Résumé de l’évaluation de la mesure du rendement du volet écologique des composés inorganiques de l’arsenic
Introduction
Le gouvernement du Canada vise à réduire les risques que les substances toxiques posent à la population canadienne et à l’environnement au moyen de mesures de gestion des risques dans le cadre du Plan de gestion des produits chimiques. Les évaluations de la mesure du rendement constituent un élément important du processus global de gestion des produits chimiques. Ces évaluations informent la population canadienne de l’efficacité des mesures de gestion des risques en place pour les substances toxiques.
En 1993, le gouvernement a publié une évaluation de la Liste des substances d’intérêt prioritaire (LSIP) portant sur les risques associés à l’arsenic et à ses composés. L’évaluation a conclu que plusieurs composés inorganiques étaient toxiques pour la santé humaine et l’environnement. Pour cette raison, en 2000, le gouvernement a ajouté les composés inorganiques de l’arsenic à l’annexe 1, la Liste des substances toxiques, de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999). À la lumière des activités d’évaluation et des mesures de gestion des risques
Note de bas de page 1 menées antérieurement, le gouvernement a déterminé qu’il avait géré les risques associés aux composés inorganiques de l’arsenic. Cette gestion des risques a été assurée par la mise en œuvre de la Politique de gestion des substances toxiques et de mesures existantes concernant des secteurs industriels clés ou des polluants similaires. Par conséquent, le gouvernement n’a pas établi d’approche ou de stratégie de gestion des risques propre à l’arsenic.
Dans le cadre des évaluations de la mesure du rendement fondées sur une substance, il est important de déterminer si l’approche de gestion des risques adoptée par le gouvernement a donné lieu à des mesures de gestion des risques efficaces. Des mesures de gestion des risques efficaces permettent de progresser vers l’atteinte des objectifs environnementaux et des objectifs de gestion des risques associés à cette substance. Même si le gouvernement n’avait pas établi auparavant d’objectifs propres à l’arsenic, les objectifs suivants sont proposés aux fins de la présente évaluation en s’inspirant des objectifs de la Politique de gestion des substances toxiques et en tenant compte des objectifs proposés pour d’autres substances métalliques toxiques :
- Objectif de gestion des risques : Réduire autant que possible les rejets de composés inorganiques de l’arsenic causés par les activités humaines. Tenir compte des facteurs socioéconomiques dans l’établissement de ces cibles.
- Objectif environnemental : Réduire les rejets decomposés inorganiques de l’arsenic causés par les activités humaines au Canada. Veiller à ce que les rejets ne dépassent pas les concentrations causant des effets nocifs pour l’environnement. Tenir compte des concentrations de fond naturelles.
Le présent rapport évalue si les objectifs établis pour les composés inorganiques de l’arsenic ont été atteints, dans quelle mesure l’approche de gestion des risques du gouvernement du Canada a permis d’atteindre ces objectifs et si des mesures additionnelles sont nécessaires. Santé Canada évaluera l’efficacité des mesures prises par le gouvernement du Canada pour protéger la santé humaine.
Arsenic dans l’environnement
L’arsenic est un élément présent dans la croûte terrestre et couramment retrouvé dans les dépôts de combustibles tels que le charbon le pétrole et diverses formations géologiques. L’arsenic est mobilisé dans l’air, le sol et l’eau par des processus naturels tels que les éruptions volcaniques et l’altération des roches. L’arsenic peut se présenter sous différentes formes chimiques qui peuvent être classées comme composés organiques ou inorganiques. L’arsenic inorganique est hautement toxique pour les êtres humains et l’environnement.
Les activités humaines rejettent de l’arsenic dans l’environnement. Ces activités comprennent l’exploitation minière, la production de métaux, l’utilisation de pesticides, la production d’électricité à partir du charbon et l’élimination des déchets. Ces sources augmentent les concentrations d’arsenic, principalement dans les zones où se déroulent des activités industrielles ou ayant connu une utilisation passée de pesticides.
Une fois dans l’environnement, l’arsenic peut parcourir des centaines de kilomètres dans l’atmosphère. Il se dépose ensuite sur les terres ou dans les plans d’eau. Dans le sol, l’arsenic peut s’accumuler et entrer dans la chaîne alimentaire par l’intermédiaire des plantes. Dans l’eau, il peut se dissoudre ou se fixer aux particules et se déposer dans les sédiments. Dans certaines conditions, l’arsenic peut être remobilisé et présenter des risques à long terme pour les écosystèmes aquatiques.
L’arsenic s’accumule chez les espèces aquatiques et les plantes. Il persiste ainsi dans les réseaux trophiques. Il présente des risques écologiques parce qu’il se concentre dans les tissus et les organes d’espèces comme les poissons et les oiseaux. Les animaux touchés peuvent présenter des douleurs abdominales, un pouls faible et une déshydratation.
Principales conclusions
Rejets provenant des activités humaines
Les rejets d’arsenic au Canada ont diminué depuis 2002 selon les données de l’Inventaire national des rejets de polluants (INRP). Cela comprend les rejets provenant des secteurs préoccupants recensés dans l’évaluation de la LSIP de 1993.
Rejets atmosphériques
- Les émissions atmosphériques d’arsenic ont diminué de 86 % entre 2002 et 2022.
- Le secteur de la production de métaux et de minéraux est à l’origine de cette diminution.
- Les rejets atmosphériques provenant du secteur minier ont également diminué de près de 84 % au cours de la même période.
- Les émissions attribuables à la combustion du charbon ont diminué grâce à l’amélioration des mesures de lutte contre la pollution et au recours à des combustibles plus propres.
- Malgré ces diminutions, les secteurs minier et de la production de métaux et de minéraux demeurent les plus importantes sources industrielles de rejets atmosphériques d’arsenic.
Rejets dans l’eau
- Les rejets d’arsenic dans l’eau ont diminué de 32 % entre 2002 et 2022, principalement en raison des réductions observées dans le secteur minier.
- Les usines de traitement des eaux usées réduisent les rejets d’arsenic. Toutefois, le nombre croissant d’installations fait de ce secteur la deuxième plus importante source de rejets d’arsenic dans l’eau.Note de bas de page 2
- Les rejets dans l’eau provenant du secteur des pâtes et papiers ont également diminué.
- La contamination localisée demeure préoccupante à proximité des zones industrielles. Certains inventaires indiquent que les petites installations et les sites d’enfouissement rejettent davantage d’arsenic dans l’eau.
Rejets dans le sol
- Les rejets d’arsenic dans le sol sont stables et beaucoup moins importants que les rejets dans l’air ou dans l’eau.
- Les secteurs minier et des pâtes et papiers sont responsables de la majeure partie des rejets dans le sol déclarés à l’INRP, mais ces rejets ont diminué au fil du temps.
- Le lixiviat provenant des sites d’enfouissement révèle une contamination par l’arsenic dans certaines régions.
Élimination et traitement
- La quantité d’arsenic envoyée à des fins d’élimination et de traitement a augmenté. Cela indique une meilleure adoption de méthodes appropriées de gestion des déchets plutôt qu’un rejet direct dans l’environnement.
- Les quantités éliminées sont passées de moins de 10 millions de kg en 2005 à plus de 60 millions de kg en 2022, le secteur minier étant le principal contributeur.
- Au cours de la même période, le secteur de la production de métaux et de minéraux a également augmenté la quantité d’arsenic contenue dans les matières envoyées à des fins de traitement et de restauration.
Concentrations d’arsenic dans l’environnement
Arsenic dans l’air
- L’analyse des tendances montre que les concentrations d’arsenic dans l’air ont diminué d’environ 15 % entre 2004 et 2019.
- Les concentrations d’arsenic sont inférieures aux normes provinciales les plus strictes en matière de qualité de l’air.
- Les zones urbaines présentent des concentrations d’arsenic plus élevées que les sites ruraux et les sites de fond, bien que les concentrations observées au Canada soient faibles comparativement aux moyennes mondiales.
- Malgré les tendances à la baisse, des points chauds localisés persistent principalement dans les zones industrielles, notamment les régions minières et les secteurs situés à proximité des fonderies.
- D’importants rejets d’arsenic sont également observés lors des feux de forêt.
- La pollution par l’arsenic provenant des États-Unis touche également certaines régions du Canada.
- Le maintien des mesures réglementaires et des mesures de lutte contre la pollution demeure essentiel pour réduire les émissions d’arsenic et protéger la qualité de l’air dans les zones urbaines et industrielles.
Arsenic dans les milieux aquatiques
- Les concentrations d’arsenic dans l’eau et les poissons demeurent stables ou diminuent. Toutefois, les régions industrielles et agricoles présentent des concentrations plus élevées.
- Même si la plupart des sites de surveillance présentent des concentrations d’arsenic inférieures aux lignes directrices, des dépassements des lignes directrices sur la qualité de l’eau ont été observés à certains endroits du lac Ontario et dans certaines sections du fleuve Saint-Laurent.
- Les concentrations d’arsenic dans les sédiments continuent d’augmenter dans certaines régions, principalement dans les Grands Lacs, le fleuve Saint-Laurent et les régions industrielles.
- Les poissons provenant des régions industrielles et urbaines présentent des concentrations d’arsenic plus élevées. Toutefois, plus de 99 % des poissons respectent les lignes directrices fondées sur la santé pour la consommation.
Arsenic dans la faune
- L’arsenic s’accumule dans le foie et les reins des vertébrés. Les concentrations observées dans la faune canadienne demeurent faibles.
- Les chercheurs ont constaté des concentrations d’arsenic plus élevées chez la faune marine que chez les espèces d’eau douce ou terrestres.
- Certaines espèces sauvages vivant à proximité de sites contaminés localisés présentaient des charges corporelles d’arsenic plus élevées.
Gestion des risques
Depuis le début des années 1990, les efforts déployés pour gérer les risques environnementaux ont permis de réduire considérablement les émissions d’arsenic provenant des principales sources recensées dans l’évaluation de la LSIP. Ces réductions témoignent des progrès réalisés vers l’atteinte des objectifs de gestion des risques. À l’échelle nationale, les rejets d’arsenic sont passés de plus de 200 000 kg au début des années 2000 à moins de 50 000 kg au cours des dernières années, ce qui représente des progrès importants.
En 2022, sept règlements fédéraux permettaient de gérer environ la moitié des rejets d’arsenic au Canada.Note de bas de page 3 Trois règlements visaient directement les rejets d’arsenic : le Règlement sur les effluents des mines de métaux et des mines de diamants; la réglementation prise en vertu de la Loi sur les produits antiparasitaires; et le Règlement sur les mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et de matières recyclables dangereuses. L’ajout de l’arsenic au Règlement sur les effluents des fabriques de pâtes et papiers est également à l’étude.
Les autres rejets étaient visés par des mesures plus générales ciblant les métaux et les émissions de particules. Ces mesures comprennent des plans de prévention de la pollution, des ententes sur la performance environnementale et des codes de pratique. Elles ont amélioré les résultats, principalement dans le secteur de la fusion et de l’affinage des métaux communs, la plus importante source industrielle d’émissions d’arsenic.
Les efforts conjoints déployés dans le cadre du Conseil canadien des ministres de l’environnement concernant les eaux usées et les biosolides ont également permis de gérer efficacement les concentrations d’arsenic rejetées dans l’environnement. La collaboration internationale et intergouvernementale a permis de gérer efficacement les risques transfrontaliers liés à l’arsenic. Toutefois, les rejets provenant des États-Unis continuent d’avoir des répercussions au Canada, principalement à proximité des Grands Lacs.
Communication des risques
Le gouvernement pourrait améliorer l’accessibilité et la lisibilité de l’information destinée au public concernant les concentrations d’arsenic dans l’environnement. La mise à jour des pages Web et des sources d’information existantes pourrait aider un public plus vaste à mieux comprendre les risques associés aux substances chimiques présentes dans l’environnement.
Résultats de l’évaluation
Comme il a été mentionné précédemment, aucune stratégie de gestion des risques propre à l’arsenic n’a été élaborée. La présente évaluation examine plutôt les progrès réalisés par le gouvernement fédéral vers l’atteinte de ses objectifs visant à réduire les émissions d’arsenic et à protéger l’environnement canadien. Pour orienter cette évaluation, plusieurs indicateurs de rendement ont été établis et sont présentés ci-dessous.
Les concentrations environnementales d’arsenic sont-elles préoccupantes ou dépassent-elles les lignes directrices fondées sur les risques?
- Les concentrations d’arsenic sont bien gérées dans la plupart des régions et ne constituent pas une préoccupation généralisée.
- Les données de surveillance de la qualité de l’air montrent que les concentrations d’arsenic demeurent généralement conformes aux lignes directrices provinciales, même dans les zones industrielles et fortement peuplées, bien que certaines zones localisées demeurent préoccupantes.
- Les données de surveillance de l’eau indiquent que les concentrations d’arsenic sont stables ou en diminution, et que la plupart des sites présentent des concentrations inférieures aux lignes directrices visant la protection de la vie aquatique.
- Des cas isolés de concentrations d’arsenic dans les poissons supérieures aux limites établies par les lignes directrices ont été observés.
- Les concentrations d’arsenic mesurées chez les espèces sauvages correspondent aux concentrations de fond naturelles et demeurent stables ou en diminution chez la plupart des espèces. Toutefois, il n’existe pas de lignes directrices fondées sur les risques pour la faune, ce qui met en évidence une lacune dans l’évaluation des effets écologiques.
Existe-t-il des sites présentant des concentrations élevées d’arsenic?
- Des concentrations plus élevées d’arsenic dans l’air ont été détectées à certains sites, mais elles demeurent généralement inférieures aux lignes directrices établies en matière de qualité de l’air.
- Les concentrations élevées d’arsenic sont plus marquées dans les milieux aquatiques, principalement dans les sédiments à proximité des zones urbaines.
- Parmi les endroits où une accumulation d’arsenic dans les sédiments a été observée figurent notamment :
- Lac Ontario;
- Lac Huron;
- Montréal (Québec);
- Lac Banook (Nouvelle-Écosse);
- Rivière Cornwallis (Nouvelle-Écosse).
- Les sites contaminés, notamment les anciennes mines présentant des concentrations élevées d’arsenic, demeurent des préoccupations environnementales importantes. Bien que certains sites contaminés fassent l’objet de mesures de gestion actives, des risques à long terme pour les écosystèmes persistent.
- Les mines en exploitation peuvent contenir des concentrations élevées d’arsenic en raison de l’élimination de matières sur place. Ces matières sont actuellement gérées, mais pourraient présenter des risques importants si elles n’étaient pas prises en charge adéquatement.
Compte tenu de l’évolution des concentrations d’arsenic au fil du temps, des mesures de protection supplémentaires sont-elles nécessaires?
- Les rejets d’arsenic provenant des principaux secteurs industriels diminuent ou se stabilisent, comme l’indiquent les données de l’Inventaire national des rejets de polluants (INRP).
- Des mesures supplémentaires pourraient être nécessaires dans certains secteurs afin de maintenir la tendance à la baisse des rejets d’arsenic.
- Les quantités d’arsenic éliminées sur place, principalement dans le secteur minier, ont augmenté de façon importante. Une planification adéquate de la fermeture des sites et des travaux de restauration est essentielle pour prévenir les passifs environnementaux futurs, particulièrement si des entreprises cessent leurs activités de façon imprévue.
- Une surveillance environnementale supplémentaire pourrait être utile pour évaluer les effets des mesures de gestion récemment mises en œuvre dans certains secteurs et pour repérer les problèmes émergents.
- Les règlements récemment mis en œuvre dans le secteur de la production de métaux et de minéraux nécessitent du temps avant que leurs effets complets puissent être observés.
- Le secteur de l’électricité a réduit ses émissions d’arsenic grâce à l’amélioration des mesures de contrôle de la combustion et au recours à des combustibles plus propres. Une surveillance continue demeure nécessaire.
- Les sources de pollution en amont des installations de traitement des eaux usées devraient être examinées afin de permettre l’élaboration de stratégies de lutte contre la pollution plus ciblées.
- Les protocoles de surveillance devraient inclure les métaux traces comme l’arsenic dans les rejets atmosphériques et aqueux des fabriques de pâtes et papiers afin de repérer les sources de contamination.
Les entreprises mettent-elles pleinement en œuvre les pratiques exemplaires?
- Les entreprises canadiennes ont réalisé des progrès importants dans l’application des pratiques exemplaires, bien que des améliorations demeurent nécessaires et soient toujours en cours.
- Dans le secteur minier, les résultats découlant de mesures telles que le Règlement sur les effluents des mines de métaux et des mines de diamants
- indiquent que la plupart des entreprises respectent les limites applicables aux substances nocives dans les effluents, y compris l’arsenic;
- montrent également que le secteur a réduit de 54 % ses émissions atmosphériques d’arsenic entre 2005 et 2018.
- Le secteur de la fusion et de l’affinage des métaux communs a largement adopté les codes de pratique volontaires :
- quatre installations ont mis en œuvre en moyenne 92 % des recommandations qui leur étaient applicables, les quatre autres installations ont mis en œuvre 100 % des recommandations qui leur étaient applicables;
- selon les données de l’INRP, les rejets atmosphériques d’arsenic provenant de ce secteur sont passés de plus de 50 tonnes en 2005 à moins de 15 tonnes en 2023.
- L’examen de la mise en œuvre des recommandations contenues dans les trois codes de pratique visant le secteur du fer et de l’acier a révélé que plus de 90 % des recommandations avaient été mises en œuvre, tandis que l’entente sur la performance environnementale visant le secteur de l’agglomération du minerai de fer a également démontré des résultats mesurables.
- Le secteur des pâtes et papiers maintient un taux élevé de conformité, 97 % des essais de toxicité ayant été réussis depuis 2000.
Les données de surveillance actuelles sont-elles suffisantes pour évaluer les risques et les résultats environnementaux?
- Les données disponibles sur la surveillance de l’arsenic sont solides dans certains domaines, mais comportent des limites qui nuisent à une évaluation complète des résultats environnementaux.
- Les lacunes dans la surveillance, les différences dans les priorités de suivi et le comportement complexe de l’arsenic rendent difficile l’établissement de conclusions définitives.
- Les programmes fédéraux régionaux de surveillance de l’air sont principalement axés sur l’Ontario. Bien que le programme national de surveillance de l’air offre une couverture plus étendue, il ne comprend pas la spéciation des matières particulaires pour l’arsenic dans l’ensemble des provinces.
- Les programmes de surveillance sont principalement axés sur la région des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent. Les données demeurent limitées dans les provinces de l’Atlantique et en Colombie-Britannique.
- La surveillance de l’arsenic dans les eaux de surface et les poissons est étendue et couvre une vaste zone géographique.
- La surveillance de l’arsenic dans la faune couvre diverses régions du Canada, avec un accent particulier sur :
- les régions de l’Arctique;
- les zones d’activité industrielle;
- les milieux marins;
- les régions agricoles et forestières;
- les milieux d’eau douce.
- Les programmes de surveillance ciblent en priorité les zones où les risques de contamination sont connus ou potentiels, notamment les régions touchées par des activités industrielles, les régions agricoles et les secteurs ayant connu une utilisation historique de pesticides.
- Les programmes de surveillance accordent également la priorité aux écosystèmes sensibles, comme les régions de l’Arctique, en raison de leur vulnérabilité.
- Cette approche ciblée permet d’utiliser efficacement les ressources en concentrant les efforts de surveillance là où les risques sont les plus élevés.
Conclusions générales relatives aux objectifs
L’objectif environnemental proposé a été atteint dans une large mesure, malgré l’absence d’une stratégie de gestion des risques propre à l’arsenic.
- Les rejets d’arsenic d’origine anthropique ont généralement été réduits à des niveaux qui ne causent pas d’effets nocifs sur l’environnement.
- Il n’est pas possible d’assurer une surveillance de tous les sites au Canada. Il demeure difficile de repérer les zones où plusieurs sources d’arsenic sont présentes.
- En raison d’une couverture limitée, les programmes de surveillance peuvent ne pas détecter la présence d’arsenic dans certaines régions éloignées. La surveillance ciblée peut également ne pas détecter des sources émergentes de pollution par l’arsenic ou des problèmes localisés à l’extérieur des zones déjà reconnues comme présentant un risque élevé.
Le gouvernement progresse vers l’atteinte de l’objectif proposé de gestion des risques.
- Certains secteurs, comme celui de la production de métaux, ont amélioré leur rendement grâce à l’adoption de technologies de lutte contre la pollution plus efficaces.
- À mesure que les technologies environnementales évoluent, les normes devront être réexaminées afin d’assurer le maintien des progrès réalisés.
- Une vigilance continue et des mesures proactives sont essentielles pour soutenir les objectifs à long terme en matière d’environnement et de santé publique.
Recommandations
Les données recueillies sur l’arsenic permettent de bien comprendre ses effets sur l’environnement. Elles contribuent également à déterminer les mesures qui pourraient être prises pour continuer à réduire les risques associés à cette substance. Les recommandations ci-dessous visent principalement les mesures requises pour la gestion de l’arsenic. Toutefois, il importe de reconnaître que l’arsenic n’est qu’une des nombreuses substances et priorités dont s’occupe le gouvernement fédéral. Par conséquent, ces recommandations devraient être examinées et mises en œuvre en complément d’autres programmes pertinents afin d’optimiser l’efficacité des interventions visant l’arsenic et les autres substances préoccupantes.
Inventaires des émissions
- Poursuivre la collecte de données au moyen de programmes de déclaration comme l’INRP. Lorsque cela est possible, envisager d’élargir les activités afin d’inclure des installations industrielles qui ne sont actuellement pas assujetties aux exigences de déclaration de l’INRP, ce qui pourrait aider à repérer de nouvelles sources et à obtenir une meilleure vue d’ensemble de la situation.
- Améliorer les méthodes de collecte des données. Assurer la qualité, la cohérence et la comparabilité des données au fil du temps. Maintenir une déclaration continue afin de suivre les tendances à long terme.
- Des programmes d’inventaire comme l’Inventaire des émissions de polluants atmosphériques (IEPA) pourraient être élargis afin d’inclure l’arsenic et ainsi permettre d’estimer les rejets provenant de sources non industrielles.
- Des programmes tels que l’Outil d’inventaire des polluants affectant les baleines et leurs proies (OIPABP) pourraient être étendus à d’autres régions géographiques afin de combler les lacunes en matière de données sur le ruissellement des eaux de surface.
Rejets
Tous les secteurs
- Continuer à promouvoir la prise en compte des lignes directrices environnementales par l’industrie afin de réduire les rejets d’arsenic, particulièrement dans les zones urbaines et industrielles.
- Maintenir ou renforcer, selon le cas, les activités de surveillance visant à évaluer le rendement des secteurs industriels concernés.
Exploitation minière
- Promouvoir des pratiques durables d’élimination des déchets permettant le confinement et le traitement sécuritaires des matières résiduelles afin de prévenir toute contamination future.
- Poursuivre les activités de surveillance et d’application de la loi tout au long du cycle d’exploitation des mines.
Production des métaux et des minéraux
- Les efforts fédéraux pour réduire les émissions d’arsenic dans ce secteur devraient se poursuivre.
- Une collecte d’information plus approfondie pourrait favoriser l’élaboration de mesures réglementaires plus efficaces et de stratégies d’atténuation mieux ciblées.
Électricité et combustion
- Continuer à appuyer la transition des combustibles fossiles vers des sources d’énergie de remplacement et renouvelables afin de maintenir de faibles émissions d’arsenic.
- En collaboration avec l’industrie, veiller à ce que la biomasse utilisée comme matière première soit exempte de produits chimiques ajoutés et de contaminants afin d’éviter l’introduction d’arsenic.
- Les pratiques énergétiques durables devraient privilégier des sources d’énergie propres et à faibles émissions afin de réduire au minimum les répercussions sur l’environnement.
Déchets, eaux usées et biosolides
- Continuer d’appuyer la coordination des travaux par l’intermédiaire du Conseil canadien des ministres de l’environnement.
- Continuer de collaborer avec les provinces et les territoires afin d’harmoniser les normes et d’examiner des stratégies nationales visant à réduire les déchets et les risques environnementaux qui y sont associés.
- Encourager l’utilisation de procédés efficaces de traitement des eaux usées afin de réduire les rejets d’arsenic dans les plans d’eau.
- Envisager la réalisation d’une étude exhaustive visant à évaluer la contribution relative des différentes sources en amont des stations de traitement des eaux usées afin d’appuyer l’élaboration d’une stratégie ciblée de réduction de l’arsenic provenant de ces sources.
Autres sources
- Lorsque les ressources le permettent, envisager de réaliser des études sur les métaux, y compris l’arsenic, afin de repérer de nouvelles sources de contamination ou des problèmes localisés, notamment dans des secteurs comme celui des pâtes et papiers.
Médias environnementaux
Air
- Poursuivre la surveillance des concentrations d’arsenic dans l’air, particulièrement dans les zones à forte circulation et les zones industrielles.
- Mener des recherches supplémentaires pour déterminer les sources d’arsenic à proximité des corridors de transport.
- Lorsque les ressources le permettent, envisager le recours à des échantillonneurs passifs de l’air à faible coût afin d’étendre la surveillance aux régions où les données sont limitées.
- Sensibiliser davantage le public aux effets des feux de forêt sur la qualité de l’air et les rejets d’arsenic, ainsi qu’au lien entre les changements climatiques et les feux de forêt.
- Des recherches supplémentaires sont nécessaires sur les effets du transport atmosphérique à grande distance.
Sédiments
- Lorsque les ressources le permettent, envisager d’étendre la surveillance des sédiments dans les Grands Lacs et dans d’autres régions touchées afin de repérer la contamination par l’arsenic dans de nouvelles zones.
- Effectuer une surveillance périodique dans les secteurs présentant une contamination importante par l’arsenic afin de suivre les tendances et d’évaluer les effets à long terme.
Eaux de surface
- Poursuivre la surveillance des concentrations d’arsenic dans les océans, les rivières, les lacs et les précipitations, particulièrement à proximité des sites préoccupants.
- Mettre en œuvre une surveillance ciblée dans les endroits où les programmes de surveillance détectent des concentrations élevées d’arsenic ou des dépassements des lignes directrices.
Poissons
- Poursuivre la surveillance des concentrations d’arsenic chez les poissons, en mettant l’accent sur les profils d’accumulation propres aux différentes espèces.
- Accorder la priorité à la surveillance dans les secteurs où les concentrations d’arsenic chez les poissons sont plus élevées afin de mieux évaluer les risques.
Faune
- Poursuivre la surveillance de l’exposition de la faune à l’arsenic, particulièrement à proximité des sites contaminés comme les mines abandonnées.
- Réaliser davantage de recherches sur les effets de l’arsenic chez les différentes espèces.
Autres milieux
- Envisager la surveillance du ruissellement des eaux de surface et du lixiviat des lieux d’enfouissement afin d’améliorer les connaissances sur les rejets et de mieux comprendre les répercussions environnementales potentielles de l’arsenic.
Recommandations générales
- Les pages Web existantes du gouvernement fédéral devraient être optimisées pour permettre au public de trouver plus facilement de l’information sur les substances chimiques toxiques.
- Les outils et produits de communication devraient être améliorés ou mis à jour, au besoin, afin d’accroître leur attrait et d’offrir un meilleur accès à l’information à un public plus vaste.
- Il est recommandé d’effectuer d’ici 2035 une évaluation de suivi du rendement des mesures de gestion des risques visant l’arsenic afin d’évaluer la mise en œuvre de nouvelles mesures, lorsqu’elles sont justifiées, et de recueillir des données supplémentaires sur le rendement et l’état de l’environnement. Ces données seront essentielles aux futures évaluations et aux futurs efforts de gestion des risques.