Escargot tigre à bandes de l’Est (Anguispira kochi kochi) : programme de rétablissement [proposition] 2024

Titre officiel : Programme de rétablissement de l’escargot tigre à bandes de l’Est (Anguispira kochi kochi) au Canada

Loi sur les espèces en péril
Série de Programmes de rétablissement
Adoption en vertu de l’article 44 de la LEP

Proposition

2024

Escargot tigre à bandes de l’Est
Escargot tigre à bandes de l’Est
Information sur le document

Référence recommandée

Environnement et Changement climatique Canada. 2024. Programme de rétablissement de l’escargot tigre à bandes de l’Est (Anguispira kochi kochi) au Canada [Proposition], Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa, 3 parties, 36 p. + v + 38 p. + 9 p.

Version officielle

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Version non officielle

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Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les plans d’action et d’autres documents connexes portant sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en périlNote de bas de page 1.

Photographie de la couverture : © Annegret Nicolai

Also available in English under the title:
“Recovery Strategy for the Eastern Banded Tigersnail (Anguispira kochi kochi) in Canada [Proposed]”

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, sous réserve de la mention de la source.

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble pour établir des mesures législatives, des programmes et des politiques visant à assurer la protection des espèces sauvages en péril partout au Canada.

Dans l’esprit de collaboration de l’Accord, le gouvernement de l’Ontario a donné au gouvernement du Canada la permission d’adopter le Programme de rétablissement de l’escargot tigre à bandes de l’Est (Anguispira kochi kochi) en Ontario (partie 2) et le document intitulé Escargot tigre à bandes de l’Est – Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement (partie 3), en vertu de l’article 44 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Environnement et Changement climatique Canada a inclus une addition fédérale (partie 1) dans le présent programme de rétablissement afin qu’il réponde aux exigences de la LEP.

Le programme de rétablissement fédéral de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est au Canada est composé des trois parties suivantes :

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Programme de rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est(Anguispira kochi kochi) en Ontario, préparée par Environnement et Changement climatique Canada

Partie 2 – Programme de rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est (Anguispira kochi kochi) en Ontario, préparé par S. Wyshynski, A.R. Eads et A. Nicolai pour le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario

Partie 3 – Escargot‑tigre à bandes de l’Est – Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement, préparée par le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Programme de rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est (Anguispira kochi kochi) en Ontario, préparée par Environnement et Changement climatique Canada

Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996)Note de bas de page 2, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. Aux termes de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique et ministre responsable de l’Agence Parcs Canada est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec la Province de l’Ontario (ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs) et l’Agence Parcs Canada, conformément au paragraphe 39(1) de la LEP. L’article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 42(2). Le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs (MEPNP) de l’Ontario a dirigé l’élaboration du programme de rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est ci‑joint (partie 2), en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada. La Province de l’Ontario a également dirigé l’élaboration de la Déclaration du gouvernement jointe au présent document (partie 3). Cette déclaration est la réponse stratégique du gouvernement de l’Ontario au programme de rétablissement provincial; elle résume les mesures prioritaires que le gouvernement de l’Ontario entend prendre et soutenir.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada, l’Agence Parcs Canada ou sur toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est et de l’ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada, l’Agence Parcs Canada et d’autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l’espèce, y compris la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce. Lorsque l’habitat essentiel est désigné, dans un programme de rétablissement ou dans un plan d’action, la LEP exige que l’habitat essentiel soit alors protégé.

Dans le cas de l’habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l’habitat essentiel désigné dans une zone protégée par le gouvernement fédéralNote de bas de page 3 soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après l’ajout dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d’action qui a désigné l’habitat essentiel. L’interdiction de détruire l’habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) s’appliquera 90 jours après la publication de la description de l’habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Pour l’habitat essentiel se trouvant sur d’autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection légale existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel soient appliquées.

Si l’habitat essentiel d’un oiseau migrateur ne se trouve pas dans une zone protégée par le gouvernement fédéral, sur le territoire domanial, à l’intérieur de la zone économique exclusive ou sur le plateau continental du Canada, l’interdiction de la détruire ne peut s’appliquer qu’aux parties de cet habitat essentiel — constituées de tout ou partie de l’habitat — auxquelles la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs s’applique aux termes des paragraphes 58(5.1) et 58(5.2) de la LEP.

En ce qui concerne tout élément de l’habitat essentiel se trouvant hors du territoire domanial, si le ministre compétent estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions ou des mesures de la LEP ou de toute autre loi fédérale, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret pour appliquer l’interdiction de détruire l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant hors du territoire domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Remerciements

Elisabeth Shapiro et Shady Abbas (Service canadien de la faune – Région de l’Ontario, Environnement Changement climatique Canada [SCF-ON, ECCC]) ont préparé la présente addition fédérale. Krista Holmes et Marie-Claude Archambault (SCF‑ON, ECCC), Ken Tuininga (anciennement au SCF‑ON, ECCC), Julie Perrault (SCF, ECCC), Tammy Dobbie et Kim Borg (Agence Parcs Canada) et le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario l’ont examinée et ont formulé des commentaires. Des remerciements sont aussi adressés à toutes les autres parties qui ont fourni des conseils et des commentaires ayant permis d’enrichir le programme de rétablissement.

Ajouts et modifications apportés au document adopté

Les sections suivantes ont été incluses pour satisfaire à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral qui ne sont pas abordées dans le Programme de rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est (Anguispira kochi kochi) en Ontario (partie 2) et/ou pour présenter des renseignements à jour ou additionnels.

Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) adopte le Programme de rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est (Anguispira kochi kochi) en Ontario (partie 2), à l’exception de la section 2, intitulée Rétablissement. En remplacement de la section 2, ECCC a établi un objectif en matière de population et de répartition et des indicateurs de rendement, et adopte les mesures menées et appuyées par le gouvernement de l’Ontario qui sont énoncées dans le document intitulé Escargot‑tigre à bandes de l’Est – Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement (partie 3) comme stratégies et approches générales pour l’atteinte de l’objectif en matière de population et de répartition.

En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l’habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du programme de rétablissement provincial concernant la protection de l’habitat de l’espèce peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales. Les mesures de rétablissement visant la protection de l’habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication de la version finale du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l’habitat essentiel en vertu de la LEP.

Résumé du caractère réalisable du rétablissement

D’après les trois critèresNote de bas de page 4 suivants qu’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, le rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est est déterminé comme étant réalisable du point de vue technique et biologique.

1. Caractéristiques de survie : Les caractéristiques de survieNote de bas de page 5 peuvent‑elles être prises en compte dans la mesure où le risque de disparition de l’espèce de la planète ou du pays par suite de l’activité humaine est réduit?

Oui. Deux caractéristiques de survie de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est, soit la redondanceNote de bas de page 6 et la connectivitéNote de bas de page 7, doivent être prises en compte afin de réduire le risque de disparition du pays de cette espèce par suite de l’activité humaine. En ce qui concerne la redondance, la présence de cet escargot a été confirmée en Ontario dans plusieurs sites des îles Pelée et Middle, qui représentent la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce. L’aire de répartition de l’escargot est restreinte, la zone d’occurrence et l’indice de zone d’occupation (IZO) se situant bien au-dessous des seuils de la catégorie « espèce en voie de disparition » (voir COSEWIC, 2021). Il en est ainsi parce que la survie de l’espèce présente un risque accru de perte catastrophique ou de disparition du pays à la suite d’un seul événement local qui pourrait entraîner la perte de localités, de sous‑populations et d’individus matures. Pour réduire ce risque, la survie de l’espèce peut être favorisée en mettant un terme aux déclins continus observés de la zone d’occurrence, de l’IZO et de la qualité des parcelles d’habitat convenable. La connectivité est la deuxième caractéristique de survie qui peut être prise en compte. Avant la perte et la dégradation d’habitat causées par l’humain, l’escargot-tigre à bandes de l’Est occupait de petites zones d’habitat convenable (par exemple îles du lac Érié d’une superficie de 3 à 42 ha), qui étaient suffisantes pour soutenir les sous‑populations (COSEWIC, 2017). La plupart des parcelles d’habitat encore occupées par se situent dans cette aire de répartition et sont donc considérées comme suffisantes pour soutenir des sous‑populations viables de l’espèce (COSEWIC, 2017). On estime que cette dernière occupe actuellement 98 ha d’habitat (COSEWIC, 2017) et que 17 ha additionnels d’habitat inoccupé dans des zones protégées de l’île Pelée sont convenables (COSEWIC, 2017). L’élimination des obstacles à la dispersion qui empêchent actuellement l’escargot-tigre à bandes de l’Est de coloniser cet habitat pourrait entraîner de légères augmentations de la zone d’occurrence et de l’IZO et améliorer la connectivité locale.

2. Indépendance : L’espèce est‑elle actuellement en mesure de persister au Canada sans intervention humaine délibérée et/ou sera‑t‑elle éventuellement en mesure d’atteindre et de maintenir son indépendance dans l’état où la condition 1 est respectée (c.‑à‑d. après que les principales caractéristiques de survie ont été prises en compte), de sorte qu’elle ne dépend pas d’une intervention humaine importante, directe et continue?

Oui, mais il y a des incertitudes. L’escargot‑tigre à bandes de l’Est persiste actuellement au Canada indépendamment de toute intervention humaine délibérée. L’intendance de l’habitat et l’atténuation des menaces associées aux perturbations humaines doivent continuer à être prises en compte pour assurer la survie de l’espèce (caractéristiques de survie de la redondance et de la connectivité abordées ci‑dessus). Ces activités seraient considérées comme une gestion indirecte de l’habitat puisque leur mise en œuvre est destinée à contrôler le succès global des populations dans leur environnement et qu’elles ne sont pas directement liées à la régénération ou à la mortalité des individus. En outre, il existe des menaces potentielles et émergentes (par exemple changements climatiques et phénomènes météorologiques violents) qui peuvent avoir un impact sur l’espèce et son habitat. Des incertitudes subsistent quant à la question de savoir si une intervention humaine supplémentaire pourrait favoriser la survie ou le rétablissement de l’espèce. Il convient de soutenir les stratégies de gestion adaptative au fur et à mesure que de nouvelles informations sont disponibles. Le succès de la mise en œuvre reposera sur la coopération continue entre tous les ordres de gouvernement, les organisations de conservation de la nature, les communautés autochtones et les propriétaires fonciers privés.

3. Amélioration : La condition de l’espèce peut‑elle être améliorée par rapport à la condition qu’elle avait lorsqu’elle a été évaluée comme étant en péril?

Oui. La condition de l’espèce fait référence à la combinaison de facteurs qui contribuent au risque de disparition de la planète ou du pays (ECCC, 2020). La perte observée de plusieurs sous‑populations et sites est probablement due à la perte d’habitat et aux modifications de l’habitat résultant de la surabondance de Cormorans à aigrettes (Phalacrocorax auritis). La condition actuelle peut être améliorée en empêchant la perte de sites supplémentaires, ce qui peut être réalisé par la mise en œuvre des interventions humaines (mesures de rétablissement) décrites dans le document intitulé Escargot‑tigre à bandes de l’Est – Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement(partie 3) et par la protection de l’habitat essentiel décrit à la section 7 de la présente addition fédérale. On s’attend à ce que les caractéristiques de survie que sont la redondance et la connectivité soient améliorées grâce à la collaboration avec le gouvernement provincial, les municipalités, les communautés autochtones, les propriétaires fonciers privés et les organisations de conservation de la nature. Si des sous‑populations ou sites existants additionnels sont trouvés dans le cadre de relevés ciblés dans de l’habitat convenable et que la qualité de l’habitat est maintenue ou améliorée, la condition de l’espèce pourrait être améliorée par rapport à la condition qu’elle avait lorsqu’elle avait été évaluée et désignée comme étant péril pour la première fois.

1. Évaluation de l’espèce par le COSEPAC*

Date de l’évaluation : Avril 2017

Nom commun (population) : Escargot tigre à bandes de l’Est

Nom scientifique : Anguispira kochi kochi

Statut selon le COSEPAC : En voie de disparition

Justification de la désignation : Ce grand escargot terrestre demeure dans de petites parcelles d’habitat isolées sur les îles Middle et Pelée, dans le lac Érié. La perte de sous populations dans de plus petites îles était probablement attribuable à la destruction de l’habitat causée par la surabondance de Cormorans à aigrettes, lesquels ont colonisé les îles au début des années 1980, ainsi que par les activités anthropiques. La perte et l’altération de l’habitat sur l’île Pelée ont probablement mené à des déclins et à la fragmentation des sous populations. Les changements climatiques constituent la menace la plus grave.

Présence au Canada : Ontario

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2017.

* COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada)

2. Information sur la situation de l’espèce

L’escargot‑tigre à bandes de l’Est est inscrit en tant qu’espèce en voie de disparitionNote de bas de page 8 à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) (L.C. 2002, ch. 29). En Ontario, il est également inscrit comme espèce en voie de disparitionNote de bas de page 9 à la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) (L.O. 2007, ch. 6). La LEVD confère donc à l’espèce et à son habitat une protection.

NatureServe n’a pas attribué de cotes à cette sous‑espèce; cependant, des cotes sont disponibles pour l’espèce, c’est-à-dire l’escargot‑tigre à bandes (Anguispira kochi) (NatureServe, 2020). Au Canada, l’escargot‑tigre à bandes est considéré comme vulnérable (N3), et aux États‑Unis, comme étant en sécurité (N5). La cote mondiale de l’espèce est « en sécurité » (G5). Les cotes infranationales de l’espèce figurent à l’annexe 2.

3. Information sur l’espèce

3.1 Population et répartition de l’espèce

L’escargot‑tigre à bandes de l’Est n’est connu qu’en Amérique du Nord. Son aire de répartition s’étend depuis le sud de l’Ontario jusqu’au Tennessee au sud, jusqu’à la Pennsylvanie à l’est et jusqu’au Missouri à l’ouest, en passant par le Michigan. La population canadienne de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est ne se trouve que dans le sud‑ouest de l’Ontario, à l’extrémité nord de son aire de répartition (COSEWIC, 2017).

Au Canada, l’espèce compte six sous‑populationsNote de bas de page 10 exemplestantes : une sur l’île >Middle et cinq sur l’île Pelée (réserve naturelle provinciale Fish Point, alvar du chemin Stone, Middle Point Woods/réserve naturelle Florian Diamante, propriété Richard et Beryl Ivey/Winery Woods et propriété Gibwood). Dans certains cas, ces sous‑populations chevauchent plusieurs propriétés. Le statut de deux autres sous‑populations (l’une sur l’île Pelée, à l’est du chemin West Shore, et l’autre sur l’île HenNote de bas de page 11) est inconnu et nécessite de l’information supplémentaire. Deux sous‑populations auraient disparu de l’île Middle Sister et de l’île East Sister selon les récents relevés et les conditions actuelles de l’habitat (COSEWIC, 2017). On pense également que la sous‑population continentale de la propriété Clements, à Alvinston a disparu, tout comme la sous‑population de l’île North Harbour, où il n’y a pas d’habitat convenable (COSEWIC, 2017). On pense aussi que la mention d’Alvinston pourrait être erronée (Wyshynski et al., 2019) si bien qu’on n’en tient pas compte dans le présent programme de rétablissement. Une sous‑population précédemment trouvée dans l’aire de conservation Devonwood, à Windsor (COSEWIC, 2017), a été jugée erronée. Elle a depuis été retirée du registre provincial des espèces (Natural Heritage Information Centre, R. Craig, comm. pers., 2022) et n’est pas incluse dans le présent programme de rétablissement. La figure 1 et le tableau 1 fournissent de plus amples renseignements sur les sous‑populations.

Figure 1. Veuillez lire la description longue.

Figure 1. Sous‑populations d’escargots‑tigres à bandes de l’Est au Canada.

Description longue

La figure 1 montre toutes les sous‑populations d’escargots‑tigres à bandes de l’Est en Ontario. On compte six sous‑populations existantes, cinq situées sur l’île Pelée, et une située sur l’île Middle. Parmi les trois sous‑populations disparues du pays, l’une est située sur l’île Middle Sister, et les deux autres, sur les îles North Harbour et East Sister. Il y a deux populations dont le statut est inconnu, soit l’une sur la côte ouest de l’île Pelée, et l’autre, sur l’île Hen. Le sud‑est de la carte montre le parc national du Canada de la Pointe‑Pelée 

Tableau 1. Statut des sous‑populations d’escargots‑tigres à bandes de l’Est au Canada (tiré et modifié de COSEWIC, 2017)
No Sous-population Site Dernière obser-vation Statut Notes d’observation
1 Île Pelée, réserve naturelle provinciale Fish Point Sans objet 2015a Existantef Individus vivants; relevé sur 11 h
2 Île Pelée, alvar du chemin Stone Alvar du chemin Stone – Ontario Nature 2015a Existante Coquilles fraîches; relevé sur 7 h
2 Île Pelée, alvar du chemin Stone Alvar du chemin Stone – CNC (partie sud) 2015a Existante Coquilles fraîches; relevé sur 2 h
2 Île Pelée, alvar du chemin Stone Propriété Cohen Shaughnessy 2014a Existante Coquilles; relevé sur 3,5 h
2 Île Pelée, alvar du chemin Stone Camping municipal 1995c Inconnu Coquilles
3 Île Pelée, Middle Point Woods/ réserve naturelle Florian Diamante Middle Point Woods, station de recherche d’Ivey 2013e Existante Coquilles fraîches; aucune observation durant le relevé de 2015
3 Île Pelée, Middle Point Woods/ réserve naturelle Florian Diamante Réserve naturelle Florian Diamante 2015a Existante Individus vivants; relevé sur 7,5 h
3 Île Pelée, Middle Point Woods/ réserve naturelle Florian Diamante Middle Point Woods, propriété Novatney 2014d Existante Coquilles fraîches
4 Île Pelée, propriété Richard et Beryl Ivey/Winery Woods Propriété Richard et Beryl Ivey 2015a Existante Individus vivants; relevé sur 7 h
4 Île Pelée, propriété Richard et Beryl Ivey/Winery Woods Winery Woods 2014a Inconnu Coquilles
5 Île Pelée, est du chemin West Shore Sans objet 1997c Inconnu Coquilles
6 Île Pelée, propriété Gibwood Sans objet 2018 Existante Individus vivants ou coquilles; aucune observation durant le relevé de 2013; relevé sur 2 h
7 Île Middle, parc national de la Pointe‑Pelée Sans objet 2015a Existante Individus vivants; relevé sur 36 h
8 Île Middle Sister Sans objet 2013a Disparue Coquilles; habitat fortement dégradé; relevé sur 3,5 h
9 Île East Sister Sans objet 1915a,b Disparue Aucune coquille ni aucun individu vivant en 2013 et en 2015; relevé sur 16,5 h; habitat gravement dégradé
10 Île North Harbour Sans objet 1916b Disparue Coquilles; aucun relevé connu depuis 1916; le propriétaire dit qu’il n’y a pas d’escargots depuis 2015; habitat non convenable
11 Île Hen Sans objet 1916d Inconnu Coquilles

Collecteurs de spécimens et dates de collecte : a COSEWIC (2017); b Clapp (1916) et Goodrich (1916); c Oldham (1997); d Holt (1916), Musée canadien de la nature; e Lischka (2012), collection Forsyth (voir dans COSEWIC, 2017). f Les coquilles fraîches sont d’apparence non altérée et non blanchie, avec un périostracum (couche externe de la coquille) intact (COSEWIC, 2014; Pearce, 2008). Les coquilles vieilles ou altérées ont perdu leur périostracum et on estime que les individus sont morts depuis 5 à 10 ans (COSEWIC, 2014; Pearce, 2008). En tant que telles, les sous‑populations faisant l’objet de mentions de coquilles fraîches sont considérées comme étant toujours existantes.

4. Menaces

4.1 Évaluations des menaces

L’évaluation des menaces pesant sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est se fonde sur le système unifié de classification des menaces de l’UICN‑CMP (Union internationale pour la conservation de la nature-Partenariat pour les mesures de conservation) (version 2.0) (Salafsky et al., 2008). Les menaces sont définies comme étant les activités ou les processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou pourraient entraîner la destruction, la dégradation et/ou la détérioration de l’entité évaluée (population, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d’intérêt (mondiale, nationale ou infranationale). Ce processus d’évaluation ne tient pas compte des facteurs limitatifs. Aux fins de l’évaluation des menaces, seulement les menaces présentes et futures sont considérées. Les menaces historiques, les effets indirects ou cumulatifs des menaces ou toute autre information pertinente qui aiderait à comprendre la nature des menaces sont présentés dans la section Description des menaces (section 4.2).

Tableau 2. Évaluation du calculateur de menaces pesant sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est
Menacea Description de la menace Impactb Portéec Gravitéd Immédiatetée
4 Corridors de transport et de service Négligeable Négligeable (< 1 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue)
4.1 Routes et voies ferrées Négligeable Négligeable (< 1 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue)
6 Intrusions et perturbations humaines Faible Restreinte (11‑30 %) Légère (1‑10 %) Élevée (continue)
6.1 Activités récréatives Faible Restreinte (11‑30 %) Légère (1‑10 %) Élevée (continue)
6.3 Travail et autres activités Négligeable Restreinte (11‑30 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue)
7 Modifications des systèmes naturels Inconnu Grande (31‑70 %) Inconnue Élevée (continue)
7.1 Incendies et suppression des incendies Négligeable Négligeable (< 1 %) Négligeable (< 1 %) Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans/ 3 générations)
7.3 Autres modifications de l’écosystème Inconnu Grande (31‑70 %) Inconnue Élevée (continue)
8 Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques Inconnu Généralisée (71‑100 %) Inconnue Élevée (continue)
8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes Inconnu Généralisée (71‑100 %) Inconnue Élevée (continue)
9 Pollution Négligeable Négligeable (< 1 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue)
9.3 Effluents agricoles et sylvicoles Négligeable Négligeable (< 1 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue)
11 Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents Élevé-faible Généralisée (71‑100 %) Élevée-légère (1‑70 %) Élevée (continue)
11.1 Déplacement et altération de l’habitat Faible Petite (1‑10 %) Légère (1‑10 %) Élevée (continue)
11.2 Sécheresses Élevé-faible Généralisée (71‑100 %) Élevée-légère (1‑70 %) Élevée (continue)
11.3 Températures extrêmes Élevé-faible Généralisée (71‑100 %) Élevée-légère (1‑70 %) Élevée (continue)
11.4 Tempêtes et inondations Faible Restreinte (11‑30 %) Modérée (11‑30 %) Élevée (continue)

f Numéro de la menace – Les menaces sont numérotées selon le système de classification de l’UICN. Seules les menaces qui s’appliquent à l’escargot‑tigre à bandes de l’Est sont présentées dans le tableau, la section 3.2 (Description des menaces) et la partie 2 (Programme de rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est(Anguispira kochi kochi) en Ontario).

b Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. Le calcul de l’impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures.L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce, ou de la diminution/dégradation de la superficie d’un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l’impact ne peut être déterminé (par exemple lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l’impact n’est pas calculé lorsque la menace se situe en dehors de la période d’évaluation (par exemple l’immédiateté est non significative/négligeable ou faible puisque la menace n’existait que dans le passé); négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n’est pas une menace : lorsque la valeur de la gravité est neutre ou qu’il y a un avantage possible.

c Portée – Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71-100 %; grande = 31-70 %; restreinte = 11-30 %; petite = 1-10 %; négligeable < 1 %).

d Gravité – Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population) que causera vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations (extrême = 71-100 %; élevée = 31-70 %; modérée = 11-30 %; légère = 1-10 %; négligeable < 1 %; neutre ou avantage possible ≥ 0 %). Habituellement une mesure de l’importance de la réduction de la population.

e Immédiateté– Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme);non significative/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.

4.2 Description des menaces

L’impact global des menaces pour cette espèce est élevé‑faibleNote de bas de page 12; cette évaluation reflète l’incertitude associée à la gravité des menaces 11.2 (sécheresses) et 11.3 (températures extrêmes). L’impact global des menaces pesant sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est prend en compte l’impact cumulatif de menaces multiples. Les menaces sont présentées dans le même ordre que dans le tableau de classification des menaces (tableau 2). La portée, la gravité et/ou l’impact de nombreuses menaces possible sont inconnus, ce qui est normal étant donné les lacunes dans les connaissances relatives à cette espèce.

Les principales menaces qui pèsent sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est sont les activités récréatives, le déplacement et l’altération de l’habitat, les sécheresses, les températures extrêmes, et les tempêtes et les inondations. Le programme de rétablissement provincial (partie 2) fournit de plus amples renseignements sur les menaces, dans sa section 1.6 (Menaces pour la survie et le rétablissement). Ces menaces ont été réorganisées pour correspondre à la version 2.0 du système unifié de classification des menaces de l’UICN‑CMP, et leur impact est indiqué entre parenthèses à la fin de chaque sous‑titre désignant une sous-catégorie de menace. Les menaces considérées comme négligeables par le COSEPAC ne sont pas incluses, c’est‑à‑dire les menaces suivantes : 4.1 – Routes et voies ferrées; 6.3 – Travail et autres activités; 7.1 – Incendies et suppression des incendies; 9.3 – Effluents agricoles et sylvicoles. La section 1.6 du programme de rétablissement de l’Ontario traite de ces menaces sous les rubriques « Corridors de transport et de service », « Intrusions et perturbations humaines » et « Pollution ».

La perte et la fragmentation d’habitat survenues dans le passé, telles que le défrichement pour l’agriculture au XIXe siècle, n’ont pas été prises en compte. Des occurrences existantes de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est sont connues dans des aires protégées des îles Pelée et Middle, où la perte et la fragmentation ne sont pas considérées comme une menace.

Menace no 6 de l’UICN : Intrusions et perturbations humaines
Menace 6.1 Activités récréatives (impact faible)

Le tourisme sur l’île Pelée a connu une augmentation marquée depuis l’expansion du service de traversier en 1992 (Ontario Newsroom, 2015), et de nouveau en 2019 (Ontario Newsroom, 2019). On peut s’attendre à ce que cette tendance se poursuivre si l’on se fie aux tendances mondiales en matière de tourisme et d’écotourisme (COSEWIC, 2017). L’île attire un nombre important d’ornithologues amateurs, de photographes, de touristes, de chasseurs et de chercheurs, soit plus de 60 000 visiteurs et résidents qui se rendent sur l’île chaque année (Ontario Newsroom, 2015). La réserve naturelle provinciale Fish Point et l’alvar du chemin Stone attirent aussi un grand nombre de visiteurs; le premier site a accueilli environ 7 500 personnes en 2005 (Ontario Parks, 2005; COSEWIC, 2017). Dans la réserve naturelle, la plupart des visiteurs empruntent le sentier principal du parc, qui traverse des forêts et des plages (COSEWIC, 2017). Le risque de piétinement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est n’a pas été évalué au Canada, mais on a observé que des escargots traversaient les sentiers ou s’y nourrissaient pendant les travaux de terrain de 2013 à 2015 (COSEWIC, 2017). Ce comportement a été observé tout au long de la saison d’activité de l’espèce, en particulier dans des conditions humides le matin ou pendant la journée après la pluie (COSEWIC, 2017). Un nombre moins élevé d’escargots a été observé sur les propriétés de Conservation de la nature Canada (CNC) sur l’île Pelée, où les sentiers sont plus larges, et les visiteurs, moins nombreux (COSEWIC, 2017). Contrairement à l’île Pelée, qui est ouverte aux visiteurs toute l’année, l’île Middle ne l’est pas du 1er mars au 1er septembre, et ce, pour protéger les oiseaux aquatiques qui y nichent en colonie (Parks Canada Agency, 2023). Pendant cette période, l’île n’est accessible qu’aux titulaires de permis pour des activés de recherche scientifique ou de gestion de l’écosystème (Parks Canada Agency, 2023). Les activités récréatives ne constituent donc pas une menace importante pour la sous‑population de l’île Middle. Cette île est gérée comme une zone I (préservation spéciale), qui est la classification la plus protégée du système de zonage de Parcs Canada (Parks Canada Agency, 2023).

Voir la section 1.6 du programme de rétablissement provincial, sous la rubrique « Intrusions et perturbations humaines ».

Menace no 7 de l’UICN. Modifications des systèmes naturels
Menace 7.3 Autres modifications de l’écosystème (impact inconnu)

Il existe plusieurs inconnues en lien avec les effets des plantes envahissantes sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est et son habitat. Les espèces végétales envahissantes sont préoccupantes, car elles empêchent l’établissement des plantes indigènes (Vidra et al., 2007); supplantent les espèces végétales indigènes et modifient le cycle des nutriments du sol (Boutin et al., 2011; Stoll et al., 2012; Catling et al., 2015); entravent les activités de remise en état (Berger et al., 2004; Boutin et al., 2011; Catling et al., 2015). Des plantes envahissantes telles que l’alliaire officinale (Alliaria petiolata) et des graminées de la famille des Poaceae sont présentes dans l’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est des îles Pelée et Middle (Nature Conservancy of Canada, 2008; Boutin et al., 2011). Selon certaines observations, des espèces envahissantes telles que la renouée du Japon (Fallopia japonica) réduisent la richesse en espèces d’escargots, touchant particulièrement les espèces longévives (Stoll et al., 2012). Cependant, l’effet direct des espèces envahissantes sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est n’a pas été évalué (COSEWIC, 2017).

Une surabondance de Cormorans à aigrettes et plusieurs autres espèces d’oiseaux aquatiques coloniaux nichent sur l’île Middle. Bien que l’effet direct de la nidification des cormorans nicheurs sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est n’ait pas été évalué, la disparition de ce dernier de deux autres îles du lac Érié a été attribuée à ces oiseaux (COSEWIC, 2017), tout comme la disparition de l’escargot‑forestier écharge de plusieurs îles du lac Érié, notamment l’île Middle (COSEWIC, 2014). Les populations de Cormorans à aigrettes dans l’ensemble du lac Érié ont augmenté de façon constante depuis le début des années 1980, et des colonies de nidification bien établies vivent dans plusieurs îles du lac Érié (COSEWIC, 2017). Les cormorans nicheurs réduisent la superficie d’habitat convenable en cassant les branches d’arbres et en dégradant les structures du microhabitat. De plus, les accumulations de guano (excréments) diminuent la richesse en espèces végétales, tuent les arbres et font augmenter le nombre d’espèces non indigènes (Boutin et al., 2011; Nicolai et al., 2011, 2012). L’accumulation de guano acidifie également le sol et réduit la disponibilité du calcium, ce qui peut avoir un impact direct sur les processus vitaux et les fonctions physiologiques des escargots (Breuning‑Madsen et al., 2010). Les taux de croissance et de reproduction des escargots peuvent être réduits à cause de la perte de calcium disponible pour la formation de la coquille (Wareborn, 1979; Fournié et Chétail, 1984; Dallinger et al., 2001; Hotopp, 2002). Le Cormoran à aigrettes est bien établi sur l’île Middle, et des activités de gestion de la population sont menées depuis 2008 (Thorndyke et Dobbie, 2013). On considère qu’il est peu probable que cette espèce d’oiseau s’établisse sur l’île Pelée, compte tenu de sa préférence pour les petites îles, qui sont généralement exemptes de mammifères prédateurs (Sandilands, 2005) et où la présence humaine est limitée (COSEWIC, 2017).

Le lombric Lumbricus rubellus n’est pas indigène au Canada et a probablement été introduit en Amérique du Nord entre le XVIe et le XIXe siècle (CABI, 2013). On sait que cette espèce altère l’habitat du parterre forestier en consommant la litière de feuilles et en modifiant les propriétés physiques et chimiques du sol (Addison, 2009; CABI, 2013). Bien que l’on s’attende à ce que de tels changements aient un impact sur les invertébrés indigènes (Addison, 2009; CABI, 2013), et malgré la présence de vers de terre sur l’île Pelée (Reynolds, 2011), aucun changement dans la litière de feuilles et la composition du sol n’a été observé dans l’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est (COSEWIC, 2017).

Voir la section 1.6 du programme de rétablissement provincial, sous la rubrique « Modification de l’écosystème et de l’habitat ».

Menace no 8 de l’UICN. Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques
Menace 8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes (impact inconnu)

Le Dindon sauvage (Meleagris gallopavo) se nourrit d’escargots et, malgré les difficultés associées à la confirmation de ce fait dans le cadre d’études sur le régime alimentaire du Dindon sauvage, ce dernier est considéré comme un prédateur possible de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est (Sandilands, 2005; COSEWIC, 2017). Les dindons grattent le sol pour trouver de la nourriture et, ce faisant, peuvent perturber l’habitat des escargots et manger tous les escargots ainsi découverts. Le Dindon sauvage a disparu du sud‑ouest de l’Ontario au début des années 1900 (COSEWIC, 2014). Il a été réintroduit avec succès dans la région au milieu des années 1980 (Sandilands, 2005). On ne dispose pas de données antérieures sur le Dindon sauvage à l’île Pelée (Jones, 1912a‑d), mais on sait que 25 individus reproducteurs y ont été relâchés en 2002; aujourd’hui, des centaines de dindons vivent sur l’île (COSEWIC, 2014). La chasse au Dindon sauvage est autorisée sur l’île Pelée au printemps, et les chasseurs sont limités à deux vignettes chacun (OMNRF, 2022).

De larges groupes de Dindons sauvages ont été observés près de l’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est; 250 oiseaux ont été dénombrés dans un champ à côté de la réserve naturelle provinciale Fish Point en novembre 2010 (COSEWIC, 2017). Des dindons ont également gratté et perturbé le sol de la réserve naturelle Florian Diamante, à l’endroit exact où la présence de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est a été confirmée lors de relevés en 2015; aucun escargot n’a été observé lors des relevés de 2016 (COSEWIC, 2017).

Le Faisan de Colchide (Phasianus colchicus) est une autre espèce aviaire introduite que l’on trouve dans l’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est. Comme le Dindon sauvage, ce faisan se nourrit d’escargots (Sandilands, 2005), et les effets de sa prédation sont inconnus. Cette espèce est originaire d’Asie, mais s’est bien établie dans le sud de l’Ontario après son introduction dans les années 1890 (Peck et James, 1983). L’espèce a été introduite sur l’île Pelée à la fin des années 1920, et la population a rapidement crû (Sandilands, 2005). Les faisans sont chassés dans cette île et, chaque année, 25 000 oiseaux sont lâchés et ajoutés à la population établie (COSEWIC, 2014).

Bien qu’elle n’ait pas été observée, la concurrence avec les escargots terrestres exotiques, tels que l’escargot des bois (Cepaea nemoralis), constitue une menace possible (Grimm et al., 2009). Ce dernier et plusieurs espèces de limaces envahissantes sont présents dans la réserve naturelle provinciale Fish Point (COSEWIC, 2014).

Voir la section 1.6 du programme de rétablissement provincial, sous la rubrique « Compétiteurs et prédateurs envahissants ».

Menace no 11 de l’UICN. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents
Menace 11.1 Déplacement et altération de l’habitat (impact faible)

On pense que les changements relatifs aux processus naturels d’érosion et de dépôt dans le lac Érié entraîneront une augmentation des taux d’érosion le long de la pointe Fish, mais aucune donnée quantitative n’est actuellement disponible (COSEWIC, 2014). La réduction de la couverture de glace en hiver, associée à la fréquence accrue des tempêtes violentes qui génèrent de grandes vagues et des ondes de tempête, peut provoquer l’érosion de la rive (Wuebbles et al., 2020). De l’érosion a été observée à la réserve naturelle provinciale Fish Point en 2013 et en 2014, mais il est à noter que la plus forte abondance d’escargots‑tigres à bandes de l’Est se trouve au centre de la réserve naturelle, peu susceptible d’être touchée à court terme par ce phénomène (COSEWIC, 2017). Cependant, environ 5 % des escargots de la réserve naturelle vivent près de la rive est, dans une zone qui pourrait disparaître à cause de l’érosion future (COSEWIC, 2017).

Menace 11.2 Sécheresses (impact élevé‑faible); 11.3 Températures extrêmes (impact élevé‑faible)

Il existe des incertitudes quant à la menace que représentent les sécheresses et les températures extrêmes pour l’escargot‑tigre à bandes de l’Est. Selon les modèles de changements climatiques, le sud‑ouest de l’Ontario connaîtra une augmentation de la fréquence des épisodes météorologiques extrêmes tels que les sécheresses et les températures extrêmes (Varrin et al., 2007; Expert Panel on Climate Change Adaptation, 2009). On ne sait pas comment l’escargot‑tigre à bandes de l’Est réagira aux effets des changements climatiques, mais on croit que l’espèce est très vulnérable à ceux‑ci étant donné ses besoins spécifiques en matière de microhabitat, sa tolérance thermique limitée et de sa faible capacité de dispersion (COSEWIC, 2017). Les escargots pourraient être particulièrement vulnérables à la combinaison de la hausse des températures et de la fréquence accrue des sécheresses (Pearce et Paustian, 2013). La mortalité hivernale des escargots terrestres peut être causée par la température, la famine, la perte de carbone et la perte d’humidité (Horne, 1973; Osborne et Wright, 2018). Dans la région du lac Érié, les dates du premier gel automnal et du dernier gel printanier ont changé, allongeant les périodes sans gel plus longues (Dobson et al., 2020) et réduisant la couverture neigeuse (Suriano et al., 2019). Les escargots de grande taille sont particulièrement sensibles au gel (Ansart et al., 2014). La modification de la couverture neigeuse est l’un des effets de la hausse de la température moyenne sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est. En effet, les escargots en hibernation dépendent de cette couverture pour leur isolation pendant l’hiver (Ansart et al., 2014). Lorsque des gels se produisent en l’absence d’une couverture neigeuse isolante, ils peuvent entraîner une mortalité printanière de jusqu’à 90 % (Nicolai et Sinclair, 2013).

La sécheresse et les températures élevées peuvent amener les escargots à des limites physiologiques critiques, ce qui augmente le risque de dessiccation et de mortalité. Les escargots ont développé des stratégies pour faire face aux périodes de sécheresse, mais ces stratégies ont souvent un coût énergétique élevé, lequel est augmenté par la capacité limitée à s’alimenter et à se reproduire pendant ces épisodes de sécheresse (Nicolai et Ansart, 2017). Chez certaines espèces d’escargots, les périodes anormalement chaudes et sèches peuvent augmenter la mortalité de jusqu’à 70 % (Nicolai et al., 2011). On s’attend à une augmentation de l’incidence des sécheresses dans l’aire de répartition canadienne de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est. La probabilité de survivre à de telles sécheresses peut dépendre de la présence de microhabitat offrant des abris et de la capacité à rechercher de tels abris (Nicolai et al., 2011; Dahirel et al., 2015).

Menace 11.4 Tempêtes et inondations (impact faible)

L’absence d’escargots‑tigres à bandes de l’Est là où des sous‑populations étaient autrefois présentes sur les îles Pelée et Middle est attribuée aux inondations fréquentes dues à l’intensification des tempêtes (COSEWIC, 2017). Ces tempêtes, considérées comme une perturbation naturelle importante sur l’île Middle, pourraient avoir causé la mortalité massive de plusieurs espèces d’escargots du côté sud de l’île de 2013 à 2015 (Dobbie et Kehoe, 2008; COSEWIC, 2017). Au cours des dernières années, des inondations dues à des tempêtes ont été observées sur l’île Middle. De petites zones de forêts basses ont été inondées et sont restées humides pendant de longues périodes (Dobbie, comm. pers., 2021). Les effets de tels épisodes sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est sont inconnus, mais on a observé une activité accrue des escargots sur l’île à la fin de l’été par rapport aux années de sécheresses précédentes; il est donc possible que l’augmentation de l’humidité procure un certain avantage net aux escargots (Dobbie, comm. pers., 2021). L’augmentation des précipitations due aux changements climatiques peut accroître la proportion de l’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est qui subit des inondations régulières (COSEWIC, 2017).

Voir la section 1.6 du programme de rétablissement provincial, sous la rubrique « Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents ».

5. Objectifs en matière de population et de répartition

Aux termes de la LEP, un objectif en matière de population et de répartition doit être établi pour les espèces inscrites comme étant en voie de disparition, menacées ou disparues du pays lorsque le rétablissement est jugé réalisable.

Objectif en matière de population et de répartition :

Énoncé à court terme pour l’atteinte de l’objectif en matière de population et de répartition :

Justification :

L’escargot‑tigre à bandes de l’Est a été évalué par le COSEPAC comme étant en voie de disparition et a été inscrit à l’annexe 1 de la LEP en raison de son aire de répartition limitée au Canada et du déclin continu prévu de la zone d’occurrence, de l’IZO, de l’étendue et de la qualité de l’habitat et du nombre de localités et de sous‑populations, qui devrait entraîner un déclin correspondant de la taille de la population (COSEWIC, 2017). La perte d’habitat historique au XIXe siècle a probablement réduit l’habitat disponible pour l’escargot‑tigre à bandes de l’Est au Canada (COSEWIC, 2017). La dégradation d’habitat due à la colonisation par le Cormoran à aigrettes de plusieurs îles du lac Érié exacerbe la diminution de l’aire de répartition de l’espèce depuis les années 1980, entraînant probablement la disparition de cette dernière de plusieurs îles (COSEWIC, 2017). La sous‑population de l’île Middle est encore probablement touchée par les oiseaux, et plusieurs autres menaces persistantes mal comprises peuvent continuer à dégrader la qualité de l’habitat et à réduire la superficie de l’habitat tant sur l’île Pelée que sur l’île Middle.

L’objectif en matière de population et de répartition vise à maintenir la répartition actuelle de l’espèce au Canada. Étant donné qu’il n’y a plus d’habitat convenable dans les sites d’où l’espèce a disparu et que la menace posée par le Cormoran à aigrettes est toujours présente dans plusieurs îles du lac Érié, il ne convient pas pour le moment de concentrer les travaux de rétablissement sur l’expansion de l’espèce au‑delà de son aire de répartition actuelle. L’accent est plutôt mis sur le maintien et l’amélioration de l’habitat des sous‑populations et des sites existants en réduisant les menaces localisées. Si la menace que représente le Cormoran à aigrettes est réduite sur les sites d’où l’espèce a disparu, la remise en état pourra être envisagée. Il est aussi impossible de fixer un objectif quantitatif en lien à la population pour le moment, car on ne dispose que de très peu de données démographiques. Toutefois, si la répartition de l’espèce venait à s’étendre naturellement, ou si de nouvelles occurrences étaient découvertes, ces dernières seraient comprises dans l’objectif en matière de population et de répartition.

Le maintien de la zone d’occurrence et de l’IZO nécessitera principalement une gestion de l’habitat telle que décrite dans l’énoncé à court terme. Il s’agit là d’une mesure pour lutter contre le déclin continu de la superficie, de l’étendue et de la qualité de l’habitat noté dans l’évaluation du COSEPAC (COSEWIC, 2017). Le maintien de la zone d’occurrence et de l’IZO exigera également l’atténuation des menaces connues et la détermination des effets des menaces possibles. Pour atteindre l’objectif en matière de population et de répartition, il faudra également combler les lacunes dans les connaissances relatives à la biologie de l’espèce, à ses besoins en matière de microhabitat, aux tendances de ses populations et aux menaces directes qui pèsent sur elles, en plus d’affiner les estimations de la taille de la population. En vue de respecter l’énoncé à court terme, il faudra travailler avec des partenaires pour gérer l’habitat de l’escargot-tigre à bandes de l’Est à l’échelle du paysage et du microhabitat, prévenir la perte d’habitat due à l’érosion et réduire l’impact des activités récréatives. Les effets de plusieurs menaces (par exemple espèces exotiques [non indigènes] envahissantes, espèces indigènes problématiques, modifications des systèmes naturels, changements climatiques) sont inconnus; les activités qui peuvent être entreprises pour les réduire ne sont pas claires et nécessitent une étude plus approfondie.

L’objectif fédéral en matière de population et de répartition est conforme à la déclaration du gouvernement de l’Ontario élaborée en vertu de la LEVD provinciale, laquelle décrit le but du gouvernement provincial pour le rétablissement de l’espèce et résume les mesures prioritaires que le gouvernement entend prendre et soutenir (voir la partie 3 pour en savoir plus). L’objectif du gouvernement de l’Ontario pour le rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est est de maintenir la répartition actuelle dans les localités existantes de la province en comblant les lacunes dans les connaissances, en réduisant les menaces et en maintenant et en améliorant l’habitat afin d’assurer une meilleure connectivité (MECP, 2020).

6. Stratégies et approches générales pour l’atteinte des objectifs

Les mesures menées et appuyées par le gouvernement de l’Ontario qui sont présentées dans le document intitulé Escargot‑tigre à bandes de l’Est – Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement (partie 3) sont adoptées à titre de stratégies et approches générales pour l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. ECCC n’adopte toutefois pas les approches énoncées à la section 2.3 du Programme de rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est(Anguispira kochi kochi) en Ontario (partie 2).

7. Habitat essentiel

7.1 Désignation de l’habitat essentiel de l’espèce

Aux termes de l’alinéa 41(1)c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent comprendre une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, et donner des exemples d’activités susceptibles d’en entraîner la destruction. Aux termes du paragraphe 2(1) de la LEP, l’habitat essentiel est l’« habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans le programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce ».

La LEVD de l’Ontario n’exige pas que les programmes de rétablissement provinciaux comprennent une désignation de l’habitat essentiel. Aux termes de cette loi, une espèce qui est inscrite sur la Liste des espèces en péril en Ontario comme espèce en voie de disparition ou menacée bénéficie automatiquement d’une protection générale de son habitat. L’escargot‑tigre à bandes de l’Est bénéficie actuellement d’une protection générale de son habitat en vertu de la LEVD. Dans certains cas, un règlement sur l’habitat de l’espèce peut être élaboré en remplacement des dispositions sur la protection générale de l’habitat. Le règlement sur l’habitat est l’instrument juridique par lequel la Province de l’Ontario prescrit une aire à protégerNote de bas de page 15 à titre d’habitat de l’espèce. Aucun règlement sur l’habitat n’a été élaboré pour l’escargot‑tigre à bandes de l’Est; toutefois, le programme de rétablissement provincial comporte une recommandation concernant l’aire à considérer pour l’élaboration d’un règlement sur l’habitat de l’espèce (voir partie 2, section 2.4).

L’habitat essentiel de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est est désigné comme étant l’étendue d’habitat qui présente les caractéristiques biophysiques (voir la section 7.1.2), là où elles se trouvent dans les zones décrites à la section 7.1.1 ci‑dessous. Les zones renfermant de l’habitat essentiel sont présentées aux figures 2 et 3. Les carrés du quadrillage UTM montrés dans ces figures font partie d’un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel à des fins d’aménagement du territoire et/ou d’évaluation environnementale.

L’habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement fédéral aidera à atteindre les objectifs en matière de population et de répartition pour l’escargot‑tigre à bandes de l’Est présentés à la section 5. Un calendrier des études (section 7.2) a été élaboré afin d’obtenir l’information nécessaire pour achever la désignation de l’habitat essentiel de façon à pouvoir atteindre les objectifs en matière de population et de répartition. Si de l’information nouvelle ou supplémentaire devient disponible, il est possible de modifier l’habitat essentiel actuel ou de désigner de l’habitat essentiel additionnel dans une mise à jour du présent programme de rétablissement. Pour de plus amples renseignements sur la désignation de l’habitat essentiel, veuillez communiquer avec le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada, à RecoveryPlanning-Planificationduretablissement@ec.gc.ca.

7.1.1 Zones renfermant de l’habitat essentiel

Au Canada, la présence et la persistance de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est dépendent d’une zone plus grande que celle occupée par les individus de l’espèce. Cette espèce a besoin d’éléments écologiques et du paysage qui favorisent et maintiennent les caractéristiques biophysiquesNote de bas de page 16 appuyant ses processus vitaux (par exemple la reproduction et la dispersion) au cours des différentes saisons. L’utilisation d’une zone écologique continue pour désigner l’habitat augmente la probabilité que tous les éléments de l’habitat nécessaires à la recherche de nourriture, à l’accouplement et à la nidification, à l’estivation et à l’hibernation soient inclus.

La zone renfermant de l’habitat essentiel de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est est :

  1. l’habitat convenableNote de bas de page 17 où une observationNote de bas de page 18 de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est a lieu.
7.1.2 Caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel

Les caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel sont généralement les suivantes :

Ces caractéristiques biophysiques correspondent aux écosites de la classification écologique des terres décrits dans le programme de rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est de l’Ontario. Les îles Pelée et Middle contiennent les milieux suivants : alvar boisé à chêne jaune et ail penché, et forêt décidue à micocoulier sur sol sec à frais. L’île Pelée compte également une forêt décidue à érable à sucre et frêne blanc sur sol sec à frais et une forêt clairsemée à chêne des teinturiers sur sol sec de même que des alvars boisés (COSEWIC, 2017).

Figure 2. Veuillez lire la description longue.

Figure 2. Habitat essentiel de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est au – île Pelée.Les zones renfermant de l’habitat essentiel de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est au Canada, décrites à la section 7.1, sont représentées par les polygones ombrés en jaune. À l’intérieur de ces zones, l’habitat essentiel se rencontre uniquement là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km (bordé de rouge) montré sur cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel.

Description longue

La figure 2 montre l’habitat essentiel de l’escargot tigre à bandes de l’Est sur l’île Pelée, en Ontario. Six zones renferment de l’habitat essentiel dans des carrés de quadrillage UTM de 1 km × 1 km. Le premier polygone d’habitat essentiel est situé au sud de la baie North et à l’est de la pointe Sheridan. Le deuxième et le troisième polygones se trouvent l’un à côté de l’autre, à l’est du premier et au sud du parc provincial Lighthouse Point. Dans le sud est de l’île Pelée se trouve un plus grand polygone, au nord de la baie South. À l’ouest de celui ci se trouve le cinquième polygone d’habitat essentiel, au nord de la baie Mosquito. Enfin, le sixième polygone est situé dans le parc provincial Fish Point, au sud de la baie Mosquito.

Figure 3. Veuillez lire la description longue.

Figure 3. Habitat essentiel de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est au Canada – île Middle, parc national de la Pointe‑Pelée.La zone renfermant de l’habitat essentiel de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est au Canada, décrite à la section 7.1, est représentée par le polygone ombré en jaune. À l’intérieur de cette zone, l’habitat essentiel se rencontre uniquement là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km (bordé de rouge) montré sur cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel.

Description longue

La figure 3 montre l’habitat essentiel de l’escargot tigre à bandes de l’Est sur l’île Middle, dans le parc national de la Pointe Pelée, en Ontario. Une zone renferme de l’habitat essentiel dans des carrés de quadrillage UTM de 1 km × 1 km. Le polygone d’habitat essentiel, situé dans le sud ouest du lac Érié, englobe toute l’île Middle.

Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel

Tableau 3. Calendrier des études pour la désignation de l’habitat essentiel
Description de l’activité Justification Échéancier
En collaboration avec les propriétaires fonciers et à l’aide de méthodes de relevé normalisées, confirmer la présence de l’espèce (par exemple escargots vivants ou coquilles fraîches) dans les sites des sous‑populations de l’île Pelée dont le statut est inconnu. La détermination du statut de ces sous-populations appuiera les objectifs en matière de population et de répartition en définissant l’étendue de l’escargot-tigre à bandes de l’Est. 2025 à 2030

7.3 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à sa protection et à sa gestion. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’un élément de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsqu’exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps.

Comme les connaissances sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est au Canada sont limitées, des inconnues persistent quant au caractère réalisable de l’espèce. Les principales menaces directes qui pèsent sur l’espèce sont les activités récréatives, et le déplacement et l’altération de l’habitat. Toutefois, plusieurs autres menaces mal comprises peuvent également avoir un effet sur l’espèce (par exemple changements climatiques et phénomènes météorologiques violents, modifications des systèmes naturels, espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques). Même s’il est possible de gérer ces menaces dans une certaine mesure, on ignore si les principales menaces d’origine humaine pesant sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est peuvent être évitées ou atténuées. Au Canada, l’espèce est au point le plus au nord de son aire de répartition mondiale, ce qui peut augmenter la sensibilité aux fluctuations climatiques et stochastiques des sous‑populations.

Il convient de noter que les activités qui se déroulent à l’intérieur ou à proximité de l’habitat essentiel ne sont pas toutes susceptibles d’en entraîner la destruction. Certaines activités qui perturbent brièvement l’habitat essentiel sans toucher les individus eux‑mêmes ou leurs résidences peuvent, avec une gestion appropriée, contribuer à la qualité future de l’habitat essentiel (par exemple maintenir une certaine ouverture du couvert végétal grâce à des coupes sélectives d’arbres).

Le tableau 4 donne des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de l’espèce; il peut toutefois exister d’autres activités de destruction.

Tableau 4. Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel
Description de l’activité Description de l’effet par rapport à la perte de fonction Détails de l’effet
Altération des processus naturels et/ou des régimes de perturbation à l’intérieur ou à l’extérieur de l’habitat essentiel qui affectent le dépôt ou l’accrétion de sable et les taux d’érosion. Voici des exemples : aménagement de la rive et améliorations ou modifications des infrastructures existantes telles que les quais, les jetés, les murs ou d’autres structures favorisant le durcissement de la rive, qui auront un impact sur l’apport de sédiments à l’habitat essentiel. L’augmentation des taux d’érosion pourrait avoir un impact sur la quantité totale d’habitat disponible pour l’escargot. Les changements des régimes naturels de dépôt et d’érosion dans le lac Érié entraîneront une augmentation des taux d’érosion le long de la pointe Fish, sur l’île Pelée. Cela peut entraîner la perte directe d’habitat essentiel en réduisant l’habitat convenable disponible. Les changements climatiques aggraveront probablement les effets de l’érosion à la pointe Fish à cause de la baisse prévue du niveau du lac et de la réduction de l’accrétion de sable.

Si cette activité devait survenir, quel que soit le moment de l’année, à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel, en bordure de celui‑ci ou dans des zones où un effet sur le dépôt ou l’accrétion de sable est possible sur l’île Pelée, il en résulterait probablement la destruction de l’habitat essentiel. Les seuils concernant cette activité sont encore inconnus pour l’instant.

Menaces de l’UICN‑CMP : 7.3 – Autres modifications de l’écosystème; 11.1 – Déplacement et altération de l’habitat

Activités qui facilitent l’introduction de nouvelles espèces végétales envahissantes ou l’expansion de l’aire de répartition d’espèces envahissantes déjà établies. Voici des exemples : introduction de graines de plantes non indigènes, aménagement des rives ou modification des infrastructures (utilisation d’équipement contaminé ou perturbation du sol) à l’intérieur ou à proximité de l’habitat essentiel de l’escargot-tigre à bandes de l’Est. Les espèces potentiellement menaçantes sont l’alliaire officinale (Alliaria petiolaris) et les graminées de la famille Poaceae. Si de nouvelles espèces végétales exotiques envahissantes sont introduites, ou si les aires de répartition des espèces envahissantes existantes sont étendues, elles pourraient modifier le régime d’humidité du sous‑étage et potentiellement éliminer les conditions d’humidité requises par l’espèce.

Lorsque cette activité se produit à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel, quel que soit le moment de l’année, elle aura des effets directs et/ou cumulatifs. Elle est susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel.

Menace de l’UICN-CMP : 7.3 – Autres modifications de l’écosystème

Activités qui entraînent le piétinement ou le compactage du sol ou perturbant les éléments du microhabitat tels que la litière de feuilles et les troncs d’arbres. Voici des exemples : utilisation de vélos de montagne hors piste et de véhicules tout‑terrain dans l’habitat convenable, et entretien des sentiers. Des altérations importantes du sol peuvent entraîner la perte de substrats convenables pour la nidification et l’estivation. Le compactage et l’excavation du sol peuvent également augmenter le potentiel d’inondation ou d’assèchement des sites existants.

Lorsque cette activité se produit à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel, quel que soit le moment de l’année, elle aura des effets directs et/ou cumulatifs. Elle est susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel.

Menaces de l’UICN-CMP : 6.1 – Activités récréatives; 6.3 – Travail et autres activités

Activités qui fragmentent de façon permanente les zones d’habitat essentiel continues. Voici un exemple : aménagement de routes ou de sentiers. La perte et la fragmentation d’habitat ont déjà contribué au déclin de cette espèce. La fragmentation de l’habitat convenable peut séparer de façon permanente les individus d’une sous‑population, car les routes et les sentiers peuvent constituer des obstacles permanents à la dispersion. Cela peut aussi créer des parcelles d’habitat essentiel qui sont trop petites pour soutenir la sous‑population.

Lorsque cette activité se produit à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel, quel que soit le moment de l’année, elle aura des effets directs et/ou cumulatifs. Elle est susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel.

Menace de l’UICN-CMP : 4.1 – Routes et voies ferrées

8. Mesure de progrès

Les indicateurs de rendement présentés ci‑dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. Tous les cinq ans, le succès de la mise en œuvre du programme de rétablissement sera évalué au moyen des indicateurs de rendements suivants :

9. Énoncé sur les plans d’action

Un ou plusieurs plans d’action visant l’escargot‑tigre à bandes de l’Est seront préparés et publiés dans le Registre public des espèces en péril dans un délai de dix ans, selon les priorités et les ressources disponibles.

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Annexe A : Cotes de conservation infranationales de l’escargot‑tigre à bandes (Anguispira kochi)

Tableau A-1. Cotes de conservation de l’escargot‑tigre à bandes (NatureServe, 2020)
Cote mondiale (G) Cote nationale (N) (Canada) Cotes infranationales (S) (Canada) Cote nationale (N) (États-Unis) Cotes infranationales (S) (États‑Unis)
G5 N3 Ontario (S1S2); Colombie‑Britannique (S3)Note de bas de page 19 N5 Idaho (S5); Illinois (SNR); Indiana (SNR); Kentucky (S2); Michigan (S1); Missouri (SNR); Montana (S5); Ohio (SNR); Pennsylvanie (S3); Tennessee (S2?); État de Washington (S3S4); Virginie-Occidentale (S1)
Tableau A-2. Définitions des cotes (Master et al., 2012)
Cote Définition
N1
S1
Gravement en péril – Espèce extrêmement susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition très limitée, d’un nombre très restreint de populations ou d’occurrences, de déclins très marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.
N2
S2
En péril – Espèce très susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition limitée, d’un nombre restreint de populations ou d’occurrences, de déclins marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.
N3
S3
Vulnérable – Espèce modérément susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition plutôt limitée, d’un nombre relativement faible de populations ou d’occurrences, de déclins récents et généralisés, de menaces ou d’autres facteurs.
N4
S4
Apparemment en sécurité – Espèce assez peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la grande étendue de son aire de répartition ou du grand nombre de populations ou d’occurrences, mais pour laquelle il existe des sources de préoccupations en raison de déclins localisés récents, de menaces ou d’autres facteurs.
N5
G5
En sécurité – Espèce très peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la très vaste étendue de son aire de répartition ou de l’abondance de populations ou d’occurrences et ne suscitant aucune préoccupation associée à des déclins ou à des menaces ou n’en suscitant que très peu.
N#N#
S#S#
Cote d’intervalle – Une cote combinant deux valeurs numériques (par exemple S2S3 ou S1S3) est utilisée pour indiquer l’intervalle d’incertitude quant à la situation d’une espèce ou d’un écosystème. Les intervalles ne peuvent sauter plus d’un rang (par exemple on utilise la cote SU plutôt que la cote S1S4).
SNR Non classée – Espèce dont le statut de conservation n’a pas encore été évalué.

Annexe B : Effets sur l’environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement élaborés en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmesNote de bas de page 20. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durableNote de bas de page 21 (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui‑même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci‑dessous.

La plupart des stratégies générales et des approches de rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est ne devraient avoir aucun effet néfaste ou devraient avoir un effet positif sur l’environnement dans lequel elles seront mises en œuvre de même que sur les espèces non ciblées présentes dans ces zones.

Au Canada, l’escargot‑tigre à bandes de l’Est est limité à l’île Pelée et à l’île Middle (COSEWIC, 2017). Au nombre des espèces en péril présentes dans ces îles, citons les suivantes : mûrier rouge (Morus rubra), couleuvre fauve de l’Est (Pantherophis vulpinus), escargot‑forestier écharge (Allogona profunda), salamandre à petite bouche (Ambystoma texanum), renard gris (Urocyon cinereoargenteus) et cornouiller fleuri (Cornus florida). Les relevés et les recherches sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est pourraient repérer d’autres espèces en péril et/ou cibler les menaces qui pèsent sur elles et le niveau de préoccupation qui leur est associé. La conservation et la gestion de l’habitat destinées à assurer la disponibilité d’habitat convenable d’une année à l’autre sont susceptibles de profiter à d’autres espèces présentes dans la zone d’habitat principal de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est. De même, une sensibilisation accrue du public à l’espèce au moyen d’activités de vulgarisation et de communication (y compris de l’information sur l’identification de l’espèce, les menaces qui pèsent sur elle et les mesures susceptibles de contribuer à sa reconstitution) est susceptible d’avoir des effets bénéfiques sur l’ensemble des espèces forestières grâce à la réduction des effets des activités récréatives.

Au besoin, les effets négatifs potentiels associés à la modification de l’habitat, à l’enlèvement d’espèces envahissantes, à la modification des rives et/ou à des projets de gestion des espèces sur l’île Middle ou dans le cadre d’autres projets financés par le gouvernement fédéral seront abordés. Des mesures d’atténuation correspondantes seront alors mises au point dans le cadre d’une évaluation environnementale des projets au titre de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (2012). Une telle évaluation est également réalisée pour les sites appartenant à la province dans le cadre de l’Évaluation environnementale de portée générale relative aux parcs provinciaux et aux réserves de conservation. Des mesures de suivi pourront être exigées à la suite des évaluations environnementales, afin de déterminer l’efficacité des techniques mises en œuvre et l’exactitude des effets prévus. Ces mesures permettront la mise en place d’une gestion adaptative, l’atténuation des éventuels effets sur l’environnement de même que l’ajustement et l’amélioration continus des activités de rétablissement. Les processus d’évaluation environnementale conduiront à de nouvelles versions des plans, qui seront examinées de façon continue.

Partie 2 - Programme de rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est (Anguispira kochi kochi) en Ontario, préparé par S. Wyshynski, A.R. Eads et A. Nicolai pour le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario

Escargot-tigre à bandes de l’Est (Anguispira kochi kochi) en Ontario

Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario

2019

Ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs

Ontario

À propos de la Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario

Cette série présente l’ensemble des programmes de rétablissement préparés ou adoptés à l’intention du gouvernement de l’Ontario en ce qui concerne l’approche recommandée pour le rétablissement des espèces en péril. La province s’assure que la préparation des programmes de rétablissement respecte son engagement de rétablir les espèces en péril en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD 2007) et de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada.

Qu’est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est le processus par lequel le déclin d’une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces qui pèsent sur cette espèce sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de survie à l’état sauvage.

Qu’est-ce qu’un programme de rétablissement?

En vertu de la LEVD 2007, un programme de rétablissement fournit les meilleures connaissances scientifiques disponibles quant aux mesures à prendre pour assurer le rétablissement d’une espèce. Un programme de rétablissement présente de l’information sur les besoins de l’espèce en matière d’habitat et sur les types de menaces à la survie et au rétablissement de l’espèce. Il présente également des recommandations quant aux objectifs de protection et de rétablissement, aux méthodes à adopter pour atteindre ces objectifs et à la zone qui devrait être prise en considération pour l’élaboration d’un règlement visant l’habitat. Les paragraphes 11 à 15 de la LEVD 2007 présentent le contenu requis et les délais pour l’élaboration des programmes de rétablissement publiés dans cette série.

Après l’inscription d’une espèce sur la Liste des espèces en péril en Ontario, des programmes de rétablissement doivent être préparés dans un délai d’un an pour les espèces en voie de disparition et de deux ans pour les espèces menacées. Une période de transition de cinq ans (jusqu’au 30 juin 2013) est prévue pour l’élaboration des programmes de rétablissement visant les espèces menacées et en voie de disparition qui figurent aux annexes de la LEVD 2007. Des programmes de rétablissement doivent obligatoirement être préparés pour les espèces disparues de l’Ontario si leur réintroduction sur le territoire de la province est jugée réalisable.

Et ensuite?

Neuf mois après l’élaboration d’un programme de rétablissement, un énoncé de réaction est publié. Il décrit les mesures que le gouvernement de l’Ontario entend prendre en réponse au programme de rétablissement. La mise en œuvre d’un programme de rétablissement dépend de la collaboration soutenue et des mesures prises par les organismes gouvernementaux, les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres et les partenaires de la conservation.

Pour plus d’information

Pour en savoir plus sur le rétablissement des espèces en péril en Ontario, veuillez visiter la page Web des espèces en péril du Ministère des Richesses naturelles.

Information sur le document

Référence recommandée

Wyshynski, S., A.R. Eads et A. Nicolai. 2019. Programme de rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est (Anguispira kochi kochi) en Ontario. Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario, préparé pour le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs, Peterborough (Ontario), v + 38 p.

Photo de la couverture : Annegret Nicolai

Le contenu du présent document (sauf les illustrations) peut être utilisé sans permission, à condition que la source en soit adéquatement mentionnée.

Auteurs

Sarah Wyshynski – consultante en écologie

Angela Eads – Université Trent

Annegret Nicolai – Université Rennes 1, station biologique de Paimpont

Déclaration

Le programme de rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est a été élaboré conformément aux exigences de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD). Il a été préparé à l’intention du gouvernement de l’Ontario, d’autres autorités responsables et des nombreuses parties susceptibles de participer au rétablissement de l’espèce.

Le programme de rétablissement ne représente pas nécessairement les opinions de toutes les personnes qui ont prodigué des conseils ou participé à sa préparation, ni la position officielle des organisations auxquelles ces personnes sont associées.

Les buts, objectifs et méthodes de rétablissement recommandés qui sont énoncés dans le programme sont fondés sur les meilleures connaissances disponibles et pourraient être modifiés à mesure que de nouveaux renseignements deviendront accessibles. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités et organisations participantes.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la coopération des nombreuses parties qui participeront à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme.

Autorités responsables

Ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs

Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune, Région de l’Ontario

Agence Parcs Canada

Sommaire

L’escargot-tigre à bandes est un grand escargot terrestre à coquille globulaire jaune ou brune qui laisse voir une ouverture en son centre lorsqu’on l’observe du dessous et qui présente une bande spiralée claire bordée d’une bande plus foncée de chaque côté. Il peut y avoir des variations sur le plan de la taille, de l’épaisseur et de la couleur de la coquille, ainsi que de la visibilité des bandes, en particulier sur les escargots abîmés par les intempéries ou plus vieux. L’escargot-tigre à bandes de l’Est hiberne du début octobre jusqu’en avril et pond ses œufs à la fin du printemps et de l’été. Les escargots terrestres ont en général une faible résistance physiologique aux facteurs environnementaux fluctuants et une très faible capacité de dispersion. L’escargot-tigre à bandes de l’Est fait partie de la faune unique de l’écosystème carolinien. Il est important pour le fonctionnement, la recherche et la conservation des écosystèmes.

L’aire de répartition de l’espèce s’étend, au sud, jusqu’au Tennessee, à l’est, jusqu’en Pennsylvanie et, à l’ouest, jusqu’au Missouri. En Ontario, l’escargot-tigre à bandes de l’Est ne se trouve plus que sur l’île Pelée et l’île Middle dans le lac Érié. Il est inscrit comme espèce en voie de disparition en Ontario en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario en raison de sa faible aire de répartition, du déclin et de la perte de sous-populations, de la modification et de la fragmentation de l’habitat.

Les menaces qui pèsent sur la population canadienne comprennent, entre autres, les changements climatiques, la perte et la dégradation de l’habitat, la modification des écosystèmes en raison d’espèces envahissantes et non indigènes, la prédation, la compétition et la perturbation causée par les activités récréatives. Les changements climatiques constituent la menace la plus grave pour la préservation de l’escargot-tigre à bandes de l’Est, car ils augmenteront la probabilité de tempêtes violentes et d’inondations et d’érosion des habitats. L’habitat de l’île Middle est déjà gravement modifié par la population surabondante de cormorans à aigrettes indigènes. L’escargot-tigre à bandes de l’Est risque d’être encore plus touché par la compétition des limaces introduites, la pression accrue de prédation exercée par les dindons sauvages, les escargots introduits, les modifications du sol et de la couche de feuilles mortes causées par les plantes et les vers de terre introduits, ainsi que par le feu. L’augmentation du tourisme (aménagement de sentiers et circulation) et le ruissellement de pesticides pourraient également avoir des répercussions sur l’escargot-tigre à bandes de l’Est.

L’objectif recommandé pour le rétablissement de l’escargot-tigre à bandes de l’Est est de maintenir ses sous-populations actuelles dans leur aire de répartition actuelle en Ontario, en maintenant, en protégeant et en améliorant l’habitat et en réduisant les autres menaces. Afin d’y parvenir, les objectifs de protection et de rétablissement suivants ont été recommandés :

  1. Assurer la protection des habitats de l’escargot-tigre à bandes de l’Est en collaborant activement avec tous les paliers gouvernementaux et les propriétaires fonciers de l’aire de répartition de l’espèce.
  2. Mettre en œuvre un programme de surveillance des sous-populations, des habitats et des menaces de l’escargot-tigre à bandes de l’Est sur l’île Pelée et sur l’île Middle, y compris des relevés des habitats convenables.
  3. Évaluer et atténuer les menaces sur tous les sites connus en Ontario.
  4. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie, les exigences en matière d’habitat et les menaces afin de favoriser le rétablissement.

Il est recommandé de prendre des mesures précises pour atteindre chacun des objectifs de protection et de rétablissement.

En raison d’une répartition extrêmement limitée en Ontario, d’une faible capacité de dispersion et d’un manque de renseignements sur l’utilisation de l’habitat à divers stades de vie et diverses saisons, il est recommandé d’agir avec prudence pour définir l’habitat de l’escargot-tigre à bandes de l’Est. L’aire à définir comme habitat devrait comprendre un habitat qui convient à l’accouplement, à la nidification, à l’alimentation, à l’estivation et à l’hibernation, ainsi qu’à la dispersion. Il est donc recommandé que tous les polygones de l’écosite de la classification écologique des terres (CET) occupé par une sous-population existante de l’escargot-tigre à bandes de l’Est soit prescrit comme habitat dans un règlement sur l’habitat. De plus, il est recommandé d’ajouter une zone tampon de 50 m aux polygones de l’écosite de la CET pour tenir compte de la dispersion dans l’habitat voisin, réduire les effets de lisière et maintenir les conditions de microhabitat qui sont importantes pour l’escargot-tigre à bandes de l’Est. Cette zone tampon de 50 m d’habitat convenable autour du polygone de l’écosite de la CET tiendra compte de la distance de déplacement maximale mesurée (32 m) chez des espèces de taille semblable (Edworthy et coll. 2012), tout en assurant la protection des habitats qui peuvent être utilisés par les escargots à différentes périodes de l’année. L’habitat que l’on sait inadéquat (par exemple routes, lacs) pour l’escargot-tigre à bandes de l’Est peut être exclu de cette zone tampon. On manque d’information sur les limites spatiales de l’habitat utilisé par l’escargot-tigre à bandes de l’Est. L’utilisation d’une zone écologique contiguë pour définir l’habitat de l’escargot-tigre à bandes de l’Est augmente la probabilité d’inclure tous les éléments d’habitat nécessaires pour l’espèce.

1. Renseignements généraux

1.1 Évaluation et statut de l’espèce

La liste suivante présente les renseignements concernant l’évaluation et la classification de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est (Anguispira kochi kochi). Remarque : Le glossaire contient les définitions des abréviations et des termes techniques utilisés dans le présent document.

1.2 Description et biologie de l’espèce

Description de l’espèce

L’escargot‑tigre à bandes de l’Est (Anguispira kochi kochi) est un escargot terrestre de grande taille (la largeur de la coquille de l’adulte peut atteindre 2,5 cm). Sa coquille jaune ou brune est robuste et globuleuse et composée de larges spires, et elle présente deux bandes longitudinales foncées distinctives en périphérie (figure 1 de la partie 2). La surface de la coquille présente également des sillons radiaux peu profonds (stries) (Grimm et al., 2010, Pilsbry, 1948). Il peut y avoir de grandes variations sur le plan de la taille, de l’épaisseur et de la couleur de la coquille ainsi que de la visibilité des bandes et des sillons (figure 1 de la partie 2). Le périostracum (enveloppe externe de la coquille) peut s’être détérioré chez les individus plus âgés, abîmés par les intempéries; la coquille perd alors sa couleur et ses caractéristiques texturales distinctives, mais les bandes de couleur demeurent visibles à l’intérieur de la coquille (COSEWIC, 2017). Chez l’adulte, le bord de l’ouverture de la coquille est légèrement plus épais et l’ombilic (trou sous la coquille autour duquel s’enroule cette dernière) est grand et ouvert. L’animal est principalement gris, bien que la couleur de la tête et du pied puisse varier de légèrement rouge‑orange à brun (figure 1 de la partie 2), et il peut produire un mucus légèrement orangé lorsqu’on le dérange. Durant l’estivation et l’hibernation, l’ouverture de la coquille est fermée par un mucus mousseux orange ou blanc (COSEWIC, 2017).

Figure 1 de la partie 2.  Please read the long description.

Figure 1 de la partie 2. Escargot‑tigre à bandes de l’Est dans la réserve naturelle provinciale Fish Point sur l’île Pelée (A, B) et l’île Middle (C, D). Les photos ont été prises au printemps 2013 et montrent comment l’épaisseur, la rugosité et la couleur des bandes de la coquille évoluent avec l’âge chez l’escargot adulte : coquille mince, plus lisse et présentant des bandes visibles chez le jeune adulte (A et B); coquille épaisse, rugueuse et présentant des bandes visibles sur sa face interne seulement chez l’adulte plus âgé (C et D). Habituellement, on trouve des escargots de tous les âges dans chaque site. Photos : © Annegret Nicolai.

Description longue

La figure 1 de la partie 2 montre quatre photos d’escargots tigres à bandes de l’Est qui illustrent le vieillissement et le développement des différentes structures de la coquille. Les photos du haut montrent toutes deux de jeunes adultes se reposant sur des feuilles. Les photos du bas montrent des adultes plus âgés se reposant sur le sol.

Biologie de l’espèce

L’escargot‑tigre à bandes de l’Est est un escargot terrestre pulmoné (à respiration aérienne), ovipare et à hermaphrodisme simultané (possédant à la fois des organes reproducteurs mâles et femelles) (Pilsbry, 1948). On n’en sait pas beaucoup plus sur le cycle vital de l’espèce au Canada, mais des observations sur le terrain ainsi que les similitudes entre cette espèce et des gastéropodes apparentés permettent de supposer ce qui suit. L’escargot‑tigre à bandes de l’Est atteint la maturité sexuelle au bout de 2 à 3 ans, et sa durée de vie pourrait atteindre 10 ans (COSEWIC, 2017). L’accouplement a probablement lieu plusieurs fois par année, au milieu du printemps et au milieu de l’été, et la ponte a lieu à la fin du printemps et à la fin de l’été; des masses d’œufs en nombre inconnu sont alors pondues dans des trous peu profonds creusés dans le sol humide (Barker, 2001).

Des escargots‑tigres à bandes de l’Est ont été observés alors qu’ils se nourrissaient de matière végétale morte; ils peuvent également se nourrir de microchampignons et se trouvent souvent dans la litière de feuilles et sous des troncs d’arbres en décomposition (COSEWIC, 2017). Les escargots terrestres ont besoin du calcium dans le sol pour différents processus physiologiques, comme la croissance, la reproduction et la résistance à la chaleur (Wäreborn, 1979; Hotopp, 2002; Nicolai et al., 2013).

Les escargots montrent une faible résistance physiologique à la fluctuation de facteurs environnementaux tels que la température et l’humidité; c’est pourquoi la disponibilité d’abris humides qui atténuent les fluctuations environnementales constitue un facteur limitatif clé pour la croissance et la persistance des populations chez la plupart des espèces d’escargots terrestres (Burch et Pearce, 1990). En été, les escargots sont vulnérables à la déshydratation et peuvent entrer en dormance pendant les longues périodes de sécheresse. Ils ont acquis des processus physiologiques pour assurer leur survie; cependant, les périodes de chaleur et de sécheresse inhabituellement longues augmentent leur taux de mortalité (Nicolai et al., 2011). Les escargots hibernent du début du mois d’octobre jusqu’en avril; durant cette période, ils peuvent se réfugier dans des abris isolés par la neige pour se protéger du gel hivernal (Nicolai et Ansart, 2017). Les gastéropodes terrestres utilisent diverses stratégies physiologiques et comportementales pour survivre aux températures inférieures à zéro (Ansart et Vernon, 2003).

L’escargot‑tigre à bandes de l’Est a une très faible capacité de dispersion; il est donc très peu probable qu’il colonise de nouveaux milieux sans aide. On sait que des espèces de taille semblable parcourent entre 80 cm (par exemple Anguispira alternata) et 230 cm (par exemple Mesodan thyroidus) par jour à l’intérieur d’un domaine vital de 40 m2 à 800 m2, respectivement (Pearce, 1990); montrent un déplacement net de 32 m sur 3 ans (par exemple Allogona townsendiana; Edworthy et al., 2012); ont un domaine vital de plus de 50 m2, mais retournent aux sites d’hibernation (par exemple Allogona profunda; Blinn, 1963). La dispersion passive — par la crue des cours d’eau (Vagvolgyi, 1975) ou le transport par les oiseaux (Kawakami et al., 2008) — est possible, mais elle n’a pas été décrite chez cette espèce. Rien n’indique que l’espèce est transportée par les humains.

1.3 Répartition, abondance et tendances des populations

Deux sous‑espèces d’Anguispira kochi sont actuellement reconnues au Canada : l’A. k. kochi (escargot‑tigre à bandes de l’Est), présent sur les îles du lac Érié, en Ontario, et l’A. k. occidentalis (escargot‑tigre à bandes de l’Ouest), présent en Colombie‑Britannique (Pilsbry, 1948, COSEWIC, 2017). La zone d’occurrence (c.‑à‑d. la zone englobant toutes les occurrences actuelles connues) de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est au Canada est de 102 km2, mais une grande partie de cette superficie calculée se trouve dans le lac Érié. La zone d’occupation réelle est estimée à 36 km2 (COSEWIC, 2017). En Ontario, on a trouvé des sous‑populations existantes (c.‑à‑d. toujours présentes ou survivantes) d’escargots‑tigres à bandes de l’Est sur l’île Pelée et l’île Middle, dans le lac Érié, lors des relevés à grande échelle réalisés de 2013 à 2015 (figure 2 de la partie 2). Les données génétiques les plus récentes semblent indiquer une faible divergence entre ces sous‑populations, bien qu’elles soient séparées par environ cinq kilomètres d’eaux libres (COSEWIC, 2017). Au sein de chaque sous‑population, il existe une possibilité d’échange génétique entre les individus, si l’on présume que les parcelles d’habitat sont connectées ou pourraient l’être à l’avenir. Toutefois, l’habitat sur l’île Pelée est fragmenté (il n’est présent que sur des propriétés de conservation) et certaines parcelles d’habitat sont séparées par une distance allant jusqu’à quatre kilomètres.

Figure 2 de la partie 2. Veuillez lire la description longue.

Figure 2 de la partie 2. Répartition actuelle de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est en Ontario, y compris les mentions historiques (Clapp, 1916; Goodrich, 1916) et les sites hébergeant une sous‑population dont la situation est inconnue (COSEWIC, 2017).

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Anguispira kochi kochi distribution status = Répartition de l’Anguispira kochi kochi

Unknown = Inconnu

Extant = Existante

Historical = Historique

Description longue

La figure 2 de la partie 2 présente une carte de l’aire de répartition de l’escargot tigre à bandes de l’Est en Ontario. Dans le lac Érié, plusieurs sous populations existantes ont été observées sur l’île Pelée, tandis qu’une sous population existante a été observée sur l’île Middle. Parmi les sous populations dont le statut est inconnu, une se trouve sur l’île North Harbor, une sur l’île Hen et deux autres dans les parties est et ouest de l’île Pelée. Des sous populations historiques se trouvaient sur les îles Middle Sister et East Sister et dans la partie nord est de l’île Pelée.

De 2016 à 2018, des relevés annuels complets ont été effectués sur l’île Pelée pour les espèces d’escargots préoccupantes sur le plan de la conservation. On a trouvé des escargots‑tigres à bandes de l’Est vivants dans la réserve naturelle provinciale Fish Point, sur la propriété d’Ontario Nature dans l’alvar du chemin Stone, dans la savane Shaughnessy Cohen Memorial (propriété de Conservation de la nature Canada [CNC] dans l’est de l’alvar du chemin Stone), dans la réserve naturelle Florian Diamante (CNC) et dans la réserve naturelle Richard et Beryl Ivey (CNC). Aucun escargot vivant n’a été trouvé entre 2012 et 2015 sur la propriété Gibwood (CNC), la propriété de l’Office de protection de la nature de la région d’Essex (ERCA) dans l’alvar du chemin Stone, ni les propriétés de CNC dans le sud et l’ouest de l’alvar du chemin Stone. Cependant, des escargots‑tigres à bandes de l’Est vivants ou des coquilles fraîches de l’espèce y ont été trouvés entre 2016 et 2018, ce qui met en évidence la nature discrète des escargots terrestres. Seules de vieilles coquilles abîmées par les intempéries ont été trouvées à Middle Point Woods (CNC) depuis 2016, année où une importante inondation est survenue dans cette forêt. Il est probable que la propriété Krestel (propriété de CNC dans le nord de l’alvar du chemin Stone) et Winery Woods hébergent toujours un petit nombre d’escargots‑tigres à bandes de l’Est, même si aucun individu vivant n’a été observé à l’un ou l’autre endroit depuis 2006 et 2013, respectivement. L’habitat n’a pas été perturbé sur ces propriétés de conservation, tandis que les conditions de l’habitat peuvent avoir été modifiées par les activités humaines sur le terrain de camping East Park et les terres privées connexes (lesquels n’ont pas fait l’objet de relevés récents); des coquilles y ont été trouvées pour la dernière fois en 1995 et en 1997, respectivement. Dans le passé, l’île Pelée était constituée de quatre îles rocheuses séparées par des terres marécageuses, mais dans les années 1890, afin d’aménager l’île pour l’agriculture, ces terres ont été draguées et l’eau a été pompée vers le lac (figure 3 de la partie 2). La répartition de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est sur l’île Pelée est déterminée par cette séparation historique ainsi que par les activités actuelles et passées exercées sur chaque propriété, comme l’exploitation forestière, le pâturage et l’agriculture.

Figure 3 de la partie 2. Veuillez lire la description longue.

Figure 3 de la partie 2. Occurrences de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est sur l’île Pelée. Les blocs de territoire protégé actuels sont indiqués sur cette ancienne carte du XIXe siècle. Le bloc de l’alvar du chemin Stone englobe les terres de plusieurs propriétaires fonciers : Ontario Nature, ERCA et CNC (propriété Krestel dans le nord de l’alvar et savane Shaughnessy Cohen Memorial dans l’est, le sud et l’ouest de l’alvar). Les anciennes îles rocheuses sont représentées par un fond blanc uni et l’espace entre les îles est occupé par des terres marécageuses.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Essex Regional Conservation Authority (ERCA) = Office de protection de la nature de la région d’Essex (ERCA)

ON Nature = Ontario Nature

ON Parks = Parcs Ontario

Nature Conservancy Canada (NCC) = Conservation de la nature Canada (CNC)

Eastern Banded Tigersnail (shells) = Escargot‑tigre à bandes de l’Est (coquilles)

Eastern Banded Tigersnail (alive) = Escargot‑tigre à bandes de l’Est (individus vivants)

Description longue

La figure 3 de la partie 2 est une carte du XIXe siècle sur laquelle sont reportés les blocs de territoire protégé et les mentions actuels de l’escargot tigre à bandes de l’Est sur l’île Pelée. Des coquilles ont été trouvées sur la propriété Gibwood (zone de Conservation de la nature Canada [CNC], dans le nord est de l’île), sur la propriété de l’Office de protection de la nature de la région d’Essex dans l’alvar du chemin Stone (sud est de l’île) et à Middle Point Woods (deux mentions; zone de CNC, dans le nord est de l’île). Des escargots vivants ont été observés dans la réserve naturelle Florian Diamante (zone de CNC, dans le nord est de l’île), sur la propriété Richard et Beryl Ivey (une mention; zone de CNC, vers le sud ouest de l’île) et à l’extérieur de cette dernière (une mention; vers le sud de l’île). Cinq mentions d’escargots vivants proviennent de l’alvar du chemin Stone (une dans une zone d’ Ontario Nature et quatre dans des terres de CNC, dans le sud est de l’île), et une autre, de la pointe Fish (zone de Parcs Ontario, sur la pointe sud de l’île). La pointe Lighthouse, une zone de Parcs Ontario, est située au nord de la réserve naturelle Florian Diamante et de Middle Point Woods.

La sous‑population sur l’île Middle (qui fait partie du parc national de la Pointe‑Pelée) aurait été considérablement réduite depuis le début des années 1980 par suite de la destruction d’habitat attribuable à la surabondance de Cormorans à aigrettes (Phalacrocorax auritus) (Dobbie et Kehoe, 2008). Par le passé, l’escargot‑tigre à bandes de l’Est était présent sur plusieurs autres îles de l’ouest du lac Érié (Clapp, 1916; Goodrich, 1916; Ahlstrom, 1930; voir aussi les mentions de collecte dans COSEWIC, 2017). Toutefois, aucun escargot‑tigre à bandes de l’Est vivant n’a été aperçu sur l’île East Sister ou l’île Middle Sister depuis que des spécimens y ont été recueillis en 1916 et en 1996, respectivement (COSEWIC, 2017). L’île North Harbour et l’île Hen ne sont pas accessibles, car ce sont des propriétés privées; elles n’ont donc pas fait l’objet de relevés récents. L’habitat présent sur les îles East Sister et Middle Sister a aussi été fortement dégradé par le Cormoran à aigrettes, alors que l’île North Harbour a été aménagée et n’offre presque plus d’habitat naturel. L’escargot‑tigre à bandes de l’Est est considéré comme une espèce disparue sur ces trois îles (COSEWIC, 2017). Seule l’île Hen contient toujours une forêt intacte qui constitue un habitat convenable pour l’espèce. En 1991, des coquilles ont été recueillies près d’Alvinston, dans le comté de Lambton, là où se trouve aujourd’hui une propriété de l’Office de protection de la nature de la région de Sainte‑Claire; ces coquilles ont été consignées comme étant celles d’escargots‑tigres à bandes de l’Est. Cependant, les spécimens correspondant à cette mention ont été perdus et auraient été mal identifiés (Forsyth, comm. pers., 2017‑2018). La propriété a fait l’objet de relevés répétés en 2015 et en 2017; aucune coquille n’a été trouvée, et les conditions de l’habitat semblent ne pas convenir à cette espèce.

La population canadienne d’escargots‑tigres à bandes de l’Est a été estimée à environ 800 000 individus matures en 2015 (COSEWIC, 2017). Un recrutement a été observé dans la plupart des sites où on a trouvé des individus de l’espèce vivants. En 2018, la plus grande densité d’escargots‑tigres à bandes de l’Est se trouvait dans la réserve naturelle provinciale Fish Point, où leur abondance est beaucoup plus élevée (4,1 escargots/m2 en moyenne) que dans tous les autres sites (par exemple réserve naturelle Richard et Beryl Ivey : 0,7 escargot/m2). La pression anthropique (exploitation forestière, pâturage et agriculture) sur l’île Pelée pourrait avoir réduit l’abondance de l’espèce sur les autres propriétés de conservation comparativement à Fish Point. En 2015, on a estimé de manière générale que la sous‑population d’escargots‑tigres à bandes de l’Est de l’île Middle comptait entre 4 000 et 32 000 individus. Dans les 3 parcelles de surveillance établies sur l’île, l’abondance moyenne était de 0,3 escargot/m2 en 2015, de 0,9 escargot/m2 en 2016 et de 1,8 escargot/m2 en 2017. Cette légère augmentation de l’abondance indique possiblement un rétablissement lié à l’abattage de Cormorans à aigrettes qui a lieu chaque année depuis 2008; elle est peut‑être aussi simplement attribuable aux fluctuations naturelles de la taille de la population.

L’aire de répartition de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est aux États‑Unis s’étend vers le sud jusqu’au Tennessee, vers l’est jusqu’en Pennsylvanie et vers l’ouest jusqu’au Missouri, et passe par le Michigan (Hubricht, 1985; voir aussi les mentions de collecte dans COSEWIC, 2017; figure 4). Une immigration de source externe se traduisant par une diversité génétique accrue et une augmentation de la population n’est toutefois pas possible, car le lac Érié constitue un obstacle.

Figure 3 de la partie 2. Veuillez lire la description longue.

Figure 4 de la partie 2. Aire de répartition mondiale de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est (COSEWIC, 2017). Le comté d’Essex, au Canada, qui héberge une population existante, est indiqué en orange. Les comtés des États‑Unis où l’escargot‑tigre à bandes de l’Est est présent à l’heure actuelle (1990 to 2015) sont indiqués en bleu foncé. Les comtés des États‑Unis où les mentions datent d’avant 1990 sont indiqués en bleu, et ceux où les mentions sont non datées sont indiqués en bleu clair. Il est à noter que l’espèce n’est pas nécessairement présente dans tout le comté.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

North Dakota = Dakota du Nord

South Dakota = Dakota du Sud

Nebraska = Nebraska

Kansas = Kansas

Oklahoma = Oklahoma

Texas = Texas

Minnesota = Minnesota

Iowa = Iowa

Missouri = Missouri

Arkansas = Arkansas

Louisiana = Louisiane

Wisconsin = Wisconsin

Illinois = Illinois

Mississippi = Mississippi

Michigan = Michigan

Indiana = Indiana

Kentucky = Kentucky

Tennessee = Tennessee

Alabama = Alabama

Michigan = Michigan

Ohio = Ohio

Georgia = Géorgie

Ontario = Ontario

West Virginia = Virginie‑Occidentale

South Carolina = Caroline du Sud

Québec = Québec

New York = État de New York

Pennsylvania = Pennsylvanie

Maryland = Maryland

Virginia = Virginie

North Carolina = Caroline du Nord

Description longue

La figure 4 de la partie 2 présente une carte de l’aire de répartition mondiale de l’escargot tigre à bandes de l’Est. La plupart des mentions de l’espèce proviennent du Dakota du Sud, du Missouri, de l’Illinois, de l’Indiana, du Kentucky, de l’Ohio et du Michigan, et on compte une population existante dans le comté d’Essex, en Ontario. Les comtés états uniens visés par les mentions actuelles (1990 à 2015) de l’escargot tigre à bandes de l’Est se trouvent dans l’Illinois, le Kentucky et l’Ohio. Les comtés états uniens qui comptent des mentions de l’espèce datant d’avant 1990 sont situés dans le Dakota du Sud, le Missouri, l’Illinois, l’Indiana, le Kentucky, le Michigan et l’Ohio. Des mentions sans date de collecte proviennent des États suivants : Oklahoma, Missouri, Illinois, Indiana, Kentucky, Michigan, Ohio, Tennessee, Géorgie, Virginie Occidentale et Pennsylvanie.

NatureServe (2018) attribue à l’espèce les cotes suivantes pour les États américains :

  1. États américains limitrophes du sud‑ouest de l’Ontario :
    Michigan : SU; Pennsylvanie : S3; Ohio : SNR; État de New York : espèce non présente
  2. Autres États américains où l’escargot‑tigre à bandes de l’Est est présent :
    Illinois : SNR; Indiana : SNR; Kentucky : S2; Virginie‑Occidentale : S1; Missouri : SNR; Tennessee : S2

SNR : non classée à l’échelle infranationale
SU : non classable
S1 : gravement en péril à l’échelle infranationale
S2 : en péril à l’échelle infranationale
S3 : vulnérable à l’échelle infranationale
S4 : apparemment en sécurité à l’échelle infranationale

1.4 Besoins en matière d’habitat

Au Canada, l’escargot‑tigre à bandes de l’Est vit dans les forêts mésiques matures feuillues ou mixtes. Goodrich (dans Pilsbry, 1948) décrit l’escargot‑tigre à bandes de l’Est comme « l’un des mollusques typiques des forêts anciennes, rarement observé même dans les denses forêts de seconde venue ». L’escargot‑tigre à bandes de l’Est a été observé dans des alvars boisés à chêne jaune et ail penché et des forêts décidues à micocoulier sur sol sec à frais (sur l’île Middle et l’île Pelée) ainsi que dans une forêt décidue à érable à sucre et frêne blanc sur sol sec à frais et une forêt clairsemée à chêne des teinturiers sur sol sec (à la pointe Fish, sur l’île Pelée) (COSEWIC, 2017). Ces milieux sont caractérisés soit par un sol rocheux formé de calcaire (alvar) couvert de végétation herbacée, soit par un sol sablonneux riche en humus comportant une importante couche de litière de feuilles (10 à 20 cm). Les forêts où se trouve l’espèce contiennent également des troncs d’arbres et du matériel ligneux en décomposition. La litière de feuilles, les troncs d’arbres et le sol riche en humus offrent à l’espèce des microhabitats humides où la température est relativement constante pour l’hibernation, l’estivation et la ponte, alors que le calcaire et les plantes riches en calcium lui fournissent des nutriments. Sur les 788 hectares totaux de terres protégées (propriétés de conservation de CNC, d’Ontario Nature, de l’ERCA, de Parcs Ontario et de Pelee Island Winery) des îles Pelée et Middle (Parcs Canada), environ 115 constituent un habitat convenable pour l’espèce (COSEWIC, 2017).

Lorsque l’île Pelée a été draguée et aménagée pour l’agriculture, la déforestation considérable qui s’ensuivit a entraîné une importante perte d’habitat. Quelque 15 à 20 % de la couverture forestière naturelle de l’île est toujours intacte, dont la majeure partie est gérée par CNC ou par le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs (MEPNP). Aucun escargot ou limace indigène n’a été trouvé sur les anciennes terres marécageuses de l’île Pelée (par exemple champs cultivés ou petits boisés aménagés entre ces champs) lors des relevés réalisés entre 2013 et 2015, ce qui indique que ces milieux ne constituent pas un habitat convenable et ne jouent pas le rôle de corridors d’habitat ou de déplacement.

Le climat dans les îles du lac Érié est beaucoup plus chaud que ce qu’on observe habituellement à cette latitude en raison de l’effet modérateur du lac Érié; les îles sont donc exemptes de gel durant les deux tiers de l’année. Ce climat plus chaud joue un rôle extrêmement important dans la persistance des espèces végétales et animales à la limite nord de leur aire de répartition (North‑South Environmental Inc., 2004). Il entraîne également des chutes de neige accrues en raison d’un taux de précipitations plus élevé; cette couverture de neige plus épaisse est essentielle à la survie de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est en hiver, lorsqu’il y a de fortes variations de température.

1.5 Facteurs limitatifs

L’escargot‑tigre à bandes de l’Est persiste dans de petites parcelles d’habitat forestier isolées sur les îles Middle et Pelée, dans le lac Érié. L’espèce a une très faible capacité de dispersion et, en l’absence de corridors d’habitat à une microéchelle convenable, il est très peu probable qu’elle colonise de nouveaux milieux sans aide, que ce soit pour échapper à des menaces à court terme ou pour se rétablir d’effets nuisibles (Nicolai et Ansart, 2017). La fragmentation d’habitat ou l’empiétement sur l’habitat attribuable à l’agriculture, aux routes et aux barrières d’eau rend la dispersion encore plus difficile et limite le flux génique entre les sous‑populations.

L’escargot‑tigre à bandes de l’Est montre une faible résistance physiologique à la fluctuation de facteurs environnementaux tels que la température et l’humidité, et on sait que la disponibilité d’abris humides qui atténuent les fluctuations environnementales constitue un facteur limitatif clé pour la croissance et la persistance des populations chez la plupart des espèces d’escargots terrestres (Burch et Pearce, 1990). Leur adaptabilité aux conditions climatiques changeantes pourrait être limitée (Nicolai et Ansart, 2017). L’escargot‑tigre à bandes de l’Est ne se trouve que dans les forêts mésiques matures feuillues ou mixtes et les alvars, des milieux qui sont limités dans le sud‑ouest de l’Ontario. L’espèce a besoin de conditions précises en matière d’habitat et de climat pour hiberner tout l’hiver et pour éviter la déshydratation durant les périodes chaudes et sèches.

1.6 Menaces pour la survie et le rétablissement

Les menaces générales pour la persistance continue des sous‑populations d’escargots sont la destruction d’habitat ou modification de l’habitat, l’augmentation de la prédation ou de la compétition ainsi que les événements météorologiques importants et les changements climatiques. Ces menaces coexistent et peuvent interagir, ce qui augmente l’impact négatif global sur les escargots; ces effets cumulatifs augmentent considérablement le niveau de menace globale pour l’escargot‑tigre à bandes de l’Est.

Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents

Les changements climatiques représentent une menace importante mais mal comprise pour l’escargot‑tigre à bandes de l’Est. D’après les modèles de changements climatiques, on s’attend à ce que le sud‑ouest de l’Ontario subisse davantage de phénomènes météorologiques extrêmes, notamment des sécheresses, des inondations et des températures extrêmes (Varrin et al., 2007). Les températures extrêmes sont plus probables et entraînent des gels printaniers plus fréquents et plus importants (Augspurger, 2013). Il y a une forte mortalité des escargots lorsque la couverture de neige est absente (Nicolai et Ansart, 2017). Les escargots sont également vulnérables à l’augmentation des températures moyennes et de la fréquence des sécheresses (Pearce et Paustian, 2013), laquelle peut entraîner une forte mortalité chez certaines espèces qui ont besoin d’abris (Nicolai et al., 2011). Avec l’augmentation des précipitations attribuable aux changements climatiques, on prévoit des tempêtes plus violentes sur l’île Middle, tandis que, sur l’île Pelée, l’inondation de l’habitat forestier et l’érosion sont susceptibles de se produire plus souvent, de durer plus longtemps et de perturber des zones plus vastes. On trouve des escargots‑tigres à bandes de l’Est près de la rive est de l’île Pelée, laquelle s’érode graduellement (COSEWIC, 2017); l’espèce est probablement déjà touchée par les tempêtes et les inondations, car seules des coquilles abîmées ont été trouvées dans les nombreux sites où ces phénomènes météorologiques ont lieu. Ces menaces doivent être prises en compte au moment d’évaluer les sites de recolonisation potentiels.

Modifications de l’écosystème et de l’habitat

Les colonies de nidification de Cormorans à aigrettes connaissent une expansion fulgurante sur les îles du lac Érié depuis le début des années 1980; on présume qu’elles sont la principale cause de la disparition de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est sur les îles Middle Sister et East Sister. Les Cormorans à aigrettes ont considérablement réduit l’habitat forestier disponible sur l’île Middle (Dobbie et Kehoe, 2008) et ont modifié la chimie du sol et les assemblages d’espèces végétales (North‑South Environmental Inc., 2004; Boutin et al., 2011). Un faible pH et une salinité élevée du sol perturbent les processus physiologiques des escargots. Les changements dans la diversité et la densité des plantes pourraient réduire les ressources alimentaires et dégrader la structure du microhabitat, ce qui aurait un effet sur les escargots. L’abattage de Cormorans à aigrettes est pratiqué sur l’île Middle depuis 2008 (Thorndyke et Dobbie, 2013), mais ses effets doivent encore être vérifiés (Guillaumet et al., 2014).

Plusieurs plantes très envahissantes sont présentes sur les îles du sud‑ouest du lac Érié, notamment l’alliaire officinale (Alliaria petiolata), dans les forêts, et des graminées de la famille des Poacées, dans les alvars. On a observé des cas où l’alliaire officinale supplantait la végétation indigène et modifiait le cycle des nutriments dans le sol, ce qui ralentissait la remise en état du site (Catling et al., 2015). Les plantes envahissantes font l’objet d’une lutte active au moyen d’herbicides, de méthodes mécaniques et de brûlages dirigés. Il reste que l’impact des plantes envahissantes sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est est inconnu (COSEWIC, 2017).

Les vers de terre non indigènes ont envahi certaines régions du Canada relativement récemment. Il a été démontré qu’ils ont un impact majeur sur les écosystèmes et ils pourraient avoir une incidence indirecte sur les communautés d’escargots terrestres (Norden, 2010; Forsyth et al., 2016). Ces vers de terre modifient l’habitat du sol forestier en réduisant ou en éliminant la couche naturelle de litière de feuilles ainsi qu’en creusant dans le sol minéral et en mêlant celui‑ci à la couche organique en surface (Qiu et Turner, 2017). Les changements dans la composition de la végétation de sous‑bois qui en découlent (Drouin et al., 2016) réduisent les plantes nourricières et le microhabitat disponibles pour les escargots.

Compétiteurs et prédateurs envahissants

La compétition avec les gastéropodes terrestres exotiques pourrait constituer une menace (Whitson, 2005; Grimm et al., 2010; Campbell et al., 2014) à cause des attaques (Kimura et Chiba, 2010), des effets de densité et/ou de la compétition pour la nourriture (Baur et Baur, 1990b). La loche roussâtre (Arion subfuscus), la loche grisâtre (Arion fasciatus), la petite limace grise (Deroceras reticulatum) et l’escargot des bois (Cepaea nemoralis) sont présents dans l’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est, mais leur impact est inconnu (COSEWIC, 2017). La prédation exercée par des escargots carnivores exotiques pourrait également constituer une menace pour l’escargot‑tigre à bandes de l’Est sur l’île Middle; en effet, des espèces de luisants (genre Oxychilus) ont été observées sur l’île Middle en 2013 (mentions MJO 40569a et ANi033e de la collection de Forsyth‑Nicolai; Forsyth, comm. pers., 2017‑2018) Le Dindon sauvage (Meleagris gallopavo) a été introduit en 2002 sur l’île Pelée, où il s’est propagé rapidement; il est maintenant naturalisé et compte plusieurs bandes de plus de 200 individus. L’espèce fait l’objet d’une chasse active au printemps. De même, le Faisan de Colchide (Phasianus colchicus) a été introduit sur l’île Pelée à la fin des années 1920 pour la chasse. Ces deux espèces d’oiseaux sont omnivores et incluent des escargots dans leur régime alimentaire (Sandilands, 2005), et on sait qu’elles perturbent l’habitat au sol par leur grattage intensif. L’impact de ces oiseaux sur les sous‑populations d’escargots reste à étudier.

Intrusions et perturbations humaines

Depuis l’expansion du service de traversier en 1992, il y a eu une augmentation marquée du tourisme sur l’île Pelée. L’île attire de nombreux observateurs d’oiseaux, photographes, touristes, chasseurs et chercheurs; on estime que 7 500 personnes visitent la pointe Fish chaque année (Ontario Parks, 2005). Les larges sentiers représentent des obstacles au déplacement des escargots (Wirth et al., 1999). De plus, le piétinement par les randonneurs est une menace connue pour certaines espèces d’escargots (Baur et Baur, 1990a). Comme les visiteurs ne sont admis sur l’île Middle que de septembre à février, une période où les escargots sont principalement inactifs, leurs activités ne constituent probablement pas une menace pour l’escargot‑tigre à bandes de l’Est. Les perturbations causées par les activités de recherche ciblant les espèces préoccupantes sur le plan de la conservation semblent faibles, car les chercheurs prennent habituellement soin de perturber l’habitat le moins possible. La recherche portant spécifiquement sur les gastéropodes ne se déroule que dans quelques parcelles de surveillance se trouvant dans l’habitat de l’espèce sur les îles Middle et Pelée, et le stress causé aux escargots y est activement limité.

Le feu constitue aujourd’hui un important outil de gestion pour la conservation des forêts et des prairies. Des parties de l’alvar du chemin Stone sur l’île Pelée ont fait l’objet de brûlages dirigés effectués par Ontario Nature et l’ERCA en 1993, 1997, 1999 et 2005 (NCC, 2008). En octobre 2019, Ontario Nature prévoyait pratiquer un brûlage visant à améliorer l’habitat des serpents dans certaines parties de leur propriété située dans l’alvar du chemin Stone (Horrigan, comm. pers., 2018), où l’escargot‑tigre à bandes de l’Est est présent. Le brûlage direct ou indirect nuit à la survie des invertébrés qui vivent dans la litière et dans le sol, notamment les escargots terrestres (Nekola, 2002). Le feu réduit et modifie les substrats et résidus organiques (couche de litière), lesquels sont des sources de nutriments et servent d’abri pour ces organismes (Bellido, 1987). Le feu peut également modifier le microclimat lorsque le sol brûlé et dénudé est chauffé par le soleil, ce qui augmente l’évaporation au sol (Knapp et al., 2009).

Corridors de transport et de service

Les propriétés de conservation sur l’île Pelée sont séparées les unes des autres par des routes, des canaux et des fossés. Les escargots sont très vulnérables lorsqu’ils traversent les routes et ils s’y risquent rarement; les routes asphaltées où la circulation est dense peuvent alors fragmenter les populations d’escargots (Baur et Baur, 1990a). Les canaux, les fossés, les routes ou pistes, asphaltées ou non, où la circulation est dense ou faible ainsi que les sentiers étroits dépourvus de litière de feuilles peuvent tous constituer des obstacles à la dispersion des escargots (Baur et Baur, 1990a; Wirth et al., 1999; Meadows, 2002).

Pollution

La pollution de l’air et de l’eau provenant des routes (par exemple métaux lourds et sel de voirie) pourrait constituer une menace pour les escargots (Viard et al., 2004). Cependant, la circulation routière est faible sur l’île Pelée et inexistante sur l’île Middle. Les effluents agricoles de même que les herbicides utilisés pour lutter contre les plantes envahissantes sur les propriétés de conservation des îles Pelée et Middle pourraient constituer une menace pour l’escargot‑tigre à bandes de l’Est, bien que l’impact des pesticides sur les gastéropodes terrestres soit mal compris. Des études en laboratoire ont montré que l’exposition à certains herbicides augmente la mortalité chez certaines espèces d’escargots (Koprivnikar et Walker, 2011) et pourrait nuire à leur reproduction (Druart et al., 2011), ce qui modifierait la dynamique de leurs populations.

1.7 Lacunes dans les connaissances

Le manque de connaissances sur la répartition et la biologie de l’espèce, notamment son régime alimentaire, ses réactions physiologiques aux facteurs environnementaux et ses interactions avec les espèces exotiques, peut nuire à l’efficacité des stratégies de protection de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est. La recherche sur les lacunes dans les connaissances qui suivent contribuerait à une compréhension plus complète de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est en vue d’assurer la protection et le rétablissement de l’espèce et de son habitat :

1.8 Mesures de rétablissement déjà achevées ou en cours

À ce jour, aucune mesure de rétablissement précise n’a été mise en œuvre, même si on a commencé en 2015 à surveiller régulièrement quelques parcelles sur les îles Middle et Pelée.

2. Rétablissement

2.1 But du rétablissement recommandé

Le but du rétablissement recommandé est de maintenir les sous‑populations actuelles d’escargots‑tigres à bandes de l’Est dans leur aire de répartition actuelle en Ontario en maintenant, en protégeant et en améliorant l’habitat et en réduisant les menaces.

2.2 Objectifs de protection et de rétablissement recommandés

  1. Assurer la protection des habitats de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est en collaborant activement avec tous les paliers gouvernementaux et les propriétaires fonciers de l’aire de répartition de l’espèce.
  2. Mettre en œuvre un programme de surveillance des sous‑populations, des habitats et des menaces de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est sur l’île Pelée et sur l’île Middle, y compris des relevés des habitats convenables.
  3. Évaluer et atténuer les menaces sur tous les sites connus en Ontario.
  4. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie, les exigences en matière d’habitat et les menaces afin de favoriser le rétablissement.

2.3 Approches de rétablissement recommandées

Tableau 1. Approches recommandées pour le rétablissement de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est en Ontario.
Objectif 1 : Assurer la protection des habitats de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est en collaborant activement avec tous les paliers gouvernementaux et les propriétaires fonciers de l’aire de répartition de l’espèce
Priorité relative Échéancier relatif Volet du rétablissement Approche de rétablissement Menaces ou lacunes dans les connaissances visées
Essentielle Court terme Protection, gestion 1.1 Élaborer une description de l’habitat ou un règlement sur l’habitat afin de préciser l’aire désignée comme étant l’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est en Ontario. Menace :
  • Perte et dégradation d’habitat
Nécessaire Court terme Protection, gestion 1.2 Déterminer l’habitat existant et l’habitat potentiel de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est.
  • Cartographier les parcelles d’habitat protégé et non protégé.
  • Préciser la propriété de toute parcelle d’habitat non protégé afin de déterminer les options de protection de l’habitat (par exemple règlement, intendance, préservation).
  • Déterminer les sites susceptibles d’être touchés par le développement futur et veiller à ce que des mesures soient en place pour protéger l’escargot‑tigre à bandes de l’Est et son habitat.
Menace :
  • Perte et dégradation d’habitat
Nécessaire En cours Gestion, intendance 1.3 Travailler avec les organismes, organisations et propriétaires fonciers concernés (CNC, Ontario Nature, ERCA, Parcs Canada, MEPNP) pour élaborer et mettre en œuvre des programmes de gestion et de protection de l’habitat pour l’escargot‑tigre à bandes de l’Est.
  • Fournir des conseils et du soutien aux gestionnaires de terres et aux propriétaires fonciers concernant l’amélioration de l’habitat ou les activités de remise en état.
  • Veiller à ce que la protection de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est soit intégrée aux plans de gestion.
  • Surveiller les activités de gestion et les programmes de protection, déterminer leur efficacité et leur apporter des changements au besoin.
Menace :
  • Perte et dégradation d’habitat
Nécessaire En cours Protection, gestion, intendance 1.4 Appuyer la protection et la préservation des terres qui sont importantes pour l’escargot‑tigre à bandes de l’Est (terres appartenant à CNC, à l’ERCA, à Ontario Nature ou au MEPNP et/ou gérées par eux). Menace :
  • Perte et dégradation d’habitat
Nécessaire En cours Éducation, sensibilisation, communication, intendance 1.5 Travailler avec CNC, d’autres organisations non gouvernementales ainsi que les partenaires de gouvernement pour accroître la compréhension et la connaissance de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est par le public.
  • Élaborer des documents d’éducation et de sensibilisation (panneaux de signalisation, fiches de renseignements) pour le grand public et le personnel travaillant dans l’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est (employés de Parcs Canada, de CNC, d’Ontario Nature, de l’ERCA et du MEPNP) afin d’accroître leur sensibilisation aux menaces qui pèsent sur l’espèce et de faciliter son identification.
Menaces :
  • Perturbations humaines, perte et dégradation d’habitat
Objectif 2 : Mettre en œuvre un programme de surveillance des sous‑populations, des habitats et des menaces de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est sur l’île Pelée et sur l’île Middle, y compris des relevés des habitats convenables
Priorité relative Échéancier relatif Volet du rétablissement Approche de rétablissement Menaces ou lacunes dans les connaissances visées
Essentielle Court terme Inventaire et suivi 2.1 Élaborer des documents permettant d’identifier correctement l’espèce et les espèces avec lesquelles elle peut être confondue. Lacune dans les connaissances :
  • Outils d’identification des escargots limités pour le sud de l’Ontario
Essentielle Court terme Inventaire et suivi 2.2 Élaborer un protocole normalisé pour effectuer des relevés de la présence/de l’absence de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est ainsi que l’inventaire et le suivi des sous‑populations. Ce protocole devrait comprendre :
  • des directives sur la fréquence du suivi, le moment de la journée et la période de l’année appropriés, les méthodes cohérentes pour consigner les activités de recherche dont les résultats sont positifs ou négatifs, les techniques de marquage appropriées ainsi que la présentation de données au Centre d’information sur le patrimoine naturel.
Lacune dans les connaissances :
  • Taille et répartition de la population inconnues
Essentielle Court terme Inventaire et suivi 2.3 Élaborer un protocole normalisé pour effectuer l’inventaire et le suivi des paramètres de l’habitat à chaque site. Ces paramètres de l’habitat devraient comprendre :
  • des paramètres qui faciliteront la détermination des caractéristiques de l’habitat qui sont recherchées par l’espèce;
  • des indicateurs qui faciliteront le suivi des menaces qui pèsent sur l’espèce ou son habitat (par exemple niveaux d’eau, érosion, phénomènes météorologiques violents, changements dans la structure de la végétation, programmes d’élimination et de gestion des espèces envahissantes, activités récréatives, présence d’espèces problématiques).
Menaces :
  • Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents
  • Espèces non indigènes (oiseaux, vers de terre, gastéropodes) et indigènes (Cormoran à aigrettes) problématiques
  • Perte et dégradation d’habitat

Lacunes dans les connaissances :

  • Besoins en matière d’habitat
  • Besoins en matière de protection
  • Perte et dégradation d’habitat
Nécessaire En cours Inventaire et suivi 2.4 Effectuer un suivi annuel des sous‑populations actuelles (parallèlement au suivi annuel continu des nids de Cormorans à aigrettes et de la végétation sur l’île Middle, effectué par Parcs Canada), en plus d’effectuer l’inventaire et le suivi des paramètres de l’habitat à chaque site. Lacune dans les connaissances :
  • Taille et répartition de la population inconnues
  • Perte et dégradation d’habitat
Bénéfique En cours Inventaire et suivi 2.5 Effectuer des relevés des milieux convenables afin de trouver de possibles sous‑populations inconnues d’escargots‑tigres à bandes de l’Est. Lacune dans les connaissances :
  • Taille et répartition de la population inconnues
Bénéfique En cours Inventaire 2.6 Mobiliser des bénévoles (par exemple naturalistes de la région, intendants de terres, spécialistes) pour entreprendre des relevés ciblant l’espèce afin d’en déterminer la présence ou l’absence.
  • Inclure des renseignements sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est dans tous les bioblitz en cours ou dans toute autre initiative de science citoyenne.
Lacune dans les connaissances :
  • Taille et répartition de la population inconnues
Objectif 3 : Évaluer et atténuer les menaces qui pèsent sur tous les sites connus en Ontario
Priorité relative Échéancier relatif Volet du rétablissement Approche de rétablissement Menaces ou lacunes dans les connaissances visées
Essentielle En cours Protection, gestion, suivi et évaluation 3.1 Quantifier et coter les menaces à chaque site pour aider à déterminer les mesures propres au site à prendre pour réduire les menaces, et pour en établir l’ordre de priorité.
  • Lorsqu’on effectue des relevés des escargots, recueillir des renseignements détaillés sur les conditions actuelles, les activités humaines et l’utilisation des terres (par exemple nombre de vers de terre, nombre de personnes empruntant le sentier chaque jour, salinité du sol).
Menaces :
  • Toutes les menaces connues

Lacune dans les connaissances :

  • Étendue des menaces dans les différents sites
Nécessaire En cours Protection, gestion, suivi et évaluation 3.2 Évaluer et mettre en œuvre les mesures nécessaires pour protéger l’escargot‑tigre à bandes de l’Est contre la prédation et la compétition exercées par les espèces non indigènes.
  • Étudier les tendances de répartition et d’utilisation de l’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est par rapport à celles des mollusques terrestres exotiques et des prédateurs introduits.
  • Quantifier l’impact des menaces : degré de compétition pour la nourriture et les abris, taux de prédation, etc.
  • Étudier la faisabilité de réduire l’abondance des espèces non indigènes et des prédateurs introduits ou de lutter contre eux.
Menaces :
  • Compétition avec les gastéropodes exotiques
  • Prédation exercée par le Dindon sauvage, le Faisan de Colchide et les luisants

Lacune dans les connaissances :

  • Pratiques de gestion exemplaires
Nécessaire En cours Protection, gestion, suivi et évaluation, communication 3.3 Évaluer et mettre en œuvre les mesures nécessaires pour protéger l’escargot‑tigre à bandes de l’Est contre la perte et la dégradation d’habitat attribuables aux modifications de l’écosystème (causées par les feux, les plantes envahissantes, les vers de terre et le Cormoran à aigrettes).
  • Veiller à ce que les brûlages dirigés soient effectués de manière à réduire au minimum la mortalité des escargots et à permettre le rétablissement de leurs sous‑populations.
  • Quantifier les changements dans l’habitat causés par les espèces problématiques et déterminer les limites de la réaction physiologique de l’espèce.
  • Étudier la faisabilité de réduire l’abondance des espèces problématiques ou de lutter contre elles dans les zones où aucune activité de lutte n’est actuellement en place.
  • Encourager les citoyens à empêcher l’introduction accidentelle d’espèces envahissantes dans de nouveaux milieux.
Menaces :
  • Perte et dégradation d’habitat attribuables aux modifications de l’écosystème (Cormoran à aigrettes, plantes envahissantes, vers de terre)
  • Feux

Lacune dans les connaissances :

  • Pratiques de gestion exemplaires
Nécessaire En cours Gestion, évaluation, éducation, communication, intendance 3.4 Évaluer et mettre en œuvre les mesures propres aux sites qui sont nécessaires et appropriées pour réduire au minimum les dommages causés par les perturbations humaines à l’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est. Ces mesures peuvent comprendre notamment les suivantes :
  • limiter les activités récréatives intensives dans les parcelles d’habitat que l’on sait occupées;
  • mettre en place une signalisation et des clôtures pour réduire le piétinement et rediriger les sentiers;
  • surveiller l’aménagement des sentiers et le risque de piétinement (au besoin, fermer et remettre en état les sentiers non nécessaires).
Menaces :
  • Perte et dégradation d’habitat, piétinement

Lacune dans les connaissances :

  • Pratiques de gestion exemplaires
Essentielle En cours Gestion, protection 3.5 Repérer, protéger et/ou créer des zones de refuge vers lesquelles les escargots‑tigres à bandes de l’Est pourront se déplacer en cas de température extrême et/ou de sécheresse.
  • Explorer des options telles que l’augmentation de l’abondance et de la diversité (espèces et tailles) des arbres abattus dans l’habitat.
Menaces :
  • Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents
Essentielle En cours Gestion, protection 3.6 Repérer les parcelles d’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est qui sont plus vulnérables aux menaces posées par les inondations, l’érosion, les feux et les activités de développement.
  • Superposer les données spatiales sur les inondations et l’érosion, les feux ainsi que les éventuels projets de développement (résidentiel, commercial, routier et récréatif) au sein de l’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est.
  • Élaborer des mesures de protection ou de sauvetage dans le cas d’un tel événement.
Menaces :
  • Perte et dégradation d’habitat causées par les inondations, l’érosion, les feux et les activités de développement
Nécessaire En cours Gestion, protection 3.7 Cerner les possibilités de remise en état et d’amélioration de l’habitat afin d’accroître et d’améliorer la disponibilité de l’habitat.
  • Favoriser la connectivité entre les parcelles d’habitat pour permettre la dispersion.
  • Déterminer les programmes existants ou en cours qui pourraient être mutuellement bénéfiques (par exemple projets de remise en état de l’habitat des serpents ou des salamandres).
Menaces :
  • Perte et dégradation d’habitat
  • Manque de connectivité entre les parcelles d’habitat
Nécessaire En cours Gestion, protection 3.8 À mesure que les lacunes dans les connaissances sur les besoins en matière d’habitat sont comblées, réévaluer les mesures de gestion et de protection. Menaces :
  • Perte et dégradation d’habitat
  • Espèces envahissantes et non indigènes
  • Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents
Objectif 4 : Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie, les exigences en matière d’habitat et les menaces afin de favoriser le rétablissement
Priorité relative Échéancier relatif Volet du rétablissement Approche de rétablissement Menaces ou lacunes dans les connaissances visées
Essentielle Court terme Recherche 4.1 Mobiliser le milieu universitaire pour qu’il participe à la recherche visant à combler les lacunes dans les connaissances, notamment celles sur :
  • les besoins en matière d’habitat pour l’alimentation, la nidification et la mise à l’abri;
  • la capacité de dispersion et la superficie du domaine vital;
  • la population minimale viable;
  • le cycle vital;
  • la diversité génétique;
  • les menaces.
Lacunes dans les connaissances :
  • Toute lacune ci‑dessous (ou la totalité de ces lacunes) :
    besoins en matière d’habitat, capacité de dispersion, superficie du domaine vital, population minimale viable et diversité génétique
Essentielle Court terme Recherche 4.2 Assurer le suivi de l’activité de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est (au moyen d’études de marquage-recapture) afin de déterminer la superficie de son domaine vital et sa capacité de dispersion, ce qui permettra de mieux estimer la quantité d’habitat nécessaire à sa survie. Lacunes dans les connaissances :
  • Superficie du domaine vital et capacité de dispersion
  • Besoins en matière d’habitat
Essentielle Court terme Recherche 4.3 Réaliser des évaluations de l’habitat dans les sites connus afin de mieux cerner les éléments clés de l’habitat qui permettraient de prédire la présence ou l’absence d’escargots et de mieux comprendre les besoins en matière d’habitat de l’espèce. Lacune dans les connaissances :
  • Besoins en matière d’habitat
Essentielle Court terme Recherche 4.4 Déterminer la mesure dans laquelle les colonies de Cormorans à aigrettes doivent être gérées pour assurer la persistance des sous‑populations d’escargots. Menace :
  • Dégradation d’habitat

Lacune dans les connaissances :

  • Tolérance aux modifications de l’écosystème attribuables aux colonies de Cormorans à aigrettes
Essentielle Court terme Recherche 4.5 Étudier l’impact direct des brûlages dirigés sur les sous‑populations (mortalité, changements démographiques, recolonisation) ainsi que leur impact indirect (réaction physiologique et réaction de la population aux modifications de l’habitat). Menace :
  • Perturbation de l’habitat

Lacune dans les connaissances :

  • Réactions aux mesures de gestion
Nécessaire En cours Recherche 4.6 Étudier l’impact des changements climatiques sur les sous‑populations d’escargots‑tigres à bandes de l’Est.
  • Étudier les stratégies d’adaptation aux variations du climat, y compris la plasticité et le potentiel d’évolution des réactions physiologiques combinées au comportement.
  • Surveiller la performance de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est (par exemple reproduction, alimentation, dispersion) en fonction des variations du microclimat dans son habitat.
  • Examiner les mesures de protection (par l’amélioration et/ou la modification de l’habitat) ou de sauvetage (par exemple élevage en captivité, augmentation de la population) en cas d’événement extrême (par exemple sécheresse, inondation, feu).
Menaces :
  • Changements climatiques, sécheresses, tempêtes, inondations

Lacunes dans les connaissances :

  • Adaptabilité aux variations du climat
  • Effets des changements climatiques et des phénomènes météorologiques violents
  • Besoins en matière de protection
Bénéfique En cours Recherche 4.7 Étudier l’impact des gastéropodes terrestres et des vers de terre non indigènes sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est et son habitat. Menace :
  • Espèces non indigènes

Lacunes dans les connaissances :

  • Dégradation d’habitat, compétition interspécifique
Nécessaire Court terme Recherche 4.8 Étudier l’impact de la prédation exercée par des espèces introduites et estimer la mortalité des escargots‑tigres à bandes de l’Est qui pourrait en découler. Menace :
  • Prédation

Lacune dans les connaissances :

  • Risque de mortalité attribuable à la prédation
Bénéfique Court terme Recherche 4.9 Étudier l’impact des pesticides (effluents provenant des terres agricoles et des jardins, pesticides utilisés pour lutter contre les plantes envahissantes) sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est. Menace :
  • Pesticides

Lacune dans les connaissances :

  • Tolérance physiologique.

2.4 Aire à considérer pour l’élaboration d’un règlement sur l’habitat

En vertu de la LEVD, le programme de rétablissement doit comporter une recommandation au ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs concernant l’aire qui devrait être prise en considération lors de l’élaboration d’un règlement sur l’habitat. Un tel règlement est un instrument juridique qui prescrit une aire à protéger à titre d’habitat de l’espèce. La recommandation énoncée ci‑après par les autrices sera l’une des nombreuses sources prises en compte par le ministre lors de l’élaboration d’un règlement sur l’habitat pour cette espèce.

L’aire de répartition de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est est très limitée en Ontario; les sous‑populations existantes confirmées de l’espèce ne se trouvent que sur deux îles du lac Érié (île Middle et île Pelée). Compte tenu de la répartition extrêmement limitée de l’espèce (quelques sites seulement sur ces îles) ainsi que de sa très faible capacité de dispersion, il est recommandé d’appliquer une approche de précaution au moment de définir l’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est.

Lorsque les occurrences de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est sont superposées à des cartes de la végétation (classification écologique des terres [CET] de Lee et al., 1998) de l’île Pelée et de l’île Middle, on constate que l’espèce montre une préférence pour des types d’habitat particuliers (COSEWIC, 2017). Toutefois, les connaissances sur l’utilisation actuelle de l’habitat par l’espèce sont fondées sur un petit nombre d’observations effectuées lors de relevés saisonniers. On ne sait pas comment l’escargot‑tigre à bandes de l’Est utilise des parcelles d’habitat particulières, selon les différentes saisons et pour différentes fonctions biologiques comme l’alimentation et l’estivation ou l’hibernation. Compte tenu du manque de renseignements sur les besoins de l’espèce en matière d’habitat, il est recommandé que l’aire réglementée comprenne suffisamment d’habitat convenable pour maintenir les différentes fonctions vitales au cours des différentes saisons. Une population d’escargots compte habituellement plusieurs centaines d’individus répartis de façon hétérogène dans une parcelle d’habitat.Le fait de définir l’habitat en utilisant une zone écologique contiguë augmente la probabilité que tous les éléments de l’habitat nécessaires à l’alimentation, à l’accouplement et à la nidification ainsi qu’à l’estivation et à l’hibernation soient inclus. Il est donc recommandé que tous les polygones d’écosites entiers de la classification écologique des terres (CET) occupés par une sous‑population existante d’escargots‑tigres à bandes de l’Est soient prescrits à titre d’habitat dans un règlement sur l’habitat.

Les milieux où se trouve l’espèce comportent une importante couche de litière de feuilles, des troncs d’arbres en décomposition et un sol riche en humus, lesquels offrent à l’espèce des microhabitats humides pour l’hibernation, l’estivation et la ponte. Une zone tampon autour du polygone d’écosite de la CET contribuera à maintenir les propriétés importantes du microhabitat dont a besoin l’escargot‑tigre à bandes de l’Est. Par conséquent, il est également recommandé d’ajouter une zone tampon de 50 m aux polygones d’écosites de la CET pour tenir compte de la dispersion des escargots dans les milieux voisins, réduire les effets de lisière et maintenir les propriétés importantes de leur microhabitat. Sans une compréhension de la façon dont l’escargot‑tigre à bandes de l’Est utilise différentes parcelles d’habitat à différentes périodes de l’année, l’importance de ces milieux voisins demeure incertaine. Une zone tampon de 50 m autour des polygones d’écosites de la CET, constituée d’habitat convenable, tient compte de la plus grande distance nette de dispersion (32 m) mesurée chez des espèces d’escargots terrestres de taille semblable (Edworthy et al., 2012) tout en assurant la protection des milieux qui peuvent être utilisés par les escargots à différentes périodes de l’année. Les milieux dont on sait qu’ils sont non convenables pour l’escargot‑tigre à bandes de l’Est (par exemple routes, lacs) peuvent être exclus de cette zone tampon. Les terres agricoles constituent généralement un habitat non convenable pour cet escargot; on a montré que les effluents agricoles et les herbicides modifient la dynamique des populations d’escargots en nuisant à leur reproduction (Druart et al., 2011) et en augmentant leur mortalité (Koprivnikar et Walker, 2011). La transformation de terre agricole en zone tampon filtrante par la plantation de haies, de bandes gazonnées ou de plusieurs espèces végétales (polyculture) sans intrants chimiques autour du polygone d’écosite de la CET pourrait contribuer à réduire l’impact des effluents et des herbicides sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est.

On manque de renseignements sur les limites spatiales de l’habitat utilisé par l’escargot‑tigre à bandes de l’Est. Lorsque de nouveaux renseignements deviendront accessibles concernant la taille du domaine vital, la capacité de dispersion et les éléments clés de l’habitat qui sont essentiels pour soutenir le cycle vital de l’espèce, l’aire prescrite à titre d’habitat devra être revue et mise à jour.

Glossaire

Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario (CDSEPO) 
Comité créé en vertu de l’article 3 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition; il est responsable de l’évaluation et de la classification des espèces en péril en Ontario.
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)
Comité créé en vertu de l’article 14 de la Loi sur les espèces en péril; il est responsable de l’évaluation et de la classification des espèces en péril au Canada.
Cote de conservation
Cote qui est attribuée à une espèce ou à une communauté écologique et qui indique essentiellement le degré de rareté de cette espèce ou de cette communauté à l’échelle mondiale (G), nationale (N) ou infranationale (S). Ces cotes, appelées cote G, cote N et cote S, ne sont pas des désignations juridiques. Les cotes sont attribuées par NatureServe et, pour ce qui est des cotes S en Ontario, par le Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario. Le statut de conservation d’une espèce ou d’un écosystème est désigné par un chiffre allant de 1 à 5, précédé de la lettre G, N ou S, qui représente l’échelle géographique de l’évaluation. La signification des chiffres est la suivante :
1 = gravement en péril
2 = en péril
3 = vulnérable
4 = apparemment en sécurité
5 = en sécurité
NR = non classée
Estivation
Période de sommeil profond et prolongé, ou torpeur, qui survient pendant l’été ou la saison sèche en réaction à la chaleur et à la sécheresse.
Liste des espèces en péril en Ontario (EEPEO)
Règlement pris en application de l’article 7 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition qui précise le statut officiel des espèces en péril en Ontario. Cette liste a d’abord été publiée en 2004 à titre de politique et elle est devenue un règlement en 2008.
Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD)
Loi provinciale qui confère une protection aux espèces en péril en Ontario.
Loi sur les espèces en péril (LEP)
Loi fédérale qui confère une protection aux espèces en péril au Canada. L’annexe 1 de cette loi constitue la liste légale des espèces sauvages en péril. Les annexes 2 et 3 contiennent les listes des espèces qui, au moment de l’entrée en vigueur de la Loi, devaient être réévaluées. Une fois réévaluées, les espèces figurant aux annexes 2 et 3 qui sont jugées en péril sont soumises au processus d’inscription à l’annexe 1 de la LEP.

Liste des abréviations

CDSEPO
Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario
CET
Classification écologique des terres
CNC
Conservation de la nature Canada
COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada
ERCA
Office de protection de la nature de la région d’Essex
ISBN
Numéro international normalisé du livre
LEP
Loi sur les espèces en péril du Canada
LEVD
Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario
Liste des EEPEO
Liste des espèces en péril en Ontario
MEPNP
Ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs

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Communications personnelles

Forsyth, R.G. 2017‑2018. Rencontres avec A. Nicolai. Août‑septembre 2017 et 2018. Taxinomiste et associé de recherche, Musée du Nouveau‑Brunswick, Saint John (Nouveau‑Brunswick).

Horrigan, E. 2018. Correspondance par courriel adressée à A. Nicolai. Septembre 2018. Écologiste et gestionnaire du projet de brûlage dirigé. Ontario Nature, Toronto (Ontario).

Partie 3 - Escargot‑tigre à bandes de l’Est – Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement, préparé par le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario

Escargot-tigre à bandes de l’Est déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement
La protection et le rétablissement des espèces en péril en Ontario

Le rétablissement des espèces en péril est un volet clé de la protection de la biodiversité en Ontario. La Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition représente l’engagement juridique du gouvernement de l’Ontario envers la protection et le rétablissement des espèces en péril et de leurs habitats.

Aux termes de la LEVD, le gouvernement de l’Ontario doit veiller à ce qu’un programme de rétablissement soit élaboré pour chaque espèce inscrite à la liste des espèces en voie de disparition ou menacées. Un programme de rétablissement offre des conseils scientifiques au gouvernement à l’égard de ce qui est nécessaire pour réaliser le rétablissement d’une espèce.

Habituellement, dans les neuf mois qui suivent l’élaboration d’un programme de rétablissement, la LEVD exige que le gouvernement publie une déclaration qui résume les mesures que le gouvernement de l’Ontario prévoit prendre en réponse au programme de rétablissement et ses priorités à cet égard. Cette déclaration est la réponse du gouvernement de l’Ontario aux conseils scientifiques fournis dans le programme de rétablissement. En plus de la stratégie, la déclaration du gouvernement a pris en compte (s’il y a lieu) les commentaires formulés par les parties intéressées, les autres autorités, les collectivités et organismes autochtones, et les membres du public. Elle reflète les meilleures connaissances scientifiques et locales accessibles actuellement, dont les connaissances traditionnelles écologiques là où elles ont été partagées par les communautés et les détenteurs de savoir autochtones. Elle pourrait être modifiée en cas de nouveaux renseignements. En mettant en œuvre les mesures prévues à la présente déclaration, la LEVD permet au gouvernement de déterminer ce qu’il est possible de réaliser, compte tenu des facteurs sociaux, culturels et économiques.

Le Programme de rétablissement pour l’escargot-tigre à bandes de l’Est (Anguispira kochi) en Ontario a été achevé le 22 juillet 2019.

L’escargot tigre à bandes de l’Est est un grand escargot terrestre doté d’une coquille jaune brun autour de laquelle se trouvent des bandes foncées particulières. Lorsqu’on l’observe du dessous, la coquille laisse voir une ouverture en son centre. Il peut y avoir des variations sur le plan de la taille, de l’épaisseur et de la couleur de la coquille, ainsi que de la visibilité des bandes.

Protection et rétablissement de l’escargot-tigre à bandes de l’Est

L’escargot‑tigre à bandes de l’Est est désigné en tant qu’espèce en voie de disparition aux termes de la LEVD qui protège à la fois l’escargot et son habitat. La LEVD interdit à quiconque de nuire à l'espèce ou de la harceler et d'endommager ou de détruire son habitat sans autorisation. Une telle autorisation exigerait que des conditions établies par le gouvernement de l’Ontario soient respectées.

À l’échelle mondiale, l’escargot‑tigre à bandes de l’Est est présent en Amérique du Nord, du sud‑ouest de l’Ontario vers le sud jusqu’au Tennessee, vers l’est jusqu’en Pennsylvanie et vers l’ouest jusqu’au Missouri. Au Canada, l’espèce est présente en Ontario, sur les îles Pelée et Middle du lac Érié. On sait aussi que l’espèce est présente sur les îles Middle Sister, East Sister, North Harbour et Hen du lac Érié. Cependant, aucune observation récente n’a été documentée à ces endroits. L’espèce est présumée disparue sur les îles East Sister, Middle Sister et North Harbour puisqu’il n’y existe plus d’habitat convenable. Un habitat convenable demeure sur l’île Hen, cependant, cet endroit n’a pas été récemment recensé puisque l’accès y est limité. Une mention non vérifiée de l’espèce a également été documentée près d’Alvinston (comté de Lambton).

Selon son rapport de 2017, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) estime que la population ontarienne se chiffre à environ 800 000 individus matures. La plus forte densité de l’espèce (mesurée en 2018) a été identifiée dans la réserve naturelle provinciale Fish Point de l’île Pelée, où l’abondance de l’espèce est beaucoup plus marquée en comparaison avec tous les autres sites.

L’escargot‑tigre à bandes de l’Est est un escargot terrestre ovipare, capable de respirer dans l’air et possédant les organes reproducteurs mâles et femelles. On connaît très peu de choses sur la biologie, les caractéristiques génétiques et les besoins en matière d’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est au Canada. En se fondant sur des gastéropodes apparentés, on peut présumer qu’il atteint sa maturité sexuelle après deux à trois ans et qu’il peut atteindre l’âge de dix ans. L’accouplement a probablement lieu plusieurs fois par année, et l’escargot dépose ses œufs dans des trous peu profonds creusés dans un sol humide.

L’espèce est présente en milieu forestier humide où l’on trouve une importante couche de feuilles mortes, des bûches en décomposition et un sol riche convenant à l’hibernation, à l’estivation (dormance) et à la ponte. Des recherches supplémentaires doivent être menées pour obtenir des renseignements sur la taille de son aire de répartition, sa capacité de dispersion et la principale utilisation de son habitat.

Les menaces qui pèsent sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est sont peu connues. Les changements climatiques pourraient constituer une grande menace pour l’espèce puisqu’elle a une faible tolérance aux fluctuations des conditions ambiantes. Dans tous les sites, il y a un risque de températures extrêmes pouvant mener à un gel printanier. Le cormoran à aigrettes (Phalacrocorax auritus) est présumé être la cause principale de la disparition de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est sur l’île Middle Sister et sur l’île East Sister, et il a entraîné une diminution de l’habitat forestier disponible sur l’île Middle. Les espèces de plantes envahissantes comme l’herbe à l’ail (Alliaria petiolata), les espèces de vers de terre non indigènes (par exemple genre Amynthas) et d’autres espèces de gastéropodes, comme la limace brune (Arion subfuscus), l’escargot des bois (Cepaea nemoralis), la loche grisâtre (Arion fasciatus) et la limace grise (Deroceras reticulatum), peuvent également exercer une incidence néfaste sur les populations d’escargots indigènes en altérant la composition du sol, en réduisant la couche de feuilles mortes et en leur faisant concurrence pour l’habitat et les ressources alimentaires. Des brûlages dirigés sont effectués dans l’habitat de l’espèce, et cet outil de gestion pourrait avoir une incidence directe et indirecte sur la survie de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est puisque la couche de litière et les conditions du sol sont altérées à la suite des brûlages. Des recherches supplémentaires doivent être menées pour déterminer l’ampleur et la gravité de ces menaces et les moyens de les atténuer. Les dindons sauvages (Meleagris gallopavo silvestris), le piétinement des sentiers utilisés à des fins récréatives sur l’île Pelée, les obstacles à la dispersion (élargissement des sentiers, routes et corridors de service), les vers de terre envahissants et la pollution peuvent constituer d’autres menaces.

L’espèce est limitée par sa faible tolérance aux températures et aux taux d’humidité changeants, et elle dépend fortement des refuges humides qui atténuent ces fluctuations. L’espèce est également limitée par sa faible capacité de dispersion, et il est peu probable qu’elle colonise de nouvelles aires puisque les parcelles d’habitat actuelles sont fortement fragmentées.

Vu la répartition limitée de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est en Ontario et l’important manque de connaissances au sujet de son cycle vital, de l’utilisation de son habitat, de ses interactions interspécifiques et des menaces qui pèsent sur lui, le gouvernement concentrera ses efforts pour préserver et améliorer l’habitat de l’espèce dans le but d’améliorer sa connectivité et d’augmenter nos connaissances à son sujet, y compris celles se rapportant à sa répartition, à sa biologie, à ses besoins en matière d’habitat et aux menaces qui pèsent sur elle.

Objectif du programme de rétablissement du gouvernement

L’objectif du gouvernement pour le rétablissement de l’escargot tigre à bandes de l’Est est de préserver la répartition actuelle dans les endroits connus en Ontario en comblant les lacunes dans les connaissances, en réduisant les menaces et en préservant et en améliorant l’habitat pour augmenter la connectivité.

Mesures

La protection et le rétablissement des espèces en péril sont une responsabilité partagée. Aucune agence ni aucun organisme n’a toutes les connaissances, l’autorité, ni les ressources financières pour protéger et rétablir toutes les espèces en péril de l’Ontario. Le succès sur le plan du rétablissement exige une coopération intergouvernementale et la participation de nombreuses personnes, organismes et collectivités. En élaborant la présente déclaration, le gouvernement a tenu compte des démarches qu’il pourrait entreprendre directement et de celles qu’il pourrait confier à ses partenaires en conservation, tout en leur offrant son appui.

Mesures menées par le gouvernement

Afin de protéger et de rétablir l’escargot‑tigre à bandes de l’Est, le gouvernement entreprendra directement les mesures suivantes:

Mesures appuyées par le gouvernement

Le gouvernement appuie les mesures suivantes qu’il juge comme étant nécessaires à la protection et au rétablissement de l’escargot-tigre à bandes de l’Est. Le programme d'intendance des espèces en péril pourrait accorder la priorité aux mesures étant identifiées comme étant « hautement prioritaires » aux fins de financement. Lorsque cela est raisonnable, le gouvernement tiendra également compte de la priorité accordée à ces mesures lors de l’examen et de la délivrance d’autorisation en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition. On encourage les autres organismes à tenir compte de ces priorités lorsqu’ils élaborent des projets ou des plans d’atténuation relatifs à des espèces en péril.

Secteurs d’intervention : Recherche et surveillance

Objectif : Améliorer les connaissances sur la répartition de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est en Ontario, sur sa biologie, son habitat et les menaces propres aux sites.

Une surveillance et des recensements normalisés augmenteront nos connaissances sur la répartition de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est. La surveillance de sa situation, des conditions de son habitat et des menaces propres aux sites permettra de combler les lacunes dans les connaissances et d’orienter les mesures de rétablissements à venir. De plus, une meilleure compréhension de la biologie de l’espèce, par exemple de sa capacité de dispersion, de son cycle vital et de ses caractéristiques génétiques, est nécessaire pour assurer la protection et la gestion de l’espèce et de son habitat. Des recherches supplémentaires doivent également être menées pour déterminer l’ampleur et la gravité de l’incidence des changements climatiques et des espèces envahissantes, afin d’orienter les mesures de gestion appropriées.

Mesures :

1. (Hautement prioritaire) Élaborer, mettre en œuvre et promouvoir un protocole de recensement et de surveillance normalisé dans l’aire de répartition connue de l’espèce en Ontario. Ce protocole devrait comprendre de la documentation permettant de distinguer avec précision cette espèce des autres escargots. Les activités de recensement et de surveillance devraient permettre la documentation et la surveillance des éléments suivants :

2. (Hautement prioritaire) Mener des recherches pour améliorer les connaissances sur la biologie, l’écologie et l’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est, par exemple :

3. Effectuer des recensements dans des habitats convenables pour déterminer s’il y a présence de populations inconnues d’escargot‑tigre à bandes de l’Est.

4. Étudier les répercussions et la gravité des menaces connues et potentielles qui pèsent surl’escargot‑tigre à bandes de l’Est, et trouver au besoin des mesures d’atténuation, y compris :

Secteurs d’intervention : Gestion de l’habitat et des menaces

Objectif : Préserver et améliorer l’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est et accroître la sensibilisation et la mobilisation du public à l’égard de la protection et du rétablissement de l’espèce.

Plusieurs menaces peuvent avoir une incidence sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est, y compris les changements climatiques, les espèces envahissantes, la prédation, les activités récréatives (par exemple l’aménagement de sentiers) et la pollution. Alors que les lacunes sont comblées dans les connaissances sur l’ampleur et la gravité de ces menaces, les mesures de gestion devraient être axées sur la préservation ou l’amélioration de l’habitat et sur la réduction des menaces pour favoriser la protection et le rétablissement de l’espèce. Il serait possible de réduire davantage les menaces aux sites occupés en repérant et en ciblant les zones de restauration ou d'amélioration de l'habitat qui sont vulnérables aux menaces telles que les inondations, les incendies et le développement.

Sur l’île Pelée, l’escargot‑tigre à bandes de l’Est est présent dans des aires protégées. Des organismes de conservation et des partenaires locaux participent activement à la restauration et à l’entretien continus de ces aires (par exemple brûlages dirigés) afin de venir en aide à différentes espèces en péril. De plus, bon nombre de propriétaires fonciers ont entrepris des mesures pour préserver l’habitat naturel sur l’île. Puisque les brûlages dirigés peuvent avoir une incidence sur l’escargot‑tigre à bandes de l’Est, la collaboration dans le cadre de ces activités favorisera la protection et le rétablissement de l’espèce.

Mesures :

5. (Hautement prioritaire) Collaborer avec les municipalités, les partenaires en conservation et les propriétaires et gestionnaires fonciers à l’atténuation des menaces et à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation de plans de gestion visant à préserver ou à améliorer la qualité de l’habitat de l’escargot‑tigre à bandes de l’Est. Les mesures peuvent comprendre :

Secteurs d’intervention : Intendance et sensibilisation

Objectif : Accroître la sensibilisation et la mobilisation du public à l’égard de la protection et du rétablissement de l’espèce.

La sensibilisation du public à l’égard de cette espèce et l’encouragement de la participation à des activités de gestion contribueront également à renforcer les mesures de rétablissement. La participation de bénévoles, y compris de spécialistes de l’espèce, de naturalistes et d’intendants des terres, devrait être encouragée afin de maximiser les efforts.

Mesures :

6. Mobiliser la participation de bénévoles à des activités de recensement de cette espèce pour déterminer sa présence ou son absence, y compris dans le cadre de programmes de science citoyenne (par exemple iNaturalist).

7. Mettre au point du matériel pédagogique et de la documentation pour promouvoir la sensibilisation à l’égard de l’espèce dans les endroits connus. Ce matériel devrait comprendre des renseignements sur :

Mise en œuvre des mesures

Le programme d’intendance des espèces en péril offre une aide financière pour la mise en œuvre de mesures.On encourage les partenaires en conservation à discuter de leurs propositions de projets liés aux mesures ciblées dans la présente déclaration avec le personnel du ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs. Le gouvernement de l'Ontario peut aussi conseiller ses partenaires à l’égard des autorisations exigées aux termes de la LEVD afin d’entreprendre le projet.

La mise en œuvre des mesures pourra être modifiée si les priorités touchant l’ensemble des espèces en péril changent selon les ressources disponibles et la capacité des partenaires à entreprendre des activités de rétablissement. La mise en œuvre des mesures visant plusieurs espèces sera coordonnée partout là où les déclarations du gouvernement en réponse au programme de rétablissement l’exigent.

Évaluation des progrès

La Loi sur les espèces en voie de disparition exige que le gouvernement de l'Ontario procède à un examen des progrès accomplis en matière de protection et de rétablissement d'une espèce dans le délai précisé dans la Déclaration du gouvernement, ou si aucun délai n’est précisé, au plus tard cinq ans après la publication de l’énoncé. Cette évaluation permettra de déterminer si des rectifications sont nécessaires pour en arriver à protéger et à rétablir l’escargot-tigre à bandes de l’Est.

Remerciements

Nous tenons à remercier tous ceux et celles qui ont pris part à l’élaboration du Programme de rétablissement pour l’escargot-tigre à bandes de l’Est (Anguispira kochi)et à la Déclaration du gouvernement s’y rapportant, et qui se dévouent à la protection et au rétablissement des espèces en péril.

Renseignements supplémentaires

Consultez le site Web des Espèces en péril de l'Ontario

Communiquez avec le Ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs

1 800 565‑4923
ATS 1 855 515‑2759

Ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs

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2025-02-28