Rapport sur la situation des aires protégées du Canada de 2006 à 2011

Table des matières

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Ce rapport couvre la période allant de 2006 à 2011. Depuis, le gouvernement fédéral a lancé le Plan de conservation national, qui offre une vision nationale visant à faire progresser les initiatives de conservation dans tout le pays et qui inclut des initiatives concernant les aires protégées.

Dans le cadre du Plan de conservation national, le gouvernement fédéral a annoncé 252 millions de dollars d'investissement supplémentaire, sur une période de cinq ans, sur les trois priorités suivantes :

  • Conservation des terres et des eaux du Canada : sauvegarder et améliorer la biodiversité et les écosystèmes par la conservation et par des mesures d'intendance, et appuyer la création et l'utilisation des aires protégées et des espaces verts. Par exemple, le Gouvernement du Canada investit 100 millions de dollars sur une période de cinq ans dans le Programme de conservation des zones naturelles, qui vise à aider les organisations non gouvernementales sans but lucratif, qui s'emploient à protéger les terres écosensibles, en partenariat avec Conservation de la nature Canada.
  • Restauration des écosystèmes du Canada : appuyer la restauration d'écosystèmes dégradés qui, une fois restaurés, fourniront un habitat pour la faune et de l'eau saine afin d'assurer la protection et le rétablissement d'espèces en péril.
  • Rapprochement des Canadiens de la nature : tirer profit d'initiatives fructueuses existantes pour aider les gens à apprécier la nature et pour construire une « communauté d'intendants » chez les Canadiens de tous âges. À titre d'exemple, Environnement Canada investit dans 10 réserves nationales de faune au Canada pour y améliorer l'accès du public à l'infrastructure, créer des sentiers et favoriser des utilisations à faible incidence. Au fur et à mesure que les sites feront l'objet d'améliorations, leur utilisation par les résidents des communautés voisines sera encouragée.

Les résultats et mises à jour, en ce qui concerne la mise en oeuvre du Plan de conservation nation, seront inclus dans le Rapport sur la situation des aires protégées du canada, 2010-2015 à paraître.

Préambule

Qu'est-ce que le rapport sur la situation des aires protégées du Canada ?

Le rapport sur la situation des aires protégées du Canada présente l'état des aires protégées marines et terrestres au Canada, en particulier l'aménagement des réseaux, la planification des systèmes, ainsi que la création et la gestion des aires protégées au Canada.

Le présent rapport, qui porte sur la période de 2006 à 2011, fait suite au premier Rapport sur la situation des aires protégées au Canada 2000-2005 (Gouvernement du Canada, 2006) et est le fruit d'un effort coopératif de tous les organismes provinciaux, territoriaux et fédéraux responsables des aires protégées. Les chapitre 1 (Quelques statistiques pour 2011), chapitre 2 (Planification des aires protégées) et chapitre 3 (Gestion des aires protégées) présentent la situation des aires protégées par sujet, par exemple leur étendue et leur diversité, les stratégies de protection, leur planification en fonction des changements climatiques et la gestion en vue d'en préserver l'intégrité écologique. L'Annexe 1 fournit un résumé statistique et des cartes des aires protégées de chacune des 17 organisations gouvernementales responsables des aires protégées au Canada (voir ci-dessous la liste de ces organisations).

Pourquoi rendre compte de la situation des aires protégées?

En 1992, les ministres de l'environnement, des parcs et de la faune fédéraux, provinciaux et territoriaux du Canada ont signé l'Engagement formel de compléter le réseau canadien d'aires protégées. Au cours des années 1990 et 2000, le réseau d'aires protégées a connu une croissance impressionnante. En 2006, le Conseil canadien des ministres des ressources a approuvé la publication du Rapport sur la situation des aires protégées du Canada 2000-2005 et a appuyé l'évaluation pancanadienne continue de la situation des réseaux d'aires protégées du Canada. Ainsi, les rapports de situation visent à cerner les possibilités nouvelles et les priorités quant au rôle important que jouent les aires protégées pour la préservation du capital naturel du Canada, et documentent les récentes réalisations et réussites. Ils permettent aussi au Canada de se pencher sur les engagements pris en vertu de la Convention sur la diversité biologique (CDB, 1992), tels que décrits dans le Programme de travail sur les aires protégées (CDB, 2004b) et le Plan stratégique 2011-2020 pour la diversité biologique, incluant les Objectifs d'Aichi pour la biodiversité (CDB, 2010), et d'en rendre compte.

Chaque chapitre du présent rapport est axé sur des objectifs et des cibles pertinents de ces documents. L'annexe 2 présente un résumé du Programme de travail sur les aires protégées établi en vertu de la Convention sur la diversité biologique et des objectifs d'Aichi pour la biodiversité.

Qui a préparé le rapport ?

Environnement Canada a coordonné l'élaboration du Rapport de situation, à partir de l'information et des données fournies par les 17 organisations gouvernementales du Canada responsables des aires protégées.

Le rapport décrit les progrès réalisés dans les domaines de la planification et de la gestion des aires protégées du point de vue des organisations fédérales, provinciales et territoriales du Canada, responsables des aires protégées. Il expose également la contribution des partenaires non gouvernementaux à la planification et à la gestion des aires protégées, notamment les organisations et collectivités autochtones, les groupes de conservation et les associations de l'industrie, du point de vue gouvernemental.

Robert Hélie, coordonnateur au sein de l'Intégration de l'information sur les habitats à Environnement Canada, a géré l'élaboration du présent rapport. Un Comité consultatif a fourni des conseils stratégiques et techniques continus, tout au long de la rédaction du rapport.

  • Karen Beazley, Université Dalhousie
  • Tom Beechey, Ontario
  • Marc André Guertin, Université de Sherbrooke et Association canadienne des réserves de la biosphère
  • Christopher Lemieux, Université Wilfrid Laurier
  • Nikita Lopoukhine, Commission mondiale des aires protégées
  • Lynn McIntyre, Canadian Land Trust Alliance
  • Jacques Perron, Québec
  • Mary Rothfels, Pêches et Océans Canada
  • Erik Val, Yukon
  • John Vandall, Saskatchewan
  • Richard Wyma, Essex Region Conservation Authority

Sous la direction du Comité consultatif, Pauline Lynch-Stewart, de Lynch-Stewart & Associates, et Robert Vanderkam, de l'Intégration de l'information sur les habitats d'Environnement Canada, ont préparé la première ébauche du rapport. Chris Lemieux, de l'Université de Waterloo, a contribué à la rédaction des sections sur les avantages des aires protégées, ainsi que la science des changements climatiques et l'adaptation à ces derniers. Robert Vanderkam iv EnvironNEment Canada Rapport sur la situation des aires protégées du Canada 2006-2011 a réalisé toutes les analyses de données et produit les dernières versions du rapport. Mark Richardson a produit toutes les cartes et les graphiques.

Un Comité directeur a fourni les orientations de haut niveau ainsi qu'un lien avec le Conseil canadien des parcs.

  • Robert McLean (président) (Service canadien de la faune)
  • Bruce Bateman (Ontario)
  • Brian Bawtinheimer (Colombie-Britannique)
  • Sian French (Terre-Neuve-et-Labrador)
  • Peter Labor (Nouvelle-Écosse)
  • David Monteith (Nunavut)
  • Charlotte Price (Manitoba)
  • Mary Rothfels (Pêches et Océans Canada)
  • Nicole Sharma (Agence Parcs Canada)
  • Erik Val (Yukon)

Organisations gouvernementales responsables des aires protégéesContent Footnote1 ayant participé à l'élaboration du présent rapport

Fédérales
Organismes Abréviation utilisée dans le rapport Terrestres Marines
1. Agriculture et Agroalimentaire Canada AAC -
2. Environnement Canada EC
3. Pêches et Océans Canada MPO -
4. Agence Parcs Canada APC
Provincial/Territorial
Provinces Abréviation utilisée dans le rapport Terrestres Marines
5. Terre-Neuve-et-Labrador T.-N.-L.
6. Île-du-Prince-Édouard Î.-P.-É.
7. Nouvelle-Écosse N.-É. -
8. Nouveau-Brunswick N.-B.
9. Québec Qc
10. Ontario Ont. -
11. Manitoba Man.
12. Saskatchewan Sask. -
13. Alberta Alb. -
14. Colombie-Britannique C.-B.
15. Territoire du Yukon Yn -
16. Territoires du Nord-Ouest T.N.-O. -
17. Nunavut Nt -

Federal and Provincial/Territorial Totals

  • 17 Short form used in this report
  • 16 Terrestre
  • 9 Marine

Text Content Footnote

Observations importantes sur les données présentées dans le rapport

Les 17 organisations gouvernementales responsables des aires protégées du Canada ont fourni deux principales sources d'information et de données pour la préparation du présent rapport :

  1. Le Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC) :
    • Les organisations ont transmis au SRSAC les données géospatiales sur les attributs et les limites administratives (p. ex. superficie, nom et catégorie) des aires protégées, à jour en date du 31 décembre 2011.
    • Le SRSAC est un programme Web réparti contenant les données officielles sur les aires protégées fournies par toutes les organisations fédérales, provinciales et territoriales responsables. Il fait appel, comme cadre normalisé pour la production de rapport, à la définition, aux catégories de gestion et aux types de gouvernance des aires protégées de l'Union mondiale pour la nature (UICN) qui permettent les comparaisons interorganisationnelles, ainsi que la production de rapports nationaux et de cartes sur les aires protégées. Le SRSAC est une version évoluée de la Base de données sur les aires de conservation canadiennes qui était gérée par le Conseil canadien des aires écologiques depuis 1998. Il a été lancé officiellement en 2008 par Environnement Canada et le CCAE. Le SRSAC est mis à jour en continu et est accessible à partir du site internet du CCAE.
  2. Réponses aux questionnaires :
    • Deux questionnaires normalisés, l'un pour les aires protégées terrestres et le second, pour les aires protégées marines, ont été remplis par les organisations au début de 2012, fournissant des données exactes en date du 31 décembre 2011.
    • Les questionnaires visaient à compléter les données du SRSAC en fournissant des renseignements additionnels sur certains sujets du Programme de travail sur les aires protégées de la CDB, tels que politiques, stratégies et objectifs relativement aux aires protégées; gestion et production de rapports; gestion intégrée du paysage et des océans. La version de 2006-2011 du questionnaire avait été légèrement révisée par rapport à la version qu'avaient remplie les organisations pour le Rapport de situation de 2000-2005.
    • Les auteurs du rapport ont aussi consulté certains comptes rendus de recherche et articles de revue importants publiés pendant la période visée ou au sujet de celle-ci, et portant précisément sur la situation des aires protégées, afin de compléter les réponses au questionnaire et les données du SRSAC, ainsi que pour fournir des exemples et des études de cas.

L'interprétation du Rapport de situation doit tenir compte des mises en garde suivantes :

  1. Introduction récente du SRSAC :
    • Le présent Rapport de situation est le premier à faire appel au SRSAC comme source complète et faisant autorité en ce qui a trait aux aires protégées du Canada. Les données de 2005 que contient le présent rapport sont tirées du SRSAC qui a été mis à jour depuis la publication du Rapport sur la situation des aires protégées du Canada 2000-2005.
  2. Catégories de gestion de l'UICN :
    • Chaque organisation classe ses aires protégées en fonction des six catégories de gestion de l'UICN (Ia et Ib sont considérées comme une seule catégorie) (voir la description des catégories de gestion des aires protégées de l'UICN ci-dessous). Les organisations revoient le classement de leurs aires protégées en fonction des catégories de l'UICN de façon continue, conformément aux nouvelles lignes directrices fournies par les communautés de pratique nationales et internationales. Ce sont par exemple les Lignes directrices pour l'application des catégories de gestion aux aires protégées de l'UICN (Dudley, 2008), le Lignes directrices pour l'application des catégories de gestion aux aires protégées de l'UICN (CCEA, 2008) et Application des catégories de gestion aux aires protégées : lignes directrices pour les aires marines (Day et coll., 2012).
    • Des groupes non gouvernementaux peuvent posséder ou gérer partiellement ou en totalité les aires protégées. Certaines organisations produisent des rapports sur des terres et des étendues d'eau qui sont la propriété d'organismes non gouvernementaux ou de groupes privés, ou qui sont gérés par ceux-ci, tandis que d'autres envisagent de le faire. Par exemple, les organisations évaluent, en collaboration avec des organismes non gouvernementaux (ONG), à quel point les pâturages communautaires fédéraux et provinciaux et les terres protégées administrées par des intérêts privés dans les limites territoriales des provinces respectent les catégories de classement des aires protégées de l'UICN.
  3. Types de gouvernance de l'UICN :
    • Chaque organisation classe aussi ses aires protégées en fonction des types de gouvernance de l'UICN, notamment gouvernance par le gouvernement, gouvernance partagée, gouvernance privée, gouvernance par des peuples autochtones et des collectivités locales (voir les types de gouvernance des aires protégées de l'UICN cidessous). Actuellement, la plupart des données du SRSAC concernent des aires protégées gérées par des organismes gouvernementaux. Une partie des organisations (Man., Qc, N.-B., Î.-P.-É., Sask. et T.N.-O.) ont entrepris un processus visant à reconnaître d'autres terres et étendues d'eau au Canada qui sont du type de gouvernance non gouvernementale, mais ces initiatives en sont à leurs débuts.
  4. Aires marines protégées (AMP) :
    • Bien que les AMP fédérales soient entièrement marines, les AMP provinciales et territoriales sont souvent désignées en fonction de la présence d'un rivage ou d'une zone riveraine se trouvant dans une aire protégée plus étendue qui bénéficie d'un régime de gestion terrestre établi. L'idée de rendre compte séparément de la portion marine de ce genre d'aire protégée est nouvelle. Les problèmes de gestion des aires protégées ne peuvent tous être caractérisés comme étant terrestres ou marins (p. ex. les réponses aux questions du sondage concernant les plans de gestion, les mesures d'intégrité écologique et les menaces portent souvent sur l'aire protégée dans son ensemble, plutôt que sur la composante marine ou terrestre). Le lecteur devrait tenir compte de ces difficultés lorsqu'il interprète les résultats du présent rapport, sachant que les rapports sur les aires marines s'amélioreront et évolueront avec le temps, à mesure que progresse la planification du réseau d'AMP.

Différences entre le présent rapport de situation et celui de 2005

Le contenu de chapitres distincts sur les terres de conservation privées et la participation des peuples autochtones à la planification et à la gestion des aires protégées, de même que la gestion intégrée des paysages et des océans du rapport de 2006 est présenté dans les chapitres sur la planification et la gestion des aires protégées du le présent rapport. La situation des AMP est décrite parallèlement à celle des aires terrestres, plutôt que séparément. De plus, l'accent est mis sur le réseau national d'AMP, aussi bien que sur les AMP individuelles.

Catégories de gestion des aires protégées de l'UICN (Dudley, 2008)

Les catégories de gestion de l'UICN représentent le niveau de protection souhaité, comme le montre le plan de gestion mis en place par les administrateurs et appuyé par la politique et les programmes. Il ne s'agit pas d'un bulletin de pointage sur les résultats ou l'efficacité des mesures de gestion, bien que ces attributs soient envisagés pour un système de catégories révisé.

La catégorie Ia (Réserve naturelle intégrale) contient des aires protégées qui sont mises en réserve pour protéger la biodiversité et aussi, éventuellement, des caractéristiques géologiques/géomorphologiques, où les visites, l'utilisation et les impacts humains sont strictement contrôlés et limités pour garantir la protection des valeurs de conservation. Ces aires protégées peuvent servir d'aires de référence indispensables pour la recherche scientifique et la surveillance continue.

La catégorie Ia (Réserve naturelle intégrale) contient des aires protégées qui sont mises en réserve pour protéger la biodiversité et aussi, éventuellement, des caractéristiques géologiques/géomorphologiques, où les visites, l'utilisation et les impacts humains sont strictement contrôlés et limités pour garantir la protection des valeurs de conservation. Ces aires protégées peuvent servir d'aires de référence indispensables pour la recherche scientifique et la surveillance continue.

La catégorie Ib (Zone de nature sauvage) comprend des aires protégées qui sont généralement de vastes aires intactes ou légèrement modifiées, qui ont conservé leur caractère et leur influence naturels, sans habitations humaines permanentes ou significatives, qui sont protégées et gérées aux fins de préserver leur état naturel.

Les aires protégées de la catégorie II (Parc national) sont de vastes aires naturelles ou quasi naturelles mises en réserve pour protéger des processus écologiques de grande échelle, ainsi que les espèces et les caractéristiques des écosystèmes de la région, qui fournissent aussi une base pour des opportunités de visites de nature spirituelle, scientifique, éducative et récréative, dans le respect de l'environnement et de la culture des communautés locales.

Les aires protégées de la catégorie III (Monument ou élément naturel) sont mises en réserve pour protéger un monument naturel spécifique, qui peut être un élément topographique, une montagne ou une caverne sous-marine, une caractéristique géologique telle qu'une grotte ou même un élément vivant comme un îlot boisé ancien. Ce sont généralement des aires protégées assez petites et elles ont souvent beaucoup d'importance pour les visiteurs.

Les aires protégées de la catégorie IV (Aire de gestion des habitats ou des espèces) visent à protéger des espèces ou des habitats particuliers, et leur gestion reflète cette priorité. De nombreuses aires protégées de la catégorie IV ont besoin d'interventions régulières et actives pour répondre aux exigences d'espèces particulières ou pour maintenir des habitats, mais cela n'est pas une exigence de la catégorie.

Les aires protégées de la catégorie V (Paysage terrestre ou marin protégé) sont des aires où l'interaction des hommes et de la nature a produit, au fil du temps, une aire qui possède un caractère distinct, avec des valeurs écologiques, biologiques, culturelles et panoramiques considérables, et où la sauvegarde de l'intégrité de cette interaction est vitale pour protéger et maintenir l'aire, la conservation de la nature associée ainsi que d'autres valeurs.

Les aires protégées de la catégorie VI (Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles) préservent des écosystèmes et des habitats, ainsi que les valeurs culturelles et les systèmes de gestion des ressources naturelles traditionnelles qui y sont associés. Elles sont généralement vastes, et la plus grande partie de leur superficie présente des conditions naturelles; une certaine proportion y est soumise à une gestion durable des ressources naturelles; et une utilisation modérée des ressources naturelles, non industrielle et compatible avec la conservation de la nature, y est considérée comme l'un des objectifs principaux de l'aire.

Remarque : Ces descriptions constituent un résumé des catégories de gestion. Pour une description complète, se reporter au fichier PDF

Types de gouvernance des aires protégées de l'UICN (Dudley, 2008)

Tant l'UICN que la CDB reconnaissent la légitimité de nombreux types de gouvernance. En ce qui concerne l'autorité qui détient le pouvoir de décision et la responsabilité de la gestion des aires protégées, l'UICN distingue quatre grands types de gouvernance des aires protégées.

Type A : Gouvernance par le gouvernement (au niveau fédéral, national, sous-national ou municipal). Un organisme gouvernemental (tel qu'un ministère ou une administration des Parcs relevant directement du gouvernement) détient l'autorité et la responsabilité de la gestion de l'aire protégée, détermine ses objectifs de conservation (tels que ceux qui distinguent les catégories de l'UICN), développe et met en oeuvre son plan de gestion et, souvent, est propriétaire des terres de l'aire protégée, de l'eau et des ressources associées.

Type B : Gouvernance partagée. Des mécanismes et des processus institutionnels complexes sont utilisés pour partager l'autorité et les responsabilités de la gestion entre une pluralité d'acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux (formellement et informellement) habilités. La gouvernance partagée, appelée aussi cogouvernance, se présente sous diverses formes.

Type C : Gouvernance privée. La gouvernance privée comprend les aires protégées inscrites dans des modèles de contrôle ou de propriété assurés par un particulier, une coopérative, une ONG ou une société, et qui sont gérées à des fins lucratives ou non. Les aires acquises par des ONG explicitement pour la conservation en sont des exemples typiques. De nombreux propriétaires particuliers pratiquent aussi la conservation par respect pour la terre et par souci

Type D : Gouvernance par des populations autochtones et des communautés locales. Ce type inclut deux sous-ensembles principaux :

  • (1) les aires et les territoires des populations autochtones établis et gérés par des populations autochtones et
  • (2) les zones de conservation communautaire, créées et gérées par les communautés.

Ces sous-ensembles, qui peuvent ne pas être nettement distincts, s'appliquent tant à des populations qu'à des communautés sédentaires et nomades. L'UICN définit ce type de gouvernance comme : des aires protégées où l'autorité et la responsabilité de la gestion sont confiées aux peuples autochtones et aux communautés locales sous diverses formes d'institutions ou de réglementations coutumières ou juridiques, formelles ou informelles. Remarque : Ces descriptions représentent un résumé des différents types de gouvernance. Pour la description intégrale et un complément d'information, se reporter au fichier PDF.

Glossaire

Aire marine protégée (AMP) :
Même définition que l'aire protégée (se reporter à la définition), mais concerne plus précisément les aires protégées, ou certaines de leurs parties, se trouvant dans des eaux marines (se reporter aussi à la définition).
Aire protégée :
Un espace géographique clairement défini, reconnu, consacré et géré par tout moyen efficace, juridique ou autre, afin d'assurer à long terme la conservation de la nature ainsi que les services écosystémiques et les valeurs culturelles qui lui sont associés (Dudley, 2008).
Aires protégées provisoires :
Une aire protégée (se reporter à la définition) qui n'a pas été établie de façon permanente, mais à qui a été conférée une protection provisoire en vertu de la loi, en vue de protéger la biodiversité en attendant son établissement définitif.
Aire protégée terrestres :
Même définition que pour l'aire protégée (se reporter à la définition), mais s'appliquant expressément aux aires protégées ou à certaines de leurs parties qui se trouvent sur terre ou en eau douce, y compris les Grands Lacs.
Biorégions :
Le cadre de planification spatiale du réseau national d'AMP du Canada définit treize biorégions qui englobent les Grands Lacs et les océans du Canada. Les douze biorégions marines ont été définies dans le cadre d'un processus consultatif scientifique national qui a tenu compte des similitudes océanographiques et bathymétriques qui sont des caractéristiques importantes pour la définition des habitats et des espèces qui les fréquentent. Puisque le présent rapport considère les Grands Lacs comme étant terrestres (c.-à-d. des eaux douces), la biorégion des Grands Lacs n'a pas été incluse dans ce rapport.
Conception d'un réseau (d'aires protégées) :
Les réseaux d'aires protégées se conforment aux critères ou propriétés de conception de réseaux, comme ceux qui sont définis par la CDB pour la planification des réseaux d'AMP (Secrétariat de la CDB, 2009). Le respect des propriétés de conception est ce qui distingue un réseau d'aires protégées d'un système (tel que défini ci-dessous).
Connectivité :
La conservation d'aires ou de corridors particuliers de façon à établir des liens physiques ou fonctionnels ou de contiguïté entre les aires protégées et à contribuer, par conséquent, à la conservation du paysage à grande échelle. Dans le milieu marin, la connectivité dans la conception d'un réseau favorise les liens permettant ainsi aux aires protégées de profiter d'échanges de larves ou d'espèces, ainsi que de liens fonctionnels provenant d'autres sites du réseau. Les éléments individuels d'un réseau connecté profitent les uns des autres. (UNO, 2009)
Diversité biologique ou « biodiversité » :
Variabilité des organismes vivants de toute origine, y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes. (UNO, 1992)
Ecorégions:
Le Cadre écologique national pour le Canada délimite, classe et décrit des zones écologiquement distinctes de la surface terrestre du Canada à différents niveaux de généralisation, au moyen de divers facteurs biotiques et abiotiques caractéristiques de chaque niveau. Cette classification hiérarchique a évolué jusqu'à sept niveaux de généralisation. Du plus grand au plus petit, ces niveaux sont les suivants : écozones, écoprovinces, écorégions, écodistricts, écosections, écosites et écoéléments. L'écorégon constitue une partie d'une écoprovince caractérisée par des facteurs écologique régionaux. Il existe 194 écorégions au Canada (Groupe de travail sur la stratification écologique, 1995).
Écoservices :
Fonctions ou processus écologiques qui ont une valeur monétaire ou non aux yeux de citoyens ou de la société dans son ensemble. Ils comprennent : 1) les services de soutien, comme la préservation de la productivité ou de la biodiversité; 2) les services d'approvisionnement, p. ex. en aliments, en fibres ou en poissons; 3) les services de régulation, touchant notamment la régulation du climat ou la séquestration de carbone; 4) les services culturels, comme le tourisme ou l'appréciation spirituelle et esthétique de la nature (GIEC, 2007c).
Écosystème :
Un complexe dynamique formé de communautés de plantes, d'animaux et de microorganismes et de leur environnement non vivant qui, par leur interaction, forment une unité fonctionnelle (CDB, 1992).
Écozone :
Une catégorie du Cadre écologique national pour le Canada (se reporter à la description de l'écorégion, ci-dessus). Les écozones sont les plus grandes unités écologiques très généralisées. Le Canada compte 15 écozones terrestres (Groupe de travail sur la stratification écologique, 1995).
Efficacité de la gestion :
L'estimation de la qualité de la gestion de l'aire protégée; d'abord, de la mesure dans laquelle elle en protège les valeurs et elle atteint ses buts et ses objectifs. (Hockings et coll., 2006)
Fiducie foncière :
Un organisme de bienfaisance qui, dans le cadre de sa mission, travaille activement à la conservation de terres en faisant l'acquisition de terrains et en concluant des ententes de conservation ou en y aidant, ou encore en se chargeant de l'intendance de ces terres ou ententes de conservation. Au Québec, les fiducies foncières sont des organisations x EnvironNEment Canada Rapport sur la situation des aires protégées du Canada 2006-2011 à but non lucratif qui, dans certains cas, n'ont pas le statut d'organisme de bienfaisance (Alliance des organismes de conservation du Canada, 2007).
Géodiversité :
La diversité des minéraux, de la roche (qu'elle soit sous forme « solide » ou de « débris »), des fossiles, du relief, des sédiments et des sols, ainsi que les processus naturels qui forment la topographie, le paysage et la structure sous-jacente de la terre (McKirdy et coll., 2007).
Intégrité écologique :
L'intégrité écologique peut être définie de plusieurs façons. Un rapport de la Commission sur l'intégrité écologique des parcs nationaux du Canada, publié en 2000, proposait ce qui suit : « C'est l'état d'un écosystème jugé caractéristique de la région naturelle dont il fait partie, plus précisément par la composition et l'abondance des espèces indigènes et des communautés biologiques ainsi que par le rythme des changements et le maintien des processus écologiques ». D'après la Loi sur les parcs nationaux du Canada, elle serait « L'état (d'un parc) jugé caractéristique de la région naturelle dont il fait partie et qui sera vraisemblablement maintenu, notamment les éléments abiotiques, la composition et l'abondance des espèces indigènes et des communautés biologiques ainsi que le rythme des changements et le maintien des processus écologiques ». ( Loi sur les parcs nationaux, 2000, dans Agence Parcs Canada et Conseil canadien des parcs, 2008)
Marines (eaux) :
Compétence du Canada en matière océanique, s'étendant du littoral des eaux salées, déterminée par une couche cartographique de base à l'échelle de 1:50 000 ou mieux, jusqu'aux limites extérieures de sa zone économique exclusive.
Organisations gouvernementales responsables (d'aires protégées) :
Ministère ou organisme gouvernemental ayant le pouvoir d'établir et de gérer des aires protégées en vue de la conservation de la diversité biologique. Englobe tous les gouvernements provinciaux et territoriaux, ainsi qu'un certain nombre d'organismes et de ministères fédéraux.
Organisation terrestre :
Les organisations gouvernementales responsables (se reporter à la définition) des aires protégées qui présentent des rapports au SRSAC sur les éléments terrestres de leurs aires protégées. Sur les 17 organisations gouvernementales responsables des aires protégées, toutes, sauf le MPO, ont des aires protégées relevant de leur compétence terrestre.
Planification (des aires protégées) :
Processus de planification d'une aire protégée distincte, d'un système ou d'un réseau d'aires protégées.
Représentativité :
Un réseau ou système d'aires protégées a une représentativité (ou est représentatif) lorsqu'il se compose d'aires représentant toutes les subdivisions biogéographiques différentes (p. ex. les régions écologiquement distinctes ou les types d'habitat) se trouvant dans l'aire de planification élargie (Secrétariat de la CDB, 2009). La représentation permet de s'assurer que l'ensemble complet des espèces et des habitats bénéficie d'un certain degré de protection.
Réseau (d'aires protégées) :
Ensemble d'aires protégées individuelles qui fonctionnent en collaboration et en synergie, à différentes échelles spatiales, et qui font l'objet de divers degrés de protection, dans le but d'atteindre des objectifs écologiques de façon plus efficace et exhaustive que ne le feraient des sites individuels (adapté de la Commission mondiale des aires protégées et de l'UICN, 2007).
Système (d'aires protégées) :
Un ensemble d'aires protégées distinctes, planifiées au cas à cas en vue d'atteindre des objectifs de conservation propres à chacun. Dans les Lignes directrices pour l'application des catégories de gestion aux aires protégées (Dudley, 2008), l'auteur souligne que l'UICN et la Commission mondiale des aires protégées caractérisent un système d'aires protégées par le fait qu'il possède cinq éléments liés :
  • 1) représentativité, globalité et équilibre;
  • 2) pertinence;
  • 3) cohésion et complémentarité;
  • 4) cohérence;
  • 5) rentabilité, efficience et équité.

Points saillants

Quelques statistiques

  • En décembre 2011, le Canada avait protégé 10,0 % de ses terres et de ses eaux douces (8,7 % sous forme d'aires protégées permanentes et 1,3 % en aires protégées provisoires), soit une hausse de 9,1 % par rapport à 2005. Le Canada avait protégé 0,9 % de son territoire marin, une augmentation de 0,6 % par rapport à 2005. Au total, 1 197 nouvelles aires protégées terrestres et marines se sont ajoutées au système d'aires protégées du Canada depuis 2005, représentant une superficie de 133 888 kilomètres carrés (km2), ce qui porte le nombre total d'aires protégées du Canda à 5 922 sites en 2011. Le système d'aires protégées terrestres du Canada a connu une croissance de 9,4 % depuis la dernière période de rapport, passant de 908 244 km2 en 2005 à 993 242 km2 en 2011. Pendant la même période, le système d'AMP s'est agrandi de 60,0 %, passant de 30 900 km2 en 2005 à 49 364 km2 en 2011. En ce qui concerne la superficie totale du système d'aires protégées terrestres, le taux de croissance affiche un ralentissement, s'établissant à une moyenne de 2,8 % par année de 2006 à 2011, comparativement à 5,3 % par année entre 2000 et 2005. Par ailleurs, dans le cas de la superficie totale du système d'AMP, le taux de croissance a grimpé pour atteindre une moyenne de 11,5 % par année pour 2006 à 2011, par rapport à 4,6 % par année pour 2000 à 2005. La proportion de la superficie totale protégée s'est élevée dans les 15 écozones terrestres du Canada, sauf dans l'écozone du Haut-Arctique; elle varie de 1,8 % dans l'écozone des Plaines à forêts mixtes jusqu'à une moyenne de 11,1 % dans les trois écozones boréales et 26,0 % dans l'écozone de la Cordillère arctique. La proportion de la superficie totale protégée dans les biorégions marines oscille entre 0 % et 5,3 %, dix des douze biorégions bénéficiant d'une protection de 2,0 % ou moins. Une grande partie (94 %) des aires protégées terrestres du Canada se classent dans les catégories de gestion de l'UICN représentant le plus haut degré de protection (Ia/Ib à IV), qui ont pour objet de protéger la vie sauvage. Les catégories V et VI protègent des zones où les activités humaines ont créé des environnements uniques et durables sur de longues périodes.
  • Le gouvernement fédéral administre 45 % des aires protégées terrestres du Canada par l'intermédiaire de quatre organismes (APC, EC, AAC et Affaires autochtones et Développement du Nord Canada) et plus de 90 % des AMP du Canada par l'entremise de trois ministères (MPO, APC et EC). Les provinces et territoires administrent la grande partie des autres aires, soit 55 % et 9 % respectivement. Les organisations provinciales travaillent de concert avec des groupes non gouvernementaux à améliorer la reconnaissance des terres de conservation privées comme une partie intégrante des réseaux d'aires protégées. Cinq provinces englobent dans leurs rapports des terres de conservation privées, totalisant 1 755 km2, et de nombreuses organisations gouvernementales du Canada s'efforcent d'inclure la contribution des terres privées à leur stratégie de protection. Les terres privées ne s'étendent pas au milieu marin, mais Pêches et Océans Canada étudie d'autres types de mesures de conservation efficaces basées sur le concept des aires qui pourraient aider à atteindre les objectifs de protection marine. Les peuples autochtones ont contribué à l'établissement de dizaines de milliers de km2 d'aires protégées désignées pendant la période visée par le présent rapport, soit de 2006 à 2011, au moyen de récents accords de règlement des revendications territoriales, de traités, d'autres ententes ou plans coopératifs d'aménagement territorial. Toutefois, il faudra poursuivre les efforts afin de bien intégrer cette réalité aux systèmes de comptabilisation des aires protégées. Le Canada compte pour 5,8 % de l'ensemble des aires protégées terrestres du monde, soit une hausse de 5,1 % comparativement au rapport de 2005. De plus, 3,4 % des AMP du monde se trouvent au Canada, un total en hausse par rapport à 1,4 % en 2005. Parmi les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Canada se classe au 2e rang sur 34 quant à la superficie totale des aires protégées et au 26e rang quant au pourcentage de terres et d'eaux douces protégées. Pour ce qui est du pourcentage d'eaux marines protégées, il se situe en 23e place sur 34.
  • Des progrès ont été réalisés relativement à l'achèvement de systèmes ou de réseaux d'aires protégées représentatifs des écorégions terrestres et des biorégions marines du Canada, même s'il reste encore beaucoup à faire. Plus du tiers des organisations gouvernementales responsables des aires protégées terrestres (6 sur 16) ont « substantiellement terminé » Table Footnote1.1 la représentation de toutes leurs régions naturelles et écologiques. Quatre des neuf organisations gouvernementales marines ont « partiellement terminé » leur cadre représentatif. Si l'on situe les aires protégées terrestres du Canada dans l'ensemble du Cadre écologique national du pays, 70 des 194 écorégions (36 %) ont actuellement au moins 10 % de leur superficie protégée et 38 des 194 écorégions (20 %) ont au moins 17 % de leur superficie protégée.

Planification des aires protégées

  • Les 17 organisations gouvernementales responsables des aires protégées terrestres ou marines du Canada disposent de lois habilitantes pour l'établissement d'aires protégées. Quatre organisations gouvernementales ont mis à jour leurs dispositions législatives entre 2006 et 2011 afin de placer l'intégrité écologique en haute priorité, de façon à s'engager à atteindre certaines cibles sur le plan de l'étendue ou à créer de nouvelles désignations légales d'aires protégées.
  • Les trois quarts des organisations gouvernementales responsables des aires protégées terrestres (12 sur 16) et plus de la moitié (5 sur 9) des organisations gouvernementales marines ont des stratégies en place pour la période visée par le rapport. Six organisations gouvernementales ont fait des progrès sur le plan de la mise en oeuvre de leur stratégie de protection d'aires terrestres au cours des cinq dernières années et déclarent l'achèvement substantiel de leur stratégie. Deux déclarent une mise en oeuvre substantielle de leur stratégie d'AMP.
  • Les stratégies de protection continuent d'être axées sur les aires représentatives, puisque 11 des 17 organisations gouvernementales ont désigné cet aspect comme leur objectif principal. Plus de la moitié des organisations gouvernementales (9 sur 17) ont aussi des objectifs liés à la protection d'une proportion de leur superficie terrestre ou marine. Une attention croissante est accordée à la protection des biens et services écologiques, qui figure parmi les objectifs primaires ou secondaires de cinq organisations gouvernementales.
  • Plusieurs organisations gouvernementales ont insisté sur l'importance des efforts des fiducies foncières pour protéger des terres privées d'importance sur le plan écologique.
  • Presque toutes les organisations gouvernementales reconnaissent l'importance de la connectivité de l'habitat parmi leurs aires protégées; toutefois, neuf d'entre elles ont noté « l'absence d'outils pour améliorer la connectivité entre les aires protégées existantes », comme une contrainte importante pour l'environnement terrestre. Les organisations provinciales soulignent l'importance de la conservation des terres privées en vue d'atteindre les objectifs de connectivité de l'habitat, surtout dans leurs régions urbanisées en pleine croissance.
  • Il existe 64 aires protégées de plus de 3 000 km2, dont quatre dans le milieu marin et une dans les Grands Lacs, ce qui correspond à la taille minimale estimative nécessaire pour éviter une perte de biodiversité. Cela représente près des trois quarts de la superficie totale protégée au Canada. Plus des deux tiers des organisations gouvernementales (12 sur 16) ont intégré un objectif primaire ou secondaire à leurs lois ou leurs politiques, en vue de protéger de grandes zones intactes ou non morcelées.
  • Plus de la moitié des organisations gouvernementales responsables des aires protégées (9 sur 16) ajoutent à leur plan de réseau d'aires protégées la conservation d'écosystèmes d'eaux douces intérieures, soit six de plus qu'en 2005.
  • La plupart des activités courantes de planification de l'établissement d'aires protégées au Canada se font avec la participation des organisations gouvernementales et des collectivités autochtones, en vue de préserver à la fois la biodiversité et le patrimoine culturel, de coopérer à la gestion des aires protégées et de partager les avantages des aires protégées. Les mécanismes de cette participation comprennent les accords modernes de revendications territoriales, les traités et autres accords, les plans coopératifs d'aménagement territorial et les processus de participation et de consultation.
  • Dans la plupart des organisations gouvernementales, les industries de ressources de premier plan soutiennent la réalisation des systèmes et réseaux d'aires protégées, comme un moyen d'obtenir une certitude en ce qui a trait à l'utilisation des terres ou à leur accès, et d'assumer leur responsabilité sociale d'entreprise. Les trois quarts des organisations gouvernementales responsables des aires protégées (13 sur 17) déclarent avoir en place des relations de travail constantes avec des secteurs de ressources pertinents.
  • La plupart des provinces et des territoires travaillent à intégrer les principes et pratiques de développement durable aux cadres de gestion des terres. Ainsi, la planification intégrée de l'utilisation des terres englobe environ 17 % de la superficie totale du territoire du Canada et, là où elle existe, constitue le principal moyen de déterminer où de nouvelles aires protégées seraient nécessaires.
  • Dans le milieu marin, la planification intégrée de la gestion est passée de l'étape de la planification à celle de la mise en oeuvre dans cinq des zones étendues de gestion des océans du gouvernement du Canada. Trois zones de protection marines établies en vertu de la Loi sur les océans, totalisant 7 878 km2--le Mont sous-marin Bowie, l'Estuaire de la Musquash et Tarium Niryutait--ont été créées entre 2006 et 2011 dans le cadre de ce processus.
  • Le quart des organisations gouvernementales responsables des aires terrestres (4 sur 16) ont intégré des mesures d'adaptation aux changements climatiques ou des mesures d'atténuation à leurs stratégies de planification et de gestion des aires protégées, tandis que huit autres ont entrepris de le faire. Le tiers des organisations gouvernementales responsables des aires marines (3 sur 9) sont à mettre en place des mesures d'adaptation à intégrer à la conception de leur réseau.

Gestion des aires protégées

  • Les deux tiers des organisations gouvernementales responsables des aires terrestres (11 sur 16) ont mis en place des cadres stratégiques de gestion de leurs aires protégées. Six des neuf organisations responsables des AMP disposent de cadres semblables.
  • Les organisations gouvernementales responsables des aires protégées au Canada ont élaboré 199 plans de gestion depuis 2005, bien que ce nombre ne corresponde pas à la désignation de nouvelles aires protégées. Environ 18 % des aires protégées disposaient de plans de gestion à jour en 2011, une baisse par rapport aux 25 % de 2005.
  • De plus en plus, les organisations canadiennes adoptent l'intégrité écologique comme base de gestion des aires protégées, la plupart des organisations gouvernementales (13 des 16 responsables d'aires protégées terrestres et 5 des 9 responsables d'aires marines) déclarant que ce concept est intégré aux principes de fonctionnement de leur organisme. Toutefois, seulement le tiers de ces organisations gouvernementales déclare avoir des mesures en place pour surveiller l'intégrité écologique et environ la moitié a des mesures pour gérer l'intégrité écologique.
  • Les organisations gouvernementales responsables des aires protégées déclarent une « utilisation incompatible en dehors des aires protégées » et les « changements climatiques » comme constituant la plus grave menace à l'intégrité écologique des aires protégées terrestres. La plus sérieuse menace pour les AMP est représentée par « les changements climatiques » et « l'interruption des cycles naturels ».
  • Dans l'ensemble, les organisations gouvernementales responsables des aires protégées terrestres et marines ont qualifié la disponibilité et la qualité de l'information scientifique et autres données à l'appui de la gestion des aires protégées de « limitée à bonne ». Les organisations gouvernementales ont déclaré que l'information la plus facilement accessible et de la plus haute qualité concerne les « activités d'utilisation des terres adjacentes » et les « inventaires de ressources naturelles ». Elles ont aussi déclaré que la disponibilité de l'information sur les processus écologiques, les connaissances écologiques traditionnelles et la présence d'espèces envahissantes était « limitée ».
  • La totalité de la superficie protégée au Canada a continué d'augmenter tandis que le financement de la plupart des organisations gouvernementales est demeuré stable ou a diminué. Les récents rapports expriment des préoccupations au sujet de l'insuffisance des ressources qui aurait nui à la capacité des organisations gouvernementales de gérer les aires protégées. Les organisations gouvernementales responsables des aires protégées terrestres au Canada ont dépensé environ 6 $ l'hectare par année pour les aires protégées, soit une baisse par rapport aux 22 $ de 2005, même si les dépenses des différentes organisations gouvernementales varient entre moins de 1 $ à environ 30 $ l'hectare. Les ressources financières affectées aux programmes d'AMP de Pêches et Océans Canada s'élèvent à environ 1 % du montant dépensé pour les programmes de protection des aires terrestres.
  • Moins de la moitié des organisations gouvernementales responsables des aires protégées évaluent l'efficacité de leur gestion. Sept organisations gouvernementales terrestres et quatre organisations gouvernementales marines ont recours à un large éventail d'approches pour mesurer les progrès par rapport aux objectifs clés fixés pour les aires protégées.
  • À peu près la moitié des organisations gouvernementales responsables des aires protégées, soit huit sur 16 pour les aires terrestres et 5 sur 9 pour les aires marines, confirment évaluer et rendre compte de façon systématique de la situation de leurs aires protégées, soit séparément, soit globalement, dans le cadre de rapports sur l'état de l'environnement.
  • Outre la conservation de la biodiversité, les organisations gouvernementales font de plus en plus de promotion des aires protégées en raison de leurs avantages pour les économies locales, régionales et nationales, la conservation du patrimoine culturel, la santé et le bien-être des humains, les changements climatiques, la pureté de l'eau et les écoservices, ainsi que la recherche scientifique et l'éducation. Un certain nombre d'études réalisées pendant la période de 2006 à 2011 font ressortir la valeur particulière des aires protégées pour une gamme d'avantages.
  • Presque toutes les organisations gouvernementales responsables des aires protégées du Canada sont engagées dans une forme ou une autre de gestion coopérative avec les Autochtones, particulièrement dans les territoires septentrionaux et dans les provinces qui ont de vastes régions nordiques éloignées. Dans le nord du Canada, les revendications territoriales et les intérêts et les droits des Autochtones en ce qui concerne les aires protégées et les animaux sauvages constituent un élément essentiel et obligatoire de la gestion des aires protégées.
  • La plupart des organisations gouvernementales continuent de travailler avec les collectivités à des décisions de gestion concernant leurs aires protégées locales. Les deux tiers de toutes les organisations gouvernementales responsables des aires protégées (12 sur 17) ont enchâssé la participation communautaire dans leurs lois ou leurs politiques. En pratique, plus de la moitié de toutes les organisations gouvernementales (10 sur 17) offrent des possibilités de participation communautaire aux décisions de gestion pour la plupart ou la totalité de leurs aires protégées.

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