Stratégie de conservation des oiseaux de la région 8 : forêt coniférienne boréale de l'Ontario

- Version abrégée -

Juin 2014

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Table des matières

La version abrégée de la stratégie disponible ici contient un résumé des résultats, mais ne comprend pas une analyse des besoins de conservation par habitat, une discussion sur les problèmes de conservation généralisés, ou l'identification des besoins en matière de recherche et de surveillance.

 

Pour obtenir la version complète de la présente stratégie, veuillez contacter migratorybirds_oiseauxmigrateurs@ec.gc.ca.

Préface

Environnement et Changement climatique Canada a dirigé l’élaboration de stratégies pour la conservation de tous les oiseaux dans chacune des régions de conservation des oiseaux (RCO) situées sur le territoire canadien, en ébauchant de nouvelles stratégies qui, avec les stratégies déjà existantes, ont été intégrées à un cadre global de conservation de toutes les espèces aviaires. Ces stratégies intégrées de conservation de tous les oiseaux serviront d’assise à la mise en œuvre des programmes de conservation de l’avifaune au Canada, en plus d’orienter le soutien apporté par le Canada aux mesures de conservation déployées dans les autres pays importants pour les oiseaux migrateurs du Canada. La contribution des partenaires de conservation d’Environnement et Changement climatique Canada aux stratégies est tout aussi essentielle que leur collaboration à la mise en œuvre des recommandations contenues dans les stratégies.

Pour assurer l’emploi d’une méthode uniforme dans toutes les régions de conservation des oiseaux, Environnement et Changement climatique Canada a établi des normes nationales pour la conception des stratégies. Les stratégies de conservation des oiseaux serviront de toile de fond à l’établissement, pour chaque région de conservation des oiseaux, de plans de mise en œuvre qui s’appuieront sur les programmes actuellement exécutés sous l’égide des plans conjoints ou d’autres mécanismes de partenariat. Les propriétaires fonciers, y compris les Autochtones, seront consultés avant la mise en œuvre des stratégies.

Les objectifs de conservation et les mesures recommandées dans les stratégies de conservation constitueront le fondement biologique qui soutiendra la formulation des lignes directrices et des pratiques de gestion bénéfiques favorisant l’observation des règlements d’application de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs.

Remerciements

Brigitte Collins et Paul Smith sont les principaux auteurs du présent document, qui s’appuie sur des modèles élaborés par Alaine Camfield, Judith Kennedy et Elsie Krebs, avec l’aide des planificateurs des régions de conservation des oiseaux dans chacune des régions du Service canadien de la faune au Canada. Un travail de cette envergure ne pourrait être accompli sans l’apport d’autres collègues qui ont fourni ou validé l’information technique, commenté les versions antérieures de la stratégie et soutenu le processus de planification. Nous tenons à remercier les personnes suivantes : Graham Bryan, Mike Cadman, Alaine Camfield, Lesley Carpenter, Britt Dupuis, Christian Friis, Jeanette Goulet, Krista Holmes, Jack Hughes, Judith Kennedy, Sarah Mainguy, Shawn Meyer, Jocelyn Neysmith, Marie-France Noel, Michele Rodrick, Daniel Rokitnicki-Wojcik, Richard Russell, Paul Watton, Chris Wedeles, Russ Weeber, et D.V. Weseloh.

Stratégie de conservation des oiseaux pour la région de conservation des oiseaux 8 de la région de l'Ontario : forêt coniférienne boréale
Carte
Description textuelle pour la carte

Carte des régions de conservation des oiseaux (RCO) du Canada, avec la RCO 8 de la région de l’Ontario : Forêt boréale coniférienne mise en évidence. L’étendue de la carte comprend le Canada et l’Alaska; le Groenland et la partie nord des États-Unis apparaissent également. La carte est divisée par RCO (12 RCO canadiennes au total), mais leurs emplacements et leurs tailles exactes sont indiscernables, à l’exception de celle de la RCO 8 ON.

La RCO 8 ON mise en évidence couvre la largeur du centre-nord de l’Ontario, depuis le centre du Manitoba, suivant la rive nord du lac Supérieur et s’étendant dans l’ouest du Québec, jusqu’au sud de la baie James.

Légende : Régions de conservation des oiseaux du Canada. 8 ON - Forêt boréale coniférienne; logo d’Environnement et Changement climatique Canada et logo du gouvernement du Canada.

Sommaire

La région de conservation des oiseaux de la Forêt coniférienne boréale (RCO 8) s'étend sur six provinces et couvre une superficie de plus de 1 470 000 km2. Cette stratégie vise la partie de cette région se trouvant en Ontario (RCO 8-ON), qui représente 30 % de la superficie totale de la région de conservation des oiseaux. La RCO 8-ON couvre une partie importante de la province (environ 48 %), et il s'agit de la plus grande région de conservation des oiseaux en Ontario. Ces stratégies de conservation utilisées dans les régions serviront de cadre pour mettre en œuvre la conservation des oiseaux à l'échelle nationale, ainsi que pour déterminer les problèmes de conservation à l’échelle internationale associés aux oiseaux prioritaires au Canada. Cette stratégie ne se veut pas très normative, mais vise plutôt à guider les efforts futurs de mise en œuvre par les divers partenaires et intervenants.

La Forêt coniférienne boréale est une région dominée par les forêts de conifères, qui se situe sur le bouclier précambrien et qui est parsemée de nombreux lacs, rivières et terres humides. Les perturbations provoquées par les incendies, la foresterie, les vents et les infestations d'insectes forment la composition et la structure des habitats forestiers à diverses échelles spatiales et temporelles. On y retrouve une faible diversité d'espèces d'arbres, ce qui est caractéristique des habitats boréaux. De même, la diversité des oiseaux est plus faible que celle des régions de conservation des oiseaux qui occupent la partie sud de l'Ontario. Toutefois, l'abondance des oiseaux que l'on y trouve est étonnante : plus de 10 % de la population mondiale d'au moins 20 espèces est présente dans la RCO 8-ON pendant la période de reproduction.

Deux cent vingt-neuf (229) espèces d'oiseaux se reproduisent, hivernent et séjournent durant toute l'année dans la RCO 8-ON, ou migrent en passant par la régionFootnote[1]. Parmi celles-ci, 71 espèces sont considérées comme prioritaires dans cette RCO. Tous les groupes d'oiseaux figurent sur la liste des espèces prioritaires, même si la liste comprend en majorité des oiseaux terrestres (65 % de la liste). La liste comprend aussi des sauvagines (17 %), des oiseaux aquatiques (12 %) et des oiseaux de rivage (6 %). Plus du tiers des espèces d’oiseaux aquatiques (43 %) et de sauvagine (39 %) présentes dans la RCO 8-ON ont été désignées comme des espèces prioritaires, comparativement à 31 % des oiseaux terrestres et à 14 % des oiseaux de rivage. Parmi les 71 espèces prioritaires, 12 sont désignées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) comme étant « en péril », 8 figurent sur la liste de la Loi sur les espèces en péril (LEP) et 14 figurent sur la liste de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario (liste des espèces en péril en Ontario [EEPEO]) au moment de la rédaction de cette stratégie.

La détermination des besoins généraux en matière d’habitat de chaque espèce prioritaire au sein de la RCO permet de regrouper les espèces qui, sur le plan de l’habitat, présentent les mêmes problèmes de conservation ou nécessitent les mêmes mesures. Les espèces prioritaires sont associées à 10 types d'habitat dans la RCO 8-ON. Des forêts denses, principalement des forêts de conifères et des forêts mixtes, composent 60 % de la zone terrestre de cette RCO et constituent un habitat important pour de nombreuses espèces prioritaires (31 % utilisent les habitats de forêts de conifères et 32 %, les habitats de forêts mixtes). Les terres humides sont également très importantes et sont utilisées par 31 % des espèces prioritaires (22 espèces). L'abondance des lacs, notamment le lac Supérieur et le lac Nipigon, est l'une des principales caractéristiques du paysage de la RCO 8-ON; 24 % des espèces prioritaires utilisent abondamment les plans d'eau se trouvant dans cette RCO. Les habitats d'arbustes et de régénération ainsi que les habitats riverains sont utilisés par 14 et 13 % des espèces prioritaires, respectivement.

Les objectifs de population pour cette stratégie reposent sur une évaluation quantitative ou qualitative des tendances associées aux différentes populations d’espèces. Même si la couverture du relevé est loin d'être complète, on dispose de données de surveillance sur bon nombre des espèces prioritaires de la RCO 8-ON. Les données de surveillance indiquent un déclin avec suffisamment de certitude pour soutenir un objectif visant l'augmentation de la taille de la population pour seulement 3 des 71 espèces qui ne sont pas des espèces en péril (4 %). Le maintien des populations à leur niveau actuel est l'objectif visé pour 45 % des espèces prioritaires dans la RCO 8-ON, et l'objectif visé pour 25 % des espèces prioritaires est « Évaluer/maintenir » les niveaux en raison du manque de données de surveillance permettant de proposer un objectif. Un objectif de rétablissement a été assigné à 21 % des espèces (15 espèces) qui sont considérées comme des espèces en péril selon les lois fédérales ou provinciales. Aucun objectif n'a été assigné à trois espèces prioritaires de sauvagine (4 %), car celles-ci sont considérées comme migratrices dans la RCO 8-ON, et, dans ce cas, les objectifs sont établis dans le cadre des stratégies d'autres régions de conservation des oiseaux qui couvrent l'aire de reproduction de ces espèces.

Une évaluation des menaces a permis de cerner un certain nombre de problèmes de conservation touchant les espèces prioritaires dans les divers habitats de la RCO 8-ON; toutefois, la diversité et l'ampleur des menaces auxquelles font face les espèces d'oiseaux prioritaires dans la région sont moins importantes que celles des régions de conservation des oiseaux plus au sud de l'Ontario. Actuellement, les principales menaces sont liées à la foresterie, à l'extinction des incendies et à la pollution. Bien que les activités forestières soient répandues dans la région, celles-ci ont lieu principalement sur les terres de la Couronne où des partenaires provinciaux travaillent à l'adoption de pratiques de gestion fondées sur la science qui reproduisent les régimes de perturbations naturelles. Cette gestion active, qui prend en compte les oiseaux et d'autres espèces sauvages, signifie que les menaces pour les oiseaux provenant de la foresterie sont moins graves qu'elles ne le seraient autrement. Il importe de souligner qu'il a été établi que l'exploitation minière, les projets de développement d'énergie renouvelable et les infrastructures connexes ont des effets de faible ampleur à l'heure actuelle, mais que les effets cumulatifs de ces menaces peuvent devenir plus importants dans l'avenir pour les oiseaux et leur habitat dans la RCO 8-ON (Conseil consultatif du Grand Nord, 2010). Le manque d'information sur l'état des populations et les facteurs limitatifs constitue une préoccupation importante pour la gestion et la conservation efficaces de 65 % des espèces prioritaires de la RCO 8-ON.

Des objectifs et des mesures de conservation ont été conçus pour combler les lacunes importantes en matière d'information et faire face aux principales menaces pesant sur les espèces prioritaires dans la région. Pour la RCO 8-ON, la plupart des objectifs et des mesures visent à accroître la compréhension de l'état des populations et des facteurs limitatifs pour les espèces prioritaires par la recherche et la surveillance. Le sud de la région est couvert en partie par les relevés à grande échelle, mais presque toute la partie nord (et la forêt boréale du Canada en général) ne fait pas l'objet de relevés. Par conséquent, même les données de base concernant de nombreuses espèces, telles que la taille de la population et la répartition, sont fondées en grande partie sur une extrapolation et l'opinion des experts. Une meilleure compréhension de l'état des populations d'espèces d'oiseaux prioritaires et des activités anthropiques qui ont une incidence sur cet état est une condition préalable pour une conservation efficace dans la RCO 8-ON. Les objectifs et les mesures définis pour la conservation de l'habitat de nombreuses espèces prioritaires sont compatibles avec les objectifs actuels en matière de gestion forestière. Ces objectifs visent à assurer la disponibilité des types d'habitats et des attributs forestiers dans chaque unité de gestion forestière et écorégion selon l'aire de distribution de variabilité naturelle estimée. Environnement et Changement climatique Canada reconnaît cette approche scientifique rigoureuse pour la gestion des forêts dans la RCO 8-ON comme le principal moyen de conservation des oiseaux dans les zones où ces activités ont lieu.

Les espèces prioritaires fréquentant la RCO 8-ON font également face à des menaces dont l'analyse se prête moins bien à la méthodologie standardisée utilisée dans la présente stratégie. Ces menaces comprennent des problématiques généralisées qui ne s'appliquent parfois pas à un habitat particulier (p. ex., changements climatiques), des besoins en recherche et en surveillance des populations, de même que des menaces touchant les oiseaux migrateurs lorsque ceux-ci sont à l'extérieur du Canada. Un aperçu de ces problèmes, des espèces touchées et des mesures de conservation recommandées est également présenté.

Une grande partie du nord de la RCO 8-ON présente un système écologique qui est demeuré relativement intact et qui n'a pas subi de perturbations anthropiques à grande échelle, ce qui constitue une occasion unique de poursuivre le développement dans le contexte de la conservation, plutôt que le contraire. L'approche de « matrice de conservation » préconisée par le Comité consultatif scientifique du Grand Nord est très prometteuse pour atteindre cet objectif. Cependant, la réussite des mesures de conservation dans cette région par la mise en œuvre des recommandations contenues dans différentes stratégies, dont celle-ci, nécessitera une vaste collaboration entre les Premières nations, les organismes provinciaux et fédéraux ainsi que plusieurs autres intervenants.

Introduction : Stratégies de conservation des oiseaux

Contexte

Le présent document fait partie d’une série de stratégies régionales de conservation des oiseaux qu’Environnement et Changement climatique Canada a préparées pour toutes les régions du pays. Ces stratégies répondent au besoin qu’a Environnement et Changement climatique Canada d’établir des priorités de conservation des oiseaux qui soient intégrées et clairement formulées, afin de soutenir la mise en œuvre du programme canadien sur les oiseaux migrateurs, tant au pays qu’à l’échelle internationale. Cette série de stratégies prend appui sur les plans de conservation déjà établis pour les quatre groupes d’oiseaux (sauvagineFootnote[2], oiseaux aquatiquesFootnote[3], oiseaux de rivageFootnote[4] et oiseaux terrestresFootnote[5]) dans la plupart des régions du Canada, et sur des plans nationaux et continentaux, et inclut les oiseaux qui relèvent des mandats provinciaux et territoriaux. De plus, ces nouvelles stratégies uniformisent les méthodes employées partout au Canada, en plus de combler des lacunes, puisque les plans régionaux précédents ne couvrent pas toutes les régions du Canada ni tous les groupes d’oiseaux.

Ces stratégies présentent un recueil des interventions requises selon le principe général préconisant l’atteinte des niveaux de population établis à partir de données scientifiques, principe promu par les quatre principales initiatives de conservation des oiseaux. Ces niveaux de population ne correspondent pas nécessairement aux populations minimales viables ou durables, mais sont représentatifs de l’état de l’habitat ou du paysage à une époque antérieure aux chutes démographiques importantes qu’ont connues récemment de nombreuses espèces, de sources connues ou inconnues. Les menaces dégagées dans ces stratégies ont été établies à partir de l’information scientifique actuellement disponible et d’avis d’experts. Les objectifs et les mesures de conservation correspondants vont contribuer à stabiliser les populations aux niveaux souhaités.

Les stratégies s’appliquant aux régions de conservation des oiseaux ne sont pas des documents hautement directifs. En général, les praticiens devront consulter des sources d’information complémentaires à l’échelle locale afin d’obtenir suffisamment de détails pour pouvoir appliquer les recommandations des stratégies. Des outils comme des pratiques de gestion bénéfiques permettront aussi d’orienter la mise en œuvre des stratégies. Les partenaires qui souhaitent contribuer à mettre en œuvre ces stratégies, comme les participants aux plans conjoints pour l’habitat établis dans le cadre du Plan nord­américain de gestion de la sauvagine (PNAGS), connaissent bien le type de planification détaillée de la mise en œuvre nécessaire pour coordonner et accomplir le travail de terrain.

Structure de la stratégie

La Section 1 de la présente stratégie, ci-dessous, contient de l’information générale sur la région de conservation des oiseaux et la sous-région, avec un survol des six élémentsFootnote[6] qui résument l’état de la conservation des oiseaux à l’échelle de la sous-région. La Section 2 de la version complète fournit des renseignements plus détaillés sur les menaces, les objectifs et les mesures à prendre pour des regroupements d’espèces prioritaires, constitués selon chacun des grands types d’habitats de la sous-région. La Section 3, aussi dans la version complète de la stratégie, présente d’autres problématiques généralisées liées à la conservation qui ne s’appliquent pas à un habitat en particulier ou qui n’ont pas été prises en compte lors de l’évaluation des menaces pour une espèce donnée, et traite des besoins en matière de recherche et de surveillance, de même que des menaces affectant les oiseaux migrateurs lorsqu’ils sont à l’extérieur du Canada. L’approche et la méthodologie sont résumées dans les annexes de la version complète, mais sont exposées plus en détail dans un document distinct (Kennedy et coll., 2012). Une base de données nationale contient toute l’information sous-jacente résumée dans la présente stratégie (migratorybirds_oiseauxmigrateurs@ec.gc.ca).

Caractéristiques de la région de conservation des oiseaux 8 : Forêt coniférienne boréale

La région de conservation des oiseaux 8 (Forêt coniférienne boréale) couvre une superficie de 1 470 000 km2 et s'étend sur six provinces, de l’Alberta à Terre-Neuve-et-Labrador. La portion ontarienne de la RCO 8 (RCO 8-ON) est vaste, représentant environ 30 % de la superficie totale de la région de conservation des oiseaux (489 816 km2). La RCO 8-ON couvre une partie importante de la province (environ 48 %) et est la plus grande région de conservation des oiseaux en Ontario (figure 1). Cette région est caractérisée par une vaste couverture composée principalement de forêts de conifères. Elle comprend également des forêts mixtes et de feuillus, que l'on trouve davantage dans la RCO 12-ON au sud, ainsi que des taïgas faiblement arborées et des zones de toundra dépourvue d'arbres, que l'on trouve davantage dans la RCO 7-ON au nord.

Figure 1. Carte des modifications apportées aux limites de la RCO 8 de l'Ontario : Forêt coniférienne boréale
Nota : Aux fins de planification de la conservation, les limites des régions de conservation des oiseaux de l'Ontario, définies à l'origine par l'Initiative de conservation des oiseaux de l’Amérique du Nord, ont été légèrement modifiées afin de correspondre aux limites des écodistricts du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario Footnote[7].
Carte
Description textuelle de la Figure 1

Carte de l’Ontario avec les régions de conservation des oiseaux et la délimitation mise à jour de leurs limites. La RCO 8 ON (forêt boréale coniférienne) couvre la largeur du centre-nord de l’Ontario, depuis le centre du Manitoba, suivant la rive nord du lac Supérieur et s’étendant dans l’ouest du Québec, jusqu’au sud de la baie James. Les limites des RCO 7 ON, RCO 12 ON, RCO 13 ON et toutes les autres RCO adjacentes au Québec et au Manitoba sont montrées à titre de contexte.

Il y a une légende bilingue à droite qui indique les RCO ON (Taiga Shield and Hudson Plains/ Taïga du Bouclier et plaines hudsoniennes, Boreal Softwood Shield / Forêt boréale coniférienne, Boreal Hardwood Transition / Forêt boréale mixte, Lower Great Lakes and St. Lawrence Plain/Plaine du Saint-Laurent et des lacs Ontario et Érié) and the original boundaries (Original BCR Boundaries/Limites d’origines de la RCO, OMNR Ecodistricts / Limites des écodistrictes du MNRO). La légende comporte aussi une représentation visuelle de l’échelle de la carte, elle indique la projection utilisée (UTM 16 NAD 1983) et indique que la source des données est le Ontario Ministry of Natural Resources, Queen’s Printer for Ontario 2013 / ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, l’Imprimeur de la Reine pour l’Ontario 2013.

La région de la Forêt coniférienne boréale repose sur le substrat rocheux précambrien du Bouclier canadien. La topographie varie dans l'ensemble de la région, présentant notamment des étendues accidentées de roc à nu dans la partie nord-ouest de la région, des crêtes de haute altitude à l'intérieur des terres du lac Supérieur, de même que de vastes basses terres mal drainées dans la partie nord-est. La région a été façonnée par l'activité glaciaire (recul des glaciers il y a environ 10 000 ans; Baldwin et coll., 2000), et les matériaux de surface sont principalement un till mince. Des perturbations du réseau hydrographique témoignant de l'affouillement glaciaire sont également visibles dans toute la région. En raison du mauvais drainage et des perturbations du réseau hydrographique, on observe de nombreux habitats aquatiques dans l'ensemble de la RCO 8-ON; les terres humides, les lacs et les étangs représentent 25 % de la couverture terrestre de la région (figure 2, tableau 1).

La RCO 8-ON est dominée par une forêt boréale dense, qui présente une faible diversité d'espèces d'arbres par rapport aux forêts du sud de l'Ontario. L'épinette noire (Picea mariana), le pin gris (Pinus sylvestris), le mélèze laricin (Larix laricina), le sapin baumier (Abies balsamea), le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides), le peuplier baumier (Populus balsamifera) et le bouleau à papier (Betula papyrifera) y sont les espèces dominantes (Thompson, 2000) et couvrent plus de 60 % du paysage en diverses associations. L'épinette noire représente à elle seule 60 % du peuplement forestier par volume (ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, 2006). La forêt boréale présente une faible diversité d'espèces d'arbres, mais il s'agit d'un habitat dynamique où les perturbations naturelles telles que les incendies, les infestations d'insectes et les vents se produisent à plusieurs échelles spatiales et sur de longues périodes, ce qui crée une mosaïque de peuplements d'âges différents et différents assemblages d'espèces. L'intervalle entre les incendies (sans suppression) varie d'une moyenne d'environ 50 ans dans la partie nord-ouest de la RCO 8-ON à 100 ans dans la partie nord-est (Thompson, 2000). Seulement de 5 à 10 % du paysage est composé de parcelles de forêt ancienne qui ont échappé aux incendies (Voigt et coll., 2000; Partenaires d'envol - Ontario, 2008).

Figure 2. Couverture terrestre de la RCO 8 ON
Nota : Les zones d'habitat riverain ne figurent pas sur cette carte, car elles représentent une « zone » et non une véritable catégorie de couverture terrestre. Une carte illustrant l'étendue des zones riveraines aux fins d'illustration se trouve dans la section sur les zones riveraines de la version complète de la stratégie.
Carte
Description textuelle de la Figure 2

Carte de la couverture terrestre dans la RCO 8 ON : Forêt boréale coniférienne. L’étendue de la carte comprend le nord de l’Ontario, l’est du Manitoba et l’ouest du Québec; les limites des RCO adjacentes sont délimitées.

La RCO 8 ON couvre la largeur du centre-nord de l’Ontario, depuis le centre du Manitoba, suivant la rive nord du lac Supérieur et s’étendant dans l’ouest du Québec, jusqu’au sud de la baie James.

Les différents types d’habitat qui existent dans la RCO sont montrés sur la carte et sont expliqués dans la légende bilingue suivante (apparaissant à la droite de la carte) :

  • Coniferous / conifères
  • Deciduous / feuillus
  • Mixedwood / forêt mixte
  • Shrubs and early successional / arbustes et régénération
  • lichens and mosses / lichens et mousses
  • Cultivated and managed areas / zone cultivées et aménagées
  • Wetlands / terres humides
  • Bare areas / zones dénudées
  • Urban / urbain
  • Water bodies / plans d’eau

Le texte restant dans la légende fournit les sources des données pour la carte (c.-à-d. la carte de la couverture terrestre du Canada en 2005 (TRTS, 2008) et la projection de la carte (c.-à-d. UTM 9 (NAD 1983)), et il y a une représentation visuelle de l’échelle de la carte.

Pour la RCO 8 ON, les types d’habitat les plus courants sont des forêts (principalement mixtes et conifériennes), des milieux humides et dans le nord-ouest, des arbustes.

Tableau 1. Principales catégories de couverture terrestre dans la RCO 8-ON et leur proportion à l'échelle du paysage
Catégorie d'habitat de la RCOFootnote[1] Catégories de couverture terrestre dans la province Aire (ha) % de la superficie totale
Forêt de conifères Forêt de conifères dense
Forêt clairsemée
20 365 722 41,58 %
Forêt de feuillus Forêt de feuillus dense 2 168 048 4,43 %
Forêt mixte Forêt mixte dense 8 873 099 18,12 %
Arbustes et régénération Épuisement des forêts - coupes
Épuisement des forêts - brûlis
Forêts épuisées - en régénération
4 722 747 9,64 %
Zones cultivées/aménagées Agriculture - pâturage/champs abandonnés
Agriculture - terre cultivée
48 706 0,10 %
Zones dénudées Sable/gravier/résidus miniers
Substrat rocheux
Littoral côtierFootnote[2]

189 326
16 261

0,39 %
s.o.
Zone urbaine Établissement/infrastructure 76 557 0,16 %
Terres humidesFootnote[3] Marais - à l'intérieur des terres
Marécage - feuillus
Marécage - conifères
Fen - ouvert
Fen - boisé
Bog - ouvert
Bog - boisé
5 911 441 12,07 %
Plans d'eau Eau - claire et profonde
Eau - peu profonde et sédimentée
6 235 581 12,73 %
Zones riverainesFootnote[4] 30 m de la rive à l'intérieur des terres 1 601 514 s.o.
Catégorie inconnue Catégorie inconnue, zone nuageuse/ombrageuse 390 345 0,80 %
- Superficie totale 48 981 572 100 %

Dans cette région, l'avifaune est moins riche en espèces que celle des parties plus au sud de la province; quelques espèces seulement y résident. Cependant, le manque de diversité de la forêt boréale est compensé par son abondance. La RCO 8-ON compte plus de 10 % de la population mondiale de 20 espèces d'oiseaux terrestres, de même qu'une grande partie de la population de différentes espèces d'oiseaux de rivage, d'oiseaux aquatiques et de sauvagine, comme le Canard noir, la Mouette de Bonaparte et le Chevalier solitaire. L'abondance et la répartition des populations fluctuent d'une année à l'autre, en particulier chez les oiseaux terrestres, en fonction des perturbations naturelles découlant des incendies et de la quantité variable de nourriture (l'abondance des insectes et des graines varie considérablement d'une année à l'autre). Dans certains cas, on en sait très peu sur l'état des populations d'oiseaux dans la RCO 8-ON en raison de cette fluctuation naturelle ainsi que de la couverture incomplète des relevés à grande échelle.

Les établissements humains et les terres agricoles ont une faible superficie dans la région (environ un quart de pour cent; tableau 1). Malgré le peu d'établissements, l'activité humaine, telle que la foresterie et l'extinction des incendies, a tout de même d'importants effets sur les habitats de la région. Dans la région, l'exploitation forestière commerciale a commencé il y a plus de 150 ans, mais s'est intensifiée de manière spectaculaire au cours des dernières décennies, la superficie totale récoltée ayant doublé toutes les décennies depuis 1950 (Perera et Baldwin, 2000; Partenaires d'envol - Ontario, 2008). Comme les opérations forestières se sont étendues et intensifiées, la suppression active des incendies de forêt s'est également répandue. Aujourd'hui, on combat des incendies de forêt presque partout dans la RCO 8-ON, et les grands incendies se propagent naturellement seulement dans la partie nord-ouest de la région, au-delà de la limite des opérations forestières intensives. Ailleurs dans la région, les incendies ont été remplacés par la récolte du bois comme principal agent de perturbation (Perera et Baldwin, 2000; Partenaires d'envol - Ontario, 2008). Néanmoins, lorsqu'on compare la RCO 8-ON à la RCO 13-ON, dont les paysages ont été grandement modifiés par l'homme, celle-ci demeure relativement intacte.

La Loi de 1994 sur la durabilité des forêts de la Couronne (Lois de l'Ontario de 1994) exige que la gestion des forêts de la Couronne en Ontario respecte le principe selon lequel des forêts saines, diverses et productives devraient être préservées, tout comme les processus écologiques et la diversité biologique associés à celles-ci (Pearce, 2011). Les lignes directrices en matière de gestion préconisent des pratiques de récolte aussi bien à l'échelle locale qu'à l'échelle du paysage et tiennent compte de tous les éléments, allant de la rétention des arbres fauniques individuels à la répartition des classes d'âge à l'échelle du paysage. Au cours des dernières années, des lignes directrices en matière de gestion ont été élaborées afin de reproduire les régimes de perturbations naturelles et de maintenir les attributs de la forêt selon l'aire de distribution de variabilité naturelle estimée ou simulée. Des guides sur la foresterie durable à l'échelle du paysage ont été préparés pour les paysages des Grands Lacs et du Saint-Laurent au sud ainsi que pour les paysages de la forêt boréale au nord et s'appliquent tous deux à la RCO 8-ON (voir le Forest Management Guide for Boreal Landscapes, ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, 2014c). En Ontario, l'approche scientifique rigoureuse pour la gestion forestière est très favorable à la conservation des oiseaux dans la région.

Les entreprises d'exploitation forestière qui exercent leurs activités dans la forêt boréale ont montré leur volonté de travailler en collaboration et de manière proactive afin de réduire au minimum les répercussions environnementales de leurs activités, notamment en signant l'Entente sur la forêt boréale canadienne (Entente sur la forêt boréale canadienne, 2010). Cette entente, conclue entre 21 grandes entreprises de produits forestiers du Canada et d'importantes organisations non gouvernementales de l'environnement, s'applique à plus de 70 millions d'hectares de forêt boréale dans l’ensemble du pays. Elle vise à établir un équilibre entre la protection de l'environnement et la compétitivité du secteur forestier au Canada, notamment par la suspension de l'exploitation forestière dans les habitats importants du caribou des bois (espèce en péril) et la reconnaissance sur le marché des progrès réalisés à l'égard de l'adoption des pratiques forestières durables (Entente sur la forêt boréale canadienne, 2010). Bien que le pouvoir de réglementation appartienne toujours aux gouvernements fédéral et provinciaux, cette entente historique démontre un engagement sans précédent pour la protection des habitats de la forêt boréale de la part du secteur forestier.

Un autre aspect important de la législation en matière de conservation de la faune et des habitats de la région est la Loi de 2010 sur le Grand Nord (Lois de l'Ontario de 2010). Cette loi, qui a reçu la sanction royale en octobre 2010, fournit un cadre pour l’aménagement communautaire du Grand Nord de l'Ontario, y compris la partie nord de la RCO 8-ON. La Loi vise à garantir que les Premières nations jouent un rôle important dans la planification de l'aménagement du territoire dans la région, à préserver le patrimoine naturel et culturel de la région au sein d'un vaste réseau d'aires protégées (plus de 50 % de la région au total), à protéger la biodiversité et les services écosystémiques dans l'ensemble de la région, et à favoriser une croissance économique durable qui est bénéfique pour les Premières nations. Ces objectifs doivent être atteints grâce à l'élaboration et à la mise en œuvre de plans communautaires d’aménagement du territoire qui sont guidés par une stratégie d'aménagement du Grand Nord à plus grande échelle. La meilleure façon d'assurer la conservation des oiseaux et de leurs habitats dans la partie nord de la RCO 8-ON est probablement de reconnaître le rôle important que joueront ces plans d'aménagement du territoire dans l'orientation de l'avenir de la région.

À l'heure actuelle, environ 14 % de la RCO 8-ON est protégée dans les parcs nationaux, les parcs provinciaux et les réserves de conservation (figure 3). Les plus grandes aires protégées se trouvent dans trois parcs provinciaux, à savoir Wabakimi (892 061 ha), Opasquia (473 000 ha) et le parc provincial Woodland Caribou (450 000 ha), qui se trouvent dans les régions du centre et du nord-ouest de la RCO 8-ON (ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, 2014b). Le plus grand parc national de l'Ontario, Pukaskwa, protège 187 800 hectares de forêt boréale et le littoral du lac Supérieur (Parcs Canada, 2014). De récentes découvertes importantes de minéraux dans les gisements du Cercle de feu situé à la limite de la RCO 8-ON et de la RCO 7-ON pourraient entraîner des pressions accrues liées à l'extraction. La Loi de 2010 sur le Grand Nord établit un objectif pour le développement d'un réseau important de nouvelles aires protégées. Comme l'écosystème de la majeure partie de la RCO 8-ON demeure relativement intact, il existe une occasion unique de définir d'abord la matrice de terres protégées nécessaires pour maintenir la biodiversité, les services écosystémiques ainsi que le patrimoine naturel et culturel, et ensuite les régions où le développement peut être mené de façon durable. Cette approche de « matrice de conservation », préconisée par le Comité consultatif scientifique du Grand Nord (Comité consultatif scientifique du Grand Nord, 2010), est très prometteuse pour la conservation des oiseaux migrateurs et de leurs habitats au sein de la RCO 8-ON. De plus, cette occasion souligne la nécessité d'une collaboration entre les Premières nations, les organismes provinciaux et fédéraux et d'autres intervenants pour atteindre les objectifs de conservation définis dans la présente stratégie.

Figure 3. Carte des aires protégées dans la RCO 8 ON
Carte
Description textuelle de la Figure 3

Carte des aires protégées et des autres aires désignées dans la RCO 8 ON : Forêt boréale coniférienne. L’étendue de la carte comprend le nord de l’Ontario, l’est du Manitoba et l’ouest du Québec; les limites des RCO adjacentes sont délimitées. La RCO 8 ON couvre la largeur du centre-nord de l’Ontario, depuis le centre du Manitoba, suivant la rive nord du lac Supérieur et s’étendant dans l’ouest du Québec, jusqu’au sud de la baie James.

Les différents types d’aires protégées qui existent dans la RCO sont montrés sur la carte et sont expliqués dans la légende bilingue suivante (apparaissant à la droite de la carte) :

  • Protected areas/Aires protégées,
  • Agriculture and Agri-Food Canada/Agriculture et Agroalimentaire Canada
  • Fisheries and Oceans Canada/Pêches et Océans Canada
  • Environment and Climate Change Canada/Environnement et Changement climatique Canada
  • Parks Canada/Parcs Canada
  • Aboriginal Affairs and Northern Development Canada/Affaires autochtones et Développement du Nord Canada
  • Provincial/Provincial
  • Other designated areas/autres aires désignées
  • Ramsar/Ramsar
  • Important Bird Areas/Aires d’abondance d’oiseaux importants

Il y a également une représentation visuelle de l’échelle de la carte dans la légende et la projection de la carte (c.-à-d. UTM 9 (NAD 1983)).

Le type d’aires protégées le plus courant est le type provincial, dont de nombreuses aires ont une importante superficie, sur tout le territoire. Il y a aussi un parc national particulièrement grand le long de la rive nord du lac Supérieur.

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