Parc national du Canada du Gros-Morne, 2016 à 2021 : rapport de mise en œuvre plan d’action 2021
Titre officiel : Rapport de mise en œuvre : Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada du Gros-Morne (2016 à 2021)
Description longue pour image de couverture
Cette page de garde se compose de plusieurs photos. Les descriptions sont ordonnées dans le sens inverse des aiguilles d’une montre en partant du haut à gauche.
Photographie du mont Gros-Morne et de son reflet à la surface d’un étang alpin au pied du mont. On voit de l’herbe aux couleurs automnales, des nénuphars ainsi qu’un ciel gris nuageux qui se réfléchit dans l’eau calme et miroitante.
Photographie d’une femelle caribou trottant dans une tourbière au début du printemps dans les basses terres côtières du PNGM. La tourbière n’a pas encore verdi et la femelle porte encore son épaisse fourrure hivernale. Elle regarde en direction du photographe. Ses bois impressionnants indiquent qu’il s’agit d’une femelle mature. Derrière elle, on voit une bande dense de sapins et d’épinettes sculptés par le vent, appelée tuckamore, qui forme une barrière en apparence impénétrable.
Photographie de quelques arlequins plongeurs juvéniles nageant en groupe, vers la droite. Ils se déplacent sur une eau agitée, à proximité du littoral rocheux.
Photographie de l’habitat de la thélyptère de Quelpart dans les monts Long Range. On voit quatre personnes, soit du personnel de Parcs Canada et des bénévoles qui participent à un relevé pour les fougères, prendre une pause sur une pente abrupte couverte de thélyptères de Quelpart. Une personne est adossée à la pente, une autre est assise sur un rocher et deux sont debout; elles admirent toutes l’étang au loin dans les hautes terres, entouré de collines boisées abruptes avec des affleurements rocheux. Sur la rive éloignée, on voit des falaises avec des landes rocheuses au sommet des collines.
Photographie d’un Garrot d’Islande mâle nageant vers la gauche et trempant son bec dans l’océan. Le contraste entre le blanc et le noir de son plumage est frappant et on peut en voir le reflet dans l’eau ondulante, mais miroitante. On voit très bien son œil jaune clair contrastant avec son plumage brillant.
Information sur le document
Référence recommandée :
Agence Parcs Canada. 2021. Rapport de mise en œuvre : Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada du Gros-Morne (2016-2021). Séries de rapport sur les plans d’action de la Loi sur les espèces en péril. Agence Parcs Canada, Ottawa. v + 18 p.
Pour obtenir un exemplaire du présent rapport ou un complément d’information sur les espèces en péril, y compris les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de résidence, les programmes de rétablissement, les plans d’action et des documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en périlNote de bas de page 1 .
Provenance des photos :
Illustrations de la couverture, dans le sens horaire, en partant du coin supérieur gauche : Mont Gros-Morne, J. Hoffman, Agence Parcs Canada (PC); caribou, C. Davignon, PC; Arlequin plongeur, M. Burzynski; thélyptère de Quelpart, M. Burzynski; Garrot d’Islande, D. Whitaker, PC.
Grandes lignes du plan d’action : représentation cartographique de l’habitat essentiel de la martre d’Amérique, J. Burton et S. Taylor, PC.
Also available in English under the title:
"Implementation Report: Multi-species Action Plan for Gros Morne National Park of Canada (2016-2021)".
© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, 2021. Tous droits réservés.
ISBN 978-0-660-41070-8
No de catalogue. CW69-21/12-1-2021F-PDF
Le contenu du présent document (sauf les photos) peut être utilisé sans permission, à condition que la source en soit adéquatement mentionnée.
Préface
En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996)Note de bas de page 2 , les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’adopter des lois, des règlements, des programmes et des politiques complémentaires afin d’assurer la protection des espèces sauvages en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), un ou plusieurs plans d’action doivent présenter un plan de rétablissement détaillé qui soutient l’orientation stratégique établie dans le programme de rétablissement pour les espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées inscrites à la LEP. Les plans d’action visant des espèces multiples de Parcs Canada portent sur un éventail d’espèces dont la conservation est préoccupante au sein d’au moins un endroit géré par l’Agence, y compris des espèces qui nécessitent un plan d’action conformément à la LEP.
En vertu de la LEP, c’est au ministre responsable de Parcs Canada (le ministre de l’Environnement et du Changement climatique) qu’il revient de protéger les espèces inscrites qui sont présentes dans le parc national du Canada du Gros-Morne; en 2016, la ministre de l’Environnement et du Changement climatique a publié le Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Gros-Morne.
Conformément à l’article 55 de la LEP, il incombe au ministre fédéral compétent d’assurer le suivi de la mise en œuvre d’un plan d’action et des progrès réalisés en vue de l’atteinte de ses objectifs. Il l’évalue et établit un rapport, notamment sur sa mise en œuvre et ses répercussions écologiques et socio-économiques, cinq ans après son entrée en vigueur. Une copie du rapport doit être incluse dans le Registre public des espèces en péril. Le ministre responsable de l’Agence Parcs Canada a préparé le présent Rapport sur les progrès du plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada du Gros-Morne (2016-2021).
La réalisation des objectifs en matière de population et de répartition définis dans le programme de rétablissement ou le plan de gestion d’une espèce peut nécessiter un délai supplémentaire. Dans ces cas, une période de production de rapport de cinq ans peut ne pas être suffisante pour réaliser des progrès tangibles en vue d’atteindre les objectifs locaux en matière de population et de répartition cernés pour l’espèce dans un plan d’action local de Parcs Canada. Parcs Canada surveille, évalue et, au besoin, adapte les mesures prises pour assurer la survie ou le rétablissement d’une espèce, et produira tous les cinq ans des rapports sur les progrès accomplis en vue d’atteindre les objectifs locaux en matière de population et de répartition.
Remerciements
Parcs Canada souhaite remercier ceux qui ont contribué à la mise en œuvre du Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada du Gros-Morne. Des remerciements sont adressés particulièrement aux personnes suivantes : les membres du personnel de Parcs Canada Darroch Whitaker, Holly Lightfoot, Gabrielle Robineau Charette, Jake Burton, Scott Taylor, Shawn Gerrow, Margie Wilkes, Greg Knott, Ray Reid, Tom Knight, Randy Thompson (retraité), Carson Wentzell (retraité), Jennifer Hoffman, Noah Campbell et Darien Ure. Les auteurs tiennent également à remercier la Première Nation mi’kmaq Qalipu et la Première Nation Miawpukek, Jordi Segers, Scott McBurney et Tessa McBurney (Réseau canadien pour la santé de la faune) ainsi qu’Erin Fraser, Darrian Washinger, Ian Warkentin et Jenna McDermott (Université Memorial, campus Grenfell).
Sommaire
Le présent document rend compte de la mise en œuvre du Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada du Gros-Morne entre 2016 et 2021. Il fait rapport sur la mise en œuvre des mesures définies dans le plan, évalue les progrès réalisés relativement à l’atteinte des objectifs locaux en matière de population et de répartition et analyse les répercussions socio-économiques.
Espèces viséesNote de bas de page 3
Le plan d’action est axé sur 11 espèces figurant sur la liste de la LEP et 3 espèces dont la conservation est préoccupante. Les mesures et les objectifs locaux en matière de population et de répartition qui sont définis dans le plan se concentraient sur deux espèces pour lesquelles des mesures de gestion dans le parc national du Gros-Morne pourraient avoir une incidence majeure sur la survie ou le rétablissement d’espèces : Pluvier siffleur (sous-espèce melodus) et martre d’Amérique, population de Terre-Neuve.
Description longue du diagramme
Dans ce diagramme, on voit un anneau épais et segmenté. Chaque section de l’anneau représente une catégorie des classifications utilisées dans la Loi sur les espèces en péril, et est pondérée en fonction du nombre d’espèces dans chaque catégorie. Le nombre total d’espèces incluses dans le rapport est indiqué par un chiffre au centre de l’anneau. Le diagramme montre un total de 14 espèces, 4 espèces en voie de disparition, 3 espèces menacées, 4 espèces préoccupantes et 3 espèces non inscrites à la Loi et dont la conservation est préoccupanteNote de bas de page 4 .
Mise en œuvre du plan d’action
Neuf mesures (mesures de rétablissement) ont été définies dans le plan d’action visant des espèces multiples. La mise en œuvre du plan d’action est évaluée en définissant les progrès réalisés vers l’achèvement de chaque mesure et est décrite à la section 2 du présent rapport. Au cours de la période de cinq ans, les 9 mesures ont été initiéesNote de bas de page 5 , et 9 ont été achevées. La création de ressources et de partenariats pour appuyer les travaux a permis la mise en œuvre de quatre autres mesures additionnelles dans le plan d’action.
Description longue du diagramme
Dans ce diagramme, on voit deux anneaux épais séparés chacun en deux segments. Les segments représentent le pourcentage des mesures de rétablissement lancées et des mesures achevées, et ils sont pondérés en conséquence. Un anneau montre les mesures initiées (100 %) et l’autre montre les mesures achevées (100 %) dans le plan. Le pourcentage est aussi indiqué en nombre au centre des anneaux.
Répercussions écologiques
Deux objectifs locaux en matière de population et de répartition (OPR) ont été définis dans le plan d’action; toutefois, un de ces objectifs ne s’appliquait pas puisque l’espèce (le Pluvier siffleur) ne s’est pas reproduite à cet endroit au cours des cinq dernières années. Les répercussions écologiques sont évaluées en mesurant les progrès à l’égard de la réalisation des objectifs locaux en matière de population et de répartition et sont décrites à la section 4. Le seul objectif qui a été mis en œuvre a été pleinement atteint.
Description longue du diagramme
Dans ce diagramme, on voit deux anneaux épais séparés chacun en deux segments. Les segments représentent un pourcentage des objectifs en matière de population et de répartition qui ont été partiellement et pleinement atteints dans le plan, et les segments sont pondérés en conséquence. Un anneau montre les objectifs en matière de population et de répartition partiellement atteints (100 %) et l’autre montre les objectifs en matière de population et de répartition pleinement atteints (100%). Le pourcentage est aussi indiqué en nombre au centre de l’anneau.
Répercussions socio-économiques
Les mesures proposées dans ce plan d’action ont eu une incidence socio-économique limitée et n’ont posé aucune restriction à l’aménagement du territoire à l’extérieur du parc national. Parcs Canada a assumé les coûts directs de la mise en œuvre du plan d’action. Les coûts indirects ont été minimes et ont entraîné des effets positifs sur l’intégrité écologique du parc, une sensibilisation accrue aux espèces ainsi que de l’amélioration des occasions d’engagement pour les visiteurs, les communautés locales et les groupes autochtones.
Description longue du diagramme
Le diagramme montre trois cercles qui se chevauchent pour former un triangle inversé. Il y a un mot au milieu de chaque cercle. Le cercle supérieur gauche indique « Environnement », le cercle supérieur droit, « Social », et le cercle inférieur, « Économique ».
1. Contexte
Le présent document fait rapport sur la mise en œuvre du Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada du Gros-MorneNote de bas de page 6 entre 2016 et 2021, évalue les progrès réalisés relativement à l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition et analyse les répercussions socio-économiques. Il traite de 14 espèces, dont 7 espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées dans la LEP (qui doivent faire l’objet d’un plan d’action) et de 4 espèces préoccupantes inscrites à la LEPNote de bas de page 7 .
Des objectifs locaux en matière de population et de répartition ont été élaborés pour deux espèces pour lesquelles des mesures de mise en œuvre en place dans le parc national du Gros-Morne pourraient avoir une incidence majeure sur le rétablissement : le Pluvier siffleur (sous-espèce melodus) et la martre d’Amérique (population de Terre-Neuve).
2. Mise en œuvre du plan d’action
La mise en œuvre du Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada du Gros-Morne est évaluée en mesurant les progrès pour ce qui est de la réalisation des mesures de rétablissement définies dans le plan d’action (Tableau 1). Veuillez consulter le plan d’action originalNote de bas de page 6 pour obtenir une description de chaque mesure, les résultats visés ainsi que les menaces que chaque mesure aborde.
| Espèce et mesure | Résultat visé | Progrès vers l’atteinte des objectifs | Progrès (% d’achèvement) |
|---|---|---|---|
| 1) Pluvier siffleur Réduire les perturbations anthropiques sur les Pluviers siffleurs reproducteurs : Mettre en place des actions pour réduire les perturbations résultant de l’action de l’homme sur les Pluviers siffleurs reproducteurs incluant l’utilisation de panneaux d’interprétation et de signalisation pour faire la promotion de la conformité avec les mesures et atténuer les perturbations (p. ex. chiens en laisse) et, si nécessaire, fermer des zones autour des nids avec une signalisation pour rediriger les visiteurs vers d’autres plages ouvertes dans le voisinage. |
Des panneaux sont installés sur les plages où se trouvent des Pluviers siffleurs, et les aires de nidification sont fermées en période de nidificationNote de bas de page 8. |
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100 % |
| 2) Bécasseau maubèche Sensibilisation des visiteurs concernant les haltes migratoires des oiseaux de rivage : Installer des panneaux d’interprétation et de signalisation à la pointe Belldowns et à toute autre halte migratoire repérée à l’avenir. |
Information sur l’importance du site pour les oiseaux de rivage et disponibilité des règlements du parc pour encourager les visiteurs des haltes migratoires à s’y conformer et à minimiser les perturbations par les humains. |
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100 % |
| 3) Martre d’Amérique, population de Terre-Neuve Règlement sur le piégeage au collet : Élaborer des projets pour promouvoir le respect des règlements sur l’installation de collets en fil de laiton ou de fer torsadé dans le parc et les zones adjacentes. |
Aucun collet en fil d’acier inoxydable n’est utilisé dans le parc. |
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100 %* |
| 4) Martre d’Amérique, population de Terre-Neuve Cartographie de l’habitat : Mise à jour des cartes terrestres du SIG pour le PNGM, puis, de concert avec la province, utilisation de la classification mise à jour pour cartographier les habitats essentiels et convenables pour la martre. |
Les données de couverture terrestre du SIG mises à jour sont publiées, et l’habitat de la martre dans le PNGM a été cartographié avant 2016. |
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100 % |
| 5) Martre d’Amérique, population de Terre-Neuve Gestion de la population d’orignaux : Réduction de la population d’orignaux et maintien à une densité cible de 1-2 orignaux/km². |
La densité de la population d’orignaux devait diminuer d’ici 2018, puis se maintenir à 1 ou 2 orignaux/km2 dans la zone sondée d’ici 2023. |
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100 %* |
| 6) Petite chauve-souris brune et chauve-souris nordique Inventaire des chauves-souris : Évaluer la distribution et l’abondance relative de la chauve-souris dans le parc à l’aide d’appareils d’enregistrement d’ultrasons. |
Compréhension de la répartition et de l’abondance relative des espèces de chauve-souris dans le parc et élaboration d’un protocole de surveillance à long terme d’ici 2016. |
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100 %* |
| 7) Petite chauve-souris brune Pratiques exemplaires de gestion (PEG) sur les chauves-souris : Élaboration et mise en place de pratiques exemplaires de gestion aux fins de l’entretien des infrastructures utilisées comme dortoirs par les chauves-souris. |
Disponibilité et utilisation des pratiques exemplaires de gestion d’ici 2016. |
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100 %* |
| 8) Garrot d’Islande Statut de nidification du Garrot d’Islande : Surveillance de l’utilisation des nichoirs par le Garrot d’Islande. |
Clarification de l’état de la nidification dans le parc d’ici 2018. |
|
100 % |
| 9) Anguille d’Amérique Atténuer les obstacles au passage des poissons : Mise en place des PEG pour le passage des poissons lors du remplacement des ponceaux pendant les travaux d’entretien des routes. |
Tous les nouveaux ponceaux dans le parc permettent le passage de l’anguille. |
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100 % |
D’autres mesures ont été ciblées dans le plan d’action. Il serait avantageux de les mettre en œuvre advenant la disponibilité de ressources. Le tableau 2 décrit les mesures que le PNGM a été en mesure de lancer entre 2016 et 2021. Les mesures inscrites dans le plan d’action qui n’ont pas été amorcées seront reportées et revues dans un plan d’action révisé.
| Espèce et mesure | Résultat visé | Progrès vers l’atteinte des objectifs | Progrès (% d’achèvement) |
|---|---|---|---|
| Élaboration et mise en place d’une stratégie médiatique (Toutes les espèces en péril dans le PNGM) |
Au moins un article publié chaque année sur les espèces en péril dans le PNGM. |
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100 % |
| Contribution à la programmation scolaire dans le parc (Toutes les espèces en péril dans le PNGM) |
Les enfants d’âge scolaire de la région sont sensibilisés à la conservation des espèces en péril au PNGM. |
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50 % |
| Inclusion d’activités liées à la surveillance et au rétablissement des espèces en péril dans les possibilités d’expérience du visiteur (Toutes les espèces en péril dans le PNGM) |
Favoriser le sentiment d’appartenance aux lieux en intégrant du contenu sur les espèces en péril dans les occasions d’expérience du visiteur. |
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50 % |
| Diffusion d’information sur les espèces en péril dans l’ensemble du parc (Toutes les espèces en péril dans le PNGM) |
Les visiteurs du parc acquièrent des connaissances sur les espèces en péril par divers supports médiatiques autonomes. |
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100 % |
3. Grandes lignes du plan d’action
Estimation de la population de la martre d’Amérique (population de Terre-Neuve)
Les principales menaces pour cette population selon ce qui est indiqué dans le programme de rétablissementNote de bas de page 9 sont la mortalité fortuite attribuable aux collets et aux pièges ainsi que la perte et la dégradation de l’habitat. Ces menaces sont réelles dans le PNGM, car les résidents sont autorisés à piéger au collet le lièvre d’Amérique, et le broutage excessif par les orignaux peut entraîner la dégradation de l’habitat.
Objectifs en matière de population et de répartition pour le PNGM (selon les objectifs nationauxNote de bas de page 9 ) :
- Objectifs à court terme : Maintien de l’occupation de l’habitat potentiel de la martre au niveau actuel.
- Objectifs à long terme : Maintien ou augmentation de l’habitat potentiel de la martre.
Tendance dans le PNGM :
Augmentation : Population de martres du PNGM présumée disparue dans les années 1990, estimée à <5 en 2001-2002, à 15-20 en 2012 et à 26-36 en 2017.
Surveillance de la population :
La surveillance consistait à déceler la présence (occupation) dans les unités d’habitat convenable par l’analyse sur les transects de pistes en hiver, en plus des observations par prélèvement de poils, des observations fortuites et d’un programme de science citoyenne axée sur la surveillance.
Résultats :
Les échantillons de poils recueillis en 2016-2017 dans l’habitat convenable de la martre ont confirmé la présence de 20 individus dans le PNGM. Un modèle d’habitat pour la martre élaboré selon la description d’habitat essentiel présentée dans le programme de rétablissement fait ressortir que plus de 30 % du parc constitue un habitat convenable pour la martre.
Description longue de l’image
L’image correspond à la carte du parc national du Gros-Morne sur laquelle on voit l’habitat convenant à la martre d’Amérique femelle (population de Terre-Neuve). On voit que cet habitat se trouve principalement dans les zones boisées des secteurs sud et est du parc. Deux blocs d’habitat essentiel sont délinés le long de la limite est du parc.
La carte montre aussi les endroits où ont été observées des martres d’Amérique pendant divers relevés effectués de 2001 à 2016. Certains de ces endroits se trouvent à l’extérieur du parc, adjacent à la limite, ou dans des enclaves communautaires.
4. Répercussions écologiques
Les répercussions écologiques du plan d’action sont évaluées en mesurant les progrès à l’égard de la réalisation des objectifs locaux en matière de population et de répartition décrits dans le plan d’action (tableau 3). Prière de consulter le plan d’action original pour connaître les « Objectifs nationaux en matière de population et de répartition » (lorsqu’ils existent) ainsi que les « Renseignements généraux et approche générale du parc » pour chaque espèce.
| Espèce | Objectifs en matière de population et de répartition pour le parc | Surveillance des populations | Progrès vers l’atteinte des objectifs locaux en matière de population et de répartition | Progrès (% d’achèvement) |
|---|---|---|---|---|
| Pluvier siffleur (sous-espèce melodus) | Maintien de la productivité à 1,65 jeune par couple par année, calculée sur une moyenne de 5 ans. | Un relevé des habitats convenables est réalisé chaque printemps; dès qu’un couple est trouvé, sa productivité est suivie selon le protocole d’observation du Pluvier siffleur de Parcs Canada. |
|
S.O. |
| Martre d’Amérique (population de Terre-Neuve) | Objectif à court terme : maintien de l’occupation de l’habitat potentiel de la martre au niveau actuel. Objectif à long terme : maintien ou augmentation de l’habitat potentiel de la martre. | La surveillance consistera à déceler la présence (occupation) dans les unités d’habitat convenable par prélèvement de poils, des observations fortuites et un programme de science citoyenne axée sur la surveillance. |
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100 % |
On a tenu compte de ces autres espèces dans le Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Gros-MorneNote de bas de page 10 ; toutefois, aucun objectif en matière de population et de répartition n’a été établi pour celles-ci : Bec-croisé des sapins (en voie de disparition), Bécasseau maubèche (en voie de disparition), Moucherolle à côtés olive (menacée), Arlequin plongeur, Quiscale rouilleux et Hibou des marais (toutes des espèces préoccupantes). La plupart de ces espèces sont des visiteuses occasionnelles du parc, et le PNGM ne revêt qu’une importance limitée lorsqu’il est question du rétablissement de ces espèces à l’échelle nationale. Il n’existe pas d’initiative de relevé systématique pour la plupart de ces espèces. Cependant, le programme de surveillance de l’intégrité écologique du parc évalue le Bec-croisé des sapins en continuant les relevés hivernaux d’oiseaux forestiers ainsi que l’Arlequin plongeur en poursuivant les relevés quinquennaux de la taille de la population et de la productivité. Alors qu’aucun Bec-croisé des sapins n’a été observé lors des relevés hivernaux d’oiseaux en 2016, en 2017 et en 2021, 20 Arlequins plongeurs (8 couples et 4 individus) ont été vus le long de quatre rivières dans le PNGM lors du relevé de 2018. La surveillance des populations pour les autres espèces est assurée par la consignation des observations fortuites.
5. Répercussions socio-économiques
Selon la Loi sur les espèces en péril, le ministre fédéral responsable doit produire un rapport sur les répercussions socio-économiques de la mise en œuvre du plan d’action visant des espèces multiples et sur les avantages qui en découlent. Ce plan d’action s’applique uniquement aux terres et aux eaux protégées qui relèvent de l’autorité de l’Agence Parcs Canada, qui font moins souvent l’objet de menaces (p. ex. activités industrielles) par rapport à d’autres endroits étant donné que les terres sont gérées de façon à préserver l’intégrité écologique et commémorative. Cette section ne comprend pas les répercussions socio-économiques découlant des activités permises existantes dans les endroits gérés par Parcs Canada étant donné que celles-ci ont été examinées dans le cadre d’autres processus (p. ex. évaluation des impacts). L’évaluation socio-économique a une portée limitée puisqu’elle est axée sur les mesures mises en œuvre dans le cadre du plan d’action et concerne principalement les partenaires autochtones, les titulaires de baux et de permis, les résidents et les visiteurs. Les répercussions socioéconomiques globales du Plan d’action visant plusieurs espèces du PNGM (coûts et avantages) sont présentées ci-dessous.
Coûts
La plupart des coûts liés à la mise en œuvre du plan d’action ont été assumés par Parcs Canada à même les crédits affectés aux salaires et aux biens et services. Cela comprend notamment les coûts salariaux différentiels, les matériaux, l’équipement et la passation de marchés de services professionnels pour les mesures décrites aux tableaux 3 (Mesures de rétablissement qui seront prises dans le parc national du Gros-Morne) et 4 (Autres mesures de rétablissement qui seront encouragées par l’entremise de partenariats ou si des ressources supplémentaires sont disponibles) du plan d’action. Les mesures du plan d’action ont été intégrées à la gestion opérationnelle du PNGM. Ces coûts que l’Agence Parcs Canada devait assumer ont été couverts par la réaffectation prioritaire des fonds et des crédits salariaux existants et n’ont pas entraîné de dépenses supplémentaires pour la société.
Ce plan d’action n’a entraîné aucun coût socio-économique important pour les partenaires, les intervenants ou les groupes autochtones. Le plan d’action ne s’applique qu’aux terres et aux eaux du parc national du Gros-Morne et n’entraîne aucune restriction à l’utilisation des terres à l’extérieur du parc national. Par conséquent, il n’entraîne aucun coût socio-économique externe pour le public. Aucune restriction n’a dû être imposée aux activités des visiteurs sur les terres réglementées en vue de protéger et de rétablir les espèces en péril. Toutefois, les résidents locaux possédant des permis de piégeage au collet du lièvre d’Amérique doivent utiliser des collets en fil de laiton. Cela pourrait être perçu par certains comme étant une restriction négative; toutefois, la plupart des gens sont d’accord avec cette exigence et sont prêts à s’y conformer.
Avantages
Les mesures préconisées dans le plan d’action pour le parc national du Gros-Morne ont contribué à l’atteinte des objectifs en matière de rétablissement, de population et de répartition des espèces menacées et en voie de disparition, ainsi qu’aux objectifs de gestion des espèces préoccupantes. Les mesures proposées devraient avoir des répercussions positives globales sur l’intégrité écologique et accroître les occasions d’apprécier les lieux et la présence des espèces pour les visiteurs et la population en général, ce qui pourrait entraîner des répercussions positives sur la biodiversité et la valeur que les personnes accordent à sa préservation.
Les mesures visaient l’application d’une approche équilibrée pour la réduction ou la suppression des menaces qui pèsent sur les populations et sur les habitats des espèces en péril; ce sont notamment des mesures de protection des individus et de leur habitat et des mesures visant le rétablissement de l’espèce et la sensibilisation du public, ainsi que des mesures d’intendance du milieu. Ces mesures ont eu une incidence positive globale sur l’intégrité écologique au PNGM.
Plus précisément, le programme de réduction de la population d’orignaux en place au PNGM contribue à rétablir l’habitat forestier et à promouvoir la régénération et la biodiversité de la forêt naturelle. En retour, cela a eu pour effet d’accroître la population de martres d’Amérique. De plus, la réglementation sur le piégeage au collet a réduit le risque qu’une martre se fasse prendre et soit tuée par les rebords coupants des collets pour lièvres. Des nichoirs à chauves-souris ont aussi été installés dans plusieurs campings et aires d’utilisation diurnes partout dans le parc pour assurer des aires de repos sûres dans des bâtiments rénovés ou à proximité.
Les avantages économiques potentiels du rétablissement des espèces en péril dans le parc sont difficilement quantifiables, bon nombre des avantages tirés des espèces sauvages étant des produits non marchands qui ne se prêtent pas aisément à une évaluation financière. Toutes les espèces sauvages, quelles qu’elles soient, ont une valeur intrinsèque et extrinsèque et sont appréciées par les Canadiens pour des raisons esthétiques, culturelles, spirituelles, récréatives, pédagogiques, historiques, économiques, médicales, écologiques et scientifiques. La conservation des espèces sauvages en péril est un élément important de l’engagement du gouvernement du Canada à conserver la diversité biologique, et elle est importante pour la richesse économique et naturelle du Canada d’aujourd’hui et de demain.
À cet égard, le parc a cherché à faire ce qui suit :
- faire connaître l’importance des espèces en péril pour la région et indiquer comment le parc et ses visiteurs peuvent contribuer à protéger ces mêmes espèces;
- faire participer et informer des centaines d’élèves de la région et le grand public en tenant des activités d’interprétation sur les espèces en péril axées sur la petite chauve-souris brune et l’anguille d’Amérique;
- échanger des données et des produits d’information avec des partenaires régionaux du milieu de la conservation en vue de mieux comprendre et protéger les espèces en péril qui entrent dans le PNGM et en sortent;
- approfondir les relations et les partenariats avec la Première Nation mi’kmaq Qalipu et la Première Nation Miawpukek, en intégrant le savoir autochtone dans les mesures de rétablissement et en mettant l’accent sur le rétablissement d’espèces importantes sur le plan culturel, comme l’anguille d’Amérique.
Sommaire
Les mesures proposées dans le plan d’action ont eu une incidence socio-économique limitée et n’ont posé aucune restriction à l’aménagement du territoire à l’extérieur du parc national. Parcs Canada a assumé les coûts directs de la mise en œuvre du plan d’action. Les coûts indirects ont été minimes et ont entraîné des effets positifs sur l’intégrité écologique du parc, une sensibilisation accrue aux espèces ainsi que de l’amélioration des occasions d’engagement pour les visiteurs, les communautés locales et les groupes autochtones.