Annexes de l'ébauche d'évaluation préalable Approche pour le secteur pétrolier Carburants aviation [Carburants] Numéros de registre du Chemical Abstracts Service 64741-87-3 64741-86-2 68527-27-5 Environnement Canada Santé Canada Avril 2013

Annexes

Annexe 6 : Effets écologiques

Tableau A6.1a. Valeursempiriques de la toxicité aquatique de divers carburants aviation

Organisme Nom commun Essai Dose (mg/L) Remarque Référence
Daphnia magna Cladocère CL50 après 48 h 28 FSE – Essence aviation 110 a Harris, 1994
CL50 après 48 h 15 FSE – Essence aviation 80 Harris, 1994
[a] Fraction hydrosoluble.

Tableau A6.1b. Valeurs empiriques de la toxicité aquatique aiguë de divers carburéacteurs

Organisme Nom commun Essai Dose (mg/L) Remarque Référence
Daphnia magna Cladocère CL50 après 48 h 6 FSE – Jet A Harris, 1994
CL50 après 48 h 26 FSE – Jet B Harris, 1994
CE50 après 48 h 32 Fraction aqueuse – JP-8 ConocoPhillips, 2007
Pimpephales promelas Tête-de-boule CL50 après 96 h 18 FSE – Carburéacteur JP-4 Fisher et al., 1983
CL50 après 96 h 18,7 FSE – Carburéacteur JP-4 Fisher et al., 1985
CL50 après 96 h 18,8 FSE – Carburéacteur JP-4 Fisher et al., 1985
CL50 après 96 h 5,5 FSE – Carburéacteur JP-8 Fisher et al., 1985
Oncorhynchus mykiss Truite arc-en-ciel CSEO 128 jours (mortalité) > 1,4 FSE – Carburéacteur JP-8 Klein et Jenkins, 1983
Notemigonus chysolencas Chatte de l'Est CL50 après 96 h 8 FSE – Carburéacteur JP-8 Klein et Jenkins, 1983
Jordanella floridae Jordanelle de Floride CSEO 128 jours > 1,5 FSE – Carburéacteur JP-8 Klein et Jenkins, 1983

Tableau A6.2a. Valeurs expérimentales de la toxicité aquatique de l'essence

Organisme Nom commun Type d'essence Essai Valeur pour la toxicité (mg/L) Référence
Poissons
Cyprinodon variegatus Mené tête-de-mouton API PS-6 CL50 après 96 h 8,3 CONCAWE, 1992
Essence synthétique CL50 après 96 h 5,3 CONCAWE, 1992
Lepomis macrochirus Crapet arlequin API PS-6 CL50 après 96 h 6,3 CONCAWE, 1992
Essence synthétique CL50 après 96 h 6,4 CONCAWE, 1992
Oncorhynchus mykiss Truite arc-en-ciel API PS-6 CL50 après 96 h 2,7 CONCAWE, 1992
Essence synthétique CL50 après 96 h 5,1 CONCAWE, 1992
Essence sans plomb ou à faible teneur en plomb CL50 après 48 h 5,4–6,8 CONCAWE, 1992
CL50 après 96 h 125–182 CONCAWE, 1992
CL50 après 168 h 96–182 CONCAWE, 1992
LL50 après 96 h 10–18 CONCAWE, 1996
DSEO après 96 h 4,5–10 CONCAWE, 1996
Larves Essence sans plomb ou à faible teneur en plomb CL50 après 48 h 7 Lockhart, 1987
CL50 après 48 h 5 Lockhart, 1987
Alburnus alburnus Ablette commune Essence sans plomb ou à faible teneur en plomb CL50 après 24 h 47 CONCAWE, 1992
Alosa sapidissima Alose savoureuse Essence (type non précisé) TLm après 24 heures 90–91 CONCAWE, 1992
TLm après 48 h 91 CONCAWE, 1992
Odontesthes argentinensis Larves Pejerrey marines Essence (type non précisé) CL50 après 96 h 54,8 Rodrigues et al., 2010
Invertébrés d'eau douce
Daphnia magna Cladocère API PS-6 CE50 après 48 h (immobilisation) 3 CONCAWE, 1992
Essence synthétique CE50 après 48 h (immobilisation) 1,2 CONCAWE, 1992
Essence sans plomb ou à faible teneur en plomb CE50 après 24 h (immobilisation) 260 CONCAWE, 1992
CE50 après 24 h (immobilisation) 345 CONCAWE, 1992
CE50 après 48 h (immobilisation) 6,3 MacLean et Doe, 1989
CE50 après 48 h (immobilisation) 4,9 MacLean et Doe, 1989
CL50 après 48 h 6,8 Lockhart et al., 1987
CL50 après 48 h 5,4 Lockhart et al., 1987
CL50 après 48 h 50 MacLean et Doe, 1989
CL50 après 48 h 18 MacLean et Doe, 1989
CE50 après 48 h (immobilisation) 4,5–13 CONCAWE, 1996
DSEO après 48 h (immobilisation) 0,1–4,5 CONCAWE, 1996
Invertébrés marins
Artemia sp. Crevette des salines Essence sans plomb ou à faible teneur en plomb CE50 après 48 h 25,1 CONCAWE, 1992
CL50 après 48 h 51 MacLean, 1989
CL50 après 48 h 18 MacLean et Doe, 1989
Mysidopsis bahia Mysis effilées API PS-6 CL50 après 96 h 1,8 CONCAWE, 1992
Essence synthétique CL50 après 96 h 0,3 CONCAWE, 1992
Metamysidopsis insularis Mysis effilées Essence sans plomb CL50 après 96 h 0,1 Mohammed 2005
Œufs de Strongylocentrotus
droebachiensis
Oursin vert
 
Essence (type non précisé) Cytolyse > 38 CONCAWE, 1992
Œufs de Strongylocentrotus pallidus Oursin pâle Essence (type non précisé) Clivage irrégulier 28 CONCAWE, 1992
Nitocra spinipes Copépode Essence sans plomb ou à faible teneur en plomb CL50 après 96 h 171 CONCAWE, 1992
Crevette grise Crevette grise Essence (type non précisé) CL50 après 96 h 15 CONCAWE, 1992
Tigriopus californicus Copépode Essence (type non précisé) 85 % de mortalité après 24 heures 1 CONCAWE, 1992
Tretraselmis chuii Microalgues 14 formules d'essence CI50 après 96 h 4,93–96,52 Paixão et al., 2007
Crassostrea rhizophorae Embryons d'huîtres 14 formules d'essence CE50 après 24 heures 8,25–41,37 Paixão et al., 2007

Tableau A6.2b. Valeurs expérimentales de la toxicité aquatique du carburant diesel

Organisme Nom commun Essai Valeur de toxicité (mg/L) Référence
Algue
Raphidocelis subcapitata Algue verte Taux de charge effectif50 après 72 h 2,6–25 CONCAWE, 1996
Phaeodactylum tricornutum Diatomée (marine) 20 % de réduction de la croissance après 24 h 3 Hing et al., 2011
CSEO après 24 h 2,5
Isochrysis galbana Microalgue CMEO après 24 heures (14 % de réduction de la croissance) 26 Hing et al., 2011
Chlorella salina Algue verte CMEO après 24 h 170 Hing et al., 2011
Diatomus forbesi Diatomée CL50 après 96 h 86,0 Lockhart et al., 1987
Invertébrés
Artemia sp. Crevette des salines LL50 après 48 h 22 CONCAWE, 1996
CE50 après 48 h 36 MacLean et Doe, 1989
CL50 après 48 h 39 MacLean et Doe, 1989
Crevette grise Crevette brune CL50 après 96 h
(diesel)
21 Franklin et Lloyd, 1982
CL50 après 96 h
(Gazole)
12
Mysidopsis bahia Mysis effilées LL50 après 96 h 8 400 Neff et al., 2000
Metamysidopsis insularis Mysidacé tropical CL50 après 96 h d'exposition aux rayons ultraviolets 0,17 Mohammed 2005
CL50 après 96 h d'exposition à la lumière fluorescente 0,22 Mohammed 2005
Penaeus vannamei Crevette pattes blanches LL50 après 96 h 8 680 Neff et al., 2000
Arbacia punctulata
larves
Oursin LL50 après 96 h > 28 000 Neff et al., 2000
Daphnia magna Cladocère 48 h
CE50 (immobilisation)
0,29 MacLean et Doe, 1989
48 h
CE50 (immobilisation)
4,07 MacLean et Doe, 1989
48 h
Taux de charge effectif50 (reproduction)
4,1 CONCAWE, 1996
48 h
CE50 (reproduction)
10 Environnement Canada, 2010
22 h
CE50 (reproduction)
11,1 Wernersson, 2003
22 h
CE50 (reproduction)

17,6 Wernersson, 2003
22 h
CE50 (reproduction)
24,9 Wernersson, 2003
CL50 après 24 h 1,78 Khan et al., 2007
CL50 après 48 h 18 Environnement Canada, 2010
Tigriopus californicus Harpacticoïde LL50 après 48 h 87,5 CONCAWE, 1996
Mytilus edulis Moule bleue CE50 après 30 jours
frai
0,8 Strømgren et al., 1991[1]
EC50 après 10 jours
métamorphose larvaire
0,03
  CL50 après 30 jours
Adulte
5,0
CL50 après 10 jours
Larves
0,04
Abra alba Scrobiculaire blanc CE50 après 96 h
production de boulettes fécales
44,0 Strømgren et al., 1993
Poissons
Oncorhynchus mykiss Truite arc-en-ciel LL50 après 48 h 2,4 CONCAWE, 1996
CL50 après 96 h 100 Poirier et al., 1986
CE50 après 14 jours 44,8 Mos et al., 2008[2]
Oreochromis niloticus Nile Tilapia CL50 après 96 h 8,08 Dede et Kaglo, 2001
Micropogonius undulatus Tambour brésilien Maturité sexuelle après huit semaines 70 % de la FAE Thomas et Budiantara, 1995
Amphiprion clarkia Clown orange à queue jaune LL50 après 96 h > 28 000 Neff et al., 2000
Menidia beryllina Capucette béryl LL50 après 96 h 15 120 Neff et al., 2000
Salmo sp. Espèce de saumon CL50 après 48 h 2,52 Lockhart et al., 1987
 Alosa sapidissima Alose savoureuse TLm après 48 h 167 Lockhart et al., 1987
[1] Étude fondée sur le diesel microencapsulé ingéré par des bivalves.
[2] Carburant diesel à faible teneur en soufre.
LL50 : charge létale 50, quantité de pétrole ajouté au conteneur d'essai qui a provoqué la toxicité pour 50 % des organismes.
TLM : tolérance limite médiane, concentration du produit provoquant la létalité chez 50 % des organismes d'essai.
FHS : fraction hydrosoluble, soit la masse du produit qui se dissout dans l'eau et qui produit la létalité chez 50 % des organismes d'essai. Il n'est pas acceptable d'utiliser une dilution de la FHS.

Tableau A6.3. Valeurs modélisées de la toxicité aiguë des carburants aviation (PetroToc 2009)[a]

Organisme d'essai Nom commun Essences aviation Carburéacteur
No CAS 64741-87-3
LL50[b] (mg/L)
HS 10 %[e]
Ar:Al[c] = 26:52
No CAS 68527-27-5
LL50[b] (mg/L)
HS 10 %[e]
Ar:Al[c] = 26:52
No CAS
64741-86-2
LL50[b] (mg/L)
HS 10 %[e]
Ar:Al[c] = 52:48
Daphnia magna Cladocère 1,9 3,2 0,9
Oncorhynchus mykiss Truite arc-en-ciel 0,9 1,8 0,3
Pseudokirchneriella capricornutum Algue verte 1,2 1,7[d] 0,5
Rhepoxynius abronius Amphipode marin 0,4[d] 0,9[d] 0,07
Palaemonetes pugio Bouquet Mississippi 0,8[d] 1,6[d] 0,2
Menidia beryllina Capucette béryl 19,1 12 45
Neanthes arenaceodentata Ver marin 5,4 5,1[d] 3,5
[a] Le modèle PetroTox a été exécuté dans le mode à faible résolution qui nécessite uniquement un ratio aromatique par rapport à aliphatique et dans les limites d'ébullition pour chaque bloc d'hydrocarbures.
[b] LL50 renvoie à la charge létale, soit la quantité de produit qu'il faut ajouter pour tuer 50 % des organismes d'essai.
[c] Ar:Al, ratio aromatique : aliphatique.
[d] Aucun produit libre n'est présent à cette charge.
[e] Espace de tête.

Tableau A6.4. Standard pancanadien relatif aux hydrocarbures pétroliers dans les terres à utilisation agricole à gros grains (CCME, 2008)

Voies d'exposition F1[a] F2 F3 F4
(C6 à C10) (> C10 à C16) (> C16 à C34) (> C34)
Protection de l'eau souterraine pour la vie aquatique  970 380 N.D[b] N.D.
Protection de l'eau souterraine pour l'abreuvement du bétail 5 300 14 000 N.D. N.D.
Cycle nutritif N.C.[c] N.C. N.C. N.C.
Contact écologique avec le sol 210 150 300 2 800
Ingestion de sol N.C . N.C. N.C. N.C.
[a] F : Fraction.
[b] N.D. : Non disponible.
[c] N.C. : Non calculé.

Tableau A6.5. Volume estimé d'eau en contact avec la persistance moyenne du pétrole déversé en différents volumes pendant le chargement et le déchargement, ainsi que le transport du pétrole brut par bateau (RMRI, 2007)

Taille des déversements (barils) Volume d'eau en contact avec le pétrole (m3 × 106)
Chargement/déchargement Transport
1–49 40 5 300
50–999 60 5 500
1000–9999 150 8 100
10 000–99 999 500 14 000
100 000–199 999 3 500 37 000
> 200 000 33 000 62 000

Tableau A6.6. Analyse des valeurs modélisées concernant la persistance et la bioaccumulation des hydrocarbures pétroliers en fonction des critères énoncés dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000)

Nbre d'atomes de carbone C4 C6 C9 C10 C12 C14 C15 C17 C20
n-alcanes * *           * *
i-alcanes *         * B * *
monocycloalcanes (-) *   * B * * * *
dicycloalcanes (-) (-)   * * * PB P* P*
polycycloalcanes (-) (-) (-) * * PB * * *
monoaromatiques (-) Pa P     * B * *
cycloalcanes monoaromatiques (-) (-)     P P* PB * *
diaromatiques (-) (-) (-)   * * P * *
cycloalcanes diaromatiques (-) (-) (-) (-) P P P * *
polyaromatiques (-) (-) (-) (-) *     * *
P : persistance prévue en fonction des valeurs des modèles BIOHCWIN (2008), BIOWIN 3,4,5,6 (2009), CATABOL (c2004–2008) et TOPKAT (2004).
Pa – persistance prévue dans l'air selon les valeurs du modèle AOPWIN (2008).
B : Valeurs des FBC prévues chez les poissons selon les équations d'Arnot en tenant compte du métabolisme (Arnot et Gobas, 2003a).
Cellules vierges : structures représentatives ni persistantes ni bioaccumulables.
* Structures non modélisées parce que le log Koe est inférieur à 8 ou parce qu'elles n'ont pas été retenues parmi les structures représentatives.
(-) Aucune combinaison possible de la structure et du nombre d'atomes de carbone.

Haut de la page

Annexe 7 : Données modélisées sur l'estimation de l'exposition

Tableau A7.1. Variables d'entrée dans le modèle SCREEN3 pour les émissions de 90 à 180 kg/jour à l'un des principaux aéroports canadiens

Variables Paramètres d'entrée
Type de source Zone
Zones de transformation 4 890 × 3 665 m2[a]
Rejet de vapeur lors du ravitaillement 2,91 × 10-7 et 5,81 × 10-7 g/s·m2
Zone réelle de ravitaillement 0,2 (4 890 × 3 665 m2)[b]
Hauteur du récepteur 1,74 m[c]
Hauteur de la source de rejet 3 m[d]
Facteur d'ajustement en fonction de la concentration annuelle 0,2[e]
Facteur d'ajustement en fonction de la concentration quotidienne 0,4[e]
Option urbaine/rurale Urbaine
Météorologie 1 (Météorologie complète)[f]
Distance minimale et maximale à utiliser de 1 à 10 000 m
[a] Analyse d'une photo aérienne et jugement professionnel (Toronto, Canada - Airport)
[b] Jugement professionnel, partie de l'aéroport qui agit à titre de source d'émission.
[c] Curry et al., 1993.
[d] Émissions à 3 m, pour tenir compte des points de rejet courants des réservoirs de stockage et de vapeurs des réservoirs de carburant des aéronefs.
[e] USEPA (1992) et jugement professionnel.
[f] Valeur par défaut du modèle SCREEN3.

Tableau A7.2. Concentration de composés organiques volatils des carburants aviation à l'un des principaux aéroports canadiens, en supposant un niveau d'émissions de 90 kg/jour. Les concentrations correspondant aux taux d'émissions de 180 kg par jour doublent de valeur pour chaque distance

Distance (m) Concentration (μg/m3)
Maximum pour 1 h Maximum pour 24 heures Moyenne annuelle
1 18,0 7,2 3,6
100 18,2 7,3 3,6
200 18,4 7,4 3,7
300 18,6 7,4 3,7
400 18,8 7,5 3,8
500 19,0 7,6 3,8
600 19,2 7,7 3,8
700 19,4 7,7 3,9
800 19,6 7,8 3,9
900 19,7 7,9 3,9
1000 19,9 8,0 4,0
1100 20,1 8,0 4,0
1200 20,2 8,1 4,0
1300 20,4 8,2 4,1
1400 20,6 8,2 4,1
1500 20,8 8,3 4,2
1600 20,9 8,4 4,2
1700 21,1 8,4 4,2
1800 21,5 8,6 4,3
1900 21,7 8,7 4,3
2000 21,9 8,7 4,4
2100 22,0 8,8 4,4
2200 22,2 8,9 4,4
2300 22,3 8,9 4,5
2400 22,5 9,0 4,5
2500 22,6 9,1 4,5
2600 22,8 9,1 4,6
2700 23,0 9,2 4,6
2800 23,1 9,2 4,6
2900 23,3 9,3 4,7
3000 23,4 9,4 4,7

Hypothèses émises lors de la modélisation :

Tableau A7.3. Variables d'entrée dans le modèle SCREEN3 pour les émissions des parcs de réservoirs de stockage

Variables Paramètres d'entrée
Type de source Zone
Surface utile d'émission[a] 50 × 100 m2
Taux d'émission de benzène (kg/h) 2 × 0,02
Hauteur du récepteur[b] 1,74 m (taille moyenne d'un adulte)
Hauteur de la source de rejet[a] 10 m
Facteur d'ajustement[c] 0,4 (direction variable du vent pendant 24 h);
0,2 (direction moyenne du vent pendant un an)
Option urbaine/rurale Urbaine
Météorologie[d] 1 (météorologie complète)
Distance minimum et maximum 0 à 3 000 m
[a] Jugement professionnel.
[b] Curry et al. (1993).
[c] USEPA (1992).
[d] Valeur par défaut du modèle SCREEN3.

Haut de la page

Annexe 8 : Résumé des effets des carburants aviation sur la santé. Le kérosène et autres substances connexes des carburéacteurs ont été pris en compte aux fins de l'établissement du profil des effets sur la santé des carburants aviation

Paramètre No CAS/
substance/type d'étude
Doses ou concentrations avec effet[a] / Résultats
Effets aigus sur la santé Inhalation
64741-87-3 CL50 (inhalation; rat) = > 5 000 mg/m3 pour une exposition de 4 heures (ATDAEI, 1990; CONCAWE, 1992).
8008-20-6 (kérosène de distillation directe) CL50 (inhalation; rat) = > 5 000 mg/m3. Aucun décès chez des rats exposés pendant 4 heures aux vapeurs de la substance d'essai (Vernot et al., 1990).
64742-80-1 (kérosène hydrodésulfuré) CL50 (inhalation; rat) > 5 200 mg/l (5,2 mg/L). Rats exposés à l'échantillon 81-07 (kérosène hydrodésulfuré) pendant 4 heures (API, 1983).
JP-8

CMENO (inhalation; souris) = 50 mg/m3. Souris mâles (C57BL/6 et B6.A.D.; 12 par souche et par groupe de concentration) exposées par inhalation nasale seulement à 0, 5, 12, 28, 50 et 113 mg/m3 d'aérosols et de vapeurs de JP-8 (générés par nébuliseur) pendant une heure. De 24 à 30 h après l'exposition, on a mesuré la fonction et la perméabilité respiratoires, ainsi que les lésions cellulaires. Une augmentation importante de la perméabilité respiratoire, une hyperplasie des macrophages alvéolaires et des infiltrats proportionnels à la concentration, ainsi que des lésions microscopiques et ultrastructurales significatives aux bronchioles terminales, allant de légères à moyennes, ont été rattachées à la dose de 50 mg/m3. Les auteurs émettent l'hypothèse que ces effets sont réversibles (Robledo et Whitten, 1998).

Autres études
Des souris femelles C57Bl/6 ont été exposées par inhalation nasale seulement à 1000 mg/m3 d'aérosols de JP-8 pendant 1 h. Une réaction immédiate d'immunosuppression, la perte marquée de cellules immunitaires viables, en plus d'une réduction significative du poids des organes du système immunitaire ont été observées (Harris et al., 2002).

Par voie cutanée
64741-87-3 DL50 (cutanée; lapin) = > 2 000 mg/kg p.c. (API, 1986a; ATDAEI, 1990).
8008-20-6 (kérosène de distillation directe) DL50 (cutanée; lapin) = > 2 000 mg/kg p.c.. La substance d'essai non diluée (API 83-09) a été appliquée sur la peau abrasée (un lapin de chaque sexe) et non abrasée recouverte, pendant 24 h. Aucun décès n'est survenu, mais des signes d'hypoactivité et de diarrhée ont été observés. L'irritation cutanée allait de légère à marquée (API, 1985b).
Jet-A DL50 (cutanée; espèce non précisée) = > 4 000 mg/kg p.c. (API, 1980a).
Par voie orale
64741-87-3 DL50 (orale; rat) = > 5 000 mg/kg p.c. Les effets toxiques observés comprennent l'hypermotilité du tractus gastro-intestinal et la diarrhée (API, 1986a; ATDAEI, 1990).
Kérosène de distillation directe DL50 (orale; rat) = > 5 000 mg/kg p.c. Un échantillon d'API 83-09 a été administré par gavage à 10 rats SD (5 mâles et 5 femelles) en une dose unique de 5 g/kg p.c. Aucun décès n'est survenu, mais de l'hypoactivité, de l'ataxie, de la prostration, du larmoiement et de la perte des poils ont été observées (API, 1985b).
Jet-A DL50 (orale; rat) = > 20 000 mg/kg p.c. (API, 1980a).
JP-5 DL50 (orale; rat) = > 60 mL/kg p.c. (45 g/kg p.c.)[b]. Chez des rats SD mâles ayant reçu 24 mL/kg p.c. (18 g/kg p.c.), on a observé une fonction rénale et hépatique modérément altérée et des modifications graisseuses; la dose de 1 mL/kg p.c. (0,75 g/kg p.c.) a entraîné de légères perturbations comportementales (Parker et al., 1981).
Effets sur la santé à court terme causés par une exposition répétée 64741-87-3 DSEO (cutanée; rat) : 678 mg/kg p.c.. Des doses de 0, 50, 250 ou 1 000 µL/kg (0, 34, 170 ou 678 mg/kg p.c.) de la substance d'essai non diluée ont été appliquées sur la peau rasée du dos de rats SD mâles et femelles (10 par sexe par groupe) et recouverte pendant 6 h, 5 jours par semaine pendant 4 semaines. Une irritation cutanée légère à modérée, avec confirmation histologique et proportionnelle à la dose, a été observée. Aucune altération observée du poids corporel et des organes, ni des paramètres chimiques cliniques ou hématologiques (UBTL, 1994).
8008-20-6 (kérosène de distillation directe) DMENO (cutanée; lapin) : 200 mg/kg p.c. par jour d'après une augmentation absolue et relative importante du poids de la rate chez la femelle, la baisse des taux d'hémoglobine et d'hématocrite, et la baisse marquée des globules rouges chez les mâles, ainsi que la maigreur, la léthargie, la respiration sifflante, les écoulements nasaux et anaux chez les deux sexes. La substance d'essai non diluée (API 83-09) a été appliquée sur la peau rasée du dos à raison de 200, 1 000 et 2 000 mg/kg p.c., 3 fois par semaine pendant 28 jours. Dans les groupes ayant reçu les doses élevées, chez les deux sexes, on note une augmentation relative du poids du cœur, et 1 mâle ainsi que 1 femelle à qui ont a administré les plus fortes doses sont morts. De plus, on a constaté chez les sujets des deux sexes ayant reçu les plus fortes doses des changements inflammatoires proliférants au site d'application cutanée, ainsi qu'une granulopoïèse de la moelle osseuse L'augmentation du poids des glandes surrénales et l'hypoplasie tubulaire testiculaire chez les mâles ayant reçu de fortes doses ont été attribuées au stress, ainsi que les changements cutanés ou du poids corporel (API, 1985a).
Jet-A

Une étude de 28 jours chez des rates SD auxquelles on a appliqué la substance sur la peau non recouverte (10 par dose). Les groupes ont été exposés à 0, 165, 330 ou 495 mg/kg p.c. par jour de Jet A dans l'huile minérale (les groupes témoins positifs ont reçu des doses de cyclophosphamide et d'anti-asialo GM1). Aucun signe d'immunotoxicité n'a été relevé chez les groupes exposés à la substance d'essai, dont on a étudié le poids de la rate et du thymus; la réponse des cellules à plaques formatrices d'immunoglobuline M (IgM) aux antigènes thymodépendants; les sous-populations des lymphocytes spléniques et la réponse proliférative des cellules aux anticorps anti-CD3; l'activité des cellules tueuses naturelles et la réponse immunitaire contre les hématies du mouton (Mann et al., 2008).

Une étude de 14 jours de l'exposition cutanée a été menée chez des lapins. La substance d'essai a été appliquée 5 fois par semaine, à raison de 6 400 mg/kg p.c. par jour. On a observé des symptômes de dépression, la perte de poids et de graves lésions cutanées au site d'application. Des nécroses du foie et des reins, ainsi que l'hyperplasie de la vessie ont été considérées comme étant secondaires aux lésions cutanées (API, 1985a, 1985c).

JP-8 DMENO (cutanée; souris) = 1 140 mg/kg p.c.[e], [h]. Des souris C3H/HeNCr femelles (3 à 5 par groupe) ont été exposées par la peau du dos à 50 µL (40 mg) de JP-8 1 fois par jour pendant 1 à 5 jours (dans une étude en parallèle, d'autres groupes ont été exposés à 25, 100, 200 et 300 µL pendant 5 jours). On a observé des signes d'immunosuppression proportionnelle à la dose, soit l'induction altérée de l'hypersensibilité de contact (p < 0,05 à 4 et 5 jours d'exposition) et la suppression de l'hypersensibilité retardée (p < 0,05), au jour 5, à un antigène bactérien) (Ullrich, 1999).

JP-8

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CMENO (inhalation; souris) : 45 mg/m3.Des sourisC57BL/6 mâles (12 par niveau d'exposition; 6 par groupe témoin) ont été exposées par inhalation nasale seulement à des aérosols (5 à 15 % du total) et à des vapeurs (85 à 95 % du total) de JP-8, de concentration moyenne de 45, 267 et 406 mg/mm3, 1 h par jour pendant 7 jours (expositions quotidiennes à 10 % des moyennes inscrites). Toutes les concentrations ont causé un encombrement généralisé de l'épithélium bronchiolaire et diverses altérations des cellules de type II de l'épithélium alvéolaire, dont une augmentation du nombre et de la taille des corps lamellaires producteurs de surfactants; à faibles concentrations, la substance n'a pas perturbé la fonction pulmonaire. À la concentration la plus élevée, on remarque une baisse statistiquement significative de 20 % de la compliance pulmonaire dynamique à l'inspiration (Herrin et al., 2006).

Autres études sur l'exposition par inhalation

Des groupes de souris B6.A.D. mâles (12 par niveau de concentration) ont été exposés par inhalation nasale seulement à des aérosols (5 à 15 % du total) et à des vapeurs (85 à 95 % du total) de JP-8 (générés avec un nébuliseur) à des concentrations moyennes de 0, 7, 12, 26, 48 et 118 mg/m3, une heure par jour pendant sept jours. Au nombre des effets constatés chez les souris exposées à 48 mg/m3 se trouvent l'augmentation de la perméabilité alvéolaire (mesurée par la vitesse de clairance pulmonaire de l'acide 2,2',2'',2'''-(carboxyméthyl)iminobis(éthylènenitrilo)tétraacétique marqué au technétium99m) l'augmentation de la quantité totale de protéines dans le liquide de lavage bronchioloalvéolaire, ainsi que des lésions pulmonaires et alvéolaires proportionnelles à la concentration au niveau morphologique (Robledo et al., 2000).

Des souris mâles et femelles (C57BL/6 et B6.A.D.; 3 à 21 par groupe) ont été exposées par inhalation nasale seulement à 0, 100, 250, 500, 1 000 et 2 500 mg/m3 de vapeurs et d'aérosols de JP-8 (générés par nébuliseur), 1 h par jour pendant 7 jours. On a remarqué une perte proportionnelle à la concentration du nombre total des lymphocytes T chez les groupes exposés à 100 mg/m3. Un effet inhibiteur statistiquement significatif (p < 0,05) a aussi été observé sur la prolifération des cellules immunitaires spléniques à cette même concentration. Aux trois concentrations supérieures, on a noté une baisse statistiquement significative et proportionnelle à la concentration du poids de la rate et du thymus. Les auteurs ont signalé que les souris mâles et femelles étaient également affectées par l'exposition au JP-8, sans toutefois fournir de données propres à un sexe ou à une souche (Harris et al., 1997).

Des souris C57Bl/6 femelles ont été exposées par inhalation nasale seulement à 0 et 1 000 mg/m3 d'aérosols de JP-8, 1 h par jour pendant 7 jours. Des changements importants dans les sous-populations des lymphocytes T ont été signalés chez les souris exposées, ainsi que l'inhibition des fonctions immunitaires des cellules spléniques (Harris et al., 2000).

Des souris C57Bl/6 ont montré des signes marqués d'immunosuppression après avoir été exposées à 1 000 mg/m3 de JP-8, 1 h par jour pendant 1 (Harris et al., 2002) à 7 jours (Harris et al., 2008), et pendant la gestation (Harris et al., 2007a). L'exposition au JP-8 a entraîné des effets comme la réduction de la réaction immunitaire à une infection grippale, y compris la viabilité moindre des cellules immunitaires, et une baisse de plus de 4 fois des réponses prolifératives des cellules immunitaires en présence de mitogènes, ainsi qu'une baisse de lymphocytes T ganglionnaires (Harris et al., 2008). L'immunotoxicité du JP-8 a été reconnue comme l'un des mécanismes susceptibles d'augmenter l'incidence et les métastases des tumeurs pulmonaires, et de réduire le taux de survie, d'après un modèle de mélanome de la souris B16 (Harris et al., 2007b).

JP-8 On a observé une augmentation des niveaux ce cytokines chez des souris C57BL/6 femelles exposées par inhalation à 1 000 mg/m3 de JP-8 en aérosol, 1 h par jour pendant 7 jours (augmentation significative des IL-10 et augmentation des niveaux de PGE2). La fonction immunitaire a été recouvrée en partie après l'administration de l'inhibiteur COX-2. les auteurs ont cependant signalé que l'augmentation des niveaux de PGE2 n'était pas la seule responsable de l'immunosuppression (Harris et al., 2007c).
JP-8

53 mg/m3 : augmentation significative de la résistance pulmonaire à l'inspiration et à l'expiration comparativement aux groupes témoins chez des souris C57BL/6 mâles exposées par inhalation nasale à des vapeurs et des aérosols de JP-8 en concentrations de 0 à 53 mg/m3, 1 h par jour pendant 7 jours. Des lésions ont également été observées aux cellules de Clara des bronchioles terminales, ainsi que des changements aux cellules épithéliales de type II (Wong et al., 2008).

1 000 mg/m3 : différences significatives de la réponse inflammatoire chez des souris C57BL/6 mâles jeunes (3,5 mois) et adultes (12 mois) exposées par inhalation à des aérosols de JP-8 en concentrations de 0 ou 1 000 mg/m3, 1 h par jour pendant 7 jours. On a noté des différences dans le niveau des cellules du liquide de lavage bronchioloalvéolaire, du facteur de nécrose tumorale alpha ainsi que des concentrations de 8-iso-PGF2 entre les souris jeunes et adultes; par contre, les jeunes et les adultes présentent des bilans similaires pour ce qui est de l'augmentation de la compliance pulmonaire, de la perméabilité respiratoire, des niveaux de MIP-2, et de la diminution des niveaux de PGE2 (Wang et al., 2001).

1 023 mg/m3 : augmentation significative par rapport aux témoins de la perméabilité vasculaire pulmonaire et des niveaux de protéines surfactantes du liquide de lavage bronchioloalvéolaire chez des souris C57BL/6 femelles exposées par inhalation à des aérosols de JP-8 en concentrations de 0 à 1 023 mg/m3, 1 h par jour pendant 7 jours. On a également noté une dilatation des alvéoles et des bronchioles respiratoires (Wong et al., 2004).

JP-8

Des rats Long-Evans mâles ont été exposés par inhalation nasale seulement à 0, 500, 1 000 ou 2 000 mg/m3 d'aérosols de JP-8, pendant 4 h sur une durée de 1 ou 5 jours. L'exposition au JP-8 a été suivie d'une exposition au bruit ou au silence. Aucune otoxicité n'a été observée chez les rats exposés au JP-8 sans exposition subséquente au bruit (Fechter et al., 2010).

Des rats Long-Evans ont été exposés par inhalation nasale seulement à 1000 mg/m3 d'aérosols de JP-8, pendant 4 h par jour pendant 1 ou 5 jours. De plus, les rats ont été exposés au bruit ou au silence après le traitement au JP-8. Aucune toxicité n'a été observée après une seule exposition au JP-8. L'exposition répétée a eu des effets sur les fonctions des cellules auditives externes (amplitude réduite des émissions oto-acoustiques évoquées par produit de distorsion, partiellement recouvrée toutefois 4 semaines après l'exposition). Une diminution importante des niveaux de glutathione dans le foie a été rapportée immédiatement après l'exposition, de même qu'une heure après (Fechter et al., 2007).

JP-5/JP-8

 

 

 

 

JP-8

Des rats SD ont été exposés à des vapeurs de JP-8 en concentrations de 0 ou 1 000 mg/m3, ou à des vapeurs de JP-5 en concentration de 1 200 mg/m3 6 h par jour, 5 jours par semaine pendant 6 semaines. On a observé des changements significatifs de la capacité neurocomportementale, notamment dans les niveaux de neurotransmetteurs et dans les résultats à une batterie de tests sur la toxicité neurocomportementale (Appetitive Reinforcer Approach Sensitization [ARAS], préhension des pattes antérieures) (Rossi et al., 2001).

Des rats F344 mâles ont été exposés par inhalation nasale seulement à une substance témoin ou à des concentrations moyennes d'aérosols de JP-8 de 1 236,8 mg/m3, 1 h par jour, 5 jours par semaine pendant 28 jours. Les sujets exposés ont montré des différences notables au chapitre de l'activité spontanée et de l'excitabilité du système nerveux central par rapport aux témoins, et d'autres changements relatifs aux fonctions locomotrices et aux vitesses à la nage, testés par une batterie d'observations fonctionnelles (Baldwin et al., 2001).

Des rats SD mâles ont été exposés par inhalation par l'ensemble du corps à des vapeurs de JP-8 en concentrations de 0, 500 et 1 000 mg/m3 à raison de 6 h par jour, 5 jours par semaine pendant 6 semaines. Les rats exposés à une faible concentration ont dépassé les animaux témoins pour ce qui est de l'apprentissage et de l'exécution de tâches complexes. Au niveau de concentration élevé, on a observé des déficits d'apprentissage et d'exécution de tâches moyennement difficiles et difficiles. On a également observé chez les rats exposés des niveaux significativement plus élevés de neurotransmetteurs comparativement aux témoins (Ritchie et al., 2001b).

Dans une autre étude, des rats SD ont été exposés à 1 100 mg/m3 de vapeurs de la substance d'essai pendant 30 jours. Des signes importants de polydipsie ont été notés chez le groupe exposé par rapport au groupe témoin
(Bogo et al., 1984).

Effets subchroniques sur la santé causés par une exposition répétée Kérosène CMENO (inhalation; rat) : 58 mg/m3 déterminée en raison de la baisse de la glycémie chez des rats Wistar exposés à des vapeurs de kérosène, 6 h par jour, 6 jours par semaine pendant 14 semaines. À des concentrations plus élevées (231 mg/m3), on note une hausse des concentrations sanguines de lactate et de pyruvate, et une métabolisation ralentie de la phénacétine (Starek et Vojtisek, 1986).
JP-5

Autres études sur l'exposition par inhalation

Une augmentation notable des gouttelettes d'hyaline dans les cellules du tube proximal rénal et la dilatation du tubule corticomédullaire (obstrué par des débris nécrotiques) ont été observés chez la grande majorité des 344 rats Fischer mâles exposés à des concentrations de 150 ou 750 mg/m3 de vapeurs de pétrole et de JP-5 dérivés de schistes (par chauffage des combustibles de 50 à 57 oC), 24 heures par jour pendant 90 jours. D'autres effets ont été observés, dont une baisse de la croissance des mâles, ainsi qu'une augmentation statistiquement significative des taux sériques de créatine et d'azote uréique du sang chez les rats mâles et femelles exposés à de fortes concentrations. D'après les données d'observation des animaux pendant 19 mois après l'exposition, les effets relevés sont une minéralisation intratubulaire dans la zone médullaire; l'hyperplasie focale du bassinet du rein proportionnelle à la concentration, ainsi que la néphropatie rénale à aggravement progressif (dégénération tubulaire). Les effets sur le rein peuvent être induits par une protéine du rat mâle, l'alpha-2-microglobuline, ce qui remet en question la probabilité de voir de tels effets chez l'humain (Bruner, 1984; Gaworski et al., 1984; MacNaughton et Uddin, 1984).

JP-8

Autres études sur l'exposition par inhalation

Des rats SD mâles ont été exposés par inhalation de l'ensemble du corps à des vapeurs chauffées de JP-8 en concentrations de 0, 250, 500 et 1 000 mg/m3 à raison de 6 h par jour, pendant 91 jours. À la concentration la plus faible, les effets proportionnels à la concentration comprennent des dommages légers des tubules contournés proximaux des reins; une réduction de 10 % des cellules et des globules adipeux de la moelle osseuse, et la lenteur de la prolifération des cellules dans la moelle osseuse. Aux deux concentrations les plus élevées, ces effets sont exacerbés et se conjuguent à des changements histologiques au foie, des dommages à la moelle osseuse et au cœur, ainsi qu' à une hypertrophie des capillaires pulmonaires (Hanas et al., 2010).

344 RATS Fischer mâles et femelles (7 à 15 par sexe et par groupe), ainsi que des souris C57BL/6 (100 par sexe et par groupe) ont été exposés en continu à des vapeurs de JP-8 en concentrations de 0, 500 ou 1 000 mg/m3 pendant 90 jours. Chez les souris, le seul effet observé consiste en une dermatite nécrosante attribuable aux combats, qui ont fait augmenter la mortalité, particulièrement chez les mâles. Chez les rats mâles, on a noté une baisse significative du poids corporel, une augmentation, relative et absolue, du poids des reins, ainsi que des foyers basophiles dans le foie, tous niveaux de concentration confondus. De plus, des symptômes révélateurs d'une néphropatie chronique progressive attribuable à l'alpha-2-microglobuline ont été observés chez les rats mâles. Ce mécanisme n'est toutefois pas forcément présent chez les humains.

CMENO : 500 mg/m3, telle qu'établie par la Envrionmental Protection Agency des États-Unis (2011) d'après la baisse du poids corporel et l'augmentation du poids relatif et absolu des reins chez les rats mâles (Mattie et al., 1991).

JP-8 DSENO (orale; rat) : 3 000 mg/kg p.c. par jour. Les rats ont ingéré la substance d'essai quotidiennement par gavage oral, pendant 90 jours. Aucune létalité ni aucun changement histopathologique n'ont été observés (Mattie et al., 1995).
Kérosène hydrodésulfuré (64742-80-1) Des irritations cutanées proportionnelles à la dose ont été observées chez des rats SD mâles et femelles (12 par sexe et par dose) exposés par voie cutanée à la substance d'essai en concentrations de 165, 330 ou 495 mg/kg p.c. par jour, 5 jours par semaine, pendant 13 semaines. Chez les femelles exposées à la dose la plus élevée, le poids absolu et relatif de la rate a augmenté (USEPA, 2011).
Effets sur la santé de la reproduction et du développement JP-8 Des effets maternels, sur la reproduction et le développement, y compris l'immunotoxicité et la baisse du taux de survie des nouveau-nés ont été observés chez des souris exposées au JP-8 par inhalation à des concentrations de 1 000 mg/m3. Des souris C57Bl/6 gravides ont été exposées par inhalation nasale seulement à des aérosols de JP-8 en concentration de 1 000 mg/m3, 1 h par jour depuis le jour de gestation (JG) 7 jusqu'à la naissance, ou du JG 15 jusqu'à la naissance. Les effets maternels observés comprennent une baisse du poids du thymus et des cellules immunitaires viables, et des signes d'immunodépression jusqu'à 8 semaines après l'exposition. Parmi les effets sur la reproduction se trouvent une diminution de la naissance et de la viabilité des rejetons mâles. Tous les nouveau-nés présentaient des organes immunitaires de moindre poids, moins de cellules immunitaires viables et des signes d'immunodépression, les effets étant plus marqués chez les mâles (Harris et al., 2007a).
Kérosène CSENO (inhalation; rat) : 400 ppm (2 780 mg/m3)[c]. Des groupes de 20 ratesSD ont été exposées à des vapeurs de la substance d'essai en concentrations de 100 ou 400 ppm (695 et 2 780 mg/m3), 6 h par jour depuis le JG 6 au JG 15. Aucune toxicité pour la reproduction ou le développement n'a été observée (API, 1979a).
Jet-A

CSENO (inhalation; rat) : 400 ppm (2 945 mg/m3)[d]. Des rates Charles River CD ont été exposées au Jet-A en concentrations de 100 et 400 ppm (736 et 2 945 mg/m3), 6 h par jour, du JG 6 au JG 15. Aucune embryotoxicité, foetoxicité ou tératogénicité n'a été observée (Beliles et Mecler, 1982).

CSENO (inhalation; rat) : 400 ppm (2 945 mg/m3)[d]. Des groupes de 20 rates SD ont étéexposées à des vapeurs de la substance d'essai en concentrations de 100 ou 400 ppm (736 et 2 945 mg/m3), six heures par jour depuis le JG 6 au JG 15. Malgré une légère augmentation du nombre de fœtus présentant une ossification tardive dans le groupe ayant reçu une concentration élevée, les auteurs n'ont pas considéré cet effet comme étant nocif. Aucun autre effet n'a été observé (API, 1979b).

Dans une étude d'une autre nature (essai de la létalité dominante), une exposition de souris femelles à des vapeurs de Jet-A en concentrations de 100 ou 400 ppm (736 et 2 945 mg/m3)[d], 6 h par jour, 5 jours par semaine pendant 8 semaines, les paramètres de la reproduction n'avaient pas été touchés (indice de fertilité, nombre de nidations et proportion des implants morts) après l'accouplement (API, 1980b).

Effets chroniques sur la santé (études ne portant pas sur la cancérogénicité)

 

64741-87-3 DSEO (cutanée; souris) : 970 mg/kg p.c.. Des souris C3H mâles (groupe de 47) ont été exposées à 50 μL (970 mg/kg p.c.) e,f,g de la substance d'essai non diluée (échantillon d'API 81-08) 2 fois par semaine à vie. Les poids corporels et les signes cliniques sont restés normaux. Au site d'application, on a noté une desquamation légère à modérée, une légère irritation et du croûtage (API, 1989a).
JP-5*

DMENO (cutanée; souris) : 250 mg/kg p.c. par jour. Des souris B6C3F1 mâles et femelles (50 par groupe) ont été exposées à du carburant navigation JP-5* en concentrations de 0, 250 ou 500 mg/kg p.c. par jour, dans 0,1 mL d'acétone, 5 jours par semaine pendant 103 semaines (90 semaines dans le cas des femelles exposées à de fortes doses). On a remarqué une augmentation notable des cas d'inflammations et d'ulcérations cutanées, ainsi que d'hyperplasies épithéliales. Chez les mâles et les femelles exposés à de fortes doses, on note des cas d'amyloses dans plusieurs organes et, chez les femelles exposées à de fortes doses, une diminution de la moitié environ des taux de survie à 90 semaines comparativement au taux de survie après 105 semaines chez celles exposées à de faibles doses, soit 17/50 contre 33/50, respectivement (NTP, 1986). * Dans l'étude, également assimilée au no CAS 8008-20-6 (kérosène).

Une quantité de 50 µL (1 170 mg/kg p.c.)[e], [i], [j] de la substance d'essai non diluée (kérosène de distillation directe, échantillon API 83-09) a été appliquée 2 fois par semaine à des souris, pendant 3 à 24 mois. Certains sujets présentaient des ulcérations cutanées, et 1 carcinome squameux a été détecté après 12 mois. On a également signalé des irritations cutanées chroniques, et des augmentations du poids absolu et relatif des reins, du foie et des poumons (API, 1986c).

JP-5 et JP-8 DMENO (cutanée; souris) : 50 µL(1 070 mg/kg p.c.)[b], [e]. Des souris C3Hf/Bdf présentaient des lésions rénales après une exposition aux substances d'essai par application sur la peau rasée du dos, 3 fois par semaine pendant 60 semaines. On a aussi observé une atrophie et une dégénérescence du néphron, et une nécrose papillaire (Easley et al., 1982).
Cancérogénicité 64741-87-3

Étude de badigeonnage sur la peau
Des souris C3H/HeJ mâles (groupe de 50) ont été exposées par application sur la peau rasée de la région intrascapulaire de 50 µL (970 mg/kg p.c.)[e], [f], [g]de la substance d'essai (API 81-08) non diluée, 2 fois par semaine à vie. On a noté une augmentation non statistiquement significative des papillomes spinocellulaires (4 %) et de carcinomes squameux (2 %), et 3 souris sur 50 dans le groupe exposé à la substance d'essai ont développé des tumeurs. Dans le groupe exposé uniquement au toluène, quatre souris ont développé des tumeurs, et l'incidence des carcinomes squameux était de 6 % et celle des fibrosarcomes de 2 %; toutes les souris (49 sur 49) du groupe témoin positif (exposé à du toluène contenant 0,05 % de p/v de benzo[a]pyrène) ont développé des tumeurs. La latence moyenne pour la formation de tumeurs est de 113 semaines pour ce qui est du groupe expérimental, de 111 semaines chez le groupe exposé au toluène, et 49 semaines chez le groupe témoin positif (Skisak et al., 1994).

Étude de badigeonnage sur la peau
Des souris C3H/HeJ mâles (50 par groupe) ont été exposées par application sur une plaque de 1 cm2 au moins de peau rasée de la région intrascapulaire de 50 µL (970 mg/kg p.c.)[e], [f], [g] de la substance d'essai (API 81-08) non diluée, 2 fois par semaine à vie. Après 31 mois, 4 souris du groupe expérimental avaient une tumeur bénigne; dans le groupe témoin négatif, aucun des sujets n'avait de tumeurs, mais 33 souris du groupe témoin positif en avaient (14 bénignes, 19 malignes). La latence moyenne pour la formation de tumeurs a été de 112 semaines dans le
groupe expérimental, par rapport à 84,5 semaines dans le groupe témoin positif (API, 1986b, d).

 

Étude de badigeonnage sur la peau
Des souris C3H mâles (47) ont été exposées 2 fois par semaine pendant 139 semaines à 50 µL (970 mg/kg p.c.)[e], [f], [g] de la substance d'essai API 81-08. Des tumeurs cutanées bénignes se sont formées chez 4 % des souris du groupe expérimental, mais l'incidence est nulle chez le groupe témoin négatif et le groupe témoin exposé au solvant). Des tumeurs cutanées malignes sont apparues chez 2 % des sujets du groupe expérimental (par rapport à 0 et à 8 % respectivement chez les mêmes groupes témoins que ci-dessus). Des tumeurs bénignes et malignes sont également apparues ailleurs : 2 % des souris du groupe exposé à la substance d'essai ont développé des tumeurs bénignes (contre 0 et 2 % respectivement dans les groupes témoins), et 4 % ont développé des tumeurs malignes (contre 2 et 0 % respectivement des groupes témoins). Un essai du chi2 a confirmé que la substance d'essai ne provoque pas une augmentation statistiquement significative de l'incidence de tumeurs si on compare avec celle qui est observée dans les groupes témoins négatifs et exposés au solvant (API, 1989a).

Étude d'initiation
Des souris CD-1 mâles (30 par groupe) ont été exposées à 50 µL (970 mg/kg p.c. par jour)[e], [f], [g] de la substance d'essai non diluée pendant 5 jours consécutifs. Après 2 semaines de repos, 50 µL du promoteur phorbol 12-myristate-13-acétate (PMA) ont été administrés à raison de 2 fois par semaine pendant 25 semaines. Les deux substances ont été appliquées sur la peau rasée de la région intrascapulaire. Aucune hausse de l'incidence de tumeurs n'a été relevée dans le groupe expérimental (3 souris sur 29 ont développé des tumeurs, soit des papillomes spinocellulaires, comparativement à 3 souris sur 30 dans le groupe témoin négatif et à 30 sur 30 dans le groupe témoin positif). La latence moyenne pour la formation de tumeurs est de 20 semaines (Skisak et al., 1994).

Étude de promotion
Des souris CD-1 mâles (30 par groupe) ont été exposées 1 fois à 50 µL à l'initiateur 7,12-diméthylbenzanthracène (DMBA). Après 2 semaines, on a appliqué 50 µL (970 mg/kg p.c. par jour)[e], [f], [g] de la substance d'essai non diluée à raison de 2 fois par semaine pendant 25 semaines. Le DMBA et la substance d'essai ont été appliqués sur la peau rasée de la région intrascapulaire. Aucune tumeur ne s'est formée dans le groupe expérimental et le groupe témoin négatif; par contre, les 30 souris du groupe témoin positif ont développé des tumeurs (Skisak et al., 1994).

Kérosène de distillation directe (8008-20-6)

Étude de badigeonnage sur la peau
Des souris C3H/HeJ mâles (50 par groupe) ont été exposées à 50 mg de la substance d'essai (1 430 mg/kg p.c.)[e], [h] 2 fois par semaine pendant 80 semaines, ou jusqu'à la formation d'un papillome de 1 mm3 au moins. La substance d'essai a été appliquée sur la peau rasée de la région intrascapulaire. Dans 2 des groupes d'essai de la substance, 9 souris sur 30 et 4 souris sur 27 respectivement ont développé des tumeurs, avec une période de latence moyenne de 70 et de 62 semaines respectivement. Les groupes témoins négatifs, constitués de sujets rasés seulement (4 groupes) et exposés au toluène (7 groupes); au total, 0 et 3 souris ont développé des tumeurs dans ces groupes respectifs (Blackburn et al., 1986).

Étude de badigeonnage sur la peau
Des souris C3H/HeJ mâles (50 par groupe) ont été exposées à la substance d'essai MD-3 non diluée (1 170 mg/kg p.c.)[e], [i], [j] 2 fois par semaine, ou à une dilution à 50 % (580 mg/kg p.c.) 4 fois par semaine, ou à une dilution à 28,5 % (330 mg/kg p.c.) 7 fois par semaine (dans 50 mL) pendant 104 semaines. Un groupe témoin négatif a reçu 35 mL d'huile minérale 7 fois par semaine Les substances ont été appliquées sur la peau dorsale rasée. Aucune tumeur cutanée n'est apparue dans les groupes auxquels on a administré des concentrations de 0, 28,5 ou 50 % de la substance d'essai. Toutefois, 12 des 50 souris exposées à la substance d'essai à 100 % ont développé des tumeurs cutanées (carcinomes squameux, papillomes spinocellulaires, fibrosarcomes). L'irritation cutanée était plus grave dans ce groupe et on lui attribue un rôle possible dans la formation de tumeurs (CONCAWE, 1991).

Étude de badigeonnage sur la peau
L'exposition de 50 souris à raison de 2 fois par semaine à vie (> 2 ans) à 50 mL (1 170 mg/kg p.c.)[e], [i], [j] de la substance d'essai API 83-09 a entraîné 1 tumeur cutanée bénigne et 19 tumeurs cutanées malignes chez les sujets. La latence moyenne pour la formation des tumeurs est de 76 semaines (API, 1989b).

JP-5 Étude de badigeonnage sur la peau
Des souris B6C3F1 mâles et femelles (50 par groupe) ont été exposées à du carburant navigation JP-5 en concentrations de 0, 250 ou 500 mg/kg p.c. par jour, dans 0,1 mL d'acétone, 5 jours par semaine pendant 103 semaines (90 semaines dans le cas des femelles exposées à de fortes doses). On n'a observé aucune tumeur cutanée au site d'application, mais des carcinomes inguinaux sont apparus chez un mâle et une femelle exposés à de fortes doses, de même que chez un mâle exposé à faible dose. On a aussi constaté une incidence accrue des lymphomes malins chez les femelles exposées à de faibles doses (témoin : 7 sur 48; faible dose : 19 sur 49; forte dose : 5/47). Les femelles exposées à de fortes doses ont subi une diminution de la moitié environ du taux de survie (à 90 semaines) comparativement aux femelles exposées à de faibles doses observées à 105 semaines (17 sur 50 par rapport à 33 sur 50, respectivement); les premières montraient également de graves ulcérations cutanées qui ont nécessité le sacrifice des 17 femelles qui restaient dans le groupe exposé à de fortes doses 15 semaines avant celles des autres groupes. La baisse significative du taux de survie et le sacrifice précipité ont certainement contribué à l'impossibilité de dénombrer les femelles exposées à de fortes doses souffrant de lymphomes malins. Toutefois, le nombre plus élevé constaté dans le groupe exposé à de faibles doses (19 sur 49) se situe dans les plages historiques des souris témoins non traitées du même laboratoire (NTP, 1986).
Jet-A

Étude de badigeonnage sur la peau
Des souris C3H/HeN mâles et femelles (25 par sexe et par groupe) ont été exposées à 25 mg (710 mg/kg p.c.)[e], [h] de la substance d'essai à raison de 3 fois par semaine pendant 105 semaines. Des tumeurs cutanées (carcinomes squameux et fibrosarcomes) ont été observées chez 11 souris sur 43 après une exposition à la substance Jet-A dérivée du pétrole, avec une latence moyenne pour la formation de tumeurs de 79 semaines (Clark et al., 1988).

Une autre étude a examiné le rôle de l'irritation dans la formation de tumeurs cutanées. Un groupe de souris a reçu la substance d'essai trois fois par semaine, tandis qu'un autre groupe a reçu des doses intermittente, seulement quand les signes d'irritation cutanée s'estompaient. Dans le premier groupe, 44 % des souris ont développé des tumeurs cutanées, contre 2 % seulement dans le dernier groupe. Les auteurs ont conclu que l'irritation cutanée

chronique pourrait influer sur la tumorigénicité cutanée de cette substance (Freeman et al., 1993).

Génotoxicité in vivo 64741-87-3 Aberrations chromosomiques
Des rats SD mâles et femelles (10 par sexe et par groupe) ont été exposés par le corps entier à des concentrations de 0, 65, 300 ou 2 050 ppm (173, 796 ou 5 442 mg/m3) de la substance d'essai API 81-08, 6 h par jour pendant 5 jours. Un groupe témoin positif a reçu des injections PI de 0,8 mg/kg de triéthylènemélamine. Des prélèvements de moelle osseuse du tibia ont été faits 6 h après la dernière exposition chez le groupe expérimental et le groupe témoin négatif. Aucune induction d'aberrations chromosomiques n'a été relevée chez les groupes expérimental et témoin négatif, ni aucune toxicité systémique. (API, 1986e).
Kérosène de distillation directe

Aberrations chromosomiques
Les essais cytogénétiques sur la moelle osseuse de rats SD ont été négatifs pour 4 échantillons de kérosène (API, 1977, 1979, 1984, 1985c). Dans une étude, la substance d'essai API 83-09 a été administrée par injection intrapéritonéale (IP) en concentrations de 300, 1 000 et 3 000 mg/kg p.c.

Échange de chromatides sœurs
Le résultat a été positif chez des souris mâles, et négatif chez des souris femelles soumises à un essai par échange de chromatides (API, 1988).

Kérosène hydrodésulfuré

Aberrations chromosomiques
On a appliqué du kérosène hydrodésulfuré dans de l'huile de maïs par voie intrapéritonéale à des souris B6C3F1 (5 par sexe et par dose) en concentrations de 0, 400, 2 000 ou 4 000 mg/kg p.c. (USEPA, 2011). Une augmentation significative des aberrations chromosomiques a été induite chez des souris B6C3F1 mâles exposées à toutes les doses.

Aucune aberration structurelle ou chromosomique n'a été observée après l'administration IP de 0, 0,3, 1 ou 3 g/kg de kérosène hydrodésulfuré à des rats SD mâles et femelles (15 par sexe par dose) [USEPA, 2011; API, 1984].

JP-8

Induction de micronoyaux
On a observé une différence significative entre le nombre de micronoyaux dans le sang périphérique de souris femelles 72 h après une exposition par voie cutanée à du JP-8 (240 mg/souris, ou 300 µL) et le groupe témoin négatif (Vijayalaxmi et al., 2004).

 

Des souris C3H/H3NCR femelles, exposées par voie cutanée soit à 50, 100 ou 300 µL de JP-8 non dilué pendant 3 jours consécutifs; ; soit à 300 µL par semaine pendant 3 semaines, ou soit à 1 dose unique de 300 µL n'ont montré aucune augmentation du nombre de micronoyaux dans la moelle osseuse et le sang périphérique (Vijayalaxmi et al., 2006).

Jet-A

Aberrations chromosomiques
La substance d'essai a induit des aberrations chromosomiques dans la moelle osseuse de rats SD mâles et femelles exposés par inhalation pendant 20 jours à des concentrations de 100 ppm (736 mg/m3)[d], ou pendant 5 jours à des concentrations de 400 ppm (2 945 mg/m3)[d] (API 1979c; Conaway et al., 1984). On a noté de l'irritation nasale, des éternuements et une détresse respiratoire chez les sujets.

Mutagénicité
Un essai de létalité dominante a donné des résultats négatifs : des souris CD-1 mâles ont été exposées par inhalation à des concentrations de 100 et 400 ppm, à raison de 6 h par jour, 5 jours par semaine pendant 8 semaines (API, 1973, 1980b).

Induction de micronoyaux
On a observé une différence significative entre le nombre de micronoyaux dans le sang périphérique de souris femelles 72 h après une exposition par voie cutanée à la substance Jet-A (240 mg/souris, ou 300 µL) et le groupe témoin négatif (Vijayalaxmi et al., 2004).

Des souris femelles, exposées par voie cutanée soit à 50, 100 ou 300 µL de Jet-A non dilué pendant 3 jours consécutifs; ; soit à 300 µL par semaine pendant 3 semaines, ou soit à 1 dose unique de 300 µL n'ont montré aucune augmentation du nombre de micronoyaux dans la moelle osseuse et le sang périphérique (Vijayalaxmi et al., 2006).

Génotoxicité in vitro 64741-87-3 Mutagénicité
Des cellules L5178Y TK+/- du lymphome de la souris ont été exposées à la substance d'essai API 81-08 pendant 4 heures, en concentrations de 0,005 à 0,08 μL/mL, sans l'activation S9, et de 0,00004 à 0,8 μL/mL avec l'activateur S9 sur base de foie de rat traité avec de l'Aroclor. Il a fallu cinq essais pour confirmer l'absence de génotoxicité, en raison de la variation des taux de toxicité et des augmentations sporadiques de la fréquence des mutations (API, 1985c).
Kérosène de distillation directe Mutagénicité
La substance d'essai a donné des résultats négatifs et positifs par suite d'une exposition à 50 mL par plaque sur Salmonella typhimurium de la souche TA98, en utilisant le test d'Ames avec l'activateur S9 sur base de foie de rat traité avec de l'Aroclor. D'autres essais ont mesuré des indices de mutagénicité de 0 et 2,9; aucun HAP de 3 à 7 cycles n'a été mesuré dans l'échantillon (API, 1977, 1978, 1979; Blackburn et al., 1986; CONCAWE, 1991).
Dans le cadre d'un essai sur le lymphome de la souris mené conformément aux bonnes pratiques de laboratoire, le kérosène a donné des résultats positifs sans activation métabolique, mais des résultats équivoques avec activation (API, 1985d, cité dans API, 2003a). Dans une autre étude, le kérosène a donné des résultats négatifs (API, 1977).
Kérosène hydrodésulfuré

Lymphome de la souris
Aucune augmentation de la fréquence des mutations n'a été observée, avec ou sans activation des cellules L5178Y du lymphome de la souris. Les cellules ont été exposées à des concentrations de 0, 6,25, 12,5, 25, 37,5 nL/mL de kérosène hydrodésulfuré (API, échantillon 81-07) dans l'éthanol pendant 4 h, avec ou sans activation métabolique (USEPA, 2011, API, 1984).

Échange de chromatides sœurs
Aucune augmentation de l'incidence des ECS dans les cellules ovariennes de hamsters chinois, avec ou sans activation. Les cellules ont été exposées à des concentrations de 0,007 à 0,05 µL/mL de kérosène hydrodésulfuré (API, échantillon 81-07) dans l'acétone, avec ou sans activation métabolique (USEPA, 2011; API, 1988).

JP-8

Dommages à l'ADN
Augmentation globale des ruptures de brins et des lésions de l'ADN proportionnelle à l'augmentation de la concentration de JP-8 (3 à 20 µg/mL) dans les cellules d'hépatome (H4IIE) du rat comparativement aux groupes témoins exposés à l'éthanol, pour laquelle on note une action métabolique de la souche de la cellule (Grant et al., 2001).

Différence significative des dilutions de JP-8 (1:300 à 1:75) comparativement au groupe témoin pour ce qui concerne la moyenne sur la queue et le pourcentage moyen d'ADN lorsque le JP-8 [dilutions de 1:500 à 1:75] est exposé aux monocytes et aux lymphocytes périphériques de sang périphérique total de volontaires humains (Jackman et al., 2002).

JP-8+100 Dommages à l'ADN
Différence significative des dilutions de JP-8+100 (1:500 à 1:75) comparativement au groupe témoin pour ce qui concerne la moyenne sur la queue et le pourcentage moyen d'ADN lorsque le JP-8+100 (dilutions de 1:500 à 1:75) est exposé aux monocytes et aux lymphocytes périphériques de sang périphérique total de volontaires humains (Jackman et al., 2002).
JP-5

Mutagénicité
La substance d'essai ne s'est pas révélée mutagène à l'essai d'Ames (en concentrations de 0,1 à 10 mg par plaque), avec ou sans activateur S9 (foie de rat ou de hamster traité à l'Aroclor 1254). Des souches TA97, TA98, TA100 et TA1535 de Salmonella typhimurium ont été utilisées (NTP, 1986).

La substance d'essai a donné un résultat négatif à l'essai sur le lymphome de la souris (concentration de 10 mg par plaque), avec ou sans activation. Des cellules L5178 TK+/- ont été utilisées (NTP 1986).

Dommages à l'ADN
Différence significative des dilutions de JP-8 (1:300 à 1:75) comparativement au groupe témoin pour ce qui concerne la moyenne sur la queue et le pourcentage moyen d'ADN lorsque le JP-8 (dilutions de 1:500 à 1:75) est exposé aux monocytes et aux lymphocytes périphériques de sang périphérique total de volontaires humains (Jackman et al., 2002).

Jet-A Mutagénicité
La substance d'essai s'est révélée mutogène à l'essai sur le lymphome de la souris, avec activateur S9 (foie de souris ou de rat). Des cellules L5178 TK+/- ont été utilisées (Conaway et al., 1984). La substance donne un résultat négatif sans activation.
Études sur les humains Étude cas-témoin Une étude concernant 20 sièges de cancer différents a été menée auprès de 3 726 hommes atteints afin de déterminer le risque en excès de contracter un cancer donné en raison d'une exposition professionnelle à des liquides dérivés du pétrole. Les hommes exposés de façon importante aux essences aviation ou aux carburéacteurs (de type kérosène et large coupe) ont un risque en excès de contracter un cancer du rein (ratio d'incidence approchée rajusté = 3,9 et 3,4; intervalles de confiance de 90 % = 1,7 à 8,8 et 1,5 à 7,6 respectivement). Les groupes témoins étaient formés d'hommes atteints d'un cancer autre que celui du rein (Siemiatycki et al., 1987).
Étude transversale Une étude auprès de 63 employées de la United States Air Force a établi que celles qui respiraient des concentrations élevées d'hydrocarbures aliphatiques du JP-8 (moyenne = 280 ppb d'hexane à un décane) avaient un taux d'hormones lutéinisantes dans l'urine considérablement réduit (p = 0,007). De plus, on a noté une tendance à la baisse des hormones lutéinisantes dans l'urine (p = 0,1) et de prégnanediol-3-glucuronide (p = 0,08) à la phase moyenne lutéale dans le groupe exposé aux plus fortes concentrations dans l'air respirable (moyenne = 74 ppb) de BTEX (Reutman et al., 2002).
Étude transversale Un taux de prévalence supérieur des symptômes psychiatriques, un rendement moindre à certains tests psychologiques, et un ralentissement sensorimoteur sont signalés chez 30 travailleurs exposés à des vapeurs de carburéacteur (moyenne de 300 mg/m3, durée d'emploi moyenne de 17 ans) comparativement à un groupe témoin de 30 ou 60 personnes non exposées
(Knave et al., 1978, 1979).
Étude de cohorte Une cohorte de 2 182 militaires suédois exposés au kérosène aviation, au carburéacteur, au nitrate d'isopropyle (combustible de démarrage) et à l'essence aviation (pour moteurs à pistons) a été suivie pendant 9 à 10 ans. Dans certains lieux de travail, les niveaux d'exposition dépassaient 350 mg/m3. Le taux de mortalité s'est avéré significativement inférieur parmi le personnel de la force aérienne (moins de décès dus à des maladies cardiovasculaires) comparativement aux taux nationaux, et on a recensé 25 tumeurs malignes comparativement aux 29 attendues (Selden et Ahlborg, 1987).
Étude cas-témoin Au cours d'un vol, 2 pilotes militaires ont été exposés à des vapeurs de JP-5 dans l'habitacle. Les pilotes ont éprouvé des nausées, de la fatigue, des brûlures aux yeux, une coordination oculo-manuelle altérée, de l'euphorie et des troubles de mémoire (Porter, 1990).
Étude transversale Du personnel de l'armée américaine a été évalué eu égard aux effets médicaux et neurocomportementaux de l'exposition professionnelle au JP-8 à des niveaux élevés pendant 4 mois au moins (entretien et nettoyage des réservoirs de carburant), et les résultats ont été comparés à ceux de témoins non exposés. Des troubles de l'audition notables ont été associés à l'exposition professionnelle (Ritchie et al., 2001a).
Étude transversale Huit mécaniciens d'avion à réaction exposés en continu (moyenne = 25 ans) à des carburéacteurs ont été examinés eu égard aux effets sur leurs fonctions audiologiques et vestibulo-oculomotrices. Selon les résultats, l'exposition chronique au carburéacteur pourrait entraîner des déficits subtils des fonctions de haut niveau régies par le tronc cérébral (inhibition cérébelleuse, corticale, etc.) (Odkvist et al., 1987).
Étude transversale Une étude à l'aveugle sur l'inhalation de JP-8 dans un cadre professionnel a été menée auprès du personnel de la Garde nationale. Des niveaux d'exposition inférieurs à 50 mg/m3 ont entraîné des effets sur le système immunitaire, y compris une augmentation des taux plasmatiques de prostaglandine E2, y compris l'augmentation instantanée des neutrophiles et des éosinophiles, ainsi que la baisse du nombre total de leucocytes dans le sang périphérique (Harris, 2011).
[a] DL50, dose létale médiane; CL50, concentration létale médiane; DMENO, dose minimale avec effet nocif observé; CMENO, concentration minimale avec effet nocif observé; DSENO, dose sans effet nocif observé;
CSENO, concentration sans effet nocif observé.
[b] Densité, ρ = 0,747 g/mL (BP, 2000) a été utilisée pour la conversion du volume en mg/kg p.c. : (x mL/kg p.c. × ρ).
[c] Masse moléculaire de 170 g/mol utilisée pour la conversion des ppm en mg/m3 : (ppm × MM/24,45).
[d] Masse moléculaire de 180 g/mol utilisée pour la conversion des ppm en mg/m3 : (ppm × MW/24,45).
[e]À défaut du poids corporel (p.c.), la valeur de 35 g est utilisée pour les souris C3H (normes de laboratoire de Salem et Katz (2006) utilisées).
[f] Densité ρ = 0,678 g/mL d'après API, 2003b.
[g] La formule (x mL/kg p.c. × ρ) a été utilisée pour la conversion des valeurs en mg/kg p.c.
[h] La formule (x mg/p.c.) a été utilisée pour la conversion des valeurs en mg/kg p.c.
[i] Densité ρ = 0,817 g/mL utilisée.
[j] La formule (% fraction de dilution × x mL × ρ/p.c.) a été utilisée pour la conversion du volume en mg/kg p.c.

Détails de la page

2024-05-16