Cicindèle à grandes taches de Gibson (Cicindela formosa gibsoni) programme de rétablissement 2025

Titre officiel : Programme de rétablissement de la cicindèle à grandes taches de Gibson (Cicindela formosa gibsoni) au Canada

Loi sur les espèces en péril
Série de Programmes de rétablissement

2025

Cicindèle à grandes taches de Gibson
Cicindèle à grandes taches de Gibson
Information sur le document

Référence recommandée :

Environnement et Changement climatique Canada. 2025. Programme de rétablissement de la cicindèle à grandes taches de Gibson (Cicindela formosa gibsoni) au Canada, Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa, viii + 69 p.

Version officielle

La version officielle des documents de rétablissement est celle qui est publiée en format PDF. Tous les hyperliens étaient valides à la date de publication.

Version non officielle

La version non officielle des documents de rétablissement est publiée en format HTML, et les hyperliens étaient valides à la date de la publication.

Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, y compris les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes portant sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en périlNote de bas de page1.

Illustration de la couverture : Cicindèle à grandes taches de Gibson sur un chemin sableux près de Dundurn, en Saskatchewan. © Kiara Calladine

Also available in English under the title “Recovery Strategy for the Gibson’s Big Sand Tiger Beetle (Cicindela formosa gibsoni) in Canada”

© Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représentée par le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, 2025. Tous droits réservés.

ISBN
N° de catalogue

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.

Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996)Note de bas de page2, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au CanadaFootnote 3 . En vertu de la Loi sur les espèces en périlFootnote 4 (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard de la cicindèle à grandes taches de Gibson et a élaboré ce programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec la Province de la Saskatchewan, en vertu du paragraphe 39(1) de la LEP.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada, ou sur toute autre autorité responsable. Tous les membres du public sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la cicindèle à grandes taches de Gibson et de l’ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d’autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant le rétablissement et/ou la survie de l’espèce. Il fournit à toutes les personnes vivant au Canada de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce, notamment la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Lorsqu’elles sont accessibles, les données spatiales sur l’habitat essentiel se trouvent dans l’Ensemble de données national sur l’habitat essentiel des espèces en périlFootnote 5 .

Dans le cas de l’habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l’habitat essentiel désigné dans une zone de protection fédérale décrite au paragraphe 58(2) de la LEP soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après l’ajout dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d’action qui a désigné l’habitat essentiel. L’interdiction de détruire l’habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) s’appliquera 90 jours après la publication de la description de l’habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Pour l’habitat essentiel sur le territoire domanial qui ne constitue pas une zone de protection fédérale décrite au paragraphe 58(2) de la LEP, le ministre compétent doit prendre un arrêté appliquant l’interdiction de destruction de l’habitat essentiel prévue au paragraphe 58(1), si celui‑ci n’est pas déjà protégé légalement par une disposition de la LEP ou de toute autre loi fédérale, ou une mesure prise sous leur régime. Si le ministre compétent ne prend pas l’arrêté, il doit mettre dans le Registre public des espèces en péril une déclaration énonçant comment l’habitat essentiel ou les parties de celui‑ci sont protégés légalement sur ce territoire domanial.

Si des parties d’habitat essentiel d’un oiseau migrateur se trouvent :

  1. dans de l’habitat visé par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs; et
  2. hors du territoire domanial, mais dans la zone économique exclusive ou sur le plateau continental du Canada; et
  3. hors d’un refuge d’oiseaux migrateurs;

La LEP exige que le ministre recommande au gouverneur en conseil de prendre un décret pour interdire la destruction de l’habitat essentiel, si le ministre compétent estime qu’aucune disposition de la LEP ou de toute autre loi fédérale, ni aucune mesure prise sous leur régime, ne les protègent légalement. Si le ministre compétent ne fait pas cette recommandation, une déclaration doit être incluse dans le Registre public des espèces en péril pour énoncer comment les parties d’habitat essentiel de l’oiseau migrateur sont légalement protégées.

En ce qui concerne tout élément ou toute partie de l’habitat essentiel se trouvant hors du territoire domanial (y compris les parties d’habitat essentiel d’un oiseau migrateur qui ne constituent pas de l’habitat visé par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs), si le ministre compétent estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d’autres lois fédérales, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l’interdiction de détruire l’habitat essentiel prévue au paragraphe 61(1). La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Pour l’habitat essentiel se trouvant sur d’autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection légale existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel soient appliquées.

En ce qui concerne tout élément de l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si le ministre compétent estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d’autres lois fédérales, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l’interdiction de détruire l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Remerciements

Le présent programme de rétablissement a été préparé par Sarah Lee (ECCC, SCF) et Aaron Bell (Troutreach SK, Saskatchewan Wildlife Federation), avec la contribution de Lea Craig-Moore et Candace Neufeld (ECCC, SCF). Kiara Calladine (Troutreach SK, Saskatchewan Wildlife Federation), Candace Neufeld, Yeen Ten Hwang et Medea Curteanu (ECCC, CWS) ont réalisé de précieuses révisions du document. Les Conservation Data Centres de la Saskatchewan et de l’Alberta ont fourni des renseignements à jour sur les occurrences d’élément. De précieux avis ont été fournis par des représentants du ministère des Parcs, de la Culture et du Sport de la Saskatchewan et la Meewasin Valley Authority Conservation Agency. Des remerciements sont aussi adressés à toutes les autres parties qui ont fourni des conseils et des commentaires ayant permis d’éclairer l’élaboration du présent programme de rétablissement, notamment diverses organisations et personnes autochtones, des propriétaires fonciers, des citoyens et des intervenants qui ont apporté une contribution ou participé aux consultations. La collaboration de tous les propriétaires fonciers, locataires et gestionnaires des terres qui ont donné accès à leurs terres pour les relevés et continuent de fournir de l’habitat aux espèces en péril est grandement appréciée.

Sommaire

La cicindèle à grandes taches de Gibson (Cicindela formosa gibsoni Brown) est un gros coléoptère de couleur vive dont la répartition se limite aux champs de dunes actifs du sud de la Saskatchewan et du sud-est de l’Alberta, au Canada; elle pourrait toutefois aussi être présente plus au sud, dans le centre des États-Unis. Au Canada, en 2021, il y avait onze populations existantes dans sept localités et Saskatchewan et une population existante dans une localité en Alberta, en plus de quatre localités historiques non confirmées en Saskatchewan. La sous-espèce gibsoni est considérée comme gravement en péril à l’échelle mondiale, et la cicindèle à grandes taches de Gibson a été inscrite à titre d’espèce menacée à la Loi sur les espèces en péril en 2018.

La cicindèle à grandes taches de Gibson est associée à des milieux sableux à végétation éparse, comme les dunes paraboliques, les creux de déflation, les crêtes de sable, les monticules de sable et les sentiers sableux intermédiaires. Son habitat convenable principal se trouve dans les zones à végétation clairsemée (couverture d’environ 35 à 50 %) très dynamiques à la lisière des milieux en début ou en milieu de succession et le long des bordures partiellement stabilisées des dunes paraboliques, des creux de déflation, des crêtes de sable ou des monticules de sable. À l’extérieur de ces milieux à couvert végétal intermédiaire, l’abondance de l’espèce décline considérablement, tant dans les zones sableuses ouvertes et actives dépourvues de végétation que dans les zones complètement recouvertes de végétation. On en sait peu sur les besoins en matière d’habitat propres aux larves.

La principale menace pesant sur la cicindèle à grandes taches de Gibson est la réduction de la quantité et de la qualité de l’habitat causée par la stabilisation progressive des dunes actives dans l’ensemble de l’aire de répartition; les changements d’utilisation des terres résultant de la modification du régime des perturbations naturelles (suppression des incendies, modification des pratiques de pâturage) et du climat ont contribué à la stabilisation des dunes et à la perte d’habitat convenable. Si la qualité de l’habitat et sa quantité continuent de diminuer, les populations connues pourraient elles aussi connaître un déclin compte tenu de la répartition de l’espèce, qui est limitée par la répartition spatiale des milieux sableux à végétation clairsemée. Les autres menaces comprennent les espèces non indigènes envahissantes, les changements climatiques et les phénomènes météorologiques violents, le forage pétrolier et gazier, la gestion et l’utilisation de l’eau et l’exploitation de barrages, l’exploitation de mines et de carrières et les effluents agricoles et sylvicoles.

Le rétablissement de la cicindèle à grandes taches de Gibson est considéré comme réalisable du point de vue technique et biologique. L’objectif en matière de population et de répartition est d’améliorer la stabilité des populations existantes de cicindèle à grandes taches de Gibson au Canada, en assurant l’expansion naturelle de la répartition de l’espèce. La planification du rétablissement reposera sur l’application de quatre stratégies générales : inventaire et suivi, gestion et intendance de l’habitat, éducation et sensibilisation et recherche.

Dans le présent programme de rétablissement, l’habitat essentiel est entièrement désigné pour toutes les populations existantes au Canada et est considéré comme suffisant pour que les objectifs en matière de population et de répartition puissent être atteints. La zone qui renferme l’habitat essentiel est délimitée par une zone de fonctions essentielles de 500 m partant de la limite extérieure de l’habitat convenable occupé principal ou des occurrences et par une zone de dispersion de 2 km partant de la limite extérieure de la zone de fonctions essentielles. L’habitat essentiel comprend l’ensemble des reliefs naturels, du sol et de la végétation (sauf certaines exclusions) à l’intérieur de la zone de fonctions essentielles ainsi que tout l’habitat convenable, qui présente les caractéristiques biophysiques définies, à l’intérieur de la zone de dispersion.

Un plan d’action sera publié dans le Registre public des espèces en péril dans les cinq ans suivant la publication finale du présent programme de rétablissement.

Résumé du caractère réalisable du rétablissement

D’après les quatre critères suivants qu’Environnement et Changement climatique Canada utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, le rétablissement de la cicindèle à grandes taches de Gibson est déterminé comme étant réalisable du point de vue technique et biologique.

1. Des individus de l’espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.

Oui. En 2021, il y avait douze populations existantes de cicindèle à grandes taches de Gibson réparties entre sept localités (champs de dunes actifs) au Canada. Une estimation de la population est disponible seulement pour la population des dunes Elbow, où le nombre d’adultes a été estimé à jusqu’à 1 474 individus en 2017. Bien que la taille et l’état de certains champs de dunes ont considérablement changé au cours des dernières décennies, la cicindèle à grandes taches de Gibson est détectée depuis plus de 60 ans dans plusieurs de ces endroits. Une fois que les menaces auront été atténuées ou éliminées, il est probable que les individus continueront de se reproduire et de persister dans ces localités. En outre, il est possible que l’espèce soit présente dans d’autres champs de dunes actifs qui n’ont pas encore fait l’objet de relevés.

2. De l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l’espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat.

Oui. De l’habitat convenable suffisant est actuellement disponible, mais l’habitat restant est fragmenté et diminue progressivement à cause de la stabilisation des dunes actives dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce. Les adultes de la cicindèle à grandes taches de Gibson ont besoin de milieux à sol sableux présentant une couverture végétale d’environ 35 à 50 %. On en sait peu sur les besoins en matière d’habitat propres au stade larvaire. Dans deux des sept localités (dunes Pike Lake et portions des dunes Dundurn), l’habitat est considéré comme non optimal, car les dunes y sont presque complètement stabilisées. Des techniques de gestion permettant de déstabiliser les dunes (pâturage, brûlages dirigés, herbicides, désherbage manuel, etc.) sont actuellement disponibles et ont été utilisées pour améliorer l’habitat d’autres cicindèles menacées aux États-Unis. Quatre des douze populations (dunes Dundurn, dunes Elbow, dunes Pike Lake) se trouvent dans des parcs provinciaux ou d’autres terres conservées (Conservation de la nature Canada, Meewasin Valley Authority Conservation Agency) où il y a une capacité de mettre en œuvre les techniques de gestion de l’habitat.

3. Les principales menaces pesant sur l’espèce ou son habitat (y compris les menaces à l’extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.

Oui. Les principales menaces qui pèsent sur la cicindèle à grandes taches de Gibson sont celles qui contribuent à la diminution de la qualité de l’habitat et de sa quantité en favorisant la stabilisation des dunes. Le rythme de la stabilisation des dunes varie dans l’aire de répartition de l’espèce en fonction de l’ampleur des menaces qui contribuent à la stabilisation des dunes dans chaque localité. Les principales menaces qui favorisent la stabilisation des dunes sont la modification ou la suppression des régimes naturels de pâturages et d’incendies, les espèces végétales exotiques envahissantes et les périodes climatiques humides prolongées. Ces menaces peuvent être réduites ou atténuées principalement par la mise en œuvre d’autres formes de perturbations contrôlées, de mesures de gestion propres au site et de pratiques de gestion exemplaires dans les localités qui se trouvent dans des parcs provinciaux ou d’autres terres conservées, là où la capacité le permet. Dans le cas des populations qui se trouvent sur des terres privées ou louées, l’intendance et l’éducation peuvent être utilisées pour promouvoir des pratiques de gestion exemplaires.

4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.

Oui. La principale technique de rétablissement sera la gestion visant à améliorer l’état de l’habitat dans les localités occupées connues. La stabilisation des dunes peut être atténuée par des mesures d’intendance reposant sur l’élaboration de pratiques de gestion exemplaires, qui produiront un niveau de perturbation approprié pour le site en vue du maintien de zones de sable ouvertes, tout en prévenant l’introduction de plantes envahissantes. Des pratiques de gestion exemplaires à l’échelle d’un site ne sont pas actuellement disponibles, mais certaines devraient être mises au point dans un délai raisonnable. La perte ou la dégradation additionnelle d’habitat dans les populations existantes peut être atténuée au moyen de servitudes ou d’ententes ainsi que par des mécanismes de planification municipaux ou provinciaux ou des accords d’intendance conclus avec des propriétaires fonciers en vue de la mise en œuvre de pratiques de gestion exemplaires propres au site.

1. Évaluation de l’espèce par le COSEPAC*

Date de l’évaluation : novembre 2012

Nom commun : cicindèle à grandes taches de Gibson

Nom scientifique : Cicindela formosa gibsoni

Statut selon le COSEPAC : menacée

Justification de la désignation : Cette sous-espèce très restreinte, dont la plupart des populations sont au Canada, nécessite des zones de dunes dégagées. Cet habitat est en déclin dans les Prairies par suite de la tendance à la stabilisation des dunes. La perte de processus écologiques historiques comme l’érosion provoquée par les bisons, les feux, et les activités de la population autochtone, ainsi que les accélérateurs possibles tels que l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère, le dépôt d’azote, et les espèces végétales exotiques envahissantes, peuvent aussi être des facteurs importants dans la réduction des zones de sable dégagées. Il y aurait moins de 73 sites et une possibilité de disparition de 10 % d’ici les 100 prochaines années selon les taux de déclin des dunes dégagées.

Présence au Canada : Alberta, Saskatchewan

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « menacée » en novembre 2012

* COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada)

2. Information sur la situation de l’espèce

La cicindèle à grandes taches de Gibson (Cicindela formosa gibsoni Brown) est inscrite à titre d’espèce menacée à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. Elle est considérée comme gravement en péril à l’échelle de son aire de répartition (NatureServe, 2021a) (tableau 1). La cicindèle à grandes taches de Gibson n’est actuellement protégée par aucune loi provinciale, mais quatre des douze populations se trouvent dans des parcs provinciaux ou d’autres terres conservées (parc provincial Pike Lake, parc provincial Douglas, aire de conservation Cranberry Flats, propriété de Conservation de la nature Canada). Selon les estimations, au moins 94 % de la population mondiale de cicindèle à grandes taches de Gibson se trouvent au Canada (COSEWIC, 2012), mais de récentes analyses génétiques donnent à penser que la sous-espèce pourrait être endémique au Canada (French et al., 2021; A. Bell, comm. pers., 2021).

Tableau 1. Statuts de conservation attribués par NatureServe1 à la cicindèle à grandes taches de Gibson (NatureServe, 2020)
Cote mondiale (G)a Cote nationale (N)a Cote infranationale (S)a
Cicindela formosa gibsoni G5T3 Canada (N3) Saskatchewan (S3), Alberta (S1)
Cicindela formosa gibsoni G5T3 États-Unis (N1) Coloradob (S1), Dakota du Nordc (SNR), Montanad (SNR), Utahe (SNR), Wyomingf

a La cote de conservation attribuée à une espèce par NatureServe est désignée par un chiffre qui varie de 1 à 5 (1 = gravement en péril; 2 = en péril; 3 = vulnérable; 4 = apparemment non en péril; 5 = non en péril) ou une lettre (T = taxon intraspécifique, X= disparue du pays, NR = non classée), précédée d’une lettre indiquant l’échelle géographique de l’évaluation (G = échelle mondiale; N = échelle nationale; S = échelle infranationale).

b Les populations du nord-ouest du Colorado sont maintenant considérées comme correspondant au C. f. gaumeri d’après des analyses génétiques (French et al., 2021).

c Bien que Freitag (1999) et NatureServe (2021a) indiquent la présence de l’espèce dans le Dakota du Nord, le COSEPAC (COSEWIC, 2012) considère cette mention comme erronée (Beauzay, comm. pers., 2010), et elle n’est pas signalée dans cet État par Gaumer (1977) ou Bousquet et Larochelle (1993).

d Le degré de similarité génétique entre les populations de C. f. gibsoni du Montana et du Canada est encore incertain (French et al., 2021); la sous-espèce n’est donc pas confirmée (d’après des analyses génétiques) à l’heure actuelle.

e Les populations de l’Utah n’ont pas été incluses dans les analyses génétiques de French et al. (2021); la sous-espèce n’est donc pas confirmée (d’après des analyses génétiques) à l’heure actuelle.

f L’espèce a récemment été signalée au Wyoming (M. Brust, comm. pers., dans Bell et al., 2019), mais elle n’y est pas encore classée par NatureServe (2021a), et elle est actuellement considérée comme génétiquement distincte des populations canadiennes de C.f. gibsoni (French et al., 2021).

3. Information sur l’espèce

3.1 Description de l’espèce

Figure 1.  Veuillez lire la description longue.

Figure 1. Adultes de la cicindèle à grandes taches de Gibson affichant les variations de la maculature blanche des élytres. © Robert Foster (photo de gauche); Candace Neufeld (photo de droite)

Description longue

Figure 1. Deux adultes de la cicindèle à grandes taches de Gibson affichant les variations de la maculature blanche des élytres.

La cicindèle à grandes taches de Gibson (Cicindela formosa gibsoni) fait partie de l’ordre des Coléoptères, de la famille des Carabidés (carabes) et de la sous-famille des Cicindelinés (cicindèles). Elle est l’une des cinq sous-espèces du Cicindela formosa (figure 1 dans COSEWIC, 2012).

La cicindèle à grandes taches de Gibson est l’une des plus grandes cicindèles en Amérique du Nord, mesurant 14 à 21 mm de longueur (Pearson et al., 2015), et se distingue des autres sous‑espèces du C. formosa par une grande maculature (taches) blanche recouvrant 60 à 95 % des élytres (ailes antérieures durcies) (figure 1) (COSEWIC, 2012). Cette variation morphologique s’exprime sous forme d’un gradient de la maculature et mène à une certaine séparation avec la forme nommée « C. f. fletcheri », mais il n’y a aucune distinction génétique entre ce qui a l’apparence du C. f. fletcheri et du C. f. gibsoni (French et al., 2021). Les motifs de couleur des adultes sont variables, mais ceux-ci présentent une zone violet rougeâtre foncé en forme de V au centre des élytres, qui peut se prolonger en une bande étroite jusqu’à l’extrémité des élytres. Le dessous du corps est vert-bleu métallique ou violet bleuté, et la tête est au moins aussi large que le pronotum (thorax). À l’instar d’autres espèces du genre Cincindela, la cicindèle à grandes taches de Gibson possède de gros yeux globuleux, un corps relativement élancé, de grosses mandibules falciformes et de longues pattes minces (Pearson et al., 2015). Comme c’est le cas chez de nombreux autres coléoptères, les mâles se distinguent des femelles par leurs protarsomères (pattes antérieures) élargis munis sur le dessous de sétules (structures ressemblant à des poils ou des soies) adhésifs.

Le cycle vital de la cicindèle à grandes taches de Gibson a une durée de trois ans du stade d’œuf au stade adulte (Shelford, 1908; Gaumer, 1977). Les femelles adultes pondent leurs œufs dans des trous individuels, à 3 à 5 mm de profondeur dans le sable, au début du printemps (Shelford, 1908). Les larves du premier stade issues de ces œufs construisent une chambre verticale, puis muent pour atteindre les deuxième et troisième stades larvaires à la fin de l’été de la première année. Les larves du troisième stade hivernent, émergent au printemps puis se changent en pupe au milieu de l’été de la deuxième année (Shelford, 1908). Certains adultes immatures émergent brièvement à la fin de l’été et passent l’hiver au stade adulte, mais la plupart hivernent dans leur cavité pupale, et émergent au printemps de la troisième année, ayant alors atteint le stade reproducteur (Shelford, 1908).

Les larves de la cicindèle à grandes taches de Gibson possèdent une capsule céphalique brun foncé munie de six yeux et de grosses mandibules (figure 2). Les larves capturent leurs proies en plaçant leur capsule céphalique vis-à-vis le substrat environnant, prêtes à fondre sur les proies qui s’aventurent près de l’entrée de leur chambre larvaire, à l’intérieur de laquelle elles les transportent ensuite. Contrairement aux autres espèces du genre Cicindela, qui construisent généralement une chambre verticale, la larve de la cicindèle à grandes taches de Gibson aménage une petite dépression semblable à une fosse à l’entrée de sa chambre. Cette caractéristique est unique chez les cicindèles en Amérique du Nord et favoriserait la capture des proies en plus d’empêcher que la chambre se remplisse de sable (Gaumer, 1977). Les caractéristiques distinctes de la chambre, particulièrement la petite dépression semblable à une fosse à son entrée, permettent de répertorier la présence de la cicindèle à grandes taches de Gibson même dans les zones où les conditions ne conviennent pas à l’activité des adultes ou des larves (A. Bell, obs. pers.).

Figure 2.  Veuillez lire la description longue.

Figure 2. Larve du troisième stade à l’entrée de sa chambre souterraine. La petite dépression semblable à une fosse visible devant l’entrée de la chambre est unique à l’espèce chez les cicindèles en Amérique du Nord. © Aaron Bell.

Description longue

Figure 2. Larve du troisième stade et entrée de sa chambre larvaire.

3.2 Population et répartition de l’espèce

La cicindèle à grandes taches de Gibson est indigène d’Amérique du Nord, où son aire de répartition connue s’étend depuis le sud de la Saskatchewan jusqu’au sud-est de l’Alberta au Canada, et peut-être jusque dans le centre des États-Unis vers le sud (figure 3). Dans cette aire de répartition, l’espèce est limitée à quelques localités isolées dans des champs de dunes actifs (COSEWIC, 2012; Bell et al., 2019).

Aux États-Unis, des populations ressemblant à la cicindèle à grandes taches de Gibson (d’après la morphologie seulement) ont été signalées dans le sud-ouest du Montana, dans le comté de Beaverhead, dans le sud du Wyoming, dans le comté de Carbon, et dans le nord-ouest du Colorado, dans le comté de Moffat, cette dernière se prolongeant jusqu’en Utah (COSEWIC, 2012; Bell et al., 2019; iNaturalist, 2019). La localité la plus au nord, située dans les dunes Centennial, au Montana, se trouve à environ 600 km au sud de la localité canadienne la plus proche (COSEWIC, 2012).

Selon une récente analyse génétique du C. formosa, les populations de C. f. gibsoni du Canada sont génétiquement distinctes des populations semblables sur le plan morphologique du Colorado et du Wyoming, mais le degré de similitude génétique est encore incertain en ce qui concerne les populations du Montana (French et al., 2021). Les résultats de cette analyse indiquent aussi que les populations du Colorado appartiennent à une nouvelle sous-espèce, C. f. gaumeri (French et al., 2021). Les populations de l’Utah n’ont pas été incluses dans l’analyse génétique réalisée par French et al. (2021), et la sous-espèce n’est donc pas confirmée (d’après des analyses génétiques) à l’heure actuelle. D’après les renseignements génétiques, il est plausible que la cicindèle à grandes taches de Gibson soit endémique au Canada; il faudra toutefois réaliser d’autres analyses pour le confirmer.

Figure 3.  Veuillez lire la description longue.

Figure 3. Aire de répartition actuelle de la cicindèle à grandes taches de Gibson en Amérique du Nord (adaptée de COSEWIC, 2012, mise à jour d’après French et al., 2021). Les points d’interrogation indiquent que l’appartenance de la population au C. f. gibsoni n’a pas été confirmée génétiquement.

Description longue

Figure 3. Aire de répartition de la cicindèle à grandes taches de Gibson en Amérique du Nord. L’espèce est présente en Saskatchewan et en Alberta, ainsi qu’au Montana et en Utah, mais l’identification de ces dernières populations n’a pas été confirmée génétiquement.

Aire de répartition canadienne

L’aire de répartition canadienne de la cicindèle à grandes taches de Gibson se limite aux champs de dunes actifs de l’écozone des Prairies, dans le sud de la Saskatchewan et le sud-est de l’Alberta (COSEWIC, 2012; ESWG, 2017). L’aire de répartition actuelle englobe sept localitésNote de bas de page 6  existantesNote de bas de page 7  (Dunes Big Stick, dunes Dundurn, dunes Elbow, Dunes Great, dunes Piapot, dunes Pike Lake, dunes Empress) (figure 4). En 2021, il y avait douze populationsNote de bas de page 8  existantes de cicindèle à grandes taches de Gibson réparties entre ces sept localités au Canada (tableau A1 de l’annexe A). De plus, il y a quatre localités historiques non confirméesNote de bas de page 9  au Canada (dunes Burstall, dunes Carmichael, Fox Valley, dunes Kinley) (figure 4; annexe A) (COSEWIC, 2012).

Dunes Empress : Deux des populations existantes se trouvent dans les dunes Empress, la première en Alberta et l’autre en Saskatchewan (tableau A1 dans l’annexe A). Plusieurs auteurs ont identifié les individus trouvés dans les dunes Empress comme appartenant à la sous-espèce C. f. fletcheri (Acorn, 2004; Acorn, 2011; Sheppard, données inédites) d’après la variation morphologique, mais de récentes analyses génétiques indiquent qu’ils ne sont pas génétiquement distincts du C. f. gibsoni (French et al., 2021), et sont donc regroupés avec la cicindèle à grandes taches de Gibson.

Dunes Great, Big Stick et Piapot : Dans le plus grand des champs de dunes, soit les dunes Great, deux populations ont été répertoriées très près des grandes dunes actives à l’est de Fox Valley et à l’est de Liebenthal, ainsi que dans les divers chemins et pistes d’animaux sauvages de la région. De plus, deux populations ont été signalées au sud des dunes Great, atteignant les dunes Big Stick et Piapot.

Dunes Elbow : Dans les dunes Elbow, une population a été répertoriée dans les dunes actives du parc provincial Douglas, mais il y a plusieurs mentions historiques plus loin vers le sud-est, près de la vallée de la Qu’Appelle (Wallis, 1961; Willis et Stamatov, 1971, dans COSEWIC, 2012).

Dunes Dundurn : Trois populations dans les dunes Dundurn sont principalement limitées aux sentiers pédestres, aux dunes stabilisées ou aux bordures de petits creux de déflation, aux zones dénudées pour servir de coupe-feu et à quelques endroits à la limite sud du champ de dunes; toutefois, une grande partie des dunes Dundurn n’ont pas fait l’objet de relevés. Une population se trouve en bordure de la rivière Saskatchewan Sud, où de l’habitat convenable s’est formé à la suite de plusieurs années consécutives de bas niveaux d’eau. Bien qu’il y ait plusieurs mentions historiques à proximité de Beaver Creek, des relevés effectués en 2018, 2019 et 2020 n’ont pas permis d’y confirmer la présence de la cicindèle à grandes taches de Gibson (Environment and Climate Change Canada, données inédites). 

Dunes Pike Lake : Les dunes Pike Lake sont pour la majeure partie stabilisées, mais il y a de multiples mentions de l’espèce dans les petites parcelles éparses de sable exposé subsistantes, qui forment une population.

Localités historiques non confirmées : Des individus ont été répertoriés dans quatre localités historiques non confirmées en Saskatchewan; ces mentions sont toutefois antérieures aux années 1990, et leur précision est considérée, au mieux, comme approximative (COSEWIC 2012). À l’exception des dunes Burstall, qui ont été revisitées en 2010, les trois autres localités historiques non confirmées n’ont pas fait l’objet de nouveaux relevés depuis le milieu des années 1980.

Il est possible que la pleine étendue de l’aire de répartition de l’espèce ne soit pas encore connue, puisque plusieurs champs de dunes actifs à l’intérieur de l’aire de répartition connue n’ont jamais fait l’objet de relevés, et il reste d’autres zones à visiter dans les champs de dunes où la cicindèle à grandes taches de Gibson a été signalée. Par exemple, des relevés menés dans les dunes Cramersburg, Antelope, Seward, Burstall et Birsay pourraient héberger des populations additionnelles, puisqu’elles renferment de l’habitat convenable semblable à celui qu’on trouve dans d’autres champs de dunes occupés.

Figure 4.  Veuillez lire la description longue.

Figure 4. Répartition actuelle de la cicindèle à grandes taches de Gibson au Canada.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Gibson’s Big Sand Tiger Beetle = Cicindèle à grandes taches de Gibson

Range = Aire de répartition

Legend = Légende

Extant locations of Gibson’s Big Sand Tiger Beetle = Localités existantes de la cicindèle à grandes taches de Gibson

Historic unconfirmed locations of Gibson’s Big Sand Tiger Beetle = Localités historiques non confirmées de la cicindèle à grandes taches de Gibson

Waterbodies = Plans d’eau

Rivers = Rivières

Active Dune Fields = Champs de dunes actifs

Canada Albers Equal Area Conic = Projection conique équivalente d’Albers pour le Canada

© 2021. Her Majesty the Queen in Right of Canada = © Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2021

Prince Albert National Park = Parc national de Prince Albert

South Saskatchewan River = Rivière Saskatchewan Sud

Description longue

Figure 4. Carte du sud de la Saskatchewan et de l’est de l’Alberta indiquant les localités existantes et historiques non confirmées de la cicindèle à grandes taches de Gibson dans les champs de dunes actifs.

Population canadienne

Le nombre estimatif de cicindèles à grandes taches de Gibson présentes au Canada est actuellement inconnu. On dispose d’estimations de la population pour une seule population des dunes Elbow, en Saskatchewan (tableau A1 dans l’annexe A). Dans le cadre d’une étude sur trois ans, une population moyenne de 1313 individus y a été estimée durant la période d’abondance maximale (fin mai à début juillet), et une faible variabilité interannuelle a été observée (écart-type : 118 individus) (Bell et al., 2019). La population estimée était la plus faible en 2016 (975 à 1237 individus) et la plus élevée en 2017 (1350 à 1598 individus), après des périodes de précipitations inférieures à la moyenne et supérieures à la moyenne, respectivement (Bell et al., 2019). Le rapport entre les sexes des individus capturés était environ égal (51,4 %) (Bell et al., 2019). Le nombre d’adultes variait considérablement d’une dépression interdunaire à l’autre (0 à 150 individus/dépression), et la densité la plus élevée a été observée dans la région nord-ouest du complexe dunaire, où le tiers de la population se concentrait dans une petite zone d’environ 6 hectares (Bell et al., 2019). Les méthodes utilisées par Bell et al. (2019) sont considérées comme les plus précises pour obtenir des estimations de la population de cicindèle à grandes taches de Gibson (White et al., 1982; Gowan et Knisley, 2014; Knisley et al., 2016; Knisley et Brzoska, 2018), et il serait bénéfique que cette méthode soit utilisée pour produire des estimations uniformes de la population dans les autres localités où on ne dispose actuellement pas de données.

3.3 Besoins de la cicindèle à grandes taches de Gibson

Besoins généraux en matière d’habitat

Les populations canadiennes de cicindèle à grandes taches de Gibson sont associées à des champs de dunes actifs composés de dépôts sableux fluvioglaciaires ou glaciodeltaïquesFootnote 10  qui ont été remodelés par le vent en diverses formes de dunes paraboliques, de creux de déflation et de crêtes de sable (tableau A2 dans l’annexe A), ou par l’eau en diverses formes de monticules de sable (Wolfe, 2010; COSEWIC, 2012). Les dunes paraboliques ont une forme de U ou de V, progressent du côté de la face de glissement sous le vent, et présentent généralement des zones partiellement stabilisées et végétalisées sur les ailes, dans les dépressions de déflation et sur le revers, plutôt que du sable dénudé à la tête, sur les crêtes et sur la face de glissement (Hugenholtz et al., 2010). Un creux de déflation fait référence à une petite zone en forme de cuvette qui est creusée dans le sable par le vent et s’allonge légèrement dans la direction des vents transporteurs (Wolfe, 2010). Des crêtes de sable se forment généralement sur les ailes d’une dune lorsque sa portion la plus élevée demeure dépourvue de végétation (Wolfe, 2010). Les monticules de sable sont des dépôts fluviaux qui se forment le long des cours d’eau, comme les rivières, dans des bancs de rive convexes (à l’intérieur de méandres), là où la vélocité de l’eau est suffisamment faible pour que les particules de sable puissent se déposer. Lorsque plusieurs années de bas niveaux d’eau se succèdent, ces monticules de sable peuvent se stabiliser et commencer à se végétaliser.

Les champs de dunes actifs qui hébergent la cicindèle à grandes taches de Gibson se trouvent dans une zone climatique très précise, caractérisée par des températures annuelles moyennes de 2 à 6 °C, des précipitations annuelles totales de 300 à 400 mm, un rapport P/EP (précipitations/évapotranspiration potentielle) annuel de 0,20 à 0,50 (climat semi-aride), un déficit de précipitations annuel de -450 à -300 mm et une vitesse des vents supérieure au seuil de vélocité pour les sables secs environ 25 à 45 % du temps (d’après les normales climatiques de 1961-1990) (Thorpe et al., 2001; Hugenholtz et Wolfe, 2005; Wolfe, 1997; Wolfe et Thorpe, 2005). Le climat est le principal facteur qui influe sur l’activité des dunes, combiné au régime de perturbations naturelles associé au pâturage et aux incendies ou à la fluctuation des niveaux d’eau  qui, à l’échelle locale, ont une incidence sur la succession végétale et la mobilité des dunes (Thorpe et al., 2001; Tsoar, 2004; Hugenholtz et Wolfe, 2005; Wolfe et Thorpe, 2005; Wolfe et al., 2007; Hugenholtz et al., 2010). Ainsi, les changements spatiaux et temporels touchant l’habitat convenable s’inscrivent dans une gamme naturelle de variation.

L’habitat convenable principal de la cicindèle à grandes taches de Gibson se trouve le long des bordures partiellement stabilisées des dunes paraboliques, des creux de déflation, des crêtes de sable ou des monticules de sable, et en périphérie des grandesNote de bas de page 11 , dans l’habitat très dynamique à la lisière des habitats de milieu de succession (couverture végétale de 35 à 50 %) (figures 12 et 13 dans COSEWIC, 2012) (Hooper, 1969; Acorn, 1991; Acorn, 2011; Bell et al., 2019). Les types de végétation dans les champs de dunes actifs varient d’un endroit à l’autre selon les gradients de température et d’humidité (Thorpe et al., 2001; Wolfe et Thorpe, 2005; Hugenholtz et al., 2010), mais, généralement, les espèces végétales associées aux champs de dunes sont la psoralée lancéolée (Psoralidium lanceolatum), la patience veinée (Rumex venosus), l’armoise argentée (Artemisia cana ssp. cana), le genévrier horizontal (Juniperus horizontalis), l’oponce fragile (Opuntia fragilis) ainsi que diverses espèces graminoïdes, dont le calamovilfa à feuilles longues (Calamovilfa longfolia var. longifolia) et le carex à fruits obtus (Carex obtusa) (Acorn, 1991; Thorpe et Godwin, 1992; Wolfe, 1997; Foster, 2010; NatureServe, 2021a).

Les perturbations linéaires, comme les pistes d’animaux sauvages et les sentiers pédestres, fournissent un habitat convenable secondaire ainsi que des corridors de dispersion où les perturbations sont suffisantes pour créer une étroite bande de sol dénudé entourée de zones à végétation de prairie plus dense (figure 10 dans COSEWIC, 2012). Dans les dunes Elbow, la cicindèle à grandes taches de Gibson a été observée le long d’un sentier pédestre, à une distance de jusqu’à 2,5 km de la population source, mais la densité d’individus diminuait avec l’augmentation de la distance par rapport à la population source (Bell, 2017), ce qui donne à penser que le sentier est utilisé comme corridor de dispersion. Dans les localités où les dunes sont complètement stabilisées, la cicindèle à grandes taches de Gibson se rencontre presque uniquement dans les habitats convenables secondaires qu’on retrouve le long des sentiers pédestres et des pistes d’animaux sauvages (notamment aux dunes Pike Lake et Dundurn). La viabilité future de l’espèce dans ces localités est incertaine, mais l’espèce est observée dans les dunes Pike Lake depuis 1940 et dans les dunes Dundurn depuis 2011, ce qui semble indiquer que l’habitat convenable secondaire est important pour la persistance de l’espèce dans un paysage qui fluctue naturellement entre différents stades de succession et de mobilité des dunes.

Préférence en matière d’habitat et activité des adultes

Chez les cicindèles en général, la répartition et l’abondance des adultes sont déterminées par la disponibilité des proies, la qualité de l’habitat larvaire et la température (Acorn, 1988; Knisley et Hill, 2001; Gowan and et Knisley, 2014; Knisley et al., 2017). Dans le cas de la cicindèle à grandes taches de Gibson, la température serait un facteur important structurant la répartition et l’abondance des adultes à l’échelle locale (Acorn, 1991; Bell et al., 2019). La température à la surface du sable a un effet important sur l’activité de la cicindèle à grandes taches de Gibson, les adultes ayant généralement une activité normale entre 20 et 50 °C (Gaumer, 1977; Bell et al., 2019). Comme de nombreuses autres espèces de cicindèles, la cicindèle à grandes taches de Gibson s’enfouit dans le sable durant les périodes où la température n’est pas optimale. Le déplacement des individus entre les microhabitats ombragés et exposés, peut contribuer au maintien d’une température corporelle optimale pour l’activité d’alimentation et quotidienne lorsque la température ambiante n’est pas optimale (Dreisig, 1980, 1984, 1985; Knisley et Schultz, 1990; Hadley et al., 1992; Pearson et al., 2015); l’abondance maximale de l’espèce a été observée dans les zones combinant du sable et de la végétation (couvert végétal d’environ 35 à 50 %), qui correspond probablement à la combinaison idéale pour l’espèce de microhabitats ombragés et exposés (Bell et al., 2019). On ne dispose pas de renseignements sur le domaine vital et la répartition quotidienne (par exemple, distances parcourues pour l’alimentation, taille du territoire) de la cicindèle à grandes taches de Gibson, mais celle‑ci serait limitée par la répartition des microhabitats sableux à végétation clairsemée qui contribuent à la thermorégulation (A. Bell, comm. pers., 2021).

Les adultes sont des prédateurs actifs, capturant et consommant une grande diversité de petits insectes et d’autres invertébrés (Larochelle, 1974a), particulièrement des fourmis (Kippenhan, 1990), mais aussi des acrididés, des larves de lépidoptères, des coccinellidés, des livrées (Malacosoma) et des sphécidés (Acorn, 1991; Bell, 2017). Les adultes de la cicindèle à grandes taches de Gibson ont une capacité de vol médiocre, effectuant de courts vols de moins de 25 mètres à la fois, et préfèrent courir rapidement sur le sable, alternant de courtes courses et des pauses pour localiser et traquer leurs proies (Bell, 2017). La cicindèle à grandes taches de Gibson peut être un important prédateur d’autres cicindèles, dont le Cicindela lepida et le Cicindela limbata (Acorn, 1991).

Besoins en matière d’habitat des larves

La cicindèle à grandes taches de Gibson passe les deux tiers de son cycle vital sous forme de larve immobile (1er stade), dans une chambre verticale creusée dans le sol. Des besoins en matière d’habitat précis (humidité du sol) doivent être satisfaits durant la totalité du cycle larvaire (Knisley, 1987; Gowan et Knisley, 2014; Knisley et al., 2018). L’abondance des cicindèles à grandes taches de Gibson adultes atteint généralement son maximum après plusieurs années de précipitations élevées, et les fluctuations du nombre d’adultes reproducteurs pourraient dépendre des précipitations et des taux de survie connexes des larves au cours des années précédentes (Knisley et Hill, 2001; Gowan et Knisley, 2014; Knisley et al., 2017, 2018; Bell et al., 2019). Les précipitations ont un effet sur l’humidité du sol et la cohésion du sable, qui est nécessaire pour que les larves puissent s’y enfouir et maintenir leur abri et qui pourrait permettre une hausse du taux de survie des larves et accélérer leur développement (Gowan et Knisley, 2014; Knisley et al., 2017, 2018). Durant les périodes prolongées sans pluie, les larves de nombreuses cicindèles bouchent l’ouverture de leur abri souterrain. Peu de temps après une pluie, les larves de la cicindèle à grandes taches de Gibson dégagent cette ouverture et aménagent une petite dépression semblable à une fosse devant celle-ci (figure 2).

Facteurs limitatifs

La cicindèle à grandes taches de Gibson est un insecte relativement longévif qui passe deux des trois années de son cycle vital dans une chambre larvaire à l’état immobile. De nombreuses études ont montré que, chez les cicindèles, le stade larvaire est le stade limitatif, et que les larves sont très sensibles au microhabitat et à la répartition dans le temps des précipitations (Gowan et Knisley, 2014; Knisley et al., 2018). Toutefois, on en sait peu sur les préférences en matière de microhabitat de la larve de la cicindèle à grandes taches de Gibson et le rôle de celles-ci dans la dynamique des populations (Bell et al., 2019).

L’Anthrax georgicus (Diptera: Bombyliidae) est un parasitoïde spécialiste des larves de cicindèles, qui peut être présent en densités suffisamment élevées pour diminuer certaines populations de cicindèles (Bram et Knisley, 1982). Des bombyles (c.f. Anthrax) ont été observés aux dunes Pike Lake et Elbow en 2010, mais leur incidence sur la population de cicindèle à grandes taches de Gibson est inconnue. De plus, les larves de cicindèles sont parasitées par les insectes des genres Methocha (Hymenoptera: Tiphiidae) et Tetrastichus (Hymenoptera: Eulophidae) (Criddle, 1919; Knisley et Schultz, 1997), mais on ignore si ceux-ci sont présents aux côtés des populations de cicindèle à grandes taches de Gibson au Canada. Actuellement, on ignore si le parasitisme limite l’effectif des populations ou si ces relations interspécifiques existent à l’état naturel ou sont exacerbées par d’autres activités humaines.

Selon des observations, les cicindèles sont parfois la proie d’asiles (Diptera: Asilidae), d’oiseaux et de divers mammifères (Criddle, 1910; Lavigne, 1972; Larochelle, 1974b, 1975a, b). De plus, les larves d’asiles peuvent consommer les œufs, les larves et les pupes d’autres insectes dans le sol (Cannings, 2010). Les effets de la prédation sur les populations canadiennes de cicindèle à grandes taches de Gibson sont actuellement inconnus, mais celle-ci n’a probablement pas un effet limitatif important sur la population globale (A. Bell, obs. pers.).

L’habitat convenable principal, comme les monticules de sable, qui se forment le long de cours d’eau lorsque les niveaux d’eau sont bas, est de nature transitoire; le rythme de la variation spatiale et temporelle du caractère convenable de l’habitat y est différent de la fourchette naturelle de variation de la mobilité des dunes observée dans les dunes paraboliques, les creux de déflation et les crêtes de sable. Bien que les inondations périodiques peuvent décimer une population, la fluctuation des niveaux d’eau est le principal régime de perturbations qui maintient les monticules de sable exposés dans un état de début ou de milieu de succession convenant à la cicindèle à grandes taches de Gibson (A. Bell, obs. pers.). Ainsi, après plusieurs années de niveaux d’eau élevés, la persistance à long terme des populations en bordure des cours d’eau peut dépendre de la recolonisation depuis les populations situées à proximité. La population de Riverbank Est, qui se trouve en bordure de la rivière Saskatchewan Sud, pourrait ainsi avoir été peuplée par des individus de la population de Pike Lake, après que plusieurs années consécutives de bas niveau d’eau aient permis au milieu sableux de se stabiliser suffisamment pour qu’il puisse supporter la cicindèle à grandes taches de Gibson (A. Bell, comm. pers., 2023). Des signes de larves du troisième stade, et donc d’individus progressant dans leur cycle vital, donnent à penser que des cicindèles à grandes taches de Gibson y sont présentes depuis au moins deux ans et y ont trouvé suffisamment de nourriture pour achever leur développement et atteindre le stade adulte (A. Bell, comm. pers., 2023).

Les champs de dunes actifs ne sont pas répartis uniformément dans l’aire de répartition canadienne de la cicindèle à grandes taches de Gibson (figure 4), de sorte qu’on retrouve de multiples localités isolées séparées les unes des autres par plusieurs centaines de kilomètres d’habitat non convenable. Le degré d’immigration/émigration entre les champs de dunes est inconnu, mais l’habitat de transition qui se forme en bordure de cours d’eau pourrait jouer le rôle de corridor de dispersion dans l’aire de répartition canadienne de la cicindèle à grandes taches de Gibson. L’habitat convenable principal peut aussi être fragmenté à l’intérieur des champs de dunes, car les zones de sable exposé sont éparses dans la matrice de prairies entièrement végétalisées, et une vaste zone dont le sol ne convient pas à l’espèce ou est densément végétalisé représente probablement un obstacle efficace à la dispersion du C. formosa (COSEWIC 2012). Des études sur la capacité de dispersion des cicindèles indiquent que certaines espèces se déplacent uniquement sur de courtes distances (jusqu’à 481 m chez le C. marginipennis, Hudgins et al., 2011) tandis que d’autres peuvent se déplacer sur des distances beaucoup plus grandes (2,7 km chez le C. puritana, Omland, 2004, et 24 km chez le C. dorsalis dorsalis, Knisley et Schultz, 1997). La capacité de dispersion et le potentiel de colonisation de la cicindèle à grandes taches de Gibson ont été peu étudiés. Dans le cadre d’une étude menée dans les dunes Elbow, des individus ont été observés dans une perturbation linéaire sableuse (sentier pédestre) à jusqu’à 2,5 km de la population source (la densité d’individus diminuait avec l’augmentation de la distance par rapport à la population source, ce qui donne à penser que le sentier est utilisé comme corridor de dispersion) (Bell, 2017). Ces observations semblent indiquer que la capacité de dispersion et la zone d’occurrence de la cicindèle à grandes taches de Gibson à l’intérieur d’un champ de dunes sont limitées par la répartition du sable exposé.

4. Menaces

4.1 Évaluation des menaces

L’évaluation des menaces pesant sur la cicindèle à grandes taches de Gibson se fonde sur le système unifié de classification des menaces de l’UICN-CMP (Union internationale pour la conservation de la nature-Partenariat pour les mesures de conservation). Les menaces sont définies comme étant les activités ou les processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou pourraient entraîner la destruction, la dégradation et/ou la détérioration de l’entité évaluée (population, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d’intérêt (mondiale, nationale ou infranationale). Ce processus d’évaluation ne tient pas compte des facteurs limitatifs. Aux fins de l’évaluation des menaces, seulement les menaces présentes et futures sont considérées. Les menaces historiques, les effets indirects ou cumulatifs des menaces ou toute autre information pertinente qui aiderait à comprendre la nature de la menace sont présentés dans la section Description des menaces.

Tableau 2. Évaluation du calculateur des menaces
Menace Description de la menace Impacta Portéeb Gravitéc Immédiatetéd Commentaires
2 Agriculture et aquaculture Faible Restreinte Légère Élevée Sans objet
2.3 Élevage de bétail Faible Restreinte Légère Élevée Sans objet
3 Production d’énergie et exploitation minière Faible Petite Élevée Modérée Sans objet
3.1 Forage pétrolier et gazier Négligeable Négligeable Légère Modérée Sans objet
3.2 Exploitation de mines et de carrières Faible Petite Élevée Modérée Sans objet
4 Corridors de transport et de service Faible Petite Légère Modérée Sans objet
4.1 Routes et voies ferrées Faible Petite Légère Modérée Sans objet
5 Utilisation des ressources biologiques Négligeable Négligeable Négligeable Élevée Sans objet
5.1 Chasse et capture d’animaux terrestres Négligeable Négligeable Négligeable Élevée Sans objet
6 Intrusions et perturbations humaines Négligeable Petite Négligeable Élevée Sans objet
6.1 Activités récréatives Négligeable Petite Négligeable Élevée Sans objet
7 Modifications des systèmes naturels Moyen Généralisée Modérée Élevée Sans objet
7.1 Incendies et suppression des incendies Moyen Généralisée Modérée Élevée Sans objet
7.2 Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages Faible Petite Extrême Modérée Sans objet
8 Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques Faible Généralisée Légère Élevée Sans objet
8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes Faible Généralisée Légère Élevée Sans objet
9 Pollution Négligeable Grande Négligeable Élevée Sans objet
9.3 Effluents agricoles et sylvicoles Négligeable Grande Négligeable Élevée Sans objet
11 Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents Moyen - faible Généralisée Modérée - légère Élevée - faible L’évaluation de la gravité a été ajustée pour que les effets cumulatifs soient pris en compte, car les effets des menaces de niveau deux sont probablement additifs.
11.1 Déplacement et altération de l’habitat Faible Généralisée Légère Élevée - faible Sans objet
11.2 Sécheresses Moyen - faible Généralisée Modérée - légère Modérée - faible Sans objet
11.3 Températures extrêmes Faible Généralisée Légère Modérée - faible Sans objet

a Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. Le calcul de l’impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce, ou de la diminution/dégradation de la superficie d’un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l’impact ne peut être déterminé (par exemple, lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l’impact n’est pas calculé lorsque la menace se situe en dehors de la période d’évaluation (par exemple, l’immédiateté est non significative/négligeable ou faible puisque la menace n’existait que dans le passé); négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n’est pas une menace : lorsque la valeur de la gravité est neutre ou qu’il y a un avantage possible.

b Portée – Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71 à 100 %; grande = 31 à 70 %; restreinte = 11 à 30 %; petite = 1 à 10 %; négligeable < 1 %).

c Gravité – Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population) que causera vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations (extrême = 71 à 100 %; élevée = 31 à 70 %; modérée = 11 à 30 %; légère = 1 à 10 %; négligeable < 1 %; neutre ou avantage possible ≥ 0 %).

d Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); non significative/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.

4.2 Description des menaces

Les menaces associées à chaque population sont indiquées dans le tableau A1 de l’annexe A.

La stabilisation des dunes, qui entraîne une perte d’habitat sur le plan quantitatif et qualitatif parmi les populations connues de cicindèle à grandes taches de Gibson, est la principale menace au rétablissement de l’espèce au Canada (COSEWIC, 2012). La dégradation de l’habitat dans l’avenir sera en partie causée par plusieurs menaces proximales dont les effets combinés ou non auront comme effet cumulatif une stabilisation des dunes ou une succession dans l’habitat (par exemple, changements touchant le régime naturel de perturbation lié au pâturage et aux incendies, espèces végétales exotiques envahissantes, climat). Il est également probable que des menaces proximales telles que les espèces végétales exotiques envahissantes, les routes, le forage pétrolier et gazier et l’exploitation de mines et de carrières causent directement la perte, la fragmentation ou la dégradation de l’habitat. Les menaces proximales sont analysées plus en détail ci-après.

Menace 2 de l’UICN-CMP. Agriculture et aquaculture (faible)

2.3 Élevage de bétail

Dans le sud des Prairies canadiennes, la stabilisation des dunes se poursuit depuis au moins le début du 20e siècle sous l’action conjuguée des conditions climatiques et des changements des régimes naturels de perturbations liés au pâturage et aux incendies (Epp et Townley-Smith, 1980; Wallis et Wershler, 1988; Wolfe et al., 2007). L’absence de perturbations causées par le pâturage ou les incendies ainsi que l’augmentation des précipitations au cours du 20e siècle ont favorisé la croissance de la végétation en bordure des dunes dégagées. La succession naturelle par des graminées et plantes herbacées non graminoïdes, puis des arbustes et, finalement, des arbres, stabilise les dunes qui finissent par se recouvrir de végétation (Hugenholtz et al., 2010), ce qui réduit ou élimine l’habitat convenant à la cicindèle à grandes taches de Gibson. Les modifications des régimes de perturbations qui contribuent à la stabilisation des dunes sont principalement la perte du broutage par le bison (Bison bison), la diminution de la fréquence et de l’étendue des feux de prairie ainsi que l’adoption d’un régime de pâturage plus homogène (Frank et al., 1998; Brockway et al., 2002; Samson et al., 2004; Hugenholtz et Wolfe, 2005). Le moment, l’intensité et la durée des perturbations ainsi que le choix des aliments par les animaux d’élevage et les animaux sauvages dans l’habitat de la cicindèle à grandes taches de Gibson diffèrent de ceux des régimes naturels de pâturage du passé (Milchunas et Lauenroth, 1993; Houston, 1999; Knapp et al., 1999; Fuhlendorf et Engle, 2001; Kohl et al., 2013). En outre, les taux de chargement ainsi que la fréquence et le temps de pâturage par le bétail varient au sein d’une localité et entre les localités, ayant des effets de niveau variable. Le pâturage responsable effectué à une intensité, une fréquence et une durée appropriées est requis dans un système qui a évolué dans de telles conditions, et a sans doute un impact neutre ou bénéfique parce qu’il prévient la stabilisation des dunes, qu’il maintient la structure de la végétation et qu’il conserve l’état du parcours (Higgins et al., 1989; Milchunas et al., 1989; Milchunas et al., 1992; Samson et Knopf, 1994; Biondini et al., 1998).

En présence de densités de chargement élevées soutenues, le pâturage du bétail peut avoir un effet nuisible pour les cicindèles, principalement à cause du piétinement des larves et de leurs chambres souterraines (Bauer, 1991; Brown et MacRae 2003; Knisley et Arnold, 2004; USFWS, 2005; Knisley et Haines, 2010; Knisley, 2011). Le pâturage du bétail est important parce qu’il réduit la couverture végétale et améliore l’habitat des cicindèles, mais les zones où les larves sont présentes sont plus sensibles aux perturbations. Le pâturage de bétail a été signalé à l’intérieur ou à proximité des populations des dunes Dundurn, Big Stick, Piapot et Great. Des dommages associés au surpâturage et au piétinement des chambres larvaires souterraines en présence de densités de chargement élevées ont été observés dans des portions des populations des dunes Piapot et Great (A. Bell, obs. pers.).

Menace 3 de l’UICN-CMP. Production d’énergie et exploitation minière (faible)

3.1 Forage pétrolier et gazier

Les activités gazières comprennent un certain nombre de processus, dont l’exploration, le forage, la complétion, la production et le transport, l’abandon et la remise en état. Ces activités peuvent causer des dommages à la cicindèle à grandes taches de Gibson et à son habitat, de façon directe (mort d’individus durant la construction/le forage, dépôt de composés soufrés et azotés au sol à proximité de puits de gaz sulfureux, etc.) ou indirecte (augmentation des perturbations linéaires associées aux emprises de pipelines, qui cause l’introduction d’espèces envahissantes et la fragmentation de l’habitat; voir menace 8.1). Des usines de gaz, des stations de compression, des stations de batteries, des emprises de pipelines/conduites d’écoulement et des sentiers de véhicules à deux sillons (voir menace 4.1) sont couramment aménagés dans les champs de gaz naturel, ont des effets cumulatifs et entraînent des modifications de l’habitat dans le paysage (annexe B et section 1.5 dans Environment Canada, 2012).

Les activités pétrolières et gazières sont en croissance dans les dunes, malgré la sensibilité de cet habitat aux perturbations (COSEWIC, 2012), et participent à un effet cumulatif dans le paysage. En octobre 2020, le nombre moyen de puitsFootnote 12 par section de terrain allait de 3 aux dunes Piapot à 13 aux dunes Big Stick, et la longueur moyenne de pipelinesFootnote 13  par section de terrain allait de 3,28 km aux dunes Piapot à 4,24 km aux dunes Big Stick (I.H.S., 2020). Cinq populations de cicindèle à grandes taches de Gibson se trouvent dans des champs de gaz naturel traversant les dunes Empress, Great, Big Stick et Piapot (Saskatchewan Mining and Petroleum GeoAtlas, 2020). De plus, trois de ces populations se situent dans des zones qui comportent des réserves potentielles d’hélium, et avec la pénurie mondiale d’hélium, le forage de puits d’hélium pourrait devenir fréquent, particulièrement en raison des récents puits d’essai ayant obtenu de bons résultats dans le sud-ouest de la Saskatchewan et de l’intérêt à l’égard de cette ressource qui s’est accru au cours des dernières années (Yurkowski, 2016; Saskatchewan Mining and Petroleum GeoAtlas, 2020).

3.2 Exploitation de mines et de carrières

L’extraction dans les dunes de sable utilisé pour la fracturation hydraulique de puits de gaz, les cimenteries, les terrains de golf, le sablage au jet et la construction routière représente une menace potentielle localisée (COSEWIC, 2012). Le prélèvement du substrat tue directement les cicindèles à grandes taches de Gibsons, en plus d’éliminer de manière permanente la totalité ou des portions de l’habitat, ce qui peut avoir des répercussions considérables sur la survie future des populations à ces endroits. En outre, ce type de perturbation de l’habitat peut mener à l’introduction d’espèces exotiques ou à leur envahissement (voir menace 8.1). L’extraction de sable est susceptible de se produire dans un avenir rapproché dans les dunes Dundurn; ce sable est destiné à l’amélioration des routes, et a également été évalué en vue de son utilisation pour la fracturation. L’extraction de sable dans des portions des dunes Piapot, Bigstick, Great et Empress pourrait être une menace dans l’avenir.

Une exploration des ressources en charbon a été réalisée dans les dunes Empress et Piapot, mais celles-ci présentaient un faible potentiel, et il n’y a actuellement aucun droit d’exploitation dans la région (Saskatchewan Mining and Petroleum GeoAtlas, 2020). Le nord des dunes Great a fait l’objet d’une exploration des ressources en potasse, et une population des dunes Dundurn est adjacente à une zone visée par des droits d’exploitation de la potasse actifs et risque d’être touchée par l’exploitation de la potasse dans l’avenir (Saskatchewan Mining and Petroleum GeoAtlas, 2020). La Saskatchewan est le principal producteur de potasse dans le monde; la demande et le prix de cette ressource ont été variables au cours de la dernière décennie, mais production devrait remonter dans les années 2020 (Industry West, 2020). Les méthodes d’exploitation à ciel ouvert causeraient l’élimination permanente de l’habitat de la cicindèle à grandes taches de Gibsons et la mort directe des individus de l’espèce.

Menace 4 de l’UICN-CMP. Corridors de transport et de service (faible)

4.1 Routes et voies ferrées

Des portions de deux populations des dunes Empress et Pike Lake occupent la zone limitrophe et des fossés adjacents à des chemins de gravier sableux. Les activités de construction et d’entretien des routes pourraient causer la mort directe d’individus et la dégradation de l’habitat, notamment l’élargissement ou l’approfondissement des fossés, le creusage de tranchées, l’installation de lignes de services publics, les projets de drainage, et les travaux d’amélioration des routes ou de rectification de leur tracé, le nivellement et la tonte ou le fauchage dans les fossés. Cinq populations de cicindèle à grandes taches de Gibson se trouvent dans un champ de gaz naturel qui traverse les dunes Empress, Great, Big Stick et Piapot (Saskatchewan Mining and Petroleum GeoAtlas, 2020); des sentiers de véhicules à deux sillons sont couramment aménagés dans ces zones, et leur nombre devrait augmenter dans la région à mesure que l’exploitation gazière progresse (voir menace 3.1). Les sentiers de véhicules sableux présentant une végétation naturelle peuvent constituer des corridors de dispersion, mais la circulation des véhicules cause la mort directe d’individus. De plus, l’augmentation des perturbations linéaires associées aux routes d’accès aux exploitations pétrolières et gazières contribue à l’introduction et à la dispersion des plantes envahissantes dans l’habitat de la cicindèle à grandes taches de Gibson (voir menace 8.1).

Menace 5 de l’UICN-CMP. Utilisation des ressources biologiques (négligeable)

5.1 Chasse et capture d’animaux terrestres

La cicindèle à grandes taches de Gibson est une espèce de grande taille charismatique que les collectionneurs peuvent trouver attrayante; toutefois, quatre des douze populations se trouvent dans des aires protégées (parcs provinciaux et autres terres conservées). Des permis provinciaux sont requis pour les travaux universitaires et de recherche et les relevés de détection des espèces en Saskatchewan, et ces permis sont assujettis de conditions concernant la capture. Une capture illégale est possible, mais rien n’indique actuellement que la capture de spécimens limite l’effectif des populations.

Menace 6 de l’UICN-CMP. Intrusions et perturbations humaines (négligeable)

6.1 Activités récréatives

La cicindèle à grandes taches de Gibson est présente dans de nombreuses zones récréatives, dont les dunes Great, le parc provincial Pike Lake, le parc provincial Douglas et l’aire de conservation Cranberry Flats. Les perturbations causées par la circulation de randonneurs et de cyclistes dans ces zones pourraient contribuer à déstabiliser les dunes et ainsi à maintenir les milieux sableux ouverts, en éliminant les végétaux, en déplaçant du sable et en exposant celui-ci au vent. Toutefois, les zones où on retrouve des larves sont sensibles au piétinement, qui peut tuer les larves et détruire leurs chambres souterraines. Les effets négatifs des véhicules hors route sur les cicindèles ont été largement documentés dans d’autres systèmes dunaires (Knisley et al., 2017), et des véhicules hors route (VTT et motocyclettes) ont été signalés dans les dunes Dundurn (COSEWIC, 2012). De plus, les intrusions et perturbations humaines sont associées à l’introduction, à l’établissement et à la dispersion des plantes envahissantes (voir menace 8.1). Les effets des activités récréatives dans les terrains privés sont inconnus.

Menace 7 de l’UICN-CMP. Modifications des systèmes naturels (moyen)

7.1 Incendies et suppression des incendies

Tel qu’il est précisé sous la menace 2.3, l’habitat de la cicindèle à grandes taches de Gibson aurait connu un régime naturel de perturbation comprenant des processus écologiques tels que le pâturage, les incendies et les sécheresses qui ont agi séparément ou ensemble pour maintenir l’habitat dunaire ouvert de début ou de milieu de succession dont l’espèce a besoin (Daubenmire, 1968; White, 1979; Collins, 1987; Lesica et Cooper, 1999). Dans le paysage de prairie, le feu a pour fonction de maintenir la structure et la composition de l’habitat, en permettant le recyclage des éléments nutritifs, en maintenant des communautés végétales adaptées aux incendies et en réinitialisant la trajectoire de succession (Longpre et Tremblay, 2017). Le feu joue un rôle important pour la réinitialisation de la trajectoire de succession et le maintien de la mobilité des dunes dans les paysages dominés par les dunes, car il accroît l’érosion éolienne en éliminant la barrière de végétation qui soustrait le sable à l’action du vent (Whicker et al., 2002; Vermeire et al., 2005). Le feu et le broutage ont un effet plus déterminant sur la déstabilisation des dunes et le ralentissement de la succession végétale s’ils agissent en synergie plutôt que de façon indépendante (Wallis, 1988; Lesica et Cooper, 1999).

Les modifications des pratiques d’utilisation des terres ayant cours depuis la colonisation par les Européens, à la fin du 19e siècle, ont entraîné une réduction de la fréquence et de l’ampleur des feux de prairie (Higgins et al., 1989). La suppression des incendies, combinée à la modification des régimes de pâturage et du climat, a mené à une diminution de la qualité de l’habitat et de sa quantité, car les dunes continuent de se stabiliser dans l’ensemble de l’aire de répartition de la cicindèle à grandes taches de Gibson (tableau A2 dans l’annexe A; voir menace 2.3). Actuellement, les incendies ne se produisent selon les mêmes intervalles que dans le passé dans l’aire de répartition de la cicindèle à grandes taches de Gibson au Canada. Aucun incendie n’a été enregistré à proximité des populations de cicindèle à grandes taches de Gibson depuis au moins 1985 (Saskatchewan Ministry of Environment, 2020), à l’exception de plusieurs incendies récents (2017, 2018, 2019) survenus à proximité d’une population dans l’aire de conservation Cranberry Flats (R. Grilz, comm. pers.). Dans les dunes Elbow et Pike Lake, les derniers incendies ont été observés vers 1918 et 1972, respectivement, et une portion des dunes Dundurn a été brûlée pour la dernière fois dans les années 1970 (Longpre et Tremblay, 2017; Saskatchewan Ministry of Parks, Culture and Sport, 2019; R. Dudrange, comm. pers.). Aucun incendie n’a été enregistré dans les dunes Empress depuis au moins 1931. Seulement quatre des douze populations se trouvent dans des zones où des brûlages dirigés sont réalisés dans le cadre de plans de gestion écosystémiques (parc provincial Pike Lake, parc provincial Douglas, aire de conservation Cranberry Flats, propriété de Conservation de la nature Canada).

Des perturbations naturelles sont requises pour maintenir les conditions de l’habitat de l’espèce, mais le degré de tolérance de la cicindèle à grandes taches de Gibson aux incendies est inconnu en ce qui a trait à leur fréquence et à leur intensité et au moment où ils surviennent. Davis (1998) a observé une augmentation de l’abondance des cicindèles à la suite d’un brûlage dirigé réalisé au printemps dans un écosystème de prairie. Les fourmis (principal invertébré composant l’alimentation de la cicindèle à grandes taches de Gibson) vivant dans les dunes sont relativement résilientes aux incendies, et leur déclin est seulement temporaire après un incendie (Glasier et al., 2015). McCravy et Baxa (2011) ont observé que les incendies avaient une incidence sur l’abondance, la diversité et l’activité des asiles (prédateurs opportunistes de la cicindèle à grandes taches de Gibson) dans un paysage de prairie, mais ces effets n’étaient généralement que de courte durée. Toutefois, aucune recherche n’a été effectuée sur les effets des incendies sur la cicindèle à grandes taches de Gibson et ses relations interspécifiques.

7.2 Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages

Plusieurs projets d’expansion de l’irrigation ont récemment été proposés en Saskatchewan et en Alberta (Government of Alberta, 2021; Government of Saskatchewan, 2021; Special Areas Board, 2019). L’irrigation modifie le régime hydrologique et peut avoir des répercussions sur la salinité du sol et la composition et la structure de la communauté végétale dans la zone à proximité (Ibrakhimov et al., 2018; Muller et al., 2016). L’irrigation a fréquemment d’autres effets au-delà de son empreinte immédiate, notamment des effets sur les précipitations locales (R. Luo., comm. pers.). En effet, une hausse des précipitations a été observée en aval de champs irrigués, et ces effets peuvent être observés de 90 km à jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres en aval, selon la taille du projet d’irrigation et les conditions atmosphériques locales (DeAngelis et al., 2010; Alter et al., 2015). La hausse des précipitations peut modifier la succession naturelle et favoriser la stabilisation des dunes et les espèces envahissantes non indigènes, réduisant ou éliminant ainsi l’habitat convenant à la cicindèle à grandes taches de Gibson (voir les menaces 2.3, 7.1, 8.1 et 11.1). Toutefois, la portée des projets d’expansion de l’irrigation demeure à l’extérieur des localités actuellement occupées par la cicindèle à grandes taches de Gibson. L’empreinte des projets d’expansion de l’irrigation en Alberta se situe elle aussi à l’extérieur des emplacements qui pourraient héberger la cicindèle à grandes taches de Gibson (dunes Middle, Hilda et Bowmanton). En Saskatchewan, trois emplacements très peu susceptibles d’héberger la cicindèle à grandes taches de Gibson (dunes Harris, Kinley et Richmond) se situent dans la zone de la phase deux du projet d’expansion de l’irrigation de la Saskatchewan, et il y a une population historique non confirmée près de la dune Kinley. Puisque la portée est actuellement de 0 % et qu’il n’y a aucun effet direct sur la cicindèle à grandes taches de Gibson, l’irrigation n’est pas actuellement considérée comme une menace. Si d’autres projets d’expansion de l’irrigation voient le jour dans l’avenir, ou si des relevés supplémentaires révèlent la présence de la cicindèle à grandes taches de Gibson dans des emplacements touchés par l’irrigation, cette menace sera alors réévaluée.

Une population des dunes Dundurn se trouve en bordure de la rivière Saskatchewan Sud, où de l’habitat convenable s’est formé à la suite de plusieurs années consécutives de bas niveaux d’eau. Bien que la fluctuation des niveaux d’eau maintienne naturellement les zones de monticules de sable dans un état de début ou de milieu de succession convenant à la cicindèle à grandes taches de Gibson, les inondations périodiques ou complètes causées par l’ouverture des vannes du barrage en amont peuvent décimer la population. Des recherches sont encore en cours sur l’effet potentiel des niveaux et débits d’eau de la rivière Saskatchewan Sud sur l’habitat et la persistance de la cicindèle à grandes taches de Gibson dans la région (A. Bell, comm. pers., 2023).

Menace 8 de l’UICN-CMP. Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques (faible)

8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes

Les plantes exotiques envahissantes, notamment la gypsophile paniculée (Gypsophila paniculata), la soude kali (Salsola kali) et l’euphorbe ésule (Euphorbia esula), de même que certaines espèces fourragères introduites et échappées de culture telles que l’agropyre à crête (Agropyron cristatum), le brome inerme (Bromus inermis), le pâturin des prés (Poa pratensis) et les mélilots (Melilotus spp.), ont été signalées dans les dunes Dundurn, Elbow, Pike Lake, Great et Empress. Dans ces zones, les plantes exotiques envahissantes sont couramment associées aux perturbations anthropiques comme les routes et sentiers, les sites pétroliers et gaziers, les activités récréatives ou les emprises de lignes de services publics, et des études ont montré que les espèces envahissantes peuvent être dispersées sur 150 m à 1 km par rapport à leur source (annexe B dans Environment Canada, 2012). Les mélilots sont devenus une des plantes exotiques envahissantes les plus répandues dans le nord des grandes plaines, en raison de leur introduction à l’origine délibérée en bordure des routes, dans les cultures fourragères et dans d’autres zones remises en état (Lesica et DeLuca, 2000). Dans le passé, des plantes exotiques envahissantes étaient utilisées dans le cadre des activités de remise en état (souvent l’agropyre à crête), à cause de leur capacité à s’établir rapidement dans un site ainsi que de la disponibilité de leurs graines, de leur culture facile et de leur usage comme plante fourragère (Sinton, 2001). L’euphorbe ésule est plutôt répandue dans les dunes Dundurn et Elbow et est présente dans plus de la moitié des champs de dunes occupés par la cicindèle à grandes taches de Gibson. La présence de plantes exotiques n’a pas été évaluée dans les dunes Bigstick ou Piapot.

Certaines plantes exotiques envahissantes peuvent être relativement immangeables pour le bétail et les animaux sauvages ou avoir différentes propriétés comme combustible, et ainsi modifier les régimes de pâturage et d’incendie (Brooks et al., 2004). Ainsi, un influx de ces plantes exotiques envahissantes pourrait accélérer la stabilisation des dunes et représenter une menace pour l’habitat de la cicindèle à grandes taches de Gibson. Certaines plantes exotiques envahissantes, comme les mélilots (Melilotus spp.), des légumineuses, peuvent augmenter la concentration d’azote du sol par fixation biologique et ainsi favoriser la propagation d’autres espèces dans un milieu qui serait autrement trop pauvre en éléments nutritifs (Jordan et al., 2008; Van Riper et Larson, 2009). D’autres, comme l’euphorbe ésule, espèce provenant d’Eurasie, possèdent un système racinaire étendu qui peut stabiliser les dunes et peuvent former de denses peuplements et se disperser rapidement, ce qui peut avoir une incidence sur la répartition et l’abondance d’autres espèces végétales occupant l’habitat (Selleck et al., 1962; Belcher et Wilson 1989; Butler et Cogan, 2004). De manière générale, les espèces envahissantes peuvent supplanter les espèces indigènes, réduire la richesse et la diversité des communautés végétales, nuire à la composition et à la diversité du réservoir de semences du sol, modifier la composition des ressources du sol et altérer l’accumulation et le déplacement des éléments nutritifs dans un écosystème de prairie (Gordon, 1998; Wilson, 1989; Wilson et Belcher, 1989; Reader et al., 1994; Christian et Wilson 1999; Bakker et Wilson, 2001; Henderson, 2005; Henderson et Naeth, 2005).

Menace 9 de l’UICN-CMP. Pollution (négligeable)

9.3 Effluents agricoles et sylvicoles

L’application inconsidéréeNote de bas de page 14 d’herbicides et d’insecticides pourrait modifier la composition et l’abondance des espèces dans les communautés de végétaux et d’insectes des environs. La modification de la composition de la communauté végétale ou de l’abondance des végétaux pourrait réduire la qualité de l’habitat de la cicindèle à grandes taches de Gibson si ce changement favorisait la stabilisation des dunes ou altère des relations interspécifiques avec la communauté d’insectes environnante (voir la menace 8.1; une liste des espèces végétales couramment associées à la cicindèle à grandes taches de Gibson est présentée à la section 3.3). L’utilisation ponctuelle ou répétée d’insecticides à large spectre peut entraîner des changements de l’abondance des pollinisateurs, des proies, des prédateurs et des parasitoïdes en plus de possiblement causer la mort directe de la cicindèle à grandes taches de Gibson (une liste des proies, des prédateurs et des parasitoïdes est présentée à la section 3.3). La modification de la composition ou de l’abondance des communautés d’insectes peut mener à des changements des relations interspécifiques entre les espèces et leur environnement. Par exemple, une diminution des proies pourrait causer des pénuries de nourriture pour la cicindèle à grandes taches de Gibson; lorsque les ressources alimentaires sont faibles, les femelles produisent moins de descendants, et les larves mettent plus de temps à se développer et donnent des individus considérablement plus petits aux stades nymphal et adulte que ceux observés quand les ressources alimentaires sont élevées (Pearson et Knisley, 1985). En outre, les insecticides comme les néonicotinoïdes peuvent causer des effets aigus et chroniques chez les pollinisateurs (modifier le type de fleurs privilégiées pour l’alimentation, nuire à la performance de collecte de nourriture, réduire la performance d’apprentissage des bourdons [Bombus spp.]) et pourrait finir par entraîner une diminution de la qualité de l’habitat et des pénuries de nourriture pour la cicindèle à grandes taches de Gibson (Gill et Raine, 2014; Godfray et al., 2014).

L’utilisation d’herbicides et d’insecticides a connu une hausse importante dans les Prairies canadiennes (Government of Canada, 2022). Le risque de dérive associé à l’application inconsidérée de ces produits chimiques varie grandement en fonction des méthodes d’application et de facteurs environnementaux. Cependant, des études ont montré que la dérive de produits agrochimiques peut atteindre 100 à 200 m en aval du vent dans le cas des méthodes d’application terrestre et au moins 350 à 500 m avec les méthodes d’application aériennes (Woods et al., 2001; Ozkan et Zhu, 2016; Paulson et al., 2022; Butts et al., 2022; Runquist et al., 2024). Des portions de huit populations se trouvent à proximité de champs agricoles et pourraient être exposées à la dérive d’herbicides et d’insecticides, ou se situent en bordure de routes et pourraient subir l’application directe d’herbicides ou d’insecticides. En outre, dans le cadre d’une étude réalisée aux États‑Unis, le nombre de produits agrochimiques et la concentration de ces produits détectés chez les plantes et dans le sol en bordure d’une prairie étaient semblables à ceux mesurés à l’intérieur de la prairie (Runquist et al., 2024). Cela pourrait indiquer que la dérive de produits agrochimiques dans l’ensemble des prairies nord-américaines est plus répandue que ce qu’on croyait auparavant (Runquist et al., 2024). Il est donc possible que l’exposition aux pesticides et la toxicité de ceux-ci, même dans les prairies qui ne sont pas adjacentes à l’utilisation de pesticides, aient des effets plus importants qu’on ne le croyait sur les invertébrés et les communautés végétales environnantes, et il faut réaliser de plus amples recherches sur ce risque (Runquist et al., 2024).

Menace 11 de l’UICN-CMP. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (moyen – faible)

Compte tenu du chevauchement spatial et temporel entre les menaces 11.1, 11.2 et 11.3 et du fait que ces menaces peuvent agir indépendamment ou de manière combinéeFootnote 15 , ayant en bout de compte des effets cumulatifs qui sont probablement de nature additive, il y a une certaine plage d’incertitude quant à la gravité globale de la menace 11. Par exemple, l’impact combiné de la sécheresse sur le taux de survie des larves et de la hausse des températures extrêmes sur le comportement d’accouplement des adultes a probablement une plus grande gravité globale que l’impact de chaque menace prise indépendamment. Ainsi, l’évaluation de la gravité a été ajustée pour tenir compte de ces deux menaces qui agissent de manière indépendante ou de manière additive, à l’intérieur de la portée spatiale et temporelle de la menace 11.

11.1 Déplacement et altération de l’habitat

Les dunes sont un habitat qui fluctue sur le plan spatial et temporel entre différents stades de succession et de mobilité, ce qui les rend particulièrement sensibles aux changements climatiques (Thorpe et al., 2001). La disponibilité à long terme de l’habitat de la cicindèle à grandes taches de Gibson dépendra de facteurs touchant la succession et la mobilité des dunes; à l’échelle locale, les changements dans les régimes de perturbations (voir menaces 2.3 pour le pâturage et 7.1 pour les incendies et 7.2 pour la fluctuation des niveaux d’eau), et à l’échelle du paysage, les changements climatiques (Thorpe et al., 2001; Tsoar 2004; Hugenholtz et Wolfe, 2005; Wolfe et al., 2007; Hugenholtz et al., 2010; Acorn, 2011).

La plus récente période d’activation des dunes dans les Prairies canadiennes a été associée à une sécheresse prolongée à la fin du 18e siècle; selon les estimations 10 à 20 % de la région des dunes Great étaient alors occupés par du sable dénudé (Wolfe et al., 2001). Depuis, une tendance à long terme de stabilisation des dunes est observée; elle découle principalement d’une hausse des précipitations au cours du dernier siècle et d’une diminution de la vitesse du vent et de l’érosion par le vent qui ont entraîné une succession végétale continue dans les dunes (Wallis, 1988; Wolfe et al., 1995; Wolfe et al., 2001; Hugenholtz et Wolfe, 2005; Hugenholtz et al., 2010). De 1938 à 1996, la stabilisation des champs de dunes hébergeant la cicindèle à grandes taches de Gibson a varié sur le plan spatial et temporel, les estimations allant de 0,4 ha/an dans les dunes Elbow à 7,6 ha/an dans les dunes Great (Hugenholtz et Wolfe, 2005). En 1997, tous les champs de dunes ont été classés comme inactifs, à l’exception de quelques champs dans le triangle de Palliser, qui présentent du sable actif le long des crêtes des dunes (Wolfe, 1997). Selon de récentes estimations (2002‑2010), la superficie encore occupée par du sable dénudé est de moins de 0,10 % dans les dunes Big Stick, Dundurn, Piapot et Pike Lake, et de moins de 0,50 % dans les dunes Elbow, Great et Empress (tableau A2 dans l’annexe A) (Wolfe, 2010).

Cependant, une hausse de l’aridité, une diminution de l’humidité disponible et la sécheresse sont considérées comme des scénarios de changements climatiques probables pour les Prairies canadiennes (Thorpe et al., 2001; Wolfe et Thorpe, 2005; Allen et al., 2018; Hoegh-Guldberg et al., 2018). Ainsi, selon les prédictions, la végétation de prairie deviendra plus clairsemée, et la proportion d’espèces de saison chaude (C4) augmentera alors que la couverture de végétaux ligneux diminuera, ce qui augmentera le potentiel d’activation des dunes (Thorpe et al., 2001; Wolfe et Thorpe, 2005). Les zones comme les dunes Great, qui possèdent actuellement des crêtes actives, devraient se maintenir dans cet état, alors que les zones semblables aux dunes Dundurn, qui sont actuellement inactives, devraient revenir à un stade actif (crêtes actives) (Thorpe et al., 2001). Il est peu probable que les scénarios des changements climatiques futurs entraînent une modification de la morphologie des dunes (de la forme parabolique actuelle à une forme barchanoïde pleinement active), car même les zones où les conditions les plus sèches sont prévues surpassent à peine le seuil d’activation des crêtes dunaires, et une hausse suffisante du stress éolien serait requise pour détruire la végétation dans les dunes déjà stabilisées (Wolfe, 1997; Thorpe et al., 2001; Tsoar, 2004). Il est donc probable que les milieux sableux à végétation clairsemée qui hébergent la cicindèle à grandes taches de Gibson puissent persister dans les conditions climatiques futures si la tendance actuelle à la stabilisation est renversée.

11.2 Sécheresses

La sécheresse est considérée comme un scénario de changements climatiques probable dans les Prairies canadiennes, compte tenu de l’important couplage entre l’humidité du sol et la température de l’air (Hoegh-Guldberg et al., 2018; Thorpe et al., 2001). Selon les prédictions, il y aura une augmentation des journées sèches consécutives, une diminution des précipitations estivales, une diminution de la disponibilité de l’humidité en surface et une augmentation de l’aridité (Thorpe et al., 2001; Wolfe et Thorpe, 2005; Hoegh-Guldberg et al., 2018).

L’humidité du sol, besoin en matière d’habitat clé pour les larves, est un facteur important durant la saison d’accouplement et certains stades de développement (A. Bell, comm. pers.). il y a un lien étroit entre les précipitations et le taux de survie des larves de cicindèles, car les précipitations ont une incidence sur l’humidité du sol et la cohésion du sable, qui est nécessaire pour que les larves puissent s’y enfouir et maintenir leur chambre souterraine (Knisley et Hill, 2001; Gowan et Knisley, 2014; Knisley et al., 2017, 2018). Des études à long terme sur les tendances de la population de C. albissima ont montré que l’abondance des adultes atteint son maximum après plusieurs années de précipitations élevées, ce qui donne à penser que les fluctuations du nombre d’adultes reproducteurs pourraient dépendre des précipitations et des taux de survie des larves connexes au cours des années précédentes (Knisley et Hill, 2001; Gowan et Knisley, 2014). De même, la taille de la population de cicindèle à grandes taches de Gibson dans les dunes Elbow a été la plus basse en 2016 et la plus élevée en 2017, après des périodes de précipitations inférieures à la moyenne et supérieures à la moyenne, respectivement (Bell et al., 2019). Un récent déclin de la population de C. albissima indique qu’une sécheresse de seulement deux ans est suffisante pour faire passer une population de plus de 3000 individus à moins de 200 individus (A. Bell, comm. pers., 2022). D’autres études devraient être réalisées sur les effets potentiels de sécheresses pluriannuelles sur la taille de la population de cicindèle à grandes taches de Gibson et la longévité de ces effets.

11.3 Températures extrêmes

La cicindèle à grandes taches de Gibson vit dans des environnements thermiques extrêmes où la température à la surface du sable peut facilement atteindre plus de 55 °C. Elle possède donc diverses adaptations comportementales (par exemple, surélèvement, recherche d’ombre, voir Pearson et al., 2015) et physiques (par exemple, longues pattes minces, touffes de sétules, grande maculature blanche sur les élytres) qui contribuent à la thermorégulation et au maintien de températures corporelles élevées optimales pour la recherche alimentaire (Dreisig, 1980, 1985). Lorsque les températures à la surface du sable sont trop élevées (> 50 °C), les adultes cessent leur comportement d’alimentation et d’accouplement et s’enfouissent dans le sable pour fuir la chaleur. De même, les larves évitent l’exposition prolongée à la chaleur en bouchant l’entrée de leur chambre larvaire. Les adultes et les larves refont généralement surface lorsque les conditions redeviennent convenables, mais les périodes prolongées où la chaleur est extrême et il n’y a pas de précipitations peuvent entraîner une réduction de l’activité des adultes et des larves (A. Bell, obs. pers.). Les périodes prolongées d’inactivité, par exemple, pourraient réduire les occasions d’alimentation et causer un manque de nourriture. Des études sur le manque de nourriture chez les cicindèles ont montré que, lorsque la prise alimentaire est faible, les femelles produisent moins de descendants, et les larves se développent plus lentement et donnent des pupes et des adultes considérablement plus petits que lorsque la prise alimentaire est élevée (Pearson et Knisley, 1985).

Dans un scénario de réchauffement climatique de 1,5 °C, l’intensité et la fréquence des journées de chaleur extrême devraient augmenter dans l’ensemble des régions intérieures continentales du Canada. Selon les prédictions, l’intensité des chaleurs extrêmes augmentera en été, tout comme le nombre de journées de chaleur extrême. On en sait moins sur les changements de la durée des journées de chaleur extrême (Wolfe et Thorpe, 2005; Hoegh-Guldberg et al., 2018).

5. Objectifs en matière de population et de répartition

L’objectif en matière de population et de répartition est d’améliorerFootnote 16  la stabilitéFootnote 17 des populations existantesFootnote 18 de cicindèle à grandes taches de Gibson au Canada, en assurant l’expansion naturelle de l’aire de répartition de l’espèce.

La cicindèle à grandes taches de Gibson passe deux des trois années de son cycle vital sous forme de larve, enfouie dans le sol. Le nombre d’individus matures fluctue en fonction de facteurs qui ont une incidence sur le taux de survie des larves au cours des années précédentes (principalement les précipitations) (Knisley et Hill, 2001; Gowan et Knisley, 2014). Ces fluctuations de l’abondance ne sont pas nécessairement des indicateurs des menaces à la survie, mais elles compliquent grandement l’évaluation des tendances ou la possibilité de fixer des objectifs quantitatifs précis en matière de population. De plus, la majorité des populations n’ont pas fait l’objet d’un dénombrement, ou ont été revisitées une seule fois; il y a donc des lacunes dans les données sur la taille de la population, l’ampleur des fluctuations, la plage de variabilité naturelle, etc. Ainsi, l’objectif en matière de population est une cible générale, jusqu’à ce que des estimations fiables des populations puissent être obtenues.

La stabilisation des dunes, qui entraîne une diminution de la qualité de l’habitat et de sa quantité, est la principale menace qui pèse sur le rétablissement de la cicindèle à grandes taches de Gibson au Canada, et la répartition de l’espèce est limitée par la répartition spatiale des milieux sableux à végétation clairsemée. Si l’habitat continue de connaître un déclin qualitatif et quantitatif, les populations connues pourraient elles aussi subir un déclin. L’objectif en matière de répartition a donc été établi afin d’inverser ou de prévenir de futures diminutions de la quantité d’habitat et de la qualité de l’habitat, pour améliorer la stabilité de l’habitat et, si possible, maintenir un habitat pour l’expansion naturelle de l’aire de répartition de l’espèce à long terme. 

6. Stratégies et approches générales pour l’atteinte des objectifs

6.1 Mesures déjà achevées ou en cours

Inventaire et surveillance

Troutreach Saskatchewan (Saskatchewan Wildlife Federation) a étudié la dynamique de la population et la répartition de la cicindèle à grandes taches de Gibson dans les dunes Elbow, au parc provincial Douglas, de 2016 à 2018 (Bell et al., 2019). Cette étude est la plus exhaustive réalisée sur l’espèce au Canada.

Gestion et intendance de l’habitat

Le gouvernement de la Saskatchewan (2007) a publié une étude environnementale sur les dunes Great pour évaluer les répercussions des activités humaines sur l’intégrité écologique ou la durabilité dans l’écosystème dunaire.

Des mesures de gestion des parcours et de lutte contre les plantes exotiques envahissantes ont été élaborées puis mises en œuvre dans le parc provincial Pike Lake, le parc provincial Douglas, l’aire de conservation Cranberry Flats et les terres de Conservation de la nature Canada. Ces mesures incluent les brûlages dirigés et/ou le pâturage pour maintenir l’état de l’aire de répartition et lutter contre les plantes exotiques envahissantes. De plus, dans le parc provincial Douglas, l’euphorbe ésule fait l’objet d’une surveillance, et des traitements sont réalisés pour éliminer les plantes exotiques envahissantes au besoin (J. Perry, comm. pers., dans Environment Canada, 2014).

Éducation et sensibilisation

Le gouvernement de la Saskatchewan a créé le Dune Nature Centre et a installé des panneaux le long des sentiers pédestres dans le parc provincial Douglas, pour informer les visiteurs au sujet des écosystèmes dunaires et des cicindèles.

6.2 Orientation stratégique pour le rétablissement

Tableau 3. Tableau de planification du rétablissement
Menace ou élément limitatif Prioritéa Stratégie générale pour le rétablissement Description générale des approches de recherche et de gestion

Toutes les menaces;

Lacunes dans les connaissances

Moyenne-élevée Inventaire et surveillance
  • Élaborer et mettre en œuvre un programme de surveillance normalisé à long terme dans l’ensemble de l’aire de répartition canadienne de l’espèce, pour assurer le maintien des populations connues, la collecte d’information fiable sur la population et l’atténuation des menaces.
  • Mener des relevés visant l’espèce dans les milieux convenables dans les localités non répertoriées et les localités historiques non confirmées pour accroître les connaissances sur l’aire de répartition de l’espèce au Canada.
  • Coordonner des programmes de suivi de la cicindèle à grandes taches de Gibson avec les programmes visant d’autres espèces spécialistes des dunes dans les Prairies canadiennes.
Toutes les menaces, sauf 5.1, 11.2 et 11.3 Élevée Gestion et intendance de l’habitat
  • Élaborer des pratiques de gestion exemplaires qui reproduisent le régime de perturbations naturel et les mettre en œuvre, afin de maintenir la quantité et la qualité de l’habitat convenable requis par la cicindèle à grandes taches de Gibson.
  • Collaborer avec les propriétaires financiers, les gestionnaires des terres, les organismes gouvernementaux et autres parties concernées en vue de promouvoir, de coordonner et d’assurer la mise en place des mesures de gestion adaptative de l’habitat fondées sur les pratiques de gestion exemplaires.
  • Intégrer des pratiques d’intendance relatives aux dunes aux pratiques visant d’autres espèces spécialistes des dunes dans les Prairies canadiennes.
2.3, 5.1, 6.1, 8.1; activités susceptibles de détruire l’habitat essentiel Faible Éducation et sensibilisation
  • Créer une stratégie de communication/sensibilisation ciblant les propriétaires fonciers et les gestionnaires des terres dont les propriétés abritent la cicindèle à grandes taches de Gibson, pour les sensibiliser au sujet de l’espèce, de ses besoins en matière d’habitat et des menaces qui pèsent sur elle.
  • Encourager les propriétaires fonciers et le public à signaler les observations de la cicindèle à grandes taches de Gibson.
  • Élaborer et diffuser des lignes directrices sur l’utilisation des pesticides à l’intérieur ou à proximité de l’habitat essentiel.
  • Élaborer et diffuser des lignes directrices sur les activités de remise en état dans l’habitat essentiel.
Toutes les menaces; Lacunes dans les connaissances; Facteurs limitatifs; Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel Moyenne-élevée Recherche
  • Combler les lacunes dans les connaissances essentielles sur les besoins en matière de microhabitat de tous les stades du cycle vital et sur le rôle de l’habitat convenable principal et secondaire pour la dispersion, la colonisation, la viabilité de la population et la persistance à long terme.
  • Évaluer les effets des activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel, des facteurs limitatifs, des menaces d’origine humaine, des changements climatiques et des techniques de gestion de l’habitat.
  • Combler les lacunes dans les connaissances liées au domaine vital de l’espèce, à la fidélité aux sites, à la taille du territoire, aux distances parcourues quotidiennement pour l’alimentation, etc. pour préciser la désignation de l’habitat essentiel.
  • Réaliser des analyses génétiques des populations du Montana et de l’Utah ainsi que de celles de l’est de la Saskatchewan, du Manitoba et de celles qui se prolongent au sud de la frontière canadienne pour combler les lacunes dans les connaissances sur la classification taxinomique des sous-espèces.

a « Priorité » reflète l’ampleur dans laquelle la stratégie générale contribue directement au rétablissement de l’espèce ou est un précurseur essentiel à une approche qui contribue au rétablissement de l’espèce.

6.3 Commentaires à l’appui du tableau de planification du rétablissement

Inventaire et surveillance

Il faudrait mettre en œuvre des protocoles de relevé et de surveillance normalisés à l’échelle de l’aire de répartition canadienne de l’espèce, pour déterminer si les objectifs en matière de population et de répartition sont atteints, établir une estimation de la taille de la population canadienne et évaluer la stabilité/les tendances de la population canadienne. La méthodologie utilisée dans Gowan et Knisley (2014) pour le C. albissima a pu être adaptée pour la cicindèle à grandes taches de Gibson (Bell et al., 2019) et devrait être utilisée pour l’atteinte de ces objectifs. Il est fortement recommandé que des activités de suivi systématiques régulières soient réalisées sur plusieurs années consécutives dans les populations connues. Les relevés visant les localités non répertoriées ou les localités historiques non confirmées seraient d’importance secondaire. L’ensemble de données créé par Wolfe (2010), qui répertorie toutes les dunes actives et tous les creux de déflation dans les provinces des Prairies canadiennes, devrait être utilisé pour faciliter la planification des relevés. Ces relevés devraient être réalisés en combinaison avec des études visant d’autres espèces des dunes menacées au Canada.

Gestion et intendance de l’habitat

La gestion et l’intendance de l’habitat sont prioritaires pour le rétablissement de la cicindèle à grandes taches de Gibson. Il faudrait mettre au point des stratégies de gestion adaptative de l’habitat qui font appel aux perturbations (par exemple, brûlages dirigés, pâturage, lutte contre les espèces exotiques envahissantes par l’application directe et ciblée d’herbicides et/ou l’utilisation d’agents de lutte biologique) pour réduire les menaces et maintenir l’habitat convenable de l’espèce. Les facteurs menant à la stabilisation des dunes et à la succession dans l’habitat sont les principales menaces pesant sur la cicindèle à grandes taches de Gibson (COSEWIC, 2012), et les objectifs en matière de population et de répartition ont été établis dans ce contexte. La collaboration entre les particuliers, les organisations et les ministères qui possèdent, louent, utilisent ou gèrent des terres abritant la cicindèle à grandes taches de Gibson sera essentielle au rétablissement de l’espèce. 

Dans le passé, la stabilisation des dunes actives était considérée comme une bonne pratique de conservation, et les gestionnaires des terres tentaient de stabiliser les dunes en réprimant les incendies, en procédant activement à des ensemencements, en altérant les régimes de broutage et en déposant divers objets tels que des pneus et des balles dans les creux de déflation (David, 1977; Wallis et Wershler, 1988). La protection des dunes actives n’a été reconnue que récemment comme une mesure de conservation importante. L’utilisation de perturbations visant à réduire l’empiétement de la végétation permettrait d’améliorer l’habitat de la cicindèle à grandes taches de Gibson. De nombreuses méthodes se sont révélées efficaces pour empêcher la stabilisation totale de l’habitat pour d’autres espèces de cicindèles, notamment le pâturage (réalisé selon une intensité et une fréquence et à un moment appropriés), les brûlages dirigés (Knisley, 2005; Mawdsley, 2007), l’utilisation d’herbicide ou d’agents de lutte biologique pour éliminer les plantes exotiques envahissantes (Knisley, 2009; Bouffard et al., 2009) et même le désherbage manuel (Omland, 2004). L’utilisation appropriée d’agents de lutte biologique, comme des altises (Aphthona sp.) pour lutter contre l’euphorbe ésule, nécessite l’évaluation de la composition et de la répartition des plantes envahissantes. Des méthodes semblables ont été mises en œuvre pour améliorer l’habitat d’autres insectes des dunes menacés au Canada (par exemple, l’héliotin d’Aweme [Schinia avemensis], voir Environment Canada, 2014) et pourraient être adaptées pour la cicindèle à grandes taches de Gibson. Les pratiques de gestion de l’habitat et d’intendance pour les dunes devraient être combinées à celles visant d’autres espèces spécialistes des dunes qui vivent aux côtés de la cicindèle à grandes taches de Gibson (annexe C). De manière générale, les mesures de gestion qui comportent ou imitent les régimes naturels de perturbation (p. ex. incendies et pâturage) ne devraient pas avoir d’impact négatif sur la persistance d’autres espèces indigènes, en particulier si le moment, l’intensité et la fréquence des perturbations imitent ceux des processus naturels (Samson et Knopf, 1994).

Éducation et sensibilisation

La cicindèle à grandes taches de Gibson est une excellente candidate pour les activités de sensibilisation et d’éducation, compte tenu de sa grande taille et de ses couleurs vives. Il serait pertinent de mettre à la disposition du public des panneaux et des dépliants contenant des renseignements sur la cicindèle à grandes taches de Gibson et d’autres insectes des dunes menacés dans les endroits où on trouve l’espèce, pour accroître la sensibilisation à l’égard de celle-ci.

Huit des douze populations se trouvent sur des terres privées ou des terres publiques qui ne sont pas désignées comme parc provincial ou autre terre conservée; la mobilisation des propriétaires et des gestionnaires des terres et les mesures d’intendance favorisant la conservation sont essentielles pour le rétablissement de la cicindèle à grandes taches de Gibson. Les besoins en matière d’habitat de la cicindèle à grandes taches de Gibson devraient être pris en compte dans le cadre de la planification de l’utilisation des terres à tous les niveaux (local, municipal, régional, provincial), pour veiller à ce que des pratiques de gestion des terres bénéfiques pour l’espèce soient mises en œuvre dans les endroits où celle-ci est présente. Il sera essentiel de collaborer avec des partenaires en vue de l’élaboration et de la diffusion de lignes directrices sur les activités de remise en état dans l’habitat essentiel pour la planification de l’utilisation des terres, à tous les niveaux, dans l’avenir. Des pratiques de gestion exemplaires adaptatives spécifiques au site concernant l’espèce et son habitat devraient être créées et appliquées pour réduire ou atténuer les menaces et ainsi permettre la conservation; ces pratiques pourraient être mises en œuvre au moyen d’accords d’intendance. L’élaboration et la diffusion de lignes directrices plus strictes sur l’utilisation des pesticides à l’intérieur ou à proximité de l’habitat essentiel contribueront à maintenir l’habitat essentiel à un niveau de qualité permettant qu’il soutienne la cicindèle à grandes taches de Gibson (atténuer les effets de l’application inconsidérée d’herbicides et d’insecticides; élaborer des pratiques de gestion exemplaires pour lutter contre les espèces envahissantes non indigènes). Plusieurs organismes non gouvernementaux voués à la protection de l’environnement ont déjà élaboré des plans de gestion exemplaire plurispécifiques qui pourraient englober les zones occupées par la cicindèle à grandes taches de Gibson, ce qui souligne l’importance de la collaboration dans le cadre des activités futures.

Recherche

L’efficacité des mesures de rétablissement et de gestion de la cicindèle à grandes taches de Gibson repose sur la conduite de travaux de recherche sur l’écologie et les besoins en matière de microhabitat de l’espèce. Les recherches sur le rôle de l’habitat convenable principal et secondaire pour la dispersion, la colonisation et la persistance à long terme peuvent aider à répondre à des questions sur la viabilité de la population. L’information sur les effets des facteurs limitatifs, des menaces d’origine humaine et des changements climatiques sur l’écologie de la cicindèle à grandes taches de Gibson et ses besoins en matière d’habitat est pertinente pour le rétablissement de l’espèce et les objectifs en matière de population et de répartition à long terme. Il faut trouver des techniques de gestion appropriées qui pourront contribuer à la mise au point de mesures de perturbation appropriées visant à améliorer l’état de l’habitat tout en réduisant la mortalité. Il est prioritaire de combler les lacunes dans les connaissances sur l’utilisation de l’habitat et les déplacements (par exemple, superficie du domaine vital et du territoire, fidélité au site, distances parcourues pour l’alimentation) pour mieux définir l’habitat essentiel. Des recherches sur les effets des insecticides sur les proies ou les espèces pollinisatrices amélioreraient notre compréhension des activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel et contribuent à l’élaboration de lignes directrices plus rigoureuses sur l’utilisation des pesticides à l’intérieur ou à proximité de l’habitat essentiel. Lorsque possible, il serait pratique et approprié que les recherches soient réalisées en collaboration avec les équipes de rétablissement d’autres espèces spécialistes des dunes.

Les analyses génétiques réalisées par French et al. (2021) montrent que la cicindèle à grandes taches de Gibson pourrait être endémique au Canada. Il est considéré comme prioritaire de réaliser d’autres analyses génétiques comparant les populations du Canada et des États-Unis pour déterminer l’aire de répartition mondiale de l’espèce. La récente découverte de French et al. (2021) indiquant que deux sous-espèces différentes sur le plan morphologique (C. f. fletcheri et C. f. gibsoni) ne sont pas distinctes sur le plan génétique soulève des questions quant à la classification taxinomique des autres sous-espèces du C. formosa. Les analyses génétiques des sous-espèces du C. formosa dans l’est de la Saskatchewan et au Manitoba sont considérées comme prioritaires pour la clarification des désignations de sous-espèces.

7. Habitat essentiel

7.1 Désignation de l’habitat essentiel de l’espèce

Aux termes du paragraphe 2(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP), l’habitat essentiel est l’« habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce ». Aux termes de l’alinéa 41(1)c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent comprendre une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, et donner des exemples d’activités susceptibles d’en entraîner la destruction.

L’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson est entièrement désigné dans le présent programme de rétablissement, dans la mesure du possible, pour toutes les populations existantes connues, sur la base de la meilleure information accessible, et est actuellement considéré comme suffisant pour que les objectifs en matière de population et de répartition puissent être atteints. De l’habitat essentiel additionnel pourrait être désigné, ou l’habitat essentiel existant pourrait être modifié, si des données nouvelles ou supplémentaires justifiaient l’inclusion de zones au-delà de celles qui sont actuellement désignées (par exemple, colonisation de nouvelles localités, expansion des zones existantes, redécouverte de populations historiques, nouveaux renseignements accessibles concernant les besoins en matière d’habitat).

Les caractéristiques biophysiques de l’habitat convenable pour la cicindèle à grandes taches de Gibson comprennent la lisière dynamique entre le sable actifFootnote 21   et le sable entièrement stabilisé  dans les dunes paraboliques de diverses formes, les creux de déflation, les crêtes de sable et les monticules de sable (habitat convenable principal) ainsi que les parcelles de sable exposé associées aux perturbations linéaires  (par exemple, pistes d’animaux sauvages, sentiers pédestres) qui ont éliminé la végétation dans une portion de la prairie entièrement recouverte de plantes (habitat convenable secondaire / corridors de dispersion). L’habitat convenable se caractérise par un mélange de sable exposé et de végétation en début ou en milieu de succession (de 35 à 50 % de couverture végétale; les espèces végétales associées sont présentées à la section 3.3) qui fournissent une fourchette de conditions thermiques convenant à l’activité (température à la surface du sable allant de 20 à 50 °C), et par du sol meuble qui permet aux juvéniles de construire leur chambre larvaire. L’habitat de lisière est difficile à caractériser et est en constante évolution dans l’espace et dans le temps à cause de la nature de la migration des dunes et des différents types de perturbations à l’échelle du paysage (par exemple, pâturage, incendies, cycles climatiques, fluctuation des niveaux d’eau) qui peuvent avoir un effet combiné et/ou avoir une fréquence variable et ainsi mener aux stades de succession observés dans les dunes.

Compte tenu des processus à l’échelle du paysage nécessaires au maintien des caractéristiques biophysiques de l’habitat convenable et de la nature évolutive de l’habitat convenable sur les plans spatial et temporel, l’habitat essentiel est considéré comme la superficie nécessaire au maintien des conditions d’habitat convenable. Les secteurs renfermant l’habitat essentiel (annexe B) sont délimités par une zone de fonctions essentielles de 500 m partant de la limite extérieure de l’habitat convenable occupé principal ou des occurrences et par une zone de dispersion de 2 km partant de la limite extérieure de la zone de fonctions essentielles. L’habitat essentiel comprend l’ensemble des reliefs naturels, du sol et de la végétation (sauf certaines exclusionsFootnote 21) à l’intérieur de la zone de fonctions essentielles ainsi que tout l’habitat convenable, qui présente les caractéristiques biophysiques définies, à l’intérieur de la zone de dispersion.

La taille du domaine vital et du territoire de la cicindèle à grandes taches de Gibson est inconnue, mais la répartition de l’espèce à l’intérieur d’une dune est liée à la répartition spatiale des milieux sableux à végétation clairsemée, qui sont optimaux pour la thermorégulation (A. Bell, comm. pers., 2021). L’habitat convenable principal occupé a donc été délimitéNote de bas de page 22 de façon à ce qu’il représente le domaine vital d’une occurrence. Dans les endroits où les occurrencesNote de bas de page 23 occupent l’habitat convenable principal occupé, une zone de fonctions essentielles de 500 m est délimitée à partir de la limite extérieure de l’habitat convenable principal occupé. Dans les endroits où les occurrences occupent l’habitat convenable secondaire, une zone de fonctions essentielles de 500 m est délimitée à partir du pointNote de bas de page 24 représentant l’occurrence. La zone de fonctions essentielles de 500 m est fondée sur la distance de dispersion minimale répertoriée pour les cicindèles et représente une estimation de la zone minimale requise pour fournir l’habitat nécessaire à la survie de l’espèce. Les distances de dispersion répertoriées pour les cicindèles varient entre 481 m (Hudgins et al., 2011) et 24 km (Knisley et Schultz, 1997), selon l’espèce. Dans le cadre d’une étude réalisée dans les dunes Elbow, des individus de la cicindèle à grandes taches de Gibson ont été observés le long d’une perturbation linéaire sableuse jusqu’à 2,5 km de la population source (Bell, 2017). Ainsi, une distance de 2,5 km est considérée comme une estimation prudente de la distance de dispersion potentielle de la cicindèle à grandes taches de Gibson, et la zone de dispersion additionnelle de 2 km entourant la zone de fonctions essentielles de 500 m est une estimation de la zone minimale requise pour fournir l’habitat nécessaire au rétablissement de l’espèce.

L’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson a été désigné dans 7 champs de dunes actifs et a une superficie de 43 202,8 hectares (432,02 km²) (1 636,4 hectares en Alberta et 41 566,4 hectares en Saskatchewan) (annexe B). Il occupe ou chevauche environ 883 quarts de sections de terres dans le Système d’arpentage des terres fédérales (35 en Alberta et 848 en Saskatchewan). Toutes les compétences et tous les propriétaires fonciers qui contrôlent l’accès à la zone, ou qui sont actuellement sous bail pour utiliser certaines parties de la zone, peuvent recevoir sur demande les données spatiales géoréférencées ou des cartes de grand format sur lesquelles les limites de l’habitat essentiel sont indiquées (voir l’annexe B).

7.2 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’un élément de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps (Government of Canada, 2009). Le tableau 4 donne des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson; il peut toutefois exister d’autres activités destructrices.

Tableau 4. Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel
Description de l’activité Description de l’effet Détails sur l’effet
Compactage, recouvrement, retournement, excavation ou extraction de sol (par exemple, construction ou expansion de structures permanentes ou temporaires, passage répété de véhicules motorisés, éléments qui concentrent l’activité du bétail, épandage de déchets solides ou aménagement de plateformes routières, mise en culture de nouvelles terres, exploitation de carrières de sable et de gravier, aménagement de mares-réservoirs, installation de pipelines, scarification du sol à des fins d’aménagement de plates‑formes) Le compactage peut altérer la structure et la porosité du sol, directement détruire les chambres larvaires souterraines et modifier les conditions de l’habitat, au point où les chambres souterraines et l’activité des larves ne seraient plus viables dans le site. Le recouvrement du sol bloque le rayonnement solaire et l’infiltration de l’eau dont ont besoin pour germer les graines et pour survivre les plantes nécessaires au maintien de l’habitat en milieu de succession (de 35 à 50 % de couverture végétale), et empêche directement les individus d’accéder au substrat dans lequel ils creusent leurs chambres et accèdent à leurs proies. Le retournement, l’excavation ou l’extraction de sol peuvent modifier la porosité du sol et, conséquemment, les régimes de température et d’humidité, de sorte que les communautés végétales changent pour devenir dominées par des espèces envahissantes compétitives. Ces activités causent aussi une perte directe du substrat dont l’espèce dépend pour sa survie et représenteraient une élimination directe de l’habitat essentiel et des résidences (chambres souterraines larvaires). Cette activité doit être menée à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel pour entraîner la destruction de celui-ci; ses effets peuvent être directs ou cumulatifs et se produire à tout moment de l’année.
Modification du régime hydrologique (par exemple, construction d’ouvrages de retenue en aval causant une inondation temporaire ou permanente, déversements d’eau accidentels ou intentionnels en amont; épuisement des réserves d’eau souterraine; irrigation) La cicindèle à grandes taches de Gibson est adaptée aux conditions semi-arides, de sorte qu’une inondation par des substances telles que l’eau ou les hydrocarbures, même de courte durée, peut être suffisante pour modifier l’habitat et le rendre non propice à la survie et au rétablissement de l’espèce. Par exemple, la construction routière peut interrompre ou altérer l’écoulement de l’eau en surface, modifiant les conditions du milieu et menaçant la survie à long terme de l’espèce dans la localité touchée. Par exemple, l’irrigation peut entraîner une hausse des précipitations en aval et ainsi favoriser la végétalisation des dunes et réduire la qualité de l’habitat essentiel. Par exemple, l’ouverture des vannes du barrage en amont peut inonder l’habitat essentiel en bordure de la rivière Saskatchewan Sud et le rendre non convenable pour la cicindèle à grandes taches de Gibson. Cette activité peut être menée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des limites de l’habitat essentiel pour entraîner la destruction de celui-ci; ses effets peuvent être directs ou cumulatifs et se produire à tout moment de l’année.
Application inconsidérée d’engrais ou de pesticides (par exemple, la pulvérisation non sélective d’herbicides contre les mauvaises herbes à feuilles larges et d’insecticides ou l’ajout arbitraire d’engrais au sol) L’application non sélective d’herbicides contre les mauvaises herbes à feuilles larges et d’engrais qui peuvent détruire l’habitat essentiel a pour effet de modifier la disponibilité de l’eau et des éléments nutritifs dans le sol, ce qui peut entraîner un changement de la composition spécifique de la communauté végétale environnante. Ces changements, en plus de modifier la concurrence interspécifique, pourraient rendre l’habitat non convenable. L’utilisation ponctuelle ou répétée d’insecticides à large spectre peut réduire la quantité de proies (voir la section 3.3) et de pollinisateurs, ce qui peut avoir un effet négatif sur la fonction de l’habitat essentiel. Cette activité peut être menée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des limites de l’habitat essentiel pour entraîner la destruction de celui-ci (par exemple, par la dérive de produits chimiques, l’écoulement souterrain ou terrestre d’eau contaminée); ses effets peuvent être directs ou cumulatifs et se produire à tout moment de l’année.
Introduction délibérée de plantes exotiques envahissantes ou création de conditions favorisant leur prolifération (par exemple, le rejet ou l’épandage intentionnel de balles de fourrage contenant des graines viables d’espèces exotiques envahissantes, le semis d’espèces envahissantes, l’utilisation de véhicules motorisés non nettoyés et contaminés par des matières provenant des espèces envahissantes) Une fois établies, les plantes exotiques envahissantes peuvent modifier la disponibilité des ressources dans le sol et entrer en concurrence directe avec les végétaux indigènes, entraînant un changement de la composition des communautés végétales et une stabilisation accrue des milieux sableux. L’habitat essentiel peut être détruit par des espèces exotiques envahissantes (voir la section 4.2), ainsi que par d’autres mauvaises herbes nuisibles ou mauvaises herbes nuisibles interdites. Il pourrait aussi être détruit par les espèces suivantes, qui ne sont limitées par aucune réglementation en raison de leur valeur économique : brome inerme (Bromus inermis), agropyre à crête, mélilot jaune (Melilotus officinalis) et mélilot blanc (Melilotus alba). Cette forme de destruction est souvent associée à un effet cumulatif résultant des quatre premiers exemples de destruction de l’habitat essentiel. Cette activité peut être menée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des limites de l’habitat essentiel pour entraîner la destruction de celui-ci; ses effets peuvent être directs ou cumulatifs et se produire à tout moment de l’année.
Gestes délibérés pour stabiliser les dunes (par exemple, revégétalisation, utilisation de bales de lin ou de pneus, paillage, installation de barrières de protection ou de membranes géotextiles) Ces interventions peuvent favoriser artificiellement la colonisation végétale, modifier la diversité et la structure des communautés végétales, causer la stabilisation des dunes ou accélérer la succession végétale dans les dunes, contribuant ainsi à la perte d’habitat essentiel. Cette activité peut être menée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des limites de l’habitat essentiel pour entraîner la destruction de celui-ci; ses effets peuvent être directs ou cumulatifs et se produire à tout moment de l’année. Cette catégorie s’applique uniquement aux activités répréhensibles.
Épandage de déchets (par exemple, épandage de matières comme du fumier, des boues de forage et des liquides provenant de fosses septiques) Ces activités peuvent altérer la disponibilité des ressources du sol, la composition spécifique, et faire augmenter le nombre de plantes compétitives dans les environs, l’habitat essentiel s’en trouvant là aussi détruit. Bien que ces matières liquides ou semi-liquides puissent s’infiltrer à la surface du sol à court terme, elles ne laissent que peu d’indices à long terme à la surface du sol quant à la cause de changements négatifs observés par la suite. Cette activité peut être menée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des limites de l’habitat essentiel pour entraîner la destruction de celui-ci (par exemple, par la dérive, l’écoulement souterrain ou terrestre d’eau contaminée); ses effets peuvent être directs ou cumulatifs et se produire à tout moment de l’année.

8. Mesure des progrès

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. Tous les cinq ans, la réussite de la mise en œuvre du programme de rétablissement sera mesurée en fonction des indicateurs de rendement suivants :

9. Énoncé sur les plans d’action

Un ou plusieurs plans d’action visant la cicindèle à grandes taches de Gibson seront publiés dans le Registre public des espèces en péril dans les cinq ans suivant l’achèvement du présent programme de rétablissement.

10. Références

Acorn, J. H. 1988. Sand dune tiger beetles in western Canada: community ecology, colouration, and historical biogeography. Mémoire de maîtrise, University of Alberta. 159 pp

Acorn, J. H. 1992. The historical development of geographic color variation among dune Cicindela in western Canada. In: Noonan G. E., Ball G. E. et N.E. Stork (Eds.). The biogeography of ground beetles of mountains and islands. Intercept Press, Andover, Massachusetts. p 256

Acorn, J. H. 1991. Habitat associations, adult life histories, and species interactions among sand dune tiger beetles in the southern Canadian Prairies (Coleoptera: Cicindelidae). Cicindela 23: 17-48

Acorn, J. H. 2004. Grassland tiger beetles in Canada. Department of Renewable Resources, University of Alberta

Acorn, J. H. 2011. Sand Hill Arthropods in Grasslands. In: Floate, K. D. (Ed.). Arthropods of Canadian Grasslands (Volume 2): Inhabitants of a Changing Landscape. Biological Survey of Canada. pp 25-43

Allen, M.R., Dube, O.P., Solecki, W., Aragón-Durand, F., Cramer, W., Humphreys, S., Kainuma, M., Kala, J., Mahowald, N., Mulugetta, Y., Perez, R., Wairiu, M. and K. Zickfeld. 2018. Framing and Context. In: Masson-Delmotte, V., Zhai, P., Pörtner, H. O., Roberts, D., Skea, J., Shukla, P.R., Pirani, A., Moufouma-Okia, W., Péan, C., Pidcock, R., Connors, S., Matthews, J.B.R., Chen, Y., Zhou, X., Gomis, M.I., Lonnoy, E., Maycock, T., Tignor, M. et T. Waterfield (Eds.). Global Warming of 1.5°C. An IPCC Special Report on the impacts of global warming of 1.5°C above pre-industrial levels and related global greenhouse gas emission pathways, in the context of strengthening the global response to the threat of climate change, sustainable development, and efforts to eradicate poverty. Sous presse. Site Web :https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/sites/2/2019/06/SR15_Full_Report_High_Res.pdf (Consulté en octobre 2021)

Alter, R. E., Im, E. S. et E. A. Eltahir. 2015. Rainfall consistently enhanced around the Gezira Scheme in East Africa due to irrigation. Nature Geoscience 8(10): 763-767

Bakker, J. et S. Wilson. 2001. Competitive abilities of introduced and native grasses. Plant Ecology 157: 117-125

Bauer, K. L. 1991. Observations on the developmental biology of Cicindela arenicola Rumpp (Coleoptera: Cicindelidae). Great Basin Naturalist 51: 226-235

Belcher, J. W. et S. D. Wilson. 1989. Leafy spurge and the species composition of a mixed-grass prairie. Journal of Range Management 42:172-175

Bell, A. J. 2017. Chasing Tigers: Population assessment of the inperiled Gibson’s Big Sand Tiger Beetle (Cicindela formosa gibsoni) in the Elbow Sand Hills. Sommaire des résultats, données inédites.

Bell, A. J., Calladine, K. S. et I. D. Phillips. 2019. Distribution, abundance, and ecology of the threatened Gibson’s Big Sand Tiger Beetle (Cicindela formosa gibsoni Brown) in the Elbow Sand Hills of Saskatchewan. Journal of Insect Conservation 23: 957‑965

Biondini, M.E., Patton, B.D. et P.E. Nyren. 1998. Grazing intensity and ecosystem processes in a northern mixed-grass prairie, USA. Ecological Applications 8: 469‑479

Bouffard, S. H., Tindall, K. V. et K. Fothergill. 2009. Herbicide treatment to restore St. Anthony Dune tiger beetle habitat: a pilot study. Cicindela 41: 13-24

Bousquet, Y. et A. Larochelle. 1993. Catalogue of the Geadephaga (Coleoptera: Trachypachidae, Rhysodidae, Carabidae including Cicindelini) of America north of Mexico. Memoirs of the Entomological Society of Canada 167: 397 p

Bram, A. L. et C. B. Knisley. 1982. Studies of the bee fly, Anthrax analis (Bombyliidae), parasitic on tiger beetle larvae (Cicindelidae). The Virginia Journal of Science 33: 99

Brockway, D.G., Gatewood, R.G. et R.B. Paris. 2002. Restoring fire as an ecological process in shortgrass prairie ecosystems: initial effects of prescribed burning during the dormant and growing seasons. Journal of Ecological Management 65: 135-152

Brooks, M.L., D’Antonio, C.M., Richardson, D.M., Grace, J.B., Keeley, J.E., DiTomaso, J.M., Hobbs, R.J., Pellant, M. et D. Pyke. 2004. Effects of invasive alien plants on fire regimes. Bioscience 54: 677-688

Brown, C. R. et T. C. MacRae. 2003. An assessment of the status of the saline spring tiger beetle (Cicindela circumpicta johnsoni Fitch) in Missouri. Unpublished report to Missouri Department of Conservation. Jefferson City, Missouri, USA. 7 pp

Butler, J. L . et D. R. Cogan. 2004. Leafy spurge effects on patterns of plant species richness. Journal of Range Management 57:305-311

Butts, T, Fritz, B., Kouame, K., Norsworthy, J., Barber, L., Ross, W., Lorenz, G., Thrash, B., Bateman, N. et J. Adamczyk. 2022. Herbicide spray drift from ground and aerial applications: Implications for potential pollinator foraging sources. Scientific Reports 12: 18017.

Cannings, R. 2010. Robber Flies (Insecta: Diptera: Asilidae) of the Montane Cordillera Ecozone. Royal British Columbia Museum, Victoria, British Columbia

Christian, J. et S. Wilson. 1999. Long-term ecosystem impacts of an introduced grass in the northern great plains. Ecology 80: 2397-2407

Collins, S.L. 1987. Interaction of disturbances in tallgrass prairie: a field experiment. Ecology 68: 1243-1250

COSEWIC. 2012. COSEWIC Assessment and Status Report on the Gibson’s Big Sand Tiger Beetle Cicindela formosa gibsoni in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. ix + 42 pp. Site Web : https://species-registry.canada.ca/index-en.html#/documents/1321 (Consulté en September 2021) (Également disponible en français : COSEPAC. 2012. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la cicindèle à grandes taches de Gibson Cicindela formosa gibsoni au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. ix + 49 p. Site Web : https://registre-especes.canada.ca/index-fr.html#/documents/1321)

Criddle, N. 1910. Habits of some Manitoba tiger beetles, No. 2 (Cicindelidae). The Canadian Entomologist 42: 9-15

Criddle, N. 1919. Popular and practical entomology. Fragments in the life habits of Manitoba insects. The Canadian Entomologist 51: 97-101

Daubenmire, R. 1968. Soil moisture in relation to vegetation distribution in the mountains of Northern Idaho. Ecology 49: 431-438

David, P. P. 1977. Sand dune occurrences of Canada: a theme and resource inventory study of eolian landforms of Canada. Department of Indian and Northern Affairs, National Parks Branch. Ottawa. 183 pp

Davis, S. 1998. Effects of prescribed fire on small mammals and beetle assemblages in conservation reserve program (CRP) grasslands. Mémoire de maîtrise, Texas Tech University, Lubbock, Texas.

DeAngelis, A., Dominguez, F., Fan, Y., Robock, A., Kustu, M. D. et D. Robinson. 2010. Evidence of enhanced precipitation due to irrigation over the Great Plains of the United States. Journal of Geophysical Research: Atmospheres 115 (D15)

Dreisig, H. 1980. Daily activity, thermoregulation, and water loss in the tiger beetle Cicindela hybrida. Oecologia 44: 376-389

Dreisig, H. 1984. Control of body temperature in shuttling ectotherms. Journal Thermal Biology 9: 229-233

Dreisig, H. 1985. A time budget model of thermoregulation in shuttling ectotherms. Journal of Arid Environments 8: 191-205

Environment Canada. 2014. Recovery strategy for the Gold-edged Gem (Schinia avemensis) in Canada. Species at Risk Act Recovery Strategy Series. Environment Canada, Ottawa. iv + 31pp. (Également disponible en français : Environnement Canada. 2014. Programme de rétablissement de l’héliotin d’Aweme (Schinia avemensis) au Canada. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Environnement Canada, Ottawa. v + 34 p.)

Environment Canada. 2012. Recovery Strategy for the Small-flowered Sand-verbena (Tripterocalyx micranthus) in Canada. Species at Risk Act Recovery Strategy Series. Environment Canada, Ottawa. v + 47 pp. (Également disponible en français : Environnement Canada. 2012. Programme de rétablissement de l’abronie à petites fleurs (Tripterocalyx micranthus) au Canada. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Environnement Canada, Ottawa. v + 50 p.)

Ecological Stratification Working Group (ESWG). 2017. A National Ecological Framework for Canada. Agriculture and Agri-Food Canada, Research Branch, Centre for Land and Biological Resources Research and Environment Canada, State of the Environment Directorate, Ecozone Analysis Branch, Ottawa/Hull. Report and national map at 1:7500 000 scale.

Epp, H. T. et L. Townley-Smith. 1980. The Great Sand Hills of Saskatchewan. Saskatchewan Department of the Environment, Regina, Saskatchewan

Foster, R. 2010. Summary of 2010 Field Surveys for Gibson’s Big Sand Tiger Beetle (Cicindela formosa gibsoni). Unpublished report by Northern Bioscience for COSEWIC. 28 p

Frank, D. A., McNaughton, S. J. et B. F. Tracy. 1998. The ecology of the earth’s grazing ecosystems. BioScience 48: 513-521

Freitag, R. P. 1999. Catalogue of the tiger beetles of Canada and the United States. National Research Council Research Press, Ottawa, Canada

French, R.L.K., Bell, A.J., Calladine, K.S., Acorn, J.H. et F.A.H. Sperling. 2021. Genomic distinctness despite shared color patterns among threatened populations of a tiger beetle (Cicindela formosa). Conservation Genetics. Website https://link.springer.com/article/10.1007/s10592-021-01370-1 (Consulté en septembre 2021)

Fuhlendorf, S.D. et D.M. Engle. 2001. Restoring heterogeneity on rangelands: ecosystem management based on evolutionary grazing patterns. Bioscience 51: 625–632

Gaumer, G.C. 1977. The variation and taxonomy of Cicindela formosa Say (Coleoptera: Cicindelidae). Dissertation, Texas A et M University

Gill, R.J. et N.E. Raine. 2014. Chronic impairment of bumblebee natural foraging behavior induced by sublethal pesticide exposure. Functional Ecology.

Glasier, J., Nielsen, S. et J. Acorn. 2015. The real “fire ants”: colony size and body size of workers influence the fate of boreal sand hill ants (Hymenoptera: Formicidae) after wildfires in Alberta, Canada. The Canadian Entomologist 147: 396-404

Godfray,H.C.J., Blacquiere, T., Field, L.M., Hails, R.S., Petrokofsky, G., Potts, S.G., Raine, N.E., Vanbergen, A.J. et A.R. McLean. 2014. A restatement of the natural science evidence base concerning neonicotinoid insecticides and insect pollinators. Proceedings of The Royal Society Biological Sciences 281.

Gordon, D. R. 1998. Effects of invasive, non-indigenous plant species on ecosystem processes: lessons from Florida. Ecological Applications 8: 975-989

Government of Alberta. 2021. Historic Expansion for Alberta Irrigation. Site Web : https://www.alberta.ca/release.cfm?xID=744409082E7B3-B5F3-0F7A-8E5CF641A4308087 (Consulté en avril 2023)

Government of Canada. 2009. Species at Risk Act Policies, Overarching Policy Framework (draft). Species at Risk Act Policy and Guidelines Series, Environment Canada, Ottawa. 38 pp. (Également disponible en français : Gouvernement du Canada. 2009. Politiques de la Loi sur les espèces en péril, Cadre général de politiques (ébauche). Loi sur les espèces en péril : Séries de politiques et de lignes directrices, Environnement Canada, Ottawa. 42 p.)

Government of Canada. 2022. Pesticides Indicator. Disponible à l’adresse : Pesticides Indicator - agriculture.canada.ca https://agriculture.canada.ca/en/environment/resource-management/indicators/pesticides-indicator (Consulté en février 2024). (Également disponible en français : Gouvernement du Canada. 2022. Indicateur des pesticides. Disponible à l’adresse : Indicateur des pesticides - agriculture.canada.ca. https://agriculture.canada.ca/fr/environnement/gestion-ressources/indicateurs/indicateur-pesticides)

Government of Saskatchewan. 2007. Great Sand Hills Regional Environmental Study. Great Sand Hills Advisory Committee. Site Web : https://publications.saskatchewan.ca/#/products/77393 (Consulté en septembre 2021)

Government of Saskatchewan, Water Security Agency. 2021. Lake Diefenbaker Irrigation Projects. Site Web : https://diefenbakerirrigation.ca/our-projects/ (Consulté en avril 2023)

Gowan, C. et C. B. Knisley. 2014. Distribution, abundance and conservation of the highly endemic Coral Pink Sand Dune tiger beetle, Cicindela albissima Rumpp. Biodiversity 15: 119-129

Hadley, N. F., Savill, A. et T. D. Schultz. 1992. Coloration and its thermal consequences in the New Zealand tiger beetle Neocicindela perhispida. Journal of Thermal Biology 17: 55-61

Henderson, D.C. 2005. Ecology and Management of Crested Wheatgrass Invasion. Thèse de doctorat, University of Alberta, Edmonton, Alberta. 137 pp

Henderson, D. C. et M. A. Naeth. 2005. Multi-scale impacts of crested wheatgrass invasion in mixed-grass prairie. Biological Invasions 7: 639-650

Higgins, K.F., Kruse, A.D. et J.L. Piehl. 1989. Effects of fire in the Northern Great Plains. US Fish and Wildlife Service and Cooperative Extension Service, South Dakota State University, Brookings, South Dakota. Extension Circular 761. Jamestown, ND: Northern Prairie Wildlife Research Center Online. Site Web : http://pubs.er.usgs.gov/publication/93747 (Consulté en décembre 2020)

Hoegh-Guldberg, O., Jacob, D., Taylor, M., Bindi, M., Brown, S., Camilloni, I., Diedhiou, A., Djalante, R., Ebi, K.L., Engelbrecht, F., Guiot, J., Hijioka, Y., Mehrotra, S., Payne, A., Seneviratne, S.I., Thomas, A., Warren, R. and G. Zhou. 2018. Impacts of 1.5ºC Global Warming on Natural and Human Systems. In: Masson-Delmotte, V., Zhai, P., Pörtner, H. O., Roberts, D., Skea, J., Shukla, P.R., Pirani, A., Moufouma-Okia, W., Péan, C., Pidcock, R., Connors, S., Matthews, J.B.R., Chen, Y., Zhou, X., Gomis, M.I., Lonnoy, E., Maycock, T., Tignor, M. et T. Waterfield (Eds.). Global Warming of 1.5°C. An IPCC Special Report on the impacts of global warming of 1.5°C above pre-industrial levels and related global greenhouse gas emission pathways, in the context of strengthening the global response to the threat of climate change, sustainable development, and efforts to eradicate poverty. Sous presse. Site Web : https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/sites/2/2019/06/SR15_Full_Report_High_Res.pdf (Consulté en octobre 2021)

Hooper, R. R. 1969. A review of Saskatchewan tiger beetles. Cicindela. 1: 1

Houston, W. 1999. Landscape classification and impact of cattle grazing on vegetation and range condition in the Dundurn Sand Hills, Saskatchewan. Mémoire de maîtrise, University of Saskatchewan, Saskatoon, Saskatchewan.

Hudgins, R., Norment, C., Schlesinger, M. D. et P. G. Novak. 2011. Habitat selection and dispersal of the Cobblestone Tiger Beetle (Cicindela marginipennis Dejean) along the Genesee River, New York. The American Midland Naturalist 165: 304-318

Hugenholtz, C. H. et S.A. Wolfe. 2005. Biogeomorphic model of dunefield activation and stabilization on the northern Great Plains. Geomorphology 70: 53-70

Hugenholtz, C. H., Bender, D. et S. A. Wolfe. 2010. Declining sand dune activity in the southern Canadian prairies: historical context, controls and ecosystem implications. Aeolian Research 2: 71-82

Ibrakhimov, M., Awan, U. K., George, B. et U. W. Liaqat. 2018. Understanding surface water–groundwater interactions for managing large irrigation schemes in the multi-country Fergana valley, Central Asia. Agricultural Water Management 201: 99-106

I.H.S. 2020. Alberta and Saskatchewan oil/gas well and pipeline data. Site Web : http://www.ihs.com/products/oil-gas-information/well-data/canada.aspx (Consulté en octobre 2020)

iNaturalist. 2019. Site Web : https://inaturalist.ca/ (Consulté en août 2019)

Industry West. 2020. Saskatchewan’s potash industry looks forward to 2020 with ‘cautious optimism’. Site Web : https://industrywestmagazine.com/features/saskatchewans-potash-industry-looks-forward-to-2020-with-cautious-optimism/ (Consulté en décembre 2020)

Jobin, B., Labrecque, S., Grenier, M. et G. Falardeau. 2008. Object-based classification as an alternative approach to the traditional pixel-based classification to identify potential habitat of the grasshopper sparrow. Environmental Management 41: 20-31.

Jordan, N.R., Larson, D.L. et S.C. Huerd. 2008. Soil modification by invasive plants: effects on native and invasive species of mixed-grass prairies. Biological Invasions 10: 177-190

Kippenhan, M. 1990. Tiger beetles and ants. Cicindela 22: 53-59

Knapp, A.K., Blair, J.M., Briggs, J.M., Collins, S.L., Hartnett, D.C., Johnson, L.C. et E.G. Towne. 1999. The keystone role of bison in North American tallgrass prairie. Bioscience 49: 39-50

Knisley, C. B. 1987. Habitats, food resources, and natural enemies of a community of larval Cicindela in south-eastern Arizona (Coleoptera: Cicindelidae). Canadian Journal of Zoology 65: 1191-1200

Knisley, C. B. et T. D. Schultz. 1990. Seasonal activity and thermoregulatory behavior of Cicindela patruela (Coleoptera: Cicindelidae). Annals of the Entomological Society of America 83: 911-915

Knisley, C. B. et T. D. Schultz. 1997. The biology of tiger beetles and a guide to the species of the south Atlantic states. Virginia Museum of Natural History Special Publications No. 5. 210 pp

Knisley, C. B. et J. M. Hill. 2001. Biology and conservation of the Coral Pink Sand Dunes tiger beetle, Cicindela limbata albissima Rumpp. Western North American Naturalist 61: 381-394

Knisley, C. B. et R. A. Arnold. 2004. Biology and conservation of the Ohlone tiger beetle, Cicindela ohlone. Final report to U. S. Fish and Wildlife Service. Ventura, California, USA. 34 pp

Knisley, C. B. 2005. Status survey of the Highlands tiger beetle, Cicindela highlandensis, 2005. Final report to U. S. Fish and Wildlife Service. Vero Beach, Florida, USA. 22 pp

Knisley, C. B. 2009. Distribution and abundance of two rare tiger beetles, Cicindela dorsalis media and C. lepida, at Assateague island National Seashore in 2008. Final report to Assateague Island National Shoreline, Berlin, Maryland, USA, 10 pp

Knisley, C. B. et R. D. Haines. 2010. Conservation status of the San Joaquin tiger beetle, Cicindela tranquebarica joaquinensis. Final report to Sacramento Fish and Wildlife Service, Sacramento, California. 25 pp

Knisley, C. B. 2011. Anthropogenic disturbances and rare tiger beetle habitats: benefits, risks, and implications for conservation. Terrestrial Arthropod Reviews 4: 41-61

Knisley, C. B., Drummond, M. et J. McCann. 2016. Population trends of the Northeastern Beach tiger beetle, Cicindela dorsalis dorsalis Say (Coleoptera: Carabidae: Cicindelinae) in Virginia and Maryland, 1980s through 2014. The Coleopterists Bulletin 70: 255-271

Knisley, C. B., Gowan, C. et M. S. Fenster. 2017. Effects of off-highway vehicles on sandy habitat critical to survival of a rare beetle. Insect Conservation and Diversity 11: 185-193

Knisley, C. B., Gowan, C. et C. Wirth. 2018. Effects of soil moisture, vegetation and food on adult activity, oviposition and larval development in the tiger beetle, Cicindela albissima, Rumpp. Journal of Insect Conservation 22: 443-449

Knisley, C. B. et D. Brzoska. 2018. Habitat, distribution, biology, and conservation of the Miami tiger beetle, Cicindela floridana (Cartwright) (Coleoptera: Carabidae: Cicindelinae). The Coleopterists Bulletin 72: 1-8

Kohl, M.T., Krausman, P.R., Kunkel, K. et D.M. Williams. 2013. Bison versus cattle: are they ecologically synonymous? Rangeland Ecology et Management 66: 721-731

Larochelle, A. 1974a. The food of Cicindelidae of the world. Cicindela 6: 21-43

Larochelle, A. 1974b. North American amphibians and reptiles as predators of tiger beetles. Cicindela 6: 83-87

Larochelle, A. 1975a. Birds as predators of tiger beetles. Cicindela 7: 1-7

Larochelle, A. 1975b. North American mammals as predators of tiger beetles Cicindela 7: 9-11

Lavigne, R. J. 1972. Cicindelids as prey of robber flies (Diptera: Asilidae). Cicindela 4: 1-7

Lesica, P. et S. Cooper. 1999. Succession and disturbance in sandhills vegetation: constructing models for managing biological diversity. Conservation Biology 13: 293‑302

Lesica, P. et T. DeLuca. 2000. Melilotus: a potential problem for the northern Great Plains. Journal of Soil and Water Conservation 55: 259-261

Longpre, G. et M. Tremblay. 2017. Pike Lake Prescribed Burn Plan 2017. Saskatchewan Ministry of Parks, Culture et Sport – Parks Division.

Mawdsley, J. R. 2007. Ecology, distribution, and conservation biology of the tiger beetle Cicindela patruela consentanea Dejean (Coleoptera: Carabidae: Cicindelinae). Proceedings of the Entomological Society of Washington 109: 17-28

McCravy, K.W. et K.A. Baxa. 2011. Diversity, seasonal activity and habitat associations of Robber Flies (Diptera: Asilidae) in West-Central Illinois. The American Midland Naturalist 166: 85-97

Milchunas, D.G., Lauenroth, W.K., Chapman, P.L. et M. K. Kazempour. 1989. Effects of grazing, topography, and precipitation on the structure of a semiarid grassland. Vegetation 80: 11-23

Milchunas, D. G., Lauenroth, W.K. et P. L. Chapman. 1992. Plant competition, abiotic, and long- and short-term effects of large herbivores on demography of opportunistic species in a semiarid grassland. Oecologia 92: 520-531

Milchunas, D. G. et W. K. Lauenroth. 1993. Quantitative effects of grazing on vegetation and soils over a global range of environments. Ecological Monographs 63: 328-366

Muller, I. B., Buhk, C., Alt, M., Entling, M. H. et J. Schirmel. 2016. Plant functional shifts in Central European grassland under traditional flood irrigation. Applied Vegetation Science 19(1): 122-131

NatureServe. 2021a. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web]. Version 7.1. NatureServe, Arlington, Virginia. Site Web : https://explorer.natureserve.org/Taxon/ELEMENT_GLOBAL.2.112400/Cicindela_formosa_gibsoni (Consulté en mars 2021)

NatureServe. 2021b. NatureServe Conservation Tools [application Web]. NatureServe, Arlington, Virginia. Site Web : https://www.natureserve.org/conservation-tools/element-occurrence-data-standard (Consulté en septembre 2021)

Omland, K. S. 2004. Puritan tiger beetle (Cicindela puritana) on the Connecticut River: habitat management and translocation alternatives, p. 137-149. In: Akcakaya, H. R., Burgman, M. A., Kindvall, O., Wood, C. C., Sjogren-Gulve, P., Hatfield, J. S. et M. A. McCarthy (Eds.). Species Conservation and Management: Case Studies. Oxford University Press, New York. 552 p

Ozkan, H.E. et H. Zhu. 2016. Effect of major variables on drift distances of spray droplets. Ohio State University Extension Disponible à l’adresse : Effect of Major Variables on Drift Distances of Spray Droplets | Ohioline (osu.edu) https://ohioline.osu.edu/factsheet/fabe-525 (Consulté en février 2024).

Paulson, I.W., Gerspacher, J., Gagnon, B.J., Landry, H., Sumner, D. et D.J. Bergstrom. 2022. Experimental characterization of the aerodynamic wake of a high-clearance sprayer with changing operational parameters. Journal of the ASABE 65 (3).

Pearson, D. L., Knisley, C. B., Duran, D. P. et C. J. Krazilek. 2015. A field guide to the tiger beetles of the United States and Canada. Identification, natural history, and distribution of the Cicindelinae. Second Edition. Oxford University Press, New York, New York. viii + 251

Pearson, D. L. et C. B. Knisley. 1985. Evidence for food as a limiting resource in the life cycle of tiger beetles (Coleoptera: Cicindelidae). Oikos 45: 161-168

Reader, R. J., Wilson, S. D., Belcher, J. W., Wisheu, I., Keddy, P. A., Tilman, D., Morris, E. C., Grace, J. B., McGraw, J. B., Olff, H., Turkington, R., Klein, E., Leung, Y., Shipley, B., vanHulst, R., Johansson, M. E., Nilsson, C., Gurevitch, J., Grigulis, K. et B. E. Beisner. 1994. Plant competition in relation to neighbor biomass: an intercontinental study with Poa pratensis. Ecology 75: 1753-1760

Runquist, E., Nordmeyer, C. et S. Stapleton. 2024. Widespread annual occurrence of pesticides within designated critical habitats for endangered prairie butterflies. Journal of Insect Conservation: 14 pp.

Samson, F.B. et F.L. Knopf. 1994. Prairie conservation in North America. Bioscience 44: 418-421

Samson, F. B., Knopf, F. L. et W. R. Ostlie. 2004. Great Plains ecosystems: past, present, and future. Wildlife Society Bulletin 32: 6-15

Saskatchewan Mining and Petroleum GeoAtlas. 2020. Mine Locations, Oil and Gas, Mineral Resource Assessment, Geological Maps and Publications, Resource Maps. Site Web :https://gisappl.saskatchewan.ca/Html5Ext/index.html?viewer=GeoAtlas (Consulté en novembre 2020)

Saskatchewan Ministry of Environment, Government of Saskatchewan. 2020. Wildfire Management Interactive Map. Site Web : https://gisappl.saskatchewan.ca/Html5Ext/?viewer=wfmpublic (Consulté en novembre 2020)

Saskatchewan Ministry of Parks, Culture and Sport. 2019. Arrow Head Prescribed Burn Plan 2019 Douglas Provincial Park. Landscape protection unit – Parks Division.

Selleck, G. W., Coupland, R. T. et C. Frankton. 1962. Leafy spurge in Saskatchewan. Ecological Monographs 32:1-29

Shelford, V. E. 1908. Life-histories and larval habits of the tiger beetles (Cicindelidae). Journal of the Linnaen Society of London 30: 157-184, plates 23-26

Sinton, H.M. 2001. Prairie oil and gas: A lighter footprint. Alberta Environment. Edmonton, AB. 67 pp

Special Areas Board. 2019. Special Areas Water Supply Project. Site Web : https://specialareas.ab.ca/wp-content/uploads/2020/02/SAWSP-project-profile.pdf (Consulté en avril 2023)

Thorpe, J. et R. Godwin. 1992. Regional Vegetation Management Plan for Douglas Provincial Park and Elbow PFRA Pasture. SRC Publication no. E-2520-l-E-92, Saskatoon, SK

Thorpe, J., Wolfe, S., Campbell, J., LeBlanc, J. et R. Molder. 2001. An ecological approach for evaluating land use management and climate change adaptation strategies on sand dune areas in the Prairie Provinces. Canadian Climate Impacts and Adaptation Research Network. Prairie Adaptation Research Collaborative Project, Regina. Issue 07

Tsoar, H. 2004. Sand dunes mobility and stability in relation to climate. Physica A: Statistical Mechanics and its Applications 357: 1-8

U. S. Fish and Wildlife Service (USFWS). 2005. Endangered and threatened wildlife and plants; determination of endangered status for the Salt Creek tiger beetle (Cicindela nevadica lincolniana). Federal Register 70: 58335 - 58351

Van Riper, L.C. et D.L. Larson. 2009. Role of invasive Melilotus officinalis in two native plant communities. Plant Ecology 200: 129-139

Vermeire, L. T., Wester, D. B., Mitchell, R. B. et S. D. Fuhlendorf. 2005. Fire and grazing effects on wind erosion, soil water content, and soil temperature. Journal of Environmental Quality 34: 1559-1565

Wallis, J. B. 1961. The Cicindelidae of Canada. University of Toronto Press, Toronto. 74 pp

Wallis, C. A. 1988. The unsung benefits of wind erosion – stabilizing sand dunes spell trouble for rare plants. Iris Newsletter 3: 1-2

Wallis, C. et C. Wershler. 1988. Rare wildlife and plant conservation studies in sandhill and sand plain habitats of southern Alberta. Alberta Forestry, Lands and Wildlife, Edmonton, Alberta. Pub. No. T/176

Willis, H. L. et J. Stamatov. 1971. Collecting Cicindelidae in the Northwest. Cicindela 3: 41-51

Wilson, S.D. 1989. The suppression of native prairie by alien species introduced for revegetation. Landscape and Urban Planning 17: 113-119

Wilson, S.D. et J.W. Belcher. 1989. Plant and bird communities of native prairie and introduced Eurasian vegetation in Manitoba, Canada. Conservation Biology 3: 39-44

Whicker, J. J., Breshears, D. D., Wasiolek, P. T., Kirchner, T. B., Tavani, R. A., Schoep, D. A. et J. C. Rodgers. 2002. Temporal and spatial variation of episodic wind erosion in unburned and burned semiarid shrubland. Journal of Environmental Quality 31: 599-612

White, P.S. 1979. Pattern, process, and natural disturbance in vegetation. The Botanical Review 45: 230-285

White, G. C., Anderson, D.R., Burnham, K.P. et D. L. Otis. 1982. Capture-recapture and removal methods for sampling closed populations. Los Alamos National Laboratory, Los Alamos, New Mexico

Wolfe, S. A., Huntley, D. J. et J. Ollerhead. 1995. Recent and late Holocene sand dune activity in southwestern Saskatchewan. Pp. 131-140 in Current research 1995‑B. Geological Survey of Canada

Wolfe, S. A. 1997. Impact of increased aridity on sand dune activity in the Canadian prairies. Journal of Arid Environments 36: 421-432

Wolfe, S. A., Huntley, D. J., David, P. P., Ollerhead, J., Sauchyn, D. J. et G. M. MacDonald. 2001. Late 18th century drought-induced sand dune activity, Great Sand Hills, Saskatchewan. Canadian Journal of Earth Sciences 38: 105-117

Wolfe, S. A. et J. Thorpe. 2005. Shifting sands: climate change impacts on sand hills in the Canadian prairies and implications for land use management. Prairie Forum 30: 123 -142

Wolfe, S. A., Hugenholtz, C. H., Evan, C. P., Huntley, D. J. et J. Ollerhead. 2007. Potential aboriginal-occupation-induced dune activity, Elbow Sand Hills, northern Great Plains, Canada. Great Plains Research 17: 173-192

Wolfe, S. A. 2010. An inventory of active sand dunes and blowouts in the Prairie Provinces, Canada. Geological Survey of Canada Open File 6680, 21 pp

Woods, N., Craig, I.P., Dorr, G. et B. Young. 2001. Spray drift of pesticides arising from aerial application in cotton. Journal of Environmental Quality 30: 697-701

Yurkowski, M. M. 2016. Helium in southwestern Saskatchewan: accumulation and geological setting. Saskatchewan Ministry of the Economy, Saskatchewan

Geological Survey, Open File Report 2016-1. 20p. Site Web : https://pubsaskdev.blob.core.windows.net/pubsask-prod/94157/94157-Open_File_Report_2016-1_Yurkowski.pdf (Consulté en mars 2020)

Annexe A : Sommaire des populations et localités de la cicindèle à grandes taches de Gibson au Canada

Tableau A1. Sommaire des populations de la cicindèle à grandes taches de Gibson au Canada
Province Localité / champ de dunes actif Population [No d’OE]a Première observation Plus récente observation Année du dernier relevé Estimation de l’effectif [année] Statut Menaces
Saskatchewan Dunes Big Stick Big Stick [17399] 2008 2015 2015 Inconnu Existante 2.3, 3.1, 3.2, 4.1, 5.1, 7.1, 8.1, 11.1, 11.2, 11.3
Saskatchewan Dunes Burstall Burstall [non attribué] 1986 1986 2010 Inconnu Historique non confirméeb Menaces non évaluées
Saskatchewan Dunes Carmichael Tompkins [non attribué] 1967 1977 1977 Inconnu Historique non confirméeb Menaces non évaluées
Saskatchewan Dunes Dundurn Dundurn [17401] 2018 2019 2019 Inconnu Existante 7.1 (il serait possible de réaliser des brûlages dirigés dans l’avenir), 8.1, 9.3, 11.1, 11.2, 11.3
Saskatchewan Dunes Dundurn Dundurn Sud [17402] 2011 2018 2018 Inconnu Existante 2.3, 3.2, 5.1, 6.1, 7.1, 8.1 (agropyre à crête, brome inerme, euphorbe ésule, gypsophile paniculée), 9.3, 11.1, 11.2, 11.3
Saskatchewan Dunes Dundurn Cranberry Flats [17403] 2017 2020 2020 Inconnu Existante 1.3, 6.1, 7.1 (gérée activement au moyen de brûlages dirigés), 8.1, 11.1, 11.2, 11.3
Saskatchewan Dunes Dundurn Riverbank Est [21571] 2021 2021 2021 Inconnu Existante 5.1, 7.1, 7.2, 8.1,9.3, 11.1, 11.2, 11.3
Saskatchewan Dunes Dundurn Beaver Creek [non attribué] 1954 1954 2020 Inconnu Historique non confirméeb Menaces non évaluées
Saskatchewan Dunes Elbow PP Douglas [17314] 1954 2019 2019 1313 individus matures [moyenne établie de 2016 à 2018] Existante 1.3, 6.1, 7.1 (gérée activement au moyen de brûlages dirigés), 8.1 (agropyre à crête, pâturin des prés, euphorbe ésule, gypsophile paniculée), 9.3, 11.1, 11.2, 11.3
Saskatchewan Fox Valley Fox Valley [non attribué] 1979 1986 1986 Inconnu Historique non confirméeb Menaces non évaluées
Saskatchewan Dunes Great Leibenthal [17405] 2014 2016 2016 Inconnu Existante 1.3, 2.3, 3.1, 3.2, 4.1, 5.1, 6.1, 7.1, 8.1 (agropyre à crête, pâturin des prés, brome inerme), 11.1, 11.2, 11.3
Saskatchewan Dunes Great Fox Valley Est [17400] 1939 2018 2018 Inconnu Existante 2.3, 3.1, 3.2, 4.1, 5.1, 7.1, 8.1, 9.3, 11.1, 11.2, 11.3
Saskatchewan Dunes Kinley Kinley [non attribué] 1985 1985 1985 Inconnu Historique non confirméeb Menaces non évaluées
Saskatchewan Dunes Piapot Piapot [17398] 1986 2018 2018 Inconnu Existante 2.3, 3.1, 3.2, 4.1, 5.1, 7.1, 8.1, 11.1, 11.2, 11.3
Saskatchewan Dunes Pike Lake Pike Lake [17404] 1940 2018 2018 Inconnu Existante 1.3, 4.1, 6.1, 7.1 (gérée activement au moyen de brûlages dirigés), 8.1 (brome inerme), 11.1, 11.2, 11.3
Saskatchewan Dunes Empress Cimetière d’Empress [18735] 2018 2018 2018 Inconnu Existante 3.2, 4.1, 5.1, 7.1, 8.1, 11.1, 11.2, 11.3
Alberta Dunes Empress Empress [27514] ∼1984 2015 2015 Inconnu Existante 3.1, 3.2, 4.1, 5.1, 7.1, 8.1 (agropyre à crête, euphorbe ésule, soude kali), 11.1, 11.2, 11.3

a Le no d’OE correspond au numéro d’identification de l’occurrence d’élément, qui est utilisé par le Conservation Data Center de la Saskatchewan et l’Alberta Conservation Information Management System pour désigner les occurrences d’élément considérées comme distinctes d’après les recommandations de NatureServe pour la délimitation des occurrences d’élément (NatureServe, 2021b). Aux fins du présent programme de rétablissement, une occurrence d’élément est considérée comme analogue à une population. Les valeurs présentées dans le tableau sont celles qui étaient connues par Environnement et Changement climatique Canada en date de juillet 2021.

b Les populations historiques non confirmées ne sont pas prises en compte dans les objectifs de population et de répartition ni dans l’évaluation des menaces.

Tableau A2. Sommaire des localités de cicindèle à grandes taches de Gibson au Canada
Province Localité / champ de dunes actif Morphologie Superficie totale de la dune (ha)a Estimation récente de la superficie de sable dénudé (ha) [année]a Pourcentage de la superficie de sable dénudé qui subsiste [année]a Rythme de la stabilisation (ha/année) [intervalle de temps]b
Saskatchewan Dunes Big Stick Dunes paraboliques 21962 17,6 [2002] 0,08 [2002] Sans objet
Saskatchewan Dunes Dundurn Creux de déflation, crêtes de sable allongées, fosses creusées par le vent 28784 15,2 [2010] 0,05 [2010] Sans objet
Saskatchewan Dunes Elbow Creux de déflation, dunes paraboliques fermées, dunes à flancs présentant des crêtes 15696 62,8 [2010] 0,4 [2010] 1,9 [1944-1970]; 0,4 [1970-1996]
Saskatchewan Dunes Great Dunes paraboliques (en forme de V et de U), creux de déflation, bouclier, crêtes de bordure 112363 303,3 [2010] 0,27 [2010] 7,2 au NO et 1,4 dans le centre-O [1946-1970]; 7,6 dans le NO [1970‑1979]; 1,3 dans le centre-O [1970-1988]; 10,5 dans le NO [1979-1991]c
Saskatchewan Dunes Piapot Dunes paraboliques allongées, creux de déflation 5792 3,2 [2010] 0,06 [2010] Sans objet
Saskatchewan Dunes Pike Lake Creux de déflation, crêtes de sable allongées, fosses creusées par le vent 29125 0 [2010] 0 [2010] Sans objet
Alberta Dunes Empress Dunes allongées 1716 7,8 [2010] 0,45 [2010] 0,94 [1938-1984]

a Valeurs tirées de Wolfe, 2010

b Valeurs tirées de Hugenholtz et Wolfe, 2005, et de Acorn, 1992

c La valeur représente le taux d’activation des dunes

Annexe B : Habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson au Canada

Figure B1.  Veuillez lire la description longue.

Figure B1. L’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson (population de Big Stick [OE 17399] décrite dans le tableau A1) est représenté par les unités ombrées en jaune, là où les critères énoncés dans la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des unités jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 CSRS UTM Zone 12N = NAD 1983 (CSRS), zone UTM 12N

Description longue

Figure B1. Gros plan des carrés du quadrillage UTM de 1 km × 1 km renfermant l’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson à Big Stick, en Saskatchewan. Une zone occupe 49 carrés du quadrillage au sud-est du lac Bigstick.

Figure B2.  Veuillez lire la description longue.

Figure B2. L’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson (populations de Dundurn Sud [OE 17402] et de Dundurn [OE 17401] décrites dans le tableau A1) est représenté par les unités ombrées en jaune, là où les critères énoncés dans la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des unités jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.

Description longue

Figure B2. Gros plan des carrés du quadrillage UTM de 1 km × 1 km renfermant l’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson à Dundurn Sud, en Saskatchewan. Trois zones occupent respectivement 32, 48 et 48 carrés du quadrillage entre la rivière Saskatchewan Sud et le marais Brightwater.

Figure B3.  Veuillez lire la description longue.

Figure B3. L’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson (population de Cranberry Flats [OE 17403] décrite dans le tableau A1) est représenté par les unités ombrées en jaune, là où les critères énoncés dans la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des unités jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 CSRS UTM Zone 13N = NAD 1983 (CSRS), zone UTM 13N; South Saskatchewan River = Rivière Saskatchewan Sud

Description longue

Figure B3. Gros plan des carrés du quadrillage UTM de 1 km × 1 km renfermant l’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson à Cranberry Flats, en Saskatchewan. Une zone occupe 33 carrés du quadrillage entre le chemin de canton 354 et le chemin de concession 3053.

Figure B4.  Veuillez lire la description longue.

Figure B4. L’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson (population du PP Douglas [OE 17314] décrite dans le tableau A1) est représenté par les unités ombrées en jaune, là où les critères énoncés dans la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des unités jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Douglas PP = PP Douglas; NAD 1983 CSRS UTM Zone 13N = NAD 1983 (CSRS), zone UTM 13N

Description longue

Figure B4. Gros plan des carrés du quadrillage UTM de 1 km × 1 km renfermant l’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson dans le PP Douglas, en Saskatchewan. Une zone occupe 63 carrés du quadrillage au nord du lac Diefenbaker.

Figure B5.  Veuillez lire la description longue.

Figure B5. L’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson (population de Leibenthal [OE 17405] décrite dans le tableau A1) est représenté par les unités ombrées en jaune, là où les critères énoncés dans la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des unités jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 CSRS UTM Zone 12N = NAD 1983 (CSRS), zone UTM 12N

Description longue

Figure B5. Gros plan des carrés du quadrillage UTM de 1 km × 1 km renfermant l’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson à Leibenthal, en Saskatchewan. Une zone occupe 43 carrés du quadrillage entre la route 21 et la route 32.

Figure B6.  Veuillez lire la description longue.

Figure B6. L’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson (population de Fox Valley Est [OE 17400] décrite dans le tableau A1) est représenté par les unités ombrées en jaune, là où les critères énoncés dans la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des unités jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 CSRS UTM Zone 12N = NAD 1983 (CSRS), zone UTM 12N

Description longue

Figure B6. Gros plan des carrés du quadrillage UTM de 1 km × 1 km renfermant l’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson à Fox Valley Est, en Saskatchewan. Deux zones occupent respectivement 31 et 108 carrés du quadrillage au sud et à l’ouest des dunes Great.

Figure B7.  Veuillez lire la description longue.

Figure B7. L’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson (population de Piapot [OE 17398] décrite dans le tableau A1) est représenté par les unités ombrées en jaune, là où les critères énoncés dans la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des unités jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 CSRS UTM Zone 12N = NAD 1983 (CSRS), zone UTM 12N; Trans-Canada Highway = Route Transcanadienne

Description longue

Figure B7. Gros plan des carrés du quadrillage UTM de 1 km × 1 km renfermant l’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson à Piapot, en Saskatchewan. Une zone occupe 34 carrés du quadrillage entre la route Transcanadienne et le chemin Sandhill.

Figure B8.  Veuillez lire la description longue.

Figure B8. L’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson (populations de Pike Lake [OE 17404] et de Riverbank Est [OE 21571] décrites dans le tableau A1) est représenté par les unités ombrées en jaune, là où les critères énoncés dans la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des unités jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 CSRS UTM Zone 13N = NAD 1983 (CSRS), zone UTM 13N; South Saskatchewan River = Rivière Saskatchewan Sud

Description longue

Figure B8. Gros plan des carrés du quadrillage UTM de 1 km × 1 km renfermant l’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson à Pike Lake et à Riverbank Est, en Saskatchewan. Une zone occupe 70 carrés du quadrillage au sud du lac Pike.

Figure B9.  Veuillez lire la description longue.

Figure B9. L’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson (population d’Empress [OE 27514] et du cimetière d’Empress [OE 18735] décrite dans le tableau A1) est représenté par les unités ombrées en jaune, là où les critères énoncés dans la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des unités jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 CSRS UTM Zone 12N = NAD 1983 (CSRS), zone UTM 12N; Empress Cemetery = Cimetière d’Empress

Description longue

Figure B9. Gros plan des carrés du quadrillage UTM de 1 km × 1 km renfermant l’habitat essentiel de la cicindèle à grandes taches de Gibson à Empress, en Alberta et au cimetière d’Empress, en Saskatchewan. Deux zones occupent respectivement 30 et 33 carrés du quadrillage à la frontière entre l’Alberta et la Saskatchewan.

Annexe C : Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à La directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes Note de bas de page 25. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l'environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable Note de bas de page 26 (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci‑dessous.

La survie de plusieurs espèces, dont d’autres espèces désignées en péril par le gouvernement fédéral (tableau C1) ainsi que des espèces rares à l’échelle provinciale qui sont cooccurrentes de la cicindèle à grandes taches de Gibson, dépend des dunes. La plupart, sinon l’ensemble, de ces espèces profiteront des activités de rétablissement et des mesures de lutte contre les menaces qui visent à maintenir l’écosystème dunaire au profit de la cicindèle à grandes taches de Gibson. La possibilité que le programme produise par inadvertance des effets négatifs sur d’autres espèces a été envisagée. Certaines activités de gestion, dont des brûlages dirigés et des formes de lutte intégrée contre les mauvaises herbes, pourraient nuire à certaines espèces, du moins à court terme. De manière générale, les mesures de gestion qui comportent ou imitent les régimes naturels de perturbation (par exemple, incendies et pâturage) ne devraient pas avoir d’impact négatif sur la persistance d’autres espèces indigènes, en particulier si le moment, l’intensité et la fréquence des perturbations imitent ceux des processus naturels (Samson et Knopf, 1994). Les activités de rétablissement et les plans de gestion bénéfique devraient chercher à profiter au plus grand nombre d’espèces, et il faut tenir compte des risques écologiques que pourraient avoir les activités avant de les entreprendre, afin d’en limiter tout effet négatif possible. Il faudra coordonner les efforts avec ceux de toutes les autres équipes de rétablissement et organisations œuvrant dans l’écosystème dunaire afin d’assurer une utilisation optimale des ressources et d’éviter le chevauchement des tâches et les conflits entre les activités de recherche. Les stratégies générales décrites dans le présent programme de rétablissement devraient être bénéfiques pour l’environnement et ne devraient pas entraîner d’effets négatifs importants sur d’autres espèces en péril ou la biodiversité des écosystèmes dunaires.

Tableau C1. Espèces en péril qui vivent dans des habitats semblables à celui de la cicindèle à grandes taches de Gibson
Groupe taxinomique Nom de l’espèce Statut selon la LEP
Mammifères Renard véloce (Vulpes velox) Menacée
Mammifères Rat kangourou d’Ord (Dipodomys ordii) En voie de disparition
Oiseaux Pie-grièche migratrice (Lanius ludovicianus) Menacée
Oiseaux Engoulevent d’Amérique (Chordeiles minor) Menacée
Oiseaux Pipit de Sprague (Anthus spragueii) Menacée
Oiseaux Buse rouilleuse (Buteo regalis) Menacéea
Oiseaux Chevêche des terriers (Athene cunicularia) En voie de disparition
Reptiles Couleuvre gaufre de Say (Pituophis catenifer sayi) Préoccupante
Invertébrés Héliotin d’Aweme (Schinia avemensis) En voie de disparition
Invertébrés Noctuelle sombre des dunes (Copablepharon longipenne) En voie de disparition
Invertébrés Noctuelle jaune pâle des dunes (Copablepharon grandis) Préoccupante
Plantes vasculaires Abronie à petites fleurs (Tripterocalyx micranthus) En voie de disparition
Plantes vasculaires Halimolobos mince (Halimolobos virgata) Menacée
Plantes vasculaires Dalée velue (Dalea villosa var. villosa) Préoccupante
Plantes vasculaires Tradescantie de l’Ouest (Tradescantia occidentalis) Menacée
Plantes vasculaires Chénopode glabre (Chenopodium subglabrum) Menacée
Plantes vasculaires Cryptanthe minuscule (Cryptantha minima) Menacée

a Espèce désignée préoccupante par le COSEPAC en 2021; en cours d’examen pour l’inscription à l’annexe 1 de la LEP.

b Espèce désignée préoccupante par le COSEPAC en 2022; en cours d’examen pour l’inscription à l’annexe 1 de la LEP.

Détails de la page

2025-03-13