Polyspire rayé (Webbhelix multilineata) : programme de rétablissement [proposition] 2025
Loi sur les espèces en péril
Série de Programmes de rétablissement
Proposition
2025
Information sur le document
Référence recommandée
Environnement et Changement climatique Canada. 2025. Programme de rétablissement du polyspire rayé (Webbhelix multilineata) au Canada [Proposition]. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa. viii + 49 p.
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Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, y compris les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes portant sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en périlNote de bas de page 1.
Nemero de catalogue xx
ISBN xx
EC XXXXX
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Centre de renseignements à la population
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351, boul. Saint‑Joseph
Gatineau (Québec) K1A 0H3
Ligne sans frais : 1‑800‑668‑6767
Courriel : enviroinfo@ec.gc.ca
Illustration de la couverture : Polyspire rayé (photo de Robert Forsyth).
© Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, 2025. Tous droits réservés.
Also available in English under the title:
"Recovery Strategy for the Striped Whitelip (Webbhelix multilineata) in Canada [Proposed]"
Préface
Dans le cadre de l'Espèces en péril : la loi, l'accord et les programmes de financementNote de bas de page 2, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au CanadaNote de bas de page 3. Aux termes de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29)Note de bas de page 4 (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.
La ministre de l’Environnement et du Changement climatique et ministre responsable de l’Agence Parcs Canada est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard du polyspire rayé et a élaboré ce programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec Parcs Ontario, l’Agence Parcs Canada et toute autre organisation, conformément au paragraphe 39(1) de la LEP.
La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada, ou sur toute autre autorité responsable. Tous les membres du public sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de l’espèce et de l’ensemble de la société.
Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement devant être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d’autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.
Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant le rétablissement et/ou la survie de l’espèce. Il fournit à toutes les personnes vivant au Canada de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce, notamment la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Lorsqu’elles sont accessibles, les données spatiales sur l’habitat essentiel se trouvent dans l’Ensemble de données nationales sur l’habitat essentiel des espèces en périlNote de bas de page 5.
Lorsque de l’habitat essentiel est désigné, que ce soit dans un programme de rétablissement ou dans un plan d’action, la LEP fournit un cadre juridique qui permet de protéger cet habitat essentiel.
Dans le cas de l’habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l’habitat essentiel désigné dans une zone de protection fédérale décrite au paragraphe 58(2) de la LEP soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après la mise dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d’action ayant désigné l’habitat essentiel. L’interdiction de détruire l’habitat essentiel énoncée au paragraphe 58(1) s’appliquera 90 jours après la publication de la description de cet habitat essentiel dans la Gazette du Canada.
Pour l’habitat essentiel sur le territoire domanial qui ne constitue pas une zone de protection fédérale aux termes du paragraphe 58(2) de la LEP, le ministre compétent doit prendre un arrêté appliquant l’interdiction de destruction de l’habitat essentiel prévue au paragraphe 58(1), si celui‑ci n’est pas déjà protégé légalement par une disposition de la LEP ou de toute autre loi fédérale, ou une mesure prise sous leur régime. Si le ministre compétent ne prend pas l’arrêté, une déclaration doit être incluse dans le Registre public des espèces en péril pour énoncer comment l’habitat essentiel ou les parties de celui‑ci sont protégés légalement sur ce territoire domanial.
En ce qui concerne tout élément ou toute partie de l’habitat essentiel se trouvant hors du territoire domanial, si le ministre compétent estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions de la LEP ou de toute autre loi fédérale, ou par une mesure prise sous leur régime, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret pour appliquer l’interdiction de détruire l’habitat essentiel prévue au paragraphe 61(1). La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant hors du territoire domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.
Remerciements
La première version de ce programme de rétablissement a été préparée par Robert J. Pivar (Natural Resource Solutions Inc.), Annegret Nicolai (Living Lab CLEF/ Université Rennes 1) et Jessica Linton (Natural Resource Solutions Inc.). Les versions subséquentes ont été élaborées par Elisabeth Shapiro et Marie‑Claude Archambault (Service canadien de la faune – Région de l’Ontario, Environnement et Changement climatique Canada). Ce programme de rétablissement a bénéficié des commentaires et des suggestions des personnes et organisations suivantes : ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario, ministère de l’Environnement, de la Conservation et des Parcs de l’Ontario, Alistair Mackenzie (Parcs Ontario), Tammy Dobbie, Kim Borg (Parcs Canada), Karolyne Pickett, Krista Holmes (Service canadien de la faune – Région de l’Ontario), Kevin Yang (anciennement du Service canadien de la faune – Région de l’Ontario) et Alexandra Ramsey (Service canadien de la faune – Région de la capitale nationale).
Des remerciements sont aussi adressés à toutes les autres parties qui ont fourni des commentaires et des observations pour orienter l’élaboration du programme de rétablissement.
Sommaire
Le polyspire rayé (Webbhelix multilineata) est un gros escargot terrestre, reconnaissable à sa coquille ronde, légèrement aplatie et mince, de couleur jaune pâle avec des bandes spiralées sombres. La population canadienne, établie à la limite de l’aire de répartition de l’espèce, se trouve dans la forêt carolinienne. On compte six sous‑populations existantes au pays, toutes situées dans le sud‑ouest de l’Ontario : île Pelée (trois sous‑populations), parc national de la Pointe‑Pelée, île Walpole et réserve de conservation Bickford Oak Woods. L’espèce semble avoir disparu de plusieurs localités historiques de cette région. Le polyspire rayé préfère les forêts humides des basses terres dans des zones continuellement humides ou en bordure de zones périodiquement inondées, comme des marais ou des marécages. Ces zones sont généralement composées de chênes, de caryers et d’érables, et ont un microhabitat dans la litière de feuilles présentant des troncs d’arbres, des écorces et des feuilles.
Le polyspire rayé a été inscrit en tant qu’espèce en voie de disparition à la Loi sur les espèces en péril en 2023, mais il est classé comme étant en sécurité à l’échelle mondiale. La plus grande partie de l’aire de répartition actuelle de l’espèce au Canada se trouve sur des terres protégées gérées par Parcs Canada, la Société canadienne pour la conservation de la nature ou le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario. La faible capacité de dispersion de l’espèce et sa faible résistance physiologique aux variations des facteurs environnementaux, comme la température et l’humidité, constituent des facteurs limitatifs. La principale menace qui pèse sur le polyspire rayé découle des changements climatiques (par exemple sécheresses, modifications des régimes de gel), puis viennent les modifications des systèmes naturels (brûlages dirigés dans l’île Pelée) et les intrusions et perturbations humaines (piétinement). Les corridors de transport, la pollution et les espèces envahissantes constituent d’autres menaces pour l’espèce. Il a été déterminé que le rétablissement du polyspire rayé est réalisable du point de vue biologique et technique, et ce programme de rétablissement a donc été préparé conformément au paragraphe 41(1) de la LEP. L’objectif en matière de population et de répartition est de réduire le risque de disparition du pays en arrêtant le déclin de la qualité de l’habitat des sous‑populations existantes afin de maintenir la répartition de l’espèce au Canada.
Des stratégies générales sont présentées pour réduire les menaces qui pèsent sur la survie et le rétablissement de l’espèce; leur mise en œuvre est nécessaire à l’atteinte de l’objectif en matière de population et de répartition. Le tableau de planification du rétablissement présente des approches qui relèvent de sept stratégies générales : gestion des milieux terrestres et aquatiques; gestion des espèces; sensibilisation; désignation et planification de la conservation; recherche et suivi; éducation et formation; développement institutionnel.
L’habitat essentiel a été désigné pour le polyspire rayé afin de soutenir l’objectif en matière de population et de répartition à l’aide des meilleures sources d’information accessibles. Un calendrier des études a été élaboré pour décrire les principales activités visant à fournir de l’information pour appuyer le rétablissement de l’espèce.
Un plan d’action sera publié dans le Registre public des espèces en péril dans les dix ans suivant la finalisation du présent programme de rétablissement, en fonction du temps et des ressources disponibles.
Résumé du caractère réalisable du rétablissement
D’après les critères suivants qu’Environnement et Changement climatique Canada utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, tel que décrit dans la Politique relative au rétablissement et à la survie des espèces en périlNote de bas de page 6, le rétablissement du polyspire rayé est déterminé comme étant réalisable du point de vue technique et biologique.
1. Caractéristiques de survie : Peut-on agir sur les caractéristiques de survieNote de bas de page 7 de sorte à réduire le risque de disparition de l’espèce du pays ou de la planète par suite de l’activité humaine?
Oui. Il existe une caractéristique de survie sur laquelle il faut agir afin de réduire le risque de disparition du pays du polyspire rayé par suite de l’activité humaine : la redondanceNote de bas de page 8. La redondance du polyspire rayé au Canada est compromise à cause de l’aire de répartition, qui est petite et en déclin, de la baisse de la qualité de l’habitat et de la diminution du nombre d’individus matures. La redondance peut d’abord être abordée en améliorant la qualité de l’habitat dans les sous‑populations existantes. Les activités d’amélioration de l’habitat augmenteront la disponibilité et la qualité des parcelles d’habitat utilisées par l’espèce pour s’abriter, se reproduire et se nourrir, et pourraient contribuer à réduire les menaces. Parmi ces activités figurent la lutte contre les espèces végétales et animales envahissantes, la préservation du couvert forestier et la création d’une couverture végétale indigène. Une autre mesure d’amélioration de la qualité du microhabitat du polyspire rayé pourrait consister à s’assurer de la présence de troncs d’arbre et d’écorces au sol ainsi que de litière de feuilles pour répondre aux besoins en matière d’hibernation et d’estivation.
L’amélioration de la qualité de l’habitat peut également favoriser les déplacements locaux des sous‑populations existantes. Ces mesures peuvent inclure des techniques connues telles que la création d’éléments semi‑naturels formant des corridors de déplacement (par exemple des haies [Maudsley, 2000] et de petits bosquets [Suominen et al., 2003], l’augmentation de la quantité de troncs d’arbres au sol [Caldwell, 1993] et l’aménagement d’éléments artificiels permettant de franchir les obstacles, par exemple un corridor faunique souterrain là où une route divise des parcelles d’habitat important [Charrier et al., 2013]).
2. Indépendance : L’espèce est‑elle actuellement en mesure de persister au Canada sans interventions humaines volontaires et/ou sera‑t‑elle en mesure d’atteindre et de maintenir son indépendance dans l’état où la condition 1 est respectée (c.‑à‑d. après que les principales caractéristiques de survie ont été prises en charge), de manière à ne pas dépendre d’une intervention humaine majeure, directe et continue?
Oui. Le polyspire rayé persiste actuellement au Canada indépendamment de toute intervention humaine volontaire. Afin de répondre à la caractéristique de survie clé susmentionnée qu’est la redondance, l’intendance de l’habitat et l’atténuation des menaces doivent continuer à être assurées. Ces mesures sont considérées comme des activités indirectes de gestion de l’habitat, car elles n’impliquent pas de manipulation directe des individus de l’espèce.
3. Amélioration : La condition de l’espèceNote de bas de page 9 peut‑elle être améliorée par rapport au moment où elle a été évaluée comme étant en péril?
Oui. Comme il est décrit ci‑dessus, il est probable que le polyspire rayé reste toujours une espèce en péril au Canada, mais le déclin de la qualité et de l’abondance de l’habitat pourrait être arrêté par la gestion de l’habitat. Bien que la rareté actuelle de l’espèce résulte d’une perte d’habitat à grande échelle dans le passé et qu’elle ne puisse être renversée, il est à noter que certains changements récents de la condition de l’espèce sont dus à des menaces en cours. Il n’est pas certain que ces changements soient totalement ou partiellement réversibles et que les répercussions futures de l’évolution des conditions écologiques et des changements climatiques puissent être atténuées, mais les mesures d’atténuation de l’érosion et des inondations peuvent contribuer à réduire leurs conséquences sur le polyspire rayé. La condition actuelle de l’espèce peut être améliorée par rapport au moment où le polyspire rayé a été évalué en péril grâce à la mise en œuvre des activités ciblées de gestion de l’habitat (mesures de rétablissement) décrites à la section 6 et à la protection de l’habitat essentiel décrite à la section 7 de la présente addition fédérale. On s’attend à ce que la redondance soit améliorée grâce à la collaboration avec le gouvernement provincial, les municipalités, les communautés autochtones, les propriétaires fonciers privés et les organisations de conservation de la nature.
1. Évaluation de l’espèce par le COSEPAC
Date de l’évaluation : Avril 2018
Nom commun (population) : Polyspire rayé
Nom scientifique : Webbhelix multilineata
Statut selon le COSEPAC : En voie de disparition
Justification de la désignation : Ce gros escargot terrestre est présent sur l’île Pelée, dans le lac Érié, et dans trois sites des terres continentales du sud‑ouest de l’Ontario : parc national de la Pointe‑Pelée, île Walpole et réserve de conservation Bickford Oak Woods. L’espèce semble avoir disparu de quatre autres sites historiquement connus des terres continentales et d’au moins un site de l’île Pelée. L’altération et la perte d’habitat causées par l’humain ont entraîné le déclin et l’isolement de la population. Parmi les menaces figurent les phénomènes météorologiques extrêmes (par exemple sécheresses), les brûlages dirigés et les perturbations humaines (c.‑à‑d. piétinement pendant que l’espèce s’alimente dans des sentiers lorsque les conditions sont humides). Les Dindons sauvages dans l’île Pelée et le parc national de la Pointe‑Pelée pourraient également se nourrir de cet escargot.
Présence au Canada : Ontario
Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2018.
* COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada)
2. Information sur la situation de l’espèce
Le polyspire rayé est inscrit en tant qu’espèce en voie de disparition à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) (L.C. 2002, ch. 29). En Ontario, il est également inscrit comme espèce en voie de disparition à la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) (L.O. 2007, ch. 6); la LEVD qui confère une protection à la fois à l’espèce et à son habitat. Dans cette province, on le trouve dans plusieurs zones protégées (réserve naturelle provinciale Fish Point, alvar du chemin Stone, forêt de la pointe Middle, réserve de conservation Bickford Oak Woods et parc national de la Pointe‑Pelée). Au Canada, l’espèce est considérée comme « gravement en péril/vulnérable » (N1N3). Aux États‑Unis, où elle est présente dans 17 États (pour les classements, voir l’annexe A; Nature Serve, 2023), elle est classée comme « en sécurité » (N5). Le pourcentage de la population mondiale vivant au Canada est estimé à au moins 10 %.
3. Information sur l’espèce
3.1 Description de l’espèce
Le polyspire rayé est un gastéropode de l’ordre des Pulmonata et de la famille des Polygyridae (escargots terrestres à respiration aérienne). Il s’agit d’un escargot relativement gros (largeur maximale de la coquille des adultes variant de 2 à 2,5 cm). La coquille, mince et de forme globuleuse aplatie (Pilsbry, 1940), présente des stries obliques (rainures peu profondes à la surface de la coquille), et les adultes ont un péristome blanc, réfléchi (COSEWIC, 2018; figure 1). Les bandes spiralées roussâtres peu nombreuses à nombreuses sur fond jaune pâle donne à l’espèce une apparence semblable à celle de l’escargot‑forestier écharge (Allogona profunda; COSEWIC, 2014a, 2018). Cependant, ce dernier possède un denticule (structure ressemblant à une dent) à l’intérieur de la lèvre inférieure de l’ouverture (qui renferme le corps de l’escargot) et un ombilic ouvert (trou dans la partie centrale du dessous de la coquille), alors que le polyspire rayé est dépourvu de ce denticule et possède un ombilic fermé (COSEWIC, 2018). Le corps du polyspire rayé est gris clair à gris foncé, ce qui peut faire paraître sa coquille brun foncé (COSEWIC, 2018; figure 1).
Figure 1. Polyspire rayé sur un tronc d’arbre et dessous d’une coquille vide de polyspire rayé.
Description longue
La figure 1 montre deux images du polyspire rayé : l’une montre l’espèce se reposant sur un tronc d’arbre, et l’autre montre le dessous d’une coquille vide.
3.2 Population et répartition de l’espèce
Le polyspire rayé est présent au Canada et aux États‑Unis (voir la figure 2 dans COSEWIC, 2018). Il est principalement réparti dans le Midwest des États‑Unis; la limite septentrionale de son aire de répartition états-unienne est dans le Minnesota, et la limite méridionale, dans l’Arkansas/le Tennessee. Actuellement, la répartition est‑ouest s’étend depuis la Virginie‑Occidentale jusqu’au Kansas/Nebraska. Au Canada, la présence du polyspire rayé se limite à l’extrême sud‑ouest de l’Ontario, à la limite septentrionale de l’aire de répartition.
Au Canada, l’espèce compte six sous‑populations existantes (figure 2; tableau 1) dans la partie continentale (parc national de la Pointe‑Pelée, île Walpole et réserve de conservation Bickford Oak Woods) et dans l’île Pelée (réserve naturelle provinciale Fish Point, alvar du chemin Stone et forêt de la pointe Middle) (COSEWIC, 2018). Le Centre d’information sur le patrimoine naturel a évalué une occurrence d’élément à Windsor (au nord de la rue Armanda, à l’est du chemin Matchette), à partir d’une vieille coquille signalée en 2016 (NHIC, 2020), mais on ne sait pas si elle provient d’une sous‑population viable ou si elle a pu être transportée à cet endroit (A. Nicolai, comm. pers., 2023). Dans deux cas (réserve de conservation Bickford Oak Woods et île Walpole), aucun spécimen vivant n’a été observé, mais des coquilles fraîches trouvées en 2013 sont indicatrices de leur présence (COSEWIC, 2018). Selon le rapport de situation de 2018 du COSEPAC, l’espèce était auparavant présente au camp scout de Canard River (au sud de Windsor), dans la zone de protection de la nature Devonwood, dans la réserve naturelle provinciale Lighthouse Point, à Sarnia et à Chatham, mais semble avoir disparu, probablement à cause de la perte d’habitat (COSEWIC, 2018; NHIC, 2020). Aux fins du présent programme de rétablissement, ces sous‑populations sont considérées comme disparues du pays d’après les recherches récentes et répétées des 20 dernières années (tableau 1; COSEWIC, 2018). L’aire de répartition historique s’étendait depuis Sarnia jusqu’à l’île Pelée, vers le sud, jusqu’à la rivière Sainte‑Claire, à l’ouest, et jusqu’à Chatham, à l’est (voir la figure 3 dans COSEWIC, 2018). Latchford (1887; LaRocque, 1938) a introduit une sous‑population à Hull (Gatineau, Québec), mais l’espèce n’y a pas été observée depuis 1937 (Fairbairn, 1937), et ce, malgré des travaux de collecte menés des années 1970 au milieu des années 1990 ainsi qu’en 2016 (COSEWIC, 2018). Cette zone étant désormais urbanisée, il est très peu probable que la sous‑population introduite y persiste. Une mention provenant de Hamilton, en Ontario, a été considérée comme erronée.
La taille actuelle et la taille historique de la population de polyspires rayés au Canada sont inconnues, tout comme les tendances en matière d’abondance. La taille des populations n’a pas pu être déterminée dans le rapport du COSEPAC (COSEWIC, 2018), car la répartition de l’espèce est extrêmement hétérogène. Lors de relevés réalisés en 2016, les parcelles à fortes densités de polyspires rayés n’ont été découvertes que par hasard, car non seulement l’espèce a besoin de microsites humides, mais l’été de cette année-là a été marqué par une sécheresse (COSEWIC, 2018). L’abondance a été calculée pour les sous‑populations de la réserve naturelle provinciale Fish Point (1,25 ± 0,72 individu/m2 ou 0,75 ± 0,37 adulte matures/m2) et du parc national de la Pointe‑Pelée (1,38 ± 0,54 individu/m2 ou 0,5 ± 0,24 adulte mature/m2), mais l’abondance de l’ensemble de la population canadienne est inconnue (COSEWIC, 2018). Les tendances démographiques sont également inconnues. Mahguib (2021) a constaté que six polyspires rayés seraient suffisants pour des études génomiques de la population, ce qui pourrait aider à étayer les estimations et les tendances de la population à l’avenir.
Figure 2. Répartition des sous‑populations de polyspires rayés au Canada.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
NAD 1983 UTM Zone 17N = Système de référence géodésique nord‑américain de 1983, Zone UTM 17N
Description longue
La figure 2 montre la répartition des sous‑populations du polyspire rayé dans le sud de l’Ontario. La carte délimite 6 sous-populations existantes et 5 sous-populations disparues pour un total de 11 sous-populations
| ID de la sous- population | Statut de la sous‑ population | Nom de la sous‑population | Nom du site | Dernière observationa | Commentaires |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Existante | Île Pelée, réserve naturelle provinciale Fish Point | Sans objet | 2018 | Sans objet |
| 2 | Existante | Île Pelée, alvar du chemin Stone | Aire de conservation de l’alvar du chemin Stone (Office de protection de la nature de la région d’Essex) | 2017 | Sans objet |
| 2 | Existante | Île Pelée, alvar du chemin Stone | Porchuck (Conservation de la nature Canada) | 2022 | Sans objet |
| 2 | Existante | Île Pelée, alvar du chemin Stone | Réserve naturelle de l’alvar du chemin Stone (ON Nature) | 2012 | Seules de vieilles coquilles ont été observées. |
| 3 | Existante | Île Pelée – forêt de la pointe Middle | CCN – partie est | 2018 | Coquilles fraîchesb observées. |
| 3 | Existante | Île Pelée – forêt de la pointe Middle | CCN – Novatney | 2019 | Seules de vieilles coquilles ont été observées. |
| 4 | Existante | Parc national de la Pointe-Pelée | Sentier DeLaurier | 2023 | Espèce souvent signalée dans le parc par les visiteurs et le personnel. |
| 4 | Existante | Parc national de la Pointe-Pelée | Sentiers Woodland et West Beach | 2023 | Espèce souvent signalée dans le parc par les visiteurs et le personnel. |
| 5 | Existante | Réserve de conservation Bickford Oak Woods | Sans objet | 2013 | Coquilles fraîches observées. |
| 6 | Existante | Île Walpole | Première Nation de Walpole Island, Prairie Snye | 2013 | Coquilles fraîches observées. |
| 7 | Disparuec | Camp scout de Canard River (sud de Windsor) | Sans objet | 1996 | Aucun individu vivant de l’espèce n’a été trouvé malgré les recherches répétées et récentes des 20 dernières années (COSEWIC, 2018). |
| 8 | Disparue | Île Pelée, réserve naturelle provinciale Fish Point | Sans objet | 1984 | Aucun individu vivant de l’espèce n’a été trouvé malgré les recherches répétées et récentes des 20 dernières années (COSEWIC, 2018). |
| 9 | Disparue | Aire de conservation Devonwood | Sans objet | 1995 | Mention d’un juvénile dans la collection de Grimm. Aucun individu vivant de l’espèce n’a été trouvé malgré les recherches répétées et récentes des 20 dernières années (COSEWIC, 2018). |
| 10 | Disparue | Sarnia | Sans objet | 1859 à 1860 | Emplacement géographique exact inconnu, mais aucun individu vivant de l’espèce n’a été trouvé malgré les recherches répétées et récentes des 20 dernières années (COSEWIC, 2018). |
| 11 | Disparue | Chatham | Sans objet | 1937 | Emplacement géographique exact inconnu, mais aucun individu vivant de l’espèce n’a été trouvé malgré les recherches répétées et récentes des 20 dernières années (COSEWIC, 2018). |
a Données basées sur COSEWIC, 2018 et NHIC, 2020.
b Les coquilles fraîches sont non altérées et d’apparence non blanchie avec un périostracum intact (revêtement extérieur de la coquille) (Pearce, 2008; COSEWIC, 2014b).
c Le statut « disparue » a été appliqué aux sous‑populations où de l’habitat convenable n’est plus présent et/ou des relevés adéquats n’ont pas permis de confirmer la présence de l’espèce (NatureServe, 2002).
3.3 Besoins de l’espèce
3.3.1 Besoins biologiques et besoins en matière d’habitat
Besoins en matière d’habitat
L’habitat du polyspire rayé au Canada est semblable à celui utilisé aux États‑Unis, c’est-à-dire des terrains bas et humides, dans des marais, des plaines inondables, des prés et des rives de lac et d’étang, sous la litière et les dépôts fluviaux (Hubricht, 1985). L’habitat de l’espèce près d’Iowa City est décrit comme étant des marais humides et des îles couvertes de saules et de mauvaises herbes qui sont submergées annuellement par les crues printanières (Pilsbry, 1940). En Illinois, l’espèce se trouve dans les districts densément boisés bordant les berges de cours d’eau ainsi que dans les prairies marécageuses (Strode, 1893). Au Michigan et dans le Wisconsin, l’espèce a été observée avec la même fréquence dans les affleurements rocheux et les forêts des basses et des hautes terres (Nekola, 2003). Au Nebraska, on a noté plusieurs populations dispersées dans une grande zone le long de la rivière Missouri, en particulier sur les berges de cours d’eau (Cadwell, 1971). Au Canada, le polyspire rayé est présent dans les forêts humides des basses terres, en bordure de parcelles périodiquement inondées ou dans des zones humides en permanence (COSEWIC, 2018).
L’habitat de l’espèce en Ontario a été décrit dans le COSEPAC (COSEWIC, 2018) d’après la Classification écologique des terres (CET) (Lee et al., 1998). Dans l’alvar du chemin Stone, l’espèce a été observée dans la savane à chêne bicolore et à chêne jaune, la forêt décidue à érable à sucre sur sol sec à frais, la forêt décidue à chênes et caryers sur sol sec à frais, le boisé décidu de substrat rocheux calcaire sur sol sec à frais et la forêt décidue de basse terre à frêne rouge sur sol frais à humide (COSEWIC, 2018). Dans la réserve naturelle provinciale Fish Point, sa présence a été consignée dans un habitat près d’un marécage, principalement dans la forêt décidue à érable à sucre sur sol sec à humide (COSEWIC, 2018). La réserve de conservation Bickford Oak Woods renferme de l’habitat convenable dans le marécage décidu à chêne bicolore sur sol minéral, le marécage décidu à frêne rouge sur sol minéral, et la forêt décidue à chênes et à érable à sucre sur sol frais à humide (COSEWIC, 2018).
Les récentes études menées en Ontario ont permis de déterminer que la répartition du polyspire rayé au sein d’un habitat est extrêmement hétérogène, étroitement liée au besoin en microsites humides (c.‑à‑d. écorces et troncs en décomposition) pendant la saison sèche (COSEWIC, 2018). L’assèchement régulier de la litière de feuilles pendant les périodes sèches a permis d’observer que le polyspire rayé préférait les gros troncs et les gros morceaux d’écorce, typiques des forêts anciennes (COSEWIC, 2018). Même les abris artificiels, tels que les planches ou la tôle ondulée, ont été préférés à la litière de feuilles, qui peut s’assécher pendant la saison sèche (COSEWIC, 2018).
Pendant les périodes d’inactivité, comme l’hibernation, le polyspire rayé est vulnérable à la noyade en cas d’inondation. Pour cette raison, l’espèce a besoin d’un terrain plus élevé pourvu de litière de feuilles. Des individus affichant ce besoin ont été observés sur des plages (dunes), dans des savanes (par exemple parc national de la Pointe‑Pelée et alvar du chemin Stone), dans des prairies (par exemple île Walpole) ou dans des forêts plus sèches en terrain élevé (par exemple parc national de la Pointe‑Pelée; Pilsbury, 1940; Nekola, 2003; COSEWIC, 2018; A. Nicolai, comm. pers., 2023).
L’éventail du régime alimentaire et le comportement alimentaire du polyspire rayé sont inconnus, mais l’espèce a besoin de matériel végétal frais et cherche probablement sa nourriture sur le sol (COSEWIC, 2018). D’après les observations de Dunster (1992), dans le parc national de la Pointe‑Pelée, le polyspire rayé serait le principal brouteur des plantes en germination (on l’a vu se nourrir sur de jeunes micocouliers rabougris [Celtis tenuifolia], probablement parce que ces dernières sont plus faciles à atteindre pour cet escargot terricole (COSEWIC, 2018). En laboratoire, le polyspire rayé se nourrissait volontiers de laitue et de carottes (Gray et al., 1985), et à l’occasion, il acceptait des charognes et semblait carnivore (Crabb, 1928). Selon Nicolai et al. (2012), le régime carnivore est probablement lié à la période de reproduction, moment où les escargots ont besoin de cholestérol pour la production d’œufs, ou aux périodes de croissance accélérée (Saveanu et al., 2016). Le polyspire rayé n’est pas considéré comme un ravageur des cultures agricoles, sans doute parce qu’il a une préférence pour les milieux ou les forêts humides, et que les zones agricoles ne fournissent pas le microhabitat humide nécessaire à sa survie (COSEWIC, 2018).
Cycle vital et reproduction
Dans l’ensemble, on dispose de peu d’information sur les caractéristiques générales de la biologie de l’espèce (COSEWIC, 2018). Le polyspire rayé est un escargot terrestre pulmoné à hermaphrodisme simultané (possédant des organes reproducteurs mâle et femelle; COSEWIC, 2018). Pendant l’accouplement, le couple de polyspires rayés se retrouve immobilisé jusqu’à neuf heures, et les deux membres échangent du sperme et produisent des œufs (Webb, 1948; COSEWIC, 2018). Il existe une rare possibilité d’autofécondation, comme chez le Neohelix albolabris, qui entraîne un faible succès reproductif (McCracken et Brussard, 2008). On pense que le polyspire rayé se reproduit deux fois par an en Ontario, au milieu du printemps et au milieu de l’été, avec une ponte à la fin du printemps et une autre à la fin de l’été (COSEWIC, 2018). La taille de ponte est inconnue (COSEWIC, 2018), mais les œufs sont déposés dans des trous peu profonds creusés dans le sol humide (Barker, 2001). Les périodes d’éclosion et le comportement des juvéniles sont inconnus.
En général, les escargots croissent pendant les périodes d’activité (du printemps à l’automne) plutôt que pendant celles d’inactivité, comme l’hibernation (Nicolai, 2010). Le polyspire rayé semble être une espèce à courte durée de vie (environ 5-6 ans), compte tenu de son taux de reproduction élevé, de sa coquille mince et de son abondance historiquement élevée dans certains endroits (Bell, 1861; COSEWIC, 2018). La durée d’une génération est probablement d’environ quatre ans (COSEWIC, 2018).
Hibernation et estivation
En Ontario, des polyspires rayés en hibernation ont été observés dans le sol en novembre, et des individus actifs ont été aperçus à la fin avril en 2013, ce qui indique une période d’hibernation probable s’étalant du début octobre à la mi‑avril (COSEWIC, 2018). L’habitat d’hibernation spécifique de l’espèce n’est pas connu, mais d’autres espèces d’escargots terrestres utilisent généralement des dépressions peu profondes recouvertes de litière de feuilles ou de terre à des profondeurs de 5 à 10 cm dans le parterre forestier (Pearce et Örstan, 2006). Certaines espèces qui préfèrent les marais hibernent en grands rassemblements dans des excavations peu profondes, sous des touffes d’herbes mortes (Pilsbry, 1940). Des groupes de polyspires rayés ont été observés enfouis dans la terre ou la litière de feuilles sur le parterre forestier (Leonard, 1959).
L’estivation, généralement provoquée par des périodes de chaleur et de sécheresse prolongées dans les régions tempérées, est une période de dormance pendant laquelle les escargots restent inactifs dans un microhabitat humide, par exemple dans la terre, sous la litière de feuilles et sous des troncs d’arbre (Nicolai et al., 2011). A. Nicolai a observé en août 2016 un polyspire rayé utilisant un épiphragme (structure temporaire légèrement calcifiée servant à couvrir l’ouverture de la coquille) pour s’attacher aux troncs et aux écorces humides sur le sol pendant l’estivation (COSEWIC, 2018).
Physiologie et adaptabilité
Le polyspire rayé semble pouvoir résister à des conditions plus chaudes que les autres espèces; en effet, il est la seule espèce qu’on a observée ramper activement lors de journées chaudes (Leonard, 1959). Pendant l’hiver, le polyspire rayé utilise deux stratégies pour faire face aux températures glaciales : la tolérance au gel et l’évitement du gel (COSEWIC, 2018). Il fait preuve de tolérance au gel du printemps à l’automne, où son point de surfusion (température à laquelle les fluides organiques commencent à geler) est de ‑3 °C, et d’évitement du gel durant l’hibernation, où son point de surfusion varie de ‑12 à ‑16 °C, grâce à l’accumulation de glucose comme cryoprotecteur (Franke, 1985; COSEWIC, 2018). Ces stratégies augmentent vraisemblablement le taux de survie hivernale du polyspire rayé, avec ou sans neige (COSEWIC, 2018). Les refuges hivernaux qui offrent un tampon contre les conditions environnementales (température et humidité) sont importants pour la survie des escargots, en particulier pendant les épisodes répétés de gel et de dégel, réputés réduire la survie et la reproduction (Nicolai et Sinclair, 2013; COSEWIC, 2018).
3.3.2 Facteurs limitatifs
En Ontario, le polyspire rayé se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition, dont l’expansion vers le nord est probablement limitée par les hivers rigoureux, mais encore plus par la perte et la fragmentation d’habitat causées par l’humain (Gibson et al., 2009) ainsi que par des obstacles physiques, comme les grandes étendues d’eau (COSEWIC, 2018). La capacité de dispersion du polyspire rayé est inconnue, mais elle est probablement faible et limite le flux génique entre les sous‑populations (COSEWIC, 2018). Un facteur limitatif de la croissance de la population et de la persistance des escargots terrestres en général est probablement la disponibilité de refuges humides, en particulier ceux utilisés pendant l’hibernation et l’estivation, qui protègent des fluctuations environnementales (Burch et Pearce, 1990; COSEWIC, 2018).
4. Menaces
4.1 Évaluation des menaces
L’évaluation des menaces pesant sur le polyspire rayé se fonde sur la version 2.0 du système unifié de classification des menaces de l’IUCN‑CMP (Union internationale pour la conservation de la nature-Partenariat pour les mesures de conservation) (Salafsky et al., 2008). Les menaces sont définies comme étant les activités ou les processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou pourraient entraîner la destruction, la dégradation et/ou la détérioration de l’entité évaluée (population, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d’intérêt (mondiale, nationale ou infranationale). Ce processus d’évaluation ne tient pas compte des facteurs limitatifs. Aux fins de l’évaluation des menaces, seules les menaces actuelles et futures (échéancier de dix ans) sont considérées. Les menaces historiques, les effets indirects ou cumulatifs des menaces ou toute autre information pertinente qui aiderait à comprendre la nature des menaces sont présentés dans la section Description des menaces. L’évaluation de la menace a été effectuée pour éclairer l’évaluation de la situation du COSEPAC en 2018 et a été mise à jour à la suite de nouvelles observations de polyspires rayés.
| Menacea | Description de la menace | Impactb | Portéec | Gravitéd | Immédiatetée |
|---|---|---|---|---|---|
| 4 | Corridors de transport et de service | Négligeable | Négligeable | Négligeable | Élevée |
| 4.1 | Routes et voies ferrées | Négligeable | Négligeable | Négligeable | Élevée |
| 4.2 | Lignes de services publics | Négligeable | Négligeable | Négligeable | Faible |
| 6 | Intrusions et perturbations humaines | Faible | Restreinte | Modérée | Élevée |
| 6.1 | Activités récréatives | Faible | Restreinte | Modérée | Élevée |
| 6.3 | Travail et autres activités | Négligeable | Restreinte | Négligeable | Élevée |
| 7 | Modifications des systèmes naturels | Faible | Petite | Légère | Modérée |
| 7.1 | Incendies et suppression des incendies | Faible | Petite | Légère | Modérée |
| 7.3 | Autres modifications de l’écosystème | Inconnu | Grande | Inconnue | Élevée |
| 8 | Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques | Inconnu | Grande | Inconnue | Élevée |
| 8.1 | Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes | Inconnu | Grande | Inconnue | Élevée |
| 9 | Pollution | Négligeable | Négligeable | Négligeable | Élevée |
| 9.3 | Effluents agricoles et sylvicoles | Négligeable | Négligeable | Négligeable | Élevée |
| 11 | Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents | Moyen-faible | Généralisée | Modérée-légère | Élevée |
| 11.1 | Déplacement et altération de l’habitat | Petite | Petite | Faible | Élevée |
| 11.2 | Sécheresses | Moyen-faible | Généralisée | Modérée-légère | Élevée |
| 11.3 | Températures extrêmes | Moyen-faible | Généralisée | Modérée-légère | Élevée |
| 11.4 | Tempêtes et inondations | Faible | Petite | Légère | Élevée |
a Les menaces sont numérotées selon le système de classification de l’UICN. Seules les menaces qui sont pertinentes à l’espèce sont présentées dans le tableau et la section 4.2 Description des menaces.
b Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. Le calcul de l’impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce, ou de la diminution/dégradation de la superficie d’un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l’impact ne peut être déterminé (par exemple lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l’impact n’est pas calculé lorsque la menace se situe en dehors de la période d’évaluation (par exemple l’immédiateté est non significative/négligeable ou faible puisque la menace n’existait que dans le passé); négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n’est pas une menace : lorsque la valeur de la gravité est neutre ou qu’il y a un avantage possible.
c Portée – Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71 à 100 %; grande = 31 à 70 %; restreinte = 11 à 30 %; petite = 1 à 10 %; négligeable < 1 %).
d Gravité – Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population) que causera vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations (extrême = 71 à 100 %; élevée = 31 à 70 %; modérée = 11 à 30 %; légère = 1 à 10 %; négligeable < 1 %; neutre ou avantage possible ≥ 0 %).
e Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme [> 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); non significative/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.
4.2 Description des menaces
L’impact global des menaces pour cette espèce est moyen‑faibleNote de bas de page 10 (COSEWIC, 2018). Cette menace globale tient compte des effets cumulatifs de multiples menaces. Les menaces sont présentées dans le même ordre que dans le tableau de classification des menaces (tableau 2). La portée, la gravité et/ou l’impact de nombreuses menaces possibles sont inconnus. Ce résultat est prévisible compte tenu des lacunes dans les connaissances au sujet du polyspire rayé.
Les principales menaces qui pèsent sur le polyspire rayé sont les changements climatiques, les modifications des systèmes naturels et les intrusions et perturbations humaines (COSEWIC, 2018). Ces menaces ont été réorganisées pour correspondre à la version 2.0 du système unifié de classification des menaces de l’UICN‑CMP, et leur impact est indiqué entre parenthèses à la fin de chaque sous‑titre désignant une sous‑catégorie de menace. Les menaces considérées comme négligeables par le COSEPAC ne sont pas incluses. Il s’agit notamment des corridors de transport et de service (menace 4), des intrusions et des perturbations humaines (travail et autres activités; menace 6.3) et la pollution (menace 9).
Menace 6 de l’UICN‑CMP : Intrusions et perturbations humaines
Menace 6.1 : Activités récréatives (impact faible)
Les tendances mondiales en matière de tourisme et d’écotourisme continuent d’augmenter, et le tourisme dans l’île Pelée s’est développé depuis l’expansion du service de traversier en 1992, et de nouveau en 2018 (Ontario Newsroom, 2015). L’île attire chaque année plus de 60 000 visiteurs et résidents (Ontario Newsroom, 2015). La réserve naturelle provinciale Fish Point et l’alvar du chemin Stone sont des destinations écotouristiques populaires dans l’île Pelée. On estime à 7 500 le nombre de visiteurs annuels à la réserve naturelle provinciale Fish Point (Ontario Parks, 2005). Le parc est ouvert toute l’année, et la plupart des visiteurs empruntent les sentiers principaux, qui totalisent plus de 10 km dans l’habitat du polyspire rayé (COSEWIC, 2018). Le parc national de la Pointe‑Pelée accueille annuellement plusieurs centaines de milliers de visiteurs; ce nombre a augmenté de près de 20 % sur une période de 5 ans (COSEWIC, 2018). Le piétinement des escargots par les promeneurs a été noté à plusieurs reprises lors des travaux de terrain de 2013 à 2017, mais le nombre exact n’a pas été étudié (COSEWIC, 2018). On a observé des polyspires rayés se déplaçant sur les routes à la recherche de nourriture, en particulier le matin par temps humide et les lendemains de pluie, du printemps à l’automne (COSEWIC, 2018). Leur coloration fait que les piétons ont du mal à les voir, car ils se confondent avec la litière de feuilles.
La menace du piétinement est également présente dans l’alvar du chemin Stone et la forêt de la pointe Middle de la réserve de conservation Bickford Oak Woods (île Pelée), mais elle est nettement plus faible en raison du nombre moins élevé de visiteurs et des densités estimées d’escargots (COSEWIC, 2018).
Menace 7 de l’UICN‑CMP : Modifications des systèmes naturels
Menace 7.1 : Incendies et suppression des incendies (impact faible)
Les brûlages dirigés sont un outil de gestion important pour la conservation des prairies et des forêts (Williams, 2000). Ils sont utilisés pour limiter l’invasion par des espèces exotiques (Brooks et Lusk, 2008) et pour favoriser la croissance et la reproduction des espèces indigènes des prairies (Towne et Owensby, 1984). Les brûlages ont des effets directs et indirects sur la survie des organismes terricoles, dont les escargots (Nekola, 2002), en réduisant et en modifiant les substrats organiques servant d’abris, en augmentant l’évaporation du sol et en détruisant la partie supérieure du sol et la litière de feuilles, qui peuvent abriter ces organismes (Bellido, 1987; Knapp et al., 2009). Des parties de l’alvar du chemin Stone dans l’île Pelée ont été touchées par des brûlages dirigés effectués par Ontario Nature et l’Office de protection de la nature de la région d’Essex en 1993, 1997, 1999 et 2005 (NCC, 2008). En 2019, Ontario Nature a effectué des brûlages dirigés, de même qu’une étude d’impact, qui comprenait un suivi des escargots. Ces études ont montré que les brûlages entraînaient une certaine mortalité des gastéropodes, mais que l’impact sur les escargots était faible étant donné la répartition éparse des incendies. La recolonisation semblait rapide (les densités qui existaient avant les brûlages ont été atteintes de nouveau trois ans après ceux‑ci), car l’habitat brûlé était entouré d’un habitat non brûlé (Nicolai, données inédites). Les conséquences sur les populations d’escargots peuvent être réduites en suivant les lignes directrices relatives à la fréquence, à l’intensité, à la répartition et au calendrier des brûlages dirigés (voir MN DNR, 2013). L’impact direct des brûlages sur les populations d’escargots peut être réduit lorsque l’habitat est répandu et que la recolonisation à partir de zones non brûlées est possible (Kiss et Magnin, 2003, 2006). Cependant, lorsque les zones d’habitat sont petites, les grands feux sont considérés comme néfastes pour les sous‑populations, tandis que les petits feux épars limités à une zone plus petite seraient moins nuisibles (COSEWIC, 2018). Les brûlages dirigés en automne ou en hiver sont recommandés, car les escargots sont alors en hibernation dans le sol (A. Nicolai, comm. pers.). Strode (1983) a noté que le polyspire rayé était abondant dans une prairie marécageuse récemment brûlée et a supposé que les escargots avaient survécu au feu, à l’abri sous des troncs d’arbres ou dans des touffes d’herbe n’ayant pas brûlé. Un feu de prairie est peut‑être moins intense qu’un feu d’arbustaie ouverte, qui peut réduire la couche de litière (microsites agissant comme zones tampons) et donc diminuer la résistance des escargots à des conditions météorologiques non convenables (COSEWIC, 2018). Les incendies d’automne dans les savanes ou les zones marécageuses peuvent affecter la survie des polyspires rayés à la fois directement et indirectement à cause des températures du sol plus élevées qui seraient atteintes, comparativement à celles atteintes lors d’incendies de printemps (MN DNR, 2013). En revanche, des brûlages dirigés dans les savanes pourraient également augmenter les sources de nourriture végétale pour le polyspire rayé (COSEWIC, 2018).
Dans le parc national de la Pointe‑Pelée, certaines parties de la forêt et du boisé ont été brûlées pour retransformer en savanes des zones que les premiers colons avaient converties en terres arables (COSEWIC, 2018). Les brûlages dirigés sont de faible envergure, mais peuvent fragmenter l’habitat convenable pour le polyspire rayé, compte tenu de la faible superficie de celui-ci. À l’heure actuelle, on ne sait pas dans quelle mesure l’espèce peut supporter la fragmentation de l’habitat. Cependant, les brûlages dirigés peuvent être bénéfiques pour le polyspire rayé, en augmentant son habitat d’alimentation, en particulier lors de la gestion des boisés semi‑ouverts pour la remise en état de la savane le long de la rive ouest du parc (COSEWIC, 2018).
Menace 7.3 : Autres modifications de l’écosystème (impact inconnu)
Il existe plusieurs inconnues quant aux effets des plantes envahissantes sur le polyspire rayé et son habitat. Les espèces végétales envahissantes sont préoccupantes, car elles peuvent empêcher l’établissement de plantes indigènes, entraîner le déplacement d’espèces végétales indigènes, modifier le cycle des nutriments du sol et entraver les activités de remise en état (Berger et al., 2004; Vidra et al., 2007; Boutin et al., 2011; Stoll et al., 2012; Catling et al., 2015). Plusieurs espèces végétales très envahissantes dans le sud de l’Ontario, notamment l’alliaire officinale (Alliaria petiolate), sont présentes dans l’île Pelée (NCC, 2008). On sait que l’alliaire officinale peut entraîner le déplacement de la végétation indigène et modifier le cycle des nutriments dans le sol, ce qui ralentit le rétablissement d’espèces végétales indigènes comme les fleurs sauvages éphémères de printemps (Catling et al., 2015). L’effet de ces espèces végétales envahissantes sur les populations d’escargots n’est pas encore connu. Dans certains cas, les plantes exotiques envahissantes peuvent entraîner une diminution de l’abondance des escargots en voie de disparition (Stoll et al., 2012), notamment si elles déplacent les sources de nourriture indigènes des escargots. En revanche, les plantes envahissantes peuvent également avoir un effet positif sur la diversité des escargots (Utz et al., 2018), notamment dans les cas où elles constituent une nouvelle source de nourriture. Le polyspire rayé semble se nourrir volontiers de différentes sources de nourriture (COSEWIC, 2018).
Les lombrics ne sont pas indigènes au Canada et ont probablement été introduits en Amérique du Nord entre le 16e et le 19e siècle (CABI, 2016). Les lombrics envahissants sont présents dans l’ensemble de l’habitat du polyspire rayé (Reynolds, 2011; Evers et al., 2012), mais leurs conséquences directes sur l’espèce sont inconnues. Les lombrics non indigènes ont modifié l’habitat du parterre forestier en réduisant ou en éliminant la couche naturelle de litière de feuilles ainsi qu’en creusant dans le sol minéral et en mêlant celui‑ci à la couche organique en surface (CABI, 2016). À cause de ces modifications de l’habitat, les lombrics envahissants peuvent modifier indirectement les communautés d’escargots terrestres (Forsyth et al., 2016). Les lombrics envahissants sont présents sur la rive nord du lac Érié (Evers et al., 2012), dans l’île Pelée (Reynolds, 2011) et ailleurs en Ontario (Reynolds, 2014), mais des changements dans la litière de feuilles ou le parterre forestier n’ont pas encore été signalés. Les lombrics du genre Amynthas, qui sont connus pour éliminer rapidement la litière de feuilles où vivent les escargots (Qiu et Turner, 2017), ont été introduits dans le comté d’Essex depuis l’Asie (Reynolds, 2014).
Menace 8 de l’UICN‑CMP : Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques
Menace 8.1 : Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes (impact inconnu)
Les gastéropodes terrestres exotiques constituent également une menace potentielle pour le polyspire rayé (Whitson, 2005; Grimm et al., 2010) par l’agression (Kimura et Chiba, 2010), les effets de densité de même que la compétition pour la nourriture (Baur et Baur, 1990) et pour les abris (COSEWIC, 2018). Plusieurs espèces de gastéropodes exotiques sont répandues dans le sud de l’Ontario, notamment la limace brune (Arion fuscus), la petite limace grise (Deroceras reticulatum) et l’escargot des bois (Cepaea nemoralis). La présence de l’escargot des bois et de plusieurs espèces de limaces envahissantes est avérée dans le parc national de la Pointe‑Pelée et la réserve naturelle provinciale Fish Point (COSEWIC, 2014). Le grand luisant (Oxychilus draparnaudi), espèce d’escargot carnivore, est présent dans les îles du lac Érié et à Sarnia (COSEWIC, 2018). Cette espèce peut être prédatrice du polyspire rayé s’il se trouve dans le même habitat (COSEWIC, 2018).
Les oiseaux introduits dans certaines parties de l’Ontario pour la chasse récréative peuvent constituer une menace pour le polyspire rayé. C’est le cas du Dindon sauvage (Meleagris gallopavo) et du Faisan de Colchide (Phasianus colchicus), deux espèces omnivores qui se nourrissent d’escargots et qui sont susceptibles de perturber l’habitat en grattant le sol lorsqu’elles cherchent de la nourriture (Sandilands, 2005). Ces oiseaux ont récemment été désignés comme des menaces permanentes pour d’autres escargots en voie de disparition (COSEWIC, 2017, 2017, 2019 a, 2019b). Une étude récente menée dans le parc national de la Pointe‑Pelée a permis d’évaluer le régime alimentaire du Dindon sauvage au moyen d’analyses d’échantillons fécaux; le polyspire rayé n’y a pas été détecté (PCA, 2022). L’impact de cet oiseau sur le polyspire rayé est inconnu, mais pourrait être élevé puisque ce dernier est plus actif que d’autres espèces d’escargots (escargot galuchat [Inflectarius inflectus] et gobelet dentelé [Mesodon zaletus]).
Menace 11 de l’UICN‑CMP : Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents
Les menaces liées aux changements climatiques ont été établies (COSEWIC, 2018) d’après le cadre d’évaluation de la vulnérabilité des espèces aux changements climatiques de Foden et al. (2013). Selon ce cadre, le polyspire rayé peut être considéré comme étant très vulnérable aux changements climatiques pour trois raisons : 1) il est exposé aux changements climatiques (gels printaniers, absence de couverture neigeuse, sécheresses); 2) il est sensible (c’est une espèce spécialiste en matière d’habitat, c’est-à-dire qui nécessite un habitat et des conditions de microhabitat précis); 3) sa capacité d’adaptation est faible (faibles possibilités de dispersion extrinsèque, en raison de l’habitat restreint disponible) (COSEWIC, 2018).
Menace 11.1 : Déplacement et altération de l’habitat (impact faible)
De grandes parties des sous‑populations de la réserve naturelle provinciale Fish Point et du parc national de la Pointe‑Pelée pourraient être menacées par la perte de sable (érosion). Les processus riverains observés par le passé le long de la pointe Pelée ont entraîné une érosion nette minimale du côté est de la péninsule et une accumulation de sable équilibrée du côté ouest. Au cours des dernières décennies, l’érosion des rives des deux côtés de la péninsule s’est considérablement accélérée sous l’effet de perturbations anthropiques des processus riverains naturels, par exemple, l’aménagement de structures qui interfèrent avec les mouvements naturels du sable, le durcissement des rives et l’appauvrissement en sable (Baird and Associates Coastal Engineers Ltd., 2010; BaMasoud et Byrne, 2011). Deux phénomènes exacerbés par les changements climatiques, à savoir la réduction de la couverture de glace en hiver et la hausse de la fréquence des tempêtes violentes qui génèrent de grandes vagues et des ondes de tempête, peuvent avoir un effet négatif sur la disponibilité de milieux riverains sablonneux (Wuebbles et al., 2020). L’altération des processus par les changements climatiques peut influer sur la disponibilité de milieux forestiers humides utilisés par le polyspire rayé. De 2010 à 2017, 12 ha de milieux riverains ont été perdus (Parks Canada Agency, 2019), et on estime que 126 ha d’habitat seront perdus dans le parc national de la Pointe‑Pelée (Baird and Associates Coastal Engineers Ltd., 2010) et que l’extrémité de la pointe reculera de 50 m (BaMasoud et Byrne, 2011) au cours des 50 prochaines années. La version provisoire du plan directeur du parc national de la Pointe‑Pelée prévoit une participation active aux initiatives régionales d’aménagement du territoire afin de s’attaquer à l’érosion des rives et aux répercussions des changements climatiques (Parks Canada Agency, 2020).
Un processus similaire est en cours dans la réserve naturelle provinciale Fish Point, mais aucune donnée quantitative n’est actuellement disponible (Kamstra et al. 1995; Oldham, obs. pers. dans COSEWIC, 2014a). Les effets de l’érosion observés dans la réserve naturelle provinciale Fish Point de 2013 à 2017 comprennent la perte d’arbres et l’incursion d’eau lacustre dans la partie sud de la pointe, soit dans la zone humide qui abrite la majeure partie de la population de polyspires rayés (COSEWIC, 2018). Une tempête survenue à l’hiver 2019 a érodé une grande partie de l’extrémité sud de la pointe Fish, privant l’espèce d’un milieu humide important qu’elle utilisait principalement pendant les périodes de sécheresse. Il convient de mentionner que l’espèce n’a été détectée que dans cette zone lors des relevés réalisés au cours de l’été très sec de 2016 (COSEWIC, 2018). Le déplacement de l’habitat est un processus long et lent, mais il pourrait toucher la majeure partie de la sous‑population de la réserve naturelle provinciale Fish Point et une plus petite proportion de la sous‑population du parc national de la Pointe‑Pelée.
Menace 11.2 : Sécheresses; menace 11.3 : Températures extrêmes (impact moyen‑faible pour les deux)
La sécheresse et les températures élevées peuvent amener les escargots à des limites physiologiques critiques, ce qui augmente le risque de dessiccation et de mortalité. Les escargots ont développé des stratégies pour faire face à la sécheresse, mais ces stratégies ont souvent un coût énergétique élevé, auquel s’ajoute leur capacité limitée à s’alimenter et à se reproduire pendant les épisodes de sécheresse (Nicolai et Ansart, 2017).
Les escargots peuvent être vulnérables à une hausse des températures moyennes accompagnée d’une augmentation de l’incidence des sécheresses (Pearce et Paustian, 2013), deux phénomènes qui devraient se produire plus fréquemment dans le sud‑ouest de l’Ontario, ainsi qu’à d’autres phénomènes météorologiques extrêmes comme les inondations et les températures extrêmes (Varrin et al., 2007). Les relevés de 2016 ont été effectués pendant une période de sécheresse, et le nombre de polyspires rayés observés était plus faible qu’en 2015, ce qui pourrait indiquer que l’espèce est vulnérable à la sécheresse (COSEWIC, 2018). Il semble que le polyspire rayé soit capable de tolérer les périodes chaudes et sèches, pourvu qu’un abri soit disponible (COSEWIC, 2018). Même si l’espèce a une bonne résistance au froid, elle est vulnérable au gel printanier, phénomène dont la fréquence augmente sous l’effet de la hausse des températures (Augspurger, 2013). Nicolai (données inédites) a constaté que la mortalité chez les escargots pouvait atteindre 90 % lors d’épisodes de gel printanier dans des zones sans couverture neigeuse. La couverture neigeuse est importante, car elle offre une protection pendant l’hibernation et son absence peut entraîner une augmentation des taux de mortalité chez les escargots (Nicolai et Ansart, 2017). Il est difficile de déterminer comment le polyspire rayé réagira aux sécheresses et aux changements de température prévus dans son aire de répartition, mais il ne fait aucun doute que cette menace continuera de peser sur l’espèce.
Menace 11.4 : Tempêtes et inondations (impact faible)
De fortes précipitations survenues après une période de faibles niveaux d’eau dans les lacs ont entraîné une augmentation des niveaux d’eau dans toute la région des Grands Lacs, ce qui a probablement dépassé la capacité de régulation du bassin (Wuebbles et al., 2020). De 2013 à 2020, le niveau du lac Érié a augmenté de 0,83 m (Gharib et al., 2021). Des niveaux d’eau élevés dans les lacs et des crues printanières ont été observés dans le parc national de la Pointe‑Pelée. La majorité des crues ont entraîné des inondations temporaires (c.‑à‑d. que la végétation a été submergée pendant quelques heures) et concentrées dans des zones forestières humides et marécageuses considérées comme de l’habitat convenable pour le polyspire rayé (Dobbie, comm. pers., 2021). La plupart de ces inondations ont été observées près de l’extrémité de la pointe Pelée, où une petite partie des milieux forestiers a été détruite par l’érosion (Dobbie, comm. pers., 2021). De telles inondations peuvent entraîner la mortalité directe de polyspires rayés ainsi qu’une érosion accrue de l’habitat de l’espèce (Dobbie, comm. pers., 2021).
Les sous‑populations de l’île Pelée et de la réserve de conservation Bickford Oak Woods occupent des forêts humides inondées de façon saisonnière (NCC, 2008; MNR, 2009). Dans l’île Pelée, toutes les espèces d’escargots indigènes ne se rencontrent que sur les quatre anciennes îles rocheuses, et elles ne sont plus présentes dans les zones qui abritaient autrefois des milieux humides, qui ont été endigués et drainés en grande partie pour l’agriculture (COSEWIC, 2018). Les précipitations augmenteront sous l’effet des changements climatiques, ce qui donnera lieu à une hausse de la fréquence des inondations et de la superficie des zones touchées par celles‑ci, phénomènes qui pourraient entraîner une mortalité accrue chez les escargots (COSEWIC, 2018). Les escargots sont particulièrement susceptibles d’être touchés pendant les périodes d’inactivité, notamment l’hibernation, au cours de l’hiver et au début du printemps (COSEWIC, 2018). Les inondations hivernales et printanières peuvent entraîner une augmentation de la mortalité, et ce, même si le polyspire rayé n’est présent que dans les forêts humides (COSEWIC, 2018).
5. Objectif en matière de population et de répartition
Aux termes de la LEP, un objectif en matière de population et de répartition doit être établi pour les espèces inscrites comme étant en voie de disparition, menacées ou disparues du pays lorsque le rétablissement est jugé réalisable. L’objectif en matière de population et de répartition pour le polyspire rayé vise à réduire le risque de disparition de l’espèce du pays par les moyens suivants :
- Arrêter le déclin de la qualité de l’habitat des sous‑populations existantes afin de maintenir l’aire de répartition de l’espèce au Canada.
Le polyspire rayé a été désigné « espèce en voie de disparition » par le COSEPAC parce que son aire de répartition est petite, d’après la zone d’occurrence et l’indice de zone d’occupation (IZO), qu’un déclin continu de la qualité de son habitat est prévu, et qu’il n’est présent que dans quatre à six localitésNote de bas de page 11 au Canada. La taille et les tendances de la population sont inconnues actuellement, mais le nombre d’individus matures devrait continuer de diminuer. Cela compromet la redondance, qui est une caractéristique de survie importante.
L’information accessible donne à penser que le polyspire rayé a toujours été rare dans son aire de répartition limitée au Canada. La zone d’occurrence et l’IZO sont petits, et il est peu probable qu’ils dépassent un jour les seuils fixés pour la catégorie « espèce en voie de disparition ». Par conséquent, le nombre de sous‑populations et la superficie de l’habitat qui soutient chaque sous‑population feront partie des paramètres de maintien de l’aire de répartition liés à l’objectif en matière de population et de répartition. La première approche pour renforcer la redondance consiste à améliorer la qualité de l’habitat et à contrer les principales menaces qui pèsent sur les sous‑populations existantes. Les activités de remise en état du microhabitat et de l’habitat à l’échelle du paysage sont le meilleur moyen d’y parvenir, car elles permettront de s’assurer que l’habitat soutient adéquatement le cycle vital de l’espèce, ce qui pourrait donner lieu à une augmentation naturelle du nombre d’individus matures au fil du temps. Les parcelles d’habitat restantes sont suffisamment vastes pour abriter des sous‑populations viables de polyspires rayés, mais la distance qui les sépare des autres parcelles d’habitat dépasse vraisemblablement la capacité de dispersion de l’espèce. Les activités qui réduisent la fragmentation de l’habitat, par l’amélioration de la qualité de l’habitat et d’éléments du microhabitat ainsi que la remise en état de parcelles d’habitat avoisinantes, favoriseront les déplacements locaux au sein des sous‑populations existantes.
Les répercussions des menaces qui pèsent sur le polyspire rayé demeurent incertaines. Il pourrait être possible de contrer certaines menaces anthropiques, mais les effets à long terme des changements climatiques et l’évolution des conditions écologiques restent inconnus. Toutefois, la mise en œuvre des mesures décrites ci‑dessus pour renforcer la redondance devrait contribuer à maintenir la répartition actuelle de l’espèce au Canada.
6. Stratégies et approches générales pour l’atteinte de l’objectif
6.1 Mesures achevées ou en cours
Outre les relevés généraux de gastéropodes réalisés entre 2013 et 2017, des relevés ciblant le polyspire rayé ont été effectués entre 2014 et 2017 pour appuyer le processus d’évaluation de la situation de l’espèce du COSEPAC. Des activités de sensibilisation et de suivi des gastéropodes ont été réalisées, notamment un suivi d’Ontario Nature pour évaluer les répercussions des brûlages dirigés dans l’alvar du chemin Stone sur les espèces en péril en 2019 ainsi que des relevés ciblés de gastéropodes en 2022 et en 2023.
Le polyspire rayé et son habitat sont protégés en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. L’espèce est présente dans des aires protégées qui sont gérées aux fins de conservation. Sur les terres de l’île Pelée gérées par Conservation de la nature Canada, des mesures sont prises pour améliorer l’habitat des gastéropodes et sensibiliser le public aux espèces en péril. De plus, des espèces de gastéropodes en péril font l’objet d’un suivi dans le parc national de la Pointe‑Pelée (depuis 2015) et l’île Pelée (pointe Fish, de 2013 à 2016). Des mesures de gestion de nombreuses espèces envahissantes, dont l’alliaire officinale et la centaurée maculée, sont en cours dans le parc national de la Pointe‑Pelée. Ces dernières années, les responsables du parc ont privilégié des techniques de gestion axées sur le paysage afin d’améliorer la santé globale de l’habitat, plutôt que de prendre des mesures de gestion spécifiques (Parks Canada, 2012).
6.2 Orientation stratégique pour le rétablissement
Les mesures de rétablissement du polyspire rayé sont énumérées dans le tableau 3. Ces mesures visant notamment à réduire le risque de disparition de l’espèce du pays et à contrer les menaces qui pèsent sur elle afin d’atteindre l’objectif en matière de population et de répartition énoncé à la section 5. Les mesures de conservation ont été classées selon la version 2.0 du système de classification des mesures de conservation élaboré par le Partenariat pour les mesures de conservation (CMP, 2016).
La première catégorie de mesures de rétablissement concerne la gestion directe de l’espèce et de son habitat. Les mesures axées sur l’habitat consistent principalement à mettre en œuvre des plans visant à contrôler les espèces envahissantes et à préserver le couvert forestier pour répondre aux besoins du polyspire rayé en matière d’habitat, à réduire les effets directs et indirects des activités récréatives sur l’espèce et à favoriser la dispersion locale de celle‑ci.
La deuxième catégorie de mesures de rétablissement concerne le changement des comportements humains. Ces mesures consistent à promouvoir l’intendance de l’habitat sur les terres privées auprès des propriétaires fonciers et des gestionnaires de terres, et à sensibiliser les visiteurs aux menaces qui pèsent sur le polyspire rayé dans le but d’atténuer les répercussions sur l’espèce.
La troisième catégorie de mesures de conservation concerne les activités de planification et de recherche qui permettront de mettre en œuvre avec succès les activités de gestion et de sensibilisation décrites ci‑dessus, de prévenir d’autres effets néfastes sur l’espèce, et d’effectuer un suivi de l’abondance de l’espèce et de l’état des menaces à l’échelle des sous‑populations. Ces mesures comprennent l’élaboration de plans d’action ou de gestion pour les sous‑populations et leur inclusion dans la planification de la conservation à l’échelle régionale. Ces mesures consistent également à cerner les principales lacunes dans la recherche sur la biologie de l’espèce, ses besoins en matière d’habitat et les menaces qui pèsent sur elle, à élaborer et à mettre en œuvre un protocole de suivi normalisé, et à évaluer l’efficacité des mesures de conservation pour gérer l’espèce selon une approche adaptative.
Pour atteindre l’objectif en matière de population et de répartition, les mesures de conservation sont organisées en stratégies générales (les numéros font référence à la classification des actions de conservation, version 2.0, du Partenariat pour les mesures de conservation [CMP, 2016]).
Tableau 3. Tableau de planification du rétablissement
| Stratégie généralea | Description générale de l’approche | Prioritéb | Menace, préoccupation ou facteur limitatif ciblé |
|---|---|---|---|
| 1.1 Gestion des sites/zones | Mettre en œuvre des plans de gestion des espèces envahissantes (enlèvement des plantes envahissantes) afin de réduire au minimum la perte des sources de nourriture indigènes. | Faible | 7.3 Autres modifications de l’écosystème |
| 1.1 Gestion des sites/zones | Mettre en œuvre des pratiques de gestion forestière exemplaires pour favoriser la santé et la résilience du couvert forestier. | Élevée | 7.3 Autres modifications de l’écosystème 11.2 Sécheresses 11.3 Températures extrêmes |
| 1.1 Gestion des sites/zones | Mettre en œuvre des approches de gestion des visiteurs afin d’éviter ou de réduire les effets des activités récréatives (par exemple piétinement, compactage du sol, enlèvement des morceaux de bois) sur le polyspire rayé. Les mesures peuvent comprendre la fermeture temporaire de certains tronçons de sentiers après la pluie, l’aménagement de nouveaux sentiers adaptés et l’installation de panneaux de signalisation ou de clôtures. | Moyenne | 6.1 Activités récréatives |
| 1.2 (Re)création d’écosystèmes et de processus naturels | Remettre en état les milieux humides de l’île Pelée, en particulier le milieu humide à l’extrémité de la réserve naturelle provinciale Fish Point, qui est sujet à l’érosion causée par les tempêtes. | Élevée | 11.2 Sécheresses |
| 1.2 (Re)création d’écosystèmes et de processus naturels | Aménager des corridors dans les zones occupées par les sous‑populations et entre celles‑ci (si possible) au moyen de haies, de bosquets, d’étangs ou de petits milieux humides, et créer du microhabitat convenable et accessible pour les sous‑populations existantes. | Élevée | Accroissement de la connectivité et du flux génique |
| 1.2 (Re)création d’écosystèmes et de processus naturels | Créer des corridors pour les sous‑populations (par exemple structures de franchissement sous les routes). | Moyenne | 4.1 Routes et voies ferrées Flux génique |
| Stratégie généralea | Description générale de l’approche | Prioritéb | Menace, préoccupation ou facteur limitatif ciblé |
|---|---|---|---|
| 2.1 Gestion des espèces | Si cela est jugé nécessaire, mettre en œuvre des plans à l’échelle des sous‑populations pour réduire l’abondance des espèces prédatrices ou concurrentes introduites. | Moyenne | 8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes 8.2 Espèces indigènes problématiques |
| 2.1 Gestion des espèces | Mettre en œuvre des plans de remise en état de l’habitat à l’échelle des sous‑populations afin d’accroître la quantité d’abris humides (par exemple troncs d’arbres, gros morceaux d’écorce et autres matières ligneuses sur le sol) et de gîtes d’hibernation (par exemple terrain élevé pourvu de litière de feuilles). | Élevée | 11.2 Sécheresses 11.3 Températures extrêmes |
| Stratégie généralea | Description générale de l’approche | Prioritéb | Menace, préoccupation ou facteur limitatif ciblé |
|---|---|---|---|
| 3.1 Sensibilisation et communications | Promouvoir l’intendance de l’habitat sur les terres privées (par exemple, laisser en place les troncs d’arbres et les plantes indigènes pour maintenir la couverture végétale, préserver les milieux forestiers humides). | Moyenne | Facilitation de l’expansion des sous‑populations |
| 3.1 Sensibilisation et communications | Élaborer du matériel d’éducation et de sensibilisation afin d’accroître les connaissances du public sur le polyspire rayé et son habitat au Canada, dans le but de sensibiliser la population aux menaces qui pèsent sur l’espèce, de réduire au minimum les répercussions des activités récréatives et de faciliter l’identification de l’espèce. | Moyenne | 6.1 Activités récréatives |
| Stratégie généralea | Description générale de l’approche | Prioritéb | Menace, préoccupation ou facteur limitatif ciblé |
|---|---|---|---|
| 6.4 Planification de la conservation | Élaborer des plans à l’échelle des sous‑populations pour réduire au minimum les répercussions du piétinement. | Moyenne | 6.1 Activités récréatives |
| 6.4 Planification de la conservation | Élaborer un plan de gestion des espèces végétales envahissantes pour chaque sous‑population sur laquelle pèse cette menace. | Moyenne | 8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes |
| 6.4 Planification de la conservation | Déterminer l’ordre de priorité des sous‑populations pour la prise de mesures de conservation en tenant compte des répercussions prévues des changements climatiques sur le niveau des lacs, les précipitations et la température. | Faible | 11.2 Sécheresses 11.3 Températures extrêmes 11.4 Tempêtes et inondations |
| 6.4 Planification de la conservation | Tenir compte des besoins du polyspire rayé dans tout plan de gestion ou d’action nouveau ou actualisé (par exemple, pour le parc national de la Pointe‑Pelée, l’île Pelée et la réserve naturelle provinciale Fish Point) ainsi que des recommandations appropriées en matière de gestion forestière. | Moyenne | Toutes les menaces |
| 6.4 Planification de la conservation | Intégrer les besoins du polyspire rayé en matière d’habitat dans les initiatives de gestion forestière à l’échelle du paysage qui prennent en compte et concilient les besoins de plusieurs espèces en péril. | Moyenne | Toutes les menaces |
| 6.4 Planification de la conservation | Élaborer un plan de réduction de l’épandage de sels de voirie près de la réserve de conservation Bickford Oak Woods, le cas échéant. | Faible | 4.1 Routes et voies ferrées |
| Stratégie généralea | Description générale de l’approche | Prioritéb | Menace, préoccupation ou facteur limitatif ciblé |
|---|---|---|---|
| 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation | Élaborer un protocole de suivi normalisé et systématique pour le polyspire rayé. Ce protocole devrait évaluer la présence ou l’absence de l’espèce, son abondance, l’utilisation et les conditions de l’habitat, ainsi que les menaces qui pèsent sur l’espèce. Ce protocole devrait être utilisé pour réaliser des relevés ciblés dans les sites des sous‑populations où des individus ont été observés, et pour mener un suivi servant à déterminer la productivité et les tendances des populations ainsi que les menaces qui pèsent sur l’espèce. | Élevée | Lacunes dans les connaissances |
| 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation | Améliorer la connaissance de l’écologie, de la biologie et des besoins en matière d’habitat du polyspire rayé (par exemple caractéristiques de l’habitat, capacité de dispersion, superficie du domaine vital, cycle vital et génétique). | Élevée | 7.1 Incendies et suppression des incendies 8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes 11.2 Sécheresses 11.3 Températures extrêmes 11.4 Tempêtes et inondations |
| 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation | Effectuer des relevés de l’espèce dans les sites des sous‑populations qui contiennent encore de l’habitat convenable dans le sud‑ouest de l’Ontario. | Élevée | Lacunes dans les connaissances |
| 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation | Réaliser des évaluations de l’habitat dans les sites des sous‑populations connus afin de mieux cerner les éléments clés de l’habitat qui permettraient de prévoir la présence ou l’absence d’escargots et de bien comprendre les besoins en matière d’habitat du polyspire rayé. | Élevée | Lacunes dans les connaissances |
| 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation | Mener des recherches afin de déterminer l’importance relative des menaces qui pèsent sur le polyspire rayé au Canada, ce qui permettra de mobiliser de manière efficace et efficiente les ressources consacrées à la conservation de l’espèce. | Élevée | Toutes les menaces |
| 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation | Étudier les effets potentiels des lombrics non indigènes, du Dindon sauvage et des espèces exotiques concurrentes sur le polyspire rayé et son habitat. | Élevée | 8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes |
| 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation | Étudier les stratégies d’adaptation du polyspire rayé aux changements climatiques, les effets possibles de ceux‑ci sur l’espèce et son habitat, et les possibilités d’atténuation, ce qui comprend aussi les effets des changements climatiques sur le niveau du lac Érié ainsi que sur la fréquence et la gravité des sécheresses et des inondations là où l’espèce est présente. | Moyenne | 11.2 Sécheresses 11.3 Températures extrêmes 11.4 Tempêtes et inondations |
| 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation | Évaluer les effets des incendies sur les sous‑populations. | Moyenne | 7.1 Incendies et suppression des incendies |
| 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation | Continuer de surveiller la présence ou l’établissement de gastéropodes et de plantes envahissantes là où l’espèce est présente. | Faible | 8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes |
| 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation | Établir des liens entre, d’une part, le taux de reproduction, la zone d’occupation et l’abondance des sous‑populations, et d’autre part, l’abondance des espèces envahissantes et les variables environnementales (par exemple, les températures saisonnières et les précipitations). | Moyenne | 7.3 Autres modifications de l’écosystème 8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes 11.2 Sécheresses 11.3 Températures extrêmes 11.4 Tempêtes et inondations |
| 8.2 Évaluation, mesures de l’efficacité et apprentissage | Évaluer l’efficacité des mesures d’amélioration et de remise en état de l’habitat. | Moyenne | 11.2 Sécheresses 11.3 Températures extrêmes 11.4 Tempêtes et inondations |
| 8.2 Évaluation, mesures de l’efficacité et apprentissage | Évaluer l’efficacité des mesures de gestion des espèces envahissantes. | Faible | 8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes |
| 8.2 Évaluation, mesures de l’efficacité et apprentissage | Évaluer l’efficacité des corridors. | Moyenne | 4.1 Routes et voies ferrées Favoriser la connectivité et le flux génique |
| 8.2 Évaluation, mesures de l’efficacité et apprentissage | Évaluer les effets de diverses techniques de gestion de l’habitat sur l’abondance, la productivité et la fidélité à l’habitat d’hibernation du polyspire rayé. | Moyenne | 7.1 Incendies et suppression des incendies 7.3 Autres modifications de l’écosystème 11.2 Sécheresses 11.3 Températures extrêmes 11.4 Tempêtes et inondations |
| Stratégie généralea | Description générale de l’approche | Prioritéb | Menace, préoccupation ou facteur limitatif ciblé |
|---|---|---|---|
| 9.2 Formation et développement des capacités individuelles | Fournir des conseils et un soutien aux gestionnaires des terres et aux propriétaires fonciers sur les activités d’amélioration et de remise en état de l’habitat dans le but d’améliorer la capacité de conservation. | Moyenne | Toutes les menaces |
| Stratégie généralea | Description générale de l’approche | Prioritéb | Menace, préoccupation ou facteur limitatif ciblé |
|---|---|---|---|
| 10.3 Développement d’alliances et de partenariats | Coordonner les relevés, le suivi et les mesures d’atténuation des menaces avec les activités qui ciblent d’autres espèces de gastéropodes en péril dans la région. | Élevée | Accroissement de l’efficacité |
| 10.3 Développement d’alliances et de partenariats | Soutenir les initiatives de conservation de l’espèce menées par les collectivités locales. | Élevée | Toutes les menaces |
| 10.3 Développement d’alliances et de partenariats | Soutenir la collecte et l’échange de connaissances écologiques traditionnelles. | Faible | Toutes les menaces |
| 10.3 Développement d’alliances et de partenariats | Indiquer l’emplacement des sous‑populations aux services d’entretien des sentiers et les informer des mesures à prendre pour éviter les répercussions sur l’espèce. | Moyenne | 6.1 Activités récréatives |
| 10.3 Développement d’alliances et de partenariats | Encourager les gestionnaires et les propriétaires des terres à intégrer des mesures d’atténuation et de meilleures pratiques dans leurs plans de gestion. | Faible | 11.2 Sécheresses 11.3 Températures extrêmes |
| 10.3 Développement d’alliances et de partenariats | Promouvoir les partenariats entre les organisations de conservation locales, les agences fédérales et provinciales, les propriétaires privés et les municipalités aux fins d’échange d’information, de production conjointe de connaissances et de participation à toutes les mesures de conservation collectives. | Faible | Toutes les menaces |
| 10.3 Développement d’alliances et de partenariats | Promouvoir la mobilisation des Autochtones et l’établissement de partenariats avec les Autochtones pour faire avancer conjointement les initiatives de rétablissement du polyspire rayé. | Élevée | Toutes les menaces |
| 10.3 Développement d’alliances et de partenariats | Encourager la soumission d’observations au Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario (Centre de données sur la conservation de l’Ontario). | Faible | Toutes les menaces |
a Voir la classification des actions de conservation (version 2.0) du CMP pour de plus amples renseignements sur les stratégies générales et les approches : Classification des menaces directes et des actions de conservation (version 2.0) - Threats and Actions Classifications (2016) (anglais seulement).
b La « priorité » indique la mesure dans laquelle la stratégie générale contribue directement au rétablissement de l’espèce ou est un précurseur essentiel à une approche qui contribue au rétablissement de l’espèce.
6.3 Commentaires à l’appui du tableau de planification du rétablissement
Le rétablissement du polyspire rayé au Canada nécessitera l’engagement et la collaboration des autorités fédérales et provinciales, des communautés autochtones, des collectivités locales, des ONG, de l’industrie et d’autres parties intéressées. Le tableau de planification du rétablissement présente des approches qui relèvent de sept stratégies générales : gestion des milieux terrestres et aquatiques; gestion des espèces; sensibilisation; désignation et planification de la conservation; recherche et suivi; éducation et formation; développement institutionnel.
Étant donné que la population canadienne de polyspires rayés se trouve principalement dans des aires protégées accessibles au public, il est important d’accroître les connaissances du public sur l’espèce, ce qui contribuera à atténuer les répercussions des activités récréatives sur celle‑ci. Un moyen d’y parvenir consiste à élaborer du matériel éducatif et de sensibilisation pour le parc national de la Pointe‑Pelée, la réserve naturelle provinciale Fish Point, l’alvar du chemin Stone, la forêt de la pointe Middle et la réserve de conservation Bickford Oak Woods.
Le polyspire rayé privilégie les forêts humides ou les lisières boisées des milieux humides, de même qu’un terrain plus élevé pour se nourrir et hiberner. Il est probable que l’activité humaine, qui a entraîné le déclin des forêts du sud‑ouest de l’Ontario dans le passé, ait eu une incidence sur la répartition du polyspire rayé, car l’espèce n’a pas été observée dans d’autres types d’écosystèmes. Une autre stratégie clé est la gestion active et la remise en état de l’habitat pour atténuer les menaces et assurer la persistance des sous‑populations existantes. Pour ce faire, il convient de collaborer avec des organisations de conservation et des partenaires locaux dans le but d’accroître leur capacité à entreprendre des travaux de planification de la conservation et d’intendance. Les mesures de rétablissement ciblent aussi les menaces (par exemple les changements climatiques, la compétition avec les gastéropodes exotiques et possiblement la prédation par le Dindon sauvage, espèce introduite). Les mesures qui contribuent à l’atteinte de ces objectifs sont l’amélioration de l’habitat, la remise en état des milieux humides et la création de corridors dans le paysage. Il est primordial d’évaluer l’efficacité de ces mesures et de travailler de manière itérative afin de maximiser les résultats positifs pour la biodiversité et les espèces en péril, y compris le polyspire rayé. Cela peut inclure une évaluation continue des effets des diverses techniques de gestion de l’habitat (par exemple brûlages dirigés) et de leur efficacité sur le plan de l’atténuation des menaces.
Enfin, des activités de recherche et de suivi seront nécessaires pour combler les lacunes dans les connaissances qui limitent la capacité d’orienter et d’évaluer les mesures de conservation. L’élaboration et la mise en œuvre de protocoles de suivi et d’évaluations de l’habitat normalisés permettront de mieux connaître les besoins de l’espèce en matière de microhabitat et de combler les lacunes dans les connaissances relatives à la biologie, à la productivité, aux menaces et aux tendances démographiques de l’espèce, ce qui pourrait servir à orienter de futures initiatives de rétablissement.
7. Habitat essentiel
L’alinéa 41(1)c) de la LEP exige que les programmes de rétablissement incluent une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, ainsi que des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de cet habitat. Le paragraphe 2(1) de la LEP définit l’habitat essentiel comme étant « l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce ».
L’habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement du gouvernement fédéral contribuera à atteindre l’objectif en matière de population et de répartition établi pour l’espèce (section 5). Le calendrier des études (section 7.2) qui a été élaboré décrit les principales activités qui permettront de recueillir l’information manquante pour appuyer la désignation de l’habitat essentiel. La désignation de l’habitat essentiel pourrait être mise à jour, une fois que l’information sera accessible, dans un programme de rétablissement révisé. Pour obtenir de plus amples renseignements sur la désignation de l’habitat essentiel, veuillez communiquer avec le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada à l’adresse suivante : RecoveryPlanning-Planificationduretablissement@ec.gc.ca.
7.1 Désignation de l’habitat essentiel de l’espèce
L’habitat essentiel du polyspire rayé au Canada est désigné comme étant l’étendue des caractéristiques biophysiques (voir la section 7.1.2) partout où elles se trouvent dans les zones décrites à la section 7.1.1. Les zones renfermant de l’habitat essentiel du polyspire rayé sont présentées à l’annexe C. Les carrés du quadrillage UTM — un système de quadrillage normalisé — indiquent les zones géographiques générales renfermant de l’habitat essentiel à des fins de planification de l’aménagement du territoire ou d’évaluation environnementale.
7.1.1 Zones renfermant de l’habitat essentiel
Au Canada, la présence et la persistance du polyspire rayé dépendent d’une zone plus étendue que celle qui est actuellement occupée par les individus de l’espèce. L’espèce a besoin d’un paysage renfermant de l’habitat convenableNote de bas de page 12 dont les fonctions favorisent les processus du cycle vital liés à la dynamique des populations (c.‑à‑d. reproduction ou dispersion). La présence et la composition des caractéristiques biophysiquesNote de bas de page 13 de l’habitat convenable utilisé par le polyspire rayé peuvent varier dans l’espace et dans le temps, mais leurs fonctions doivent être maintenues pour soutenir les processus biologiques associés aux besoins en matière d’habitat et aux besoins biologiques de l’espèce.
La zone renfermant de l’habitat essentiel du polyspire rayé est :
- l’étendue de l’habitat convenable où des individus des sous‑populations existantes sont observés
7.1.2 Caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel
La désignation de l’habitat essentiel dans les zones décrites à la section 7.1.1 repose sur la présence des caractéristiques biophysiques énumérées ci‑dessous, habituellement caractérisées de la manière suivante :
- microsites présentant un régime d’humidité du sol modérément frais à modérément humideNote de bas de page 14 et des éléments comme des morceaux d’écorce, des troncs et des brindilles en décomposition
- sol riche en calciumNote de bas de page 15 pour favoriser la formation de la coquille
- présence de gros morceaux de bois et d’écorce ou d’abris artificiels (par exemple planches ou tôle ondulée), de végétaux et de feuilles en décomposition qui retiennent l’humidité pendant la période sèche
- présence d’éléments végétaux frais dans le sous‑étage, y compris des plantes en germination comme le micocoulier rabougri (Celtis tenuifolia) et des plantules d’autres espèces
En Ontario, l’espèce a besoin de milieux humides, hétérogènes et complexes qui présentent les caractéristiques biophysiques générales susmentionnées et des conditions microclimatiques convenables pour l’espèce. Lors de relevés effectués dans l’île Pelée, des polyspires rayés ont été observés dans divers écosites, y compris des marécages à chêne à sol minéral et des lisières d’un complexe forestier composé de forêt décidue à érable à sucre sur sol sec à frais, de forêt décidue à chênes, caryers et érables sur sol sec à frais, de forêt décidue de basse terre sur sol frais à humide et de boisé décidu de substrat rocheux calcaire sur sol sec à frais (COSEWIC, 2018). Dans la réserve naturelle provinciale Fish Point, l’espèce a été observée sur un terrain plus bas près du marécage, principalement dans la forêt décidue à érable à sucre sur sol sec à humide. La forêt de la pointe Middle est composée de forêt décidue à érable à sucre sur sol sec à humide ainsi que de forêt de basse terre à frênes et de forêt à chênes et à érables sur sol humide (COSEWIC, 2018). À l’intérieur des terres, la réserve de conservation Bickford Oak Woods abrite une forêt intérieure qui entoure un milieu humide ainsi que divers écosites, dont un marécage décidu à chênes sur sol minéral, un marécage décidu à frênes sur sol minéral et une mosaïque de marécages décidus à chênes sur sol minéral et de forêts décidues à chênes, caryers et érables sur sol frais à humide. Pour hiberner dans des milieux humides comme les marécages et les forêts inondées, le polyspire rayé a besoin de terrain élevé avec une couche de litière de feuilles pour se cacher ou se protéger des inondations (COSEWIC, 2018). Par conséquent, l’espèce peut être observée sur les plages (dunes), dans les prairies, les savanes ou les prés, ou dans les forêts sèches en terrain élevé (COSEWIC, 2018).
7.2 Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel
| Description de l’activité | Justification | Échéancier |
|---|---|---|
| En collaboration avec les communautés autochtones et d’autres propriétaires fonciers, recueillir des renseignements plus précis et plus récents sur la présence de l’espèce et sur l’habitat convenable de la sous‑population existante là où aucun habitat essentiel n’est encore désigné, et confirmer cette information. | La détermination du statut de la sous‑population restante appuiera l’objectif en matière de population et de répartition. | 2026 à 2031 |
7.3 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel
La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de celui‑ci. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’une partie de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps.
Comme les connaissances sur le polyspire rayé au Canada sont limitées, des inconnues persistent quant au caractère réalisable du rétablissement. Les principales menaces directes qui pèsent sur l’espèce sont les sécheresses et les températures extrêmes, les tempêtes et les inondations, les activités récréatives, les incendies et la suppression des incendies, ainsi que le déplacement et l’altération de l’habitat. En outre, plusieurs menaces mal comprises peuvent également avoir un effet sur l’espèce, par exemple, les modifications de l’écosystème et les espèces exotiques (non indigènes) envahissantes. Des approches préventives devraient être adoptées pour atténuer les effets des activités humaines lorsque ceux‑ci sont très incertains.
Il convient de noter que les activités qui ont lieu à l’intérieur ou à proximité de l’habitat essentiel ne sont pas toutes susceptibles d’en entraîner la destruction. Certaines activités qui causent une perturbation à court terme de l’habitat essentiel, sans que les individus ou les résidences soient touchés, pourraient contribuer à améliorer la qualité future de l’habitat essentiel si elles sont gérées de façon appropriée. Cela peut comprendre, par exemple, le maintien d’une certaine ouverture du couvert végétal au moyen de coupes sélectives d’arbres.
Le tableau 5 donne des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de l’espèce; il peut toutefois exister d’autres activités.
| Description de l’activité | Description de l’effet, en lien avec la perte de fonction de l’habitat essentiel | Détails de l’effet |
|---|---|---|
| Altération des processus naturels ou régimes de perturbation à l’intérieur ou à l’extérieur de l’habitat essentiel qui influent sur le dépôt ou l’accrétion de sable et les taux d’érosion. Voici des exemples : aménagement des rives et améliorations ou modifications des infrastructures existantes comme les quais, les jetés, les murs ou d’autres structures favorisant le durcissement des rives, qui auront un effet sur l’apport de sédiments à l’habitat essentiel. L’augmentation des taux d’érosion pourrait avoir un effet sur la quantité totale d’habitat disponible pour l’espèce. | Les changements des régimes naturels de dépôt et d’érosion de ce milieu riverain dynamique peuvent réduire la quantité d’habitat convenable disponible, ce qui se traduira par une perte directe d’habitat essentiel. Les rives de la péninsule de la pointe Pelée devraient être de plus en plus touchées par les effets des changements climatiques, c.‑à‑d. les variations de niveau d’eau, la réduction de la glace lacustre protectrice en hiver et la hausse de la fréquence et de l’intensité des tempêtes. |
Si l’activité devait survenir, quel que soit le moment de l’année, à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel, en bordure de celui‑ci ou dans des zones où un effet sur le dépôt ou l’accrétion de sable est possible dans le parc national de la Pointe‑Pelée ou l’île Pelée, cela entraînerait probablement la destruction de l’habitat essentiel. Les seuils concernant cette activité demeurent inconnus. Menaces de l’UICN‑CMP : 7.3 Autres modifications de l’écosystème; 11.1 Déplacement et altération de l’habitat. |
| Activité qui facilite l’introduction de nouvelles espèces végétales envahissantes ou l’expansion de l’aire de répartition d’espèces envahissantes déjà établies. Voici des exemples : introduction de graines de plantes non indigènes ou modification des infrastructures (utilisation d’équipement contaminé ou perturbation du sol) à l’intérieur ou à proximité de l’habitat essentiel du polyspire rayé. L’alliaire officinale est l’une des espèces susceptibles de représenter une menace. | L’introduction de nouvelles espèces végétales exotiques envahissantes ou l’expansion des aires de répartition des espèces envahissantes déjà présentes pourrait modifier le régime d’humidité du sous‑étage et potentiellement éliminer les conditions d’humidité requises par le polyspire rayé et homogénéiser l’habitat utilisé par l’espèce. | Si l’activité survient, quel que soit le moment de l’année, à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel, elle peut avoir des effets directs ou cumulatifs. L’activité est susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel. Menace de l’UICN‑CMP : 7.3 Autres modifications de l’écosystème. |
| Activité qui entraîne le piétinement ou le compactage du sol ou perturbe les éléments du microhabitat comme la litière de feuilles et les troncs d’arbres. Voici des exemples : utilisation de véhicules tout‑terrain et de vélos de montagne hors piste dans l’habitat essentiel. | Des altérations importantes du sol peuvent entraîner la perte de substrats convenables pour la nidification et l’estivation. Le compactage et l’excavation du sol peuvent également augmenter le potentiel d’inondation ou d’assèchement des sites existants. | Si l’activité survient, quel que soit le moment de l’année, à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel, elle peut avoir des effets directs ou cumulatifs. L’activité est susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel. Menace de l’UICN‑CMP : 6.1 Activités récréatives. |
| Activité qui fragmente de façon permanente les zones d’habitat essentiel continues. Voici un exemple : aménagement de routes ou de sentiers. | La perte et la fragmentation d’habitat ont déjà contribué au déclin de l’espèce. La fragmentation de l’habitat essentiel peut séparer de façon permanente les individus d’une sous‑population, car les routes et les sentiers peuvent constituer des obstacles permanents à la dispersion. Cela peut aussi créer des parcelles d’habitat essentiel qui sont trop petites pour soutenir la sous‑population. | Si l’activité survient, quel que soit le moment de l’année, à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel, elle peut avoir des effets directs ou cumulatifs. L’activité est susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel. Menaces de l’UICN‑CMP : 4.1 Routes et voies ferrées. |
8. Mesure des progrès
Les indicateurs de rendement présentés ci‑dessous proposent un moyen de mesurer les progrès vers l’atteinte de l’objectif en matière de population et de répartition. Le succès de la mise en œuvre du programme de rétablissement sera évalué tous les dix ans, en fonction des indicateurs de rendement suivants :
- Les six sous‑populations existantes du polyspire rayé au Canada sont maintenues grâce à l’amélioration de la qualité de l’habitat ou à des activités d’atténuation des menaces.
- La zone d’occurrence est d’au moins 887 km2.
- L’indice de zone d’occupation est d’au moins 104 km2.
9. Énoncé sur les plans d’action
Un ou plusieurs plans d’action visant le polyspire rayé seront préparés et publiés dans le Registre public des espèces en péril dans un délai de dix ans, selon les priorités et les ressources disponibles.
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Annexe A. Cotes de conservation nationales et infranationales du polyspire rayé (Webbhelix multilineata) au Canada et aux États‑Unis
| Cote mondiale (G) | Cote nationale (N) au Canada | Cote infrationale (S) au Canada | Cote nationale (N) aux États‑Unis | Cote infranationale (S) aux États‑Unis |
|---|---|---|---|---|
| G5 | N1N3 | Ontario (S2S3) Québec (SNR) |
N5 | Arkansas (SX), Illinois (SNR), Indiana (SNR), Iowa (SNR), Kansas (SNR), Kentucky (S2), Maryland (S1), Michigan (SNR), Minnesota (SNR), Missouri (SNR), Nebraska (SNR), New York (SNR), Ohio (SNR), Pennsylvanie (SH), Tennessee (S2), Virginie‑Occidentale (S1), Wisconsin (S5) |
Définitions des cotes (Master et al., 2012)
- SX : Vraisemblablement disparu
- Espèce ou écosystème considéré comme disparu du territoire (c.‑à‑d. pays, province, territoire ou État), non retrouvé malgré des recherches intensives dans les sites historiques et d’autres habitats convenables, et dont la probabilité de redécouverte est pratiquement nulle. (Équivaut à « disparu à l’échelle régionale » [Regionally Extinct] dans la terminologie de la liste rouge de l’UICN).
- SH : Possiblement disparu
- Espèce ou écosystème qui n’est connu que par des mentions historiques, mais dont la probabilité de redécouverte existe toujours. Certains éléments indiquent que l’espèce ou l’écosystème n’est plus présent dans le territoire, mais ils sont insuffisants pour permettre de l’établir avec certitude. À titre d’exemple, ces éléments peuvent comprendre ce qui suit : 1) la présence de l’espèce n’a pas été relevée depuis 20 à 40 ans environ, et ce, malgré des recherches ou des éléments indiquant une perte ou une dégradation importante d’habitat; 2) les recherches menées n’ont pas permis de relever la présence de l’espèce ou de l’écosystème, mais elles n’étaient pas assez approfondies pour qu’on puisse présumer sa disparition du territoire.
- N1N3 : Gravement en péril/vulnérable
- Espèce modérément à extrêmement susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition plutôt limitée à très limitée, d’un nombre relativement petit à très petit de populations ou d’occurrences, de déclins récents, généralisés et très marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.
- S1 : Gravement en péril
- Espèce extrêmement susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition très limitée, d’un très petit nombre de populations ou d’occurrences, de déclins très marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.
- S2 : En péril
- Espèce très susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition limitée, d’un petit nombre de populations ou d’occurrences, de déclins marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.
- S2S3 : Vulnérable/en péril
- Espèce modérément à très susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition plutôt limitée à limitée, d’un nombre relativement petit à petit de populations ou d’occurrences, de déclins récents, généralisés et marqués, de menaces modérées à graves ou d’autres facteurs.
- G5/N5/S5 : En sécurité
- Espèce très peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la très vaste étendue de l’aire de répartition ou du grand nombre de populations ou d’occurrences, et ne suscitant aucune préoccupation associée à des déclins ou à des menaces ou n’en suscitant que très peu.
- SNR : Non classée
- Espèce dont le statut de conservation infranational n’a pas encore été évalué.
Annexe B. Effets sur l’environnement et sur les espèces non ciblées
Une évaluation stratégique environnementale (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à La directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmesNote de bas de page 16. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairées du point de vue de l’environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Objectifs de la stratégie fédérale de développement durable et contributions ministériellesNote de bas de page 17 (SFDD).
La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont pris en compte dans le plan de gestion lui‑même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci‑dessous.
Les objectifs de rétablissement du polyspire rayé visent à combler les lacunes dans les connaissances, à atténuer les menaces et à améliorer l’habitat afin de permettre le maintien et l’expansion à long terme de la population au Canada. La possibilité que la mise en œuvre du présent programme de rétablissement fédéral et l’atteinte des buts et des objectifs connexes aient des conséquences néfastes imprévues sur d’autres espèces a été envisagée. Dans l’ensemble, l’atteinte des principaux objectifs liés à la sensibilisation et à l’éducation du public, les recherches menées pour combler les lacunes dans les connaissances, la gestion des espèces envahissantes et les autres activités de restauration bénéfiques auront des effets neutres ou bénéfiques sur les autres espèces qui occupent les mêmes zones ou milieux. Il faudra coordonner les efforts avec ceux de toutes les autres équipes de rétablissement et organisations dont les travaux portent sur des milieux semblables pour assurer une utilisation optimale des ressources et éviter le dédoublement des efforts et les conflits entre les activités de recherche.
Des stratégies d’atténuation visant à accroître la superficie des milieux humides (c.‑à‑d. forêts humides des basses terres) et à limiter l’utilisation de pesticides et de brûlages dirigés dans l’habitat essentiel sont élaborées pour appuyer le rétablissement du polyspire rayé. Ces stratégies peuvent entrer directement en conflit avec les activités de rétablissement prévues pour d’autres espèces en péril qui ont besoin de milieux ouverts ou semi‑ouverts, par exemple, la Paruline polyglotte de la sous‑espèce virens (Icteria virens virens), le Pic à tête rouge (Melanerpes erythrocephalus), la Paruline azurée (Setophaga cerulea), la Paruline à capuchon (Setophaga citrina), le monarque (Danaus plexippus), le ptéléa trifolié (Ptelea trifoliata), le perceur du ptéléa (Prays atomocella), l’oponce de l’Est (Opuntia humifusa), le micocoulier rabougri (Celtis tenuifolia), le scinque pentaligne (Plestiodon fasciatus) et la couleuvre fauve de l’Est (Pantherophis gloydi). Étant donné que le maintien et l’amélioration de l’habitat sont considérés comme des objectifs prioritaires pour le rétablissement de ces espèces, l’utilisation de pesticides ou les brûlages dirigés peuvent constituer les stratégies les plus efficaces pour atteindre les objectifs de remise en état de l’habitat.
L’accroissement de l’abondance de milieux où les conditions humides sont maintenues, y compris les lisières de parcelles périodiquement inondées ou les zones continuellement humides, et la préservation du couvert forestier peuvent être bénéfiques pour certaines espèces en péril, y compris la salamandre à petite bouche (Ambystoma texanum), le chicot févier (Gymnocladus dioicus), la tortue molle à épines (Apalone spinifera), la tortue mouchetée (Emydoidea blandingii) et la Paruline orangée (Protonotaria citrea). Au besoin, les effets négatifs potentiels associés à la modification de l’habitat, à l’enlèvement d’espèces envahissantes, à la modification des rives ou à des projets de gestion des espèces dans le parc national de la Pointe‑Pelée ou dans le cadre d’autres projets financés par le gouvernement fédéral seront abordés. Des mesures d’atténuation correspondantes seront alors mises au point dans le cadre d’une évaluation d’impact menée pour chacun des projets au titre de la Loi sur l’évaluation d’impact (2019). Une telle évaluation est également réalisée pour les sites appartenant à la province dans le cadre de l’Évaluation environnementale de portée générale relative aux parcs provinciaux et aux réserves de conservation. Des mesures de suivi pourront être exigées à la suite des évaluations environnementales, afin de déterminer l’efficacité des techniques mises en œuvre et l’exactitude des effets prévus. Ces mesures permettront la mise en place d’une gestion adaptative, l’atténuation des éventuels effets sur l’environnement de même que l’ajustement et l’amélioration continus des activités de rétablissement. Les processus d’évaluation environnementale conduiront à de nouvelles versions des plans, qui seront examinées de façon continue.
Annexe C. Habitat essentiel du polyspire rayé au Canada
Figure C. Polyspire rayé au Canada — sud de l’Ontario. Vue d’ensemble (Ontario). Carte montrant l’étendue de l’habitat essentiel du polyspire rayé en Ontario (des cartes plus détaillées sont présentées aux figures C‑1 à C‑3).
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
NAD 1983 UTM Zone 17N = Système de référence géodésique nord‑américain de 1983, Zone UTM 17N
Description longue
La figure C présente une vue d’ensemble de l’habitat essentiel du polyspire rayé dans le sud de l’Ontario. Il y a 3 carrés indiquant la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel sur la carte. Ils se trouvent à proximité de Bickford, de la pointe Pelée et de l’île Pelée.
Figure C‑1. Habitat essentiel du polyspire rayé au Canada. La zone renfermant de l’habitat essentiel du polyspire rayé au Canada, comme décrit à la section 7.1, est représentée par l’unité ombrée en jaune, là où les caractéristiques biophysiques énoncées à la section 7.1.2 sont respectées. Le quadrillage UTM de référence (carrés rouges de 1 km × 1 km) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
NAD 1983 UTM Zone 17N = Système de référence géodésique nord‑américain de 1983, Zone UTM 17N
Description longue
La figure C-1 présente la zone contenant de l’habitat essentiel du polyspire rayé dans le sud de l’Ontario. Il y a un polygone délimité par 11 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km. La zone contenant l’habitat essentiel se trouve dans le secteur de la réserve de conservation Bickford Oak Woods.
Figure C‑2. Habitat essentiel du polyspire rayé au Canada. La zone renfermant de l’habitat essentiel du polyspire rayé au Canada, comme décrit à la section 7.1, est représentée par l’unité ombrée en jaune, là où les caractéristiques biophysiques énoncées à la section 7.1.2 sont respectées. Le quadrillage UTM de référence (carrés rouges de 1 km × 1 km) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
NAD 1983 UTM Zone 17N = Système de référence géodésique nord‑américain de 1983, Zone UTM 17N
Description longue
La figure C-2 présente la zone contenant de l’habitat essentiel du polyspire rayé dans le sud de l’Ontario. Il y a deux polygones délimités par 8 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km. Les zones contenant l’habitat essentiel se trouvent dans le Parc national du Canada de la Pointe-Pelée.
Figure C‑3. Habitat essentiel du polyspire rayé au Canada. La zone renfermant de l’habitat essentiel du polyspire rayé au Canada, comme décrit à la section 7.1, est représentée par l’unité ombrée en jaune, là où les caractéristiques biophysiques énoncées à la section 7.1.2 sont respectées. Le quadrillage UTM de référence (carrés rouges de 1 km × 1 km) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Lighthout Point Provincial Park = Lighthouse Point Parc Provincial (catégorie des réserves naturelles)
NAD 1983 UTM Zone 17N = Système de référence géodésique nord‑américain de 1983, Zone UTM 17N
Fish Point Provincial Park = Fish Point Parc Provincial (catégorie des réserves naturelles)
Description longue
La figure C-3 présente la zone contenant de l’habitat essentiel du polyspire rayé dans le sud de l’Ontario. Il y a trois polygones délimités par 15 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km. Les zones contenant l’habitat essentiel se trouvent sur l’île Pelée.