Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) au Canada - 2016
- Table des matières
- Sommaire de l'évaluation
- Résumé
- Résumé technique
- Préface
- Description et importance de l'espèce sauvage
- Répartition
- Habitat
- Biologie
- Taille et tendance des populations
- Menaces et facteurs limitatifs
- Facteurs limitatifs
- Menaces
- Modifications des systèmes naturels (menace 7; impact moyen-faible)
- Espèces envahissantes ou autrement problématiques (menace 8; impact moyen-faible)
- Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (menace 11; impact moyen-faible)
- Développement résidentiel et commercial (menace 1; impact faible)
- Intrusions et perturbations humaines (menace 6; impact faible)
- Corridors de transport et de services (menace 4; impact faible)
- Menaces ayant un impact négligeable
- Nombre de localités
- Protection, statuts et classements
- Remerciements et experts contactés
- Sources d'information
- Sommaire biographique des rédacteurs du rapport
- Collections examinées
- Figure 1. Limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) de l'île de Vancouver, Colombie-Britannique.
- Figure 2. Aire de répartition mondiale de la limace-prophyse bleu-gris.
- Figure 3. Aire de répartition canadienne de la limace-prophyse bleu-gris fondée sur les mentions du tableau 1. Les noms et numéros des sous-populations mentionnés dans le texte sont indiqués.
- Figure 4. Aperçu des sites ayant fait l'objet de relevés de gastéropodes à l'intérieur et autour de l'aire de répartition de la limace-prophyse bleu-gris dans le sud de la Colombie-Britannique (voir le tableau 2 pour les sources des données).
- Tableau 1. Mentions de la limace-prophyse bleu-gris au Canada.
- Tableau 2. Sommaire des activités de recherche visant les gastéropodes terrestres sur l'île de Vancouver, dans le sud des îles Gulf, dans les basses terres continentales (y compris dans la vallée de la Chilliwack et à Hope), et dans la région côtière Sunshine Coast, en Colombie-Britannique, de 1984 à 2015.
- Tableau 3. Sites d'observation antérieurs de la limace prophyse bleu gris visités de nouveau en 2014 dans le cadre d'une vérification de terrain aux fins du présent rapport.Nota : les sites 5 et 15 ont été découverts en 2015, après la vérification de terrain.
- Tableau 4. Régime foncier des sites occupés, connectivité au sein du paysage et viabilité estimée de la population.
COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada

COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada
Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l'on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :
COSEPAC. 2016. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiv + 56 p.
COSEPAC. 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 32 p.
Le COSEPAC remercie Kristiina Ovaska et Lennart Sopuck d'avoir rédigé le rapport de situation sur la limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum) au Canada, aux termes d'un marché conclu avec Environnement et Changement climatique Canada. La supervision et la révision du rapport ont été assurées par Joe Carney, coprésident du Sous-comité de spécialistes des mollusques du COSEPAC.
Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3
Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : COSEPAC courriel
COSEPAC
Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Blue-grey Taildropper Prophysaon coeruleum in Canada.
Limace-prophyse bleu-gris - Photo : K. Ovaska.
La limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon coeruleum est une limace gélatineuse de petite taille (Arionidés : Anadeninés) dont les adultes mesurent de 20 à 40 mm de longueur. Les caractères morphologiques permettant de la reconnaître sont sa coloration bleu-gris unie, sans stries, et les sillons et les crêtes parallèles et distinctes qui ornent le dessus et les côtés de la queue. Comme chez les autres espèces du genre Prophysaon, on peut généralement distinguer une légère constriction ou dépression oblique à l'endroit où la queue se détache (autonomie) lorsque la limace est attaquée par un prédateur.
La limace-prophyse bleu-gris joue peut-être un rôle dans la dispersion des spores de champignons formant des associations avec les racines d'arbres, remplissant ainsi un rôle écologique essentiel.
La limace-prophyse bleu-gris est endémique à la partie occidentale de l'Amérique du Nord. Elle est présente depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique jusque dans l'Oregon et le nord de la Californie, en passant par les basses terres du Puget Sound et la chaîne des Cascades de l'État de Washington; on trouve également une population disjointe dans le nord de l'Idaho. Au Canada, sa présence a été documentée uniquement dans le sud de l'île de Vancouver, où 15 sous-populations sont connues. Toutes les mentions de l'espèce, sauf deux, proviennent du district régional de la capitale. En 2013, l'espèce a été trouvée dans le district de North Cowichan, à environ 28 km au nord de la mention la plus proche, puis elle a de nouveau été observée dans le même secteur en 2015.
Au Canada, l'aire de répartition (zone d'occurrence) présumée de la limace-prophyse bleu-gris est passée de 150 à 658 km2 depuis le rapport de situation précédent, sous l'effet de l'intensification des activités de recherche au cours de la dernière décennie. Il existe probablement d'autres sites, mais il est hautement improbable que l'aire de répartition de la limace-prophyse bleu gris augmente de façon marquée, compte tenu des activités de recherche intensives menées dans le sud de l'île de Vancouver; des centaines de sites de l'île de Vancouver et de la côte adjacente de la Colombie-Britannique continentale ont été explorées à la recherche de gastéropodes terrestres.
La limace-prophyse bleu-gris se rencontre dans les forêts mixtes de seconde venue matures ou en cours de maturation (> 60 ans) à basse altitude (< 250 m au-dessus du niveau de la mer) de la zone biogéoclimatique côtière à douglas, qui couvre l'extrémité sud-est plus sèche de l'île de Vancouver et où il existe une transition vers la zone biogéoclimatique côtière à pruche de l'Ouest. L'étendue de ces zones se contracte rapidement et celles-ci deviennent gravement fragmentées à cause du développement urbain et rural. La zone biogéoclimatique côtière à douglas est l'un des écosystèmes les plus perturbés de la Colombie-Britannique. Cette zone renferme plusieurs écosystèmes de douglas, de chêne de Garry et d'arbousier rares et inscrits à une liste provinciale dans lesquels la limace-prophyse bleu-gris a été trouvée, même si elle n'est pas restreinte à ces habitats. La répartition des limaces dans le paysage est irrégulière. À la limite nord de l'aire de répartition de l'espèce, la limace-prophyse bleu-gris pourrait favoriser les petites clairières et les terrains boisés au détriment des forêts plus profondes, étant donné que ces habitats captent l'énergie thermique du soleil et offre un tapis forestier relativement chaud. On estime que la disponibilité de refuges humides convenables, comme ceux qui sont offerts par l'abondance de gros débris ligneux et/ou les tapis de mousse épais, est importante.
Il semble que la limace-prophyse bleu-gris ait un cycle vital annuel, accomplissant sa croissance jusqu'à la maturité et se reproduisant en une seule année; l'espèce hiverne à l'état d'œuf. En Colombie-Britannique, des juvéniles ont été observés d'avril à juin, tandis que la majorité des adultes ont été observés de septembre à décembre; un adulte a été trouvé en mars, ce qui indique qu'au moins certains adultes réussissent leur hivernage.
L'espèce se nourrit en grande partie de champignons. Divers prédateurs vertébrés et invertébrés, indigènes et introduits, se nourrissent de limaces, et la limace-prophyse bleu-gris compte probablement parmi leurs proies. La limace-prophyse bleu-gris possède la faculté de s'amputer de sa queue, adaptation efficace pour échapper à certains prédateurs. On pense que l'espèce a une capacité de dispersion très limitée, de l'ordre de quelques dizaines à quelques centaines de mètres par génération.
Il n'existe pas d'estimations fiables de la taille de la population, mais des estimations grossières réalisées à quatre sites au cours d'une année indiquent la présence d'au moins 50 à 125 adultes par hectare. Lorsqu'on extrapole la densité de l'espèce aux zones occupées connues, on obtient une population de 1 800 à 4 500 adultes. La population canadienne totale, en incluant les sites non encore découverts, est probablement inférieure à 10 000 individus. Toutefois, comme l'espèce est répartie de façon irrégulière dans la zone, il est difficile de générer des estimations de taille de la population. La limace-prophyse bleu-gris a été observée pour la première fois en Colombie-Britannique en 2002, de sorte qu'on ne connaît ni les fluctuations ni les tendances à long terme de la population de cette espèce. À l'automne 2014, au cours de relevés de vérification de terrain, l'espèce a été trouvée dans 6 des 18 sites revisités. L'habitat n'avait subi aucune modification dans la majorité des sites, mais il s'était détérioré dans six sites où l'espèce n'a pas été observée, en raison de l'empiètement par des plantes envahissantes, des activités récréatives et/ou de projets d'aménagement. Des sous-populations de l'espèce se rencontrent dans 2 parcelles d'habitat dont la superficie est inférieure à 20 hectares et que l'on croit nécessaires à sa viabilité à long terme, et 3 autres sous-populations se trouvent dans des paysages ruraux hautement fragmentés. Les dix autres sous-populations se trouvent dans des milieux ayant une certaine connectivité avec des zones forestières plus vastes.
Dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, la limace-prophyse bleu-gris se trouve à la limite nord de son aire de répartition. La faible capacité de dispersion des limaces et le fait qu'elles aient besoin de vivre dans un milieu humide limitent la vitesse à laquelle elles peuvent coloniser de nouveaux milieux ou des parcelles d'habitat d'où elles ont disparu.
Les principales menaces à la survie de la limace-prophyse bleu-gris sont les modifications des écosystèmes naturels par des plantes exotiques envahissantes, la compétition et la prédation par des espèces d'invertébrés introduites, les périodes de sécheresse dues aux changements climatiques et les phénomènes météorologiques violents. Les plantes envahissantes introduites sont répandues dans de nombreux sites de l'île de Vancouver abritant l'espèce et détériorent la qualité de l'habitat en évinçant les plantes indigènes et en modifiant le microclimat et possiblement la disponibilité de nourriture pour les limaces. Les gastéropodes et d'autres invertébrés non indigènes, comme les carabes (coléoptères de la famille des Carabidés), présentent des menaces du fait qu'ils utilisent la limace-prophyse bleu-gris comme proie et qu'ils lui livrent concurrence pour la nourriture et les abris. On s'attend à ce que des périodes de sécheresse plus longues et plus fréquentes réduisent le taux de survie de l'espèce de même que le temps dont elle dispose pour chercher de la nourriture et croître. Ces effets se feraient probablement sentir de façon plus aiguë dans les parcelles d'habitat dégradé dépourvues de microhabitats où l'espèce pourrait se réfugier. Les activités récréatives, la construction domiciliaire et l'urbanisation sont d'autres menaces généralisées qui contribuent à la perte et à la détérioration de l'habitat.
La limace-prophyse bleu gris figure à titre d'espèce en voie de disparition à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril. À l'échelle mondiale, l'espèce est cotée G3G4 (cote mondiale arrondie - G3), soit « vulnérable - apparemment non en péril ». La limace-prophyse bleu-gris a été inscrite sur la liste rouge des espèces en péril en Colombie-Britannique, qui comprend des espèces disparues de la province, en voie de disparition ou menacées, et est jugée gravement en péril (S1) à l'échelle de la province.
La majorité des sous-populations, en tout ou en partie, se trouvent sur des terres fédérales (ministère de la Défense nationale, Conseil national de recherches du Canada), dans des parcs ou des sentiers du district régional de la capitale (dans le système de parcs et sentiers de CRD Parks and Trails), et dans des parcs municipaux qui sont protégés contre la conversion des terres, du moins à court terme. Trois sous-populations et une partie d'une quatrième se trouvent sur des terres rurales privées. Il y a probablement d'autres sites sur des terres privées.
| Sujet | Information |
|---|---|
| Durée d'une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquer si une méthode d'estimation de la durée d'une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l'UICN [2011] est utilisée). | ~ 1 an |
| Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d'individus matures? | Oui, déclin prévu et inféré fondé sur l'évaluation qualitative de la viabilité des sites ainsi que des menaces pesant sur eux. |
| Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d'individus matures sur [cinq-ans ou deux générations]. | Inconnu |
| Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix-dernières années ou trois dernières générations]. | Inconnu |
| Pourcentage [prévu ou présumé] [de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations]. | Inconnu |
| Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours de toute période de [dix-ans ou trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur. | Inconnu |
| Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé? |
|
| Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures? | Non |
| Sujet | Information |
|---|---|
| Superficie estimée de la zone d'occurrence | 658 km2 |
| Indice de zone d'occupation (IZO) (Fournissez toujours une valeur établie à partir d'une grille à carrés de x km de côté). |
56 km2 (l'IZO réel pourrait être plus élevé, car il existe peut-être des sites non documentés, mais il est peu probable qu'il soit supérieur à 500 km2) |
La population est-elle gravement fragmentée, c.-à-d. que plus de 50-% de sa zone d'occupation totale se trouvent dans des parcelles d'habitat qui sont
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|
| Nombre de localités (utiliser une fourchette plausible pour refléter l'incertitude, le cas échéant) | De 3 à 9, où les sécheresses représentent la principale menace; les sites ont été regroupés en fonction des sous-zones biogéoclimatiques (faible valeur) ou de la proximité les uns par rapport aux autres et de la similarité de l'habitat (valeur élevée). 9, où les plantes et les invertébrés envahissants représentent la principale menace; les sites ont été regroupés en fonction du régime foncier et de la des terres. 15, si l'on considère que chacune des sous-populations ou chacun des groupes de sites est visé par des menaces indépendantes, mais complémentaires. |
| Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d'occurrence? | Inconnu Le déclin observé depuis le rapport de situation précédent témoigne de l'augmentation des activités de recherche. |
| Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l'indice de zone d'occupation? | Déclin inféré fondé sur les menaces. Le déclin observé témoigne de l'augmentation des activités de recherche; l'IZO réel pourrait diminuer en fonction des menaces et des tendances en matière d'habitat. |
| Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de populations? | Possiblement un déclin observé et inféré; deux sous-populations vivant dans un milieu perturbé pourraient avoir connu un déclin ou avoir disparu au cours des 10 dernières années (Galloping Goose sur la rivière Sooke : aucune observation depuis 2004; lac Thetis : aucune observation depuis 2010, malgré des relevés annuels intensifs) |
| Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités (Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et IUCN 2010 (en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.)? |
Possiblement un déclin observé et inféré (voir ci-dessus) |
| Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l'étendue ou la qualité] de l'habitat? | Oui, déclin observé, inféré et prévu de la qualité de l'habitat (plusieurs sites connus) |
| Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations? | Non |
| Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localité? (Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et IUCN 2010 (en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.) |
Non |
| Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d'occurrence? | Non |
| Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l'indice de zone d'occupation? | Non |
| Sous-population (indiquez des fourchettes plausibles) | Nombre d'individus matures |
|---|---|
| - | Inconnu; de 1-800 à 4-500 individus pour l'ensemble des 15 sous-populations, selon la présence estimée de 50 à 125 individus par ha. |
| Total | Probablement moins de 10-000, étant donné qu'aucune estimation solide n'est disponible et qu'il pourrait y avoir des sous-populations non documentées. |
| Sujet | Information |
|---|---|
| La probabilité de disparition de l'espèce à l'état sauvage est d'au moins [20-% sur 20 ans ou 5 générations, ou 10-% sur 100-ans]. | Non effectuée en raison du manque de données |
| - | - |
| Sujet | Information |
|---|---|
|
Un calculateur des menaces a-t-il été rempli pour l'espèce, et dans l'affirmative, par qui? Oui, à l'occasion d'une téléconférence ayant eu lieu le 17 juin 2015 et à laquelle ont participé les personnes suivantes : Kristiina Ovaska (rédactrice du rapport), Lennart Sopuck (rédacteur du rapport), Dwayne Lepitzki (animateur et coprésident), Joe Carney (coprésident), Dave Fraser, Lea Gelling, Daelyn Woolnough, Raymond Lauzier, Robert Forsyth, Suzanne Dufour, Megan Harrison, Bev McBride (Secrétariat du COSEPAC). |
| Sujet | Information |
|---|---|
| Situation des populations de l'extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada | État de Washington (S1, gravement en péril) |
| Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? | Non |
| Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? | Oui |
| Y a-t-il suffisamment d'habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? | Non |
| Les conditions se détériorent-elles au Canada? Voir le tableau 3 (Lignes directrices pour la modification de l'évaluation de la situation d'après une immigration de source externe) |
Oui |
| Les conditions de la population source se détériorent-elles? | Inconnu |
| La population canadienne est-elle considérée comme étant une population puits? | Non |
| La possibilité d'une immigration depuis des populations externes existe-t-elle? | Non |
| Sujet | Information |
|---|---|
| L'information concernant l'espèce est-elle de nature délicate? | Non |
| Sujet | Information |
|---|---|
| COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2006. |
Réexamen du statut : l'espèce a été désignée «-menacée-» en avril 2016. |
| Sujet | Information |
|---|---|
| Statut |
Menacée |
| Codes alphanumériques | B1ab(iii) + B2ab(iii) |
| Historique du statut |
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2006. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « menacée » en avril 2016. |
| Justification de la désignation |
Cette petite limace de couleur bleue au corps effilé ne se trouve que dans l'ouest de l'Amérique du Nord, où elle vit dans la couche humide de litière de feuilles mortes et de mousses dans des forêts mixtes. Au Canada, elle est confinée à l'extrême sud-est de l'île de Vancouver dans la zone biogéoclimatique côtière à douglas et là où il y a transition entre cette zone et la zone biogéoclimatique côtière à pruche de l'Ouest. L'étendue de ces habitats subit un déclin et ce qui reste est de plus en plus fragmenté. Quinze sous-populations sont actuellement connues, une augmentation qui a mené à un changement de statut. Un déclin continu de la qualité de l'habitat est attendu en raison de la modification de l'écosystème naturel et de la compétition avec les espèces envahissantes, ainsi que des sécheresses et des phénomènes météorologiques violents associés aux changements climatiques. |
| Sujet | Information |
|---|---|
| Critère A (déclin du nombre total d'individus matures) |
Sans objet. Le nombre d'individus matures est inconnu. Selon une évaluation qualitative de la viabilité des sites ainsi que des menaces pesant sur eux, la population devrait subir un déclin prévu et inféré. |
| Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) |
Correspond au critère de la catégorie « espèce menacée », B1ab(iii)+2ab(iii). Même si les valeurs de la zone d'occurrence (658 km2) et de l'IZO (56 km2) satisfont au seuil de la catégorie «-en voie de disparition-», le nombre de localités (9 selon les menaces les plus graves et les plus plausibles) dépasse le seuil établi pour la catégorie « espèce en voie de disparition », mais respecte le seuil établi pour la catégorie « espèce menacée ». Il y a un déclin observé, inféré et prévu de la qualité de l'habitat d'après les menaces posées par la modification de l'habitat et les répercussions des espèces envahissantes ainsi que les sécheresses et les phénomènes météorologiques violents associés aux changements climatiques. |
| Critère C (nombre d'individus matures peu élevé et en déclin) | Sans objet. Le nombre d'individus matures est inconnu. |
| Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) | Le critère-D1 ne s'applique pas, car le nombre d'individus matures est inconnu. Le critère de la catégorie « espèce menacée », D2, ne s'applique pas non plus, car l'IZO et le nombre de localités sont tous deux supérieurs aux seuils établis pour ce critère. Bien que l'espèce soit exposée à des menaces découlant de l'activité humaine, comme l'introduction d'espèces végétales et animales envahissantes et des événements de nature stochastique, tels que les sécheresses dont la fréquence augmente en raison des changements climatiques, les effets de ces menaces ne la mettront pas gravement en péril ou en danger d'extinction dans un délai d'une ou deux générations suivant l'apparition de ces menaces. |
| Critère E (analyse quantitative) | Ce critère ne s'applique pas, car aucune estimation de la taille ou des tendances des populations n'est disponible, et aucune analyse quantitative n'a été réalisée. |
Le présent rapport constitue une mise à jour du précédent rapport de situation du COSEPAC sur la limace-prophyse bleu-gris (COSEWIC, 2006). Depuis, des relevés supplémentaires de gastéropodes terrestres ont été réalisés dans l'aire de répartition connue et potentielle de l'espèce sur l'île de Vancouver, dans la vallée du bas Fraser et dans la région de Kootenay, en Colombie-Britannique; plusieurs de ces relevés ciblaient précisément l'espèce. De nouvelles mentions ont permis d'augmenter la superficie de la zone d'occupation connue et de la zone d'occurrence de l'espèce, de même que le nombre de localités, mais l'espèce n'a pas été trouvée en dehors du sud de l'île de Vancouver.
Un programme de rétablissement provincial a été achevé (Blue-grey Taildropper Recovery Team, 2012) et l'ébauche d'un programme de rétablissement fédéral a été rédigée (Environment Canada, en préparation). Ce dernier document comprend une désignation partielle de l'habitat essentiel de l'espèce.
L'espèce n'a pas été soumise au processus officiel de recherche de connaissances traditionnelles autochtones (CTA) par l'intermédiaire du Sous-comité des CTA du COSEPAC (ATK Subcommittee, comm. pers., 2014).
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d'une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d'une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d'être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d'autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.
Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l'Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d'information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.
Remarque : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.
Le Service canadien de la faune d'Environnement et Changement climatique Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.
La limace-prophyse bleu-gris (Prophysaon cœruleum Cockerell, 1890) a été décrite à partir de spécimens provenant de l'État de Washington, où le site type se trouve à Olympia. Le genre Prophysaon, endémique à l'ouest de l'Amérique du Nord, regroupe neuf espèces décrites réparties entre deux sous-genres : le sous-genre Mimetarion, auquel appartiennent le P. vanattae, le P. obscurum, le P. fasciatum et le P. humile, et le sous-genre Prophysaon, qui comprend le P. andersoni, le P. boreale, le P. cœruleum, le P. dubium et le P. foliolatum. Le genre Prophysaon se distingue des autres Arionidés présents en Amérique du Nord par son pénis très réduit, son épiphallus spécialisé et sa faculté de s'amputer de sa queue (autotomie) (Pilsbry, 1948). Le genre Prophysaon appartient à la grande famille cosmopolite des Arionidés, sous-famille des Anadeninés. Une autre classification réalisée par Bouchet et Rocroi (2005) hisse toutes les sous-familles d'Arionidés au statut de famille. Aucune de ces classifications n'est satisfaisante, car les études génétiques actuelles ne soutiennement pas la monophylie de la famille des Arionidés, plus inclusive, ni de ses sous-familles ayant fait l'objet d'études (Backeljau, comm. pers., 2011).
Selon des observations génétiques et morphologiques, le taxon Prophysaon coeruleum pourrait correspondre à un complexe d'espèces (Burke, 2013; pour la structure génétique, voir la section Structure spatiale et variabilité de la population). La classification actuelle est la suivante :
Embranchement : Mollusques
Classe : Gastéropodes
Sous-classe : Pulmonés
Ordre : Stylommatophores
Sous-ordre : Arionoidés
Famille : Arionidés
Sous-famille : Anadeninés
Genre : Prophysaon
Espèce : P. coeruleum
La limace-prophyse bleu-gris est une limace de taille petite à moyenne dont l'adulte peut atteindre de 20 à 40 mm de longueur en extension (Burke, 2013); tous les spécimens de la Colombie-Britannique mesuraient moins de 30 mm (Ovaska et Sopuck, données inédites, 2014). Le corps est mince et effilé et la queue n'est pas carénée. Le manteau est grand, couvrant environ le tiers de la longueur totale de l'animal. Le pneumostome (orifice de la cavité respiratoire) est situé sur le côté droit de l'animal, légèrement en avant du milieu de la marge du manteau. Les caractères morphologiques externes permettant de reconnaître l'espèce sont sa coloration uniforme gris-bleu, sans stries dorsales ou latérales, ainsi que les sillons et les crêtes parallèles qui ornent le dessus et les côtés du pied ( figure 1 ; Pilsbry, 1948; Burke, 2013). Le dos et les flancs sont bleu pâle à bleu foncé ou gris-bleu. La sole du pied est gris pâle ou blanche, et le mucus est incolore. On peut généralement distinguer une légère constriction ou dépression oblique à l'endroit où la queue se détache (autotomie) ( Figure 1 ). On trouve des illustrations de l'appareil génital du P. cœruleum, utiles pour en confirmer l'identification, dans Pilsbry (1948) et dans Ovaska et al.(2004).
Description longue de la figure 1
Photo d'une limace phrophyse bleu gris sur un doigt humain (vue dorsale). La limace phrophyse bleu gris est une limace de taille petite à moyenne dont l'adulte peut atteindre de 20 à 40 mm de longueur en extension. Le corps est mince et effilé et la queue n'est pas carénée. Le manteau est grand, couvrant environ le tiers de la longueur totale de l'animal. Les caractères morphologiques externes permettant de reconnaître l'espèce sont sa coloration uniforme bleu gris, sans stries dorsales ou latérales, ainsi que les sillons et les crêtes parallèles qui ornent le dessus et les côtés du pied. Le dos et les flancs sont bleu pâle à bleu foncé ou bleu gris.
Wilke et Duncan (2004) ont étudié la structure génétique de la limace-prophyse bleu-gris dans l'ensemble de son aire de répartition en se fondant sur des marqueurs provenant de deux gènes mitochondriaux. Deux des spécimens à l'étude provenaient de Rocky Point, à l'île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Dans l'ensemble de l'aire de répartition, l'analyse a révélé une structure génétique complexe, et les auteurs ont distingué trois principaux clades probablement vieux d'environ 2,6 à 5,9 millions d'années. À cette structure ancienne se superpose une structure plus récente comprenant huit clades mineurs. Cette dernière remonte à moins de 2 millions d'années et résulte probablement de perturbations survenues lors des glaciations du Pleistocène. Les distances génétiques entre les trois clades anciens sont égales ou supérieures à celles qui séparent les différentes espèces du genre Prophysaon, et la forme actuellement connue sous le nom de Prophysaon coeruleum pourrait en fait être constituée d'un complexe d'espèces cryptiques (Wilke et Duncan, 2004).
La différenciation génétique s'observe principalement dans la partie méridionale de l'aire de répartition de l'espèce, en particulier dans le sud de l'Oregon, dans la région de Klamath (Wilke et Duncan, 2004). La répartition géographique du clade majeur auquel appartient la population de la Colombie-Britannique couvre le sud de l'île de Vancouver et la chaîne des Cascades depuis l'État de Washington jusque dans le centre-sud de l'Oregon. À ce clade appartient également une population disjointe de l'Idaho. Ce clade majeur se subdivise en trois clades mineurs : le clade du nord, un petit clade situé dans le centre-sud de l'Oregon, et un clade singulier représenté à la fois dans le sud de l'Oregon et dans le nord de l'Idaho. Les spécimens de la Colombie-Britannique appartiennent au clade mineur du nord, dont on trouve également des représentants dans l'État de Washington et en Oregon. À grande échelle, la population de l'île de Vancouver n'est donc pas génétiquement distincte. Toutefois, l'étude (analyse de l'ADN mitochondrial) ne visait pas à faire une distinction avec la différenciation à plus petite échelle qui pourrait bien être survenue au cours des 10 000 à 15 000 dernières années.
La structure spatiale et la variabilité de la population de limaces-prophyses bleu-gris au Canada n'ont pas été étudiées. On connaît à l'heure actuelle 15 sous-populations sur l'île de Vancouver, qui regroupent les occurrences séparées par 1 km ou moins, en fonction de la distance de séparation recommandée par NatureServe pour les populations terrestres de gastéropodes en général (Cordeiro, 2004). Étant donné que les limaces possèdent une faible capacité de dispersion, le croisement génétique entre les limaces de ces zones est probablement faible ou inexistant. Les sous-populations sont séparées les unes des autres par des distances en ligne droite de 1,2 à 28,4 km dans des paysages fragmentés par des aménagements résidentiels et agricoles, et par d'autres activités et développements humains (voir la section Fragmentation de la population).
Au Canada, on rencontre la limace-prophyse bleu-gris dans une zone relativement petite de l'île de Vancouver, dans une aire écologique nationale du COSEPAC (Pacifique). Il n'existe pas de disjonction de l'aire de répartition ni de renseignements suggérant la présence d'unités désignables distinctes et importantes dans l'évolution taxinomique de l'espèce au sein de la population canadienne, mais la variabilité génétique, anatomique ou écologique n'a pas fait l'objet d'études. Dans le présent rapport, l'espèce est traitée comme une seule unité désignable.
L'espèce se nourrit en grande partie de champignons mycorhiziens, y compris des espèces formant des associations symbiotiques obligatoires avec des racines d'arbres (voir la section Alimentation). Elle joue peut-être un rôle dans la dispersion de ces champignons, dont les fructifications sont souvent cachées dans l'humus ou à l'intérieur du bois en décomposition, et qui dépendent des animaux pour l'extraction et la dispersion de leurs spores. Cependant, l'espèceétant rare en Colombie-Britannique, son rôle à cet égard est probablement limité et localisé. Outre le fait qu'elle contribue à la santé des forêts par son rôle d'agent de dispersion des spores de champignons mycorhiziens, la limace-prophyse bleu-gris n'a aucune importance économique. Étant donné que l'espèce a une affinité avec les forêts humides plutôt qu'avec les milieux perturbés et dégagés, que sa répartition semble morcelée et que la densité de ses populations semble faible, il est peu probable qu'elle nuise à l'horticulture.
On croyait généralement que les escargots et les limaces terrestres avaient une quelconque importance culturelle chez les peuples autochtones de l'île de Vancouver (Turner, comm. pers., 2005). Nous n'avons toutefois trouvé aucune information sur une quelconque valeur culturelle de l'espèce.
Avec sa coloration bleutée, souvent brillante, la limace-prophyse bleu-gris est une jolie limace qui a servi d'espèce focale dans le cadre d'activités de conservation des invertébrés et d'intendance menées par l'Habitat Acquisition Trust sur des terres privées du sud de l'île de Vancouver (HAT, 2010, 2012-2014).
La limace-prophyse bleu-gris est présente dans le sud de l'île de Vancouver, en Colombie-Britannique, dans les basses terres du Puget Sound, dans l'État de Washington, et dans la chaîne des Cascades depuis l'État de Washington jusque dans l'Oregon et le nord de la Californie ( figure 2 ). On trouve également une population disjointe dans le nord de l'Idaho (Ovaska et al., 2004). Il est possible que les populations du sud de l'Oregon et du nord de la Californie soient d'une espèce distincte (voir la section Structure spatiale et variabilité de la population). La répartition de l'espèce dans le nord de son aire semble très morcelée, et les populations sont isolées les unes des autres. Dans l'ouest de l'État de Washington, par exemple, l'espèce n'a été observée récemment que dans quelques sites, en dépit de recherches extensives (Ovaska et al., 2004). Ce morcellement n'a pas encore été expliqué, mais on peut penser qu'il résulte à la fois des conditions climatiques passées et de la transformation des milieux naturels par l'activité humaine. Environ 3 % de l'aire de répartition totale de l'espèce se trouve au Canada.
Description longue de la figure 2
Carte de l'aire de répartition mondiale de la limace phrophyse bleu gris, qui s'étend du sud de l'île de Vancouver, en Colombie Britannique, dans les basses terres du Pudget Sound, dans l'État de Washington, et dans la chaîne des Cascades depuis l'État de Washington jusque dans l'Oregon et le nord de la Californie. On trouve également une population disjointe dans le nord de l'Idaho.
| Sous-population | ID du site Note du tableaua | Description du site | Altitude (m) | Zone CBE Note du tableaub | Habitat | Date | Nbre de limaces trouvées | Source |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Colline Cole (lac Durrance) | 1A | Champ de tir Heals (BFC), Saanich | 140 | CDFmm | Forêt mixte de seconde venue de douglas, d'arbousier et de thuya géant; sous-étage de mahonia à nervures saillantes de houx et de salal | 9 déc. 03 | 1 | Hawkes, 2004 |
| Colline Cole (lac Durrance) | 1B | Champ de tir Heals (BFC), Saanich | 110 | CDFmm | Forêt ancienne (plus de 150 ans) dominée par les conifères comportant des érables à grandes feuilles épars; sous-étage d'arbustes divers et de polystic à épées | 18 oct. 07 11 nov. 08 22 nov. 12 12 nov. 14 |
1 | Ovaska et Sopuck, 2007a, 2009a; travauxl de terrain effectués pour le présent rapport |
| Colline Cole (lac Durrance) | 1C | Champ de tir Heals (BFC), Saanich | 90 | CDFmm | Forêt ancienne (plus de 150 ans) dominée par le thuya géant dans une dépression humide d'un petit milieu humide; sous-étage clairsemé de salal et de polystic à épées | 22 nov. 2008 | 1 | Ovaska et Sopuck, 2009a |
| Colline Cole (lac Durrance) | 1D | Parc régional du mont Work (lac Durrance), Saanich | 145 | CDFmm | Pente exposée au sud avec forêt de seconde venue semi-dégagée de douglas et d'arbousier; couverture de mousse étendue sur un substrat caillouteux | 23 nov. 08 5 juin 08 26 nov. 09 8 déc. 10 12 oct. 14 |
1 | Ovaska et Sopuck, 2007 b, 2008, 2009 b, 2014 b |
| Colwood | 2A | Dépôt d'approvisionnement et de mazout de Colwood (BFC), Colwood | 20 | CDFmm | Forêt mixte de seconde venue de douglas, de pruche de l'Ouest, de sapin grandissime et d'érable à grandes feuilles; clairières avec un sous-étage dense d'arbustes divers et de polystic à épées | 18 nov. 03 30 oct. 08 18 nov. 08 26 nov. 09 |
2 | Ovaska et Sopuck, 2004a, 2009a; DND, 2010 |
| Colwood | 2A | Dépôt d'approvisionnement et de mazout de Colwood (BFC), Colwood | 20 | CDFmm | Forêt mixte de seconde venue de douglas, de pruche de l'Ouest, de sapin grandissime et d'érable à grandes feuilles; clairières avec un sous-étage dense d'arbustes divers et de polystic à épées | 10 nov. 08 9 nov. 09 |
1 | Ovaska et Sopuck, 2004a, 2009a; DND, 2010 |
| Colwood | 2B | Dépôt d'approvisionnement et de mazout de Colwood (BFC), Colwood | 35 | CDFmm | Forêt mixte de chêne de Garry, d'arbousier et d'érable à grandes feuilles | 18 nov. 08 26 nov. 09 14 oct. 15 |
2 1 | Ovaska et Sopuck, 2009a; DND, 2010; Sopuck et Ovaska, 2015 |
| Colwood | 2C | Dépôt d'approvisionnement et de mazout de Colwood (BFC), Colwood | 12 | CDFmm | Zone riveraine le long d'un petit ruisseau dans une forêt mixte d'érable à grandes feuilles; végétation herbacée abondante et gros débris ligneux | 21 oct. 15 | 1 | Sopuck et Ovaska, 2015 |
| Devonian | 3A | Parc régional Devonian, Metchosin | 25 | CDFmm | Forêt de seconde venue de douglas, d'arbousier et de quelques érables à grandes feuilles | 21 oct. 04 | 1 | Ovaska et Sopuck, 2004b |
| Devonian | 3B | Parc régional Devonian, Metchosin | 25 | CDFmm | Lisière de conifères (dominée par le douglas et le sapin grandissime) adjacente à un petit pré de chêne de Garry (à 15 m de la lisière); sous-étage d'arbustes et de graminées | 20 nov. 09 | 2 | Ovaska et Sopuck, 2009b; Ovaska et Sopuck, données inédites |
| Devonian | 3B | Parc régional Devonian, Metchosin | 25 | CDFmm | Lisière de conifères (dominée par le douglas et le sapin grandissime) adjacente à un petit pré de chêne de Garry (à 15 m de la lisière); sous-étage d'arbustes et de graminées | 2 déc. 09 | 4 | Ovaska et Sopuck, 2009b; Ovaska et Sopuck, données inédites |
| Devonian | 3B | Parc régional Devonian, Metchosin | 25 | CDFmm | Lisière de conifères (dominée par le douglas et le sapin grandissime) adjacente à un petit pré de chêne de Garry (à 15 m de la lisière); sous-étage d'arbustes et de graminées | 11 nov. 15 | 1 | Ovaska et Sopuck, 2009b; Ovaska et Sopuck, données inédites |
| Devonian | 3C | Parc régional Devonian, Metchosin | 30 | CDFmm | Pré à chêne de Garry au sommet d'une colline rocheuse dont la couverture au sol est composée de graminées et d'herbes | 9 nov. 07 | 3 | Ovaska et Sopuck, 2007 b, 2008, 2009 b; Frey, comm. pers., 2013 |
| Devonian | 3C | Parc régional Devonian, Metchosin | 30 | CDFmm | Pré à chêne de Garry au sommet d'une colline rocheuse dont la couverture au sol est composée de graminées et d'herbes | 9 juin 08 20 nov. 09 4 déc. 11 5 mai 12 |
1 | Ovaska et Sopuck, 2007 b, 2008, 2009 b; Frey, comm. pers., 2013 |
| Devonian | 3C | Parc régional Devonian, Metchosin | 30 | CDFmm | Pré à chêne de Garry au sommet d'une colline rocheuse dont la couverture au sol est composée de graminées et d'herbes | 12 nov. 08 | 2 | Ovaska et Sopuck, 2007 b, 2008, 2009 b; Frey, comm. pers., 2013 |
| Lac Matheson | 4A | Parc régional du lac Matheson, Metchosin | 30 | CWHxm1 | Forêt de conifères âgés en terrain faiblement incliné; sous-étage clairsemé | 30 avr. 11 | 2 | K. Trim, Metchosin Bioblitz de 2011 - spécimen examiné par L. Sopuck dans Ovaska et Sopuck, 2012; Ovaska et Sopuck, 2014a,b |
| Lac Matheson | 4A | Parc régional du lac Matheson, Metchosin | 30 | CWHxm1 | Forêt de conifères âgés en terrain faiblement incliné; sous-étage clairsemé | 18 nov. 13 4 nov. 14 |
9 | K. Trim, Metchosin Bioblitz de 2011 - spécimen examiné par L. Sopuck dans Ovaska et Sopuck, 2012; Ovaska et Sopuck, 2014a,b |
| Lac Matheson | 4A | Parc régional du lac Matheson, Metchosin | 30 | CWHxm1 | Forêt de conifères âgés en terrain faiblement incliné; sous-étage clairsemé | 4 nov. 14 | 4 | K. Trim, Metchosin Bioblitz de 2011 - spécimen examiné par L. Sopuck dans Ovaska et Sopuck, 2012; Ovaska et Sopuck, 2014a,b |
| Lac Matheson | 4B | Parc régional du lac Matheson, Metchosin | 40 | CWHxm1 | Inconnu (forêt du côté sud-ouest du lac) | 30 avr. 11 | 1 | A. Ceska, Metchosin Bioblitz de 2011, dans Ovaska et Sopuck, 2012 |
| Metchosin | 5A | Chemin Metchosin, Metchosin | 70 | CDFmm | Parcelle de terrain boisé de chêne de Garry, d'arbousier et de douglas; couverture au sol de graminées, d'herbes et de mousse | 13 juin 15 | 3 | K. Trim, comm. pers., 2015 (Metchosin Bioblitz de 2015) L. Ovaska et K. Trim (obs. pers. 2015) |
| Metchosin | 5A | Chemin Metchosin, Metchosin | 70 | CDFmm | Parcelle de terrain boisé de chêne de Garry, d'arbousier et de douglas; couverture au sol de graminées, d'herbes et de mousse | 16 juin 15 | 1 | K. Trim, comm. pers., 2015 (Metchosin Bioblitz de 2015) L. Ovaska et K. Trim (obs. pers. 2015) |
| 5B | Chemin Metchosin, Metchosin | 70 | CDFmm | Terrain boisé de douglas, de chêne de Garry et d'arbousier; couverture au sol de graminées, d'herbes et de mousse | 28 oct. 15 | 2 | Ovaska et Sopuck, données inédites | |
| Mont Tzouhalem | 6 | Boisé Chase Woods, mont Tzouhalem | 50 | CDFmm | Forêt humide dominée par l'érable à grandes feuilles avec un sous-étage de polystic à épées et de mahonia à nervures saillantes dans un creux à la base de la colline; litière de feuilles et couche de mousse épaisse | 9 nov. 13 | 2 | Ovaska et Sopuck, 2014a |
| Colline Observatory | 7A | Colline Observatory, Saanich | 160 | CDFmm | Terrain boisé ouvert de chêne de Garry, de douglas et d'arbousier; sous-étage principalement composé de graminées et de mousse sur la pente exposée à l'est | 1 nov. 11 23 mar. 14 7 nov. 14 25 avr. 15 12 nov. 15 |
1 | Engelstoft et al. 2012; Ovaska et al., 2015 et données inédites |
| Colline Observatory | 7B | Colline Observatory, Saanich | 175 | CDFmm | Forêt mature ouverte de douglas et d'arbousier, sous-étage clairsemé d'arbustes et de polystic à épées, couverture de mousse étendue; pente ombragée exposée à l'est | 27 mai 14 2 nov. 15 |
1 | Ovaska et al., 2015 et données inédites |
| Colline Observatory | 7B | Colline Observatory, Saanich | 175 | CDFmm | Forêt mature ouverte de douglas et d'arbousier, sous-étage clairsemé d'arbustes et de polystic à épées, couverture de mousse étendue; pente ombragée exposée à l'est | 17 avr. 15 | 3 | Ovaska et al., 2015 et données inédites |
| Colline Observatory | 7C | Colline Observatory, Saanich | 80 | CDFmm | Lisière d'un terrain boisé de douglas et d'arbousier le long d'une prairie de fauche sur le côté ouest de la colline | 10 oct. 15 | 1 | Ovaska et al., données inédites |
| Lac Prior | 8 | Parc régional du lac Thetis (lac Prior), Saanich | 50 | CDFmm | Peuplement de gros douglas anciens sur le bord d'une colline rocheuse, d'arbousiers et de chênes de Garry; sous-étage arbustif dense | 13 nov. 10 2 nov. 11 |
1 | Ovaska et Sopuck, 2010, 2012 |
| Lac Prospect | 9 | Chemin Goward, Saanich | 75 | CDFmm | Forêt mixte d'érable à grandes feuilles au pied d'une colline rocheuse dominée par le chêne de Garry et l'arbousier | 2 nov. 14 | 1 | Ovaska et Sopuck, 2014b |
| Rocky Point | 10A | Dépôt de munitions de Rocky Point, site 1 (BFC), Metchosin | 40 | CDFmm | Peuplement de douglas et de peuplier faux-tremble sur la lisière d'un petit milieu humide; forêt de seconde venue composée de quelques conifères anciens; sous-étage diversifié et dense d'arbustes et de fougères | 18 nov. 02 | 5 | Ovaska et Sopuck, 2002, 2004a, 2007a. 2009a, vérification de terrain effectuée pour le présent rapport |
| Rocky Point | 10A | Dépôt de munitions de Rocky Point, site 1 (BFC), Metchosin | 40 | CDFmm | Peuplement de douglas et de peuplier faux-tremble sur la lisière d'un petit milieu humide; forêt de seconde venue composée de quelques conifères anciens; sous-étage diversifié et dense d'arbustes et de fougères | 10 oct. 03 20 nov. 03 22 oct. 07 28 oct. 08 10 nov. 08 10 nov. 14 |
1 | Ovaska et Sopuck, 2002, 2004a, 2007a. 2009a, vérification de terrain effectuée pour le présent rapport |
| Rocky Point | 10A | Dépôt de munitions de Rocky Point, site 1 (BFC), Metchosin | 40 | CDFmm | Peuplement de douglas et de peuplier faux-tremble sur la lisière d'un petit milieu humide; forêt de seconde venue composée de quelques conifères anciens; sous-étage diversifié et dense d'arbustes et de fougères | 22 oct.04 | 3 | Ovaska et Sopuck, 2002, 2004a, 2007a. 2009a, vérification de terrain effectuée pour le présent rapport |
| Rocky Point | 10A | Dépôt de munitions de Rocky Point, site 1 (BFC), Metchosin | 40 | CDFmm | Peuplement de douglas et de peuplier faux-tremble sur la lisière d'un petit milieu humide; forêt de seconde venue composée de quelques conifères anciens; sous-étage diversifié et dense d'arbustes et de fougères | 20 nov. 08 | 2 | Ovaska et Sopuck, 2002, 2004a, 2007a. 2009a, vérification de terrain effectuée pour le présent rapport |
| Rocky Point | 10B | Dépôt de munitions de Rocky Point, site 2 (BFC), Metchosin | 40 | CDFmm | Peuplement de pin tordu côtier avec sous-étage clairsemé à proximité d'un petit milieu humide | 5 nov. 07 15 nov. 07 |
1 | Ovaska et Sopuck, 2007a; DND, 2010 |
| Rocky Point | 10B | Dépôt de munitions de Rocky Point, site 2 (BFC), Metchosin | 40 | CDFmm | Peuplement de pin tordu côtier avec sous-étage clairsemé à proximité d'un petit milieu humide | 19 oct. 09 | 2 | Ovaska et Sopuck, 2007a; DND, 2010 |
| Rocky Point | 10C | Dépôt de munitions de Rocky Point, site 3 (BFC), Metchosin | 20 | CDFmm | Peuplement mixte humide d'érable à grandes feuilles, de thuya géant et de douglas; sous-étage dense d'arbustes et de polystic à épées | 29 oct. 02 20 nov. 03 14 oct. 08 29 oct. 08 9 nov. 09 27 nov. 09 |
1 | Ovaska et Sopuck, 2002, 2004a, 2009a; DND, 2010 |
| Rocky Point | 10C | Dépôt de munitions de Rocky Point, site 3 (BFC), Metchosin | 20 | CDFmm | Peuplement mixte humide d'érable à grandes feuilles, de thuya géant et de douglas; sous-étage dense d'arbustes et de polystic à épées | 21 nov. 08 | 4 | Ovaska et Sopuck, 2002, 2004a, 2009a; DND, 2010 |
| Rivière Sooke | 11 | Sentier Galloping Goose de la rivière Sooke, Sooke | 40 | CWHxm2 | Peuplement mixte humide de seconde venue d'érable à grandes feuilles, d'aulne rouge, de pruche de l'Ouest, de thuya géant, de douglas, de sapin grandissime et d'arbousier; sous-étage de polystic à épées | 22 nov. 04 | 1 | Ovaska et Sopuck, 2004b |
| Collines Sooke | 12 | Réserve faunique du parc régional des collines Sooke (réservoir Humpback), Langford | 130 | CWHxm1 | Forêt de douglas et d'arbousier; sous-étage relativement clairsemé et couverture de mousse étendue | 11 nov. 09 | 1 | Ovaska et Sopuck, 2009b |
| Lac Thetis | 13 | Parc régional du lac Thetis (secteur inférieur du lac), View Royal | 85 | CDFmm | Peuplement de douglas, d'arbousier et de chêne de Garry; sous-étage d'arbustes et de graminées et couverture de mousse au sol sur la pente S.-S.-O. | 15 nov. 08 13 nov. 10 |
1 | Ovaska et Sopuck, 2008, 2009 b, 2010 |
| Trevlac | 14A | Parc Logan, Saanich | 60 | CDFmm | Pente exposée au S.-E peuplée de gros douglas et de quelques érables à grandes feuilles; sous-étage dense composé principalement de salal | 6 déc. 10 | 1 | Ovaska et Sopuck, 2010 |
| Trevlac | 14B | À proximité du parc Calvert, Saanich | 65 | CDFmm | Forêt mixte de seconde venue située à environ 20 m de la lisière d'un étang; microsite sous de gros thuyas | 5 nov. 11 | 1 | Ovaska et Sopuck, 2012 |
| Shawnigan | 15 | Chemin Kinsol, district régional de la vallée de Cowichan | 205 | CWHxm2 | Clairière dans une forêt de douglas et de thuya géant; sous-étage d'holodisque discolore, de salal et de polystic à épées | 27 nov. 15 | 1 | Signalé à K. Ovaska par T. Carnahan |
Au Canada, on ne retrouve la limace-prophyse bleu-gris que dans le sud de l'île de Vancouver, en Colombie-Britannique ( figure 3 ). Le nombre de sous-populations connues, c'est-à-dire les occurrences séparées l'une de l'autre par une distance de moins de 1 km (Cordeiro, 2004), est passé de 5 à 15 depuis la préparation du rapport précédent (COSEWIC, 2006, qui comprend les mentions jusqu'à décembre 2004), à la suite de relevés intensifs et ciblés. Le nombre de sites de chaque sous-population varie d'une à quatre, les mentions datant de 2002 à 2015 ( tableau 1 ). Toutes les mentions, sauf deux, proviennent du district régional de la capitale (DRC). En 2013, on a fait une importante découverte, la présence de l'espèce ayant été documentée au pied du mont Tzouhalem, dans le district de North Cowichan, à environ 28 km au nord de la mention la plus proche dans le DRC. En novembre 2015, une deuxième observation a été faite de façon opportuniste dans cette région, soit à 11,3 km au sud-ouest de l'observation précédente ( tableau 1; figure 3 ), et il est possible que d'autres sites s'y trouvent. Toutefois, des recherches ciblées menées dans le district de North Cowichan (Ovaska et Sopuck, données inédites, 2014) et dans la région de Malahat et de Mill Bay (Ovasa et Sopuck, données inédites) n'ont pas permis de relever d'autres occurrences. L'occurrence de l'espèce peut être sporadique au nord du DRC. Sur la côte est de l'île de Vancouver, l'habitat entre le district régional de la capitale et la vallée de Cowichan est extrêmement fragmenté.
Description longue de la figure 3
Carte de l'aire de répartition de la limace phrophyse bleu gris au Canada, où on l'a seulement observée dans le sud de l'île de Vancouver (carte établie à partir des mentions figurant dans le tableau 1 ). Quinze sous populations (c. à d. que les occurrences sont séparées l'une de l'autre par une distance de moins de 1 km) sont indiquées, et le nombre de sites de chaque sous population varie d'un à quatre. Toutes les mentions, sauf deux, proviennent du district régional de la capitale.
Il existe une faible possibilité que la limace-prophyse bleu-gris se trouve dans la région de Kootenay, en Colombie-Britannique, étant donné que la présence de l'espèce a été enregistrée dans le nord de l'Idaho, à 135 km au sud de la frontière canado-américaine (Ovaska et al., 2004; voir la figure 2 ). Toutefois, des relevés exhaustifs, notamment ceux effectués dans le cadre de la vérification sur le terrain aux fins du présent rapport, n'ont pas permis de localiser l'espèce du côté canadien de la frontière.
La présence de l'espèce au Canada n'est confirmée que depuis 2002, la première mention ayant été enregistrée non loin de Rocky Point, sur l'île de Vancouver (Ovaska et Sopuck, 2002; Ovaska et al., 2004). L'absence de mentions plus anciennes est probablement attribuable à une combinaison de facteurs : activités de recherche relativement faibles durant la période la plus propice à la fin de l'automne, difficulté à repérer l'espèce en raison de ses mœurs discrètes, et caractéristiques de la population et de sa répartition (répartition morcelée hautement localisée, faibles densités de population). Toutefois, les recherches effectuées indiquent que l'espèce est répartie de façon morcelée dans un paysage fragmenté et modifié, et qu'elle occupe une aire de répartition de petite taille comparativement à la plupart des autres limaces forestières du sud-ouest de la Colombie-Britannique (voir la section Activités de recherche).
Sous l'effet de l'augmentation des activités de recherche au cours de la dernière décennie, la zone d'occurrence de l'espèce est passée de 150 à 658 km2 depuis le précédent rapport. Cette augmentation est principalement attribuable à la découverte de l'espèce au mont Tzouhalem et à Shawnigan, au nord des sites déjà répertoriés dans le DRC. En décembre 2015, l'indice de zone d'occupation (IZO) était de 56 km2 (14 carrés de 2 km de côté). La zone d'occupation réelle ne constitue qu'une faible fraction de cette valeur en raison de la répartition morcelée de l'espèce, même dans les sites où sa présence a été confirmée. Par contre, il est probable que l'espèce se trouve dans d'autres sites non encore répertoriés (deux nouveaux sites ont été découverts en 2015), ce qui correspondrait à de nouveaux carrés de grille, mais il est hautement improbable que de tels carrés soient nombreux, compte tenu des activités de recherche menées dans le sud de l'île de Vancouver. Il est peu probable que l'IZO soit supérieure à 500 km2, voire qu'il se rapproche de 500 km2.
Si l'on compare avec les vertébrés, on constate que l'on en sait relativement peu sur les gastéropodes terrestres des forêts de la Colombie-Britannique; on continue d'ailleurs à découvrir des espèces indigènes non répertoriées. L'île de Vancouver est mieux recensée que la plupart des autres régions de la province, des malacologues, dont G.W. Taylor et A.W. Hanham, ayant mené les premiers relevés à la fin du XIXe siècle (voir Drake, 1963, et Forsyth, 2004, qui donnent une synthèse de l'histoire de la malacologie en Colombie-Britannique). Au cours de la plus grande partie du XXe siècle, les relevés ont été sporadiques, et de nombreuses régions, y compris l'île de Vancouver, ont été pratiquement ignorées.
Rollo et Wellington (1975) ont effectué des relevés dans la région de Vancouver au début des années 1970. Dix ans plus tard, Cameron (1986) a exploré de nombreux sites à l'île de Vancouver et dans la vallée du bas Fraser. Plus récemment (entre 1990 et 2014), Forsyth a fouillé des centaines de sites dans ces deux mêmes secteurs (R. Forsyth, comm. pers., 2014). De 1999 à 2014, Bioling Environmental Research Ltd. (K. Ovaska, L. Sopuck et adjoints de terrain) ont réalisé de nombreux relevés dans des centaines de sites du sud de la Colombie-Britannique à la recherche de gastéropodes terrestres, en tentant surtout de repérer des espèces jugées rares ou en péril. Dans la vallée du bas Fraser, le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique (J. Heron et adjoints de terrain) a effectué de nombreux relevés d'espèces en péril ciblant l'escargot-forestier de Townsend (Allogona townsendiana).
À ce jour, des centaines de sites de l'île de Vancouver et de la côte de la Colombie-Britannique continentale adjacente ont été explorées à la recherche de gastéropodes terrestres (figure 4; tableau 2 ). Des relevés annuels ont été réalisés dans le sud de l'île de Vancouver de 2002 à 2005 pour le ministère de la Défense nationale (MDN), de 2006 à 2009 pour les parcs du DRC, de 2010 à 2015 pour l'Habitat Acquisition Trust et de 2011 à 2015 pour le Conseil national de recherches. Ces relevés visaient les milieux où l'on rencontre la limace-prophyse bleu-gris, en particulier dans le DRC, mais aussi au nord de ce district depuis la découverte de l'espèce dans le district de North Cowichan en 2013 ( tableau 2 ). Afin de déterminer si la répartition disjointe de la limace-prophyse bleu-gris en Idaho s'étendait jusqu'en Colombie-Britannique, on a aussi effectué des relevés dans la région de Kootenay, dans l'intérieur méridional de la Colombie-Britannique (Ovaska et Sopuck 2014, 2015; COSEWIC, en préparation; relevés de terrain effectués pour le présent rapport). À ce jour, l'espèce a été trouvée uniquement à l'extrême sud de l'île de Vancouver.
Description longue de la figure 4
Carte des centaines de sites ayant fait l'objet de relevés de gastéropodes à l'intérieur et autour de l'aire de répartition de la limace phrophyse bleu gris dans l'île de Vancouver et sur la côte continentale adjacente de la Colombie Britannique (source des données dans le tableau 2 ).
| Année (saison) | Île de Vancouver et îles Gulf | Basses terres continentales et Sunshine Coast | Type de relevé Note du tableauc | Durée totale de la recherche; nombre d'abris artificiels Note du tableauc | Nbre de vérifications d'abris artificiels | Source Note du tableaud |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1984 | 11 sites (23 parcelles) sur l'île de Vancouver | 7 sites comprenant 15 parcelles (vallée du bas Fraser et vallée de la Chilliwack) | Relevés en zone limitée dans des parcelles d'habitat | Non disponible | s.o. | Cameron, 1986 |
| 1990-2013 | 262 sites | 214 sites (vallée du bas Fraser, jusqu'à Hope sur la Sunshine Coast) | Relevés visuels du couvert naturel | Non disponible | s.o. | Forsyth, comm. pers., 2014 |
| 2000-2001 (printemps et automne) | 104 sites largement répartis sur l'île de Vancouver | 27 sites (vallée du bas Fraser); 11 sites (vallée de la Chilliwack) | Relevés de durée limitée | 196,6 heures-personnes | s.o. | Ovaska, Sopuck et Forsyth, relevés pour Environnement Canada (Fonds de rétablissement des espèces canadiennes en péril) |
| 2002 (printemps et automne) | 3 sites (56 transects) sur des terrains appartenant au MDN (pointe sud de l'île de Vancouver) | Relevés par transect en zone limitée | 71,6 heures-personnes | s.o. | Ovaska et Sopuck, relevés pour le ministère de la Défense nationale | |
| 2003 (printemps) | 30 sites (sud et sud-est de l'île de Vancouver) | 22 sites (basses terres) | Relevés de durée limitée | 19,25 heures-personnes | s.o. | Ovaska et Sopuck, relevés pour le ministère de la Protection des eaux, des terres et de l'air de la C.-B. |
| 2003-2004 (printemps et automne) | 39 sites (pointe sud de l'île de Vancouver) | 4 sites (basses terres) | Relevés de jour et de nuit de durée limitée; inspection des abris artificiels | 47,4 heures-personnes et 260 abris artificiels sur l'île de Vancouver; 7,9 heures-personnes dans les basses terres | 880 sur l'île de Vancouver | Ovaska et al., relevés pour Environnement Canada (Fonds de rétablissement des espèces canadiennes en péril) |
| 2003-2004 (printemps et automne) | 35 sites dans la réserve de parc national Pacific Rim (2003-2004) et la réserve de parc national des îles-Gulf (2004) | Relevés de jour et de nuit de durée limitée; inspection des abris artificiels | 119,7 heures-personnes et 240 abris artificiels (Pacific Rim); 44,8 heures-personnes et 80 abris artificiels (Îles-Gulf) | 1 040 sur l'île de Vancouver; 160 dans les îles-Gulf | Ovaska et Sopuck, relevés pour Parcs Canada | |
| 2003-2004 (printemps et automne) | 1 site sur un terrain appartenant au MDN (sud de l'île de Vancouver : Colwood) | 2 sites sur des terrains appartenant au MDN (basses terres : Aldergrove et Matsqui) | Relevés de durée limitée | 53,9 heures-personnes (basses terres); 21,5 heures-personnes (île de Vancouver) | s.o. | Ovaska et Sopuck, relevés pour le ministère de la Défense nationale |
| 2004-2005 (printemps et automne) | 2 sites sur des terrains appartenant au MDN (basses terres : Aldergrove et Matsqui) | Relevés de durée limitée | 93,1 heures-personnes | s.o. | Ovaska et Sopuck, relevés pour le ministère de la Défense nationale | |
| 2004-2005 (printemps et automne) | 30 sites (basses terres et vallée de la Chiliwack) | Relevés de durée limitée | 57,9 heures-personnes | s.o. | Ovaska et Sopuck, relevés pour le ministère de la Protection des eaux, des terres et de l'air de la C.-B. | |
| 1999-2001 (printemps et automne) | 9 sites (sud-est de l'île de Vancouver, 1999 et 2001); 11 sites (nord-est de l'île de Vancouver, 2000 et 2001); 2 sites (sud-ouest de l'île de Vancouver, 2001) | Relevés ponctuels, par transect et par quadrat, prélèvement d'échantillons de litière, inspection des abris artificiels | 26 relevés ponctuels, 562 relevés par quadrat, 50 relevés par transect, 615 inspections d'abri artificiel | Environ 1 475 | Ovaska et Sopuck, relevés pour Weyerhaeuser Company Limited | |
| 2001-2007 (printemps et automne) | Relevés expérimentaux avant et après la coupe dans 3 sites (nord de l'île de Vancouver) | Relevés expérimentaux avant et après la coupe dans 2 sites (Sunshine Coast) | Inspection d'abris artificiels | 1 820 inspections d'abris artificiels | 12 940 | Ovaska et Sopuck, relevés pour Western Forest Products |
| 2006 (été et automne) | 21 sites dans la réserve de parc national Pacific Rim (ouest de l'île de Vancouver) | Relevés de jour et de nuit de durée limitée; inspection des abris artificiels | 96,9 heures-personnes; 240 inspections d'abris artificiels | 960 | Ovaska et Sopuck, relevés pour Parcs Canada | |
| 2006-2009 (principalement à l'automne) | Nombreux sites dans 13 parcs régionaux du DRC (sud de l'île de Vancouver) | Inspections d'abris artificiels (déployés dans des transects et dans des grilles à maillage fin); relevés de durée limitée | 6,2 heures-personnes; 1 400 inspections d'abris artificiels | 6 290 | Quatre rapports d'Ovaska et Sopuck pour le service des parcs du district régional de la capitale (DRC) | |
| 2007-2009 (printemps et automne) | 6 sites (pointe sud de l'île de Vancouver) | Inspections d'abris artificiels (déployés dans des transects et dans des grilles à maillage fin) | 1 600 inspections d'abris artificiels | 7 780 | Relevés sur des terres fédérales : 2 rapports par Ovaska et Sopuck pour le MDN, le CNRC et Parcs Canada en 2007 et 2008 (fonds du FIR) et pour le MDN seulement en 2009 | |
| 2006 (printemps : mars seulement) | 4 sites (sud de l'île de Vancouver) | 31 sites (basses terres, vallée de la Chiliwack, région de Hope) | Relevés de durée limitée | 43,9 heures-personnes | s.o. | Ovaska et Sopuck, relevés pour le ministère de l'Environnement de la C.-B. |
| 2006 (automne) | 30 sites (côte sud-ouest et montagnes intérieures du centre-sud de l'île de Vancouver) | Relevés de durée limitée | 40,6 heures-personnes | s.o. | Ovaska et Sopuck, relevés pour le ministère de l'Environnement de la C.-B. | |
| 2008 (automne) | 2 sites (réserve de parc national Pacific Rim et région du mont Arrowsmith [Massif] sur l'île de Vancouver) | Relevés de jour et de nuit de durée limitée | Environ 10 heures-personnes | s.o. | Biolinx Environmental Research Ltd., relevés pour Parcs Canada | |
| 2008 (printemps et automne) | 13 sites (sud-est de l'île de Vancouver) | 4 sites (Sunshine Coast) | Relevés de durée limitée | 16,1 heures-personnes sur l'île de Vancouver et 4,2 heures-personnes sur la Sunshine Coast | s.o. | Ovask et Sopuck, relevés de vérification de terrain pour Environnement Canada à l'appui du rapport de situation du COSEPAC sur le vertigo à crêtes fines (Nearcula sp.) |
| 2010 (automne) | 1 site (région de Matsqui) | Relevés par transect | 16,0 heures-personnes | s.o. | Sopuck et Ovaska, relevés pour la Première Nation de Matsqui | |
| 2009 (printemps) | 1 site (île Saturna) | Relevés de durée limitée | Environ 6 à 8 heures-personnes | s.o. | Ovaska et Sopuck, relevés pour Parcs Canada | |
| 2009-2011 (printemps et automne) | 1 site composé de 15 parcelles (Burns Bog) | Inspection d'abris artificiels | 300 inspections d'abris artificiels | 2 100 | Ovaska, Sopuck et Heron, relevés pour le ministère de l'Environnement de la C.-B. | |
| 2009 | 10 sites | Recherches visuelles du couvert naturel | 43 heures-personnes | s.o. | Bains et al., 2009; J. Heron, données inédites, relevés pour le ministère de l'Environnement de la C.-B. (cité dans COSEWIC, 2013) | |
| 2010 | 5 sites | Recherches visuelles du couvert naturel | 30 heures-personnes | s.o. | Parkinson et Heron, 2010 (cité dans COSEWIC, 2013) | |
| 2011 | 39 sites (basses terres) | Recherches visuelles du couvert naturel | 144 heures-personnes | s.o. | J. Heron, données inédites, 2011 (cité dans COSEWIC, 2013) | |
| 2012 (fin de l'été) | 10 sites sur la péninsule Brooks et dans la région de Port Alice (nord-ouest de l'île de Vancouver) | Relevés de durée limitée; inspection des abris artificiels | 15,3 heures-personnes; 20 inspections d'abris artificiels | 40 | K. Ovaska et L. Sopuck, données inédites | |
| 2010-2015 (principalement à l'automne) | 147 sites du DRC sur la pointe sud de l'île de Vancouver (parcs régionaux et municipaux, terres privées); 2 sites de la baie Cowichan | Inspections d'abris artificiels (déployés dans des transects et dans des grilles à maillage fin); relevés de durée limitée | 2 326 inspections d'abris artificiels; 19,8 heures-personnes (9 sites) de recherches de durée limitée | 6 817 (vérifications suppl. par des résidents) | Rapports annuels pour l'Habitat Acquisition Trust (voir le site Web de l'organisation) | |
| 2012-2015 (printemps et automne) | 63 parcelles d'échantillonnages ou relevés par transect sur la colline Observatory (sud de l'île de Vancouver) | Inspections d'abris artificiels (déployés dans des transects et dans des grilles à maillage fin); relevés de durée limitée | 308 inspections d'abris artificiels en 2012, 368 en 2013 et 388 en 2014; 3,3 heures-personnes (4 parcelles) de recherches de durée limitée; 328 inspections d'abris artificiels en 2015 | 7 571 | Rapports annuels par Bionlinx Environmental Research Ltd. pour le Conseil national de recherches | |
| 2014 (automne) | 18 sites (sud de l'île de Vancouver, y compris 4 sites de la baie Cowichan) | Relevés de durée limitée | 26,5 heures-personnes | s.o. | Ovaska et Sopuck, relevés de vérification de terrain pour Environnement Canada à l'appui du présent rapport de situation | |
| 2015 (automne) | 1 site (île de Vancouver; site adjacent à une occurrence connue de la limace-prophyse bleu-gris) | Inspection d'abris artificiels | 60 inspections d'abris artificiels | 420 | Matthews, 2015 | |
| 2015 (automne) | 30 parcelles d'échantillonnage dans la région de Malahat-Mill Bay (île de Vancouver, nord du district régional de la capitale) | Relevés de durée limitée | 30 heures-personnes | s.o. | Relevés effectués par une équipe de trois personnes dans le cadre d'une évaluation environnementale; Ovaska et Sopuck, données inédites | |
| 2015 (printemps et automne) | 1 site à Colwood (sud de l'île de Vancouver) | Relevés de durée limitée | 99 recherches ponctuelles par 2 observateurs le long de transects de 3 sous-sites, sur une période 4 jours | s.o. | Sopuck et Ovaska, 2015 | |
| 2014 (printemps et automne) | 13 sites (sud de l'île de Vancouver, y compris 4 sites au lac Cowichan) | Relevés de jour et de nuit de durée limitée | 31,75 heures-personnes | s.o. | Divers relevés effectués par des bénévoles et Bioblitz 2014 de Metchosinl; K. Ovaska, données inédites, 2014 |
En Colombie-Britannique, la plupart des sites connus de l'espèce se trouvent dans la zone biogéoclimatique côtière à douglas, qui couvre la côte sud-est de l'île de Vancouver, les îles Gulf dans le détroit de Georgia et une petite portion du sud de la côte continentale (Meidinger et Pojar, 1991). Quatre autres mentions (lac Matheson, collines Sooke, rivière Sooke et lac Shawnigan) ont été faites dans des sous-zones plus sèches de la zone biogéoclimatique à pruche de l'Ouest, où il existe une transition vers la zone côtière à douglas. Les mentions proviennent de forêts mixtes anciennes et de seconde venue. L'espèce a été observée dans des écosystèmes de chêne de Garry (Quercus garryana) et d'arbousier (Arbutus menziesii) sur des falaises rocheuses ou leur lisière ( figure 4 ), dans des forêts mixtes d'érable à grandes feuilles (Acer macrophyllum) ou de peuplier faux-tremble (Populus tremuloides) et, en une seule occasion, dans un peuplement à dominance de pin tordu côtier (Pinus contorta) adjacent à un petit milieu humide et à un peuplement de peuplier faux-tremble ( tableau 1 ). La forêt où l'on retrouve l'espèce comprend habituellement des feuillus. À la limite nord de l'aire de répartition britanno-colombienne, l'espèce pourrait privilégier les clairières et les milieux boisés clairsemés, étant donné qu'ils capturent l'énergie solaire et offrent des milieux relativement chauds.
Tous les sites sont humides et relativement productifs, comme en fait foi la présence d'une végétation de sous-étage variée et souvent abondante, qui peut inclure notamment le polystic à épées (Polystichum munitum). Les principales caractéristiques du microhabitat convenable à l'espèce sont les suivantes : débris ligneux grossiers en abondance et/ou épaisse couverture de mousse, ou litière de feuilles offrant des refuges. La disponibilité de refuges humides est considérée comme une caractéristique importante de l'habitat des gastéropodes terrestres en général (Cordeiro, 2004). Un des sites (sites 10A, B; tableau 1 ) se trouve dans la plaine inondable d'un petit milieu humide. Il est possible que la limace-prophyse bleu-gris passe beaucoup de temps enfouie dans le substrat, étant donné qu'elle se nourrit de fructifications (truffes) de champignons hypogés (McGraw et al., 2002); on a remarqué que les limaces avaient tendance à disparaître rapidement, sans doute dans des refuges souterrains, lorsqu'on vérifiait de nouveau, 5 à 10 minutes plus tard, sous les objets servant d'abri où on les avait trouvées au départ (Ovaska et Sopuck, données inédites).
La limace-prophyse bleu-gris se rencontre depuis le niveau de la mer (en Colombie-Britannique) jusqu'à 1 650 m d'altitude (en Oregon) (Wilke et Duncan, 2004). Tous les spécimens observés en Colombie-Britannique se trouvaient à faible altitude (< 250 m; tableau 1 ).
Aux États-Unis, l'espèce se rencontre dans des forêts conifériennes et des forêts mixtes très diverses, où elle est le plus souvent associée à des communautés hygrophiles, comprenant notamment l'érable à grandes feuilles et le polystic à épées (Kelley et al., 1999; Bloom et al., 2000). Il s'agit souvent de forêts anciennes ou matures, mais l'espèce se trouve également dans des peuplements plus jeunes, surtout ceux possédant certaines caractéristiques des forêts matures ou anciennes (Miller et al., 1999; Burke et al., 2000). Burke (2013, p. 293) décrit la limace-prophyse bleu-gris que l'on trouve sur la côte nord-ouest du Pacifique aux États-Unis comme une « espèce des forêts de conifères humides que l'on retrouve dans la litière du parterre forestier, notamment composé de billes de douglas et d'autres débris ligneux » [traduction].
En Colombie-Britannique, la majorité des mentions de la limace-prophyse bleu-gris proviennent de grandes étendues de forêt mixte mature ou de seconde venue (> 60 ans) de la pointe du sud de l'île de Vancouver. L'étendue de ces zones se contracte rapidement, et les parties restantes sont gravement fragmentées par l'aménagement urbain et rural. La zone biogéoclimatique côtière à douglas, où seulement une petite portion du couvert forestier d'origine est toujours présent, est l'un des écosystèmes les plus perturbés de la Colombie-Britannique (MacKinnon et Eng, 1995; MRSM, 2004). Austin et al. (2008) ont signalé que 49 % de cette zone avait été convertie pour des usages anthropiques et qu'on y trouvait la densité routière la plus élevée (4,7 km/km2) de la province.
On observe souvent la limace-prophyse bleu-gris dans les plus anciens écosystèmes forestiers de douglas, d'arbousier et de chêne de Garry, lesquels sont considérés comme en péril en Colombie-Britannique. Six de ces écosystèmes forestiers du sud de l'île de Vancouver sont actuellement inscrits à la liste rouge (douglas/arbousier, douglas/mahonia à nervures saillantes, douglas/mélique à lemma subulé, chêne de Garry/arbousier, chêne de Garry/brome caréné et chêne de Garry/holodisque discolore; BC Conservation Data Centre, 2015a).
Le DRC est densément peuplé (359 991 habitants en 2011); la population a augmenté à un taux moyen de 4,3 % de 2006 à 2011 (CRD, 2013). Au cours de cette période, les secteurs où la croissance la plus rapide a été enregistrée sont ceux de Langford (30,1 %), de Sooke (17,9 %) et de Highlands (11,4), toutes des collectivités du secteur ouest où l'on trouve encore la majorité des étendues continues d'habitat forestier. On prévoit que la croissance démographique se poursuivra dans le DRC : le nombre d'habitants passera de 390 000 en 2016 à 475 000 d'ici 2038 (Urban Futures, 2009). Le secteur ouest connaîtra probablement le taux de croissance le plus élevé (hausse de 88 % de 2008 à 2038). De 2006 à 2011, le taux de croissance de la population dans le district de North Cowichan (4,5 %) a été similaire à celui du DRC (CVRD, 2013). La croissance démographique du DRC et du district de North Cowichan continue d'exercer une forte pression sur les milieux naturels résiduels.
Selon l'Inventaire des écosystèmes fragiles (IEF), les forêts anciennes (âge moyen des arbres de 100 ans ou plus) occupent seulement 2,6 % du sud et de l'est de l'île de Vancouver, depuis la rivière Campbell au nord jusqu'à Sooke au sud, et sur les îles Gulf (MSRM, 2004). Cette valeur inclut les forêts anciennes et les forêts matures de seconde venue de la zone côtière à douglas et de la zone côtière à pruche de l'Ouest. La zone côtière à pruche de l'Ouest occupe des sites à plus haute altitude et/ou plus humides, en particulier dans le nord et l'ouest de la zone de l'IEF. On trouve encore de grandes étendues de forêts de seconde venue en cours de maturation (âge moyen des arbres de 60 à 100 ans) dans le sud-est de l'île de Vancouver, lesquelles comprennent des peuplements de conifères ou mixtes, souvent accompagnés de feuillus, comme l'aulne rouge (Alnus rubra) ou l'érable à grandes feuilles ou, plus rarement, le peuplier faux-tremble. Cependant, en raison de la pression continuelle exercée sur les terres, il est peu probable que la forêt en régénération à l'extérieur des aires protégées atteigne la maturité. Caskey et Henigman (2002) ont procédé à une vérification de l'IEF, qui a révélé que 17,6 et 24,6 % des sites de forêts anciennes et de forêts de seconde venue en cours de maturation examinés, respectivement, avaient été soumis à un certain niveau de perturbation depuis l'achèvement de l'IEF environ 6 à 8 ans auparavant.
L'IEF a permis de cartographier trois types d'habitats forestiers des hautes terres à partir de photos aériennes prises de 1984 à 1992 dans la région de la capitale et le district de North Cowichan (MRSM, 2004), lesquels englobent la majorité de l'habitat potentiel de la limace-prophyse bleu-gris dans le sud de l'île de Vancouver. AXYS (2005) a refait le même inventaire à l'aide de photos aériennes prises en 2002. Pendant cet intervalle, la superficie des forêts anciennes (> 100 ans), des terrains boisés (forêt ouverte dominée par des feuillus) et des forêts de seconde venue (de 60 à 100 ans) de la région de la capitale a diminué de 1,8, de 2,8 et de 8,1 %, respectivement. Les pertes correspondantes dans le district de North Cowichan ont été de 55,1, de 7,5 et de 3,5 %. Les pertes ont été calculées pour les polygones où la fragmentation causée par les perturbations était supérieure à 25 %. Par ailleurs, les pertes n'ont pas été incluses lorsqu'elles étaient trop peu importantes pour être numérisées ou lorsqu'elles étaient réparties dans un grand polygone où la fragmentation était inférieure à 25 %. En 2002, environ la moitié de la zone d'étude de l'IEF dans le sud-est de l'île de Vancouver et sur les îles Gulf était composée de polygones fragmentés jusqu'à un certain point (AXYS, 2005). Tant dans la région de la capitale que dans le district de North Cowichan, les principales causes de la perte d'habitat étaient les suivantes : exploitation forestière ou déboisement, utilisation rurale (bâtiments agricoles, champs et pâturages, maisons isolées ou zones avec faible densité de maisons) et utilisation urbaine (zones résidentielles, centres commerciaux et complexes à bureaux). Selon la croissance démographique projetée décrite précédemment, on s'attend à ce que la perte et la fragmentation de l'habitat dans l'aire de répartition de la limace-prophyse bleu-gris se poursuivent au cours des 10 prochaines années et au-delà.
On connaît peu de choses sur l'écologie et le cycle vital de la limace-prophyse bleu-gris. L'information sur les populations de la Colombie-Britannique est insuffisante et se limite aux observations inédites des rédacteurs du rapport. Burke et al. (2000) ont fourni un sommaire des données sur la biologie de l'espèce recueillies aux États-Unis dans le cadre de recommandations de gestion. McGraw et al. (2002) ont étudié le régime alimentaire de l'espèce en Oregon.
Comme la majorité des autres gastéropodes pulmonés, la limace-prophyse bleu-gris est un ovipare ainsi qu'un hermaphrodite simultané, chaque individu possédant à la fois les organes reproducteurs mâles et femelles. Aucun cas d'autofécondation n'a été observé, et on pense que la fécondation croisée est la règle, comme chez la plupart des pulmonés. On ne connaît ni la taille des pontes ni les particularités de la reproduction chez l'espèce.
Il semble que la limace-prophyse bleu-gris ait un cycle vital annuel, accomplissant sa croissance jusqu'à la maturité et se reproduisant la même année (Burke et al., 2000). La quasi-absence de mentions d'individus adultes au début du printemps, tant en Colombie-Britannique qu'aux États-Unis, donne à croire que seulement quelques individus vivent plus d'une année. Une limace adulte a été trouvée sur l'île de Vancouver en mars (Ovaska et al., 2014), alors que toutes les autres observations d'individus adultes ont été faites en automne. Dans le cas des quelques autres observations de l'espèce faites au printemps et à l'été, il s'agissait toujours de juvéniles (tableau 1). L'espèce passe probablement l'hiver sous forme d'œufs, qui éclosent au printemps suivant. Il est aussi possible que les adultes qui survivent à l'hiver pondent des œufs lorsqu'ils émergent de l'hibernation au début du printemps. En fonction des observations qui précèdent, on peut conclure que la durée d'une génération est probablement d'un an.
En Oregon, on a trouvé dans la matière fécale de la limace-prophyse bleu-gris des spores et des hyphes de champignons en des quantités qui indiquent que les champignons forment une partie importante du régime alimentaire de l'espèce (McGraw et al., 2002). Les hyphes et les spores de champignons étaient les éléments les plus communs; ils étaient présents dans 90 % des échantillons analysés (échantillons du printemps et de l'automne confondus). Bien que les champignons aient été un des principaux éléments trouvés dans la matière fécale au cours du printemps et de l'automne, la fréquence des spores était beaucoup plus élevée dans les échantillons d'automne (62 %) que dans ceux de printemps (24 %). Les spores provenaient de dix familles de champignons, pour la plupart des espèces mycorhiziennes associées à des plantes vasculaires, notamment des espèces symbiotiques associées aux racines de conifères, dont ils contribuent à la croissance. La matière fécale contenait également des tissus végétaux (fréquence de 59 %, échantillons du printemps et de l'automne confondus) et des lichens (25 %). Sur l'île de Vancouver, deux juvéniles ont été observés sur des champignons (sites 4A et B, le 30 avril 2011; tableau 1), alors que plusieurs adultes ont été observés à l'automne à proximité et/ou à l'intérieur de microsites où les champignons étaient abondants (Ovaska et Sopuck, données inédites).
Les gastéropodes pulmonés terrestres obtiennent leur eau de l'environnement principalement à travers le tégument, mais les muqueuses de leur organisme et de la surface de leur pied jouent un rôle actif dans l'absorption de l'eau (Riddle, 2013). L'absorption d'eau par ingestion d'aliments ne suffit pas à maintenir un équilibre hydrique positif, et les données probantes permettant de croire que la limace-prophyse bleu-gris est en mesure de s'abreuver ne sont pas concluantes. Les limaces sont plus sensibles à la déshydratation que les escargots, qui peuvent rentrer dans leur coquille pour ralentir les pertes d'eau. On estime que la température de l'atmosphère et l'humidité du sol sont des facteurs importants ayant une incidence sur les activités des limaces, notamment la recherche de nourriture (Riddle, 2013, et références qui y sont mentionnées). L'information existante relative à la lutte antiparasitaire sur les terres agricoles provient surtout d'études sur les limaces européennes, comme les espèces du genre Arion, et aucune information spécifique n'est disponible sur la physiologie des relations hydriques chez les limaces forestières de l'Amérique du Nord. Le fait que la limace-prophyse bleu-gris soit petite et élancée pourrait augmenter sa sensibilité à la perte d'eau; inversement, une petite limace pourrait être mieux à même de tirer avantage de l'humidité dans de petits microhabitats. Sur des falaises rocheuses et dans des conditions estivales sèches, les rédacteurs du rapport ont trouvé des limaces-prophyses bleu-gris sous une couche de mousse reposant sur un substratum rocheux qui retenait de l'humidité (Ovaska et Sopuck, données inédites). Les sécheresses prolongées qui entraîneraient l'assèchement complet des tapis de mousse pourraient faire en sorte que les limaces demeurent prises, provoquant du même coup leur disparition.
La présence de la limace-prophyse bleu-gris dans des forêts de seconde venue et à la lisière de forêts en Colombie-Britannique montre que l'espèce tolère une certaine perturbation de l'habitat. La présence d'abris (troncs en décomposition, etc.), d'ombre et de tapis forestier humide est peut-être plus déterminante que l'âge de la forêt. La question de savoir si l'espèce préfère la forêt en régénération ou si elle y vit à défaut de forêts anciennes n'a pas été étudiée.
On pense que la limace-prophyse bleu-gris a une capacité de dispersion très limitée, de l'ordre de quelques dizaines à quelques centaines de mètres par génération, mais il existe peu de données à cet égard (Duncan, comm. pers., 2004; Wilke et Duncan, 2004). En Oregon, des individus gardés en captivité ne se sont pas beaucoup déplacés (Duncan, comm. pers., 2004). On a observé à trois occasions des limaces-prophyse bleu-gris traverser des sentiers de randonnée à la fin de l'automne (Ovaska et Sopuck, données inédites), et des déplacements directionnels sur de courtes distances à partir d'aires d'alimentation vers des sites d'hibernation, de parade nuptiale et/ou de ponte sont également possibles.
On ne connaît aucun vecteur animal ni autre agent de dispersion (comme le vent ou l'eau) de l'espèce, et on ne s'attend pas à ce qu'il en existe. Le transport par des humains est possible, mais probablement marginal. À la différence des limaces exotiques devenues communes dans les milieux perturbés de presque toute l'Amérique du Nord, y compris l'île de Vancouver, l'espèce ne semble pas envahissante, elle vit dans la forêt plutôt que dans les milieux remaniés et dégagés, et sa répartition au Canada et dans le nord des États-Unis est très morcelée. Le risque d'introduction involontaire d'individus ou d'œufs de l'espèce par du matériel de pépinière ou de la terre adhérant aux chaussures est donc très faible.
Divers vertébrés et invertébrés se nourrissent de limaces, et la limace-prophyse bleu gris compte probablement parmi leurs proies (Burke et al., 2000). Des escargots indigènes (Haplotrema vancouverense et espèces du genre Ancotrema), de même que des carabes indigènes et introduits (coléoptères de la famille des Carabidés), grands prédateurs de gastéropodes, sont communs dans l'habitat de la limace-prophyse bleu-gris. Comme d'autres espèces du genre Prophysaon, la limace-prophyse bleu-gris possède la faculté de s'amputer de sa queue, adaptation efficace pour échapper à certains prédateurs (Hand et Ingram, 1950), mais qui pourrait s'avérer inefficace contre les prédateurs introduits. Le sud de l'île de Vancouver est habité par de nombreuses espèces de gastéropodes non indigènes (Forsyth, 2004) susceptibles de livrer une compétition à la limace-prophyse bleu-gris pour la nourriture ou les abris, voire d'en faire leur proie (voir Menaces).
Les activités de relevé visaient principalement à trouver la limace-prophyse bleu-gris à de nouveaux sites et à déterminer l'étendue de l'aire de répartition aux sites connus plutôt qu'à obtenir de l'information sur la densité ou les tendances (tendance 2). Il y a cependant quelques exceptions : a) nouvelles visites de la plupart des sites connus à l'automne 2014 dans le cadre d'une vérification de terrain aux fins du présent rapport; b) utilisation de grilles de suivi ciblant des abris de carton dans six sites (sites 1B, 2A, 2B, 7A, 10A, 10B, 10C, 13) pendant des périodes variées afin d'obtenir de l'information sur l'abondance. En plus de l'inspection de ces abris artificiels installés le long de grilles ou de transects, les méthodes de relevé comprenaient des recherches en zone limitée (à l'aide de points, de transects ou de quadrats) et des recherches de durée limitée du couvert naturel, des champignons et de la litière le long des routes sinueuses durant le jour ou la nuit ( tableau 2 ).
On a peu d'information sur la taille et la densité de la population de limaces-prophyses bleu-gris. Des relevés répétés menés dans 4 grilles de 20 x 20 m qu'on a superposées sur des abris artificiels, avec des stations installées à 5 m d'intervalle, sur des propriétés du ministère de la Défense nationale (MDN) en octobre et en novembre 2008 ont permis d'observer de 3 à 5 limaces/grille (Ovaska et Sopuck, 2009a). La taille des échantillons étant trop petite, seules des estimations préliminaires grossières de l'abondance ont pu être faites. La densité minimale a été calculée d'après ces observations (en supprimant les individus des stations où on a effectué deux observations à des dates différentes, car il pourrait s'agir d'un seul même individu), comme suit : à Colwood (site 2A) : 100 limaces/ha; au champ de tir Heals (site 1B) : 50 limaces/ha; à Rocky Point (sites 10A et B couverts par la même grille) : 75 limaces/ha; à Rocky Point (site 10C) : 125 limaces/ha. La densité réelle pourrait être moins élevée puisque le macrohabitat et le microhabitat convenables sont répartis de façon inégale dans le paysage, ce qui cause une répartition morcelée des limaces. Des grilles semblables mais légèrement plus grandes (30 x 30 m) ont été établies en 2012 dans 2 sites additionnels, centrées sur les sites d'observation précédents : à la colline Observatory (site 7A) et au lac Thetis (site 13). Les deux grilles ont été examinées de multiples fois chaque automne au cours de la période de 2012 au printemps 2015, mais seules quelques limaces-prophyses bleu-gris ont été observées (colline Observatory : 4 individus; lac Thetis : 0 individu; Ovaska et Sopuck, données inédites). Les résultats laissent croire à une très faible densité dans ces deux sites plus secs (voir Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents dans la section Menaces). Sur la colline Observatory, où la plus grande partie de la colline a fait l'objet d'un échantillonnage intensif et répété ciblant les gastéropodes, la limace-prophyse bleu-gris a seulement été observée dans une petite zone (plus petit polygone convexe autour des 8 observations effectuées jusqu'en juin 2015 = 0,25 ha) sur le côté est de la colline dans un habitat boisé à couvert relativement clairsemé. En octobre 2015, une observation isolée sur le côté ouest de la colline a agrandi le plus petit polygone convexe, soit à 3,41 ha, mais un échantillonnage intensif n'a pas permis d'observer l'espèce dans la zone intermédiaire, ce qui laisse penser que la limace-prophyse bleu-gris présente de très faibles densités ou que son aire de répartition est très inégale. Selon les estimations de la densité de la population effectuées d'après les relevés des grilles dans les 4 sites (50-125 limaces/ha) et dans la zone d'occupation connue de chaque site, la taille minimale de la population serait d'environ 1 800 à 4 500 limaces (une zone de 1 ha a été utilisées pour les sites faisant l'objet de trop peu d'observations pour déterminer le plus petit polygone convexe). La taille réelle de la population est probablement plus grande parce qu'on ne connaît pas bien la zone d'occupation dans chaque site et qu'il pourrait y avoir des sites inconnus. Cependant, étant donné la répartition inégale des limaces et leur habitat très fragmenté sur l'île de Vancouver, les populations inconnues sont vraisemblablement petites. Il est peu probable que la population totale dépasse 10 000 adultes. Selon la méthode susmentionnée, la sous-population la plus grande (colline Cole) comprendrait de 700 à 1 750 individus. Toutes les autres sous-populations sont plus petites et compteraient moins de 1 000 adultes, et ce, même quand les calculs sont fondés sur l'estimation de la densité plus grande.
Pilsbry (1948) a noté que la limace-prophyse bleu-gris est souvent isolée sur le tapis forestier. Toutefois, dans les sites de l'île de Vancouver, les individus étaient souvent observés à quelques mètres les uns des autres, ce qui laisse croire soit à une affinité pour les caractéristiques du microhabitat, soit à la poursuite de fonctions sociales comme l'accouplement, la ponte ou l'hibernation à la fin de l'automne. De tels microsites semblent être utilisés d'une année à l'autre. À titre d'exemple, au lac Matheson (site 4A), 9 et 4 limaces adultes ont été observées dans un rayon de 15 m au cours d'un même relevé, en novembre 2013 et 2014, respectivement. Ce site se trouvant à quelques mètres de l'endroit où 2 juvéniles avaient été observés précédemment (à la fin avril 2011).
La limace-prophyse bleu-gris a seulement été observée en Colombie-Britannique à partir de 2002, et on ne sait rien des fluctuations ou des tendances de la population à long terme. L'espèce a été observée dans 6 des 18 sites connus qui ont été revisités durant des relevés de vérification de terrain à l'automne 2014 ( tableau 3. Sites d'observation antérieurs de la limace prophyse bleu gris visités de nouveau en 2014 dans le cadre d'une vérification de terrain aux fins du présent rapport.Nota ). Les six sites se trouvaient dans des zones occupées par quatre sous-populations (1, 4, 7 et 10 dans le tableau 1 ); les sites où l'espèce n'a pas été observée se trouvaient dans des zones occupées par six sous-populations (2, 3, 11, 12, 13 et 14). Deux sites connus (6 et 8) n'ont pas été recensés, un (9) n'a été découvert qu'en 2014 et a été exclu, et deux autres (5 et 15) ont été découverts après la réalisation des relevés de vérification de terrain. Il est à noter que l'espèce n'est pas nécessairement absente des sites où elle n'a pas été observée. On sait que la limace-prophyse bleu-gris est difficile à trouver; un taux de réussite de 30 %, notamment dans les sites visités une seule fois en 2014, est en fait remarquablement élevé pour cette espèce cryptique. Cependant, les observations des conditions de l'habitat et de la structure du paysage, combinées aux activités de recherche, peuvent permettre d'inférer la viabilité de la population (voir Fragmentation de la population). L'habitat de la plupart des sites est demeuré inchangé, mais il s'est détérioré dans six sites où l'espèce n'a pas été observée. Cette détérioration est due à l'empiètement par les plantes envahissantes, aux activités récréatives et/ou au développement (sites 1D, 2A, 2B, 10B, 11 et 13); de plus, de nouvelles perturbations attribuables aux activités récréatives ont été notées dans un site abritant une concentration de limaces-prophyses bleu-gris (site 4A).
L'espèce n'a pas été décelée dans deux sites (sites 11 et 13), malgré les activités de relevé effectuées sur plusieurs années; les populations pourraient avoir diminué ou disparu. Dans le site 11 (sentier Galloping Goose près de la rivière Sooke), où un individu avait été observé en 2004, l'habitat s'est détérioré et est maintenant fragmenté à cause du déboisement et de la construction d'une route immédiatement à côté du site. Bien que le site 13 (lac Thetis), où l'espèce a été observée en 2008, en 2009 et en 2010, se trouve au sein d'une aire protégée, l'habitat s'y est détérioré à cause de la propagation des plantes envahissantes et des gastéropodes, qui dominent la faune, et de la présence de sentiers non autorisés. Des relevés intensifs ont été effectués chaque année dans ce site, mais l'espèce n'y a pas été observée en cinq ans.
Aux États-Unis, l'espèce semble être relativement commune dans le sud-ouest de l'Oregon, mais rare et en déclin dans les autres régions de cet État ainsi que dans l'État de Washington (Wilke et Duncan, 2004). Dans ce dernier État, l'habitat de la plupart des sites historiques de l'espèce a été profondément transformé au profit de l'étalement urbain. L'espèce semble être disparue de ces sites, y compris de la localité type d'Olympia (Wilke et Duncan, 2004). NatureServe (2014), en se fondant sur Cordeiro (2004), est d'avis que seules quelques occurrences (de 4 à 12) ont une bonne viabilité à l'échelle mondiale.
| Site | Description du site | Dates (en 2014) | Méthode de relevé en 2014 Note du tableaue | Activité de recherche en 2014 Note du tableauf | Nbre d'individus observés en 2014 | Condition de l'habitat et notes (2014) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1A | Champ de tir Heals (base des Forces canadiennes [BFC]), Saanich | s.o. | s.o. | s.o. | s.o. | Non visité, mais immédiatement à côté du site 2. |
| 1B | Champ de tir Heals (BFC), Saanich | 12 nov. | RDL | 90 | 1 | L'habitat semble inchangé, aucune plante envahissante observée; site relativement protégé contre les perturbations. |
| 1C | Champ de tir Heals (BFC), Saanich | 12 nov. | RDL | 90 | 0 | L'habitat semble inchangé; observation de quelques houx envahissants et de déchets (site adjacent à une route de gravier très fréquentée). |
| 1D | Parc régional du mont Work (lac Durrance Lake), Saanich | 12 oct. 26 oct. 9 nov. | AA | 40 | 1 0 0 | Sentier de vélo de montagne non autorisé et structures de saut construites dans l'habitat; on a retiré de la mousse et compacté le sol; relativement libre d'arbustes envahissants (quelques genêts à balais le long de la lisière de la forêt). |
| 2A | Dépôt d'approvisionnement et de mazout de Colwood (BFC), Colwood | 10 nov. | RDL | 60 | 0 | Le site n'est plus utilisé pour l'exercice du tir à l'arc. Le houx et le daphné lauréole envahissants sont largement répandus et semblent se propager; le lierre commun pousse sur les arbres. Nouveau dépôt d'approvisionnement sur un site auparavant non perturbé (champ) à côté de la forêt. |
| 2B | Dépôt d'approvisionnement et de mazout de Colwood (BFC), Colwood | 10 nov. | RDL | 60 | 0 | Arbustes envahissants abondants, y compris des bosquets extensifs de daphnés lauréoles sous des conifères et des genêts à balais sur une colline rocheuse; nouveau gros bâtiment (immeuble d'habitation) immédiatement à côté du site, sur une propriété privée. |
| 3A | Parc régional Devonian, Metchosin | s.o. | s.o. | s.o. | s.o. | Non visité, mais immédiatement à côté des sites 4B et 4C. |
| 3B | Parc régional Devonian, Metchosin | 4 nov. | RDL | 60 | 0 | L'habitat sur la butte Garry Oak semble inchangé; le pré est petit et donne sur la mer, et reçoit la visite de quelques randonneurs. |
| 3C | Parc régional Devonian, Metchosin | 4 nov. | RDL | 90 | 0 | L'habitat dans une frange de conifères adjacente à la butte Garry Oak semble inchangé; de nombreux sentiers (officiels et non autorisés) dans ce petit parc. |
| 4A | Parc régional du lac Matheson, Metchosin | 4 nov. | RDL | 180 | 4 | Perturbations récentes de l'habitat par des visiteurs du parc, dont des signes de feux de camp (bûches brûlées), des déchets et l'utilisation de sentiers non autorisés; l'espèce n'a pas été observée dans le site adjacent qui a fait l'objet de recherches. |
| 4B | Parc régional du lac Matheson, Metchosin | s.o. | s.o. | s.o. | s.o. | Localité exacte inconnue. |
| 6 | Boisé Chase, mont Tzouhalem | s.o. | s.o. | s.o. | s.o. | Site exact d'après les données de 2013 non visité, mais relevé dans six sites à proximité, sur le mont Tzouhalem et dans la baie Maple le 24 octobre 2014; l'espèce n'a pas été observée. |
| 7A | Colline Observatory, Saanich | 6 et 28 mai 5 sept. 3, 15, 21 et 29 oct. 7 et 21 nov. | AA | 49 | 1 | Présence de genêts à balais envahissants. D'autres zones de la colline ont fait l'objet de recherches intensives et répétées à l'aide d'AA, mais l'espèce n'a pas été observée. |
| 7B | Colline Observatory, Saanich | 27 mai 3, 15, 21 et 29 oct. 7 et 21 nov. | AA | 10 | 1 | Site trouvé le 27 mai 2014, mais pas lors des relevés subséquents; d'autres zones de la colline ont fait l'objet de recherches intensives et répétées à l'aide d'AA, mais l'espèce n'a pas été observée. |
| 8 | Parc régional du lac Thetis (lac Prior, Saanich | s.o. | s.o. | s.o. | s.o. | Non visité. |
| 9 | Route Goward, Saanich | s.o. | s.o. | s.o. | s.o. | Site découvert en octobre 2014 par le propriétaire du terrain. |
| 10A | Dépôt de munitions de Rocky Point (BFC), Metchosin | 10 nov. | RDL | 60 | 1 | Le site semble inchangé, mais la zone environnante est plus perturbée (voir le site B). |
| 10B | Dépôt de munitions de Rocky Point (BFC), Metchosin | 10 nov. | RDL | 60 | 0 | Parcelle d'habitat délimitée par un champ et une clôture au sud-est; davantage d'ajoncs d'Europe envahissent la forêt, et la zone environnante est plus perturbée (agrandissement de la gravière et du stationnement). |
| 10C | Dépôt de munitions de Rocky Point (BFC), Metchosin | 10 nov. | RDL | 90 | 0 | L'habitat semble inchangé. |
| 11 | Sentier Galloping Goose près de la rivière Sooke (sites A-C), Sooke | 22 oct. | RLT | 170 | 0 | Bande étroite de forêt le long d'un sentier contigu à des terres résidentielles privées; nouvelle route immédiatement à côté d'un site d'observation d'une limace (présence de panneaux « défense de passer »). |
| 12 | Sooke Hills Wilderness (réservoir Humpback), Langford | 5 nov. | RLT | 90 | 0 | L'habitat semble inchangé, mais n'est pas productif et est limité par le substrat rocheux et une mince couche de terre. |
| 13 | Parc régional du lac Thetis (lac Lower), View Royal | 13 oct. 22 oct. 5 nov. | AA | 49 | 0 | Élimination et empilement non autorisés de gros débris ligneux sur le site. Le daphné lauréole envahissant est en expansion, et les travaux de lutte contre cette plante ont commencé. |
| 14A | Parc Logan (T1, T2), Saanich | 11 oct. 29 oct. 9 nov. | AA | 44 | 0 | L'habitat semble inchangé; le parc est petit et très fréquenté, mais les visiteurs utilisent les sentiers. |
| 14B | Près du parc Calvert, Saanich | 13 oct. 31 oct. 9 nov. | AA | 10 | 0 | L'habitat semble inchangé et est éloigné de l'activité humaine. |
La population canadienne pourrait être gravement fragmentée parce que :
- la population se trouve dans des parcelles résiduelles de forêt au sein de paysages peuplés et très modifiés et
- la capacité de dispersion des limaces est faible.
Cependant, on possède peu d'information sur la viabilité des différentes sous-populations et sur la taille minimale des parcelles d'habitat qui peuvent soutenir des populations à long terme. Selon la description provisoire de l'habitat essentiel de l'espèce, au moins 20 ha d'habitat continu est nécessaire; cette superficie repose des hypothèses concernant l'habitat essentiel d'une autre limace de l'île de Vancouver, la limace-sauteuse dromadaire (Hemphillia dromedarius) (Parks Canada Agency, 2012). La limace-prophyse bleu-gris est présente dans 2 parcelles d'habitat de moins de 20 ha (sous-population 2 : de 8 à 15 ha; sous-population 3 : 15 ha) et dans 3 paysages ruraux très fragmentés (sous-populations 5, 9 et 14). Les sous-populations restantes se trouvent dans un habitat présentant au moins une certaine connectivité avec des zones plus vastes de forêt ( tableau 4 ).
En plus de la taille de la parcelle d'habitat et de la connectivité au sein du paysage, la qualité de l'habitat et les menaces spécifiques d'un site donné doivent être prises en compte lors de l'évaluation de la viabilité de la population ( tableau 4 ). Selon les menaces et le nombre de limaces observées, cinq sous-populations ont une viabilité faible, deux en ont une modérée à faible, cinq en ont une modérée, deux en ont une élevée à modérée et une en a une élevée ( tableau 4 ). Le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique (B.C. Conservation Data Centre, 2015b) a estimé que de 1 à 3 occurrences constituent une bonne viabilité.
La migration de limaces depuis l'État de Washington jusqu'à la vallée du bas Fraser, en Colombie-Britannique, est peu probable. Aucune population de limaces-prophyses bleu-gris n'est répertoriée en Colombie-Britannique continentale, et l'habitat forestier à proximité de la frontière avec les États-Unis et dans la vallée du bas Fraser est fragmenté au milieu de terres agricoles et de zones urbaines. L'immigration de la population disjointe de limaces-prophyses bleu-gris de l'Idaho est également peu probable à cause de la distance qui sépare cette dernière de la frontière canado-états-unienne (135 km). De plus, l'espèce n'a pas été observée dans la région de Kootenay, en Colombie-Britannique, malgré de nombreuses activités de recherche. L'île de Vancouver est séparée de la Colombie-Britannique continentale par le détroit de Georgia, alors qu'elle est séparée de la péninsule Olympic, dans l'État de Washington, par le détroit Juan de Fuca, ce qui ne laisse aucune possibilité d'immigration de source externe d'origine naturelle.
| Site | Nom de la sous-population | Nbre de sites | Zone occupée (PPPC Note du tableaug, en ha) | Régime foncier des sites connus | Fragmentation de l'habitat dans un rayon de 1 km des sites | Connectivité au sein du paysage | Viabilité du site selon les menaces (ID du site) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Colline Cole (lac Durrance) | 4 | 14,00 | Parc régional du district régional de la capitale (DRC) et terre fédérale (MDN) | Vaste superficie de forêt relativement continue au nord et traversant une route pavée à l'ouest; zones agricoles et résidentielles à l'est; dépotoir municipal au sud. | Modérée | Élevée-modérée |
| 2 | Colwood | 3 | 1,61 | Fédéral (MDN) | Zones forestières très fragmentées délimitées par des routes et des ensembles résidentiels; vaste terrain de golf à l'ouest; route importante au nord. | Faible | Faible |
| 3 | Devonian | 3 | 2,61 | Parc régional du DRC | Parcelle de forêt isolée dans un paysage agricole. | Faible | Faible |
| 4 | Lac Matheson | 2 | 0,32 | Parc régional du DRC | Vaste superficie de forêt relativement continue; un certain degré de développement résidentiel rural. | Élevée | Modérée |
| 5 | Metchosin | 2 | - | Privé (activité récréative/agriculture) | Parcelle de forêt isolée dans un paysage agricole/résidentiel rural. | Faible | Modérée-faible |
| 6 | Mont Tzouhalem | 1 | - | Propriété de Conservation de la nature Canada | Vaste superficie de forêt continue à l'est; zone délimitée par un ensemble résidentiel au nord; route importante et champs agricoles à l'ouest et au sud-ouest. | Élevée | Modérée |
| 7 | Colline Observatory | 3 | 3,41 | Fédéral (Conseil national de recherches du Canada) | Grande parcelle de forêt résiduelle délimitée par une route très fréquentée vers le nord et l'ouest et par un ensemble résidentiel; pentes rocheuses sèches ne constituant pas un habitat convenable; l'espèce n'est pas observée dans la forêt plus profonde du côté nord de la colline. | Modérée | Modérée-faible |
| 8 | Lac Prior | 1 | - | Parc régional du DRC | Grande superficie de forêt relativement continue; zone délimitée par un terrain de golf et un ensemble résidentiel rural à l'ouest et au sud; autoroute importante au sud. | Élevée | Élevée |
| 9 | Lac Prospect | 1 | - | Résidentiel (milieu rural) | Dans un paysage résidentiel rural; forêt fragmentée par des maisons, des routes et des allées; zone le plus fragmentée au nord et au nord-ouest (agriculture à petite échelle et résidences). | Modérée-faible | Faible |
| 10 | Rocky Point | 3 | 7,21 | Fédéral (MDN) | Grande superficie de forêt relativement continue à l'ouest et entre les sites; vaste complexe de zones pavées, de routes et d'infrastructure militaire au sud-est. | Élevée | Élevée-modérée |
| 11 | Rivière Sooke | 1 | - | Parc régional du DRC | Bande étroite d'habitat s'élargissant en une vaste forêt au nord et à l'est; zones agricoles et résidentielles à l'ouest, y compris une grande partie d'environ 1 km au sud-ouest. | Modérée | Faible |
| 12 | Collines Sooke | 1 | - | Parc régional du DRC | Grande superficie de forêt relativement continue; zone délimitée par de vastes sous-divisions urbaines au nord et à l'ouest. | Élevée | Modérée |
| 13 | Lac Thetis | 2 | 0,12 | Parc régional du DRC | Grande superficie de forêt relativement continue au nord-ouest; zone délimitée par une autoroute importante au sud (à environ 150 m); développement urbain à l'est et à l'ouest. | Modérée | Faible |
| 14 | Trevlac | 2 | - | Parc municipal (Saanich); résidentiel (milieu rural) | Dans un paysage résidentiel rural; forêt fragmentée par des maisons, des routes et des allées. | Modérée-faible | Modérée |
| 15 | Shawnigan | 1 | - | Résidentiel (milieu rural) | Déboisement extensif à cause de fermes d'agrément et d'ensembles résidentiels ruraux; activités récentes d'exploitation forestière. | Modérée | Modérée |
Dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, la limace-prophyse bleu-gris se trouve à la limite nord de son aire de répartition. On ne sait pas si les conditions du milieu plus au nord dépassent les limites physiologiques de l'espèce ou si la répartition actuelle dans la province est le résultat des glaciations du Pléistocène, qui auraient causé des disparitions localisées et créé des barrières à la dispersion. La faible capacité de dispersion de l'espèce et ses besoins en habitat humide réduisent la vitesse à laquelle les limaces peuvent coloniser de nouveaux milieux ou des parcelles d'habitat d'où elles avaient disparu.
Le calculateur des menaces de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN; Master et al., 2009) a été utilisé pour évaluer les menaces pesant sur la limace-prophyse bleu-gris (annexe 1). On a évalué les menaces dans toute l'aire de répartition canadienne de l'espèce pour tenir compte des sites non connus éventuels en se basant sur les menaces et les utilisations des terres ayant cours dans des sites connus. La méthode du calculateur des menaces consiste à évaluer la portée, la gravité et l'immédiateté de chaque catégorie de menace, et l'impact global des menaces est ensuite calculé à partir des cotes obtenues.
L'impact global des menaces pesant sur la limace-prophyse bleu-gris est élevé-moyen, et cette plage reflète les incertitudes (annexe 1). Les trois menaces ayant l'impact le plus élevé sont les « modifications des systèmes naturels », les « espèces exotiques (non indigènes) envahissantes » et les « changements climatiques et phénomènes météorologiques violents ». Ces trois catégories touchent la plupart des sous-populations de limaces, mais il y a beaucoup d'incertitudes liées à leur impact, comme le reflète la plage de leur cote. Les rubriques qui suivent correspondent aux catégories et aux sous-catégories de menaces du calculateur des menaces, et sont présentées en ordre décroissant de leur importance potentielle approximative.
Des plantes envahissantes introduites, comme le genêt à balais (Cytisus scoparius), le daphné lauréole (Daphne laureola) et le lierre commun (Hedera helix), se trouvent dans tout le district régional de la capitale (DRC) et dans de nombreux sites d'observation de la limace-prophyse bleu-gris. Les plantes introduites peuvent déloger les plantes indigènes, influer sur le microclimat et/ou la température et le taux d'humidité du sous-étage, et possiblement perturber l'approvisionnement alimentaire des limaces, détériorant ainsi la qualité de l'habitat. De plus, le daphné lauréole, qui empêche la croissance de la végétation indigène, contient de puissantes toxines qui le rendent non comestible pour la plupart des herbivores (RBCM, 2011a). Le daphné lauréole croisse bien dans les conditions ombragées du tapis forestier et ne nécessite pas la perturbation du sol pour s'établir. Cet arbuste est particulièrement prédominant dans deux sites de limaces-prophyses bleu-gris (lac Thetis, Colwood) et semble se propager ( tableau 4 ). Un examen de 87 études sur les effets des plantes envahissantes exotiques sur les communautés d'arthropodes a permis de noter une diminution générale de l'abondance et de la diversité des espèces indigènes, notamment les espèces herbivores, dans la plupart des études (Litt et al. 2014). Les réponses des gastéropodes terrestres n'ont pas encore été étudiées, mais pourraient être semblables.
Les invertébrés non indigènes sont prévalents dans l'aire de répartition de la limace-prophyse bleu-gris sur l'île de Vancouver, mais leurs effets sur les processus du sol et de l'écosystème sont mal connus. Les lombrics non indigènes peuvent réduire ou éliminer la couche d'humus, ce qui peut avoir des effets néfastes sur les invertébrés indigènes du tapis forestier (Addison, 2009). Les changements de l'habitat attribuables au broutage excessif par les chevreuils pourraient également avoir un effet sur les limaces dans certains sites.
Les feux peuvent avoir des conséquences à court terme, entraînant la mortalité et la perte de l'habitat, mais, à long terme, ils réduisent l'empiètement par les conifères et maintiennent le caractère ouvert de l'habitat, y compris dans les écosystèmes des forêts de chênes de Garry et des forêts mixtes, ainsi que les clairières privilégiées par les limaces. Les feux intensifs qui transforment le tapis forestier sont probablement néfastes pour la limace-prophyse bleu-gris (Burke et al.,2000). Les effets toxiques des produits ignifuges pourraient être plus graves pour les limaces et leur nourriture, mais il n'y a pas de données à ce sujet. Les activités de prévention des incendies peuvent réduire l'abondance de gros débris ligneux et d'abris pour les limaces ainsi que diminuer la fréquence des petits feux moins intensifs qui seraient bénéfiques à l'habitat des limaces. Dans l'ensemble, les effets du feu et de la prévention du feu à court terme sont mixtes, mais probablement négligeables sur la population. À long terme, la prévention du feu mènera vraisemblablement à la détérioration de l'habitat de la limace à cause de l'empiètement par les conifères dans les forêts dominées par le chêne de Garry et l'arbousier.
Les gastéropodes non indigènes et les autres invertébrés constituent une menace pour les gastéropodes indigènes par le biais de la compétition pour la nourriture et les abris et/ou la prédation, et sont considérés comme une menace pour les populations de limaces-prophyses bleu-gris aux États-Unis (Burke et al.,2000). Plus de 20 espèces de gastéropodes introduites, venant principalement d'Europe, ont été observées en Colombie-Britannique (Forsyth, 2004). Ces gastéropodes non indigènes se trouvent surtout dans les zones peuplées de l'île de Vancouver, et plusieurs sont présents dans les sites où la limace-prophyse est répertoriée.Certaines espèces, comme la limace cendrée (Limax maximus), sont des compétiteurs agressifs (Rollo et Wellington, 1979), tandis que d'autres, comme le Deroceras invadens, sont voraces et se nourrissent de végétation vivante et morte (Reise et al., 2011) et pourraient appauvrir les sources alimentaires. Quelques espèces introduites sont des prédateurs s'attaquant à d'autres gastéropodes (Oxychilus draparnaudi, Testacella haliotidea; Forsyth, 2004) ou à leurs œufs (Boettgerilla pallens; Reise et al.,2000). Toutes ces espèces ont été observées dans l'habitat de la limace-prophyse bleu-gris.
En plus des gastéropodes, on compte d'autres invertébrés largement introduits, comme les carabes (coléoptères de la famille des Carabidés), qui font de leur proie les gastéropodes (Symondson, 2004). Le Carabus granulatus, espèce introduite, est très répandu dans le sud de l'île de Vancouver et a été observé en train de manger des limaces-prophyses d'une autre espèce (P. reticulatum) dans d'autres régions de la Colombie-Britannique (Ovaska et Sopuck, données inédites). Le lézard des murailles (Podarcis muralis), espèce introduite d'origine européenne, est un autre prédateur possible. Pouvant atteindre des densités élevées dans un habitat convenable, il se propage rapidement dans l'île de Vancouver (RBCM 2011b), y compris dans l'habitat de la limace-prophyse bleu-gris.
La prédation peut constituer un problème pour les limaces-prophyses bleu-gris vivant dans un paysage fragmenté et de petites parcelles d'habitat où l'étendue de lisière est relativement importante et où il y a risque d'invasion par des prédateurs exploitant les milieux perturbés, comme les corbeaux et les corneilles, les carabes et les gastéropodes non indigènes. On croit que la faculté d'autonomie de la queue chez le genre Prophysaon est une adaptation évolutive permettant d'échapper aux coléoptères et autres prédateurs. Chez le P. foliolatum, espèce parente, il est manifeste que l'autonomie de la queue est un mécanisme efficace pour échapper aux carabes (Deyrup-Olsen et al., 1986). Cependant, la queue autonome pourrait ne pas être efficace contre les prédateurs autres que les carabes. Il est peu probable que les coléoptères prédateurs indigènes présentent une menace à la survie de la limace-prophyse bleu-gris, sauf si la population venait à décliner au point de ne plus pouvoir se rétablir de la prédation naturelle. On peut penser que, dans les fragments d'habitat de moindre étendue, la présence d'éléments pouvant servir d'abris, notamment de gros troncs en décomposition, est particulièrement importante pour permettre aux limaces de se réfugier des prédateurs. Cependant, il y a beaucoup d'incertitudes à propos des effets de la prédation et de la compétition sur les populations de limaces-prophyses bleu-gris, comme le révèle la plage de valeurs correspondant à la gravité de cette menace.
Dans l'île de Vancouver, les précipitations à la baisse en été et à la hausse en hiver devraient être accompagnées de températures plus élevées liées aux changements climatiques (Pacific Climate Impact Consortium, 2012). La fréquence des phénomènes météorologiques violents devrait également augmenter. Tandis que les changements de la plupart des paramètres devraient être modérés au cours de la prochaine décennie ou avoir un degré élevé d'incertitude (voir l'annexe 2), l'habitat dans la portion plus sèche du sud et du sud-est de l'île, où se trouve la limace-prophyse bleu-gris, pourrait déjà connaître les conséquences des changements climatiques. Les précipitations estivales ont décliné depuis les années 1980, et, selon les analyses préliminaires des tendances de la croissance, la croissance du douglas de Menzies dans le sud de l'île de Vancouver est de plus en plus limitée à cause des sécheresses (Griesbauer et al., 2013). Une sécheresse prolongée est survenue à l'été et à l'automne 2012 dans l'aire de répartition de la limace-prophyse bleu-gris; aucune pluie n'est tombée dans le DRC de la mi-juillet à la mi-octobre (Environment Canada, 2015). Des recherches intensives et répétées n'ont pas permis d'observer l'espèce dans les sites connus après le début des pluies, qui ont débuté après la mi-octobre de cette année-là, et on a seulement observé l'espèce dans un site connu de la région de la capitale l'année suivante. L'espèce a montré des signes de rétablissement en 2014, année durant laquelle des limaces ont été répertoriées en faible nombre dans cinq sites (Ovaska et Sopuck, 2013, 2014a, 2014b). En 2015, l'île de Vancouver a eu un manteau neigeux historiquement faible, une apparition hâtive du printemps ainsi que des conditions chaudes et sèches de la fin avril à la mi-septembre (BC Government, 2015). Des sécheresses prolongées devraient réduire le taux de survie des limaces ainsi que le temps qu'elles peuvent consacrer à l'alimentation et à la croissance; ces sécheresses pourraient également réduire indirectement les possibilités d'alimentation en diminuant la quantité de nourriture. De tels effets se feraient probablement sentir de façon aiguë dans les parcelles d'habitat dégradées qui pourraient être dépourvues de macrohabitat convenable pour s'abriter ainsi que dans les sites plus secs, comme l'habitat de chênes de Garry. Inversement, la hausse des précipitations hivernales pourrait entraîner l'engorgement des substrats (Pacific Climate Impact Consortium, 2012), réduisant peut-être ainsi la qualité de l'habitat et la survie de la limace-prophyse bleu-gris.
Le développement de nouvelles habitations et zones urbaines constitue une menace continue pour l'habitat potentiel de l'espèce dans son aire de répartition du sud de l'île de Vancouver, et survient possiblement à proximité de plusieurs sites connus. Les zones commerciales et industrielles sont également une menace continue pour l'habitat potentiel. Des activités de développement industriel sont en cours à proximité d'un site de la limace-prophyse bleu-gris (rivière Sooke). Le développement de nouvelles zones récréatives, comme des terrains de golf, est possible dans l'aire de répartition de l'espèce, mais aucun n'est prévu à proximité des sites où on a observé l'espèce. Tous les développements mentionnés auraient des conséquences graves pour les sous-populations de limaces-prophyses bleu-gris attribuables à la destruction de l'habitat.
Les activités récréatives sont courantes dans l'aire de répartition de l'espèce sur l'île de Vancouver et la plupart des sites où on a observé la limace-prophyse bleu-gris. Plusieurs sites se trouvent dans des parcs populaires du DRC, qui sont parsemés de sentiers officiels et non autorisés, ce qui entraîne une perte considérable de couvert végétal dans les zones où il y a plusieurs sentiers. Les activités hors sentier, comme le vélo de montagne, peuvent entraîner la perturbation des arbustes, des couches d'herbes et de mousses, des gros débris ligneux et du substrat du tapis forestier où vivent les limaces. La perturbation de l'habitat attribuable à des activités récréatives non autorisées est observée dans plusieurs sites ( Tableau 3. Sites d'observation antérieurs de la limace prophyse bleu gris visités de nouveau en 2014 dans le cadre d'une vérification de terrain aux fins du présent rapport.Nota ).
L'espèce est présente dans trois champs de tir militaires, où des activités d'entraînement militaire hors sentier par de gros groupes pourraient compacter le sol et détériorer l'habitat. Des chercheurs voulant observer des limaces, des plantes rares ou d'autres organismes pourraient également avoir un effet négatif sur l'habitat si des précautions ne sont pas prises pour éviter la perturbation du substrat et de la végétation du tapis forestier.
La construction de routes et le déboisement des emprises (corridors de services publics) sont liés à l'étalement urbain dans l'île de Vancouver. Les effets sur la limace-prophyse bleu-gris découlent de la perte d'habitat et de l'effet de bordure qui s'étend à la forêt environnante. Si la mortalité routière n'est pas préoccupante pour cette espèce, les routes créent probablement des obstacles aux déplacements de cette petite limace qui a une capacité de déplacement limitée. Selon des expériences effectuées avec deux espèces de limaces, les routes asphaltées et non asphaltées, notamment les voies asphaltées et non asphaltées de 3 m de largeur, qui ont une densité élevée ou faible de trafic constituent des obstacles à la dispersion (Baur et Baur, 1990; Wirth et al., 1999).
Quatre catégories de menaces additionnelles pourraient également avoir des conséquences sur les populations de limaces-prophyses bleu-gris, mais cet impact est considéré comme négligeable à l'heure actuelle. Les fermes d'agrément sont courantes dans le sud et l'est de l'île de Vancouver, et leur expansion pourrait entraîner la perte et la dégradation de l'habitat de l'espèce (menace 2 : agriculture et aquaculture). L'exploitation de carrières pourrait avoir un impact lorsque des bancs d'emprunt sont créés pour la construction de nouvelles routes et de nouveaux lotissements résidentiels. Une sous-population (site 5 dans le tableau 1 ) est située à côté d'une grosse carrière, mais on ne sait pas si on prévoit en augmenter la superficie (menace 3 : production d'énergie et exploitation minière). L'exploitation forestière et la récolte de champignons (menace 5 : utilisation des ressources biologiques) constituent également de possibles menaces. Les limaces se nourrissent en grande partie de champignons, et la cueillette de ceux-ci pourrait éliminer une source de nourriture importante et entraîner la mortalité. En Colombie-Britannique, la cueillette commerciale ou récréative de champignons n'est pas réglementée; elle est légale dans les terres publiques provinciales, mais illégale dans les parcs provinciaux (Ministry of Forests and Range, sans date). L'étendue de la cueillette dans l'aire de répartition de l'espèce est inconnue, mais plusieurs espèces de champignons font l'objet d'une cueillette commerciale. De plus, on a pratiqué quelques coupes forestières commerciales près de la périphérie de l'aire de répartition de l'espèce dans l'île de Vancouver (p. ex. à proximité du site 15). La coupe de bois de chauffage et l'enlèvement d'arbres à petite échelle pourraient également être effectués dans l'aire de répartition. Ces activités perturbent le substrat et les gros débris ligneux et entraînent l'élimination du couvert forestier, ce qui modifie le taux d'humidité et la température du tapis forestier. Les effets ne sont cependant pas tous négatifs; les coupes sélectives pourraient profiter à l'espèce en rétablissant le caractère ouvert des forêts qui l'abritent. Enfin, la pollution de l'habitat de la limace est possible à cause du ruissellement provenant des terres agricoles à proximité (p. ex. site 3; menace 8 : effluents agricoles et sylvicoles).
Les menaces importantes les plus plausibles pesant sur la limace-prophyse bleu-gris proviennent des espèces envahissantes introduites (plantes et invertébrés) et des sécheresses. Le nombre de localités a été évalué selon ces menaces, et le résultat obtenu varie de 3 à 15 localités, selon la méthode de calcul. Si on présume que les terres d'un même régime foncier sont sujettes à des mesures semblables de gestion de l'habitat, y compris les stratégies de lutte contre les espèces envahissantes, tous les sites gérés soit par CRD Regional Parks, soit Saanich Parks ou par le MDN pourraient être regroupés en une localité, tandis que les sites se trouvant sur des terres privées ou appartenant à d'autres organismes pourraient être considérées individuellement. On obtiendrait ainsi neuf localités :
- colline Cole, Colwood, Rocky Point (terres du MDN);
- lac Matheson, parc Devonian, collines Sooke, lac Thetis, lac Prior (CRD Regional Parks);
- rivière Sooke (emprise de sentier de CRD Regional Parks, qui pourrait être géré différemment des parcs);
- colline Observatory (Conseil national de recherches du Canada);
- Trevlac (Saanich Parks);
- Metchosin (terre privée);
- lac Prospect (terre privée);
- mont Tzouhalem (terre privée; Conservation de la nature Canada);
- Shawnigan (terre privée).
La fréquence et la gravité accrues des sécheresses liées aux changements climatiques menacent tous les sites. Les sécheresses pourraient vraisemblablement toucher de façon semblable toute l'aire de répartition de l'espèce, compte tenu de la zone d'occurrence relativement petite de l'espèce dans le sud de l'île de Vancouver. Cependant, l'habitat pourrait protéger les limaces des sécheresses selon la capacité de rétention de l'humidité, le type d'habitat et la disponibilité des abris. Il est ainsi difficile de déterminer le nombre de localités d'après cette menace. Si les sites sont groupés selon leur proximité les uns par rapport aux autres et selon la similarité de l'habitat, on peut considérer qu'il y a neuf localités :
- colline Cole;
- colline Observatory, lac Prospect, Trevlac;
- lac Prior, lac Thetis;
- Colwood;
- collines Sooke;
- Metchosin, parc Devonian, Rocky Point, lac Matheson;
- rivière Sooke;
- mont Tzouhalem;
- Shawnigan.
Si les sites sont regroupés en des catégories d'habitat élargies fondées sur les zones biogéoclimatiques, on obtiendrait trois localités (CDFmm, CWHxm1, CWHxm2; tableau 1 ).
Si chaque sous-population ou groupe de sites est considéré comme une localité distincte soumise à une combinaison unique de menaces provenant de multiples sources, il pourrait y avoir 15 localités (correspondant aux sous-populations).
La limace-prophyse bleu-gris est inscrite à titre d'espèce en voie de disparition à l'annexe 1 (la liste officielle des espèces en péril au Canada) de la Loi sur les espèces en péril. On a réalisé en 2013 l'ébauche d'un programme de rétablissement fédéral, qui comprend une désignation partielle de l'habitat essentiel (Environment Canada, en préparation), mais, en date de juillet 2015, l'habitat essentiel n'avait pas encore été officiellement désigné. En Colombie-Britannique, les invertébrés que le COSEPAC a classés comme espèces menacées, en voie de disparition ou disparues du Canada peuvent être protégés en vertu de la Wildlife Act et de la Wildlife Amendment Act de 2004 de la Colombie-Britannique dès que le règlement visant leur inscription entre en vigueur (aucune date limite n'a été fixée pour la présente espèce). La Park Act de la Colombie-Britannique protège les invertébrés en péril dans les parcs et les aires protégées de compétence provinciale (où leur présence est confirmée), et des mesures de gestion spéciales sont intégrées au plan directeur des parcs. La limace-prophyse bleu-gris n'est pas inscrite sur la liste des espèces en péril de l'Identified Wildlife Strategy associée à la Forest and Range Practices Act provinciale.
À l'échelle mondiale, la limace-prophyse bleu-gris est classée « vulnérable-apparemment non en péril » (G3G4; cote de conservation mondiale arrondie en 2010 : « vulnérable », G3) (NatureServe, 2014). L'espèce est inscrite sur la liste rouge des espèces en péril de la Colombie-Britannique (B.C. Conservation Data Centre, 2015a). La liste rouge comprend des espèces disparues de la province, en voie de disparition ou menacées, et la présente espèce est considérée « gravement en péril » (S1, 2008). Aux États-Unis, les cotes infranationales sont comme suit : Californie (S1S2), Idaho (SNR), Oregon (S3) et État de Washington (S1) (NatureServe, 2014).
Quatre des 15 sous-populations se trouvent entièrement ou en partie sur des propriétés fédérales ( tableau 4 ). Deux sous-populations (Colwood et Rocky Point) sont entièrement sur des propriétés du MDN, et une (colline Cole) se situe partiellement dans le champ de tir Heals. Une sous-population (colline Observatory) est située quant à elle sur des terres gérées par le Conseil national des recherches du Canada et l'Institut Herzberg d'astrophysique. Toutes ces terres sont protégées, du moins à court terme, contre la conversion des terres.
Six sous-populations (parc Devonian, lac Matheson, lac Prior, lac Thetis, rivière Sooke, collines Sooke) se trouvent en totalité dans les parcs et les sentiers du DRC (dans le système de parcs et sentiers de CRD Parks and Trails), et une sous-population (colline Cole) se situe en partie dans le parc régional du mont Work. Une sous-population (Trevlac) se trouve partiellement dans un parc municipal du district Saanich. Les sites dans les parcs sont protégés contre le développement. Une autre sous-population (mont Tzouhalem), qui se trouve sur une propriété de Conservation de la nature Canada, est également protégée contre le développement. Trois sous-populations (lac Prospect, Metchosin et Shawnigan) et un site de la sous-population de Trevlac se trouvent quant à eux sur des terres privées. Des sites additionnels peuvent exister sur des terres privées autour de ces propriétés. D'autres activités de développement résidentiel et de développement d'infrastructures sont également possibles à proximité des parcs et des zones protégées où on a observé la limace-prophyse bleu-gris (voir Menaces).
Les rédacteurs du présent rapport ont communiqué avec les personnes suivantes lors de la préparation du rapport. Ils remercient tous ceux qui ont fourni de l'information.
Secrétariat du COSEPAC :
Neil Jones
Jenny Wu
Service canadien de la faune :
Syd Cannings
David Cunnington
Rhonda Millikin
Shelagh Bucknell
Parcs Canada :
Patrick Nantel
Musée canadien de la nature :
Jennifer Doubt
Jean-Marc Gagnon
Représentants du gouvernement de la Colombie-Britannique :
Dave Fraser
Jennifer Heron
Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique :
Lea Gelling
- Robert Forsyth, adjoint de recherche, Royal British Columbia Museum, Victoria (Colombie-Britannique)
- Heidi Gartner, gestionnaire de collection (mollusques), Royal British Columbia Museum, Victoria (Colombie-Britannique)
- Kai Rietzel, Cowichan Land Trust, Duncan (Colombie-Britannique)
Les personnes suivantes ont participé à une téléconférence à propos du calculateur de menaces pour l'espèce le 17 juin 2015 : Kristiina Ovaska (rédactrice du rapport), Lennart Sopuck (rédacteur du rapport), Dwayne Lepitzki (facilitateur et coprésident), Joe Carney (coprésident), Dave Fraser; Lea Gelling, Daelyn Woolnough, Raymond Lauzier, Robert Forsyth, Suzanne Dufour, Megan Harrison, Bev McBride (Secrétariat du COSEPAC).
Jenny Wu, du Secrétariat du COSEPAC, a calculé les valeurs de la zone d'occurrence et de l'IZO, et préparé les cartes associées. Environnement Canada a financé le présent rapport.
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Kristiina Ovaska (Ph. D., M. Sc.) a obtenu son doctorat en biologie à l'Université de Victoria, et a ensuite réalisé deux études postdoctorales sur le comportement des animaux et la biologie des populations à l'Université McGill et à l'Université de la Colombie-Britannique, respectivement. Elle est actuellement partenaire chez Biolinx Environmental Research Ltd., biologiste chez Habitat Acquisition Trust et adjointe de recherche au Royal British Columbia Museum. Son expérience avec les gastéropodes terrestres comprend des travaux de recherche sur les effets des pratiques de foresterie, des études sur les tendances des effectifs et de la répartition des espèces en péril, et la réalisation de nombreux relevés dans différentes régions de la Colombie-Britannique. Elle a préparé des rapports de situation, des documents sur le rétablissement et des lignes directrices en matière de pratiques de gestion exemplaires pour des gastéropodes terrestres. Certaines de ses photographies de gastéropodes figurent dans le manuel du Royal British Columbia Museum intitulé Land Snails of British Columbia, de R. Forsyth. Elle est l'auteure de plus de 40 publications dans des revues scientifiques à comité de lecture, dont plusieurs articles sur des gastéropodes terrestres.
Lennart Sopuck (M. Sc., biologiste agréé) a étudié de nombreuses espèces sauvages au cours des 40 dernières années. Il se spécialise dans l'étude des mesures d'évaluation et d'atténuation des effets de diverses activités humaines sur les espèces sauvages, y compris les espèces en péril. Avec Mme Ovaska, il est partenaire chez Biolinx Environmental Research Ltd. et a mené de nombreux relevés et projets de recherche sur les gastéropodes terrestres de la Colombie-Britannique. Il est coauteur de plusieurs rapports de situation et programmes de rétablissement, d'un plan d'action visant de multiples espèces et de documents de gestion visant des espèces de gastéropodes terrestres.
Aucune collection n'a été examinée. Les registres des collections du Musée royal de la Colombie-Britannique (par Heidi Gardner) et du Musée canadien de la nature (par Jean-Marc Gagnon) ont été consultés.
| Impact des menaces | Impact des menaces (descriptions) | Comptes des menaces de niveau 1 selon l'intensité de leur impact : Maximum de la plage d'intensité |
Comptes des menaces de niveau 1 selon l'intensité de leur impact : Minimum de la plage d'intensité |
|---|---|---|---|
| A | Très élevé | 0 | 0 |
| B | Élevé | 0 | 0 |
| C | Moyen | 3 | 0 |
| D | Faible | 3 | 6 |
| - | Impact global des menaces calculé : | Élevé | Moyen |
| Numéro de la menace | Menace | Impact (calculé) | Impact (description) | Portée (10 prochaines années) | Gravité (10 ans ou 3 gén.) | Immédiateté | Commentaires |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Développement résidentiel et commercial | D | Faible | Petite (1-10 %) | Extrême (71-100 %) | Élevée (toujours présente) | - |
| 1.1 | Zones résidentielles et urbaines | D | Faible | Petite (1-10 %) | Extrême (71-100 %) | Élevée (toujours présente) | Menace continue à l'habitat potentiel dans l'aire de répartition de l'espèce, dans le sud de l'île de Vancouver, et possiblement à proximité de certains sites connus (p.-ex.-sentier Galloping Goose près de la rivière Sooke, Colwood). La portée de la menace serait plus près de la limite supérieure de la plage d'une portée petite (10 %) que de-1 % si l'on tient compte de toute l'aire de répartition canadienne de l'espèce. |
| 1.2 | Zones commerciales et industrielles | D | Faible | Petite (1-10 %) | Extrême (71-100 %) | Élevée (toujours présente) | Menace continue à l'habitat potentiel dans l'aire de répartition de l'espèce, dans le sud de l'île de Vancouver, et possiblement à proximité de certains sites connus (Colwood, Rocky Point). Le développement industriel semble s'étendre à proximité du site de la rivière Sooke (d'après l'imagerie du Capital Regional District Atlas; type de développement inconnu). La portée de la menace est probablement plus près de la limite inférieure de la plage d'une portée petite (1 % plutôt que 10 %). |
| 1.3 | Zones touristiques et récréatives | - | Négligeable | Négligeable (<-1 %) | Modérée-légère (1-30 %) | Modérée (possible-ment à court terme, <-10-ans/3-gén.) | De nouvelles zones récréatives, dont des terrains de golf, sont possibles dans l'aire de répartition. |
| 2 | Agriculture et aquaculture | - | Négligeable | Négligeable (<-1 %) | Extrême (71-100 %) | Élevée (toujours présente) | - |
| 2.1 | Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois | - | Négligeable | Négligeable (<-1 %) | Extrême (71-100 %) | Élevée (toujours présente) | Le nombre de fermes d'agrément augmente dans le DRC. |
| 2.2 | Plantations pour la production de bois et de pâte | - | - | - | - | - | - |
| 2.3 | Élevage de bétail | - | Négligeable | Négligeable (<-1 %) | Élevée (31-70 %) | Élevée (toujours présente) | Le nombre de fermes d'agrément augmente dans le DRC. |
| 2.4 | Aquaculture en mer et en eau douce | - | - | - | - | - | - |
| 3 | Production d'énergie et exploitation minière | - | Négligeable | Négligeable (<-1 %) | Extrême (71-100 %) | Élevée (toujours présente) | - |
| 3.1 | Forage pétrolier et gazier | - | - | - | - | - | - |
| 3.2 | Exploitation de mines et de carrières | - | Négligeable | Négligeable (<-1 %) | Extrême (71-100 %) | Élevée (toujours présente) | Possibilité de menace lorsque des bancs d'emprunt sont créés pour la construction de nouvelles routes et le développement résidentiel dans le DRC. |
| 3.3 | Énergie renouvelable | - | - | - | - | - | - |
| 4 | Corridors de transport et de service | D | Faible | Petite (1-10 %) | Élevée (31-70 %) | Élevée (toujours présente) | - |
| 4.1 | Routes et voies ferrées | D | Faible | Petite (1-10 %) | Extrême (71-100 %) | Élevée (toujours présente) | Les nouvelles routes sont liées à l'étalement urbain. Les effets sont attribuables à la perte d'habitat, à l'effet de bordure et aux obstacles aux déplacements (qui mènent à la fragmentation de l'habitat et à l'isolement des sous-populations). La mortalité routière n'est pas problématique pour cette espèce. Des expériences effectuées avec deux espèces d'escargots ont montré que les routes asphaltées et non asphaltées ayant un volume de trafic élevé et faible, y compris les routes asphaltées et les voies non asphaltées de 3-m de largeur, agissent comme obstacles à la dispersion (Baur et Baur, 1990; Wirth et al., 1999). La cote diffère de celle de la limace-sauteuse dromadaire, qui a précédemment été évaluée, pour lesquelles les menaces étaient davantage liées aux routes existantes. De plus, la limace-sauteuse dromadaire est plus grosse et a une plus grande mobilité. |
| 4.2 | Lignes de services publics | - | Négligeable | Négligeable (<-1 %) | Modérée (11-30 %) | Élevée (toujours présente) | Même chose que la menace précédente. |
| 4.3 | Voies de transport par eau | - | - | - | - | - | - |
| 4.4 | Corridors aériens | - | - | - | - | - | - |
| 5 | Utilisation des ressources biologiques | - | Négligeable | Négligeable (<-1 %) | Modérée (11-30 %) | Élevée (toujours présente) | - |
| 5.1 | Chasse et capture d'animaux terrestres | - | - | - | - | - | - |
| 5.2 | Cueillette de plantes terrestres | - | Inconnu | Petite (1-10 %) | Inconnue | Élevée (toujours présente) | Les limaces se nourrissent en grande partie de champignons, et pourraient être touchées par la cueillette récréative et commerciale de champignons (réduction de la nourriture et élimination accidentelle de limaces lors de la cueillette). La cueillette commerciale est de grande envergure dans certaines régions de l'île de Vancouver. En Colombie-Britannique, la cueillette n'est pas réglementée et est autorisée sur les terres publiques provinciales, mais non dans les parcs provinciaux, où un permis est requis. L'étendue de cette activité et ses conséquences sur les populations de limaces sont inconnues. |
| 5.3 | Exploitation forestière et récolte du bois | - | Négligeable | Négligeable (<-1 %) | Modérée-légère (1-30 %) | Élevée (toujours présente) | Certaines exploitations forestières ont lieu près de la périphérie de l'aire de répartition de l'espèce; la coupe de bois de chauffage et l'enlèvement d'arbres à petite échelle pourraient survenir dans l'aire de répartition. L'enlèvement d'arbres pourrait également être bénéfique. La plus grande partie de l'enlèvement d'arbres a lieu sur des terres privées, pour des activités telles que l'agriculture, qui est abordée à un autre point. |
| 5.4 | Pêche et récolte de ressources aquatiques | - | - | - | - | - | - |
| 6 | Intrusions et perturbations humaines | D | Faible | Grande (31-70 %) | Légère (1-10 %) | Élevée (toujours présente) | - |
| 6.1 | Activités récréatives | D | Faible | Grande (31-70 %) | Légère (1-10 %) | Élevée (toujours présente) | La randonnée pédestre, le vélo de montagne et les VTT peuvent causer le compactage du sol, la détérioration de l'habitat et possiblement le piétinement d'individus. On sait que des limaces traversent les sentiers, et on a observé la détérioration de l'habitat dans des sites occupés. |
| 6.2 | Guerre, troubles civils et exercices militaires | D | Faible | Petite (1-10 %) | Légère (1-10 %) | Élevée (toujours présente) | L'espèce est présente dans trois champs de tir militaires (Rocky Point, champ de tir Heals, Colwood); des activités d'entraînement militaire hors sentier par de gros groupes peuvent également entraîner le compactage du sol et la détérioration de l'habitat. |
| 6.3 | Travail et autres activités | - | Négligeable | Grande (31-70 %) | Négligeable (<-1 %) | Élevée (toujours présente) | Des chercheurs tentant d'observer des limaces, des plantes rares et d'autres organismes pourraient avoir un effet semblable à celui des cueilleurs commerciaux de champignons, des personnes qui récoltent d'autres plantes (voir Cueillette de plantes terrestres ci-dessus) et des arpenteurs-géomètres. |
| 7 | Modifications des systèmes naturels | CD | Moyen-faible | Généralisée (71-100 %) | Modérée-légère (1-30 %) | Élevée (toujours présente) | - |
| 7.1 | Incendies et suppression des incendies | - | Négligeable | Généralisée (71-100 %) | Négligeable (<-1 %) | Élevée (toujours présente) | Les feux peuvent être néfastes à court terme (entraînant la mortalité et la perte d'habitat), mais, à long terme, ils permettent de conserver le caractère ouvert de l'habitat, notamment dans les écosystèmes de chênes de Garry, ainsi que les clairières privilégiées par les limaces. Les activités de prévention des incendies peuvent diminuer le nombre de gros débris ligneux et d'abris pour la limace, en plus d'empêcher les feux plus petits et moins intensifs qui auraient des effets bénéfiques pour l'habitat des limaces. Les limaces préfèrent les peuplements avec feuillus, mais les conifères s'imposent lors de la suppression du feu. L'effet global de cette menace sera négatif au cours des 10 prochaines années. La principale préoccupation relative aux effets négatifs est à plus long terme (> 10-ans). Les spécialistes du rétablissement devraient être attentifs aux valeurs de référence changeantes et ne pas négliger les changements graduels. |
| 7.2 | Gestion et utilisation de l'eau et exploitation de barrages | - | Négligeable | Négligeable (<-1 %) | Extrême-élevée (31-100 %) | Faible (possible-ment à long terme, >-10-ans/3-gén.) | La menace est liée à la fluctuation des niveaux d'eau des réservoirs existants à proximité des sites connus et possibles. Le réservoir Humpback a été mis hors service et ne pose donc plus de problème. L'élévation du niveau d'eau du réservoir existant pourrait constituer un problème, mais nous ne sommes pas au courant de tels plans. |
| 7.3 | Autres modifications de l'écosystème | CD | Moyen-faible | Généralisée (71-100 %) | Modérée-légère (1-30 %) | Élevée (toujours présente) | Les plantes envahissantes introduites, comme le genêt à balais, le daphné lauréole et le lierre commun, s'étendent dans le DRC. Les plantes introduites ont des effets sur le microclimat et/ou sur la température et le taux d'humidité du sous-étage, et possiblement sur la quantité de nourriture pour la limace, ce qui détériore la qualité de l'habitat. Les changements de l'habitat attribuables au broutage excessif par les chevreuils pourraient également avoir des conséquences dans certaines zones. |
| 8 | Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques | CD | Moyen-faible | Généralisée (71-100 %) | Modérée-légère (1-30 %) | Élevée (toujours présente) | - |
| 8.1 | Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes | CD | Moyen-faible | Généralisée (71-100 %) | Modérée-légère (1-30 %) | Élevée (toujours présente) | L'effet direct de cette menace provient des gastéropodes et des coléoptères introduits, par l'intermédiaire de la compétition ou de la prédation. Ces organismes sont étendus dans l'habitat de la limace-prophyse bleu-gris dans le DRC. On est incertain de la gravité de l'impact, comme en témoigne la cote. Dans la région de Kootenay, il y a des signes de la présence de carabidés introduits se nourrissant d'autres espèces de limaces-prophyses. Le lézard des murailles, qui se propage rapidement, pourrait également être une menace; on ne sait pas s'il mange des limaces, mais son alimentation est variée. |
| 8.2 | Espèces indigènes problématiques | - | - | - | - | - | Voir le passage concernant les chevreuils à la menace-7.3. |
| 8.3 | Matériel génétique introduit | - | - | - | - | - | - |
| 9 | Pollution | - | Négligeable | Négligeable (<-1 %) | Inconnue | Élevée (toujours présente) | - |
| 9.1 | Eaux usées domestiques et urbaines | - | - | - | - | - | - |
| 9.2 | Effluents industriels et militaires | - | - | - | - | - | - |
| 9.3 | Effluents agricoles et sylvicoles | - | Négligeable | Négligeable (<-1 %) | Inconnue | Élevée (toujours présente) | Le ruissellement agricole à partir des zones environnantes est possible (p.-ex. au parc régional Devonian). |
| 9.4 | Déchets solides et ordures | - | - | - | - | - | Les déchets ne sont pas considérés comme une menace parce que les limaces les utilisent comme abris; il y a peu de déchets dans les zones où se trouvent les limaces. |
| 9.5 | Polluants atmosphériques | - | - | - | - | - | - |
| 9.6 | Apports excessifs d'énergie | - | - | - | - | - | - |
| 10 | Phénomènes géologiques | - | - | - | - | - | - |
| 10.1 | Volcans | - | - | - | - | - | - |
| 10.2 | Tremblements de terre et tsunamis | - | - | - | - | - | - |
| 10.3 | Avalanches et glissements de terrain | - | - | - | - | - | Les glissements de terrain ne posent pas de problème. |
| 11 | Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents | CD | Moyen-faible | Généralisée (71-100 %) | Modérée-légère (1-30 %) | Élevée (toujours présente) | - |
| 11.1 | Déplacement et altération de l'habitat | - | Inconnu | Inconnue | Inconnue | Inconnue | - |
| 11.2 | Sécheresses | CD | Moyen-faible | Généralisée (71-100 %) | Modérée-légère (1-30 %) | Élevée (toujours présente) | Les effets découlent de la réduction de la saison d'activité et de la disponibilité de nourriture ainsi que de la diminution des abris humides sur le tapis forestier. Des effets cumulatifs d'une série de sécheresses prolongées sont probables; la gravité augmentera à long terme si les tendances actuelles se poursuivent. Des incertitudes entourent la tolérance à la sécheresse de l'espèce, mais on sait que des abris humides sont nécessaires. |
| 11.3 | Températures extrêmes | - | - | - | - | - | - |
| 11.4 | Tempêtes et inondations | - | Négligeable | Négligeable (<-1 %) | Modérée (11-30 %) | Élevée (toujours présente) | Les limaces se trouvant le long des ruisseaux et des pentes instables seraient touchées, mais l'espèce n'est pas liée aux zones riveraines. |
| Variable climatique | Saison | Changements projetés d'après la référence de 1961 à 1990 | Changements projetés d'après la référence de 1961 à 1990 |
|---|---|---|---|
| Variable climatique | Saison | Médiane | Plage (du 10e au 90e rang centile) |
| Température moyenne (°C) | Annuel | +0,9 °C | +0,4 °C à +1,3 °C |
| Précipitations (%) | Annuel Été Hiver | +3 % -8 +2 % | -1 % à +6 % -16 % à +5 % -2 % à +8 % |
| Chute de neige Note du tableauh (%) | Hiver Printemps | -16 % -31 % | -38 % à -3 % -61 % à -4 % |
| Degrés-jours de croissance Note du tableauh (degrés-jours) | Annuel | +183 degrés-jours | +79 à +269 degrés-jours |
| Degrés-jours de chauffage Note du tableauh (degrés-jours) | Annuel | -312 degrés-jours | -459 à -144 degrés-jours |
| Nombre de jours sans gel Note du tableauh (jours) | Annuel | +13 jours | +5 à +20 jours |