Sels d’aluminium, contenu final : résumé

Résumé

Les trois sels d’aluminium, soit le chlorure d’aluminium, le nitrate d’aluminium et le sulfate d’aluminium, ont été inscrits en tant que substance sur la Liste des substances d’intérêt prioritaire, en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [LCPE (1999)], afin d’évaluer les risques que présente, pour la santé humaine et l’environnement au Canada, l’exposition à l’aluminium provenant de ces trois sels.

L’évaluation de ces trois sels d’aluminium a été officiellement suspendue en décembre 2000 en raison des données disponibles limitées pour évaluer les effets sur la santé. Au même moment a été rendu public un rapport sur l’état de la science (Environnement Canada et Santé Canada, 2000) qui porte sur ces trois sels d’aluminium et qui fait un examen approfondi des informations sur la toxicité et l’exposition liées à la santé humaine et à l’environnement. Durant cette période de suspension, d’autres informations concernant les effets sur la santé ont été publiées dans la littérature scientifique et ont été prises en compte dans la présente évaluation.

Au Canada, les stations municipales de traitement de l’eau, principales consommatrices de chlorure d’aluminium et de sulfate d’aluminium, représentent à elles seules 78 % de la consommation domestique, qui est estimée à 16,1 kilotonnes en 2006. Les 20 % restants sont attribués aux stations de traitement des eaux industrielles et usées et aux usines de pâtes et papiers. Le sulfate d’aluminium et le chlorure d’aluminium sont aussi des ingrédients dans des médicaments et des cosmétiques comme les antisudorifiques et les crèmes topiques. Le sulfate d’aluminium est autorisé comme additif alimentaire dans un certain nombre de produits. Le nitrate d’aluminium, utilisé en moindres quantités que les sels de sulfate et de chlorure, peut être employé dans les engrais et comme réactif chimique dans plusieurs industries.

Les sels d’aluminium existent en faibles quantités à l’état naturel dans certains milieux géologiques restreints au Canada et contribuent aux sources naturelles d’aluminium dans le milieu ambiant. Comme l’aluminium est aussi un constituant important de la plupart des roches, principalement dans les minéraux aluminosilicatés, dont l’altération lente rejette de l’aluminium dans l’environnement de surface, il est cependant impossible de distinguer les faibles quantités d’aluminium dans les eaux de surface provenant des phénomènes d’érosion des sels d’aluminium, tels que le sulfate d’aluminium, de ceux provenant d’autres sources naturelles d’aluminium.

Dans leur application pour le traitement de l’eau, les sels d’aluminium réagissent rapidement pour produire des formes d’aluminium dissoutes ou solides et engendrent certains rejets dans les eaux de surface au Canada. Au pays, ces rejets d’aluminium d’origine humaines sont plus faibles que ceux estimés d’origine naturelle, sauf à proximité des sources ponctuelles de rejets où ils peuvent être dominants. La plupart des rejets directs d’aluminium dans les eaux de surface associés au traitement des eaux proviennent de l’utilisation des sels d’aluminium par les stations de traitement de l’eau. Ils sont cependant réglementés par nombre d’autorités provinciales et territoriales et se font généralement dans des eaux à potentiel d'hydrogène (pH) neutre, où la solubilité de l’aluminium est minimale. L’élimination par épandage des boues produites par les stations de traitement des eaux municipales et industrielles est une source d’aluminium pour le milieu terrestre. Cependant, la présence de matière organique dissoute et d’agents de chélation inorganiques permet de réduire la biodisponibilité de l’aluminium dans les milieux aquatique et terrestre.

Autant les données relatives aux concentrations d’aluminium total dans les eaux de surface au Canada sont abondantes, autant elles se font rares dans les zones situées à proximité des sources de rejets. La situation est similaire pour les sédiments et les sols où les données existantes concernent l’environnement au Canada en général et non les sites de rejet. Les données sur la toxicité environnementale des milieux acidifiés sont abondantes contrairement à celles qui concernent les milieux à pH neutre semblables à ceux où se produisent la plupart des rejets.

Selon la comparaison des concentrations d’aluminium mesurées les plus élevées et des concentrations estimées au Canada dans les milieux aquatique et terrestre qui reçoivent des rejets directs d’aluminium provenant de l’utilisation des trois sels d’aluminium et les concentrations estimées sans effet calculées à partir des données expérimentales sur le biote aquatique et terrestre, il est généralement peu probable que les organismes soient exposés à des concentrations nocives d’aluminium provenant de l’utilisation des sels d’aluminium au Canada. Toutefois, on reconnaît que dans certaines conditions de rejet des effets localisés sont possibles sur les organismes benthiques à cause du dépôt des boues d’aluminium provenant des stations de traitement de l’eau à la surface des sédiments. Il est donc conclu que les trois sels d’aluminium (soit le chlorure d’aluminium, le nitrate d’aluminium et le sulfate d’aluminium) ne pénètrent pas dans l’environnement en une quantité ou une concentration ou dans des conditions de nature à avoir, immédiatement ou à long terme, un effet nocif sur l’environnement ou sur la diversité biologique.

En ce qui a trait à la santé humaine, les données épidémiologiques et expérimentales sur les animaux de laboratoire ont été examinées. La dose à laquelle des effets neurotoxiques sur la reproduction et sur le développement ont été observés à maintes reprises dans des études sur des animaux de laboratoire a permis d’établir un niveau d’exposition préoccupant.

L’exposition de l’ensemble de la population canadienne à l’aluminium total a été quantifiée. En ce qui concerne les trois sels d’aluminium, soit le chlorure d’aluminium, le nitrate d’aluminium et le sulfate d’aluminium, on n’a pu qu’estimer qualitativement leur contribution à l’aluminium total. Toutefois, le seul milieu où l’utilisation de ces sels pourrait se répercuter grandement sur la concentration moyenne d’aluminium est l’eau potable, par l’ajout possible de sulfate d’aluminium ou de chlorure d’aluminium durant le procédé de traitement. En guise de substitut d’une estimation quantitative de l’exposition, on a supposé que tout l’aluminium présent dans l’eau potable provenait du sulfate d’aluminium et du chlorure d’aluminium. Lorsqu’on compare le niveau préoccupant d’exposition selon le groupe d’âge à la plus haute dose journalière moyenne d’aluminium total attribuable à l’eau potable, on obtient une marge d’exposition jugée adéquate.

Compte tenu des informations disponibles relatives à la santé humaine et à l’environnement, il a été conclu que les trois sels d’aluminium, soit le chlorure d’aluminium, le nitrate d’aluminium et le sulfate d’aluminium, ne pénètrent pas dans l’environnement en une quantité ou une concentration ou dans des conditions de nature à avoir, immédiatement ou à long terme, un effet nocif sur l’environnement ou sur la diversité biologique, ou à mettre en danger l’environnement essentiel pour la vie. Il a aussi été conclu que l’aluminium provenant du chlorure d’aluminium, du nitrate d’aluminium et du sulfate d’aluminium ne pénètre pas dans l’environnement en une quantité ou une concentration ou dans des conditions de nature à constituer un danger au Canada pour la vie ou la santé humaines. Le chlorure d’aluminium, le nitrate d’aluminium et le sulfate d’aluminium ne sont donc pas jugés toxiques au sens de l’article 64 de la LCPE (1999).

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