Téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus) population des Grands Lacs : programme de rétablissement proposition 2025

Titre officiel : Programme de rétablissement du téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus), population des Grands Lacs, au Canada proposition 2025

Loi sur les espèces en peril
Série de Programmes de rétablissement
Adoption en vertu de l’article 44 de la LEP

Photo de couverture de Lichen à œil d'or
Téloschiste ocellé
Information sur le document

Référence recommandée :

Environnement et Changement climatique Canada. 2025. Programme de rétablissement du téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus), population des Grands Lacs, au Canada [Proposition]. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa. 3 parties, 28 p. + 60 p. + 9 p.

Version officielle

La version officielle des documents de rétablissement est celle qui est publiée en format PDF. Tous les hyperliens étaient valides à la date de publication.

Version non officielle

La version non officielle des documents de rétablissement est publiée en format HTML. Tous les hyperliens étaient valides à la date de la publication.

Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, y compris les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes portant sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en périlNote de bas de page 1.

Illustration de la couverture : Téloschiste ocellé – Sam Brinker

Also available in English under the title "Recovery Strategy for the Golden-eye Lichen (Teloschistes chrysophthalmus), Great Lakes population, in Canada [Proposed]"

© Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, 2025. Tous droits réservés.

ISBN à venir
No de catalogue à venir

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble pour établir des mesures législatives, des programmes et des politiques visant à assurer la protection des espèces sauvages en péril partout au Canada.

Dans l’esprit de collaboration de l’Accord, le gouvernement de l’Ontario a donné au gouvernement du Canada la permission d’adopter le Programme de rétablissement du téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus), population des Grands Lacs, en Ontario (partie 2) et le document intitulé Téloschiste ocellé (population des Grands Lacs en Ontario) − Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement (partie 3), en vertu de l’article 44 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Environnement et Changement climatique Canada a inclus une addition fédérale (partie 1) dans le présent programme de rétablissement afin qu’il réponde aux exigences de la LEP.

Le programme de rétablissement fédéral du téloschiste ocellé (population des Grands Lacs) au Canada est composé des trois parties suivantes :

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Programme de rétablissement du téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus), population des Grands Lacs, en Ontario, préparée par Environnement et Changement climatique Canada.

Partie 2 - Programme de rétablissement du téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus), population des Grands Lacs, en Ontario, préparé par Tristan Knight pour le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario.

Partie 3 – Téloschiste ocellé (population des Grands Lacs en Ontario) - Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement, préparée par le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario.

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Programme de rétablissement du téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus), population des Grands Lacs, en Ontario, préparée par Environnement et Changement climatique Canada

Préface

Dans le cadre de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996)Note de bas de page 2, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au CanadaNote de bas de page 3. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29)Note de bas de page 4 (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard du téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec toutes les autorités responsables, les conseils de gestion des ressources fauniques, les organisations autochtones et toute autre personne ou organisation concernés, conformément au paragraphe 39(1) de la LEP. L’article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). Le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario a dirigé l’élaboration du programme de rétablissement du téloschiste ocellé (population des Grands Lacs) ci-joint (partie 2), en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada. La Province de l’Ontario a également dirigé l’élaboration de la Déclaration du gouvernement jointe au présent document (partie 3). Cette déclaration est la réponse stratégique du gouvernement de l’Ontario au programme de rétablissement provincial; elle résume les mesures prioritaires que le gouvernement de l’Ontario entend prendre et soutenir.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada ou sur toute autre autorité responsable. Tous les membres du public sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien du téloschiste ocellé (population des Grands Lacs) et de l’ensemble de la société.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action, qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement devant être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d’autres autorités responsables ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant le rétablissement et/ou la survie de l’espèce. Il fournit à toutes les personnes vivant au Canada de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce, notamment la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Lorsqu’elles sont accessibles, les données spatiales sur l’habitat essentiel se trouvent dans l’Ensemble de données nationales sur l’habitat essentiel des espèces en périlNote de bas de page 5.

Lorsque de l’habitat essentiel est désigné, que ce soit dans un programme de rétablissement ou dans un plan d’action, la LEP fournit un cadre juridique qui permet de protéger cet habitat essentiel.

Dans le cas de l’habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l’habitat essentiel désigné dans une zone de protection fédérale décrite au paragraphe 58(2) de la LEP soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après la mise dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d’action ayant désigné l’habitat essentiel. L’interdiction de détruire l’habitat essentiel énoncée au paragraphe 58(1) s’appliquera 90 jours après la publication de la description de cet habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Pour l’habitat essentiel sur le territoire domanial qui ne constitue pas une zone de protection fédérale aux termes du paragraphe 58(2) de la LEP, le ministre compétent doit prendre un arrêté appliquant l’interdiction de destruction de l’habitat essentiel prévue au paragraphe 58(1), si celui‑ci n’est pas déjà protégé légalement par une disposition de la LEP ou de toute autre loi fédérale, ou une mesure prise sous leur régime. Si le ministre compétent ne prend pas l’arrêté, une déclaration doit être incluse dans le Registre public des espèces en péril pour énoncer comment l’habitat essentiel ou les parties de celui-ci sont protégés légalement sur ce territoire domanial.

Si des parties d’habitat essentiel d’un oiseau migrateur se trouvent :

  1. dans de l’habitat visé par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs; et
  2. hors du territoire domanial, mais dans la zone économique exclusive ou sur le plateau continental du Canada; et
  3. hors d’un refuge d’oiseaux migrateurs

la LEP exige que le ministre recommande au gouverneur en conseil de prendre un décret pour interdire la destruction de l’habitat essentiel, si le ministre compétent estime qu’aucune disposition de la LEP ou de toute autre loi fédérale, ni aucune mesure prise sous leur régime, ne les protègent légalement. Si le ministre compétent ne fait pas cette recommandation, une déclaration doit être incluse dans le Registre public des espèces en péril pour énoncer comment les parties d’habitat essentiel de l’oiseau migrateur sont légalement protégées.

En ce qui concerne tout élément ou toute partie de l’habitat essentiel se trouvant hors du territoire domanial (y compris les parties d’habitat essentiel d’un oiseau migrateur qui ne constituent pas de l’habitat visé par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs), si le ministre compétent estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions de la LEP ou de toute autre loi fédérale, ou par une mesure prise sous leur régime, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret pour appliquer l’interdiction de détruire l’habitat essentiel prévue au paragraphe 61(1). La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant hors du territoire domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Remerciements

La première ébauche de la présente addition du gouvernement fédéral a été rédigée par Juliana Galvis-Amaya et John Viengkone, avec l’aide de Burke Korol et de Marie‑Claude Archambault. Les versions subséquentes ont été préparées avec l’aide de Holly Bickerton et de Karolyne Pickett (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune – Ontario). Krista Holmes et Elizabeth Rezek (Service canadien de la faune – Ontario) ont également examiné et commenté le document. Le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario a formulé des commentaires qui ont permis d’améliorer le document.

Des remerciements sont aussi adressés à toutes les autres parties ayant fourni des commentaires et des observations qui ont éclairé l’élaboration du présent programme de rétablissement.

Ajouts et modifications apportés au document adopté

Les sections suivantes ont été incluses pour satisfaire à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral qui ne sont pas abordées dans le Programme de rétablissement du téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus), population des Grands Lacs, en Ontario (partie 2 du présent document, ci‑après appelé « programme de rétablissement provincial ») et/ou pour présenter des renseignements à jour ou additionnels.

Environment et Changement climatique Canada adopte le programme de rétablissement provincial (partie 2), à l’exception de la section 2 (Rétablissement). Au lieu de cette section, Environnement et Changement climatique Canada a établi un objectif en matière de population et de répartition et des indicateurs de rendement, et il adopte les mesures menées et soutenues par le gouvernement de l’Ontario qui sont énoncées dans le document intitulé Téloschiste ocellé (population des Grands Lacs en Ontario) − Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement (partie 3) à titre de stratégies et d’approches générales pour l’atteinte de l’objectif en matière de population et de répartition.

En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l’habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du programme de rétablissement provincial concernant la protection de l’habitat de l’espèce peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales. Les mesures de rétablissement visant la protection de l’habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication de la version finale du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l’habitat essentiel en vertu de la LEP.

Résumé du caractère réalisable du rétablissement

D’après les trois critèresNote de bas de page 6 suivants qu’Environnement et Changement climatique Canada utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, le rétablissement du téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, au Canada est déterminé comme étant réalisable du point de vue technique et biologique.

Caractéristiques de survie : Les caractéristiques de survieNote de bas de page 7 peuvent-elles être prises en compte dans la mesure où le risque de disparition de l’espèce de la planète ou du pays par suite de l’activité humaine est réduit?

Oui, mais il y a des incertitudes. Trois caractéristiques de survie du téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, soit la redondanceNote de bas de page 8, la résilienceNote de bas de page 9 et la connectivitéNote de bas de page 10 doivent être prises en compte afin de réduire son risque de disparition du pays par suite de l’activité humaine. On peut assurer simultanément la redondance et la résilience en arrêtant le déclin de la qualité de l’habitat et du nombre d’individus matures de la seule sous-population existante. Cela pourrait se faire par la protection des neufNote de bas de page 11 individus connus et de l’habitat environnant. Par exemple, on pourrait stopper les déclins récents que l’on pense dus aux perturbations humaines en protégeant les individus contre la cueillette et en protégeant l’arbre hôte et l’habitat environnant contre des activités comme les activités récréatives. Il n’est pas certain que la protection contre les menaces connues permette de stopper le déclin, car les menaces à l’origine des déclins récents ne sont pas entièrement connues ou comprises. Il est possible que des relevés ciblés permettent de trouver des sous-populations non documentées, ce qui augmenterait le nombre d’individus matures connus et réduirait le risque de disparition de l’espèce du pays. On pourrait assurer la connectivité en maintenant l’habitat riverain existant au bord des Grands Lacs où la sous‑population existante est présente et en améliorant la qualité de l’habitat, ce qui permettrait une dispersion naturelle dans de l’habitat convenable. Toutefois, la connectivité est très limitée pour cette espèce dans son état naturel, car elle est relativement rare dans l’est de l’Amérique du Nord. Seulement six mentions (cinq mentions historiques et une colonie existante; sous‑populations présuméesNote de bas de page 12) de cette population ont été documentées au Canada, et il est donc probable qu’elle continue de répondre aux critères de la catégorie En voie de disparition (B1a, B2a) du COSEPAC en raison de sa petite zone d’occurrence ((<5000 km2) et de son indice de zone d’occupation (<500 km2) et de son nombre de locations inférieur à cinq, même dans son état naturel. Il est possible que d’autres sous‑populations soient découvertes dans des relevés ou créées par des techniques de rétablissement expérimentales.

Amélioration : La situation de l’espèce peut-elle être améliorée par rapport au moment où elle a été évaluée comme étant en péril?

Oui, mais il y a des incertitudes. Le téloschiste ocellé de la population des Grands Lacs est naturellement très rare au Canada; sa répartition limitée et sa faible abondance peuvent être considérées comme son état naturel. Même si cette population était rétablie à son état naturel, le nombre d’individus matures resterait sans doute inférieur aux seuils fixés par le COSEPAC (moins de 250 individus matures, D1) pour le statut d’espèce en voie de disparition. Toutefois, les neuf individus de la sous‑population pourraient se reproduire si l’habitat était maintenu et protégé, et sa situation pourrait s’améliorer sensiblement si les principales menaces, que l’on pense être les perturbations humaines (collecte et loisirs), étaient gérées grâce aux activités décrites dans la déclaration du gouvernement de l’Ontario (partie 3). Par exemple, il est possible que des relevés ciblés permettent de trouver d’autres colonies, ou que la transplantation d’individus d’une autre population soit réalisable et réussie. Enfin, il faut noter qu’il existe des populations sources possibles (par exemple dans l’est des États‑Unis), mais que les techniques de multiplication et de transplantation restent au stade expérimental.

Indépendance (par rapport à l’intervention humaine) : L’espèce est-elle actuellement en mesure de persister au Canada sans interventions humaines volontaires et/ou sera‑t‑elle en mesure d’atteindre et de maintenir son indépendance dans son état rétabli, de manière à ne pas dépendre d’une intervention humaine majeure, directe et continue?

Oui, mais il y a des incertitudes. Le téloschiste ocellé survit actuellement dans une seule sous‑population au Canada, en indépendance de toute intervention humaine délibérée. Même si la taille de la population des Grands Lacs de l’espèce est extrêmement faible à l’heure actuelle, on croit qu’elle pourra persister dans l’avenir immédiat, à condition d’être protégée contre les menaces. Les neuf individus restants de la colonie pourraient se reproduire par voie végétative ou sexuée si l’habitat était maintenu et que l’habitat essentiel désigné à la section 5 de la présente addition fédérale est protégé. Il est également possible que des relevés ciblés ou des rapports de science citoyenne permettent de découvrir d’autres colonies dans la région des Grands Lacs. Une intervention humaine directe utilisant des techniques expérimentales pourrait être nécessaire pour accroître le nombre d’individus matures, le nombre de sous-populations et l’aire de répartition au Canada. La capacité de l’espèce à survivre indéfiniment de manière indépendante, sans intervention permanente, est toutefois inconnue.

1. Évaluation de l’espèce par le COSEPAC

Note de bas de page 13

Date de l’évaluation : Novembre 2016

Nom commun (population) : Téloschiste ocellé (population des Grands Lacs)

Nom scientifique : Teloschistes chrysophthalmus

Statut selon le COSEPAC : En voie de disparition

Justification de la désignation : Cette population se compose maintenant d’un seul individu sur un seul chêne rouge, qui se trouve dans le parc provincial Sandbanks, près du lac Ontario. Les données sur les tendances sont limitées, mais elles portent à croire que cette population, qui est associée aux arbres hôtes à feuilles caduques, a probablement toujours été rare dans cette province. Le nombre d’individus matures de ce lichen a connu un déclin en raison d’une combinaison de menaces, qui incluent la pollution atmosphérique, les perturbations anthropiques, les espèces envahissantes et les phénomènes météorologiques violents. Un seul événement naturel ou d’origine humaine pourrait entraîner la perte de toute la population.

Répartition au Canada : Ontario

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2016.

* COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada)

2. Information sur la situation de l’espèce

Le téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus), population des Grands Lacs, est inscrit comme espèce en voie de disparitionNote de bas de page 14 à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) (L.C. 2002, ch. 29). En Ontario, il est également désigné espèce en voie de disparitionNote de bas de page 15 en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD; L.O. 2007, ch. 6) et bénéficie d’une protection de l’espèce et de son habitat en vertu de cette loi.

Le téloschiste ocellé est coté « apparemment en sécurité à en sécurité » (G4G5) à l’échelle mondiale, « apparemment en sécurité » (N4) au Canada et « vulnérable » (S3) en Ontario (NatureServe, 2021, annexe A). En Ontario, une cote provinciale est attribuée à chaque unité désignableNote de bas de page 16 (UD), l’UD des Grands Lacs étant cotée S1 (NHIC, 2023). Aucune cote de conservation nationale n’a été officiellement attribuée à l’espèce aux États‑Unis (NNR : espèce non classée); l’annexe A présente la liste complète des cotes de conservation infranationales et leurs définitions pour les occurrences aux États-Unis.

Le Manitoba et l’Ontario abritent les seules populations du téloschiste ocellé au Canada. Présente au Manitoba et dans le nord-ouest de l’Ontario, la population boréale et des Prairies compte plus de 15 millions d’individus (COSEWIC, 2016). Lorsque le COSEPAC a évalué la population des Grands Lacs en 2016, celle-ci se limitait à un seul individu sur la rive nord du lac Ontario. En 2020, lors de l’élaboration du programme de rétablissement provincial, le nombre d’individus était passé à deux individus sur le même chêne rouge (Knight, 2019), puis à neuf individus en octobre 2022 (dont un seul était considéré comme sexuellement mature, S. Brinker, comm. pers., 2022). La population des Grands Lacs est géographiquement isolée et écologiquement distincte de l’autre population. Les espèces d’arbres hôtes différents entre les deux populations : les neuf individus de la population des Grands Lacs occupent un même arbre feuillu hôte, tandis que ceux de la population boréale et des Prairies occupent principalement des conifères. Pour ces raisons, la population des Grands Lacs est considérée comme une unité désignable à part entière. Le téloschiste ocellé est présent sur tous les continents, sauf l’Asie et l’Antarctique, et comprend des populations dans le Midwest intérieur et sur la côte est des États‑Unis (COSEWIC, 2016).

3. Menaces

3.1 Évaluation des menaces

Les menaces pesant sur le téloschiste ocellé ont été évaluées selon la version 2.0 du système unifié de classification des menaces de l’UICN-CMP (Union internationale pour la conservation de la nature–Partenariat pour les mesures de conservation) (Salafsky et al., 2008). Les menaces sont définies comme étant les activités ou les processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou pourraient entraîner la destruction, la dégradation et/ou la détérioration de l’entité évaluée (population locale, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d’intérêt (mondiale, nationale ou infranationale). Les facteurs limitatifsNote de bas de page 17 n’ont pas été pris en compte dans le cadre de ce processus d’évaluation.

Aux fins de l’évaluation des menaces, seules les menaces actuelles et futures ont été prises en considération. L’information sur les menaces présentée dans le tableau 1 est tirée du document Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’espèce (COSEWIC, 2016). L’évaluation des menaces (évaluation de leur portée, de leur gravité et de leur impact global) a été réalisée à l’échelle nationale, c.‑à‑d. que les menaces ont été évaluées pour les deux UD au Canada. Par conséquent, l’information sur l’impact, la portée et la gravité des menaces présentée au tableau 1 peut différer de celle présentée dans la section 3.2 (Description des menaces), qui ne porte que sur la population des Grands Lacs et comprend de l’information supplémentaire tirée du programme de rétablissement provincial (Knight, 2019).

Les menaces historiques, les effets indirects ou cumulatifs des menaces ou tout autre renseignement pertinent pour comprendre la nature des menaces sont présentés dans la section Description des menaces (section 3.2) et le programme de rétablissement provincial (partie 2, section 1.6).

Tableau 1. Classification des menaces qui pèsent sur le téloschiste ocellé (COSEWIC, 2016)

No de la menacea

Description de la menace

Impactb

Portéec

Gravitéd

Immédiatetée

6

Intrusions et perturbations humaines

Négligeable

Négligeable

Extrême

Élevée

6.1

Activités récréatives

Négligeable

Négligeable

Extrême

Élevée

6.3

Travail et autres activités

Négligeable

Négligeable

Extrême

Élevée

8

Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques

Négligeable

Négligeable

Extrême

Élevée

8.1

Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes

Négligeable

Négligeable

Extrême

Élevée

9

Pollution

Négligeable

Négligeable

Extrême

Élevée

9.5

Polluants atmosphériques

Négligeable

Négligeable

Extrême

Élevée

11

Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents

Négligeable

Négligeable

Extrême

Modérée

11.4

Tempêtes et inondations

Négligeable

Négligeable

Extrême

Modérée

a No de la menace – Les menaces sont numérotées selon le système de classification de l’UICN. L’évaluation des menaces a porté à la fois sur la population des Grands Lacs et sur la population boréale et des Prairies du téloschiste ocellé. Seules les menaces pesant sur le téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, sont présentées dans ce tableau, la section 3.2 (Description des menaces) et la partie 2 (Programme de rétablissement du téloschiste ocellé [Teloschistes chrysophthalmus], population des Grands Lacs, en Ontario).

b Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. Le calcul de l’impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce, ou de la diminution/dégradation de la superficie d’un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l’impact ne peut être déterminé (par exemple lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l’impact n’est pas calculé lorsque la menace se situe en dehors de la période d’évaluation (par exemple l’immédiateté est non significative/négligeable ou faible puisque la menace n’existait que dans le passé); négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n’est pas une menace : lorsque la valeur de la gravité est neutre ou qu’il y a un avantage possible.

c Portée – Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71-100 %; grande = 31-70 %; restreinte = 11-30 %; petite = 1-10 %; négligeable < 1 %).

d Gravité – Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population) que causera vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations (extrême = 71-100 %; élevée = 31-70 %; modérée = 11-30 %; légère = 1-10 %; négligeable < 1 %; neutre ou avantage possible ≥ 0 %).

e Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); non significative/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.

3.2 Description des menaces

L’impact global des menaces pesant sur le téloschiste ocellé (évalué pour l’aire canadienne de l’espèce, incluant la population des Grands Lacs et la population boréale et des Prairies) est moyen‑élevé (COSEWIC 2016). Cet impact global tient compte des impacts cumulatifs des multiples menaces qui pèsent sur l’espèce au Canada. Les menaces sont présentées dans le même ordre que dans le tableau de classification des menaces (tableau 1), accompagnées d’information portant spécifiquement sur la population des Grands Lacs provenant du programme de rétablissement provincial (Knight, 2019).

Pour en savoir plus sur les menaces, on peut consulter la section 1.6 (Menaces pour la survie et le rétablissement) du programme de rétablissement provincial, qui est inclus dans la partie 2 du présent document. La liste ci-dessous indique comment les catégories de menaces de l’UICN qui sont utilisées dans le tableau 1 correspondent à celles utilisées dans la section 1.6 du programme de rétablissement provincial pour la population des Grands Lacs.

Menace no 6 de l’UICN. Intrusions et perturbations humaines
6.1 Activités récréatives

Les neuf individus restants de la population des Grands Lacs se trouvent dans un parc provincial bien fréquenté pour des activités récréatives, à proximité d’un chemin de service menant à la plage. Les effets de la circulation sur le chemin ne sont pas connus, mais pourraient comprendre l’endommagement du système racinaire de l’arbre hôte par le compactage du sol, le risque de collision avec l’arbre hôte et le dépôt de poussière du chemin sur les thalles qui nuit à la photosynthèse du lichen (COSEWIC 2016). Le chemin a récemment été fermé aux automobiles, mais les piétons et les cyclistes y ont toujours accès, et des activités récréatives sont encore pratiquées dans le secteur : pique-nique, randonnée pédestre et cyclisme (MECP, 2020).

6.3 Travail et autres activités

D’autres activités humaines pourrait menacer le téloschiste ocellé, population des Grands Lacs; notamment, des gens pourraient déloger intentionnellement ou non des thalles. Les données suggèrent que le prélèvement intentionnel de thalles à des fins de collecte présente un risque pour la population, et la localisation de l’arbre hôte n’est plus rendue publique (MECP, 2020). Les activités d’amélioration de l’habitat dans le secteur pourraient nuire involontairement à la population si elles ne sont pas menées avec soin; ces activités comprennent la pulvérisation d’herbicides et l’élimination manuelle des espèces envahissantes (MECP, 2020).

Section 1.6 du programme de rétablissement provincial : « Menaces d’origine humaine ».

Menace no 8 de l’UICN. Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques
8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes

Plusieurs espèces non indigènes, notamment le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica), ont envahi le rivage du lac Ontario dans le comté de Prince Edward, où se trouve l’unique sous‑population de téloschiste ocellé de la population des Grands Lacs (COSEWIC, 2016). Les effets du nerprun cathartique sur le paysage comprennent la réduction des arbustes indigènes dans les forêts ouvertes, la fermeture des trouées forestières, la modification du couvert végétal et l’augmentation de la densité des tiges ligneuses (Catling et Mitrow, 2012). Le dompte‑venin de Russie (Vincetoxicum rossicum), une autre espèce envahissante présente dans la région, envahit le sous‑étage et forme un peuplement pur dense qui supplante la végétation indigène et modifie la composition de la végétation (DiTommaso et al., 2006). L’habitat convenable au téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, dans le secteur est limité et se fait de plus en plus occuper par des espèces exotiques envahissantes, ce qui mène à sa dégradation.

Section 1.6 du programme de rétablissement provincial : « Menaces biologiques » et « Menaces physicochimiques ».

Menace no 9 de l’UICN. Pollution
9.5 Polluants atmosphériques

Les lichens sont sensibles aux polluants atmosphériques acidifiants, en particulier le dioxyde de soufre (SO2), qui est rejeté dans l’atmosphère par la combustion de combustibles fossiles et les activités des fonderies (COSEWIC, 2016). L’absorption par les lichens de polluants qui se déposent sur eux sous forme de dépôts secs ou de précipitations acides perturbe d’importants processus physiologiques et peut entraîner le dépérissement des thalles (COSEWIC, 2016). Les précipitations acides ont diminué en Ontario et ailleurs au Canada (CCME, 2013), mais l’exposition constante à des précipitations faiblement acides pourrait dépasser la capacité tampon de l’écorce de l’arbre hôte (COSEWIC, 2016). L’azote est devenu un nouveau facteur de stress environnemental pour les lichens à la suite de la réduction récente des émissions de SO2 (Driscoll et al., 2001). La photosynthèse des lichens peut être inhibée par leur exposition au sulfate d’ammonium, qui est produit par la réaction des oxydes d’azote avec le SO2 atmosphérique (Munzi et al., 2010). L’augmentation des quantités d’azote disponible modifie la diversité et la structure des communautés de lichens en favorisant les espèces qui préfèrent les milieux riches en nutriments (Van Dobben et De Bakker, 2006) et a un effet négatif sur des espèces comme le téloschiste ocellé (COSEWIC, 2016).

Section 1.6 du programme de rétablissement provincial : « Menaces physicochimiques ».

Menace no 11 de l’UICN. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents
11.4 Tempêtes et inondations

La population de téloschiste ocellé des Grands Lacs est extrêmement petite et restreinte à un seul chêne rouge dans le parc provincial Sandbanks. Étant donné la taille et l’aire de répartition restreintes de la population, une seule grosse tempête pourrait abattre l’arbre ou déloger les individus du lichen, ce qui aurait un grave impact sur la petite population et pourrait l’éliminer complètement (COSEWIC, 2016).

Section 1.6 du programme de rétablissement provincial : « Menaces biologiques ».

4. Objectifs en matière de population et de répartition

En vertu de la LEP, un objectif en matière de population et de répartition doit être établi pour l’espèce. Voici l’objectif d’Environnement et Changement climatique Canada en matière de population et de répartition pour le téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, au Canada :

Compte tenu de l’extrême rareté de la population des Grands Lacs et de l’absence d’autres colonies, la colonie connue de téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, au Canada est très vulnérable à la disparition. L’objectif fédéral en matière de population et de répartition aborde les principales caractéristiques de survie que sont la redondance et la résilience, dans la mesure où les techniques sont appropriées et réalisables. Il faut également effectuer des relevés pour déterminer si d’autres colonies (sous‑populations) existent dans de l’habitat convenable en Ontario. En ce qui concerne la redondance, l’objectif en matière de population et de répartition vise la réintroduction de l’espèce et/ou l’augmentation de la sous‑population, si des études montrent qu’elles sont probablement réalisables. En ce qui concerne la redondance, l’objectif en matière de population et de répartition vise la stabilisation de la population, sa protection contre les menaces et, dans la mesure du possible, sa croissance. L’objectif tient également compte de l’incertitude associée aux nouvelles techniques de rétablissement du téloschiste ocellé et des lichens en général.

L’objectif fédéral en matière de population et de répartition du téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, est conforme au but et mesures définis dans la Déclaration du gouvernement de l’Ontario faite en réponse au programme de rétablissement de l’espèce (voir la partie 3) en vertu de la Loi de sur les espèces en voie de disparition de la province. Les mesures de protection et de rétablissement viseront à assurer la persistance de cette population au Canada.

5. Habitat essentiel

En vertu de l’alinéa 41(1)c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent inclure une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, et des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de cet habitat. Aux termes du paragraphe 2(1) de la LEP, l’habitat essentiel est l’« habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce ».

La Loi sur les espèces en voie de disparition (LEVD) de la province de l’Ontario n’exige pas que les programmes de rétablissement provinciaux comprennent une désignation de l’habitat essentiel. Aux termes de la LEVD, une espèce qui est inscrite sur la Liste des espèces en péril en Ontario comme espèce en voie de disparition ou menacée bénéficie automatiquement d’une protection générale de son habitat, ce qui est actuellement le cas pour le téloschiste ocellé, population des Grands Lacs. Dans certains cas, un règlement sur l’habitat de l’espèce peut être élaboré en remplacement des dispositions sur la protection générale de l’habitat. Le règlement sur l’habitat est l’instrument juridique par lequel la Province de l’Ontario prescrit une aire à protégerNote de bas de page 20 à titre d’habitat de l’espèce. Aucun règlement sur l’habitat du téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, n’a été élaboré, mais le programme de rétablissement provincial contient une recommandation concernant l’aire à prendre en compte dans l’élaboration d’un règlement sur la protection de l’habitat de l’espèce (voir la partie 2, section 2.4).

L’habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement fédéral aidera à atteindre les objectifs en matière de population et de répartition du téloschiste ocellé, population des Grands Lacs (section 4). Si de nouvelles données le justifiaient, l’habitat essentiel actuellement désigné pourrait être mieux délimité ou d’autres zones d’habitat essentiel pourraient y être ajoutées dans une version ultérieure du programme de rétablissement.

5.1 Désignation de l’habitat essentiel de l’espèce

L’habitat essentiel du téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, au Canada, est désigné comme étant l’étendue des caractéristiques biophysiques (voir la section 5.1.2) partout où elles se trouvent dans les zones contenant l’habitat essentiel décrit à la section 5.1.1, ci‑dessous. Comme l’espèce est très vulnérable à la cueillette, la province de l’Ontario considère que les données permettant de la localiser sont de nature délicate. C’est la raison pour laquelle la zone renfermant l’habitat essentiel est représentée sur cartographie par des carrés de 1 km x 1 km du quadrillage UTM de référence (figure 1)Note de bas de page 21.

5.1.1 Zone renfermant l’habitat essentiel

Au Canada, la présence et la persistance du téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, dépendent d’une zone plus grande que celle qui est occupée par les individus de l’espèce. L’espèce a besoin d’un habitat convenable approprié à l’échelle écologique ou du paysageNote de bas de page 22 qui permet aux processus naturels associés à la dynamique des populations et à la reproduction de se produire. L’habitat nécessaire à la survie de l’espèce est déterminé en fonction des distances assurant la protection de la zone racinaire de l’arbre hôte, des conditions microclimatiquesNote de bas de page 23 créées par la forêt environnante et par le rivage du lac Ontario, ainsi que des caractéristiques biophysiquesNote de bas de page 24 de l’habitat convenable.

Voici comment la zone renfermant l’habitat essentiel du téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, est définie :

5.1.2 Caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel

Voici les caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel du téloschiste ocellé, population des Grands Lacs :

Ces caractéristiques biophysiques caractérisent généralement les écosites nécessaires au maintien des conditions microclimatiques, comme le régime d’humidité et l’exposition au vent, qui assurent la présence et la survie de l’espèce sur l’arbre hôte. Les arbres environnants peuvent également favoriser la croissance de la population par dispersion naturelle. L’Inventaire de l’écosystème côtier des Grands Lacs (MNRF, 2022), qui indique comment cartographier les écosites, a servi à désigner l’habitat essentiel du téloschiste ocellé, population des Grands Lacs.

Carte de l'habitat essentiel du lichen à œil d'or, lire la description détaillée

Figure 1. Habitat essentiel du téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, au Canada. La zone renfermant de l’habitat essentiel du téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, au Canada, décrite à la section 5.1.1, est représentée par les carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km (bordés de rouge). Dans cette zone, l’habitat essentiel ne se trouve que là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 5.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km présenté (en rouge) sur la figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Sandbanks Provincial Park (Natural Environment Class) = Parc provincial Sandbanks (parc naturel)

NAD 1983 UTM Zone 18N = Zone 18N - Système de référence géodésique nord-américain de 1983

Long description

La figure 1 indique l’habitat essentiel du téloschiste ocellé (population des Grands Lacs). Cette figure présente une carte de la frontière sud du comté de Prince Edward, en Ontario, le long du lac Ontario. Le parc provincial Sandbanks est délimité sur la carte; les trois carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km de côté qui renferment l’habitat essentiel se trouvent au centre de la zone colorée représentant le parc provincial, et deux des trois carrés se trouvent également en bordure du lac. La zone montrée sur la carte se situe immédiatement au sud de Belleville, en Ontario. 

5.2 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à sa protection et à sa gestion. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’une partie de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsqu’exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps. Il faut noter que les activités qui se déroulent à l’intérieur ou à proximité de l’habitat essentiel ne sont pas toutes susceptibles d’en entraîner la destruction.

Le tableau 2 donne des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de l’espèce; il peut toutefois exister d’autres activités destructrices.

Tableau 2. Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

Description de l’activité

Description de l’effet relatif à la perte de fonction

Détails de l’effet

Activités qui ont pour effet de déloger le téloschiste ocellé de l’arbre hôte ou qui empêchent son établissement sur l’arbre hôte. Exemples : cueillette intentionnelle, utilisation récréative, installation de panneaux de signalisation.

Les visiteurs du parc peuvent causer des dommages, intentionnellement ou non, au téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, par la cueillette de celui-ci ou d’autres lichens sur le même arbre hôte. Les activités récréatives sur un sentier voisin ou la pose de panneaux sur l’arbre hôte pourraient créer une pression ou une abrasion de la surface de l’arbre et ainsi endommager l’écorce ou le lichen ou déloger celui‑ci.

Si cette activité était menée à n’importe quel moment de l’année, elle entraînerait probablement la destruction de l’habitat essentiel. La cueillette d’un téloschiste ocellé constituerait la perte d’un individu de la sous‑population. La cueillette d’autres espèces de lichens sur le même arbre pourrait également endommager l’écorce de l’arbre et le rendre non convenable pour l’établissement du téloschiste ocellé.

Menace no 6 de l’UICN. Intrusions et perturbations humaines : 6.1 Activités récréatives, 6.3 Travail et autres activités.

Activités qui compactent le sol ou endommagent le système racinaire de l’arbre hôte. Exemples : élargissement ou expansion de l’empreinte des chemins existants, travaux de réfection (resurfaçage, nivellement).

L’expansion de l’empreinte des chemins dans l’habitat essentiel pourrait endommager le système racinaire des arbres susceptibles d’abriter l’espèce dans l’habitat essentiel. La compaction du sol pourrait rendre l’habitat non convenable pour ces arbres et l’arbre hôte existant.

Si cette activité était menée à n’importe quel moment de l’année, elle entraînerait probablement la destruction de l’habitat essentiel. La compaction du sol pourrait entraîner la perte de l’arbre hôte et du substrat convenable auquel le lichen est fixé.

Menace no 6 de l’UICN. Intrusions et perturbations humaines : 6.1 Activités récréatives, 6.3 Travail et autres activités.

Activités qui éliminent complètement ou partiellement la végétation ligneuse autour de l’arbre hôte, dans la zone renfermant l’habitat essentiel et entraînent ainsi des changements dans les conditions du microsite (notamment l’humidité) et les rendent non convenables pour le lichen. Exemples : construction de sentier, récolte de bois ou aménagement du rivage.

L’élimination de la végétation ligneuse indigène entraînerait la destruction d’habitat essentiel en causant la perte directe et permanente des conditions du microsite, comme la pénétration de la lumière et l’humidité de l’air ou du sol, nécessaires au maintien du contexte du site et des endroits précis où croît le téloschiste ocellé. Elle pourrait également entraîner la perte d’individus de l’espèce ou des changements dans la santé de l’arbre hôte et du caractère convenable du substrat qu’il offre au lichen. Elle pourrait aussi causer la perte d’habitat de dispersion.

Si cette activité était menée à n’importe quel moment de l’année, elle entraînerait probablement la destruction de l’habitat essentiel.

Menace no 6 de l’UICN. Intrusions et perturbations humaines : 6.1 Activités récréatives, 6.3 Travail et autres activités.

6. Mesure des progrès

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.

Tous les cinq ans, le succès de la mise en œuvre du programme de rétablissement sera mesuré en fonction des indicateurs de rendement suivants :

7. Énoncé sur les plans d’action

Un ou plusieurs plans d’action pour le téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, seront élaborés et publiés dans le Registre public des espèces en péril dans les dix ans, si les priorités et les ressources le permettent.

8. Références

Bates, J.W., P. J. McNee et A. R. McLeod. 1996. Effects of sulphur dioxide and ozone on lichen colonization of conifers in the Liphook Forest Fumigation Project. New Phytologist 132: 653-660.

Brinker, S. 2022. Communication personnelle. Botaniste provincial, Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario.

Catling, P. M., et G. Mitrow. 2012. Major Invasive Alien Plants of Natural Habitats in Canada. 5. Common Buckthorn, European Buckthorn, nerprun cathartique, nerprun pergatif. Rhamnus cathartica L. Canadian Botanical Association Bulletin 45(3):110-117.

CCME. 2013. Progress report on the Canada-wide acid rain strategy for post 2000. Canadian Council of Ministers of the Environment. [Également disponible en français : CCME. 2013. Rapport d’étape sur la Stratégie pancanadienne sur les émissions acidifiantes après l’an 2000. Conseil canadien des ministres de l’environnement]

COSEWIC. 2016. COSEWIC assessment and status report on the Golden-Eye Lichen Teloschistes chrysophthalmus, population boréale et des Prairies and Great Lakes population, in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. xv + 50 pp. [Également disponible en français : COSEPAC. 2016. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus), population des Grands Lacs et population boréale et des Prairies, au Canada.Ottawa. vii + 46 p.]

DiTommaso, A., F. M. Lawlor et S. J. Darbyshire. 2005. The Biology of invasive alien plants in Canada. 2. Cynanchum rossicum (Kleopow) Borhidi [= Vincetoxicum rossicum (Kleopow) Barbar.] and Cynanchum louiseae (L.) Kartesz et Gandhi [= Vincetoxicum nigrum (L.) Moench]. Canadian Journal of Plant Science 85:243‑263.

Driscoll, C. T., G. B. Lawrence, A. J. Bulger, T. J. Butler, C. S. Cronan, C. Eagar, K. F. Lambert, G. E. Likens, J. L. Stoddard et K. C. Weathers. 2001 Acidic deposition in the northeastern United States: sources and inputs, ecosystem effects, and management strategies. BioScience 51(3): 180-198.

International Union for Conservation of Nature (IUCN). 2013. Guideline for reintroduction and other conservation translocations. Version 1.0. IUCN Species Survival Commission, Gland, Switzerland. 57 p.

Knight, T. 2019. Recovery Strategy for the Golden-eye Lichen (Teloschistes chrysophthalmus) – Great Lakes population in Ontario. Ontario Recovery Strategy Series. Prepared for the Ministry of the Environment, Conservation and Parks, Peterborough, Ontario. v + 40 pp.

Lee, H.T., W.D. Bakowsky, J. Riley, J. Bowles, M. Puddister, P. Uhlig et S. McMurray. 1998. Ecological Land Classification for Southern Ontario: First Approximation and Its Application. Ontario Ministry of Natural Resources, Southcentral Science Section, Science Development and Transfer Branch. SCSS Field Guide FG-02.

Lee, H.T., W.D. Bakowsky, J. Riley, J. Bowles, M. Puddister, P. Uhlig et S. McMurray. 2008. Ecological Land Classification for Southern Ontario: Second Approximation and Its Application. Ontario Ministry of Natural Resources, Southcentral Science Section, Science Development and Transfer Branch. SCSS Field Guide FG-02. [inédit]

Master, L. L., D. Faber-Langendoen, R. Bittman, G. A. Hammerson, B. Heidel, L. Ramsay, K. Snow, A. Teucher, and A. Tomaino. 2012. NatureServe Conservation Status Assessments: Factors for Evaluating Species and Ecosystem Risk. NatureServe, Arlington, VA. Site Web : http://www.natureserve.org/sites/default/files/publications/files/natureserveconservationstatusfactors_apr12.pdf [consulté en septembre 2021].

MECP. 2020. Government Response Statement for the Golden-eye Lichen (Teloschistes chrysophthalmus) - Great Lakes population in Ontario. Ministry of Environment, Conservation and Parks, Peterborough, Ontario. 8 pp. [Également disponible en français : MEPP. 2020. Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement – Téloschiste ocellé (population des Grands Lacs). Ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs, Peterborough (Ontario). 9 p.]

MNRF. 2022. Great Lakes Shoreline Ecosystem Inventory. Ontario Ministry of Natural Resources and Forestry. Science and Research Branch, Biodiversity and Monitoring and Natural Resource Information Section. Great Lakes Shoreline Ecosystem Inventory | Ontario GeoHub (gov.on.ca) V2. site Web : https://geohub.lio.gov.on.ca/documents/lio::great-lakes-shoreline-ecosystem-inventory/about [consulté en 2021].

Munzi, S., T., Pisani, L. Paoli et S. Loppi. 2010. Time-and dose-dependency of the effects of nitrogen pollution on lichens. Ecotoxicology and Environmental Safety 73(7): 1785 à 1788.

NHIC. 2022. Ontario Natural Heritage Information Centre Element Occurrence and Species Observation Data. Ontario Ministry of Natural Resources and Forestry. Natural Heritage Information Centre | ontario.ca. site Web : https://www.ontario.ca/page/natural-heritage-information-centre#section-0 [consulté en octobre 2022]

Salafsky, N., D. Salzer, A.J. Stattersfield, C. Hilton-Taylor, R. Neugarten, S.H.M. Butchart, B. Collen, N. Cox, L.L. Master, S. O’Connor et D. Wilkie. 2008. A standard lexicon for biodiversity conservation: unified classifications of threats and actions. Conservation Biology 22: 897-911.

Van Dobben, H.F., et A. J. De Bakker. 1996. Re-mapping epiphytic lichen biodiversity in the Netherlands: effects of decreasing SO2 and increasing NH3. Acta Botanica Neerlandica 45: 55-71.

Annexe A : Cotes de conservation du téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus)

Tableau A-1. Cotes de conservation du téloschiste ocellé (NatureServe, 2021)

Cote mondiale (G)

Cote nationale (N) (Canada)

Cote infranationale (S) (Canada)

Cote nationale (N) (États‑Unis)

Cote infranationale (S) (États‑Unis)

G4G5

N4

Ontario (S3)

Manitoba (S3S4)

NNR

Maryland (SNR), Pennsylvanie (SNR), Wisconsin (S1)

Tableau A-2. Définition des cotes (Master et al., 2012)

Cote

Définition

S1

Gravement en péril – Espèce extrêmement susceptible de disparaître du territoire considéré en raison d’une aire de répartition très limitée, d’un nombre très restreint de populations ou d’occurrences, de déclins très marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.

S3

Vulnérable – Espèce modérément susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition plutôt limitée, d’un nombre relativement faible de populations ou d’occurrences, de déclins récents et généralisés, de menaces ou d’autres facteurs.

G4

N4

Apparemment en sécurité – Espèce assez peu susceptible de disparaître de la planète (G4) ou du territoire (N4, S4) en raison de la grande étendue de son aire de répartition ou du grand nombre de populations ou d’occurrences, mais pour laquelle il existe des sources de préoccupations en raison de déclins localisés récents, de menaces ou d’autres facteurs.

G5

En sécurité – Espèce très peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la très vaste étendue de son aire de répartition ou de l’abondance de populations ou d’occurrences et ne suscitant aucune préoccupation associée à des déclins ou des menaces ou n’en suscitant que très peu.

G#G#

Cote d’intervalle numérique – Une cote combinant deux valeurs numériques (par exemple S2S3 ou S1S3) est utilisée pour indiquer l’intervalle d’incertitude quant à la situation d’une espèce ou d’un écosystème. Les intervalles ne peuvent sauter plus d’un rang (par exemple on utilise la cote SU plutôt que la cote S1S4).

NNR

SNR

Non classée – Espèce dont le statut de conservation national ou infranational n’a pas encore été évalué.

Annexe B : Effets sur l’environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmesNote de bas de page 27. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durableNote de bas de page 28 (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci‑dessous.

La plupart des stratégies et approches générales de rétablissement du téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, ne devraient avoir aucun effet néfaste ou devraient avoir un effet positif sur l’environnement dans lequel il se trouve et sur les autres espèces présentes dans ces zones.

Au Canada, le téloschiste ocellé, population des Grands Lacs, n’est présent que sur un seul arbre dans le parc provincial Sandbanks, situé au bord du lac Ontario. Les autres espèces en péril qui pourraient être présentes dans cet habitat terrestre comprennent la couleuvre tachetée (Lampropeltis triangulanum) et le Pioui de l’Est (Contopus virens).

Les relevés et la recherche visant le téloschiste ocellé pourraient permettre de trouver d’autres espèces en péril et/ou de déterminer les menaces qui pèsent sur elles et le niveau de préoccupation connexe. La conservation et la gestion de l’habitat visant à assurer la disponibilité d’habitat convenable d’une année à l’autre sont susceptibles de profiter à d’autres espèces présentes dans l’aire principale du téloschiste ocellé. Par exemple, la lutte contre les espèces envahissantes (par exemple nerprun cathartique, dompte‑venin de Russie) est susceptible d’accroître la qualité et/ou la quantité d’habitat indigène disponible pour d’autres espèces en péril.

Au besoin, tout impact néfaste du travail d’élimination d’espèces envahissantes dans le parc provincial Sandbanks fait l’objet d’une évaluation environnementale de portée générale pour les parcs provinciaux et les réserves de conservation. Des mesures de suivi pourront être exigées à la suite des évaluations environnementales, afin de déterminer l’efficacité des techniques mises en œuvre et l’exactitude des effets prédits. Ces mesures permettront la mise en place d’une gestion adaptative, l’atténuation des éventuels effets environnementaux ainsi que l’ajustement et l’amélioration constants des travaux de rétablissement. Les nouvelles versions de ces plans continueront d’être examinées au moyen de ces processus d’évaluation environnementale.

Partie 2 – Programme de rétablissement du téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus), population des Grands Lacs, en Ontario, préparé par Tristan Knight pour le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario (Traduit par Environnement et Changement climatique Canada)

Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario

Programme de rétablissement préparé en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition

Naturel. Apprécié. Protégé.

Ministère des Richesses naturelles

À propos de la Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario

Cette série présente l’ensemble des programmes de rétablissement préparés ou adoptés à l’intention du gouvernement de l’Ontario en ce qui concerne l’approche recommandée pour le rétablissement des espèces en péril. La province s’assure que la préparation des programmes de rétablissement respecte son engagement de rétablir les espèces en péril en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD 2007) et de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada.

Qu’est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est le processus par lequel le déclin d’une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces qui pèsent sur cette espèce sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de survie à l’état sauvage.

Qu’est-ce qu’un programme de rétablissement?

En vertu de la LEVD 2007, un programme de rétablissement fournit les meilleures connaissances scientifiques disponibles quant aux mesures à prendre pour assurer le rétablissement d’une espèce. Un programme de rétablissement présente de l’information sur les besoins de l’espèce en matière d’habitat et sur les types de menaces à la survie et au rétablissement de l’espèce. Il présente également des recommandations quant aux objectifs de protection et de rétablissement, aux méthodes à adopter pour atteindre ces objectifs et à la zone qui devrait être prise en considération pour l’élaboration d’un règlement visant l’habitat. Les paragraphes 11 à 15 de la LEVD 2007 présentent le contenu requis et les délais pour l’élaboration des programmes de rétablissement publiés dans cette série.

Après l’inscription d’une espèce sur la Liste des espèces en péril en Ontario, des programmes de rétablissement doivent être préparés dans un délai d’un an pour les espèces en voie de disparition et de deux ans pour les espèces menacées. Une période de transition de cinq ans (jusqu’au 30 juin 2013) est prévue pour l’élaboration des programmes de rétablissement visant les espèces menacées et en voie de disparition qui figurent aux annexes de la LEVD 2007. Des programmes de rétablissement doivent obligatoirement être préparés pour les espèces disparues de l’Ontario si leur réintroduction sur le territoire de la province est jugée réalisable.

Et ensuite?

Neuf mois après l’élaboration d’un programme de rétablissement, un énoncé de réaction est publié. Il décrit les mesures que le gouvernement de l’Ontario entend prendre en réponse au programme de rétablissement. La mise en œuvre d’un programme de rétablissement dépend de la collaboration soutenue et des mesures prises par les organismes gouvernementaux, les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres et les partenaires de la conservation.

Pour plus d’information

Pour en savoir plus sur le rétablissement des espèces en péril en Ontario, veuillez visiter la page Web des espèces en péril du ministère des Richesses naturelles.

Référence recommandée

Knight, T. 2019. Programme de rétablissement du téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus), population des Grands Lacs, en Ontario. Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario, préparé pour le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs, Peterborough (Ontario), vi + 45 p.

Illustration de la couverture : Photo prise par Troy McMullin

© Imprimeur de la Reine pour l’Ontario, 2019

ISBN 978-1-4868-3514-0 (HTML anglais)
ISBN 978-1-4868-3515-7 (PDF anglais)

Le contenu du présent document (sauf les illustrations) peut être utilisé sans permission, à condition que la source en soit adéquatement mentionnée.

Auteur

Tristan Knight – écologiste principal et président, Terrastory Environmental Consulting Inc.

Remerciements

Plusieurs lichénologues et naturalistes avertis ont fourni des données et commentaires utiles pour la rédaction du présent programme de rétablissement. Sam Brinker (Centre d’information sur le patrimoine naturel) a offert son expertise, décrit les récents efforts de recensement et aidé l’auteur à recenser la colonie de téloschiste ocellé au parc provincial Sandbanks en 2018. Troy McMullin (Ph. D., Musée canadien de la nature) et Chris Lewis (ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario) ont également offert leur expertise et des commentaires utiles. Roman Olszewski a fait la lumière sur les circonstances entourant la première découverte du téloschiste ocellé au parc provincial Sandbanks. Yvette Bree (Parcs Ontario) a fourni des précisions sur les priorités de gestion et activités récréatives actuelles autour de la colonie dans le parc provincial Sandbanks. Richard Harris (Ph. D., New York Botanical Garden) a décrit les mentions historiques et actuelles du téloschiste ocellé dans le nord de l’État de New York. Enfin, plusieurs utilisateurs d’iNaturalist ont donné des précisions sur le substrat et l’habitat des récentes mentions de l’espèce dans l’est de la région des Grands Lacs.

Déclaration

Le programme de rétablissement du téloschiste ocellé a été élaboré conformément aux exigences de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD), afin de conseiller le gouvernement de l’Ontario, d’autres autorités responsables et les nombreuses parties concernées par le rétablissement de l’espèce.

Le programme de rétablissement ne représente pas nécessairement les points de vue de toutes les personnes qui ont prodigué des conseils ou participé à son élaboration, ni la position officielle des organismes avec lesquels ces personnes sont associées.

Les buts, objectifs et approches de rétablissement présentés dans le programme se fondent sur les meilleures connaissances disponibles et pourraient être modifiés au fur et à mesure que de nouveaux renseignements deviennent disponibles. La mise en œuvre du présent programme de rétablissement est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et des organisations participantes.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme.

Autorités responsables

Ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs

Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune, Ontario

Sommaire

Le téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus) est un lichen orange vif frutescent qui pousse sous la forme d’un petit arbuste branchu sur l’écorce et les branches des arbres. La population des Grands Lacs est en voie de disparition en Ontario et est représentée par cinq signalements historiques et une colonie existante. Les signalements historiques sont concentrés le long des rives du lac Érié (parc national de la Pointe-Pelée, Port Rowan) et du lac Ontario (parc provincial Presqu’île, plage Wellington), et une localité aux chutes Niagara. La colonie actuelle se trouve sur l’écorce d’un chêne rouge mûr (Quercus rubra) près de la rive du lac Ontario dans le parc provincial Sandbanks. D’après les chiffres du recensement, cette colonie est passée de huit thalles en 2009 à deux thalles en 2018. Le téloschiste ocellé est également extrêmement rare et probablement en déclin dans la partie américaine de l’est de la région des Grands Lacs (nord-ouest de l’Indiana, Michigan, nord de l’Ohio, nord de l’État de New York).

Les besoins en habitat de la population des Grands Lacs sont décrits dans le présent document selon relativement peu de signalements dans le sud de l’Ontario et l’est des États des Grands Lacs. Le substrat approprié comprend l’écorce et les branches d’arbres et d’arbustes à feuilles caduques et de conifères, et (dans une moindre mesure) les traverses de clôture. La population des Grands Lacs est fortement associée aux zones où l’humidité est plus élevée (par exemple rivage des Grands Lacs, chutes Niagara). Toutefois, sa présence a été signalée récemment plusieurs fois dans des arbres d’ornement situés à l’intérieur des terres. Parmi les autres variables de l’habitat qui semblent être associées à cette espèce, mentionnons le sol calcaire, la forte pénétration de la lumière et la bonne qualité de l’air.

L’objectif recommandé pour le rétablissement à long terme de la population du téloschiste ocellé des Grands Lacs est de protéger la colonie connue du parc provincial Sandbanks et toute nouvelle colonie qui pourrait être découverte à l’avenir. Afin d’y parvenir, les objectifs recommandés pour cette espèce sont les suivants :

  1. maintenir la colonie connue et les colonies qui pourraient être découvertes à l’avenir grâce à la protection, à la gestion et à la surveillance de l’habitat
  2. effectuer des relevés dans des habitats qui pourraient très bien convenir dans tout le sud de l’Ontario
  3. fournir du matériel de communication et de sensibilisation aux propriétaires fonciers, aux groupes de la conservation et aux municipalités des alentours du parc provincial Sandbanks
  4. entreprendre des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances

Le téloschiste ocellé est un épiphyte et a besoin de conditions de niche écologique appropriées pour subsister dans un site existant et se disperser. Il est recommandé que les zones prescrites comme habitat pour cette espèce s’étendent sur un rayon d’au moins 100 m de chaque occurrence documentée. Un rayon d’au moins 50 m du téloschiste ocellé protégera les thalles individuels en limitant les activités humaines qui peuvent nuire 1) au thalle, 2) à l’arbre ou l’arbuste hôte et 3) aux conditions de niche écologique (par exemple humidité, lumière, etc.) entourant l’arbre ou l’arbuste hôte. Un autre rayon minimum de 50 à 100 m du téloschiste ocellé protégera un habitat propice à la colonisation et à la dispersion locale en limitant les activités humaines qui peuvent compromettre la qualité de l’habitat.

1.0 Renseignements généraux

1.1 Évaluation et statut de l’espèce

La liste suivante présente des renseignements sur l’évaluation et le statut du téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus).

Remarque : le glossaire définit les abréviations et termes techniques utilisés dans le présent document.

1.2 Description et biologie de l’espèce

Description de l’espèce

Le téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus) est un lichen orange vif frutescent qui pousse sous la forme d’un arbrisseau touffu sur l’écorce et les branches des arbres. Le thalle (appareil végétatif du lichen) des individus qui poussent dans un endroit partiellement ombragé peut prendre une couleur verdâtre ou grisâtre (Almborn, 1989; Wright, 2000). Les thalles sont relativement courts (jusqu’à 2 cm de hauteur) et petits (jusqu’à 4 cm de diamètre; Almborn, 1989), mais distinctifs, particulièrement s’ils poussent en abondance. Les lobes (ramifications du thalle) sont habituellement aplatis, rayonnent à partir d’un crampon basal (point d’ancrage au substrat) et peuvent être rigidement dressés. Les thalles peuvent également être fixés au substrat par des rhizines (Nash et al., 2004) ou par emmêlement. La surface inférieure du lobe est blanchâtre ou grisâtre et présente souvent des rides ou des nervures longitudinales (Brodo et al., 2001). Les apothécies (organes de fructification en forme de coupe) mesurent généralement de 1 à 4 mm de large (Brodo et al., 2001) et sont généralement portées par des pédicelles à l’extrémité des lobes, mais elles peuvent se trouver directement sur les lobes ou leurs marges. Dans la forme caractéristique du téloschiste ocellé, les apothécies sont bordées de cils voyants qui ressemblent à des cils d’yeux (d’où le nom commun de l’espèce). L’espèce ne produit pas de propagules végétatives comme des isidies ou des sorédies, mais les cils souvent présents à l’extrémité des lobes peuvent faciliter la dispersion végétative (Nyati et al., 2013).

Le téloschiste ocellé présente une variation infraspécifique considérable, et les populations dans d’autres parties de son aire de répartition diffèrent souvent quelque peu sur le plan morphologique. Par exemple, certaines populations ont des lobes plus larges (jusqu’à 4 mm), et d’autres ne présentent aucune variation de couleur entre les surfaces supérieure et inférieure des lobes (Almborn, 1989). Les thalles de l’espèce dans le Midwest des États‑Unis présentent peu ou ne présentent pas de cils sur leurs apothécies (Howe, 1915; Almborn, 1989; Nash et al., 2004) et pourraient être confondus avec d’autres espèces de Teloschistes.

Des photographies de téloschistes ocellés et de leur habitat dans le parc provincial Sandbanks sont présentées aux figures 1 à 4 de la partie 2 ci‑dessous.

Photographie de thalle de lichen à œil d'or sur écorce de chêne rouge

Figure 1 de la partie 2. Thalle de téloschiste ocellé sur l’écorce d’un chêne rouge au parc provincial Sandbanks en 2009. La barre d’échelle représente environ 1 cm. Photo prise par C. Lewis.

Photographie de thalle de lichen à œil d'or sur écorce de chêne rouge en 2011

Figure 2 de la partie 2. Thalle de téloschiste ocellé sur l’écorce d’un chêne rouge au parc provincial Sandbanks en 2011. La barre d’échelle représente environ 1 cm. Photo prise par T. McMullin.

Photographie de thalle de lichen à œil d'or sur écorce de chêne rouge 2018

Figure 3 de la partie 2. Thalle de téloschiste ocellé sur l’écorce d’un chêne rouge au parc provincial Sandbanks en 2018.

Photo prise par T. Knight.

Photographie des conditions d'habitat entourant le lichen à œil d'or

Figure 4 de la partie 2. Habitat autour de la colonie de téloschiste ocellé au parc provincial Sandbanks en 2018.

Photo prise par T. Knight.

Biologie de l’espèce

Les lichens sont des organismes symbiotiques composés d’une algue et/ou d’une cyanobactérie (photobionte) et d’un champignon (mycobionte). Le photobionte est enfermé dans les hyphes du champignon (filaments de cellules fongiques) et produit par photosynthèse de la nourriture pour le lichen. Le mycobionte offre la structure et assure la reproduction sexuelle par les ascospores. Selon plusieurs auteurs, l’algue verte Trebouxia constitue le photobionte des espèces du genre Teloschistes (Murray, 1960; Brodo et al., 2001; Hinds et Hinds, 2007). Les téloschistes ocellés d’une population des îles Canaries contenaient le photobionte Trebouxia gelatinosa (Nyati et al., 2014), mais on ne sait pas quelle espèce de Trebouxia est associée à la population des Grands Lacs.

De nombreux lichens produisent des métabolites secondaires (substances lichéniques), dont certains sont des produits particuliers de la symbiose lichénique. Ces composés sont déposés sur les hyphes fongiques à l’intérieur du thalle, parfois sous forme de cristaux. Comme d’autres membres de la famille des Téloschistacées (par exemple Gyalolechia, Xanthoria), le téloschistes ocellé produit de la pariétine, un important métabolite secondaire qui donne au thalle sa coloration orange (Fazio et al., 2007). La pariétine tamise la lumière pour protéger le photobionte contre l’excès de lumière (Rundel, 1978). Cette fonction est particulièrement importante pour les membres des Téloschistacées, car bon nombre d’entre eux poussent dans des environnements très exposés à la lumière.

Le téloschiste ocellé se reproduit sexuellement au moyen d’apothécies en forme de coupe de 1 à 4 mm de large, qui ont été observées sur des thalles d’aussi peu que 1 cm de large (COSEWIC, 2016). Les apothécies sont sessiles ou portées sur de courts pédicelles (Almborn, 1989) et produisent des asques à huit spores hyalines (translucides) mesurant 5‑8 µm (Howe, 1915; Murray, 1960; Fletcher et Purvis, 2009). La marge de l’apothécie est constituée de tissu du thalle (et en présente la couleur) et produit souvent des cils abondants. Selon Nyati et al. (2013), ces cils (qui sont également produits à l’extrémité des lobes entre les bifurcations) contiennent des cellules d’algues à leur base et se cassent facilement, ce qui laisse croire qu’ils sont liés à la multiplication végétative. Les cils de l’apothécie pourraient également servir à condenser l’humidité (Hannemann, 1973, cité dans Sanders, 1993).

De nombreux lichens se reproduisent par voie végétative grâce à des structures spécialisées, comme les sorédies et les isidies, qui contiennent à la fois le photobionte et le partenaire fongique. Le téloschiste ocellé ne produit pas de sorédies ou d’isidies, mais, comme susmentionné, il peut se propager par voie végétative à partir de cils ou de fragments du thalle. Des pycnides (propagules fongiques asexuées) sont fréquemment produits dans de minces verrues orange près de l’extrémité des lobes (Nash et al., 2004).

Plusieurs champignons lichénicoles (champignons parasites qui poussent sur les thalles des lichens) sont associés au téloschiste ocellé, notamment le Didymocyrtis cf. infestans sur des thalles de téloschiste ocellé dans le sud de l’Italie (von Brackel et Puntillo, 2016) et le Didymocyrtis karnefeltii sur les apothécies du lichen à plusieurs endroits en Australie (Kondratyuk, 2008). Le Spaerellothecium subtile est commun sur le téloschiste ocellé dans la région du Sonora du sud-ouest des États-Unis et du nord‑ouest du Mexique (Nash et al., 2004). Ces champignons lichénicoles forment des taches noires généralement enfoncées dans le thalle (D. cf. infestans et S. subtile) ou les apothécies (D. karnefeltii).

1.3 Répartition, abondance et tendances démographiques

L’aire de répartition du téloschiste ocellé est mondiale : on l’a observé en Amérique du sud (Pereira et al., 2006; Fazio et al., 2007), en Europe (Fletcher et Purvis, 2009; Vicol, 2013; Diederich et al., 2014; Sérgio et al., 2016), en Afrique (Elshafie et Sipman, 1999; Bendaikha et Hadjadj-aoul, 2016), au Moyen‑Orient (Bokhary et Parvez, 1993; Sipman, 2002), au Mexique (Nash et al., 1979), en Australie (Stevens, 1979) et en Nouvelle‑Zélande (Hayward et Hollis, 1993). La population de l’espèce aux États‑Unis se concentre principalement en Californie (le long de la côte du Pacifique et un peu à l’intérieur des terres) et dans les régions intérieures du Midwest et du sud des Grandes Plaines. Il existe de nombreuses mentions de l’espèce à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle dans les États bordant l’océan Atlantique (CNALH, 2018), mais il n’y a qu’une mention récente en Caroline du Nord (CNALH, 2018), et il ne semble pas y avoir de mentions contemporaines en Nouvelle‑Angleterre (Hinds et Hinds, 2007).

Deux populations de téloschiste ocellé sont présentes en Ontario et sont considérées comme des unités désignables distinctes (COSEWIC, 2016). La population boréale et des Prairies est centrée sur le sud-ouest du Manitoba (Prairies) et le lac des Bois (région boréale) et s’étend vers l’est jusqu’à Dryden, en Ontario, et vers le sud jusqu’au Minnesota. Le COSEPAC a évalué cette population comme étant préoccupante (COSEWIC, 2016). Dans cette évaluation, le COSEPAC a séparé la population boréale et des Prairies et la population des Grands Lacs en raison de l’isolement géographique apparent (aires de répartition non chevauchantes) et de leurs différences écologiques (besoins en matière de substrat et d’habitat).

La population des Grands Lacs en Ontario est représentée par cinq mentions historiques et une colonie existante. Quatre des cinq mentions historiques ont été faites par John Macoun, qui a été nommé à la Commission géologique du Canada en tant que botaniste du Dominion en 1881 (Waiser, 2003). Les renseignements sur ces quatre mentions (localisation précise, substrat, habitat, etc.) se limitent aux étiquettes des spécimens d’herbier et à une brève description dans le catalogue des lichens et des bryophytes du Canada de Macoun (Macoun, 1902) (voir la figure 5 de la partie 2). L’autre mention historique se trouve dans une liste des lichens observés au parc Queen Victoria à Niagara Falls (Cameron, 1895). Aucun renseignement n’est associé à cette mention, et on ne sait pas si un spécimen a été recueilli.

Photo of John Macoun collection from 1892

Figure 5 de la partie 2. Spécimens recueillis par John Macoun à la pointe Pelée en 1892 et leur étiquette d’herbier.

Photo prise par Troy McMullin en 2018.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous:

Essex Co., Point Pelee National Park. Point Pelee = Comté d’Essex, parc national de la Pointe-Pelée. Pointe-Pelée.

Substrate – On trees = Substrat - Arbres

Det. by = Auteur de la détection

National Herbarium of Canada, Canadian Museum of Nature = Herbier national du Canada, Musée canadien de la nature

La seule colonie existante de la population des Grands Lacs se trouve dans une forêt feuillue côtière mature du parc provincial Sandbanks, sur l’écorce d’un seul chêne rouge (Quercus rubra) situé près du rivage du lac Ontario. Cette colonie a été découverte le 5 juillet 1994 par Roman Olszewski. On ne connait pas le nombre exact d’individus présents lors de cette découverte, mais R. Olszewski (comm. pers., 2018) a alors recueilli deux ou trois individus et en a observé « plusieurs autres ». Chris Lewis a retrouvé la colonie en 2009 (Lewis, 2011a), et un recensement de la colonie effectué plus tard cette année‑là a permis de dénombrer huit thalles poussant sur deux chênes rouges (COSEWIC, 2016). En 2013, six thalles (dont quatre thalles fertiles) étaient présents sur le bas du tronc des deux chênes rouges (S. Brinker, comm. pers., 2018). En novembre 2017, la colonie ne comptait plus que deux petits thalles (fertiles tous les deux) sur le tronc d’un des chênes rouges (S. Brinker, comm. pers., 2018). En novembre 2018, la présence des deux thalles fertiles sur ce chêne rouge a été confirmée de nouveau (T. Knight, obs. pers., 2018; S. Brinker, obs. pers., 2018). La flore de lichens poussant sur d’autres chênes rouges matures à proximité de la colonie de téloschiste ocellé dans le parc provincial Sandbanks est particulièrement riche et comprend plusieurs espèces de Ramalina (McMullin et Lewis, 2014; COSEWIC, 2016; T. Knight, obs. pers., 2018), qui sont des indicateurs de forêts anciennes et d’une faible pollution atmosphérique (Hinds et Hinds, 2007).

Des relevés ciblés effectués entre 2012 et 2018 dans des habitats potentiellement convenables près des Grands Lacs dans le sud de l’Ontario, y compris aux localités historiques de l’espèce, n’ont pas permis de trouver d’autres occurrences de l’espèce (COSEWIC, 2016; S. Brinker, comm. pers., 2018, C. Lewis, comm. pers., 2018). Les détails concernant toutes les mentions connues d’individus appartenant à la population des Grands Lacs en Ontario sont résumés au tableau 1 de la partie 2, et leurs localités sont cartographiées à la figure 6 de la partie 2.

Tableau 1 de la partie 2. Description des mentions historiques et actuelle du téloschiste ocellé (population des Grands Lacs) en Ontario. Adapté de COSEWIC (2016)

Année

Statut de la colonie

Observateur

Localité

Substrat

Spécimens

1868

Historique

John Macoun

Lac Ontario; l’emplacement exact est inconnu, mais correspond peut‑être aux mentions à la plage Wellington ou à la pointe Presqu’ile citées dans Macoun (1902).

S’il s’agit d’une mention à la plage Wellington ou à la pointe Presqu’ile, les individus poussaient sur des troncs (Macoun, 1902).

Collection de lichens de l’Herbier national du Canada (CANL)

1895 ou avant

Historique

Inconnu (Cameron, 1895)

Parc Queen Victoria, Niagara Falls

-

Aucun spécimen n’aurait été recueilli.

1892

Historique

John Macoun

Pointe Pelée

Sur des arbres et sur des troncs (Macoun, 1902; étiquettes de spécimens d’herbier)

CANL

1901

Historique

John Macoun

Port Rowan

Sur des clôtures de bois (Macoun, 1902)

CANL

1994

Existante

Roman Olszewski

Parc provincial Sandbanks

Écorce de chêne rouge

Herbier personnel de M. Olszewski

 74 / 5,000 Carte de répartition du garrot à œil d'or en Ontario, lire la description détaillée

Figure 6 de la partie 2. Répartition historique et actuelle du téloschiste ocellé en Ontario.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous:

Lake Huron = Lac Huron

Lake Erie = Lac Érié

Lake Ontario = Lac Ontario

Legend = Légende

Historical Localities of Golden-eye Lichen (GL Pop.) in Ontario = Localités historiques du téloschiste ocellé (population des Grands Lacs) en Ontario

Long description

La figure 6 est une carte du sud de l’Ontario sur laquelle sont indiquées les localités existantes et historiques du téloschiste ocellé (population des Grands Lacs) en Ontario. Cinq localités historiques et une localité existante sont montrées sur la carte. La première localité historique se trouve dans la région la plus au sud de la partie continentale du Canada, dans le parc national de la Pointe-Pelée, en bordure du lac Érié. La deuxième localité historique se trouve elle aussi en bordure du lac Érié, à Port Rowan (à l’ouest de la réserve nationale de faune de Long Point. La troisième localité historique se situe dans le parc Queen Victoria, à Niagara Falls (terres entre le lac Érié et le lac Ontario). La quatrième localité historique est juste à l’ouest du comté de Prince Edward, en bordure du lac Ontario, près de la limite nord de la carte. La cinquième localité historique et la seule localité existante se trouvent toutes deux dans le parc provincial Sandbanks, dans le comté de Prince Edward, en bordure du lac Ontario. 

Current Localities of Golden-eye Lichen (GL Pop.) in Ontario = Localités existantes du téloschiste ocellé (population des Grands Lacs) en Ontario

Les spécimens recueillis à la pointe Pelée et à Port Rowan sont conservés dans l’herbier CANL. Un troisième spécimen conservé dans cet herbier est étiqueté « Lac Ontario » et pourrait correspondre à la mention de la plage Wellington ou de la pointe Presqu’ile citée par Macoun (1902). Aucun spécimen d’herbier connu n’est associé à la mention de Niagara Falls.

Le téloschiste ocellé est aussi extrêmement rare dans la partie américaine de l’est de la région des Grands Lacs et semble y être en déclin étant donné la rareté des observations récentes. Nearing et Ridgewood (1939, p. 33) l’ont décrit comme étant si rare dans le nord (présumément le nord de l’État de New York) qu’il est peu probable qu’on le trouve. On croyait que l’espèce avait disparu dans l’État de New York (Harris, 2004) et en Ohio (Showman et Flenniken, 2004), mais on l’a récemment trouvée dans des zones résidentielles des deux États (voir Besoins en matière d’habitat). Elle est considérée comme « en danger critique » au Michigan (Fryday et Wetmore, 2002). À l’est de la région des Grands Lacs, l’espèce est décrite comme anciennement répandue en Nouvelle‑Angleterre, mais, à ce qu’on sache, le dernier spécimen aurait été recueilli sur l’île Nantucket, au Massachusetts, en 1938 (Hinds et Hinds, 2007, p. 469).

1.4 Besoins en matière d’habitat

Comme l’indique le tableau 1 de la partie 2, la population connue des Grands Lacs est restreinte à l’écorce d’un seul chêne rouge poussant dans un boisé côtier de feuillus au parc provincial Sandbanks. Les mentions historiques dans le sud de l’Ontario concernaient des individus poussant sur des arbres/troncs et, dans un cas, sur une clôture de bois; la plupart de ces sites se seraient trouvés à proximité du rivage du lac Ontario ou Érié. Malheureusement, les étiquettes des spécimens d’herbier ne donnent pas de description détaillée sur le substrat (diamètre de l’arbre, essence, etc.) et l’habitat (communauté végétale, pénétration de la lumière, distance du rivage, etc.).

Malgré la rareté des mentions dans le sud de l’Ontario, on juge qu’il serait inapproprié de présumer que les besoins en matière d’habitat de la population des Grands Lacs sont les mêmes que ceux de la population boréale et des Prairies, dont les mentions sont plus nombreuses. Le COSEPAC a reconnu la population boréale et des Prairies comme une unité désignable distincte en raison de son isolement géographique apparent par rapport à la population des Grands Lacs et de son occupation de types d’habitats différents (COSEWIC, 2016). La sous‑population des Prairies occupe surtout des rameaux dans des forêts-parcs ouvertes dominées par l’épinette blanche (Picea glauca) et entourées de prairies sablonneuses, ainsi que dans des forêts-parcs à peuplier faux‑tremble (Populus tremuloides) (COSEWIC, 2016). La sous-population boréale occupe surtout des rameaux dans des forêts ouvertes de conifères et, dans une moindre mesure, des forêts mixtes d’épinette (Picea spp.), de peuplier faux-tremble et de sapin baumier (Abies balsamea) près d’un rivage. Les communautés forestières abritant beaucoup d’épinettes blanches étaient sans doute très rares, voire absentes, sur les rives des lacs Ontario et Érié par le passé (voir dans Puric-Mladenovic [2011] la cartographie de la végétation dans la région de l’ouest du Grand Toronto et de Hamilton avant la colonisation européenne), mais les plantations d’épinettes sont maintenant répandues dans cette région.

Il est cependant utile de consulter les mentions historiques et actuelles de l’espèce dans la partie américaine de l’est de la région des Grands Lacs (tableau 2 de la partie 2) afin de les comparer avec les mentions dans le sud de l’Ontario présentées au tableau 1 de la partie 2.

Tableau 2 de la partie 2. Description des mentions historiques et actuelles du téloschiste ocellé dans la partie américaine de l’est de la région des Grands Lacs

État

Année

Localité/habitat

Substrat

Distance (euclidienne) approximative entre la localité et l’Ontario

Référence

Michigan

1958

1 mille au nord-est de Cross Village, comté d’Emmet (Michigan)

Bille de pin dans le sable

120 km à l’ouest de l’île Cockburn (Ontario)

CNALH, 2018

Michigan

1958

Au nord de Cross Village, comté d’Emmet (Michigan)

Branches mortes de Juniperus communis sur une falaise près de la plage

120 km à l’ouest de l’île Cockburn (Ontario)

CNALH, 2018)

Michigan

1961

Falaise près du lac Barney, île Beaver

Épinette (Picea sp.)

160 km à l’ouest de l’île Cockburn (Ontario)

Fryday et al., 2001

Michigan

1961

Île Beaver

Peuplier (Populus sp.)

155-165 km à l’ouest de l’île Cockburn (Ontario)

Fryday et al., 2001

Michigan

2018

Écosystème de dunes et de baissières environ 200 m à l’est du lac Michigan, Sleeping Bear Dunes National Lakeshore

Pas certain, mais possiblement pin gris (Pinus banksiana)

225 km à l’ouest de l’île Cockburn (Ontario)

A. Graff, comm. pers., 2018

New York

1870

Îles Sisters, Niagara Falls

Écorce

1 km à l’est du parc Queen Victoria, Niagara Falls (Ontario)

Eckel, 2013; R. Harris, comm. pers., 2018

New York

2016

Pelouse d’une résidence au sud‑est du village de Mexico, comté d’Oswego

Gainier rouge (Cercis canadensis)

75 km au sud‑est de la pointe Prince Edward, comté de Prince Edward (Ontario)

CNALH, 2018

Ohio

1912 ou avant

Pointe Cedar, comté d’Erie

Branches mortes (genévrier de Virginie)

26 km au sud de la l’extrémité sud de l’île Pelée (Ontario)

Claassen, 1912; CNALH, 2018)

Ohio

1912 ou avant

Comté d’Erie

Écorce (chêne)

26-65 km au sud de l’extrémité sud de l’île Pelée (Ontario)

Claassen, 1912

Ohio

2011

Zone résidentielle (cour arrière), près de Plain City, comté d’Union

Écorce d’un frêne rouge (Fraxinus pennsylvanica) planté au milieu des années 1990

215 km au sud de Kingsville (Ontario)

Riley, 2011; CNALH, 2018

Ohio

2017

Zone résidentielle (cour avant), à l’ouest de Genoa, comté d’Ottawa

Écorce de chêne des marais (Quercus palustris)

70 km au sud‑ouest de Kingsville (Ontario)

S. Pogacnik, comm. pers., 2018

Indiana

1986 ou avant

Indiana Dunes National Lakeshore

-

330 km à l’ouest d’Amherstburg (Ontario)

Wetmore, 1986

Outre les mentions dans le nord de l’État de New York énumérées dans le tableau 2 de la partie 2, il existe plusieurs mentions historiques du téloschiste ocellé dans le sud de l’État, notamment dans le comté de Putnam, à Long Island et dans les Catskills (R. Harris, comm. pers., 2018; CNALH, 2018). Ces mentions se trouvent à plusieurs centaines de kilomètres au sud-est du sud de l’Ontario et faisaient probablement partie d’une population (largement historique) qui s’étendait le long de la côte atlantique, de la Caroline du Nord jusqu’au sud du Maine. Une mention remontant à environ 1842 dans le comté de Hamilton (Showman et Flenniken, 2004), situé dans le coin sud‑ouest de l’Ohio, se trouve également à l’extérieur de la région des Grands Lacs et est moins facile à situer dans l’aire de répartition connue de l’espèce.

Trois des quatre mentions faites depuis 2011 qui sont énumérées dans le tableau 2 de la partie 2 étaient sur des arbres situés dans des zones résidentielles à l’intérieur des terres. Il pourrait s’agir d’une nouvelle répartition puisque les mentions historiques dans l’est de la région des Grands Lacs se restreignent au rivage d’un Grand Lac (ou de la rivière Niagara). Les mentions de 2011 et de 2017 en Ohio ont été faites sur des arbres que l’observateur considérait comme ayant été plantés. La mention de 2016 dans le nord de l’État de New York a sans doute également été faite sur un arbre planté puisque le comté d’Oswego se trouve hors de l’aire de répartition naturelle du gainier rouge et que l’habitat a été décrit comme la pelouse d’une résidence. Des données indiquent que l’aire de répartition de certaines espèces de lichens de l’Amérique du Nord s’étend en raison de transferts d’arbres de pépinière par l’industrie de l’aménagement paysager (Brodo et al., 2007). On ne sait pas si ces récentes mentions dans des zones résidentielles représentent des téloschistes ocellés déplacés avec des arbres de pépinière ou une colonisation naturelle à partir de populations sources à proximité, mais cette question mérite d’être examinée de plus près.

Il existe également de nombreuses mentions historiques et actuelles du téloschiste ocellé dans l’ouest de la région des Grands Lacs aux États-Unis (Illinois, Wisconsin et Minnesota) qui ne sont pas présentées dans le tableau 2 de la partie 2. Ces mentions se trouvent pour la plupart à l’intérieur des terres, à plusieurs dizaines ou à des centaines de kilomètres du rivage d’un des Grands Lacs. Par exemple, à l’exception d’une mention historique à Lake View (Chicago) sur de vieux chênes près de la rive du lac (Wilhelm, 2018), toutes les autres mentions en Illinois semblent se trouver à l’intérieur des terres. Les mentions dans l’ouest de la région des Grands Lacs aux États-Unis se rapporteraient à la population du Midwest et du sud des Grandes Plaines (du Texas au Minnesota) plutôt qu’à la population des Grands Lacs. Les mentions dans le nord du Minnesota sont manifestement associées à la population boréale et des Prairies du nord‑ouest de l’Ontario et du sud du Manitoba, telle que définie dans le rapport de situation du COSEPAC (COSEWIC, 2016).

Plusieurs conclusions concernant les besoins en matière de substrat et d’habitat de la population des Grands Lacs peuvent être tirées des mentions dans le sud de l’Ontario (tableau 1 de la partie 2) et des États de l’est des Grands Lacs (tableau 2 de la partie 2). Ces besoins en matière d’habitat sont résumés ci-dessous.

Substrat

Dans la région des Grands Lacs, le téloschiste ocellé pousse principalement sur de l’écorce et des branches et rameaux d’arbres. On l’a observé sur des feuillus (chêne, frêne, peuplier), des conifères (épinette, genévrier de Virginie) et des arbustes (genévrier commun et genévrier horizontal). Bien que certaines espèces de lichens corticoles (qui poussent sur de l’écorce) présentent une nette préférence pour certains types d’écorce en raison de différences dans la morphologie, le pH ou la teneur en nutriments de l’écorce, la population des Grands Lacs semble pousser comme épiphyte sur divers genres d’arbres (et d’arbustes). Le téloschiste ocellé a été décrit comme une espèce mésotrophe (COSEWIC, 2016) parce qu’il est associé à de l’écorce d’arbre au pH proche de la neutralité et qu’il tolère une faible eutrophisation (causée par le dépôt de composés azotés) (Nimis et Martellos, 2008).

La seule mention de l’espèce ne poussant pas sur de l’écorce dans l’est de la région des Grands Lacs est une mention sur une clôture de bois à Port Rowan (tableau 1 de la partie 2). Il existe également une mention historique sur de vieilles clôtures dans un boisé de l’Illinois (Lemont, comté de DuPage), mais les mentions dans l’ouest de la région des Grands Lacs n’ont pas été examinées en détail (étant donné les apparentes différences dans l’occupation de l’habitat) (Wilhelm, 2018). Hors de la région des Grands Lacs, le téloschiste ocellé pousse principalement sur de l’écorce, mais on le trouve dans une moindre mesure sur de la roche et le sol (Almborn, 1989). Un individu de la population boréale et des Prairies a été observé sur une surface rocheuse bien éclairée dans le nord‑ouest de l’Ontario (COSEWIC, 2016). Dans certains cas, des substrats atypiques (clôture, roche, sol) pourraient avoir été colonisés par des individus transportés, par le vent ou autrement, sur des fragments d’écorce ou des brindilles d’arbres à proximité. L’égouttement d’arbres en surplomb de ces substrats, en particulier les clôtures de bois, rendrait ces substrats plus convenables au téloschiste ocellé (Arsenault et Goward, 2000) parce que l’égouttement relâche dans l’environnement des nutriments que l’arbre a transporté dans ses feuilles par ses processus physiologiques habituels. Les mécanismes exacts qui facilitent l’occupation de substrats autres que l’écorce sont inconnus, mais ce phénomène semble être peu fréquent.

Nutriments du sol

La population boréale et des Prairies et la population des Grands Lacs sont toutes les deux associées à des sols calcaires ou reposant sur un substratum rocheux alcalin (COSEWIC, 2016). En fait, la population boréale et des Prairies semble restreinte à ces sols puisqu’elle est absente des régions au substratum acide ou au sol non calcaire (COSEWIC, 2016). La seule colonie existante de la population des Grands Lacs, dans le parc provincial Sandbanks, se trouve dans une zone où le substratum calcaire est peu profond (qui est exposé sur le rivage adjacent du lac Ontario), et plusieurs sites historiques (par exemple pointe Presqu’ile, plage Wellington) sont également susceptibles d’être calcaires compte tenu de la profondeur du substratum rocheux et de la géologie de surface prédominante. Toutefois, une relation entre le sol calcaire et l’occupation des sites par le téloschiste ocellé dans la région des Grands Lacs reste hypothétique étant donné la rareté des mentions et l’absence de localisation précise des mentions historiques.

Régime de lumière

Le téloschiste ocellé montre une préférence pour des couverts forestiers ouverts ou partiellement ouverts dans la région des Grands Lacs et en Amérique du Nord. Les forêts ouvertes présentent une pénétration de la lumière et une circulation de l’air plus importantes, conditions qui seraient nécessaires à l’espèce dans la région des Grands Lacs. Des communautés arborées au couvert ouvert et à l’établissement inégal des arbres (savanes, boisés ouverts, alvars arborés, etc.) peuvent émerger et être maintenues de diverses façons. La colonie existante dans le parc provincial Sandbanks est située dans un boisé de chênes rouges matures qui était probablement plus ouvert dans le passé qu’il ne l’est aujourd’hui; ces conditions ouvertes auraient pu être maintenues par le substratum calcaire à faible profondeur, des perturbations associées au lac Ontario (forts vents, etc.), le pâturage ou d’autres facteurs. La colonie récemment découverte au Sleeping Bear Dunes National Lakeshore, au Michigan, se trouve dans un écosystème de dunes et de baissières (A. Graff, comm, pers., 2018) où l’établissement des arbres est probablement limité par une combinaison de sols xériques et pauvres en nutriments, de systèmes racinaires peu profonds et de processus éoliens (c.‑à‑d. érosion du sable par le vent). D’autres mentions historiques dans l’est de la région des Grands Lacs ont été faites sur des plages ou des dunes (voir le tableau 2 de la partie 2), qui sont habituellement bien éclairées et exposées à des niveaux d’humidité élevés (voir Humidité ci-dessous). La population boréale et des Prairies a également besoin d’une forte exposition à la lumière (COSEWIC, 2016).

Humidité

La plupart des mentions (en particulier les mentions historiques) du téloschiste ocellé dans l’est de la région des Grands Lacs sont associées à des zones d’humidité élevée. On sait que le brouillard est plus fréquent sur le littoral des Grands Lacs (en particulier au printemps et au début de l’été) qu’aux sites adjacents dans l’intérieur des terres (Visher, 1943) lorsque les masses d’air chaud et humide sont refroidies en passant au‑dessus des Grands Lacs (Environment Canada, 2014). Le brouillard est plus fréquent sur rives orientales des Grands Lacs en raison des vents d’ouest dominants. Bien qu’il s’agisse peut‑être d’une coïncidence, de nombreuses mentions de l’espèce dans la région des Grands Lacs ont été faites sur des barres ou flèches de sable orientées plus ou moins nord‑sud (c.‑à‑d. qu’elles sont directement exposées aux vents d’ouest). Les deux mentions de l’espèce à Niagara Falls (en Ontario et dans l’État de New York) avaient une différente source d’humidité : les embruns des chutes.

L’association du teléschiste ocellé avec des niveaux d’humidité élevés est compliquée par deux facteurs. D’abord, les mentions récentes de l’espèce dans l’est de la région des Grands Lacs ont été faites dans des sites situés à l’intérieur des terres, loin des plans d’eau. Ces mentions semblent concerner des individus sur des arbres de pépinière transférés par l’industrie de l’aménagement paysager, mais cela n’est pas certain à l’heure actuelle. L’occupation (naturelle ou à la suite de transferts d’arbres de pépinière) de sites à l’intérieur des terres dans l’est de la région des Grands Lacs laisse croire que le téloschiste ocellé n’aurait besoin de niveaux d’humidité élevés que pour certains processus vitaux (par exemple reproduction sexuée) et pas pour d’autres (par exemple croissance des thalles), mais cela reste hypothétique. Ensuite, dans certaines parties de son aire de répartition en Amérique du Nord, l’espèce semble être présente naturellement et en abondance dans des sites dépourvus de sources d’humidité évidentes (par exemple dans le centre du Texas et en Oklahoma). Bien que cette constatation n’invalide pas la forte association historique entre le téloschiste ocellé et le littoral des Grands Lacs dans le sud de l’Ontario, elle constitue une autre indication que les besoins de l’espèce en matière d’habitat varient quelque peu dans son aire de répartition nord‑américaine.

Qualité de l’air

Selon plusieurs auteurs, le téloschiste ocellé pourrait être sensible à la pollution atmosphérique (Wetmore, 1981; Brodo et al., 2001; Hinds et Hinds, 2007; COSEWIC, 2016). Certaines espèces ou certains groupes de lichens (par exemple les cyanolichens) sont rares ou absents des régions de forte pollution atmosphérique (Jovan, 2008). Les dépôts humides ou secs de polluants atmosphériques, comme le dioxyde de soufre (émis par la combustion de carburants, par des procédés industriels, etc.) et plusieurs composés azotés (émis par des véhicules, par l’agriculture, etc.), sur les thalles de lichens peuvent restreindre l’activité photosynthétique et/ou être absorbés par les lichens et entraîner leur mort. Les lichens frutescents (y compris le téloschiste ocellé) ont un rapport surface/volume élevé qui leur permet de mieux extraire l’humidité de l’air, mais qui les rend plus vulnérables à la pollution atmosphérique. Le récent retour du téloschiste ocellé dans certaines parties du sud de l’Angleterre et de l’Irlande a été attribué à la réduction de la pollution et à la persistance d’habitats convenables (Sanderson, 2012). Toutefois, la relation entre le téloschiste ocellé et la qualité de l’air est confondue par l’abondance de l’espèce dans plusieurs dans plusieurs zones métropolitaines du Texas (Dallas, Austin, etc.) où l’on peut présumer que des polluants atmosphériques se déposent sur l’écorce et les branches des arbres. La disparition présumée de l’espèce de la région des Grands Lacs peut être attribuable à la qualité de l’air en combinaison avec la perte d’habitat et sa rareté présumée (plutôt qu’à la seule qualité de l’air).

1.5 Facteurs limitatifs

Le facteur le plus important qui limite le potentiel de rétablissement de la population des Grands Lacs est la taille extrêmement réduite de la population (deux thalles sur un seul chêne rouge). La formation de nouveaux thalles par reproduction sexuée, qui pourrait constituer le principal mode de reproduction du téloschiste ocellé étant donné l’abondance fréquente de ses apothécies et l’absence de sorédies et d’isidies, nécessite la libération de spores qui se déposent sur un substrat approprié et entrent en contact avec des cellules du photobionte (Trebouxia). Autrement dit, la reproduction sexuée nécessite une conjonction de facteurs qui est moins susceptible de se produire dans une population de deux thalles. La reproduction végétative par fragments (fragments de thalle ou cils) pourrait faciliter la dispersion et la production de nouveaux thalles, mais il est beaucoup plus probable que les fragments délogés (par la faune, le vent, etc.) se fixent sur un substrat qui ne convient pas à l’espèce. Les possibilités de dispersion à grande distance (c.‑à‑d. une immigration de source externe) dans le sud de l’Ontario à partir des États américains adjacents sont limitées, étant donné la population extrêmement faible du téloschiste ocellé dans l’est de la région des Grands Lacs. Une telle immigration de l’espèce se serait produite dans le sud de l’Angleterre à partir de populations du nord de la France, selon Sanderson (2012).

La durée d’une génération du téloschiste ocellé est incertaine, mais elle pourrait être de 10 ans ou moins (COSEWIC, 2016). Si l’un des deux thalles réussissait à se reproduire, tout nouveau thalle devrait aussi croître à maturité pour se reproduire par voie sexuée (mais la dispersion végétative par fragments peut théoriquement se produire à n’importe quel âge).

Certains besoins de l’espèce en matière d’habitat, en particulier son association avec des arbres en milieu ouvert ou partiellement ouvert, limiteraient son potentiel de rétablissement en Ontario. Depuis le début de l’exploitation forestière et de la colonisation du sud de l’Ontario à la fin du 18e siècle, beaucoup de milieux boisés (ouverts ou autres) ont disparu dans les quelques centaines de mètres riverains des Grands Lacs. Dans la plupart des milieux boisés, le couvert est fermé ou le deviendra par succession en l’absence de perturbation. Il faut d’ailleurs noter que le couvert forestier au parc provincial Sandbanks, qui abrite la seule colonie existante, se referme rapidement en raison de la régénération de la végétation ligneuse, en particulier du nerprun cathartique (Rhamnus cathartica).

1.6 Menaces pour la survie et le rétablissement

Plusieurs auteurs considèrent la perte d’habitat comme une menace importante pour le téloschiste ocellé en Amérique du Nord (Brodo et al., 2001; Hinds et Hinds, 2007). L’élimination de la végétation ligneuse à des fins de développement résidentiel, d’exploitation forestière ou d’autres activités cause la mort immédiate (ou éventuelle) de tout thalle de lichen épiphyte poussant sur ce bois. Après l’élimination de la végétation ligneuse, ces zones subissent des changements biophysiques (perte de substrat convenable, modifications des conditions du microsite, etc.) qui peuvent les rendre impropres à l’occupation par le téloschiste ocellé. Alors que la perte d’habitat menace sans aucun doute de nombreuses populations existantes de l’espèce, et qu’elle aurait pu entraîner la disparition de certaines de ses localités historiques dans le sud de l’Ontario, la population connue des Grands Lacs ne se trouve que dans un parc provincial où elle est protégée.

Les menaces les plus importantes qui pèsent sur la survie et le rétablissement de la population du téloschiste ocellé des Grands Lacs sont décrites ci-dessous.

Menaces d’origine humaine

Plusieurs experts estiment que la cueillette intentionnelle est la menace la plus importante qui pèse sur la population des Grands Lacs à l’heure actuelle (T. McMullin, comm. pers., 2018; S. Brinker, comm. pers., 2018). Bien qu’il n’y ait pas de preuves documentées confirmant cette menace, la colonie du parc provincial Sandbanks a connu un déclin constant, passant de huit thalles en 2009 à deux thalles (de la taille d’un pouce) en 2018. Il semble qu’avant 2009 une seule personne avait connaissance de la colonie (Roman Olszewski, qui l’a découverte). Depuis 2009, de nombreuses personnes (naturalistes, employés du parc, etc.) ont été mises au courant de la présence de la colonie dans le cadre d’excursions sur le terrain et à la suite de la publication d’un inventaire des lichens du parc (McMullin et Lewis, 2014). Il faut noter que la colonie a persisté de 1994 (lorsqu’elle a été découverte) à 2009, malgré le niveau apparemment élevé d’activité humaine dans les environs immédiats (C. Lewis, comm. pers., 2018), mais qu’elle a presque disparu depuis que son emplacement est connu d’un plus grand nombre de personnes.

La possibilité que des visiteurs du parc aient, par inadvertance, endommagé ou délogé des thalles de téloschiste ocellé n’est pas documentée, mais elle est plausible. Comme le thalle est fixé à son chêne rouge hôte par un crampon basal, une pression relativement faible (exercée par une main ou un objet lancé, etc.) peut l’endommager ou le déloger. Un chemin d’accès interne du parc qui passe près de l’arbre hôte a été fermé récemment, mais il est encore permis d’y circuler à pied ou en vélo, et d’autres activités (pique‑nique, etc.) sont fréquentes dans le secteur (Y. Bree, comm. pers., 2018).

Les activités de gestion du parc pourraient également toucher par inadvertance la colonie. Lors d’une évaluation de la colonie en novembre 2018, des dommages à l’écorce du chêne rouge hôte ont été constatés : un nouveau panneau indicateur de sentier y avait été cloué (T. Knight, obs. pers., 2018; S. Brinker, obs. pers., 2018). Les dommages causés à l’écorce constituent d’éventuels points d’entrée dans le cambium d’agents pathogènes (bactéries, champignons, etc.) qui peuvent nuire à la santé de l’arbre.

Au cours des quatre années précédentes, le personnel du parc a effectué des travaux de lutte contre les espèces envahissantes ciblant l’alliaire officinale (Alliaria petiolata), le dompte‑venin de Russie (Vincetoxicum rossicum) et le nerprun cathartique près de la colonie de teloschiste ocellé (Y. Bree, comm. pers., 2018). La zone dans laquelle se trouve la colonie est une priorité pour la lutte contre les espèces envahissantes en raison de sa flore de grande qualité (Y. Bree, comm. pers., 2018). Ces travaux, en particulier l’élimination du nerprun cathartique, sont susceptibles d’améliorer les conditions de l’habitat entourant le chêne rouge hôte du téloschiste ocellé. Toutefois, l’élimination de la végétation ligneuse et l’utilisation d’herbicides chimiques pourraient nuire à la colonie si elles ne sont pas effectuées avec précaution.

Menaces biologiques

Les phénomènes météorologiques extrêmes constituent également une importante menace pour la population des Grands Lacs, particulièrement en raison de sa proximité au rivage du lac Ontario. Les forts vents, les précipitations intenses, la grêle, l’accumulation de glace ou la foudre pourraient endommager ou tuer le chêne rouge hôte ou endommager ou déloger les deux thalles. La chute de branches d’arbres adjacents causée par de forts vents pourrait également endommager ou déloger les deux thalles. La perte de tous les thalles qui étaient présents sur l’un des deux chênes rouges hôtes était peut-être attribuable à leur abrasion par des branches d’arbustes adjacents (C. Lewis, comm. pers., 2018), phénomène qui est plus susceptible de produire par fort vent. L’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes devrait augmenter en raison des changements climatiques (Hayhoe et al., 2010).

Les activités de la faune locale (déplacements, broutage, etc.) constituent des menaces moins faciles à gérer, mais tout aussi importantes. Les mammifères de petite ou moyenne taille, comme l’écureuil gris (Sciurus carolinensis), le grand polatouche (Glaucomys sabrinus) et le raton laveur (Procyon lotor), pourraient facilement déloger les deux thalles en grimpant sur le chêne rouge hôte. Les oiseaux qui se nourrissent sur les troncs d’arbres, comme la sittelle à poitrine blanche (Sitta carolinensis) et les pics, peuvent également déloger ou endommager les thalles. Les animaux sauvages peuvent contribuer à la conservation des lichens en les dispersant dans de nouvelles zones (Heinken, 1999), mais les thalles ou fragments de thalle ainsi transportées doivent se poser sur un substrat convenable et s’y fixer fermement. Il est beaucoup plus probable qu’un fragment de téloschiste ocellé délogé par un animal se dépose sur un substrat non convenable (comme le chemin d’accès interne) où sa fixation et sa survie sont improbables.

Certaines activités de la faune peuvent viser directement le téloschiste ocellé. Le broutage de lichens par des invertébrés, en particulier par des gastéropodes, est bien documenté (Fröberg et al., 2006) et constitue une menace connue pour d’autres lichens d’intérêt pour la conservation en Ontario (Lewis, 2011b; Environment Canada, 2013). Aucun cas de broutage du téloschiste ocellé par un invertébré n’a été documenté, mais même un broutage minime des deux thalles qui restent leur nuirait gravement. En outre, des téloschistes ocellés ont été trouvés dans un nid d’étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) en Argentine, ce que les chercheurs ont attribué à l’attraction d’un partenaire d’accouplement (Ibañez et al., 2018). On ne sait pas si des oiseaux nicheurs locaux recueilleraient des téloschistes ocellés pour s’en servir comme matériau de nidification, mais cette activité pourrait rapidement entraîner la perte de toute la colonie (et de la population connue).

Des agents phytopathogènes constituent également une menace pour le chêne rouge hôte. Lors de l’évaluation de la colonie en 2018, un champignon en décomposition qui semblait être un polypore en touffe (Grifola frondosa) a été observé à environ un mètre de la base du chêne rouge hôte (T. Knight, obs. pers., 2018). Le polypore en touffe est un parasite peu agressif des racines de chêne et d’autres feuillus (Baroni, 2017) qui peut lentement affaiblir l’intégrité structurelle d’un arbre au fil du temps. Le Phytophthora ramorum, agent de l’encre des chênes rouges, est un pathogène semblable aux champignons présent en Californie qui a été trouvé en Colombie‑Britannique par l’Agence canadienne d’inspection des aliments lors de relevés annuels (CFIA, 2018). Il infecte le phloème et l’écorce interne des espèces sensibles (y compris le chêne rouge), provoquant des chancres suintants et pouvant tuer l’arbre en annelant l’aubier et en perturbant le transport interne de l’eau et des nutriments (Parke et Lucas, 2008). Bien que l’encre des chênes rouges n’a pas été signalée en Ontario, sa présence a été confirmée dans des arbres de pépinière expédiés au Connecticut (Marra, 2012) et elle pourrait être présente (mais non détectée) dans le nord-est de l’Amérique du Nord. Le flétrissement du chêne est une autre maladie qui n’a pas encore été documentée en Ontario, mais dont la présence est connue dans les États adjacents des Grands Lacs, y compris le Michigan (Invasive Species Centre, 2018). Cette maladie, causée par un champignon envahissant (Bretziella fagacearum), peut entraîner rapidement le dépérissement de l’arbre en raison du flétrissement et de la décoloration des feuilles. La spongieuse (Lymantria dispar dispar), l’agrile européen du chêne (Agrilus sulcicollis) et le scolyte du bois granuleux (Xylosandrus crassiusculus) sont des insectes ravageurs forestiers qui présentent également un risque pour les chênes (y compris le chêne rouge) dans le sud de l’Ontario (Donley et al., 2013).

Menaces physicochimiques

Au fil du temps, plusieurs variables fluctuantes de l’habitat pourraient entraîner la perte d’habitat convenable autour de la colonie de téloschiste ocellé. La succession végétale menant à la fermeture du couvert en l’absence de perturbation est en cours autour de la colonie au parc provincial Sandbanks et est problématique parce que l’espèce a besoin de conditions bien éclairées. Le nerprun cathartique semble être la principale espèce ligneuse du sous-étage dans certaines zones; celui-ci jette de l’ombre sur les troncs d’arbres adjacents et réduit la disponibilité de substrat convenable à une future colonisation par le téloschiste ocellé.

La dégradation de la qualité de l’air par des polluants de sources ponctuelles (émissions industrielles, etc.) et de sources diffuses (émissions des automobiles, etc.) constitue également une menace constante. Selon plusieurs chercheurs, le téloschiste ocellé aurait besoin d’un air relativement pur (voir Besoins en matière d’habitat). Les espèces de lichens sensibles à la pollution atmosphérique comme le lobaire pulmonaire (Lobaria pulmonaria) (Gauslaa, 1995) ont largement disparu du sud de l’Ontario (au sud et à l’ouest du Bouclier canadien et nord de la péninsule Bruce). Le téloschiste ocellé a été décrit comme une espèce mésotrophe (COSEWIC, 2016) parce qu’il est associé à de l’écorce d’arbre au pH proche de la neutralité et qu’il tolère une faible eutrophisation (causée par le dépôt de composés azotés) (Nimis et Martellos, 2008). Or, le dépôt constant de dioxyde de soufre (par exemple précipitations acides) et de composés azotés pourrait finir par dépasser la capacité tampon de l’écorce des arbres, la rendant impropre à la colonisation par le téloschiste ocellé (COSEWIC 2016). Il faut noter que si plusieurs chênes rouges matures situés à proximité de la colonie de téloschiste ocellé du parc provincial Sandbanks ont conservé une riche flore lichénique composée d’espèces rares et sensibles, d’autres sont dominés par des lichens nitrophytes comme le Physcia millegrana et n’abritent aucune espèce de lichen épiphyte sensible (COSEWIC, 2016; T. Knight, obs. pers., 2018).

1.7 Lacunes dans les connaissances

Comme décrit dans la section Besoins en matière d’habitat, la population des Grands Lacs du téloschiste ocellé est représentée par cinq mentions historiques et une colonie existante en Ontario, ainsi que par quelques mentions dans les États américains de l’est des Grands Lacs. Ce faible nombre de mentions nous empêche de déterminer avec certitude les limites de l’aire de répartition de l’espèce dans la région des Grands Lacs. S’il est plausible que le téloschiste ocellé ait toujours été très rare dans la région et que les mentions représentent bien la répartition historique au bord des lacs Ontario et Érié, peu de professionnels qualifiés (lichénologues, naturalistes, etc.) ont activement recherché l’espèce. Il y a eu plus de relevés visant l’espèce depuis 2012, mais il faut concentrer les recherches dans les habitats potentiellement convenables à l’espèce pour réduire la possibilité que d’autres occurrences n’aient simplement pas été découvertes. L’aire de répartition actuelle de la population des Grands Lacs du téloschiste ocellé reste donc une lacune dans les connaissances.

Il existe plusieurs incohérences dans les descriptions qui ont été faites des besoins en matière d’habitat du téloschiste ocellé dans l’ensemble de son aire de répartition en Amérique du Nord. La section Besoins en matière d’habitat présente ses préférences à l’égard de substrats particuliers, de nutriments dans le sol, de régime de lumière, d’humidité et de qualité de l’air, mais ces associations reposent sur un nombre limité de mentions et ne s’appliquent peut‑être pas hors de la région des Grands Lacs. Par exemple, on ne sait pas pourquoi les colonies de téloschiste ocellé dans la partie américaine de l’ouest de la région des Grands Lacs (par exemple Illinois, Wisconsin, Minnesota) ne sont pas associées au littoral des Grands Lacs, se trouvant plutôt à l’intérieur des terres. La présence de colonies à l’intérieur des terres, ainsi que les populations bien établies dans des banlieues au Texas, complique l’association entre le téloschiste ocellé et des zones d’humidité élevée et de très faible pollution atmosphérique. Les facteurs qui déterminent l’occupation des sites par le téloschiste ocellé, de la population des Grands Lacs et des autres populations en Amérique du Nord, restent une lacune dans les connaissances sur l’espèce.

Trois des quatre mentions récentes (depuis 2011) du téloschiste ocellé dans la région des Grands Lacs concernent des arbres plantés dans des zones résidentielles situées à l’intérieur des terres. Cette répartition ne se conforme pas au fait que les mentions historiques sont restreintes au littoral des Grands Lacs (ou de la rivière Niagara). Il serait utile de déterminer avec plus de certitude si les arbres plantés abritant l’espèce l’abritaient déjà à la pépinière ou s’ils ont été colonisés par elle à partir de populations non découvertes à proximité, à l’intérieur des terres.

Comme la population du téloschiste ocellé des Grands Lacs n’est représentée que par une seule colonie de deux individus, elle court un risque de disparition extrêmement élevé. Autres lacunes dans les connaissances, on ne sait pas si l’espèce peut être multipliée en milieu contrôlé (laboratoire) ou naturel ni si elle peut être transplantée à partir d’une population existante (population boréale et des Prairies). S’il s’avérait possible de la multiplier ou de la transplanter avec succès de façon efficiente, on pourrait envisager de la réintroduire dans des sites convenables du sud de l’Ontario.

1.8 Mesures de rétablissement achevées ou en cours de réalisation

Aucune mesure de rétablissement du téloschiste ocellé n’a été achevée ou n’est en cours dans le parc provincial Sandbanks (Y. Bree, comm. pers., 2018). Le personnel du parc a déjà discuté de la possibilité d’installer une clôture autour du chêne rouge hôte, mais il y est réticent parce qu’une clôture pourrait attirer une attention indésirable sur l’arbre ou le lichen (Y. Bree, comm. pers., 2018). Le chemin d’accès interne à proximité du chêne rouge hôte a été récemment fermé aux véhicules pour des raisons non liées à la protection du lichen (Y. Bree, comm. pers., 2018). Néanmoins, la fermeture du chemin élimine essentiellement le risque de collision d’un véhicule avec le chêne rouge hôte et réduit la mise en suspension de la poussière du chemin qui pourrait se déposer sur les thalles et perturber leurs activités physiologiques.

Des relevés ciblant le téloschiste ocellé dans ses localités historiques et des habitats qui lui sont potentiellement convenables ont été réalisés de 2012 à 2015 pour soutenir l’Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC et sont résumés dans ce rapport (COSEWIC, 2016). D’autres relevés ciblés qui ont eu lieu depuis la fin de 2015, mais qui n’ont pas permis de trouver le téloschiste ocellé, sont énumérés au tableau 3 de la partie 2 ci‑dessous.

Tableau 3 de la partie 2. Relevés ciblant le téloschiste ocellé (population des Grands Lacs) entre 2015 et 2018

Date

Observateur

Localité

Nombre approx. d’heures de recherche

23 octobre 2015

C. Lewis

Municipalité du comté de Prince Edward, aire de conservation Massassauga Point

1

31 octobre 2015

C. Lewis

Ville de Kingston, aire de conservation Lemoine Point

1

28 novembre 2015

C. Lewis

Canton de Frontenac Islands, île Wolfe

1

22 décembre 2015

C. Lewis

Ville de Saugeen Shores

2

27 février 2016

C. Lewis

Parc provincial Presqu’ile

1

31 juillet 2016

C. Lewis

Ville de South Bruce Peninsula, plage Sauble

0,5

29 septembre 2016

C. Lewis

Canton de Loyalist, île Amherst

1

7 juillet 2017

C. Lewis

Ville de Northern Bruce Peninsula (du côté de la baie Georgienne)

3

23 octobre 2017

C. Lewis

Parc national des Mille-Îles (île Hill)

2

24 novembre 2017

S. Brinker

Municipalité du comté de Prince Edward, plage Wellington

4

24 novembre 2017

S. Brinker

Parc provincial Sandbanks

4

8 avril 2018

C. Lewis

Canton de Frontenac Islands, île Wolfe

1

Été 2018

C. Lewis

Municipalité du comté de Prince Edward, aire de conservation de la faune Point Petre

2

Été 2018

S. Brinker

Parc provincial Black Creek

4

Été 2018

S. Brinker

Parc provincial Point Pelee

4

Été 2018

S. Brinker

Parc provincial Wheatley

4

Été 2018

S. Brinker

Parc provincial Long Point

1

2.0 Rétablissement

2.1 But du rétablissement recommandé

Le but à long terme recommandé du rétablissement de la population du téloschiste ocellé des Grands Lacs est de protéger la colonie connue dans le parc provincial Sandbanks et toute nouvelle colonie qui serait découverte à l’avenir.

2.2 Objectifs de protection et de rétablissement recommandés

  1. Maintenir la colonie connue et toute colonie qui serait découverte à l’avenir par des activités de protection de l’habitat, de gestion et de suivi
  2. Effectuer des relevés dans les zones d’habitat potentiellement convenables à l’espèce dans le sud de l’Ontario
  3. Fournir des documents de communication et de sensibilisation aux propriétaires fonciers, aux groupes de conservation et aux municipalités voisines du parc provincial Sandbanks
  4. Mener des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances

2.3 Approches de rétablissement recommandées

Tableau 4 de la partie 2. Approches recommandées pour le rétablissement du téloschiste ocellé en Ontario. Objectif 1 : Maintenir la colonie connue et toute colonie qui serait découverte à l’avenir par des activités de protection de l’habitat, de gestion et de suivi.

Priorité relative

Échéancier relatif

Volet du rétablissement

Approche de rétablissement

Menaces ou lacunes dans les connaissances

Essentielle

Court terme

Protection

1.1 Élaborer un règlement sur l’habitat du téloschiste ocellé en vertu du Règl. de l’Ont. 242/08.

  • Cueillette délibérée (menace)
  • Activités récréatives (menace)
  • Activités de gestion du parc (menace)

Essentielle

Court terme

Gestion

1.2 Examiner et, au besoin, mettre à jour (ou élaborer un addenda) le plan de gestion du parc provincial Sandbanks (1993) pour orienter les activités de gestion du parc près de la colonie de téloschiste ocellé et intégrer des objectifs précis de gestion de l’habitat (par exemple lutte contre le nerprun cathartique, etc.) qui contribueront au maintien ou à l’amélioration de son habitat. Si de nouvelles colonies étaient découvertes, créer et mettre en œuvre une stratégie de gestion propre au site qui contribuera au maintien de la colonie à long terme.

  • Activités récréatives (menace)
  • Activités de gestion du parc (menace)
  • Perte d’habitat convenable en raison de la fermeture du couvert et d’espèces envahissantes (menace)
  • Agents pathogènes et ravageurs forestiers (menace)

Essentielle

Court terme

Éducation et sensibilisation; communication; intendance

1.3 Présenter la colonie de téloschiste ocellé aux employés concernés du parc provincial Sandbanks et leur donner une formation qui :

  • résume la statut de l’espèce en vertu du Règl. de l’Ont. 242/08 et les exigences de la LEVD
  • identifie les menaces actuelles et potentielles qui pèsent sur l’espèce dans le parc
  • propose des mesures que les employés devraient prendre s’ils observent des activités récréatives ou autres qui pourraient endommager ou tuer le téloschiste ocellé ou son arbre hôte
  • Activités récréatives (menace)
  • Activités de gestion du parc (menace)

Essentielle

Court terme

Recherche

1.4 Comme le chêne rouge hôte est mature et présente certains signes de stress, il faudrait établir une stratégie de transplantation locale des thalles de téloschiste ocellé à mettre en œuvre au cas où l’arbre hôte déclinait davantage ou mourait pour quelque raison que ce soit. Voici en quoi consisterait cette stratégie :

  • rassembler la documentation scientifique actuelle sur la transplantation de lichens et consulter des experts reconnus
  • relever les arbres qui pourraient convenir comme hôte de la colonie de téloschiste ocellé et sur lesquels elle pourrait être transférée, si cela devenait nécessaire
  • déterminer la procédure et le matériel de transplantation à privilégier
  • Activités récréatives (menace)
  • Activités de gestion du parc (menace)
  • Perte d’habitat convenable en raison de la fermeture du couvert et des espèces envahissantes (menace)
  • Agents pathogènes et ravageurs forestiers (menace)

Essentielle

En cours

Suivi et évaluation

1.5 Mettre au point un protocole de suivi et d’évaluation qu’appliqueront des employés qualifiés de Parcs Ontario pour :

  • recenser la colonie à intervalles réguliers (par exemple deux fois par an)
  • relever les menaces potentielles et confirmées près de l’arbre hôte (par exemple activités récréatives)
  • Cueillette délibérée (menace)
  • Activités récréatives (menace)
Objectif 2 : Effectuer des relevés dans les zones d’habitat potentiellement convenables à l’espèce dans le sud de l’Ontario

Priorité relative

Échéancier relatif

Volet du rétablissement

Approche de rétablissement

Menaces ou lacunes dans les connaissances

Essentielle

Court terme

Inventaire

2.1 Effectuer des relevés intensifs dans les zones d’habitat potentiellement convenables pour trouver de nouvelles colonies. Les activités de recherche de l’espèce doivent être consignées (heures‑personnes, localisation précise des sites de recherche, etc.), ainsi que la communauté de macrolichens dominante à chaque site (les sites contenant des espèces sensibles sont plus susceptibles d’abriter le téloschiste ocellé). Les zones de relevés potentielles devraient comprendre au moins les suivantes :

  • parc provincial Sandbanks
  • parc provincial Presqu’ile
  • rivage ouest du comté de Prince Edward (réserve nationale de faune de Wellers Bay, plage Wellington, parc provincial North Beach, pointe Petre, etc.)
  • zones naturelles de boisés ouverts matures sur les rives du lac Ontario, du lac Érié et du lac Huron (et baie Georgienne)
  • Aire de répartition actuelle (lacune dans les connaissances)

Essentielle

Court terme

Suivi et évaluation

2.2 En cas de découverte de nouvelles colonies, les données suivantes doivent être recueillies (avec des photographies) afin d’assurer le futur suivi (et recensement) des colonies :

  • dénombrement des thalles
  • dénombrement des thalles fertiles
  • taille des thalles
  • substrat (espèce de l’arbre, etc.) et conditions habitat
  • autres espèces de lichens et bryophytes poussant à proximité de la colonie (pour évaluer les associations et la concurrence entre espèces)
  • Aire de répartition actuelle (lacune dans les connaissances)
Objectif 3 : Fournir des documents de communication et de sensibilisation aux propriétaires fonciers, aux groupes de conservation et aux municipalités voisines du parc provincial Sandbanks

Priorité relative

Échéancier relatif

Volet du rétablissement

Approche de rétablissement

Menaces ou lacunes dans les connaissances

Nécessaire

Court terme

Protection, Éducation et sensibilisation, Communication

3.1 Communiquer et fournir des documents de sensibilisation aux intervenants (propriétaires fonciers, groupes de conservation, municipalités, etc.) dans la région du parc provincial Sandbanks (et autour de toute éventuelle nouvelle localité de l’espèce) et leur fournir des documents de sensibilisation du public au téloschiste ocellé et aux menaces qui pèsent sur lui. Cette information, qui pourrait être diffusée dans le cadre d’ateliers, comprendrait :

  • une description de l’espèce et des caractéristiques qui permettent de l’identifier
  • ses exigences en matière d’habitat
  • les obligations légales en vertu de la LEVD
  • les activités de rétablissement en cours
  • Activités récréatives (menace)
  • Aire de répartition actuelle (lacune dans les connaissances)
Objectif 4 : Mener des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances

Priorité relative

Échéancier relatif

Volet du rétablissement

Approche de rétablissement

Menaces ou lacunes dans les connaissances

Essentielle

Court terme

Recherche

4.1 Effectuer de la recherche sur la multiplication de thalles du téloschiste ocellé pour :

  • évaluer s’il est possible de créer de nouveaux thalles en laboratoire
  • évaluer s’il est possible de créer de nouveaux thalles à partir de fragments végétatifs transférés dans un milieu naturel où l’on espère réintroduire l’espèce
  • déterminer s’il est possible de réintroduire l’espèce par multiplication
  • Possibilité de réintroduire des colonies par multiplication (lacune dans les connaissances)

Essentielle

Court terme

Recherche

4.2 Effectuer de la recherche sur la transplantation de thalles du téloschiste ocellé pour :

  • évaluer s’il est possible de transplanter des thalles d’autres populations (par exemple population boréale et des Prairies) sur un substrat et dans un habitat convenable dans le sud de l’Ontario
  • déterminer s’il est possible de réintroduire l’espèce par transplantation
  • Possibilité de réintroduire des colonies par transplantation (lacune dans les connaissances)

Bénéfique

Long-term

Recherche

4.3 Effectuer de la recherche sur les communautés de lichens poussant sur les plantes ligneuses des pépinières du sud de l’Ontario afin de mieux comprendre la probabilité d’introduction accidentelle de nouvelles colonies de téloschiste ocellé. Parmi les données à recueillir :

  • abondance et diversité des lichens sur les arbres de pépinières
  • provenance des arbres des pépinières du sud de l’Ontario
  • Possible expansion de l’aire de répartition par l’industrie de l’aménagement paysager (lacune dans les connaissances)
Commentaires à l’appui des approches de rétablissement

Malgré les relevés effectués dans les localités historiques et d’autres zones d’habitat potentiellement convenable dans le sud de l’Ontario depuis 2012 (COSEWIC, 2016; S. Brinker, comm. pers., 2018; C. Lewis, comm. pers., 2018), seuls deux thalles associés à la population des Grands Lacs du téloschiste ocellé sont connus. La protection de la colonie au parc provincial Sandbanks par les approches décrites dans le tableau 4 de la partie 2 ci-dessus (élaborer un règlement sur l’habitat, orienter les activités de gestion du parc près de la colonie, former le personnel concerné de Parcs Ontario, élaborer un plan de transplantation, assurer le suivi de la colonie) est essentielle et augmentera la possibilité que la colonie survive à long terme. Néanmoins, même les mesures de gestion du parc les plus efficaces n’élimineront pas toutes les menaces qui pèsent sur la colonie (activités de la faune, conditions météorologiques extrêmes, réductions supplémentaires de la qualité de l’air, etc.); il faut accepter que la population de téloschiste ocellé des Grands Lacs coure un risque extrême de disparition de l’Ontario dans un avenir prévisible.

D’après les mentions historiques et actuelles du téloschiste ocellé dans l’est de la région des Grands Lacs, l’espèce était probablement historiquement rare dans le sud de l’Ontario et restreinte à des types d’habitats particuliers (forêts partiellement ouvertes où la qualité de l’air est bonne et l’humidité est élevée le long du rivage des Grands Lacs) dont l’étendue est aujourd’hui limitée. Si une nouvelle population de colonies des Grands Lacs était découverte, plusieurs des approches de rétablissement énumérées pour l’objectif 1 dans le tableau 4 de la partie 2 resteraient largement applicables. Pour toute nouvelle colonie découverte sur des terres publiques (autres parcs provinciaux, aires de conservation, forêts de comtés ou de municipalités, etc.), les autorités compétentes devraient élaborer une stratégie de gestion spécifique appuyée par un protocole de suivi et d’évaluation. Toute colonie découverte sur un terrain privé nécessiterait probablement une stratégie de gestion préparée par le bureau de district (ou régional) du MNRF avec le soutien du propriétaire du terrain.

La découverte du téloschiste ocellé au Sleeping Bear Dunes National Lakeshore, au Michigan, en 2018 permet d’espérer que des relevés concertés permettront de découvrir de nouvelles occurrences de l’espèce dans le sud de l’Ontario. Des relevés ont été effectués dans plusieurs habitats potentiellement convenables à l’espèce au cours des dernières années (S. Brinker, comm. pers., 2018; C. Lewis, comm. pers., 2018), mais ces relevés étaient relativement limités (ne durant souvent qu’une heure ou deux) dans bon nombre des sites. Étant donné la petite taille des thalles de téloschiste ocellé (<4 cm de large, souvent moins de 1 cm), les habitats convenables doivent être fouillés lentement et méthodiquement par des experts qualifiés. Ainsi, il arrive souvent que les sites ne soient que partiellement fouillés, et plusieurs jours peuvent être nécessaires pour conclure raisonnablement que le téloschiste ocellé est probablement absent d’un site.

Il est utile de communiquer avec les intervenants à proximité du parc provincial Sandbanks et de leur fournir des documents de sensibilisation au téloschiste ocellé. Ces intervenants pourraient comprendre des groupes de conservation (par exemple Conservation de la nature Canada, Prince Edward County Field Naturalists), les propriétaires fonciers locaux et la municipalité du comté de Prince Edward. La diffusion d’information sur le téloschiste ocellé auprès des intervenants pourrait augmenter la probabilité de découverte fortuite de l’espèce (puisqu’elle est relativement facile à identifier sur le terrain) et sensibiliserait la collectivité locale à l’importance de protéger l’espèce. Cette information pourrait être diffusée dans le cadre d’un atelier ou d’une série d’ateliers. Si d’autres colonies étaient découvertes ailleurs dans le sud de l’Ontario, une stratégie de sensibilisation de la collectivité locale pourrait également être élaborée, conformément aux mesures de rétablissement énoncées à l’objectif 3.

Enfin, des projets de recherche sur la multiplication ou la transplantation du téloschiste ocellé pourraient être menés afin d’évaluer la possibilité de le réintroduire dans des sites convenables du sud de l’Ontario. Il existe plusieurs façons de cultiver les lichens in vitro (en laboratoire) ou en milieu naturel. Certaines techniques consistent à multiplier le mycobionte (partenaire fongique) à partir de spores ou de fragments de thalle, tandis que d’autres consistent à recombiner le mycobionte et le photobionte en conditions contrôlées (voir dans Stocker-Worgotter [2001] plusieurs exemples de culture de lichens). Anstett et al. (2014) ont réussi à multiplier végétativement deux espèces de lichens communes dans le sud de l’Ontario, soit la parmélie à sillons (Parmelia sulcata) et la physcie capuchonnée (Physcia adscendens), en transférant des sorédies sur des lamelles de plastique placées à l’extérieur. Comme il serait très risqué de prélever des fragments de thalle ou de cil sur les deux thalles qui restent dans le parc provincial Sandbanks, il faudrait sans doute prélever des fragments convenant à la multiplication sur des individus d’autres populations. La possibilité de multiplier (en laboratoire ou en milieu naturel) ou de transplanter (à partir de la population boréale et des Prairies ou d’autres populations) le téloschiste ocellé de façon efficiente offre peut‑être le meilleur espoir de sécuriser la population et de réduire son risque de disparition à long terme.

D’autres projets de recherche pourraient se concentrer sur l’étude des communautés de lichens sur les arbres de pépinière afin de mieux comprendre ce vecteur potentiel de dispersion. Comme il est mentionné dans la section Besoins en matière d’habitat, il y a des indications (mais pas de certitude) que l’industrie de l’aménagement paysager transporte accidentellement des téloschistes ocellés sur des arbres de pépinière dans l’est de la région des Grands Lacs.

2.4 Aire à considérer pour l’élaboration d’un règlement sur l’habitat

En vertu de la LEVD, le programme de rétablissement doit comporter une recommandation au ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs concernant l’aire qui devrait être prise en considération pour l’élaboration d’un règlement sur l’habitat. Ce règlement est un instrument juridique qui désigne les secteurs devant être protégés à titre d’habitat de l’espèce. La recommandation énoncée ci-après par le rédacteur sera l’une des nombreuses sources prises en compte par le ministre pour l’élaboration d’un règlement sur l’habitat pour cette espèce.

Il est recommandé que le règlement sur l’habitat de l’espèce vise les superficies suivantes :

  1. la zone dans un rayon d’au moins 50 m autour du téloschiste ocellé pour protéger les thalles et l’arbre hôte sur lequel ils sont fixés
  2. la zone dans un rayon supplémentaire d’au moins 50 m (entre 50 m et 100 m) autour du téloschiste ocellé pour protéger l’habitat convenable à sa dispersion locale

Une justification de cette approche est présentée ci-dessous.

Protection des thalles et de l’arbre ou arbuste hôte

Afin de protéger les individus du téloschiste ocellé, tout arbre ou arbuste sur lesquels ils poussent comme épiphytes doit également être protégé contre les effets néfastes des activités humaines, notamment :

Afin de protéger un arbre ou un arbuste hôte du téloschiste ocellé contre les activités humaines néfastes, on doit d’abord tenir compte de l’étendue latérale maximale de l’arbre ou de l’arbuste. Cette étendue correspond habituellement à la zone racinaire (qui n’est pas visible) ou à la zone d’égouttement de l’arbre ou de l’arbuste. Bien qu’il existe une relation empirique entre l’étendue latérale maximale de la zone racinaire d’un arbre et son diamètre, cette relation peut être non linéaire et s’affaiblit pour les arbres de grand diamètre (Day et al., 2010). En outre, l’étendue maximale de la zone racinaire dépend d’un large éventail de facteurs, notamment l’espèce, l’âge, la pente, le type de sol, l’humidité du sol, la profondeur du sol et les obstructions. Des manuels d’arboriculture (Harris et al., 2004; Fite et Smiley, 2008) donnent des conseils pour établir des zones minimales de protection des arbres en fonction du rapport des diamètres des troncs (rapports de 6:1, 12:1,18:1, etc.), mais ces rapports permettent quand même une perte substantielle de racines nourricières périphériques (Fite et Smiley, 2008). L’étendue maximale de la zone d’égouttement de l’arbre varie également selon l’espèce, l’âge, la concurrence, le couvert forestier, etc.

La population des Grands Lacs ne compte qu’une seule colonie sur un chêne rouge mature. Les grands chênes rouges (diamètre du tronc de 75 cm) poussant en milieu ouvert ont souvent une zone d’égouttement d’un diamètre de 10 à 15 m (T. Knight, obs. pers.). Parmi les rares données empiriques, une racine latérale d’un chêne rouge de 60 ans et de 30 cm de diamètre, dans la forêt de Harvard, mesurait 15 m de long (Lyford, 1980). Étant donné qu’un diamètre (du tronc) de 30 cm correspond à une taille moyenne chez le chêne rouge, qui atteint parfois un diamètre de 120 cm (Farrar, 1995), on peut s’attendre à ce que les racines latérales d’un grand individu (comme le chêne rouge hôte du parc provincial Sandbanks) s’étendent au-delà de 15 m. D’ailleurs, le sol peu profond autour de la colonie de téloschiste ocellé du parc provincial Sandbanks pourrait favoriser l’expansion latérale des racines du chêne hôte.

Tenir compte de l’expansion latérale maximale de l’arbre ou arbuste hôte est un bon point de départ, mais ne suffit pas à le protéger des impacts directs de nombreuses activités humaines à proximité. Par exemple, de nombreuses espèces d’arbres du sud de l’Ontario peuvent atteindre une hauteur de 25 à 30 m ou plus (Farrar, 1995), tout arbre ou arbuste abritant le téloschiste ocellé dans la zone d’abattage d’un arbre voisin qu’on coupe pourrait être gravement endommagé. De plus, il est essentiel de maintenir les conditions de microsite existantes autour de l’arbre ou arbuste hôte (couvert forestier, vent, humidité, etc.) pour protéger non seulement la santé et l’intégrité structurelle de l’arbre ou arbuste hôte, mais aussi les thalles du téloschiste ocellé qui y sont fixés. D’après les études sur les effets de lisière, les habitats ouverts ou semi‑ouverts modifient les conditions de microsite sur une distance de 50 m (Matlack, 1993) à plus de 200 m (Chen et al., 1995) à l’intérieur des forêts adjacentes, selon la variable de microsite considérée et d’autres facteurs propres au site.

D’après ce qui précède, un rayon minimum de 50 m autour des thalles de téloschiste ocellé est jugé nécessaire pour le protéger contre les activités humaines susceptibles de nuire 1) aux thalles, 2) à l’arbre ou arbuste hôte et 3) aux conditions microclimatiques autour de l’arbre ou arbuste hôte. Ce rayon minimum de 50 m devrait s’étendre sur tout plan d’eau adjacent (par exemple un des Grands Lacs), puisque celui‑ci influe sur les conditions de microsite autour des thalles. Ce rayon de protection de 50 m correspond à celui prescrit dans le règlement actuel sur l’habitat de la physconie pâle (Physconia subpallida) à l’alinéa 28.2(2)1 du Règl. de l’Ont. 242/08.

Protection de l’habitat convenable de dispersion locale

La protection de l’habitat du téloschiste ocellé consiste non seulement à protéger les substrats (arbres et arbustes) convenables qu’il peut coloniser par dispersion locale, mais aussi à maintenir les conditions de microsite convenables. Aucune étude évaluant la distance de dispersion du téloschiste ocellé n’a été trouvée, mais on a observé que, dans des conditions naturelles, la lobaire pulmonaire (Lobaria pulmonaria) se dispersait à une distance moyenne de 37 mètres (Ockinger et al., 2005) à 97 mètres (Belinchon et al., 2017). Les résultats des études sur la dispersion des lichens ne s’appliquent pas nécessairement à d’autres contextes, puisque la distance de dispersion varie beaucoup selon l’espèce (en raison des différentes stratégies de reproduction, etc.), la conception de l’étude (par exemple de plus grandes distances de dispersion maximales pourraient être observées dans les études de longue durée) et le caractère convenable de l’habitat dans le milieu environnant (Werth et al., 2006).

Un rayon supplémentaire d’au moins 50 m (c.-à‑d. de 50 à 100 m) autour de tous les thalles de téloschiste ocellé permettra de restreindre les activités humaines susceptibles de compromettre le caractère convenable de l’habitat environnant pour la dispersion et la colonisation. Ce rayon minimum de 50 à 100 m devrait s’étendre sur tout plan d’eau adjacent (par exemple un des Grands Lacs), puisque celui‑ci influe sur les conditions de microsite autour des sites de colonisation potentiels et contribue au caractère convenable de l’habitat. Ce rayon de 50 à 100 m correspond également à celui prescrit dans le règlement actuel sur l’habitat de la physconie pâle (Physconia subpallida) à l’alinéa 28.2(2)1 du Règl. de l’Ont. 242/08.

Portée géographique

Bien que toute la population existante du téloschiste ocellé des Grands Lacs se trouve dans le parc provincial Sandbanks, il n’est pas recommandé à l’heure actuelle de restreindre le règlement sur son habitat à une seule localité (c’est-à-dire la municipalité du comté de Prince Edward), étant donné la possibilité que d’autres colonies soient découvertes au cours de la mise en œuvre du présent programme de rétablissement. Nous recommandons également que le règlement sur l’habitat décrit dans le présent document soit appliqué à toute nouvelle colonie de la population des Grands Lacs qui serait découverte à l’avenir.

La figure 7 de la partie 2 ci‑dessous présente un schéma du règlement sur l’habitat recommandé.

Map of habitat regulation recommendation for Golden-eye Lichen, read long description

Figure 7 de la partie 2. Règlement recommandé sur l’habitat du téloschiste ocellé (population des Grands Lacs).

Veuillez voir la traduction française ci-dessous:

Legend = Légende

Host Tree/Shrub or Substrate = Arbre/arbuste hôte ou substrat

50 m from Golden-eye Lichen = Rayon de 50 m par rapport au téloschiste ocellé

100 m from Golden-eye Lichen = Rayon de 100 m par rapport au téloschiste ocellé

Long description

La figure 7 présente un schéma pour la réglementation de l’habitat recommandée pour toute nouvelle population de téloschiste ocellé (population des Grands Lacs). Le schéma montre une zone terrestre, comprenant un point représentant l’arbre/l’arbuste/le substrat hôte sur lequel pousse le lichen. Deux cercles supplémentaires entourent le point et représentent une distance respective de 50 m et de 100 m par rapport au lichen. 

Glossaire

Apothécie :
organe de fructification en forme de disque ou de coupe.
Ascospore :
spore produite dans un asque chez les espèces de l’embranchement des Ascomycètes.
Asque :
structure en forme de sac dans laquelle se forment les ascospores.
Bryophyte :
groupe informel constitué des mousses, des hépatiques et des anthocérotes.
Champignon lichénicole :
champignon non lichénisé qui pousse sur des lichens.
Cil :
excroissance mince, semblable à un poil, qui se trouve généralement à la marge des lobes et qui ne sert pas à la fixation au substrat.
Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario (CDSEPO) :
comité, créé en vertu de l’article 3 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, qui est responsable de l’évaluation et du classement des espèces en péril en Ontario.
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) :
comité, créé en vertu de l’article 14 de la Loi sur les espèces en péril, qui est responsable de l’évaluation et du classement des espèces en péril au Canada.
Corticole :
qui pousse sur de l’écorce d’arbre.
Cote de conservation :
cote attribuée à une espèce ou à une communauté écologique, et qui indique principalement le degré de rareté de l’espèce ou de la communauté au niveau mondial (G), national (N) ou infranational (S). Ces cotes, appelées cote G, cote N et cote S, ne sont pas des désignations juridiques. Les cotes sont attribuées par NatureServe et, pour ce qui est des cotes S en Ontario, par le Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario. Le statut de conservation d’une espèce ou d’un écosystème est désigné par un chiffre allant de 1 à 5, précédé de la lettre G, N ou S, qui représente l’échelle géographique de l’évaluation. Voici ce que signifient les chiffres :
1 =
gravement en péril
2 =
en péril
3 =
vulnérable
4 =
apparemment en sécurité
5 =
en sécurité
NR =
non classée
Crampon :
tissu modifié spécialisé pour la fixation au substrat.
Épiphyte :
organisme qui pousse à la surface d’une plante et qui tire son humidité et ses nutriments principalement de l’air et des précipitations.
Fongique :
qui concerne les champignons.
Frutescent :
type de lichen caractérisé par une structure arbustive ou buissonnante semblable à un corail qui n’est fixé au substrat que par sa base et qui présente peu de différence entre les surfaces supérieure et inférieure des branches ou des lobes.
Hôte :
animal ou végétal sur lequel ou dans lequel vit un parasite ou un organisme commensal.
Hyalin :
qui a un aspect vitreux et translucide.
Hyphe :
filament microscopique constitué de cellules fongiques.
In vitro :
réalisé hors du contexte biologique normal d’un organisme.
Infraspécifique :
qui se produit au sein d’une espèce.
Isidie :
petite propagule végétative à la surface supérieure d’un lichen qui est recouverte de cortex et qui permet la reproduction végétative.
Lignicole :
qui pousse sur de la lignine (c.‑à‑d. sur du bois dépourvu d’écorce).
Liste des espèces en péril en Ontario (EEPEO) :
règlement pris en application de l’article 7 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition qui précise le statut officiel des espèces en péril en Ontario. Cette liste a été publiée initialement en 2004 à titre de politique et est devenue un règlement en 2008.
Lobe :
branche ou division d’un thalle de lichen.
Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) :
loi provinciale assurant la protection des espèces en péril en Ontario.
Loi sur les espèces en péril (LEP) :
loi fédérale qui protège les espèces en péril au Canada. L’annexe 1 de cette loi constitue la liste légale des espèces sauvages en péril. Les annexes 2 et 3 renferment des listes d’espèces qui, au moment où la LEP est entrée en vigueur, devaient être réévaluées. Une fois qu’elles ont été réévaluées et qu’elles ont été déclarées en péril, ces espèces font l’objet du processus d’inscription à l’annexe 1 de la LEP.
Macrolichen :
lichen dont le thalle est de grande taille et n’est pas considéré comme crustacé.
Marge thalline :
marge autour d’une apothécie qui contient des algues ou des cyanobactéries et qui a la même coloration que le thalle.
Métabolite secondaire :
composé organique produit par des bactéries, des champignons ou des plantes qui ne participe pas directement aux processus normaux de croissance, de développement ou de reproduction de l’organisme.
Multiplication :
reproduction par divers moyens naturels ou artificiels.
Mycobionte :
partenaire fongique d’une symbiose lichénique.
Nitrophyte :
plante qui tolère ou préfère les substrats riches en azote.
Pariétine :
pigment orange produit dans le cortex de plusieurs espèces de lichens, y compris les membres de la famille des Teloschistacées.
Photobionte :
partenaire photosynthétique d’un lichen, soit une algue verte ou une cyanobactérie.
Propagule :
structure assurant la dispersion par reproduction sexuée (par exemple ascospore) ou par reproduction asexuée (végétative; par exemple sorédie, isidie).
Pycnide :
petite structure enfoncée en forme de flacon dans laquelle sont produites des spores spéciales (conidies) qui peuvent servir à la reproduction sexuée ou à la dispersion végétative.
Rhizine :
brin d’hyphes à la surface inférieure de nombreux lichens qui les fixe au substrat.
Sorédie :
petite propagule végétative à la surface supérieure d’un lichen qui contient des hyphes fongiques, mais qui n’est pas recouverte de cortex.
Thalle :
appareil végétatif d’un lichen qui est constitué d’un champignon et d’une algue et/ou d’une cyanobactérie.

Liste des abréviations

CANL :
collection de lichens de l’Herbier national du Canada
CDSEPO :
Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario
CNALH :
Consortium of North American Lichen Herbaria
COSEPAC :
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada
ISBN (International Standard Book Number) :
numéro international normalisé du livre
LEP :
Loi sur les espèces en péril du Canada
LEVD :
Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario
Liste des EEPEO :
liste des espèces en péril en Ontario
MEPNP :
ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs
MRNF :
ministère des Richesses naturelles et des Forêts

Références

Almborn, O. 1989. Revision of the lichen genus Teloschistes in central and southern Africa. Nordic Journal of Botany 8(5):521 à 38.

Anstett, D.N., A. Salcedo et E.W. Larsen. 2014. Growing foliose lichens on cover slips: A method for asexual propagation and observing development. The Bryologist 11(2):179 à 86.

Arsenault, A., et T. Goward. 2000. The drip zone effect: New insights into the distribution of rare lichens. Proceedings of a Conference on the Biology and Management of Species and Habitats at Risk (Vol. 2), Kamloops, British Columbia. B.C. Ministry of Environment, Lands and Parks, Victoria, B.C.

Baroni, T.J. 2017. Mushrooms of the northeastern United States and eastern Canada. Portland, Oregon: Timber Press Field Guide. 599 pp.

Belinchon, R., P.J. Harrison, L. Mair, G. Varkonyi et T. Snall. 2017. Local epiphyte establishment and future metapopulation dynamics in landscapes with different spatiotemporal properties. Ecology 98(3):741-50.

Bendaikha, Y., et S. Hadjadj-aoul. 2016. Diversity of lichens flora in Oran area (north‑western Algeria). Advances in Environmental Biology 10:180 à 91.

Bokhary, H.A., et S. Parvez. 1993. Lichen flora from high altitude areas of Saudi Arabia. Nova Hedwigia 56(3 à 4):491 à 96.

Brodo, I.M., C. Lewis et B. Craig. 2007. Xanthoria parietina, a coastal lichen, rediscovered in Ontario. Northeastern Naturalist 14(2):300 à 306.

Brodo, I., S.D. Sharnoff et S. Sharnoff. 2001. The lichens of North America. Yale University Press, New Haven, Connecticut. 828 pp.

Cameron, R. 1895. Queen Victoria Niagara Falls park: Catalogue of plants which have been found growing without cultivation in the park and tts outlying territories / collected, mounted and catalogued for the park herbarium in the superintendent’s office, by Roderick Cameron; Appendix to the report of the superintendent of the park for the year 1894. Warwick Bros. et Rutter, Toronto, Ontario.

CFIA. 2018. Sudden oak death – Phytophthora ramorum. 2018. Web site: http://www.inspection.gc.ca/plants/plant-pests-invasive-species/diseases/sudden-oak-death/eng/1327587864375/1327587972647 (consulté en novembre 2018). [Également disponible en français : ACIA. 2018. Encre des chênes rouges – Phytophthora ramorum. 2018. Site Web : https://inspection.canada.ca/protection-des-vegetaux/especes-envahissantes/maladies/encre-des-chenes-rouges/fra/1327587864375/1327587972647]

Chen, J., J.F. Franklin et T.A. Spies. 1995. Growing-season microclimatic gradients from clearcut edges into old-growth Douglas-Fir forests. Ecological Applications 5(1):74 à 86.

Claassen, E. 1912. Alphabetical list of lichens collected in several counties of northern Ohio. The Ohio Naturalist XII(8):543 à 48.

CNALH 2018. Consortium of North American Lichen Herbaria. Web site: http://lichenportal.org/portal/ (consulté en novembre 2018).

COSEWIC. 2016. COSEWIC assessment and status report on the Golden-Eye Lichen Teloschistes chrysophthalmus, Prairie / Boreal population and population des Grands Lacs, in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. xv + 50 pp. [Également disponible en français : COSEPAC. 2016. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus), population des Grands Lacs et population boréale et des Prairies, au Canada. Ottawa. vii + 46 p.]

Day, S.D., P.E. Wiseman, S.B. Dickinson et J.R. Harris. 2010. Contemporary concepts of root system architecture of urban trees. Arboriculture and Urban Forestry 36(4):149 à 59.

Diederich, P., D. Ertz, M. Eichler, R. Cezanne, P. van den Boom, D. Van den Broeck et E. Serusiaux. 2014. New or interesting lichens and lichenicolous fungi from Belgium, Luxembourg and Northern France. Bulletin de la Société des naturalistes luxembourgeois 115:157 à 65.

Donley, R.N., J. Jalava et J. van Overbeeke. 2013. Management plan for the Shumard Oak (Quercus shumardii) in Ontario. Ontario Management Plan Series. Prepared for the Ontario Ministry of Natural Resources, Peterborough, Ontario. v + 59 pp.

Eckel, P.M. 2013. Botanical heritage of islands at the brink of Niagara Falls. 374 pp.

Elshafie, A.E., et H.J.M. Sipman. 1999. Mediterranean lichens in the tropics: Lichens of the mist oasis of Erkwit, Sudan. Tropical Bryology 16:103 à 8.

Environment Canada. 2013. Recovery strategy for the flooded jellyskin lichen (Leptogium rivulare) in Canada. Species at Risk Act Recovery Strategy Series. Environment Canada, Ottawa. Iv + 23 pp. [Également disponible en français : Environnement Canada. 2013. Programme de rétablissement du leptoge des terrains inondés (Leptogium rivulare) au Canada. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Environnement Canada, Ottawa. vii + 26 p.]

Environment Canada. 2014. National marine weather guide: Ontario regional guide. [Également disponible en français : Environnement Canada. 2014. Guide de météo marine national : Guide régional pour l’Ontario.]

Farrar, J.L. 1995. Trees in Canada. Fitzhenry et Whiteside Limited, Markham, Ontario. x + 501. [Également disponible en français : Farrar, J.L. 1996. Les arbres du Canada. Fides, Saint-Laurent (Québec). x + 502 p.]

Fazio, A.T., M.T. Adler, M.D. Bertoni, C.S. Sepúlveda, E.B. Damonte et M.S. Maier. 2007. Lichen secondary metabolites from the cultured lichen mycobionts of Teloschistes chrysophthalmus and Ramalina celastri and their antiviral activities. Zeitschrift Fur Naturforschung - Section C Journal of Biosciences 62(7 à 8):543 à 49.

Fite, K., et E.T. Smiley. 2008. Managing trees during construction. International Society of Arboriculture, Champaign, Illinois. 35 pp.

Fletcher, A., et O.W. Purvis. 2009. Teloschistes Norman (1853). Pp. 874. In C. Smith, A. Aptroot, B. Coppins, A. Fletcher, O. Gilbert, P. James and P. Wolseley (eds.). The Lichens of Great Britain and Ireland, The British Lichen Society, London, England.

Fröberg, L., A. Baur et B. Baur. 2006. Field study on the regenerative capacity of three calcicolous lichen species damaged by snail grazing. The Lichenologist 38(5):491 à 93.

Fryday, A.M., J.B. Fair, M.S. Googe et A.J. Johnson. 2001. Checklist of lichens and allied fungi of Michigan. Contributions from the University of Michigan Herbarium 23:145 à 223.

Fryday, A.M., et C.M. Wetmore. 2002. Proposed list of rare and/or endangered lichens in Michigan. The Michigan Botanist 41(2001):89 à 93.

Gauslaa, Y. 1995. The lobarion, an epiphytic community of ancient forests threatened by acid rain. The Lichenologist 27(1):59 à 76.

Hannemann, B. 1973. Anhangsorgane Der Flechten, Ihre Strukturen Und Ihre Systematische Verteilung. Bibliotheca Lichenologica 1:1 à 192.

Harris, R.C. 2004. A preliminary list of the lichens of New York. Opuscula Philolichenum 1:55 à 74.

Harris, R., J. Clark et N. Matheny. 2004. Arboriculture: Integrated management of landscape trees, shrubs, and vines. Prentice Hall, Upper Saddle River, New Jersey. 592 pp.

Hayhoe, K., J. VanDorn, T. Croley, N. Schlegal et D. Wuebbles. 2010. Regional climate change projections for Chicago and the US Great Lakes. Journal of Great Lakes Research 36(SUPPL. 2):7 à 21.

Hayward, B.W., et C.J. Hollis. 1993. Ecology of Waimamaku River estuary, north of Kawerua, North Auckland. Tane 34:69 à 78.

Heinken, T. 1999. Dispersal patterns of terricolous lichens by thallus fragments. Lichenologist 31(6):603 à 12.

Hinds, J.W., et P.L. Hinds. 2007. The macrolichens of New England. The New York Botanical Garden Press, New York, New York. xx + 584.

Howe, R.H., Jr. 1915. The genus Teloschistes in North America. Bulletin of the Torrey Botanical Club 42(10):579 à 83.

Ibañez, L.M., R.A. García, V.D. Fiorini et D. Montalti. 2018. Lichens in the nests of European Starling Sturnus vulgaris serve a mate attraction rather than insecticidal function. Turkish Journal of Zoology 42(3):316 à 22.

Invasive Species Centre. 2018. “Oak Wilt.” 2018. https://forestinvasives.ca/Portals/0/oak_wilt_factsheet_2018.pdf?ver=2018-03-02-203911-070.

Jovan, S. 2008. Lichen bioindication of biodiversity, air quality, and climate: Baseline results from monitoring in Washington, Oregon, and California. United States Department of Agriculture, Forest Service, General Technical Report PNW-GTR-737.

Kondratyuk, S.Y. 2008. Polycoccum kaenefeltii Sp. Nova (Dothideales), a new lichenicolous fungus on Teloschistes chrysophthalmus (L.) Th. Fr. Ukrayins’kyi Botanichnyi Zhurnal 65(4):565 à 71.

Lewis, C. 2011a. Lichens of Sandbanks Provincial Park. Prepared for Ontario Parks, Peterborough, Ontario. 1-13 pp.

Lewis, C. 2011b. Recovery strategy for the Pale-Bellied Frost Lichen (Physconia subpallida) in Ontario. Ontario Recovery Strategy Series. Prepared for the Ontario Ministry of Natural Resources, Peterborough, Ontario. vi + 24 pp.

Lyford, W.H. 1980. Development of the root system of northern Red Oak (Quercus rubra L.). Harvard Forest Paper No. 21. 30 pp.

Macoun, J. 1902. Catalogue of Canadian plants. Part VII, Lichenes and hapaticae; Geological Survey of Canada, Government Printer, Ottawa.

Marra, R. 2012. Ramorum blight (Sudden Oak Death) (Phytophthora ramorum). Web site: https://www.ct.gov/caes/lib/caes/documents/publications/fact_sheets/plant_pathology_and_ecology/ramorum_blight_(sudden_oak_death)_12-20-12.pdf (consulté en novembre 2018).

Matlack, G.R. 1993. Microenvironment variation within and among forest edge sites in the eastern United States. Biological Conservation 66(1993): 185 à 94.

McMullin, R.T., et C.J. Lewis. 2014. The unusual lichens and allied fungi of Sandbanks Provincial Park, Ontario. Botany 92:85 à 92.

Murray, J. 1960. Studies of New Zealand II – The Teloschistaceae. Transactions of the Royal Society of New Zealand 88(2):197 à 210.

Nash, T.H., III, G.T. Nebeker, T.J. Moser et T. Reeves. 1979. Lichen vegetational gradients in relation to the Pacific coast of Baja California: The maritime influence. Madroño 26(4):149 à 63.

Nash, T.H., B.D. Ryan, C. Gries et F. Bungartz. 2004. Lichen flora of the Greater Sonoran Desert Region. Vol 2. Arizona State University. Web site: http://lichenportal.org/portal/taxa/index.php?taxon=56375 (consulté en novembre 2018).

Nearing, G.G., et N.J. Ridgewood. 1939. Guide to the lichens of the New York Area. Torreya 39(2):29 à 37.

Nimis, P.L., et S. Martellos. 2008. Teloschistes chrysophthalmos (L.) Th. Fr. 2008. Web site: http://dryades.units.it/italic/index.php?procedure=taxonpage&num=2307 (consulté en novembre 2018).

Nyati, S., S. Scherrer, S. Werth et R. Honegger. 2014. Green-algal photobiont diversity (Trebouxia spp.) in representatives of Teloschistaceae (Lecanoromycetes, lichen-forming ascomycetes). The Lichenologist 46(2):189 à 212.

Nyati, S., S. Werth, and et R. Honegger. 2013. Genetic diversity of sterile cultured Trebouxia photobionts associated with the lichen-forming fungus Xanthoria parietina visualized with RAPD-PCR fingerprinting techniques. The Lichenologist. 45.

Ockinger, E., M. Niklasson et S. Nilsson. 2005. Is local distribution of the epiphytic lichen Lobaria pulmonaria limited by dispersal capacity or habitat quality? Biodiversity and Conservation 14:759-73.

Parke, J.L., et S. Lucas. 2008. Sudden oak death and ramorum blight. 2008. Web site: http://www.apsnet.org/edcenter/intropp/lessons/fungi/oomycetes/pages/suddenoakdeath.aspx (consulté en novembre 2018).

Pereira, I., F. Müller et A. Valderrama. 2006. Diversity and distribution of bryophytes and lichens of El Colorado, Central Chile. Nova Hedwigia 83(1 à 2):117 à 27.

Puric-Mladenovic, D. 2011. Pre-settlement Vegetation Mapping for the Greater Toronto Area, including the Regions of Hamilton, Halton, Peel and York and the Credit Valley Watershed. Faculty of Forestry, University of Toronto.

Riley, B. 2011. Found alive! OBELISK Newsletter of the Ohio Moss and Lichen Association 8(1):2-3.

Rundel, P.W. 1978. The ecological role of secondary lichen substances. Biochemical Systematics and Ecology 6(3):157 à 70.

Sanders, W.B. 1993. Apical formation of cilia and associated branching of the axis in the lichen Teloschistes flavicans. International Journal of Plant Sciences 154(1):75 à 79.

Sanderson, N.A. 2012. History et ecology of Goldeneyes Teloschistes chrysophthalmus in England. 2012. Web site: http://wessexlichengroup.org/conservation_ecology/page47/index.html (consulté en novembre 2018).

Sérgio, C., P. Carvalho, C.A. Garcia, E. Almeida, V. Novais, M. Sim-Sim, H. Jordão et A.J. Sousa. 2016. Floristic changes of epiphytic flora in the metropolitan Lisbon area between 1980-1981 and 2010-2011 related to urban air quality. Ecological Indicators 67:839 à 52.

Showman, R.E., et D.G. Flenniken. 2004. The macrolichens of Ohio. Ohio Biological Survey, Columbus, Ohio. Iv + 277 pp.

Sipman, H.J.M. 2002. Lichens of Mainland Yemen. Willdenowia 32(1):127 à 35.

Stevens, G.N. 1979. Distribution and related ecology of macrolichens on mangroves on the East Australian Coast. Lichenologist 11(3):293 à 305.

Stocker-Worgotter, E. 2001. Experimental Lichenology and Microbiology of Lichens: Culture Experiments, Secondary Chemistry of Cultured Mycobionts, Resynthesis, and Thallus Morphogenesis. The Bryologist 104(4):576 à 581.

Vicol, I. 2013. Distribution of the Teloschistes chrysophthalmus (L.) Th. Fr. in Romania. Romanian Journal of Biology - Plant Biology 58(2):105 à 8.

Visher, S.S. 1943. Some climatic influences of the Great Lakes, latitude and mountains: An analysis of climatic charts in Climate and Man, 1941 (II). Bulletin American Meteorological Society 24:205 à 10.

von Brackel, W., et D. Puntillo. 2016. New records of lichenicolous fungi from Calabria (Southern Italy), including a first checklist. Herzogia 29(2):277 à 306.

Waiser, W.A. 2003. MACOUN, JOHN. Dictionary of Canadian Biography, vol. 14. Web site: http://www.biographi.ca/en/bio/macoun_john_14E.html (consulté en décembre 2018). [Également disponible en français : Waiser, W.A. 2003. « MACOUN, JOHN ». Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14. Site Web : http://www.biographi.ca/fr/bio/macoun_john_14E.html.]

Werth, S., H.H. Wagner, F. Gugerli, R. Holderegger, D. Csencsics, J.M. Kalwij et C. Scheidegger. 2006. Quantifying dispersal and establishment limitation in a population of an epiphytic lichen. Ecology 87(8):2037-46.

Wetmore, C.M. 1981. Lichens and air quality in Big Bend National Park, Texas. 24 pp.

Wetmore, C.M. 1986. Lichens and air quality in Indiana Dunes National Lakeshore. 34 pp.

Wilhelm, G. 2018. Working draft of the lichens of the Southern Lake Michigan Region. 115 pp.

Wright, D.M. 2000. Guide to the macrolichens of California: Part 1, the orange pigmented species. Bulletin of the California Lichen Society 7(1):7 à 16.

Communications personnelles

Bree, Y. 2018. Conversation téléphonique avec T. Knight, octobre 2018. Coordonnateur de l’éducation sur le patrimoine naturel, Parcs Ontario.

Brinker, S. 2018. Conversation téléphonique avec T. Knight, octobre 2018. Botaniste chargé de projet, Centre d’information sur le patrimoine naturel.

Graff, A. 2018. Correspondance électronique (iNaturalist) adressée à T. Knight, octobre 2018. Naturaliste.

Harris, R.C. 2018. Correspondance par courriel adressée à T. Knight, octobre 2018. Research Associate, New York Botanical Garden.

Lewis, C. 2018. Conversation téléphonique avec T. Knight, octobre 2018. Technicien en gestion des ressources, ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario.

McMullin, R.T. 2018. Conversation téléphonique avec T. Knight, octobre 2018. Chercheur scientifique, Musée canadien de la nature.

Olszewski, R. 2018. Conversation téléphonique avec T. Knight, octobre 2018. Naturaliste.

Pogacnik, S. 2018. Correspondance électronique (iNaturalist) adressée à T. Knight, octobre 2018. Naturaliste.

Partie 3 – Téloschiste ocellé (population des Grands Lacs en Ontario) − Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement, préparée par le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario (Traduit par Environnement et Changement climatique Canada)

Téloschiste ocellé (population des Grands Lacs)

Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement

La protection et le rétablissement des espèces en péril en Ontario

Le rétablissement des espèces en péril est un volet clé de la protection de la biodiversité en Ontario. La Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) représente l’engagement juridique du gouvernement de l’Ontario envers la protection et le rétablissement des espèces en péril et de leurs habitats.

Aux termes de la LEVD, le gouvernement de l’Ontario doit veiller à ce qu’un programme de rétablissement soit élaboré pour chaque espèce inscrite à la liste des espèces en voie de disparition ou menacées. Un programme de rétablissement offre des conseils scientifiques au gouvernement à l’égard de ce qui est nécessaire pour réaliser le rétablissement d’une espèce.

Habituellement, dans les neuf mois qui suivent l’élaboration d’un programme de rétablissement, la LEVD exige que le gouvernement publie une déclaration qui résume les mesures que le gouvernement de l’Ontario prévoit prendre en réponse au programme de rétablissement et ses priorités à cet égard. Cette déclaration est la réponse du gouvernement de l’Ontario aux conseils scientifiques fournis dans le programme de rétablissement. En plus de la stratégie, la déclaration du gouvernement a pris en compte (s’il y a lieu) les commentaires formulés par les parties intéressées, les autres autorités, les collectivités et organismes autochtones, et les membres du public. Elle reflète les meilleures connaissances scientifiques et locales accessibles actuellement, dont les connaissances traditionnelles écologiques là où elles ont été partagées par les communautés et les détenteurs de savoir autochtones. Elle pourrait être modifiée en cas de nouveaux renseignements. En mettant en œuvre les mesures prévues à la présente déclaration, la LEVD permet au gouvernement de déterminer ce qu’il est possible de réaliser, compte tenu des facteurs sociaux, culturels et économiques.

Le programme de rétablissement pour le téloschiste ocellé (population des Grands Lacs) en Ontario a été achevé le 22 juillet 2019.

Le téloschiste ocellé, dont la couleur distinctive varie de l’orange vif au gris-vert, pousse habituellement dans les arbres. Son corps principal (le thalle) a une apparence arbustive et comprend souvent des organes fructifères (apothécies) qui ressemblent à des tasses dont les rebords sont dotés de petites structures marginales semblables à des poils (cils). Le téloschiste ocellé adhère aux surfaces grâce à un point central connu sous le nom de crampon.

Protection et rétablissement du téloschiste ocellé (population des Grands Lacs)

Le téloschiste ocellé (population des Grands Lacs) est considéré comme une espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition (LEVD), qui protège à la fois la plante et son habitat. La LEVD interdit à quiconque de nuire à l'espèce ou de la harceler et d'endommager ou de détruire son habitat sans autorisation. Une telle autorisation exigerait que des conditions établies par le gouvernement de l’Ontario soient respectées.

Le téloschiste ocellé est réparti à l’échelle mondiale; on l’a observé dans cinq continents. En Amérique du Nord, la répartition du téloschiste ocellé est irrégulière. On l’a répertorié sur les côtes ouest et est et dans une bonne partie de la région des Grandes Plaines. Au Canada, il se trouve à la fois au Manitoba et en Ontario, et ce, en tant que trois populations distinctes (des Prairies, boréale et des Grands Lacs). De ces populations, deux se trouvent au Canada, soit la population boréale, qui se trouve au nord-ouest de l’Ontario et du Manitoba, et la population des Grands Lacs, qui se trouve uniquement au sud de l’Ontario. La population des Prairies se trouve uniquement au Manitoba.

La population boréale et celle des Prairies ont été évaluées en tant qu’une seule unité par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), parce qu’elles se trouvent dans un endroit géographique semblable et ont le même type d’habitat. La population des Grands Lacs a été considérée de façon distincte des deux autres populations, car les populations sont géographiquement très éloignées les unes des autres, elles occupent des zones écogéographiques distinctes et elles font preuve de préférences uniques en matière d’habitat, ce qui suggère qu’elles sont adaptées aux conditions locales et revêtent une grande importance écologique. Les deux populations qui se trouvent en Ontario ont également fait l’objet d’une évaluation distincte effectuée par le Comité sur la situation des espèces à risque en Ontario (COSSARO). Les deux populations qui se trouvent en Ontario ont également font l’objet d’une évaluation distincte par le Comité de détermination du statut des espèces en péril de l’Ontario (CDSEPO), soit un comité provincial; seule la population des Grands Lacs est classifiée comme en péril conformément à la LEVD.

La population des Grands Lacs ne comprend qu’une seule colonie connue du téloschiste ocellé, qui se trouve au parc provincial de Sandbanks sur le rivage du lac Ontario. La taille de la colonie a diminué depuis qu’on l’a découverte en 1994, et au moins six spécimens ont été perdus au cours des dix dernières années. La population ne compte aujourd’hui que deux thalles (spécimens) et court un très grand risque de disparition en Ontario. S’il est probable que la population des Grands Lacs a toujours été rare, elle occupait par le passé plusieurs territoires sur le rivage des lacs Érié et Ontario, ainsi que Niagara Falls. On n’a pas détecté cette espèce à ces endroits dans le cadre d’enquêtes récentes. En outre, le téloschiste ocellé est considéré comme rare et susceptible d’être en déclin dans les territoires voisins de la région des Grands Lacs, ce qui réduit la probabilité que ces zones d’occurrences voisines puissent entraîner une immigration de source externe de la population des Grands Lacs de l’Ontario.

Les lichens sont des organismes qui se composent d’un champignon et d’un type d’algues ou d’une cyanobactérie. Les algues ou la cyanobactérie produisent de la nourriture pour le lichen par l’entremise de la photosynthèse, alors que le champignon lui offre une structure, absorbe les nutriments de la structure hôte et joue un rôle important dans la reproduction du lichen. L’algue verteTrebouxia semble être l’agent lié à la photosynthèse du téloschiste ocellé.

Le téloschiste ocellé peut se reproduire de deux façons – soit par voie végétative (asexuellement), c’est-à-dire par l’entremise de fragments provenant des projections ciliées sur leurs organes de fructification ou des morceaux du lichen en tant que tel, soit par voie sexuelle, par l’entremise de l’émission de spores qui sont réparties par les courants d’air et qui atterrissent sur de nouveaux hôtes potentiels. Dans les deux cas, le succès de la reproduction dépend complètement de l’arrivée d’un hôte approprié dans un environnement approprié (y compris la présence de Trebouxia dans la seconde méthode). Le téloschiste ocellé ne compte pas les structures spécialisées (des sorédies ou des isidies) qui sont présentes chez plusieurs autres lichens, ce qui suggère qu’il est susceptible d’avoir une plus faible capacité pour la reproduction végétative par rapport à d’autres espèces de lichen.

En tant qu’espèce, le téloschiste ocellé habite des milieux humides et bien éclairés, et se trouve ordinairement sur les rivages, sur les branches et les brindilles d’arbres, y compris l’épinette blanche (Picea glauca), le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides), le pin gris (Pinus banksiana), le sapin baumier (Abies balsamea), le chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa) et le chêne rouge (Quercus rubra). On trouve la population des Grands Lacs dans une forêt décidue côtière mature, dans l’écorce d’un seul chêne rouge.

En raison de la taille minuscule de la population des Grands Lacs, elle est très sensible aux menaces telles que les graves événements météorologiques, les dommages physiques ou le risque de se faire déloger, ainsi que la collecte intentionnelle. Cette espèce est très vulnérable au risque de se faire déloger de son hôte en raison de pression ou d’abrasion parce qu’elle s’y attache à partir d’un seul point central. Le lichen pourrait se faire déloger au cours d’activités récréationnelles humaines (telles que l’emploi d’une piste voisine) ou à la suite de causes naturelles (telles que l’abrasion résultant de branches de végétation avoisinante, ou de la faune qui utilise l’arbre hôte). L’espèce est aussi susceptible de subir l’effet d’agents pathogènes végétaux (par exemple, le flétrissement du chêne, ou Ceratocystis fagacearum), qui affecte la santé de l’arbre hôte. Parmi les autres menaces à l’espèce, on compte le déclin de la qualité de l’air et les changements qui peuvent s’opérer dans l'habitat, qui ne devient plus approprié en raison de la croissance de plantes ligneuses telles que le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica).

Faute de colonies supplémentaires au sein de la population des Grands Lacs, la vulnérabilité de la colonie connue suggère que le risque de disparition du téloschiste ocellé demeurera élevé dans l’avenir prévisible. Il est nécessaire de réaliser des enquêtes afin de déterminer si d’autres colonies sont présentes en Ontario. Vu la rareté extrême de la population des Grands Lacs, la rareté de l’espèce dans la plus vaste région des Grands Lacs, ainsi que le caractère unique de cette population par rapport à d’autres occurrences du téloschiste ocellé au Canada, les mesures de protection et de rétablissement seront axées sur l’appui de la persistance de cette population en Ontario. Si la recherche indique que les mesures de gestion de la population, telles que l’augmentation ou la réintroduction, sont suceptibles d’être fructueuses, la mise en oeuvre appropriée de ce genre de mesures pourrait s’avérer la meilleure démarche à prendre pour minimiser le risque de disparition du téloschiste ocellé en Ontario.

Objectif du programme de rétablissement du gouvernement

L’objectif du gouvernement pour le rétablissement du téloschiste ocellé (population des Grands Lacs) est de favoriser la persistance de la population des Grands Lacs en Ontario. Le gouvernement étudie la nécessité et la possibilité d’une réintroduction et de l’augmentation de la population des Grands Lacs en Ontario.

Mesures

La protection et le rétablissement des espèces en péril sont une responsabilité partagée. Aucune agence ni aucun organisme n’a toutes les connaissances, l’autorité, ni les ressources financières pour protéger et rétablir toutes les espèces en péril de l’Ontario. Le succès sur le plan du rétablissement exige une coopération intergouvernementale et la participation de nombreuses personnes, organismes et collectivités. En élaborant la présente déclaration, le gouvernement a tenu compte des démarches qu’il pourrait entreprendre directement et de celles qu’il pourrait confier à ses partenaires en conservation, tout en leur offrant son appui.

Mesures menées par le gouvernement

Afin de protéger et de rétablir le téloschiste ocellé (population des Grands Lacs), le gouvernement entreprendra directement les mesures suivantes:

Mesures appuyées par le gouvernement

Le gouvernement appuie les mesures suivantes qu’il juge comme étant nécessaires à la protection et au rétablissement du téloschiste ocellé (population des Grands Lacs). Le programme d'intendance des espèces en péril pourrait accorder la priorité aux mesures étant identifiées comme étant « hautement prioritaires » aux fins de financement. Lorsque cela est raisonnable, le gouvernement tiendra également compte de la priorité accordée à ces mesures lors de l’examen et de la délivrance d’autorisation en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition. On encourage les autres organismes à tenir compte de ces priorités lorsqu’ils élaborent des projets ou des plans d’atténuation relatifs à des espèces en péril.

Secteurs d’intervention : Recherche

Objectif : Mieux comprendre les techniques et les mécanismes potentiels de dispersion du téloschiste ocellé en matière de gestion de la population.

Vu que le risque de disparition du téloschiste ocellé demeurera probablement élevé, il importe de déterminer la faisabilité des mesures de gestion de la population (par exemple augmentation ou réintroduction de l’espèce) susceptibles d’en favoriser la persistance. On a réussi à propager d’autres espèces de lichens en milieu contrôlé dans des laboratoires comme en milieu naturel, mais la capacité de propager le téloschiste ocellé n’a pas encore été évaluée. Il importe de comprendre si le téloschiste ocellé peut, entièrement ou en partie, être relocalisé à un autre milieu approprié si le lichen en question est délogé d’une colonie existante ou si la santé de l’arbre hôte se détériore. Toutes les mesures que l’on mène en vue d’évaluer la faisabilité de l’augmentation, de la réintroduction ou de la relocalisation doivent considérer les répercussions potentielles sur les populations actuelles; on ne recommande pas la collecte de la population des Grands Lacs de l’Ontario dans le cadre de ces démarches.

Bien que certaines données indiquent que le téloschiste ocellé peut être transporté à de nouveaux endroits par le biais du mouvement d’arbres de pépinières, cette méthode de dispersion mérite d’être étudiée plus à fond.

Mesures:

1. (Hautement prioritaire) Examiner la faisabilité de la relocalisation du thalle susceptible d’être perdu (par exemple en raison de la détérioration de la santé de l’arbre hôte) afin d’avoir accès au substrat adéquat dans un milieu naturel. Parmi des mesures supplémentaires, on compte:

2. (Hautement prioritaire) Prendre les mesures adéquates en vue d’examiner la faisabilité des mesures de gestion de la population du téloschiste ocellé des Grands Lacs. Parmi les mesures potentielles, on compte l’évaluation de la faisabilité de :

3. Déterminer les exigences quant à l’habitat (par exemple l’humidité, la lumière et les conditions du couvert) afin de guider les mesures d’intendance visant à favoriser le maintien ou l’amélioration de l’habitat.

4. Examiner les communautés de lichen sur les plantes ligneuses dans des pépinières et évaluer la façon dont les arbres des pépinières sont déménagés afin de mieux comprendre si le mouvement contribue à la dispersion du téloschiste ocellé.

Secteurs d’intervention : Inventaire et surveillance

Objectif : Accroître la connaissance du statut et de la répartition du téloschiste ocellé (population des Grands Lacs) en Ontario.

Bien qu’on ait identifié, au cours des dernières années, des habitats de haut potentiel, les enquêtes se sont néanmoins avérées limitées dans plusieurs sites. Il importe d’entamer des mesures intensives en matière d’ênquête afin de confirmer la présence potentielle du téloschiste ocellé à d’autres endroits. Les résultats de ces enquêtes sont très importants, car la découverte d’occurrences supplémentaires aidera à déterminer les endroits où il faudrait concentrer les efforts en matière de rétablissement. Il est important de surveiller et d’évaluer dans le temps le statut de la colonie existante, et de toute autre colonie que l’on découvrirait, afin de noter l’efficacité des mesures de protection et de rétablissement et de guider les futures mesures.

Mesures :

5. (Hautement prioritaire) Mener des enquêtes intensives d’habitats de haut potentiel dans la région des Grands Lacs en Ontario, en vue de déterminer si d’autres colonies s’y trouvent, et documenter les conditions des sites ainsi que les caractéristiques de toute nouvelle colonie. Parmi les régions potentielles d’enquête, on compte :

6. Pour la colonie connue, comme pour toute colonie supplémentaire identifiée grâce aux mesures énumérées ci‑haut, élaborer et mettre en oeuvre un protocole de surveillance et d’évaluation afin de documenter le statut de la colonie (y compris le nombre et la taille des thalles ainsi que la fertilité), les conditions de l’habitat et les menaces potentielles ou confirmées propres aux sites où elle se trouve.

Secteurs d’intervention : Intendance
Objectif : Améliorer les efforts en matière d’intendance pour l’espèce et son habitat, et minimiser les menaces.

La mise en oeuvre de mesures appropriées afin de maintenir ou d’améliorer l’habitat du téloschiste ocellé contribuera à l’appui de la persistance de l’espèce dans la province. Une approche collaborative relative à ces activités assurera un partage des responsabilités tout en améliorant l’efficacité, en assurant le maintien d’un habitat approprié et en encourageant la communication face aux leçons apprises en cours de route.

Mesures :

7. En collaboration avec les propriétaires fonciers, les gestionnaires des terres, les municipalités et les communautés et organisations autochtones intéressées, mettre en œuvre, le cas échéant, des mesures d’intendance de l’habitat pour maintenir ou améliorer les conditions d’habitat dans des zones où l’espèce est susceptible d’être dispersée, ou à de nouveaux endroits où l’espèce est découverte. On devrait mettre en œuvre les mesures de façon à ne pas influer négativement sur le téloschiste ocellé; parmi celles-ci, on compte le contrôle de végétations envahissantes (par exemple le nerprun cathartique).

Mise en œuvre des mesures

Le programme d’intendance des espèces en péril offre une aide financière pour la mise en œuvre de mesures. On encourage les partenaires en matière de conservation à discuter des propositions de projets liés à la présente déclaration avec le personnel du ministère l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs. Le gouvernement de l'Ontario peut aussi conseiller ses partenaires à l’égard des autorisations exigées aux termes de la LEVD afin d’entreprendre le projet.

La mise en œuvre des mesures pourra être modifiée si les priorités touchant l’ensemble des espèces en péril changent selon les ressources disponibles et la capacité des partenaires à entreprendre des activités de rétablissement. La mise en œuvre des mesures visant plusieurs espèces sera coordonnée partout là où les déclarations du gouvernement en réponse au programme de rétablissement l’exigent.

Évaluation des progrès

La Loi sur les espèces en voie de disparition exige que le gouvernement de l'Ontario procède à un examen des progrès accomplis en matière de protection et de rétablissement d'une espèce dans le délai précisé dans la Déclaration du gouvernement, ou si aucun délai n’est précisé, au plus tard cinq ans après la publication de l’énoncé. Cette évaluation permettra de déterminer si des rectifications sont nécessaires pour en arriver à protéger et à rétablir le téloschiste ocellé (population des Grands Lacs).

Remerciements

Nous tenons à remercier tous ceux et celles qui ont pris part à l’élaboration du Programme de rétablissement pour le téloschiste ocellé (Teloschistes chrysophthalmus) – population des Grands et à la Déclaration du gouvernement s’y rapportant, et qui se dévouent à la protection et au rétablissement des espèces en péril.

Renseignements supplémentaires

Consultez le site Web des espèces en péril à ontario.ca/especesenperil

Communiquez avec le Ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs

1 800 565‑4923
ATS 1 855 515‑2759
www.ontario.ca/environnement

Détails de la page

2025-03-07