Programme de rétablissement de la fabronie naine au Canada [proposition] 2008 : Annexe I
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Préparé par l’équipe de rétablissement des bryophytes de la Colombie-Britannique
TABLES DES MATIÈRES
MEMBRES DE L’ÉQUIPE DE RÉTABLISSEMENT
AUTEUR
COMPÉTENCES RESPONSABLES
REMERCIEMENTS
SOMMAIRE
CONTEXTE
Évaluation de l’espèce par le COSEPAC
Description de l’espèce
Populations et répartition
Besoins de la fabronie naine
Besoins biologiques, besoins en matière d’habitat et facteurs limitatifs
Menaces
Lacunes dans les connaissances
RÉTABLISSEMENT
Caractère réalisable du rétablissement
But du rétablissement
Objectifs du rétablissement
Approches recommandées pour l’atteinte des objectifs du rétablissement
Tableau de planification du rétablissement
Description du tableau de planification du rétablissement
Mesures de rendement
Habitat essentiel
Désignation de l’habitat essentiel pour l’espèce
Calendrier recommandé des études visant à désigner l’habitat essentiel
Approches existantes et recommandées en matière de protection de l’habitat
Effets sur les espèces non ciblées
Considérations socioéconomiques
Approche recommandée pour la mise en œuvre du rétablissement
Énoncé sur les plans d’action
RÉFÉRENCES
La série de programmes de rétablissement de la Colombie-Britannique
La série présente les programmes de rétablissement qui sont préparés en tant qu’avis à l’intention de la province de la Colombie-Britannique sur l’approche stratégique générale nécessaire pour rétablir les espèces en péril. La province prépare des programmes de rétablissement qui répondent à ses engagements relatifs au rétablissement des espèces en péril en vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.
Qu’est-ce que le rétablissement?
Le rétablissement des espèces en péril est l'ensemble des mesures visant à arrêter ou à renverser le déclin d'une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays et à réduire ou supprimer les menaces pesant sur l'espèce, de manière à améliorer ses chances de persistence à l’état sauvage.
Qu’est-ce qu’un programme de rétablissement?
Un programme de rétablissement représente les meilleures connaissances scientifiques disponibles sur ce qui doit être effectué pour en arriver au rétablissement d’une espèce ou d’un écosystème. Un programme de rétablissement énonce ce qui est connu et ce qui n’est pas connu au sujet d’une espèce ou d’un écosystème. Il définit également les menaces qui pèsent sur l’espèce ou l’écosystème, et ce qui doit être réalisé pour atténuer ces menaces. Les programmes de rétablissement établissent des buts et des objectifs de rétablissement, et recommandent des approches pour le rétablissement de l’espèce ou de l’écosystème.
Les programmes de rétablissement sont généralement préparés par une équipe de rétablissement composée de membres provenant d’organismes responsables de la gestion de l’espèce ou de l’écosystème, de spécialistes d’autres organismes, d’universités, de groupes de conservation, de groupes autochtones et d’intervenants, le cas échéant.
Et ensuite?
Dans la plupart des cas, on procédera à l'élaboration d'un ou de plusieurs plans d'action visant à préciser et à orienter la mise en œuvre du programme de rétablissement. Les plans d’action comprennent des renseignements plus détaillés sur ce qui doit être accompli pour répondre aux objectifs du programme de rétablissement. Cependant, le programme de rétablissement offre des renseignements importants sur les menaces qui pèsent sur les espèces et sur les besoins en matière de rétablissement de ces dernières, renseignements qui peuvent servir aux particuliers, aux collectivités, aux utilisateurs des terres et aux conservationnistes s’intéressant au rétablissement des espèces en péril.
Pour en savoir plus
Pour obtenir de plus amples renseignements sur le rétablissement des espèces en péril en Colombie-Britannique, veuillez consulter le site Web du Recovery Planning du Ministry of Environment à l’adresse :
<http://www.env.gov.bc.ca/wld/recoveryplans/rcvry1.htm>.
Illustration/photo de la couverture
Shona Ellis/UBC
AVIS
Le présent programme de rétablissement a été préparé par l’équipe de rétablissement des bryophytes de la Colombie-Britannique en tant qu’avis à l’intention des compétences et des organismes responsables qui pourraient participer au rétablissement de l’espèce. Le Ministry of Environment de la Colombie-Britannique a reçu le présent avis afin de respecter son engagement en vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.
Le présent document détermine les stratégies de rétablissement qui sont jugées nécessaires au rétablissement des populations de la fabronie naine en Colombie-Britannique, et ce, en se fondant sur les meilleurs renseignements scientifiques et les meilleures connaissances traditionnelles disponibles. Les mesures de rétablissement visant à réaliser les buts et les objectifs déterminés dans le présent document sont sujettes aux priorités et aux restrictions budgétaires des organismes et des organisations participants. Ces buts, ces objectifs et ces approches de rétablissement peuvent être modifiés dans le futur afin de répondre aux nouveaux objectifs et aux nouveaux résultats des recherches.
Les compétences responsables et tous les membres de l’équipe de rétablissement ont eu l’occasion d’examiner le présent document. Cependant, le document ne représente pas nécessairement les positions officielles des organismes, ni les opinions personnelles de tous les membres de l’équipe de rétablissement.
La réussite du rétablissement de l’espèce dépend de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme. Le Ministry of Environment encourage tous les gens de la Colombie-Britannique à participer au rétablissement de la fabronie naine.
Équipe de rétablissement des bryophytes de la Colombie-Britannique
Ted Lea (président), écologiste de la végétation, Ecosystems Branch, Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique)
Brenda Costanzo, biologiste des espèces de plantes en péril, Ecosystems Branch, Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique)
Karen Golinski, Ph.D., consultante privée
Terry McIntosh, Ph.D., botaniste, Biospherics Environmental Inc., Vancouver (Colombie-Britannique)
Mike Ryan, Ministry of Forests and Range de la Colombie-Britannique, Kamloops (Colombie-Britannique)
Wilf Schofield, professeur émérite, Department of Botany de la UBC, Vancouver (Colombie-Britannique)
Terry McIntosh
Le Ministry of Environment de la Colombie-Britannique a la responsabilité de produire un programme de rétablissement pour la fabronie naine en vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canda. Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada a participé à l’élaboration du présent programme de rétablissement.
Le présent programme de rétablissement a été préparé par Terry McIntosh au nom de l’équipe de rétablissement des bryophytes de la Colombie-Britannique. Le financement a été fourni par le Habitat Conservation Trust Fund et la B.C. Conservation Foundation.
La fabronie naine est une minuscule mousse rampante qui forme des tapis minces et plats sur les surfaces rocheuses. L’espèce a été trouvée dans l’ouest de l’Amérique du Nord, au Mexique, en Europe et en Afrique du Nord. En Amérique du Nord, sa présence a été signalée dans le sud de la Colombie-Britannique, dans l’État de Washington, en Idaho, en Oregon, au Colorado, au Nouveau-Mexique, en Arizona et en Californie. L’espèce est limitée au sud de la Colombie-Britannique, où elle a été observée dans deux emplacements, soit au pied du pic McKee, du côté ouest du mont Sumas, à l’est d’Abbotsford, et dans le secteur des lacs Arrow dans le sud-ouest de la province, d’où elle est probablement disparue. Il n’y a pas de données détaillées sur la population, car l’espèce n’a pas été observée depuis la première fois où elle a été signalée.
Il existe peu de renseignements sur les caractéristiques biologiques qui peuvent influer sur le potentiel de rétablissement de la fabronie naine. L’espèce ne semble pas produire de spores fréquemment dans son aire de répartition canadienne. En Colombie-Britannique, elle est limitée aux parois et aux crevasses de rochers de grès partiellement ombragées, souvent en compagnie d’autres espèces de mousses. Les menaces potentielles incluent l’expansion urbaine, les activités récréatives et la dégradation des parois de roches.
Il est impossible de désigner l’habitat essentiel de cette espèce avant que la présence de l’espèce ne soit confirmée. Au Canada, l’habitat potentiel peut être décrit, en général, comme étant des parois et des crevasses de rochers de grès partiellement ombragées, situées à basse altitude, probablement dans des milieux qui s’assèchent en été. Il est nécessaire de réaliser des études écologiques et un inventaire.
Le but du rétablissement est de confirmer la présence de la fabronie naine au Canada, et de protéger et de maintenir toute population existante. Puisque la population initiale n’a pas été retrouvée, il n’existe pas de données sur l’habitat et l’écologie de l’espèce au Canada; la viabilité actuelle de la population ne peut donc pas être évaluée. Par conséquent, il est impossible de se prononcer sur le caractère réalisable du rétablissement de la fabronie naine tant que l’espèce n’aura pas été retrouvée grâce à un travail d’inventaire.
Les objectifs du rétablissement sont d’inventorier les sites dans le but de retrouver la population initiale, de mettre en œuvre des mesures de protection de l’habitat et d’atténuation des menaces pour toute population existante, et de réaliser des recherches scientifiques sur l’écologie et les exigences en matière d’habitat des populations ainsi que sur les menaces qui pèsent sur les populations si elles sont trouvées ou redécouvertes.
La stratégie générale pour aborder les menaces inclut un inventaire ayant pour but de retrouver l’espèce et, si elle est retrouvée, la protection de toutes les populations et des habitats existants au moyen d’accords d’intendance et de conventions sur les terres privées, ou au moyen d’autres mesures sur les terres de la Couronne. En outre, si l’espèce est retrouvée, le programme prévoit de mener des recherches sur les populations et les habitats existants, les menaces potentielles pesant sur les habitats, les menaces connues et potentielles pesant sur les populations ainsi que sur les changements dans les attributs de ces populations; finalement, il prévoit de mettre en œuvre un programme de sensibilisation et d’intendance.
Nom commun : Fabronie naine
Nom scientifique : Fabronia pusilla Raddi Nov. et Rar. Plant. 2. in Atti dell' Acad. Di Scienze di Siena 9:230 1808.
Statut : En voie de disparition
Dernier examen ou dernière modification : Novembre 2002
Présence au Canada : Colombie-Britannique
Justification de la désignation : La fabronie naine est une petite espèce qui pousse parmi d’autres mousses, soit sous la forme d'un épiphyte sur les arbres ou sur les surfaces rocheuses. Au Canada, elle se trouve dans deux localités : un site qui est aujourd’hui submergé et un deuxième qui est associé à une falaise dans le Sud-Ouest de la Colombie-Britannique. Cette dernière localité est celle qui se trouve le plus au nord en ce qui concerne cette espèce. Même si l’espèce n’a pas été revue dans ce site existant lors de récents relevés, l’étendue de l’habitat disponible aux seuls sites connus ainsi que la petite taille de cette mousse laissent présager que l’espèce est peut-être encore présente au Canada.
Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2002. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.
La fabronie naine est une minuscule mousse rampante qui forme des tapis minces et plats. Les tiges sont minces et irrégulièrement ramifiées, et les feuilles sont couchées contre la tige sur toute leur longueur, sauf leur pointe, qui tend à être retroussée. Les feuilles mesurent de 0,4 à 0,85 mm de longueur et de 0,2 à 0,35 mm de largeur. Ces feuilles sont plutôt ovées, elles portent à leur sommet une longue arête incolore, ou hyaline, se terminant par une longue cellule caractéristique. Les deux tiers supérieurs de la feuille sont bordés de dents aiguës ressemblant à des cils; la cellule terminale de ces dents est généralement beaucoup plus longue que les cellules inférieures. Les dents ainsi que l’arête incolore des feuilles donnent à la plante une teinte argentée à vert blanchâtre.
La fabronie naine porte les organes mâles et les organes femelles sur la même tige. Vu la proximité des organes sexuels, les sporophytes sont communs dans la plupart des populations. La soie, qui porte la capsule est dressée à légèrement courbée et longue d’environ 3 mm. La capsule est dressée, ovoïde à obovoïde, avec la base un peu plissée à maturité.
Les dents marginales des feuilles ne sont pas facilement visibles avec le faible grossissement d’une loupe simple, mais la taille minuscule de la plante, sa teinte vert blanchâtre et la longue pointe des feuilles aident à reconnaître l’espèce sur le terrain. En raison de sa petite taille et du fait qu’elle pousse souvent parmi de plus grandes espèces de mousses pleurocarpes (rampantes et très ramifiées), la fabronie naine risque de passer inaperçue lors des relevés de terrain.
La présente description est fondée sur l’information tirée de COSEPAC (2002), de Grout (1934), de Lawton (1971) ainsi que de Sharp et al. (1994). La figure 1 illustre les principales caractéristiques de l’espèce et la figure 2 est une photographie de la plante avec des sporophytes. Des illustrations supplémentaires se trouvent dans Lawton (1971) et Buck (1994).
Figure 1. Illustrations de la fabronie naine (par T. McIntosh, 2002) : 1 et 2, feuilles typiques (× ~80); 3, capsule en maturation et partie supérieure de la soie (× ~40); 4, marge et sommet d’une feuille (× ~300; × ~80); illustrations redessinées d’après Lawton (1971) et Buck (1994) et d’après l’examen de matériel au microscope.
Figure 2. Individus de la fabronie naine avec leurs sporophytes (individus réhydratés de la première récolte faite dans la province); tiré du site Web de la Loi sur les espèces en péril (LEP) (Environnement Canada, 2004; photographie de S. Ellis).
La fabronie naine est présente dans l’ouest de l’Amérique du Nord ainsi qu’en Europe de l’Ouest et en Afrique du Nord, principalement dans des régions à climat méditerranéen (été sec et hiver humide). L’espèce a été trouvée dans l’ouest de l’Amérique du Nord, au Mexique, en Europe et en Afrique du Nord (COSEPAC, 2002). En Amérique du Nord, elle a été signalée dans le sud de la Colombie-Britannique, l’État de Washington, en Idaho, en Oregon, au Colorado, au Nouveau-Mexique, en Arizona et en Californie (figure 3). Les enregistrements canadiens se situent à la limite nord de l’aire de répartition nord-américaine de l’espèce. L’espèce est plus répandue et plus abondante au sud, notamment en Californie.
Au Canada, la fabronie naine est limitée au sud de la Colombie-Britannique, où elle a été observée dans deux localités, soit au pied du pic McKee, du côté ouest du mont Sumas, à l’est d’Abbotsford, dans le sud-ouest de la province (figure 4), et à Deer Park, près du lac Lower Arrow, dans la vallée Kootenay, dans le centre-sud de la province (Tan, 1980). Le site du lac Arrow est maintenant submergé derrière un barrage (B.C. Tan, comm. pers., 2001), et la fabronie nainen’a pas été récoltée dans cette région depuis les récoltes faites par Macoun vers la fin du 19e siècle. Au site d’Abbotsford, la dernière observation (et récolte) remonte à mars 1968. W.B. Schofield a fait deux récoltes le même jour dans des sites voisins sur le mont Sumas (on considère qu’il s’agit de la même population; COSEPAC, 2002); les coordonnées exactes des lieux de récolte n’ont toutefois pas été mentionnées. T. McIntosh et W.B. Schofield (qui a visité la localité à deux reprises avec T. McIntosh) n’ont pas retrouvé l’espèce lors des travaux effectués sur le terrain en 2001, en 2003 et deux fois en 2005. Des sites de grès constituant un habitat semblable sur le mont Maxwell, sur l’île Saltspring, on fait l’objet de relevés par T. McIntosh en 2001, mais l’espèce n’a pas été observée.
La répartition de l’espèce en Amérique du Nord et sa préférence apparente pour les chênaies en Californie pourraient indiquer que la population de la Colombie-Britannique serait une population relique, peut-être un vestige de l’écosystème plus sec et relativement étendu, dominé par les chênes qui occupait les régions méridionales de la province durant l’hypsithermal, période à climat plus chaud il y a six ou sept mille ans. Il existe un peuplement relique de chênes de Garry sur le mont Sumas, à environ 10 km à l’est du site de la fabronie naine du pied du pic McKee.
Aucune donnée démographique sur la population canadienne de la fabronie naine n’est disponible (COSEPAC, 2002; les relevés de suivi n’ont pas permis de retrouver l’espèce). Schofield n’a recueilli aucune information sur la population lors de sa première récolte.
Tableau 1. Données démographiques sur la fabronie naine au Canada.
Site |
valign="top"> Coordonnées de la localité |
Nombre de colonies |
Régime foncier |
|---|---|---|---|
Mont Sumas (au pied du pic McKee) |
Inconnues |
Inconnu |
Inconnu |
Région du lac Arrow |
Disparue de la région |
s/o |
s/o |
À l’échelle mondiale, l’espèce est provisoirement considérée commune à peu commune mais non rare (G4G5) et en Colombie-Britannique, elle figure sur la liste rouge (S1) (B.C. Species and Ecosystem Explorer, 2005). NatureServe Explorer (2005) lui a attribué la cote NNR (non évaluée) pour l’ensemble des États-Unis, la cote N1 (gravement en péril) au Canada et la cote S1 (gravement en péril) au Montana, en Oregon et en Colombie-Britannique.
Il n’existe aucune estimation de la répartition et de l’abondance mondiales de la fabronie naine. Des données détaillées sur la taille ou les tendances de la population canadienne de cette espèce n’existent pas, puisque celle-ci n’a pas été redécouverte depuis 1968.
Figure 3. Répartition approximative de la fabronie naineen Amérique du Nord et au Canada. La zone ombrée indique la répartition approximative de l’espèce aux États-Unis, le point noir indique l’emplacement canadien du mont Sumas, et le cercle indique l’emplacement disparu du lac Lower Arrow.

Figure 5. Site du mont Sumas. L’étendue approximative des escarpements de grès est indiquée par la ligne de points jaunes (environ 1,5 km).
Il existe peu de renseignements sur les besoins en matière d’habitat de la fabronie naine en Colombie-Britannique ou ailleurs. En Colombie-Britannique, la population signalée à Abbotsford est limitée à des parois et des crevasses de rochers de grès partiellement ombragées situées à faible altitude dans des milieux secs en été. Elle y pousse souvent en compagnie d’autres mousses, notamment du genre Homalothecium. L’emplacement exact et, par conséquent, l’habitat des spécimens récoltés n’ont cependant pas été déterminés. Au site du lac Arrow, l’espèce a été observée dans des crevasses de rochers escarpés de type indéterminé (aujourd’hui submergé). Plus au sud en Amérique du Nord, l’espèce a été trouvée dans des habitats semblables, de même que sur des arbres, notamment des chênes (dont le chêne de Garry).
Il existe peu de renseignements sur les caractéristiques biologiques qui peuvent influer sur le potentiel de rétablissement de la fabronie naine. Bien que dans toute la partie sud de son aire de répartition l’espèce produise fréquemment des sporophytes et des spores, les sporophytes ne sont pas abondants dans les deux récoltes effectuées au mont Sumas et conservées à la University of British Columbia. Le rétablissement de l’espèce pourrait donc être limité par une faible production de spores. De plus, il n’existe aucune information sur la distance de dispersion des spores ainsi que sur la viabilité et le succès de la germination de cette espèce; cependant, dans ce type d’habitat, les spores des mousses sont le plus souvent dispersées par le vent. Le caractère abrité des milieux où vit la fabronie naine pourrait limiter la dispersion éolienne de ses spores. Il n’existe aucune preuve de reproduction asexuée par des propagules spécialisées ou par fragmentation, ce qui pourrait limiter la capacité de dispersion et le rétablissement de l’espèce.
Un autre facteur limitatif pourrait être la taille de la mousse. La fabronie naine est en effet une mousse minuscule, plus petite que les autres mousses qui poussent avec elle. Elle pourrait donc avoir une moins grande aptitude pour la compétition que les mousses près desquelles elle pousse, et avoir besoin de surfaces rocheuses dégagées et relativement nues pour survivre.
Jusqu’à ce que l’espèce soit retrouvée, les éléments suivants sont considérés comme des menaces potentielles.
Un vaste secteur de forêt sèche à Douglas taxifolié et à érable grandifolié, situé au-dessous de l’emplacement où la fabronie naine a probablement été trouvée sur le mont Sumas, a récemment été déboisé à des fins de lotissement. Les escarpements où la mousse a été observée se trouvent toutefois à plus de 80 m au-dessus du secteur en question, et la population n’a peut-être pas été perturbée. L’étude de planification du pic McKee de la ville d’Abbotsford indique qu’une grande partie des terres au-dessus de l’emplacement probable pourrait être sujette au développement urbain au cours des 10 à 15 prochaines années. Le développement proposé est d’une superficie d’environ 800 ha, ce qui ferait en sorte qu’un nombre important de gens habiterait près des escarpements.
Les sentiers étroits longeant les escarpements sont assez fréquentés par les randonneurs, mais aucun dommage aux populations des autres bryophytes poussant sur les affleurements rocheux n’a été observé. Il se fait de l’escalade jusqu’aux petites corniches et aux grottes, mais cette activité demeure négligeable. Toutefois, le projet de lotissement en cours au-dessous des escarpements et celui prévu au-dessus de ces derniers, risquent d’entraîner une augmentation des activités de randonnée et d’escalade, ce qui pourrait menacer les populations de la fabronie naine.
Des menaces environnementales naturelles potentielles, mais probablement mineures, notamment la dégradation des parois rocheuses, risquent de menacer la population de la fabronie naine, en supposant que celle-ci existe toujours. Cependant, il est peu probable que la menace naturelle potentielle posée par la dégradation des parois rocheuses puisse être atténuée.
Les connaissances actuelles sur la biologie et l’habitat de la fabronie naine au Canada ne sont pas suffisantes pour définir des mesures de gestion qui permettraient de protéger et de maintenir les populations. Les descriptions et l’évaluation des menaces potentielles ne sont pas bien connues ou comprises. Par conséquent, il serait utile d’effectuer des inventaires tant à l’emplacement du site répertorié que dans les sites présentant des caractéristiques semblables sur la côte et peut-être aussi dans la région du lac Arrow.
Si l’espèce est redécouverte, il est recommandé de réaliser une enquête sur la fréquentation du secteur par les randonneurs.
Il faut également plus d’information sur la biologie générale de l’espèce, plus particulièrement, une description détaillée de ses populations.
Bien que les caractéristiques générales de l’habitat de l’espèce soient connues, un plus grand nombre de données est nécessaire pour fournir une description complète des attributs de l’habitat essentiel potentiel. Les caractéristiques de l’habitat adjacent à la population sont peu connues. Ces sites devraient faire l’objet d’un relevé, car l’habitat adjacent peut avoir une incidence sur la santé et la situation de la fabronie naine.