Tortue peinte de l’Ouest (Chrysemys picta bellii), population de la côte du Pacifique, programme de rétablissement proposition 2018

Titre officiel : Programme de rétablissement de la tortue peinte de l’Ouest (Chrysemys picta bellii), population de la côte du Pacifique, au Canada 2018, Proposition

Loi sur les espèces en péril
Série de Programmes de rétablissement
Adoption en vertu de l’article 44 de la LEP

Photo de la tortue peinte de l’Ouest, population de la côte du Pacifique
Tortue peinte de l’Ouest, population de la côte du Pacifique
  • Information sur le document

    Référence recommandée : Environnement et Changement climatique Canada. 2018. Programme de rétablissement de la tortue peinte de l’Ouest (Chrysemys picta bellii), population de la côte du Pacifique, au Canada [Proposition]. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa, 2 parties, 35 p. + 69 p.

    Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes portant sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

    Illustration de la couverture : © Kym Welstead

    Also available in English under the title “Recovery Strategy for the Western Painted Turtle (Chrysemys picta bellii) Pacific Coast population in Canada [Proposed]”

    Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.

    En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble pour établir des mesures législatives, des programmes et des politiques visant à assurer la protection des espèces sauvages en péril partout au Canada.

    Dans l’esprit de collaboration de l’Accord, le gouvernement de la Colombie-Britannique a donné au gouvernement du Canada la permission d’adopter le Plan de rétablissement de la tortue peinte, population de la côte du Pacifique (Chrysemys picta pop. 1) en Colombie-Britannique (partie 2) en vertu de l’article 44 de la Loi sur les espèces en péril (LEP).Environnement et Changement climatique Canada a inclus une addition fédérale (partie 1) dans le présent programme de rétablissement afin qu’il réponde aux exigences de la LEP.

    Le programme de rétablissement fédéral de la tortue peinte de l’Ouest, population de la côte du Pacifique au Canada est composé des deux parties suivantes :

    Partie 1 - Addition du gouvernement fédéral au Plan de rétablissement de la tortue peinte, population de la côte du Pacifique (Chrysemys picta pop. 1) en Colombie-Britannique, préparée par Environnement et Changement climatique Canada.

    Partie 2 - Plan de rétablissement de la tortue peinte, population de la côte du Pacifique (Chrysemys picta pop. 1) en Colombie-Britannique, préparé par l’Équipe de rétablissement de la tortue peinte de l’Ouest pour le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique.

Partie 1 - Addition du gouvernement fédéral au Plan de rétablissement de la tortue peinte, population de la côte du Pacifique (Chrysemys picta pop. 1) en Colombie-Britannique, préparée par Environnement et Changement climatique Canada.

Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l’Environnement et du Changement climatique et ministre responsable de l’Agence Parcs Canada est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard de la tortue peinte de l’Ouest, population de la côte du Pacifique, et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec la Province de la Colombie-Britannique, en vertu du paragraphe 39(1) de la LEP. L’article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). La Province de la Colombie-Britannique a remis le plan de rétablissement ci-joint (partie 2), à titre d’avis scientifique, aux autorités responsables de la gestion de l’espèce en Colombie-Britannique. Ce plan a été préparé en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada, l’Agence Parcs Canada et Pêches et Océans Canada.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et changement climatique Canada, l’Agence Parcs Canada, Pêches et Océans Canada, ou sur toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la tortue peinte de l’Ouest, population de la côte du Pacifique, et de l’ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et changement climatique Canada, l’Agence Parcs Canada, Pêches et Océans Canada et d’autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l’espèce, incluant la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce. Lorsque l’habitat essentiel est désigné, dans un programme de rétablissement ou dans un plan d’action, la LEP exige que l’habitat essentiel soit alors protégé.

Dans le cas de l’habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l’habitat essentiel désigné dans une zone protégée par le gouvernement fédéralNote de bas de page 1  soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après l’ajout dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d’action qui a désigné l’habitat essentiel. L’interdiction de détruire l’habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) s’appliquera 90 jours après la publication de la description de l’habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Pour l’habitat essentiel se trouvant sur d’autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection légale existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel soient appliquées.

Si l’habitat essentiel d’un oiseau migrateur ne se trouve pas dans une zone protégée par le gouvernement fédéral, sur le territoire domanial, à l’intérieur de la zone économique exclusive ou sur le plateau continental du Canada, l’interdiction de le détruire ne peut s’appliquer qu’aux parties de cet habitat essentiel -- constituées de tout ou partie de l’habitat auquel la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs s’applique aux termes des paragraphes 58(5.1) et 58(5.2) de la LEP.

En ce qui concerne tout élément de l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si le ministre compétent estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d’autre loi fédérale, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l’interdiction de détruire l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Remerciements

L’élaboration du présent programme de rétablissement a été coordonnée par Matt Huntley, Kella Sadler et Eric Gross (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune - Région du Pacifique [SCF d’ECCC - RP]). Marie-Andrée Carrière et Véronique Brondex (SCF d’ECCC - Région de la capitale nationale), Kym Welstead, Connie Miller Retzer et Trudy Chatwin (ministère des Forêts, des Terres et de l’Exploitation des ressources naturelles de la Colombie-Britannique), de même que Excedera St. Louis et Leah Westereng (ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique) ont fourni de judicieux conseils et commentaires en matière de rédaction. Clayton Crawford (SCF d’ECCC - RP) a fourni de l’aide supplémentaire pour la préparation des cartes et des figures.

Ajouts et modifications apportés au document adopté

Les sections suivantes ont été incluses pour satisfaire à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral qui ne sont pas abordées dans le Plan de rétablissement de la tortue peinte, population de la côte du Pacifique (Chrysemys picta pop. 1), en Colombie-Britannique (partie 2 du présent document, ci-après appelé « plan de rétablissement provincial ») et/ou pour présenter des renseignements à jour ou additionnels.

En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l’habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du plan de rétablissement provincial concernant la protection de l’habitat de survie/rétablissement peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales. Les mesures de rétablissement visant la protection de l’habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication de la version finale du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l’habitat essentiel en vertu de la LEP.

1. Information sur la situation de l’espèce

L’aire de répartition canadienne de la tortue peinte de l’Ouest (Chrysemys picta bellii) comprend trois populations isolées, décrites à la section 3.2.1 du plan de rétablissement provincial. La population de la côte du Pacifique est confinée au sud-ouest de la côte du Pacifique (vallée du bas Fraser, Sunshine Coast et îles de Texada, Vancouver et Saltspring), en Colombie-Britannique. La population intramontagnarde - des Rocheuses est confinée à l’intérieur méridional de la Colombie-Britannique, tandis que la population des Prairies/Boréale de l’Ouest - Bouclier canadien est présente en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario (COSEWIC, 2006). Dans le présent document, toutes les références à la « tortue peinte de l’Ouest » se rapportent à la tortue peinte de l’Ouest, population de la côte du Pacifique, lorsque la population n’est pas précisée.

1.1 Population et répartition de l’espèce

La présente section remplace le sommaire sur les populations connuesNote de bas de page 2  de tortues peintes de l’Ouest au Canada (tableau 4 de l’annexe 1 du plan de rétablissement provincial).

Le sommaire ci-dessous (tableau 1) décrit la répartition à jour des populations au Canada, toutes présentes dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. Depuis la publication du plan de rétablissement provincial, d’autres occurrences ont été signalées (Engelstoft, 2016; Welstead, comm. pers., 2016) comprenant cinq nouvelles unités démographiques : ruisseau Nathan (no 42) dans la région de la vallée du Fraser, Alberni Summit - lac Summit (no 41), vallée Comox - lac Maple (no 40), Chemainus - lac Chemainus (no 38) et Cobble Hill - rivière Koksilah (no 39) sur l’île de Vancouver. Le lac Morrell a été signalé en tant que nouveau site à Nanaimo (no 33) (Engelstoft, 2016). Le lac Summit correspond à un nouveau record d’altitude pour cette population (382 m; Engelstoft, 2016).

À l’heure actuelle, 41 unités démographiques de tortues peintes de l’Ouest sont rapportées. Environnement et Changement climatique Canada considère que 40 de ces unités démographiques sont existantes. Bien que l’unité démographique no 6 (lac Cultus) soit décrite comme étant existante dans le plan de rétablissement provincial, la date précise et les détails de l’emplacement sont inconnus, et l’unité démographique est caractérisée comme étant « historique » par le centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique (2016). La présence de la tortue peinte de l’Ouest n’a pas été confirmée à cet endroit, et on ignore si l’habitat dans ce site se prête aux activités de remise en état et/ou de réintroduction. L’unité démographique no 23 (île Pender - lac Greenburn) n’est pas incluse dans le sommaire des unités démographiques (tableau 1), car les tortues observées à ce jour à cet endroit ont toutes été identifiées comme appartenant à la sous-espèce tortue peinte de l’Est (Chrysemys picta picta; Engelstoft, comm. pers., 2016; Ovaska, comm. pers., 2016).

Tableau 1. Sommaire des unités démographiques de tortues peintes de l’Ouest au Canada en 2017. Les numéros des unités démographiques (No de l’unité dém.), leur nom ainsi que les sites qui y sont associés correspondent aux données du plan de rétablissement provincial, lorsque cela est approprié; les nouvelles sous-populations et les nouveaux sites sont indiqués par un astérisque (*). L’année de la dernière observation (Dern. obs.) et la situation de l’espèce sont indiquées pour chaque site.
Région No de l’unité dém. Unité démographique Site Dern. obs. Situationa
Vallée du bas Fraser 1 Refuge faunique d’Alaksen Refuge faunique d’Alaksen 2013 Existante
Vallée du bas Fraser 2 Lac Aldergrove Lac Aldergrove 2015 Existante
Vallée du bas Fraser 3 Lacs Burnaby/Deer Lac Burnaby 2016 Existante
Vallée du bas Fraser 3 Lacs Burnaby/Deer Lac Deer 2016 Existante
Vallée du bas Fraser 4 Vallée Campbell/lac Livingstone Parc régional de Campbell Valley - étang McLean 2015 Existante
Vallée du bas Fraser 4 Vallée Campbell/lac Livingstone Lac Livingston/chemin Murchie 2016 Existante
Vallée du bas Fraser 5 Coquitlam Lac Lost, parc Mundy 2016 Existante
Vallée du bas Fraser 5 Coquitlam Lac Como 2010 Existante
Vallée du bas Fraser 5 Coquitlam Colony Farm 2016 Existante
Vallée du bas Fraser 5 Coquitlam Lac Lafarge 2013 Existante
Vallée du bas Fraser 5 Coquitlam Ruisseau Como 2010 Existante
Vallée du bas Fraser 6 Lac Cultus Lac Cultus Inconnue Inconnue
Vallée du bas Fraser 7 Réserve naturelle Great Blue Heron Réserve naturelle Great Blue Heron 2015 Existante
Vallée du bas Fraser 8 Ionab Plage Iona 2012 Existante
Vallée du bas Fraser 9 Jerry Sulina Jerry Sulina 2007 Existante
Vallée du bas Fraser 10 Ruisseau Kanaka Secteur de la route de contournement Haney et du ruisseau Kanaka 2015 Existante
Vallée du bas Fraser 11 Marais Lakemount Marais Lakemount 2007 Existante
Vallée du bas Fraser 12 Lagune Lost/parc Stanley Lagune Lost 2015 Existante
Vallée du bas Fraser 13 Ruisseau Marshall Ruisseau Marshall 2011 Existante
Vallée du bas Fraser 14 Lac Mill Lac Mill 2015 Existante
Vallée du bas Fraser 15 Minnekhada/Pitt-Addington Marécage Deboville/ruisseau McLean 2015 Existante
Vallée du bas Fraser 15 Minnekhada/Pitt-Addington Parc régional Minnekhada 2011 Existante
Vallée du bas Fraser 15 Minnekhada/Pitt-Addington Marais Pitt-Addington 2015 Existante
Vallée du bas Fraser 16 Marécage Nicomen Marécage Nicomen 2016 Existante
Vallée du bas Fraser 17 Parc Queen Elizabeth Parc Queen Elizabeth 2013 Existante
Vallée du bas Fraser 18 Étang Sardis Étang Sardis 2012 Existante
Vallée du bas Fraser 19 Lac Silvermere Lac Silvermere 2011 Existante
Vallée du bas Fraser 20 Ranch Vicarro Domaine du Ranch Vicarro, bassin versant du ruisseau McKee 2015 Existante
Vallée du bas Fraser 21 Milieux humides de Westcreek Milieux humides de Westcreek 2015 Existante
Vallée du bas Fraser 42* Ruisseau Nathan Ruisseau Nathan 2016 Existante
District régional de la capitale, île de Vancouver 22 Langford/Saanich Lac Florence 2015 Existante
District régional de la capitale, île de Vancouver 22 Langford/Saanich Lac Langford 2014 Existante
District régional de la capitale, île de Vancouver 22 Langford/Saanich Lac Glen 2011 Existante
District régional de la capitale, île de Vancouver 22 Langford/Saanich Lac Swan 2012 Existante
District régional de la capitale, île de Vancouver 22 Langford/Saanich Lac Maltby 2006 Existante
District régional de la capitale, île de Vancouver 22 Langford/Saanich Beaver/lac Elk/étangs Beaver 2016 Existante
District régional de la capitale, île de Vancouver 22 Langford/Saanich Lac Eagles 2013 Existante
District régional de la capitale, île de Vancouver 22 Langford/Saanich Parc Adam Kerr 2010 Existante
District régional de la capitale, île de Vancouver 22 Langford/Saanich Lac McKenzie 2008 Existante
District régional de la capitale, île de Vancouver 22 Langford/Saanich Étangs du chemin Metchosin 2009 Existante
District régional de la capitale, île de Vancouver 22 Langford/Saanich Terrain de golf Olympic View 2015 Existante
District régional de la capitale, île de Vancouver 24 Pointe Rocky Chemin de la pointe Rocky 2012 Existante
District régional de la capitale, île de Vancouver 24 Pointe Rocky Lac Matheson 2011 Existante
District régional de la capitale, île de Vancouver 25 Sooke Lac Kemp 2010 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 26 Île Saltspring Sud Vallée Fulford 2011 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 26 Île Saltspring Sud Lac Cusheon 2010 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 26 Île Saltspring Sud Lac Stowel 2011 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 26 Île Saltspring Sud Pointe Isabella 2008 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 26 Île Saltspring Sud Chemin Mountain 2011 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 27 Île Saltspring Nord Lac Bullock 2010 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 27 Île Saltspring Nord Lac St. Mary’s 2010 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 33 Nanaimo Marais Buttertubs 2016 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 33 Nanaimo Lac Diver 2015 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 33 Nanaimo *Lac Morrell 2015 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 35 Alberni Sud Lac Somersd 2015 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 35 Alberni Sud Lac Devil’s Den 2015 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 35 Alberni Sud Marécage McKenzie, rivière Stamp 2011 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 35 Alberni Sud Milieux humides de l’aéroport 2015 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 35 Alberni Sud Lac Little Turtle 2015 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 35 Alberni Sud Lac Patterson 2009 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 36 Alberni Nord Lac McLaughlin 2014 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 36 Alberni Nord Lac Turnbull 2014 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 38* Chemainus Lac Chemainus 2015 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 39* Cobble Hill Rivière Koksilah 2015 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 40* Vallée Comox Lac Maple 2015 Existante
Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulfc 41* Alberni Summit Lac Summit 2015 Existante
Sunshine Coast et île Texada 28 Baie Garden/lac Ruby Milieu humide Daniel Point 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 28 Baie Garden/lac Ruby Lac Hotel 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 28 Baie Garden/lac Ruby Lac de la baie Garden 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 28 Baie Garden/lac Ruby Lac et milieu humide Mixal 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 28 Baie Garden/lac Ruby Lac Katherine 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 28 Baie Garden/lac Ruby Lac Sakinaw 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 28 Baie Garden/lac Ruby Milieu humide de l’Iris Griffith Centre 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 28 Baie Garden/lac Ruby Lac Ruby 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 28 Baie Garden/lac Ruby Lac Little Goose 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 28 Baie Garden/lac Ruby Lac Brown 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 28 Baie Garden/lac Ruby Lagune du lac Ruby 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 28 Baie Garden/lac Ruby Lac Klein 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 28 Baie Garden/lac Ruby Lac North 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 29 Lac Cranberry Lac Cranberry 2012 Existante
Sunshine Coast et île Texada 30 Étang Dogleg Étang Dogleg 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 31 Parc Madeira Étang de la pointe Francis 1 2009 Existante
Sunshine Coast et île Texada 31 Parc Madeira Étang de la pointe Francis 2 2010 Existante
Sunshine Coast et île Texada 31 Parc Madeira Lac Lily (Paq) 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 32 Lac Trout/baie Halfmoon Lac Trout 2011 Existante
Sunshine Coast et île Texada 34 Île Nelson Lac West 2016 Existante
Sunshine Coast et île Texada 34 Île Nelson Étang de la baie Cockburn 2016 Existante
Sunshine Coast et île Texada 37 Île Texada Lac Emily (Turtle) 2016 Existante
Sunshine Coast et île Texada 37 Île Texada Lac Priest 2016 Existante
Sunshine Coast et île Texada 37 Île Texada Lac Case 2016 Existante
Sunshine Coast et île Texada 37 Île Texada Lac Cap Sheaf 2011 Existante

a Les populations de tortues peintes de l’Ouest sont considérées comme « Existantes » lorsqu’une mention a été vérifiée au cours des 40 dernières années.

b Récemment (en juillet 2016), une tortue peinte de l’Ouest a été observée dans la branche Lynas Morey, à Richmond, en Colombie Britannique, et cet individu pourrait appartenir à la population d’Iona (K. Welstead, comm. pers., 2017). Il s’agit toutefois d’une mention vague, et la zone est largement développée comme banlieue.

c L’unité démographique no 23 (île Pender - lac Greenburn) n’est pas incluse dans ce sommaire, car aucune observation de tortue peinte de l’Ouest n’a été confirmée à cet endroit. Les tortues observées à ce jour ont toutes été identifiées comme appartenant à la sous-espèce tortue peinte de l’Est (Chrysemys picta picta).

d L’occurrence du lac Somers a récemment été vérifiée (Engelstoft, 2016) et n’est plus considérée comme une occurrence « historique » (voir l’annexe 1 du plan de rétablissement provincial).

L’abondance globale de la tortue peinte de l’Ouest, population de la côte du Pacifique, au Canada est inconnue, mais on croit qu’elle est d’environ 3 000 adultes (COSEWIC, sous presse). On estime que l’aire de répartition canadienne de la population de la côte du Pacifique représente moins de 1 % de l’aire de répartition nord-américaine de l’espèceNote de bas de page 3  (COSEWIC, 2006; NatureServe, 2016).

2. Objectifs en matière de population et de répartition

Le plan de rétablissement provincial comprend un énoncé sur les objectifs en matière de population et de répartition, de même qu’une justification à l’appui (section 5.1, But en matière de population et de répartition, et section 5.2, Justification du but en matière de population et de répartition). Environnement et Changement climatique Canada adopte l’intention du but provincial en matière de population et de répartition et la justification qui l’accompagne avec les modifications suivantes :

Objectifs en matière de population et de répartition

Maintenir ou accroître (lorsque cela est biologiquement et techniquement réalisable) le nombre d’individus composant les unités démographiques existantes et la répartition des unités démographiques existantes à l’intérieur de l’aire de répartition de l’espèce dans la région côtière de la Colombie-Britannique.

Justification

La tortue peinte de l’Ouest, population de la côte du Pacifique, possède une petite aire de répartition sur la côte sud de la Colombie-Britannique, où elle est isolée des autres populations présentes dans la région intérieure de la Colombie-Britannique (population intramontagnarde - des Rocheuses) et plus loin vers l’est (population des Prairies/Boréale de l’Ouest - Bouclier canadien). Les zones d’occurrence de l’espèce dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique sont soumises à une augmentation rapide de la construction de routes et de l’aménagement du territoire, qui entraînent une perte et une dégradation continues de l’habitat. Les objectifs à long terme en matière de population et de répartition ainsi que d’habitat de survie et de rétablissement ne sont pas inclus, d’une part à cause d’un manque de données de référence sur la répartition et l’abondance historiques, et d’autre part à cause de lacunes dans les données sur la taille et les tendances actuelles des populations. Le fait de combler ces lacunes aidera à établir les cibles nécessaires en matière de répartition et d’abondance pour s’assurer que les unités démographiques sont autosuffisantes. En l’absence de cette information, on suppose que toutes les unités démographiques connues sont nécessaires à la persistance de la tortue peinte de l’Ouest, population de la côte du Pacifique, en Colombie-Britannique.

La population de tortues peintes de l’Ouest de la côte du Pacifique continuera probablement d’être en péril au Canada. Il pourrait être possible d’améliorer l’état de l’espèce à l’avenir, pourvu que les menaces pesant sur l’habitat et la population puissent être réduites de manière suffisante pour que la qualité de l’habitat et la quantité d’habitat demeurent stables ou augmentent, et pour que les taux de survie et de recrutement demeurent stables ou augmentent à l’intérieur de l’aire de répartition. Les objectifs immédiats en matière de rétablissement sont donc de maintenir ou d’accroître (lorsque cela est biologiquement et techniquement réalisable) le nombre d’individus composant les unités démographiques existantes, de même que la répartition des unités démographiques existantes à l’intérieur de l’aire de répartition de l’espèce. Ces objectifs seront atteints grâce à l’atténuation des menaces, à la remise en état de l’habitat et à la mise en œuvre de techniques de gestion des populations, telles que

  1. l’augmentation de l’effectif dans les populations petites ou en déclin;
  2. la réintroduction de l’espèce dans des sites historiques;
  3. la relocalisation d’individus se trouvant dans des milieux qui ne sont plus convenables vers des sites occupés présentant un habitat de meilleure qualité; et
  4. la création de nouveaux sites par des travaux de remise en état et l’introduction de tortues génétiquement indigènes.

Dans certains cas, il se pourrait qu’il ne soit pas possible de remettre en état l’habitat dans des zones précises au sein des unités démographiques. Dans ces circonstances, le rétablissement sera réalisé dans des milieux plus convenables à l’intérieur de l’aire de répartition de l’espèce, aux endroits jugés les plus appropriés pour la l’introduction ou la relocalisation d’individus de l’espèce.

3. Habitat essentiel

Cette section remplace la section 7, Habitat de survie et de rétablissement de l’espèce, du plan de rétablissement provincial.

L’alinéa 41(1)c) de la LEP exige que les programmes de rétablissement comprennent la désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, de même que des exemples d’activités susceptibles d’entraîner sa destruction. Le plan de rétablissement provincial de la tortue peinte de l’Ouest comprend une description des caractéristiques biophysiques de l’habitat de survie et de rétablissement (voir le tableau 1 à la partie 2). L’avis scientifique a été utilisé pour étayer les sections suivantes relatives à l’habitat essentiel dans le présent programme de rétablissement fédéral.

L’habitat essentiel de la tortue peinte de l’Ouest est désigné dans le présent document, dans la mesure du possible. À mesure que les autorités compétentes et/ou les autres parties intéressées réaliseront des recherches dans le but de combler les lacunes dans les connaissances, les méthodes employées et la désignation de l’habitat essentiel pourraient changer et/ou être précisées de manière à refléter les nouvelles connaissances.

L’habitat essentiel est partiellement désigné dans le présent programme de rétablissement. Il n’a pas été désigné dans le cas d’une unité démographique (no 6 - lac Cultus) en raison de détails inadéquats concernant son emplacement, de la situation inconnue de la population (existante ou non), et parce que l’on ne sait pas si l’habitat dans ce site se prête aux activités de remise en état et/ou de réintroduction. L’habitat essentiel n’a pas été désigné dans le cas des zones terrestres au-delà de 150 m de l’habitat aquatique en raison de l’incertitude quant aux portions additionnelles de cet habitat nécessaires à la survie et au rétablissement de l’espèce. Le calendrier des études (section 3.2) énumère les activités requises pour achever la désignation de l’habitat essentiel additionnel nécessaire pour appuyer les objectifs en matière de population et de répartition établis pour cette espèce.

3.1 Désignation de l’habitat essentiel de l’espèce

Emplacement géographique des zones renfermant l’habitat essentiel

L’habitat essentiel de la tortue peinte de l’Ouest est désigné pour 40 unités démographiques existantes situées dans quatre zones géographiques du sud-ouest de la Colombie-Britannique :

  • Vallée du bas Fraser (figure 1 à figure 5)
  • District régional de la capitale, île de Vancouver (figure 6)
  • Vallée Alberni, Nanaimo et îles Gulf (figure 7 à figure 11)
  • Sunshine Coast et île Texada (figure 12 et figure 13)

À l’intérieur des zones géographiques où elle est présente, la tortue peinte de l’Ouest a besoin à la fois de l’habitat aquatique (pour se reproduire, s’alimenter, s’exposer au soleil, hiverner et se déplacer) et de l’habitat terrestre environnant (pour nicher, s’exposer au soleil et se déplacer) pour accomplir toutes ses fonctions vitales. Ensemble, l’habitat aquatique et l’habitat terrestre composent l’habitat essentiel requis pour la persistance des populations reproductrices locales. L’habitat essentiel est désigné de telle sorte qu’il permet l’accomplissement des fonctions du cycle vital, de même que les déplacements saisonniers entre le milieu aquatique et le milieu terrestre.

La plupart des tortues peintes de l’Ouest de la Colombie-Britannique vivent habituellement à l’intérieur d’une distance de 150 m par rapport à un plan d’eau (B.C. Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations, 2014). La distance maximale de nidification par rapport à un plan d’eau observée durant les trois années d’étude au marécage Nicomen était de 179 m (Welstead, comm. pers., 2017). De plus, Steen et al. (2012) ont noté qu’une distance terrestre de 154 m calculée à partir d’un élément aquatique permettait de rendre compte de 95 % des observations de nidification (n = 4 100; d’après les sites de nidification et les femelles gravides) de la tortue peinte (Chrysemys picta) (données sur la sous-espèce de la tortue peinte de l’Ouest incluses). La zone terrestre se trouvant à l’intérieur d’une zone 150 m par rapport à un milieu aquatique convenable offre en outre des corridors de déplacement essentiels par lesquels les nouveau-nés de tortues peintes de l’Ouest accèdent aux milieux humides lorsqu’ils quittent leur nid.

Bien que la majeure partie de la nidification et des déplacements terrestres aient lieu à l’intérieur d’une zone de 150 m par rapport à l’habitat aquatique, certaines caractéristiques clés dans les zones environnantes, selon le contexte, peuvent influer sur l’intégrité écologique de l’habitat aquatique. Les caractéristiques de l’habitat terrestre allant jusqu’à au moins 339 m à partir de la rive peuvent être essentielles à la survie et au maintien de la population de la plupart des espèces de tortues d’eau douce, dont la tortue peinte (Semlitsch et Bodie, 2003). Toutefois, les unités démographiques connues de tortues peintes de l’Ouest sont présentes dans une mosaïque de milieux naturels et modifiés par l’homme, et des incertitudes demeurent concernant les portions additionnelles d’habitat allant au-delà de la zone de 150 m qui sont nécessaires à la survie et au rétablissement de l’espèce (voir également la section 3.2).

On sait aussi que la tortue peinte de l’Ouest se déplace parfois sur de plus longues distances. La distance de dispersion maximale rapportée pour une tortue peinte de l’Ouest vers des plans d’eau voisins est de 3 km (Bowne et al., 2006; House et al., 2010; voir également la section 7.2.1 du plan de rétablissement provincial).

Les zones renfermant l’habitat essentiel de la tortue peinte de l’Ouest sont délimitées par l’application séquentielle des méthodes suivantes :

  • Compilation des mentions d’occurrence vérifiéesNote de bas de page 4  où au moins un individu a été observé dans une annéeNote de bas de page 5  au cours des 40 dernières années.Note de bas de page 6 
  • Établissement de tous les éléments d’habitat aquatique convenable (p. ex. lacs, étangs, marais, chenaux, fossés en bordure de route ou fossés de drainage, cours d’eau de faible débit et marécages) à l’intérieur d’un rayon de 3 km par rapport à chaque mention (c.-à-d. d’après la distance maximale de dispersion observée).Note de bas de page 7 
  • Délimitation préliminaire des zones géospatiales renfermant de l’habitat essentiel en appliquant une distance terrestre de 150 m autour de tous les sites de nidification connus désignés à l’étape 1) et de tous les éléments d’habitat aquatique convenable désignés à l’étape 2).
  • Exclusion géospatiale de toute zone délimitée aux étapes 2) et 3) étant isolée par des obstacles clairement infranchissables (grands cours d’eau de fort débit et plans d’eau salée).
Éléments et caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel

À l’intérieur de la zone géospatiale décrite ci-dessus, l’habitat essentiel est désigné là où l’un ou l’autre de ces éléments et caractéristiques biophysiques se trouvent :

  • Plans d’eau douce à faible débit ou stagnants, c.-à-d. : lacs, étangs, marais, chenaux, fossés de bord de route et fossés de drainage, cours d’eau de faible débit et marécages comprenant n’importe laquelle des caractéristiques suivantes :
    • végétation émergente, végétation flottante ou tapis de végétation;
    • substrats de fond : matière organique, p. ex. végétation et détritus en décomposition; limon ou sable partiellement organique; boue;
    • billes submergées ou émergentes, ou gros débris ligneux; roches;
    • eaux riveraines chaudes peu profondes.
  • Milieux terrestres ouverts, c.-à-d. : zones avec sol exposé et peu ou pas de végétation, p. ex. plages, rivages, zones riveraines ou bancs sablonneux/loameux, îles naturelles, falaises rocheuses et ouvertures en milieu forestier comprenant n’importe laquelle des caractéristiques suivantes :
    • sol plat ou en pente légère (sans accumulation d’eau) ;
    • substrats : sable, gravier ou limon; faible teneur en matière organique.
  • Autres types d’éléments naturels de l’habitat terrestre, p. ex. forêts, arbustaies, prairies, champs.

Les zones désignées comme renfermant de l’habitat essentiel de la tortue peinte de l’Ouest, population de la côte du Pacifique, sont présentées dans les figures 1 à 13. L’habitat essentiel de la tortue peinte de l’Ouest se trouve dans les polygones ombragés en jaune dans chaque carte, là où les caractéristiques et éléments biophysiques décrits dans la présente section sont présents. Les éléments et caractéristiques biophysiques requis pour l’accomplissement des fonctions du cycle vital de la tortue peinte de l’Ouest (c.-à-d. la nidification, la reproduction, l’alimentation, l’exposition au soleil, l’hivernage et les déplacements) se chevauchent sur les plans biophysique, géospatial et saisonnier, et d’un stade à l’autre du cycle vital (c.-à-d. œufs, individus nouvellement éclos, nouveau-nés, juvéniles, adultes). Par conséquent, à l’intérieur de ces polygones, les zones manifestement non convenables qui ne peuvent subvenir aux besoins de l’espèce (c.-à-d. qui ne contiennent aucun des éléments et caractéristiques biophysiques requis par l’espèce à quelque moment que ce soit) ne sont pas désignées comme de l’habitat essentiel.

L’habitat manifestement non convenable comprend par exemple :

  1. les infrastructures permanentes existantes (édifices, grandes surfaces artificielles, surface de roulement des grandes routes asphaltées à forte densité de trafic);
  2. les plans d’eau salée;
  3. les portions de l’habitat terrestre qui sont complètement isolées par des obstacles infranchissables, p. ex. des caractéristiques topographiques non franchissables, de grands cours d’eau de fort débit, des barrières de béton continues le long de routes (sans ponceaux ni passages inférieurs).
L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 1, 3, 8, 12 et 17, dans la région de la vallée du bas Fraser (ouest), en Colombie-Britannique
Figure 1. L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 1, 3, 8, 12 et 17, dans la région de la vallée du bas Fraser (ouest), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unités), sauf là où l’habitat est manifestement non convenable (décrit à la section 2.1). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue

    La figure 1 est une carte de l’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 1, 3, 8, 12 et 17, dans la région de la vallée du bas Fraser (ouest), en Colombie Britannique. La carte montre cinq zones distinctes d’habitat essentiel : lagune Lost/parc Stanley, au nord, lac Burnaby/lac Deer, à l’est, parc Queen Elizabeth et Iona, à l’ouest, et refuge faunique d’Alaksen, au sud. La zone des lacs Burnaby et Deer est celle qui renferme la plus grande superficie d’habitat essentiel, celui ci étant compris dans 53 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km. L’habitat essentiel qui se trouve dans le refuge faunique d’Alaksen est compris dans 15 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km; l’habitat essentiel à Iona est compris dans 13 carrés, l’habitat essentiel de la lagune Lost et du parc Stanley est compris dans 5 carrés et l’habitat essentiel du parc Queen Elizabeth est compris dans 3 carrés.

L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 2, 4, 10, 11, 13, 14, 19, 20, 21 et 38, dans la région de la vallée du bas Fraser (centre-ouest), en Colombie-Britannique
Figure 2. L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 2, 4, 10, 11, 13, 14, 19, 20, 21 et 38, dans la région de la vallée du bas Fraser (centre-ouest), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unités), sauf là où l’habitat est manifestement non convenable (décrit à la section 2.1). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue

    La figure 2 est une carte de l’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 2, 4, 10, 11, 13, 14, 19, 20, 21 et 38, dans la région de la vallée du bas Fraser (centre-ouest), en Colombie Britannique. La carte montre huit zones distinctes d’habitat essentiel : ruisseau Kanaka et lac Silvermere, au nord, milieux humides de Westcreek et ruisseau Nathan, à l’ouest, vallée Campbell/lac Livingstone et lac Aldergrove, au sud ouest, ranch Vicarro, lac Mill et ruisseau Marshall, formant une seule zone d’habitat essentiel, au sud est, et marais Lakemount, à l’est. La zone combinée du ranch Vicarro, du lac Mill et du ruisseau Marshall est celle qui renferme la plus grande superficie d’habitat essentiel, celui ci étant compris dans 56 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km. L’habitat essentiel qui se trouve au lac Silvermere est compris dans 48 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km; l’habitat essentiel qui se trouve dans les milieux humides de Westcreek est compris dans 42 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km; l’habitat essentiel du ruisseau Nathan est compris dans 34 carrés, l’habitat essentiel du lac Aldergrove est compris dans 23 carrés, l’habitat essentiel de la vallée Campbell/du lac Livingstone est compris dans 17 carrés, l’habitat essentiel du ruisseau Kanaka est compris dans 12 carrés et l’habitat essentiel du marais Lakemount est compris dans 5 carrés.

L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 3, 5, 9, 10, 15 et 21, dans la région de la vallée du bas Fraser (centre-est), en Colombie-Britannique
Figure 3. L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 3, 5, 9, 10, 15 et 21, dans la région de la vallée du bas Fraser (centre-est), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unités), sauf là où l’habitat est manifestement non convenable (décrit à la section 2.1). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue

    La figure 3 est une carte de l’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 3, 5, 9, 10, 15 et 21, dans la région de la vallée du bas Fraser (centre-est), en Colombie Britannique. La carte montre quatre zones distinctes d’habitat essentiel : Minnekhada/Pitt-Addington, au nord est, lacs Burnaby/Deer et Coquitlam, formant une seule zone d’habitat essentiel, à l’ouest et au centre, Jerry Sulina et ruisseau Kanaka, formant une seule zone d’habitat essentiel, à l’est, et milieux humides de Westcreek, au sud est. La zone combinée des lacs Burnaby/Deer et de Coquitlam est celle qui renferme la plus grande superficie d’habitat essentiel, celui ci étant compris dans 145 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km. L’habitat essentiel qui se trouve dans la zone combinée de Jerry Sulina et du ruisseau Kanaka est compris dans 59 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km; l’habitat essentiel de Minnekhada/Pitt-Addington est compris dans 36 carrés, et l’habitat essentiel des milieux humides de Westcreek est compris dans 19 carrés.

L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 4 et 21, dans la région de la vallée du bas Fraser (sud), en Colombie-Britannique
Figure 4. L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 4 et 21, dans la région de la vallée du bas Fraser (sud), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unités), sauf là où l’habitat est manifestement non convenable (décrit à la section 5.1). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue

    La figure 4 est une carte de l’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 4 et 21, dans la région de la vallée du bas Fraser (sud), en Colombie Britannique. La carte montre deux zones distinctes d’habitat essentiel : vallée Campbell/lac Livingstone, au sud, et milieux humides de Westcreek, au nord est. La zone de la vallée Campbell/du lac Livingstone est celle qui renferme la plus grande superficie d’habitat essentiel, celui ci étant compris dans 71 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km. L’habitat essentiel des milieux humides de Westcreek est compris dans 9 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km.

L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 7, 11, 16 et 18, dans la région de la vallée du bas Fraser (est), en Colombie-Britannique
Figure 5. L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 7, 11, 16 et 18, dans la région de la vallée du bas Fraser (est), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unités), sauf là où l’habitat est manifestement non convenable (décrit à la section 2.1). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue

    La figure 5 est une carte de l’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 7, 11, 16 et 18, dans la région de la vallée du bas Fraser (est), en Colombie Britannique. La carte montre deux zones distinctes d’habitat essentiel : marécage Nicomen, au nord, et marais Lakemount, réserve naturelle Great Blue Heron et étang Sardis, formant une seule zone d’habitat essentiel, au sud. La zone combinée du marais Lakemount, de la réserve naturelle Great Blue Heron et de l’étang Sardis est celle qui renferme la plus grande superficie d’habitat essentiel, celui ci étant compris dans 107 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km. L’habitat essentiel du marécage Nicomen est compris dans 40 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km.

L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 22, 24 et 25, dans le district régional de la capitale, dans la région de l’île de Vancouver
Figure 6. L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 22, 24 et 25, dans le district régional de la capitale, dans la région de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unités), sauf là où l’habitat est manifestement non convenable (décrit à la section 2.1). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue

    La figure 6 est une carte de l’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 22, 24 et 25, dans le district régional de la capitale, dans la région de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique. La carte montre deux zones distinctes d’habitat essentiel : Sooke, à l’ouest, et Langford/Saanich et pointe Rocky, formant une seule zone d’habitat essentiel, à l’est. La zone combinée de Langford/Saanich et de la pointe Rocky est celle qui renferme la plus grande superficie d’habitat essentiel, celui ci étant compris dans 276 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km. L’habitat essentiel de la zone de Sooke est compris dans 40 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km.

L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 26, 27 et 41, dans la région de la vallée Alberni, de Nanaimo et des îles Gulf (sud-est), en Colombie-Britannique
Figure 7. L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 26, 27 et 41, dans la région de la vallée Alberni, de Nanaimo et des îles Gulf (sud-est), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unités), sauf là où l’habitat est manifestement non convenable (décrit à la section 2.1). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue

    La figure 7 est une carte de l’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 26, 27 et 41, dans la région de la vallée Alberni, de Nanaimo et des îles Gulf (sud-est), en Colombie-Britannique. La carte montre trois zones distinctes d’habitat essentiel : Chemainus, au nord ouest, île Saltspring Nord, au nord est, et île Saltspring Sud, au sud est. La zone de l’île Saltspring Sud est celle qui renferme la plus grande superficie d’habitat essentiel, celui ci étant compris dans 72 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km. L’habitat essentiel qui se trouve dans l’île Saltspring Nord est compris dans 44 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km, tandis que l’habitat essentiel qui se trouve à Chemainus est compris dans 36 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km.

L’habitat essentiel de la population de tortues peintes de l’Ouest no 33, dans la région de la vallée Alberni, de Nanaimo et des îles Gulf (est), en Colombie-Britannique
Figure 8. L’habitat essentiel de la population de tortues peintes de l’Ouest no 33, dans la région de la vallée Alberni, de Nanaimo et des îles Gulf (est), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unités), sauf là où l’habitat est manifestement non convenable (décrit à la section 2.1). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue

    La figure 8 est une carte de l’habitat essentiel de la population de tortues peintes de l’Ouest no 33, dans la région de la vallée Alberni, de Nanaimo et des îles Gulf (est), en Colombie-Britannique. L’habitat essentiel se trouve entièrement à Nanaimo sur cette carte et est compris dans 58 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km.

L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 35, 36 et 39, dans la région de la vallée Alberni, de Nanaimo et des îles Gulf (ouest), en Colombie-Britannique
Figure 9. L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 35, 36 et 39, dans la région de la vallée Alberni, de Nanaimo et des îles Gulf (ouest), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unités), sauf là où l’habitat est manifestement non convenable (décrit à la section 2.1). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue

    La figure 9 est une carte de l’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 35, 36 et 39, dans la région de la vallée Alberni, de Nanaimo et des îles Gulf (ouest), en Colombie-Britannique. La carte montre trois zones distinctes d’habitat essentiel : Alberni Nord, au nord ouest, Alberni Sud, au centre, et Alberni Summit, au sud est. La zone d’Alberni Sud est celle qui renferme la plus grande superficie d’habitat essentiel, celui ci étant compris dans 144 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km. L’habitat essentiel d’Alberni Nord est compris dans 60 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km, tandis que l’habitat essentiel d’Alberni Summit est compris dans 44 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km.

L’habitat essentiel de la population de tortues peintes de l’Ouest no 40, dans la région de la vallée Alberni, de Nanaimo et des îles Gulf (nord), en Colombie-Britannique
Figure 10. L’habitat essentiel de la population de tortues peintes de l’Ouest no 40, dans la région de la vallée Alberni, de Nanaimo et des îles Gulf (nord), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unités), sauf là où l’habitat est manifestement non convenable (décrit à la section 2.1). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue

    La figure 10 est une carte de l’habitat essentiel de la population de tortues peintes de l’Ouest no 40, dans la région de la vallée Alberni, de Nanaimo et des îles Gulf (nord), en Colombie-Britannique. L’habitat essentiel se trouve entièrement dans la vallée Comox sur cette carte et est compris dans 41 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km.

L’habitat essentiel de la population de tortues peintes de l’Ouest no 39, dans la région de la vallée Alberni, de Nanaimo et des îles Gulf (sud), en Colombie-Britannique
Figure 11. L’habitat essentiel de la population de tortues peintes de l’Ouest no 39, dans la région de la vallée Alberni, de Nanaimo et des îles Gulf (sud), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unités), sauf là où l’habitat est manifestement non convenable (décrit à la section 2.1). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue

    La figure 11 est une carte de l’habitat essentiel de la population de tortues peintes de l’Ouest no 39, dans la région de la vallée Alberni, de Nanaimo et des îles Gulf (sud), en Colombie-Britannique. L’habitat essentiel se trouve entièrement à Cobble Hill sur cette carte et est compris dans 37 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km.

L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 28, 31, 32 et 34, dans la région de la Sunshine Coast et de l’île Texada (sud), en Colombie-Britannique
Figure 12. L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 28, 31, 32 et 34, dans la région de la Sunshine Coast et de l’île Texada (sud), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unités), sauf là où l’habitat est manifestement non convenable (décrit à la section 2.1). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue

    La figure 12 est une carte de l’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 28, 31, 32 et 34, dans la région de la Sunshine Coast et de l’île Texada (sud), en Colombie-Britannique. La carte montre deux zones distinctes d’habitat essentiel : lac Trout/baie Halfmoon, au sud est, et île Nelson, baie Garden/lac Ruby et parc Madeira, formant une seule zone d’habitat essentiel, au nord. La zone combinée de la baie Garden/du lac Ruby, du parc Madeira et de l’île Nelson est celle qui renferme la plus grande superficie d’habitat essentiel, celui ci étant compris dans 149 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km. L’habitat essentiel du lac Trout/de la baie Halfmoon est compris dans 34 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km.

L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 29, 30 et 37, dans la région de la Sunshine Coast et de l’île Texada (nord), en Colombie-Britannique
Figure 13. L’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 29, 30 et 37, dans la région de la Sunshine Coast et de l’île Texada (nord), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en jaune (unités), sauf là où l’habitat est manifestement non convenable (décrit à la section 2.1). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
  • Description longue

    La figure 13 est une carte de l’habitat essentiel des populations de tortues peintes de l’Ouest nos 29, 30 et 37, dans la région de la Sunshine Coast et de l’île Texada (nord), en Colombie-Britannique. La carte montre deux zones distinctes d’habitat essentiel : lac Cranberry et étang Dogleg, formant une seule zone d’habitat essentiel, au nord, et île Texada, au sud. La zone de l’île Texada est celle qui renferme la plus grande superficie d’habitat essentiel, celui ci étant compris dans 80 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km. L’habitat essentiel qui se trouve dans la zone combinée du lac Cranberry et de l’étang Dogleg est compris dans 71 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km.

3.2 Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel

Le calendrier des études suivant (tableau 2) indique les activités requises pour compléter la désignation de l’habitat essentiel de la tortue peinte de l’Ouest. La présente section porte sur les parties de l’habitat essentiel que l’on sait absentes de la désignation fondée sur les données actuellement accessibles. Les mesures requises pour l’amélioration future de la désignation de l’habitat essentiel (comme la détermination plus précise des limites et/ou de plus amples détails sur l’utilisation des caractéristiques biophysiques) ne sont pas incluses ici. Les mesures de rétablissement prioritaires visant à combler ces lacunes dans les connaissances sont présentées dans le tableau de planification du rétablissement, dans le plan de rétablissement provincial adopté.

Tableau 2. Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel de la tortue peinte de l’Ouest.
Description de l’activité Justification Échéancier
Effectuer des relevés démographiques et des évaluations de l’habitat au lac Cultus (no 6) pour déterminer si des individus sont présents à cet endroit et, si ce n’est pas le cas, s’il subsiste un habitat convenable ou qui peut être remis en état en vue de la réintroduction de populations. Cette activité est nécessaire pour confirmer l’emplacement et l’étendue des populations et déterminer l’étendue de l’habitat convenable et les endroits se prêtant au rétablissement d’occurrences historiques. 2018 à 2023
Désigner de l’habitat essentiel additionnel sur une distance supplémentaire de 190 m autour de la zone géospatiale identifiée comme renfermant l’habitat essentiel. Bien que la majeure partie de la nidification et des déplacements terrestres aient lieu à moins de 150 m de l’habitat aquatique, les caractéristiques de l’habitat terrestre jusqu’à environ 340 m de la rive peuvent être essentielles à la survie et au maintien de la population de la plupart des espèces de tortues d’eau douce, dont la tortue peinte de l’Ouest. Lorsque ce sera jugé approprié et nécessaire pour la survie et le rétablissement de l’espèce, il faudra désigner de l’habitat essentiel additionnel dans cette zone supplémentaire. 2018 à 2023

3.3 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de cet habitat. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’un élément de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsqu’exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps. Le plan de rétablissement provincial fournit une description des limites et des menacesNote de bas de page 8  qui touchent la tortue peinte de l’Ouest. Les activités décrites dans le tableau 3 sont celles qui sont susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de l’espèce; il peut toutefois exister d’autres activités destructrices.

Tableau 3. Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de la tortue peinte de l’Ouest.
Description de l’activité Justification Information supplémentaire; menaces connexes de l’UICN
Conversion de terres à des fins de développement résidentiel, commercial, agricole, récréatif ou industriel. Cette activité peut entraîner la perte directe d’habitat essentiel ou pourrait dégrader l’habitat (éléments terrestres et/ou aquatiques) au point où il ne pourrait plus subvenir aux besoins de l’espèce. Cette activité peut aussi fragmenter ou isoler l’habitat convenable, empêchant ainsi les déplacements.

Menaces (IUCN-CMP) 1.1, 1.2, 1.3, 2.1, 2.3, 3.2, 4.1, 5.3, 6.1, 7.2, 7.3

La perte d’habitat due au développement de zones résidentielles et commerciales constitue une menace croissante pour l’espèce, car la densité de la population humaine augmente dans la région. Le développement d’infrastructures de transport constitue aussi une menace croissante.

Les systèmes naturels sont communément modifiés au bénéfice de l’humain dans les paysages dominés par l’homme, et l’on sait que de nombreux types d’activités de conversion des terres nuisent aux populations de tortues d’eau douce.

Utilisation du paysage à des fins récréatives entraînant des effets néfastes notablese, p. ex. camping, creusage dans le sable, perturbations dues à la navigation de plaisance ou à l’utilisation de sentiers par des humains ou des animaux de compagnie, utilisation de véhicules tout-terrain. Cette activité peut entraîner la perte directe d’habitat essentiel ou pourrait dégrader l’habitat (éléments terrestres et/ou aquatiques) au point où il ne pourrait plus subvenir aux besoins de l’espèce. Cette activité peut aussi fragmenter ou isoler l’habitat convenable, empêchant ainsi les déplacements.

Menace (IUCN-CMP) 6.1

Ces activités sont davantage susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel lorsqu’elles se produisent durant la saison de nidification et dans les sites de nidification. Comme les tortues choisissent généralement des sites ouverts orientés vers le sud pour établir leurs nids, on observe des chevauchements avec les zones récréatives à de nombreux endroits.

Activités causant la modification des caractéristiques hydrologiques locales, p. ex. drainage et remblayage de milieux humides, dérivation de cours d’eau aux fins de l’irrigation et de l’excavation, dragage, gestion de l’eau, construction de barrages, enlèvement d’amas de billes, dégagement de ponceaux, canalisation artificielle, réduction des barres de sable, modification du rivage. Ces activités entraînent la perte ou la dégradation de l’habitat aquatique et/ou de l’habitat terrestre riverain dont la tortue peinte de l’Ouest a besoin pour accomplir toutes les fonctions de son cycle vital. Les changements hydrologiques peuvent également fragmenter ou isoler des parcelles d’habitat convenable, détruisant ainsi des zones nécessaires à la dispersion.

Menaces (IUCN-CMP) 1.1, 1.2, 1.3, 2.1, 2.3, 3.2, 4.1, 5.3, 6.1, 6.3, 7.2, 7.3

La modification des caractéristiques hydrologiques peut être causée par la conversion de terres à des fins de développement résidentiel, commercial, agricole, récréatif ou industriel, par la gestion de l’eau et l’exploitation de barrages ou par d’autres modifications des systèmes naturels.

Bien que les activités soient davantage susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel lorsqu’elles se produisent à l’intérieur des limites de cet habitat, la destruction peut également être causée par des activités se déroulant en dehors des limites de l’habitat.

Construction et/ou entretien ou modification de structures, construction, agrandissement ou mise à niveau de routes, ou installation d’autres types d’obstacles au déplacement des tortues sans application de mesures d’atténuation, comme des passages sûrs et des clôtures. Ces activités détruisent ou dégradent l’habitat essentiel en fragmentant ou en isolant l’habitat convenable, ce qui empêche les déplacements ou bloque l’accès aux aires de nidification.

Menace (IUCN-CMP) 4.1

La densité des routes est élevée dans la plus grande partie de l’aire de répartition de la tortue peinte de l’Ouest. En conséquence, les activités de construction et d’entretien des routes sont susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel.

Cette menace est particulièrement grave le long de la Sunshine Coast inférieure et sur l’île Salt Spring, où des routes sont parallèles à des milieux humides occupés.

Activités causant l’introduction d’espèces végétales non indigènes, p. ex. la plantation délibérée d’espèces non indigènes et le transport de remblais contenant des propagules d’espèces non indigènes. Des espèces végétales non indigènes, comme l’iris faux-acore (Iris pseudacorus), le myriophylle en épi (Myriophyllum spicatum), l’alpiste roseau (Phalaris arundinacea) et la ronce discolore (Rubus armeniacus), supplantent les plantes indigènes utilisées par la tortue peinte de l’Ouest pour s’alimenter et peuvent envahir les sites d’exposition au soleil ou de nidification des tortues, les rendant ainsi inutilisables.

Menace (IUCN-CMP) 8.1

Les espèces envahissantes et/ou exotiques représentent une menace pour la survie de la tortue peinte de l’Ouest dans l’ensemble de son aire de répartition.

Élimination mécanique d’espèces envahissantes ou de la végétation indigène empiétant sur l’habitat. L’élimination mécanique de la végétation peut détruire la structure de l’habitat et/ou les caractéristiques utilisées par les tortues pour se mettre à l’abri ou s’exposer au soleil. Note : Tout dépendant de l’emplacement ainsi que du moment ou de la fréquence des interventions, l’élimination ciblée de végétation peut, dans certaines circonstances (p. ex. la remise en état de l’habitat pour l’espèce), avoir un effet net neutre ou potentiellement bénéfique sur la tortue peinte de l’Ouest. Des interventions appropriées (c.-à-d. conformes aux pratiques de gestion exemplaires et tenant compte du cycle vital de l’espèce) sont essentielles pour éviter la destruction.

Menaces (IUCN-CMP) 6.3, 7.3, 8.1

L’élimination mécanique de lys à l’aide de couteaux à lys, de remorqueurs, de moissonneurs ou de lames est préoccupante dans les lacs Burnaby et Mill. L’élimination de la végétation envahissante (terrestre et aquatique) peut représenter une préoccupation là où cette végétation (p. ex. ronces) offre une protection contre les prédateurs ou crée un obstacle entre les tortues et les perturbations humaines.

Introduction de ouaouarons (Lithobates catesbieanus), de tortues à oreilles rouges (Trachemys scripta elegans), d’autres sous-espèces de tortues peintes ou d’autres espèces de tortues dans les plans d’eau de l’aire de répartition de l’espèce. La prédation et/ou la concurrence exercées par les ouaouarons, les tortues à oreilles rouges et d’autres espèces de tortues introduites peuvent faire en sorte que l’habitat aquatique devienne non convenable pour la tortue peinte de l’Ouest.

Menace (IUCN-CMP) 8.1

Les espèces envahissantes et/ou exotiques représentent une menace pour la survie de la tortue peinte de l’Ouest dans l’ensemble de son aire de répartition. L’hybridation avec d’autres sous-espèces peut modifier le bagage génétique de la tortue peinte de l’Ouest.

e Les effets néfastes notables sont ceux qui ont des répercussions négatives sur la survie et le rétablissement de l’espèce. La réussite de la survie et du rétablissement de l’espèce sera évaluée en fonction de l’objectif de population et de répartition énoncé à la section 2, de même que des mesures de rendement connexes énoncées à la section 4.

4. Mesure des progrès

Cette section remplace la section 8, Mesure des progrès, du plan de rétablissement provincial.

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition établis pour la tortue peinte de l’Ouest, population de la côte du Pacifique :

  • La répartition des unités démographiques existantes s’est maintenue ou a augmenté (en d’autres termes, la répartition des unités démographiques existantes n’a pas diminué); et
  • Le nombre d’individus composant les unités démographiques existantes s’est maintenu ou a augmenté (en d’autres termes, le nombre d’individus composant les unités démographiques existantes n’a pas diminué).

5. Énoncé sur les plans d’action

Un ou plusieurs plans d’action visant la tortue peinte de l’Ouest seront publiés dans le Registre public des espèces en péril d’ici 2023.

6. Effets sur l’environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement élaborés en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes . L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

Le plan de rétablissement provincial décrit les effets des mesures de rétablissement sur les espèces non ciblées (section 9 : Effets sur les espèces non ciblées), et Environnement et Changement climatique Canada adopte cette section. En outre, les aires de répartition d’autres espèces en péril désignées par le gouvernement fédéral peuvent chevaucher l’aire de répartition et l’habitat de la tortue peinte de l’Ouest, population de la côte du Pacifique. Ces espèces comprennent notamment la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii; espèce en voie de disparition), le Petit-duc des montagnes de la sous-espèce kennicottii (Megascops kennicottii kennicottii; préoccupante), le Grand Héron de la sous-espèce fannini (Ardea herodias fannini; préoccupante), la grenouille à pattes rouges (Rana aurora; préoccupante) et le crapaud de l’Ouest (Anaxyrus boreas; préoccupante). Les activités de planification du rétablissement de la tortue peinte de l’Ouest, population de la côte du Pacifique seront mises en œuvre de manière à tenir compte de toutes les espèces cooccurrentes, en particulier les espèces en péril, afin d’éviter ou de réduire au minimum les répercussions négatives sur ces espèces ou leur habitat.

7. Références

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Welstead, K., comm. pers. 2016. Communication par téléphone et par courriel avec Matt Huntley. B.C. Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations.

Partie 2 - Plan de rétablissement de la tortue peinte, population de la côte du Pacifique (Chrysemys picta pop. 1) en Colombie-Britannique, préparé par l’Équipe de rétablissement de la tortue peinte de l’Ouest pour le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique.

Information sur le document

À propos de la série de programmes de rétablissement de la Colombie-Britannique

La présente série réunit les documents de rétablissement visant à conseiller le gouvernement de la Colombie-Britannique quant à l’approche générale à adopter pour le rétablissement des espèces en péril. Le gouvernement provincial prépare les documents de rétablissement pour coordonner les mesures de conservation et pour respecter ses engagements relativement au rétablissement des espèces en péril dans le cadre de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

Qu’est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est le processus visant à arrêter ou à inverser le déclin des espèces en voie de disparition, menacées ou disparues de la province ainsi qu’à éliminer ou à réduire les menaces auxquelles elles sont exposées, de façon à augmenter leurs chances de survie à l’état sauvage.

Qu’est-ce qu’un document de rétablissement provincial?

Les documents de rétablissement résument les meilleures connaissances scientifiques et traditionnelles existant sur une espèce ou un écosystème en vue de la détermination des buts, des objectifs et des approches stratégiques qui assurent une orientation coordonnée du rétablissement. Ces documents décrivent les connaissances et les lacunes à propos d’une espèce ou d’un écosystème; ils cernent les menaces pesant sur une espèce ou un écosystème et expliquent les mesures à prendre pour les atténuer. Les documents de rétablissement fournissent également de l’information sur l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce. Cette information peut être résumée dans un programme de rétablissement d’abord, puis dans un ou plusieurs plans d’action, qui visent à donner des renseignements plus détaillés afin d’orienter la mise en œuvre du rétablissement d’une espèce ou d’un écosystème. Lorsque de l’information suffisante à la mise en œuvre du rétablissement peut être fournie dès le départ, toutes les données sont présentées dans un plan de rétablissement.

L’information fournie dans les documents de rétablissement provinciaux peut être adoptée par Environnement et Changement climatique Canada dans les documents de rétablissement fédéraux préparés par les organismes fédéraux afin de respecter leurs engagements en matière de rétablissement d’espèces en péril en vertu de la Loi sur les espèces en péril.

Prochaines étapes

La Province de la Colombie-Britannique accepte l’information présentée dans ces documents à titre d’avis pour la mise en œuvre de mesures de rétablissement, y compris les décisions relatives aux mesures de protection de l’habitat de l’espèce.

La réussite du rétablissement d’une espèce dépend de l’engagement et de la coopération de nombreux intervenants qui pourraient participer à la mise en œuvre du présent document. Tous les Britanno-Colombiens sont encouragés à participer à ces travaux.

Pour de plus amples renseignements

Pour en apprendre davantage sur le rétablissement des espèces en péril en Colombie-Britannique, veuillez consulter la page Web du ministère de l’Environnement portant sur la planification du rétablissement (en anglais seulement).

Référence recommandée

Équipe de rétablissement de la tortue peinte de l’Ouest. 2016. Plan de rétablissement de la tortue peinte, population de la côte du Pacifique (Chrysemys picta pop. 1), en Colombie-Britannique. Ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique) 69 p. Repr. de la 1re édition, Équipe de rétablissement de la tortue peinte de l’Ouest, Victoria (Colombie-Britannique) 89 p. (publication originale datant de 2016 [en anglais seulement]).

Illustration/photographie de la couverture

Tortue peinte adulte de la population de la côte du Pacifique nichant dans le marécage Nicomen. Photographie prise par Kym Welstead.

Exemplaires supplémentaires

On peut télécharger la version anglaise du présent document à partir de la page Web du ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique portant sur la planification du rétablissement.

Information sur la publication

Ce document est une mise à jour de la première edition de mai 2016.
Voir la section « Mises à jour » pour connaître les changements précis apportés au document.

Mises à jour

Document mis à jour en avril 2017. Les changements apportés à la publication originale (datant de mai 2016) comprennent les suivantes : une mise à jour du sommaire de l’évaluation du COSEPAC de 2016, la suppression de l’annexe 2 et d’une référence à celle-ci ainsi que la correction du nom d’un site et certains changements de la formulation (section des menaces 2.1 et 2.3).

Avis

Ce plan de rétablissement a été préparé par l’Équipe de rétablissement de la tortue peinte de l’Ouest, à titre d’avis aux autorités responsables et aux organismes responsables qui pourraient participer au rétablissement de l’espèce. Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique a obtenu cet avis afin de respecter ses engagements aux termes de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

Ce document présente les stratégies et les mesures de rétablissement jugées nécessaires pour rétablir les populations de tortues peintes en Colombie-Britannique, à la lumière des meilleures connaissances scientifiques et traditionnelles dont nous disposons. Les mesures de rétablissement à adopter pour atteindre les buts et les objectifs exposés dans le présent plan sont assujetties aux priorités et aux contraintes budgétaires des organismes participants. Ces buts, objectifs et approches pourraient être modifiés de manière à tenir compte de nouvelles conclusions.

Les autorités responsables et tous les membres de l’Équipe de rétablissement ont eu l’occasion d’examiner ce document. Malgré tout, le contenu ne reflète pas nécessairement la position officielle des organismes concernés ou les opinions personnelles de tous les particuliers qui siègent à l’Équipe de rétablissement.

Le rétablissement de cette espèce dépend de l’engagement et de la coopération d’un grand nombre d’intervenants qui participent à la mise en œuvre des orientations exposées dans le présent plan. Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique invite tous les citoyens de la province à participer au rétablissement de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique.

Remerciements

Le présent plan de rétablissement a été rédigé par Kym Welstead. Une première ébauche avait été rédigée par Kym Welstead et Vanessa Kilburn. Nous remercions les personnes qui ont examiné en détail le présent document : Peter Fielder, David Trotter, Leah Westereng, Elinor Matheson, Michelle Evelyn, Aimee Mitchell, Chris Currie, Kristiina Ovaska, Laura Matthias, Christian Engelstoft, Matt Huntley, Kim Borg, Lisa Rockwell et Trudy Chatwin. L’évaluation des menaces a été effectuée par Kym Welstead, Ian Adams, Kristiina Ovaska, Bev McBride, Greg Wilson, Maryanne Boucher, Robyn Reudink, Julie Steciw, Jim Bogart, Leigh-Anne Isaac, Purnima Govindarajulu, Leah Westereng, Dave Fraser, Aimee Mitchell, Christian Engelstoft et Lea Gelling. Les cartes spatiales illustrant l’habitat de survie et de rétablissement ont été rigoureusement préparées par Bruce Rea, Chris Currie, Kym Welstead et Aimee Mitchell.

Membres de l’équipe de rétablissement

Membres de l’équipe de rétablissement
Nom Position Lieux
Kym Welstead coprésidente Regional Species at Risk Recovery Biologist, South Coast Region, B.C. Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations (MFLNRO)
Purnima Govindarajulu coprésidente Small Mammal and Herpetofauna Specialist, B.C. Ministry of Environment (ENV), Victoria (Colombie-Britannique)
Ross Vennesland/ Nicole Kroeker Membre Ecologist, Parks Canada, Gulf Islands National Park Reserve Ecologist, BC / Species at Risk Recovery Specialist, Parks Canada, Vancouver (Colombie-Britannique)
Trudy Chatwin Membre Species at Risk Biologist, West Coast Region, MFLNRO
Dan Shervill Membre Environnement et Changement climatique Canada
Joanna Hirner/ Rod Dalziel (remplaçant) Membre BC Parks, ENV
Michelle Evelyn Membre Entrepreneur, Ruby Lake Lagoon Nature Reserve Society, Pender Harbour (Colombie-Britannique).
Kristiina Ovaska/ Christian Engelstoft (remplaçant) Membre Entrepreneur, Biolinx Environmental Research Ltd., Victoria (Colombie-Britannique)/Propriétaire et exploitant, Alula Biological Consulting
Aimee Mitchell/ Deanna MacTavish Membre Entrepreneur, South Coast Western Painted Turtle Recovery Project, Vancouver (Colombie-Britannique).
Andrea Gielens Membre Coordonnatrice de l’élevage et entrepreneure
Elinor Matheson (anciennement Hughes) Membre Enseignante, Department of Biology, Douglas College
Jude Grass Membre Agente de liaison
Jody Henderson/ Menita Prasad (remplaçante) Membre Directrice générale, zoo du Grand Vancouver, Aldergrove (Colombie-Britannique).
Laura Matthias/Robin Annschild (remplaçant) Membre Salt Spring Island Conservancy
Michael Russello/ Evelyn Jensen (remplaçante) Observateur Professeur adjoint, Department of Biology, University of British Columbia, Okanagan Campus
Leanne Harris Observatrice Wildlife Genetics Lab
Marc Hayes Observateur Chercheur scientifique principal, Science Division, Habitat Program, Washington Department of Fish and Wildlife
Alison Evely/Janice Jarvis Observatrice Metro Vancouver Regional District Parks

Sommaire

La tortue peinte - population de la côte du Pacifique (Chrysemys picta pop. 1) est une tortue d’eau douce colorée possédant un plastron (ventre) aux motifs uniques, endémique à la Colombie-Britannique. Le long de la côte de la Colombie-Britannique, l’espèce se limite actuellement à 37 populations.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a désigné la tortue peinte de l’Ouest - population de la côte du Pacifique (Chrysemys picta bellii [population de la côte du Pacifique], appelée « tortue peinte - population de la côte du Pacifique » dans le présent document) « en voie de disparition » en 2006, et l’espèce est inscrite à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). En Colombie-Britannique, le Conservation Data Centre attribue à la tortue peinte - population de la côte du Pacifique la cote S2 (en péril), et l’espèce figure sur la liste rouge provinciale. Le cadre de conservation de la Colombie-Britannique (B.C. Conservation Framework) classe cette population comme une priorité 2 sous le but 3 (maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes). La Wildlife Act de la Colombie-Britannique protège l’espèce en interdisant de la capturer et de la tuer. Les principales menaces continues pesant sur l’espèce sont les suivantes : perte massive d’habitat aquatique et riverain liée au développement résidentiel, agricole et industriel; expansion des routes et mortalité routière; prélèvement d’individus aux fins de consommation ou de commerce d’animaux de compagnie; espèces non indigènes et envahissantes.

L’habitat de survie et de rétablissement de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique comprend une zone principale d’activité englobant tout l’habitat aquatique occupé, et 80 m d’habitat terrestre de chaque côté du plan d’eau ou du cours d’eau, de même qu’une zone terrestre adjacente additionnelle comprenant 260 m d’habitat au-delà de la zone tampon terrestre de 80 m. Les deux zones présentent des caractéristiques biophysiques et de l’habitat à l’intérieur d’un rayon de 3 km par rapport à une occurrence. La gestion de ces zones d’habitat de survie et de rétablissement devrait se faire de manière à éviter et à atténuer les effets sur les éléments et les caractéristiques biophysiques qui assurent les fonctions essentielles chez la tortue peinte - population de la côte du Pacifique en Colombie-Britannique.

Le but à long terme (45 ansNote de bas de page 9 ) pour la tortue peinte - population de la côte du Pacifique est d’assurer la présence d’unités démographiques saines et autosuffisantes sur trois générations.

Pour travailler vers l’atteinte du but du rétablissement à long terme (population et répartition), l’objectif à moyen terme (10 ans) suivant a été établi :

Le but du rétablissement (population et répartition) (au cours des 10 prochaines années) est de maintenir ou d’accroître le nombre d’individus et la répartition des unités démographiques de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique, et de s’assurer que la qualité de l’habitat et la quantité d’habitat demeurent stables ou augmentent, tout en améliorant la survie et le recrutement à l’intérieur de l’aire de répartition de l’espèceNote de bas de page 10  en Colombie-Britannique.

Le présent plan de rétablissement comprend les six objectifs suivants :

  1. ProtégerNote de bas de page 11  et remettre en état l’habitat, ses éléments et sa connectivitéNote de bas de page 12  dans toutes les unités démographiquesNote de bas de page 13  récupérablesNote de bas de page 14  ou nouvelles.
  2. Mettre en œuvre des mesures de gestion des populationsNote de bas de page 15  et d’atténuation des menaces pour stabiliser ou accroître les taux de recrutement et de survie à tous les stades vitaux, au besoin, tout en maintenant la distinction génétique des populations de la côte du Pacifique.
  3. Gérer les espèces envahissantes/non indigènes pour améliorer la survie des tortues indigènes, limiter la reproduction avec des tortues non indigènes (conserver l’intégrité génétique), atténuer la transmission de maladies, et réduire la compétition pour les ressources.
  4. Recenser les nouvelles aires et clarifier la répartition de l’espèce pour empêcher la perte accidentelle de populations n’ayant pas encore été découvertes.
  5. Suivre les tendances des populations et l’état de l’habitat pour évaluer l’efficacité des mesures de rétablissement.
  6. Effectuer des recherches sur le cycle vital, la dynamique historique de la répartition des populations et l’utilisation de l’habitat par l’espèce, et préciser les menaces auxquelles font face ces populations, de manière à ce que des mesures de conservation appropriées puissent être prises pour améliorer de façon adaptative les activités de conservation et de rétablissement.

Résumé du caractère réalisable du rétablissement

Le rétablissement de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique en Colombie-Britannique est considéré comme réalisable du point de vue technique et biologique selon les quatre critères suivants utilisés par Environnement et Changement climatique Canada pour déterminer le caractère réalisable du rétablissement.

1. Des individus de l’espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.
Oui. Des relevés réalisés dans plusieurs sites de nidification un peu partout dans l’aire de répartition de l’espèce indiquent que des individus reproducteurs sont présents. Bien que certains sites comptent un nombre d’adultes si petit que la reproduction n’a plus lieu, une augmentation de l’effectif et le lâcher de juvéniles sont actuellement mis en œuvre, ou peuvent être mis en œuvre, pour restaurer l’abondance et le taux de recrutement dans ces sites.
2. De l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l’espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat.
Oui. Une quantité suffisante d’habitat convenable est actuellement disponible pour soutenir l’espèce, et la création récente de milieux humides sur la côte sud a accru la disponibilité d’habitat convenable. Des recherches montrent qu’il s’agit d’une espèce généraliste plutôt compatible avec les écosystèmes urbains, tant et aussi longtemps que des mesures d’atténuation des menaces sont mises en œuvre (Ovaska et al., 2004).
3. Les principales menaces pesant sur l’espèce ou son habitat (y compris les menaces à l’extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.
Oui. Les principales menaces pesant sur l’espèce et son habitat peuvent être atténuées et/ou évitées à l’aide de mesures de rétablissement. De telles mesures peuvent réduire de nombreuses menaces existantes, et ont déjà été mises en œuvre dans certains sites, notamment pour limiter la propagation d’espèces envahissantes, réduire la mortalité routière, créer et/ou mettre en valeur des aires de nidification sûres, et accroître les taux de recrutement et de survie par le lâcher de juvéniles dans les nids en péril.
4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.
Oui. Des techniques d’élevage en captivité, de lâcher de juvéniles et de remise en liberté existent et seront utilisées pour accroître l’effectif des populations non reproductrices dans les sites prioritaires. Les objectifs en matière de répartition seront atteints en maintenant et en remettant en état l’habitat de survie au besoin, de même qu’en sélectionnant des sites de rechange à proximité si les sites existants ne peuvent pas être remis en état.

1. Évaluation de l’espèce par le COSEPAC i

Sommaire de l’évaluation :
Novembre 2016
Nom commun :
Tortue peinte de l’Ouest - population de la côte du Pacifique
Nom scientifiqueii :
Chrysemys picta bellii
Statut :
Espèce menacée
Justification de la désignation :
La répartition de cette population chevauche une zone où la population humaine est dense dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, y compris dans la vallée du bas Fraser, où la perte de milieux humides est considérable. Dans l’ensemble de son aire de répartition, cette population continue de faire face à de multiples menaces résultant de la perte et de l’altération de l’habitat, de la mortalité routière et des espèces introduites, comme les ouaouarons et les tortues introduites. Les relevés effectués au cours des 10 dernières années ont révélé bon nombre de nouvelles localités, amenant le nombre total de plans d’eau occupés à plus de 80, répartis en 39 groupes. Toutefois, la population canadienne et les sous populations locales sont petites, et nombre d’entre elles, particulièrement dans la vallée du bas Fraser, connaissent un déclin ou sont considérées comme non viables. La persistance à long terme de la population canadienne demeure précaire.
Répartition :
Colombie-Britannique
Historique du statut :
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2006. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « menacée » en novembre 2016.

i Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

ii Les noms communs et scientifiques mentionnés dans le présent plan de rétablissement suivent les conventions d’appellation de la Colombie-Britannique.

2. Information sur la situation de l’espèce

Tortue peinte - population de la côte du Pacifique (Chrysemys picta pop. 1) iii

Désignation juridique :

  • FRPA (en anglais seulement) :iv Non
    • Wildlife Act : de la C.-B.v Annexe A
    • LEP:vi Annexe 1 - En voie de disparition (2006)
  • OGAA (en anglais seulment) :iv Non
    • Wildlife Act : de la C.-B.vAnnexe A
    • LEP:vi Annexe 1 - En voie de disparition (2006)

Statut de conservation (en anglais seulement)vii

  • Liste de la C.-B. : Rouge
  • Cote en C.-B.: S2 (2012)
  • Cote nationale (en anglais seulement) : N2 (2011)
  • Cote mondiale : G5T2 (2007)

Cadre de conservation de la C.-B. (PDF; 950 Ko) (CF) (en anglais seulement) viii

But 1: Participer aux programmes mondiaux de conservation des espèces et des écosystèmes.
Priorité :ix 4 (2009)
But 2: Empêcher que les espèces et les écosystèmes deviennent en péril.
Priorité : 6 (2009)
But 3: Maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes.
Priorité : 2 (2009)
Groupes de mesures du CF (en anglais seulement) :
Établissement du rapport de situation; planification; inscription à la Wildlife Act; envoi au COSEPAC; protection de l’habitat; remise en état de l’habitat; intendance des terres privées; gestion de l’espèce et des populations

iii Source de données : B.C. Conservation Data Centre (2014), à moins d’indication contraire.

iv Non inscrite dans une des catégories d’espèces sauvages nécessitant une attention particulière en matière de gestion destinée à réduire les impacts des activités menées dans les forêts et les parcours naturels sur les terres de la Couronne aux termes de la Forest and Range Practices Act (FRPA; Province of British Columbia, 2002) et/ou de l’Oil and Gas Activities Act (OGAA; Province of British Columbia, 2008).

v Annexe A = désignée comme espèce sauvage aux termes de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique, qui la protège de la persécution et de la mortalité directe (Province of British Columbia, 1982).

vi Annexe 1 = espèce inscrite à la Liste des espèces en péril en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP).

vii Rouge : Inclut toute espèce ou sous-espèce indigène à laquelle on a attribué le statut d’espèce disparue, en voie de disparition ou menacée (ou dont la situation en fait une espèce candidate) en Colombie-Britannique. S = infranational; N = national; G = mondial; T = taxon infraspécifique (ici sous espèce); B = population reproductrice; X = espèce vraisemblablement disparue du territoire; H = possiblement disparue du territoire; 1 = gravement en péril; 2 = en péril; 3 = préoccupante, susceptible de disparaître du territoire ou de la planète; 4 = apparemment non en péril; 5 = manifestement répandue, abondante et non en péril; NA = non applicable; NR = non classée; U = non classable.

viii Source de données : B.C. Ministry of Environment (2010).

ix Échelle à six niveaux : de la priorité 1 (la plus élevée) à la priorité 6 (la plus faible).

3. Information sur l’espèce

3.1 Description de l’espèce

Comme l’indique son nom, la tortue peinte est une espèce colorée (figure 1). Son plastron (partie inférieure/ventrale de la carapace) est rouge ou orange, avec une combinaison de taches foncées et claires formant des motifs abstraits ressemblant à des empreintes digitales ou à des cartes topographiques, et formant des ramifications vers le bord des écailles (Macartney et Gregory, 1985). Le motif distinct des individus sur le plastron est présent de l’éclosion à la maturité, et permet l’identification individuelle des tortues peintes. La coloration rouge ou orangée est également visible le long des écailles marginales (côtés) et sur le bord inférieur des côtés de la dossière et du plastron. La tête est vert olive foncé, avec des taches jaune clair irrégulières qui s’étendent du museau au cou, sur le côté, et vont jusqu’à la gorge. Les subadultes et les adultes possèdent une dossière formant un dôme peu élevé. La dossière (partie supérieure/dorsale de la carapace) est lisse et non carénée, et sa coloration va de vert foncé à brun-noir (Gregory et Campbell, 1987). Les petits nouvellement éclos présentent souvent des lignes pâles et irrégulières visibles sur la dossière. Ces lignes peuvent former des motifs complexes ressemblant à des toiles, en particulier chez les subadultes (Conant et Collins, 1998).

Dessous d’une de tortue peinte - population de la côte du Pacifique (femelle 2-79)
Figure 1 de la partie 2. Dessous d’une de tortue peinte - population de la côte du Pacifique (femelle 2 à 79) montrant une coloration de base orange-rouge sur le plastron, avec des lignes foncées formant des rayons abstraits. À noter : le rouge sur la partie inférieure des côtés de la dossière.
  • Description longue

    La figure 1 de la partie 2 est une photo montrant le dessous d’une tortue peinte femelle. Il y a des lignes foncées de différentes couleurs sur le plastron.

Les mâles et les femelles sont d’apparence similaire. La détermination visuelle des sexes ne peut être faite que lorsque les caractéristiques secondaires sexuelles commencent à apparaître (indiquant la maturité sexuelle), soit autour de 3 à 4 ans chez les mâles (longueur du plastron ≤ 84 mm) et autour de 8 ans ou plus chez les femelles (longueur du plastron > 156 mm) (Hayes et al., 2002). Les femelles (longueur du plastron de 150 à 250 mm et poids maximal de 1 940 g) atteignent généralement une plus grande longueur que les mâles et un poids supérieur à ces derniers (qui mesurent de 90 à 187 mm et pèsent moins de 1 000 g) (Cook, 1984; Mitchell, 1988; Iverson et Smith, 1993; Blood et Macartney, 1998; Currie et Mitchell, comm. pers., 2014). Les mâles matures possèdent des griffes beaucoup plus longues que les femelles sur les pattes avant (Stebbins, 1966; Gregory et Campbell, 1987).

La tortue peinte cohabite avec la tortue à oreilles rouges (Trachemys scripta elegans), une tortue non indigène introduite, dans de nombreuses régions de son aire de répartition, et pourrait être confondue avec cette espèce. Les deux espèces sont similaires sur le plan de la taille et de la coloration de leur dossière. Toutefois, la tortue à oreilles rouges possède des écailles plus mates ou rugueuses, ses écailles marginales sont jaunes, son plastron est jaune couvert de taches foncées, et elle possède une tache rouge sur l’oreille située juste derrière l’œil (mais cette marque sur l’oreille n’est pas toujours visible chez les individus âgés) (Bunnell, 2005).

3.2 Populations et répartition

3.2.1 Répartition

La tortue peinte (Chrysemys picta bellii) a l’aire de répartition la plus étendue parmi quatre sous-espèces génétiquement et phénotypiquement distinctes de tortues peintes qui, collectivement, possèdent une vaste aire répartition en Amérique du Nord (figure 2; Crother, ed., 2008). Au Canada, la sous-espèce C.p. bellii a été subdivisée en trois unités désignables (UD) géographiquement distinctes (COSEWIC, 2006). Ces UD sont les suivantes : la population des Prairies/Boréale de l’Ouest - Bouclier canadien, qui s’étend dans plusieurs provinces (Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario); la population intramontagnarde - des Rocheuses, qui est confinée au bas sillon des Rocheuses et à d’autres basses terres de l’Intérieur méridional de la Colombie-Britannique (C. p. pop. 2); la population de la côte du Pacifique (C. p. pop. 1), dont la répartition se limite au sud-ouest de la Colombie-Britannique.

En Colombie-Britannique, Jensen (2013a) a utilisé des échantillons d’ADN mitochondrial pour définir six groupes génétiquement distincts : trois dans la population intramontagnarde - des Rocheuses (lac Williams, Kootneys et Thompson Okanagan) et trois dans la population de la côte du Pacifique (côte sud englobant Victoria et les basses terres continentales, Sunshine Coast [région de Sechelt] et nord de l’île/côte continentale [Powell River et Port Alberni; figure 3]).

Aire de répartition de la tortue peinte en Amérique du Nord
Figure 2 de la partie 2. Aire de répartition de la tortue peinte en Amérique du Nord.
  • Description longue

    La figure 2 de la partie 2 est une carte de l’aire de répartition des quatre sous espèces de tortues peintes en Amérique du Nord. La tortue peinte de l’Ouest, qui possède la plus grande aire de répartition, peut être observée dans les régions du sud de la Colombie Britannique, de l’Alberta, de la Saskatchewan, du Manitoba et de l’Ontario. On la rencontre également dans certaines parties de l’État de Washington, de l’Oregon, du Wyoming et du Colorado ainsi que dans une partie de la région de la rivière Peace et du fleuve Grande, au Nouveau Mexique. La tortue peinte de l’Ouest vit également dans la plus grande partie, sinon la totalité, du Montana, du Dakota du Nord, du Dakota du Sud, du Nebraska, du Minnesota, de l’Iowa, du Wisconsin, de l’Illinois et du Missouri. On trouve de plus petites localités le long du fleuve Santa Maria et dans l’est de l’Arizona. L’aire de répartition de la tortue peinte du Centre s’étend dans le Wisconsin, l’Illinois, le Michigan, l’Indiana, l’Ohio, le Kentucky, le Tennessee, l’Alabama, la Virginie Occidentale, la Pennsylvanie, l’État de New York ainsi que les régions du sud de l’Ontario et du Québec. La tortue peinte de l’Est, quant à elle, est observée sur la côte Est de l’Amérique du Nord, depuis la Nouvelle Écosse jusqu’à la Géorgie. La tortue peinte du Sud, la plus petite des sous espèces, se trouve dans certaines parties de l’Arkansas, de l’Alabama et du Tennessee, et à l’extrémité sud est du Missouri.

L’aire de répartition de la tortue peinte de l’Est (C. p. picta) est en rouge, celle de la tortue peinte du Centre (C. p. marginata) se trouve au centre, en jaune, celle de la tortue peinte du Sud (C. p. dorsalis), la plus petite sous-espèce, est en vert, et celle de la tortue peinte de l’Ouest (C. p. bellii) est en bleu. Les zones qui se recoupent (représentées par d’autres couleurs et situées entre les zones des 4 sous-espèces) correspondent aux endroits où les aires de répartition des sous-espèces se chevauchent naturellement et où il y a reproduction entre ces sous-espèces.

Carte illustrant les 6 groupes génétiques de la tortue peinte dont on présume l’existence en Colombie-Britannique
Figure 3 de la partie 2. Carte illustrant les 6 groupes génétiques de la tortue peinte dont on présume l’existence en Colombie-Britannique.
  • Description longue

    La figure 3 de la partie 2 est une carte illustrant les six groupes génétiques de la tortue peinte dont on présume l’existence en Colombie Britannique. Les groupes se répartissent comme suit : trois sur la côte sud, à proximité de Victoria et des basses terres continentales; deux sur la Sunshine Coast, près de la région de Sechelt; trois dans le nord de l’île/la côte continentale, dans les régions de Powel River et de Port Alberni. Les trois autres groupes sont ceux de la population intramontagnarde – des Rocheuses (un à Williams Lake, huit dans la région de Kootneys et huit dans la région de Thompson Okanagan).

Trois groupes génétiques de la population de la côte du Pacifique : côte sud (englobant Victoria et les basses terres continentales) = triangles bleus; Sunshine Coast (région de Sechelt) = cercles roses vides; nord de l’île/côte continentale (Powell River et Port Alberni) = cercles orange pleins. Trois groupes de la population intramontagnarde - des Rocheuses : Williams Lake = astérisque rose, Kootneys = carrés jaunes; Thompson Okanagan = losanges verts.

Il existe actuellement 37 unités démographiques distinctes connues de tortue peinte - population de la côte du Pacifique (figure 4; annexe 1). Parmi celles-ci, on compte 36 unités démographiques où l’on sait que la tortue peinte - population de la côte du Pacifique est présenteNote de bas de page 16 , et une unité renfermant de l’habitat convenable aux fins du rétablissementNote de bas de page 17 . Ces unités démographiques sont fondées sur le groupement de sites dans lesquels il est raisonnable de croire que l’espèce peut se déplacer d’un site à l’autre (NatureServe, 2014). Pour qualifier une unité comme étant une population distincte, NatureServe (2014) suggère une distance de séparation de 3 km pour l’habitat terrestre, de 10 km entre l’habitat aquatique ou les milieux humides convenables plus ou moins joints de façon continue, et de 5 km dans le cas des situations intermédiaires. Les obstacles de séparation entre les unités démographiques peuvent comprendre de larges cours d’eau rapides, des étendues d’eau salée, d’importantes autoroutes, des caractéristiques topographiques impossibles à franchir (falaises) et des zones urbaines. Comme la majeure partie de l’habitat dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique est très fragmenté, une distance de séparation de 3 km a été utilisée pour délimiter les unités démographiques. Ce choix est également appuyé par des données télémétriques locales (voir la section 3.3.6 Connexion de l’habitat aux fins de la dispersion).

Carte de l’aire de répartition de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique
Figure 4 de la partie 2. Carte de l’aire de répartition de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique en Colombie-Britannique montrant 37 unités démographiquesNote de bas de page 18  (printemps 2016).
  • Description longue

    La figure 4 de la partie 2 est une carte montrant les 37 unités démographiques en Colombie Britannique. Les localités sont énumérées à l’annexe 1.

Des données fossiles laissent croire que la tortue peinte était largement répandue partout en Amérique du Nord pendant 2 à 5 millions d’années (Starkey et al., 2003). Bleakney (1958) montre une répartition historique de la tortue peinte similaire à celle correspondant aux données actuelles, notamment en ce qui concerne les populations du sud-ouest de la Colombie-Britannique. La dispersion postglaciaire de l’espèce a probablement eu lieu depuis un refuge au Nouveau-Mexique, et l’espèce aurait atteint la Colombie-Britannique en passant par l’Idaho.

Depuis 1866, des observations historiques de tortues peintes ont été faites dans le cadre de recherches sur le terrain par des naturalistes, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique (Lord 1866, tel que cité dans Cook et al., 2005; Thacker, 1924; Percy, 1974; Ham et al., 1986; Thompson, 1997). Thacker (1924) a décrit des tortues dans la région de Victoria et à Port Alberni. Ham et al. (1986) ont décrit deux fragments de tortues, notamment un plastron trouvé dans un site archéologique de 3 500 à 4 500 ans situé à l’extrémité sud du pont Alex Fraser (voir également Welstead, 2003). Percy (1974) a aussi découvert un morceau d’os de tortue transformé en pendentif, déterré dans un site de 1 500 à 2 500 ans sur la plage Crescent. Thompson (1997) décrit des travailleurs miniers mangeant de la soupe à la tortue sur l’île Texada en 1898. En l’absence de données historiques détaillées sur la répartition, on suppose que l’habitat convenable à l’intérieur de la zone d’occurrence de l’espèce correspond à son aire de répartition historique.

Les preuves historiques combinées aux résultats génétiques ne laissent aucun doute que la tortue peinte - population de la côte du Pacifique est indigène dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique (McTaggart Cowan, 1938; Carl, 1952; COSEWIC, 2006).

3.2.2 Tendances des populations

On manque de données sur les tendances des populations, car la plupart des occurrences ne sont connues que depuis récemment, et les données historiques sur la répartition sont rares. Compte tenu des caractéristiques du cycle vital des tortues, comme la maturité tardive et le faible taux de recrutement, il existe un retard inhérent dans l’observation du déclin des populations. Par conséquent, les déclins au sein des populations locales passent facilement inaperçus, car les populations en apparence abondantes comptent peu d’adultes reproducteurs, et le recrutement y est faible ou nul. Ce phénomène pourrait être dû à la quantité limitée d’habitat de nidification et/ou à la mortalité accrue des œufs et des petits nouvellement éclos (Klemens, ed., 2000; Browne et Hecnar, 2007). La tortue peinte - population de la côte du Pacifique est particulièrement en péril, car la majorité des populations locales ne semblent plus compter qu’un petit nombre d’adultes dans des sites isolés concentrés dans des régions où la population humaine est dense. Par exemple, parmi les 21 unités démographiques de la vallée du bas Fraser, seulement 6 connaissent un recrutement, alors qu’un grand nombre de ces sites compte moins de 5 individus, et on n’y observe aucun recrutement (Mitchell et al., 2013b; Welstead, comm. pers., 2016), ce qui indique le déclin des populations. Par contre, plusieurs sites se trouvant sur l’île de Vancouver abritent des individus se reproduisant avec succès, et il semble y avoir un recrutement des petits (Engelstoft et Ovaska, relevés réalisés de 2008 à 2012).

Dans les populations de tortues en santé, le taux de survie des adultes est habituellement très élevé, en particulier chez les femelles (Iverson et Smith, 1993). Toutefois, le taux de survie des adultes dans les paysages dominés par la présence d’humains est habituellement beaucoup plus faible, et les femelles sont particulièrement vulnérables aux taux élevés de mortalité dus aux déplacements accrus dans les zones présentant de hauts risques (routes, sentiers, pelouses, etc.) durant la nidification (Klemens, ed., 2000). Compton (1999) a estimé qu’en retirant 3 tortues des bois (Glyptemys insculpta) adultes par année, une population hypothétique de 100 individus s’éteindrait en seulement 50 ans. Ce scénario vaut probablement pour les populations de tortues peintes. Une analyse de la viabilité des populations a été réalisée dans un site en Oregon où l’effectif estimé de la population était de 400 tortues peintes (Padilla, 2007; Gervais et al., 2009). La population a connu un déclin modeste sur 5 ans (u = - 0,071). En tenant compte de ce léger déclin, la durée médiane jusqu’à l’extinction allait de 6 à 63 ans. Cette modélisation pourrait être applicable à plusieurs de nos « grands » sites de reproduction (p. ex. marécage Nicomen, Elk/lac Beaver), et dans certains sites de la Sunshine Coast, dont les estimations des effectifs sont toutes autour de 350 à 400 individus.

3.3 Besoins biologiques et besoins en matière d’habitat

La tortue peinte occupe des milieux aquatiques et des milieux terrestres toute l’année. En Colombie-Britannique, la tortue peinte vit dans divers types de milieux aquatiques comportant des eaux libres ainsi qu’une végétation aquatique abondante, y compris des lacs, des baies peu profondes de grands lacs, des étangs ouverts ou forestiers, des marais, des chenaux, des milieux riverains, des milieux humides, des tourbières, des fossés en bordure de route, des cours d’eau de faible débit, et des marécages (Van Damme, 2005; Engelstoft et Ovaska, 2008; Kilburn, 2010; Evelyn, données inédites, 2009). La présence de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique n’est connue que dans les plans d’eau de faible altitude de moins de 200 m (Kilburn, 2010; Evelyn, données inédites, 2009). De l’habitat aquatique convenable est essentiel pour l’exposition au soleil (thermorégulation), l’alimentation, l’hivernage et la reproduction. L’habitat terrestre est essentiel pour la nidification, notamment pour l’hivernage des petits et pour la dispersion des adultes et des subadultes.

3.3.1 Habitat d’alimentation

Pour s’alimenter, la tortue peinte préfère les eaux chaudes, peu profondes, et de faible débit ou stagnantes, avec une grande quantité de végétation émergente et flottante, ce qui offre des sites d’exposition au soleil, la possibilité de s’alimenter, et un couvert (Sexton, 1959; Blood et Macartney, 1998; Ultsch, 2006). L’espèce s’alimente de façon opportuniste et est omnivore tout au long de sa vie, les adultes ayant tendance à devenir herbivores, alors que les juvéniles sont généralement plus carnivores (Bouchard et Bjorndal, 2005). Il existe une corrélation positive entre la présence de tortues peintes et les substrats benthiques composés de matière organique, notamment de végétation et de détritus en décomposition (Marchand et Litvaitis, 2004a). Ce type de substrat favorise sûrement une plus grande croissance des invertébrés et de la végétation, ce qui accroît la quantité de nourriture disponible. Le taux de croissance de la tortue peinte est généralement faible dans les plans d’eau dont les substrats benthiques sont composés de matière inorganique ou de sable, probablement en raison du faible taux de croissance de la végétation aquatique et du peu de nourriture qu’ils offrent (Mitchell, 1988; Marchand et Litvaitis, 2004a). Les tortues peintes cessent de se nourrir lorsque la température de l’eau descend sous les 15 °C (Ultsch, 2006); il est donc nécessaire que la température de l’eau soit supérieure à 15 °C pour qu’elles s’alimentent.

3.3.2 Habitat de reproduction

La tortue peinte n’a pas de besoins précis en matière d’habitat, car la parade et l’accouplement ont lieu en milieu aquatique, lorsque les tortues sont actives (Ernst et al.,1994), mais la copulation atteint un sommet à la fin de l’été et au début de l’automne (Gist et al., 1990). Bien que les tortues utilisent toute l’étendue d’un plan d’eau pour leurs déplacements quotidiens et saisonniers, on croit que l’accouplement a lieu près des rives, où l’eau est plus chaude.

3.3.3 Habitat d’hivernage

Un habitat convenable est essentiel à la survie de la tortue peinte au cours des 4 à 6 mois de l’année où elle est vulnérable et lente, durant la brumation (état de dormance durant l’hiver). On sait que les tortues d’eau douce connaissent des épisodes de mortalité massive si elles n’ont accès qu’à des sites d’hivernage sous-optimaux (Taylor et Nol, 1989; Ultsch, 2006). La tortue peinte amorce sa transition vers l’habitat d’hivernage lorsque la température atmosphérique chute de façon constante en deçà de la température de l’eau, généralement autour de 10 °C (Hayes, comm. pers., 2009).

Les conditions optimales d’hivernage semblent propres au site et au climat, mais présentent généralement les caractéristiques suivantes : profondeur de l’eau de 0,5 à 3 m dans un rayon de 10 m de la rive; présence de gros débris ligneux submergés; substrat limoneux ou sablonneux composé partiellement de matière organique (Evelyn et Stiles, 2013; Mitchell et al., 2013a; Mitchell et al., 2014). Lorsque les données ont été regroupées, tous les sites d’hivernage recensés présentaient un taux d’oxygène dissous élevé par rapport à d’autres sites choisis aléatoirement (Evelyn et Stiles, 2013; Mitchell et al., 2014, également abordé dans Rollinson et al., 2008). Des recherches montrent que la tortue peinte préfère de façon significative les sites d’hivernage présentant des billes submergées et une abondance de gros débris ligneux (Evelyn et Stiles, 2013; Mitchell et al., 2013a). Une exception a été observée le long de la Sunshine Coast, où des tortues ont hiverné dans un lit de roseaux présentant de la végétation aquatique et émergente en grande densité (Evelyn et Stiles, 2013).

Les tortues étaient principalement stationnaires de novembre à février dans les basses terres continentales et dans la vallée du Fraser, et on a estimé que la brumation commençait entre la fin octobre et la fin novembre, quand la température moyenne de l’eau atteignait 8,7 °C (Mitchell et al., 2013a). Les résultats d’études télémétriques dans le lac Burnaby (n = 6) donnent à penser que certaines tortues peintes demeurent relativement actives tout au long des mois tempérés de l’hiver, et qu’elles se déplacent jusqu’à 250 m horizontalement et à diverses profondeurs (de 1 à 2 m). Les tortues se déplaçaient jusqu’à leur site d’hivernage qui, dans le lac Burnaby, était composé de cours d’eau interreliés (c.-à-d. le ruisseau Still, un ruisseau du lac Deer ou la rivière Brunette), de la fin août au début septembre (Gowans, 2010), et demeuraient là tout l’hiver. Les tortues émergent de leurs sites d’hivernage lorsque la température de l’eau devient plus chaude que celle des sédiments, habituellement autour de 6 °C (Taylor et Nol, 1989). Ovaska et Engelstoft (2011) ont observé des tortues dans le lac Swan, sur l’île de Vancouver, qui hivernaient dans des eaux très peu profondes. Elles ont hiverné dans le même coin sud-est du lac durant les deux hivers où elles ont été suivies (2010 à 2011). Hayes (comm. pers, 2009) avance que la profondeur de l’eau est importante pour atténuer les risques liés aux prédateurs terrestres.

Des aires d’hivernage communales ont été observées dans plusieurs sites, et de multiples tortues utilisaient l’une de ces aires pour hiverner. Le long de la Sunshine Coast, 94 % des tortues marquées hivernaient à proximité les unes des autres, ce qui laisse croire qu’il existe une sélection délibérée d’exigences environnementales précises et limitées et/ou un comportement social (Evelyn et Stiles, 2013).

3.3.4 Habitat d’exposition au soleil et biologie

Les sites d’exposition au soleil sont essentiels pour la thermorégulation. L’exposition au soleil peut être divisée en deux catégories : l’exposition « aquatique » et l’exposition « atmosphérique » (Peterman et Ryan, 2009). L’exposition aquatique est plus commune lorsque les températures aquatique et atmosphérique ambiantes sont élevées, par exemple à la fin de l’été ou en fin de journée. En milieu aquatique, les tortues s’exposent au soleil en flottant à la surface, parfois soutenues par de la végétation aquatique. L’exposition atmosphérique demande aux tortues de sortir de l’eau et se produit habituellement lorsque la température de l’eau est plus basse que la température atmosphérique. Les sites d’exposition au soleil convenables peuvent comprendre des billes émergentes, des tapis de végétation flottante, des zones riveraines, des roches et des objets construits par l’homme. Les tortues préfèrent généralement les sites d’exposition au soleil flottants situés en eaux profondes aux sites se trouvant près de la rive, car ils leur permettent d’échapper facilement aux prédateurs en disparaissant sous l’eau. Malgré cela, on a observé des tortues en train d’utiliser des berges escarpées lorsque l’ensoleillement est maximal, le matin ou le soir (Cadi et Joly, 2003). Les tortues sont normalement fidèles à leur site d’exposition au soleil, et s’exposent au soleil en groupe (Lefevre et Brooks, 1995). L’exposition au soleil peut avoir lieu à toute heure du jour, mais elle est plus fréquente le matin, et atteint généralement un sommet autour de midi, en particulier l’été, lorsque les températures sont plus élevées (Lefevre et Brooks, 1995). Par conséquent, les sites d’exposition au soleil sont habituellement orientés vers le sud, de manière à maximiser l’exposition dans les régions où le climat est frais.

3.3.5 Habitat de nidification et biologie

Les sites de nidification convenables sont caractérisés par la présence de sol exposé comportant peu de végétation dans les zones orientées vers le sud, sont plats ou en pente légère, et sont situés dans des zones où le couvert forestier est peu dense (Marchand et Litvaitis, 2004b). Les aires de nidification naturelles connues de la population de la côte du Pacifique comprennent des zones riveraines sablonneuses/loameuses, des bancs, des îles naturelles, des friches où la végétation est éparse, des falaises rocheuses naturelles, et le parterre forestier dans les zones où le couvert présente des ouvertures. Toutefois, la plupart des sites de nidification connus de la population de la côte du Pacifique se trouvent dans des sites modifiés par l’homme (p. ex. accotements de routes, gravières, rampes de mise à l’eau, plages récréatives, pelouses et jardins), et dans des sites adjacents à des sentiers (VTT/vélo de montagne) et à des stationnements de gravier, des fossés et des terrains de camping sablonneux. Nombre de ces sites sont des aires de nidification communales (Engelstoft et Ovaska, 2008; Ovaska et Engelstoft, 2009, 2010; Kilburn, 2010; Evelyn, données inédites, 2009) (figure 5).

Femelle nichant sur une rampe de mise à l’eau dans le marécage Nicomen
Figure 5 de la partie 2. Femelle nichant sur une rampe de mise à l’eau dans le marécage Nicomen. Les œufs ont été prélevés dans le cadre du programme de lâcher de juvéniles du zoo du Grand Vancouver.
  • Description longue

    La figure 5 de la partie 2 montre une photo du dessus d’une tortue peinte femelle nichant (vue aérienne).

Les aires ouvertes perturbées par l’homme attirent souvent les tortues nicheuses (Marchand et Litvaitis, 2004b). Toutefois, ces types de milieux attirent aussi des prédateurs favorisés par les activités humainesNote de bas de page 19 , et la prédation des nids dans certaines populations de tortues partout dans le monde atteint régulièrement 100 % (Klemens, ed., 2000). Le degré de prédation des nids a été enregistré dans certaines aires de nidification communales de la côte sud de la Colombie-Britannique (Ovaska et Engelstoft, 2009; Kilburn, 2010). Clark et Grueing (rapport de 2002, tel que cité dans COSEWIC, 2006) ont observé que les mouffettes étaient responsables de la prédation de 80 à 100 % des œufs durant une période de 3 ans dans le lac Elizabeth, en Colombie-Britannique continentale. Les nids non protégés au lac Burnaby font tous l’objet de prédation, souvent au cours des trois premières semaines de la période ponte (Kilburn, comm. pers., 2009). Toutefois, dans certains sites, les taux de prédation sont étonnamment faibles, notamment dans le parc Elk-Beaver Lake (Engelstoft et Ovaska, 2008). Les taux de prédation sont inversement corrélés à la distance des sites de nidification par rapport à un plan d’eau, où l’activité du prédateur (p. ex. le raton laveur) est souvent concentrée, les taux les plus élevés étant observés dans un rayon de 50 m d’un plan d’eau (Marchand et Litvaitis, 2004b). Les prédateurs probables de notre population comprennent la mouffette (Mephitis mephitis), le raton laveur (Procyon lotor), la corneille d’Alaska (Corvus caurinus), les chiens et d’autres petits prédateurs.Note de bas de page 20 

La rareté des sites de nidification est souvent associée à la présence de nids regroupés ou d’une plage de nidification communale. Par ailleurs, les regroupements de sites de nidification pourraient accroître le taux de prédation des nids regroupés, comparativement au taux de prédation des nids répartis de façon éparse, qui sont plus difficiles à détecter (Marchand et Litvaitis, 2004b). Les sites de nidification créés ou gérés par l’homme peuvent compenser ces effets négatifs par l’intermédiaire de l’intendance, du suivi et de la mise en œuvre de mesures de protection des nids, et peuvent entraîner le succès de la nidification (Welstead, comm. pers., 2014).

Nouveau-nés émergeant du nid
Figure 6 de la partie 2. Nouveau-nés émergeant du nid au printemps et, occasionnellement, à l’automne.
  • Description longue

    La figure 6 de la partie 2 montre trois nouveau nés émergeant du nid.

Les femelles de l’espèce nichent de la mi-mai à la mi-juillet (Engelstoft et Ovaska, 2008; Ovaska et Engelstoft, 2009, 2010; Kilburn 2010; Evelyn, données, inédites, 2009). Les femelles peuvent également pondre de multiples couvées au cours d’une même saison. En 2013, au lac Burnaby, des femelles ont été observées en train de nicher tôt dans la saison (juin), puis encore une fois plus tard dans la saison (en juillet), dans 4 nids sur 9 (Welstead, comm. pers., 2013). Une femelle a niché deux fois au lac Burnaby et pondu un total de 29 œufs dans une saison. À Cranbrook, on a observé qu’une couvée compte en moyenne 10,4 œufs (Clarke et Gruenig, 2003), mais des couvées uniques comptant jusqu’à 23 œufs ont été observées le long de la Sunshine Coast et sur l’île de Vancouver (Welstead et Chatwin, comm. pers., 2012).

La détermination du sexe des tortues peintes est dépendante de la température (Janzen, 1994). Les œufs incubés à des températures élevées (températures constantes ≥ 29 °C) produiront des femelles, et ceux incubés à des températures inférieures (≤ 26 °C), des mâles. À une température pivot de 28 °C, un nombre environ égal de mâles et de femelles seront produits (Schwarzkopf et Brooks, 1987). Les œufs éclosent à l’automne, et les petits nouvellement éclos hivernent généralement dans le nid, puis émergent (sous forme de nouveau-nés; voir la figure 6) au printemps suivant (Mitchell, 1988). En Colombie-Britannique, les nouveau-nés émergent généralement du nid du mois d’avril à la mi-mai. Toutefois, l’émergence printanière se produit aussi tôt que le 18 mars sur l’île de Vancouver (voir les rapports d’Ovaska et Engelstoft 2008 à 2012) et jusqu’au 7 juin dans les basses terres continentales (Kilburn, 2010). Il est rare que l’émergence se produise à l’automne, et l’on croit qu’il est plus probable que ce phénomène se produise lorsque l’été a été chaud et que l’automne demeure chaud. L’excavation précoce de nids, au lac Burnaby, en septembre 2013, a révélé que les petits s’étaient déplacés près de la surface, et la plupart semblaient prêts à émerger (N = 135 petits; Welstead, comm. pers., 2013). Comme les nouveau-nés émergent habituellement au printemps, ce qui correspond au moment où la nidification commence, les aires de nidification sont souvent occupées durant 11 à 12 mois de l’année.

La composition du sol influe sur la température et l’humidité du sol, et donc sur le succès du développement des œufs et de la survie des petits durant l’hiver. Un peu partout dans l’aire de répartition de la tortue peinte, le taux de survie accru jusqu’à l’éclosion est associé à une moins grande quantité de végétation entourant le nid (Weisrock et Janzen, 1999). Les racines des plantes peuvent pousser à travers les œufs et les petits, et causer la mortalité complète de certaines couvées (Maltby, 2000; Welstead, comm. pers., 2016). Les faibles teneurs en matière organique dans le substrat de nidification accroissent le taux de survie, car les substrats riches en matière organique contiennent des agents pouvant causer le gel des liquides corporels, ce qui peut faire en sorte que les petits gèlent, puis meurent (Costanzo et al., 2000a; Hughes et Brooks, 2006). Il y a une corrélation positive entre le succès du recrutement et les quantités accrues d’argile dans le substrat, car l’argile emprisonne l’humidité et empêche la déshydratation des œufs et des petits; cela permet simultanément aux petits en hivernation de résister au gel et d’entrer plutôt en état de surfusion (c.-à-d. de demeurer non gelés à des températures en deçà du point de congélation de leurs liquides corporels) (Costanzo et al., 2000b; Packard et Packard, 2001). Packard et Packard (1997) ont observé des risques élevés de mortalité pour les petits se trouvant dans le sable seulement, en comparaison avec ceux se trouvant dans l’argile ou le sable loameux à une température de -7 °C. Des taux de mortalité allant jusqu’à 45 % (Nagle et al., 2000) peuvent être observés lorsque la température du sol descend sous -7 °C, mais les taux de mortalité diminuent de manière significative durant les hivers doux ou lorsque le site de nidification est isolé par de la neige, et que la température du sol demeure supérieure à -2 °C.

Sur la côte sud de la Colombie-Britannique, où le climat hivernal est doux et où le gel des petits qui hivernent est moins inquiétant, la faible teneur du sol en matière organique pourrait être de moindre importance en ce qui touche le succès du recrutement. On sait que les tortues peintes choisissent divers types de sols pour nicher (argile, loam humide, loam argileux, loam, loam sablonneux, sable loameux et sable) (Hughes et Brooks, 2006). Les sols loameux (40 % de sable, 40 % de limon et 20 % d’argile) sont susceptibles d’entraîner le succès d’éclosion le plus élevé, car ces types de sols sont faciles à travailler et maintiennent une température et une humidité élevées, tout en demeurant bien drainés (Costanzo et al., 2000b). Les sols très compacts ou comportant une grande quantité de fragments grossiers peuvent entraîner des déformations de la dossière, comme on l’a observé chez certains individus dans le marécage Nicomen (Welstead, comm. pers., 2016).

Les niveaux d’eau saisonniers ou contrôlés par l’homme peuvent aussi causer la mortalité si le nid est inondé. Holte (1998) a observé des taux de mortalité accrus de tortues de l’Ouest lorsque le nombre d’inondations augmentait, et a avancé qu’il s’agissait d’un important facteur à gérer. En Colombie-Britannique, les tortues peintes choisissent des sites de nidification où les risques d’inondation sont faibles, et elles nichent en hauteur sur les digues et les remblais de routes (Welstead, comm. pers., 2016).

Déplacements vers les sites de nidification

La distance sur laquelle on a observé des femelles se déplacer pour trouver des sites de nidification convenables est variable et pourrait dépendre de la quantité d’habitat de nidification convenable disponible. Bien que la plupart des tortues peintes nichent à l’intérieur d’une zone de 5 m par rapport au plan d’eau qu’elles occupent, on sait que, dans le sud-ouest du Québec, des femelles nicheuses se déplacent jusque sur 621 m depuis le bord de leur plan d’eau pour pondre leurs œufs, mais il arrive plus fréquemment qu’elles parcourent en moyenne 100 m pour trouver des sites convenables (Christens et Bider, 1986). En Colombie-Britannique, des chercheurs ont observé des déplacements allant jusqu’à 150 m par rapport à un plan d’eau (Gregory et Campbell, 1987; St. John, 2002). Dans la région de Vancouver, la plupart des tortues nicheuses sont observées à une distance de 5 à 80 m de l’eau, comme en témoignent les sites de nidification cartographiés au marécage Nicomen de 2010 à 2014 (Welstead, comm. pers., 2014). Les déplacements saisonniers de tortues ont été étudiés au marécage Nicomen (Gielens et al., 2013). Des déplacements terrestres ont été observés chez les 5 tortues marquées qui se déplaçaient occasionnellement dans des champs et dans la forêt, sur une distance de 45 à 239 m par rapport au plan d’eau connu, probablement pour nicher ou pour se déplacer vers un autre cours d’eau. Engelstoft et Ovaska, comm. pers. (2013) ont observé une femelle portant un radioémetteur se déplaçant sur 440 m par rapport au lac, le long du ruisseau, jusqu’à son site de nidification, de l’autre côté d’une l’autoroute. Une tortue a tenté de nicher à 220 m du lac Burnaby (Mitchell, comm. pers., 2013). En 2014, une autre tortue a tenté de nicher à 190 m de l’eau, dans un enclos à chevaux (Welstead, comm. pers., 2014).

3.3.6 Connexion de l’habitat aux fins de la dispersion

La connectivité entre les plans d’eau est essentielle pour maintenir la dynamique des métapopulations, le flux génique et la persistance globale des populations fragmentées (Harrison, 1991). Les tortues peintes se déplacent généralement entre leurs habitats pour accroître le choix de partenaires (mâles), pour choisir les milieux offrant la meilleure nourriture ou d’autres ressources, et pour atteindre leurs aires d’hivernage ou de nidification (dans le cas des déplacements saisonniers).

Les tortues d’eau douce se dispersent efficacement et se déplacent régulièrement sur de longues distances. MacCulloch et Secoy (1983) ont observé que la longueur du segment de cours d’eau utilisé par des individus était en moyenne de 6 km chez les mâles adultes (longueur maximale de 26 km), de 3 km chez les femelles adultes (longueur maximale de 8 km) et d’environ 0,5 km chez les juvéniles (longueur maximale de 1,5 km). Le déplacement de 26 km observé chez des mâles adultes est plus grand que les déplacements rapportés dans la plupart des études, qui mentionnent des déplacements d’environ 3 à 3,3 km ou moins (Bowne et al., 2006). Au Kansas, House et al. (2010) ont observé que la distance parcourue était de 266 à 3 275 m chez les mâles, de 230 à 1 284 m chez les femelles et de 266 à 2 734 m chez les juvéniles. Gregory et Campbell (1987) ont également avancé que les tortues peintes se déplaceraient sur des distances allant jusqu’à 3 km entre différents sites. Cette affirmation est appuyée par la recherche de Ballin (comm. pers., 2012), effectuée dans la région de Shuswap, qui consistait à suivre le déplacement d’un individu unique entre le lac Niskonlith et l’étang Nan’s (distance de 2 080 m), probablement pour atteindre son habitat d’hivernage. Les déplacements quotidiens d’une tortue munie d’un radioémetteur enregistrés dans les basses terres continentales ont révélé des déplacements moyens de 97,8 m en 2 heures, avec une distance maximale de 582 m parcourue à l’intérieur d’une période de 2 heures. De juillet à mars, un individu s’est déplacé sur une distance linéaire de 2 km, traversant 4 marécages et aboutissant dans un petit milieu humide (Kilburn et Mitchell, 2011).

En raison de ces déplacements sur de longues distances, les milieux humides ne contiennent pas de populations démographiquement indépendantes. La dynamique source-puits (Pulliam, 1988) expliquerait le mieux les populations de tortues d’eau douce. Par exemple, les tortues doivent se déplacer entre des parcelles de divers degrés de qualité et choisissent donc souvent les milieux humides de grande taille, moins isolés (Attum et al., 2008), en fonction de leurs besoins en matière de cycle vital et en réponse aux conditions environnementales changeantes (Roe et Georges, 2007; Bowne et al., 2006). En raison de la distribution naturellement éparse des milieux humides, certains auteurs avancent que les populations locales de tortues d’eau douce existent en tant que métapopulations (Burke et al., 1995; Joyal et al., 2001) et que le complexe de milieux humides devrait être l’unité de conservation. Les déplacements peuvent être entravés par certaines caractéristiques géographiques, des routes ou d’autres obstacles ainsi que par l’interférence avec les humains (prélèvement/déplacement). On peut donc croire qu’une distance de séparation conservatrice de 3 km entre les populations est justifiée. Par conséquent, l’équipe de rétablissement définit ses unités démographiques comme des sites qui se trouvent dans un rayon de 3 km et qui ne sont pas géographiquement contraints ou isolés en raison de la modification de l’habitat.

3.4 Sommaire des caractéristiques biophysiques

Tableau 1 de la partie 2. Sommaire des fonctions essentielles, des éléments et des caractéristiques de l’habitat de la tortue peinte – population de la côte du Pacifique en Colombie-Britannique.
Stade vital Fonctionf Élément(s)g Caractéristiquesh
Nouveau-nés, juvéniles, adultes L’exposition au soleil, généralement de mars à octobre, permet la thermorégulation, la lutte contre les ectoparasites, la satisfaction des besoins en matière de métabolisme et de digestion, l’évitement des prédateurs, le développement des œufs avant la ponte, et l’entretien de la dossière et de la peau pour la synthèse du calcium et de la vitamine D Habitat aquatique ou riverain
  • Exposition au soleil (l’exposition faisant face au sud est préférable)
  • Sites aquatiques d’exposition au soleil
  • végétation aquatique (peut être utilisée comme support)
  • les eaux profondes (souvent de 1 à 2 m) sont préférables, car elles permettent d’échapper facilement aux prédateurs
  • Sites atmosphériques d’exposition au soleil
  • zones aquatiques ou riveraines
  • supports permettant aux tortues de se reposer, comme de gros débris ligneux ou des billes, des objets émergents, des tapis/îlots de végétation flottante, des roches et des objets fabriqués par l’homme (p. ex. plateformes de baignade, quais, bateaux chavirés, etc.)
Nouveau-nés, juvéniles, adultes Les déplacements quotidiens et la dispersion ont généralement lieu de mars à octobre. Des déplacements ont également été observés durant l’hiver, lors de journées plus chaudes Habitat aquatique
  • Cours d’eau et plans d’eau de faible débit (p. ex. marais, marécages, fossés, étangs) comprenant des zones profondes - pour les déplacements quotidiens entre les éléments de l’habitat
  • Aucun obstacle aux déplacements
Nouveau-nés, juvéniles, adultes Alimentation Eaux peu profondes, de faible débit ou stagnantes
  • Eaux peu profondes (moins de 2 mètres, environ)
  • Faible débit ou eaux stagnantes (zones exemptes de courants forts)
  • Eaux chaudes, température souvent supérieure à 15 °C
  • Généralement, eaux comportant des détritus, du limon ou de la matière organique/du substrat permettant aux invertébrés et à la végétation de croître
  • Quantité adéquate de proies (écrevisses, invertébrés aquatiques, têtards) et de plantes aquatiques (émergentes ou non émergentes)
Nouveau-nés, juvéniles, adultes Reproduction On croit que la parade et l’accouplement ont tous deux lieu à l’automne et au printemps Marges peu profondes de plans d’eau ou de cours d’eau
  • Eaux peu profondes (moins de 3 mètres, environ)
  • Eaux chaudes (température supérieure à 10 °C)
  • Substrat limoneux ou sableux (pas de roches ni de gravier)
Œufs, petits nouvellement éclos, nouveau-nés (émergence), adultes (pour la sélection des nids) Nidification A lieu de la mi-mai à la mi-juillet, mais les nids sont occupés de la mi-mai à la mi-avril de l’année suivante (11 mois). Habitat terrestre ouvert
  • Zones ouvertes avec sol exposé et peu ou pas de végétation (routes, champs, sentiers, plages, zones d’érosion, etc.),
  • Sol meuble à dense, sable, gravier ou limon, faible teneur en matière organique (p. ex. sable, argile et limon)
  • Zones généralement plates ou en pente bien drainées (pas d’accumulation d’eau),
  • Éléments chauds faisant face au sud, avec exposition à la lumière
Œufs, petits nouvellement éclos, nouveau-nés (émergence), adultes (pour la sélection des nids) Nidification A lieu de la mi-mai à la mi-juillet, mais les nids sont occupés de la mi-mai à la mi-avril de l’année suivante (11 mois). Habitat riverain Stabilité localisée des berges (pour s’assurer de la qualité de l’eau et de la quantité d’eau disponible)
Adultes et juvéniles La dispersion permet le flux génique entre les sites, les déplacements saisonniers, les déplacements vers les sites de brumation, l’accroissement de la fréquence de rencontre avec des individus reproducteurs, et la capacité de quitter les milieux pauvres ou perturbés (généralement de mars à octobre) Habitat terrestre
  • Préférablement un couvert naturel convenable, comme une forêt ou de la végétation riveraine
  • Aucun obstacle aux déplacements (dispersion)
  • Milieux qu’il est possible de traverser, comme des champs ouverts, des forêts, des friches, des arbustaies, etc.
Adultes, juvéniles, nouveau-nés (qui émergent à l’automne) Hivernage/brumation (octobre à mars) Habitat aquatique
  • Profondeur de l’eau de 0,5 à 3 m
  • Souvent à l’intérieur de 10 m de la rive
  • Végétation émergente dense, buttes ou tapis de végétation, à l’intérieur d’eaux peu profondes ou de zones boueuses
  • Teneur en oxygène dissous plus élevée que la moyenne
  • Débris ligneux grossiers submergés
  • Substrats organiques partiellement limoneux ou sablonneux
  • Températures ne chutant pas sous le point de congélation

f Fonction : processus du cycle vital de l’espèce.

g Éléments : composantes structurales essentielles de l’habitat dont l’espèce a besoin.

h Caractéristiques : blocs de construction ou paramètres mesurables d’un élément.

3.5 Rôle écologique

La tortue peinte est la seule espèce de tortue d’eau douce indigène qui subsiste en Colombie-Britannique; elle constitue donc un élément important de la biodiversité globale de la province (COSEWIC, 2006). Les tortues peintes sont omnivores et consomment une grande variété d’invertébrés et de petits vertébrés, de matières herbacées, de charogne et d’autre matière organique en décomposition (Bouchard et Bjorndal, 2005). Les tortues jouent un rôle important dans la rétention et dans le cycle des nutriments dans les écosystèmes d’eau douce, lesquels sont essentiels aux producteurs primaires. Elles aident également à maîtriser la végétation aquatique et à garder l’eau propre en se nourrissant d’animaux morts et en recyclant la matière organique de ces derniers (Gregory et Campbell, 1987). Bien que les effets des tortues sur les stocks de poissons soient négligeables, les tortues peuvent se nourrir d’individus faibles et malades, ce qui a pour effet de conserver la santé et la vigueur des stocks de poissons (Lagler, 1943). Les tortues dispersent les graines de plantes aquatiques (Lagler, 1943), car les graines ayant traversé le corps des tortues demeurent viables. Les tortues contribuent également au contrôle des populations d’invertébrés, notamment les populations de moucherons et de moustiques (Knight et Gibbons, 1968).

Les œufs, les petits et les juvéniles servent de proie au Grand Héron (Ardea herodias fannini) (COSEWIC, 2006). De plus, les populations vivant près de la limite septentrionale de l’aire de répartition, comme la tortue peinte - population de la côte du Pacifique, sont des sources essentielles de variation génétique pour l’adaptation potentielle future aux changements environnementaux et climatiques. Cela est particulièrement vrai dans le cas des populations nordiques qui font face au changement climatique planétaire (Lesica et Allendorf, 1995).

3.6 Facteurs limitatifs

Les facteurs limitatifs, généralement non attribuables à l’homme, comprennent des caractéristiques qui rendent l’espèce ou l’écosystème moins susceptibles de répondre aux activités de rétablissement/conservation (p. ex. dépression de consanguinité, petite taille de la population et isolement génétique).

Faible taux de reproduction

Les tortues peintes sont longévives (≤ 50 ans); leur maturité sexuelle est tardive, et le taux de recrutement annuel/survie des petits est faible (Iverson et Smith, 1993; Blood et Macartney, 1998). Ces caractéristiques découlent des taux de mortalité naturellement élevés et imprévisibles chez les embryons, les petits nouvellement éclos et les juvéniles (Stearns, 1976). Le maintien des populations dépend donc des taux de survie élevés des subadultes et des adultes (Klemens, ed., 2000), et les populations se rétablissent difficilement si le taux de mortalité des adultes est élevé.

Caractère convenable de l’habitat et connectivité de l’habitat limités

Comme l’espèce vit à la limite septentrionale de son aire de répartition, les populations de tortues peintes de la Colombie-Britannique sont contraintes par la quantité limitée d’habitat convenable et par des obstacles géographiques, ce qui les rend très vulnérables aux menaces dues aux activités humaines (c.-à-d. routes et autres facteurs de mortalité attribuables à l’homme) (Blood et Macartney, 1998). Bien que les tortues peintes soient des généralistes de l’habitat aquatique, elles ont besoin d’une combinaison de milieux aquatiques et de milieux terrestres qui sont connectés. Dans plusieurs régions de la côte sud de la Colombie-Britannique, la connectivité de l’habitat est perdue. La création de réseaux routiers denses représente un grave risque de mortalité pour les individus qui tentent de se disperser sur terre entre les sites dont ils ont besoin pour maintenir la dynamique des métapopulations. De plus, les femelles sont attirées dans les zones perturbées par l’homme, comme les routes, pour nicher (Klemens, ed., 2000). La population ne jouit plus que de quelques sites où les aires de nidification naturelles à proximité d’un plan d’eau se trouvent dans des zones dont le couvert forestier est ouvert. La plupart des zones ouvertes adjacentes à des plans d’eau ont été modifiées à des fins d’utilisation par l’homme (plages, digues, sentiers, routes, rampes de mise à l’eau et pelouses). Nombre de ces zones ouvertes modifiées où des tortues nichent actuellement jouent le rôle de puits écologiques pour la population locale, en particulier dans les aires de nidification communales, où la perturbation par l’homme, les animaux domestiques et les prédateurs favorisés par les activités humaines rendent le recrutement limité, voire nul, au sein de la population (Ovaska et Engelstoft, 2009, 2010; Kilburn, 2010).

Distinction génétique

Des études récentes ont révélé la distinction génétique de trois groupes au sein de la population de la côte du Pacifique (Jensen, 2013a, b; Jensen et al., 2014). La conservation de ce caractère distinct limite les possibilités de sauvetage de ces populations en particulier. La dérive génétique, ou consanguinité, est une préoccupation pour les petites populations individuelles (Jensen, 2013a; Frankham et al., 2002), car il y a peu de flux génique entre les sites individuels au sein des groupes génétiques, même entre des sites bien à l’intérieur de l’aire de dispersion de l’espèce (Jensen, 2013a; Jensen et al., 2014). De nombreux sites n’abritent que quelques individus, et la perte de diversité génétique à mesure que des individus disparaissent constitue une menace continue.

4. Menaces

Les menaces découlent des activités ou des processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou pourraient entraîner la destruction, la dégradation et/ou la détérioration de l’entité évaluée (population, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d’intérêt (mondiale, nationale ou infranationale) (Salafsky et al., 2008). Aux fins d’évaluation des menaces, seules les menaces actuelles et futures sont prises en considérationNote de bas de page 21 . Les menaces n’incluent pas les facteurs limitatifs, lesquels sont présentés dans la section 3.6, Facteurs limitatifs.Note de bas de page 22

La plupart des menaces sont liées aux activités humaines, mais elles peuvent aussi être naturelles. L’incidence des activités humaines peut être directe (p. ex. destruction de l’habitat) ou indirecte (p. ex. introduction d’espèces envahissantes). Les effets des phénomènes naturels (p. ex. incendies, inondations) peuvent être particulièrement importants lorsque l’espèce ou l’écosystème est concentré en un lieu ou que les occurrences sont peu nombreuses, parfois à cause des activités humaines (Master et al., 2012). En conséquence, les phénomènes naturels entrent dans la définition de « menace », mais ils doivent être considérés avec prudence. Ces événements stochastiques doivent être considérés comme une menace seulement si une espèce ou un habitat est touché par d’autres menaces et a perdu sa capacité de se rétablir. Dans de tels cas, l’incidence d’un tel événement sur la population serait beaucoup plus grande que l’incidence qu’il aurait eue antérieurement (Salafsky et al., 2008).

4.1 Évaluation des menaces

La classification des menaces présentée ci-dessous est fondée sur le système unifié de classification des menaces de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN; acronyme anglais : IUCN) et du Partenariat pour les mesures de conservation (Conservation Measures Partnership ou CMP) et elle est compatible avec les méthodes utilisées par le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique. Pour une description détaillée du système de classification des menaces, veuillez consulter le site Web The Open Standards (Open Standards, 2014). Les menaces peuvent être observées, inférées ou prévues à court terme. Dans le présent plan, elles sont caractérisées en fonction de leur portée, de leur gravité et de leur immédiateté. L’« impact » d’une menace est calculé selon la portée et la gravité de celle-ci. Pour des précisions sur l’établissement des valeurs, veuillez consulter Master et al. (2012) et les notes au bas du tableau. Les menaces qui pèsent sur la tortue peinte - population de la côte du Pacifique ont été évaluées pour l’ensemble de la province (tableau 2).

Tableau 2 de la partie 2. Tableau de classification des menaces pour la tortue peinte – population de la côte du Pacifique (Chrysemys picta pop. 1) (en date de janvier 2016).
Menace Description de la menace Impacti Portéej Graviték Immédiatetél
1 Développement résidentiel et commercial Moyen Restreinte Élevée Élevée
1.1 Zones résidentielles et urbaines Moyen Restreinte Élevée Élevée
1.2 Zones commerciales et industrielles Faible Petite Extrême Élevée
1.3 Zones touristiques et récréatives Faible Petite Modérée Élevée
2 Agriculture et aquaculture Faible Petite Modérée Élevée
2.1 Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois Faible Petite Modérée Élevée
2.3 Élevage de bétail Faible Petite Modérée Élevée
3 Production d’énergie et exploitation minière Faible Petite Modérée-légère Élevée
3.2 Exploitation de mines et de carrières Faible Petite Modérée-légère Élevée
4 Corridors de transport et de service Moyen Généralisée Modérée Élevée
4.1 Routes et voies ferrées Moyen Généralisée Modérée Élevée
5 Utilisation des ressources biologiques Faible Grande Légère Élevée
5.1 Chasse et capture d’animaux terrestres Faible Grande Légère Élevée
5.3 Exploitation forestière et récolte du bois Faible Restreinte Légère Élevée
5.4 Pêche et récolte de ressources aquatiques Inconnu Grande Inconnue Élevée
6 Intrusions et perturbations humaines Faible Généralisée Légère Élevée
6.1 Activités récréatives Faible Généralisée Légère Élevée
6.3 Travail et autres activités Faible Petite Modérée-légère Élevée
7 Modifications des systèmes naturels Moyen-faible Grande Modérée-légère Élevée
7.2 Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages Moyen-faible Grande Modérée-légère Élevée
7.3 Autres modifications de l’écosystème Faible Petite Légère Élevée
8 Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques Élevé-moyen Généralisée Élevée-modérée Élevée
8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes Élevé Généralisée Élevée-modérée Élevée
8.2 Espèces indigènes problématiques Inconnu Généralisée Inconnue Élevée
9 Pollution Inconnu Généralisée Inconnue Élevée
9.1 Eaux usées domestiques et urbaines Inconnu Généralisée Inconnue Élevée
9.2 Effluents industriels et militaires Inconnu Petite Inconnue Élevée
9.3 Effluents agricoles et sylvicoles Inconnu Restreinte Inconnue Élevée
11 Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents Inconnu Généralisée Inconnue Modérée
11.2 Sécheresses Inconnu Généralisée Inconnue Modérée
11.3 Températures extrêmes Inconnu Grande Inconnue Modérée
11.4 Tempêtes et inondations Inconnu Grande Inconnue Modérée

i Impact - Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. Le calcul de l’impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce ou de la diminution/dégradation de la superficie d’un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %).

j Portée - Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71 à 100 %; grande = 31 à 70 %; restreinte = 11 à 30 %; petite = 1 à 10 %).

k Gravité - Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population) que causera vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations. Pour cette espèce, une durée de génération de 15 ans (COSEWIC, 2006) a été utilisée; la gravité est donc évaluée sur une période de 45 ans (extrême = 71 à 100 %; élevée = 31 à 70 %; modérée = 11 à 30 %; légère = 1 à 10 %).

l Immédiateté - Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); non significative/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.

4.2 Description des menaces

L’impact global des menaces pesant sur l’espèce à l’échelle de la province est très élevé-élevéNote de bas de page 23 . L’impact global des menaces tient compte des impacts cumulatifs de multiples menaces. Les principales menaces sont les suivantes : perte d’habitat aquatique et riverain liée au développement résidentiel, agricole et industriel; expansion des routes et mortalité routière; prélèvement d’individus à des fins de consommation ou de commerce d’animaux de compagnie; espèces non indigènes et envahissantes (tableau 2). Les détails sont présentés ci-dessous, par catégorie de menace de niveau 1.

Menace 1. Développement résidentiel et commercial
1.1 Zones résidentielles et urbaines; 1.2 Zones commerciales et industrielles

La perte d’habitat due au développement de zones résidentielles et commerciales constitue une menace croissante pour la tortue peinte - population de la côte du Pacifique, car la densité de la population humaine augmente dans la région. Cette menace a le plus de gravité dans les basses terres continentales et dans la vallée du Fraser, dans le sud-est de l’île de Vancouver et dans certaines îles Gulf. Dans ces zones, peu de plans d’eau convenables subsistent en raison de la conversion, par le passé, de l’habitat aquatique par le drainage et le remblayage de milieux humides et de lacs peu profonds. La perte d’habitat est un processus continu. Par exemple, dans le lac Kettle, à Langford (île de Vancouver), un projet de développement industriel menace la population locale (Engelstoft, comm. pers., 2015). Pour illustrer le problème, on estime que la perte de milieux humides dans le delta du Fraser atteint 87 % (Boyle et al., 1997). La majeure partie des plans d’eau qui subsistent sont situés dans des parcs urbains et sont isolés par des ensembles urbains étendus, notamment par des maisons et des résidences, des zones commerciales et industrielles, et des routes. De plus, à cause de la concentration des ensembles urbains entourant les plans d’eau restants, l’apport en gros débris ligneux dans l’habitat aquatique est limité, ce qui influe sur les tortues en réduisant leurs possibilités d’exposition au soleil (Annschild, comm. pers., 2010). En plus des effets directs de l’urbanisation se traduisant par la perte d’habitat, le développement résidentiel et commercial cause des menaces additionnelles pour la tortue peinte - population de la côte du Pacifique, notamment : les corridors de transport et de service (menace 4), l’utilisation des ressources biologiques (menace 5), les intrusions et les perturbations humaines (menace 6), les modifications des systèmes naturels (menace 7), les espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques (menace 8), et la pollution (menace 9).

1.3 Zones touristiques et récréatives

De plus, l’installation de quais et d’autres caractéristiques récréatives, comme des plateformes de baignade, peut avoir des effets sur la quantité d’habitat disponible et sur l’utilisation du milieu riverain. Il s’agit d’une préoccupation croissante, en particulier en ce qui concerne la population de la Sunshine Coast, où des utilisateurs de chalets ont été observés en train de construire des plateformes traversant des baies entières sur le lac Sakinaw, mais cette préoccupation croissante touche également d’autres lacs bordés de chalets, comme le lac Ruby et la baie Garden (Welstead, comm. pers., 2016).

Il est possible que des menaces subsistent dans des aires désignées comme des parcs et des aires protégées en raison du développement récréatif. La plupart des municipalités prévoient des règlements qui limitent la perte d’écosystèmes aquatiques, en particulier au moyen de la gestion des parcs. Toutefois, il n’est pas rare que la dégradation de ces écosystèmes aquatiques soit attribuable à de mauvaises pratiques de gestion des cours d’eau et des rives (Bodie, 2001)

Menace 2. Agriculture et aquaculture
2.1 Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois

Les nouvelles méthodes agricoles dans la vallée du Fraser ont tendance à être plus intensives que les méthodes agricoles traditionnelles. Par exemple, les serres de grande taille qui couvrent la plus grande partie d’une propriété peuvent créer une barrière à la dispersion des tortues et rendre le terrain inutilisable comme habitat. De plus, de nombreux agriculteurs utilisent maintenant fréquemment le labourage (ce qui accroît les risques de mortalité ou de blessures) et emploient parfois des matières plastiques pour recouvrir le sol (p. ex. entre les rangs de plants de bleuets) pour lutter contre les mauvaises herbes. Lorsque le sol est recouvert de matériaux imperméables, le terrain perd de son caractère naturel (par rapport au sol exposé), ce qui réduit probablement la dispersion. Cet accroissement de l’utilisation des terres pourrait entraîner des effets dans plusieurs sites (p. ex. Alaksen, ruisseau Marshall, marécage Nicomen). La culture de la canneberge nécessite parfois l’utilisation d’un plan d’eau adjacent pour inonder le terrain à l’automne au moment des récoltes, ce qui peut causer un abaissement du niveau d’eau des cours d’eau occupés (Pitt Addington). La dérivation de cours d’eau aux fins de l’irrigation et de l’excavation ainsi que le remblayage de cours d’eau, qui ont pour effet d’éliminer de l’habitat, sont des pratiques qui ont encore cours dans la région de la côte sud.

2.3 Élevage de bétail

À mesure que la production de bétail accroît, on construit des bâtiments agricoles plus gros qui couvrent plus densément les terres. Cette augmentation de l’infrastructure intensifie la pression exercée par l’utilisation des terres autour des sites occupés par les tortues, ce qui a un effet sur leur dispersion dans le paysage.

Menace 3. Production d’énergie et exploitation minière
3.2 Exploitation de mines et carrières

L’exploitation de carrières est une préoccupation dans plusieurs sites, car les tortues utilisent le substrat pour nicher si la carrière se trouve à proximité d’un habitat occupé, et l’enlèvement de gravier subséquent peut entraîner la mortalité directe des œufs et des petits nouvellement éclos/nouveau-nés. Une carrière et une route associée, près du marécage Nicomen, utilisées pour du matériel d’endiguement sont occasionnellement utilisées comme aire de nidification, et pourraient subir des effets directs (Mitchell, comm. pers., 2014; Welstead, comm. pers., 2016). Dans la vallée Alberni, des carrières de gravier inactives près de lacs occupés par la tortue peinte - population de la côte du Pacifique sont utilisées comme aires de nidification communales. Ces carrières de gravier pourraient être remises en activité dans le futur. L’entreprise de production de gravier est au courant des activités de nidification de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique, et prend actuellement des mesures pour protéger les sites (Engelstoft, comm. pers., 2015).

Menace 4. Corridors de transport et de service
4.1 Routes et voies ferrées

À mesure que la densité de la population humaine augmente, la circulation routière et le réseau routier s’amplifient aussi; le développement d’infrastructures de transport constitue donc une menace croissante. Les corridors de transport et de service restreignent les déplacements entre les habitats et/ou causent une mortalité directe lorsque les tortues se déplacent entre des plans d’eau (Bowne et al., 2006). Cette menace est particulièrement grave le long de la Sunshine Coast inférieure et sur l’île Salt Spring, où des routes sont parallèles à des milieux humides occupés (Annschild, comm. pers., 2015; Evelyn, comm. pers., 2015). La baie Garden, autrefois occupée par plus de 100 tortues, compte aujourd’hui moins de 10 individus. Cette réduction est probablement due à l’accroissement du trafic routier dans la région (Evelyn, comm. pers., 2015). Durant une seule saison de nidification, 17 tortues (fort probablement des femelles nicheuses) ont été tuées dans un segment routier de 50 m près du lagon du lac Ruby (Evelyn, comm. pers., 2015). Le fait d’offrir une plage de nidification de rechange pour les tortues au lac Ruby a fait chuter le taux de mortalité de 1 à 2 tortues par année (Kilburn et al., 2011). Le chemin Dyke est la principale aire de nidification au marécage Nicomen, et des nids ont également été observés dans une aire de demi-tour (Mitchell, comm. pers., 2013; Welstead, comm. pers., 2013). L’entretien mécanique de la végétation et l’utilisation d’herbicides représentent également des préoccupations pour les tortues nicheuses et émergentes, et pour les œufs en incubation. Le chemin Dyke, où la population du marécage Nicomen niche, fait l’objet de travaux de terrassement et d’enlèvement de la végétation à l’aide de machinerie lourde qui pourrait causer accidentellement des blessures ou des cas de mortalité. Les femelles se déplacent généralement sur terre lorsqu’elles cherchent un site de nidification, et la mortalité des femelles sur les routes a un effet démographique négatif marqué (Steen et Gibbs, 2004). Les femelles sont souvent attirées par les talus de routes le long de milieux humides en raison de la présence de sol meuble et de la composition du terrain (gravier), du caractère ouvert de ces sites et de l’absence de végétation (Kolbe et Janzen, 2002). Toutefois, les nids se trouvant le long des routes sont susceptibles de connaître un faible taux de recrutement à cause de l’enfouissement des nids, ce qui entraîne l’écrasement des œufs ou la mort des nouveau-nés en hivernage durant l’entretien régulier des routes, de même que des cas de mortalité routière de petits nouvellement éclos qui quittent les nids au printemps (Klemens, ed., 2000).

Les infrastructures routières causent également des effets indirects en isolant des fragments de populations locales (Hitchings et Beebee, 1997; Knutson et al.,1999). Si les tortues sont incapables de se déplacer de façon sécuritaire entre des parcelles d’habitat en raison de la fragmentation anthropique du paysage et des menaces qui y sont associées, les populations locales éparses deviendront génétiquement isolées avec le temps. Lorsque la disparition d’une parcelle se produit, la colonisation de nouvelles parcelles devient peu probable (Hanski et Simberloff, 1997). Le processus de disparition d’une parcelle est probablement accéléré par des processus tels que l’introduction de maladies si les parcelles contiennent des populations dont la variabilité génétique est limitée (Joyal et al., 2001). Le flux génique entre les populations locales de tortues peintes - population de la côte du Pacifique est limité dans de nombreuses zones (Jensen, 2013a; Jensen et al., 2014). Les raisons expliquant ce phénomène ne sont pas claires, mais, dans certains sites, cela est probablement dû à la connectivité limitée de l’habitat ou à des obstacles à la dispersion.

Les chemins de fer représentent une menace croissante avec l’augmentation du transport de pétrole brut, de propane et de charbon dans la vallée du Fraser. Les ports prennent de l’expansion dans la vallée du Fraser, et le trafic ferroviaire vers les ports devrait quadrupler au cours des 10 prochaines années (Cattaneo, 2014). De plus, au Canada, en 2009, seulement 500 wagons de pétrole brut ont été expédiés par rail; en 2013, 160 000 wagons ont été expédiés (TSB, 2014).Ces activités représentent des risques de mortalité directe pour les tortues qui nichent sur les chemins de fer, comme c’est le cas des déraillements et des déversements, comme cela s’est produit en 2014 au lac Burnaby (Welstead, comm. pers., 2016). La menace pourrait être substantielle là où les rails sont adjacents à des populations (p. ex. marécage Nicomen, Burnaby, Sunshine Coast - lac Ruby).

Menace 5. Utilisation des ressources biologiques
5.1 Chasse et capture d’animaux terrestres

La mesure dans laquelle les œufs, les petits nouvellement éclos, les juvéniles et les adultes de tortues peintes sont prélevés à des fins alimentaires ou comme animaux de compagnie est inconnue. Toutefois, d’après des mentions anecdotiques (propriétaires de terres privées, visiteurs de parcs, naturalistes locaux et recherches sur le Web), il semble que le prélèvement et le déplacement subséquent de tortues d’un site à un autre constituent une menace pour l’espèce dans certains sites de son aire de répartition (p. ex. lac Burnaby, lac Katherine, lac Cranberry). La capture de femelles adultes est très probable, car les femelles se déplacent durant la nidification et se trouvent exposées dans des aires ouvertes. Le prélèvement de femelles adultes d’une population donnée a le potentiel d’entraîner de graves effets sur la taille et la viabilité de la population à long terme (voir la section 3.6, Facteurs limitatifs). Le braconnage d’adultes, observé au lac Deer (Welstead, comm. pers., 2013), est soupçonné au marécage Nicomen (Gielens, comm. pers., 2015). Bien qu’il soit peu probable qu’un autre marché commercial alimentaire important de tortues voie le jour, certains peuples de Colombie-Britannique considèrent toujours les tortues comme une source de nourriture récoltable. On sait que des petits nouvellement éclos ont été prélevés dans un site de la Sunshine Coast (Evelyn, comm. pers., 2009).

5.3 Exploitation forestière et récolte du bois

Les effets de l’exploitation forestière se limitent à quelques sites le long de la Sunshine Coast et dans la vallée Alberni, sur l’île de Vancouver (Ovaska et Engelstoft, 2009; Evelyn, données inédites, 2009). La régularisation des cours d’eau ne demande généralement qu’une zone tampon riveraine de 30 m durant la récolte, ce qui n’est pas suffisant pour protéger l’habitat terrestre nécessaire à la nidification (Semlitsch et Bodie, 2003). De plus, les pratiques forestières demandent habituellement la création de routes, ce qui entraîne des effets liés aux routes pour les populations de tortues dans les sites occupés (voir la menace 4). En amont du marécage Nicomen, un propriétaire foncier défriche sa propriété pour en récolter le bois (Welstead, comm. pers., 2016). Cette extraction non réglementée des ressources peut entraîner de l’érosion, la perte de la zone tampon, de la sédimentation et des géorisques.

5.4 Pêche et récolte de ressources aquatiques

La pêche et l’ensemencement constituent d’autres menaces pour les populations de tortues peintes dans de nombreux sites (North, Klein, Deer, Burnaby, Trout, Aldergrove, Alouette, Errock, Mill, lac Divers, lac Cathers et lacs Como). Des effets découlent de la mortalité directe des petits nouvellement éclos mangés par les poissons, en particulier lorsqu’un stock de géniteurs (poissons matures) est directement relâché (p. ex. lac Mill), et d’autres effets indirects sont observés (voir la menace 6.1, Activités récréatives).

Menace 6. Intrusions et perturbations humaines
6.1 Activités récréatives

Les effets de la perturbation humaine sur les populations de tortues sont le plus prononcés durant la saison de nidification et dans les sites de nidification (Klemens, ed., 2000). La perturbation des femelles nicheuses peut les contraindre à aménager leurs nids dans des milieux pauvres, ce qui nuit à la survie ou à la valeur adaptative (fitness) des œufs et des petits nouvellement éclos (Maltby, 2000). Comme les tortues choisissent des sites ouverts orientés vers le sud pour établir leurs nids, elles font souvent compétition avec les personnes qui font un usage récréatif de ces espaces. Dans plusieurs lacs de la Sunshine Coast, les tortues pondent leurs œufs sur des plages publiques achalandées; ces œufs sont souvent piétinés ou déterrés (Evelyn, comm. pers., 2009). Les animaux de compagnie, en particulier les chiens, représentent aussi une menace dans les sites de nidification. Au lac Burnaby et au lac North, le long de la Sunshine Coast, des chiens ont à plusieurs reprises déterré des nids de tortues sur des plages utilisées pour la nidification (Kilburn, obs. pers., 2011).

Dans le cadre d’une étude réalisée sur 20 ans, deux populations de tortues des bois (Glyptemys insculpta) ont décliné de façon précipitée à la suite de l’ouverture d’une zone autrement éloignée aux activités récréatives humaines, en raison de la mortalité routière de femelles reproductives, de la prédation accrue par des espèces commensales de l’homme (comme les chiens, les ratons laveurs et les mouffettes), et du prélèvement par l’homme d’individus comme animaux de compagnie (Garber et Burger, 1995). Le développement du tourisme a entraîné la perte d’habitat et a accru les effets des intrusions humaines dans les sites occupés par des tortues sur la Sunshine Coast et sur l’île Salt Spring (Evelyn, comm. pers., 2010). L’utilisation de véhicules tout-terrain (VTT) à des fins récréatives nuit à certains sites de nidification des tortues. Par exemple, dans le marécage Nicomen, les tortues nichent le long d’un chemin emprunté par des VTT menant au bord de l’eau (Welstead, comm. pers., 2013). Les randonnées pédestres et le cyclisme le long de sentiers dans des sites occupés pourraient également nuire aux tortues, car les tortues nicheuses utilisent souvent les chemins de gravier (Marchand et Litvaitis, 2004b). Ces activités réduisent souvent le recrutement par la mortalité directe due à la compression du nid lorsque le sol est compacté. De plus, la perturbation durant la nidification a été fréquemment observée au lac Burnaby et dans le marais Buttertubs, où des tortues ont abandonné leurs tentatives de nidification à cause de la présence de piétons et de chiens. La navigation de plaisance représente aussi une menace possible pour la tortue peinte - population de la côte du Pacifique dans certains sites occupés, en raison de la perturbation des tortues qui s’exposent au soleil (Gordon et MacCulloch, 1980).

Les effets indirects de la pêche récréative comprennent les dommages causés à la végétation riveraine par le piétinement et la perturbation durant la nidification et l’exposition au soleil. Par exemple, un pêcheur a été observé en train d’installer une chaise à pique-nique et un parasol sur un site de nidification occupé sur une plage de nidification comportant des panneaux signalant la présence de tortues et une clôture, au lac Burnaby (MacTavish, comm. pers., 2013; Mitchell, comm. pers., 2013). Les effets démographiques de la pêche récréative à bord d’embarcations motorisées et non motorisées sont connus chez plusieurs espèces de tortues d’eau douce, notamment chez la tortue peinte, la tortue géographique (Graptemys geographica) et la tortue à oreilles rouges (Trachemys scripta elegans). Ces effets comprennent des changements dans le comportement d’exposition au soleil (dus au bruit et aux périodes d’éveil des tortues) et des cas de mortalité directe lorsque les tortues ingèrent des hameçons et/ou sont blessées ou tuées par des hélices d’embarcations (Gordon et MacCulloch, 1980; Smith et al., 2006). Les blessures ou la mortalité attribuables aux captures à l’aide d’hameçons représentent une menace dans plusieurs sites. Par exemple, en 2014, trois tortues ont été capturées et emmenées chez le vétérinaire avec des hameçons pris dans leur bouche; deux de ces tortues sont devenues partiellement aveugles par suite de ces blessures (Welstead, comm. pers., 2016). La dernière tortue indigène à avoir été aperçue au lac Como est morte à la suite d’une blessure par un hameçon (Kilburn, comm. pers., 2010).

L’accès accru des humains aux lacs à des fins récréatives pourrait limiter les occasions d’exposition au soleil pour les tortues, accroître la perturbation dans les sites de nidification, et mener à une hausse du prélèvement de ces animaux comme animaux de compagnie (voir la menace 5.1). Plusieurs règlements et approches ont été adoptés dans les diverses municipalités de l’aire de répartition de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique et pourraient être utilisés pour protéger les espèces et les écosystèmes rares et sensibles (Environmental Law Clinic et al., 2007).

6.3 Travail et autres activités

Le dragage et l’élimination mécanique de lys à l’aide de couteaux à lys, de remorqueurs, de moissonneurs ou de lames sont préoccupants dans les lacs Burnaby et Mill. Cette élimination mécanique ne fait pas qu’amoindrir la structure de l’habitat, mais cause aussi la mortalité directe des juvéniles qui s’exposent au soleil à la surface de la végétation.

Menace 7. Modifications des systèmes naturels
7.2 Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages

Les systèmes naturels sont communément modifiés au bénéfice de l’humain dans les paysages dominés par l’homme, et l’on sait que de nombreuses modifications nuisent aux populations de tortues d’eau douce. La gestion de l’eau et la construction de barrages peuvent toutes deux créer de l’habitat, mais peuvent également constituer un risque pour ce dernier. Dans certains sites (p. ex. lac Burnaby), des tortues se sont retrouvées emprisonnées en aval d’un barrage, dans de l’habitat non convenable. La régularisation du débit et du niveau de l’eau peuvent nuire aux tortues d’eau douce en inondant les nids. Ces inondations détruisent les embryons et/ou les petits nouvellement éclos dans les nids, et/ou tuent les tortues en hivernage en les perturbant durant l’hiver (Bodie, 2001). On ignore dans quelle mesure l’exploitation de barrages et la régularisation du niveau de l’eau touchent négativement les tortues dans les plans d’eau faisant l’objet d’une gestion, sur la côte sud de la Colombie-Britannique. Toutefois, comme les tortues ont besoin d’eaux chaudes de faible débit, les changements de débit pourraient entraîner la perte de sites d’hivernage et d’aires d’alimentation/de reproduction.

En plus de l’exploitation de barrages et de la gestion/l’utilisation de l’eau, Bodie (2001) a répertorié huit pratiques de modification des écosystèmes qui ont des effets négatifs sur les tortues d’eau douce dans le monde. Toutes ces pratiques s’appliquent au moins à quelques sous-populations de tortues peintes - population de la côte du Pacifique. Les activités suivantes peuvent endommager l’habitat ou entraîner un écoulement soudain de l’eau ainsi que des modifications sur le plan de la profondeur, ce qui peut nuire aux tortues en hivernage, de même qu’aux sites de nidification et d’exposition au soleil : enlèvement d’amas de billes, dégagement de ponceaux, canalisation artificielle, changements apportés à la vitesse du débit causant souvent une mortalité directe découlant du processus de dragage, réduction des barres de sable et des plages utilisées pour la nidification, stabilisation de zones d’érosion naturelles, et gestion dans le but d’établir des conditions monotypiques, comme cela se fait à certains endroits pour les espèces de poissons, entraînant une faible diversité sur le plan de la géomorphologie des cours d’eau (p. ex. débit et profondeur).

7.3 Autres modifications de l’écosystème

L’élimination de la végétation envahissante (terrestre et aquatique) peut représenter une préoccupation là où cette végétation offre une protection contre les prédateurs (p. ex. ronces) ou crée un obstacle entre les tortues et les perturbations humaines. Le nettoyage de fossés visant à éliminer l’alpiste roseau pourrait accidentellement causer la mortalité de tortues qui utilisent ces fossés pour se déplacer d’un habitat à l’autre.

Le dragage est connu comme étant une pratique très dommageable pour les populations de tortues (Aresco et Gunzburger, 2004). Lorsqu’il est effectué durant l’hiver, il pourrait causer une mortalité importante si les tortues en hivernage ne sont pas adéquatement protégées. Le dragage constitue une préoccupation dans plusieurs sites (marais Lakemount, lac Burnaby, Minnekada). On a souvent eu recours à cette pratique pour accroître les activités récréatives comme la chasse, la pêche et le canotage, mais elle peut aussi être utilisée pour empêcher la succession et le remblayage naturel.

Menace 8. Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques
8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes

Les espèces envahissantes et/ou exotiques représentent une menace pour la survie des tortues peintes - population de la côte du Pacifique, dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce. Plus particulièrement, on sait que les ouaouarons adultes (Rana catesbeiana) se nourrissent de tortues nouvellement écloses; dans les étangs urbains où le taux d’éclosion est probablement déjà faible, ces prédateurs pourraient nuire au recrutement (COSEWIC, 2006; Sloan, 2012). Des données récentes recueillies sur l’île de Vancouver ont confirmé que les ouaouarons consommaient des petits nouvellement éclos de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique, 12 petits nouvellement éclos ayant été découverts dans le contenu stomacal de ouaouarons (Jancowski et Orchard, 2013).

Les tortues à oreilles rouges (Trachemys scripta elegans) sont des tortues de compagnie relâchées dans la nature qui se sont établies dans de nombreux sites un peu partout dans l’aire de répartition de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique (Semproni et Ogilvie, 2007; Mitchell et al., 2013b). Elles sont communément présentes dans les étangs ou les parcs urbains, ou dans d’autres plans d’eau facilement accessibles par l’homme (Bunnell, 2005). Ces tortues cohabitent probablement avec la tortue peinte en Colombie-Britannique depuis les années 1970 (Semproni et Ogilvie, 2007). L’effet de la tortue à oreilles rouges sur la tortue peinte - population de la côte du Pacifique dans les sites où les deux espèces cohabitent est inconnu, mais la compétition pour les ressources (aires de nidification, nourriture et sites d’exposition au soleil) et les effets négatifs de la propagation de maladies sont possibles. En Europe, la tortue à oreilles rouges supplante les tortues indigènes pour les sites d’exposition au soleil (Cadi et Joly, 2003), elles croissent plus rapidement et se reproduisent mieux (Cadi et Joly, 2004). Elles influent également sur l’utilisation de l’espace et la sélection de l’habitat en sécrétant des substances sémiochimiques qu’évitent les tortues indigènes (Polo-Cavia et al., 2008). En Californie, l’introduction de tortues à oreilles rouges a favorisé la propagation d’une infection respiratoire fatale dans une population menacée de tortues de l’Ouest (Emys marmorata) (Spinks et al., 2003). Plusieurs tortues peintes adultes de la côte sud utilisées dans le cadre du programme d’élevage en captivité ont été traitées pour des infections des voies respiratoires (Welstead, comm. pers., 2016). On a observé que des tortues à oreilles rouges se reproduisaient avec succès dans la nature dans le climat nordique de la Colombie-Britannique. Des œufs viables et des nouveau-nés éclos ont été observés en 2013 et 2014. En 2015, il a été démontré que les petits nouvellement éclos sont capables de survivre à l’hiver et d’émerger en bonne santé (A. Mitchell et Welstead, comm. pers., 2016). D’autres espèces de tortues introduites cohabitent avec la tortue peinte, mais à une moindre fréquence : la tortue à tempes jaunes (Trachemys scripta scripta), la tortue peinte du Centre (Chrysemys picta marginata), la tortue peinte du Sud (Chrysemys picta dorsalis), la tortue à dos de diamant (Malaclemys terrapin), la tortue serpentine (Chelydra serpentina), et l’émyde de Reeves (Mauremys reevesii) (Welstead, comm. pers., 2016).

Des preuves génétiques indiquent qu’il y a eu croisement entre des tortues peintes - population de la côte du Pacifique et des tortues peintes non indigènes relâchées (tortues peintes du Centre, du Sud et de l’Est, y compris des tortues peintes intermédiaires) au lac Burnaby, et que ces croisements pourraient représenter une menace dans d’autres sites (p. ex. île PenderNote de bas de page 24  et Alaksen) (Welstead, comm. pers., 2016). Les tortues non indigènes devraient être éliminées, les effets néfastes sur la génétique des tortues pouvant s’étendre bien au-delà des lacs touchés puisque l’on sait que les humains déplacent des tortues d’un lac à l’autre et d’une région à l’autre. En 2013, le pourcentage de tortues hybrides dans le lac Burnaby était de 66 %, mais, après l’élimination des espèces non indigènes, le rapport d’hybridation chez les petits nouvellement éclos était redescendu à 33 % en 2014 (Welstead, comm. pers., 2014). La végétation envahissante aquatique et riveraine pourrait également menacer les populations de tortues peintes. Des plantes aquatiques envahissantes, comme l’iris faux-acore (Iris pseudacorus) et le myriophylle en épi (Myriophyllum spicatum) pourraient étouffer les plantes indigènes utilisées par les tortues pour s’alimenter, nuire aux déplacements des tortues dans leur habitat aquatique, et limiter les possibilités d’exposition au soleil (Marchand et Litvaitis, 2004a). La végétation envahissante dans les milieux riverains, par exemple l’alpiste roseau (Phalaris arundinacea), l’iris faux-acore (Iris pseudacorus) et la ronce discolore (Rubus armeniacus), limitent les possibilités de nidification en remplissant les zones riveraines qui seraient autrement ouvertes et libres de végétation. De manière générale, les tortues évitent les zones végétalisées lorsqu’elles nichent (Marchand et Litvaitis, 2004b), mais si les sites de nidification sont peu nombreux, ou si les sites de nidification se trouvent dans des zones de forte densité humaine ou de forte perturbation par des prédateurs, les tortues pourraient choisir de construire leurs nids à l’intérieur ou à côté de la végétation et de se servir de cette dernière comme couvert pour se protéger de la perturbation humaine (Maltby, 2000). Les nids construits dans des touffes de végétation survivent rarement, car les racines pénètrent dans les œufs et les petits nouvellement éclos qui hivernent (Maltby, 2000; observé aux lacs Nicomen et Burnaby, Welstead, comm. pers., 2016).

8.2 Espèces indigènes problématiques

La prédation des nids constitue une source majeure de mortalité des œufs chez les tortues et, dans les paysages dominés par l’homme, les populations accrues de prédateurs favorisés par les activités humaines peuvent accroître la prédation des nids, dont le taux approche 100 % dans certaines populations locales (Marchand et Litvaitis, 2004a). Les prédateurs favorisés par les activités humaines, comme les ratons laveurs, les mouffettes, les renards, les coyotes, les corbeaux et les corneilles sont des prédateurs généralistes qui sont attirés dans les paysages dominés par l’homme en raison des sources de nourriture accrues (c.-à-d. déchets). Les populations de prédateurs généralistes (en particulier les ratons laveurs) dans ces paysages présentent souvent une densité anormalement élevée (Klemens, ed., 2000). Un taux élevé de prédation des nids de tortues est commun dans les paysages dominés par l’homme, non seulement parce que les populations de prédateurs sont accrues, mais aussi parce que la quantité limitée d’habitat de nidification entraîne une distribution éparse des nids dans les habitats de lisière, que les prédateurs peuvent trouver facilement (Marchand et Litvaitis, 2004a). De plus, comme on le décrit à la menace 5.4, l’ensemencement de poissons peut causer la mortalité directe, car ces derniers se nourrissent de nouveau-nés.

Menace 9. Pollution
9.1 Eaux usées domestiques et urbaines

La plupart des plans d’eau occupés entourés de zones résidentielles sont susceptibles d’être touchés par les effets des eaux usées domestiques et urbaines, et par la pollution et l’envasement des milieux aquatiques. La pollution attribuable aux eaux usées domestiques et urbaines peut accroître l’envasement dans une zone et mener à une réduction de la disponibilité de nourriture. On ignore toutefois, la gravité de cette menace.

9.2 Effluents industriels et militaires

Dans le site occupé par la tortue peinte - population de la côte du Pacifique se trouvant dans la réserve naturelle Great Blue Heron, à Chilliwack, les fuites d’un mur créosoté servant à retenir des billes (installé lors d’opérations militaires passées dans ce site) entraînent une contamination de l’eau par des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) cancérigènes. Chez les tortues, on sait que l’exposition aux HAP cause des dommages chromosomiques, ce qui peut entraîner le développement de tumeurs et des déformations létales comme des scolioses, des déformations de la carapace, des orteils manquants et des déformations de la mâchoire (Matson et al., 2005; Bell et al., 2006). Les dommages génétiques et les déformations causés par les HAP font l’objet d’études menées partout dans le monde pour plusieurs espèces de tortues occupant des sites contaminés (p. ex. tortues serpentines, tortues peintes, cistudes d’Europe et émydes caspiennes) (Matson et al., 2005; Bell et al., 2006). On sait que les cas extrêmes de pollution par des HAP (c.-à-d. déversements de pétrole) entraînent des taux élevés de mortalité chez les tortues (De Lathouder et al. 2009).

9.3 Effluents agricoles et sylvicoles

La pollution attribuable aux pesticides et aux herbicides est préoccupante dans la vallée du bas Fraser (Wan et al., 2005; Woudneh et al., 2009). La contamination de l’eau par les effluents agricoles et sylvicoles peut nuire au succès reproducteur des tortues d’eau douce, ce qui entraîne des anomalies de développement et des perturbations endocriniennes (Crews et al., 1995; Shelby-Walker et al., 2009). Les sites se trouvant à proximité de champs agricoles, comme la réserve nationale de faune d’Alaksen, sont plus vulnérables à la contamination de l’eau par les pesticides et les herbicides (Kilburn et Mitchell, 2011). La pulvérisation d’herbicide à base de glyphosate a été pratiquée sur un important site de nidification du marécage Nicomen en 2013, puis de nouveau en 2014, pendant que les petits nouvellement éclos se trouvaient sous la terre. La toxicité du glyphosate (p. ex. Glypro®) chez les embryons et les petits nouvellement éclos de la tortue à oreilles rouges (Trachemys scripta elegans) a donné lieu à un faible poids à l’éclosion, à des problèmes de redressement et à des dommages génétiques (Sparling et al., 2006). Bien que les risques posés par le glyphosate soient moindres pour les petits nouvellement éclos (car ils sont protégés par le sol tandis qu’ils se trouvent sous la terre), les herbicides pourraient nuire au développement des œufs et aux tortues. Le glyphosate peut persister dans le sol et dans l’eau, en particulier lorsqu’on omet de suivre les directives inscrites sur l’étiquette. Le glyphosate est fortement absorbé dans les particules du sol; sa demi-vie moyenne dans le sol est d’environ deux mois (Tu et al., 2001). L’utilisation de surfactants moins toxiques, comme le LI700®, et l’application manuelle de ces derniers à des moments précis réduisent le contact direct avec les tortues et, par conséquent, les risques pour ces dernières (USFWS, 2010).

Menace 11. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents

Les effets des changements climatiques et des épisodes météorologiques violents sur les populations de tortues sont actuellement inconnus, mais devraient augmenter dans le futur, et sont corrélés avec les prévisions d’autres effets dus aux changements climatiques.

11.3 Températures extrêmes

Comme la détermination du sexe est dépendante de la température chez la tortue peinte - population de la côte du Pacifique, des populations locales entières sont vulnérables aux températures extrêmes et aux fluctuations du taux d’humidité, en particulier en juillet, lorsque le sexe des petits nouvellement éclos est déterminé (Janzen, 1994). Par conséquent, de légères augmentations des températures moyennes de juillet (environ 2 °C) pourraient déséquilibrer le rapport des sexes d’une population locale donnée, et Janzen (1994) avance qu’une hausse moyenne de 4 °C pourrait éliminer la progéniture mâle. Les vagues de chaleur durant l’incubation peuvent entraîner des anomalies morphologiques chez les tortues peintes (Telemeco et al., 2013). La chaleur extrême pendant plus de 60 heures peut causer des anomalies de la carapace. La sélection d’aires ombragées n’a pas permis d’atténuer cette menace, et l’auteur avance que ces anomalies peuvent nuire à la valeur adaptative et à la survie des cohortes touchées. Les effets des changements climatiques sont complexes, car les changements sur le plan des précipitations de pluie, et non uniquement sur le plan des températures, pourraient aussi modifier le rapport des sexes (Leblanc et Wibbels, 2009). De plus, les tortues pourraient être en mesure de se protéger contre les effets des changements climatiques sur le rapport des sexes des petits nouvellement éclos grâce à l’évolution de changements comportementaux (choix des mères quant au moment et à l’endroit de la nidification) (St. Juliana et al., 2004). La gravité de cette menace est inconnue.

11.2 Sécheresses, et 11.4 Tempêtes et inondations

Les changements dans les tendances météorologiques entraînant une hausse des sécheresses, des tempêtes et des inondations pourraient également nuire aux tortues en causant la perte d’habitat et en modifiant leurs habitudes de déplacement. Les conditions de sécheresse pourraient entraîner un déplacement accru des tortues en milieu terrestre, et donc accroître le taux de mortalité dû à la prédation et à la circulation routière (COSEWIC, 2006). Les sécheresses pourraient également causer des abaissements du niveau de l’eau durant l’hivernage, et entraîner ainsi l’exposition des tortues au gel et accroître les risques de prédation pour la tortue peinte - population de la côte du Pacifique. Par ailleurs, la hausse des inondations pourrait causer la noyade des œufs et des petits nouvellement éclos (Bodie, 2001). Toutefois, dans l’éventualité où l’habitat serait déplacé et altéré, la tortue peinte - population de la côte du Pacifique pourrait être en mesure de résister à certains effets des changements climatiques en se déplaçant progressivement vers le nord, à condition que les changements ne soient pas trop rapides (Lesica et Allendorf, 1995).

5. But et objectifs du rétablissemnt

5.1 But en matière de population et de répartition

Le but à long terme (45 ansNote de bas de page 25 ) pour la tortue peinte - population de la côte du Pacifique est d’assurer la présence d’unités démographiques saines et autosuffisantes sur trois générations.

Pour travailler vers l’atteinte du but du rétablissement à long terme (en matière de population et de répartition), le but à moyen terme (10 ans) suivant a été établi :

Le but du rétablissement (en matière de population et de répartition) (au cours des 10 prochaines années) est de maintenir ou d’accroître le nombre d’individus et la répartition des unités démographiques de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique, et de s’assurer que la qualité de l’habitat et la quantité d’habitat demeurent stables ou augmentent, tout en améliorant la survie et le recrutement à l’intérieur de l’aire de répartitionNote de bas de page 26  de l’espèce en Colombie-Britannique.

5.2 Justification du but en matière de population et de répartition

L’étendue historique de l’espèce est inférée à partir de la répartition actuelle de l’espèce et des données historiques relatives à l’occurrence. Les cibles quantitatives sont donc fondées sur les mentions d’occupation et les mentions historiquesNote de bas de page 27 . Le but est de maintenir ou d’accroître le nombre d’individus et la répartition des unités démographiques de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique, de même que son habitat. Toutefois, dans certains cas, il n’est pas possible de remettre en état l’habitat dans des zones précises au sein des unités démographiques. Dans ces circonstances, le rétablissement aura lieu à l’intérieur de l’aire de répartition de l’espèce dans des endroits plus convenables au moyen de l’introduction/de la relocalisation d’individus dans ces sites plus convenables. Par exemple, l’étang Lafarge n’est pas actuellement un site viable pour la tortue peinte, car il s’agit d’un bassin de retenue des eaux pluviales servant à la canalisation et à la décantation des eaux de ruissellement polluées provenant des routes. Un site de rechange sera donc choisi dans la même zone si ce site ne peut pas être remis en état, ce qui fera en sorte que l’on conserve le nombre net de « sites » déterminé en fonction des cours d’eau ou plans d’eau occupés. Le COSEPAC (COSEWIC, 2006) avance que la conversion de milieux humides et l’urbanisation rapide qui se sont accélérées depuis le début du 20e siècle ont causé une disparition massive de populations locales et ont entraîné l’isolement des populations locales restantes. Par conséquent, des interventions telles que la gestion des populations sont nécessaires pour maintenir les populations restantes dans la majeure partie de l’aire de répartition de l’espèce.

Pour maintenir ou accroître le nombre d’unités démographiques, quatre scénarios sont appliqués (voir l’annexe 1) :

  • Sites existants actuellement occupés - maintenir ou accroître l’effectif lorsque la population est petite ou en déclin.
  • Sites historiques où la présence de tortues génétiquement indigènes n’a pas été confirmée depuis plus de 40 ans - réintroduction.
  • Sites occupés où l’habitat est aujourd’hui non convenable à la viabilité de la population - une relocalisation pourrait être nécessaire.
  • Habitat de rétablissement - les sites comportant de l’habitat convenable sont des endroits candidats à l’introduction de tortues génétiquement indigènes.

Les cibles minimales en matière de viabilité de la population sont actuellement inconnues, mais, d’après la littérature, on s’entend généralement pour dire que le nombre minimal d’individus requis pour assurer la persistance génétique à long terme de la plupart des espèces est probablement de plusieurs milliers (Traill et al., 2007) à l’intérieur de leur aire de répartition. Des recherches additionnelles étayeront les cibles minimales en matière de viabilité de la population pour cette espèce dans le futur.

Le but du rétablissement est établi dans un cadre de gestion adaptative avec un programme appliqué sur 10 ans pour délimiter l’aire de répartition actuelle, restaurer la viabilité des sites et de la population, suivre les tendances et atténuer les menaces. Ce programme sera suivi par un programme de mise en œuvre du rétablissement à long terme visant à assurer la persistance de la population au cours des 45 prochaines années.

5.3 Objectifs de rétablissement

L’échéancier suggéré pour atteindre le but du rétablissement à moyen terme est de 10 ans. Les méthodes utilisées entre-temps pour mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs de rétablissement sont énumérées à la section 8. Les objectifs de rétablissement devraient être réévalués tous les 5 ans et mis à jour à mesure que de nouveaux renseignements sont disponibles.

Le présent plan de rétablissement comprend les six objectifs suivants :

  • ProtégerNote de bas de page 28  et remettre en état l’habitat, ses éléments et sa connectivitéNote de bas de page 29  dans toutes les unités démographiquesNote de bas de page 30  récupérablesNote de bas de page 31  et nouvelles.
  • Mettre en œuvre des mesures de gestion des populationsNote de bas de page 32  et d’atténuation des menaces pour stabiliser ou accroître les taux de recrutement et de survie à tous les stades vitaux, au besoin, tout en maintenant la distinction génétique des populations de la côte du Pacifique.
  • Gérer les espèces envahissantes/non indigènes pour améliorer la survie des tortues indigènes, limiter la reproduction avec des tortues non indigènes (conserver l’intégrité génétique), atténuer la transmission de maladies, et réduire la compétition pour les ressources.
  • Recenser les nouvelles aires et clarifier la répartition de l’espèce pour empêcher la perte accidentelle de populations n’ayant pas encore été découvertes.
  • Suivre les tendances des populations et l’état de l’habitat pour évaluer l’efficacité des mesures de rétablissement.
  • Effectuer des recherches sur le cycle vital, la dynamique historique de la répartition des populations et l’utilisation de l’habitat par l’espèce, et préciser les menaces auxquelles font face ces populations de manière à ce que des mesures de conservation appropriées puissent être prises pour améliorer de façon adaptative les activités de conservation et de rétablissement.

6. Approches pour l’atteinte des objectifs de rétablissement

6.1 Mesures déjà achevées ou en cours

Les mesures suivantes ont été catégorisées suivant les groupes de mesures du cadre de conservation de la Colombie-Britannique (B.C. Ministry of Environment, 2010). L’état d’avancement des groupes de mesures visant cette espèce est indiqué entre parenthèses.

Élaboration du rapport de situation (terminée)
  • Rapport du COSEPAC terminé (COSEWIC, 2006). Mise à jour attendue en 2015.
Transmission au COSEPAC (terminée)
  • La tortue peinte de l’Ouest (Chrysemys picta bellii) a été désignée espèce en voie de disparition (COSEWIC, 2006). Réexamen effectué en 2015.
Inscription à la Wildlife Act
  • La tortue peinte est inscrite à la Wildlife Act de la Colombie-Britannique, et les individus sont donc protégés juridiquement sur les terres publiques provinciales et municipales; il est illégal de les manipuler, d’en faire le commerce, de les déplacer ou de les perturber de quelque autre façon sans être titulaire d’un permis.
Planification (terminée)
  • Le plan de rétablissement de la Colombie-Britannique est terminé (présent document, 2015).
Protection de l’habitat et intendance des terres privées (en cours)
  • Parmi les sites connus occupés par la tortue peinte - population de la côte du Pacifique, la majeure partie de la zone principale se trouve à l’intérieur d’un parc ou d’une aire protégée gérée par les gouvernements fédéral ou provincial et les administrations régionales et municipales. Les autres sites se trouvent sur des terres privées qui ne sont pas déjà protégées (~ 36 %, p. ex. lac Livingstone, zones entourant le lac Ruby, etc.).
  • Le document intitulé Guidelines for Amphibian and Reptile Conservation during Urban and Rural Land Development in British Columbia (2014): A companion document to Develop with Care 2012 présente des pratiques de gestion exemplaires visant l’habitat de la tortue peinte.
  • La tortue peinte - population de la côte du Pacifique est inscrite à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Les individus et leur résidence (habitat de nidification et d’hivernage) sont donc entièrement protégés sur le territoire domanial aux termes de la LEP. Dans l’aire de répartition de la tortue peinte (population de la côte du Pacifique), cette protection ne s’applique qu’aux portions des populations se trouvant dans la réserve nationale de faune d’Alaksen, dans le marécage Nicomen, à Silvermere ainsi que dans la réserve naturelle Great Blue Heron, dans les basses terres continentales/vallée du Fraser. Dans le futur, cette protection pourrait inclure le lac Greenburn, dans le sud de l’île Pender, si la présence d’une population de la côte du Pacifique y est confirmée ou si cet emplacement devient un site d’introduction.
  • Comme la tortue peinte figure dans la Wildlife Act de la Colombie-Britannique, les individus jouissent d’une protection juridique sur les terres publiques provinciales et municipales. Aux termes de la Loi, il est illégal de les manipuler, d’en faire le commerce, de les déplacer ou de les perturber de quelque autre façon sans être titulaire d’un permis. Les milieux humides se trouvant sur des terres de la Couronne qui ne sont pas déjà protégées en tant que parcs jouissent de divers degrés de protection en ce qui a trait à la perte et à la dégradation de l’habitat, en fonction de leur superficie, de leur emplacement et de la configuration du paysage. Le Riparian Areas Regulation, la Fish Protection Act et la Water Sustainablity Act de la Colombie-Britannique s’appliquent aux terres privées et à l’utilisation privée de terres de la Couronne.
  • Une collaboration continue avec les éleveurs de bétail locaux est assurée afin d’atténuer les effets de l’exploitation des fermes d’élevage à Nicomen, et on installe des clôtures pour protéger l’habitat riverain.
  • La radiotélémétrie est utilisée pour étudier les habitudes d’hivernage, l’utilisation de l’habitat et les habitudes de déplacement des tortues peintes adultes et juvéniles - population de la côte du Pacifique (depuis 2013) sur la Sunshine Coast et dans la vallée du Fraser.
  • Des recensements visant les nids sont effectués, et une mesure continue de la température est assurée dans les sites de nidification connus au lac Burnaby et au marécage Nicomen dans le but de préciser les besoins en matière d’habitat et de recueillir des données sur le moment et le succès de la nidification, en tenant compte de la fluctuation des conditions, d’une année à l’autre (depuis 2013).
Remise en état de l’habitat et intendance des terres privées (en cours)
  • Plus de 12 sites de nidification le long de la Sunshine Coast, dans les basses terres continentales et à Nanaimo ont été créés dans plusieurs sites pour inciter les tortues à s’éloigner des accotements des routes dans le but d’atténuer la menace 4 (Corridors de transport et de service).
  • Des panneaux de signalisation ont été installés pour avertir les conducteurs de ralentir à proximité de plus de 10 sites de nidification de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique (p. ex. lac Lily, lac Trout, baie Garden, marécage Nicomen, lac Divers à Nanaimo, et marais Buttertubs).
  • Des initiatives de sensibilisation et d’éducation sont en cours afin d’informer le public au sujet de l’interdiction de prélever des tortues pour en faire des animaux de compagnie.
  • Le problème des intrusions humaines est actuellement abordé dans plusieurs sites de nidification par la mise en valeur des sites et par l’installation de clôtures visant à atténuer les perturbations.
  • Des billes servant à l’exposition au soleil ont été installées dans de nombreux sites où l’habitat d’exposition au soleil était limité.
  • La tortue peinte - population de la côte du Pacifique fait partie des programmes publics de sensibilisation et d’éducation (projet de communication avec les propriétaires fonciers) de l’Habitat Acquisition Trust (île de Vancouver et certaines îles Gulf), de la Salt Spring Island Conservancy (île Salt Spring), du Coastal Western Painted Turtle Project (vallée du Fraser et partie supérieure de la Sunshine Coast), et de la Ruby Lake Lagoon Nature Reserve Society (Sunshine Coast).
Gestion de l’espèce et des populations (en cours)
  • L’application de la loi à l’échelle provinciale est en cours dans le but d’atténuer la quantité de ventes illégales de tortues non indigènes dans les animaleries (Welstead, comm. pers., 2016).
Élevage/reproduction en captivité et augmentation des effectifs/translocation des populations :
  • Le programme de lâcher de juvéniles, d’abord mis en place et testé sur la Sunshine Coast en 2012, a connu un grand succès. Le programme a mis l’accent sur la hausse de l’effectif des populations dans la vallée du Fraser, et les premiers lâchers ont eu lieu en 2014 dans 4 sites, parallèlement à des études télémétriques visant à suivre le déplacement et la survie des individus. En 2016, 11 unités démographiques ont fait l’objet d’une réintroduction ou d’une augmentation des effectifs (voir l’annexe 1).
  • Des initiatives de sensibilisation et d’éducation sont en cours afin d’atténuer les effets potentiels des espèces envahissantes et visent à informer le public qu’il ne faut pas relâcher des tortues à oreilles rouges ou d’autres espèces de tortues dans la nature.
  • Des exclos anti-prédation sont utilisés autour des nids à haut risque et permettent avec succès d’empêcher la prédation au marécage Nicomen et au lac Burnaby (depuis 2010).
  • Les tortues peintes non indigènes (p. ex. tortues peintes du Centre) ainsi que d’autres espèces (p. ex. tortues à oreilles rouges) sont éliminées des lacs où le rétablissement des tortues peintes est prioritaire (depuis 2013).
  • Des enregistreurs de données sur la température et l’humidité ont été installés dans des sites de nidification connus de l’île de Vancouver, sur la Sunshine Coast, sur l’île Texada, et dans les basses terres continentales. Les tendances des températures/de l’humidité du sol (potentiel hydrique) au fil du temps seront suivies dans les sites de nidification afin de commenter les changements du climat et des conditions météorologiques dans le temps, et potentiellement d’effectuer des comparaisons avec les priorités en matière de démographie et de recrutement des populations (depuis 2013).
Répartition actuelle de l’espèce :
  • Depuis 2007, des recensements visant à mieux comprendre la répartition de l’espèce ont été entrepris dans plusieurs sites un peu partout dans l’aire de répartition de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique, et les mentions d’occurrence ont été mises à jour. Nous sommes passés de seulement 4 sites connus en 2006 à plus de 80 en 2014.
Démographie de la population :
  • Un programme de marquage-recapture est en cours dans plusieurs sites pour déterminer la démographie de la population et pour évaluer plus justement les menaces pesant sur la tortue peinte - population de la côte du Pacifique (depuis 2013; Welstead, comm. pers., 2016).
  • Le suivi du nombre de cas de mortalité routière et des endroits où ces cas de mortalité se produisent est en cours sur la Sunshine Coast et à Victoria (Evelyn, comm. pers., 2014).
  • Un suivi des nids et des sites de nidification connus est effectué pour quantifier la prédation des nids et le recrutement des petits nouvellement éclos (Welstead, comm. pers., 2016).
Génétique de la population :
  • Un protocole d’échantillonnage sanguin des tortues aux fins de travaux sur la génétique de la population est achevé.
  • Une évaluation génétique en cours se penche sur la composition et le caractère unique de l’unité démographique de la côte sud (Welstead, comm. pers., 2016; en cours).

6.2 Tableau de planification du rétablissement

Tableau 3 de la partie 2. Mesures de rétablissement pour la tortue peinte – population de la côte du Pacifique en Colombie-Britannique.
Mesures de rétablissement Objectif Mesures pour atteindre les objectifs Menacesm ou préoccupations visées Prioritén
Protection de l’habitat 1 Protéger et maintenir l’aire de répartition et la qualité de tous les habitats de survie/rétablissement. Conserver l’effectif et l’aire de répartition des unités démographiques, y compris dans les sites occupés et dans les sites potentiels de rétablissement. Diriger les activités de développement loin des zones se trouvant à l’intérieur de la zone principale ou de zones terrestres adjacentes. Là où les sites ne sont pas récupérables, chercher des habitats de rétablissement de rechange afin de maintenir ou d’accroître l’effectif des unités démographiques (minimum de 37). 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9 Essentielle
Protection de l’habitat 1, 2, 4 Atténuer les menaces directes et indirectes pesant sur les habitats de survie et de rétablissement et les menaces ayant des effets sur la survie. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9 Essentielle
Protection de l’habitat 1 Favoriser une approche d’ intendance commune en fournissant des définitions spatiales/cartes des habitats de survie et de rétablissement aux agences concernées et aux utilisateurs des terres pour étayer la planification de l’utilisation du territoire et les décisions qui en découlent afin d’éviter et d’atténuer les effets du développement urbain, industriel ou agricole. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9 Essentielle
Protection de l’habitat 1 S’assurer que les projets de développement entrepris aux termes de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (2012), du Riparian Area Regulation ou de toute autre loi/politique utile font en sorte d’éviter et/ou d’ atténuer les effets sur la tortue peinte dans la zone principale et la zone terrestre adjacente. Élaborer des lignes directrices détaillées sur les pratiques de gestion exemplaires afin de fournir les meilleures données scientifiques utiles aux travaux menés à l’intérieur et autour des habitats de survie et de rétablissement. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9 Nécessaire
Protection de l’habitat 1 S’assurer que la qualité de l’eau et que la quantité d’eau sont maintenues ou améliorées dans tous les sites. S’assurer que les changements dans les conditions hydrologiques sont limités ou améliorés dans le but de protéger ou de rétablir les habitats d’alimentation, d’hivernage et d’exposition au soleil. 7, 9 -
Protection de l’habitat 1 Dans les zones récréatives, limiter les dommages causés à l’habitat de survie par l’érosion et la destruction de la végétation riveraine; restreindre les activités récréatives intensives et l’utilisation d’embarcations motorisées le long des cours d’eau occupés. 6 Nécessaire
Protection de l’habitat 4 Effectuer des relevés dans tous les sites convenables restants sur la côte sud de la Colombie-Britannique, et mettre à jour les cartes de l’aire de répartition. Lacune dans les connaissances Nécessaire
Protection de l’habitat 2, 5 Effectuer une surveillance biannuelle dans tous les sites occupés à l’aide de relevés des tortues s’exposant au soleil ainsi que d’études de marquage-recapture additionnelles afin de faire le suivi de la démographie de la population dans les sites faisant l’objet d’une gestion active de la population. Effectuer une surveillance annuelle des nids dans les sites prioritaires. Examiner les tendances des populations et évaluer l’état de l’habitat. Lacune dans les connaissances Essentielle
Protection de l’habitat 1, 5 Surveiller les éléments des habitats de survie et de rétablissement et réagir aux indices de dégradation, au besoin. Toutes les menaces Essentielle
Protection de l’habitat 5, 6 Décrire et suivre (dans le cas des menaces et des changements) les caractéristiques biophysiques, chimiques et microclimatiques des habitats saisonniers dans les sites actuellement occupés, historiques et nouvellement établis, et produire des rapports sur ces dernières. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 Lacune dans les connaissances Nécessaire
Remise en état de l’habitat 1 Remettre en état/gérer l’habitat de manière à s’assurer que celui-ci demeure convenable pour la tortue peinte. Limiter ou éliminer les menaces qui réduisent le caractère convenable ou la connectivité de l’habitat. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9 Essentielle
Remise en état de l’habitat 1 Améliorer, étendre et/ou restaurer la zone, l’étendue et la qualité des habitats saisonniers occupés (p. ex. sites de nidification, sites de brumation, sites d’exposition au soleil, aires d’alimentation et habitat de dispersion/connexion) dans les sites occupés et les sites de rétablissement. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9 Essentielle
Remise en état de l’habitat 1 Là où cela est possible, protéger l’habitat de connexion entre les sites occupés afin de restaurer la dynamique naturelle de migration. Assurer une coordination avec les districts régionaux, les municipalités et les détenteurs de droits de coupe afin de promouvoir la connectivité entre les milieux riverains à l’aide d’une planification à l’échelle du paysage. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9 Bénéfique
Remise en état de l’habitat 1, 2, 5 Suivre et restaurer (au besoin) la qualité de l’eau. Accroître le degré de conformité aux règlements afin d’améliorer la qualité de l’eau. Suivre la qualité de l’eau ainsi que la quantité d’eau (niveaux) en partenariat avec les agences concernées pour s’assurer que les eaux sont dans un état hydrologique naturel. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9 Nécessaire
Remise en état de l’habitat 1, 5 Élaborer des lignes directrices visant la remise en état de l’habitat et rendre ces dernières accessibles aux gestionnaires des parcs, aux intervenants, aux organismes de financement, et aux agences (p. ex. MPO, Habitat Conservation Trust Fund) pour qu’elles soient mises en œuvre de manière à éviter les effets accidentels durant les travaux de mise en valeur visant d’autres espèces. 6, 7 Essentielle
Remise en état de l’habitat 1 Améliorer/créer des aires de nidification convenables loin des routes ou d’autres zones où le taux de mortalité des tortues ou des nids/petits nouvellement éclos est élevé en éliminant la végétation et en installant des clôtures et/ou des cages protégeant les nids pour limiter les perturbations causées par les humains, les animaux domestiques et les prédateurs favorisés par les activités humaines pour les femelles nicheuses et les nids. 4, 3, 6, 8 Nécessaire
Remise en état de l’habitat 1 Restaurer ou améliorer les sites d’exposition au soleil et les sites d’hivernage (p. ex. installer et ancrer des billes/gros débris ligneux pour l’exposition au soleil là où le nombre de sites d’exposition au soleil convenables est limité, tout en veillant à ne pas entraver les besoins en matière de drainage). 1, 2 Essentielle
Remise en état de l’habitat 1, 5, 6 Suivre et évaluer les habitats nouvellement créés et mis en valeur afin de s’assurer que ceux-ci sont efficaces (p. ex. nouveaux sites de nidification ne produisant pas des rapports de sexes déséquilibrés). Toutes les menaces; lacunes dans les connaissances Bénéfique
Gestion des populations 2, 3 Appliquer la Wildlife Act en ce qui concerne l’importation, le trafic, le braconnage et la possession de tortues (p. ex. cibler les commerces qui vendent illégalement des tortues non indigènes). 5, 6 Essentielle
Gestion des populations 2, 3 Cesser l’ensemencement de poissons non indigènes dans les lacs où se trouvent des populations en rétablissement et où les effets de la compétition, de l’hameçonnage, de la perturbation et de la perte d’habitat ne peuvent pas être atténués efficacement. 8 Nécessaire
Protection de tous les stades vitaux et augmentation des effectifs 2 Atténuer les menaces directes et indirectes pesant sur les adultes, les petits nouvellement éclos, les nouveau-nés et les œufs. Facteurs limitatifs; toutes les menaces Essentielle
Protection de tous les stades vitaux et augmentation des effectifs 2 Améliorer le recrutement dans tous les sites où les nids sont habituellement touchés et en péril par le lâcher de nids et de juvéniles. Obtenir des œufs de tortue provenant de zones à haut risque, incuber les œufs, et relâcher les petits nouvellement éclos. Facteurs limitatifs; toutes les menaces Essentielle
Protection de tous les stades vitaux et augmentation des effectifs 2 Effectuer un élevage en captivité pour augmenter l’effectif dans les sites où il y a peu d’individus indigènes ou là où le rapport des sexes est déséquilibré et où le recrutement est nul ou limité, ou pour améliorer la composition génétique. Augmenter l’effectif des populations en déclin afin d’accroître la productivité et de restaurer les populations connues/historiques, et restaurer ou améliorer la représentation génétique. Facteurs limitatifs; toutes les menaces Essentielle
Protection de tous les stades vitaux et augmentation des effectifs 2, 3 Mener des analyses génétiques pour estimer la taille effective de la population, les taux de dispersion, le mélange entre les populations, et les degrés de parenté. Facteurs limitatifs; toutes les menaces Nécessaire
Protection de tous les stades vitaux et augmentation des effectifs 2 Réintroduire les tortues dans les sites où elles étaient présentes historiquement, mais d’où elles sont localement disparues. Accroître le nombre de tortues relâchées dans les sites où les populations sont petites et/ou en déclin. Introduire des tortues relâchées dans les sites de rétablissement s’il n’est pas possible de remettre en état les sites existants ou si ces derniers présentent des risques élevés (p. ex. sites aménagés impossibles à remettre en état). Petites populations; facteurs limitatifs Bénéfique
Atténuation de la mortalité directe 2 Recenser et prioriser les sites où la mortalité routière et les aires de nidification non sécuritaires/non convenables sont de la plus haute préoccupation. Travailler avec le ministère des Transports dans les zones hautement prioritaires pour y installer des panneaux de signalisation indiquant le passage de tortues et/ou pour trouver d’autres moyens de ralentir la circulation routière. Installer des clôtures le long des accotements pour limiter les déplacements des tortues d’un côté à l’autre des routes dans le but d’atteindre des aires de nidification d’origine, mais non sécuritaires. Fournir des aires de nidification de rechange pour dissuader les tortues nicheuses d’aller vers les zones présentant de hauts risques. 4, 6 Essentielle
Atténuation de la mortalité directe 1, 2 Atténuer les effets liés à l’exploitation de carrières et à l’entretien des routes. 3, 4 Essentielle
Atténuation de la mortalité directe 1, 2 Travailler avec la commission responsable de l’endiguement pour déterminer le moment et les méthodes appropriés pour mener des activités d’élimination de la végétation ne faisant pas appel à l’utilisation de pesticides ou d’herbicides. 9, 7 Essentielle
Atténuation de la mortalité directe 1, 2 Atténuer les perturbations attribuables aux piétons dans les sites de nidification en réaménageant les sentiers, en créant des plages de nidification de rechange et/ou en installant des barrières. 6 Essentielle
Atténuation de la mortalité directe 1, 2 Réduire le nombre de blessures et de cas de mortalité attribuables aux pêches ou à d’autres activités récréatives (embarcations motorisées) en délimitant les zones interdites. 5, 6 Essentielle
Atténuation de la mortalité directe 2 Mettre en place des mesures de protection des nids pour améliorer la survie et le recrutement en réduisant la prédation et les effets physiques dans tous les nids en péril. 8 Essentielle
Atténuation de la mortalité directe 1, 2 Réaménager les sentiers empruntés par les VTT et modifier l’emplacement des rampes de mise à l’eau, ou offrir des aires de nidification de rechange. 6 Essentielle
Atténuation de la mortalité directe 2, 3 Étudier les effets du relâchement d’animaux domestiques, de l’ensemencement et des ouaouarons sur les tortues peintes. 8 Bénéfique
Atténuation de la mortalité directe 3, 6 Lutter contre la tortue à oreilles rouges et les autres espèces de tortues non indigènes (en particulier les autres tortues peintes non indigènes [du Sud, de l’Est et du Centre]) dans les zones préoccupantes sur le plan de la conservation. Mener des relevés démographiques et éliminer les espèces envahissantes et les individus hybrides des populations afin d’assurer le rétablissement génétique et de maintenir le caractère unique des sous-populations côtières (p. ex. lac Burnaby et site de rétablissement potentiel sur l’île Pender). Étudier la transmission de maladies et la compétition pour les ressources livrée par les espèces envahissantes. 8 Essentielle
Atténuation de la mortalité directe 3 Suivre les populations de ouaouarons et mettre en place des mesures de lutte et réduire l’effectif des populations, là où cela est possible. Réduire le caractère convenable de l’habitat pour les ouaouarons. Publier des messages de sensibilisation incitant à ne pas déplacer les ouaouarons ou les autres espèces non indigènes. 8 Nécessaire
Atténuation de la mortalité directe 3, 5 Évaluer et suivre les menaces posées par les parasites et les maladies. 8 - Lacune dans les connaissances Nécessaire
Atténuation de la mortalité directe 5 Établir un suivi des populations dans tous les sites occupés pour estimer les paramètres de base des populations à l’aide de méthodes de capture-marquage-recapture, de radiotélémétrie et d’autres méthodes adéquates. Le suivi du succès de la nidification, des taux de prédation, et de la santé et de la démographie des populations aideront à évaluer la viabilité à long terme d’une population. Lacune dans les connaissances Nécessaire
Atténuation de la mortalité directe 1, 6 Suivre les effets du changement climatique sur les tortues peintes en surveillant la température et l’humidité dans les sites de nidification, et la démographie des populations. Il est essentiel d’établir une corrélation entre le recrutement des juvéniles et la démographie des populations avec les régimes climatiques au fil du temps pour déterminer les effets des changements climatiques sur la détermination du sexe chez les tortues, et pour comparer les tendances de déplacement avec les phénomènes météorologiques violents (inondations et sécheresses). 11 Lacunes dans les connaissances Nécessaire
Atténuation de la mortalité directe 6, 3 Continuer de mener des études génétiques pour déterminer l’ampleur du mélange génétique, des introductions de tortues et de l’isolement des populations. Ces travaux sont requis pour gérer et maintenir des groupements génétiques indigènes et pour orienter les activités de conservation visant à restaurer la diversité génétique. Il est nécessaire de faciliter les réintroductions futures dans les sites historiques et dans les sites remis en état/créés. 8 Nécessaire
Atténuation de la mortalité directe 4, 6 Inventorier les recherches et améliorer les méthodes visant à détecter la présence de tortues peintes dans des réseaux de milieux humides pour être en mesure de gérer l’espèce (p. ex. ADN environnemental, caméras, etc.) et d’étendre les zones de recensement, notamment sur l’île Quadra, dans le corridor Sea-to-Sky, sur l’île Bowen, etc.   Essentielle
Intendance des terres 1 Élaborer, promouvoir et mettre en œuvre des pratiques de gestion exemplaires visant la tortue peinte et inclure des recommandations en matière de gestion qui aideront à assurer une protection efficace, à réduire les effets sur l’habitat de survie, et à restaurer les éléments de l’habitat. 1, 3, 4, 5, 6, 7, 8 Essentielle
Intendance des terres 1, 2, 3 Travailler avec tous les ordres de gouvernement, les gestionnaires des terres (y compris les gouvernements municipaux et régionaux), et les propriétaires de terres privées pour étayer et favoriser les pratiques exemplaires et s’assurer de la conformité relative à la qualité de l’eau, aux propriétés hydrologiques et aux pratiques d’utilisation du territoire. 1, 2, 3, 4, 6, 7, 9 Nécessaire
Intendance des terres 1 Élaborer et mettre en œuvre des plans de gestion des sites en collaboration avec les gestionnaires/utilisateurs/propriétaires de terres en ce qui concerne les sites occupés faisant face à des menaces propres aux sites, et élaborer des mesures d’atténuation propres aux sites. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 Lacunes dans les connaissances Nécessaire
Intendance des terres 1 Travailler individuellement avec les propriétaires/gestionnaires de terres consentants pour atténuer les menaces (p. ex. installation de clôtures en zones riveraines pour empêcher les perturbations par les humains, les animaux domestiques et le bétail; réduction de la pollution). Là où les propriétaires fonciers sont consentants, mettre en œuvre des conventions de conservation ou des ententes d’intendance officielles. 1, 2, 7, 8, 9 Nécessaire
Intendance des terres 4, 5 Encourager les groupes de conservation et les résidents locaux à participer au recensement des tortues (relevés d’occurrence et relevés des nids) sur les terres privées. Poursuivre l’élaboration du programme de surveillance volontaire des nids. Lacunes dans les connaissances Bénéfique
Gestion de l’information et sensibilisation 1, 5 Maintenir une base de données à jour et une carte délimitant l’habitat de survie et de rétablissement qui soit facilement accessible à tous les ordres de gouvernement et aux autres gestionnaires des terres afin de prévenir les effets accidentels sur l’habitat de la tortue peinte. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9 Essentielle
Gestion de l’information et sensibilisation 1 Solliciter l’appui du public et des intervenants pour les activités de rétablissement en accroissant la compréhension et en faisant la promotion du comportement responsable en matière de conservation des milieux humides et des amphibiens, auprès de tous les ordres de gouvernement, des groupes d’histoire naturelle, des volontaires, du grand public et des propriétaires de terres privées. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9 Nécessaire
Gestion de l’information et sensibilisation 2 Mettre en place des panneaux d’interprétation dans les sites publics hautement prioritaires, en particulier près des aires de nidification afin d’atténuer les menaces découlant des activités humaines, et encourager le signalement des observations de tortues.   Bénéfique
Planification Toutes les menaces Collaborer avec les biologistes spécialistes de la conservation et les équipes de rétablissement de l’État de Washington et de l’Oregon à l’évaluation et à la planification de la remise en état de l’habitat, et à la mise en œuvre des mesures de rétablissement. Lacunes dans les connaissances Nécessaire

m Les numéros des menaces sont ceux de la classification de l’IUCN-CMP (voir le tableau 3 pour les détails).

n Essentielle (urgente et importante; la mesure doit être prise immédiatement); nécessaire (importante, mais non urgente; la mesure peut être prise dans les 2 à 5 prochaines années).

6.3 Commentaires à l’appui du tableau de planification du rétablissement

Gestion de l’espèce et de la population

Des études récentes ont révélé la distinction génétique de trois groupes de tortues peintes - population de la côte du Pacifique (Jensen, 2013a; Jensen et al., 2014). La conservation de ce caractère distinct limite les possibilités d’immigration de source externe pour les populations et signifie que chaque groupe doit être géré et protégé avec soin. Le maintien du caractère distinct de chaque groupe génétique empêche la restauration des populations dans les zones menacées à l’aide d’individus de l’extérieur de leur propre métapopulation (c.-à-d. groupe génétique). Toute amélioration directe de la population doit tenir compte de ce facteur. Parallèlement, la diversité génétique au sein de ces métapopulations est essentielle à la persistance à long terme de l’espèce (Jensen, 2013a, b). Ce manque actuel de connectivité génétique entre les sites prouve d’autant plus que les obstacles imperméables nouvellement créés (c.-à-d. construits par l’homme) fragmentent l’habitat et les métapopulations. De nombreux sites n’abritent que quelques individus, et la perte de diversité génétique représente une menace continue à mesure que des individus sont perdus.

Toutes les populations de tortues peintes devraient être considérées comme indigènes, à moins que des données génétiques ou d’autres données concluantes ne prouvent le contraire. Même lorsque le site contient des tortues peintes non locales, si un site abrite des tortues peintes d’autres régions (p. ex. le ranch Vicarro abrite des tortues de la région de Thompson-Okanagan, l’île Pender abrite des tortues peintes du Centre), mais que ce site se trouve à l’intérieur de l’aire de répartition indigène, alors il devrait être remis en état de manière à contenir des tortues appartenant à ce groupe local génétiquement distinct. Cette pratique facilitera le rétablissement des populations génétiquement distinctes et empêchera la contamination génétique découlant de la consanguinité.

Protection et remise en état de l’habitat, et intendance des terres

Les organes gouvernementaux municipaux, régionaux, provinciaux et fédéraux concernés, les gestionnaires et les planificateurs de l’utilisation des terres, les propriétaires de terres privées et les visiteurs de parcs devraient connaître les sites abritant l’espèce, les besoins de cette dernière en matière de protection, et les mesures qui sont proposées ou qui sont en place. La sensibilisation et l’éducation des gestionnaires des terres par la création et la diffusion de pratiques de gestion exemplaires visant la tortue peinte pourraient améliorer la gestion de l’habitat aquatique et de l’habitat terrestre dans les parcs municipaux et régionaux. De plus, le grand public a besoin d’être mis au courant du fait que la tortue peinte est une espèce en voie de disparition et qu’elle est protégée aux termes de la Wildlife Act. Des récits anecdotiques laissent croire que des visiteurs de parcs déplacent ou prélèvent régulièrement des tortues. L’installation de panneaux de signalisation et de clôtures, et l’application de la loi sont nécessaires dans les sites publics occupés pour protéger les tortues ou leurs nids. Enfin, les espèces envahissantes posent des risques pour les populations de tortues peintes. Bien que certaines de ces espèces soient inscrites au Controlled Alien Species Regulations, pris en application de la Wildlife Act, la tortue à oreilles rouges, une espèce préoccupante, figure à l’annexe A de la Wildlife Act, qui assure sa protection juridique en tant qu’espèce indigène. Cette liste nécessite un réexamen. À tout le moins, il est nécessaire d’élaborer et de promouvoir des messages de sensibilisation uniformes sur l’importance de ne pas introduire des tortues à oreilles rouges domestiques dans la nature.

7. Habitat de survie et de rétablissement de l’espèce

L’habitat de survie/rétablissement est défini comme étant l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement de l’espèce.

L’habitat de survie est la zone dans laquelle l’espèce est présente naturellement ou de laquelle elle dépend directement ou indirectement pour réaliser les processus de son cycle vital. L’habitat de survie a été cartographié dans la mesure du possible avec toutes les mentions d’occurrence connues. Toutefois, d’autres sites occupés pourraient être découverts lors de recensements, et devraient être considérés comme de l’habitat de survie.

L’habitat de rétablissement correspond à l’habitat convenable à l’intérieur de l’aire de répartition de l’espèce, qui pourrait être choisi pour la réintroduction dans des sites faisant l’objet d’observations historiques ou à des fins d’introductions dans de nouveaux sites où la présence de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique n’est pas confirmée.

La description de l’habitat de survie et de rétablissement fournie dans le présent plan de rétablissement n’est pas complète, car de l’habitat additionnel sera nécessaire pour atteindre le but du rétablissement à long terme.

7.1 Caractéristiques biophysiques de l’habitat de survie et de rétablissement

La description de l’habitat de survie et de rétablissement comprend les éléments et les caractéristiques biophysiques qui soutiennent l’espèce à tous ses stades vitaux et qui lui permettent de réaliser ses fonctions essentielles, notamment la reproduction, la nidification, l’alimentation, l’exposition au soleil, l’hivernage et la dispersion. La section 3.3 (Besoins biologiques et besoins en matière d’habitat) fournit une description des éléments et des caractéristiques biophysiques connus de l’habitat de l’espèce qui sont nécessaires pour soutenir ces processus/fonctions de son cycle vital (voir le tableau 1 pour un résumé).

7.2 Description géospatiale de l’habitat de survie et de rétablissement

La quantité d’habitat de survie/de rétablissement requis pour une espèce donnée est fonction de la quantité d’habitat nécessaire pour atteindre le but du rétablissement. Pour atteindre le but du rétablissement, qui consiste à « maintenir ou à accroître le nombre d’individus et la répartition des unités démographiques de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique », les 37 unités démographiques décrites doivent atteindre le but du rétablissement sur 10 ans. Cela inclut de l’habitat de survie pour 36 unités démographiques où la tortue peinte est actuellement présente ainsi que de l’habitat de rétablissement potentiel pour une (1) unité démographique ayant un habitat convenable et où l’introduction de tortues peintes - population de la côte du Pacifique est recommandée, car elle comprend actuellement des tortues peintes du Centre pouvant nuire aux populations locales (île Pender; voir la section 8.1 Espèces exotiques [non indigènes] envahissantes).

Deux zones distinctes ont été décrites pour l’habitat de survie/rétablissement : la zone principale d’activité utilisée pour tous les stades vitaux, qui comprend à la fois de l’habitat aquatique et terrestre, et la zone territoriale adjacente, principalement utilisée pour la dispersion.

Zone principale d’activité
Habitat aquatique principal :
  • Sélectionner l’ensemble du plan d’eau environnant ou l’ensemble du tronçon de cours d’eau où la présence de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique est connue, ou les sites de réintroduction.
  • En plus de l’habitat aquatique ci-dessus, sélectionner tout l’habitat aquatique convenable adjacent pour tous les stades vitaux dans un rayon de 3 km où il est considéré comme possible pour la tortue peinte de traverser cette superficie.
  • L’habitat aquatique comprend les milieux humides, les étangs, les mares printanières, les suintements, les cours d’eau, les aires d’inondation saisonnières et les fossés, qu’ils soient permanents, éphémères ou intermittents, et où l’habitat se trouve à moins de 1 000 m d’altitude. L’eau salée est exclue. Les cours d’eau larges et de fort débit pourraient être exclus si l’habitat n’est pas convenable de l’autre côté. L’habitat se trouvant au bord de larges cours d’eau où des tortues peuvent se déplacer pour atteindre les embouchures de milieux aquatiques adjacents (ruisseaux, marécages) est inclus en tant qu’habitat de connexion.
Habitat terrestre principal :
  • Zone d’habitat terrestre de 80 m autour de l’habitat aquatique principal, c’est-à-dire autour du plan d’eau et de chaque côté d’un cours d’eau, mesurés à partir de la laisse des hautes eauxNote de bas de page 33  (ou le dessus de la berge, dans le cas des fossés);

ou

  • là où les cours d’eau sont de fort débit et le chenal est de gradient élevé (soit d’au moins 6 %) sur la majeure partie de sa longueur, une zone de 45 m d’habitat terrestre autour du cours d’eau est nécessaire pour maintenir la quantité d’eau nécessaire et la qualité de l’habitat de survie/rétablissement.

Zone territoriale adjacente

  • Zone additionnelle de 260 m adjacente à la zone principale d’activité et s’étendant au-delà de celle-ci.

Une description et une justification plus détaillées suivent pour ces deux zones.

7.2.1 Zone principale d’activité

La zone principale d’activité comprend l’habitat requis à tous les stades vitaux (œufs, juvéniles et adultes) et les éléments/caractéristiques biophysiques associés de l’habitat qui soutiennent les fonctions vitales de l’espèce (p. ex. reproduction, nidification, alimentation, exposition au soleil, hivernage et dispersion). Ces éléments/caractéristiques de l’habitat (voir le tableau 1) doivent être maintenus de manière à ne pas devenir inefficaces à cause des activités causant des dommages ou de la destruction (voir les Menaces [section 4]). Il est essentiel de maintenir ces éléments/caractéristiques en évitant les effets des menaces connues pour la survie des populations.

La zone principale d’activité comprend le plan d’eau entier ou le tronçon complet du cours d’eau occupé (s’il s’agit d’un marécage, d’un ruisseau, etc.). Par exemple, dans un grand lac comme le lac Ruby, les tortues peuvent se déplacer dans l’ensemble du lac. Par conséquent, tout le lac est inclus dans la zone. L’habitat aquatique convenable pour tous les stades vitaux dans un rayon de 3 km d’une occurrence dans le bassin versant est également inclus pour fournir l’habitat utilisé pour les déplacements quotidiens et l’habitat de connexion aux fins de dispersion, si l’on considère possible que la tortue peinte traverse ces habitats. Le fait d’inclure ces habitats accroîtra la probabilité d’intégrer l’habitat important pour l’espèce à tous les stades vitaux (p. ex. les tortues se déplacent fréquemment vers les ruisseaux et les cours d’eau durant la brumation). Cette mesure offrira également une diversité d’habitat rendant les sites plus résilients à diverses conditions environnementales (p. ex. années extrêmement humides ou sèches, ou changements à long terme potentiellement associés aux changements climatiques). Cet habitat assurant la connectivité est également essentiel pour faciliter la dynamique des métapopulations et le flux génique.

La distance de 3 km a été établie d’après des données télémétriques locales et la littérature publiée. Des tortues peintes vivant dans les zones côtières de la province ont été observées alors qu’elles se déplaçaient entre des plans d’eau et alors qu’elles utilisaient des cours d’eau dans un rayon de 3,3 km en milieu agricole (voir la section 3.2.6, Connexion de l’habitat aux fins de la dispersion). Par conséquent, l’équipe de rétablissement recommande que la zone principale d’activité soit définie en fonction d’un rayon de 3 km en raison des déplacements potentiels entre les milieux aquatiques. Il s’agit également de la distance utilisée pour déterminer les unités démographiques. Néanmoins, la distance pourrait être réduite s’il existe des obstacles géographiques (falaises abruptes, haute altitude) que les tortues sont peu susceptibles d’être en mesure de traverser. Le fait d’inclure les milieux humides, les plans d’eau et les cours d’eau associés dans la zone principale d’activité aidera également à maintenir les caractéristiques hydrologiques convenables associées à l’habitat de la tortue peinte.

La composante riveraine de la zone principale d’activité est essentielle pour comprendre les déplacements saisonniers et les sites de nidification de la tortue peinte. Après avoir examiné des données exhaustives tirées d’études télémétriques sur l’utilisation saisonnière, au marécage Nicomen, de même que des données télémétriques obtenues sur la Sunshine Coast, l’équipe de rétablissement a conclu qu’une distance de 75 à 80 m couvrait environ 95 % de l’aire principale de déplacement de l’espèce (voir Gielens et al., 2013). Par conséquent, en adoptant une approche prudente, l’équipe de rétablissement recommande une zone de 80 m autour des plans d’eau et de chaque côté des cours d’eau comme habitat de survie.

Cette composante riveraine de la zone principale d’activité agit également comme zone tampon essentielle pour protéger l’habitat aquatique des utilisations des terres environnantes. La nature semi-aquatique de la tortue peinte rend cette dernière vulnérable aux substances chimiques qui pénètrent dans les milieux humides. Dans le cadre d’une méta-analyse d’études revues par des pairs portant sur l’efficacité des zones tampons riveraines pour éliminer l’azote, Mayer et al. (2007) ont avancé que les zones tampons de plus de 50 m de large étaient plus efficaces pour éliminer l’azote en excès provenant du ruissellement que les zones tampons de 0 à 25 m. Par conséquent, la bande de 80 m d’habitat riverain inclus dans la zone principale d’activité accroîtra également la probabilité de maintenir l’habitat aquatique requis pour la survie de la tortue peinte.

Dans le cas des cours d’eau dont le chenal est de gradient prononcé (soit d’au moins 6 %) sur la majeure partie de sa longueur, la composante riveraine peut être réduite et établie à 45 m. Il en est ainsi parce que les cours d’eau de fort gradient, froids et de fort débit sont probablement moins souvent fréquentés que les cours d’eau de faible gradient et de faible débit. Ils requièrent donc une plus petite superficie pour faciliter les déplacements des tortues. Dans ces zones, la fonction principale est d’assurer une protection contre les effets de lisière, ce qui préservera à la fois l’intégrité de ces milieux, et la qualité de l’eau et la quantité d’eau. Brosofske et al.(1997) ont conclu que, au minimum, une zone tampon de 45 m de chaque côté d’un cours d’eau était nécessaire pour maintenir un microclimat riverain naturel et pour retenir un milieu hydrologique stable dans l’État de Washington.

7.2.2 Zone terrestre adjacente

Une zone terrestre adjacente de 260 m au-delà de la zone principale d’activité est incluse pour offrir un habitat de dispersion aux mâles et aux juvéniles et, ainsi, maintenir les caractéristiques de l’habitat nécessaires à la dispersion terrestre (tableau 1, 4e rangée). Dans de nombreuses aires urbaines, cette zone adjacente est déjà grandement touchée, et il est peu probable qu’elle puisse être remise en état; cependant, il pourrait être possible de rétablir la connectivité entre les milieux aquatiques dans d’autres aires. Les activités dans la zone terrestre adjacente nécessiteront une gestion en fonction de chaque site afin de faire en sorte que les caractéristiques de l’habitat qui permettent la dispersion ne deviennent pas inefficaces. Avant d’envisager toute activité dans cette zone, il faut consulter un biologiste ou un professionnel qualifié de l’environnement de la région pour veiller à ce que cette activité n’isole pas les populations ou n’ait pas d’effets sur la qualité de l’habitat au sein de la zone principale d’activité.

En plus d’offrir un habitat de dispersion, ces zones terrestres adjacentes peuvent compter un habitat de nidification ou des éléments non décelés de l’habitat. Même si un habitat riverain de 80 m à l’intérieur de la zone principale d’activité comprendra la plupart des sites de nidification, les femelles se déplaceront souvent plus loin pour nicher. À plusieurs occasions, des femelles ont été observées se déplaçant à environ 200 m pour pondre. Les femelles matures se déplaceront souvent entre l’habitat aquatique et l’habitat terrestre pour trouver des sites de nidification, et peuvent parcourir jusqu’à 150 m à partir de la rive (Ovaska et al., 2004). Puisque l’habitat de nidification est essentiel, les caractéristiques de ces éléments doivent être maintenues si un tel habitat ou d’autres éléments nécessaires à la survie sont découverts (tableau 1).

La tortue peinte nécessite à la fois des éléments aquatiques et terrestres à divers stades du cycle vital. La zone principale d’activité constituée des 80 m d’habitat terrestre autour de l’habitat aquatique est insuffisante pour assurer la survie, la dispersion et la dynamique de la métapopulation à long terme. Burke et Gibbons (1995) ont recommandé une zone tampon d’un total de 275 m autour des milieux humides afin de maintenir l’intégrité de l’habitat. Semlitsch et Bodie (2003) ont quant à eux noté que le maintien d’au moins 339 m d’habitat terrestre à partir de la rive est essentiel à la survie et au maintien de la population de la plupart des espèces de tortues d’eau douce, dont la tortue peinte. L’équipe de rétablissement a adopté cet avis (80 m + 260 m = 340 m d’habitat terrestre autour des cours d’eau) selon des observations locales et des données de télémétrie qui montrent des tortues traversant des milieux secs (voir la section 3.2.6 intitulée « Connexion de l’habitat aux fins de la dispersion »).

8. Mesure des progrès

Il sera difficile d’évaluer les effets des activités de rétablissement visant cette espèce à cause de sa longévité. Des changements au niveau de la population ne seront pas observés avant de nombreuses années, et les programmes de suivi n’iront souvent pas au-delà de la durée d’une génération de tortues. Voici quelques mesures de rendement qui peuvent être utilisées pour évaluer l’efficacité des approches de rétablissements pour chaque objectif :

Résultats mesurables pour l’objectif 1 :

  • Le nombre d’unités démographiques et de cours/plans d’eau ainsi que la superficie de l’habitat de survie/rétablissement sont stables ou à la hausse.
  • La quantité d’habitat de survie est protégée grâce à des ententes juridiques et non juridiques.
  • Les éléments de l’habitat sont remis en état, maintenus ou mis en valeur pour améliorer la survie et le recrutement (p. ex. nombre et superficie d’habitat de nidification convenable et sûr mis en valeur/créé; nombre de femelles utilisant les nouveaux sites de nidification; nombre de nids occupés/productifs).
  • Une base de données et des cartes des occurrences à jour sont disponibles pour les gestionnaires des terres et les organismes de réglementation.
  • Des pratiques de gestion exemplaires sont élaborées et mises en œuvre.
  • Une certaine quantité d’habitat terrestre de dispersion est maintenue/remise en état entre les écosystèmes aquatiques existants et remis en état.
  • Les districts régionaux, les municipalités ou les détenteurs de droits de coupe ont pris un engagement à remettre en état/maintenir la connectivité grâce à la planification à l’échelle du paysage; nombre de fragments d’habitat aquatique connectés.
  • Une carte des sites occupés montre l’utilisation des terres, les éléments du paysage qui peuvent empêcher les déplacements des tortues, les zones d’habitat dégradé et les sites possibles de remise en état d’après les éléments susmentionnés; nombre de zones où une remise en état de l’habitat pourrait améliorer la connectivité.
  • Établissement de contacts avec différents municipalités, entrepreneurs et groupes d’intendance et début des consultations afin d’intégrer l’information disponible sur l’habitat convenable aux plans de remise en état des milieux rétablis.
  • Nombre de propriétaires fonciers privés, de groupes d’intendance, de fiducies foncières et d’organisations de conservation qui s’engagent à protéger l’habitat par le biais de conventions ou d’accords d’intendance et qui prennent des mesures en ce sens.

Résultats mesurables pour l’objectif 2 :

  • Nombre d’adultes reproducteurs en hausse.
  • Nombre de nids et d’œufs de tortues prélevés dans des zones à risque élevé et relocalisés ou conservés et relâchés comme juvéniles.
  • Nombre de tortues blessées ou déplacées prises aux fins d’élevage en captivité; mise en œuvre d’un programme d’élevage en captivité.
  • Réduction du taux de mortalité routière : nombre de tortues trouvées mortes ou blessés en déclin.
  • Taux de prédation à la baisse et augmentation du recrutement.
  • Nombre de sites de nidification menacés dont l’état a été atténué par le biais de l’élimination de végétation, l’installation de clôture et/ou de cages protégeant les nids; nombre de nids occupés qui sont protégés.
  • Les populations viables existantes sont déterminées par des évaluations de la population aux sites occupés; données démographiques de la population recueillies à plusieurs sites occupés; données analysées pour cibler les sites où une amélioration de la population est nécessaire; nombre de tortues réintroduites dans plusieurs sites.
  • Évaluation et plan de suivi mis en œuvre pour évaluer le taux de survie et de reproduction des tortues (marquées) réintroduites; nombre de juvéniles qui avaient été lâchés et qui ont été recapturés; nombre de tortues dans la population qui avaient été lâchées lorsqu’elles étaient juvéniles et qui peuvent maintenant se reproduire (suivi de plus de 8 ans nécessaire); nombre de tentatives de nidification et de nids; taux de recrutement dans la population.

Résultats mesurables pour l’objectif 3 :

  • Moins d’espèces non indigènes observées durant les relevés.
  • Amélioration ou maintien de la pureté génétique des populations.
  • Suivi des maladies qui émergent et atténuation des effets.

Résultats mesurables pour l’objectif 4 :

  • Des relevés visant à détecter la présence (ou l’absence) ont été réalisés dans les zones restantes où des tortues pourraient se trouver, dont l’île Quadra, la côte est de l’île de Vancouver, la zone depuis l’est de Chilliwack jusqu’à Yale, la vallée du Fraser et la zone au nord de la rivière Powell; nombre de nouvelles occurrences; mise à jour de la carte des occurrences.
  • Nombre d’intendants qui effectuent des relevés d’occurrences et de nids; nombre de nouvelles occurrences/nouveaux nids observés.
  • Nombre d’intendants locaux qui participent aux activités d’atténuation des menaces et au recensement/suivi dans des parcs et sur des terres privées.

Résultats mesurables pour l’objectif 5 :

  • Suivi de la démographie de la population dans tous les sites une fois tous les deux ans.
  • Suivi de la génétique de la population et amélioration de la génétique grâce à une réduction des groupes génétiques non indigènes et au maintien de groupes uniques.
  • Nombre d’individus d’espèces envahissantes/exotiques éliminés de plusieurs sites occupés (aquatiques et terrestres).
  • Suivi de l’habitat de survie et conséquences évitées ou atténuées dans la zone principale et la zone terrestre adjacente.

Résultats mesurables pour l’objectif 6 :

  • Entreprendre des recherches prioritaires pour combler les lacunes dans les connaissances liées à la population, à l’habitat et aux menaces qui limitent la mise en œuvre du rétablissement. Résultat mesuré par le nombre annuel de publications et de présentations et la réduction du nombre de lacunes dans les connaissances.
  • Continuer d’améliorer nos connaissances sur la structure génétique et les effets ou les avantages de la migration, qui sont mesurés par le nombre d’échantillons prélevés et analysés chaque année.
  • Suivi annuel de la température sur les plages de nidification et examen des risques liés aux changements climatiques.

9. Effets sur les espèces non ciblées

Il est peu probable que les mesures de rétablissement visant la tortue peinte - population de la côte du Pacifique aient des effets négatifs sur des espèces ou des communautés non ciblées. La mise en œuvre des mesures de planification du rétablissement de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique tiendra compte de toutes les espèces en péril qui cohabitent avec la tortue peinte pour que ces espèces et leur habitat ne subissent aucun effet négatif. Les mesures proposées mettent l’accent sur la protection et la remise en état de l’habitat, sur les liens entre les communautés et les processus naturels, et sur le rétablissement du bon fonctionnement des écosystèmes riverains et des milieux humides. Toutes ces mesures auront des effets bénéfiques sur d’autres espèces indigènes, dont plusieurs espèces en péril. Plus particulièrement, le rétablissement de l’espèce à son niveau de population naturel pourrait avoir des effets positifs sur la communauté écologique en offrant une plus grande source de nourriture (nouveau-nés) à d’autres espèces en péril, et possiblement en diminuant les effets négatifs du ouaouaron, espèce introduite, en augmentant la prédation par les tortues (Engelstoft, comm. pers., 2009). De plus, l’élimination d’espèces envahissantes/exotiques dans des sites occupés par la tortue peinte (p. ex. plantes envahissantes dans les aires d’alimentation et de nidification, ouaouaron, tortue à oreilles rouges) aurait des effets positifs supplémentaires pour ces communautés écologiques (voir la section 3.5 intitulée « Rôle écologique ».

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Communications personnelles

R. Annschild. Biologist, Salt Spring Island Conservancy, Salt Spring Island (Colombie-Britannique).
P. Ballin. Western Painted Turtle Contractor, BC Nature, Shuswap (Colombie-Britannique).
T. Chatwin, Species at Risk Biologist, West Coast Region, MFLNRO.
C. Currie. Western Painted Turtle Contractor, Vancouver (Colombie-Britannique).
C. Engelstoft. Research Biologist, Habitat Acquisition Trust, Victoria (Colombie-Britannique).
M. Evelyn. Research Biologist, Sunshine Coast Wildlife Project and Ruby Lake Lagoon Nature Reserve Society, Pender Harbour (Colombie-Britannique).
A. Gielens. Western Painted Turtle Contractor, Aldergrove (Colombie-Britannique)
M. Hayes. Senior Research Scientist, Washington Department of Fish and Wildlife, Olympia (État de Washington).
V. Kilburn, Coastal Painted Turtle Project.
D. MacTavis. Western Painted Turtle Contractor, Vancouver (Colombie-Britannique).
A. Mitchell. Research Biologist, Athene Ecological, Coastal Painted Turtle Project.
K. Ovaska. Research Biologist, Habitat Acquisition Trust, Victoria (Colombie-Britannique).
K. Welstead. Species at Risk Biologist, B.C. Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations, Surrey (Colombie-Britannique).

Annexe 1 : Emplacements des unités démographiques de la tortue peinte – population de la côte du Pacifique en Colombie-Britannique

Données tirées du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique (B.C. Conservation Data Centre, 2015). Voir la figure 4 pour l’aire de répartition des unités démographiques. Les estimations de la taille des populations s’appuient sur des données de relevé, le nombre maximal de tortues observé, des données de marquage-recapture et/ou l’augmentation des effectifs ou l’introduction de tortues peintes. Le statut des unités démographiques est fondé sur le nombre de tortues présentes au printemps 2016.

Existante signifie qu’il y a au moins une tortue peinte occupant le site. La mention reproductrice confirme que la nidification a été observée dans ce site. Historique fait référence aux zones où les mentions d’observation datent de plus de 40 ans.

Augmentée signifie que des juvéniles ont été relâchés ou que des adultes ont été transférés (translocation) dans des zones où les effectifs sont faibles (génétique locale) et/ou où le recrutement est faible. La réintroduction (mention réintroduite) est la translocation d’adultes ou le lâcher d’individus dans un site historique, alors que l’introduction (mention introduite) a lieu dans des sites de rétablissement où aucune mention historique n’a été confirmée. Le nombre entre parenthèses correspond au nombre d’individus relâchés en 2014 ou 2015.

L’habitat de rétablissement correspond à l’habitat convenable à l’intérieur de l’aire de répartition de l’espèce qui pourrait être choisi pour la réintroduction dans des sites où l’on sait que des observations historiques ont été faites, ou pour des introductions dans de nouveaux sites où la présence de la tortue peinte - population de la côte du Pacifique n’est pas confirmée.

Tableau 4 de la partie 2. Emplacements des unités démographiques de la tortue peinte – population de la côte du Pacifique en Colombie-Britannique en date du printemps 2016.
Région No d’unité démographique Unités démographiques Site Statut No d’EO du BC CDCo Estimation de l’effectif
Région de la vallée du Fraser 1 Refuge faunique d’Alasken Refuge faunique d’Alasken Existante no 33 3
Région de la vallée du Fraser 2 Lac Aldergrove Lac Aldergrove Existante/augmentée (22) no 37 22 à 25
Région de la vallée du Fraser 3 Lacs Burnaby/Deer Lac Burnaby Existante/reproductrice/ augmentée (118) no 14 200 à 225
Région de la vallée du Fraser 3 Lacs Burnaby/Deer Lac Deer Existante/augmentée (25) no 32 25 à 30
Région de la vallée du Fraser 4 Vallée Campbell/lac Livingstone Parc régional de Campbell Valley - étang McLean Existante/augmentée (46) no 38 46 à 50
Région de la vallée du Fraser 4 Vallée Campbell/lac Livingstone Lac Livingston/ chemin Murchie Existante/reproductrice no 38 5 à 20
Région de la vallée du Fraser 5 Coquitlam Lac Lost, parc Mundy Existante/augmentée (5) no 18 5 à 10
Région de la vallée du Fraser 5 Coquitlam Colony Farm Existante no 31 1 à 5
Région de la vallée du Fraser 5 Coquitlam Lac Como Existante no 34 1
Région de la vallée du Fraser 5 Coquitlam Lac Lafarge Existante no 35 1
Région de la vallée du Fraser 5 Coquitlam Ruisseau Como (est) Historique - habitat de rétablissement no 40 0
Région de la vallée du Fraser 5 Coquitlam Ruisseau Como (ponceau) Existante no 40 1
Région de la vallée du Fraser 6 Lac Cultus Lac Cultus Existante no 42 1
Région de la vallée du Fraser 7 Réserve Great Blue Heron Réserve Great Blue Heron Existante no 15 1 à 5
Région de la vallée du Fraser 8 Iona Plage Iona Existante no 16 5 à 10
Région de la vallée du Fraser 9 Jerry Sulina Jerry Sulina Existante no 17 1
Région de la vallée du Fraser 10 Ruisseau Kanaka Secteur de la route de contourne-ment Haney et du ruisseau Kanaka Existante À déterminerp 1 à 5
Région de la vallée du Fraser 11 Marais Lakemount Marais Lakemount Existante no 41 1
Région de la vallée du Fraser 12 Lagune Lost Lagune Lost - parc Stanley Existante À déterminer 1
Région de la vallée du Fraser 13 Ruisseau Marshall Ruisseau Marshall Existante no 39 1
Région de la vallée du Fraser 14 Lac Mill Lac Mill Existante/reproductrice no 19 5 à 10
Région de la vallée du Fraser 15 Minnekhada/Pitt-Addington Marécage Deboville/ ruisseau McLean Existante no 36 10 à 20
Région de la vallée du Fraser 15 Minnekhada/Pitt-Addington Parc régional Minnekhada Existante/augmentée (26) no 36 26 à 30
Région de la vallée du Fraser 15 Minnekhada/Pitt-Addington Marais Pitt-Addington Existanteqréintroduite (25) À déterminer 25
Région de la vallée du Fraser 16 Marécage Nicomen Marécage Nicomen Existante/reproductrice no 53 300 à 350
Région de la vallée du Fraser 17 Parc Queen Elizabeth Parc Queen Elizabeth Existante À déterminer 1
Région de la vallée du Fraser 18 Étang Sardis Étang Sardis Existante no 43 5 à 10
Région de la vallée du Fraser 19 Lac Silvermere Lac Silvermere Existante/reproductrice no 20 5 à 10
Région de la vallée du Fraser 20 Ranch Vicarro Domaine du Ranch Vicarro, bassin versant du ruisseau McKee Existante/reproductrice no 55 25 à 50
Région de la vallée du Fraser 21 Milieux humides de Westcreek Milieux humides de Westcreek Existanteq/réintroduite (32) À déterminer 32
Île de Vancouver et Sunshine Coast 22 Langford/Sannich Lac Florence Existante no 6 2
Île de Vancouver et Sunshine Coast 22 Langford/Sannich Lac Langford Existante no 8 20 à 50
Île de Vancouver et Sunshine Coast 22 Langford/Sannich Lac Glen Existante no 8 2 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 22 Langford/Sannich Lac Swan Existante/reproductrice no 10 20 à 50
Île de Vancouver et Sunshine Coast 22 Langford/Sannich Lac Maltby Existante no 29 2 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 22 Langford/Sannich Lac Eagles Existante no 29 50 à 150
Île de Vancouver et Sunshine Coast 22 Langford/Sannich Lac McKenzie Existante no 29 2 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 22 Langford/Sannich Parc Adam Kerr Existante no 4 1
Île de Vancouver et Sunshine Coast 22 Langford/Sannich Lac Beaver/Elk, étangs Beaver Existante no 4 2 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 22 Langford/Sannich Étangs du chemin Metchosin Existante no 49 10
Île de Vancouver et Sunshine Coast 22 Langford/Sannich Terrain de golf Olympic View Existante À déterminer 25 à 50
Île de Vancouver et Sunshine Coast 23 Île Pender Lac Greenburn Habitat de rétablissement convenable s.o. 0
Île de Vancouver et Sunshine Coast 24 Pointe Rocky Chemin Rock Pt. Existante no 9 1 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 24 Pointe Rocky Lac Matheson Existante no 9 1 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 25 Sooke Lac Kemp Existante no 48 1
Île de Vancouver et Sunshine Coast 26 Île Saltspring Sud Vallée Fulford Existante no 23 1 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 26 Île Saltspring Sud Lac Stowel Existante no 23 1 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 26 Île Saltspring Sud Lac Cusheon Existante no 22 1 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 26 Île Saltspring Sud Pointe Isabella Existante no 50 1 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 26 Île Saltspring Sud Chemin Mountain Existante no 50 1 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 27 Île Saltspring Nord Lac Bullock Existante no 24 1 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 27 Île Saltspring Nord Lac St. Mary’s Existante no 24 1 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 28 Baie Garden/lac Ruby Milieu humide Daniel Point Existante no 2 1
Île de Vancouver et Sunshine Coast 28 Baie Garden/lac Ruby Lac Hotel Existante/reproductrice no 2 15 à 20
Île de Vancouver et Sunshine Coast 28 Baie Garden/lac Ruby Lac de la baie Garden Existante/reproductrice no 2 5 à 10
Île de Vancouver et Sunshine Coast 28 Baie Garden/lac Ruby Lac et milieu humide Mixal Existante/reproductrice no 2 10 à 50
Île de Vancouver et Sunshine Coast 28 Baie Garden/lac Ruby Lac Katherine Existante/reproductrice no 2 50 à 100
Île de Vancouver et Sunshine Coast 28 Baie Garden/lac Ruby Lac Sakinaw Existante/reproductrice no 2 100 à 200
Île de Vancouver et Sunshine Coast 28 Baie Garden/lac Ruby Milieu humide de l’Iris Griffith Centre Existante no 2 1 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 28 Baie Garden/lac Ruby Lac Ruby Existante no 2 150 à 300
Île de Vancouver et Sunshine Coast 28 Baie Garden/lac Ruby Lac Little Goose Existante no 2 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 28 Baie Garden/lac Ruby Lac Brown Existante no 2 2
Île de Vancouver et Sunshine Coast 28 Baie Garden/lac Ruby Lagune du lac Ruby Existante/reproductrice no 2 50 à 150
Île de Vancouver et Sunshine Coast 28 Baie Garden/lac Ruby Lac Klein Existante/reproductrice no 2 20 à 50
Île de Vancouver et Sunshine Coast 28 Baie Garden/lac Ruby Lac North Existante/reproductrice no 2 20 à 50
Île de Vancouver et Sunshine Coast 29 Lac Cranberry Lac Cranberry Existante no 45 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 30 Étang Dogleg Étang Dogleg Existante no 46 1
Île de Vancouver et Sunshine Coast 31 Parc Madeira Étang de la pointe Francis 2 Existante no 28 1 à 10
Île de Vancouver et Sunshine Coast 31 Parc Madeira Lac Lily (Paq) Existante/reproductrice no 3 100 à 150
Île de Vancouver et Sunshine Coast 31 Parc Madeira Étang de la pointe Francis 1 Existante (mise à jour) no 28 1 à 10
Île de Vancouver et Sunshine Coast 32 Lac Trout Lac Trout Existante/reproductrice no 1 10 à 50
Île de Vancouver et Sunshine Coast 33 Nanaimo Marais Buttertubs Existante no 11 1 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 33 Nanaimo Lac Diver Existante no 54 5 à 10
Île de Vancouver et Sunshine Coast 34 Île Nelson Lac West Existante no 51 200 à 350
Île de Vancouver et Sunshine Coast 34 Île Nelson Étang de la baie Cockburn Existante no 51 1
Île de Vancouver et Sunshine Coast 35 Alberni Sud Lac Somers Existante no 27 10 à 20
Île de Vancouver et Sunshine Coast 35 Alberni Sud Lac Patterson Existante no 27 1
Île de Vancouver et Sunshine Coast 35 Alberni Sud Marécage McKenzie, rivière Stamp Existante no 13 4
Île de Vancouver et Sunshine Coast 35 Alberni Sud Milieux humides de l’aéroport Existante no 13 50 à 150
Île de Vancouver et Sunshine Coast 35 Alberni Sud Lac Little Turtle Existante no 13 2
Île de Vancouver et Sunshine Coast 35 Alberni Sud Lac Devil’s Den Existante no 12 10 à 20
Île de Vancouver et Sunshine Coast 36 Alberni Nord Lac McLaughlin Existante À déterminer 1 à 5
Île de Vancouver et Sunshine Coast 36 Alberni Nord Lac Turnbull Existante no 47 5 à 10
Île de Vancouver et Sunshine Coast 37 Île Texada Lac Emily (Turtle) Existante/reproductrice/augmentée (3) no 25 15 à 50
Île de Vancouver et Sunshine Coast 37 Île Texada Lac Priest Existante/augmentée (3) no 25 3 à 10
Île de Vancouver et Sunshine Coast 37 Île Texada Lac Case Existante/reproductrice/augmentée (4) no 26 5 à 10
Île de Vancouver et Sunshine Coast 37 Île Texada Lac Cap Sheaf Existante/reproductrice no 26 10 à 50

o No d’OE (CDC) en C.-B. : Numéro d’élément d’occurrence du BC Conservation Data Center.

p À déterminer : Occurrence non cartographiée pour le moment par le CDC.

q Était historique, mais est maintenant existante.

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