Loutre de rivière : avis de commerce non préjudiciable

Publié 2011-07-22 - Révisé 2014-02-17

Objet: Avis de commerce non préjudiciable de la ( Lontra canadensis (loutre de rivière) pour le Canada

Résumé de l'avis :

L'exportation de la loutre de rivière obtenue légalement et prélevée dans la nature est considérée comme non préjudiciable.

  • La loutre de rivière est prélevée comme animal à fourrure en vertu d'un permis ou d'une licence autorisant le piégeage. Au Canada, l'exportation provient principalement des peaux vendues dans des maisons de vente aux enchères de fourrures canadiennes. La loutre de rivière fait l'objet de prises dans toutes les provinces et les territoires, sauf à l'Île-du-Prince-Édouard. La loutre de rivière est une espèce répandue et occupe, au Canada, presque en totalité son aire de répartition initiale, même si dans certaines régions sa distribution est fragmentée.

  • Selon Les espèces sauvages 2010 : Situation générale des espèces au Canada, la loutre de rivière est considérée comme étant « en sécurité » au Canada. Selon les statistiques de prises, les populations sont stables ou en croissance et ne signalent aucune menace aiguë généralisée. La loutre de rivière n'a pas été désignée comme une espèce candidate pour une évaluation de sa situation par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), puisque sa situation est considérée peu préoccupante du point de vue de la conservation.

  • Comme tous les vertébrés du Canada, la loutre de rivière est protégée par diverses lois provinciales et territoriales. Des règlements précis, adoptés en vertu de ces lois, permettent certaines utilisations des espèces sauvages du Canada sous réserve de l'obtention de licences ou de permis. En général, la prise, la possession, le commerce, la vente, la perturbation ou la destruction des espèces sauvages sont interdits sans ces permis ou ces licences.

  • Les gouvernements provinciaux et territoriaux sont responsables de la gestion de la faune terrestre. Au Canada, les prises des loutres de rivière sont réglementées par des programmes visant les animaux à fourrure. Les décisions relatives à la gestion de cette espèce se fondent sur des processus de planification, des politiques, des lois, des tendances historiques et récentes en matière d'utilisation, ainsi que sur des données scientifiques. On peut ajuster la quantité de prises pour assurer la gestion durable de la loutre de rivière selon la saison, l'unité géographique ou la limite des prises.  

Information à l'appui :

Caractéristiques biologiques

La durée de vie de la loutre de rivière  est longue, et son taux de reproduction est faible. On estime que les loutres vivent de 10 à 15 ans dans la nature. Même s'il a été observé que les mâles en captivité ne s'accouplent pas avant l'âge de 5 à 7 ans, les deux sexes atteignent leur pleine maturité sexuelle entre 2 et 3 ans. Une portée compte en moyenne 2 ou 3 petits, mais elles peuvent varier entre 1 et 5 petits. Les taux de grossesses des loutres de rivière en milieu naturel indiquent qu'elles peuvent se reproduire annuellement mais de façon plus probable à tous les deux ans. L'accouplement a lieu au printemps peu après la mise bas des femelles et la gestation dure environ deux mois. On observe chez les loutres femelles un processus nommé implantation retardée. Dans cette stratégie de reproduction, les embryons demeurent dormants dans l'utérus et ne commencent pas à se développer avant l'hiver suivant. Ce qui permet aux petits de naître au printemps et ainsi de terminer leur croissance avant l'arrivée de l'hiver. La loutre de rivière tolère modérément l'activité humaine et vit souvent près des zones perturbées par l'exploitation des ressources et l'activité humaine.

La loutre de rivière utilise différents types d'habitats aquatiques et elle se retrouve dans la majorité des régions du Canada. Son abondance est directement liée à la disponibilité des proies et des aires de repos hivernales convenables. Dans la chaîne alimentaire aquatique, les loutres de rivière sont des omnivores opportunistes, mais elles préfèrent le poisson lorsqu'elles en ont l'occasion. Les loutres peuvent parcourir des distances considérables sur terre. Dans la majeure partie du Canada, il est probable que ce soit la disponibilité d'un habitat d'hivernage convenable qui détermine la capacité limite de l'habitat de la loutre. La loutre de rivière est une espèce difficile à cibler pour les trappeurs, car elle passe une bonne partie de son temps sous la glace durant la saison hivernale, au moment où sa peau est de meilleure qualité. Dans certaines régions, la loutre de rivière utilise l'habitat modifié par le castor, et elle peut être piégée par les trappeurs de castor.

Situation

À la fin des années 1800, les populations de la loutre de rivière ont diminué en raison des prises excessives. Toutefois, grâce à des mesures de gestion de conservation durant la première moitié du XXe siècle, la loutre de rivière au Canada à de nouveaux des populations en santé. Actuellement, l'aire de répartition de la loutre de rivière couvre la majorité de son aire de répartition initiale au Canada, même si elle est fragmentée dans certaines régions. La loutre de rivière a disparu de l'Île-du-Prince-Édouard, ce qui représente moins de 0,1 % de son aire de répartition initiale.

Les compétences canadiennes et les gestionnaires des animaux à fourrure basent les tendances démographiques sur les données relatives aux prises des loutres de rivière. Selon certains renseignements, comme les rapports des trappeurs et le taux de prises, les compétences de l'aire de répartition considèrent que la population des loutres de rivière est stable ou en croissance à l'échelle du Canada. Bien qu'elles ne constituent pas une mesure directe de la taille des populations, les statistiques sur les prises, recueillies annuellement depuis 1919, proposent des données quantitatives fiables sur les prises de la loutre de rivière. Ces statistiques sur les prises, de pair avec les renseignements sur l'effort investit lors de la trappe, permettent de déceler des changements dans les tendances démographiques de la loutre de rivière. Aucune menace aiguë généralisée ne pèse actuellement sur la population des loutres de rivière du Canada. Par ailleurs, la détérioration ou la perte de l'habitat, ainsi que la présence de toxines bioaccumulatives dans la chaîne alimentaire aquatique pourraient éventuellement être des menaces locales.

Dans l'ensemble, Les espèces sauvages 2010 : Situation générale des espèces sauvages au Canada désigne la loutre de rivière comme « en sécurité » au Canada ainsi que dans toutes les compétences responsables de l'aire de répartition de l'espèce, sauf au Nunavut, où la loutre de rivière est considérée comme « vulnérable » en raison non pas d'inquiétudes concernant la conservation de la population au Nunavut mais de la petite portion de l'aire de répartition de l'espèce dans cette juridiction. La loutre de rivière n'a pas été désignée comme une espèce candidate pour une évaluation de sa situation par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), puisque sa situation est considérée peu préoccupante du point de vue de la conservation.

Gestion des prises

La gestion canadienne des prises des loutres de rivière vise à assurer la viabilité des populations à long terme. La prise des loutres de rivière se fait dans toutes les aires de répartition actuelles. Elle est gérée en vertu de diverses lois provinciales et territoriales sur les espèces sauvages qui fournissent un cadre réglementaire permettant d'assurer une gestion et un contrôle durables des prises. Dans la plupart de ces compétences, la loutre de rivière est considérée comme un animal à fourrure. Les peuples autochtones peuvent, en vertu de la constitution canadienne, capturer des espèces sauvages pour leurs utilisations traditionnelles. Les programmes de gestion de la loutre de rivière des compétences sont examinés annuellement et, dans la plupart des compétences, la gestion est basée sur les saisons désignées selon les régions géographiques. Certaines compétences fixent aussi un maximum de prises par parcours de piégeage et/ou exigent le signalement et la présentation des carcasses à des fins de collecte de données biologiques. Ces carcasses servent à recueillir des données démographiques et des indicateurs biologiques concernant la qualité de l'eau et le contrôle de la pollution.

Les programmes de gestion des prises d'animaux à fourrure au Canada visent à maintenir des populations viables tout en permettant la prise. Les tendances sur le plan des prises des loutres de rivière ont été plutôt stables durant plusieurs décennies et le taux de prise actuel est considéré inférieur à la limite maximale viable. Les gestionnaires responsables de la faune vérifient les statistiques de prise annuelles de la loutre de rivière pour s'assurer que le taux de prise respecte les limites fixées.

Réglementation de la prise

Au Canada, les prises des loutres de rivière sont gérées selon un ensemble de contrôles réglementaires, comme des licences de piégeage, des aires de piégeage attribuées et des unités de gestion géographiques. L'application de ces outils de gestion varie selon la compétence. Les agents responsables de la conservation et de la faune effectuent les contrôles nécessaires pour assurer la conformité avec la réglementation de la compétence.

Comme pour la plupart des espèces à fourrure, les saisons de prise de la loutre de rivière sont fixées de manière à correspondre à la période de l'année où la peau est à de la valeur sur le marché. La plupart des prises illégales connues de la loutre de rivière sont attribuables à des prises accessoires, c'est-à-dire lorsque les trappeurs visent le castor en dehors des saisons de piégeage de la loutre de rivière. Les trappeurs n'ont pas le droit de conserver les prises accessoires. Ils doivent les signaler au bureau des ressources naturelles approprié le plus près dans leur compétence.

Au Canada, la loutre de rivière est essentiellement commercialisée pour sa peau et à l'occasion pour l'export de vêtements de fourrure et de spécimens naturalisés. La plupart des peaux de la loutre de rivière du Canada sont vendues et exportées par l'intermédiaire maisons de vente aux enchères en Ontario. Le personnel responsable de l'application de la loi à l'échelle provinciale travaille très étroitement avec ces maisons pour s'assurer que toutes les pelleteries ont été obtenues légalement, qu'elles ont été déclarées avec exactitude et qu'elles ont des permis d'exportation d'une province ou d'un territoire et de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). Ces systèmes s'ajoutent à la gestion des prises et contribuent à avoir confiance  que les parties concernées respectent les exigences canadiennes en matière de prise et de permis. L'industrie de la taxidermie doit également se soumettre à un signalement obligatoire de ses activités annuelles.

Dans l'ensemble, il y a une confiance élevée dans le système canadien de gestion des prises des loutres de rivière, car ces systèmes de gestion adaptative permettent un contrôle rigoureux des prises et s'adaptent à l'évolution de la situation; leur but est d'assurer un taux de prises durable tout en maintenant la biodiversité.

Tendances concernant les prises

Les données sur les prises commerciales concernant la loutre de rivière sont disponibles depuis 1919 pour la plupart des compétences. Depuis les années 1960, les prises des loutres de rivière au Canada ont été stables.

Suivi des prises

Les provinces et les territoires exigent une licence ou un permis pour capturer, posséder, vendre et exporter des loutres de rivières. Dans certaines provinces ou certains territoires, il faut également soumettre les carcasses afin de les marquer ou de les inspecter. Toutes les compétences effectuent un suivi annuel des prises, surtout grâce aux permis des compétences et au signalement obligatoire des trappeurs, des négociants en fourrure et des taxidermistes.

Mesures incitatives et avantages des prises

Au Canada, la gestion des animaux à fourrure constitue un partenariat entre les gouvernements et les trappeurs. Un prélèvement viable à long terme dépend de populations sauvages stables. Il faut donc favoriser l'intendance à la fois de la loutre de rivière et de ses habitats.

Protection contre les prises

En général, le cadre de gestion adaptative appliqué aux programmes de gestion des prises au Canada est très efficace pour empêcher les prises excessives d'espèces sauvages, car il permet l'exécution de mesures restrictives, le cas échéant. Les compétences ont la possibilité d'interdire la prise de la loutre de rivière dans certaines régions, si cela est nécessaire, afin de respecter leurs objectifs de conservation de l'espèce.

  Espèce présente Prises Situation générale
2010
Réglementation relative
aux prises
Colombie-Britannique O O 4 - En sécurité Fish, Wildlife and Habitat Management Branch
(en anglais seulement)
Alberta O O 4 - En sécurité Environment and Sustainable Resource Development
(en anglais seulement)
Saskatchewan O O 4 - En sécurité Ministry of the Environment
(en anglais seulement)
Manitoba O O 4 - En sécurité Conservation and Water Stewardship
(en anglais seulement)
Ontario O O 4 - En sécurité Ministère des Richesses naturelles
Québec O O 4 - En sécurité Les ressources naturelles
Nouveau-Brunswick O O 4 - En sécurité Les ressources naturelles
Nouvelle-Écosse O O 4 - En sécurité Wildlife and Biodiversity
(en anglais seulement)
Île du-Prince-Édouard N N 0.1 - Disparue de la région Island Information
(en anglais seulement)
Terre-Neuve-et-Labrador O O 4 - En sécurité Newfoundland and Labrador
(en anglais seulement)
Nunavut O O 3 - Sensible Nunavut
Territoires du Nord-Ouest O O 4 - En sécurité Department of Environment and Natural Resources
(en anglais seulement)
Yukon O O 4 - En sécurité Environnement Yukon
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