groenland ne compterait vraisemblablement que 20 000 couples (G. Gilchrist, SCF, comm. pers.). La plus importante prise d'eiders au Canada a lieu à Terre-Neuve, où environ 10 % des prises pourraient être constitués d'Eiders à tête grise (Gilliland et Robertson, 2009).

L'eider à duvet du Pacifique

Les estimations et les tendances de la population d'Eiders à duvet du Pacifique au Canada sont actuellement basées sur un dénombrement effectué tous les dix ans environ au cours de la migration printanière à Point Barrow, en Alaska (Suydam et al., 2000, 2008). Ces dénombrements indiquent une diminution de 53 % sur une période de 20 ans, allant de 156 000 oiseaux en 1976 à 73 000 oiseaux environ en 1996. Des dénombrements plus récents effectués en 2003 et 2004 laissent entendre que la population a augmenté depuis le milieu des années 1990 pour atteindre plus de 100 000 eiders.

Les relevés effectués pendant la migration printanière à la fin des années 1980 ont laissé entendre que plus de la moitié des Eiders à duvet du Pacifique qui se reproduisent au Canada nichent dans le détroit Dolphin et Union, le golfe Coronation et le golfe Reine-Maud. Dans le but de recueillir des renseignements sur la taille et l'emplacement des colonies nicheuses, de fournir une estimation de la population reproductrice pour la région et d'établir les conditions de base du suivi des populations d'Eiders à duvet du Pacifique à l'avenir, des relevés aériens et terrestres ont été effectués sur une période de trois ans, à partir de 1995. La population reproductrice du centre de l'Arctique est estimée à environ 37 000 oiseaux, et les principales aires de nidification sont le sud-est du détroit Dolphin et Union, la périphérie de l'inlet Bathurst, le détroit de Melville, Elu Inlet et le centre du golfe Reine-Maud (L. Dickson, comm. pers.).

Des relevés aériens ont été réalisés à l'inlet Bathurst à la fin de juin en 1995 et de nouveau de 2006 à 2008 afin d'établir une base de référence pour le suivi des tendances de la population reproductrice d'Eiders à duvet du Pacifique (Raven et Dickson, 2008). Le succès de nidification et le taux de survie annuel des femelles adultes définis pour un sous-ensemble de 24 colonies dans la même région ont fait l'objet d'un suivi durant 7 ans à partir de 2001 (Hoover et Dickson, 2007).

Le suivi télémétrique par satellite d'eiders d'une colonie nicheuse près de l'inlet Bathurst, au Nunavut, a indiqué que la plupart de ces eiders passent l'hiver au larde de la côte sud-est de la péninsule Tchoukotka, en Russie et au large de la côte de l'île Saint-Laurent, en Alaska (Dickson, 2012b). Environ un tiers des mâles muent également au large de la côte sud-est de la Russie. L'information sur les prises dans l'est de la Russie est limitée, mais semble indiquer des prises considérables d'eiders. L'estimation provisoire des prises de subsistance de 2001, à Tchoukotka, était de 115 000 eiders (ce qui comprend quatre espèces) (E. Syroechkovski Jr., comm. pers.). Par contre, on ignore quel pourcentage de ces prises représenterait les Eiders à duvet du Pacifique provenant des aires de reproduction au Canada. Les prises de subsistance d'Eiders à duvet du Pacifique au Canada et en Alaska sont estimées à 2 500 oiseaux par année (Fabijan et al., 1997).

L'eider à duvet du nord

La sous-espèce de l'Eider à duvet du Nord se reproduit dans les aires côtières de l'est de l'Arctique canadien et du Groenland et passe l'hiver le long des côtes de Terre-Neuve-et-Labrador, du Québec et du sud-ouest du Groenland. Cette sous-espèce est unique en ce sens qu'elle est intensivement chassée à des fins commerciales dans l'ouest du Groenland et qu'elle est également chassée à des fins récréatives et de subsistance au Canada. Une modélisation démographique a récemment indiqué que le niveau des prises n'était pas durable (Gilliland et al., 2009). La majorité des prises sont effectuées au Groenland et à l'île de Terre-Neuve, mais le niveau des prises au Groenland a été jugé excessif, ce qui a entraîné un problème d'attribution des prises au Canada. Des règlements plus restrictifs sur les prises ont été mis en place à Terre-Neuve-et-Labrador en 1997 et au Groenland de 2002 à 2004 (Merkel, 2010), favorisant ainsi une diminution des prises totales, mais le niveau des prises demeure élevé. Des pressions pour libéraliser les prises au Groenland et à Terre-Neuve se poursuivent, et les répercussions de la vague de choléra aviaire sur la population de l'espèce dans l'Arctique canadien continuent d'être une menace majeure pour la population.

Malgré la problématique relative aux prises par la récolte, nous n'avons pas de données récentes des effectifs sur les aires de nidification; la très vaste répartition de cette sous-espèce dans l'Arctique canadien rend difficile un suivi sur une base régulière. Par ailleurs, des données historiques n'existent que pour trois sites : la baie d'Ungava, Hells Gate (Extrême Arctique) et le détroit de Digges.

Depuis 2003, un programme de surveillance hivernale a été mis sur pied afin d'évaluer les effectifs et la tendance du contingent de la population qui passe l'hiver au Canada. L'ensemble de l'aire d'hivernage des Eiders à duvet du Nord dans l'est du Canada (et à Saint-Pierre-et-Miquelon, France) fait l'objet d'un relevé effectué tous les trois ans depuis 2003.Les estimations de la population en 2003, 2006 et 2009 étaient de 204 000 ± 15 500, de 175 800 ± 8 000 et de 204 800 ± 22 400, respectivement, ce qui laisse supposer que la composante d'hivernage au Canada a été plutôt stable au cours de cette période (Gilliland et al., en préparation). Un relevé aérien de l'aire d'hivernage a été à nouveau réalisé en février 2012, mais le résultat corrigé par dénombrement de photos n'est pas encore disponible.

Les nouvelles menaces pour les Eiders à duvet du Nord incluent les maladies, la perturbation des colonies d'oiseaux nicheurs par les ours blancs, la navigation accrue dans le détroit d'Hudson, la mortalité due au pétrole et la chasse intensive à Terre-Neuve-et-Labrador. Par exemple, les premières éclosions de choléra aviaire consignées en Arctique ont été observées chez les Eiders à duvet en 2004 dans le nord du Québec, en 2005 sur l'île de Southampton, et en 2006 et 2007 sur l'île de Southampton et dans le nord du Québec. Plusieurs centaines d'Eiders à duvet sont morts du choléra aviaire dans les colonies nicheuses dans le nord de la baie d'Hudson et dans l'ouest du détroit d'Hudson en juillet et en août 2004 et 2005. Les premiers cas ont été rapportés par les résidents qui chassaient dans la région d'Ivujivik, dans le nord du Québec. Au cours de l'été 2006, le choléra a été une nouvelle fois détecté dans les colonies d'eiders présentes le long des côtes du nord du Québec, au Nunavik, et dans la baie East de l'île Southampton au Nunavut. Dans la baie East, plus de 3 200 eiders (soit 40 % des femelles nicheuses) ont été tués entre la fin du mois de juin et le début du mois d'août (Gilchrist, données inédites). De la même manière, les Inuits du Nunavut et du Nunavik ont récemment déclaré des pertes catastrophiques chez plusieurs colonies de reproduction en raison de l'activité de l'ours blanc. Bien que l'activité de l'ours blanc ait été observée de façon intermittente, elle n'a jamais été relevée aux niveaux actuels, et le choléra n'a jamais été décelé chez les eiders qui nichent dans l'Arctique.

Les renseignements portant sur les prises sont estimés grâce à des programmes nationaux de relevés de prises au Canada et aux États-Unis, et ces estimations sont considérées comme étant imprécises pour la plupart des espèces de canards de mer. Cette étude a démontré que la prise d'eiders a généralement diminué au cours des 30 dernières années; toutefois, les prises à Terre-Neuve-et-Labrador ont augmenté depuis 2005, et des niveaux exceptionnellement élevés ont été enregistrés en 2007 et 2008. Ces niveaux n'ont pas été observés depuis le milieu des années 1980 et ne dureront peut-être pas (Gilliland et al., 2009).

L'eider à duvet de la baie d'hudson

La sous-espèce d'Eider à duvet de la baie d'Hudson se reproduit dans la baie d'Hudson et passe l'hiver en eau libre à proximité des îles Belcher et au large de la côte ouest du Québec. Il s'agit d'une des seules espèces de sauvagine dans le monde qui passe toute l'année dans les eaux arctiques. Une mortalité massive peut survenir l'hiver lorsqu'une grande partie de la population est concentrée dans des chenaux d'eau libre qui gèlent parfois (Robertson et Gilchrist, 1998). On ignore la fréquence et l'ampleur de cette mortalité et ses répercussions sur la population d'Eiders à duvet de la baie d'Hudson.

Les données de reproduction de la sous-espèce n'existent que pour deux sites seulement : les îles Belcher et la région de la baie La Pérouse (au Manitoba). Les îles Belcher, qui ont fait l'objet d'un relevé pour la première fois au cours des années 1980, l'ont été de nouveau en 1997. Les résultats ont montré que la population reproductrice a diminué de 70 % depuis la fin des années 1980, ce qui serait apparemment attribuable à des événements météorologiques hivernaux (p. ex. le gel des polynies) qui ont entraîné de hauts taux de mortalité en 1992 (Robertson et Gilchrist, 1998). En 1998, le Service canadien de la faune a amorcé des recherches sur l'écologie hivernale de l'Eider à duvet de la baie d'Hudson. Les trois hivers qui ont suivi ont été modérés, laissant de vastes étendues de mer libre disponibles aux bandes d'oiseaux à la recherche de nourriture. Il n'y a pas eu de mortalité considérable en hiver depuis le début des travaux, et les populations d'eiders semblent être en voie de se rétablir.

L'eider à duvet du sud

L'estimation de la population actuelle de l'Eider à duvet du sud est d'environ 300 000 oiseaux (Lepage et Bordage, en préparation), et cette espèce fait partie des espèces de sauvagine les plus couramment chassées dans plusieurs régions côtières de l'est du Canada et des États-Unis. Le taux de prises durables a été estimé à environ 10 % (Savard et al., 2004), et l'estimation des prises actuelles est d'environ 32 000 oiseaux, ce qui dépasse l'estimation des taux de prises durables pour cette sous-espèce. Historiquement, la majeure partie des prises de l'Eider à duvet du sud ont eu lieu au Canada; toutefois, les prises canadiennes ont diminué, tandis que la sous-espèce est devenue le point de mire de chasses en pourvoirie le long de la côte est des États-Unis, pays qui récolte 65 % des prises totales. En plus de la chasse récréative, l'Eider à duvet du sud est chassé par les Autochtones aux fins de subsistance, et il est important à l'échelle locale pour certaines collectivités autochtones au Québec et au Canada atlantique; aucune estimation des prises aux fins de subsistance n'est disponible. La récolte du duvet constitue aussi une activité économique importante dans l'estuaire du Saint-Laurent.

Des données fiables sur les aires de reproduction existent seulement pour les segments de la population qui se reproduisent dans l'estuaire du Saint-Laurent et la côte nord du golfe du Saint-Laurent. Les tendances ont été stables dans l'estuaire et semblent être à la hausse dans le golfe du Saint-Laurent (Rail et Cotter, 2007), mais il semble qu'elles soient à la baisse maintenant avec un déclin de 3 % par année (J.-F. Giroux, Université du Québec à Montréal, comm. pers.). Comme dans le golfe du Saint-Laurent, le nombre d'eiders qui nichent dans le nord de Terre-Neuve et dans le sud du Labrador semble aussi être à la hausse (S. Gilliland, données inédites). Il existe peu de renseignements sur la situation des segments de la population qui se reproduisent dans la partie sud de leur aire de répartition. Une analyse préliminaire laisse entendre que les eiders se reproduisant au Nouveau-Brunswick afficheraient un déclin à long terme d'environ 3 % par an (K. Conner; données inédites), et des renseignements anecdotiques pour la Nouvelle-Écosse et le Maine indiquent un déclin du nombre et de la taille des colonies d'oiseaux nicheurs dans ces zones.

Les maladies peuvent jouer un rôle important dans la dynamique de cette population. Des éclosions intermittentes de choléra ont été signalées dans l'ensemble de leur aire de répartition, le plus récent cas remontant à 2002, année où 6 000 femelles adultes seraient mortes au sein de colonies dans l'estuaire du Saint-Laurent (Group de travail conjoint sur la gestion de l'Edier à duvet, 2004). Depuis 1998, onze cas de mortalité mystérieuse chez 30 à 2 800 eiders ont été observés pendant l'hiver le long de la côte de Cape Cod, au Massachusetts (C. Dwyer, rapport inédit). À la fin de l'année 2010, des diagnosticiens de l'organisme de recherche Southeast Cooperative Wildlife Disease Study (centre d'étude coopérative du sud-est sur les maladies des animaux sauvages (SCWDS)) à l'Université de Géorgie ont isolé un orthomyxovirus qui n'avait pas été caractérisé antérieurement (provisoirement nommé virus de la baie Wellfleet [WFBV]) et qui était lié à la mortalité massive (C. Dwyer, comm. pers.). Les répercussions de ces maladies émergentes et réapparaissant chez les Eiders à duvet du sud sont mal comprises; toutefois, des programmes de recherche de l'Université du Québec à Montréal, dirigés par J-F. Giroux, sont axés sur l'incidence du choléra aviaire sur la dynamique de la population des eiders se reproduisant dans l'estuaire du Saint-Laurent. Le National Wildlife Health Center du Geological Survey des États-Unis a collaboré avec l'organisme de recherche Southeast Cooperative Wildlife Disease Study (SCWDS) et le Fish and Wildlife Service des États-Unis afin de mieux caractériser l'orthomyxovirus.

En plus des maladies, les changements récents survenus dans les communautés de prédateurs ont également été avancés comme pressions additionnelles sur les Eiders à duvet du sud qui se reproduisent dans la partie sud de leur aire de reproduction. Le rétablissement des populations de loutres de rivière, de Goélands marins et de Pygargues à tête blanche ont tous été définis comme des sources potentielles de mortalité et de perturbation dans les colonies de reproduction de l'Eider à duvet du sud en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et dans le Maine.

En réponse aux préoccupations liées à cette population, les instances chargées des ressources au Canada et aux États-Unis sont en train d'évaluer l'état de cette population et prévoient mettre en œuvre un programme de surveillance régulière de l'aire de nidification des Eiders à duvet du sud. En conséquence, en mai 2012, des survols préliminaires au-dessus de quelques colonies de l'estuaire du Saint-Laurent ont été effectués afin de tester la faisabilité de compter les mâles du haut des airs et le caractère reproductible du relevé, comme première étape vers l'établissement d'un programme de surveillance concerté dans l'ensemble de l'aire de nidification.

L'Arlequin plongeur

Jusque vers la fin des années 1990, l'écologie de l'Arlequin plongeur (Histrionicus histrionicus) était peu connue en Amérique du Nord. Cependant, des activités de recherche ont amélioré la compréhension à son sujet dans certaines régions. Robertson et Goudie (1999) font l'analyse des renseignements disponibles sur l'Arlequin plongeur.

La population de l'est

La population d'Arlequins plongeurs de l'Est de l'Amérique du Nord a été désignée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) comme étant une espèce en voie de disparition au Canada en 1990. Par conséquent, la chasse de cette espèce a été interdite dans l'ensemble de la voie de migration de l'Atlantique. À la fin des années 1980, la population qui passe l'hiver dans l'est de l'Amérique du Nord était estimée à moins de 1 000 individus (Goudie, 1991). La chasse excessive, les perturbations et les pertes d'habitat auraient, semble-t-il, contribué au déclin de la population d'Arlequins plongeurs de l'est (Robertson et Goudie, 1999). À la suite de l'obtention de nouveaux renseignements, selon lesquels le nombre d'oiseaux se reproduisant dans l'est du Canada était beaucoup plus important que celui qui avait été estimé, la population a été réévaluée et assignée à une catégorie de moindre risque, soit « préoccupante » (Thomas et Robert, 2001).

Des études de télémétrie par satellite ont démontré l'existence de deux populations d'Arlequins plongeurs : l'une se reproduit dans le nord du Québec et du Labrador et passe l'hiver dans le sud-ouest du Groenland, et l'autre se reproduit dans le sud du Labrador, à Terre-Neuve, au Nouveau-Brunswick et en Gaspésie, au Québec puis passe l'hiver surtout dans les maritimes et le Maine (Brodeur et al., 2002). Des études génétiques soutiennent l'existence de deux populations ayant un flux génétique minimal (Scribner et al., 2000). On ignore à quel point les aires de reproduction et d'hivernage de ces populations se chevauchent. On ignore également la taille de la population d'Arlequins plongeurs originaires du Canada qui passent l'hiver au Groenland, mais, selon des relevés effectués en 1999, on estime que 6 200 Arlequins plongeurs muent le long de la côte ouest du Groenland (Boertmann et Mosbech, 2002). La population d'Arlequins plongeurs passant l'hiver dans l'est de l'Amérique du Nord est estimée à environ 3 000 oiseaux, avec un peu plus de la moitié (environ 1 600) passant l'hiver dans le Maine à un seul emplacement (Mittelhauser, 2008; Robertson et Goudie, 1999; Thomas et Robert, 2001). Le nombre d'Arlequins plongeurs passant l'hiver dans l'est du Canada augmente depuis le milieu des années 1980. Les relevés en hiver effectués en 2010 ont permis d'observer environ 300 oiseaux dans la baie de Fundy, 600 sur les côtes sud et est de la Nouvelle-Écosse et environ 450 passant l'hiver à Terre-Neuve. Il s'agit de données encourageantes, compte tenu de la baisse spectaculaire qui s'est produite pendant les années 1980 et au début des années 1990.

Robertson et al., (2008) ont publié un résumé de la situation de la population de l'est de l'Arlequin plongeur; un document intitulé « Plan de gestion de l'Arlequin plongeur (Histrionicus histrionicus), population de l'est, au Canada atlantique et au Québec » disponible à l'adresse suivante : www.sararegistry.gc.ca.

Population de l'ouest

En raison des préoccupations quant à la conservation des Arlequins plongeurs, une grande attention a été portée sur les populations de l'Ouest, tout particulièrement dans le détroit de Georgie, au cours des 15 dernières années (S. Boyd et D. Esler, comm. pers.). Les initiatives concertées du Service canadien de la faune et de l'Université Simon Fraser ont permis d'obtenir beaucoup d'information sur l'écologie et la conservation des Arlequins plongeurs; en fait, l'Arlequin plongeur du détroit de Georgie est souvent identifié comme le canard de mer dont l'écologie et la démographie sont les mieux comprises. En bref, les résultats sont les suivants : (1) le détroit de Georgie offre un habitat pendant la période de non-reproduction à plus de 10 000 Arlequins plongeurs; (2) les concentrations dans le détroit de Georgie, lors de la fraie printanière du hareng, se comptent en milliers, ce qui représente un regroupement unique au monde; (3) les oiseaux qui passent l'hiver en Colombie-Britannique se reproduisent dans une vaste gamme de cours d'eau de montagnes partout dans la province et au-delà ; (4) ils montrent une très forte fidélité aux aires d'hivernage et de mue, ce qui signifie que les regroupements locaux sont en grande partie démographiquement distincts et donc vulnérables aux hauts niveaux de prises et/ou de perturbations, ainsi qu'aux changements dans l'habitat; (5) au moins certains canetons suivent leur mère vers les aires d'hivernage, contribuant ainsi à la formation de segments de population distincts et indépendants; (6) la survie annuelle des adultes semble élevée et durable; et (7) la production de jeunes semble être suffisante pour maintenir la stabilité de la population (S. Boyd et D. Esler, comm. pers.).

Les études portant sur les Arlequins plongeurs du détroit de Georgie tirent à leur fin. Le Service canadien de la faune achève une analyse des données figurant sur les bagues afin de déterminer les taux de survie et publiera les résultats. Le Service canadien de la faune espère également rétablir les relevés sur le terrain quant à la productivité, basés sur le dénombrement des mâles selon le ratio d'âge pendant l'hiver pour documenter les variations annuelles et en tirer des moyennes à long terme. De plus, un programme de recherche a été mené par le Centre for Wildlife Ecology (centre d'écologie de la faune) de l'Université Simon Fraser pour évaluer le rôle de la qualité de l'habitat et de l'acquisition d'éléments nutritifs dans la formation des couvées (S. Boyd et D. Esler, comm. pers.).

Les macreuses

Les trois espèces de macreuses qui se reproduisent au Canada sont les Macreuses noires (Melanitta americana), les Macreuses à front blanc (M. perspicillata) et les Macreuses brunes (M. fusca). Les espèces de macreuses sont moins connues que tout autre groupe de canards de mer. Les activités de recherche des dernières années ont permis de mieux comprendre la reproduction, la mue et l'écologie d'hivernage de ces espèces. Bordage et Savard (1995), Brown et Fredrickson (1997) et Savard et al. (1998) ont tous fait une synthèse utile de l'information disponible sur les macreuses. En outre, plusieurs études, financées par le Plan conjoint des canards de mer [voir www.seaduckjv.org - en anglais uniquement], ont également abordé des lacunes importantes concernant l'information sur les macreuses.

Est canadien

La plupart des Macreuses noires se reproduisent dans l'est du Canada et, jusqu'à tout récemment, on considérait que l'aire de reproduction de l'est était centrée dans le Nord du Québec. Toutefois, de récentes études de télémétrie par satellite (2002-2004; 2009-2010) d'oiseaux en migration munies d'un émetteur au printemps dans la baie des Chaleurs donnent la preuve que les couples nichent également à l'ouest du Québec, c'est-à-dire dans le nord-ouest de l'Ontario, le nord du Manitoba, au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest et à l'est du Grand lac des Esclaves (Gilliland et McAloney, 2009). L'aire de nidification des Macreuses noires de l'ouest est concentrée en Alaska (Bordage et Savard, 1995).

Les Macreuses à front blanc sont dénombrées au cours de l'Inventaire de la sauvagine de l'est, bien que la zone étudiée (figure 1) ne couvre que partiellement l'étendue sud de l'aire de reproduction des Macreuses à front blanc. Selon l'Inventaire de la sauvagine de l'est, les Macreuses à front blanc continuent de bien se porter dans la forêt boréale (figure 22).

La région de la baie des Chaleurs (au Québec et au Nouveau-Brunswick) de même que l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent sont des aires de rassemblement printanières majeures pour les macreuses. Les relevés aériens, qui ont été corrigés à l'aide de photographies pour relever les erreurs liées à l'observateur, ont évalué à environ 90 000 la population de Macreuses noires de la voie de migration de l'Atlantique rassemblées au printemps dans la baie des Chaleurs (52 000) et dans l'estuaire du Saint-Laurent (36 300, Québec) en 2005 (K. McAloney, SCF, données inédites). En 1998, plus de 220 000 macreuses (les trois espèces) ont été observées dans l'estuaire et le golfe Saint-Laurent (Rail et Savard, 2003). Les Macreuses à front blanc sont les macreuses les plus abondantes dans cette région et elles représentent 70 % de toutes les macreuses.

Des relevés effectués en septembre et en octobre 2006 ont indiqué que l'estuaire du Saint-Laurent est un important site de halte migratoire d'automne pour la Macreuse à front blanc, car près de 80 000 oiseaux y ont été dénombrés (J.-P. Savard, SCF, comm. pers.). Des dénombrements de macreuses en mue effectués à la fin de juillet et au début d'août 2006 ont indiqué qu'environ 50 000 macreuses (principalement des Macreuses à front blanc mâles et des Macreuses brunes) ont mué dans l'estuaire du Saint-Laurent (J.-P. Savard, comm. pers.). Les transmetteurs par satellite implantés sur les Macreuses (les trois espèces) ont également confirmé l'importance de la baie des Chaleurs et de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent pendant la migration de printemps, la mue et la migration d'automne.

Entre 50 000 et 62 000 Macreuses en mue (principalement des Macreuses à front blanc mâles) ont été observées le long de la côte du Labrador en 1998 et 1999 (S.Gilliland, comm. pers.).

Des relevés photographiques aériens de Macreuses noires (principalement des mâles) en mue ont été effectués à la fin du mois de juillet dans l'ouest de la baie James, à cinq reprises entre 1977 et 2012 (Badzinski et al., 2012). Les premiers relevés ont indiqué de fortes concentrations d'oiseaux dans divers sites le long de la côte de la baie James en Ontario, où 45 000 et 53 960 oiseaux ont été observés en 1977 et en 1991, respectivement (Ross et al., 2009). En 2006, le Service canadien de la faune et le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, avec le soutien du Plan conjoint des canards de mer, ont commencé à développer un protocole normalisé pour les inventaires, étudiant diverses améliorations méthodologiques et innovations techniques et effectuant des relevés aériens de reconnaissance afin d'élaborer un inventaire opérationnel de suivi des populations de Macreuses noires dans l'est. Au cours du relevé de 2006, d'importantes concentrations d'oiseaux jusqu'alors ignorées ont été découvertes le long des côtes du sud et du nord-est de l'île Akimiski, au Nunavut (Ross et al., 2009), ce qui a entraîné l'agrandissement de l'aire principale d'inventaire dans la baie James. Pendant les relevés de 2006, 2009 et 2012, un nombre total de 88 460, 106 600 et 125 369 Macreuses noires, respectivement, ont été observées dans l'aire principale d'inventaire dans l'ouest de la baie James (Badzinski et al., 2012). Lors d'un inventaire de reconnaissance mené au cours du mois de juillet 2009, peu (4331) de Macreuses noires ont été observées dans l'est de la baie d'Hudson (au sud des îles Belcher) et dans l'est de la baie James (Cotter, 2009). Des données récentes obtenues par télémétrie satellitaire laissent entendre qu'en plus de l'est de la baie d'Hudson et des deux côtés de la baie James, les Macreuses noires se rassemblent également au large de la côte nord de l'Ontario, le long de la côte ouest de la baie d'Hudson, pour la mue (S. Gilliland et al., données inédites), mais aucun relevé à ce jour n'a été effectué dans cette zone afin de déterminer leur nombre ou leur répartition (Badzinski et al., 2012).

En août 2010, on a implanté un émetteur satellite à des Macreuses brunes et à des Macreuses noires dans l'estuaire du Saint-Laurent et la baie des Chaleurs. Ces oiseaux munis d'un émetteur contribuent à fournir des renseignements précieux sur les patrons de migration annuelle, le moment et la direction des déplacements, de même que la fidélité aux sites d'hivernage, de reproduction et de mue. Les déplacements de ces oiseaux peuvent être vus à l'adresse seaturtle.org (Macreuses brunes) [en anglais uniquement] et (Macreuses noires) [en anglais uniquement].

De nouveaux travaux destinés à implanter des émetteurs satellitaires sur des macreuses ont été réalisés en 2012 dans l'estuaire du Saint-Laurent, dans le cadre de la vaste étude Atlantic and Great Lakes Sea Duck Migration Study. En août, 17 Macreuses brunes en mue ont été capturées pour qu'on les munisse d'un émetteur (déplacement des oiseaux accessibles sur seaturtle.org [en anglais uniquement]), et à la fin septembre-début octobre, 26 Macreuses à front blanc, en migration cette fois, ont reçu le même traitement.

Ouest canadien

L'aire traditionnelle du Relevé des populations reproductrices et des habitats de la sauvagine de l'ouest du Canada (figure 6) couvre une grande partie de l'aire de reproduction des Macreuses brunes et une portion importante de l'aire de répartition des Macreuses à front blanc. Par contre, les troisespèces de macreuses ne sont pas différenciées au cours de ces relevés, car il est difficile de les distinguer à partir d'un avion. Selon les connaissances actuelles de la distribution des macreuses en période de reproduction, les populations de macreuses dans les Prairies du Canada devraient compter seulement des Macreuses brunes, alors que les populations de l'ouest de la région boréale du Canada comprennent des Macreuses brunes et des Macreuses à front blanc. Les trois espèces sont présentes en Alaska. Par contre, de telles données devraient être interprétées avec prudence étant donné que les relevés ne sont pas bien adaptés pour estimer les nombres de macreuses (Savardet al.,1998).

Bien que les macreuses se trouvent en très faible densité dans les Prairies du Canada, leur nombre a diminué à long terme selon les résultats du relevé des populations reproductrices et des habitats de la sauvagine (figure 23). Les relevés effectués en 2012 ont estimé à 1,06 million le nombre de macreuses dans l'ensemble de l'aire visée par le relevé, ce qui représente une baisse de 29 % par rapport à 2011 (figure 23).

Un examen plus approfondi des tendances dans les diverses strates a donné des résultats intrigants. Alisauskas et al. (2004) ont montré que, contrairement à la tendance globale à la baisse, le nombre de macreuses a augmenté au cours de la dernière décennie dans le nord du Manitoba et de la Saskatchewan, mais a continué de diminuer dans le nord de l'Alberta et des Territoires du Nord-Ouest. Leur recherche, qui a étudié à rebours l'historique des prises de Macreuses brunes effectuées au lac Redberry, en Saskatchewan, montre que le déclin à long terme de la population locale a maintenant cessé. Il est intéressant de constater qu'il s'agit du résultat de l'augmentation du recrutement par l'immigration de femelles adultes (Alisauskas et al., 2004).

De grandes concentrations de Macreuses à front blanc et de Macreuses brunes se trouvent le long du littoral de la Colombie-Britannique dans les habitats qui accueillent aussi l'aquaculture des mollusques et des crustacés, une industrie qui pourrait prendre énormément d'expansion. L'Université Simon Fraser et le Service canadien de la faune ont mené une étude sur les interactions entre les macreuses et l'industrie des mollusques et crustacés en vue d'évaluer les effets possibles sur la durabilité des populations de macreuses, à des échelles locales et régionales (S. Boyd et D. Esler, comm. pers.).Les résultats semblent indiquer que selon les niveaux d'activités actuels l'effet général de l'industrie dans une zone importante, tant pour les mollusques et crustacés que pour les macreuses, est durable (le détroit de Baynes). Le projet a entraîné la publication de plusieurs articles et de deux thèses de maîtrise.

En réponse à la diminution apparente du nombre de macreuses, les limites de prises de macreuses ont été réduites en 1993 aux États-Unis et au Canada. Les prises des trois espèces de macreuses au Canada et aux États-Unis ont considérablement diminué depuis les années 1970 (tableaux 9 à 11), bien que le niveau des prises de Macreuses à front blanc et de Macreuses noires dans la voie de migration de l'Atlantique se soit rapproché des niveaux historiques, de nouveau en 2011. Au Canada, les prises sont estimées à quelques milliers d'oiseaux de chacune des trois espèces.

Le Garrot d'Islande

La population de l'est

En 2000, la petite population de l'est de Garrots d'Islande (Bucephala islandica) a été désignée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada comme espèce préoccupante. La chasse pouvant éventuellement constituer une menace pour le Garrot d'Islande, elle a été interdite dans la plupart des endroits où une importante concentration d'oiseaux passent l'hiver ou se rassemblent. Toutefois, étant donné que le Garrot d'Islande est une espèce arboricole, l'exploitation forestière et l'introduction de poissons dans les lacs qui en étaient dépourvus dans ses aires de reproduction représentent probablement des menaces plus importantes (Robert et al., 2008).

L'aire de reproduction principale de la population de l'est de Garrots d'Islande est composée surtout de petits lacs (sans poisson) des hauts plateaux au nord du fleuve Saint-Laurent, de la rivière Saguenay vers l'est jusqu'à Blanc-Sablon, au Québec (Robert et al., 2000; Robert et al., 2008). En fait, le grand nombre de couples et de mâles seuls repérés lors des relevés aériens et terrestres, indique que cette région est probablement l'aire principale de reproduction de la population de l'est de Garrots d'Islande (Robert et al., 2000).

Dans l'est de l'Amérique du Nord, les seuls sites connus où muent les Garrots d'Islande mâles adultes se trouvent dans les eaux côtières de la baie d'Hudson, de la baie d'Ungava et de la baie Frobisher (île de Baffin) et dans quelques passages côtiers du nord du Labrador (Robert et al., 1999; Robert et al. 2002). En juillet 2000, deux aires de mue (les rivières Tasiujaq et Tuttutuuq, baie d'Ungava) ont été identifiées au cours du suivi des mâles à l'aide de la télémétrie par satellite. Au moins 200 garrots (surtout d'Islande) se trouvaient dans le premier emplacement et au moins 3 000 garrots (surtout les Garrots à œil d'or) se trouvaient dans le second (M. Robert, comm. pers.). Le Garrot d'Islande passe jusqu'à quatre mois dans les aires de mue, ce qui indique leur importance dans le cycle annuel (Robert et al., 2002).

Au cours de la saison de reproduction de 2009, cinq Garrots d'Islande femelles ont été munies d'un transmetteur par satellite permettant de repérer leurs sites de mue. En 2010, deux femelles sont retournées au même endroit qu'en 2009 pour la mue (l'une sur un lac à 100km au sud de la baie d'Ungava et l'autre dans un affluent de la baie d'Ungava). Une femelle qui avait mué sur un petit lac près de la baie James en 2009 a apparemment mué dans le fleuve Saint-Laurent en 2010. Une femelle pourrait avoir mué sur un lac d'eau douce près de l'aire de reproduction (J.-P. Savard, comm. pers.). Les déplacements des femelles munies d'un transmetteur peuvent être consultés sur le site seaturtle.org [en anglais uniquement].

Depuis 2005, un relevé triennal est mené en hiver au Québec et au Nouveau-Brunswick. Les résultats de 2011 ont indiqué que la population hivernante de Garrots d'Islande de l'est de l'Amérique du Nord était composée de 4 100 oiseaux (F. Bolduc, données inédites), comparativement à 6 800 oiseaux dans l'étude de 2009. Plus de 80 % de ces oiseaux hivernent le long de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent (SCF, données inédites). Environ 500 oiseaux passent l'hiver dans les provinces de l'Atlantique et 100 oiseaux dans l'État du Maine (Robert et Savard, 2006; Service canadien de la faune, données inédites).

Les résultats du Recensement des oiseaux de Noël mené à Tadoussac semblent indiquer une légère augmentation du nombre de Garrots d'Islande dans la dernière décennie (Savard, 2008).

La population de l'ouest

La population de Garrots d'Islande de l'ouest est suivie, depuis 2006, grâce à l'inventaire de la sauvagine nicheuse du plateau intérieur central de la Colombie-Britannique. Des analyses du Service canadien de la faune ont estimé la présence de 21 800 oiseaux sur le plateau intérieur central en 2012, soit 36 % de moins qu'en 2011. Une fraction inconnue du déclin observé est probablement associée au froid et à l'arrivée tardive du printemps en 2012, ce qui a ocasionné un délai dans la réalisation des inventaires des terres humides de faible altitude et à une diminution de la disponibilité des terres humides (en raison de la neige et de la glace) à des altitudes moyennes et élevées. Certaines données pour cette population proviennent des relevés de la sauvagine nicheuse réalisés dans le sud du Yukon (figure 24), et elles ne montrent aucune tendance au cours des dernières 5, 10, 15 ou 21 années.

De 2006 à 2011, W.S. Boyd (Direction générale des sciences et de la technologie d'EnvironnementCanada) et D. Esler (Centre for Wildlife Ecology, Université Simon Fraser) ont utilisé des émetteurs par satellite pour le suivi des Garrots d'Islande mâles et femelles de tous les groupes d'âge sur un site d'étude de l'intérieur de la Colombie-Britannique (ruisseau Riske). Tous les mâles munis d'un émetteur-satellite en mai 2006, 2007 et 2008 ont migré vers le Nord jusqu'au nord de l'Alberta et aux Territoires du Nord-Ouest, où ils ont mué. Nombre d'entre eux font preuve d'une grande fidélité aux aires de mue et d'hivernage, et sont particulièrement attachés à un site de mue ou de rassemblement au lac Cardinal, en Alberta. Certains juvéniles munis d'un émetteur en août 2011 font encore l'objet d'un suivi. Des cartes présentant des données sur les déplacements et emplacements de tous les oiseaux suivis sont disponibles à l'adresse suivante:[voir Migration and Habitat Use of Pacific Barrow's Goldeneye en anglais uniquement]. Ces cartes présentent uniquement des données allant jusqu'au mois d'août 2011; elles seront mises à jour prochainement. Les données satellitaires seront utilisées pour déterminer les voies de migration, la fidélité au site, et les liens entre les sites d'hivernage, de mue, de rassemblement et de reproduction. Les données seront également utilisées pour mieux comprendre la structure de la population du Garrot d'Islande dans le Pacifique.

Les autres canards de mer

Les renseignements sur d'autres espèces de canards de mer, tirés du Relevé des populations reproductrices et des habitats de la sauvagine de l'ouest du Canada et de l'Inventaire de la sauvagine de l'est, sont présentés au tableau 3 et à la figure 22, respectivement. Des données sur le Petit Garrot et sur d'autres canards plongeurs et de mer provenant des inventaires effectués en bordure des routes au Yukon sont présentées à la figure 24.

Le Relevé des populations reproductrices et des habitats de la sauvagine de l'ouest du Canada montre des augmentations significatives de harles, de garrots et de Petits Garrots à long terme, mais une tendance à la baisse pour les Hareldes kakawis (tableau 3).

Pour la période de 1990 à 2012, les résultats de l'Inventaire de la sauvagine de l'est montrent une tendance à la hausse pour le Harle couronné. Les niveaux de populations du Petit Garrot, du Grand Harle et du Harle huppé ont été variables. Les populations de Macreuses à front blanc et de Garrots à œil d'or montrent des tendances relativement stables (figure 22).

La situation des populations d'oies et de bernaches

L'Oie des neiges

La grande Oie des neiges

La Grande Oie des neiges (Chen caerulescens atlanticus) se reproduit dans l'est de l'Arctique au nord du bassin Foxe, dans le nord des îles de Baffin, Bylot, Axel Heiberg et d'Ellesmere et dans le nord du Groenland. Elle passe l'hiver le long de la côte atlantique, du NewJersey à la Caroline du Nord. Au cours de la migration, la population entière fait une halte dans les marais et les terres agricoles du sud du Québec.

La croissance de la population de Grandes Oies des neiges, qui est passée de quelques milliers d'oiseaux dans les années 1930 à plus de 500 000 au printemps, au milieu des années 1990, a été bien documentée (Reed et al., 1998a). Des mesures spéciales de conservation ont été mises en œuvre en 1999 pour ralentir la croissance rapide de cette population.

Depuis 1965, des relevés aériens ont été effectués chaque année au printemps dans la principale halte migratoire de la vallée du Saint-Laurent dans le sud du Québec. L'inventaire couvre un grand territoire qui s'étend du lac Champlain (sud) au lac Saint-Jean (nord) et de l'est de l'Ontario (ouest) à la baie des Chaleurs (est). Cinq avions survolent la région simultanément lors de l'inventaire d'un jour. En 2012, le relevé a été effectué le 30 avril. La taille de la population printanière au cours de la halte migratoire dans le sud du Québec en 2012 a été estimée à 1 005 000 (±85000) oies, soit 10 % de plus que l'estimation de l'année dernière (917 000; figure 25; Lefebvre, 2012). Depuis 2008, les estimations ont été calculées à l'aide d'une version révisée de la méthodologie d'échantillonnage.

Au Canada, les prises d'oies à l'automne 2011 ont été estimées à 96 996 (tableau 12), ce qui est au-dessus des prises de 2010 (54 335) et bien au-dessus de la moyenne sur cinq ans (72 620). Aux États-Unis, les prises ont été estimées à environ 37 592 oiseaux, ce qui est 38 % supérieur à l'estimation de l'année précédente.

On évalue à 35 738 (± 5 227) le nombre d'oiseaux capturés au cours de la saison spéciale de conservation au printemps 2012 au Québec (Gendron et Smith, 2012a). Ce nombre était supérieur à l'estimation de 2011 (22 077) (figure 26).

Pour la première fois, une saison de conservation spéciale a été mise en œuvre dans le sud de l'Ontario au printemps 2012. On estime que 250 (± 152) oies ont été capturées (Gendron et Smith, 2012b).

En 2009, des mesures spéciales de conservation de la Grande Oie des neiges ont été mises en place dans plusieurs États américains de la voie migratoire de l'Atlantique. Au printemps 2012, l'estimation des prises de Grandes Oies des neiges dans la voie migratoire était de 36 853 oiseaux, et de 2 468 oiseaux supplémentaires abattus et non-récupérés (Snow Goose, Brant and Swan Committee of the Atlantic Flyway Council, 2012).

Une étude détaillée sur l'écologie de la reproduction de la Grande Oie des neiges dans la colonie de nidification de l'île Bylot au Nunavut est menée depuis 1988. L'île Bylot est située au large de l'extrémité nord de l'île de Baffin, dans l'est de l'Extrême-Arctique; elle accueille la plus grande colonie nicheuse de Grandes Oies des neiges dans sa plaine du sud-ouest. De plus amples renseignements sont disponibles au sujet de ce projet de recherche en cliquant sur le lien suivant : Études écologiques et suviv environmental à L'île Bylot parc national Sirmilik.

La Petite Oie des neiges

La Petite Oie des neiges (Chen caerulescens caerulescens) niche en colonies dans les régions côtières et intérieures de l'Arctique canadien. Ces colonies peuvent être regroupées en trois régions : l'est de l'Arctique (les îles de Baffin et Southampton et les rives ouest et sud de la baie d'Hudson), le centre de l'Arctique (les terres continentales allant de Coppermine à l'ouest jusqu'à Gjoa Haven à l'est, et l'ouest de l'île Victoria) ainsi que l'ouest de l'Arctique (l'île Banks et les deltas de la rivière Anderson et du fleuve Mackenzie).

Les populations de Petites Oies des neiges suivies dans le cadre de relevés des aires de reproduction affichent une croissance importante dans plusieurs colonies et elles ont formé de nouvelles colonies au cours des dernières années (Batt, 1998). Le Service canadien de la faune coordonne une série d'inventaires photographiques des principales colonies de nidification de Petites Oies des neiges, et les résultats sont présentés ci-dessous.

Des relevés des aires d'hivernage ont montré également que le nombre de Petites Oies des neiges dans l'est et le centre de l'Arctique jusqu'à la fin des années 1990 a augmenté. Il convient de noter que ces oies sont également appelées Petites Oies des neiges du centre du continent. Les dénombrements effectués au milieu de l'hiver ont augmenté, passant de 0,78 million d'oies en 1970 à près de 3,0 millions en 1998 (Kruse, 2007). Le dénombrement effectué au milieu de l'hiver 2012 a permis d'estimer la population à environ 4,02 millions d'oies, soit 27 % de plus qu'en 2011, un record pour la deuxième année consécutive (figure 27; United States Fish and Wildlife Service, 2012). Cesdénombrements comprennent quelques Oies de Ross et probablement une faible proportion de Petites Oies des neiges provenant des colonies de l'ouest de l'Arctique. Toutefois, ces dénombrements au milieu de l'hiver sous-estiment les niveaux réels de la population et ces sous-estimations s'accentuent probablement à mesure que les populations augmentent (Leafloor et al., 2012).

Récemment, la taille de la population des Petites Oies des neiges a été estimée à l'aide de données sur les retours de bagues et d'estimations des prises (Alisauskas et al., 2011, 2012). L'approche traditionnelle d'estimer la taille d'une population à partir des inventaires ne fournit qu'un indice de la taille de la population, tandis que les estimations obtenues à partir des données sur les prises et le baguage suggèrent des nombres qui sont bien plus élevés que les estimés produit à partir des inventaires. La population de Petites Oies des neiges du centre du continent dépassait probablement les 15 millions d'oiseaux adultes en 2010, et certaines estimations laissent entendre que la population pourrait être encore plus importante que cela (Alisauskas et al., 2011, 2012). Malgré les récents efforts déployés pour réduire le nombre de Petites Oies des neiges du centre du continent, la population continue de croître (Leafloor et al., 2012).

Les colonies de l'est de l'Arctique

L'île de Baffin et l'île Southampton

Entre 2003 et 2005, des inventaires photographiques des plus grandes colonies de nidification de Petites Oies des neiges ont été effectués dans l'est de l'Arctique aux fins de comparaison avec les dénombrements précédents faits au début des années 1970 et en 1997. Les premiers relevés effectués dans les grandes plaines de Koukdjuak (sur l'île de Baffin) et sur l'île Southampton en 1973 ont dénombré seulement 446 600 et 155 800 oiseaux nicheurs, respectivement (Kerbes, 1975), et l'aire où ont été trouvés des nids était bien plus petite. En 1997, ces colonies avaient atteint respectivement 1,7 et 0,7 million d'oiseaux nicheurs, (figure 28). En 2004, les estimations du nombre d'Oies des neiges nicheuses sur l'île Southampton semblaient indiquer des nombres similaires à ceux estimés en 1997, alors que ceux estimés sur l'île de Baffin en 2005 indiquaient la possibilité d'une légère baisse de la population (figure 28). Les estimations les plus récentes des oies nicheuses sur l'île Southampton provenant de l'inventaire photographique indiquent que le nombre de Petites Oies des neiges a en réalité continué à croître, et approchait un million d'oiseaux nicheurs en 2008 (K.M. Meeres, SCF, Saskatoon, données inédites). Un relevé photographique de l'île de Baffin a été réalisé en 2011, mais les résultats ne sont pas encore disponibles. Le nombre d'oisons en août 2012 était plus élevé que celui observé en 2011 et la taille des couvées étaient plus grande, ce qui laisse supposer que les tentatives de nidification en 2012 étaient meilleures que l'année précédente (J.O. Leafloor, Service canadien de la faune, Winnipeg, observations personnelles.

L'ouest de la baie d'Hudson

À l'ouest de la baie d'Hudson, le nombre d'Oies des neiges a diminué d'environ la moitié entre 1985 et 1997 alors que la population était juste au-dessus de 200 000 oies (figure 28). Les estimations provenant des relevés photographiques de 2003 semblent indiquer que la population reproductrice a légèrement augmenté entre 1997 et 2003, mais la majorité de cette augmentation a été observée au nord de la colonie nicheuse de la rivière McConnell et plus particulièrement au nord d'Arviat au Nunavut. Les plus récentes estimations photographiques d'oies nicheuses dans cette région laissent entendre que le nombre de Petites Oies des neiges s'est stabilisé à environ 250 000 oiseaux en 2008 (K.M. Meeres, données inédites).

Les basses terres de la baie d'Hudson (île Akimiski, cap Henrietta Maria, baie La Pérouse)

Dans les basses terres de la baie d'Hudson, les relevés effectués entre 1996 et 2003 ont montré que le nombre de couples nicheurs diminuait par rapport au sommet observé en 1997 alors qu'on estimait que 430 000 oiseaux nichaient dans la région entre la baie La Pérouse (au Manitoba) et le cap Henrietta Maria (en Ontario) (K. Ross et K. Abraham, comm. pers.). Le relevé effectué en 2006 dans la colonie de la baie La Pérouse comptait 41 800 couples reproducteurs, pratiquement le même nombre qu'en 1997 (41 700 couples); les deux petites colonies près de la pointe Thompson comptent respectivement 1700 et 5400 couples (K. Abraham, R. Rockwell et K. Ross, comm. pers.). Une nouvelle analyse conduite à partir de données d'inventaires en hélicoptère menés à la colonie du Cap Henrietta Maria suggère qu'un déclin récent se produit au niveau du nombre d'oiseaux reproducteurs passant d'un nombre moyenne de 332 400 oiseaux pour la période de 1997 à 2007 (1997, 1999, 2001, 2003, 2005, 2007) à 230 556 en 2007 et 202 140 en 2012. Il est à noter qu'un très faible nombre d'oiseaux ont niché en 2009; le printemps tardif caractérisé par l'inondation des sites de reproduction a empêché plusieurs oiseaux de nicher; seulement 17 994 oiseaux nicheurs ont été estimés. Ces données représentent une augmentation considérable par rapport à 1979, où la population nicheuse était estimée à 55 000 couples nicheurs (P. Anghem, donéées inédites). On continue d'observer aucun signe de nidification à la colonie de Shell Brook et une nidification très faible à la colonie de Pen Islands.

La période du dégel printanier a été dans la moyenne dans les basses terres de la baie d'Hudson en 2012. Entre 1998 et 2000, la taille de la petite colonie de l'île Akimiski à la baie James a été estimée, de façon constante à 900 couples reproducteurs (K. Abraham, comm. pers.), puis elle a augmenté à environ 1 500 couples en 2001, pour demeurer sensiblement au même niveau que 2001 en 2003. En 2012, le début de la nidification des Petites Oies des neiges sur l'île Akimiski semblait similaire à la moyenne à long terme. La taille des couvées à la fin de la période d'incubation était près de la moyenne. Au cap Henrietta Maria, le dégel printanier a également été jugé dans la moyenne. L'aire occupée par la colonie était similaire à celle de la dernière décennie (K. Abraham, Ministère des ressources naturelles de l'Ontario, com. pers.).

Cela fait maintenant 44 ans que des études sur la nidification des Petites Oies des neiges à la baie La Pérouse et dans la région du cap Churchill sont menées.

La plupart de la neige était fondue au moment où les travaux de terrain ont débutés, mais des zones de glace ont persistées jusqu'en juillet. Le mois de juin était particulièrement froid avec des températures à peine au-dessus du point de congélation. Toutefois, en raison de l'accessibilité aux habitats, les oies ont commencé la nidification environ une semaine plus tôt que la moyenne à long terme, avec un pic d'éclosion le 15 juin. Due au faible degré-jour, la plupart des plantes ont commencé leur croissance plus tard, avec un verdissement complété à la fin de juin. Malgré tout, les oies ont bien résussit la nidification. Le ratio jeune-adulte était de 0,98, ce qui représente un retour aux niveaux élevés de succès de reproduction typique des premières années de ce projet (R. F. Rockwell, American Museum of Natural History, comm. pers.).

Les colonies du centre de l'Arctique

La population reproductrice du centre de l'Arctique, qui se concentre dans le golfe Reine-Maud, a connu une croissance plus lente que la population de l'est avant les années 1980, mais elle semble maintenant être en train d'augmenter rapidement. Cette croissance rapide peut être en partie attribuable à l'immigration d'oiseaux provenant de l'est de l'Arctique. En 1976, on comptait 30 colonies avec près de 56 000 Petites Oies des neiges nicheuses. En 1988, le nombre de colonies avait grimpé à 57, représentant environ 280 000 Petites Oies des neiges nicheuses (Kerbes,1996). L'information provenant d'un inventaire photographique réalisé en 1998 indiquait que la population de l'Oie des neiges dépassait 700 000 individus, répartis dans 80 colonies (R. Kerbes, données inédites). De pair avec les mesures spéciales de conservation mises en place pour réduire la taille de la population de la Petite Oie des neiges du centre du continent, le nombre d'oies blanches nicheuses dans le centre de l'Arctique, estimé à partir d'inventaires photographiques, a augmenté de 657 000 en 1998 à 1 666 000 en 2006 (K. Meeres, SCF, données inédites). Alisauskas et al. (2011) ont déterminé que ceci représentait un taux de croissance de 12,3 % par année.

Au lac Karrak dans le golfe Reine-Maud, la superficie utilisée par les Oies de Ross et les Petites Oies des neiges augmente exponentiellement. La zone d'habitat terrestre occupé par les oies nicheuses au lac Karrak a augmenté, passant de 177 km2 à 279 km2 en 2011. De façon similaire, à la colonie d'oies blanches de l'est de McNaughton, à environ 90km à l'est du lac Karrak, la zone d'habitat terrestre occupée par les oies nicheuses a augmenté, passant de 214 km2 à 260 km2 en 2011 (R. Alisauskas, pers. comm.). En se fondant sur une impression générale des conditions dans le centre de l'Arctique canadien, la période de nidification a été plus tardive que la moyenne au lac Karrak en 2011. L'année 2011 constitue donc la cinquième année consécutive où la phénologie de nidification a été plus tardive que la moyenne (R. Alisauskas, comm. pers.), ayant pour résultat un relativement faible ratio âge au niveau du baguage en août.

Les colonies de l'ouest de l'Arctique

Plus de 95 % des Petites Oies des neiges présentent dans l'ouest de l'Arctique canadien nichent sur l'île Banks. Cette population a considérablement augmenté entre 1960 et 2002. La population nicheuse totale a augmenté, passant d'environ 105 000 oiseaux en 1960 à 165 000 en 1976 et à plus de 479 000 en 1995 (Kerbeset al., 1999). Des inventaires photographiques de la colonie indiquent que le nombre d'oiseaux qui nichent sur l'île Banks est resté élevé, avec 570 000 oiseaux nicheurs en 2002 et 427 000 oiseaux en 2009 (Service canadien de la faune, données inédites). Certains habitats ont été endommagés sur l'île Banks en raison d'activités de quête de nourriture des Oies des neiges (Hines et al., 2010). Le reste des Oies des neiges de l'ouest de l'Arctique niche dans de petites colonies, sur le continent, dans les Refuges d'oiseaux migrateurs de la rivière Anderson et de l'île Kendall ainsi qu'en Alaska. Le nombre d'oies nicheuses de l'île Kendall a fluctué entre moins de 500 et plusieurs milliers, sans aucune tendance évidente observée à long terme (Wiebe Robertson et Hines, 2006; Service canadien de la faune, données inédites). Le nombre d'oiseaux nicheurs à la rivière Anderson est passé de plus de 8 000 au début des années 1980 à 2 800 ou moins au cours des dernières années (Wiebe Robertson et Hines, 2006; Service canadien de la faune, données inédites).

Les Petites Oies des neiges qui nichent sur l'île Wrangel, en Russie, sont aussi d'un grand intérêt pour le Canada étant donné qu'elles passent par l'ouest canadien durant la migration automnale et printanière. Plus de la moitié de ces effectifs passent l'hiver dans le delta du Fraser (en Colombie-Britannique) et à proximité du delta Skagit (dans l'État de Washington). La colonie actuelle de Petites Oies des neiges présente sur l'île Wrangel est le vestige de plusieurs colonies de la Sibérie du siècle dernier. Des biologistes russes faisant le suivi de cette population ont recueilli des renseignements sur la diminutionde la population: de 120 000 oiseaux nicheurs estimés en 1970 (population totale de 150 000 oies), le nombre d'oiseaux nicheurs a diminué de plus de la moitié dans les années 1990 (population totale de 60 000 à 70 000 oies) (Kerbeset al., 1999). La population totale a augmenté au cours des dernières années pour atteindre de 150 000 à 160¯000 oiseaux (S. Boyd, comm. pers.). La Russie n'est pas en mesure de donner des estimations quant à la taille de la population reproductrice sur l'île Wrangel au printemps 2012.

Le population hivernale de Fraser-Skagit en Colombie-Britannique a plus ou moins doublé depuis le début des années 1990, passant à environ 100 000 oiseaux en 2006-2007, soit l'indice d'abondance le plus élevé jamais enregistré. La hausse des taux de prises, combinée à des années dont le taux de reproduction a été faible, a mené à une baisse de la population, celle-ci passant approximativement de 75 000 oiseaux en 2009-2010 et à 65 000 oiseaux en 2010-2011. D'après le taux de recrutement élevé prévu et le taux de survie annuel (à long terme, moyen), la population de 2012-2013 devrait être d'environ 70 000 à 75 000 oiseaux. Lorsque la population hivernale de Fraser-Skagit a dépassé les 60 000 oiseaux au début des années 2000, une augmentation des conflits (socioéconomiques) a été observée avec les exploitations agricoles locales, les écoles et l'aéroport international de Vancouver dans le delta du fleuve Fraser. De plus, une augmentation du taux de déracinement des plantes a entraîné une grave réduction de la biomasse du scirpe. Les données provenant d'un programme de surveillance à long terme laissent présager que le marais côtier passera à l'état d'«extinction fonctionnelle» si la population d'oies reste élevée (S. Boyd, comm. pers.). Afin d'aider à atténuer ces préoccupations, les organismes de gestion responsables en Colombie-Britannique et dans l'État de Washington ont mis en œuvre des modifications aux règlements de chasse en 2003-2004 et de nouveau en 2007-2008 pour réduire le nombre d'oies. Ces mesures ont été suivies par la mise en œuvre d'une stratégie de prises afin de maintenir la population hivernale de Fraser-Skagit à un total de 50 000 à 70 000 oies afin que l'habitat de marais demeure à un niveau sain et durable et que les préoccupations socioéconomiques soient réduites au minimum. Le but principal de la stratégie de prises est de faire en sorte que les règlements de chasse, et par conséquent les taux de prises, soient adaptés à l'abondance des oies. Pour différentes raisons, la grande majorité de ces prises aura lieu dans le delta du fleuve Skagit, dans l'État de Washington.

Les prises de petites oies des neiges

Aux États-Unis, les Petites Oies des neiges sont prises dans les quatrevoies de migration, mais surtout dans celles du Mississippi et du Centre. En 2011, le total des prises aux États-Unis était estimé à 355 833 oies, soit une augmentation de 18 % par rapport à 2010 (tableau 13). Au Canada, les prises ont été estimées à 114 767 oiseaux en 2011, soit une augmentation de 6 % par rapport à 2010.

Depuis 1990, la Région du Pacifique et du Yukon du Service canadien de la faune effectue un relevé annuel spécial des prises de Petites Oies des neiges de la population de l'île Wrangel. Avant 2003, les estimations des prises ont varié d'un minimum de 623 en 1990 à un maximum de 1989 en 2003 (A. Breault, données inédites; figure 29). Les prises de 2011-2012 ont été estimées à 3 990 oiseaux, soit presque le double des 2030 oiseaux capturés en 2010-2011 (alors que des conditions météorologiques atypiques ont limité les mouvements et la disponibilité des oies des neiges pour les chasseurs de la région). Les chiffres pour la récolte comprennent un ajustement de ± 20 % pour les pertes causées par l'insuccès (A. Breault, comm. pers.).

On estime le nombre d'oiseaux tués à 615 (± 129) pendant les mesures spéciales de conservation du printemps 2012 en Saskatchewan (il n'y a pas de suivi de la récolte au Manitoba et au Nunavut en raison du très faible taux de récolte et du très faible nombre de chasseurs non-autochtones; Gendron et Smith, 2012c). Le nombre d'oiseaux capturés était largement supérieur à l'estimation de 2011 (470 ± 108).

Gestion des populations surabondantes d'oies

Problème de conservation

La plupart des populations d'Oies des neiges et d'Oies de Ross sont bien au-delà de leurs objectifs de population (Plan nord-américain de gestion de la sauvagine, 2012). Cette situation devient un problème de conservation important lorsque la croissance rapide et l'abondance grandissante ont une incidence sur les habitats dont dépendent ces populations et d'autres espèces. Ce problème relativement nouveau a d'abord été mis en évidence il y a 15 ans, au moyen d'évaluations complètes des répercussions environnementales de la croissance rapide des Petites Oies des neiges du centre du continent et des Grandes Oies des neiges. Les analyses menées par les spécialistes canadiens et américains sont présentées dans les rapports intitulés Arctic Ecosystems in Peril - Report of the Arctic Goose Habitat Working Group (Batt, 1997) et The Greater Snow Goose - Report of the Arctic Goose Habitat Working Group (Batt, 1998).

Ces groupes de travail ont conclu que les principales causes à l'origine de l'augmentation des populations d'Oies des neiges étaient de nature humaine. Les techniques agricoles en constante évolution ont commencé à fournir une source de nourriture fiable et hautement nutritive pour les oies en période de migration et d'hivernage. Combiné à la sécurité offerte dans les refuges, de meilleures conditions nutritionnelles ont entraîné une hausse des taux de survie et des taux de reproduction élevés chez les Oies des neiges. Ces populations sont devenues si grandes qu'elles ont des répercussions sur les communautés végétales des haltes migratoires et des aires de reproduction dont elles et d'autres espèces dépendent. Le broutement et le fouillage du sol par les oies détruisent non seulement la végétation de façon permanente, mais modifient également la salinité, la dynamique de l'azote et l'humidité du sol. Il s'ensuit une transformation ou une destruction des communautés végétales, dont le rétablissement est peu probable. Même si l'Arctique est vaste, les aires qui soutiennent la migration et la reproduction des oies et des espèces compagnes sont limitées, et il est probable que certaines zones deviendront inhospitalières pendant des décennies. L'augmentation des dégâts causés aux cultures céréalières est également une conséquence importante de la croissance des populations d'Oies des neiges.

Mesure de gestion

Les efforts de gestion initiaux portaient sur la Petite Oie des neiges du centre du continent et la Grande Oie des neiges, notamment les populations dont leurs effets néfastes sur les habitats étaient manifestes. Le Canada, les États-Unis et le Mexique ont convenu que les dommages causés à l'habitat constituaient un problème de conservation important et que la surabondance des populations causait un tord aux écosystèmes des régions arctiques et subarctiques. À la suite de cette déclaration, plusieurs mesures de gestion ont été entreprises simultanément dans le but de freiner la croissance rapide de la population et d'en réduire la taille à un niveau conforme à la capacité de charge de l'habitat. Les modèles de population ont montré que de toutes les techniques de gestion potentielles, l'approche la plus fructueuse pour contrôler la croissance de la population était de réduire les taux de survie des oies adultes.

Par conséquent, à compter de 1999, le Canada a modifié le Règlement sur les oiseaux migrateurs et a créé de nouveaux outils pouvant être utilisés pour aider à gérer les espèces surabondantes. Ces outils incluaient des conditions spéciales en vertu desquelles on encourageait les chasseurs à accroître leurs prises pour des raisons de conservation et, dans certains cas, sous réserve de contrôles précis, à utiliser des méthodes et de l'équipement exceptionnels comme des appâts et des appeaux électroniques. Les mesures spéciales de conservation des Oies des neiges ont été mises en œuvre en 1999 dans certains endroits du Québec et du Manitoba, puis elles ont été appliquées à la Saskatchewan et au Nunavut en 2001 et dans le sud-est de l'Ontario en 2012. Les dates et les endroits où ces mesures spéciales ont été mises en œuvre ont été établis en collaboration avec les gouvernements provinciaux, d'autres organismes ainsi que les collectivités locales.

Efficacité des mesures spéciales

Les évaluations ont montré que le succès obtenu par les mesures spéciales de conservation à ce jour est mitigé. Dans le cas de la Grande Oie des neiges, elles ont réussi à réduire le taux annuel de survie des adultes, le faisant passer de 83 % à environ 72,5 % (Calvert et Gauthier, 2005). La croissance de la population s'est arrêtée, mais les mesures spéciales n'ont pas réussi à réduire la taille de la population qui semble se stabiliser à environ un million d'oiseaux au printemps (Lefebvre, 2012). Les modèles ont montré que sans la prise spéciale des chasseurs au printemps, la population se mettrait de nouveau à croître rapidement (Gauthier et Reed, 2007).

Pour la Petite Oie des neiges du centre du continent, l'évaluation a permis de conclure que la population a continué de croître, bien que peut-être moins rapidement (Leafloor et al., 2012). L'évaluation a aussi permis de conclure que même si les prises annuelles ont augmenté en raison des mesures de conservation, elles n'ont pas réussi à réduire la taille de la population. Il devint évident que les mesures utilisées jusqu'à date n'ont pas été couronnées de succès et que d'autres mesures seraient requises si l'on devait juger essentiel le contrôle de la population. Le rapport a recommandé que les mesures spéciales de conservation existantes soient maintenues et que des mesures supplémentaires visant à augmenter la récolte soient mises en place.

Le rapport d'évaluation a également souligné que les conditions de désignation de surabondance étaient réunies pour les Oies de Ross et que la croissance et l'expansion continues des populations de Petites Oies des neiges étaient probables dans le centre et l'ouest de l'Arctique canadien (Leafloor et al., 2012). Le Service canadien de la faune envisage maintenant de désigner la Petite Oie des neiges nichant dans l'Arctique de l'Ouest ainsi que l'Oie de Ross comme espèces surabondantes, tel qu'il est décrit dans les sections suivantes du présent rapport.

Avis d'intention d'envisager la désignation de la Petite Oie des neiges de l'Arctique de l'Ouest comme espèce surabondante

Un avis d'intention est par la présente donné, stipulant que la désignation de la population de l'Arctique de l'Ouest de la Petite Oie des neiges (Chen caerulescens caerulescens) comme espèce surabondante est à l'étude. Si le SCF décide d'aller de l'avant avec cette désignation, suite aux consultations préliminaires qui ont lieu à l'automne 2012, une proposition sera publiée à l'automne 2013 dans les rapports réglementaires du SCF.

Une population surabondante est celle pour laquelle le taux de croissance de la population a entraîné ou entraînera une population dont l'abondance menace directement la conservation des oiseaux migrateurs (eux-mêmes ou d'autres) ou leurs habitats ou encore est nuisible ou menaçante pour les intérêts agricoles, écologiques ou d'autres intérêts similaires. L'expérience a montré qu'une perte importante de l'habitat attribuable aux activités destructrices de quête de nourriture des Petites Oies des neiges et des Oies de Ross est survenue parallèlement à une croissance très rapide de la population dans le centre et l'est de l'Arctique (Batt, 1997). Certains dommages localisés des habitats ont déjà eu lieu sur l'île Banks en raison des activités de quête de nourriture des Oies des neiges de l'Arctique de l'Ouest (Hines et al., 2010). Si la population de l'Arctique de l'Ouest continue d'augmenter au rythme actuel, les répercussions négatives sur l'habitat et d'autres espèces devraient s'étendre.

La population de l'Arctique de l'Ouest se reproduit principalement sur l'île Banks et dans les Territoires du Nord-Ouest, avec de petites colonies de reproduction sur la partie continentale des Territoires du Nord-Ouest et de l'Alaska. La population migre principalement par l'Alberta et l'ouest de la Saskatchewan au printemps et à l'automne. La majorité des oiseaux passent l'hiver dans la voie de migration du Pacifique, principalement en Californie, où ils se mélangent avec la population de Petites Oies des neiges et d'Oies de Ross de l'île Wrangel. Certains oiseaux passent également l'hiver dans la voie de migration du Centre-Ouest, où ils se mélangent avec les Oies des neiges du centre du continent.

La population des Oies des neiges de l'Arctique de l'Ouest se situe bien au-delà de l'objectif de population au printemps de 200 000 oiseaux (Plan nord-américain de gestion de la sauvagine, 2012). Des relevés photographiques des colonies nicheuses indiquent que le nombre d'oiseaux qui nichent a augmenté, passant de 171 000 adultes en 1976 à environ 500 000 adultes au cours des dernières années (Kerbes et al., 1999; Hines et al., 2010, Service canadien de la faune, données inédites). L'estimation automnale des Oies des neiges de l'Arctique de l'Ouest / l'île Wrangel dans la voie migratoire du Pacifique s'élevait à plus d'un million d'oiseaux en 2011. Il s'agit d'une augmentation moyenne de 6% par année de 2003 jusqu'à aujourd'hui (U.S. Fish and Wildlife Service, 2012). Des augmentations ont également été observées chez la population d'Oies des neiges de la voie de migration du Centre-Ouest (U.S. Fish and Wildlife Service, 2012).

D'après les données de retour des bagues, les adultes de la population de l'Arctique de l'Ouest ont 85 % de chances de survie d'une année à l'autre (Service canadien de la faune, données inédites). Ce taux de survie est élevé et semblable aux estimations d'autres populations d'oies en croissance. Les récents taux de récupération d'adultes bagués étaient seulement de 2 à 3 %, ce qui laisse supposer que la mortalité liée à la chasse est actuellement plus importante que la mortalité non liée à la chasse (Service canadien de la faune, données inédites). On estime que la hausse des taux de survie est principalement attribuable à l'augmentation d'une alimentation basée sur les ressources agricoles, à une utilisation accrue des refuges pendant la migration et en hiver ainsi qu'à des taux faibles de prises par les chasseurs (Abraham et al., 1996; Abraham et Jefferies, 1997).

La population de l'Arctique de l'Ouest affiche une tendance de croissance rapide semblable à celle qui a été observée chez d'autres populations d'Oies des neiges et d'Oies de Ross. Pour cette raison, il est important d'envisager la mise en œuvre de mesures spéciales de conservation, comme des prises printanières, avant que la population de l'Arctique de l'Ouest atteigne un niveau qui ne puisse pas être contrôlé par une augmentation des prises par les chasseurs. Des efforts semblables en vue de stabiliser les chiffres de la Grande Oie des neiges dans l'est de l'Amérique du Nord ont été fructueux, car la population était encore suffisamment petite pour pouvoir la contrôler par l'augmentation des prises (Reed et Calvert, 2007). D'après l'expérience avec la population des Petites Oies des neiges du centre du continent et des Oies de Ross, il est probablement plus facile de rétablir les populations d'oies qui ont atteint des niveaux faibles que d'essayer de les réduire une fois qu'elles ont connu une croissance hors de contrôle (Leafloor et al., 2012). Il peut encore être possible de stabiliser la population de l'Arctique de l'Ouest si des mesures de libéralisation des prises sont mises en œuvre sous peu. La désignation de la population de l'Arctique de l'Ouest comme espèce surabondante permettrait de fournir des outils pour libéraliser les prises dans le cadre de mesures spéciales de conservation telles que la récolte printanière, l'utilisation d'appâts ou d'appeaux électroniques.

Avis d'intention d'envisager la désignation des Oies de Ross comme espèce surabondante

Un avis d'intention est par la présente donné, stipulant que la désignation de l'Oie de Ross (Chen rossii) comme espèce surabondante est à l'étude. Si le SCF décide d'aller de l'avant avec cette désignation, suite aux consultations préliminaires qui ont lieu à l'automne 2012, une proposition sera publiée à l'automne 2013 dans les rapports réglementaires du SCF.

Une population surabondante est celle pour laquelle le taux de croissance de la population a entraîné ou entraînera une population dont l'abondance menace directement la conservation des oiseaux migrateurs (eux-mêmes ou d'autres) ou leurs habitats ou encore est nuisible ou menaçante pour les intérêts agricoles, écologiques ou d'autres intérêts similaires.

À la suite de la publication du rapport intitulé Arctic Ecosystems in Peril (EIP) (Batt, 1997), des mesures de gestion sans précédent ont été entreprises en 1999 pour réduire les dommages causés aux écosystèmes arctiques et subarctiques par les activités de quête de nourriture de la population grandissante des Petites Oies des neiges (Chen caerulescens) et des Oies de Ross (Chen Rossii; Batt, 1997, Moser, 2001). La plupart de ces mesures étaient destinées à réduire la survie des oies adultes grâce à un plus grand nombre de prises par les chasseurs dans toute l'aire de répartition de la population du centre du continent, ce qui est considéré comme étant le moyen le plus efficace pour réduire la taille de la population (Rockwell et al., 1997). Les règlements de chasse ont été libéralisés pendant les saisons régulières, les restrictions traditionnelles liées à la chasse (p. ex. l'interdiction d'utilisation d'appeaux électroniques, l'obligation de posséder des fusils de chasse dotés de bouchons obturateurs, les maximums de prises et maximums d'oiseaux à posséder) ont été assouplies ou supprimées afin de promouvoir l'augmentation des prises, et les régimes de gestion des habitats concernant certains refuges ont été modifiés pour augmenter l'exposition des oiseaux aux zones de chasse à l'extérieur des refuges. Des modifications supplémentaires aux règlements sur les oiseaux migrateurs en vigueur au Canada et aux États-Unis ont été effectuées afin de permettre des prises de conservation de ces espèces surabondantes en dehors des saisons de chasse.

Même si l'attention était essentiellement dirigée sur la surabondance de la Petite Oie des neiges, l'Oie de Ross a été désignée comme surabondante aux États-Unis en 1999 et elle a été incluse dans des règlements qui y autorisent les prises de conservation au printemps depuis ce temps. Au Canada, une décision des tribunaux en 1999 a établi que les règlements sur la surabondance ne pouvaient être appliqués aux Oies de Ross ou à d'autres espèces qui ne se distinguent pas facilement des Oies des neiges, car il n'y a aucune preuve montrant qu'elles participent aux dommages causés à l'habitat.

Il est maintenant évident que les Oies de Ross contribuent à la dégradation de l'habitat sur les aires de nidification et les aires de halte migratoire, où elles sont présentes en grand nombre (Alisauskas et al., 2006b, Abraham et al., 2012). Comme la Petite Oie des neiges, l'Oie de Ross fouille le sol pendant la nidification et au cours de la halte migratoire au printemps, lorsqu'une grande partie de son régime alimentaire est constituée de racines et de rhizomes de graminées et de carex (Ryder et Alisauskas, 1995). Selon les conclusions d'Alisauskas et al., (2006b), la couverture végétale a été éliminée dans les zones occupées par les Oies de Ross nicheuses, entraînant une exposition du substrat minéral et de la tourbe. Cela a occasionné une réduction de la diversité des espèces qui s'est détériorée au fil du temps, en particulier dans les habitats de basses terres privilégiés par l'Oie de Ross pour la nidification. La réduction de l'abondance de graminoï des causée par la recherche de nourriture des oies a également entraîné des baisses marquées de l'abondance de petits mammifères autour des colonies nicheuses denses (Samelius et Alisauskas, 2009). Selon Didiuk et al., (2001), l'utilisation par les Oies de Ross des aires de nidification précédemment dégradées par les Petites Oies des neiges (p. ex. sur la côte ouest de la baie d'Hudson) peut ralentir le rétablissement de ces aires en raison des effets continus de la recherche de nourriture et de la nidification. La morphologie plus petite du bec des Oies de Ross leur permet de paître la végétation plus près du sol que ne le font les Petites Oies des neiges, ce qui ajoute à l'intensité du broutement.

Les Oies de Ross sont étroitement liées aux Petites Oies des neiges et elles cohabitent avec ces dernières tout au long de l'année; leurs similitudes morphologiques et comportementales ont mené à la gestion combinée des prises des deux espèces depuis 1978 (Moser et Duncan, 2001). Au milieu des années 1960, la plupart des Oies de Ross (>90 %) nichaient dans le centre de l'Arctique du Canada, et passaient l'hiver dans la vallée centrale de la Californie (Melinchuk et Ryder, 1980). Même si les estimations exhaustives de la taille de la population n'étaient pas disponibles jusqu'à tout récemment, les relevés photographiques des aires de nidification reconnues indiquaient qu'un peu moins que 100 000 Oies de Ross nicheuses dans le milieu des années 1960 (Kerbes, 1994), et l'objectif de population des Oies de Ross dans la partie continentale était de 100 000 oiseaux depuis la création du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine en 1986. Vers le milieu des années 2000, les Oies de Ross ont élargi leur aire de répartition vers l'est à la fois sur les aires de nidification et d'hivernage (Alisauskas et al., 2006a), et la population compterait de 1,5 à 2,5 millions d'oiseaux adultes (Alisauskas et al., 2009, 2011, 2012), et ce, malgré les efforts déployés pour arrêter la croissance de la population au moyen de l'augmentation des prises par les chasseurs.

Les auteurs d'Alisauskas et al., (2006a), ont analysé les retours de bagues par des chasseurs, à savoir des Oies de Ross capturées et marquées dans la région du golfe Reine-Maud du centre de l'Arctique canadien et ont découvert que la survie des adultes avait diminué au cours de la période de 1994 à 2000, pour atteindre un creux d'environ 0,80, apparemment en réponse à une augmentation parallèle des prises. Ils ont mentionné toutefois qu'au cours de cette même période, la population d'Oies de Ross de l'une des plus grandes colonies de reproduction connues dans la région du golfe Reine-Maud avait affiché une croissance soutenue, ce qui semble indiquer que le taux de survie des adultes de 0,80 avait peu de chance d'avoir des conséquences négatives pour les populations d'Oies de Ross continentales. Depuis 2001 (la dernière année étudiée par Alisauskas et al., [2006a]), les prises continentales des Oies de Ross adultes se sont apparemment stabilisées, et les taux de prises (la proportion annuelle de la population adulte capturée par les chasseurs) ont diminués à environ 2ou 3% seulement (Alisauskas et al., 2009, 2012; Dufour et al., 2012). Le taux de survie annuel des Oies de Ross a diminué, passant de 0,897 (IC de 95 % = 0,789-0,953) à un minimum de 0,827 (IC de 95% = 0,801-0,850) au cours de la période de 1989 à 1997, puis a augmenté de façon constante à partir de 1998, atteignant un sommet de 0,950 (IC de 95 % = 0,899-0,976) en 2009. En particulier, ce renversement de la trajectoire de survie s'est produit en raison de certains taux de prises annuels plus élevés pour les Oies de Ross adultes depuis 1989 (Alisauskas et al., 2012).

Plusieurs faits indiquent que les populations d'Oies de Ross ont continué d'augmenter, et ce, à la fois dans le centre de l'Arctique et à l'échelle du continent (Alisauskas et al., 2009, 2012). Dans l'ensemble, ces observations indiquent que, comme pour les Oies des neiges, l'augmentation des prises d'Oies de Ross a été surpassée par une augmentation parallèle de l'abondance, diminuant ainsi les effets des prises sur la survie des adultes (Dufour et al., 2012). En fait, le nombre d'Oies de Ross a continué d'augmenter à un taux plus élevé que celui des Petites Oies des neiges depuis l'application des mesures de conservation en 1999, et on croit que la population d'Oies de Ross continuera d'augmenter (Alisauskas et al., 2006a, Alisauskas et al., 2012, Dufour et al., 2012). Par conséquent, les dommages environnementaux causés, tout comme leurs effets sur d'autres espèces et sur la structure et la fonction de l'écosystème, devraient continuer d'augmenter.

La désignation des Oies de Ross comme espèce surabondante est donc envisagée par le Service canadien de la faune; elle fournirait des outils pour libéraliser les prises dans le cadre de mesures spéciales de conservation, telles que les prises printanières et l'utilisation d'appâts ou d'appeaux électroniques.

Projet de règlement pour 2013-2014

Les mesures spéciales de conservation qui seront mises en œuvre au printemps 2013 ont déjà force de loi. Elles sont affichées sur le site Web du Service canadien de la faune, à l'adresse Espèces surabondantes : Mesures spéciales de conservation pour les Oies des neiges - Québec, Ontario, Manitoba, Saskatchewan et Nunavut et sont présentées à l'annexe A du présent rapport.

Les règlements proposés qui seront mis en œuvre à l'automne 2013 et au printemps 2014 sont en préparation et seront présentés dans le rapport réglementaire de décembre 2012.

L'Oie de ross

Environ 95 % des Oies de Ross (Chen rossii) nichent dans la région du golfe Reine-Maud, dans le centre de l'Arctique canadien. Un nombre croissant d'oies a été observé le long de la côte ouest de la baie d'Hudson, sur l'île de Baffin, l'île Southampton et l'île Banks, à la baie La Pérouse, au Manitoba, et au cap Henrietta Maria, en Ontario (Kerbes, 1994; D. Caswell, comm. pers.; K. Abraham, comm. pers.). Les colonies d'Oie de Ross nicheuses sont habituellement mélangées à celles des Petites Oies des neiges, et de ce fait, il est difficile d'évaluer précisément la taille des populations d'Oies de Ross avec les techniques de relevé traditionnelles. Les Oies de Ross passent habituellement l'hiver en Californie, au Nouveau-Mexique, au Texas et au Mexique, mais au cours des 20 dernières années, elles ont élargi leur aire de répartition vers l'est de l'Amérique du Nord (Alisauskas et al., 2006).

Au début du XXe siècle, l'Oie de Ross était considérée comme une espèce rare. En 1931, des lois en interdisant la chasse ont été adoptées et la population d'Oies de Ross n'était alors estimée qu'à 5 000 ou 6 000 oiseaux. En 1988, la population reproductrice atteignait plus de 188 000 oiseaux dans le Refuge d'oiseaux migrateurs du golfe Reine-Maud (Kerbes, 1994; Ryder et Alisauskas, 1995) et atteignait environ 982 000 en 1998 (Alisauskas et al., 1998). Il ressort des relevés effecutés en hélicoptère à l'île de Baffin, en combinaison avec le baguage fait en août, qu'il pourrait y avoir plus de 10 000 Oies de Ross d'ici quelques années (D. Caswell, SCF, comm. pers.).Une nouvelle colonie d'Oies de Ross nicheuses s'est établie près de la rivière McConnell (au Nunavut) au début des années 1990; en 2003, elle a été estimée à plus de 70 000 oiseaux. Depuis, la colonie a continué de croître et, en 2005, a été estimée à environ 90 000 oiseaux nicheurs (J. Caswell, comm. pers.). Des renseignements obtenus au cours du baguage de la Petite Oie des neiges près du cap Henrietta Maria (en Ontario) indiquaient que la population d'Oies de Ross à cet endroit pourrait maintenant compter jusqu'à 2 250 couples (Abraham, 2002). La plus grande colonie d'Oies de Ross se trouve près du lac Karrak dans le golfe Reine-Maud où environ 479 400 oies ont niché en 2001 (Alisauskas, 2001).

Une analyse effectuée récemment par Alisauskas et al. (2006) décrit les modifications de la répartition géographique des Oies de Ross en hiver. Au cours de la dernière décennie, les populations hivernantes, et les niveaux de prises, se sont déplacées vers l'est, ce qui correspond à l'expansion vers l'est des populations reproductrices.

Les estimations disponibles les plus récentes suggèrent que la population d'Oies de Ross excède probablement 1,5 million d'oiseaux adultes et qu'elle augmente à un taux plus rapide que celle des Petites Oies des neiges du centre du continent ces dernières années (Alisauskas et al., 2012).

Un printemps plus précoce dans une bonne partie de la région du centre de l'Arctique du Canada explique probablement le bon succès de reproduction qu'à connue l'Oie de Ross en 2011. En 2012, les conditions de nidification semblaient également être dans la moyenne dans la plus grande partie de l'est de l'Arctique, et des observations anecdotiques suggèrent que le nombre d'Oies de Ross continue d'augmenter. (J.O. Leafloor, Service canadien de la faune, région des Prairies du Nord, comm. pers.). La seule exception pourrait être l'île Southampton, où une inondation généralisée semble avoir limité l'effort de nidification (J. Ingram, Service canadien de la faune, région des Prairies du Nord, observations personnelles).

L'Oie rieuse

Il existe trois populations d'Oies rieuses (Anser albifrons): le centre du continent, Tulé et le Pacifique. Les Oies rieuses du Pacifique et de Tulé sont les deux sous-espèces d'Oies rieuses qui nichent en Alaska et passent l'hiver en Californie principalement. La population canadienne est l'Oie rieuse du centre du continent.

Dans le passé, on effectuait les relevés d'Oies rieuses (Anser albifrons) au début du printemps, mais les dénombrements étaient problématiques, car il était difficile de bien compter les oies dans les endroits où elles étaient trop dispersées le long de leur trajet de migration. Au fur et à mesure que le nombre de Petites Oies des neiges du centre du continent augmentait dans les aires importantes visées par le dénombrement, les relevés devenaient encore plus problématiques et ont donc été abandonnés en 1992. Cependant, jusqu'au milieu des années 1980, ces relevés ont permis de suivre de près les tendances des effectifs d'Oies rieuses et ont indiqué que la population globale avait connu une croissance à la fin des années 1950 jusqu'au début des années 1980 (J. Hines, comm. pers.).

En 1992, un relevé automnal dans les aires de rassemblement en Saskatchewan et en Alberta a été mis en œuvre afin de connaître l'indice annuel de la taille de la population des Oies rieuses du centre du continent. Étant donné qu'il est peu probable, pour la plupart des années, qu'un nombre important d'oies soit présent à l'extérieur de l'aire couverte par le relevé (selon les données historiques sur les migrations et la répartition, ainsi que les relevés expérimentaux), ce relevé tient donc compte d'une proportion constante et importante de la population (Nieman et al., 2001). En 2012, tous les secteurs connus qui servaient de halte migratoire d'automne à l'Oie rieuse ont été étudiés. Les résultats préliminaires pour l'automne 2012 indiquent un total de 778 000 oies, ce qui représente une augmentation de 12 % par rapport à 2011 et la moyenne sur trois ans a augmenté pour passer à 724 000 oies, soit 9 % de plus par rapport à la moyenne sur troisans de 2011 (figure 30; K. Warner, comm. pers.).

Le baguage des Oies rieuses du centre du continent, commencé en 1990 dans le Refuge d'oiseaux migrateurs du golfe Reine-Maud, fournit de nouveaux renseignements sur l'espèce et ses déplacements, ce qui a éclairé la prise de décision relative à la gestion de la population. La survie annuelle a diminué depuis, passant d'un maximum de 87 % en 1993 à moins de 70 % en 2000, la plus faible des estimations. La durée de vie moyenne a aussi diminué. À son niveau le plus élevé, elle atteignait 7,8 ans, mais elle se situe maintenant autour de 3,7 ans, avec un taux de survie équivalent à celui estimé en 2000, (Alisauskas, 2002).

L'estimation des prises au Canada en 2011 était de 81 042, ce qui représente une hausse de 44 % par rapport à l'estimation de 2010 et est supérieur à la moyenne sur dix ans (67 867; tableau 14). Aux États-Unis, les prises en 2011 représentaient 234 808 oiseaux, soit environ 13 % de moins par rapport à l'année précédente.

La Bernache du Canada et la Bernache de Hutchins

Jusqu'à récemment, les bernaches de l'espèce Branta canadensis se reproduisant au Canada étaient considérées comme étant une seule espèce, même si la validité du groupement taxinomique faisait l'objet de discussions (résumé dans Dickson, 2000). Au fil des années, de nombreux auteurs ont proposé que deux espèces soient distinguées: d'une part un oiseau au petit corps dont le cou et le bec sont relativement courts, et d'autre part un oiseau plus gros dont le cou et le bec sont proportionnellement plus longs (Mowbray et al., 2002). En 2003, à la suite de l'examen de la preuve génétique, la American Ornithologists' Union a reconnu l'existence de deuxespèces de bernaches chez l'espèce auparavant appelée B. canadensis (Banks et al., 2003). Le groupe d'oiseaux dont les individus sont de grande taille, soit B. canadensis, est composé de septsous-espèces, nichant généralement dans les régions intérieures et plus au sud alors que les quatresous-espèces de la seconde espèce, la Bernache de Hutchins (B.hutchinsii), qui est plus petite, se reproduisent en général dans les habitats de la toundra (sibleyguides.com) [en anglais seulement]).

Les nombreuses races différentes de Bernache du Canada (B. canadensis) et de Bernache de Hutchins (B.hutchinsii), dont une partie de l'aire de reproduction se trouve au Canada, sont regroupées et gérées en 15populations différentes. Les figures 31a, b et c montrent la répartition des populations de Bernaches du Canada et de Bernaches de Hutchins.

Le tableau 15 présente les estimations de l'ensemble des prises au Canada et aux États-Unis. Cependant, on doit mentionner que celles-ci se composent d'oiseaux provenant de plus d'une population. Puisque les relevés ne permettent pas de distinguer les différentes populations de Bernaches du Canada et de Bernaches de Hutchins; ils ne peuvent donc pas servir à estimer le niveau de prises dans chaque population. La répartition des prises nécessite des programmes de baguage exhaustifs ou l'analyse de marqueurs moléculaires. Les prises de Bernaches du Canada et de Bernaches de Hutchins sont en augmentation, les prises continentales dépassant 3 millions annuellement depuis 2001. L'estimation des prises de Bernaches du Canada et de Bernaches de Hutchins en 2011 était de 730 316 au Canada, alors qu'elles se chiffraient à 218 5054 aux États-Unis (tableau 15).

La population de l'Atlantique Nord de la Bernache du Canada

Les Bernaches du Canada appartenant à la population de l'Atlantique Nord, que l'on croit être composée principalement de la sous-espèce B.c.canadensis, se reproduisent au Labrador, sur l'île de Terre-Neuve et dans l'est du Québec (y compris sur l'île d'Anticosti) (figure 31a). L'Inventaire de la sauvagine de l'est du Canada permet de faire le suivi de la population reproductrice par le dénombrement de parcelles effectué en hélicoptère. Un vaste relevé de parcelles effectué en hélicoptère a été amorcé en 2001 puisqu'il est devenu évident que ni l'Inventaire de la sauvagine de l'est du Canada par le Service canadien de la faune, ni le relevé aérien par avion réalisé par le USFWS ne couvert pas correctement l'aire de reproduction de cette population. Les efforts se poursuivent pour intégrer les résultats des deux plateformes d'inventaires.

La strate no2 de l'Inventaire de la sauvagine de l'est du Canada couvre approximativement l'aire de reproduction de la population de l'Atlantique Nord. Une méthode d'intégration des résultats des deux plateformes de relevé est actuellement en cours d'élaboration en partenariat avec le USFWS. En attendant, les données provenant des relevés de percelles effectués en hélicoptère sont les seules à être présentées à la figure 32. En 2012, l'estimation totale d'équivalents-couples était de 43177 (± 6293), ce qui est supérieur à la moyenne des dix dernières années (42 045; figure 32).

Des activités de baguage des bernaches nicheuses au sud du Labrador ont débuté à l'été 2007 et se sont poursuivies en 2009 et 2011. En 2012, cette activité a été élargie dans le but de baguer les bernaches qui nichent sur l'île de Terre-Neuve, ainsi qu'au Labrador. Les activités de baguage menées au cours de l'été 2007 ont indiqué la présence de Bernaches du Canada qui avaient été baguées lorsqu'elles étaient juvéniles dans plusieurs États du nord-est des États-Unis. Tel qu'il a été montré pour d'autres populations de Bernaches du Canada (voir ci-dessous), la présence de bernaches reproductrices des régions tempérées en mue et en migration constitue une préoccupation tant en ce qui concerne la fiabilité des estimations du relevé de reproduction que les effets potentiels sur la population de bernaches qui se reproduisent dans l'Atlantique Nord, en raison de la compétition pour les ressources. L'utilité du baguage de la population de Bernaches du Canada de l'Atlantique Nord sur les aires de reproduction doit être examinée par les partenaires du programme en février 2013 afin de déterminer si la mise en œuvre actuelle de ce programme répond aux besoins en matière de gestion.

La population de l'Atlantique de la Bernache du Canada

Les Bernaches du Canada appartenant à la population de l'Atlantique (composée en grande partie de B.c.interior) nichent dans tout le nord du Québec, particulièrement le long des rives de la baie d'Ungava et dans l'est de la baie d'Hudson. Un examen récent mené par Mallory et al. (2005) a ajouté des sites sur les îles de Baffin et Somerset (au Nunavut), situés plus au nord que l'aire de reproduction déjà connue. À l'est de la baie de Baffin, les Bernaches du Canada se reproduisant dans l'ouest du Groenland semblent apparentées à la population de l'Atlantique, selon les mesures des caractéristiques morphologiques et génétiques (Fox et al., 1996; Scribner et al., 2003). La population de l'Atlantique se trouve en hiver, de la Nouvelle-Angleterre jusqu'à la Caroline du Sud, la plus grande concentration s'observant dans la péninsule Delmarva (figure 31a).

Depuis 1993, un relevé annuel des aires de reproduction est effectué dans le nord du Québec afin d'estimer le nombre de couples reproducteurs dans la péninsule d'Ungava (Harvey et Rodrigue, 2012). Les estimations produites dans le cadre de ce relevé n'ont pas été corrigées pour tenir compte du risque d'erreurs attribuables à la visibilité et représentent donc un indice de la population. Ce relevé couvre les trois régions qui ont déjà compté la plus forte densité d'oies nicheuses: la région de la toundra intérieure, la région de la basse toundra côtière (côtes de la baie d'Ungava et de la baie d'Hudson) et la région de la taïga.

Le nombre de Bernaches du Canada observées en couples ou seules (représentant ensemble le nombre d'équivalents-couples reproducteurs) a été estimé à 190 340 (ET 20 448) en 2012, ce qui était semblable (p=0,41) à l'estimation de 2011 de 216 032 couples (ET 23 230) (Harvey et Rodrigue, 2012; figure 33). L'estimation de la population totale [(équivalents-couples X2) + non-reproducteur] de 871 198 (ET 93 379) en 2012 était également semblable à l'estimation de 2011 de 980 181 (ET 104 201). Même si les chiffres estimés relativement aux couples reproducteurs et à la population totale ont presque quintuplé depuis 1995 (niveau minimal record d'environ 30 000 couples), il faut interpréter l'estimation de la taille de la population totale avec prudence, car elle comprend les couples reproducteurs, les bernaches non reproductrices, les bernaches qui ont échoué la reproduction et les bernaches en migration pour la mue provenant d'autres secteurs. Harvey et Rodrigue (2009) ont indiqué que la différence de densité de couples reproducteurs est devenue beaucoup plus évidente depuis 2001, étant donné que la côte de la baie d'Hudson accueille plus de quatre fois la densité des couples reproducteurs présents sur la côte de la baie d'Ungava. Cela pourrait être notamment lié à un certain nombre de facteurs, y compris aux écarts propres aux taux de survie ou de productivité. Quoi qu'il en soit, le potentiel de croissance serait plus limité pour les bernaches nichant le long de la côte de la baie d'Ungava (Harvey et Rodrigue, 2011). En 2012, l'approche visant à estimer l'abondance de la population de Bernaches du Canada (qui a été estimée jusqu'à présent en fonction des zones écologiques) a été révisée et remplacée par une approche basée sur la densité des couples reproducteurs (Harvey et Rodrique, 2012). Toutes les estimations des années précédentes (de 1994 à 2011) ont été de nouveau analysées en utilisant la nouvelle stratification basée sur la densité des bernaches. Par conséquent, les estimations indiquées dans le présent document ne sont pas comparables à celles des rapports des années précédentes (Harvey et Rodrique, 2012).

Une étude sur le recrutement a débuté en 1996 sur les Bernaches du Canada de la population de l'Atlantique nichant dans la péninsule Ungava au Nunavik, dans le Nord du Québec. Chaque année, pendant la période d'incubation (du début à la mi-juin), un ou plusieurs sites le long des basses terres côtières de la baie d'Ungava font l'objet de visites (Cotter, 2011). En 2012, aucun site n'a fait l'objet de relevés.

En 1997, un programme de baguage d'avant-saison a été lancé pour la population de Bernaches du Canada de l'Atlantique Nord qui nichent dans la péninsule d'Ungava. Chaque année, de la fin juillet à la mi-août, les équipes de baguage capturent et baguent des couvées de Bernaches du Canada le long de la côte nord de la baie d'Hudson et le long des côtes sud et ouest de la baie d'Ungava.

Pour la première fois depuis 1997, une seule équipe a posé des bagues le long de la baie d'Hudson en 2012. Au total, 628 adultes et 794 oisons (1 422 bernaches en tout) ont été bagués le long de la baie d'Ungava, ainsi que 804 adultes et 1 344 oisons (2 148 bernaches en tout) le long de la baie d'Hudson. En combinant les deux régions, un total de 3 570 bernaches ont été baguées et le rapport préliminaire oison:adulte (2 138 oisons/1 432 adultes) des prises était de 1,49, soit légèrement plus élevé que la moyenne à long terme (de 1997 à 2011), qui est de 1,44. En conclusion, la productivité des Bernaches du Canada de l'Atlantique dans la péninsule d'Ungava en 2012 a été bonne.

Dans la forêt boréale, les Bernaches du Canada sont dénombrées dans le cadre de l'Inventaire de la sauvagine de l'est du Canada. Les estimations de la dernière décennie (de 1999 à 2008) demeurent manifestement au-dessus de celles produites pour la période de 1990 à 1998. La région couverte par l'Inventaire de la sauvagine de l'est du Canada se trouve à la limite sud de l'aire de nidification de la population de l'Atlantique de Bernaches du Canada.

La Bernache du Canada qui se reproduit dans des régions tempérées de l'est du Canada

Cette population de Bernaches du Canada niche dans le sud de l'Ontario, dans le sud-ouest du Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et sur l'Île-du-Prince-Édouard. La population de Bernaches du Canada qui se reproduit dans des régions tempérées de l'est du Canada niche dans le sud de l'Ontario et le sud-ouest du Québec. Il existe également une population croissante au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et sur l'Île-du-Prince-Édouard depuis le rétablissement de groupes locaux de Bernaches du Canada commencé à la fin des années 1960. On les considère parfois comme «résidentes», mais beaucoup d'entre elles migrent pour la mue aussi au nord que la baie James et la baie d'Hudson, en Ontario, ainsi que dans le nord du Québec, et certaines passent l'hiver plus au sud et peuvent se rendre jusqu'en Virginie. Il apparaît maintenant qu'un nombre croissant d'oiseaux passent l'hiver dans le sud de l'Ontario (Dennis et al., 2000). Outre le nombre croissant d'oiseaux se reproduisant au Canada, la présence des Bernaches du Canada qui se reproduisent dans des régions tempérées a également augmenté rapidement dans l'est des États-Unis, et un grand nombre de sous-adultes ou d'individus dont la reproduction a échoué se déplacent vers le Canada pour la mue.

Dès 1970, les Bernaches du Canada ne nichaient généralement plus dans le sud de l'Ontario. Toutefois, les résultats du Relevé de la sauvagine dans des parcelles-échantillons du sud de l'Ontario révèlent que la population au sud de la rivière des Français et de la rivière Mattawa a augmenté depuis les années 1970 pour atteindre un peu plus de 80 000 couples (moyenne depuis 2006; figure 34). Après avoir augmenté à un taux de 9,7 % par an entre 1971 et 2012, la croissance de la population semble avoir ralenti, avec une augmentation annuelle moyenne de 3,8 % depuis 2000 (tableau 1a). Un nombre relativement petit, mais croissant d'oiseaux nichent également au nord de la zone étudiée, mais au sud de l'aire de répartition des deux populations reproductrices subarctiques de l'Ontario. Selon les estimations, la volée de l'automne 2012 de la population nichant dans les régions tempérées de l'Ontario sera d'environ 410 000 individus. En 2012, 4 736 Bernaches du Canada nichant en région tempérée ont été baguées dans le sud et le centre de l'Ontario.

Dans le sud du Québec, l'estimation du nombre de couples nicheurs le long des rives du Saint-Laurent était de 900 en 2010 et celle dans les basses-terres du Saint-Laurent était de 2 100 en 2012 (tableau 1b). L'espèce a connu une expansion rapide dans le sud-ouest du Québec depuis 2004, présentant une tendance à la hausse de 4,4 % par année le long des rives du Saint-Laurent (2004-2010), et de 8,2 % dans les basses-terres du Saint-Laurent (2004-2012; tableau 1b).

Les estimations contemporaines de l'effort de reproduction dans les provinces maritimes du Canada (obtenues à partir de l'Inventaire de la sauvagine de parcelles-échantillons dans l'est du Canada et de l'étude des paysages agricoles) suggèrent la présence en moyenne d'environ 6 200 équivalents-couples largement répartis dans toute la région au printemps, les plus fortes densités se trouvant dans les zones agricoles. Des activités de baguage lancées dans les provinces maritimes du Canada en 2007 se sont poursuivies en 2012 pour tenter d'évaluer la contribution de cette population aux prises totales de bernaches dans la région. Près de 2 700 Bernaches du Canada ont été baguées dans les provinces maritimes au cours des six dernières années.

La population du sud de la baie James de la Bernache du Canada

La population du sud de la baie James est composée de Bernaches du Canada de la sous-espèce Branta canadensis interior qui nichent sur la côte sud-ouest de la baie James, dans les tourbières des basses terres intérieures de l'Ontario et sur l'île Amiski, au Nunavut. Cette population hiverne dans une zone qui s'étend du sud de l'Ontario, jusqu'au Michigan puis à l'Ohio et du Mississippi, à l'Alabama jusqu'en Caroline du Sud (Abraham et al. 2008; figure 31a). La surveillance de la population du sud de la baie James (PSBJ) se fait par des relevés de la population au printemps, des recherches sur le terrain pour trouver des nids et effectuer le baguage; activités permettant d'obtenir les données essentielles pour la gestion de cette population.

La population printanière a été étudiée chaque année depuis 1990, et, au cours de la période d'étude, aucun changement réel n'a été enregistré relativement à la taille de la population reproductrice. La population printanière totale en 2012 a été estimée à 94 943 (72 500 - 117 385) bernaches, ce qui est similaire à l'estimation de 2011 de 98 900 bernaches (80 600 - 117 300) (Brook et Hughes, 2012a; figure 35).

L'estimation de 2012 de 77 503 (57 800 - 97 200) oiseaux reproducteurs (nombre d'équivalents-couples reproducteurs x 2) pour l'île Akimiski et pour le continent n'était pas significativement différente de celle de 2011 et elle était nettement supérieure au seuil de 50 000 oiseaux, seuil auquel des changements aux règlements sur les prises seraient envisagés. De plus, aucun changement significatif n'a été détecté dans le nombre des équivalents-couples reproducteurs répertoriés entre 2012 et la moyenne des cinq années précédentes sur l'île Akimiski ou pour le continent pris séparément (Brook et Hughes, 2012a).

La phénologie printanière a été plus hâtive sur le continent en 2012 par rapport à la moyenne à court terme (cinq ans), mais plus proche de la moyenne pour l'île Akimiski.

Des études sur la nidification sur l'île Akimiski indiquent une densité de nids inférieure en 2012 à celle de 2011, mais supérieure à la moyenne à long terme. Le succès de la nidification était proche de la moyenne à long terme (~76 %), en dépit des mauvaises conditions (plusieurs jours de neige et des températures sous le point de congélation) pendant la fin de la période d'incubation (R. Brook et al., 2011).

En juillet 2012, 2 898 Bernaches du Canada ont été baguées le long de la côte sud-ouest de la baie James et sur la côte nord de l'île Akimiski. Le rapport entre les oisons et les adultes parmi les oies capturées était de 0,99 (Hagey et al., 2012). Un grand nombre de Bernaches du Canada, nichant dans les zones tempérées, en migration pour la mue vont vers l'île Akimiski et dans les régions côtières de la baie d'Hudson et de la baie James. En 2012, 474 Bernaches du Canada, nichant dans les zones tempérées, en migration pour la mue, ont été capturées et baguées dans l'aire de reproduction de la population du sud de la baie James (Hagey et al., 2012). Sur les aires de reproduction, les Bernaches du Canada peuvent faire concurrence aux oisons de la population du sud de la baie James pour des ressources alimentaires et, par conséquent, contribuer à la mortalité élevée des oisons qui est observée sur l'île Akimiski certaines années.

La population de la Bernache du Canada de la vallée du Mississippi

La population de la Bernache du Canada de la vallée du Mississippi (B.c. interior) est bordée par la population de l'est des Prairies à l'ouest et la population du sud de la baie James à l'est. Cette population niche dans le nord de l'Ontario, principalement dans les basses terres de la baie d'Hudson, à l'ouest des baies d'Hudson et James, et passe l'hiver dans le sud de l'Illinois, dans le sud de l'Indiana, dans l'ouest du Kentucky et dans l'ouest du Tennessee.La surveillance de la population de la vallée du Mississippi (PVM) se fait par des relevés de la population printanière, des recherches sur le terrain pour trouver des nids et effectuer le baguage; activités permettant d'obtenir les données essentielles pour la gestion de cette population.

La phénologie printanière en 2012 était proche de la moyenne, comparativement à la moyenne sur cinq ans (de 2007 à 2011). La fonte des neiges et la débâcle des rivières étaient proches de la moyenne (Brook et Hughes, 2012b). L'estimation de la population d'oiseaux reproducteurs en 2012 était de 268 891 (229 300 - 308 400) (nombre d'équivalents-couples reproducteurs x 2), ce qui est pratiquement identique à celle de 2011 (269 840; intervalle de confiance: 229 300 - 308 400), mais environ 25 % inférieur à la moyenne de 1989-2011, qui était de 357 071 oiseaux reproducteurs (figure 36). On a observé un nombre considérablement plus élevé de volées d'oiseaux par rapport aux dernières années, y compris dans la strate côtière, ce qui laisse penser qu'il y a eu beaucoup plus de jeunes d'un an et d'adultes non reproducteurs dans la population qu'au cours des dernières années. Les relevés indiquaient une population totale de 402 844 (332 262 - 473 426) Bernaches du Canada, ce qui était bien au-delà de celle de 2011 (300 208; intervalle de confiance: 248 200 - 352 200) (Brook et Hughes, 2012b).

En 2012, la surveillance des nids au ruisseau Burntpoint a révélé un nombre total moins élevé de nids (231) qu'en 2011, ce qui est légèrement inférieur à la moyenne pour la période 2001-2011 (254). Le pourcentage total des nids ayant échoué était de 53 % (123 nids sur 231). Ce taux, bien qu'il soit plus faible que durant la très mauvaise année de 2009, est relativement élevé par rapport aux années précédentes (K. Abraham, ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, comm. pers.). En juillet 2012, 4438 Bernaches du Canada ont été baguées sur la côte à l'ouest de la baie James, au nord d'Attawapiskat et sur la côte de la baie d'Hudson en Ontario. Le rapport entre les oisons et les adultes parmi les oies capturées était de 2,04 (Hagey et al., 2012). De plus, 454 Bernaches du Canada nichant dans des régions tempérées, en migration pour la mue, ont été baguées sur la côte à l'ouest de la baie James, au nord d'Attawapiskat, et sur la côte de la baie d'Hudson (Hagey et al., 2012).

La population de l'est des Prairies de la Bernache du Canada

La population de l'est des Prairies de la Bernache du Canada (B.c.interior) niche dans les basses terres de la baie d'Hudson, au Manitoba. Les oiseaux hivernent au Manitoba, au Minnesota et au Missouri (USFWS, 2011; figure 31b). Depuis 1972, des relevés aériens annuels de la population de l'est des Prairies de la Bernache du Canada sont effectués au printemps et fournissent de bonnes données de base pour cette population.

L'estimation du relevé de 2012 de la population de l'est des Prairies (individus et couples) était de 116 300 (99 300 - 133 300), ce qui représente une baisse de 13 % par rapport à l'estimation de l'année dernière, qui était de 133 100 (113 500 - 152 700, p= 0,205). En 2012, la population printanière totale a été estimée à 262 500 (227 400 - 297 600), soit 36 % supérieure à l'estimation de 2011, qui était de 192 900 (168 600 - 217 200, p=0,001) (USFWS, 2012; figure 37).

La population de l'ouest des Prairies et la population des grandes plaines de la Bernache du Canada

La population de l'ouest des Prairies (B.c.interior, moffitti et canadensis) se reproduit dans l'est de la Saskatchewan et dans l'ouest du Manitoba, tandis que la population des grandes plaines (B.c.moffitti) provient des initiatives de rétablissement entreprises en Saskatchewan, dans le Dakota du Nord, dans le Dakota du Sud, au Nebraska, au Kansas, en Oklahoma et au Texas. Les deux populations hivernent avec d'autres Bernaches du Canada, le long de la rivière Missouri dans le Dakota du Sud et dans des réservoirs du sud-ouest du Kansas au Texas (USFWS, 2011, figure 31b).

Ces deux populations sont gérées conjointement. Il n'existe pas d'indices distincts pour ces deuxpopulations provenant des relevés réalisés au milieu de l'hiver, étant donné que les aires de répartition automnale et hivernale de la population de l'ouest des Prairies et de la population des grandes plaines se recoupent. Au cours du relevé réalisé au milieu de l'hiver 2012, 550 800 bernaches de la population de l'ouest des Prairies et de la population des grandes plaines ont été dénombrées, soit une hausse de 10 % par rapport à l'estimation de l'année précédente de 499 000 bernaches. Les estimations réalisées au milieu de l'hiver n'ont montré aucune tendance significative entre 2003 et 2012 (USFWS, 2012).

Les Bernaches du Canada des Prairies canadiennes sont également dénombrées lors du relevé des populations reproductrices et des habitats de la sauvagine. La comparaison des résultats de ce relevé et des relevés de plus petite échelle réalisés dans le centre-est de la Saskatchewan montre que les relevés de la sauvagine effectués au printemps donnent une bonne mesure des tendances des populations (Nieman et al., 2000). Dans l'ensemble, le nombre de Bernaches du Canada dans les Prairies canadiennes a augmenté de façon constante au cours des dernières décennies. Les relevés réalisés au printemps 2012 ont estimé à 1 800 500 (1 555 000 - 2 046 100) le nombre de bernaches, soit 54 % de plus que le dénombrement de l'année précédente de 1 171 700 (USFWS, 2012).

La population «hi-line» de la Bernache du Canada

La population «Hi-Line» se compose de grosses Bernaches du Canada (B.c.moffitti) qui nichent dans le sud-est de l'Alberta, dans le sud-ouest de la Saskatchewan, dans l'est du Montana et du Wyoming et au Colorado. Cette population passe l'hiver au Colorado et dans le centre du Nouveau-Mexique (figure 31c).

Le dénombrement des Bernaches du Canada de la population «Hi-Line» est également effectué au moment du relevé des populations reproductrices et des habitats de la sauvagine. Les résultats des relevés effectués dans les Prairies canadiennes montrent une importante augmentation de la population, soit de 1 089 % entre 1970 et 1999 (Nieman et al., 2000). L'estimation du relevé de la population reproductrice et des habitats de la sauvagine en 2012 pour la Saskatchewan, l'Alberta, le Montana et le Wyoming était de 494 400 bernaches, soit 80 % de plus que l'estimation de l'année dernière de 274 000 individus. Selon le même relevé, les estimations de la population ont augmenté en moyenne de 6 % par an au cours de la période 2003-2012 (p= 0,015; USFWS, 2012)

La population des montagnes rocheuses de la Bernache du Canada

La population des montagnes Rocheuses de la Bernache du Canada niche dans le sud de l'Alberta, dans les régions intermontagnardes de l'Utah, de l'Idaho, du Nevada, du Colorado et du Wyoming, et dans l'ouest du Montana. Elle passe l'hiver dans le centre et le sud de la Californie, en Arizona, au Nevada, en Utah, en Idaho et au Montana (figure 31c).

La population des Rocheuses fait aussi l'objet d'un dénombrement dans le cadre du relevé des populations reproductrices et des habitats de la sauvagine. Les résultats de ces inventaires dans les Prairies canadiennes indiquent une augmentation importante de la population (508 %) entre 1970 et 1999 (Nieman et al., 2000). En 2012, les relevés de la sauvagine effectués au printemps dans le sud de l'Alberta et dans les États concernés par la population des montagnes Rocheuses ont estimé la population à 143 400 bernaches, soit 37 % de plus que l'estimation de 2011 (105 000) (USFWS, 2012).

La population du Pacifique de la Bernache du Canada

Les Bernaches du Canada de la population du Pacifique (PP) nichent et passent l'hiver à l'ouest des montagnes Rocheuses, du nord de l'Alberta et de la Colombie-Britannique, vers le sud, par le nord-ouest du Pacifique jusqu'à la Californie (figure 31c). Au Canada, cette population de bernaches se reproduit dans le centre et le sud de la Colombie-Britannique et elle comprend des bandes migratoires et non migratoires (résidentes).

Les Bernaches du Canada de la population reproductrice du Pacifique sont étudiées dans le cadre du relevé de la population reproductrice et des habitats de la sauvagine et de deux autres relevés importants visant à estimer les tendances chez les populations de canards en Colombie-Britannique : le relevé aérien de grande échelle (couvrant 11 millions d'hectares) réalisé dans l'intérieur de la province et la série répétée de dénombrements au sol couvrant les terres humides sélectionnées sur le plateau de l'intérieur méridional et central de la province. Des modifications ont été apportées en 2007 aux dénombrements au sol afin que ceux-ci soient axés sur les terres humides protégées et relevant d'une administration. L'estimation de la population du Pacifique en 2012 était de 221 600 bernaches, soit 11 % de plus que le dénombrement de l'année précédente, qui était de 200 000 (USFWS, 2012).

L'inventaire de la sauvagine nicheuse du plateau intérieur central de la Colombie-Britannique a permis de suivre la population de Bernaches du Canada du Pacifique depuis2006. Les analyses du Service canadien de la faune ont estimé la présence de 39722bernaches dans le plateau de l'intérieur central en 2012, soit 130% de plus qu'en 2011. Le groupe non migrateur est concentré dans les régions urbaines et suburbaines du sud-ouest de la Colombie-Britannique (notamment les régions de Vancouver et de Victoria) et dans les terres agricoles à proximité (A. Breault, comm. pers.).

Les populations à problèmes de Bernaches du Canada résidentes et urbaines sont surtout contrôlées par les municipalités et par la réglementation fédérale sur la chasse. Les pratiques clés de gestion comprennent la stérilisation des œufs (opérationnelle dans les basses terres de la Colombie-Britannique depuis plus de dix ans), la prévention de la nidification, l'aménagement du paysage et le déplacement des bandes en mue à des endroits où elles peuvent être exposées à la mortalité causée par la chasse. Les saisons de chasse divisées ont réussi à accroître le nombre de prises de Bernaches du Canada dans certaines régions agricoles, et des permis spéciaux sont délivrés pour protéger les cultures et les propriétés (A.Breault, comm. pers.).

La population des Prairies d'herbes courtes de la Bernache du Canada et de la Bernache de Hutchins

Les bernaches de la population des Prairies d'herbes courtes se reproduisent dans l'ouest de l'Arctique, sur les îles Victoria et Jenny Lind, et dans la partie continentale du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest, allant du golfe Reine-Maud au fleuve Mackenzie vers le sud, jusqu'au nord de l'Alberta. Elles passent l'hiver sur les terres agricoles arides du sud-est du Colorado et du nord-est du Nouveau-Mexique ainsi que dans les enclaves de l'Oklahoma et du Texas (USFWS, 2011; figure 31c). Les dénombrements dans les aires d'hivernage donnent un indice de la population des Bernaches du Canada des Prairies d'herbes courtes. En 2012, le nombre de bernaches de la population des Prairies d'herbes courtes a été estimé à 292 800, soit 5 % de moins que l'estimation de 2011 de 309 600 (USFWS, 2012). De juin 1989 à juin 1993, on a effectué des relevés aériens le long de transects couvrant une vaste partie de l'aire de reproduction des populations de Bernaches du Canada et de Bernaches de Hutchins, dans la région désignée des Inuvialuit sur le continent et sur les îles Victoria et Banks (Hines et al., 2000). De nouveaux relevés ont été effectués dans ces transects de 2002 à 2006. Les dénombrements aériens indiquaient qu'il y avait plus de 70 000 Bernaches du Canada et de Hutchins composant la population des Prairies d'herbes courtes dans l'aire couverte par le relevé ou à proximité. Par contre, le relevé ne couvrait pas l'ensemble de l'aire de reproduction des bernaches dans la région désignée des Inuvialuit. Dans l'ensemble, les dénombrements indiquent que le nombre de bernaches (principalement des B.hutchinsii) sur les îles Victoria et Banks a apparemment augmenté, et il se peut que leur aire de reproduction se soit étendue vers le nord au cours des dernières décennies. En revanche, les résultats des relevés de la sauvagine réalisés au printemps indiquent que la population des Prairies d'herbes courtes de Bernaches du Canada dans la forêt boréale et dans la taïga des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon et de l'est de l'Alaska serait demeurée relativement stable depuis les années 1960 (Hines et al., 2000).

Les relevés de la sauvagine effectués au printemps 2012 dans la partie ouest des Territoires du Nord-Ouest ont donné une estimation de 207 600 oies, ce qui est semblable à l'estimation de l'année dernière de 225 100. Les estimations de l'effectif de la population reproductrice au printemps ont augmenté en moyenne de 11 % par année depuis 2003 (p= 0,002; USFWS, 2012).

La population des Prairies d'herbes hautes de la Bernache de Hutchins

Les Bernaches de Hutchins de la population des Prairies d'herbes hautes (B. h.hutchinsii) nichent sur les îles de Baffin (les grandes plaines de la rivière Koukdjuak), de Southampton et du Roi-Guillaume, dans les habitats de la toundra le long de la côte continentale nord du Nunavut et le long des rives de la côte ouest de la baie d'Hudson. Elles passent l'hiver principalement en Arkansas, en Louisiane, en Oklahoma, au Texas et au nord-est du Mexique (figure 31b).

Les relevés aériens de la population des Prairies d'herbes hautes de Bernaches de Hutchins ont débuté en 1992 (Rusch et al., 1996) et, contrairement aux autres relevés printaniers, ils sont effectués durant la période d'élevage des couvées. Les estimations disponibles pour l'île de Baffin entre 1996 et 2009 indiquent une population d'environ 160 000 Bernaches de Hutchins. Au cours de nombreuses années d'étude antérieures, il y a eu trois années au cours desquelles pratiquement aucun jeune n'a été produit (1992, 1996 et 1999). Les Bernaches de Hutchins de la population des Prairies d'herbes hautes sont aussi dénombrées dans les aires d'hivernage, mais, puisqu'elles se mélangent avec d'autres populations de Bernaches du Canada et de Bernaches de Hutchins dans ces aires, il est difficile d'estimer la taille de sa population. Au cours du relevé du milieu de l'hiver 2012 dans la voie de migration du centre, on a dénombré 450 800 bernaches pour la population des Prairies d'herbes hautes, soit 6 % de plus que l'estimation de 427 100 de 2011 (USFWS, 2012)

Une étude préliminaire de la population de bernaches nicheuses de l'île de Southampton a été effectuée en 2010 dans la baie Est, et les résultats semblent indiquer que le nombre de Bernaches de Hutchins a considérablement augmenté depuis les études similaires menées en 1979-1980 (K.F. Abraham, comm. pers.). En outre, à la fin du mois de juin 2010, des relevés aériens systématiques ont été effectués pour la première fois sur l'île de Southampton et l'île Coats par une équipe du Service canadien de la faune et du Fish & Wildlife Service des États-Unis. Les relevés indiquaient de fortes densités de populations nicheuses de Bernaches de Hutchins dans les habitats des basses terres près de la rivière Boas et de la baie Est de l'île de Southampton. De fortes densités de Bernaches de Hutchins ont également été observées dans une grande partie de l'habitat des basses terres étudié sur l'île Coats.

La Bernache cravant

Selon les aires de reproduction et d'hivernage, ainsi que la différenciation génétique, il existe quatre populations distinctes de Bernaches cravants (Branta bernicla) reconnues en Amérique du Nord (Reed et al., 1998b). Par comparaison avec la majorité des autres oies et bernaches, les Bernaches cravants sont plus vulnérables aux importantes pertes sporadiques attribuables à la famine et à l'échec périodique de la nidification, en raison de leur grande dépendance envers des plantes fourragères précises et des milieux difficiles dans lesquels vivent certaines populations. Cette vulnérabilité nécessite une soigneuse réglementation de la chasse, ainsi que le suivi de la situation des populations (Reed et al., 1998b). Reed et al. (1998b) font l'analyse des renseignements disponibles sur cette espèce en Amérique du Nord.

La Bernache cravant de l'Atlantique

La population de la sous-espèce B.b.hrota niche dans la région du bassin Foxe dans l'est du Bas-Arctique. Elle passe l'hiver le long de la côte de l'Atlantique, du Massachusetts à la Caroline du Nord (Reed et al., 1998b). L'estimation de la population de Bernaches cravants de l'Atlantique au milieu de l'hiver 2012 était de 149 200, ce qui est semblable à l'estimation de 2011 de 148 900 (figure 38). Les estimations de la population n'ont démontré aucune tendance au cours de la dernière décennie (p=0,617; USFWS, 2012).

La Bernache cravant de l'est de l'Extrême-Arctique

Ce groupe de B.b.hrota se reproduit sur les îles de l'est de l'Extrême-Arctique et survole durant sa migration le Groenland et l'Islande pour passer l'hiver en Irlande (Reed et al., 1998b). Aucun relevé n'est actuellement effectué sur les aires de reproduction au Canada et très peu de renseignements sont disponibles à propos de la répartition au sein de l'aire de reproduction. Le nombre de Bernaches cravants de l'est de l'Extrême-Arctique est estimé à partir de dénombrements menés dans les haltes migratoires d'Islande et dans les aires d'hivernage d'Irlande, où la population est passée d'un peu moins de 10 000 oiseaux à la fin des années 1960 à plus de 33 000 durant la saison 2004-2005. Les résultats du recensement international de 2010 estimaient la population à environ 38 216 oies. Les chiffres étaient légèrement supérieurs (0,6 %) à ceux de l'année précédente (Wildfowl and Wetlands Trust, 2011).

Le pourcentage d'oisons est évalué aussi durant le recensement réalisé en automne. Comme pour la plupart des oiseaux de l'Arctique, la productivité fluctue de façon marquée d'une année à l'autre: la population est constituée de seulement 1 à 2 % d'oisons dans les années de faible reproduction et peut atteindre jusqu'à 20 à 30 % d'oisons, dans les années de bonne reproduction. Bien que le succès de reproduction ait été légèrement plus élevé en 2011 qu'en 2009, dans l'ensemble, il s'agissait d'une mauvaise saison de reproduction avec une proportion de jeunes nettement inférieure à la plus récente moyenne sur dix ans (de 2000-2001 à 2009-2010, 13 % ±3,5; écart-type) (Wildfowl and Wetlands Trust, 2011).

La Bernache cravant noire

La population de Bernaches cravants noires (B.b.nigricans) niche dans le centre et l'ouest du Bas-Arctique canadien, en Alaska, et dans l'ouest de la Russie. Elle passe l'hiver le long de la côte du Pacifique, mais principalement au Mexique (Reed et al., 1998b). L'indice de population de Bernaches cravants au milieu de l'hiver était de 147 614 en 2011, soit 3 % de plus qu'en 2010. Il n'y a eu aucun relevé en 2011 et 2012 (figure 39; Olson et al., 2012). Il faut prendre en compte que le nombre de Bernaches cravants noires est obtenu en soustrayant le nombre de Bernaches cravants de l'ouest de l'Extrême-Arctique dans le nord de Puget Sound (baies de Padilla, Samish et Fidalgo [Washington]; D. Kraege, comm. pers.) du nombre total estimé au milieu de l'hiver dans le Pacifique, et le nombre de Bernaches cravants noires peut également comprendre une petite proportion de Bernaches cravants de l'ouest de l'Extrême-Arctique.

Il n'existe aucun relevé périodique des aires de reproduction, mais des relevés aériens de la Bernache cravant noire ont été effectués au mois de juin, de 1995 à 1998, dans la région désignée des Inuvialuit. Les résultats indiquent que la population totale du delta du Mackenzie, de la péninsule Tuktoyaktuk et de la baie Liverpool dépassait probablement 6 000 oiseaux (Hines et Wiebe Robertson, 2006). Les estimations préliminaires des recaptures d'oiseaux bagués et des récupérations de bagues indiquent que les taux de survie des Bernaches cravants adultes sont relativement élevés (J. Hines, données inédites).

Une partie de la population de Bernaches cravants noires se rassemble le long de la côte de la Colombie-Britannique pendant la migration printanière. Selon les estimations, de 3 000 à 7 000 Bernaches cravants font une halte sur les îles de la Reine-Charlotte au cours de leur trajet vers les aires de reproduction septentrionales. Environ 25 000 à 30 000 Bernaches cravants noires se rassemblent dans le détroit de Georgie (en Colombie-Britannique), le delta du fleuve Fraser et le secteur de Parksville-Qualicum sur l'île de Vancouver constituant les deux sites les plus importants. Un modèle statistique a été élaboré pour estimer le nombre total d'oiseaux passant par le détroit (Hagmeier, 2002; Hagmeier et al., 2008).

Par le passé, entre 1 000 et 10 000 Bernaches cravants passaient l'hiver en Colombie-Britannique. Les estimations les plus récentes de la population qui hiverne en Colombie-Britannique indiquent que quelque 250 oiseaux se trouvent dans deux à trois principales aires d'hivernage: le delta du fleuve Fraser (+ de 2000), les îles de la Reine-Charlotte (plus de 200 oiseaux) et l'île de Vancouver (plus de 100 oiseaux) (A. Breault, données inédites). Dans la région de la baie Boundar et de Robert's Bank du delta du fleuve Fraser, la population de Bernaches cravants qui hiverne s'accroît de façon générale depuis 1992. En Colombie-Britannique, la population maximale en hiver a été estimée à 1 229 bernaches au cours de l'hiver 2012, soit une baisse de 49 % par rapport aux 2 414 oiseaux observés pendant l'hiver précédent (Olson et al., 2012). Les raisons de l'augmentation du nombre de bernaches qui passent l'hiver dans le delta du fleuve Fraser sont inconnues, mais il est possible que cette augmentation découle de la combinaison du recrutement accru dans la population locale, de la réduction des prises sportives et de l'afflux des Bernaches cravants de l'ouest de l'Extrême-Arctique en provenance de l'État de Washington (S. Boyd, comm.pers.).

La Bernache cravant de l'ouest de l'Extrême-Arctique

L'apparence de la population de Bernaches cravants de l'ouest de l'Extrême-Arctique (aussi appelée Bernache cravant à ventre gris) se situe entre celle de la B.b.nigricans et celle de la B.b.hrota, et certains biologistes sont d'avis qu'il s'agit d'une sous-espèce unique. Cette population se reproduit sur les îles de l'ouest de l'Extrême-Arctique et passe l'hiver à Puget Sound (Washington) (Reed et al., 1998b). D'après les dénombrements effectués au milieu de l'hiver, les Bernaches cravants de l'ouest de l'Extrême-Arctique se caractérisent par des fluctuations relativement grandes de la taille de leur population (figure 39).

En 2012, l'indice de la population de l'ouest de l'Extrême Arctique au milieu de l'hiver, établi par l'État de Washington, était de 6 700 oiseaux, soit 21 % de moins qu'en 2011 (8 500) (USFWS, 2012).

Les Bernaches cravants de l'ouest de l'Extrême-Arctique font l'objet d'importantes préoccupations en matière de gestion en raison de leur nombre limité, de leur possible statut de sous-espèce unique et de leur répartition hivernale restreinte. En 2005, elles ont été munies d'un émetteur par satellite lorsqu'elles étaient dans leurs aires de mue dans l'Arctique. Les données recueillies ont servi à cartographier les voies de migration vers le sud et vers le nord, ainsi qu'à établir les périodes de migration, les importants sites de rassemblement et les profils d'utilisation de l'habitat sur les rives du lagon Izembek (en Alaska), un important site de rassemblement en automne. En plus du marquage des Bernaches, des échantillons de sang ont été prélevés pour évaluer le degré de caractéristiques génétiques de la Bernache cravant de l'ouest de l'Extrême-Arctique qui la distinguent des autres Bernaches cravants se reproduisant et passant l'hiver en Amérique du Nord. Les analyses d'ADN réalisées en laboratoire sont terminées, et les résultats seront publiés prochainement (S. Boyd, comm. pers.).

La situation des populations de cygnes

Il existe deuxespèces de cygnes indigènes au Canada: le Cygne siffleur (Cygnus columbianus) et le Cygne trompette (C.buccinator).

Le Cygne siffleur

Population de l'est

Il existe deux populations de Cygnes siffleurs. Lapopulation de l'ouest se reproduit le long des basses terres côtières de l'ouest de l'Alaska et migre vers l'ouest du Canada et le long de la côte du Pacifique. Cette population passe l'hiver surtout en Californie, en Utah et dans le nord-ouest du Pacifique. Les Cygnes siffleurs de la population de l'est se reproduisent dans la péninsule Seward, en Alaska, jusqu'à la rive nord-est de la baie d'Hudson et de l'îlede Baffin, et ils migrent dans l'ensemble des provinces des Prairies et l'est du Canada. Cette population passe l'hiver sur les aires côtières allant du Maryland à la Caroline du Nord, le long de la côte du centre de l'Atlantique, ainsi que dans les Grands Lacs inférieurs.

Selon le relevé réalisé au milieu de l'hiver 2012, l'effectif de la population de l'est du Cygne siffleur a été estimé à 111 700 cygnes (cygnes dénombrés en Ontario et dans les voies de migration de l'Atlantique et du Mississippi), ce qui est supérieur au dénombrement de 2011, qui était de 97 700 (USFWS, 2012). Ces estimations n'ont affiché aucune tendance au cours de la période de dix ans allant de 2003 à 2012 (p= 0,723) (USFWS, 2012).

La région du delta de Mackenzie et les parties adjacentes au continent de l'Extrême-Arctique représentent l'une des plus importantes aires de reproduction pour les Cygnes siffleurs en Amérique du Nord et abritent environ un tiers de la population de l'est de cette espèce. Le nombre de cygnes de la population de l'est tués et récupérés aux États-Unis en 2011 était de 3 669, un nombre légèrement inférieur à l'estimation de l'année précédente (Klimstra et Paddling, 2012). Au Canada, il n'y a aucune saison de chasse aux Cygnes siffleurs.

Une étude portant sur la migration réalisée à l'aide d'émetteurs par satellite placés sur des Cygnes siffleurs capturés sur le lac Érié (Petrie et Wilcox, 2003) a montré que les Cygnes siffleurs de l'est migrent de leurs aires d'hivernage de la côte Atlantique à leurs aires de rassemblement du nord des Prairies en empruntant un étroit corridor qui passe au sud des Grands Lacs. À partir de ces endroits, trois voies sont suivies jusqu'aux aires de reproduction dans l'ouest de la baie d'Hudson, dans le centre de l'Extrême-Arctique et dans le delta du fleuve Mackenzie. Pour voir les itinéraires migratoires des cygnes, veuillez consulter le site Web suivant:
[voir www.longpointwaterfowl.org [en anglais uniquement]

Population de l'ouest

La population de l'ouest du Cygne siffleur est dénombrée en hiver sur ses aires d'hivernage. En 2010 et 2011, plusieurs aires d'hivernage importantes en Californie n'ont pas fait l'objet de relevés pendant le relevé du milieu de l'hiver. Toutefois, l'année 2012 a vu le retour d'un relevé complet. L'estimation de 2012 de la population de l'ouest du Cygne siffleur était de 117 200 oiseaux (USFWS, 2012). Ce dénombrement était 11 % plus élevé que le dernier relevé effectué sur une année complète (2009), qui était de 105 200 cygnes (USFWS, 2009). Les prises de Cygnes siffleurs de la population de l'ouest en 2011 étaient estimées à 1 127 oiseaux, ce qui est semblable à l'estimation des prises de l'année précédente (Klimstra et Padding, 2012).

Le Cygne trompette

Il existe trois populations de Cygnes trompettes en Amérique du Nord (figure 21): la population de la côte du Pacifique, la population des Rocheuses et la population de l'intérieur. La taille de chacune de ces populations est évaluée tous les cinq ans dans l'ensemble de leur aire de reproduction en Amérique du Nord. Le premier relevé mené en 1968 a estimé la population à 3 année 722 Cygnes trompettes. Les relevés les plus récents effectués en 2010 ont estimé la population à 46 225 oiseaux et chacune des trois populations ont atteint des estimations d'abondance record. Les jeunes cygnes représentaient environ 26 % de la population totale, ce qui indique une bonne production de jeunes (Groves, 2012). La population a connu un taux de croissance annuel de 6 % depuis 1968 (Groves, 2012).

Dans les inventaires précédents, l'aire de la population de la côte du Pacifique au Canada et une partie de l'aire de répartition de la population des montagnes Rocheuses (Yukon, centre-nord et nord-ouest de la Colombie-Britannique) ont été inventoriées à l'aide d'une procédure d'échantillonnage, et le reste de l'aire de répartition a fait l'objet d'un dénombrement total. En raison de l'augmentation de l'abondance de cette population et de l'accroissement de l'aire de reproduction, l'ensemble de l'aire de reproduction de la population de la côte du Pacifique et de la population des montagnes Rocheuses au Canada (à l'exception de certaines régions très peu peuplées au nord du Yukon et au centre-nord de la Colombie-Britannique) a été inventorié à l'aide d'un procédé d'échantillonnage aléatoire stratifié pour la première fois en 2010. L'inventaire a utilisé des cartes topographiques d'une échelle de 1:50000 comme unités d'échantillonnage. Au total, le territoire de 185 cartes a été survolé aux fins de l'inventaire par aéronef au Yukon, en Colombie-Britannique, en Alberta et dans les Territoires du Nord-Ouest (figure 21). La population de la côte du Pacifique dans l'ouest du Yukon et au nord-ouest de la Colombie-Britannique a augmenté de 17 %, passant de 1 236 à 1 443. La partie canadienne de la population des montagnes Rocheuses est maintenant estimée à 8 950 (±1631) (intervalle de confiance: 95 %), en s'appuyant sur l'extrapolation des 4 150 cygnes observés pendant l'inventaire. L'estimation a augmenté de 90 % par rapport à l'estimation de 2005, qui était de 4 718. Toutes les aires canadiennes de la population des montagnes Rocheuses ont montré une hausse depuis l'inventaire de 2005, allant de 17 % au Yukon à plus de 150 % en Alberta. Les modifications apportées à la méthode d'inventaire peuvent expliquer, en partie, la hausse apparente de la population des montagnes Rocheuses en Colombie-Britannique, en Alberta et dans les Territoires du Nord-Ouest; les inventaires précédents dans ces régions sous-estimaient probablement la population.

Un petit nombre de Cygnes trompettes de la population de la côte du Pacifique est également observé lors de l'inventaire coopératif de la sauvagine nicheuse des zones routières du Yukon. Les résultats montrent de très importantes augmentations au cours des 10, 15 et 21 dernières années (figure 24), mais aucune tendance n'est visible sur les cinq dernières années.

Au Canada, la population de l'intérieur se reproduit principalement en Ontario, mais un faible nombre s'est établi dans l'ouest de la Saskatchewan et dans des secteurs adjacents au Manitoba. Le seul relevé officiel en Saskatchewan et au Manitoba en 2010 a été effectué dans le parc national du Canada du Mont-Riding, où 49 cygnes ont été dénombrés, soit 30 cygnes de plus qu'en 2005 (Parcs Canada, données inédites). En Ontario, un programme de réintroduction a débuté en 1982 et avait atteint son objectif en 2005 fixé à au moins 500 cygnes en liberté (H. Lumsden, données inédites). Des inventaires menés en 2005 en Ontario dans le cadre de l'inventaire quinquennal sur le continent ont indiqué une population totale de 644 cygnes dans la province (Moser,2006). Le programme de reproduction en captivité et de remise en liberté a pris fin en 2006. La répartition estivale (2010) connue en Ontario est illustrée à la figure 21. La population du sud de l'Ontario a continué de croître et, en 2010, le nombre de cygnes a été estimé à 839 d'après les dénombrements d'hiver: les jeunes cygnes observés à tous les sites d'hivernage ont été ajoutés à une estimation de la population des adultes et des sous-adultes calculée à partir de données sur le marquage et la recapture collectées chez des oiseaux marqués aux ailes (H. Lumsden, données inédites). Désormais, les populations reproductrices de Cygnes trompettes s'établissent également dans le nord-ouest de l'Ontario où, durant l'été2010, plusieurs relevés aériens et quelques autres observations ont rapporté un total de 274 oiseaux dans les régions à l'ouest et au nord de Thunder Bay. Un autre groupe s'est établi dans l'est de l'Ontario, comptant au moins 54 oiseaux à l'été2010 (H. Lumsden, données inédites).

Plus de 40 % de la population de Cygnes trompettes de la côte du Pacifique passe l'hiver le long de la côte, dans les milieux humides et les champs agricoles de l'île de Vancouver et de la vallée du Fraser en Colombie-Britannique, représentant le plus grand regroupement en hiver de Cygnes trompettes en Amérique du Nord. Des relevés aériens de la population sont effectués tous les trois ans dans les aires d'hivernage afin de déterminer les tendances régionales du Cygne trompette et les tendances d'utilisation de son habitat. Au cours du plus récent relevé effectué en janvier et enfévrier2006, les estuaires, les marais côtiers, les terres agricoles et les lacs d'eau douce représentaient les aires d'hivernage les plus importantes sur l'île de Vancouver, et les Cygnes étaient répartis de façon quasi-égale entre les marais littoraux et les habitats des hautes terres dans la vallée du Fraser. Le relevé a permis d'estimer la population à 7 570 cygnes, une augmentation de 11,7 % par rapport aux 6 775 cygnes observés en 2000-2001. Le relevé du milieu de l'hiver sur l'île de Vancouver et le sud-ouest de la côte continentale prévu pour 2009-2010 a été annulé en raison de restrictions de vol autour de Vancouver et du détroit de Georgie durant les Jeux olympiques de 2010; il a été ensuite annulé de façon permanente à la suite d'une évaluation interne.

Environ 3 000 Cygnes trompettes sont morts dans l'État de Washington et en Colombie-Britannique depuis 1999, principalement en raison de l'ingestion de grenailles de plomb (A. Breault, comm. pers.). Des initiatives internationales supervisées par le Department of Fish and Game (ministère de la chasse et de la pêche) de l'État de Washington et le Service canadien de la faune ont été entreprises en 2001 dans le but de localiser les sources de plomb. Des études de télémétrie ont désigné le lac Judson, à la frontière entre le Canada et les États-Unis, comme un des principaux sites responsables des empoisonnements au plomb et les activités d'effarouchement qui ont eu lieu au lac depuis 2009. Les effarouchements ont diminué, mais ils n'ont pas éliminé la mortalité des cygnes. À compter du 22 février 2012, on a enregistré la mort de 213 Cygnes trompettes au cours de l'automne2011 et de l'hiver (L. Wilson, comm. pers.). On soupçonne que l'empoisonnement au plomb a causé la mort de 102 oiseaux, les collisions avec des lignes de transport d'électricité celles de 46 oiseaux, 3 oiseaux ont été abattus et la cause de la mort de 62 oiseaux était inconnue. Cet hiver, une zone d'exclusion couvrant la moitié environ du lac a été mise en place pour empêcher les cygnes d'accéder à la partie du lac ayant la plus forte densité de grenailles de plomb et une caméra a été installée pour permettre la surveillance à distance de la zone d'exclusion. On pense que les racines du Nuphar polysepala (grand nénuphar jaune), qui empêchent la grenaille de plomb de couler dans les sédiments, sont la raison de l'empoisonnement continu. Une proposition a été élaborée pour demander le traitement herbicide de 60 acres de Nuphar dans une zone comportant une forte densité de grenailles de plomb du côté américain de la frontière au cours des prochaines années et un traitement pilote de 5 acres a été vaporisé au cours de l'été 2011.

La situation des autres populations d'oiseaux migrateurs chassés

Le Guillemot de Brünnich et le Guillemot marmette

Le Guillemot de Brünnich (Uria lomvia) et le Guillemot marmette (U. aalge) ont traditionnellement été chassés au large de la côte de Terre-Neuve-et-Labrador durant des générations. Bien qu'ils ne soient pas des oiseaux migrateurs considérés comme gibier, l'importance de la chasse au guillemot pour les habitants de Terre-Neuve-et-Labrador a été reconnue lorsque la province a joint le Canada en 1949, et diverses modifications législatives et réglementaires ont été effectuées afin de permettre la capture légale des guillemots dans la province (voir Chardine et al., 2008 pour des détails). Au cours des années 1970 et 1980, les grosses prises (Elliot et al., 1991) exigeaient une meilleure information en matière de chasse, des modifications réglementaires et une meilleure application de la loi (Elliot, 1991). Ces efforts semblent avoir réussi à réduire les prises de 750 000 oiseaux à environ 250 000 par année au début des années 2000 (Chardine et al., 1999). Les prises actuelles estimées à moins de 100 000 oiseaux sont probablement bien inférieures aux niveaux qui pourraient compromettre la durabilité de la population (en utilisant le modèle de population dans Wiese et al., 2004). La réduction de la couverture de glace semble entraîner une diminution de la pression de la chasse (Gaston, 2002a, Gaston et Robertson, 2010); par conséquent, avec les changements climatiques, la réduction de la couverture de glace hivernale devrait, dans l'avenir, faire en sorte de restreindre la récolte par la chasse. Le dénombrement de la population des guillemots dans les colonies indique que les populations de cette espèce sont en santé, la plupart des colonies montrant des signes de croissance, ou se maintenant tout au moins (Gaston, 2002b, Chardine et al., 2003, Robertson et al., 2004, Regular et al., 2010). Les améliorations récentes apportées aux méthodes d'inventaire, à l'aide de la photographie numérique et du système d'information géographique, montrent que certaines des plus grandes colonies sont bien plus importantes qu'on ne l'aurait cru (hausses supérieures à 100 000 couples), des différences s'expliquant en partie par la croissance de la population, mais aussi par la précision accrue des méthodes de recensement modernes (A. Gaston, données inédites, S. Wilhelm, données inédites).

Des études de suivi utilisant des marqueurs de géolocalisation montrent que de nombreux guillemots en âge de reproduction n'utilisent pas du tout les habitats côtiers durant la période hivernale et, étonnamment, certains oiseaux vont hiverner au-delà de la plate-forme continentale (Hedd et al., 2011; Gaston et al., 2011). Il existe des différences dans les aires d'hivernage des oiseaux provenant de différentes colonies; les deux espèces de guillemots qui se reproduisent au Labrador utilisent davantage des eaux côtières que des oiseaux d'autres colonies, tandis que les oiseaux qui se reproduisent dans l'Extrême-Arctique hivernent dans les zones qui sont propices à la récolte de prises au Groenland. D'autres colonies, comme celles dans le Bas-Arctique (Guillemots de Brünnich dans les îles Coats et Digges, et Guillemots marmettes se reproduisant dans les milieux insulaires de Terre-Neuve), passent très peu de temps dans les eaux côtières ou ne les fréquentent pas du tout (McFarlane Tranquilla, données inédites). Ces résultats appuient les résultats de baguage précédents, qui montrent très peu de récupération d'individus adultes en âge de reproduction (Robertson et al., 2006).

L'ensemble des populations de guillemots se porte bien dans le nord-ouest de l'Atlantique, et les niveaux de capture actuels, même lorsqu'ils sont combinés à d'autres répercussions comme le mazoutage chronique (qui semble être en déclin; Wilhelm et al., 2009), n'atteignent probablement pas un niveau suffisant pour avoir une incidence sur la population. Les colonies de Guillemots marmettes au Labrador montrent des signes de déclin lent; par conséquent, la gestion ciblée visant à soutenir ces colonies pourrait être nécessaire, une fois que les causes du déclin seront comprises. Contrairement à la situation dans le nord-ouest de l'Atlantique, de nombreuses populations de guillemots survivent difficilement dans l'ensemble, étant donné que cette espèce réagit mal et est très vulnérable aux changements climatiques et aux perturbations de son réseau trophique (Irons et al., 2008). Par conséquent, une surveillance continue de cette espèce au Canada se poursuivra afin de déterminer si les conditions environnementales demeurent favorables et permettent aux populations de guillemots de supporter les niveaux de prises actuels.

En 2010-2011, le nombre de prises de guillemots à Terre-Neuve-et-Labrador était estimé à 65851individus (ET= 9899), soit une augmentation de 27 % par rapport à l'estimation de 2009-2010 (M. Gendron, comm. pers.).

La Bécasse d'amérique

Le suivi de la situation de la Bécasse d'Amérique (Scolopax minor) en Amérique du Nord est effectué par l'intermédiaire d'un inventaire de la croule qui consiste en un dénombrement, au printemps, des mâles effectuant leur parade nuptiale à la brunante (relevé au sol par l'écoute des chants des mâles). Le dénombrement des mâles chanteurs fournit des indices sur les populations de Bécasses d'Amérique et peut être utilisé pour le suivi des variations annuelles des effectifs des populations (Cooper et Rau, 2012). Le relevé couvre le centre et le nord de l'aire de reproduction de la Bécasse. L'analyse des bagues récupérées indique qu'il existe deux populations relativement distinctes et que, par conséquent, la gestion des Bécasses d'Amérique s'effectue sur la base de deux régions distinctes, c'est-à -dire l'est et le centre. Au Canada, les Bécasses qui se reproduisent au Manitoba et en Ontario font partie de la population du centre, tandis que celles qui se reproduisent au Québec et dans les Maritimes font partie de la population de l'est.

Les indices de l'effectif des populations à court et à long terme (1968-2012), de même que sur une période de dix ans, ont été estimés à l'aide de méthodes de modélisation hiérarchique (Sauer et al., 2008 dans Cooper et Parker, 2012). En 2012, des déclins significatifs à long terme ont été observés dans les populations reproductrices des régions de l'est et du centre. Les tendances des indices des mâles chanteurs chez les Bécasses d'Amérique dans les régions de l'est et du centre n'étaient pas significativement différentes de celles de 2011. Il n'y a pas eu de tendance significative sur dix ans (2002-2012) dans les deux régions de gestion. Pour la neuvième année consécutive, la tendance dans la région de l'est demeure stable, tandis que la tendance dans la région du centre reste stable pour la deuxième année consécutive (figure 40; Cooper et Rau, 2012).

Au Canada, les seules tendances significatives observées dans le nombre de Bécasses d'Amérique étaient des baisses à long terme (1968-2012) en Nouvelle-Écosse et en Ontario (Cooper et Parker, 2012).

Il semble que les principales causes à l'origine des déclins des populations de Bécasses d'Amérique soient la détérioration et la perte de l'habitat propice à l'espèce (succession primaire) dans les aires d'hivernage et de reproduction (Kelley et al., (éd.) 2008).

Une mesure indirecte du recrutement ou de la productivité annuelle des populations reproductrices de bécasses provient des ratios d'âge établis à l'aide des ailes récupérées dans le cadre des prises (Wing-collection Survey). En 2011, l'indice de recrutement pour la région de l'est (1,7oiseau immature par femelle adulte) était supérieur de 13 % à l'indice de 2010 et supérieur d'environ 6 % à la moyenne régionale à long terme (1963-2010) de 1,6. Dans la région du centre, l'indice de recrutement en 2011 (1,5oiseau immature par femelle adulte) était d'environ 6 % inférieur à l'indice de 2010 (1,6) et à la moyenne régionale à long terme de 1,6 (Cooper et Rau, 2012).

Les prises de bécasses d'Amérique au Canada et aux États-Unis a diminué au cours des dernières décennies; cependant, cette diminution a été bien plus prononcée aux États-Unis (figure 41). En 2010, 20142bécasses ont été prises au Canada, soit une diminution d'environ 36 % par rapport à la moyenne sur dix ans (figure 41). Le nombre de chasseurs de bécasse au Canada connaît un déclin à long terme; il est passé d'environ 20 000 à la fin des années 1970 à 2000 ou 3000 environ à l'heure actuelle. Aux États-Unis, les prises de bécasses étaient estimées à 308 700 en 2011, soit une baisse par rapport aux 332 900 oiseaux capturés en 2010 et une augmentation de 3 % par rapport à la moyenne sur dix ans.

La Tourterelle triste

Les Tourterelles tristes (Zenaida macroura) sont l'une des espèces d'oiseaux les plus largement répandues et les plus abondantes en Amérique du Nord, et un suivi de l'espèce est mené au Canada grâce au Relevé des oiseaux nicheurs.

Les populations de Tourterelles tristes des écozones de la plaine du Saint-Laurent/cours inférieur des Grands Lacs, de la forêt septentrionale de l'Atlantique et des cuvettes des Prairies ont, à long terme, augmenté de façon significative (1970-2009). Les populations des autres écozones ne montrent aucune tendance significative au cours de cette même période. De même, aucune écozone n'a montré de tendance significative au cours des dix dernières années (de 1999 à 2009), sauf les écozones de la plaine du Saint-Laurent/cours inférieur des Grands Lacs, où l'on a noté une baisse importante.

Aux États-Unis, le suivi des populations de Tourterelles tristes est effectué au moyen du Mourning Dove Call-count Survey (relevé de la Tourterelle triste par le dénombrement des chants), qui a été élaboré afin de fournir un indice annuel de la taille de la population pendant la saison de reproduction. La gestion des Tourterelles tristes s'effectue selon troisrégions où les populations de tourterelles sont grandement indépendantes. On appelle ces régions les unités de gestion de l'est, du centre et de l'ouest. Les résultats du relevé (dénombrement de chants) indiquent que l'abondance des tourterelles a diminué dans les trois unités de gestion sur le long terme (1966-2012). Dans la dernière décennie (2003-2012), aucune preuve de changement quant à l'abondance de la Tourterelle triste dans l'unité de gestion de l'est n'a été relevée. En revanche, on a noté un certain déclin dans les unités de gestion du centre et de l'ouest. Au cours des deux dernières années, aucune preuve de changement quant à l'abondance de la population n'a été relevée dans l'ensemble des unités de gestion (Seamans et al., 2012).

La chasse à la Tourterelle est permise dans plusieurs États dans chacune des trois unités de gestion aux États-Unis. AuCanada, les Tourterelles tristes ne sont chassées qu'en Colombie-Britannique. Les prises en Colombie-Britannique varient considérablement d'année en année, passant de 5391 tourterelles tuées en 1977, à un nombre de 95 durant la saison de chasse 2008. Aucune déclaration de prise n'a été faite au Canada en 2011. L'estimation provisoire des prises aux États-Unis en 2011 se chiffrait à 16580900, soit une augmentation de 4 % par rapport aux prises de la saison2010 (Seamans et al., 2012).

La Bécassine de Wilson (anciennement : Bécassine des marais)

Au Canada, la Bécassine de Wilson (Gallinago delicata) est inventoriée au moyen du Relevé des oiseaux nicheurs. À long terme, les populations de Bécassines de Wilson présentes dans les écozones de l'intérieur du Nord-Ouest (1986-2009), des Rocheuses du Nord (1973-2009) et des cuvettes des Prairies (1973-2009) ont augmenté de façon significative. Au cours de cette même période, la population de Bécassines de Wilson a connu un déclin significatif dans les écozones du Grand Bassin (1973-2009) et de la forêt septentrionale de l'Atlantique (1970-2009). Aucune tendance à long terme n'a été observée ailleurs dans le pays. Aucune tendance sur dix ans (1999-2009) n'a été observée ailleurs dans le pays, sauf dans l'écozone du Grand Bassin, où l'on a noté une diminution significative du nombre d'individus. Les prises de Bécassines de Wilson au Canada semblent s'être stabilisées à un faible niveau au cours des dix dernières années (figure 42). En 2011, 2453 bécassines ont été prises au Canada, ce qui est semblable à l'estimation des prises de l'année dernière. Aux États-Unis, les prises en 2011 ont été estimées à 136 300 oiseaux, ce qui représente une hausse par rapport à l'année précédente (Raftovich et al., 2012).

La Grue du Canada

La population du centre du continent de Grues du Canada est la plus importante population de grues en Amérique du Nord. Cette population se compose d'environ deux tiers de Petites Grues (Grus canadensis canadensis), d'un quart de Grues du Canada (G.c.rowani) et le reste est formé de Grandes Grues du Canada (G.c.tabida). Les Grues du Canada du centre du continent se reproduisent du sud de l'Ontario vers le nord-ouest par l'Arctique et l'Alaska, jusque dans l'est de la Sibérie. Cette population passe l'hiver dans l'ouest de l'Oklahoma, au Nouveau-Mexique, dans le sud-est de l'Arizona, au Texas et au Mexique.

On effectue le suivi des grues du Canada de la population du centre du continent par l'intermédiaire d'un relevé aérien par transect effectué au printemps dans l'aire de rassemblement principale du Nebraska. Les indices corrigés pour tenir compte du biais relatif à la visibilité sont disponibles depuis 1982. Ils sont relativement stables depuis le début des années 1980. L'indice de population non corrigé du printemps 2012 était de 259 576 oiseaux, ce qui était nettement inférieur à l'indice des cinq années précédentes, en raison d'une période de relevé plus tardive et de la migration au début du printemps (Kruse et al., 2012; figure 43). La moyenne sur troisans pour 2009-2011, corrigée à l'aide de photos, était de 579 863 individus, ce qui est supérieur à l'objectif de population établi à 349 000 à 472 000 grues.

La saison de chasse au Canada en ce qui concerne les Grues du Canada du centre du continent est actuellement ouverte uniquement au Manitoba, en Saskatchewan et au Yukon. Les prises de Grues au Canada sont plutôt variables, avec une tendance à l'augmentation depuis les années 1970 (figure 44). Toutefois, les prises au Manitoba et en Saskatchewan ont montré une forte diminution à la fin des années 2000. Les prises totales de Grues du Canada du centre du continent étaient de 10 431 oiseaux en 2011, ce qui représente une hausse par rapport à l'estimation de l'an dernier (6 574, figure 44). Aux États-Unis, les prises de Grues du Canada du centre du continent augmentent au fil des années. En 2011, les prises ont baissé de 25 % à 16 059 individus par rapport à l'année précédente (21 520 individus; figure 44; Kruse et al., 2012).

La population de l'est de Grues du Canada s'est remise d'une quasi-disparition à la fin des années 1800 pour dépasser les 30 000 grues en 1996 (Kruse et al. 2012). Maintenant, la population de l'est s'étend rapidement aussi bien en taille qu'en répartition géographique (Case et Sanders, 2009). Cette population se reproduit en Ontario et au Québec de même que dans plusieurs États américains des Grands Lacs. Le USFWS a effectué une étude sur les principales aires de halte migratoire de la population de l'est de Grues du Canada depuis 1979. L'étude a eu lieu au cours de la dernière semaine d'octobre et fournit un indice de la population à l'automne. Dans l'ensemble, le relevé a montré une tendance à la hausse à long terme en ce qui concerne les grues de la population de l'est. L'indice de 2011 était de 72 233 grues (Kruse et al., 2012). Actuellement, la population de l'est de la Grue du Canada ne fait l'objet d'aucune prise sur l'ensemble de son aire de répartition. Toutefois, les Atlantic and Mississippi Flyway Councils ont élaboré un plan de gestion pour la population de l'est en raison de l'augmentation de leur abondance. Ce plan établit les lignes directrices pour de potentielles prises. En 2011, l'État du Kentucky a tenu la première saison de chasse à la Grue du Canada. En Ontario, une étude en cours examine la physiologie, le comportement et l'utilisation de l'habitat des Grues du Canada le long de la rive nord du lac Huron. Des dénombrements sur les aires de rassemblement ont été menés en automne en 2009 et en 2011 et ont montré que plus de 7 000 grues se rassemble dans cette aire en automne; le dénombrement maximal était d'environ 9 000 grues en octobre 2009. Par ailleurs, des données obtenues par télémesure à partir de grues marquées montrent que ces oiseaux descendent jusqu'en Floride pour passer l'hiver, mais que pendant les hivers doux, certains ont tendance à passer l'hiver dans les États situés plus au nord, comme l'Indiana. Cette étude devrait prendre fin au début de l'année 2014. (S. Meyer, comm. pers.).

Au Québec, l'estimation de la population, selon la composante héliportée du Suivi de la sauvagine de l'Est, était de 4 000 équivalents-couples en 2012. Fait intéressant, ce suivi ne couvre que la partie la plus méridionale de ce qui est considéré comme le cœur de l'aire de reproduction des Grues du Canada au Québec. La tendance 1996-2012 dans la zone du suivi indique une augmentation de 13,1 % par année (C. Lepage, don. inéd.).

Le Pigeon à queue barrée

Au Canada, le Pigeon à queue barrée (Columba fasciata) se trouve dans les habitats boisés de la côte de la Colombie-Britannique. Cette espèce affiche un très faible taux de reproduction, soit un œuf par couple, mais certains oiseaux nichent deux fois chaque saison. Le Relevé des oiseaux nicheurs fournit un indice annuel de l'abondance du Pigeon à queue barrée depuis1970. Les résultats du Relevé des oiseaux nicheurs n'indiquent aucune tendance significative au sein de la population à long terme (1973-2009) ou au cours des dix dernières années (1999-2009) au Canada.

L'inventaire de sites minéraux mis en œuvre en 2004, a été élaboré à titre de processus de rechange pour comprendre les tendances de la population de Pigeons à queue barrée de la côte du Pacifique (Sanders, 2012). L'inventaire de sites minéraux comprend un dénombrement visuel des Pigeons à queue barrée à plusieurs sites minéraux situés dans l'ensemble de l'aire de répartition des populations (Californie, État de Washington, Oregon et Colombie-Britannique). Les résultats de cet inventaire suggèrent que l'abondance du Pigeon à queue barrée a diminué de 4,7 % par année depuis 2004, mais ces résultats ne sont pas concluants (Sanders, 2012).

Au Canada, la saison de chasse aux Pigeons à queue barrée a été fermée de 1994 à 2001. Les augmentations de la population dans l'État de Washington expliquent essentiellement l'ouverture limitée mise en œuvre en Colombie-Britannique en 2001 (où le maximum de prises est passé de 10à 5 oiseaux et où la saison a été écourtée, passant de 30 à 15 jours). Les prises continuent de diminuer par rapport au début des années 1970 où l'on capturait entre 3 000 et 5 000 oiseaux par année. En 2011, le nombre de pigeons capturés au Canada est estimé à 201, soit plus du double par rapport à l'an dernier. Le total des prises aux États-Unis en 2011 était estimé à 13 700 Pigeons à queue barrée, ce qui représente une baisse de 41 % par rapport à 2010 (Raftovich et al., 2012).

La Foulque d'Amérique

Dans le cadre du relevé des populations reproductrices et des habitats de la sauvagine, le dénombrement des Foulques d'Amérique (Fulica americana) dans les Prairies du Canada est aussi fait. Les résultats de cet inventaire indiquent que les estimations de la population de Foulques d'Amérique ont beaucoup fluctué au cours de la durée du relevé (figure 45) et ont tendance à montrer une hausse. En 2012, la population a augmenté pour atteindre 2 942 139 foulques, un nombre semblable à l'estimation de 2011, qui était de 2 051 146. L'estimation de 2012 était de 106 % supérieure à la plus récente moyenne sur dix ans (1 425 737).

Les prises de Foulques d'Amérique au Canada ont baissé considérablement au fil du temps. Au Canada, en , 2011, le nombre de prises de Foulques d'Amérique au Canada a été estimé à 2 043, ce qui représente une augmentation de 128 % par rapport à l'année précédente. Le total des prises aux États-Unis en 2011 était de 416 600, soit une augmentation par rapport aux prises de 2010 estimées à 302 600 (Raftovich et al., 2012).

Les Râles

Les Râles sont dénombrés lors du Relevé des oiseaux nicheurs, mais, puisque les râles sont souvent cachés et qu'ils chantent rarement, ils risquent de passer inaperçus durant le relevé. Les résultats des analyses des tendances doivent donc être utilisés avec prudence. La taille de l'échantillon est suffisante pour estimer les tendances chez le Râle de Virginie (Rallus limicola) dans l'ensemble du pays sur une longue période (1970-2009), ainsi que les tendances au cours des 20 dernières années (1989-2009), dans la plaine du Saint-Laurent/cours inférieur des Grands Lacs. Cependant, aucune de ces tendances n'est significative.

Les tendances sur la Marouette de la Caroline (Porzana carolina) sont disponibles pour les écozones des plaines de la taïga boréale, du Grand Bassin, des rocheuses septentrionales, des cuvettes des Prairies, de la forêt mixte boréale, de la plaine du Saint-Laurent/cours inférieur des Grands Lacs et de la forêt de l'Atlantique Nord. Le seul changement significatif a été une tendance négative sur 20 ans (de 1989 à 2009) dans l'écozone à forêt mixte boréale. Les tendances ne sont pas fiables pour le Râle jaune (Coturnicops noveboracensis) ou le Râle élégant (Rallus elegans) en raison du nombre relativement faible d'oiseaux observés ou entendus lors des relevés.

L'Ontario est la seule province ayant une saison de chasse ouverte aux râles (à l'exception des Râles élégants et des Râles jaunes). Il y avait antérieurement des saisons dans d'autres provinces, mais elles ont été fermées au cours des dernières années. La collecte de données sur les prises en ce qui concerne les râles a été entreprise en 1989 dans le cadre de l'Enquête nationale sur les prises. Depuis, les prises ont diminué. Aucune prise n'a été recensée en 2010.

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2017-09-10