Évaluation préalable finale éthane propane 2-Méthylpropane n-butane butane (linéaire et ramifié)

NE d’enregistrement du chemical abstracts service

  • 74-84-0
  • 74-98-6
  • 75-28-5
  • 106-97-8
  • 68513-65-5

Environnement Canada

Santé Canada

 

Novembre 2017

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Résumé

En vertu des articles 68 ou 74 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (LCPE), la ministre de l’Environnement et la ministre de la Santé ont procédé à une évaluation des cinq substances décrites ci-après. Ces substances ont été identifiées comme d’intérêt prioritaire pour une évaluation, car elles satisfont aux critères de catégorisation du paragraphe 73(1) de la LCPE ou présentent d’autres inquiétudes pour la santé humaine. Le numéro d’enregistrement du Chemical Abstracts Service (NE CAS Note de bas de page 1  ), le nom sur la Liste intérieure et le nom commun de ces substances sont présentés dans le tableau ci-dessous.

NE CAS(1)

Nom sur la Liste intérieure

Nom commun

74-84-0

Éthane

Éthane

74-98-6

Propane

Propane

75-28-5

Isobutane

2-Méthylpropane

106-97-8

Butane

n-Butane

68513-65-5a,b

Butane ramifié et linéaire

Butane, linéaire et ramifié

a Ce composé est un UVCB (substances de composition inconnue ou variable, produits de réaction complexes ou matières biologiques).

b Cette substance n’a pas été catégorisée conformément au paragraphe 73(1) de la LCPE, mais a été incluse dans la présente évaluation, car elle a été désignée comme étant prioritaire, d’après d’autres préoccupations relatives à la santé humaine.

L’éthane, le propane, l’isobutane, le butane et le butane (linéaire et ramifié) constituent généralement des composants ou sont dérivés de substances pétrolières plus complexes, comme le pétrole ou les gaz de raffinerie. Le pétrole et les gaz de raffinerie, y compris les gaz de pétrole liquéfiés, ont déjà fait l’objet d’une évaluation par le gouvernement du Canada. Bien que ces évaluations traitent de substances qui peuvent contenir de l’éthane, du propane et/ou des butanes comme composants, la présente évaluation couvre l’éthane, le propane, l’isobutane, le butane et le butane (linéaire et ramifié) en tant que substances individuelles et non en tant que composants d’autres substances complexes. De même, alors que l’isobutane et le butane contenant du 1,3‑butadiène ont déjà fait l’objet d’évaluations, ces évaluations ne traitaient que des dangers associés au 1,3-butadiène. La présente évaluation traite donc spécifiquement de l’isobutane et du butane en l’absence de 1,3-butadiène. 

Les substances visées par la présente évaluation servent principalement de combustibles domestiques ou industriels et comme matière première dans les raffineries et pour la synthèse de composés chimiques. Le propane, l’isobutane et le butane peuvent aussi être utilisés comme gaz propulseur pour aérosol dans des pulvérisateurs tels que ceux pour assainisseur d’air, produits de nettoyage, peinture en aérosol ou lubrifiant. En raison de leur profil d’utilisation et de leur pression de vapeur élevée, ces cinq substances peuvent être rejetées dans l’air ambiant durant leur manipulation ou leur utilisation.

L’exposition dans l’environnement à ces substances est principalement celle des organismes terrestres par inhalation. Les concentrations environnementales de ces substances mesurées dans l’air sont trois ordres de grandeur inférieures aux concentrations sans effet nocif observé lors d’études en laboratoire.

Compte tenu de tous les éléments de preuve contenus dans la présente évaluation préalable, l’éthane, le propane, l’isobutane, le butane ou le butane (linéaire ou ramifié) présentent un faible risque d'effets nocifs sur les organismes et sur l'intégrité globale de l'environnement. Il est conclu que l’éthane, le propane, l’isobutane, le butane ou le butane (linéaire ou ramifié) ne satisfont pas aux critères énoncés aux alinéas 64(a) et 64(b) de la LCPE, car ils ne pénètrent pas dans l’environnement en une quantité ou concentration ou dans des conditions de nature à avoir, immédiatement ou à long terme, un effet nocif sur l’environnement ou sur la diversité biologique, ou à mettre en danger l’environnement essentiel pour la vie.

En ce qui concerne la santé humaine, en se basant sur des classifications par d’autres organismes nationaux ou internationaux de leur carcinogénicité, de leur génotoxicité, de leur toxicité pour le développement ou la reproduction, ces substances n’ont pas été considérées comme posant un risque élevé.

L’exposition de la population générale à ces substances peut avoir lieu à partir de l’air intérieur et extérieur, et en particulier à proximité d’installations pétrolières ou industrielles. Les niveaux d’exposition sont de plusieurs ordres de grandeur inférieurs aux niveaux pour lesquels aucun effet nocif n’a été démontré lors d’études en laboratoire. De même, les expositions limitées associées à l’utilisation de produits domestiques ou de soins personnels contenant du propane, du butane ou de l’isobutane comme gaz propulseur ne sont pas considérées dangereuses pour la santé humaine.

À la lumière des renseignements contenus dans la présente évaluation préalable, il est conclu que l’éthane, le propane, l’isobutane, le butane et le butane (linéaire et ramifié) ne satisfont à aucun des critères énoncés à l’alinéa 64(c) de la LCPE, car ils ne pénètrent pas dans l’environnement en une quantité ou concentration ou dans des conditions de nature à constituer un danger au Canada pour la vie ou la santé humaines.

Il est conclu que l’éthane, le propane, le 2‑méthylpropane, le n-butane et le butane (linéaire et ramifié) ne satisfont à aucun des critères de l’article 64 de la LCPE.

1. Introduction

En vertu des articles 68 et 74 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (LCPE), la ministre de l’Environnement et la ministre de la Santé procèdent à des évaluations de substances afin de déterminer si elles présentent ou peuvent présenter un risque pour l’environnement ou la santé humaine.

L’éthane, le propane, le 2-méthylpropane, le n-butane et le butane (linéaire ou ramifié) ont été considérés comme d’intérêt prioritaire pour une évaluation, car ils satisfont aux critères de catégorisation du paragraphe 73(1) de la LCPE ou suscitent d’autres inquiétudes pour la santé humaine. Le butane (linéaire ou ramifié) est un UVCB simple (substances de composition inconnue ou variable, produits de réaction complexes ou matières biologiques) composé de deux des substances visées par la présente évaluation (2-méthylpropane et n-butane) en proportions variables. Les renseignements sur le butane (linéaire ou ramifié) étant limités, le 2-méthylpropane et le n-butane ont été utilisés comme analogues.

L’éthane, le propane, le 2-méthylpropane, le n-butane et le butane (linéaire ou ramifié) constituent généralement des composants ou sont dérivés de substances pétrolières plus complexes, comme le pétrole ou les gaz de raffinerie. Le pétrole et les gaz de raffinerie, y compris le gaz de pétrole liquifié, ont déjà fait l’objet d’une évaluation par le gouvernement du Canada (Environnement Canada, Santé 2013, 2014a, 2014b). Bien que ces évaluations traitent de substances qui peuvent contenir de l’éthane, du propane et/ou des butanes comme composants, la présente évaluation couvre l’éthane, le propane, le 2-méthylpropane, le n-butane et le butane (linéaire ou ramifié) en tant que substances individuelles et non en tant que composants d’autres UVCB. De même, alors que le 2-méthylpropane et le butane contenant du buta-1,3-diène ont déjà fait l’objet d’une évaluation (Environnement Canada, Santé Canada 2009), cette évaluation ne traitait que des dangers associés au buta-1,3-diène. La présente évaluation traite donc spécifiquement du 2-méthylpropane et du butane en l’absence de buta-1,3-diène. 

Pour la présente évaluation préalable, nous avons tenu compte de renseignements sur les propriétés chimiques, le devenir dans l’environnement, les risques, les utilisations et l’exposition, y compris de renseignements soumis pas des parties intéressées. Des données pertinentes ont été identifiées jusqu’en avril 2016. Pour tirer nos conclusions, nous avons aussi utilisé des données empiriques tirées d’études clés, ainsi que certains résultats obtenus avec des modèles et des résultats de surveillance.

La présente évaluation préalable a été préparée par le personnel des programmes d’évaluation des risques de la LCPE menés à Santé Canada et à Environnement et Changement climatique Canada. Elle comprend des intrants d’autres programmes menés dans ces ministères. Des commentaires sur la partie ayant trait à l’environnement ont été soumis par Mr Geoff Granville (G C Granville Consulting Corp.). En outre, l’ébauche de la présente évaluation préalable a été l’objet d’une période de commentaires publics de 60 jours. Bien que des commentaires externes aient été pris en compte, Santé Canada et Environnement Canada assument l’entière responsabilité du contenu final et des résultats de la présente évaluation préalable.

La présente ébauche d’évaluation préalable est centrée sur des renseignements critiques pour déterminer si ces substances satisfont aux critères de l’article 64 de la LCPE. Pour ce faire, nous avons examiné des renseignements scientifiques et suivi une approche basée sur le poids de la preuve et le principe de précaution Note de bas de page 2  . Dans la présente évaluation préalable, nous présentons les renseignements critiques et les considérations à partir desquels nous avons tiré nos conclusions.

2. Identité des substances

L’éthane, le propane, le 2-méthylpropane, le n-butane et le butane (linéaire ou ramifié) constituent une catégorie d’hydrocarbures saturés, légers, produits à partir du gaz naturel ou pendant le raffinage du pétrole brut (Benz et al. 1960; Barber 2006; Thompson et al. 2011; Wiley 2007). Dans le tableau 2-1, nous donnons le nom du registre du Chemical Abstracts Service (NE CAS), le nom sur la Liste intérieure des substances (LIS) et le nom commun de ces substances individuelles.

Tableau 2‑1. Identité des substances

Tableau 2‑1. Identité des substances





Le butane (linéaire et ramifié) est une substance qui contient du n-butane et du 2‑méthylpropane. Comme nous n’avons trouvé aucune donnée sur ce composé, nous avons utilisé des données déduites d’analogues, soit le 2-méthylpropane et le n‑butane, sauf indication contraire. Nous ferons collectivement référence au 2‑méthylpropane, au n‑butane et au butane (linéaire et ramifié) en tant que butanes.

3. Propriétés physiques et chimiques

Nous présentons dans les tableaux A-1 à A-4 de l’Annexe A les propriétés chimiques et physiques de l’éthane, du propane, du 2-méthylpropane et du n-butane disponibles dans la littérature. Aux conditions standards de température et de pression, l’éthane, le propane et les butanes sont des gaz. Ces substances peuvent être comprimées pour obtenir des liquides hautement volatils.

4. Sources et utilisations

L’éthane, le propane et les butanes sont présents naturellement dans le pétrole brut et le gaz naturel, et sont isolés de ces produits dans des installations industrielles dont des raffineries de pétrole et des usines à gaz. L’éthane, le propane et les butanes peuvent représenter jusqu’à 20 % du gaz naturel utilisé pour le chauffage et la cuisson domestiques. Parmi d’autres utilisations du gaz naturel, on retrouve la production d’énergie et le transport (Natural Gas 2015). 

En 2011, la fourniture totale de ces substances au Canada, qui inclut la production et l’importation, était de 12 850 000 m3 d’éthane, 10 908 000 m3 de propane et 7 714 600 m3 de butane (y compris de 2-méthylpropane) (Statistique Canada 2012).

Au Canada, et à travers le monde, l’éthane, le propane et les butanes ont de nombreuses utilisations, y compris par l’industrie, pour le transport, dans le commerce et les résidences. L’éthane est utilisé industriellement comme combustible et additif de combustible, comme intermédiaire de production, dans des agents échangeurs d’ions, des additifs pour peintures et revêtements, des pigments, des plastifiants et des adjuvants (Bolton et al. 2008). Le propane est utilisé industriellement dans des adhésifs et des composés d’étanchéité, des adsorbants, des combustibles, des intermédiaires, des agents échangeurs d’ions, des composés chimiques de laboratoire et des agents propulseurs/gonflants (Bolton et al. 2008). Le butane a des utilisations similaires, et est aussi utilisé pour le traitement et la production du pétrole et pour la formulation de solvants (Bolton et al. 2008). Le 2-méthylpropane a des utilisations similaires, et est aussi utilisé pour le placage et le traitement de surface (Bolton et al. 2008). Il est difficile de différencier les utilisations du propane et des butanes de celles des gaz de pétrole liquéfiés (GPL), car bien souvent les composants des GPL (propane et butanes) sont indiqués comme ingrédients plutôt que les GPL. Il est courant de faire référence ou d’indiquer la présence de GPL sous le terme « propane ». Dans certains cas, il n’est pas possible de faire la différence entre GPL et propane/butanes. Des alcanes à courte chaîne sont aussi largement utilisés comme matière première pour la production d’éthylène ou d’autres composés pétrochimiques (communication d’Environnement et Changement climatique Canada avec l’Association canadienne de l’industrie de la chimie, mai 2015; non référencé).

Le propane, le 2-méthylpropane et le n-butane sont inscrits en tant que formulants sur la Liste des formulants de l’ARLA de Santé Canada (ARLA 2010). D’après les déclarations soumises à Santé Canada en vertu du Règlement sur les cosmétiques, le propane, le n‑butane et le 2‑méthylpropane étaient présents dans 703 produits uniques, dont 273 contenaient ces trois substances (communication personnelle de la Direction de la sécurité des produits de consommation de Santé Canada, 2016). L’utilisation comme additif alimentaire du propane, du 2‑méthylpropane ou du n‑butane est autorisée (gaz propulseur et agent distributeur sous pression) en vertu du Règlement sur les aliments et drogues (courriel de la Direction des aliments de Santé Canada adressé au Bureau d’évaluation du risque des substances existantes; non référencé). L’éthane n’a été déclaré que sous forme de traces dans deux produits, et le butane (linéaire et ramifié) n’a pas été déclaré.

Une recherche supplémentaire sur ces substances dans le Household Products Database des États-Unis a permis d’identifier de nombreux produits de consommation contenant du propane, du n-butane ou du 2-méthylpropane, avec une utilisation dominate en tant que gaz propulseur pour aérosol (HPD 2015) Note de bas de page 3  . Le propane, le n‑butane et le 2-méthylpropane sont souvent présents dans un même produit, probablement en tant que composants d’un GPL utilisé comme ingrédient pour le produit de consommation. Parmi ces types de produits, on retrouve des adhésifs et des produits d’étanchéité, des produits pour l’entretien automobile, des produits pour le traitement de textiles, des nettoyants domestiques (p. ex. à utiliser sur l’acier inoxydable, le verre ou les meubles), des assainisseurs d’air, des détachants domestiques, des désinfectants (p. ex. produit pour les mains, aérosol pour désinfecter l’air), des aérosols pour lubrifier ou prévenir la corrosion) et des peintures et revêtements (peintures en aérosol). Les recherches sur l’éthane dans les bases de données sur les produits domestiques ont permis d’identifier trois produits, pour lesquels aucune concentration n’était indiquée, suggérant que l’éthane peut n’être présent que sous forme de trace.

5. Rejets dans l’environnement

L’éthane, le propane et les butanes peuvent être rejetés lors de l’extraction du pétrole et du gaz naturel, ainsi que durant le traitement et le raffinage de ces derniers dans des installations pétrolières. Ils peuvent aussi être rejetés lors du moussage ou du gonflement de matériaux (Bolton et al. 2008). De l’éthane peut être rejeté dans l’environnement à partir de divers circuits de déchets, y compris lors de sa production ou de son utilisation comme matière première pour la production d’éthylène, de chlorure de vinyle ou d’hydrocarbures chlorés. Il peut aussi être rejeté lors de son utilisation comme réfrigérant (SRC 2005). De plus, la production de pétrole de schiste peut être une source importante d’émission d’éthane (Kort 2016).

Des rejets de propane et de butanes ont été déclarés à l’Inventaire national de rejets de polluants (INRP) du Canada. En 2014, les masses totales de propane et de butanes rejetées dans l’air par tous les secteurs étaient respectivement d’environ 6 667 000 et 11 900  000 kg. La plupart de ces rejets étaient associés aux installations du secteur pétrolier, comme celles pour l’extraction du pétrole et du gaz, celles de raffinage, les pipelines et celles de production de composés pétrochimiques (INRP 2015). Les rejets de ces substances par les installations pétrolières devraient être principalement ceux de divers gaz de pétrole UVCB qui se disperseraient dans l’atmosphère à proximité d’une installation sous forme d’émissions fugitives provenant, par exemple, de l’équipement de traitement, des vannes et des brides. 

Le Réseau national de surveillance de la pollution atmosphérique (RNSPA) a rapporté des concentrations annuelles moyennes d’éthane, de propane, de 2-méthylpropane et de n-butane dans l’air ambiant pour l’année civile 2013 (RNSPA 2014). La gamme de concentrations moyennes de ces substances a été déterminée pour 46 sites à travers le Canada (tableau 5-1).

Tableau 5-1. Gamme des concentrations annuelles moyennes dans l’air de l’éthane, du propane, du 2-méthylpropane et du n-butane, au Canada en 2013

Substance

Gamme de concentrations (µg/m3)

Éthane

1,18 à 9,75

Propane

0,92 à 21,72

2-Méthylpropane

0,22 à 17,80

n-Butane

0,46 à 38,75

L’analyse des données du RNSPA a permis de montrer que les concentrations moyennes les plus élevées du tableau 5-1 étaient enregistrées à proximité des installations pétrolières.

Les rejets par les installations industrielles et les concentrations atmosphériques qui en découlent ont été quantifiés lors de plusieurs études. Simpson et al. (2013) ont mesuré les concentrations d’éthane, de propane, de 2-méthylpropane et de n-butane aux alentours du cœur industriel de l’Alberta, le plus important centre de traitement des hydrocarbures au Canada. Les mesures ont été faites pendant une période de 2 jours au moyen de plusieurs cartouches Summa, avec une période d’échantillonnage d’une minute (tableau 5-2).

Tableau 5-2. Concentrations atmosphériques de l’éthane, du propane, du 2 méthylpropane et du n-butane (en µg/m3) aux alentours du coeur industriel de l’Alberta

Substance

Minimum détecté

Maximum détecté

Moyenne au vent (fond moyen)

Moyenne sous le vent (valeur pour le panache; moyenne des données au 90e percentile)

Éthane

1,38

15,3

1,62

9,64

Propane

0,52

80,23

0,93

20,98

2-Méthylpropane

0,12

62,03

0,21

24,98

n-Butane

0,2

119,2

0,45

52,12

De février 2006 à mars 2007, Alberta Environment (2008) a réalisé des mesures de propane, de 2-méthylpropane et de n-butane à proximité de deux sites industriels et sur deux sites de fond dans la région de Fort Saskatchewan-Redwater au nord-est d’Edmonton. Les sites industriels étaient une usine de traitement de grains et de graines oléagineuses (Bunge Canada) et une usine de production de composés organiques (Oxyvinyls/Gulf Chemicals). Les concentrations les plus élevées de  n‑butane (8,24 µg/m3) et de 2-méthylpropane (4,45 µg/m3) ont été mesurées sur un site de fond. La concentration la plus élevée de propane (13,5 µg/m3) a été mesurée près de l’usine de Bunge Canada.

La Clean Air Strategic Alliance (CASA) (un organisme de surveillance de la qualité de l’air de l’Alberta) possède des données très limitées sur le propane mesurées à trois stations pour la période 2009-2012. La concentration la plus élevée de propane mesurée était de 21 µg/m3 (communication personnelle entre Environnement Canada et l’Association canadienne de l’industrie de la chimie 2015, non référencé). Ces concentrations se situent dans la gamme des concentrations du RNSPA (2014) et de Simpson et al. (2013).

Les données de surveillance sur les hydrocarbures autres que le méthane (HCAM) (un terme qui couvre plusieurs substances dont l’éthane, le propane et les butanes) fournissent d’autres renseignements sur les rejets industriels. Des données horaires sur les HCAM ambiants ont été collectées à deux emplacements du site de NOVA Chemicals Joffre, en Alberta près des stations de mesure du gazoduc à éthane et gaz naturel (NOVA Chemicals 2015). Une des stations de surveillance est adjacente à un gazoduc qui transporte 15 % du gaz naturel de l’Alberta, et les mesures élevées enregistrées peuvent résulter d’émissions fugitives par ce gazoduc et les stations de mesure (courriel de Nova Chemicals à ECCC, 2015, non référencé). La valeur de mesure horaire la plus élevée entre janvier 2010 et janvier 2014 (sur un total de 82 384 heures) était de 14,4 ppm (équivalent à environ 26 mg/m3), alors que la plupart des résultats pour les HCAM totaux horaires (99 %) étaient inférieurs à 1 ppm (environ 1,8 mg/m3) (NOVA Chemicals 2015).

L’utilisation de propane et de butanes comme gaz propulseur pour aérosol dans des produits domestiques et d’autres produits vendus aux consommateurs font de ces produits une source de rejet dans les résidences. Toutefois, la quantité moyenne de gaz utilisé comme propulseur est bien plus faible que les quantités utilisées pour le chauffage, la cuisson et les carburants automobiles.  

6. Comportement et devenir dans l’environnement

En raison de leur pression de vapeur élevée, de leurs utilisations et des rejets rapportés, de l’éthane, du propane et des butanes devraient être rejetés dans l’air ambiant lors de leur manipulation et de leur utilisation. Quand ces substances sont rejetées dans l’air, elles devraient demeurer uniquement dans l’air en raison de leur pression de vapeur très élevée (tableaux A-1 à A-4). L’exposition à ces alcanes à courte chaîne dans des milieux comme le sol et l’eau n’est donc pas être considérée pertinente et ne sera plus abordée dans la présente évaluation.

Ces substances sont persistantes dans l’air, avec des demi-vies atmosphériques estimées de 4,2 à 9,3 jours pour le propane et les butanes et de 40 jours pour l’éthane (EPI Suite 2012, modèle de fugacité de niveau III). Le propane et les butanes étant plus lourds que l’air, ils peuvent s’accumuler dans des zones de faible altitude non perturbées.

D’après les valeurs de leur log Koe, l’éthane, le propane et les butanes devraient avoir un faible potentiel de bioaccumulation.

7. Potentiel d’effets nocifs sur l’environnement

7.1 Évaluation des effets sur l’environnement

Nous n’étudierons que la toxicité dans l’air de l’éthane, du propane et des butanes, ces substances ne devant pas se retrouver dans l’eau, les sédiments ni le sol. Aucune étude sur la toxicité de ces substances pour les plantes due à l’air n’a été relevée.

Ces substances étant rejetées dans l’air par des installations pétrolières et des exploitations industrielles sur une base continue, l’exposition à celles-ci dans l’environnement devrait être chronique. Les études de toxicité chronique et pour la reproduction par inhalation menées avec des organismes terrestres ont donc été considérées les plus pertinentes pour l’évaluation à des effets sur l’environnement.

Des études sur la toxicité à court terme, subchronique et pour la reproduction réalisées avec de l’éthane, du propane et des butanes chez le rat sont décrites dans la section 8.2. Ces études ne mettent en évidence aucun effet important aux doses d’exposition les plus élevées (19 000 mg/m3 pour l’éthane, 21 700 mg/m3 pour les butanes et 22 000 mg/m3 pour le propane). Une CSENO de 19 000 mg/m3 de toxicité pour la reproduction basée sur la valeur pour l’éthane a été retenue comme valeur représentative pour ce groupe de substances.

En se basant sur les données susmentionnées, la toxicité de l’éthane, du propane et des butanes devrait être faible.

7.2 Évaluation de l’exposition dans l’environnement

Les données de surveillance pour l’éthane, le propane et les butanes sont rapportées à la section 5. La concentration horaire la plus élevée d’hydrocarbures autres que le méthane (HCAM) mésurée à l’installation de NOVA Chemicals, à Joffre en Alberta, pendant une période de 4 ans, était de 14,4 ppm (équivalent à environ 26 mg/m3) (NOVA Chemicals 2015). Cette valeur englobant la concentration combinée de nombreux HCAM, elle peut être retenue comme la valeur pour le pire scénario d’exposition chronique dans l’environnement pour chaque substance. Nous la considérerons donc comme la valeur d’exposition critique aux fins de la caractérisation des risques posés à l’environnement.

7.3 Caractérisation des risques pour l’environnement

L’exposition dans l’environnement à ces substances est considérée être principalement le résultat de l’inhalation. La concentration critique pour le pire cas d’exposition, soit 26 mg/m3 de HCAM totaux, tel qu’indiqué à la section 7.2, est comparée à la CSENO pour la reproduction la plus sensible, qui est de 19 000 mg/m3. Il y a une différence de trois ordres de grandeur entre ces valeurs, indiquant qu’il est improbable que ces substances causent des effets sur les mammifères terrestres, même dans le pire des cas.

Ces renseignements indiquent que l’éthane, le propane, le 2-méthylpropane, le n‑butane et le butane (linéaire et ramifié) ont un faible potentiel d’effets nocifs sur l’environnement au Canada. Puisqu’il existe des données mesurées provenant de plusieurs études sur des sites industriels et qu’il y au moins trois ordres de grandeur de différence entre l’exposition critique et les niveaux avec effet, l’incertitude associée à la conclusion tirée pour ces substances est faible.

8. Potentiel d’effets nocifs sur la santé humaine

8.1 Évaluation de l’exposition

8.1.1 Milieux de l’environnement

Quand ils sont rejetés, l’éthane, le propane et les butanes se dispersent rapidement dans l’air ambiant. L’inhalation est donc la principale voie d’exposition pour la population générale. L‘exposition par voie cutanée et l’ingestion (voie orale) ne devraient pas constituer des voies importantes d’exposition. Les données de deux sources distinctes, soit celles mesurées par Simpson et al. (2013) et le RNSPA, contiennent des valeurs similaires quant aux concentrations atmosphériques limites supérieures. Nous considérons que les niveaux supérieurs des concentrations rapportés dans le tableau 5-2 sont pertinents pour évaluer les expositions potentielles les plus élevées de la population générale habitant aux alentours d’installations pétrolières.

Pour évaluer les expositions typiques potentielles de la population générale, nous avons examiné des études réalisées à l’intérieur et à l’extérieur de résidences. Bari et al. (2015) ont récemment mesuré les variations saisonnières de l’éthane, du propane, du 2-méthylpropane et du n-butane, à l’intérieur et à l’extérieur, à Edmonton, Alberta (tableaux 8-1 et 8-2). Des études de surveillance de l’air intérieur et de l’air extérieur ont été récemment réalisées à Edmonton (Santé Canada 2013), à Halifax (Health Canada 2012), à Régina (Santé Canada 2010a) et à Windsor (Santé Canada 2010b). Les concentrations moyennes et la fourchette entre la concentration maximale et minimale des mesures effectuées sur une période de 24 heures sont présentées au tableau 8.1 pour les conditions hivernales et au tableau 8.2 pour les conditions estivales.

Tableau 8-1. Fourchette des concentrations atmosphériques hivernales sur 24 heures de l’éthane, du propane, du 2-méthylpropane et du n-butane dans l’air intérieur et l’air extérieur à Edmonton, Halifax, Régina et Windsor. La valeur moyenne la plus élevée parmi les quatre villes est aussi présentée.

Scénario

Intérieur

Intérieur

Extérieur

Extérieur

Paramètre (en µg/m3)

Moyenne la plus élevée

Min-Max

Moyenne la plus élevée

Min-Max

Éthane

78,5

1,2-1 465,9

12,7

2.0-305,8

Propane

89,4

1,6-1 271,0

11,1

0,96-92,4

2-Méthylpropane

68,4

0,1-1 442,2

4,60

0,2-134,9

n-Butane

54,7

0,2-948,0

8,6

0,4-110,7

Tableau 8-2. Concentrations atmosphériques estivales sur 24 heures de l’éthane, du propane, du 2-méthylpropane et du n-butane dans l’air intérieur et l’air extérieur à Edmonton, Halifax, Régina et Windsor. La valeur moyenne la plus élevée parmi les quatre villes est aussi présentée.

Scénario

Intérieur

Intérieur

Extérieur

Extérieur

Paramètre (en µg/m3)

Moyenne la plus élevée

Min-Max

Moyenne la plus élevée

Min-Max

Éthane

135,6

0,0-1763,5

3,8

0,6-36,5

Propane

77,8

0,9-2 340,0

4,2

0,3-139,3

2-Méthylpropane

124,0

0,4-1 917,0

1,9

0,1-46,8

n-Butane

78,6

0,3-1 448,2

3,7

0,1-45,1

Nous avons considéré que les concentrations moyennes les plus élevées sont représentatives de l’exposition moyenne à long terme de la population générale due à l’air ambiant intérieur ou extérieur. Aux fins de la caractérisation des risques pour la santé humaine (voir la section 9.3), les niveaux d’exposition maximum les plus élevés relevés lors de cette étude de surveillance ont aussi été pris en compte.  

8.1.2 Produits de consommation

Les gaz propulseurs sont utilisés pour diverses catégories de produits, dont les adhésifs, l’entretien automobile, le traitement de tissus, les nettoyants domestiques, les assainisseurs d’air, les détachants, le matériel récréatif, les lubrifiants/produits de prévention de la corrosion, les désinfectants, les peintures, les désodorisants et les parfums, les fixatifs capillaires, les crèmes à raser, les shampooings secs, les  pesticides/insectifuges et divers produits de soins pour animaux. Dans une cartouche à aérosol, ces gaz sont pressurisés sous forme liquide et mélangés avec un produit liquide. La pression dans la cartouche est réduite en appuyant sur la buse, qui ouvre la vanne. De cette manière, ces substances se vaporisent instantanément, formant une phase gazeuse dans l’espace de tête de la cartouche qui exerce une pression sur le produit liquide, forçant le produit à sortir de la cartouche. Quand le liquide (un mélange du produit et de propane ou de butanes) sort de la cartouche et se répand dans l’atmosphère, le gaz propulseur liquéfié passe rapidement sous forme gazeuse, qui peut atomiser le produit liquide pour former une fine pulvérisation (CAPCO 2011). L’inhalation est donc la principale voie d’exposition aux gaz propulseurs. Il est bon de noter que les gouttelettes d’aérosol peuvent être d’une taille suffisante pour conduire à une exposition par voie orale (après l’inhalation, on avale l’aérosol qui peut se déposer dans le pharynx), bien que cette exposition soit typiquement une exposition au produit liquide et non au gaz propulseur qui s’est déjà vaporisé à la pression atmosphérique. De même, les produits à pulvériser utilisés sur la peau conduiraient principalement à une exposition cutanée au produit et non au gaz propulseur vaporisé.

Tel que discuté précédemment, l’éthane ne semble pas être utilisé comme gaz propulseur pour aérosol. Les fiches signalétiques (FS) qui mentionnent l’éthane sont celles de produits gazeux raffinés (bouteilles de gaz, fournitures pour laboratoires, etc.) auxquels la population générale n’est pas habituellement exposée (MSDS 2016).

L’exposition aux gaz propulseurs due à l’utilisation de bombes aérosols a été modélisée au moyen de la version 4.1 de ConsExpo (ConsExpo 2006). ConsExpo est un modèle prédictif à plusieurs niveaux utilisé pour faire des estimations de l’exposition par inhalation, contact cutané ou ingestion orale à des substances présentes dans un produit disponible pour les consommateurs. La version 0.198 du modèle IHMod créée par l’American Industrial Hygiene Association (AIHA 2009) a aussi été prise en compte et a conduit à des estimations similaires à celles du modèle ConsExpo. Nous ne présentons donc ci-après que les estimations faites avec le modèle ConsExpo.

Nous avons donc modélisé les expositions à court terme au propane, au 2‑méthylpropane et au n-butane en nous basant sur l’utilisation de générateurs d’aérosol. Nous avons fait cette modélisation pour diverses catégories de ces produits, et un produit pulvérisé a été retenu après avoir pris en compte la concentration du gaz propulseur, la quantité de produit utilisée et la fréquence d’utilisation. Nous avons déterminé que l’exposition potentielle la plus importante est associée aux produits de traitement des tissus.

Tableau 8-3. Estimations de l’exposition pour un scénario avec produit pulvérisé (utilisation d’un produit de protection des tissus en aérosol) [a]

Substance

Concentration atmosphérique moyenne estimée sur  24 heures (mg/m3)

Propane

39,3

2-Méthylpropane

236

n-Butane

197

a Fraction massique maximale par rapport au poids de produit liquide émis : 0,1 pour le propane, 0,6 pour le 2-méthylpropane et 0,5 pour le butane (ces fractions ont été considérées indépendantes l’une de l’autre afin de générer une exposition à chaque substance dans le pire cas); fréquence d’utilisation : 1/an (jugement professionnel); durée de l’utilisation : 15 min; quantité de produit liquide émis : 480 g (jugement professionnel); volume de la pièce : 10 m3; fréquence de ventilation : 2/h.

Les concentrations atmosphériques moyennes les plus élevées, pondérées sur 24 heures, le jour de l’utilisation sont de 39,3 mg/m3 pour le propane, 197 mg/m3 pour le n-butane et de 236 mg/m3 pour le 2-méthylpropane. Ces valeurs sont calculées pour un adulte utilisant le produit à l’intérieur, avec une bonne ventilation. Elles sont plus élevées que les estimations de l’exposition due à l’utilisation de produits à pulvériser d’autres catégories.

L’exposition et les risques dus aux utilisations de ces substances comme additifs alimentaires ont été étudiés par la Direction des aliments de Santé Canada et ont été déterminés négligeables (courriel de la Direction des aliments au Bureau d’évaluation du risque des substances existantes; mai 2016, non référencé).

8.2 Évaluation des effets sur la santé

Lors d’études de l’exposition par inhalation menées avec des animaux de laboratoire ou des volontaires humains, l’éthane, le propane, le 2-méthypropane et le n-butane se sont avérés avoir une faible toxicité. Lors d’études à dose répétées, ces substances ont exhibé une concentration sans effet (nocif) observé (CSE(N)O) élevée.

Lors de plusieurs études, des groupes de rats exposés à court terme à du propane, à du 2-méthylpropane ou à du n-butane, jusqu’à la concentration la plus élevée testée, soit  environ 22 000 mg/m3 (9150 à 12 200 ppm), 6 heures par jour pendant au moins 28 jours ont exhibé des effets propres au genre. Alors que les effets n’étaient pas constants d’une substance à l’autre, selon l’étude, les mâles présentaient un gain de masse corporelle moindre, une numération plaquettaire moindre, une teneur en sodium accrue, une teneur en hémoglobine corpusculaire moyenne accrue, un écoulement nasal, une concentration en bilirubine moindre et  une force de préhension des pattes avant moindre. Les femelles quant à elles, manifestaient une augmentation de la concentration d’hémoglobine, de l’hématocrite, du nombre d’érythrocytes et d’éosinophiles absolu, une diminution du nombre de monocytes et de la concentration en phosphore et une augmentation de la force de préhension des pattes de devant. La signification toxicologique de ces effets est considérée faible, nombre de ces effets n’exhibant pas de tendance en fonction de la dose et certaines modifications étant de faible ampleur et se situant dans la gamme normale observée chez des rats témoins. Le manque d’effets importants observés d’une étude à l’autre montre que l’exposition à des doses élevées conduit à une faible toxicité pour le rat. La CSENO à court terme a donc été établie pour le propane, le 2-méthylpropane et le n-butane à environ 22 000 mg/m3 (EPA 2011a). Des rats exposés à de l’éthane 6 heures par jour pendant 28 jours n’ont exhibé aucun effet sur la santé à la dose étudiée la plus élevée d’environ 19 000 mg/m3 (15 500 ppm) (EPA 2011a).

Lors d’une étude sur l’exposition subchronique par inhalation, des rats ont été exposés à des mélanges n-butane/n-pentane ou 2-méthypropane/2-méthylbutane à 1 000 ppm (environ 2 700 mg/m3) et 4 500 ppm (environ 12 000 mg/m3), 6 heures par jour, 5 jours par semaine pendant 13 semaines. Pendant l’exposition à l’un ou l’autre de ces mélanges, certains rats présentaient un dos voûté et/ou une léthargie accompagnée de tremblements intermittents, mais ceci ne dépendait pas de la dose. De plus, bien qu’on ait noté chez des rats du groupe exposé au mélange n-butane/n-pentane une masse corporelle moindre (réduction d’environ 6 à 7 %), aucun effet dépendant de la dose n’a été observé, l’effet ne persistait que chez les femelles et la réduction de masse corporelle  chez certaines femelles était équivalente à celle d’un groupe témoin de femelles utilisé dans une autre partie de l’étude. Les auteurs ont donc déterminé que les rats n’avaient pas été touchés de manière significative par l’exposition subchronique à ces substances (Aranyi et al. 1986).

Des épreuves de génotoxicité in vitro ont donné des résultats négatifs pour ces substances (Petroleum HPV 2009; EPA 2010).

Lors d’études sur la toxicité pour la reproduction, l’éthane et le n-butane n’ont exhibé aucun effet (CSENO) sur les paramètres liés à la reproduction aux niveaux d’exposition les plus élevés examinés, respectivement d’environ 19 000 et 21 700 mg/m3. De même, alors que l’exposition de rates enceintes à du propane à raison d’environ 7 200 mg/m3 (4 000 ppm) ou 22 000 mg/m3 (12 200 ppm) entraînait un plus petit nombre de nouveaux-nés et un nombre accru de morts-nés dans chaque groupe exposé, l’effet a été attribué à une seule femelle de chaque groupe ayant perdu une portée entière (avec l’effet précédé d’une sévère perte de poids corporel pendant la dernière semaine de gestation) (EPA 2010). Aucun autre effet sur les paramètres liés à la reproduction ou au développement n’a été observé. Étant que la perte de portée ne correspondait à aucun profil dose-réponse et n’a été corroborée par aucune autre étude avec du propane ou des substances connexes, les auteurs l’ont considéré non pertinente. La CSENO pour la reproduction la plus élevée pour le propane a été établie à 22 000 mg/m3.  Lors d’une autre étude, des rats exposés quotidiennement à environ 21 700 mg/m3 (9150 ppm; 50 % de la limite d’explosivité de la substance) de 2‑méthylpropane pendant deux semaines avant l’accouplement ont présenté une diminution de l’indice de fertilité de 25 % non statistiquement significative ainsi qu’une augmentation statistiquement significative de la perte après implantation (0,8 +/- 0,9 (groupe témoin) et 1,8 +/- 0,8 (groupe exposé)) (Petroleum HPV 2009; EPA 2010; McKee et al. 2014). D’autres paramètres du groupe ayant été exposé à la plus forte dose, comme le nombre de nouveaux-nés vivants par portée, le pourcentage de petits nés vivants, le nombre de survivants au jour 4 après la naissance, le poids à la naissance et le gain de poids, étaient normaux. Étant donné le manque d’effet corroborant (p. ex. aucun effet sur l’accouplement chez les groupes les plus exposés) lors des études sur la reproduction avec de l’éthane, du propane, du n‑butane, du gaz de pétrole liquéfié ou du 2-méthylbutane de structure similaire (McKee et al. 2014), le fait que le 2-méthylpropane puisse avoir un effet sur la reproduction aux niveaux d’exposition élevés reste à établir. Étant donné les renseignements disponibles, nous avons considéré qu’une CSENO pour la reproduction de 19 000 mg/m3 (basée sur l’éthane) était une valeur prudente et représentative pour ce groupe de substances.

Chez les humains, une étude sur l’exposition à court terme à des doses élevées de propane, de 2-méthylpropane ou de mélange propane/2-méthylpropane sur des volontaires ont montré que ces composés avaient des effets limités et réversibles sur la santé. Aucun effet n’a été observé lors d’une exposition unique pouvant aller jusqu’à 8 heures à 1 000 ppm de propane (1 800 mg/m3) ou de 2-méthylpropane (environ 2 400 mg/m3) (Stewart 1977, 1978). En outre, des études sur des expositions répétées à du propane (jusqu’à 1 000 ppm) ou du 2-méthylpropane (jusqu’à 500 ppm) ont aussi été effectuées à raison de 8 heures par jour, 5 jours par semaine et diramt 2 semaines, ainsi que des études d’exposition de 2 jours à des mélanges propane/2-méthylpropane (Stewart 1977, 1978). Des épreuves cliniques et fonctionnelles n’ont montré aucun effet sur la fonction cardiaque, pulmonaire ou cognitive. La numération sanguine, la biochimie clinique et les réponses des glandes surrénales étaient normales. Lors de la deuxième semaine d’exposition à 500 ppm (environ 1 200 mg/m3) de 2-méthylpropane, il y avait une diminution du potentiel évoqué visuel, que l’auteur a expliqué par l’hypothèse d’un risque de dépression du SNC. Toutefois, l’absence de tout autre effet lié au traitement observé dans les études neurologiques, les électroencéphalogrammes et la fonction cognitive combiné à l’absence de tout effet lié au traitement chez les participants de l’étude qui ont été surveillés pendant un an après la fin des études, indique que la modification du potentiel évoqué visuel ne répond pas aux critères d’un effet nocif (Stewart 1977).

8.3 Caractérisation des risques pour la santé humaine

Les expositions de la population générale à l’éthane, au propane et aux butanes dues à l’air ambiant intérieur ou extérieur, ainsi qu’à la proximité d’installations pétrolières, sont faibles et de plusieurs ordres de grandeur inférieures aux CSENO calculées à dans les études sur des animaux de laboratoire. Les expositions les plus élevées de la population générale sont inférieures à 0,04 mg/m3 dans l’air ambiant extérieur (moyenne annuelle la plus élevée; voir le tableau 5-1), inférieures à 0,120 mg/m3 à proximité d’une raffinerie (concentration maximale détectée; voir le tableau 5-2) et inférieure à 2,5 mg/m3 dans l’air intérieur en été (concentration maximale détectée; voir le tableau 8-2). L’exposition de  rats à des niveaux élevés (environ 12 000 mg/m3) de n-butane/n-pentane ou de 2‑méthylpropane/2-méthylbutane n’a pas conduit à des effets significatifs sur la santé. Des volontaires humains ont été exposés à des doses répétées de 1 200 à 1 800 mg/m3 de propane, de 2-méthylpropane ou de mélanges propane/2-méthylpropane pendant plusieurs semaines sans exhiber d’effet nocif sur leur santé. Pour les humains, les risques posés par une exposition à de l’éthane, du propane ou des butanes dans l’air ambiant sont donc considérés faibles.

De même, alors que l’utilisation d’un produit en aérosol peut entraîner une exposition à un niveau supérieur au niveau ambiant pendant une courte période (les concentrations d’exposition les plus élevées pondérées sur 24 heures, obtenues au moyen d’une modélisation de l’utilisation d’un produit en aérosol, sont de moins de 40 mg/m3 pour le propane, de moins de 200 mg/m3 pour le n-butane et de moins de 240 mg/m3 pour le 2-méthylpropane), de telles expositions restent bien inférieures aux niveaux sans effet nocif observé chez des animaux, et inférieures aux niveaux qui ont été montré sans effet chez les humains. De plus, l’utilisation de la majorité des produits en aérosol dans des conditions typiques (p. ex. fixatif capillaire, crème à raser, assainisseur d’air, produits de nettoyage) donne des expositions bien inférieures au niveau calculé pour un produit en aérosol (p. ex. ce produit est considéré générer une limite supérieure d’estimation de l’exposition calculée comme si on vidait entièrement une cartouche d’aérosol pour le traitement de tissus lors d’une seule application). Les risques pour la santé humaine posés par l’exposition à du propane, du n-butane ou du 2-méthylpropane lors de l’utilisation de produits en aérosol sont donc considérés faibles.

Les expositions de la population générale à l’éthane, au propane, au 2-méthylpropane, au n-butane et au butane (linéaire et ramifié) ne sont pas considérées dangereuses pour la santé humaine.

8.4 Incertitudes de l’évaluation des risques pour la santé humaine

Les expositions potentielles découlant de l’utilisation de produits par les consommateurs ont été estimées au moyen de modèles et d’hypothèses prudentes et devraient représenter des surestimations des expositions réelles.

Bien que le profil de toxicité de ces substances en tant que groupe soit robuste et indique une faible toxicité, il existe une certaine incertitude quant à la pertinence d’un effet potentiel sur l’accouplement des rats lors d’expositions à des teneurs très élevées de 2‑méthylpropane.

9. Conclusion

Compte tenu de tous les éléments de preuve contenus dans la présente évaluation préalable, l’éthane, le propane, le 2-méthylpropane, le n-butane et le butane (linéaire et ramifié) présentent un faible risque d’effets nocifs sur les organismes et l’intégrité globale de l’environnement. Il est conclu que l’éthane, le propane, le 2-méthylpropane, le n-butane et le butane (linéaire et ramifié) ne satisfont à aucun des critères énoncés aux alinéas 64(a) ou 64(b) de la LCPE, car ils ne pénètrent pas dans l’environnement en une quantité ou concentration ou dans des conditions de nature à avoir, immédiatement ou à long terme, un effet nocif sur l’environnement ou la diversité biologique, ou à mettre en danger l’environnement essentiel pour la vie.

À la lumière des renseignements contenus dans l’évaluation préalable, il est conclu que l’éthane, le propane, le 2-méthylpropane, le n-butane et le butane (linéaire et ramifié) ne satisfont à aucun des critères énoncé à l’alinéa 64(c) de la LCPE, car ils ne pénètrent pas dans l’environnement en une quantité ou concentration ni dans des conditions de nature à constituer un danger au Canada pour la vie ou la santé humaines.

Il est conclu que l’éthane, le propane, le 2-méthylpropane, le n-butane et le butane (linéaire et ramifié) ne satisfont à aucun des critères énoncés à l’article 64 de la LCPE.

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ANNEXE A – Propriétés physiques et chimiques

Tableau A-1. Propriétés physiques et chimiques de l’éthane

Propriétéa

Valeur

Référence

Point d’éclair (ºC)

-94,4

ICAEH 2000

Masse volumique du liquide (g/mL)

0,446 à 0 ºC

Bolton et al. 2008

Densité de la vapeur (Air = 1)

1,05

Bolton et al. 2008

Limite d’explosivité, % v/v dans l’atmosphère

3,0 à 12 %

ICAEH 2000

Pression de vapeur (Pa)

4,20×106 à 25 ºC

EPI Suite c2000-2012

Point d’ébullition (° C)

-88,6

HSDB 2016

Hydrosolubilité (mg/L)

383,3 (est.) à 25 ºC

EPI Suite c2000-2012

Constante de Henry (Pa·m3/mol à 25° C)

5,07 x 104

EPI Suite c2000-2012

log Koe

1,81

EPI Suite c2000-2012

a Toutes les valeurs sont expérimentales, sauf celle de la constante de Henry qui a été calculée à partir de la pression de vapeur et de l’hydrosolubilité.

Tableau A-2. Propriétés physiques et chimiques du propane

Propriétéa

Valeur

Référence

Point d’éclair (ºC)

-104

ICAEH 2000

Masse volumique du liquide (g/mL)

0,493 à 25 ºC

Bolton et al. 2008

Densité de la vapeur (Air = 1)

2,05

Bolton et al. 2008

Limite d’explosivité, % v/v dans l’atmosphère

2,3 à 9,5 %

ICAEH 2000

Pression de vapeur (Pa)

9,53 × 105 à 25 ºC

EPI Suite c2000-2012

Point d’ébullition (° C)

-42,1

HSDB 2016

Hydrosolubilité (mg/L)

62,4 à 25 ºC

EPI Suite c2000-2012

Constante de Henry (Pa·m3/mol à 25° C)

7,16 x 104

EPI Suite c2000-2012

log Koe

2,36

EPI Suite c2000-2012

a Toutes les valeurs sont expérimentales, sauf celle de la constante de Henry qui a été calculée à partir de la pression de vapeur et de l’hydrosolubilité.

Tableau A-3. Propriétés physiques et chimiques du 2-méthylpropane

Propriétéa

Valeur

Référence

Point d’éclair (ºC)

-83

ICAEH 2000

Masse volumique du liquide (g/mL)

0,551 à 25 ºC

Bolton et al. 2008

Densité de la vapeur (Air = 1)

2,01

Bolton et al. 2008

Limite d’explosivité, % v/v dans l’atmosphère

1,8 à 8,4 %

ICAEH 2000

Pression de vapeur (Pa)

3,48 × 105 à 25ºC

EPI Suite c2000-2012

Point d’ébullition (° C)

-11,7

EPI Suite c2000-2012

Hydrosolubilité (mg/L)

48,8 à 25 ºC

EPI Suite c2000-2012

Constante de Henry (Pa·m3/mol à 25° C)

1,21 x 105

EPI Suite c2000-2012

log Koe

2,76

EPI Suite c2000-2012

a Toutes les valeurs sont expérimentales, sauf celle de la constante de Henry qui a été calculée à partir de la pression de vapeur et de l’hydrosolubilité.

Tableau A-4. Propriétés physiques et chimiques du n-butane

Propriétéa

Valeur

Référence

Point d’éclair (ºC)

-60

ICAEH 2000

Masse volumique du liquide (g/mL)

0,573 à 25 ºC

Bolton et al. 2008

Densité de la vapeur (Air = 1)

2,1

Bolton et al. 2008

Limite d’explosivité, % v/v dans l’atmosphère

1,9 à 8,5

ICAEH 2000

Pression de vapeur (Pa)

2,43 × 105 à 25 ºC

EPI Suite c2000-2012

Point d’ébullition (° C)

-0,50

EPI Suite c2000-2012

Hydrosolubilité (mg/L)

61,2

EPI Suite c2000-2012

Constante de Henry (Pa·m3/mol à 25° C)

9,63 x 104

EPI Suite (2012)

log Koe

2,89

EPI Suite c2000-2012

a Toutes les valeurs sont expérimentales, sauf celle de la constante de Henry qui a été calculée à partir de la pression de vapeur et de l’hydrosolubilité.

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