Héliotin orangé (Pyrrhia aurantiago), de la gérardie fausse-pédiculaire (Aureolaria pedicularia) et de la gérardie jaune (Aureolaria flava) : programme de rétablissement [propositon] 2024
Titre officiel : Programme de rétablissement de l’héliotin orangé (Pyrrhia aurantiago), de la gérardie fausse-pédiculaire (Aureolaria pedicularia) et de la gérardie jaune (Aureolaria flava) au Canada [proposition]
Loi sur les espèces en péril
Série de Programmes de rétablissement
Propositon
2024
Information sur le document
Référence recommandée
Environnement et Changement climatique Canada. 2024. Programme de rétablissement de l’héliotin orangé (Pyrrhia aurantiago), de la gérardie fausse-pédiculaire (Aureolaria pedicularia) et de la gérardie jaune (Aureolaria flava) au Canada [Proposition]. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa. ix + 44 pp.
Version officielle
La version officielle des documents de rétablissement est celle qui est publiée en format PDF. Tous les hyperliens étaient valides à la date de publication.
Version non officielle
La version non officielle des documents de rétablissement est publiée en format HTML, et les hyperliens étaient valides à la date de publication.
Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes portant sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en périlNote de bas de page 1.
Photo de la couverture : Gérardie fausse-pédiculaire (en haut) – © Burke Korol, Gérardie jaune (en bas à gauche) – © Patrick Deacon, Héliotin orangé (en bas à droite) – © Eric Giles
Also available in English under the title:
"Recovery Strategy for the False-foxglove Sun Moth (Pyrrhia aurantiago), the Fern‑leaved Yellow False Foxglove (Aureolaria pedicularia) and the Smooth Yellow False Foxglove (Aureolaria flava) in Canada [Proposed]"
Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.
Préface
En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996)Note de bas de page 2, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.
Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune, et a élaboré ce programme de rétablissement conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec le gouvernement de l’Ontario et la Première Nation de Walpole Island, en vertu du paragraphe 39(1) de la LEP.
La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada, ou sur toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune, de même que de l’ensemble de la société canadienne.
Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d’autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme demeure assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et des organisations participantes.
Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin des espèces, y compris la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation des espèces. Lorsque l’habitat essentiel est désigné, dans un programme de rétablissement ou dans un plan d’action, la LEP exige que l’habitat essentiel soit alors protégé.
Dans le cas de l’habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l’habitat essentiel désigné dans une zone protégée par le gouvernement fédéralNote de bas de page 3 soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après l’ajout dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d’action qui a désigné l’habitat essentiel. L’interdiction de détruire l’habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) s’appliquera 90 jours après la publication de la description de l’habitat essentiel dans la Gazette du Canada.
Pour l’habitat essentiel se trouvant sur d’autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection légale existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel soient appliquées.
Si l’habitat essentiel d’un oiseau migrateur ne se trouve pas dans une zone protégée par le gouvernement fédéral, sur le territoire domanial, à l’intérieur de la zone économique exclusive ou sur le plateau continental du Canada, l’interdiction de le détruire ne peut s’appliquer qu’aux parties de cet habitat essentiel – constituées de tout ou partie de l’habitat auquel la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs s’applique aux termes des paragraphes 58(5.1) et 58(5.2) de la LEP.
En ce qui concerne tout élément de l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si le ministre compétent estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d’autres lois fédérales, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l’interdiction de détruire l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.
Remerciements
Le présent programme de rétablissement a été préparé par Burke Korol (Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune, région de l’Ontario), avec la contribution de Shady Abbas et de Jia Yi Fan (Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune, région de l’Ontario). Marie‑Claude Archambault, Krista Holmes, Stephanie Muckle, Kate O’Donoghue, Karolyne Pickett et Chris Rohe (Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune, région de l’Ontario) ont réalisé de précieuses révisions du document. Le Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario a fourni des renseignements à jour sur les occurrences d’élément. Des remerciements sont adressés aux propriétaires et aux gestionnaires fonciers du sud‑ouest de l’Ontario qui ont permis l’accès à leur propriété, ce qui a permis d’obtenir des renseignements à jour sur ces espèces au Canada. Des remerciements sont aussi adressés à toutes les autres parties qui ont formulé des conseils et des commentaires ayant permis d’enrichir le programme de rétablissement, qui ont fourni des renseignements ou qui ont participé aux réunions de consultation.
Sommaire
L’héliotin orangé a été inscrit comme espèce en voie de disparition à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en avril 2021. Il s’agit d’un petit papillon d’environ 30 mm de longueur et de 25 à 33 mm d’envergure. Les ailes antérieures sont orange foncé à la base et violettes sur le tiers apical, les deux couleurs étant séparées par une bande sombre irrégulière. Les ailes postérieures sont jaunâtres à la base et deviennent graduellement rouge terne ou roses sur le tiers apical. Le thorax et l’abdomen sont couverts de poils orange. Les larves matures (c.-à-d. les chenilles) sont brun foncé et présentent des rayures plus pâles sur les côtés et le dos ainsi que des taches noirâtres sur la tête. L’héliotin orangé est présent à trois endroits au Canada, tous situés dans le sud de l’Ontario, dans des milieux de savane et de boisé ouvert dominés par des chênes. On estime que 99 % de ce type d’habitat a été perdu en Ontario. En plus de la perte de son habitat, ce papillon est menacé par la dégradation de l’habitat qu’il lui reste. Les larves (chenilles) se nourrissent de plantes hôtes spécifiques, à savoir la gérardie fausse-pédiculaire et la gérardie jaune, qui sont toutes deux des espèces menacées au Canada.
Ces deux espèces ont été inscrites comme étant menacées à l’annexe 1 de la LEP en février 2023. Les fleurs de ces plantes herbacées sont jaunes et voyantes. La gérardie fausse-pédiculaire est recouverte de poils, qui sont particulièrement visibles sur les sépales et les pédoncules. Elle fleurit tout au long des mois d’août et de septembre. Quant à la gérardie jaune, ses tiges sont dépourvues de poils et elle fleurit de la fin juillet à la mi-septembre. Chez la gérardie fausse-pédiculaire, les feuilles sont plus découpées que chez la gérardie jaune, dont les feuilles sont lobées. Les pédoncules de la gérardie fausse-pédiculaire sont beaucoup plus longs que ceux de la gérardie jaune. Chez les deux espèces, les nombreuses capsules (fruits) mûrissent à l’automne, produisant chacune 300 à 500 graines.
Au Canada, les aires de répartition de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune sont petites, se limitant au sud-ouest de l’Ontario, et chaque espèce est présente à moins de 10 localités, dans les savanes et les boisés à chênes. Ces plantes obtiennent une partie des nutriments et de l’eau dont elles ont besoin en parasitant les racines des chênes. Leur répartition est donc limitée par la disponibilité de leurs espèces ligneuses hôtes. Les principales menaces qui pèsent sur ces deux espèces végétales au Canada sont les mêmes, à savoir notamment le déclin continu de l’étendue et de la qualité de leur habitat en raison de la suppression des incendies, des plantes envahissantes et du développement urbain, et le broutage par le cerf de Virginie.
Compte tenu des similitudes sur les plans de la répartition, de l’emplacement et de l’habitat de ces espèces, de même que des menaces qui pèsent sur elles, une approche plurispécifique a été adoptée pour le rétablissement et la conservation de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune. L’héliotin orangé est naturellement limité par la disponibilité de ses deux plantes hôtes larvaires (c.-à-d. la gérardie fausse-pédiculaire et la gérardie jaune), elles-mêmes limitées par la disponibilité et la qualité des milieux de savane et de boisé à chênes du sud-ouest de l’Ontario. Le rétablissement du papillon dépend entièrement de la survie ou du rétablissement de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune ainsi que de leur habitat de savane et de boisé à chênes.
Il a été déterminé que le rétablissement de ces trois espèces est réalisable, et ce programme de rétablissement a donc été préparé conformément au paragraphe 41(1) de la LEP.
Les objectifs en matière de population et de répartition pour l’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune au Canada sont de réduire le risque de leur disparition par le maintien ou l’augmentation de l’étendue et de la qualité de l’habitat des sous-populations existantes de même que de toute autre sous-population naturelle découverte à l’avenir, et par la réduction des menaces locales.
Des stratégies générales sont présentées pour contrer les menaces à la survie et au rétablissement de ces espèces. La mise en œuvre de ces stratégies générales est nécessaire pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition.
De l’habitat essentiel a été désigné pour chacune des trois espèces visées par le présent programme. L’habitat essentiel a été désigné à partir des meilleurs renseignements disponibles afin d’appuyer les objectifs en matière de population et de répartition. En bref, l’habitat essentiel de l’héliotin orangé comprend la savane à chênes où ses plantes hôtes larvaires (c.‑à‑d., la gérardie fausse-pédiculaire et la gérardie jaune) sont présentes. L’habitat essentiel des deux plantes comprend la savane à chênes ouverte ou partiellement ombragée, avec un sol sec. L’habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement est insuffisant pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune. Un calendrier des études décrit les principales activités qui permettront d’achever la désignation de l’habitat essentiel.
Un ou plusieurs plans d’action suivront le présent programme de rétablissement. Ils seront affichés dans le Registre public des espèces en péril dans les dix ans suivant la publication de la version définitive du programme de rétablissement.
Résumé du caractère réalisable du rétablissement
D’après les trois critèresNote de bas de page 4 suivants qu’Environnement et Changement climatique Canada utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, le rétablissement de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune a été jugé techniquement et biologiquement réalisable.
1. Les caractéristiques de survieNote de bas de page 5 peuvent-elles être prises en compte dans la mesure où le risque de disparition des espèces de la planète ou du pays par suite de l’activité humaine est réduit?
Oui. L’héliotin orangé, la gérardie fausse-pédiculaire et la gérardie jaune ont en commun deux caractéristiques de survie sur lesquelles il faut agir pour réduire leur risque de disparition du pays par suite de l’activité humaine : la redondanceNote de bas de page 6 et la connectivitéNote de bas de page 7. En outre, la résilienceNote de bas de page 8 de la gérardie jaune doit être abordée. La redondance est généralement faible chez ces trois espèces en raison d’un déclin continu de la qualité de l’habitat, qui contribue à la petite taille de la zone qu’elles occupent. On croit qu’il est possible d’accroître la redondance par la mise en œuvre de techniques appropriées de gestion de l’habitat, lesquelles pourraient non seulement arrêter le déclin, mais aussi accroître l’étendue et la qualité de l’habitat de savane à chênes où les espèces sont présentes (par exemple, brûlage dirigé, lutte contre les espèces végétales envahissantes). La mise en œuvre de ces techniques permettra aussi d’accroître la résilience, grâce à une plus vaste étendue d’habitat convenable pour l’augmentation du nombre d’individus matures. À long terme, il devrait aussi être possible d’accroître la connectivité, qui est liée au petit nombre de localités où les espèces sont présentes, en favorisant la dispersion de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune dans l’habitat remis en état et inoccupé, avant de réintroduire l’héliotin orangé, au besoin, une fois que les plantes hôtes seront établies dans ces nouvelles localités.
2. Les espèces sont-elles actuellement en mesure de persister au Canada sans interventions humaines volontaires ou seront-elles en mesure d’atteindre et de maintenir leur indépendance dans la situation où la condition 1 est respectée (c.-à-d. après que les principales caractéristiques de survie ont été prises en compte), de manière à ne pas dépendre d’une intervention humaine majeure, directe et continue?
Oui, avec une certaine incertitude. Au Canada, l’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune ont tous une aire de répartition géographique limitée en raison de leur présence dans les savanes et boisés à chênes du sud-ouest de l’Ontario. La cartographie des terres datant d’avant la colonisation européenne a permis de constater qu’il y avait autrefois 584 km2 de savanes en Ontario (Bakowsky, comm. pers., 2022). La savane est maintenant l’un des types d’habitat les plus menacés au Canada (Rodger, 1998). En Ontario, environ 98 % des savanes à chênes ont disparu, et les boisés à chênes restants sont petits et fragmentés (Rodger, 1998). Les écosystèmes à chênes sont en déclin dans l’ensemble de l’aire de répartition des espèces (McEwan et al., 2011; Brose et al., 2014).
L’étendue et la qualité de l’habitat de savane à chênes dont dépendent la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune ont été réduites en partie à cause de la suppression des feux de végétation au cours du dernier siècle (McEwan et al., 2011; Brose et al., 2014; Nowacki et Abrams, 2008). L’occurrence naturelle des feux de végétation maintient l’habitat de la savane à chênes en rouvrant le couvert forestier, permettant ainsi la survie et la régénération des chênes, qui sont intolérants à l’ombre. La gestion continue de l’habitat (par exemple, brûlages dirigés pour imiter les feux de végétation naturels) sera nécessaire pour restaurer et maintenir un habitat convenable à long terme pour ces deux espèces de plantes, puisque la présence continue d’établissements humains dans le sud-ouest de l’Ontario dictera la poursuite de la suppression des incendies.
La surabondance de cerfs de Virginie, et en conséquence la forte pression de broutage qui s’exerce sur les deux espèces de plantes, est attribuable à l’augmentation du fourrage (en raison des activités agricoles et sylvicoles) ainsi qu’à la réduction de la chasse et des prédateurs naturels (Côté et al., 2004). Par conséquent, une intervention humaine indirecte peut être nécessaire de façon continue, puisque les prédateurs naturels du cerf sont quasi absents du sud-ouest de l’Ontario en raison de l’activité humaine.
À plus long terme, si des habitats convenables supplémentaires sont remis en état avec succès et si la connectivité est augmentée, il pourrait encore être nécessaire de récolter des graines de plantes matures et d’en faciliter la dispersion pour établir de nouvelles sous-populations, puisque ces espèces n’ont pas la capacité de disperser leurs graines sur les grandes distances qui sépareront encore probablement les parcelles d’habitat convenables dans le paysage fragmenté du sud-ouest de l’Ontario (COSEWIC, 2018). Une fois les nouvelles sous-populations établies, il est peu probable que les efforts d’ensemencement devront se poursuivre puisque les taux de germination sont généralement élevés (King, 1989). La transplantation de plantes matures pourrait être difficile en raison de leur cycle vital hémiparasiteNote de bas de page 9. Cependant, des études portant sur d’autres gérardies laissent supposer que la transplantation pourrait être couronnée de succès avec l’application de macronutriments et d’autres techniques horticoles normales (Musselmann, 1969; Mann et Musselman, 1981).
L’habitat convenable de l’héliotin orangé prend actuellement la forme de parcelles résiduelles où se trouvent des sous-populations existantes de gérardie fausse‑pédiculaire et de gérardie jaune. Si de nouvelles sous-populations de gérardie fausse‑pédiculaire et de gérardie jaune sont établies avec succès, une intervention humaine pourrait également être nécessaire pour introduire l’héliotin orangé dans ces nouvelles zones. On ignore si les introductions d’héliotins orangés devront se poursuivre de façon continue pour maintenir de nouvelles sous-populations de l’espèce.
3. La condition des espèces peut-elle être améliorée par rapport à celle dans laquelle elles se trouvaient lorsqu’elles ont été évaluées et désignées comme étant en péril?
Oui. La condition de l’espèce fait référence à la combinaison de facteurs qui contribuent au risque de disparition de la planète ou du pays (ECCC, 2020). La perte historique et le déclin continu de l’étendue et de la qualité de l’habitat convenable ont entraîné une détérioration de la condition naturelle de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune. Toutefois, il est possible d’améliorer la condition actuelle des trois espèces en augmentant la quantité et la qualité de l’habitat convenable et en mettant en œuvre des mesures d’atténuation des menaces pour augmenter le nombre d’individus matures (par exemple, gestion du cerf de Virginie pour réduire le broutage). À plus long terme, il pourrait être possible d’améliorer davantage la condition des espèces en les introduisant ou en les réintroduisant dans un milieu inoccupé.
Le succès de la mise en œuvre des programmes visant les espèces sauvages et l’habitat exige généralement une coopération intergouvernementale et la participation de nombreuses personnes, organisations et collectivités. La croissance prévue de la population humaine et le nombre limité de parcelles d’habitat de savane à chênes restantes dans l’aire de répartition naturelle des espèces pourraient entraîner des utilisations concurrentes et conflictuelles des terres. Cela souligne l’importance d’une gestion coopérative et durable des espèces en péril en tenant compte de toutes les valeurs écosystémiques.
1. Évaluation de l’espèce par le COSEPAC*
Date de l’évaluation : avril 2018
Nom commun (population) : Héliotin orangé
Nom scientifique : Pyrrhia aurantiago
Statut selon le COSEPAC : En voie de disparition
Justification de la désignation : Ce papillon nocturne rare est seulement présent dans trois localités au Canada, toutes situées dans des savanes dominées par les chênes et des boisés ouverts du sud de l’Ontario. On estime que 99 % de ce type d’habitat a disparu de l’Ontario. Les larves dépendent de la gérardie jaune et de la gérardie fausse-pédiculaire, toutes deux en péril au Canada. Les sous-populations canadiennes de ce papillon nocturne se trouvent principalement dans des zones protégées où les menaces principales sont le broutage excessif des plantes hôtes larvaires par le cerf de Virginie indigène et les effets de la concurrence des plantes envahissantes sur les plantes hôtes.
Présence au Canada : Ontario
Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2018.
Date de l’évaluation : avril 2018
Nom commun (population) : Gérardie fausse-pédiculaire
Nom scientifique : Aureolaria pedicularia
Statut selon le COSEPAC : Menacée
Justification de la désignation : Au Canada, cette espèce végétale à courte durée de vie a une distribution restreinte au sud-ouest de l’Ontario. Les individus restants se trouvent dans un petit nombre de localités situées dans des savanes à chênes et des boisés. Des déclins ont été observés dans la qualité de l’habitat. La lutte contre les incendies et la construction domiciliaire menacent les localités existantes restantes.
Présence au Canada : Ontario
Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « menacée » en avril 2018.
Date de l’évaluation : avril 2018
Nom commun (population) : Gérardie jaune
Nom scientifique : Aureolaria flava
Statut selon le COSEPAC : Menacée
Justification de la désignation : Au Canada, cette espèce végétale vivace a une distribution restreinte au sud-ouest de l’Ontario. Les quelques individus restants se trouvent dans un petit nombre de localités situées dans des savanes à chênes et des boisés. Des déclins ont été observés dans la distribution de l’espèce et dans la qualité de son habitat. La lutte contre les incendies et le broutage par le cerf de Virginie menacent les localités existantes restantes.
Présence au Canada : Ontario
Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « menacée » en avril 2018.
* COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada)
2. Information sur la situation des espèces
L’héliotin orangé est classé vulnérable à l’échelle mondiale (G3), et gravement en péril au Canada et en Ontario (N1 et S1, respectivement) (NatureServe, 2021) (voir l’annexe A pour les classements à l’échelle des États aux États-Unis). L’héliotin orangé a été inscrit comme espèce en voie de disparition à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en avril 2021. L’espèce est inscrite comme étant en voie de disparition sur la Liste des espèces en péril de l’Ontario en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Toutes les sous-populations existantes de l’héliotin orangé au Canada se trouvent dans des parcs provinciaux ou municipaux. La population de l’Ontario représente moins de 1 % des occurrences connues à l’échelle mondiale (COSEWIC, 2018a).
La gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune sont toutes deux considérées comme en sécurité à l’échelle mondiale (G5), mais sont classées comme étant en péril au Canada (N2?)Note de bas de page 10 et en Ontario (S2?) (NatureServe, 2021). Les deux espèces de plantes ont été inscrites à titre d’espèces menacées à l’annexe 1 de la LEP en février 2023. Elles sont aussi toutes deux inscrites comme étant menacées sur la Liste des espèces en péril de l’Ontario en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Le pourcentage de l’aire de répartition mondiale de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune qui se trouve en Ontario est estimé à 5 % et à 2 %, respectivement.
3. Information sur les espèces
3.1 Description des espèces
L’héliotin orangé fait partie de la famille des noctuelles (Noctuidae), et les adultes mesurent environ 30 mm de longueur et de 25 à 33 mm d’envergure. Les ailes antérieures sont orange foncé à la base et violettes sur le tiers apical, les deux couleurs étant séparées par une bande sombre irrégulière. L’aile postérieure est jaunâtre à la base, passant progressivement au rouge terne ou au rose sur le tiers apical. Le thorax et l’abdomen sont couverts de poils orangés. Les jeunes larves sont blanchâtres à jaunâtres et dépourvues de marques. Les larves matures sont brun foncé dans l’ensemble et présentent des rayures plus pâles sur les côtés et le dos ainsi que des taches noirâtres sur la tête (COSEWIC, 2018a).
À la fin de l’été, les femelles déposent leurs œufs sur les fleurs des plantes hôtes, et les jeunes larves (chenilles) s’enfoncent dans les ovaires et les capsules de graines. Les larves scellent les ouvertures avec de la soie et se nourrissent des graines et des parties de la fleur situées dans la capsule de graines en développement (Wyatt, 1938). Elles résident dans la capsule jusqu’à ce qu’elles deviennent trop grosses, puis en sortent. Les larves plus âgées restent sur la plante hôte et se nourrissent de graines après avoir percé les capsules avec leurs pièces buccales. Les larves sont également nocturnes (Schweitzer et al., 2011). Après s’être nourries pendant plusieurs semaines, les larves descendent au sol pour la nymphose. La seule occurrence connue d’une larve au Canada a été observée le 28 septembre 2015, au sol, sous une plante hôte. Elle était probablement sur le point d’amorcer la nymphose.
La gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune sont des plantes herbacées aux fleurs jaune voyant de la famille des orobanchacées (Orobanchaceae). Dans la partie sud de son aire de répartition, la gérardie fausse‑pédiculaire accomplit son cycle de vie complet en une seule année, mais en Ontario, il lui faut généralement deux ans (c.-à-d. qu’elle est une plante bisannuelle). La plante est recouverte de poils, qui sont particulièrement visibles sur les sépales et les pédoncules. Elle fleurit tout au long des mois d’août et de septembre. Ses graines, dépourvues d’ailes, sont minuscules (c.-à-d. de 0,5 à 1 mm) et ne sont pas considérées comme étant spécialisées pour la dispersion aérienne sur de longues distances. La gérardie jaune, quant à elle, est vivace, et ses tiges sont dépourvues de poils. Elle fleurit de la fin juillet à la mi-septembre. Elle produit de petites graines ailées (de 1 à 3 mm) qui ne semblent pas non plus spécialisées pour la dispersion sur de longues distances. Chez les deux espèces, les nombreuses capsules (fruits) mûrissent à l’automne, produisant chacune 300 à 500 graines. Aucune des deux espèces ne dispose de mécanisme spécialisé de dispersion des graines. Chez la gérardie fausse‑pédiculaire, les feuilles sont plus découpées que chez la gérardie jaune, dont les feuilles sont lobées. Les pédoncules de la gérardie fausse‑pédiculaire sont beaucoup plus longs que ceux de la gérardie jaune.
La gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune sont des plantes hémiparasites, ce qui signifie qu’elles acquièrent une partie de leur eau et de leurs nutriments en fixant leurs racines à celles des chênes (Quercus spp.) ou d’autres plantes hôtes. En Ontario, la gérardie fausse‑pédiculaire s’associe aux « chênes noirs », comme Q. velutina et Q. ellipsoidalis. Quant à la gérardie jaune, elle est apparemment limitée aux « chênes blancs »; en Ontario, on l’a trouvée fixée au chêne blanc (Q. alba). Toutefois, selon le COSEPAC (COSEWIC, 2018b), la gérardie jaune a également été trouvée en association avec le chêne noir et le chêne rouge (Q. rubra).
Comme beaucoup d’autres espèces aux fleurs relativement grandes et voyantes, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune sont pollinisées par des bourdons et d’autres insectes. Grundel et al. (2011), lors de leurs relevés des populations d’abeilles dans le nord-ouest de l’Indiana, ont trouvé 27 espèces d’abeilles sur des fleurs de gérardie fausse‑pédiculaire et trois espèces d’abeilles sur des fleurs de gérardie jaune. La gérardie fausse‑pédiculaire a la capacité de se polliniser elle-même, alors que la gérardie jaune a besoin du pollen d’autres plantes pour produire des graines.
3.2 Population et répartition des espèces
L’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune sont présents uniquement dans l’est de l’Amérique du Nord. Le Canada ne renferme qu’une petite partie de l’aire de répartition mondiale de ces trois espèces (c.‑à‑d. 1 %, 5 % et 2 %, respectivement), exclusivement dans le sud-ouest de l’Ontario (figure 1). Le nom et l’emplacement général des sous-populations d’héliotins orangés, de gérardie fausse‑pédiculaire et de gérardie jaune au Canada sont indiqués à l’annexe B.
Parmi les cinq sous-populations consignées d’héliotins orangés au Canada, trois sont existantes (figure 1, annexe B) : celles du parc provincial The Pinery et de la pointe Turkey, qui cohabitent avec la gérardie fausse‑pédiculaire, et celle du complexe de prairies Ojibway, qui cohabite avec la gérardie jaune, comme il est précisé à l’annexe D. Les sous-populations d’héliotins orangés de London et de Delhi sont toutes deux considérées comme disparues (COSEWIC, 2018a).
Le dernier relevé connu (en 2016) de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune a permis de confirmer, respectivement, six et sept sous-populations existantes (figure 1, annexe B). Dix-sept sous-populations de gérardie fausse-pédiculaire et dix-sept sous-populations de gérardie jaune sont considérées comme disparues (COSEPAC, 2018b).
Figure 1. Répartition des sous-populations existantes d’héliotins orangés, de gérardie fausse‑pédiculaire et de gérardie jaunes au Canada (une sous-population de gérardie jaune n’est pas indiquée).
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Distribution = Répartition
NAD 1983 UTM Zone 17N = NAD 1983, zone UTM 17N
Description longue
Figure 1 présente une carte du sud-ouest de l’Ontario, sur laquelle sont indiquées les sous‑populations existantes d’héliotins orangés, de gérardie fausse-pédiculaire et de gérardie jaune. Trois points sont indiqués pour l’héliotin orangé : un à Windsor, un à l’ouest de London, près du lac Huron, et un au sud-est de London, près du lac Érié. Six points sont indiqués pour la gérardie jaune : deux au sud de Mississauga, près du lac Ontario, deux au sud de Kitchener, un au sud-est de London et un à Windsor. Six points sont indiqués pour la gérardie fausse-pédiculaire : un à l’ouest de London, près du lac Huron, un au sud-est de London, près du lac Érié, deux au sud de Mississauga, près du lac Ontario, et deux autres un peu plus à l’est, également près du lac Ontario.
3.3 Besoins de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune
L’héliotin orangé habite les savanes et les boisés ouverts dominés par des chênes, où se trouvent ses plantes hôtes larvaires, à savoir la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune. À la fin de l’été, les femelles pondent leurs œufs sur les fleurs de ces plantes hôtes, puis les larves s’enfoncent dans les capsules et se nourrissent de graines jusqu’à l’automne. À la fin de septembre et en octobre, les larves trouvent un endroit approprié pour hiverner dans le sol, sous leur plante hôte. Au Canada, l’habitat de l’espèce se compose notamment de sols secs et sablonneux ou de sols de sable fin loameux, près des Grands Lacs. Les adultes volent généralement de la fin juillet à la mi-septembre au Canada, mais la période de vol se poursuit jusqu’à la fin octobre dans la partie sud de son aire de répartition, aux États-Unis (Forbes, 1954; Schweitzer et al., 2011; Brou, 2016). Ces papillons sont nocturnes et visitent les fleurs de différentes espèces, dont la gérardie jaune, pour s’abreuver de leur nectar (Schweitzer et al., 2011).
Les deux espèces de plantes se trouvent dans les écosystèmes secs à chênes. La gérardie fausse‑pédiculaire est surtout présente dans les savanes et les boisés dominés par les chênes (jusqu’à 60 % de couvert végétal), tandis que la gérardie jaune est surtout présente dans les boisés et les forêts à chênes (de 60 % à 80 % de couvert végétal). Les deux espèces sont intolérantes à l’ombre, mais la gérardie jaune a été observée à des écosites à canopée plutôt fermée, quoiqu’elle y était généralement en moins bonne santé et moins bon état. Un sol nu est un facteur important de la germination des graines pour les deux plantes (COSEWIC, 2018b). En raison de leur préférence pour les milieux ouverts, les parcelles des zones boisées qui sont occupées se trouvent souvent dans des situations topographiques particulières, là où la lumière pénètre davantage (par exemple, près de l’eau libre, sur les pentes orientées vers le sud ou l’ouest, sur le dos de crêtes, ou en bordure de vallées ou d’escarpements). Ces situations topographiques peuvent également offrir des avantages sur le plan climatique, comme des températures hivernales modérées.
Les deux espèces de gérardies peuvent obtenir les nutriments dont elles ont besoin en les produisant par photosynthèse, en parasitant les racines des chênes, ou au moyen d’une combinaison des deux. La gérardie fausse‑pédiculaire est plus souvent associée au chêne noir, et la gérardie jaune a tendance à être associée au chêne blanc. La capacité de parasiter peut leur procurer un avantage concurrentiel sur les sols sujets à la sécheresse, à condition qu’elles puissent se fixer à un hôte convenable.
Facteurs limitatifs
Comme l’héliotin orangé dépend uniquement de deux plantes hôtes larvaires, à savoir la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune, lesquelles se trouvent chacune dans moins de dix localités, ses possibilités de reproduction au Canada sont limitées. Ces plantes sont soumises à leur tour à divers facteurs limitatifs. Par exemple, elles se trouvent toutes deux à la limite nord de leur aire de répartition naturelle, en plus d’être réparties dans des sous-populations géographiquement et génétiquement isolées les unes des autres et de celles des États américains voisins.
Les populations situées à la limite de l’aire de répartition d’une espèce occupent souvent un habitat plus pauvre que celui qui est présent au centre de l’aire de répartition principale, et elles sont souvent plus fragmentées, moins denses et plus variables (Channell et Lomolino, 2000; Vucetich et Waite, 2003). La diversité génétique est parfois moins élevée dans les populations périphériques, mais celles-ci peuvent posséder des caractéristiques génétiques uniques (Vucetich et Waite, 2003). Puisque l’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune sont présents en petites sous-populations isolées au Canada, ces espèces sont vulnérables à la stochasticité environnementale (événements fortuits comme les gelées hâtives ou tardives, ou les tempêtes de grêle), qui pourrait les faire disparaître du pays.
Les bourdons sont d’importants pollinisateurs de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune. Ramstetter et Mulcahy (1986) ont signalé que dans leur zone d’étude au Massachusetts, les bourdons étaient les seuls pollinisateurs efficaces observés sur les fleurs de gérardie fausse‑pédiculaire. Les auteurs ont aussi noté que les fleurs sont généralement ouvertes durant une seule journée et que les abeilles qu’ils ont observées ne les visitaient que pendant la première moitié de septembre.
4. Menaces
4.1 Évaluation des menaces
Les évaluations des menaces pesant sur l’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune (COSEWIC, 2018a; idem, 2018b; tableaux 1a, 1b et 1c, respectivement) se fondent sur le système unifié de classification des menaces de l’UICN-CMP (Union internationale pour la conservation de la nature et le Partenariat pour les mesures de conservation). Les menaces sont définies comme étant les activités ou les processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou pourraient entraîner la destruction, la dégradation ou la détérioration de l’entité évaluée (population, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d’intérêt (mondiale, nationale ou infranationale). Ce processus d’évaluation ne tient pas compte des facteurs limitatifs. Aux fins de l’évaluation des menaces, seules les menaces présentes et futures sont considérées. Les menaces historiques, les effets indirects ou cumulatifs des menaces ou toute autre information pertinente qui aiderait à comprendre la nature des menaces sont présentés dans la section Description des menaces.
| Menace | Description de la menace | Impacta | Portéeb | Gravitéc | Immédiatetéd |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Développement résidentiel et commercial | Moyen | Restreinte | Élevée | Modérée |
| 1.1 | Zones résidentielles et urbaines | Moyen | Restreinte | Élevée | Modérée |
| 1.2 | Zones commerciales et industrielles | Moyen | Restreinte | Élevée | Modérée |
| 1.3 | Zones touristiques et récréatives | Faible | Restreinte | Légère | Modérée |
| 6 | Intrusions et perturbations humaines | Faible | Généralisée | Légère | Élevée |
| 6.1 | Activités récréatives | Faible | Généralisée | Légère | Élevée |
| 6.3 | Travail et autres activités | Faible | Généralisée | Légère | Élevée |
| 7 | Modifications des systèmes naturels | Inconnu | Généralisée | Inconnue | Élevée |
| 7.1 | Incendies et suppression des incendies | Inconnu | Généralisée | Inconnue | Élevée |
| 8 | Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques | Moyen | Généralisée | Modérée | Élevée |
| 8.1 | Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes | Faible | Généralisée | Légère | Élevée |
| 8.2 | Espèces indigènes problématiques | Moyen | Généralisée | Modérée | Élevée |
| Menace | Description de la menace | Impacta | Portéeb | Gravitéc | Immédiatetéd |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Développement résidentiel et commercial | Moyen | Restreinte | Élevée | Modérée |
| 1.1 | Zones résidentielles et urbaines | Moyen | Restreinte | Élevée | Modérée |
| 1.3 | Zones touristiques et récréatives | Faible | Petite | Modérée | Modérée |
| 6 | Intrusions et perturbations humaines | Faible | Petite | Modérée | Élevée |
| 6.1 | Activités récréatives | Faible | Petite | Modérée | Élevée |
| 7 | Modifications des systèmes naturels | Moyen | Restreinte | Élevée | Élevée |
| 7.1 | Incendies et suppression des incendies | Moyen | Restreinte | Élevée | Élevée |
| 8 | Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques | Moyen–faible | Restreinte | Modérée–légère | Élevée |
| 8.1 | Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes | Moyen–faible | Restreinte | Modérée–légère | Élevée |
| 8.2 | Espèces indigènes problématiques | Faible | Grande | Légère | Élevée |
| Menace | Description de la menace | Impacta | Portéeb | Gravitéc | Immédiatetéd |
|---|---|---|---|---|---|
| 6 | Intrusions et perturbations humaines | Moyen–faible | Restreinte | Élevée–modérée | Élevée |
| 6.1 | Activités récréatives | Moyen–faible | Restreinte | Élevée–modérée | Élevée |
| 7 | Modifications des systèmes naturels | Moyen | Restreinte | Élevée | Élevée |
| 7.1 | Incendies et suppression des incendies | Moyen | Restreinte | Élevée | Élevée |
| 8 | Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques | Élevé | Généralisée | Élevée | Élevée |
| 8.1 | Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes | Faible | Petite | Élevée | Élevée |
| 8.2 | Espèces indigènes problématiques | Moyen | Généralisée | Modérée | Élevée |
a Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. Le calcul de l’impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce, ou de la diminution/dégradation de la superficie d’un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l’impact ne peut être déterminé (par exemple, lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l’impact n’est pas calculé lorsque la menace se situe en dehors de la période d’évaluation (par exemple, l’immédiateté est non significative/négligeable ou faible puisque la menace n’existait que dans le passé); négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n’est pas une menace : lorsque la valeur de la gravité est neutre ou qu’il y a un avantage possible.
b Portée – Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71‑100 %; grande = 31-70 %; restreinte = 11-30 %; petite = 1-10 %; négligeable < 1 %).
c Gravité – Au sein de la portée, niveau de dommage que causera vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations. Habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population (extrême = 71-100 %; élevée = 31-70 %; modérée = 11-30 %; légère = 1-10 %; négligeable < 1 %; neutre ou avantage possible ≥ 0 %).
d Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); non significative/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.
4.2 Description des menaces
Les menaces qui pèsent sur les espèces hôtes larvaires de l’héliotin orangé (c.‑à‑d. la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune) doivent nécessairement être prises en compte dans la planification de son rétablissement. La baisse de l’effectif chez ces deux espèces hôtes est le résultat cumulatif de plusieurs menaces, qui sont abordées ci-après.
On pense que la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune sont touchées par quatre menaces principales (tableaux 1b et 1c), à savoir le développement résidentiel et commercial (zones résidentielles et urbaines), les intrusions et perturbations humaines (activités récréatives), les modifications des systèmes naturels (incendies et suppression des incendies), et les espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques (espèces exotiques [non indigènes] envahissantes, espèces indigènes problématiques).
Menace 1. Développement résidentiel et commercial
- Impact moyen pour l’héliotin orangé et la gérardie fausse‑pédiculaire
Les milieux de savane et de boisé à chênes ont été considérablement réduits au cours des 150 dernières années en raison de la colonisation européenne et de la conversion des terres à des fins agricoles; aujourd’hui, il reste seulement 1 à 2 % de la superficie originale de ce type d’habitat en Ontario (COSEWIC, 2018). Le développement résidentiel qui a été réalisé dans le passé sur des terrains voisins de trois occurrences de l’héliotin orangé a probablement entraîné la destruction de son habitat (COSEWIC, 2018a), mais il y a eu peu ou pas de développement résidentiel à côté des sites existants situés dans des aires protégées au cours des dix dernières années. Un développement résidentiel pourrait être réalisé à côté du parc provincial The Pinery si le zonage est modifié pour permettre ce développement, ce qui pourrait entraîner la perte directe de gérardies fausses-pédiculaires et, par extension, constituer une menace pour la sous-population d’héliotins orangés qui s’y trouve également. Une autre sous‑population de gérardie fausse-pédiculaire est présente sur un rivage dans un quartier résidentiel, et elle subit divers effets causés par l’homme en raison de la proximité des résidences.
Si les aires de camping ou les sentiers de randonnée étaient agrandis dans les parcs provinciaux ou à d’autres sites, il pourrait y avoir des effets directs ou indirects sur la gérardie fausse‑pédiculaire et l’héliotin orangé, ou sur leur habitat. Toutefois, on prend généralement soin d’éviter les espèces en péril dans les parcs.
Menace 6. Intrusions et perturbations humaines (activités récréatives)
- Impact moyen-faible pour la gérardie jaune
- Impact faible pour l’héliotin orangé et la gérardie fausse‑pédiculaire
Le piétinement et l’écrasement de la végétation causé par la randonnée hors sentier et la conduite de véhicules tout-terrain (VTT) peuvent tuer les plantes et endommager les graines non germées (réserve de graines). Dans certains secteurs où se trouve la gérardie jaune, la fréquentation des sentiers récréatifs est élevée et croissante, ce qui a entraîné un élargissement des sentiers et le piétinement subséquent des plantes qui les bordent. Des sentiers plus larges entraînent également une augmentation de la superficie du sol compacté, ce qui rend plus difficiles la germination et la croissance des plantes. Les activités récréatives ont également des effets négatifs sur la gérardie fausse‑pédiculaire à certains endroits, mais elles sont généralement moins graves. En plus d’endommager les plantes et les sols, les activités récréatives peuvent faciliter l’introduction et la propagation d’espèces envahissantes (voir la menace 8.1).
Menace 7. Modifications des systèmes naturels (suppression des incendies)
- Impact inconnu pour l’héliotin orangé
- Impact moyen pour la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune
La savane à chênes et, dans une moindre mesure, les boisés à chênes dépendent d’incendies périodiques pour limiter l’établissement d’arbustes ligneux vivaces et de forêts à couvert fermé. Avant la colonisation européenne, la densité forestière relativement clairsemée de l’écosystème était en partie maintenue par des incendies périodiques allumés par les peuples des Premières Nations (Rodewald, 2003; Rodger, 1998). Traditionnellement, ces feux servaient à maintenir des boisés ouverts aux sites de portage et aux camps des Premières Nations (Bakowsky et Riley, 1994). Ils ont également servi au défrichage de terres à des fins agricoles, avant et après la colonisation européenne (Rodewald, 2003). Dans le passé, les feux de végétation causés par la foudre ont également mené à la création d’un habitat de savane à chênes (Rodger, 1998).
Les feux de végétation sont aujourd’hui supprimés pour protéger les personnes et les biens. L’absence de feux périodiques a entraîné la mésificationNote de bas de page 11 des milieux boisés à chênes qui abritent les plantes hôtes larvaires de l’héliotin orangé (c.-à-d. la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune). Or, ces deux espèces de gérardies sont, dans une certaine mesure, intolérantes à l’ombre, et la forte densité des arbres réduit la quantité de lumière disponible pour elles au niveau du sol. L’établissement d’arbustes ligneux vivaces accroît la concurrence pour les nutriments, l’humidité et la lumière.
Les incendies sont activement supprimés à au moins quatre endroits, mais le brûlage dirigé est pratiqué à trois autres endroits. Selon l’étendue, l’intensité et le moment de l’incendie, celui-ci peut nuire aux espèces, mais les brûlages dirigés peuvent être effectués de manière à réduire au minimum les effets négatifs à court terme sur les espèces en péril. Par exemple, au début du printemps, les gérardies fausses‑pédiculaires et les gérardies jaunes sont en dormance dans le sol; aucune partie des plantes ne se trouve alors hors sol, et les héliotins orangés n’ont pas encore émergé de leur abri d’hivernage dans le sol. L’intensité et la température du feu peuvent être contrôlées en effectuant des brûlages dans des conditions particulières (par exemple, moment de la journée où l’humidité est optimale ou gestion de la charge de carburant avant la combustion). De plus, différentes parties de l’habitat convenable peuvent être brûlées sur une période de plusieurs années, de façon à laisser des refuges pour les espèces en péril au cours d’une année donnée. Des brûlages printaniers partiels ou de faible intensité ne devraient pas avoir d’effets néfastes sur l’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire, ni la gérardie jaune.
Menace 8. Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques
- Menace 8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes
- Impact moyen–faible pour la gérardie fausse‑pédiculaire
- Impact faible pour l’héliotin orangé et la gérardie jaune
Des plantes vasculaires non indigènes envahissantes sont présentes à de nombreux sites où on trouve les trois espèces visées par le présent programme. Plus précisément, le robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia) et le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica) ont été signalés comme concurrents à certains endroits (COSEWIC, 2018). Les conditions ombragées créées par ces arbustes non indigènes réduisent la quantité d’habitat convenable (par exemple, partiellement ensoleillé) pour la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune. La perte d’habitat convenable se traduit par une diminution du nombre de plantes et une baisse de la productivité des graines, ce qui a également des effets néfastes sur l’héliotin orangé. De plus, les plantes non indigènes envahissantes contribuent à intensifier la concurrence pour l’espace, les nutriments et l’humidité dont les gérardies ont besoin. Enfin, les plantes envahissantes peuvent supplanter d’autres espèces végétales indigènes; comme les plantes non indigènes ne sont généralement pas comestibles pour le cerf de Virginie indigène, une telle concurrence peut accroître la pression de broutage sur les espèces indigènes restantes (voir la menace 8.2). La gestion active des espèces envahissantes dans deux parcs provinciaux a entraîné une réduction, mais pas l’élimination des effets sur les gérardies.
Les éclosions de la spongieuse (Lymantra dispar) ont déjà causé une mortalité élevée chez les chênes, et elles sont susceptibles de se reproduire périodiquement; par ailleurs, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune peuvent bénéficier d’un couvert végétal plus ouvert, tant qu’un nombre suffisant de chênes survivent.
- Menace 8.2 Espèces indigènes problématiques
- Impact moyen pour l’héliotin orangé et la gérardie jaune
- Impact moyen–bas pour la gérardie fausse‑pédiculaire
Le broutage de gérardies fausses-pédiculaires et de gérardies jaunes par le cerf de Virginie de même que la consommation accidentelle de larves d’héliotin orangé peuvent être considérés comme une menace dans les régions où la densité de cerfs dépasse la capacité de support des ressources alimentaires disponibles. Dans le sud de l’Ontario, le nombre de cerfs est principalement contrôlé par les conditions météorologiques, les maladies et la chasse, mais il y en a généralement une surabondance en raison de l’activité humaine (par exemple, l’élimination des prédateurs). Lorsqu’elles ne sont pas détruites, les larves de papillon peuvent être privées de nourriture si les fleurs et les jeunes capsules de gérardie fausse‑pédiculaire et de gérardie jaune sont broutées. Même si les cerfs peuvent aussi aider à réguler la végétation concurrente (par exemple, l’érable rouge), on considère que la pression de broutage a un effet négatif net sur les trois espèces. Dans le parc provincial The Pinery, l’impact de cette menace est atténué là où les troupeaux de cerfs sont activement gérés par des abattages périodiques, mais l’abondance des cerfs n’est pas gérée dans les zones adjacentes au parc où l’espèce se trouve également.
5. Objectifs en matière de population et de répartition
En vertu du paragraphe 41(1) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent comprendre un énoncé des objectifs en matière de population et de répartition des espèces en voie de disparition ou menacées. Les objectifs d’ECCC en matière de population et de répartition de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune au Canada visent à réduire le risque de disparition du pays de chaque espèce par les moyens suivants :
- maintenir l’étendue actuelle de leur zone d’occurrence;
- maintenir et, si réalisable sur le plan technique et biologique, élargir leur zone d’occupationNote de bas de page 12 actuelle;
- maintenir et, si cela est techniquement et biologiquement réalisable, augmenter le nombre de sous-populations existantes.
Pour la gérardie jaune, l’objectif supplémentaire suivant a été établi en ce qui concerne la population :
- augmenter le nombre d’individus matures.
Le rétablissement de l’héliotin orangé dépend de celui de ses plantes hôtes larvaires, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune. Par conséquent, l’approche recommandée pour le rétablissement des populations canadiennes des trois espèces consiste à améliorer la redondanceNote de bas de page 13 de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune en arrêtant le déclin de la qualité de l’habitat à l’échelle locale (c.-à-d. dans les sous-populations existantes et à proximité). Pour ce faire, on peut mettre en œuvre des mesures de gestion de l’habitat (par exemple, brûlage dirigé, lutte contre les espèces envahissantes, contrôle du couvert forestier). L’amélioration de l’habitat (par exemple, conditions de sol sec, réduction de l’ombrage, présence réduite d’espèces envahissantes) devrait au moins permettre de maintenir le nombre de sous‑populations existantes et l’abondance des trois espèces, ce qui est le moyen le plus efficace de maintenir l’étendue de leur zone d’occurrence et leur indice de zone d’occupation (mis à jour en 2018). Les mesures de gestion de l’habitat mentionnées ci-dessus sont également susceptibles d’améliorer la résilienceNote de bas de page 14 de la gérardie jaune.
L’augmentation du nombre de sous-populations existantes (c.‑à‑d., l’amélioration de la connectivitéNote de bas de page 15) peut être possible en réintroduisant d’abord la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune là où des sous-populations sont disparues du pays, ou en les introduisant dans de l’habitat inoccupé (déjà existant ou créé par des activités de remise en état) afin d’établir de nouvelles sous-populations. Pour ce faire, il faudra fort probablement avoir recours à une dispersion facilitée par l’humain (collecte des graines et plantation dans un habitat inoccupé), car la capacité de dispersion des graines de ces espèces est trop faible pour compenser le degré de fragmentation de l’habitat que l’on retrouve actsuellement dans leur aire de répartition en raison de l’activité humaine. Par la suite, l’augmentation du nombre de sous-populations existantes d’héliotins orangés pourrait nécessiter une introduction assistée par l’humain dans les sous-populations nouvellement établies de ses plantes hôtes.
6. Stratégies et approches générales pour l’atteinte des objectifs
6.1 Mesures déjà achevées ou en cours
La majeure partie de l’habitat restant de l’héliotin orangé se trouve dans des aires protégées, où il est géré par brûlage dirigé afin de maintenir la végétation de savane; il est probablement resté relativement stable au cours des dix dernières années (COSEWIC, 2018a). Toutefois, la croissance des populations de cerfs de Virginie et les plantes envahissantes continuent de modifier cet habitat (voir la section 4.1 sur les menaces). Des relevés ciblés de l’héliotin orangé dans les sous-populations de la pointe Turkey et du parc provincial The Pinery ont été réalisés en 2015 et en 2016. M. Gartshore, citoyen scientifique, fait le suivi des papillons de nuit dans les milieux convenables de la région de la pointe Turkey presque quotidiennement depuis 2014 (Giles, comm. pers., 2020). Monsieur Giles a souligné que lui et au moins une autre personne avaient fait le suivi des papillons de nuit en 2019 et en 2020 dans un rayon de 10 km du parc provincial Turkey Point.
Selon le COSEPAC (COSEWIC, 2018b), la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune ont fait l’objet de relativement peu d’activités de recherche ciblée au Canada, à l’exception du travail sur le terrain réalisé en 2016 pour le rapport de situation. Les connaissances actuelles de la répartition historique de ces deux plantes au Canada sont fondées sur les collections des premiers botanistes, les observations faites pendant le travail d’inventaire régional ou local depuis les années 1970 et d’autres mentions fortuites. Des brûlages dirigés ont été réalisés comme outil de gestion de l’habitat à trois sites existants de la gérardie fausse‑pédiculaire (le parc provincial The Pinery, le parc provincial Turkey Point et une parcelle sur la rive sud de Cootes Paradise) ainsi qu’à trois sites existants de la gérardie jaune (complexe de prairies Ojibway, île Walpole, colline de chênes du chemin de fer Branchton). Les objectifs de ces feux (combinés à la lutte contre les espèces envahissantes ligneuses à deux sites) en matière de remise en état de l’habitat semblent atteints, et les espèces semblent se maintenir aux sites dans les grandes aires protégées (c.‑à‑d. le complexe de prairies Ojibway, le parc provincial The Pinery et le parc provincial Turkey Point).
De 2018 à 2020, avec le soutien financier du Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril du gouvernement fédéral, le conseil communautaire de la réserve de conservation St. Williams a dirigé un projet visant à remettre en état l’habitat de savane à chênes dans la réserve de conservation St. Williams, près de la pointe Turkey. Les résultats du projet triennal comprenaient 8 hectares d’habitat amélioré grâce au brûlage dirigé, 367,1 hectares améliorés grâce à la lutte contre les espèces envahissantes et 30,5 hectares améliorés grâce à l’éclaircissage des peuplements de conifères. Depuis 2020, le Fonds de la nature du Canada, par l’entremise du Groupe de travail sur les milieux ouverts du lieu prioritaire de la forêt Walsingham de Long Point, finance l’amélioration de la savane à chênes dans la réserve de conservation St. Williams, par les moyens suivants : lutte contre les espèces envahissantes, éclaircissage mécanique et enlèvement des conifères non indigènes, plantation de chênes, d’arbustes et de fleurs sauvages indigènes, et brûlage dirigé. Bien qu’aucune sous-population connue de gérardie fausse‑pédiculaire ou de gérardie jaune ne soit présente dans la réserve de conservation St. Williams à l’heure actuelle, celle-ci se trouve à moins d’un kilomètre de l’habitat essentiel (voir la section 7 ci-après) de la sous-population de gérardie fausse-pédiculaire du complexe de la pointe Turkey. Par conséquent, les améliorations apportées à la savane à chênes dans la réserve pourraient en faire une localité souhaitable pour établir une nouvelle sous‑population de l’une des espèces de gérardie, ou des deux.
En 2021 et 2022, des relevés ciblés de l’héliotin orangé au moyen de pièges lumineux ont été effectués dans la réserve de conservation St. Williams, où l’on trouve des parcelles de gérardie fausse‑pédiculaire. Aucun individu n’a été repéré au cours des six nuits de relevés, effectuées sur deux ans (NRSI, 2023).
6.2 Orientation stratégique pour le rétablissement
Des mesures de rétablissement de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune au Canada sont énumérées au tableau 2. Elles comprennent des mesures visant à réduire le risque de disparition des espèces du pays et à contrer les menaces qui pèsent sur elles afin d’atteindre les objectifs de gestion énoncés à la section 5. Les mesures de conservation ont été classées selon la version 2.0 du système de classification des mesures de conservation élaboré par le Partenariat pour les mesures de conservation (CMP, 2016).
La première grande catégorie de mesures de rétablissement concerne la gestion directe de l’espèce et de son habitat. Les mesures axées sur l’habitat se concentrent sur la mise en œuvre de plans visant, d’une part, à limiter le couvert végétal ligneux et la propagation d’espèces végétales non indigènes afin de maintenir les milieux de savane et de boisé dominés par les chênes où la quantité de lumière qui atteint le sol est suffisante pour offrir des conditions favorables à la gérardie fausse‑pédiculaire et à la gérardie jaune, et d’autre part, à réduire au minimum le piétinement de ces espèces végétales attribuable à la pratique d’activités récréatives afin d’éviter la mortalité directe des plantes ainsi que la compaction ou l’érosion du sol. Pour réduire la mortalité directe des individus des trois espèces visées, la réduction de la pression de broutage par les cerfs fait également partie des mesures. Si nécessaires pour atteindre l’objectif de gestion, la germination hors site et la translocation de gérardies fausses‑pédiculaires et de gérardies jaunes devraient être mises en œuvre afin d’accroître l’abondance et la zone d’occupation, dans les sous-populations existantes ou dans des zones non colonisées. Ces mesures peuvent être jumelées à l’élevage en captivité et à la mise en liberté d’héliotins orangés, si possible.
La deuxième catégorie de mesures de rétablissement concerne le changement des comportements humains. Elle comprend la sensibilisation du public à la menace posée par la randonnée et le vélo hors sentiers, ainsi que des mesures de sensibilisation à l’intention des propriétaires et des gestionnaires fonciers afin de prévenir la perte d’habitat de savane à chênes et de promouvoir des mesures d’intendance de l’habitat.
La troisième catégorie de mesures de conservation concerne les activités de planification et de recherche qui permettront de mettre en œuvre avec succès les activités de gestion et de sensibilisation décrites ci-dessus, de prévenir d’autres effets néfastes sur l’espèce, et de surveiller l’abondance des espèces et l’état des menaces à l’échelle des sous-populations. Ces mesures comprennent l’adoption d’outils et de processus municipaux de planification de l’affectation des terres afin d’éviter les effets de nouveaux développements résidentiels, et la réalisation de recherches sur la faisabilité de la collecte des graines de gérardie fausse‑pédiculaire et de gérardie jaune, de leur germination hors site et de la translocation des plantes, de même que de l’élevage en captivité et de la libération d’héliotins orangés.
| Articles | Stratégie et approche généralea | Description générale des approches de recherche et de gestiona | Prioritéb | Menace, facteur limitatif ou préoccupation visé |
|---|---|---|---|---|
| 1. Gestion des milieux terrestres et aquatiques | 1.1 Gestion des sites/zones |
|
Élevée | Menace 7.1 : Incendies et suppression des incendies Menace 8.1 : Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes |
| 1. Gestion des milieux terrestres et aquatiques | 1.1 Gestion des sites/zones |
|
Moyenne | Menace 6.1 : Activités récréatives |
| 2. Gestion des espèces | 2.1 Gestion des espèces |
|
Moyenne | Menace 8.2 Espèces indigènes problématiques |
| 2. Gestion des espèces | 2.2 Réintroduction et translocation des espèces |
|
Moyenne | Toutes les menaces |
| 3. Sensibilisation | 3.1 Sensibilisation et communications |
|
Moyenne | Toutes les menaces |
| 3. Sensibilisation | 3.1 Sensibilisation et communications |
|
Faible | Menace 7.1 : Incendies et suppression des incendies |
| 3. Sensibilisation | 3.1 Sensibilisation et communications |
|
Faible | Menace 6.1 : Activités récréatives |
| C. Conditions favorables 6. Désignation et planification de la conservation |
6.2 Servitude et droits sur les ressources |
|
Élevée | Menace 1.1 : Zones résidentielles et urbaines Menace 1.2 : Zones commerciales et industrielles Menace 6.1 : Activités récréatives Menace 7.1 : Incendies et suppression des incendies Menace 8.1 : Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes |
| C. Conditions favorables 6. Désignation et planification de la conservation |
6.3 Désignation et zonage de l’utilisation des milieux terrestres et aquatiques |
|
Moyenne | Menace 1.1 : Zones résidentielles et urbaines Menace 1.2 : Zones commerciales et industrielles |
| C. Conditions favorables 8. Recherche et suivi |
8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
|
Moyenne | Toutes les menaces |
| C. Conditions favorables 8. Recherche et suivi |
8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
|
Moyenne | Toutes les menaces |
| C. Conditions favorables 8. Recherche et suivi |
8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
|
Faible | Toutes les menaces |
| C. Conditions favorables 8. Recherche et suivi |
8.2 Évaluation, mesures de l’efficacité et apprentissage |
|
Faible | Toutes les menaces |
| C. Conditions favorables 10. Développement institutionnel |
Développement d’alliances et de partenariats |
|
Moyenne | Toutes les menaces |
| C. Conditions favorables 10. Développement institutionnel |
Développement d’alliances et de partenariats |
|
Faible | Toutes les menaces |
| C. Conditions favorables 10. Développement institutionnel |
10.4 Financement de la conservation |
|
Élevée | Toutes les menaces |
a Pour de plus amples renseignements sur les stratégies et approches générales, voir la catégorisation des mesures de conservation du CMP (version 2.0) : Classification des Actions de conservation du CMP v 2.0
b « Priorité » reflète l’ampleur dans laquelle la stratégie générale contribue directement au rétablissement de l’espèce ou est un précurseur essentiel à une approche qui contribue au rétablissement de l’espèce.
7. Habitat essentiel
7.1 Désignation de l’habitat essentiel des espèces
Aux termes de l’alinéa 41(1)c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent inclure une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, et des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de cet habitat. L’habitat essentiel est défini au paragraphe 2(1) de la LEP comme étant « l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce ».
L’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune au Canada est désigné comme étant l’étendue d’habitat qui présente les caractéristiques biophysiques nécessaires (voir la section 7.1.2), partout où elles se trouvent dans les zones décrites à la section 7.1.1 (annexes D et E).
L’habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement fédéral contribuera à atteindre les objectifs en matière de population et de répartition établis pour les espèces visées, présentés à la section 5; toutefois, il est admis que l’habitat essentiel désigné pour les trois espèces est insuffisant pour atteindre les objectifs. Puisque l’héliotin orangé n’a pas été observé dans les prairies Ojibway au cours des dix dernières années et qu’ECCC n’a pas pu avoir accès aux renseignements sur l’emplacement de la mention de l’espèce à la pointe Turkey en 2015, l’habitat essentiel de l’héliotin orangé n’est désigné que pour l’une des trois sous-populations existantes de l’espèce, à savoir celle de la région du parc The Pinery. En ce qui concerne la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune, les données sur certaines des sous‑populations existantes et historiques qui n’ont pas été visitées lors du plus récent relevé (c.‑à‑d., 2016) ne répondent pas aux critères requis pour la désignation d’habitat essentiel (voir la note de bas de page 18). Par conséquent, un calendrier des études (section 7,2; tableau 3) a été préparé pour les trois espèces, lequel décrit les activités requises pour la désignation d’habitat essentiel additionnel nécessaire à l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. De l’habitat essentiel additionnel pourrait être ajouté dans l’avenir si de nouvelles données justifient l’inclusion de zones au-delà de celles actuellement désignées (par exemple, de nouveaux sites sont colonisés ou des sites existants s’étendent dans des zones adjacentes). Pour obtenir plus d’information sur la désignation de l’habitat essentiel, veuillez communiquer avec Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune, à RecoveryPlanning-Planificationduretablissement@ec.gc.ca.
7.1.1 Zones renfermant de l’habitat essentiel
Au Canada, la présence et la persistance de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune dépendent d’une superficie plus grande que celle qui est occupée par les individus de ces espèces. Les trois espèces ont besoin de caractéristiques écologiques et d’éléments du paysage qui favorisent et maintiennent les caractéristiques biophysiquesNote de bas de page 16 qui soutiennent leurs processus vitaux (par exemple, la reproduction et la dispersion).
La zone qui renferme l’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune est la suivante :
- l’habitat convenableNote de bas de page 17 dans lequel des gérardies fausses-pédiculaires ou des gérardies jaunes sont présentesNote de bas de page 18;
- l’habitat convenableNote de bas de page 19 dans lequel des héliotins orangés sont présentsNote de bas de page 20.
7.1.2 Caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel
Dans les milieux décrits à la section 7.1.1, l’habitat essentiel est désigné lorsque les caractéristiques biophysiques suivantes sont présentes :
- des forêts, boisés ou savanesNote de bas de page 21 caducifoliés ouverts dominés par des chênes et offrant des brèches naturelles dans le couvert forestier, une végétation de sous‑étage et une végétation au sol clairsemées, et des sols minéraux;
- des sols secs, comme ceux que l’on trouve dans les milieux de dunes, les plaines sablonneuses, les crêtes et pentes argileuses, les loams pierreux sur des moraines, et les sols peu profonds recouvrant un substrat rocheux carbonaté.
Comme l’héliotin orangé dépend, au stade larvaire, de la présence de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune, les caractéristiques biophysiques dont il a besoin sont désignées d’après l’habitat nécessaire pour soutenir la persistance de ces plantes.
7.2 Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel
| Description de l’activité | Justification | Échéancier |
|---|---|---|
Confirmer l’emplacement géographique de la sous-population d’héliotins orangés de la pointe Turkey. Déterminer l’état (par exemple, existante, historique) de la sous-population du complexe de prairies Ojibway. |
Des larves d’héliotin orangé ont été trouvées à la pointe Turkey en 2015, mais les renseignements dont on dispose sur cette mention d’observation sont insuffisants pour y désigner de l’habitat essentiel à ce moment-ci. Malgré la présence d’une sous‑population existante de la gérardie jaune dans le complexe de prairies Ojibway, plus de trois générations (c.‑à‑d., 10 ans) se sont écoulées depuis que l’héliotin orangé a été observé à cet endroit. |
2025-2029 |
| En collaboration avec les Premières Nations et d’autres propriétaires fonciers, recueillir des renseignements plus précis et plus récents sur l’emplacement et l’habitat des sous-populations existantes et historiques de gérardie fausse‑pédiculaire et de gérardie jaune, là où aucun habitat essentiel n’est encore désigné. Par exemple, des relevés devraient être réalisés aux emplacements suivants : l’île Walpole, le ruisseau Dingman et le parc patrimonial Black Oak (une partie du complexe de prairies Ojibway). Voir le rapport du COSEPAC (COSEWIC, 2018b) pour une liste complète des sous‑populations existantes. | Certaines sous-populations présumées existantes n’ont pas fait l’objet de recherches en 2016. La meilleure information accessible indique qu’il reste de l’habitat convenable à proximité de ces sous‑populations. Des données sur l’emplacement et l’habitat sont nécessaires pour désigner l’habitat essentiel en vue d’atteindre l’objectif en matière de population et de répartition. | 2025-2029 |
7.3 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel
La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à sa protection et à sa gestion. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation de la totalité ou d’une partie de l’habitat essentiel, de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque l’espèce en a besoin. La destruction peut résulter d’une ou de plusieurs activités ponctuelles ou de leurs effets cumulatifs dans le temps.
Il convient de souligner que les activités qui se déroulent à l’intérieur ou à proximité de l’habitat essentiel ne sont pas toutes susceptibles d’en entraîner la destruction. Certaines activités qui entraînent une perturbation à court terme de l’habitat essentiel, sans que les individus ou les résidences soient touchés, peuvent contribuer à améliorer la qualité future de l’habitat essentiel si elles sont gérées de façon appropriée. Une certaine perturbation de l’habitat de l’héliotin orangé découlant de la gestion des espèces envahissantes ou de la végétation ligneuse vivace peut être bénéfique pour l’espèce en maintenant un couvert forestier ouvert. De telles perturbations pourraient améliorer l’habitat des plantes hôtes larvaires (c.‑à‑d. la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune) ainsi que de leurs chênes hôtes. Il est possible que les activités de gestion des écosystèmes (par exemple, les brûlages dirigés) soient menées d’une manière qui favorise une mosaïque de milieux boisés à chênes ouverts et fermés, sans endommager ni détruire l’habitat essentiel.
Le tableau 4 donne des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel des espèces; il peut toutefois exister d’autres activités destructrices.
| Description de l’activité | Description de l’effet relatif à la perte de fonction de l’habitat essentiel | Détails de l’effet |
|---|---|---|
| Défrichage et nivellement du site; conversion en terres agricoles; construction de bâtiments (par exemple, maisons) ou d’infrastructures (par exemple, routes, corridors de services ou installations énergétiques); excavation de fosses ou de carrières de granulats | Ces activités entraînent l’élimination complète de la couverture arborée ou arbustive, de la végétation du sous-étage et des composantes biotiques et abiotiques de la couverture du sol (par exemple, roches, troncs ou débris végétaux) dans l’empreinte du projet. Le nivellement et le pavage peuvent également modifier la topographie et l’hydrologie du milieu, le rendant ainsi impropre à la germination et à la croissance de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune. |
L’activité détruira l’habitat essentiel si elle se déroule dans l’un ou l’autre des milieux décrits à la section 7.1.1, quel que soit le moment de l’année. Elle peut également endommager ou détruire l’habitat essentiel lorsqu’elle se produit à l’extérieur des limites de celui-ci, dans les cas où elle entraîne des changements du régime hydrologique de l’habitat essentiel. |
| Introduction d’espèces végétales envahissantes | Des espèces végétales envahissantes peuvent coloniser de nouvelles zones lorsque, par exemple, leurs graines sont dispersées par la circulation des véhicules ou le déplacement de matériau de remblayage (c.‑à‑d., des dépôts de terre qui contiennent des graines de plantes envahissantes). Les espèces végétales envahissantes peuvent nuire à l’habitat essentiel en diminuant la quantité de lumière, d’eau et d’éléments nutritifs au point de nuire au fonctionnement de l’habitat et de faire en sorte que la zone ne fonctionne plus comme habitat de croissance pour la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune. | L’activité détruira vraisemblablement l’habitat essentiel si elle se déroule dans l’un ou l’autre des milieux décrits à la section 7.1.1, quel que soit le moment de l’année. Elle peut endommager ou détruire l’habitat essentiel si elle se produit à l’extérieur des limites de celui‑ci et que le site d’introduction est situé à une distance de l’habitat essentiel inférieure au rayon de propagation de la plante. |
| Conduite hors piste de véhicules motorisés et de machinerie lourde | L’activité entraînera la compaction et l’érosion du sol, ce qui pourrait rendre celui‑ci impropre à la germination des graines et à la croissance des racines de gérardie fausse‑pédiculaire et de gérardie jaune dont se nourrissent les larves d’héliotin orangé. Les activités limitées à la surface des routes, des chemins d’accès et des sentiers récréatifs autorisés n’entraîneraient pas la destruction de l’habitat essentiel. | L’activité pourrait endommager ou détruire l’habitat essentiel si elle se déroule dans l’un ou l’autre des milieux décrits à la section 7.1.1, quel que soit le moment de l’année. |
8. Mesure des progrès
Les indicateurs de rendement énumérés ci-après permettront d’évaluer les progrès accomplis vers l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.
Le succès de la mise en œuvre du programme de rétablissement sera évalué tous les dix ans, en fonction des indicateurs de rendement suivants :
- L’étendue de la zone d’occurrence de la gérardie jaune, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de l’héliotin orangé est d’au moins 11 646 km2, 6 825 km2 et 10 124 km2, respectivement.
- L’indice de zone d’occupation de la gérardie jaune, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de l’héliotin orangé est d’au moins 40 km2, 36 km2 et 12 km2, respectivement.
- Les sous-populations de gérardie jaune, de gérardie fausse-pédiculaire et d’héliotins orangés qui étaient existantes en 2022 (voir l’annexe B) sont toujours existantes.
- Le nombre d’individus matures de la gérardie jaune est d’au moins 1 000.
9. Énoncé sur les plans d’action
Un ou plusieurs plans d’action visant la gérardie fausse‑pédiculaire, la gérardie jaune et l’héliotin orangé seront préparés et publiés dans le Registre public des espèces en péril d’ici dix ans, ou selon les priorités et les ressources.
10. Références
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Channell, R. et M.V. Lomolino. 2000. Trajectories to extinction: Spatial dynamics of the contraction of geographical ranges. Journal of Biogeography 27(1):169-179. DOI:10.1046/j.1365-2699.2000.00382.x
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COSEWIC. 2018a. COSEWIC assessment and status report on the False-foxglove Sun Moth Pyrrhia aurantiago in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. x + 40 pp. [Également disponible en français : COSEPAC. 2018a. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’héliotin orangé (Pyrrhia aurantiago) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. x + 42 p.]
COSEWIC. 2018b. COSEWIC assessment and status report on the Yellow False Foxglove Bundle, Smooth Yellow False Foxglove Aureolaria flava, Fern-leaved Yellow False Foxglove Aureolaria pedicularia and the Downy Yellow False Foxglove Aureolaria virginica, in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. xx + 100 pp. [Également disponible en français : COSEPAC. 2018b. Ếvaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Groupe d’espèces de gérardies, Gérardie jaune (Aureolaria flava), Gérardie fausse‑pédiculaire (Aureolaria pedicularia) et la Gérardie de Virginie (Aureolaria virginica), au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xxii + 113 p.]
ECCC. 2020. Environment and Climate Change Canada – Species at Risk Act Policies Policy on Recovery and Survival. Gatineau, QC. 7 pp.
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Musselman, L.J. 1969. Observations on the Life History of Aureolaria grandiflora and
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Wyatt, A.K. 1938. Notes on larvae of Heliothinae. Bulletin of the Brooklyn Entomological Society 43: 90-94.
Annexe A : Cotes de conservation de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune aux États‑Unis d’Amérique (source : NatureServe, 2022)
| État | Héliotin orangé | Gérardie fausse‑pédiculaire | Gérardie jaune |
|---|---|---|---|
| Alabama | Sans objet | SNR | SNR |
| Arkansas | SNR | Sans objet | SNR |
| Connecticut | S2 | SNR | SNR |
| Delaware | Sans objet | S1 | S1 |
| District de Columbia | Sans objet | SNR | SNR |
| Floride | Sans objet | SNR | SNR |
| Géorgie | Sans objet | S1? | SNR |
| Illinois | Sans objet | SNR | SNR |
| Indiana | S1S2 | S4 | S4 |
| Iowa | Sans objet | S1 | Sans objet |
| Kentucky | SNR | S3? | S5 |
| Louisiane | SNR | SNR | SNR |
| Maine | SH | S3 | SNR |
| Maryland | SNR | SNR | S3 |
| Massachusetts | S3 | SNR | SNR |
| Michigan | SNR | SNR | SNR |
| Minnesota | Sans objet | S2 | Sans objet |
| Mississippi | Sans objet | SNR | SNR |
| Missouri | Sans objet | SNR | SNR |
| New Hampshire | SU | SNR | SNR |
| New Jersey | SU | SNR | SNR |
| New York | SU | S4 | SNR |
| Caroline du Nord | S1S3 | S4 | S3 |
| Ohio | Sans objet | SNR | SNR |
| Pennsylvanie | SH | SNR | S2 |
| Rhode Island | Sans objet | SNR | SNR |
| Caroline du Sud | Sans objet | SNR | SNR |
| Tennessee | Sans objet | SNR | SNR |
| Texas | Sans objet | Sans objet | SNR |
| Vermont | Sans objet | S1 | S2 |
| Virginie | Sans objet | S4 | S5 |
| Virginie-Occidentale | S1S3 | S3 | S4 |
| Wisconsin | SNR | SNR | SNR |
Cotes de conservation (N = national, S = infranational); 1 : gravement en péril, 2 : en péril 3 : vulnérable, 4 : apparemment en sécurité, 5 : en sécurité, ? : cote numérique imprécise, H : historique, NR : non classée, U : non classable.
Annexe B : Sous-populations d’héliotins orangés, de gérardie fausse-pédiculaire et de gérardie jaune au Canada
| Numéro de la sous‑population | Nom de la sous-population | État |
|---|---|---|
| 1 | Windsor | Existante |
| 2 | Pinery | Existante |
| 3 | Pointe Turkey | Existante |
| Numéro de la sous‑population | Nom de la sous-population | État | Abondance (individus matures) : Dénombrement de 2016 | Abondance (individus matures) : Estimation de 2016 |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Complexe de la pointe Turkey (comté de Norfolk) | Existante | 2 928 | de 3 000 à 5 000 |
| 2 | Complexe Pinery (comté de Lambton) | Existante | 2 559 | de 3 500 à 5 000 |
| 3 | Vallée Hendrie (comté de Halton) | Existante | 814 | de 900 à 1 500 |
| 4 | Complexe Cootes Paradise (comté de Hamilton) | Existante | 132 | de 150 à 250 |
| 5 | Île de l’étang Sixteen Mile (comté de Niagara) | Existante | 42 | de 42 à 50 |
| 6 | Ruisseau Fifteen Mile (comté de Niagara) | Existante | ∼10 | de 10 à 20 |
| Sans objet | Total | Sans objet | 6 485 | de 7 602 à 11 820 |
| Numéro de la sous‑population | Nom de la sous-population | État | Abondance (individus matures) : Dénombrement de 2016 | Abondance (individus matures) : Estimation de 2016 |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Complexe de prairies Ojibway (comté d’Essex) | Existante | 163, dénombrement partiel | de 286 à 1 036 |
| 2 | Ruisseau Venison (comté de Norfolk) | Existante | 74 | 74 |
| 3 | Île Walpole (Première Nation de l’île Walpole) | Existante | 10 en 2015 | de 50 à 200 |
| 4 | Escarpement du chemin Fifty (comté de Hamilton) | Existante | 31 | 31 |
| 5 | Colline de chênes du chemin de fer Branchton (comté de Waterloo) | Existante | 11 | 11 |
| 6 | Complexe du ruisseau Sixteen Mile (comté de Halton) | Existante | 7 | 7 |
| 7 | Tourbière Sudden (comté de Waterloo) | Existante | 5, dénombrement partiel | de 5 à 50 |
| Sans objet | Total | Sans objet | 291 | de 464 à 1 409 |
Annexe C : Effets sur l’environnement et sur les espèces non ciblées
Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmesNote de bas de page 22. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durableNote de bas de page 23 (SFDD).
La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci‑dessous.
L’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune sont associés à d’autres espèces qui dépendent de la savane à chênes. Parmi celles-ci, on trouve notamment plusieurs autres plantes rares de l’écozone des plaines à forêts mixtes, dont la téphrosie de Virginie (Tephrosia virginiana) et la violette pédalée (Viola pedata), toutes deux cotées S1 en Ontario. La savane à chênes a besoin d’incendies périodiques pour se maintenir. On s’attend à ce que la gestion et la protection de cet habitat profitent aux espèces qui dépendent de la savane à chênes et de ses processus et fonctions écosystémiques. Toutefois, certaines espèces présentes dans l’habitat utilisé par l’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune ne sont ni dépendantes ni adaptées aux incendies périodiques. Les activités de planification du rétablissement seront mises en œuvre de façon à tenir compte de toutes les espèces en péril cooccurrentes et, ainsi, à éviter les conséquences néfastes sur ces espèces ou leur habitat.
La possibilité que la mise en œuvre du présent programme de rétablissement ait des conséquences néfastes imprévues sur d’autres espèces a été envisagée. En général, la plupart des activités de rétablissement proposées, dont la gestion de l’habitat, seront bénéfiques aux espèces végétales et animales indigènes. L’EES a permis de conclure que le programme sera favorable à l’environnement et n’entraînera pas d’effets négatifs considérables impossibles à éviter ou à atténuer.
Annexe D : Habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune au Canada
Figure D. L’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune au Canada – sud de l’Ontario. Aperçu (Ontario). Zones agrandies renfermant de l’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune en Ontario, illustrées aux figures D‑1 à D‑9.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
NAD 1983 UTM Zone 17N = NAD 1983, zone UTM 17N
Description longue
Figure D donne un aperçu des emplacements de l’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune. Il s’agit d’une carte du sud-ouest de l’Ontario, sur laquelle sont situés neuf encadrés renfermant de l’habitat essentiel. Les encadrés A-1 et A8 se trouvent au sud-est de London, près du lac Érié. Les encadrés A-2, A-3, A-7 et A-9 bordent le lac Ontario, alors que l’encadré A-6 se trouve juste au sud de Kitchener. Quant aux encadrés A-4 et A-5, ils se trouvent respectivement à l’ouest de London, près du lac Huron, et à Windsor.
Figure D‑1. L’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune au Canada. La zone qui renferme l’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune au Canada, comme décrit à la section 7.1, est représentée par le polygone ombragé en jaune. À l’intérieur de cette zone, l’habitat essentiel ne se trouve que là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km sur 1 km (bordé de rouge) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
St. Williams Conservation Reserve = Réserve de conservation St. Williams
Turkey Point Provincial Park (Recreational Class) = Parc provincial Turkey Point (catégorie des parcs de loisirs)
NAD 1983 UTM Zone 17N = NAD 1983, zone UTM 17N
Norfolk County = Comté de Norfolk
Description longue
Figure D-1 présente une carte du comté de Norfolk, en Ontario, sur laquelle est représenté l’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune. Le polygone renfermant de l’habitat essentiel s’inscrit dans six carrés de quadrillage de 1 km de côté, chevauchant deux aires terrestres protégées ou de conservation non fédérales, à savoir le parc provincial Turkey Point et la réserve de conservation St. Williams. Ces zones sont situées à l’ouest de la baie Long Point.
Figure D‑2. L’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune au Canada. La zone qui renferme l’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune au Canada, comme décrit à la section 7.1, est représentée par le polygone ombragé en jaune. À l’intérieur de cette zone, l’habitat essentiel ne se trouve que là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km sur 1 km (bordé de rouge) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Niagara Peninsula = Péninsule du Niagara
NAD 1983 UTM Zone 17N = NAD 1983, zone UTM 17N
Description longue
Figure D-2 : La région de l’Ontario représentée sur cette carte, qui comprend une partie du lac Ontario, se trouve au sud-ouest de Burlington et au nord-ouest de Hamilton. L’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune est indiqué. Deux polygones renfermant de l’habitat essentiel s’insèrent dans dix carrés de quadrillage de 1 km de côté, dont la plupart sont situés le long de la pointe sud-ouest du lac Ontario.
Figure D‑3. L’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune au Canada. La zone qui renferme l’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune au Canada, comme décrit à la section 7.1, est représentée par le polygone ombragé en jaune. À l’intérieur de cette zone, l’habitat essentiel ne se trouve que là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km sur 1 km (bordé de rouge) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Niagara Peninsula = Péninsule du Niagara
NAD 1983 UTM Zone 17N = NAD 1983, zone UTM 17N
Description longue
Figure D-3 : La région de l’Ontario représentée sur cette carte se trouve à l’ouest de St. Catharines, le long de la rive du lac Ontario. L’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune est indiqué. Deux très petits polygones renfermant de l’habitat essentiel se trouvent chacun dans un seul carré de quadrillage de 1 km de côté. Le premier est situé entre l’autoroute Queen-Elizabeth et le lac Ontario, et le deuxième, à l’intérieur de l’étang Sixteen Mile.
Figure D‑4. La gérardie fausse‑pédiculaire, la gérardie jaune et l’héliotin orangé au Canada. La zone qui renferme l’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune au Canada, comme décrit à la section 7.1, est représentée par le polygone ombragé en jaune. À l’intérieur de cette zone, l’habitat essentiel ne se trouve que là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km sur 1 km (bordé de rouge) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Pinery Provincial Park (Natural Environment Class) = Parc provincial The Pinery (catégorie des parcs naturels)
NAD 1983 UTM Zone 17N = NAD 1983, zone UTM 17N
Description longue
Figure D-4 présente une carte de l’aire terrestre protégée ou de conservation non fédérale correspondant au parc provincial The Pinery, en Ontario, de même que ses environs. L’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune est indiqué. Deux principaux polygones renfermant de l’habitat essentiel sont indiqués. Le premier est situé du côté sud-ouest du parc et s’insère dans sept carrés de quadrillage de 1 km de côté. Le deuxième commence au centre du parc et s’étend légèrement vers le nord-est. Il s’insère dans douze carrés de quadrillage de 1 km de côté.
Figure D‑5. L’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune au Canada. La zone qui renferme l’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune au Canada, comme décrit à la section 7.1, est représentée par le polygone ombragé en jaune. À l’intérieur de cette zone, l’habitat essentiel ne se trouve que là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km sur 1 km (bordé de rouge) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
NAD 1983 UTM Zone 17N = NAD 1983, zone UTM 17N
Description longue
Figure D-5 présente une carte de la partie ouest de Windsor, comprenant également une partie de la ville de LaSalle (Ontario). L’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune est indiqué. Quelques polygones interconnectés s’insèrent dans onze carrés de quadrillage de 1 km de côté, situés entre la rivière Détroit et l’autoroute E. C. Row. Il y a un certain chevauchement avec l’aire protégée ou de conservation non fédérale qu’est le complexe de prairies Ojibway.
Figure D‑6. L’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune au Canada. La zone qui renferme l’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune au Canada, comme décrit à la section 7.1, est représentée par le polygone ombragé en jaune. À l’intérieur de cette zone, l’habitat essentiel ne se trouve que là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km sur 1 km (bordé de rouge) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
NAD 1983 UTM Zone 17N = NAD 1983, zone UTM 17N
Description longue
Figure D-6 est une carte de la région située au sud de Cambridge, en Ontario. L’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune est indiqué. Deux polygones renfermant de l’habitat essentiel sont représentés sur cette carte. Le premier est situé entre le lac Taylor et le lac Cowan’s, et s’inscrit dans six carrés de quadrillage de 1 km de côté. Le deuxième est beaucoup plus petit et se trouve le long du ruisseau Alder; il s’inscrit dans deux carrés de quadrillage de 1 km de côté.
Figure D‑7. L’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune au Canada. La zone qui renferme l’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune au Canada, comme décrit à la section 7.1, est représentée par le polygone ombragé en jaune. À l’intérieur de cette zone, l’habitat essentiel ne se trouve que là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km sur 1 km (bordé de rouge) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
NAD 1983 UTM Zone 17N = NAD 1983, zone UTM 17N
Description longue
Figure D-7 présente une carte de la zone située à l’ouest d’Oakville (Ontario), entre Mississauga et Burlington, tout juste à l’est de l’autoroute 407. L’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune est indiqué. Un seul polygone renfermant de l’habitat essentiel est représenté au centre de la carte, le long du ruisseau Sixteen Mile, et il s’inscrit dans cinq carrés de quadrillage de 1 km de côté.
Figure D‑8. L’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune au Canada. La zone qui renferme l’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune au Canada, comme décrit à la section 7.1, est représentée par le polygone ombragé en jaune. À l’intérieur de cette zone, l’habitat essentiel ne se trouve que là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km sur 1 km (bordé de rouge) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
NAD 1983 UTM Zone 17N = NAD 1983, zone UTM 17N
Norfolk County = Comté de Norfolk
Description longue
Figure D-8 présente une carte du comté de Norfolk (Ontario). On peut y voir une zone située légèrement au nord-ouest de la baie de Long Point. L’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune est indiqué. Un seul polygone renfermant de l’habitat essentiel est représenté au centre de la carte, et il s’inscrit dans sept carrés de quadrillage de 1 km de côté.
Figure D‑9. L’héliotin orangé, la gérardie fausse‑pédiculaire et la gérardie jaune au Canada. La zone qui renferme l’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune au Canada, comme décrit à la section 7.1, est représentée par le polygone ombragé en jaune. À l’intérieur de cette zone, l’habitat essentiel ne se trouve que là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km sur 1 km (bordé de rouge) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Niagara Peninsula = Péninsule du Niagara
NAD 1983 UTM Zone 17N = NAD 1983, zone UTM 17N
Description longue
Figure D-9 présente une carte de la zone située juste à l’ouest de Grimsby (Ontario), au sud-est de Hamilton, près du lac Ontario. L’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse-pédiculaire et de la gérardie jaune est indiqué. Un seul polygone renfermant de l’habitat essentiel est représenté au centre de la carte, et il s’inscrit dans six carrés de quadrillage de 1 km de côté.
Annexe E : Emplacements de l’habitat essentiel de l’héliotin orangé, de la gérardie fausse‑pédiculaire et de la gérardie jaune au Canada
| Nom de la sous-population | Nom du site (plan d’eau ou autre caractéristique) | Unité d’habitat essentiel | Espèce | Carte |
|---|---|---|---|---|
| Pinery | Parc provincial The Pinery | 1401_1 | Héliotin orangé | D-4 |
| Complexe Cootes Paradise | Cootes Paradise A | 1406_1 | Gérardie fausse-pédiculaire | D-2 |
| Complexe Cootes Paradise | Cootes Paradise B | 1406_2 | Gérardie fausse-pédiculaire | D-2 |
| Vallée Hendrie | Jardins botaniques royaux | 1406_3 | Gérardie fausse-pédiculaire | D-2 |
| Ruisseau Fifteen Mile | Étang Fifteen Mile | 1406_4 | Gérardie fausse-pédiculaire | D-3 |
| Complexe Pinery | Parc provincial The Pinery C | 1406_5 | Gérardie fausse-pédiculaire | D-4 |
| Complexe Pinery | Parc provincial The Pinery B | 1406_6 | Gérardie fausse-pédiculaire | D-4 |
| Complexe Pinery | Parc provincial The Pinery A | 1406_7 | Gérardie fausse-pédiculaire | D-4 |
| Île de l’étang Sixteen Mile | Étang Sixteen Mile | 1406_8 | Gérardie fausse-pédiculaire | D-3 |
| Complexe de la pointe Turkey | Parc provincial Turkey Point A | 1406_9 | Gérardie fausse-pédiculaire | D-1 |
| Complexe de la pointe Turkey | Parc provincial Turkey Point B | 1406_10 | Gérardie fausse-pédiculaire | D-1 |
| Complexe de prairies Ojibway | Complexe de prairies Ojibway A | 1405_1 | Gérardie jaune | D-5 |
| Complexe de prairies Ojibway | Complexe de prairies Ojibway B | 1405_2 | Gérardie jaune | D-5 |
| Complexe de prairies Ojibway | Complexe de prairies Ojibway C | 1405_3 | Gérardie jaune | D-5 |
| Complexe du ruisseau Sixteen Mile | Complexe du ruisseau Sixteen Mile A | 1405_4 | Gérardie jaune | D-7 |
| Complexe du ruisseau Sixteen Mile | Complexe du ruisseau Sixteen Mile B | 1405_5 | Gérardie jaune | D-7 |
| Tourbière Sudden | Tourbière Sudden | 1405_6 | Gérardie jaune | D-6 |
| Colline de chênes du chemin de fer Branchton | Colline de chênes du chemin de fer Branchton | 1405_7 | Gérardie jaune | D-6 |
| Escarpement du chemin Fifty | Escarpement du chemin Fifty | 1405_8 | Gérardie jaune | D-9 |
| Ruisseau Venison | Ruisseau Venison | 1405_9 | Gérardie jaune | D-8 |