Méné miroir (Notropis photogenis): Programme de rétablissement et plan d’action, 2020 [proposé]

Titre officiel : Programme de rétablissement et plan d’action pour le méné miroir (Notropis photogenis) au Canada, 2020 [proposé]

Loi sur les espèces en péril

Série des programme de rétablissement

Méné miroir
Méné miroir 
Information sur le document

Citation recommandée :

Pêches et Océans Canada. 2020. Programme de rétablissement et plan d’action pour le méné miroir (Notropis photogenis) au Canada [Proposé]. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada, Ottawa. vi + 54 p.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires du programme de rétablissement, ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, y compris les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Illustration de couverture : © Joe Tomelleri

Also available in English under the title:

Recovery Strategy and Action Plan for the Silver Shiner (Notropis photogenis) in Canada

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par la ministre des Pêches et des Océans du Canada, 2020. Tous droits réservés.

ISBN à venir. ISBN à venir

No de catalogue à venir. No de catalogue à venir

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans autorisation, sous réserve de mention de la source.

Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection des espèces en péril partout au Canada. Conformément à la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration d’un programme de rétablissement pour les espèces classées « disparues du pays », « en voie de disparition » et « menacées », et doivent produire des rapports sur les progrès dans un délai de cinq ans suivant la publication de la version définitive du document dans le registre public de la LEP.

Le présent document a été préparé de manière à être conforme aux exigences de la LEP concernant les programmes de rétablissement et les plans d’action. Il fournit donc l’orientation stratégique aux fins du rétablissement de l’espèce, notamment les objectifs relatifs aux populations et à leur répartition, ainsi que des mesures de rétablissement plus détaillées à l’appui de cette orientation stratégique, qui soulignent ce qui doit être fait pour atteindre ces objectifs. La LEP exige qu’un plan d’action comprenne également une évaluation de ses coûts socioéconomiques et des avantages découlant de sa mise en œuvre. Il est important de noter que l’établissement d’objectifs relatifs aux populations et à leur répartition, de même que la désignation de l’habitat essentiel, sont des exercices de nature scientifique, et que les facteurs socioéconomiques n’ont pas été pris en considération lors de leur élaboration. L’évaluation socio-économique ne s’applique qu’aux mesures de rétablissement plus détaillées (c’est-à-dire la partie du plan d’action).

La ministre des Pêches et des Océans est le ministre compétent au sens de la LEP pour le méné miroir; elle a préparé le présent programme de rétablissement et plan d’action conformément aux articles 37 et 47 de la LEP. Aux fins de l’élaboration du présent programme de rétablissement et plan d’action, le ministre compétent a tenu compte, conformément à l’article 38 de la LEP, de l’engagement qu’a pris le gouvernement du Canada de conserver la diversité biologique et de respecter le principe voulant que s’il existe une menace d’atteinte grave ou irréversible à l’espèce inscrite, le manque de certitude scientifique ne doit pas être prétexte à retarder la prise de mesures efficientes pour prévenir sa disparition ou sa décroissance. Dans la mesure du possible, le présent programme de rétablissement et plan d’action a été préparé en collaboration avec le gouvernement de l’Ontario conformément au paragraphe 39(1) et 48(1) de la LEP.

Comme indiqué dans le préambule de la LEP, la réussite du rétablissement de cette espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme de rétablissement et plan d’action. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Pêches et Océans Canada (MPO) ni sur toute autre autorité seule. Les coûts associés à la conservation des espèces en péril sont partagés entre les différentes instances. La population canadienne est invitée à appuyer et à mettre en œuvre le présent programme de rétablissement et plan d’action dans l’intérêt du méné miroir, mais également de l’ensemble de la société canadienne.

La mise en œuvre du présent programme de rétablissement et plan d’action est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des administrations et des organisations participantes.

Remerciements

Le présent programme de rétablissement et plan d’action a été préparé par P.L. Wong (MPO), Peter Jarvis (entrepreneur du MPO), A. Boyko (MPO), J. Stacey (MPO) et S. Staton (MPO). Pêches et Océans Canada aimerait remercier les organisations suivantes qui ont contribué à l’élaboration du présent programme de rétablissement et plan d’action : l’Équipe de rétablissement du poisson d’eau douce de l’Ontario, le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario et le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario. La cartographie a été produite par Carolyn Bakelaar et Adriana Rivas Ruiz (MPO).

Sommaire

Le méné miroir a été inscrit sur la liste des espèces menacées en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en 2019. Le présent programme de rétablissement et plan d’action fait partie d’une série de documents concernant cette espèce qui sont interdépendants et qui doivent être pris en compte ensemble, y compris le rapport de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC 2011), une évaluation du potentiel de rétablissement (MPO 2013) et éventuellement d’autres plans d’action. Il a été déterminé que le rétablissement était faisable sur les plans biologique et technique.

Le méné miroir est un méné relativement gros qui fait partie de la famille des carpes et des vairons (cyprinidés). L’espèce est présente uniquement en Amérique du Nord; elle est largement répandue dans le centre-est des États-Unis, alors qu’au Canada, elle est limitée au sud-ouest de l’Ontario.

L’aire de répartition canadienne du méné miroir semble se limiter aux affluents des lacs Sainte-Claire, Érié et Ontario. Dans le bassin hydrographique du lac Érié, l’espèce a été trouvée dans la rivière Grand et dans certains de ses affluents. Dans le bassin du lac Sainte-Claire, elle occupe la rivière Thames et ses affluents, et dans le bassin hydrographique du lac Ontario, elle se rencontre dans les ruisseaux Bronte et Sixteen Mile. Au Canada, l’espèce est menacée par de nombreux agents de stress anthropiques, tout en étant confinée à une aire de répartition limitée abritant peu de populations.

Les principales menaces qui pèsent sur l’espèce sont décrites à la section 5 et comprennent la présence de contaminants et de substances toxiques, l’augmentation de la turbidité, la charge en nutriments et en sédiments, ainsi que les problèmes liés à la modification du débit.

Les objectifs en matière de population et de répartition établissent, dans la mesure du possible, le nombre d’individus ou de populations, et leur répartition géographique étant précisée, qui est nécessaire au rétablissement de l’espèce. Les objectifs en matière de population et de répartition pour le méné miroir sont les suivants :

Une description des stratégies générales à adopter afin de répondre aux menaces pesant sur la survie et le rétablissement de l’espèce, ainsi que des stratégies de recherche et de gestion nécessaires pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition, est présentée à la section 7.

L’habitat essentiel du méné miroir (section 8) est défini aussi précisément que possible, avec les meilleurs renseignements disponibles. Les fonctions et les caractéristiques nécessaires pour appuyer les processus du cycle biologique de l’espèce et atteindre les objectifs en matière de population et de répartition de l’espèce sont également précisées. Le présent programme de rétablissement et plan d’action définit l’habitat essentiel du méné miroir dans le ruisseau Bronte, le ruisseau Sixteen Mile (y compris le ruisseau Sixteen Mile Est), la rivière Grand (y compris la rivière Conestogo et la rivière Nith) et la rivière Thames (y compris la rivière Avon, les ruisseaux Black, Dingman, Fish et Medway, les rivières Middle Thames et North Thames, le ruisseau Oxbow, la rivière South Thames et les ruisseaux Stoney, Trout, Whirl et Wye).

Dans le présent document, la section portant sur le plan d’action expose en détail la planification du rétablissement à l’appui des orientations stratégiques énoncées dans la section consacrée au programme de rétablissement. Le plan d’action décrit ce qui doit être réalisé pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition, notamment les mesures à prendre si l’on veut s’attaquer aux menaces et surveiller le rétablissement de l’espèce, ainsi que les mesures requises pour protéger l’habitat essentiel. Une évaluation des coûts socio-économiques de la mise en œuvre du plan d’action et des avantages à tirer de sa mise en œuvre est présentée à la section 9.

Résumé de la faisabilité du rétablissement

Le rétablissement du méné miroir est considéré comme faisable tant sur le plan biologique que technique. La faisabilité du rétablissement est déterminée d’après quatre critères établis par le gouvernement du Canada (2009)Note de bas de page 1 :

  1. Des individus de l’espèce sauvage qui sont capables de se reproduire sont-ils disponibles maintenant ou dans l’avenir prévisible pour soutenir la population ou améliorer son abondance?

    Oui. Bien que le frai n’ait pas été observé directement, la présence continue de l’espèce (ainsi que l’existence de juvéniles) indique qu’il existe des populations reproductrices dans les rivières Thames et Grand, de même que dans les ruisseaux Bronte et Sixteen Mile. Ces populations pourraient être le point de départ d’élargissements naturels de l’aire de répartition, de translocations potentielles ou de propagation artificielle, au besoin.
  2. Une superficie suffisante d’habitat convenable est-elle à la disposition de ces espèces, ou pourrait-elle le devenir grâce à des activités de gestion ou de restauration de l’habitat?

    Oui. Un habitat propice est présent à plusieurs endroits où des populations existent déjà (par exemple, les rivières Thames et Grand, ainsi que les ruisseaux Bronte et Sixteen Mile). Aux endroits où des populations étaient présentes historiquement, les efforts de restauration actuels et proposés pourraient rendre disponible un habitat propice. Par exemple, l’amélioration de la qualité de l’eau et de la gestion de l’habitat (grâce à des activités d’intendance et des pratiques de gestion exemplaires [PGE]) pourrait améliorer l’habitat et en accroître la superficie.
  3. Les menaces importantes qui pèsent sur l’espèce ou sur son habitat peuvent-elles être évitées ou atténuées?

    Oui. Des menaces que l’on croit poser un risque grave pour le méné miroir, comme la sédimentation et la charge en éléments nutritifs et en contaminants, peuvent être atténuées grâce aux techniques de rétablissement proposées. Dans la plus grande partie de l’aire de répartition du méné miroir, des efforts de restauration et d’atténuation sont déjà en cours. Par exemple, l’amélioration de la qualité de l’eau et de la gestion de l’habitat (par des activités d’intendance et des PGE) pourrait améliorer l’habitat et en accroître la superficie.
  4. Des techniques de rétablissement existent-elles pour atteindre les objectifs de population et de répartition ou peuvent-elles être développées dans un délai raisonnable?

    Oui. Les techniques conçues pour réduire les menaces relevées (par exemple, PGE permettant de réduire la sédimentation) et restaurer les habitats sont bien connues, et leur efficacité a été démontrée. S’ils sont jugés réalisables et nécessaires, des rapatriements peuvent être possibles par le biais de l’élevage en captivité ou de transferts d’adultes. Bien que ces techniques se soient avérées efficaces pour d’autres cyprinidés d’eau douce (par exemple, DeMarais et Minckley 1993), il n’est pas certain qu’elles seraient efficaces pour le méné miroir. Il n’existe aucune étude publiée sur l’élevage en captivité du méné miroir.

Renseignements de base

1. Introduction

Le méné miroir (Notropis photogenis) a été inscrit sur la liste des espèces menacées en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en 2019.

Le présent programme de rétablissement et plan d’action fait partie d’une série de documents concernant le méné miroir qui doivent être examinés ensemble. Parmi ces documents figurent le rapport de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC 2011) et l’avis scientifique découlant de l’évaluation du potentiel de rétablissement (Pêches et Océans Canada [MPO] 2013) et, possiblement, d’autres plans d’action.

Un programme de rétablissement est un document de planification qui détermine les mesures à prendre pour mettre un terme au déclin d’une espèce ou inverser la tendance. Il permet d’établir des objectifs et de relever les principaux domaines pour lesquels il convient de prendre des mesures, tandis que la partie concernant le plan d’action constitue un exercice de planification détaillée du rétablissement à l’appui des orientations stratégiques établies dans la partie consacrée au programme de rétablissement. La planification de mesures pour le rétablissement d’une espèce en péril est un processus itératif. Le calendrier de mise en œuvre (tableaux 4 à 6) du présent programme de rétablissement et plan d’action pourrait être modifié à l’avenir selon les progrès accomplis vis-à-vis du rétablissement.

L’évaluation du potentiel de rétablissement est un processus réalisé par le Secteur des sciences de Pêches et Océans Canada dans le but de fournir l’information et l’avis scientifique requis pour mettre en œuvre la LEP, en s’appuyant sur les meilleures données scientifiques disponibles, des analyses et la modélisation des données ainsi que des opinions d’experts. Le résultat de ce processus permet d’étayer bon nombre de sections du programme de rétablissement et du plan d’action. Pour obtenir de plus amples renseignements, au-delà de ce qui est présenté dans le présent programme de rétablissement et plan d’action, veuillez consulter le rapport de situation du COSEPAC et l’avis scientifique découlant de l’évaluation du potentiel de rétablissement.

2. Information sur l’évaluation de l’espèce par le COSEPAC

Date de l’évaluation : mai 2011

Nom commun de l’espèce : Méné miroir

Nom scientifique : Notropis photogenis (Cope, 1895)

Statut : Espèce menacée

Raisons de la désignation : Ce petit poisson de rivière se trouve à moins de 10 endroits et a une petite zone d’occupation. La vulnérabilité de l’espèce à la perte et à la dégradation continues de l’habitat sous l’effet de la pression croissante du développement a entraîné un relèvement de son statut.

Présence au Canada : Ontario

Historique du statut : Désigné en tant qu’espèce préoccupante en avril 1983. Réexamen et confirmation du statut en avril 1987. Réexamen du statut et désignation en tant qu’espèce menacée en mai 2011.

3. Information sur la situation de l’espèce

Tableau 1. Résumé de la protection actuelle et des autres désignations attribuées au méné miroir
Juridiction Administration/
organisation
Année(s) d’évaluation/
d’inscription
Situation/ description Niveau de désignation
Ontario Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario (CDSEPO) 2011 Menacée Population
Ontario Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario 2012 Menacée Population
Ontario NatureServe 2011 En péril/vulnérable (S2S3)a Population
Canada Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) 2011 Menacée Population
Canada Loi sur les espèces en péril (LEP) 2019 Menacée Population
Canada NatureServe 2017 En péril/vulnérable (N2N3) Population
États-Unisb NatureServe 1996 Non en péril (N5) Population
International NatureServe 1996 Non en péril (G5) Espèce
International Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) 2012 Moins préoccupante Espèce

a Se reporter à NatureServe 2019 pour obtenir les définitions complètes pour les statuts des classements de statut de conservation de NatureServe (en anglais seulement)

b Se reporter à NatureServe 2019 pour prendre connaissance des désignations propres aux différents États (en anglais seulement).

Dès son inscription en tant qu’espèce menacée, le méné miroir a bénéficié d’une protection où qu’il se trouve au Canada, conformément à l’article 32 de la LEP :

« Il est interdit de tuer un individu d’une espèce sauvage inscrite comme espèce disparue du pays, en voie de disparition ou menacée, de lui nuire, de la harceler, de la capturer ou de la prendre. » (paragraphe 32[1])

« Il est interdit de posséder, de collectionner, d’acheter, de vendre ou d’échanger un individu – notamment partie d’un individu ou produit qui en provient – d’une espèce sauvage inscrite comme espèce disparue du pays, en voie de disparition ou menacée. » (paragraphe 32[2])

En vertu de l’article 73 de la LEP, le ministre compétent peut conclure un accord ou délivrer un permis autorisant une personne à exercer une activité touchant une espèce sauvage inscrite, tout élément de son habitat essentiel ou la résidence de ses individus.

4. Information sur l’espèce

4.1. Description

Le méné miroir (figure 1) est un méné relativement gros qui peut atteindre environ 14 cm de long. Son corps est argenté avec une certaine irisation bleue ou verte, une bande foncée au centre du dos et un long museau marqué de deux croissants noirs entre les narines. Les nageoires sont transparentes ou blanches, sans taches ni autres marques distinctives (COSEPAC 2011). Le méné miroir se distingue d’espèces semblables comme la tête rose (N. rubellus) et le méné émeraude (N. atherinoides) par : a) une nageoire dorsale qui prend naissance directement à la base des nageoires pelviennes; b) la présence de deux croissants noirs entre les narines; et c) la présence d’une bande noire le long du dos (MPO 2013).

Méné miroir
Figure 1. Méné miroir adulte. Photo gracieuseté de l’Office de protection de la nature de la vallée de la rivière Thames supérieure (Upper Thames River Conservation Authority)

4.2. Abondance et répartition de la population

4.2.1. Répartition mondiale et abondance de la population

Le méné miroir est largement répandu dans le centre-est de l’Amérique du Nord (figure 2). Il se rencontre principalement dans les bassins versants des rivières Ohio et Tennessee (COSEPAC 2011). On le trouve dans le nord de la Géorgie et de l’Alabama, au nord jusqu’au Tennessee, au Kentucky, en Indiana, en Ohio, dans le sud-est du Michigan et dans le sud-ouest de l’Ontario. À l’est, on le rencontre dans le sud-ouest de l’État de New York, l’ouest de la Pennsylvanie, la Virginie-Occidentale, la Virginie et la Caroline du Nord (COSEPAC 2011). Le Canada constitue la limite septentrionale du méné miroir et on le trouve seulement en Ontario. À l’échelle mondiale, le méné miroir est considéré comme n’étant pas en péril (tableau 1), mais les estimations fiables de la population sont rares. Le méné miroir est considéré comme stable dans une grande partie de son aire de répartition américaine, où il est représenté par un grand nombre de sous-populations et d’endroits (NatureServe 2019).

Figure 2. centre-est de l’Amérique du Nord
Figure 2. Répartition mondiale du méné miroir (d’après COSEPAC 2011)
Description longue

Dessin au trait du centre-est de l’Amérique du Nord. Comme l’indique la zone ombragée de la carte, le méné miroir se trouve principalement dans les bassins versants des rivières Ohio et Tennessee. On le trouve dans le nord de la Géorgie et de l’Alabama, au nord jusqu’au Tennessee, au Kentucky, en Indiana, en Ohio, dans le sud-est du Michigan et dans le sud-ouest de l’Ontario. À l’est, on le trouve dans le sud-ouest de l’État de New York, l’ouest de la Pennsylvanie, la Virginie-Occidentale, la Virginie et la Caroline du Nord. Le Canada constitue la limite septentrionale du méné miroir, et on le trouve seulement en Ontario.

4.2.2. Répartition et abondance des populations au Canada

En raison de plusieurs facteurs (par exemple, absence de surveillance régulière, erreurs fréquentes d’identification et effort d’échantillonnage global limité), la dynamique des populations de méné miroir est mal caractérisée au Canada. Cependant, de récents efforts d’échantillonnage ont permis d’affiner la compréhension de l’aire de répartition de l’espèce. Les populations de méné miroir au Canada se limitent au sud-ouest de l’Ontario, dans les bassins hydrographiques du lac Sainte-Claire, du lac Érié et du lac Ontario (figure 3). Plus précisément, des populations ont été observées dans la rivière Grand et certains de ses affluents (rivières Conestogo, Nith et Speed; Laurel, Schneider, Silver, et Whitemans), la rivière Thames et ses affluents (rivières Avon, North Thames, Middle Thames et South Thames; ruisseaux Black, Dingman, Fish, Medway, Oxbow, Stoney et Trout; lac Fanshawe), le ruisseau Bronte et le ruisseau Sixteen Mile (y compris le ruisseau Sixteen Mile Est) (Bouvier et al. 2013, MPO, données inédites; Upper Thames River Conservation Authority [UTRCA], données inédites). L’espèce pourrait être présente dans le bassin versant de la rivière Saugeen, car un seul spécimen, identifié à l’origine comme étant une tête rose, y a été prélevé en 1956 (lieu de prélèvement inconnu) (Bouvier et al. 2013). Les relevés effectués dans la rivière Saugeen en 2005 et 2009 n’ont pas permis de détecter l’espèce (Marson et al. 2009). Le méné miroir a également été signalé dans les ruisseaux Rogers et McKenzie du bassin hydrographique de la rivière Grand; toutefois, ces données sont erronées et résultent d’erreurs de transcription des codes d’espèces (COSEPAC 2011).

Parmi les endroits mentionnés précédemment, plusieurs peuvent être considérés comme historiques puisque le méné miroir n’y a pas été observé récemment. Il s’agit notamment du lac Fanshawe (dernier signalement connu en 1988), du ruisseau Laurel (1979), du bassin versant de la rivière Saugeen (1956), du ruisseau Schneider (1977), du ruisseau Silver (1949), de la rivière Speed (1981) et du ruisseau Whitemans (1982). La zone d’occurrence de l’espèce au Canada représente moins de 2 % de sa zone d’occurrence mondiale. Sa zone d’occupation est estimée à 19,3 km (COSEPAC 2011). Pour obtenir de plus amples renseignements sur la répartition du méné miroir, consulter COSEPAC (2011) et Bouvier et al. (2013).

Carte, voir longue description.
Figure 3. Aire de répartition du méné miroir au Canada
Description longue

carte du sud-ouest de l’Ontario. La carte comporte une légende et une échelle. Un médaillon dans le coin inférieur droit illustre l’emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. La légende décrit les symboles indiquant les périodes pendant lesquelles les captures ont eu lieu (2009-2018 [point]; 1999-2008 [losange]; et avant 1999 [triangle]), et les types d’emplacements (parcs, terres des Premières Nations et zones bâties). Les différents points de données sont indiqués selon les périodes de capture. Comme on peut le voir sur la carte, les populations de méné miroir du Canada se limitent au sud-ouest de l’Ontario, dans les bassins versants du lac Sainte-Claire, du lac Érié et du lac Ontario. Plus précisément, des populations ont été trouvées dans la rivière Grand, regroupées en amont et dans les environs de Brantford, en amont de Cambridge et dans Kitchener. On a trouvé des ménés miroirs dans certains affluents de la rivière Grand (rivières Conestogo, Nith et Speed; Laurel, Schneider, Silver, et Whitemans), la rivière Thames et ses affluents (rivières Avon, North Thames, Middle Thames et South Thames; ruisseaux Black, Dingman, Fish, Medway, Oxbow, Stoney et Trout; lac Fanshawe) et les ruisseaux Bronte et Sixteen Mile (y compris le ruisseau East Sixteen Mile). Par le passé, on a trouvé des ménés miroirs dans le lac Fanshawe, le ruisseau Laurel, le bassin versant de la rivière Saugeen, le ruisseau Schneider, le ruisseau Silver, la rivière Speed et le ruisseau Whitemans.

La carte a été préparée par Pêches et Océans Canada; projection : Ontario Lambert Conformal Conic, NAD 83, janvier 2020.

4.2.3. Évaluation de la population

L’état des populations de méné miroir au Canada a été évalué par Bouvier et ses collaborateurs (2013) (tableau 2). Les populations ont été classées en fonction de leur abondance et de leur trajectoire. Le degré de certitude associé à l’état de chaque population reflète le niveau de certitude le moins élevé associé à l’abondance ou à la trajectoire de la population. Consulter Bouvier et al. (2013) pour obtenir des détails sur les méthodes utilisées pour évaluer l’état des populations.

Tableau 2. État des différentes populations de méné miroir au Canada et degré de certitude connexe (Bouvier et al. 2013; tableau adapte de MPO 2013)
Population État de la population Certitude
Rivière Grand Passable Opinion d’expert
Rivière Thames Passable Opinion d’expert
Ruisseau Bronte Médiocre Opinion d’expert
Ruisseau Sixteen Mile Passable Opinion d’expert
Rivière Saugeen Inconnu Opinion d’expert

4.3. Besoins du méné miroir

Du frai à l’éclosion : Les préférences du méné miroir en matière d’habitat de frai sont peu connues, mais certains indices portent à croire que le frai a lieu dans des rapides sur hauts-fonds relativement profonds, dans un milieu semblable à celui utilisé par les autres ménés (Luxilus spp.) et les chevaines (Nocomis spp.) (COSEPAC 2011). On croit que le frai a lieu de la fin mai à la mi-juin, lorsque la température de l’eau oscille entre 18,1°C et 23,5°C (COSEPAC 2011). En Ontario, les données sur les gamètes suggèrent que le frai a lieu entre le début et la mi-juin, à une température de l’eau d’environ 24°C (Bunt 2016).

Larves et jeunes de l’année : On dispose de peu d’information sur les besoins en habitat des stades larvaires du méné miroir. Les jeunes de l’année ont été observés le plus souvent dans des habitats aquatiques dont le débit est plus lent que ceux fréquentés par les adultes (COSEPAC 2011). Dans la rivière Grand, les jeunes de l’année occupent des hauts-fonds de gravier où les courants sont plus lents et les températures plus chaudes (Bunt 2016).

Adultes : On trouve le méné miroir adulte dans les cours d’eau de taille moyenne à grande au débit modéré à rapide, où les rapides sur hauts-fonds alternent avec les fosses, ou dans les cours d’eau plus agités en aval des barrages (COSEPAC 2011; Bouvier et al. 2013; Glass et al. 2016). Les types de substrat signalés aux emplacements du méné miroir sont variables et comprennent les galets, le gravier, le sable et le limon (COSEPAC 2011; Glass et al. 2016). Dans la rivière Grand, en Ontario, les galets ont été observés le plus souvent dans les habitats de transition près des bras morts peu profonds et dans les zones adjacentes aux rapides profonds (Bunt 2016). Le méné miroir de plus grande taille occupe des zones de transition offrant des habitats hétérogènes et parcellaires à l’intérieur de bras morts peu profonds, des rapides et des rapides profonds avec des galets, souvent à proximité de zones influencées par des infiltrations d’eaux souterraines (Bunt 2016). En 2011, Glass et ses collaborateurs (2016) ont mené des relevés ciblés dans toute l’aire de répartition du méné miroir en Ontario afin de déterminer la répartition de l’espèce et son utilisation de l’habitat. Dans l’ensemble, ils ont constaté que l’espèce préfère les substrats de sable et de gravier, des vitesses du courant de 0,25 à 0,49 m/s et des profondeurs de 0,8 à >1 m. De plus, le méné miroir évite fortement les zones où le courant est rapide (>0,5 m/s) et à faible profondeur (< 0,4 m). Un examen de 21 facteurs environnementaux influant sur la répartition du méné miroir a révélé que la profondeur de l’eau était la variable la plus importante associée à la présence de l’espèce dans un tronçon de rivière, qui est positivement corrélée à une plus grande profondeur du cours d’eau (Baldwin 1983; Glass et al. 2016). Les préférences et tolérances thermiques de cette espèce sont inconnues (Bouvier et al. 2013). Le méné miroir a été capturé dans des eaux claires et troubles (COSEPAC 2011; Bouvier et al. 2013) et il est peu probable qu’il existe un lien entre la clarté de l’eau et sa présence (Baldwin 1983). Pour de plus amples renseignements sur la biologie et les besoins en habitat du méné miroir, consulter l’EPR et le rapport du COSEPAC.

Le méné miroir se nourrit principalement d’insectes, notamment de juvéniles et d’adultes d’espèces aquatiques (COSEPAC 2011), qu’il capture à la fois en milieu aquatique et en surface (Gruchy et al. 1973; Baldwin 1983; COSEPAC 2011); cependant, on a également observé d’autres proies comme des vers, des crustacés et du phytoplancton dans les contenus stomacaux (COSEPAC 2011). De plus, on a signalé que le méné miroir saute de l’eau pour se nourrir d’insectes volants (Gruchy et al. 1973; Parker et Mckee 1980; Trautman 1981; Baldwin 1988), ce qui peut indiquer que les espèces terrestres sont aussi une composante importante de son alimentation. Des recherches menées en 2017 semblent confirmer ce fait; les contenus stomacaux de 165 ménés miroirs ont été analysés (en été et en automne) et environ 37 % des proies identifiées étaient d’origine terrestre; 85 % des estomacs examinés contenaient une ou plusieurs proies d’origine terrestre (il est intéressant de noter qu’une proportion notable de fourmis et guêpes ont été trouvées dans environ 14 % des estomacs analysés) (MPO et Université de Waterloo, données inédites). L’inclusion d’espèces d’insectes terrestres dans le régime alimentaire pourrait ainsi suggérer que la végétation riveraine constitue une composante importante de l’habitat indirect, car elle pourrait servir à faciliter la disponibilité de ces proies.

Facteurs limitatifs : Les facteurs naturels qui peuvent limiter la répartition du méné miroir sont le gradient du cours d’eau (l’espèce semble éviter les zones peu profondes et à gradient élevé [> 0,49 m/s]), la profondeur et la température. Un temps plus froid peut réduire la survie hivernale et le succès du frai (Baldwin 1983). La profondeur de l’eau s’est avérée le facteur le plus important influant sur la présence de l’espèce au niveau du site, bien que certaines preuves indiquent que c’est pour les adultes que cette association est la plus forte.

Les cycles naturels de sécheresse prolongée peuvent avoir des répercussions sur le frai, car il existe des preuves que le frai se produit dans des rapides sur hauts-fonds relativement profonds dans un habitat semblable à celui utilisé par d’autres ménés. Le méné miroir a été observé dans les cours d’eau chauds et des températures de l’eau élevées, ce qui limite probablement l’étendue septentrionale de son aire de répartition (COSEPAC 2011).

5. Menaces

5.1. Évaluation des menaces

Bouvier et ses collaborateurs (2013) ont évalué les menaces qui pèsent sur les populations de méné miroir en Ontario. Les menaces connues et soupçonnées ont été classées en fonction de leur probabilité et de leur impact pour chaque population, avant d’être combinées pour produire une situation globale des menaces (tableau 3). On a également assigné à l’état général de la menace un degré de certitude qui reflète le plus faible degré de certitude associé à la probabilité de la menace ou à son impact. Voir Bouvier et al. (2013) et MPO (2013) pour plus de détails. De l’information supplémentaire est fournie dans les résumés des menaces qui suivent. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les menaces qui pèsent sur le méné miroir, consulter le rapport du COSEPAC et l’EPR.

Tableau 3. Résumé des menaces et risques de menace qui pèsent sur les populations de méné miroir au Canada (le chiffre entre parenthèses représente le niveau de certitude attribué à chaque menace : 1 = études causales; 2 = études corrélatives; 3 = opinion d’experts; tableau adapté de MPO 2013)
Menace Risques de menace dans la Rivière Grand Risques de menace dans la Rivière Thames Risques de menace dans le Ruisseau Bronte Risques de menace dans le Ruisseau Sixteen Mile
Turbidité et charge sédimentaire Moyen (3) Moyen (3) Élevé (3) Moyen (3)
Contaminants et substances toxiques Élevé (3) Élevé (3) Élevé (3) Élevé (3)
Charge en éléments nutritifs Élevé (3) Élevé (3) Élevé (3) Élevé (3)
Obstacles au déplacement Moyen (3) Moyen (3) Faible (3) Faible (3)
Modification du débit Moyen (3) Moyen (3) Moyen (3) Élevé (3)
Espèces envahissantes Moyen (3) Faible (3) Moyen (3) Moyen (3)
Prises accessoires Faible (1) Faible (1) Faible (1) Faible (1)

5.2. Description des menaces

5.2.1. Contaminants et substances toxiques 

Compte tenu du degré élevé d’urbanisation dans l’aire de répartition du méné miroir et de la prépondérance des activités agricoles dans les bassins hydrographiques des rivières Thames et Grand, les contaminants et les substances toxiques posent une menace considérable pour cette espèce (COSEPAC 2011). Les menaces les plus importantes semblent être les déversements toxiques (par exemple, carburant, hydrocarbures, fumier, produits chimiques) et le chlorure (provenant du sel de voirie). Les composés toxiques peuvent avoir plusieurs effets importants au niveau de la population, en particulier une altération de la reproduction, une perturbation du comportement, une diminution de la résistance aux agents pathogènes et une perturbation du développement embryonnaire (par exemple, Benoit et al. 1976; Collier et al. 1998; Hopkins et al. 2000; Hopkins et al. 2003).

Les déversements de produits toxiques sont particulièrement fréquents dans le sud-ouest de l’Ontario et de nombreux déversements de fumier ont entraîné des mortalités massives de poissons (COSEPAC 2011). L’aire de répartition du méné miroir se trouve dans la région du Canada où le réseau routier est le plus dense et le salage très important, ce qui peut entraîner la salinisation des eaux superficielles. Avec les applications tous les trois ans de lampricide dans le ruisseau Bronte pour lutter contre les populations de lamproie marine (Petromyzon marinus) (COSEPAC 2011), il faut approfondir les études sur le niveau d’impact sur le méné miroir. D’autres préoccupations sont liées aux effets possibles des contaminants présents dans les effluents municipaux sur les systèmes endocrinien et reproducteur du méné miroir (Jobling et al. 2003; Nash et al. 2004; Lajeunesse et al. 2011). Dans l’ensemble, les effets des contaminants sur le méné miroir sont mal caractérisés et leur compréhension repose souvent sur des preuves indirectes.

5.2.2. Charge en éléments nutritifs

La prédominance des activités agricoles et urbaines dans les bassins hydrographiques où se trouve le méné miroir suscite des préoccupations liées à la charge en éléments nutritifs. Les éléments nutritifs sous forme d’azote (ammoniac, nitrates, nitrites) et de phosphore pénètrent dans le bassin versant par les eaux de ruissellement urbaines et agricoles, le drainage souterrain et les usines de traitement des eaux usées. L’augmentation des niveaux de nutriments peut entraîner l’eutrophisation, y compris des proliférations potentiellement toxiques de cyanobactéries. L’eutrophisation peut provoquer une diminution des niveaux d’oxygène dissous et induire chez les organismes aquatiques un stress métabolique pouvant avoir un impact négatif sur les niveaux de population (par exemple, Munn et Hamilton 2003). La réduction de la charge en éléments nutritifs et de la pollution provenant de sources agricoles, urbaines et industrielles a entraîné une légère augmentation de l’abondance et de la répartition du méné miroir en Ohio depuis 1990 (Yoder et al. 2005).

5.2.3. Turbidité et charge sédimentaire

Les environnements turbides peuvent nuire à la détection des proies (par exemple, Sweka et Hartman 2003) et au succès de l’accouplement (par exemple, Burkhead et Jelks 2001) chez diverses espèces de poissons, tandis que les charges sédimentaires accrues peuvent réduire la productivité primaire, la disponibilité des macroinvertébrés, la survie des œufs et la qualité de l’habitat de frai (par exemple, Wood et Armitage 1997). Les preuves directes des effets de l’augmentation de la turbidité et de la charge sédimentaire sur le méné miroir sont rares, mais des déclins de l’espèce ont été documentés dans la rivière Little Miami (Ohio) à la suite de niveaux accrus de sédimentation associés à une altération physique du lit du ruisseau; cependant, ces déclins n’ont été observés qu’à court terme (Schubert et al. 1987, cité dans Reid et Anderson 1999). Il est possible que le méné miroir tolère mieux des niveaux élevés de solides en suspension (c’est à dire la turbidité) que de dépôt de sédiments, puisqu’il a été observé dans des eaux claires et troubles et qu’il ne semble y avoir aucune relation entre les niveaux de turbidité et sa présence.

L’envasement et la turbidité accrus dans les habitats du méné miroir sont très probablement le résultat des activités agricoles et de l’urbanisation, y compris l’artificialisation des cours d’eau et des rives et les activités de canalisation. La surveillance dans les rivières Thames et Grand indique que la qualité de l’eau y est actuellement médiocre (par exemple, Taylor et al. 2004; Loomer et Cooke 2011). Un impact négatif sur les communautés de poissons, lié à l’urbanisation et aux activités agricoles, a été observé dans la rivière Grand (Fitzgerald et al. 1998; Wichert et Rapport 1998), et des impacts négatifs de l’envasement et de la turbidité sur les populations de méné miroir ont été signalés aux États-Unis (Miltner et al. 2004; Rasleigh 2004).

5.2.4. Obstacles aux déplacements

Les barrages et les retenues d’eau sont nombreux dans les bassins hydrographiques des rivières Grand et Thames (plus de 200 barrages), et les ponceaux mal conçus et mal installés résultant de pratiques d’utilisation des terres ou de tempêtes constituent d’autres obstacles au déplacement du méné miroir. Ces obstacles peuvent restreindre l’accès de l’espèce à un habitat important (par exemple, les frayères) et limiter le potentiel d’effet de sauvetage des populations voisines. Les changements hydrologiques et écologiques associés à la présence d’obstacles ont contribué à la perte ou à la réduction des poissons migrateurs et des poissons fluviaux de petite taille (par exemple, Li et al. 1987; Pringle et al. 2000).

Les retenues d’eau peuvent modifier les principales caractéristiques des cours d’eau, y compris les régimes d’écoulement, la température de l’eau et le cycle des matières. Les barrages peuvent entraîner la création de réservoirs, ce qui peut favoriser l’invasion ou l’introduction d’espèces qui ne sont pas indigènes au bassin versant (par exemple, la truite brune [Salmo trutta]) et, de ce fait, la dégradation des populations de poissons indigènes (par exemple, Quinn et Kwak 2003). La disparition locale du méné miroir des eaux froides en aval du barrage du lac Barren River, au Kentucky, a été décrite 13 ans après la construction du barrage (Hoyt et Robison 1980). Dans le bassin hydrographique de la rivière Grand, on a observé un déclin des populations de poissons spécialistes fluviaux, ainsi que des espèces qui dépendent d’une température chaude de l’eau pour se reproduire, après la construction de barrages et de retenues qui entravent la connectivité fluviale et les voies de migration (Spence et Hynes 1971; Fitzgerald et al. 1998; Reid 2004).

5.2.5. Modification du débit

La modification du débit peut menacer les populations de méné miroir en altérant la vitesse des courants et en réduisant les niveaux d’eau. Les problèmes de gestion de l’eau sont connus pour la rivière Grand, où les demandes actuelles et prévues peuvent dépasser la quantité d’eau disponible (Grand River Conservation Authority 2014). Les abaissements précipités du niveau d’eau liés à la lutte contre les crues et à l’augmentation du débit d’étiage peuvent faire échouer des individus ou modifier les débits, l’habitat ne convenant alors plus au méné miroir (Bouvier et al. 2013). Les activités de consommation et de prélèvement d’eau sont également très répandues dans les bassins hydrographiques du ruisseau Bronte et du ruisseau Sixteen Mile. L’eau utilisée à des fins récréatives (par exemple, l’irrigation des terrains de golf) est la plus grande utilisation de l’eau dans les deux bassins hydrographiques, avant les barrages et les réservoirs ainsi que les activités agricoles et industrielles, qui ont été enregistrés à des niveaux beaucoup plus bas (Bouvier et al. 2013).

5.2.6. Espèces envahissantes

La menace d’invasion par d’espèces indigènes et non indigènes peut s’exercer de diverses manières sur les poissons indigènes, notamment par la concurrence directe pour l’espace et l’habitat, la nourriture et les frayères, les perturbations trophiques, l’introduction potentielle de nouveaux parasites et la transmission de maladies. Plusieurs espèces ont envahi l’aire de répartition du méné miroir : le dard vert (Etheostoma blennioides), la marigane noire (Pomoxis nigromaculatus), le roule-caillou (Campostoma anomalum) (COSEPAC 2011), le gobie à taches noires (Neogobius melanostomus) et la lamproie marine (Bouvier et al. 2013). Ces espèces peuvent nuire aux populations de méné miroir en s’attaquant à ses œufs et en lui disputant les ressources ou l’espace de nidification. Depuis son introduction, le gobie à taches noires a été impliqué dans le déclin de diverses espèces de poissons indigènes (par exemple, Thomas et Haas 2004). D’autres espèces envahissantes pourront être vraisemblablement introduites dans ces eaux par le déplacement des bateaux provenant des régions infestées, l’utilisation de poissons-appâts vivants ou l’invasion naturelle d’espèces introduites dans le bassin des Grands Lacs.

Ensemencement de poissons visés par la pêche sportive non indigènes . Depuis les années 1940, des poissons visés par la pêche sportive sont ensemencés dans les plans d’eau du bassin hydrographique de la rivière Grand, dans l’aire de répartition connue du méné miroir. Depuis 1989, de 20 000 à 25 000 truites brunes ont été ensemencées dans le cours supérieur de la rivière Grand et ce tronçon de la rivière est maintenant reconnu comme une zone de pêche de truite brune de classe mondiale (Portt et al. 2007; Bouvier et al. 2013). La truite brune a également été ensemencée dans la rivière Conestogo; plus de 200 000 truites ont été introduites dans cette rivière entre 2003 et 2008 (Bouvier et al. 2013). Bien qu’aucune étude n’examine l’effet de la truite brune sur le méné miroir, on a émis l’hypothèse que la prédation par les poissons ensemencés, visés par la pêche sportive, aggravait les effets négatifs de la dégradation de l’habitat sur les poissons indigènes de la rivière Grand (Fitzgerald et al. 1998; Reid 2004). De plus, la recherche a indiqué que les cyprinidés indigènes sont vulnérables à la prédation par la truite brune (Penczak 1999; Nannini et Belk 2006) et que le déclin de l’abondance des poissons à rayons mous (catostomidés et cyprinidés) a été associé à cette espèce introduite (Garman et Nielsen 1982).

5.2.7. Prises accessoires

Le méné miroir n’est pas un poisson-appât légal en Ontario (Ministère des Richesses naturelles et des Forêts [MRNFO] 2013); cependant, les activités de pêche qui le récoltent indirectement peuvent avoir un impact négatif sur l’abondance des populations. Les prises accessoires de l’espèce dans les opérations commerciales de poissons-appâts et pendant la récolte des appâts par les pêcheurs à la ligne sont préoccupantes. On ne sait pas dans quelle mesure le méné miroir est capturé comme prise accessoire lors de la pêche du poisson-appât par les pêcheurs à la ligne en Ontario. En revanche, la possibilité de prises accessoires de méné miroir pendant les récoltes commerciales pour la pêche à l’appât vivant a été étudiée (Drake et Mandrak 2014b). Cette recherche a montré que les prises accessoires potentielles de méné miroir dépendent de l’effort et de la stratégie de capture (type d’engin, choix du site, efficacité de l’échantillonnage, etc.) appliqués dans les habitats où l’espèce est présente. Drake et Mandrak (2014b) ont constaté qu’il existe une probabilité relativement élevée de prises accessoires lorsque l’effort de pêche est suffisant; toutefois, on ne connaît pas actuellement le niveau de mortalité attribuable à la suite de telles captures. Une autre étude (Drake et Mandrak 2014a) a porté sur la présence de poissons en péril dans des échantillons prélevés chez des marchands de poissons-appâts dans le sud de l’Ontario en 2007 et 2008 (total cumulé de 16 886 poissons). Aucun méné miroir n’a été détecté dans le cadre de cette étude (une seule espèce en péril, le chevalier de rivière [Moxostoma carinatum], a été détectée), ce qui peut suggérer que l’espèce n’est pas fréquemment capturée lors des prises de poisson-appât. Cependant, si le méné miroir est pêché accidentellement, on ne connaît pas la capacité des pêcheurs de poissons-appâts de trier et d’éliminer les espèces des poissons-appâts cibles, mais elle est probablement faible (surtout si le méné émeraude est l’espèce cible) (Bouvier et al. 2013). Les prises accessoires demeurent un sujet de préoccupation et devraient être considérées comme une menace potentielle.

5.2.8. Changements climatiques

Les changements climatiques auront sans doute des effets importants sur les communautés aquatiques du bassin des Grands Lacs, de par plusieurs mécanismes tels que la hausse des températures de l’eau et de l’air, l’abaissement des niveaux d’eau, le raccourcissement de la période de couverture de glace, l’augmentation de la fréquence des événements météorologiques extrêmes ainsi que l’apparition de maladies et de changements dans la dynamique prédateurs-proies (Lemmen et Warren 2004). On prévoit que les effets des changements climatiques seront généralisés et devraient donc être considérés comme un facteur contribuant aux impacts sur les espèces en péril et sur l’ensemble des habitats. Les effets du changement climatique n’auront pas tous une incidence négative sur les espèces en péril; les espèces dont l’aire de répartition est limitée par les températures froides de l’eau (comme le méné miroir) pourront élargir leur aire de répartition à condition qu’il existe des couloirs de dispersion avec des habitats convenables (Chu et al. 2005). Comme les effets des changements climatiques sur le méné miroir sont extrêmement hypothétiques, il est difficile de déterminer l’impact qu’ils pourraient avoir sur les populations : c’est pourquoi ils n’ont pas été inclus dans le tableau des menaces (table 3).

Rétablissement

6. Objectifs en matière de population et de répartition

Les objectifs en matière de population et de répartition établissent, dans la mesure du possible, le nombre d’individus ou de populations (leur répartition géographique étant précisée) qui est nécessaire au rétablissement de l’espèce. Les objectifs en matière de population et de répartition pour le méné miroir sont les suivants :

On pourra dire que le rétablissement de ces populations a réussi quand elles auront retrouvé leurs aires de répartition historiques estimées, et qu’elles montreront des signes de reproduction et de recrutement dans l’ensemble de leur aire de répartition. Des objectifs plus quantifiables seront établis une fois que les relevés et les études nécessaires auront été réalisés (voir la section 8.2 du calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel). Comme les tronçons historiquement occupés dans les bassins hydrographiques énumérés ci-dessus sont connectés aux tronçons actuellement occupés, le but est de restaurer la répartition de l'espèce de manière naturelle (en réduisant les menaces et en restaurant les zones où l'habitat est dégradé / ou le rapatriement en utilisant des animaux sauvages et / ou des individus élevés en captivité peut faire l'objet d'une enquête).

D’après la modélisation récemment réalisée par Young et Koops (2013), la taille de la population minimale viable (PMV) pour le méné miroir est de 780 000 adultes, en considérant que la probabilité de survenue d’un événement catastrophique par génération est de 10 %. Cependant, la mise en œuvre d’un tel objectif est difficile si l’on ne dispose pas également de renseignements sur les caractéristiques démographiques et la répartition spatiale de la population, la qualité de l’habitat, et si l’on n’a pas une connaissance plus complète du cycle biologique de l’espèce. Par exemple, compte tenu de l’incertitude entourant l’âge maximal de l’espèce (certaines données indiquent qu’il pourrait être beaucoup plus élevé qu’on ne le pensait auparavant; toutefois, les recherches menées en 2017 à 2018 sur le méné miroir semblent appuyer une durée de vie plus courte [trois ou quatre ans] [données inédites du MPO et de l’Université de Waterloo]), la PMV pourrait être considérablement inférieure aux estimations précédentes, qui supposent une longévité de trois ans.

Une grande partie de l’information ci-avant manque essentiellement pour les populations canadiennes de méné miroir. Il sera ainsi possible de définir des objectifs plus sûrs liés à la PMV et de valider les résultats du modèle à mesure que l’on connaît mieux l’espèce.

Justification : On sait très peu de choses sur le méné miroir et davantage de renseignements sont nécessaires si l’on veut peaufiner les objectifs en matière de population et de répartition. Les connaissances actuelles des paramètres démographiques (étendue, abondance, trajectoire et cibles) sont actuellement limitées.

7. Stratégies et approches générales pour atteindre les objectifs

7.1. Mesures déjà achevées ou en cours

Les mesures qui ont été prises comprennent des relevés, la modélisation du potentiel de rétablissement (voir Young et Koops 2013) et des séances de sensibilisation sur les espèces en péril. De plus, un guide d’introduction aux poissons-appâts a été élaboré pour faciliter l’identification des espèces de poissons-appâts de l’Ontario (Cudmore et Mandrak 2018). Ce guide a été mis à la disposition des pêcheurs commerciaux d’appâts, des pêcheurs à la ligne et du grand public par l’entremise des bureaux du MRNFO, de ServiceOntario et du site Web du MPO, et comprend le méné miroir, dans le but d’en réduire les prises accessoires. Enfin, ces dernières années, de nombreux projets de travaux menés sur les rives et dans les cours d’eau ont été repensés en tant qu’approche d’atténuation dans les zones où le méné miroir est présent.

Des programmes de rétablissement et des plans de gestion monospécifiques et plurispécifiques ont été élaborés pour diverses espèces de poissons et de moules en péril en Ontario, dont la répartition chevauche en partie celle du méné miroir. Les équipes de rétablissement de ces espèces participent actuellement à la mise en œuvre de mesures de rétablissement dans ces bassins hydrographiques qui profiteront au méné miroir, notamment les mesures visant les espèces suivantes :

Les programmes de rétablissement écosystémiques qui incluent le méné miroir sont les suivants :

Les offices de protection de la nature (région de Halton, vallée du cours inférieur de la rivière Thames, vallée du cours supérieur de la rivière Thames et rivière Grand) continuent de jouer un rôle crucial dans la mise en œuvre de programmes d’intendance et d’éducation du public qui ont permis de sensibiliser davantage la population aux espèces en péril et d’améliorer les habitats et la qualité de l’eau dans toute l’aire de répartition du méné miroir en Ontario.

7.2. Mesures à prendre pour mettre en œuvre le programme de rétablissement et plan d’action

La réussite du rétablissement de cette espèce dépend des actions de nombreuses administrations différentes. Elle nécessite l’engagement et la coopération d’un grand nombre de parties qui participeront à la mise en œuvre des recommandations et des mesures formulées dans le présent programme de rétablissement et plan d’action.

Le présent programme de rétablissement et plan d’action décrit les mesures qui offrent la meilleure chance d’atteindre les objectifs en matière de population et de répartition pour le méné miroir, y compris les mesures à prendre pour éliminer les menaces pesant sur l’espèce et surveiller son rétablissement, afin de guider non seulement les activités qui devront être menées par le MPO, mais également celles dans lesquelles d’autres administrations, organisations et personnes ont un rôle à jouer. À mesure que l’on obtient de nouveaux renseignements, ces mesures et leur priorité peuvent changer. Le MPO encourage fortement la population canadienne à participer à la conservation du méné miroir en prenant les mesures indiquées dans le présent programme de rétablissement et plan d’action.

Le tableau 4 indique les mesures que doit prendre le MPO pour soutenir le rétablissement du méné miroir. Le tableau 5 indique les mesures que doivent prendre conjointement le MPO et ses partenaires, d’autres organismes, des organisations ou des personnes. La mise en œuvre de ces mesures dépendra de cette approche collective, dans laquelle le MPO prend part aux efforts de rétablissement, mais ne peut seul mettre en œuvre les mesures. Comme on encourage tous les Canadiens à participer au soutien et à la mise en œuvre du présent programme de rétablissement et plan d’action, le tableau 6 présente les mesures qui donnent à d’autres instances, organisations ou personnes l’occasion de prendre l’initiative de diriger le rétablissement de l’espèce. Si votre organisation souhaite participer à l’une de ces mesures, veuillez communiquer avec le bureau des espèces en péril de la région de l’Ontario et des Prairies.

Parmi les programmes fédéraux de financement de projets liés aux espèces en péril qui pourraient offrir des fonds permettant de réaliser certaines des activités décrites figurent les suivants : le Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril, le Fonds autochtone pour les espèces en péril, et le Fonds de la nature du Canada pour les espèces aquatiques en péril.

Les mesures prévues dans le programme de rétablissement et le plan d’action que le MPO doit mettre en œuvre seront assujetties à la disponibilité des fonds et des autres ressources nécessaires. Comme il est indiqué dans les tableaux ci-dessous, l’établissement de partenariats avec des organisations particulières permettra d’obtenir l’expertise et la capacité requises pour mener à bien certaines des mesures de rétablissement énumérées. Toutefois, les partenaires ne sont désignés qu’à titre indicatif pour les autres territoires de compétence et organisations, et l’exécution des mesures en question dépendra des priorités et des contraintes budgétaires de chaque groupe.

Tableau 4. Mesures à prendre par le Pêches et Océans Canada (MPO)
No Mesure de rétablissement Stratégie générale Approche Prioritéc Menaces ou préoccupations visées État d’avancement et délai d’exécutiond
1 Effectuer des recherches sur l’évaluation des menaces afin d’éclairer les priorités pour les différentes populations à l’échelle du bassin hydrographique. Envisager de dresser des inventaires spatiaux des contributions à la menace afin de pouvoir analyser les effets cumulatifs. Recherche Évaluation de la menace Élevée Toutes Nouveau/ de 3 à 5 ans
2 Évaluer les besoins en matière de débit en ce qui concerne la lutte contre les crues et l’augmentation du faible débit afin de déterminer comment les fluctuations du niveau d’eau influent sur tous les stades biologiques du méné miroir. Cette recherche éclairera la gestion des niveaux d’eau afin d’atténuer les impacts sur le méné miroir (par exemple, adopter des recommandations sur les niveaux d’étiage minimaux durant les étapes sensibles du cycle biologique, comme le frai). Recherche Évaluation de la menace Moyenne Modification du débit Nouveau/ de 3 à 5 ans
3 Étudier les impacts des menaces qui pèsent sur le méné miroir, comme les interactions et la concurrence des espèces non indigènes avec le méné miroir (par exemple, la truite brune) et les obstacles au déplacement. Recherche Évaluation de la menace Moyenne Espèces envahissantes Nouveau/ de 3 à 5 ans
4 Collaborer avec les services d’urbanisme municipaux pour encourager la protection de l’habitat essentiel du méné miroir dans les plans officiels. Recommander de tenir compte des besoins du méné miroir dans l’élaboration des projets à l’étape de la conception (promoteurs) et au moment de délivrer les permis (gestionnaires des ressources). Gestion et coordination Coordination des activités Élevée Toutes En continu

c « Priorité » indique le degré selon lequel la mesure contribue directement au rétablissement de l’espèce ou si la mesure est un précurseur essentiel à une mesure qui contribue au rétablissement de l’espèce :

d Le délai d’exécution reflète le temps requis pour achever la mesure à partir du moment où la version définitive du programme de rétablissement et plan d’action est publiée sur le Registre public des espèces en péril.

Tableau 5. Mesures que Pêches et Océans Canada (MPO) doit prendre en collaboration avec ses partenaires
No Mesure de rétablissement Stratégie générale Approche Prioritée Menaces ou préoccupations visées État d’avancement et échéancier Responsable et partenairesf
5 Élaborer un programme normalisé de surveillance de l’habitat et de l’indice d’abondance, assorti d’un protocole concret d’échantillonnage et de formation (pour éclairer la mesure de rétablissement 9). Recherche Programme normalisé de surveillance de la population et de l’habitat Élevée Toutes Nouveau/ de 1 à 2 ans MPO, MEPP
6 Déterminer le cycle biologique du méné miroir (par exemple, durée de vie) pour guider la désignation de l’habitat essentiel et améliorer les activités de modélisation visant à déterminer des objectifs de rétablissement quantifiables. Recherche Caractéristiques du cycle vital Élevée Toutes En continu/ de 4 à 5 ans MPO, MEPP, LTVCA, UTRCA, CH, GRCA
7 Si nécessaire (en cas d'échec de la recolonisation naturelle), étudiez la faisabilité de la reproduction artificielle par rapport aux transferts de poissons sauvages pour les rapatriements du méné miroir. Recherche Rapatriements (élevage artificiel et translocation) Faible Toutes Nouveau/ de 2 à 3 ans MPO, MEPP, LTVCA, CH, UTRCA, GRCA, GRCA
8 Encourager l’intégration du rétablissement et de la protection du méné miroir dans les plans actuels portant sur les bassins versants. Gestion et coordination Coordination des activités Élevée Toutes En continu MPO, MEPP, LTVCA, CH, UTRCA, GRCA, GRCA, FGR
9 Mobiliser les résidents locaux, les partenaires, les Premières Nations ainsi que les organismes et groupes appropriés pour qu’ils participent aux activités d’amélioration de l’habitat et d’atténuation des menaces. Gestion et coordination Coordination des activités Élevée Toutes En continu MPO, LTVCA, UTRCA, CH, GRCA, FGR, Six Nations
10 Mettre en œuvre un programme normalisé de surveillance de l’habitat et de l’indice d’abondance, assorti d’un protocole concret d’échantillonnage et de formation. Inventaire et surveillance Programme normalise de surveillance de la population et de l’habitat Élevée Toutes Nouveau/ de 1 à 2 ans MPO, MEPP, LTVCA, UTRCA, CH, GRCA
11 Effectuer des relevés ciblés des populations connues à l’aide d’engins de pêche qui se sont révélés efficaces pour détecter le méné miroir. Inventaire et surveillance Évaluation Élevée Lacunes dans les connaissances Nouveau/ de 1 à 2 ans MPO, MEPP, LTVCA, UTRCA, CH, GRCA
12 Mener des relevés ciblés à des emplacements occupés historiquement par le méné miroir (par exemple, ruisseau Laurel, rivière Saugeen) à l’aide de types d’engins qui se sont révélés efficaces pour détecter l’espèce. Inventaire et surveillance Évaluation Élevée Lacunes dans les connaissances Nouveau/ de 2 à 3 ans MPO, MEPP, LTVCA, UTRCA, CH, GRCA
13 Mener des relevés ciblés afin de trouver des populations non détectées dans les zones où l’habitat est approprié. Inventaire et surveillance Évaluation Faible Lacunes dans les connaissances Nouveau/ de 3 à 4 ans MPO, MEPP, LTVCA, UTRCA, CH, GRCA
14 Surveiller les bassins hydrographiques où le méné miroir est présent à la recherche d’espèces envahissantes préoccupantes. Inventaire et surveillance Surveillance des espèces envahissantes Moyenne Toutes En continu MPO, MEPP, LTVCA, UTRCA, CH, GRCA, FGR, Six Nations
15 Promouvoir l’intendance auprès des propriétaires fonciers et des Premières Nations vivant à proximité des habitats aquatiques du méné miroir, ainsi que d’autres propriétaires fonciers locaux dont les activités peuvent avoir des effets directs ou indirects sur l’habitat de l’espèce. Intendance et sensibilisation Intendance, amélioration de l’habitat Élevée Toutes En continu MPO, MEPP, LTVCA, CH, UTRCA, GRCA, FGR, Six Nations
16 Sensibiliser davantage le public aux impacts potentiels des espèces envahissantes sur l’écosystème, y compris le méné miroir, et encourager l’utilisation des systèmes existants de signalement des espèces envahissantes. Intendance et sensibilisation Sensibilisation Moyenne Espèces envahissantes En continu MPO, MEPP, LTVCA, CH, UTRCA, GRCA, GRCA, FGR
17 Sensibiliser davantage les pêcheurs d’appâts locaux au sujet du méné miroir et leur apprendre à le distinguer des espèces semblables (par exemple, le méné émeraude et la tête rose). Demander d’éviter volontairement les zones occupées par le méné miroir et de le relâcher immédiatement s’il est capturé accidentellement, conformément au Règlement de pêche de l’Ontario (MRNFO 2014). Intendance et sensibilisation Sensibilisation Faible Prises accessoires En continu MPO, MEPP, LTVCA, CH, UTRCA, GRCA, GRCA, FGR

e « Priorité » indique le degré selon lequel la mesure contribue directement au rétablissement de l’espèce ou si la mesure est un précurseur essentiel à une mesure qui contribue au rétablissement de l’espèce :

f MEPP : l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario; LTVCA : Lower Thames Valley Conservation Authority; UTRCA : Upper Thames River Conservation Authority; CH : Conservation Halton; GRCA : Grand River Conservation Authority; FGR : Friends of the Grand River

Tableau 6. Mesures qui offrent à d’autres instances, organismes et personnes l’occasion de prendre l’initiative
No Mesure de rétablissement Stratégie générale Approche Prioritég Menaces ou préoccupations visées Administration ou organisation potentielle ou confirméeh
18 Mettre en œuvre des programmes d’intendance à l’échelon local pour améliorer l’état de l’habitat et atténuer les menaces qui pèsent sur l’habitat essentiel et les autres habitats occupés. Les priorités et les mesures d’atténuation doivent être définies à partir des recherches permettant d’évaluer les menaces. Répertorier les habitats existants qui pourraient bénéficier de certaines mesures d’atténuation des menaces ou d’autres activités d’amélioration de l’habitat; entreprendre des mesures d’atténuation des menaces ou d’amélioration de l’habitat dans la mesure du possible et surveiller les résultats. Intendance et sensibilisation Amélioration de l’habitat Élevée Toutes les menaces GRCA, LTVCA, UTRCA, CH
19 S’attaquer aux agents de stress à l’échelle du bassin versant pour les populations de méné miroir et leur habitat, en collaboration avec les équipes de rétablissement des écosystèmes aquatiques concernées. Intendance et sensibilisation Amélioration de l’habitat Élevée Toutes les menaces GRCA, LTVCA, UTRCA, CH
20 Inciter le public à soutenir le rétablissement du méné miroir et à y participer en mettant au point des programmes et du matériel de sensibilisation. Intendance et sensibilisation Sensibilisation Moyenne Toutes GRCA, LTVCA, UTRCA, CH

g « Priorité » indique le degré selon lequel la mesure contribue directement au rétablissement de l’espèce ou si la mesure est un précurseur essentiel à une mesure qui contribue au rétablissement de l’espèce :

h LTVCA : Lower Thames Valley Conservation Authority; UTRCA : Upper Thames River Conservation Authority; CH : Conservation Halton; GRCA : Grand River Conservation Authority

7.3. Commentaires à l’appui des tableaux sur la planification du rétablissement et la mise en œuvre

Mesures de rétablissement 1 à 3 (évaluation des menaces) : Bon nombre des menaces (tableau 3) pesant sur le méné miroir entrent dans la catégorie « répandues et chroniques » et sont des menaces générales pour l’écosystème touchant une myriade d’autres espèces aquatiques (par exemple, voir la liste des espèces à la section 7.1). Les efforts visant à atténuer ces menaces seront bénéfiques pour de nombreuses espèces, en plus du méné miroir. Parmi les besoins précis figurent la définition des tolérances aux altérations physiques (par exemple, la vulnérabilité aux changements des régimes d’écoulement et des taux de sédimentation). Diverses menaces potentielles pour les populations de méné miroir ont été relevées dans le rapport du COSEPAC (COSEPAC 2011) et par les experts de l’espèce (Bouvier et al. 2013). L’état, le degré de certitude et les effets cumulatifs de ces menaces doivent être confirmés dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce pour que des mesures de rétablissement appropriées et défendables soient mises en œuvre. Il est nécessaire d’évaluer en continu les impacts des contaminants sur le méné miroir, car aucun lien de causalité n’a encore pu être établi entre le déclin des populations et des contaminants particuliers.

Les impacts négatifs des espèces envahissantes sur les populations de méné miroir à divers stades biologiques seront étudiés, notamment la concurrence pour la nourriture et l’espace, la perte ou la modification de l’habitat essentiel, ainsi que la prédation. Étant donné que de nouvelles espèces (roule-caillou, marigane noire et gobie à taches noires) ont déjà envahi les trois bassins hydrographiques où le méné miroir est présent ou y ont été introduites, il est essentiel de déterminer précisément comment ces nouvelles espèces interagissent avec le méné miroir. De plus, il faut approfondir l’évaluation des impacts négatifs potentiels des poissons non indigènes visés par la pêche sportive (par exemple, la truite brune et la truite arc-en-ciel [Oncorhynchus mykiss]).

Mesure de rétablissement 5 (programme normalisé de surveillance de la population et de l’habitat) : Des expériences d’échantillonnage afin d’élaborer des méthodes normalisées pour déterminer les données sur la densité et les populations qui permettront d’effectuer des analyses temporelles valides seront menées. Le protocole de surveillance des poissons doit prendre en considération les méthodes utilisées durant le travail des relevés de référence et offrir des orientations quant au moment de l’échantillonnage et au type d’échantillons biologiques à prélever (par exemple, écailles, longueur et poids). Par exemple, il semble plus facile de capturer le méné miroir à la senne que par les méthodes de pêche électrique (Baldwin 1983). L’utilisation d’un protocole d’échantillonnage normalisé permettra d’accroître la comparabilité entre les emplacements et dans le temps au moment de la mise en œuvre.

Mesure de rétablissement 6 (caractéristiques biologiques) : Il est nécessaire de déterminer les caractéristiques biologiques du méné miroir pour étayer la désignation de l’habitat essentiel et pouvoir orienter clairement la planification et les mesures du rétablissement. Il est particulièrement important de déterminer la fécondité, de la durée de vie et des taux de survie au cours de la première année pour améliorer les efforts de modélisation visant à établir des objectifs quantifiables de rétablissement. Des recherches ont été entreprises pour caractériser la durée de vie du méné miroir (A. Drake, comm. pers. 2018), dont les estimations de l’âge ont beaucoup varié parmi les interprètes des structures de détermination de l’âge (de 3 ans à 10+ ans) (Bouvier et al. 2013). Les premiers résultats de cette recherche semblent appuyer une durée de vie plus courte pour le méné miroir (~3 ans) (données inédites du MPO et de l’Université de Waterloo).

Mesure de rétablissement 7 (rapatriements [élevage artificiel et translocation]) : Le potentiel de la supplémentation en tant qu'outil pour le rétablissement du méné miroir si la recolonisation naturelle des étendues actuellement occupées à historiquement occupées ne se produit pas sera étudié. Cela pourrait inclure l'élevage de spécimens dans des installations d'aquaculture ou, alternativement, le transfert de spécimens de poissons sauvages d'une population de donneurs stable. Les populations de donneurs doivent être soigneusement sélectionnées pour faire en sorte que les individus transférés aient une bonne condition physique par rapport à leur nouvel environnement.

Mesures de rétablissement 4, 8 à 9 (coordination des activités) : Bon nombre des menaces qui touchent les populations de méné miroir sont semblables à celles qui touchent d’autres espèces aquatiques. Il faudrait par conséquent déployer les efforts visant à atténuer ces menaces en étroite collaboration avec les autres équipes de rétablissement et groupes concernés, de manière à éviter qu’ils fassent double emploi. De même, l’établissement de relations de travail avec les groupes des Premières Nations, les services d’urbanisme municipaux, les exploitants d’installations de traitement des eaux usées, etc., contribuera à la protection ou au rétablissement du méné miroir.

Mesures de rétablissement 11 à 13 (évaluation) : Les premières étapes clés de la planification du rétablissement consistent à déterminer la répartition actuelle et à estimer l’abondance du méné miroir au Canada. D’autres échantillonnages sont nécessaires pour mieux comprendre toutes les populations existantes connues et détecter de nouveaux signalements dans les zones offrant l’habitat le plus prometteur pour le méné miroir (par exemple, autres tronçons des réseaux hydrographiques actuellement occupés). Il faut échantillonner les ruisseaux Fanshawe Lake, Fish, Laurel, Schneider, Silver et Whitemans, la rivière Saugeen, le ruisseau Sixteen Mile entre la route Queen Elizabeth et la rue Dundas, et le cours supérieur de la rivière Grand, en vue de déterminer la situation de l’espèce à ces endroits.

Mesures de rétablissement 15, 18 à 19 (intendance, amélioration de l’habitat) : Il convient d’évaluer les menaces et la dégradation de l’habitat aux endroits où l’espèce est encore présente afin de déterminer si ces facteurs risquent de causer la disparition de l’espèce, immédiatement ou à long terme. Dans les endroits où des mesures de restauration de l’habitat ou d’atténuation des menaces sont possibles, celles-ci doivent être mises en œuvre et leur efficacité doit être contrôlée. Selon toute vraisemblance, le méné miroir est sensible à la mauvaise qualité de l’eau. Un soutien aux activités d’intendance (par exemple, planter, laisser des bandes tampons riveraines, interdire l’accès aux cours d’eau au bétail, empêcher le ruissellement de fumier ou d’eaux usées non ou insuffisamment traitées dans les voies navigables, et réduire au minimum les épandages de produits chimiques et d’engrais sur les terres bordant les voies navigables) permettrait de maintenir ou d’améliorer la qualité de l’eau dans les habitats du méné miroir. Les pratiques de gestion exemplaires (PGE) constituent un bon outil pour fournir une orientation claire en vue d’améliorer les méthodes d’exploitation d’industries comme l’agriculture ou l’exploitation forestière. Pour être efficaces, les PGE devraient cibler les principales menaces pesant sur l’habitat actuellement occupé et, en particulier, sur l’habitat essentiel. Une fois que les menaces pesant sur les populations actuelles auront été évaluées, les résultats obtenus permettront de documenter les programmes d’intendance locaux visant à atténuer ces menaces. Comme pour d’autres espèces de poissons, les mesures prises pour améliorer l’habitat du méné miroir comprennent notamment des mesures d’intendance reposant sur les PGE pour les propriétés agricoles et les propriétés résidentielles (School of Environmental Design and Rural Development 2007) dans les bassins versants dans lesquels l’habitat essentiel a été désigné. Les activités d’intendance décrites ici représentent une sélection non exhaustive d’activités qui peuvent être encouragées dans ces bassins hydrographiques à prédominance agricole pour aider à réduire les impacts des pratiques terrestres sur les écosystèmes aquatiques.

Mesures de rétablissement 16 à 17, 20 (sensibilisation) : La participation du public au processus de rétablissement du méné miroir est essentielle, car la principale menace qui pèse sur ses populations est le résultat d’intrants de source diffuse (non ponctuelle) liés aux activités agricoles et urbaines générales dans ces bassins hydrographiques. Le rétablissement ne peut pas se produire sans la participation pleine et entière des citoyens et des propriétaires terriens. Cette mesure hautement prioritaire devrait être prise avant ou en même temps que toutes les activités subséquentes de communication et de sensibilisation du public, y compris les documents imprimés. Le cas échéant, une approche de communication multispécifique sera appliquée pour accroître l’efficacité.

Différentes organisations ont déjà déployé des efforts d’éducation du public visant à prévenir la prolifération plus intensive d’espèces envahissantes. Le dédoublement des efforts et la concurrence pour le financement ne sont avantageux pour personne; l’équipe de rétablissement devrait plutôt appuyer et encourager la poursuite de ces activités d’éducation, car elles contribuent aussi au rétablissement du méné miroir.

8. Habitat essentiel

8.1. Désignation de l’habitat essentiel du méné miroir

8.1.1. Description générale de l’habitat essentiel du méné miroir

En vertu de la LEP, l’habitat essentiel est défini comme suit : « l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce ». [paragraphe 2(1)]

De plus, la LEP décrit ainsi l’habitat d’une espèce aquatique : « [...] les frayères, aires d’alevinage, de croissance et d’alimentation et routes migratoires dont sa survie dépend, directement ou indirectement, ou aires où elle s’est déjà trouvée et où il est possible de la réintroduire ». [paragraphe 2(1)]

L’habitat essentiel du méné miroir est défini aussi précisément que possible, avec la meilleure information accessible; les fonctions et les caractéristiques nécessaires pour appuyer les processus du cycle biologique de l’espèce et pour atteindre les objectifs de population et de répartition de l’espèce sont également précisées.

Le présent programme de rétablissement et plan d’action définit l’habitat essentiel du méné miroir comme étant des zones de rapides, de rapides sur hauts-fonds ou de fosses dans des cours d’eau à débit lent à modéré pour les juvéniles et modéré à rapide pour les adultes dans les ruisseaux Bronte et Sixteen Mile (y compris le ruisseau East Sixteen Mile), la rivière Grand (y compris la rivière Conestogo et la rivière Nith) et la rivière Thames (y compris la rivière Avon, les ruisseaux Black, Dingman, Fish et Medway, la rivière Middle Thames, la rivière North Thames, le ruisseau Oxbow, la rivière South Thames et les ruisseaux Stoney, Trout, Whirl et Wye).

On ignore si l’habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement et plan d’action est suffisant pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition de l’espèce. Le calendrier des études décrit les recherches nécessaires si l’on veut acquérir des données plus détaillées sur l’habitat essentiel désigné afin de pouvoir atteindre les objectifs en matière de population et de répartition de l’espèce.

8.1.2. Information et méthodes utilisées pour désigner l’habitat essentiel

On a utilisé un système de classification écologique pour désigner l’habitat essentiel dans les rivières occupées actuellement par le méné miroir. La cartographie des zones de ressources aquatiques (ZRA) du MRNFO a servi d’unité de base pour définir les tronçons de cours d’eau. Les ZRA sont des agrégations de tronçons de cours d’eau ayant des caractéristiques physiques et biologiques similaires. En conséquence, si l’on observe l’espèce dans une partie d’une ZRA, on peut raisonnablement s’attendre à ce qu’elle soit aussi présente dans d’autres zones adjacentes du même segment de cours d’eau. Même si les segments des ZRA représentaient généralement des conditions d’habitat relativement homogènes, une exception a été notée dans la rivière Thames et la rivière Grand. Dans le cas de la rivière Grand, le segment très long de la ZRA s’est brisé au point où le gradient du cours d’eau s’aplatit lorsque l’on a utilisé des profils de gradient de la rivière pour exclure les tronçons inférieurs de la rivière en aval de Cayuga. Dans la rivière Thames, un seul segment de la ZRA s’étendait de l’amont de London jusqu’au lac Sainte-Claire. Dans ce cas, le segment s’est brisé à la route Melbourne, car c’est dans cette zone que la physiographie passe d’une plaine de sable à une plaine d’argile, où les conditions d’habitat sont moins favorables au méné miroir.

Dans tous les segments de cours d’eau déterminés, l’habitat se compose de deux éléments. Le premier est la largeur de plein bordNote de bas de page 5 du cours d’eau dans la ZRA. Le second est la largeur du lit des méandres du cours d’eau et de l’habitat riverain connexe qui se trouve à au moins 30 m du lit des méandresNote de bas de page 6 (mesure horizontale). L’inclusion de la largeur du lit des méandres et de l’habitat riverain connexe tient compte de la nature dynamique naturelle des réseaux riverains et de l’importance des zones riveraines pour les écosystèmes fluviaux très sensibles qui soutiennent le méné miroir.

 8.1.3. Désignation de l’habitat essentiel

Information géographique :

Les zones délimitées sur les cartes suivantes (figures 4 à 8) représentent l’étendue de l’habitat essentiel qui peut être désigné pour le moment. Il est à noter que les zones délimitées comprennent toute la largeur de plein bord ainsi que le lit des méandres et l’habitat riverain connexe d’une largeur de 30 m; l’inclusion de la largeur du lit des méandres et de l’habitat riverain connexe permet de tenir compte de la nature dynamique naturelle des réseaux fluviaux et l’importance des zones riveraines des écosystèmes aquatiques très sensibles qui soutiennent le méné miroir. Les chenaux des cours d’eau se déplacent à l’intérieur du lit des méandres au fil du temps. Cet élément est conforme aux lignes directrices scientifiques élaborées pour guider la remise en état de l’habitat dans les secteurs préoccupants des Grands Lacs, lesquelles recommandent un minimum de 30 m de terres adjacentes naturellement végétalisées des deux côtés du cours d’eau (Environnement Canada 2004). À long terme, le lit des méandres et la zone riveraine sont essentiels au maintien des attributs de l’habitat à l’intérieur du cours d’eau qui sont nécessaires pour répondre aux besoins du méné miroir.

L’habitat essentiel du méné miroir est désigné dans les ruisseaux Bronte et Sixteen Mile (y compris le ruisseau Sixteen Mile Est), ainsi que dans la rivière Grand (y compris es rivières Conestogo et Nith) et dans la rivière Thames (y compris la rivière Avon, les ruisseaux Black, Dingman, Fish et Medway, les rivières Middle Thames et North Thames, le ruisseau Oxbow, la rivière South Thames et les ruisseaux Stoney, Trout, Whirl et Wye) (figures 4 à 8).

Les endroits où l’on observe des fonctions, caractéristiques et attributs de l’habitat essentiel ont été désignés selon l’approche par zone de délimitation. Cela signifie que l’habitat essentiel ne correspond pas à la totalité de la zone comprise dans les limites déterminées, mais plutôt seulement aux zones situées à l’intérieur des limites géographiques déterminées (tableau 7) dans lesquelles la caractéristique biophysique décrite et la fonction qu’elle soutient sont présentes, comme le montre le tableau 8. Le zone de délimitation (c’est-à-dire, la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel) inclut tous les segments ZRA contigus, du segment de cours supérieur avec les enregistrements de méné miroir (actuels et historiques) au segment de cours inférieur avec les enregistrements de méné miroir (actuels et historiques). Dans certains cas, il peut y avoir des segments ZRA plus petits entre les segments le plus haut et le plus bas qui ne contiennent pas d'enregistrements de méné miroir, mais étant donné leur proximité avec les segments contenant les enregistrements ils ont été inclus. Le tableau 7 présente les coordonnées géographiques des zones à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel du méné miroir; ces points sont reproduits sur les figures 4 à 8. De brèves descriptions des zones dans lesquelles se trouvent des habitats essentiels sont données ci-après pour chacun des plans d’eau.

Il convient de noter que les structures anthropiques permanentes qui se trouvent actuellement dans les zones délimitées sont expressément exclues; il est entendu que des travaux d’entretien et de remplacement de ces structures se révéleront parfois nécessairesNote de bas de page 7.

Rivière Thames et ses affluents : Les zones à l’intérieur desquelles l’habitat essentiel est actuellement désigné dans la rivière Thames) sont décrite ci-dessous; cette zone représente un tronçon total d’environ 360 km de longueur.

Rivière Grand et ses affluents : Les zones à l’intérieur desquelles l’habitat essentiel est actuellement désigné dans la rivière Grand et ses affluents (figures 6 et 7) sont décrite ci-dessous; cette zone représente un tronçon total d’environ 384 km de longueur.

Ruisseau Bronte : Les zones à l’intérieur desquelles l’habitat essentiel est actuellement désigné dans le ruisseau Bronte (figure 8) sont décrite ci-dessous; cette zone représente un tronçon total d’environ 31 km de longueur.

Ruisseau Sixteen Mile et ruisseau Sixteen Mile Est : Les zones à l’intérieur desquelles l’habitat essentiel est actuellement désigné dans le ruisseau Sixteen Mile et le ruisseau Sixteen Mile Est (figure 8), sont décrite ci-dessous; cette zone représente un tronçon total d’environ 47 km de longueur.

Les cartes d’habitat essentiel suivantes (figures 4 à 8) présentent les zones d’habitat essentiel pour le méné miroir (segments rouges des cours d’eau). Pour les cartes les plus récentes, veuillez consulter la page web Carte des espèces aquatiques en péril du MPO.

Pour aider à identifier les limites à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel, des points de localisation déréférences (P1, P2, P3, etc.; Degrés décimaux [WGS 1984]) ont été ajoutes a aux figures en plus des zones rouges. Les coordonnées de ces points se trouve dans le tableau 7. Pour plus d’information, veuillez consulter la légende de chaque carte ou la page web Carte des espèces aquatiques en péril du MPO.

Tableau 7a. Coordonnéesi des limites à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel du méné miroirj
Emplacement Point 1 Point 2 Point 3 Point 4 Point 5 Point 6 Point 7 Point 8 Point 9
Rivière Thames et ses affluents  42.754937, -81.472519 43.469587, -81.198129 43.148852, -80.760565 43.115283, -80.942900 43.446318, -81.148705 43.405291, -81.057202 43.372612, -80.983700 43.264781, -81.080561 43.123059, -81.146386
Rivière Grand et ses affluents  42.948997, -79.861160 43.734413,-80.337055 43.675568,-80.715904 43.357310, -80.731548 - - -
Ruisseau Bronte  43.393003, -79.706053 43.431277,-79.908933 - - - - - - -
Ruisseau Sixteen Mile et ruisseau Sixteen Mile Est 43.439378, -79.665718 43.505987,-79.864672 43.554900,-79.827001 - - - - - -
Tableau 7b. Coordonnéesi des limites à l’intérieur desquelles se trouve l’habitat essentiel du méné miroirj
Emplacement Point 10 Point 11 Point 12 Point 13 Point 14
Rivière Thames et ses affluents  42.910403, -81.258627 42.963246,-81.414979 43.052782,-81.297166 43.043953,-81.236847 43.248259,-81.299412 - - - -

Toutes les coordonnées ont été recueillies à l’aide du système de référence géodésique WGS84.

j Les habitats fluviaux sont délimités au point médian du chenal du segment le plus en amont et du segment le plus en aval du cours d’eau.

Carte, voir longue description.
Figure 4. Zones dans lesquelles se trouve l’habitat essentiel du méné miroir dans la rivière North Thames et ses affluents
Description longue

Carte de la rivière North Thames et de ses affluents, avec un médaillon dans le coin supérieur droit qui montre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. La carte comporte une légende et une échelle. La légende décrit les symboles indiquant les périodes pendant lesquelles les captures ont eu lieu (2009 2018 [point]; 1999-2008 [losange]; et avant 1999 [triangle]); échantillonnage de la répartition du poisson en Ontario de 1800 à 2018 [carré]; points pour situer les zones dans lesquelles on trouve l’habitat essentiel (cible); et désignations pour les Premières Nations, les parcs, les zones bâties et les zones dans lesquelles on trouve l’habitat essentiel (ombragé). Les zones déterminées comme étant un habitat essentiel pour le méné miroir sont délimitées par des cibles numérotées de P9 (rivière North Thames à Mitchell), P10 (ruisseau Whirl), P11 (ruisseau Black), P12 (rivière Avon à Stratford), P8 (ruisseau Trout), P7 (ruisseau Fish), qui correspondent aux coordonnées fournies pour chaque affluent dans le tableau 7. La zone où se trouve l’habitat essentiel est ombrée. Les noms des routes et des villes connexes figurent sur la carte. Comme on peut le voir sur la carte, dans le cas de la rivière North Thames et de ses affluents, la zone où l’on trouve actuellement l’habitat essentiel s’étend de Mitchell vers l’aval, jusqu’à bord de la carte (la zone dans laquelle se trouve l'habitat essentiel se poursuit en aval dans le Nord. Thames River et est illustré à la figure 5); dans le ruisseau Whirl, de la route 8 vers l’aval jusqu’à son confluent avec la rivière North Thames à la pointe sud de Mitchell; dans le ruisseau Black, à partir de la route 8 vers l’aval jusqu’à son confluent avec la rivière North Thames; dans la rivière Avon, à partir du centre-ville de Stratford vers l’aval jusqu’à son confluent avec la rivière North Thames; dans le ruisseau Trout, jusqu’à environ 0,6 km en aval du lac Wildwood et vers l’aval jusqu’à son confluent avec la rivière North Thames; dans le ruisseau Fish, à partir du chemin Perth 151 vers l’aval jusqu’à son confluent avec la rivière North Thames. 

La carte a été préparée par Pêches et Océans Canada; projection : Ontario Lambert Conformal Conic, NAD 83, janvier 2020.

Carte, voir longue description.
Figure 5. Zones dans lesquelles se trouve l’habitat essentiel du méné miroir dans la rivière Thames et ses affluents
Description longue

Carte de la rivière Thames et de ses affluents, avec un médaillon dans le coin supérieur droit qui montre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. La carte comporte une légende et une échelle. La légende décrit les symboles indiquant les périodes pendant lesquelles les captures ont eu lieu (2009 2018 [point]; 1999-2008 [losange]; et avant 1999 [triangle]); échantillonnage de la répartition du poisson en Ontario de 1800 à 2018 [carré]; points pour situer les zones dans lesquelles on trouve l’habitat essentiel (cible); et désignations pour les Premières Nations, les parcs, les zones bâties et les zones dans lesquelles on trouve l’habitat essentiel (ombragé). Les zones déterminées comme étant un habitat essentiel pour le méné miroir sont délimitées par des cibles numérotées de P1 and P14 pour la rivière Thames et P2, P3, P4, P6, et P13 pour les affluents, qui correspondent aux coordonnées fournies dans le tableau 7. La zone où se trouve l’habitat essentiel est ombrée. Les noms des routes et des villes connexes figurent sur la carte. Comme on peut le voir sur la carte, dans le cas de la rivière North Thames et de ses affluents, pour la rivière North Thames, la zone dans laquelle l'habitat essentiel est actuellement identifié dans la rivière North Thames continue à partir de la figure 4 et continue en aval jusqu'à sa son confluent avec le bras principal de la rivière Thames; dans le ruisseau Wye, environ 0,5 km en amont du chemin Fairview vers l’aval jusqu’à son confluent avec la rivière North Thames, dans le ruisseau Stoney, environ 2 km en aval de l’avenue Highbury N. et en continuant vers l’aval jusqu’à son confluent avec la rivière North Thames; et dans le ruisseau Medway, depuis approximativement la rue Richmond, près de la ville d’Arva, vers l’aval, jusqu’à son confluent avec la rivière North Thames. Comme on peut le voir sur la carte, dans le cas de la rivière Thames et de ses affluents, la zone où l’on trouve actuellement l’habitat essentiel s’étend du barrage Pittock, à Woodstock, vers l’aval, jusqu’à la limite sud de la réserve indienne de la Première Nation des Chippewas de la rivière Thames, où la rivière traverse le chemin Melbourne; dans le ruisseau Oxbow, depuis juste en amont du chemin Coldstream, vers l’aval jusqu’à sa confluence avec la rivière Thames, en aval; et dans le ruisseau Dingman, depuis environ 2 km en amont du chemin Wonderland. S. en continuant vers l’aval jusqu’à sa confluence avec la rivière Thames. Comme on peut le voir sur la carte, dans le cas de la rivière Middle Thames, la zone dans laquelle on trouve actuellement l’habitat essentiel commence à environ 3 km en amont de 27th Line et se poursuit en aval jusqu’au confluent avec la rivière Thames. 

La carte a été préparée par Pêches et Océans Canada; projection : Ontario Lambert Conformal Conic, NAD 83, janvier 2020.

Carte, voir longue description.
Figure 6. Zones dans lesquelles se trouve l’habitat essentiel du méné miroir dans les rivières Grand et Conestogo 
Description longue

Carte de la rivière Grand et la rivière Conestogo, avec un médaillon dans le coin supérieur droit qui montre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. La carte comporte une légende et une échelle. La légende décrit les symboles indiquant les périodes pendant lesquelles les captures ont eu lieu (2009 2018 [point]; 1999-20078 [losange]; et avant 1999 [triangle]); échantillonnage de la répartition du poisson en Ontario de 1800 à 2018 [carré]; points pour situer les zones dans lesquelles on trouve l’habitat essentiel (cible); et désignations pour les Premières Nations, les parcs, les zones bâties et les zones dans lesquelles on trouve l’habitat essentiel (ombragé). Les différents points de données sont indiqués selon les périodes de capture. Les zones déterminées comme étant un habitat essentiel pour le méné miroir sont délimitées par des cibles numérotées de P3 dans la rivière Conestogo et P2 au sommet de la rivière Grand, qui correspondent aux coordonnées fournies au tableau 7. La zone où se trouve l’habitat essentiel est ombrée. Les noms des routes et des villes connexes figurent sur la carte. Comme le montre la carte, dans le cas de la rivière Grand, la zone où l’on trouve actuellement l’habitat essentiel commence au barrage Shand, au lac Belwood, et continue en aval jusqu'au bord de la carte; l'habitat essentiel se poursuit en aval et est illustré à la figure 7. Dans le cas de la rivière Conestogo, la zone où l’on trouve actuellement l’habitat essentiel commence au barrage Conestogo et se poursuit en aval jusqu’à sa confluence avec la rivière Grand. 

La carte a été préparée par Pêches et Océans Canada; projection : Ontario Lambert Conformal Conic, NAD 83, janvier 2020.

Carte, voir longue description.
Figure 7. Zones dans lesquelles se trouve l’habitat essentiel du méné miroir dans la rivière Grand et ses affluents
Description longue

Carte de la rivière Grand et la rivière Conestogo, avec un médaillon dans le coin supérieur droit qui montre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. La carte comporte une légende et une échelle. La légende décrit les symboles indiquant les périodes pendant lesquelles les captures ont eu lieu (2009 2018 [point]; 1999-20078 [losange]; et avant 1999 [triangle]); échantillonnage de la répartition du poisson en Ontario de 1800 à 2018 [carré]; points pour situer les zones dans lesquelles on trouve l’habitat essentiel (cible); et désignations pour les Premières Nations, les parcs, les zones bâties et les zones dans lesquelles on trouve l’habitat essentiel (ombragé). Les différents points de données sont indiqués selon les périodes de capture. Les zones déterminées comme étant un habitat essentiel pour le méné miroir sont délimitées par des cibles numérotées de P4 dans la rivière Nith et P1 au fond de la rivière Grand, qui correspondent aux coordonnées fournies au tableau 7. La zone où se trouve l’habitat essentiel est ombrée. Les noms des routes et des villes connexes figurent sur la carte. Comme le montre la carte, dans le cas de la rivière Grand, la zone où l’on trouve actuellement l’habitat essentiel continue de la figure 6 dans la rivière Grand et continue en aval jusqu'à la ville de Cayuga. La zone où l’on trouve actuellement l’habitat essentiel dans la rivière Nith: dans la rivière Nith, elle commence dans la ville de New Hamburg et se poursuit en aval jusqu’à son confluent avec la rivière Grand.

La carte a été préparée par Pêches et Océans Canada; projection : Ontario Lambert Conformal Conic, NAD 83, janvier 2020.

Carte, voir longue description.
Figure 8. Zones dans lesquelles se trouve l’habitat essentiel du méné miroir dans les ruisseaus Bronte, Sixteen Mile et le Sixteen Mile Est. 
Description longue

Carte des ruisseaux Bronte, Sixteen Mile et East Sixteen Mile, avec un médaillon dans le coin inférieur droit qui indique l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. La carte comporte une légende et une échelle. La légende décrit les symboles indiquant les périodes pendant lesquelles les captures ont eu lieu (2009-2018 [point]; 1999-2008 [losange]; et avant 1999 [triangle]); échantillonnage de la répartition du poisson en Ontario de 1800 à 2018 [carré]; points pour situer les zones dans lesquelles on trouve l’habitat essentiel (cible); et désignations pour les Premières Nations, les parcs, les zones bâties et les zones dans lesquelles on trouve l’habitat essentiel (ombragé). Les différents points de données sont indiqués selon les périodes de capture. Les zones déterminées comme étant un habitat essentiel pour le méné miroir dans le ruisseau Bronte sont délimitées par des cibles numérotées de P1 à P2 qui correspondent aux coordonnées fournies au tableau 7. La zone où se trouve l’habitat essentiel est ombrée. Les noms des routes et des villes connexes figurent sur la carte. Comme le montre la carte, dans le cas du ruisseau Bronte, la zone dans laquelle on trouve actuellement l’habitat essentiel commence juste en amont de Guelph Line, près de Lowville Park, et se poursuit en aval jusqu’à la décharge, au lac Ontario. Les zones déterminées comme étant un habitat essentiel pour le méné miroir dans les ruisseaux Sixteen Mile et East Sixteen Mile sont délimitées par des cibles numérotées de P1 à P2 qui correspondent aux coordonnées fournies au tableau 7. La zone où se trouve l’habitat essentiel est ombrée. Les noms des routes et des villes connexes figurent sur la carte. Comme le montre la carte, dans le cas du ruisseau Sixteen Mile, la zone dans laquelle on trouve actuellement l’habitat essentiel commence juste en amont du chemin Derry, à Milton, et se poursuit en aval jusqu’à la décharge, au lac Ontario. Dans le cas du ruisseau East Sixteen Mile, la zone dans laquelle on trouve actuellement l’habitat essentiel commence à environ 3 km en amont du chemin Derry et se poursuit en aval jusqu’au confluent avec le ruisseau Sixteen Mile.

La carte a été préparée par Pêches et Océans Canada; projection : Ontario Lambert Conformal Conic, NAD 83, janvier 2020.

Fonctions, caractéristiques et attributs biophysiques :

Le tableau 8 présente un résumé des meilleures connaissances disponibles sur les fonctions, les caractéristiques et les attributs à chaque stade biologique du méné miroir (voir la section 4.3 portant sur les besoins de l’espèce, pour des références complètes). Il convient de noter que tous les attributs énumérés au tableau 8 ne doivent pas forcément être présents pour qu’une caractéristique donnée soit désignée comme habitat essentiel. Si une caractéristique, telle qu’elle est décrite au tableau 8, est présente et capable de soutenir la ou les fonction(s) connexe(s), elle est considérée comme un habitat essentiel pour l’espèce, même si certains de ses attributs connexes se situent hors des limites indiquées dans le tableau.

Tableau 8. Résumé général des fonctions, caractéristiques et attributs biophysiques, et emplacement de l’habitat essentiel nécessaire à la survie ou au rétablissement du méné miroir (Tableau adapté de MPO 2013)
Stade biologique Fonctionk Caractéristique(s)l Attribut(s)m
Frai Reproduction (le frai a probablement lieu de la fin mai à la fin juin) Les zones de rapides, de rapides sur hauts-fonds ou de fosses des cours d’eau
  • On pense que le frai a lieu lorsque la température de l’eau se situe entre 18°C et 24°C
De l’état d’œuf à celui de juvénile Croissance, alimentation, abri Comme précédemment Aucune information n’est disponible concernant les exigences en matière d’habitat des larves ou des jeunes de l’année du méné miroir
Juvénile (LT<60 mm) Alimentation, abri Les zones de rapides, de rapides sur hauts-fonds ou de fosses des cours d’eau où le débit est lent à modéré et avec peu ou pas de végétation aquatique
  • On suppose que les attributs sont les mêmes que pour les adultes (voir ci-après).
Adulte (à partir d’un an [début de la maturité sexuelle]) Alimentation, abri Les zones de rapides, de rapides sur hauts-fonds ou de fosses des cours d’eau où le débit est modéré à rapide et avec peu ou pas de végétation aquatique
  • 0,6 à 2,5 m – la profondeur de l’eau était la variable la plus importante pour soutenir une population, une plus grande profondeur du cours d’eau étant corrélée positivement aux populations de méné miroir.
  • Rapides, rapides sur hauts-fonds alternant avec des fosses où le débit est modéré à rapide (0,25 à 0,49 m/s)
  • Substrat de sable ou de gravier
  • Niveaux d’oxygène dissous suffisants pour soutenir le méné miroir
  • Insectes aquatiques et terrestres, vers, crustacés et phytoplancton
Tous les stades biologiques Alimentation, abri, maintien de la qualité de l’eau Zone riveraine
  • Insectes aquatiques
  • Les espèces d’insectes terrestres et la végétation riveraine qui fournissent un habitat approprié à ces proies, ce qui les rend disponibles.
Tous les stades biologiques Frai, abri, croissance, maintien de la qualité de l’eau Lit des méandres
  • Inclusion et entretien du chenal du cours d’eau dans le temps
  • Maintien de la morphologie du chenal (qui conserve les séquences de rapides et de fosses)

k Fonction : Processus du cycle vital de l’espèce inscrite ayant lieu dans l’habitat essentiel (par exemple, frai, croissance, élevage, alimentation et migration). La fonction apporte la justification de sa protection. La désignation de l’habitat essentiel doit décrire de quelles façons les fonctions soutiennent un processus vital nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce en péril.

l Caractéristique : Chaque fonction est le résultat d’une ou de plusieurs caractéristiques qui constituent les composantes structurelles de l’habitat essentiel. Les caractéristiques sont les composantes structurelles essentielles qui soutiennent les fonctions requises pour répondre aux besoins de l’espèce. Les caractéristiques peuvent changer au fil du temps et sont généralement composées d’un ou de plusieurs paramètres. Une modification ou une perturbation de la caractéristique ou de l’un de ses attributs peut avoir une incidence sur la fonction et sa capacité de répondre aux besoins biologiques de l’espèce.

m Attribut : Les attributs sont les propriétés ou les paramètres mesurables de la caractéristique. Ils décrivent comment les caractéristiques définies soutiennent les fonctions requises pour les processus vitaux de l’espèce. Ensemble, les attributs permettent à la caractéristique de soutenir la fonction. En fait, ce sont les attributs qui fournissent le plus d’informations sur une caractéristique, la qualité de cette caractéristique et la façon dont elle permet de répondre aux exigences du cycle biologique de l’espèce.

Les études visant à approfondir les connaissances sur les fonctions, les caractéristiques et les attributs essentiels à divers stades biologiques du petit-bec sont décrites à la section 8.2 (Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel).

Résumé de l’habitat essentiel relatif aux objectifs en matière de population et de répartition :

À l’aide de la meilleure information disponible, on a désigné l’habitat essentiel des populations de méné miroir dans les cours d’eau suivants (figures 4 à 8) :

  1. Rivière Thames et ses affluents
  2. Rivière Grand et ses affluents
  3. Ruisseau Bronte
  4. Ruisseau Sixteen Mile et ruisseau Sixteen Mile Est

Il s’agit des zones que le ministre des Pêches et des Océans, d’après la meilleure information disponible à l’heure actuelle, considère comme nécessaires pour atteindre en partie les objectifs en matière de population et de répartition de l’espèce qui sont requis pour assurer sa survie ou son rétablissement. D’autres zones pourront être désignées comme habitat essentiel dans les futures mises à jour du programme de rétablissement et du plan d’action.

8.2. Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel

Des recherches plus poussées sont nécessaires pour mieux comprendre les fonctions, caractéristiques et attributs de l’habitat essentiel actuellement désigné qui sont nécessaires afin d’atteindre les objectifs en matière de population et de répartition fixés pour l’espèce et de protéger l’habitat essentiel de la destruction. Ces travaux supplémentaires comprennent les études présentées dans le tableau 9.

Tableau 9. Calendrier des études visant à préciser l’habitat essentiel
Description de l’étude Résultat/justification Échéanciern,o
Préciser les exigences en matière d’habitat, y compris les déplacements, la migration et le frai du méné miroir à tous ses stades biologiques. Les connaissances sur les exigences en matière d’habitat de tous les stades biologiques du méné miroir sont limitées. La détermination des exigences en matière d’habitat pour chaque étape de la vie facilitera la désignation de l’habitat essentiel pour l’ensemble du cycle biologique de l’espèce (c’est-à-dire, recherche continue pour étudier l’importance de la végétation riveraine et la présence d’insectes terrestres comme caractéristiques de l’habitat essentiel). De 3 à 5 ans
Déterminer la superficie, la configuration et la description de l’habitat essentiel requises pour atteindre les objectifs de rétablissement si l’on dispose de l’information adéquate. Préciser les objectifs du rétablissement et la description de l’habitat essentiel qui sont nécessaires si l’on veut atteindre ces objectifs. En continu
Déterminer la tolérance physiologique du méné miroir pour différents paramètres de la qualité de l’eau (par exemple, nutriments, contaminants, température de l’eau) et la comparer aux normes actuelles. Ce travail nous aidera à préciser les fonctions, caractéristiques et attributs de l’habitat essentiel. 5 ans
Déterminer les seuils de tolérance aux modifications de l’habitat (par exemple, perte de végétation riveraine) afin de cerner ce qu’englobe la destruction de l’habitat essentiel du méné miroir. Ce travail nous aidera à préciser les fonctions, caractéristiques et attributs de l’habitat essentiel. 5 à 75 ans

n Le délai d’exécution reflète le temps requis pour réaliser l’étude à partir du moment où la version définitive du programme de rétablissement et plan d’action est publiée sur le Registre public des espèces en péril.

o Les échéanciers peuvent faire l’objet de changements en réponse aux demandes de ressources ou de personnel et au fur et à mesure que de nouvelles priorités sont établies.

8.3. Exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

En vertu de la LEP, la protection de l’habitat essentiel contre la destruction doit être assurée légalement dans un délai de 180 jours suivant sa désignation dans un programme de rétablissement ou un plan d’action finale. En ce qui concerne l’habitat essentiel du méné miroir, on prévoit que cette protection prendra la forme d’un arrêté visant la protection de l’habitat essentiel en vertu des paragraphes 58(4) et 58(5) de la LEP, qui invoquera l’interdiction, prévue au paragraphe 58(1), de la destruction de l’habitat essentiel désigné.

Les exemples suivants d’activités qui peuvent entraîner la destructionNote de bas de page 8 de l’habitat essentiel (tableau 10) sont fondés sur des activités anthropiques connues, susceptibles de s e produire dans l’habitat essentiel et autour de ce dernier, et qui entraîneraient la destruction de l’habitat essentiel si aucune mesure d’atténuation n’était prise. La liste des activités n’est ni exhaustive, ni exclusive; elle a été dressée en fonction des menaces décrites à la section 5. L’absence d’une activité humaine donnée dans le présent tableau n’altère en rien la capacité du Ministère à la réglementer en vertu de la LEP. En outre, l’inclusion d’une activité n’entraîne pas son interdiction automatique, et ne signifie pas que l’activité causera inévitablement la destruction de l’habitat essentiel. Chaque activité proposée doit être évaluée au cas par cas, et des mesures d’atténuation propres à chaque site seront appliquées lorsqu’elles sont possibles et éprouvées. Lorsque l’information est disponible, des seuils et des limites ont été associés aux paramètres de l’habitat essentiel afin de mieux orienter les décisions en matière de gestion et de réglementation. Cependant, il arrive dans bien des cas que l’on connaisse mal une espèce et son habitat essentiel, notamment les données relatives aux seuils de tolérance de cette espèce ou de cet habitat aux perturbations causées par l’activité humaine, d’où l’importance de combler cette lacune.

Tableau 10. Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel (partiellement adapté de MPO 2013)
Menace Activité Séquence des effets Fonction touchée Caractéristique touchée Attribut touché
Turbidité et charge sédimentaire
  • Régimes d’écoulement modifiés entraînant de l’érosion et changeant le transport des sédiments (par exemple, dallage des réseaux de drainage agricole, suppression de zones riveraines)
  • Travaux effectués dans l’eau ou près de l’eau, sans une gestion appropriée des sédiments et de l’érosion (par exemple, ruissellement de surface provenant de champs labourés, utilisation d’équipement industriel, nettoyage ou entretien de ponts ou d’autres structures)
Une mauvaise gestion des sédiments et de l’érosion ou la prise de mesures d’atténuation inappropriées peuvent augmenter les niveaux de turbidité, ce qui modifie les substrats de prédilection et les concentrations en oxygène, peut réduire la capacité d’alimentation ou la disponibilité des proies, a une incidence sur la croissance de la végétation aquatique, et peut exclure des poissons de leur habitat en raison des effets physiologiques des sédiments dans l’eau (par exemple, irritation des branchies). Frai, croissance, alimentation, abri Zones de rapides, de rapides sur hauts-fonds ou de fosses des cours d’eau où le débit est lent à rapide
  • Profondeur de l’eau de 0,6 à 2,5 m
  • Insectes aquatiques et terrestres, vers, crustacés et phytoplancton
  • Substrats de sable et de gravier
Contaminants et substances toxiques
  • Rejet de polluants d’origine urbaine et agricole dans l’habitat
  • Introduction de concentrations de chlorure élevées dans le cadre d’activités comme l’épandage excessif de sel sur les routes en hiver
L’introduction de composés toxiques (par exemple, carburant, hydrocarbures, fumier, chlorures) dans l’habitat utilisé par cette espèce peut modifier la qualité de l’eau et influer sur la disponibilité ou l’utilisation de l’habitat et la disponibilité des proies. Comme précédemment Comme précédemment
  •  Insectes aquatiques et terrestres, vers, crustacés et phytoplancton
  • Niveaux d’oxygène dissous suffisants pour soutenir le méné miroir
Charge en éléments nutritifs
  • Application excessive d’engrais et gestion déficiente des éléments nutritifs (par exemple, gestion des débris organiques, gestion des eaux usées, déchets d’origine animale, fosses septiques, eaux d’égouts urbains)
Une gestion déficiente des éléments nutritifs peut entraîner un accroissement de la charge en éléments nutritifs des cours d’eau voisins. Des concentrations élevées d’éléments nutritifs peuvent accélérer la croissance de la végétation aquatique, ce qui change la température de l’eau et modifie lentement les débits et les substrats de prédilection. Elles peuvent également faire baisser les niveaux d’oxygène dissous. La disponibilité des espèces proie peut également être touchée si les proies sont sensibles à la pollution organique. Comme précédemment Comme précédemment
  • Profondeur de l’eau de 0,6 à 2,5 m
  • Insectes aquatiques et terrestres, vers, crustacés et phytoplancton
  • Substrats de sable et de gravier
  • Rapides, rapides sur hauts-fonds alternant avec des fosses où le débit est modéré à rapide (0,25 à 0,49 m/s)
  • Niveaux d’oxygène dissous suffisants pour soutenir le méné miroir
Obstacles aux déplacements
  • Barrages, obstacles
  • Ponceaux mal installés
Des changements rapides, répétés et prolongés du débit d’eau (augmentations ou diminutions) peuvent avoir un effet négatif sur l’habitat du méné miroir, particulièrement l’habitat de frai. Des changements importants (rapides ou prolongés) du débit d’eau peuvent causer des dépôts conséquents de sédiments (par exemple, changeant les substrats de prédilection) ou des modifications de l’abondance des proies. Les obstacles peuvent restreindre l’accès à des zones d’habitat importantes et fragmenter les populations de poissons, ce qui a une incidence sur la répartition du méné miroir. - Comme précédemment
  • Profondeur de l’eau de 0,6 à 2,5 m
  •  Insectes aquatiques et terrestres, vers, crustacés et phytoplancton
  •  Rapides, rapides sur hauts-fonds alternant avec des fosses où le débit est modéré à rapide (0,25 à 0,49 m/s)
  • Substrats de sable et de gravier

À l’avenir, les valeurs de seuil de certains agents de stress seront fixées en fonction des résultats de travaux de recherche supplémentaires. Dans le cas de certaines des activités mentionnées plus haut, des PGE devraient permettre d’atténuer les menaces qui pèsent sur l’espèce et son habitat. Dans d’autres cas cependant, on ignore si des PGE seront efficaces pour protéger l’habitat essentiel, et il faudra effectuer des recherches supplémentaires.

9. Évaluation des coûts socioéconomiques et des avantages du plan d’action

En vertu de la LEP, le plan d’actionNote de bas de page 9, qui est un volet du programme de rétablissement, doit comprendre une évaluation de ses coûts socioéconomiques et des avantages qui découleront de sa mise en œuvre (alinéa 49(1).) de la LEP 2003). Cette évaluation ne traite que des coûts socioéconomiques supplémentaires qui découleront de la mise en œuvre du plan d’action à l’échelle nationale, ainsi que des avantages sociaux et environnementaux qui seront obtenus si le plan d’action est appliqué dans son intégralité, en reconnaissant que certains aspects de sa mise en œuvre ne relèvent pas du gouvernement fédéral. Il n'aborde pas les coûts cumulés de la reconstitution des espèces en général, ni ne tente une analyse coûts-avantages. Elle vise plutôt à informer le public et à aider les partenaires à prendre les décisions qui concernent l’application du plan d’action.

La protection et le rétablissement des espèces en péril peuvent entraîner à la fois des avantages et des coûts. La Loi précise que « les espèces sauvages, sous toutes leurs formes, ont leur valeur intrinsèque et sont appréciées des Canadiens pour des raisons esthétiques, culturelles, spirituelles, récréatives, éducatives, historiques, économiques, médicales, écologiques et scientifiques » (LEP 2003). Les écosystèmes qui sont stables et sains et leurs diverses composantes, dont les espèces en péril, contribuent de façon positive à l’existence et à la qualité de vie de tous les Canadiens. Une analyse documentaire a permis de confirmer que les Canadiens ont également à cœur la préservation et la conservation des espèces. Les mesures prises pour préserver une espèce, telles que la protection et la restauration de son habitat, sont également appréciées. En outre, plus une mesure contribue au rétablissement d’une espèce, plus le public lui accorde de la valeur (Loomis et White 1996; MPO 2008). Qui plus est, la conservation des espèces en péril est une composante importante de l’engagement du gouvernement du Canada à conserver la diversité biologique en vertu de la Convention internationale sur la diversité biologique. Le gouvernement du Canada s’est également engagé à protéger et à rétablir les espèces en péril en signant l’Accord pour la protection des espèces en péril. Une estimation des coûts et les avantages spécifiques associés à ce plan d’action sont décrits ci-après.

La présente évaluation ne porte pas sur les répercussions socioéconomiques de la protection de l’habitat essentiel du méné miroir. Conformément à la LEP, le MPO doit s’assurer que l’habitat essentiel désigné dans un programme de rétablissement ou dans un plan d’action est légalement protégé dans les 180 jours suivant la publication de la version définitive du document portant sur le rétablissement. Lorsqu’on décide de recourir à un arrêté pour protéger un habitat essentiel, l’arrêté visant l’habitat essentiel, pris en vertu de la LEP, doit suivre un processus réglementaire conforme à la Directive du Cabinet sur la gestion de la réglementation, y compris une analyse détaillée des répercussions supplémentaires de l’arrêté visant l’habitat essentiel qui devra être incluse dans le Résumé de l’étude d’impact de la réglementation. En conséquence, aucune autre analyse de la protection de l’habitat essentiel n’a été entreprise pour évaluer les coûts et les avantages du plan d’action.

9.1. Fondement de la politique

Le fondement de la politique consiste à protéger le petit-bec en vertu de la LEP (cette espèce a été inscrite sur la liste des espèces menacées de la LEP en 2019) et à continuer de le protéger en vertu de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral et de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD 2007) de l’Ontario. Des protections supplémentaires peuvent être accordées au petit-bec et à son habitat en vertu d’autres lois provincialesNote de bas de page 10.

Le fondement de la politique inclut des mesures de rétablissement mises en œuvre avant et après l’inscription du petit-bec sur la liste de la LEP. Ces mesures de rétablissement comprennent des programmes de rétablissement et des plans d’action pour d’autres espèces d’eau douce ainsi que des programmes de rétablissement plurispécifiques axés sur les écosystèmes discutés dans la section 7.1 du présent rapport.

9.2. Coûts socioéconomiques de la mise en œuvre du plan d’action

La majorité des activités de rétablissement énoncées dans ce plan d’action sont en cours ou visent le court terme (2020 à 2022) ou le moyen terme (2022 à 2025). La plupart d’entre elles sont axées sur la recherche, la surveillance, la participation, l’éducation et la gestion afin de réduire les menaces et de documenter et de faciliter le rétablissement de l’espèce. Certaines des mesures sont des projets ponctuels (par exemple, recherche), vraisemblablement financés à l’aide des ressources actuelles du gouvernement fédéral. La mise en œuvre de mesures d’intendance locale serait soutenue par des programmes comme le Programme d’intendance de l’habitat (PIH) des espèces en péril et le Fonds de la nature du Canada pour les espèces aquatiques en péril (FNCEAP). Le facteur de coût le plus élevé de ce plan d’action sera sans doute la recherche pour évaluer les menaces. Ces coûts ne devraient pas dépasser 200 000 dollars et s’étaleront probablement sur quatre ans. En outre, la plupart des programmes doivent recevoir un soutien direct ou en nature de la part des demandeurs, sous forme de fonds de contrepartieNote de bas de page 11. Les coûts (directs et en nature) associés à ces mesures à court terme seront probablement faiblesNote de bas de page 12 et répartis sur les cinq prochaines annéesNote de bas de page 13.

Les coûts de la mise en œuvre des activités décrites dans le plan d’action seraient assumés par le gouvernement fédéral. Les coûts en nature, comme le temps des bénévoles et la fourniture d’expertise et d’équipement, résulteraient de la réalisation d’activités indiquées dans le plan d’action. Certains coûts (y compris le soutien en nature) pourraient être assumés par la province de l’Ontario et les offices de protection de la nature.

Des activités de rétablissement continues seront conçues selon une méthode reposant sur la collaboration au terme de discussions avec d’autres organismes, paliers de gouvernement, groupes d’intendance et intervenants, qui en évalueront, au cours du processus, les coûts et avantages.

9.3. Avantages de la mise en œuvre du plan d’action

Certains des avantages des mesures de rétablissement nécessaires pour assurer la viabilité et la stabilité des populations de méné miroir et pour ramener l’espèce à sa répartition historique complète, tels qu'ils sont décrits dans ce plan d’action, sont difficiles à quantifier, mais ils devraient être faibles et se concrétiser à long terme. S’ils sont mis en œuvre, les programmes locaux d’intendance visant à améliorer les conditions de l’habitat et à réduire les menaces à l’intérieur de l’habitat essentiel pourraient contribuer à améliorer l’habitat et la qualité de l’eau. La mise en œuvre des mesures de rétablissement énoncées dans le plan d’action pourrait aussi procurer certains avantages non marchands et non quantifiables. Une recherche récente (Rudd et al. 2016) a montré que les ménages canadiens affichent une volonté positive et considérable de payer pour que des mesures de rétablissement soient menées afin d’améliorer des espèces en péril peu connues dans le sud de l’Ontario.

En l’absence de renseignements sur les résultats biologiques des mesures indiquées dans le plan d’action, il n’est pas possible d’estimer les avantages supplémentaires qui peuvent être directement attribués à la mise en œuvre des mesures de rétablissement.

9.4. Effets distributifs

Les gouvernements et les offices de protection de la nature devraient assumer la majeure partie des coûts de mise en œuvre du plan d’actionNote de bas de page 14.

La population canadienne profitera de la mise en œuvre du plan d’action grâce à la protection et au rétablissement des populations de méné miroir, à la protection de l’écosystème, au maintien de la biodiversité au Canada et à l’augmentation des connaissances scientifiques.

10. Mesure des progrès

Les indicateurs de rendement présentés ci-après proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès accomplis vers l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. Un programme de rétablissement réussi permettra d’atteindre le but global du rétablissement des populations à un état stable ou en croissance et dont la sécurité est avérée, avec un faible risque lié aux menaces connues. Les progrès accomplis vers l’atteinte de ces objectifs seront consignés dans le rapport portant sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre du programme de rétablissement.

Indicateurs de rendement :

  1. présence continue du méné miroir dans son aire de répartition actuelle d’ici 2022
  2. trajectoires de la population dans le ruisseau Bronte et le ruisseau Sixteen Mile déterminées d’ici 2027
  3. confirmation de l’état du méné miroir dans la rivière Saugeen d’ici 2022
  4. Méné miroir détecté dans des sites autrefois inoccupés de l’aire de répartition historique d’ici 2031 (c’est à dire preuve d’une expansion)

La production de rapports sur les impacts écologiques et socioéconomiques du programme de rétablissement et plan d’action (conformément à l’article 55 de la LEP) sera réalisée en évaluant la mise en œuvre du programme de rétablissement et plan d’action au bout de cinq ans. Bon nombre de mesures du présent programme de rétablissement et plan d’action permettront d’améliorer notre compréhension de l’espèce et de son état, ainsi que des menaces qui pèsent sur l’espèce et, au fil du temps, contribueront à la surveillance du méné miroir au Canada. Ces données de surveillance seront utilisées pour produire des rapports sur les indicateurs de rendement et sur les progrès accomplis vis-à-vis du rétablissement de l’espèce dans le cadre plus général des rapports futurs sur les progrès accomplis vers la mise en œuvre du programme de rétablissement.

Les impacts écologiques plus vastes liés à la mise en œuvre du présent programme de rétablissement et plan d’action ont été pris en compte lors de l’élaboration de ce document. En vue de produire des rapports sur les impacts écologiques de la mise en œuvre (conformément à l’article 55 de la LEP), on a trouvé des données de surveillance pour d’autres composantes écologiques, lesquelles incluent des données de surveillance sur la qualité et la quantité d’eau dans les bassins hydrographiques fréquentés par le méné miroir, lorsque ces dernières sont disponibles. En outre, d’autres espèces sensibles dont l’aire de répartition chevauche celle du méné miroir (par exemple, dard de sable, méné long) pourraient faire l’objet d’une surveillance afin que l’on puisse suivre leurs trajectoires et documenter une modification de l’abondance et de la composition globales de la communauté de poissons.

Les rapports sur les répercussions socioéconomiques du programme de rétablissement et plan d’action (en vertu de l’article 55 de la LEP) s’appuieront sur la collecte de données sur les coûts encourus durant la mise en œuvre du programme et du plan.

11. Références

Annexe A : effets sur l’environnement et les autres espèces

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes (2010), les documents de planification du rétablissement en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) intègrent des considérations en matière d’évaluation environnementale stratégique dans l’ensemble du document. Ce type d’évaluation vise à intégrer des considérations environnementales dans l’élaboration de politiques publiques, de plans et de propositions de programme pour appuyer une prise de décision éclairée en matière d’environnement, et à évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent avoir des répercussions sur certaines composantes de l’environnement ou certains objectifs et cibles de la Stratégie fédérale de développement durable.

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Toutefois, il est reconnu que des programmes peuvent aussi, sans que cela soit voulu, avoir des effets imprévus sur l’environnement qui vont au-delà des avantages recherchés. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des répercussions possibles sur les espèces ou les habitats non ciblés. Les résultats de l’évaluation environnementale stratégique sont directement intégrés dans le programme lui-même, et ils sont également résumés ci-après dans le présent énoncé.

Ce programme de rétablissement et de plan d’action seront manifestement bénéfiques pour l’environnement en favorisant le rétablissement du méné miroir. Ils encourageront également la protection et l’amélioration des habitats fluviaux. Ces habitats soutiennent des espèces en péril appartenant à bon nombre d’autres taxons (y compris des oiseaux, des reptiles, des moules et des plantes). En conséquence, la mise en œuvre des mesures de rétablissement du méné miroir contribuera à la préservation de la biodiversité en général. La possibilité que ces mesures de rétablissement aient des répercussions négatives non voulues sur d’autres espèces a été prise en considération. L’évaluation environnementale stratégique a permis de conclure que la mise en œuvre du présent document permettra très certainement de protéger l’environnement et n’aura pas d’effets environnementaux néfastes notables.

Annexe B : registre des initiatives de collaboration et de consultation

Des programmes de rétablissement doivent être préparés en collaboration avec d’autres instances, organisations, parties ou personnes touchées, conformément à l’article 39 et 48 de la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada a utilisé un processus d'examen des experts en espèces et des experts en la matière pour solliciter la participation à l’élaboration du présent programme de rétablissement et plan d’action. L’information sur les participants est présentée ci-après.

Experts en la matière ayant participé à l’examen
Nom Organisme d’appartenance
Rebecca Dolson Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario
Andrew Drake Pêches et Océans Canada
Andrea Dunn Le office de protection de la nature région de Halton
Scott Gibson Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario
Aurora McAllister Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario
Scott Reid Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario

Examen juridictionnel

Organisme d’appartenance

En outre, la consultation sur la version provisoire du programme de rétablissement et plan d’action a été menée au moyen de de lettres avec les groupes autochtones potentiellement touchés. La participation du public, des Autochtones et d’intervenants supplémentaires sera sollicitée par l’intermédiaire de la publication du document proposé dans le Registre public des espèces en péril pour une période de commentaires publics de 60 jours. Les commentaires reçus vont orienter la rédaction du document définitif.

*Avis et avertissement : Le MPO n'est pas responsable de la qualité des renseignements, produits ou services offerts par les sites Internet mentionnés plus haut. Les utilisateurs doivent aussi reconnaître que les renseignements provenant de sources externes ne sont disponibles que dans la langue d'origine.

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :