Initiative sur les oiseaux migrateurs de l’Arctique

Garry Donaldson surveille avec beaucoup d’enthousiasme l’activité des oiseaux de rivage dans une région souvent désignée comme le « bout du monde ». Lui et d’autres biologistes de la Patagonie observent de près les oiseaux de rivage dans une zone qui n’a jamais été étudiée auparavant. En tant que biologiste et l’un des gestionnaires du Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada, il trouve cela fascinant et gratifiant… et, en fin de compte, influent. « Sur la base de l’information que nous avons apprise sur les oiseaux locaux et migrateurs en provenance du Canada, le gouvernement argentin a récemment annoncé l’établissement du parc national Patagonia afin de les protéger », dit M. Donaldson. « Difficile de faire mieux! »

C’est là un exemple de la façon dont les scientifiques et les administrateurs au-delà des frontières et des continents peuvent collaborer afin de sauver diverses espèces d’oiseaux de rivage et de répondre aux préoccupations environnementales qui sont plus graves que beaucoup de gens ne le croient.

Bécasseaux semipalmés migrant à travers la baie de Fundy
Photo : Bécasseaux semipalmés migrant à travers la baie de Fundy
Photo : Donaldson © Environnement et Changement climatique Canada, 2015

En tant que groupe, les espèces d’oiseaux de rivage ont presque diminué de moitié. La plupart des oiseaux de rivage migrent sur de très longues distances et souffrent de la perte et de la modification des zones humides, des estuaires, des deltas et des vasières à toutes les étapes de leur parcours, de leurs aires de reproduction au Canada aux zones d’hivernage en passant par les sites d’arrêt de vol dans l’ensemble de l’hémisphère occidental. Leur santé tend à refléter leur environnement. Ils sont les légendaires canaris dans la mine de charbon de la planète.

Des bécasseaux semipalmés perchés à marée haute
Photo : Des bécasseaux semipalmés perchés à marée haute
Photo : Donaldson © Environnement et Changement climatique Canada, 2015

« Lorsque nous constatons des problèmes dans l’environnement, nous devons prêter attention... parce que nous sommes touchés par bon nombre des mêmes facteurs. » Vicky Johnston, biologiste et analyste des politiques d’EC.

« Nous dépendons des mêmes éléments de base qu’eux… de l’air pur, de l’eau potable et une terre d’abondance. » Renverser le déclin des populations de ces oiseaux nous aidera nous et la planète. Vicky Johnston siège à un comité directeur pour l’Initiative sur oiseaux migrateurs de l’Arctique (en anglais seulement) - l’IOMA - avec M. Donaldson. Ils ont récemment corédigé un nouveau plan de travail avec leurs collègues internationaux.

IOMA

L’IOMA est un projet entrepris par le Conseil de l’Arctique, par l’intermédiaire de son groupe de travail sur la conservation de la flore et de la faune arctique (en anglais seulement). L’objectif général de l’IOMA est d’améliorer la situation et de garantir la viabilité à long terme des populations d’oiseaux migrateurs nicheurs de l’Arctique en déclin. Ce qui fait la nouveauté de l’IOMA, selon Mme Johnston, c’est qu’elle se concentre sur l’extérieur, et non sur l’intérieur. « Le monde entier est nécessaire à la conservation des oiseaux de rivage arctiques. Leur conservation efficace requiert la coopération des gens, des organisations et des gouvernements de nombreux pays. Nous examinons nos actions, mais aussi celles des États-Unis et d’autres pays. »

Migration d'un seul Bécasseau maubèche

Carte de points de géolocalisation d'un Bécasseau maubèche en migration; Donaldson tient un Bécasseau maubèche dans sa main
Graphique : Géolocalisateur carte de migration maubèche; Photo : Donaldson est titulaire d'un Bécasseau maubèche
Photo : © Environnement et Changement climatique Canada, 2015
Description longue pour la figure

Graphique représentation la Géolocalisateur carte de migration maubèche du Mingan Québec et la baie du Delaware

Un Bécasseau maubèche a été capturé le 26 mai 2009 au New Jersey. Il s’est rendu à Mingan le 3 juin après un vol de 25 heures, où il est resté deux jours. À partir de là, il s’est rendu à la baie d’Hudson (bref arrêt) et dans l’Arctique, où il est resté 43 jours. Il a quitté l’Arctique, s’est arrêté brièvement dans la baie d’Ungava et est arrivé à Mingan le 3 août. Il a ensuite volé pendant 116 heures sans interruption et est parvenu à Maranao (Brésil), où il a passé tout l’hiver. La batterie est tombée à plat le 31 janvier 2010. Après cette date, l’oiseau a été de nouveau observé à Mingan en août 2010. L’oiseau a été recapturé dans la baie du Delaware le 21 mai 2011 lorsque l’enregistreur de données a été récupéré.

Constitué de membres du Canada, des États-Unis, de la Russie et de la Norvège, le Comité directeur de l’IOMA a élaboré des plans de travail qui tiennent compte des initiatives existantes partout dans le monde et qui s’articulent autour des itinéraires aériens que les oiseaux migrateurs arctiques traversent tout au long de leur cycle de vie.

Itinéraires aériens de l’IOMA Chaque plan secondaire des itinéraires aériens désigne les espèces hautement prioritaires. Certaines espèces prioritaires, comme le Bécasseau spatule en Asie de l’Est, sont menacées d’extinction, et l’IOMA travaille actuellement avec des partenaires en Chine et en Asie du Sud-Est à atténuer les sources de stress pour les espèces (perte d’habitat d’hivernage intertidal due à des projets d'assèchement, et de chasse non durable). Pour l’itinéraire aérien des Amériques, deux des espèces prioritaires sont le Bécasseau semipalmé et le Bécasseau maubèche, qui affichent tous deux des déclins de population. Le travail visant à conserver l’habitat de ces espèces et à atténuer les menaces profitera également à des dizaines d’espèces qui partagent les mêmes habitats.

Graphique montrant les voies de migration d'IOMA
Graphique montrant les voies de migration d'IOMA
Photo: © Environnement et Changement climatique Canada, 2015
Description longue pour la figure

Graphique représentation AMBI flyways de la Amériques, Region circumpolaire, Afrique-Eurasie et Asie de l'Est-Australasie.

« L’économie de ces nombreux pays situés sur les itinéraires aériens, la participation des bonnes personnes dans chacun d’entre eux et le besoin de financement et de lois forment un gros casse-tête compliqué qu’il faut résoudre pour obtenir des résultats en matière de conservation, dit M. Donaldson. Heureusement, il n’est pas impossible de venir à bout de cette complexité, et nous avons été témoins de nombreux succès au fil des ans. »

Le plan de travail a été approuvé par les ministres du Conseil de l’Arctique et sa mise en œuvre est en cours. Vous pouvez lire le plan de travail ici (en anglais seulement)

Apprenez-en plus sur les Surveillance des oiseaux de rivage au Canada.

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