Chapitre 1 : À propos du rapport

Auteurs

Autrices coordonnatrices principales

Elizabeth Bush, Environnement et Changement climatique Canada

Ashley Ehrman, Environnement et Changement climatique Canada

Auteurs principaux

Myrle Ballard, Université de Calgary

Jackie Dawson, Université d’Ottawa

Greg Flato, Environnement et Changement climatique Canada

Amanda Hunter, Environnement et Changement climatique Canada

Référence recommandée du chapitre 

Bush, E., Ehrman, A., Ballard, M., Dawson, J., Flato, G. et Hunter, A. (2026). À propos du rapport. Dans Rapport sur le climat changeant du Canada de 2026, (pp XX-XX). Gouvernement du Canada.

Description du chapitre

Le présent chapitre sert d’introduction au Rapport sur le climat changeant du Canada en expliquant son objectif, sa portée et son processus d’élaboration, en présentant certains concepts scientifiques fondamentaux et en fournissant des conseils pour aider les lecteurs à trouver l’information dont ils ont besoin.

Résumé en langage clair

Ce chapitre d’introduction compte trois objectifs : expliquer le but du rapport, décrire le processus employé pour le produire et guider les lecteurs vers les sections du rapport où ils trouveront les renseignements qui les intéressent particulièrement. Les changements climatiques touchent l’ensemble du Canada dans un contexte de changements climatiques à l’échelle mondiale. Par conséquent, afin de replacer les changements au Canada dans leur contexte, ce chapitre présente quelques conclusions importantes sur l’état actuel du climat à l’échelle mondiale et les risques climatiques planétaires futurs, notamment la conclusion claire selon laquelle, du point de vue de la science climatique, il est nécessaire d’atteindre la carboneutralité pour limiter le réchauffement planétaire causé par l’humain.

Dans un monde où les changements climatiques s’accélèrent et où les recherches scientifiques permettant de comprendre ce problème se multiplient, il importe de disposer de synthèses et d’évaluations actualisées et opportunes de ces connaissances scientifiques afin d’éclairer les mesures à prendre en matière de changements climatiques. Le présent rapport a pour objectif de fournir une synthèse et une évaluation actualisées des dernières connaissances et données concernant les changements climatiques actuels et futurs au Canada. Il donne ainsi suite aux engagements pris dans le Plan d’action pour l’adaptation du gouvernement du Canada visant à élaborer régulièrement des évaluations scientifiques du climat à l’échelle du pays afin de fournir une base scientifique solide et actualisée pour l’élaboration de politiques et de mesures nationales d’adaptation.

Les évaluations scientifiques nationales sur le climat, telles que le présent rapport, complètent et s’appuient sur les évaluations scientifiques mondiales fondamentales du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Ces évaluations s’appuient sur les données scientifiques produites par la communauté scientifique internationale et évaluent les changements climatiques à l’échelle mondiale et à celle des grandes régions. Le présent rapport s’appuie principalement sur les nouvelles données scientifiques produites par la communauté scientifique canadienne et évalue les changements climatiques pour le Canada dans son ensemble et pour certaines régions du pays. Il apporte la contribution de la science physique du climat au cinquième cycle du processus d’évaluation nationale Le Canada dans un climat en changement. Collectivement, les rapports publiés dans le cadre du processus d’évaluation nationale évaluent comment et pourquoi le climat du Canada change (le présent rapport), les répercussions des changements climatiques sur nos communautés, notre santé, notre environnement et notre économie, et comment nous nous adaptons dans l’ensemble du pays.

La première édition du rapport a été publiée en 2019. La présente édition s’appuie sur de nouvelles observations, des ensembles de données améliorés, une meilleure compréhension du système climatique et une nouvelle modélisation des changements climatiques futurs à l’échelle du Canada. Dans cette édition, nous souhaitons évaluer davantage de sujets importants pour les Canadiens et les personnes vivant au Canada, rendre le rapport plus accessible à divers publics et mieux combler le fossé entre les évaluations scientifiques telles que celle-ci et la planification des mesures d’adaptation. Une autre nouveauté de cette édition est l’inclusion de la science autochtone, principalement grâce à l’ajout d’études de cas concernant les Premières Nations, les Inuits et les Métis.

Dans ce chapitre, nous décrivons le processus que nous avons suivi pour garantir la rigueur scientifique et la crédibilité du rapport. Cette transparence quant à notre processus permet aux lecteurs et aux utilisateurs du rapport d’avoir l’assurance que les conclusions mises en évidence, c’est-à-dire les faits saillants de nos messages clés et autres éléments de synthèse, sont bien étayées par nos évaluations des données probantes. Ce chapitre fait également état des efforts que nous avons déployés et des défis que nous avons rencontrés pour atteindre notre objectif d’inclure la science autochtone afin d’élargir la base de données probantes permettant de comprendre les changements climatiques au Canada.

Enfin, ce chapitre donne un aperçu de la structure du rapport afin d’aider les lecteurs à trouver le contenu qui répond le mieux à leurs besoins.

1.1 : Introduction

Il ne fait aucun doute que le climat terrestre se réchauffe en raison des activités humaines (GIEC, 2021b). La principale source d’énergie ayant alimenté une grande partie de l’activité humaine pendant l’ère industrielle a été la combustion de combustibles fossiles : charbon, pétrole et gaz. La combustion de ces combustibles à base de carbone produit du dioxyde de carbone, qui est le principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique. Le dioxyde de carbone, ainsi que d’autres gaz tels que le méthane et l’oxyde nitreux, sont appelés « gaz à effet de serre », car ils piègent la chaleur dans l’atmosphère (voir le chapitre 2, section 2.3, dans Bush et al., 2019). L’augmentation des concentrations de ces gaz à effet de serre dans l’atmosphère depuis la période préindustrielle (estimée dans ce rapport entre 1850 et 1900) est sans équivoque due aux activités humaines (GIEC, 2021b). Les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone, de méthane et d’oxyde nitreux ont atteint de nouveaux niveaux élevés en 2024, avec des augmentations de 521 %, de 165 % et de 25 % par rapport aux niveaux préindustriels (Forster et al., 2025). Il existe un degré de confiance élevéFootnote 1 que l’augmentation de la température moyenne mondiale depuis la période préindustrielle est principalement due à l’augmentation des niveaux atmosphériques de gaz à effet de serre, et que le rythme du réchauffement au cours des 50 dernières années est sans précédent depuis au moins 2000 ans (GIEC, 2021b). Pour la décennie de 2015 à 2024, l’estimation du réchauffement observé par rapport à la période préindustrielle est de 1,24 °C (1,11 à 1,35 °C), dont 1,22 °C (1,0 à 1,5 °C) est attribuable à l’activité humaine. La contribution négative du forçage naturel est de 0,05 °C (-0,1 à 0,2 °C), ce qui est bien inférieur à celle du réchauffement induit par l’humain (Forster et al., 2025).

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) produit les évaluations scientifiques les plus complètes et les plus fiables sur les changements climatiques mondiaux. Les évaluations du GIEC s’appuient sur les données scientifiques fournies par la communauté scientifique internationale. Le dernier rapport du GIEC, le sixième Rapport d’évaluation, comprend les rapports de ses trois groupes de travail et un rapport de synthèse global, intitulés respectivement The Physical Science Basis (les éléments scientifiques de l’évolution du climat), par le groupe de travail I (GIEC, 2021a), Impacts, Adaptation, and Vulnerability (conséquences, adaptation et vulnérabilité), par le groupe de travail II (GIEC, 2022a), Mitigation of Climate Change (atténuation des changements climatiques), par le groupe de travail III (GIEC, 2022b), et Synthesis Report (rapport de synthèse) (GIEC, 2023a). Les conclusions du rapport sur les éléments scientifiques de l’évolution du climat (IPCC, 2021a) apparaissent souvent dans les chapitres du présent rapport, car la portée du Rapport sur le climat changeant du Canada et celle de l’évaluation du groupe de travail I du GIEC sont étroitement liées (section 1.2.2.). Parmi les nombreuses conclusions du résumé à l’intention des décideurs politiques du rapportde synthèse du GIEC (GIEC, 2023b), nous considérons que les trois conclusionssuivantes sont essentielles pour comprendre et limiter les risques liés aux changements climatiques futurs :

« Les risques et les effets négatifs prévus, ainsi que les pertes et dommages connexes liés aux changements climatiques, s’aggravent à chaque augmentation du réchauffement planétaire (degré de confiance très élevé). »
– Extrait du rapport de synthèse, résumé à l’intention des décideurs, B.2

« Les options d’adaptation qui sont aujourd’hui réalisables et efficaces deviendront limitées et moins efficaces avec l’augmentation du réchauffement planétaire. »
– Extrait du rapport de synthèse, résumé à l’intention des décideurs, B.4

« Limiter le réchauffement planétaire d’origine humaine exige la carboneutralité. »
– Extrait du rapport de synthèse, résumé à l’intention des décideurs, B.5

Le lien général entre l’augmentation de la température moyenne mondiale (réchauffement planétaire) et l’intensification des effets et des risques liés aux changements climatiques est établi depuis longtemps, et les conclusions du cinquième Rapport d’évaluation du GIEC sur ce sujet ont éclairé les négociations sur l’objectif mondial à long terme en matière de température dans l’Accord de Paris (Paris Agreement to the United Nations Framework Convention on Climate Change, 2015). Le Canada s’est joint à presque tous les pays pour signer et ratifier l’Accord de Paris de 2015, un traité juridiquement contraignant conclu dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. L’Accord de Paris a pour objectif déclaré de renforcer la réponse internationale à la menace des changements climatiques en limitant l’augmentation de la température moyenne mondiale bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant les efforts pour limiter l’augmentation de la température à 1,5 °C. Cet objectif de température a été établi afin d’éviter les effets et les risques de plus en plus graves des changements climatiques qui se produiraient en cas de niveau de réchauffement planétaire plus élevé. Il visait également à tenir compte des preuves selon lesquelles la hausse de la température moyenne mondiale et d’autres changements du climat, causés par des niveaux de dioxyde de carbone (CO2) constamment élevés dans l’atmosphère, devraient persister pendant des millénaires (GIEC, 2014). Cette projection souligne le caractère essentiellement irréversible des changements climatiques causés par l’humain. La réalisation de l’objectif de carboneutralitéFootnote 2 des activités humaines permettra de stabiliser la température moyenne mondiale, mais ne permettra pas d’effacer l’héritage des émissions cumulées passées.

Les émissions de gaz à effet de serre provenant des activités humaines ne peuvent être arrêtées immédiatement, et les nouvelles émissions entraîneront davantage de réchauffement. Par conséquent, même avec des mesures ambitieuses pour réduire les émissions, le monde connaîtra inévitablement un réchauffement. Cela signifie que les changements climatiques, y compris les changements associés à de nombreux types de phénomènes climatiques extrêmes, seront de plus en plus évidents et répandus. Le rythme et l’ampleur de ces changements, en particulier dans la seconde moitié du siècle, lorsque les enfants d’aujourd’hui seront devenus adultes, seront déterminés par l’ampleur de l’augmentation, de la baisse ou de la réduction à des niveaux négligeables des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pour relever les innombrables défis posés par le réchauffement de la planète et tirer parti des possibilités qui pourraient se présenter, les générations actuelles et futures devront adapter leur mode de vie et leurs moyens de subsistance. La planification et le renforcement de la résilience face aux changements climatiques dépendent en partie d’une vision claire de ce que pourrait être le climat à l’avenir. Le présent rapport peut aider les Canadiens et les personnes vivant au Canada à comprendre à quoi pourrait ressembler le climat au cours de ce siècle.

Du point de vue de la science physique du climat, limiter le réchauffement planétaire exige d’atteindre la carboneutralité et de réduire fortement les émissions d’autres gaz à effet de serre (GIEC, 2021b). D’autres points de vue encouragent une vision plus holistique du problème et des solutions. Pour de nombreux membres des Premières Nations, des Inuits et des Métis, il est impératif de rétablir les relations entre les humains et la nature, car celles-ci sont déséquilibrées. Il est considéré comme essentiel de rétablir l’équilibre et d’assurer une plus grande réciprocité entre les humains et les autres êtres vivants sur les terres, dans l’eau et sur les glaces pour faire face à la crise climatique (voir Assemblée des Premières Nations, 2023; Inuit Tapiriit Kanatami, 2019; le Conseil national des Métis , 2024; voir aussi les sections 5.3 et 5.4 de Reed et al., 2024). Ces points de vue soulignent que, si des rapports tels que celui-ci sont précieux pour fournir des informations actualisées et opportunes sur les changements climatiques actuels et futurs au Canada, des discussions plus larges s’appuyant sur un éventail diversifié d’informations et de connaissances enrichiront le dialogue entre les habitants du Canada sur la manière de comprendre et de répondre aux changements climatiques.

La figure 1.1 présente un aperçu visuel des sujets abordés dans ce chapitre d’introduction. À la section 1.2, nous expliquons l’objectif de l’élaboration du rapport et notre mandat, et nous décrivons à qui il s’adresse. La section 1.2 situe également le rapport dans le contexte plus large du processus d’évaluation nationale Le Canada dans un climat en changement. À la section 1.3, nous expliquons la portée du contenu du présent rapport et décrivons le processus utilisé pour l’élaborer, afin d’assurer la transparence de nos efforts visant à rendre le processus d’évaluation plus solide et plus inclusif. La section 1.3.5 décrit les efforts que nous avons déployés pour respecter notre engagement d’inclure la science autochtone dans le présent rapport et les défis que nous avons rencontrés à cet égard. Enfin, la section 1.4 fournit un guide du rapport, qui comprend un résumé des principaux éléments que les lecteurs rencontreront tout au long du document. Cette section est fournie pour aider les lecteurs à naviguer dans le contenu du rapport et à trouver les informations les plus pertinentes pour leurs besoins. Un index indiquant où les lecteurs peuvent trouver des informations sur des sujets transversaux faisant couramment l’objet de recherches est fourni en annexe de ce chapitre.

Faits saillants de la figure : Aperçu visuel du contenu du chapitre et des liens importants entre les chapitres.

Titre de la figure : Guide visuel du contenu du chapitre 1 et des principaux liens entre les chapitres

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Figure 1.1 : Guide visuel du contenu du chapitre 1 et des liens entre les chapitres.

1.2 : Objectif et contexte

Cette section comporte deux parties. La première présente l’objectif, le mandat et les publics cibles du Rapport sur le climat changeant du Canada. Elle situe ce rapport dans le cadre plus large du processus d’évaluation nationale Le Canada dans un climat en changement, ainsi que dans le contexte plus général de la manière dont le rapport soutient les efforts d’adaptation et d’atténuation au Canada. La deuxième partie fournit des informations supplémentaires sur le processus d’évaluation nationale, car ce contexte est essentiel pour comprendre la contribution du rapport à l’avancement des connaissances et de la compréhension des changements climatiques au Canada.

1.2.1 : Objectif, mandat et publics cibles

Le Rapport sur le climat changeant du Canada a pour objectif de fournir une synthèse et une évaluation des connaissances et des données les plus récentes concernant les changements climatiques actuels et futurs au Canada. Il s’agit de la deuxième édition du Rapport sur le climat changeant du Canada (RCCC de 2026) et, à ce titre, il fournit une synthèse et une évaluation actualisées. La première édition (RCCC de 2019) a été publiée en 2019 (Bush et Lemmen, 2019). Bien que les évaluations du GIEC soient largement reconnues comme des évaluations faisant autorité en matière de changements climatiques mondiaux et régionaux, le GIEC n’évalue pas les changements climatiques pour chaque pays individuellement. Il est donc nécessaire de réaliser des évaluations à l’échelle nationale, telles que celle‑ci, afin de fournir des évaluations ciblées et faisant autorité sur les changements climatiques à des échelles plus pertinentes pour les responsables des politiques et les décideurs au Canada. Pour le RCCC de 2026, nous avons fait appel à des experts de tout le pays afin d’examiner et d’évaluer les données scientifiques pertinentes sur les changements du système climatique physique du Canada et leurs causes, en nous appuyant largement sur les données scientifiques produites par la communauté scientifique canadienne depuis la publication du RCCC de 2019. Le présent rapport répond ainsi à la mesure 56 du Plan d’action pour l’adaptation du gouvernement du Canada (ECCC, 2023c), qui engage le gouvernement fédéral à réaliser régulièrement de telles évaluations afin de fournir les fondements scientifiques nécessaires à l’élaboration de politiques et de mesures nationales d’adaptation (encadré 1.1).

L’objectif plus large du RCCC de 2026 est de contribuer à l’évaluation scientifique du climat physique dans le cadre du cinquième cycle du processus d’évaluation nationale Le Canada dans un climat en changement (section 1.2.2). Le RCCC de 2026 apporte des réponses aux questions suivantes : « Comment les changements climatiques ont-ils affecté le climat du Canada, dans quelle mesure les changements observés peuvent-ils être attribués à des causes humaines, et quels changements projetés sont prévus pour l’avenir? » Les autres rapports du processus d’évaluation national répondent aux questions suivantes : « Comment ces changements climatiques affectent-ils nos collectivités, notre santé, notre environnement et nos économies, et comment nous adaptons-nous? » Ensemble, les rapports qui contribuent au processus d’évaluation national permettent de s’assurer que les Canadiens et les personnes vivant au Canada sont informés des risques et des vulnérabilités climatiques, ainsi que des exigences et des avantages de l’adaptation, et que ces informations sont conçues et rendues accessibles et faciles à comprendre pour divers publics (voir l’encadré 1.1 et l’objectif 3 de la Stratégie nationale d’adaptation) (ECCC, 2023a). Les évaluations nationales des connaissances constituent donc un élément clé du cycle d’adaptation du Canada (figure 1.2).

Encadré 1.1 : Feuille de route nationale du Canada pour l’adaptation aux changements climatiques

La première stratégie nationale d’adaptation du Canada, intitulée Bâtir des collectivités résilientes et une économie forte, fixe des cibles à court terme, des objectifs à moyen terme et des buts à atteindre d’ici le milieu du siècle pour tous les niveaux de la société afin de se préparer aux effets des changements climatiques, dont la gravité et la fréquence augmenteront au cours des prochaines décennies (ECCC, 2023a). Dans le cadre de cette stratégie, le gouvernement du Canada s’engage à atteindre ces objectifs de manière juste, inclusive et équitable, notamment en respectant les droits des Premières Nations, des Inuits et des Métis. La stratégie s’appuie sur un processus de consultation de deux ans auprès des gouvernements provinciaux, territoriaux et municipaux, des représentants des Premières Nations, des Inuits et des Métis, d’experts et d’intervenants clés, ainsi que de citoyens de partout au Canada.

Le Plan d’action pour l’adaptation du gouvernement du Canada a été publié en 2023 (ECCC, 2023c) et fournit le cadre stratégique et programmatique qui définit comment les activités du gouvernement du Canada contribueront aux objectifs de la Stratégie nationale d’adaptation. Le Plan d’action comprend l’engagement de réaliser une nouvelle évaluation scientifique du climat à l’échelle du Canada afin de fournir une mise à jour sur la façon dont les changements climatiques agissent sur le climat du Canada et sur les causes de ces changements. Dans le cadre du Plan d’action, le gouvernement fédéral s’engage également à continuer d’évaluer non seulement les répercussions des changements sur nos collectivités, notre environnement et notre économie, mais aussi la façon dont nous nous adaptons, grâce au processus d’évaluation national du Canada.

Faits saillants de la figure : Le processus consistant à acquérir des connaissances, à les mobiliser pour agir et à évaluer les progrès réalisés en matière d’adaptation est itératif.

Titre de la figure : Cycle d’adaptation du Canada

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Figure 1.2 : Diagramme illustrant les différentes étapes et les processus qui contribuent au cycle de l’adaptation au Canada. Ce cycle itératif englobe les efforts continus du Canada pour améliorer la préparation et la résilience aux changements climatiques. La production soutenue de nouvelles données scientifiques et connaissances sur les changements climatiques, ainsi que l’évaluation périodique de ces nouvelles données probantes, aide à répondre à la question « Que se passe-t-il? ». D’autres étapes du cycle d’adaptation aident à hiérarchiser les risques, à planifier des stratégies d’intervention, à mettre en œuvre ces stratégies, puis à évaluer les progrès réalisés afin d’améliorer la résilience aux changements climatiques tout en surveillant l’évolution continue de l’état du climat. Source : Figure 2 du Plan d’action pour l’adaptation du gouvernement du Canada (ECCC, 2023a).

Pour comprendre les changements climatiques, les conséquences qui en découlent et les solutions possibles, il faut s’appuyer sur les connaissances issues de tous les secteurs de la société, des systèmes de savoir et des sciences physiques, biologiques et sociales. Il convient de noter que l’Assemblée des Premières Nations (Assemblée des Premières Nations, 2023), l’Inuit Tapiriit Kanatami (2019) et le Conseil national des Métis (le Conseil national des Métis, 2024) ont récemment publié des stratégies climatiques nationales façonnées par leur propre vision du monde et leur compréhension des possibilités et des défis liés à la réponse aux changements climatiques. Ces stratégies décrivent les priorités en matière de recherche, d’adaptation et d’atténuation qui sont essentielles pour répondre aux besoins de leurs communautés et de leurs nations, et proposent des visions stratégiques pour faire progresser l’action climatique menée par les Premières Nations, les Inuits et les Métis. De même, des stratégies et des plans d’action en matière de changements climatiques ont été élaborés dans l’ensemble de la société canadienne par d’autres ordres de gouvernement, par des associations professionnelles, des entreprises et des institutions, ainsi que par d’autres intervenants de la société civile et du secteur privé. Ces plans ciblent les besoins spécifiques à un secteur ou à une région et tirent parti des atouts des collectivités pour lesquelles ils sont élaborés. Bien que ce panorama soit trop vaste pour être couvert ici, les annexes A, B et C de la Stratégie nationale d’adaptation mettent en évidence quelques exemples de la manière dont différents secteurs au Canada renforcent les connaissances et les capacités nécessaires à la résilience (ECCC, 2023a).

Le processus d’évaluation nationale du Canada (section 1.2.2) n’a pas pour objectif d’évaluer les stratégies et les options d’atténuation pour le Canada. Cependant, en fournissant des informations régulièrement mises à jour sur les changements climatiques, leurs impacts et leurs risques, ainsi que sur les progrès et les lacunes en matière d’adaptation, il sert de base pour éclairer les politiques et les mesures nationales d’atténuation des changements climatiques, ainsi que les activités mises en œuvre par les gouvernements, les entreprises et les collectivités dans l’ensemble du Canada pour contribuer à l’effort national et international d’atténuation (encadré 1.2).

Les évaluations des données scientifiques et des connaissances garantissent que les conclusions des experts, fondées sur une évaluation des meilleures données scientifiques disponibles, sont facilement accessibles, regroupées en un seul endroit et rédigées dans un langage facile à comprendre pour une variété de publics cibles. Il s’agit d’un aspect important, car ces rapports ont pour objectif fondamental de soutenir la prise de décision fondée sur des données probantes en matière d’atténuation et d’adaptation, et doivent donc s’adresser à un public diversifié. La section 1.4.1 explique comment le présent rapport est structuré pour répondre aux besoins de divers publics. Les principaux publics visés par le rapport sont les décideurs en matière d’adaptation et d’atténuation au Canada et leurs conseillers scientifiques et politiques, les intervenants qui fournissent des services climatiques, les praticiens de l’adaptation et la communauté scientifique, y compris les chercheurs, les enseignants de niveau postsecondaire et les étudiants. Les publics visés comprennent donc un vaste éventail de professionnels qui ont besoin de renseignements sur les changements climatiques, mais qui ne possèdent pas nécessairement d’expertise dans les disciplines spécifiques à la science physique du climat. On s’attend à ce que le lecteur possède une solide compréhension des bases scientifiques des changements climatiques physiques, qui ont également été brièvement abordées au chapitre 2 du RCCC de 2019 (Bush et al., 2019). Certains concepts fondamentaux liés à la mesure et à la modélisation des changements climatiques, qui fournissent des informations de base utiles pour la lecture des autres chapitres du présent rapport, sont présentés à la section 1.4.2 du présent chapitre.

Encadré 1.2 : Engagements du gouvernement du Canada en matière d’atténuation des changements climatiques

Les parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et à l’Accord de Paris sont invitées à formuler et à mettre en œuvre des plans et des mesures d’atténuation. Dans le cadre de l’Accord de Paris en particulier, on s’attend à ce que les pays soumettent des contributions déterminées au niveau national (CDN) et prennent des mesures pour les réaliser. Ces CDN énoncent les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre que les gouvernements se sont fixés comme contribution à l’effort collectif visant à limiter le réchauffement planétaire bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et à poursuivre les efforts pour limiter encore davantage l’augmentation de la température à 1,5 °C. L’exigence pour les pays d’intensifier leurs réductions d’émissions au fil du temps afin de refléter un niveau d’ambition de plus en plus élevé est au cœur de l’approche des CDN, et les gouvernements doivent soumettre tous les cinq ans des CDN actualisées qui reflètent leur niveau d’ambition le plus élevé possible, en tenant compte des différentes situations nationales et en se basant sur les meilleures données scientifiques disponibles (Paris Agreement to the United Nations Framework Convention on Climate Change, 2015; Secrétariat de la CCNUCC, 2024).

Le Canada s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de manière à atteindre la carboneutralité d’ici 2050, comme le prévoit la Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité(2021). Le Canada a soumis à la CCNUCC une stratégie à long terme explorant les approches permettant d’atteindre cet objectif de carboneutralité (ECCC, 2022b). Dans le cadre de ses deux CDN actuelles, le Canada s’engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 à 45 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030, et de 45 à 50 % par rapport à ces niveaux d’ici 2035 (ECCC, 2024; Gouvernment du Canada, 2025). Le Plan de réduction des émissions du Canada pour 2030 présente une feuille de route secteur par secteur pour atteindre la CDN du Canada pour 2030 (ECCC, 2022a). Un plan visant à atteindre l’objectif de 2035 sera élaboré conformément à la Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité. Le Canada effectue un suivi périodique de ses progrès quant à l’atteinte de ses objectifs de réduction des émissions et rend compte de ces progrès dans des rapports d’inventaire nationaux annuels soumis à la CCNUCC, ainsi que dans des rapports d’étape sur son Plan de réduction des émissions (ECCC, 2025a). Le Secrétariat de la CCNUCC synthétise régulièrement les informations sur les CDN et fournit des estimations des projections d’émissions de gaz à effet de serre résultant de la mise en œuvre des CDN. Cette méthode permet de constater les progrès associés aux efforts internationaux d’atténuation et d’estimer l’écart restant entre les progrès réalisés à ce jour et l’objectif mondial à long terme de l’Accord de Paris en matière de température (Secrétariat de la CCNUCC, 2024; Les Nations Unies, 2025). Le rapport de synthèse sur les CDN de la CCNUCC et d’autres sources qui permettent de faire chaque année le suivi des progrès en matière d’atténuation (p. ex. Programme des Nations Unies pour l'environnement, 2024) ont souligné que des progrès significatifs ont été réalisés depuis l’adoption de l’Accord de Paris, mais que l’écart d’émissions reste important.

1.2.2 : Rapport sur le climat changeant du Canada (RCCC) et processus d’évaluation nationale

Depuis un certain nombre de décennies, le gouvernement du Canada mène des processus visant à fournir aux Canadiens et aux personnes vivant au Canada des rapports sur les répercussions des changements climatiques au Canada et les mesures d’adaptation qui y sont associées, afin de sensibiliser la population à ces questions et d’appuyer la prise de décisions et la mise en œuvre de mesures fondées sur des données probantes. La première initiative globale a été l’Étude pancanadienne, une série de rapports présentant des perspectives régionales et nationales publiés entre 1997 et 1998 (Environnement Canada, 1998). Depuis, des évaluations exhaustives ont été produites régulièrement (de 2007 à 2024) et sont accessibles sur la page Web intitulée Le Canada dans un climat en changement : processus d’évaluation nationale. La préparation de ces rapports a été le fruit d’une collaboration entre des experts issus du gouvernement et d’autres organismes.

Le quatrième processus d’évaluation nationale, intitulé Le Canada dans un climat en changement : faire progresser nos connaissances pour agir, a été lancé en 2017 et s’est achevé en 2024. Ce cycle a donné lieu à cinq rapports principaux et à un rapport de synthèse. La première édition du Rapport sur le climat changeant du Canada, le RCCC de 2019 (Bush et Lemmen, 2019), a constitué la contribution sur la science physique du climat au quatrième cycle d’évaluation nationale. Le RCCC de 2019 a marqué la première fois qu’un rapport autonome sur le climat en changement au Canada était inclus dans le processus d’évaluation nationale. Le quatrième cycle d’évaluation comprenait également le premier rapport dirigé par des Autochtones, Assurer notre avenir : rapport sur la résilience autochtone (Reed et al., 2024). Les rapports qui ont contribué au quatrième processus d’évaluation national sont accessibles au public en format numérique interactif, accompagnés de documents de sensibilisation. Les conclusions du RCCC de 2019 ont confirmé que le climat du Canada avait déjà considérablement changé, des changements ayant été constatés dans tout le pays, dans l’atmosphère, sur les terres et dans les océans environnants (Bush et Lemmen, 2019). La poursuite et l’intensification possible de nombreuses tendances climatiques passées ont été projetées, ce qui souligne l’urgence de s’adapter, plus particulièrement pour se préparer au changement projeté du climat, notamment l’augmentation des phénomènes extrêmes qui sont dangereux pour nos collectivités et la nature. Les conclusions du rapport Le Canada dans un climat en changement : rapport de synthèse font ressortir non seulement les risques pour les infrastructures vieillissantes, la santé des Canadiens et des personnes vivant au Canada, la production alimentaire et la gestion des ressources naturelles sensibles au climat, mais aussi la nécessité d’accélérer les efforts d’adaptation, y compris les mesures mises en œuvre par les Premières Nations, les Inuits et les Métis (figure 1.3) (Lulham et al., 2023). D’autres conclusions ont souligné les menaces que les changements climatiques font peser sur les services vitaux fournis par les écosystèmes canadiens, sur les ressources hydriques du Canada et sur la culture et l’économie des collectivités dans l’ensemble du pays (Warren et al., 2021). Les rapports du quatrième processus d’évaluation nationale soulignent également que des efforts d’adaptation bien planifiés peuvent avoir de multiples avantages. Cependant, les progrès en matière d’adaptation restent lents, et un écart subsiste entre le niveau d’effort nécessaire pour faire aux effets observés et projetés et les efforts de mise en œuvre qui ont été déployés jusqu’à présent.

Faits saillants de la figure : Les répercussions des changements climatiques sont particulièrement évidentes dans les secteurs et les écosystèmes critiques. Des mesures d’adaptation rapides, éclairées et coordonnées sont nécessaires.

Titre de la figure : Dix conclusions clés tirées du rapport Le Canada dans un climat en changement : rapport de synthèse

Les 10 conclusions clés du rapport Le Canada dans un climat en changement

Figure 1.3 : Les 10 conclusions clés du rapport Le Canada dans un climat en changement : rapport de synthèse, qui présentent de manière concise les résultats des cinq rapports publiés entre 2019 et 2024 dans le cadre du quatrième processus d’évaluation nationale. Ces conclusions montrent que les effets des changements climatiques sont particulièrement évidents dans certains secteurs et écosystèmes critiques, entraînant des coûts importants et croissants. Il est urgent de prendre des mesures rapides, éclairées et coordonnées en matière d’adaptation. Adapté d’une image du rapport Le Canada dans un climat en changement : rapport de synthèse (Ressources naturelles Canada, 2023).

Les données scientifiques et notre compréhension ne sont toutefois pas statiques, et les progrès réalisés dans la compréhension sont importants pour éclairer une prise de décision judicieuse et soutenue sur les changements climatiques. Le processus d’évaluation nationale Le Canada dans un climat en changement en est à son cinquième cycle, et le RCCC de 2026 est le premier rapport publié dans le cadre de ce processus.

1.3 : Portée et processus

Dans cette section, nous clarifions pourquoi nous décrivons le présent rapport comme une évaluation de la science physique du climat, et nous définissons les sujets qui s’inscrivent ou non dans la portée du présent rapport. Nous décrivons également le processus que nous avons suivi pour garantir la rigueur scientifique et la crédibilité du rapport. Nous concluons cette section en expliquant l’importance d’élargir la base de données probantes pour y inclure la science autochtone, ainsi que les efforts que nous avons déployés à cette fin dans le présent rapport.

1.3.1 : Point de départ – Quelles sont les nouveautés de la deuxième édition du RCCC?

Depuis 2019, date de publication de la première édition du Rapport sur le climat changeant du Canada (Bush et Lemmen, 2019), de nombreuses nouvelles connaissances ont été acquises. Des progrès considérables ont été réalisés dans l’observation en surface et par satellite de certaines variables climatiques, dans la compréhension des multiples processus et rétroactions à l’œuvre dans le système climatique, ainsi que dans les techniques de modélisation utilisées pour simuler les changements climatiques futurs selon différents scénarios (voir le chapitre 2, section 2.3, et le chapitre 3, section 3.3, pour quelques exemples). L’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique et les grands modèles linguistiques ont amélioré les outils utilisés par la communauté scientifique pour comprendre comment le système climatique réagit aux gaz à effet de serre et aux autres facteurs du changement climatique. La présente évaluation s’appuie sur le RCCC de 2019 et tient compte de ces progrès scientifiques.

De plus, le présent rapport comporte de nouveaux éléments qui ont été conçus en réponse aux commentaires des utilisateurs et des auteurs de la série de rapports d’évaluation nationale (figure 1.4). Ces nouveaux éléments visent à rendre le rapport plus accessible à divers publics, à couvrir davantage de sujets liés aux changements climatiques qui sont importants pour les Canadiens et les personnes vivant au Canada, et à fournir un meilleur contenu afin de combler le fossé pour les décideurs entre l’utilisation des informations contenues dans cette évaluation scientifique et la recherche d’informations plus adaptées auprès des services climatiques pour soutenir la planification des mesures d’adaptation et les activités d’adaptation à l’échelle locale. Le RCCC de 2026 vise également à tirer parti des progrès réalisés dans le cadre du processus d’évaluation nationale Le Canada dans un climat en changement en reconnaissant la valeur et l’importance d’inclure les systèmes de connaissances autochtones et la science autochtone dans les évaluations des connaissances (Kendrick et Walsh, 2025). Parmi les nouveaux éléments inclus dans le RCCC de 2026, on compte donc des études de cas fondées sur des lieux qui concernent les Premières Nations, les Inuits et les Métis qui font une place dans le rapport à la science, aux observations et aux perspectives autochtones en ce qui a trait aux conséquences des changements climatiques. La reconnaissance croissante du terme « science autochtone » (p. ex. Cajete, 2000; ECCC, 2023b; Nakagawa et al., 2025; Snively et Corsiglia, 2016) a mené à la décision d’utiliser ce terme dans le présent chapitre et ailleurs dans le rapport, le cas échéant. En bref, la « science autochtone » désigne un système de connaissances distinct, éprouvé et méthodologique que les Premières Nations, les Inuits et les Métis possèdent pour comprendre le monde naturel (ECCC, 2025b).

Faits saillants de la figure : Le RCCC de 2026 introduit de nouveaux éléments afin d’en améliorer l’accessibilité et de couvrir davantage de sujets.

Titre de la figure : Nouveaux éléments introduits dans la deuxième édition du Rapport sur le climat changeant du Canada

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Figure 1.4 : La deuxième édition du Rapport sur le climat changeant du Canada (RCCC de 2026) comprend une structure à plusieurs niveaux qui améliore la navigabilité pour divers publics cibles; deux chapitres récapitulatifs donnent un aperçu des changements climatiques passés et futurs, en s’appuyant sur les autres chapitres du rapport. Le RCCC de 2026 couvre également davantage de sujets liés à la science du climat, tient mieux compte des systèmes de connaissances autochtones et de la science autochtone, et fournit des conseils sur l’accès aux données climatiques adaptées à l’adaptation et sur leur utilisation.

1.3.2 : Portée du rapport

Comme indiqué ci-dessus, le RCCC de 2026 évalue les changements climatiques passés et futurs à l’échelle du Canada. Le présent rapport a donc pour objectif d’évaluer les changements des variables climatiques physiques dans les principales composantes du système climatique : l’atmosphère, la cryosphère, la surface terrestre et les systèmes d’eau douce sur terre, ainsi que les océans (figure 1.5). Les évaluations tiennent compte des variables climatiques physiques, telles que la température, les précipitations, la couverture de neige et de glace, le débit des cours d’eau, les niveaux d’eau dans les plans d’eau douce et le niveau de la mer. Les changements dans certains aspects de la chimie des océans sont également pris en compte, tout comme les changements liés au stockage du carbone dans les écosystèmes terrestres et océaniques du Canada. Le rôle du cycle du carbone dans la réponse du système climatique aux émissions de CO2 provenant des activités humaines est également abordé.

Pour certaines variables climatiques, les changements sont pris en compte depuis le milieu du XIXe siècle, quoique pour de nombreuses variables, les ensembles de données d’observation fiables permettant d’analyser les tendances climatiques couvrent des périodes beaucoup plus courtes. Les changements futurs jusqu’à la fin du XXIe siècle sont au centre de l’attention, car les projections basées sur la modélisation se concentrent sur cette période. Non seulement les changements moyens des variables climatiques physiques au fil du temps sont évalués, mais c’est aussi le cas des changements extrêmes de ces variables lorsque des données probantes permettent d’étayer ces évaluations. Si ces changements physiques ont des conséquences pour le monde vivant, les systèmes vivants ne font pas explicitement partie de l’évaluation.

Afin de renforcer la pertinence du rapport sur le plan sociétal, un chapitre a été prévu pour combler le fossé entre l’utilisation de ses conclusions scientifiques et la recherche de données climatiques plus adaptées à la planification des mesures d’adaptation, à leur conception et à la gestion des urgences par les fournisseurs de services climatiques. Pour illustrer les enjeux, une brève discussion sur les conséquences des changements climatiques physiques pour la société et les écosystèmes naturels est présentée dans l’introduction de chaque chapitre et dans les études de cas incluses dans le rapport. Toutefois, une évaluation formelle des répercussions et des risques des changements climatiques pour la société et de la situation en matière d’adaptation ne s’inscrit pas dans la portée du présent rapport, car ces questions font l’objet d’autres rapports qui contribuent au processus d’évaluation nationale Le Canada dans un climat en changement (section 1.2.2).

Faits saillants de la figure : Le Rapport sur le climat changeant du Canada a pour objectif d’évaluer les changements dans le système climatique physique du Canada.

Titre de la figure : Aperçu des thèmes abordés dans la deuxième édition du Rapport sur le climat changeant du Canada, par chapitre

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Figure 1.5 : Sujets liés à la science physique du climat abordés dans les 10 chapitres de la deuxième édition du Rapport sur le climat changeant du Canada. Les changements climatiques ont des répercussions sur le monde vivant, mais les systèmes vivants ne font pas explicitement partie de l’évaluation.

1.3.3 : Zones géographiques ciblées

La délimitation des régions géographiques aux fins de l’évaluation des changements climatiques physiques représente une tâche difficile pour de nombreuses raisons. Par exemple, les données relatives aux différentes variables du climat ne sont pas toujours disponibles dans les mêmes limites géographiques, à la même échelle spatiale ou pour la même période, de manière à permettre une comparaison parfaite des analyses des différentes variables du climat. Les caractéristiques uniques du paysage, telles que les montagnes ou les plans d’eau, peuvent également influer sur les changements observés et projetés du climat physique à différentes échelles spatiales. Ou encore, les intervenants qui utilisent les données climatiques pour l’appréciation des risques et la planification des mesures d’adaptation peuvent devoir tenir compte des limites administratives, comme celles qui délimitent les municipalités, les provinces, les territoires ou les terres des Premières Nations, des Inuits et des Métis, y compris les régions visées par des revendications territoriales et les territoires non cédés.

À titre de rapport d’évaluation nationale, la portée géographique du RCCC de 2026 doit couvrir l’ensemble du Canada. Chaque chapitre évalue les changements à l’échelle nationale et régionale dans la mesure du possible, en reconnaissant que les définitions et les limites régionales peuvent ne pas être cohérentes pour toutes les variables.

Conformément au RCCC de 2019, les évaluations des changements passés et futurs du climat à proximité de la surface sont résumées dans le présent rapport à l’aide de régions définies principalement par les frontières provinciales et territoriales (voir le chapitre 2, la carte de la figure 2.2 et les chapitres 3 et 8). Les lecteurs peuvent comparer les résultats pour ces variables entre la première et la deuxième édition du RCCC. D’autres variables ont été analysées en tenant compte de limites géographiques qui reflètent la disponibilité des données ainsi que l’échelle et la portée pertinentes pour la variable particulière évaluée (voir, par exemple, les chapitres 4 à 9). Cette approche vise à établir un équilibre entre les méthodes scientifiques d’analyse spatiale et les besoins variés des décideurs politiques et administratifs canadiens qui utiliseront l’évaluation. Tout au long du présent rapport, l’expression « le Nord canadien » désigne les trois territoires du Canada, illustrés à la figure 2.2, tandis que l’expression « le nord du Canada » désigne de manière générale, mais non stricte, la région située au nord du 60e parallèle nord. Nous utilisons l’expression « les océans du Canada » pour désigner les eaux situées dans la zone économique exclusive du Canada (chapitre 2, figure 2.2; chapitre 7, figure 7.2), tandis que nous utilisons l’expression « les océans qui entourent le Canada » pour désigner les eaux qui s’étendent au-delà de ces limites.

Il convient de noter que l’intention initiale du rapport était d’inclure des cartes indiquant les frontières politiques canadiennes (provinces et territoires) ainsi que les territoires ancestraux des Premières Nations, des Inuits et des Métis, les zones visées par des traités et les limites des revendications territoriales. Cependant, aucune image statique ne pouvait à elle seule rendre compte de ce paysage complexe et changeant. Afin d’éviter toute représentation erronée, l’équipe d’auteurs a décidé de présenter les frontières territoriales tout au long du rapport d’une manière qui reste conforme aux rapports fédéraux existants. Toutefois, l’encadré 1.3 fournit un contexte plus large pour les territoires et les noms de lieux associés aux Premières Nations, aux Inuits et aux Métis.

Encadré 1.3 : Contre-cartographie autochtone

La colonisation historique et continue des Premières Nations, des Inuits et des Métis a mené à la dépossession de leurs terres. Les Premières Nations, les Inuits et les Métis ont été chassés de force de leurs territoires traditionnels, qui ont été redessinés et renommés. Aujourd’hui, ces peuples continuent de se battre pour récupérer leurs droits inhérents et pour que ceux‑ci soient reconnus et affirmés. Les cartes historiques et actuelles du Canada ne représentent donc pas fidèlement les limites territoriales, les relations ou les noms de lieux qui correspondent aux systèmes de connaissances et aux expressions des Premières Nations, des Inuits et des Métis concernant leurs territoires ancestraux.

Par conséquent, des progrès importants ont été réalisés dans le domaine de la « contre-cartographie », plus particulièrement au cours de la dernière décennie. La contre-cartographie consiste à créer des représentations géographiques afin de contester les revendications coloniales de propriété et de mettre en évidence comme un fait saillant les systèmes de connaissances de ceux qui ont été dépossédés. Les cartes élaborées par les Premières Nations, les Inuits et les Métis qui résistent aux géographies coloniales et représentent leurs langues traditionnelles, leurs noms de lieux et leurs techniques de cartographie constituent donc des affirmations importantes de leur souveraineté et de leur autodétermination (Beimers, 2022; Rose-Redwood et al., 2020; Vijayakumar, 2021).

Il existe de nombreuses cartes et ressources élaborées par les peuples autochtones qui reflètent leurs frontières territoriales et leurs noms de lieux autodéterminés sur le territoire aujourd’hui appelé Canada, y compris de nombreux atlas climatiques librement accessibles. En voici quelques exemples :

Ces ressources sont précieuses pour rapprocher, tresser et tisser les sciences autochtones et occidentales, et pour nos cheminements individuels et collectifs vers la réconciliation au sens large.

1.3.4 : Comment le rapport a été élaboré

Cette section explique le processus utilisé pour élaborer le RCCC de 2026. Les évaluations scientifiques portent autant sur le processus que sur les produits finaux. Le processus d’évaluation se déroule en plusieurs étapes, chacune étant essentielle à l’élaboration d’un rapport solide et faisant autorité, sur lequel les lecteurs peuvent s’appuyer pour prendre des décisions. La transparence du processus utilisé pour élaborer le RCCC de 2026 est importante. Cette section présente les intervenants qui ont participé à ce processus, ainsi que les méthodes et les éléments probants utilisés pour tirer des conclusions.

1.3.4.1. Gestion et gouvernance du rapport

Environnement et Changement climatique Canada devait diriger l’élaboration d’une évaluation actualisée de la science physique du climat (section 1.2.1). Le RCCC de 2026 a été façonné par les personnes qui ont participé aux premières étapes de la planification, par des contributeurs directs et par des conseillers externes (figure 1.6). Des enquêtes menées auprès des utilisateurs des rapports du cycle précédent du processus d’évaluation nationale, qui comprenait le RCCC de 2019, ont éclairé les premières étapes de la planification, tout comme l’expérience des personnes travaillant dans les services climatiques qui interagissent régulièrement avec une fourchette d’utilisateurs des données climatiques. Le processus du RCCC de 2026 a d’abord commencé par une réunion d’établissement de la portée. Parmi les participants figuraient des experts du gouvernement fédéral et du milieu universitaire dans les domaines de la science physique du climat, des processus d’évaluation et des sciences autochtones, ainsi que des représentants des services climatiques et des politiques climatiques, et des représentants d’organisations autochtones nationales. L’équipe de gestion du rapport au sein de la Division de la recherche climatique d’Environnement et Changement climatique Canada était composée d’un responsable scientifique et du Secrétariat du RCCC de 2026. Des conseillers scientifiques désignés ont fourni des conseils ciblés sur le contenu et la méthodologie de l’évaluation. La supervision du processus et de la portée a été assurée par un comité directeur fédéral composé de représentants de plusieurs ministères fédéraux à vocation scientifique (Environnement et Changement climatique Canada, Ressources naturelles Canada, Agriculture et Agroalimentaire Canada et Pêches et Océans Canada). Le Secrétariat du processus d’évaluation nationale Le Canada dans un climat en changement a fourni des conseils soutenus afin de maintenir une coordination étroite entre le RCCC de 2026 et d’autres rapports contribuant au cinquième cycle du processus d’évaluation nationale. Certains consortiums canadiens de services climatiques et un certain nombre d’organisations et de gouvernements autochtones ont également fourni des conseils périodiques et participé au processus d’examen externe.

Faits saillants de la figure : Le RCCC de 2026 a été élaboré par de nombreux contributeurs, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du gouvernement, qui ont joué divers rôles.

Titre de la figure : Structure de gouvernance pour la deuxième édition du Rapport sur le climat changeant du Canada

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Figure 1.6. La deuxième édition du Rapport sur le climat changeant du Canada a été rédigée par un groupe central de contributeurs directs au rapport. La supervision et les conseils sur la portée, l’orientation et la structure ont été fournis par des comités composés de représentants d’autres ministères fédéraux, avec la participation du Comité consultatif sur le processus d’évaluation nationale. Les ébauches du rapport ont fait l’objet de deux cycles successifs d’examen externe auxquels ont participé des experts scientifiques, des organisations autochtones, des fournisseurs de services climatiques et des membres du public qui se sont portés volontaires.

1.3.4.2. Structure du rapport et constitution de l’équipe d’auteurs

Une réunion d’établissement de la portée de deux jours, qui s’est tenue du 28 février au 1er mars 2023, a abouti à l’élaboration d’un plan de rapport provisoire, conçu pour couvrir les aspects importants du système climatique physique et établir des liens avec les services climatiques pertinents dans le cadre de 10 chapitres intégrés. D’importantes décisions ont été prises et ont mené à l’inclusion de nouveaux éléments par rapport au RCCC de 2019 (figure 1.4).

Des équipes d’auteurs ont ensuite été constituées pour les 10 chapitres dans le but d’obtenir un éventail diversifié de voix et de perspectives en veillant à l’équilibre entre les sexes et à la représentation des scientifiques en début de carrière et des universitaires, et en cherchant à inclure des auteurs autochtones. Des lettres d’invitation à se porter candidats en tant qu’auteurs ont été envoyées au gouvernement fédéral du Canada et à la communauté universitaire par le biais des réseaux établis. Deux auteurs principaux agissant comme coordinateurs ont été choisis pour chaque chapitre, l’objectif étant d’avoir un auteur issu du gouvernement fédéral et un autre issu de la communauté universitaire. Les coordonnateurs ont ensuite formé des équipes d’auteurs pour chaque chapitre, en se basant principalement sur la liste des candidats, mais en complétant celle-ci par des invitations ciblées à d’autres experts afin de combler les lacunes en matière d’expertise. Au début du processus, des universitaires autochtones ont été invités à découvrir le RCCC de 2026 et à discuter de leur intérêt potentiel à contribuer au rapport. Cependant, il n’a pas été possible de former une équipe centrale d’auteurs autochtones dans les délais impartis pour la constitution des équipes.

1.3.4.3. Élaboration des chapitres, éléments probants et processus d’examen externe

Les équipes d’auteurs ont reçu une feuille de route claire pour le processus d’évaluation. Au cours de ce processus, les auteurs ont évalué de manière critique et experte les preuves des changements observés et projetés du climat physique et ont déterminé les messages clés qui se sont dégagés de cette évaluation. Afin de garantir que les conclusions soient bien étayées, des niveaux de confiance ont été attribués aux messages clés après un examen rigoureux de la quantité et de la qualité des données probantes, de la solidité des approches analytiques, des incertitudes liées à ces analyses et de la concordance entre les différents éléments probants (section 1.4.3).

La traçabilité est fondamentale pour la crédibilité et la transparence du processus d’évaluation. Même si les décideurs n’ont pas besoin des détails techniques sous-jacents, le fait de constater qu’un processus scientifique rigoureux a été suivi leur permet d’utiliser les conclusions du rapport en sachant qu’elles sont bien étayées. Afin d’assurer la traçabilité et conformément aux approches d’évaluation normalisées, les principales sources d’information utilisées (éléments probants) dans l’évaluation comprennent principalement des articles évalués par des pairs dans des revues scientifiques. Ces articles représentent les résultats de recherches sur le climat menées à l’aide d’approches scientifiques occidentales, mais comprennent également un nombre croissant d’articles décrivant le tissage des connaissances issues de la science occidentale avec la science autochtone. Les mises à jour des résultats publiés étaient acceptables à condition que la méthode utilisée et les informations fournies soient citables et défendables. De nouvelles projections climatiques spécifiques au Canada ont également été utilisées, car les performances des modèles avaient déjà été évaluées et décrites dans la documentation évaluée par des pairs. Les rapports provenant de gouvernements et d’organismes, ainsi que d’autres documents dits « parallèles » ayant fait l’objet d’une évaluation par des pairs, étaient également acceptables. Les contributions de la science autochtone fournies de vive voix et par écrit ont été incluses dans le contexte d’études de cas concernant les Premières Nations, les Inuits et les Métis.

Un examen externe rigoureux est un élément essentiel des processus d’évaluation scientifique. Le RCCC de 2026 a été soumis à un processus d’examen externe en deux étapes : premièrement, une vérification de l’évolution du contenu dans une première ébauche (mai-juin 2024), et deuxièmement, un examen détaillé ligne par ligne des ébauches complètes (janvier-février 2025). La deuxième étape a reposé sur le travail d’examinateurs invités et sur un appel ouvert à des experts pour qu’ils s’inscrivent eux-mêmes en tant qu’examinateurs. Au total, le deuxième examen externe a fait appel à environ 120 examinateurs représentant des compétences spécialisées provenant de l’intérieur et de l’extérieur du gouvernement. Les organisations autochtones nationales (l’Assemblée des Premières Nations, l’Inuit Tapiriit Kanatami, le Conseil circumpolaire inuit – Canada, le Ralliement national des Métis et le Congrès des peuples autochtones), ainsi que plusieurs gouvernements régionaux des Premières Nations et des Métis qui se sont portés volontaires, ont été invités à participer aux deux étapes de l’examen par les pairs. Cet examen autochtone a donné lieu à des commentaires importants sur le contenu, le cadre, la transparence et les sources d’information pour la science autochtone.

1.3.5 : Science autochtone, évaluations des changements climatiques et RCCC de 2026

L’importance et la valeur de l’intégration des sciences autochtones et des systèmes de connaissances autochtones dans les activités de synthèse des connaissances, comme les processus d’évaluation scientifique, sont de plus en plus reconnues (p. ex. AMAP, 2019 (objectif stratégique 3); IPBES, 2017; McDowell et al., 2023; annexe 1 de l’U.S. Global Change Research Program, 2023). La présente section approfondit le terme « science autochtone » et explique certains des progrès réalisés, ainsi que les occasions et les défis rencontrés pour l’inclure dans le RCCC de 2026 et, plus largement, dans les évaluations des changements climatiques.

1.3.5.1 : Science autochtone

La science autochtone, tout comme la science occidentale, repose sur des observations soutenues et répétées. La science autochtone est dynamique et en constante évolution et, comme tous les types de science, elle progresse et s’étend sans cesse, conduisant de manière itérative à la création de nouvelles connaissances et à une meilleure compréhension à mesure qu’elle est analysée et validée par des essais, des erreurs et des observations au fil du temps (ECCC, 2025b; Reid et al., 2022; Stein et al., 2024). Il est important de noter que la science autochtone peut être utilisée pour aider à façonner notre compréhension collective du monde naturel, de la façon dont les changements climatiques se produisent et de la manière dont ces changements sont vécus, en particulier à l’échelle locale où ils sont vécus et observés directement (Inuit Circumpolar Council, 2022; GIEC, 2022c; Reed et al., 2024). C’est également à cette échelle locale que la science autochtone est partagée, recueillie et validée, souvent par l’entremise de l’histoire orale, de récits, de traditions culturelles et d’autres liens communautaires, ainsi que dans des publications. La science autochtone a une valeur intrinsèque et, compte tenu de son caractère unique, de sa structure et de son évolution, elle ne doit pas être comparée aux conclusions scientifiques occidentales ni utilisée pour les valider, et vice versa (Karetak et al., 2017; Tagalik et al., 2023). Au contraire, toutes les méthodes de connaissance doivent être utilisées de manière réfléchie, significative et pertinente pour la tâche à accomplir.

1.3.5.2 : La science autochtone et les évaluations des changements climatiques

Le GIEC a fait des progrès, mais il reste encore des défis à relever pour reconnaître pleinement la science autochtone et l’intégrer dans ses processus d’évaluation (Ford et al., 2016; Inuit Circumpolar Council Canada, 2024; Nakashima et al., 2018; van Bavel et al., 2022). Le processus d’évaluation nationale du Canada a également intensifié les efforts et permis de réaliser des progrès significatifs quant à l’inclusion des systèmes de connaissances autochtones dans les rapports axés sur les répercussions des changements climatiques et l’adaptation à ceux-ci (section 1.2.2) (Lulham et al., 2023). Comme la science autochtone tient compte essentiellement des liens holistiques entre les humains et l’environnement, elle peut fournir des informations parfois négligées dans la documentation scientifique. Il importe d’adopter des approches intentionnelles pour recueillir et inclure ces informations de façon appropriée. Par exemple, il peut être difficile de recueillir de manière exhaustive et d’évaluer de manière itérative la science autochtone à l’aide des protocoles d’évaluation existants, étant donné qu’elle n’est pas toujours disponible sous forme écrite, que les Premières Nations, les Inuits et les Métis sont souvent surchargés et invités à participer à d’autres initiatives importantes, et qu’il n’existe pas encore de consensus sur les meilleures pratiques pour utiliser et valoriser de manière respectueuse les connaissances qui ne figurent pas dans la documentation scientifique évaluée par des pairs (Mustonen et al., 2022). En outre, il est difficile de garantir que la science autochtone soit reconnue à sa juste valeur, que la souveraineté des données soit respectée, que le consentement libre et éclairé soit obtenu et que la traçabilité soit possible (encadré 1.4) (Mustonen et al., 2022). Les défis liés à l’intégration de la science autochtone sont parfois considérés comme particulièrement grands dans les évaluations des sciences physiques qui impliquent l’évaluation de variables physiques qui ne sont pas toujours directement observables, ce qui nécessite souvent, par exemple, des approches de télédétection ou de modélisation.

1.3.5.3 : La science autochtone et le RCCC de 2026

Lorsque l’on invite d’éventuels auteurs à participer à un projet pluriannuel tel que le RCCC de 2026, il importe de leur accorder un délai suffisant pour prévoir un tel engagement. Les chercheurs autochtones sont très demandés, et beaucoup ont clairement indiqué lors des réunions d’établissement de la portée et d’élaboration du RCCC de 2026 qu’il serait difficile de trouver des chercheurs capables de respecter les délais fixés pour le rapport. Une fois les équipes d’auteurs constituées, elles ont été soutenues dans le processus consistant à s’appuyer sur la documentation publiée qui tissait la science autochtone avec la science occidentale, mais il était difficile de le faire de manière exhaustive sans co-auteurs autochtones capables de s’assurer que les éléments probants issus des systèmes de connaissances autochtones étaient évalués de manière appropriée (p. ex. Carmona et al., 2023; Ford et al., 2016; Reed et al., 2024).

L’ampleur et la portée du RCCC de 2026 à titre de rapport strictement scientifique visant principalement l’échelle nationale ont donné lieu à des défis, puisque les modes de connaissance et de compréhension autochtones des changements climatiques sont de nature plus holistique et fournissent des informations particulièrement précieuses à l’échelle locale. En reconnaissant ces limites structurelles, nous avons inclus des études de cas concernant les Premières Nations, les Inuits et les Métis qui abordent, sans toutefois les évaluer, les conséquences des changements climatiques, créant ainsi un espace permettant aux contributeurs autochtones de fournir des connaissances locales selon lesquelles les cultures et les écosystèmes sont profondément interconnectés au sein du système climatique physique.

Il est important que les chercheurs, les décideurs politiques et les autres personnes travaillant dans le domaine de la science du climat (lorsque leurs travaux s’appuient entre autres sur les systèmes de connaissances, la science, les données et les informations autochtones) élaborent des approches permettant d’examiner et d’établir des stratégies qui soutiennent pleinement et respectent la souveraineté des données autochtones (encadré 1.4). Dans le présent rapport, l’équipe d’auteurs n’a pas eu recours à des systèmes de connaissances, des données ou des informations autochtones non publiés pour évaluer les changements du système climatique physique, et aucune nouvelle recherche n’a été menée à partir de données autochtones pour étayer le rapport. Les contributeurs des études de cas ont donné leur accord pour la publication de leurs travaux et ont été cités comme auteurs.

Encadré 1.4 : Souveraineté des données autochtones

La souveraineté des données autochtones est le droit des peuples autochtones, comme communautés et nations, de posséder et de gérer les données qui sont créées grâce à eux ou qui les concernent (Diviacchi, 2023; University of Toronto, 2025). La souveraineté autochtone en matière de données reconnaît que les peuples autochtones sont l’autorité ultime en ce qui concerne leurs données et leurs systèmes de connaissances et qu’ils ont donc le droit inhérent de déterminer comment les données sont consultées et utilisées, par qui et pour quelles raisons. La souveraineté autochtone en matière de données reconnaît également que les peuples autochtones ont un rôle déterminant à jouer dans l’application et la représentation des connaissances qui découlent de leurs données, en particulier dans le contexte de la recherche et de l’élaboration des politiques (Diviacchi, 2023).

Par conséquent, donner la priorité à l’inclusion équitable et juste des systèmes de connaissances autochtones et de la science autochtone dans les évaluations, les politiques, la recherche et la prise de décision nationale doit également inclure la reconnaissance et le respect des droits des peuples autochtones en matière de données (Carroll et al., 2020; Global Indigenous Data Alliance et al., 2023). Leurs droits en matière de données sont affirmés par l’article 31 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (Assemblée générale des Nations Unies, 2007) et sont précisés dans diverses normes relatives aux données élaborées par les Premières Nations, les Inuits et les Métis, notamment (mais sans s’y limiter) les suivantes :

Bien que ces principes puissent servir de point de départ, les considérations relatives à la souveraineté des données autochtones doivent faire l’objet de discussions directes auprès des partenaires communautaires avant toute collecte de données ou tout accord de recherche, et être abordées au cas par cas, en fonction des distinctions. La reconnaissance continue par le gouvernement fédéral de la souveraineté des données autochtones est essentielle pour soutenir les efforts de réconciliation à long terme et renforcer l’autodétermination des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

1.4 : Guide destiné aux utilisateurs du rapport

La présente section sert de guide aux utilisateurs du rapport. Nous y expliquons comment le rapport est structuré afin de présenter les informations selon différents niveaux de détail, chacun étant destiné à des utilisateurs ayant des besoins différents. Cette section présente également le concept de langage calibré pour exprimer l’incertitude et explique la manière dont ce dernier est utilisé pour indiquer notre degré de confiance envers les principales conclusions. Enfin, nous présentons certains des concepts méthodologiques fondamentaux que les lecteurs rencontreront tout au long du rapport.

1.4.1 : Comment trouver l’information dont vous avez besoin

Les évaluations climatiques nationales s’adressent à divers publics qui utiliseront les rapports d’évaluation de différentes manières et à des fins différentes. C’est pourquoi le RCCC de 2026 présente une structure à plusieurs niveaux qui fournit des informations adaptées à divers publics susceptibles de rechercher des informations synthétisées ou des analyses scientifiques détaillées (figure 1.7).

Les énoncés principaux présentent un bref ensemble de conclusions générales tirées de l’ensemble du rapport. Ces énoncés, qui s’accordent avec les messages clés du chapitre et s’appuient sur ceux-ci, sont associés à un degré de confiance élevé ou supérieur. Ensemble, ils brossent un tableau général des changements climatiques passés et futurs dans l’ensemble du Canada.

Le résumé du rapport approfondit les énoncés principaux pour fournir un compte rendu condensé des principales conclusions du rapport, accompagné de figures illustrant les points clés à retenir. Il comprend également le contexte et des informations sur le processus d’évaluation. Le résumé du rapport se veut un résumé en langage clair, accessible à tous les publics du rapport.

Les messages clés sont les conclusions spécifiques à chaque chapitre que les auteurs ont jugé les plus importantes à communiquer aux lecteurs. Les messages clés sont issus de l’ensemble des données probantes évaluées aux chapitres 2 à 9 et comprennent des termes qui indiquent le degré de confiance ou de probabilité des conclusions (section 1.4.3). Les éléments probants qui étayent les degrés de confiance indiqués sont résumés brièvement pour chaque message clé dans les sections intitulées « Termes liés à la confiance dans les messages clés : résumé des données probantes ».

Les résumés en langage clair complètent les messages clés de chaque chapitre en présentant les principales conclusions du chapitre. Ils s’appuient sur les informations détaillées évaluées dans les sections principales de chaque chapitre.

Les chapitres récapitulatifs (chapitres 2 et 3) synthétisent les principales conclusions du rapport dans son ensemble en ce qui concerne les changements passés (chapitre 2) et futurs (chapitre 3) du climat au Canada. Ces deux chapitres généraux fournissent également des informations fondamentales sur les méthodes utilisées. Ces informations aideront les lecteurs à comprendre comment les changements climatiques au Canada sont surveillés, comment les tendances sont détectées et comment les modèles climatiques sont utilisés pour projeter les changements climatiques dans le cadre d’un éventail de scénarios d’émissions futures. La seconde moitié des chapitres 2 et 3 présente une évaluation des changements observés dans les variables climatiques fondamentales que nous observons au quotidien : la température, les précipitations et les vents près de la surface. Les chapitres récapitulatifs peuvent servir de résumés pour les lecteurs qui ne souhaitent pas entrer dans les détails. Pour d’autres, ils constituent un point d’entrée vers le contenu détaillé des chapitres thématiques sous-jacents.

Les chapitres thématiques (chapitres 4 à 9) présentent chacun une évaluation détaillée des changements dans certains aspects du système climatique physique. Les chapitres thématiques s’adressent aux lecteurs qui ont besoin d’informations détaillées sur les changements de variables climatiques spécifiques et à ceux qui souhaitent comprendre l’ensemble des données factuelles qui sous-tendent les énoncés principaux et les messages clés. Le chapitre sur le cycle du carbone (chapitre 9) comprend des informations générales sur le cycle naturel du carbone et sur la manière dont la perturbation de ce cycle par l’humain contribue au réchauffement planétaire. Les lecteurs qui ne connaissent pas en détail ces notions scientifiques de base trouveront peut-être utile de lire ces sections avant de passer aux autres chapitres du rapport.

Le chapitre sur les services climatiques (chapitre 10) conclut le rapport en mettant en relation les utilisateurs finaux, tels que les décideurs, avec des ressources leur permettant d’aller au-delà des conclusions générales du rapport et de trouver des solutions concrètes pour l’appréciation des risques climatiques et l’adaptation à l’échelle locale. Ce chapitre présente également une série de tableaux qui établissent un lien entre les conclusions du rapport et les aléas climatiques courants.

Certains sujets sont, par nature, pertinents pour plusieurs chapitres. Afin d’aider les lecteurs à trouver les informations dispersées, des guides visuels des liens entre les chapitres sont inclus au début de chaque chapitre. En outre, un résumé des endroits où trouver les renseignements sur les principaux thèmes transversaux est fourni au tableau 1.1 de l’annexe.

Faits saillants de la figure : L’information est présentée dans le RCCC de 2026 selon des niveaux de détail croissants.

Titre de la figure : Organisation de l’information dans la deuxième édition du Rapport sur le climat changeant du Canada en niveaux hiérarchiques

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Figure 1.7 : Diagramme illustrant comment la structure de la deuxième édition du Rapport sur le climat changeant du Canada fournit des informations selon des niveaux de détail croissants afin de répondre aux besoins variés de différents publics.

1.4.2 : Quelques concepts fondamentaux liés aux mesures et à la modélisation des changements climatiques

Tout au long du RCCC de 2026, les lecteurs découvriront des concepts fondamentaux et des méthodes d’analyse liés aux mesures des changements climatiques passés et à la modélisation des changements futurs. Nous présentons ici un bref aperçu de certains de ces concepts et indiquons aux lecteurs où ils peuvent trouver des renseignements plus détaillés. Voir le tableau 1.1 de l’annexe pour une liste plus exhaustive.

Observations et projections : Les observations du climat passé et actuel sont tirées de mesures effectuées dans le monde réel. Elles comprennent à la fois des mesures in situ et des mesures obtenues par télédétection, par exemple à partir d’instruments embarqués sur des satellites. Lorsque les données sont rares, les observations directes peuvent être complétées par des techniques analytiques qui permettent d’estimer le climat passé, telles que la réanalyse, qui combine des données réelles et des simulations modélisées du passé. Les projections du climat futur sont généralement dérivées de simulations produites à l’aide de modèles climatiques. Elles sont appelées projections plutôt que prédictions, car elles reposent sur des hypothèses concernant les facteurs déterminants des changements climatiques, tels que les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine (voir ci-dessous). La différence entre les projections et les prédictions est expliquée au début du chapitre 3, à la section 3.4. Des aperçus détaillés de certaines des principales sources de données et méthodes utilisées pour tirer des conclusions sur le climat passé et futur sont fournis au chapitre 2, à la section 2.3 (observations), et au chapitre 3, aux sections 3.1 et 3.3 (projections). Ces sections se concentrent sur la température, les précipitations et le vent, mais bon nombre des mêmes outils et méthodes sont fréquemment utilisés pour les variables climatiques évaluées dans d’autres chapitres.

Périodes de référence : Les changements observés et projetés des variables climatiques sont exprimés par rapport aux conditions moyennes qui prévalaient pendant une période donnée, appelée « période de référence ». De même, les résultats sont toujours accompagnés de la période spécifique pendant laquelle le changement a été évalué, qu’il s’agisse du passé ou de l’avenir. Différentes périodes de référence et périodes d’évaluation des changements sont utilisées dans le présent rapport, en fonction de facteurs tels que la disponibilité des données, la question traitée ou la convention dans un domaine donné. De plus amples informations sur la manière d’utiliser les périodes de référence et de les interpréter sont fournies au chapitre 2, à la section 2.1 et à l’encadré 2.4, ainsi qu’au chapitre 10, à la section 10.3.6. Une vue d’ensemble des périodes futures utilisées pour les projections dans le présent rapport figure au chapitre 3, à la section 3.2.

Comparaison avec les conditions préindustrielles : Il nous importe souvent de comprendre dans quelle mesure une variable climatique a changé depuis le début de l’ère industrielle, avant que l’influence humaine sur le climat due à la consommation de combustibles fossiles ne commence à augmenter de manière substantielle. L’objectif à long terme de l’Accord de Paris en matière de température mondiale est exprimé par rapport aux niveaux préindustriels, pour tenir compte du fait que cette période précède l’influence humaine significative sur le climat. Le RCCC de 2026 respecte la convention du GIEC et utilise donc les conditions moyennes de la période de 1850 à 1900 comme étant représentatives des conditions préindustrielles, pour les raisons expliquées au chapitre 2, à la section 2.1, et au chapitre 3, à la section 3.2. Dans les projections, les niveaux de réchauffement planétaire peuvent également être utilisés pour exprimer un changement de température par rapport à la période préindustrielle qui est indépendant des scénarios d’émissions, comme l’explique l’encadré 3.1.

Scénarios d’émissions : Afin de produire des projections du climat futur à l’aide de modèles, la communauté de recherche en climatologie utilise un ensemble de scénarios normalisés qui reposent sur des hypothèses concernant les changements démographiques, économiques, technologiques et politiques en matière de climat, aboutissant à différentes trajectoires dans lesquelles les niveaux futurs d’émissions de gaz à effet de serre s’inscrivent dans une fourchette allant de très faibles à très élevés. Les scénarios utilisés par la communauté internationale de modélisation climatique qui ont été présentés dans le sixième Rapport d’évaluation du GIEC (GIEC, 2023a) étaient basés sur un ensemble de scénarios décrivant les changements économiques, technologiques et sociétaux potentiels à venir, soit les « trajectoires communes d'évolution socio-économique ». Ceux-ci ont été associés à différents niveaux d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre afin d’atteindre différents objectifs. Les scénarios de la génération précédente utilisés par la communauté des modélisateurs climatiques pour les projections climatiques n’étaient pas basés sur les mêmes profils et étaient appelés « profils représentatifs d’évolution de concentration ». Les résultats des deux séries de scénarios sont utilisés dans les évaluations du présent rapport, en fonction de la documentation scientifique disponible. Voir la section 3.3.1 et l’encadré 3.2 au chapitre 3 pour plus de détails.

Projet d’intercomparaison de modèles couplés (CMIP) : Les modèles climatiques utilisés pour établir des projections des changements climatiques sont constamment améliorés. Chaque modèle développé par les centres de modélisation du monde entier intègre diverses hypothèses et représentations des processus physiques, de sorte que chacun d’entre eux fournit un résultat légèrement différent pour un même scénario d’entrée. Pour tenir compte de cette variation, la communauté scientifique internationale collabore dans le cadre du CMIP afin d’établir un ensemble commun d’expériences de modélisation utilisées pour évaluer les changements climatiques. Le présent rapport s’appuie principalement sur les simulations des modèles climatiques de la phase six du CMIP (CMIP6) (Eyring et al., 2016; Lee et al., 2021), comme on le décrit à la section 3.3.2 et à l’encadré 3.3 du chapitre 3. Les simulations des modèles de la phase cinq du CMIP (CMIP5) sont parfois utilisées, en fonction des informations disponibles.

1.4.3 : Comment interpréter les termes liés à la confiance et à la probabilité?

Les évaluations scientifiques consistent à analyser de manière critique un ensemble de données afin de déterminer quelle compréhension globale ces informations permettent d’obtenir. Une partie importante de cette analyse consiste à déterminer et à communiquer le degré d’incertitude associé aux conclusions des évaluations. Divers systèmes ont été mis au point pour communiquer l’incertitude dans les rapports d’évaluation scientifique en utilisant une terminologie cohérente (voir, par exemple, un système utilisé par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques [IPBES, 2018]). Dans le RCCC de 2019 et dans le présent rapport, les auteurs ont adopté le langage calibré pour exprimer l’incertitude utilisé par le GIEC dans ses cinquième et sixième rapports d’évaluation (Mastrandrea et al., 2010). Ce langage permet aux auteurs et au public de faire la distinction entre les conclusions solides, connues selon un degré de confiance élevé et étayées par des preuves solides, et les conclusions fondées sur des preuves limitées ou contradictoires. Le public peut suivre l’évolution de notre compréhension des changements climatiques physiques au fil du temps en comparant les termes du langage calibré pour exprimer l’incertitude qui sont associés aux conclusions des deux éditions du Rapport sur le climat changeant du Canada.

Deux mesures sont utilisées pour communiquer le degré de certitude (figure 1.8) :

  1. La confiance dans la validité d’un résultat basée sur le type, la quantité, la qualité et la cohérence des données probantes (p. ex. compréhension mécaniste, théorie, données, modèles et jugement d’experts) et le degré de concordance. La confiance est exprimée de manière qualitative à l’aide de termes tels que « degré de confiance élevé » ou « faible degré de confiance ».
  2. La probabilité qu’un résultat se produise, basée sur des mesures quantifiées de l’incertitude exprimées en probabilités (dérivées de l’analyse statistique des observations ou des résultats des modèles, ou du jugement d’experts). La probabilité est exprimée de manière quantitative à l’aide de termes tels que « très improbable » ou « quasiment certain », qui indiquent des degrés de probabilité précis.

Faits saillants de la figure : Un langage cohérent est utilisé pour communiquer les niveaux de certitude concernant les conclusions du RCCC de 2026, conformément à l’avis d’experts sur la qualité, la quantité et la cohérence des données probantes.

Titre de la figure : Degrés de confiance et de probabilité calibrés utilisés dans les conclusions de la deuxième édition du Rapport sur le climat changeant du Canada

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Figure 1.8 : Langage calibré utilisé pour évaluer le degré de confiance et de probabilité des conclusions présentées dans la deuxième édition du Rapport sur le climat changeant du Canada. Ces termes sont les mêmes que ceux utilisés dans les cinquième et sixième rapports d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. De manière générale, les données probantes sont plus solides lorsqu’il existe plusieurs sources indépendantes et cohérentes de données de haute qualité. Le degré de confiance est exprimé à l’aide de cinq qualificatifs : très élevé, élevé, moyen, faible et très faible. Lorsque des énoncés dans les conclusions d’un chapitre apparaissent sans termes liés à la confiance, cela signifie qu’il s’agit d’énoncés factuels. La figure présente des énoncés sommaires sur les données probantes et la concordance, ainsi que sur leur relation par rapport à l’échelle de confiance. Le dégradé de couleurs indique que cette relation est flexible et dépend du jugement des experts. Les catégories de probabilité sont également considérées comme ayant des limites floues. Par exemple, une affirmation selon laquelle un résultat est probable signifie que la probabilité qu’il se produise se trouve dans la fourchette comprise entre 66 et 100 %. En d’autres termes, la probabilité qu’il se produise est de deux tiers ou plus. Lorsqu’une évaluation de la probabilité est fournie, mais qu’aucun degré de confiance n’est indiqué, un degréde confiance élevé ou très élevé est sous-entendu. Adapté de : Mastrandrea et al. (2010).

Le choix du bon degré de confiance ou de probabilité à attribuer à une conclusion relève en fin de compte du jugement d’expert de l’équipe d’auteurs et peut être influencé par le degré de spécificité de la conclusion (Zwiers et Zhang, 2023). Par exemple, les auteurs peuvent être plus confiants dans les changements évalués à l’échelle régionale qu’à l’échelle locale. De même, les auteurs peuvent souvent être plus confiants dans la direction observée ou projetée d’un changement que dans l’ampleur de celui-ci.

Le langage calibré pour exprimer l’incertitude a été appliqué aux messages clés et, dans une moindre mesure, aux autres conclusions des évaluations dans les chapitres récapitulatifs et thématiques (chapitres 2 à 9). Dans la plupart des cas, les déclarations contenues dans les messages clés sont classées par ordre décroissant de confiance. Les termes calibrés pour exprimer l’incertitude apparaissent toujours en italique dans le RCCC de 2026. Lorsque les déclarations contenues dans les messages clés apparaissent sans termes liés à la confiance en italique, cela signifie qu’il s’agit d’énoncés factuels. Il est possible que des termes liés à la confiance et à la probabilité soient appliqués à une même conclusion. Lorsqu’une évaluation de la probabilité est fournie, mais qu’aucun degré de confiance n’est indiqué, un degréde confiance élevé ou très élevé est sous-entendu.

Foire aux questions

FAQ 1.1 : Qu’est-ce que le RCCC de 2026 et qui l’a rédigé?

Le RCCC de 2026, soit la deuxième édition (2026) du Rapport sur le climat changeant du Canada, est une évaluation des connaissances et des données les plus récentes sur les changements passés et futurs du climat au Canada. Il s’appuie sur des recherches scientifiques déjà publiées. Comme toutes les évaluations, le RCCC de 2026 vise à communiquer l’état des connaissances sur un sujet à une variété de décideurs afin de les aider à prendre des mesures éclairées, en l’occurrence en matière de changements climatiques. La communication du degré de confiance des experts quant aux conclusions relatives aux différents aspects des changements climatiques au Canada représente un élément central de l’évaluation. Le rapport porte sur des sujets considérés comme relevant de la science physique du climat. Cela signifie qu’il couvre les changements climatiques dans l’atmosphère, sur les terres et dans les masses d’eau douce et d’eau de mer au Canada et autour du pays. Le RCCC de 2026 a été rédigé par un grand groupe d’auteurs issus de plusieurs ministères fédéraux et de la communauté universitaire canadienne. Les études de cas concernant les Premières Nations, les Inuits et les Métis ont été fournies par des détenteurs de connaissances autochtones issus de communautés de tout le Canada.

FAQ 1.2 : Quelles sont les nouveautés du RCCC de 2026 par rapport au RCCC de 2019 ?

Il s’agit de la deuxième édition du Rapport sur le climat changeant du Canada (RCCC de 2026). La première édition (RCCC de 2019) a été publiée en 2019 (Bush et Lemmen, 2019). Bien que leur objectif et leur portée soient largement les mêmes, le RCCC de 2026 s’appuie largement sur la richesse des données scientifiques produites depuis la publication du RCCC de 2019 pour fournir une évaluation des dernières connaissances sur les changements passés et futurs du climat physique du Canada. Le RCCC de 2026 comporte de nouvelles caractéristiques visant à rendre le rapport plus accessible à divers publics et à mieux intégrer les systèmes de connaissances autochtones et la science autochtone. Le RCCC de 2026 comprend également de nouveaux chapitres qui couvrent davantage de sujets pertinents pour comprendre les changements climatiques au Canada et éclairer les réponses aux changements climatiques, notamment :

Le RCCC de 2026 se termine par un nouveau chapitre sur les services climatiques, qui met en relation les utilisateurs finaux, tels que les décideurs, avec des ressources leur permettant d’aller au-delà des conclusions générales du rapport et de trouver des solutions concrètes pour l’appréciation des risques climatiques et l’adaptation à l’échelle locale.

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Stein, S., Ahenakew, C., Valley, W., Sherpa, P. Y., Crowson, E., Robin, T., Mendes, W., & Evans, S. (2024). Toward more ethical engagements between Western and Indigenous sciences. FACETS, 9, 1–14.

Tagalik, S., Baker, K., Karetak, J., & Rahm, J. (2023). Rebuilding relations and countering erasure through community-driven and owned science: A key tool to Inuit self-determination and social transformations. Journal of Research in Science Teaching, 60(8), 1697–1722.

University of Toronto. (2025, April 2). Research guides: Indigenous studies: Indigenous data sovereignty. University of Toronto.

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Vijayakumar, S. (2021, January 30). How counter-mapping helps reclaim Indigenous knowledges, land. The Varsity.

Warren, F. (2021). Le Canada dans un climat en changement : Perspectives régionales (N. Lulham & D. S. Lemmen, Éds.). Gouvernement du Canada.

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Annexe : Index des thèmes transversaux abordés dans le rapport

Tableau 1.1 : Sommaire des sections où les thèmes transversaux couramment recherchés sont abordés dans le rapport

Sujet

Chapitres

Sections

Méthodologie d’évaluation climatique

Périodes de référence

2, 10

Encadré 2.4 : Réchauffement découlant des forçages externes au Canada au cours de différentes périodes de référence

10.3.6 : Différences entre les périodes de référence

Projections des modèles climatiques

3, 10

3.3 : Projections climatiques et leurs incertitudes

10.3.5 : Exploration des fourchettes de changement (incertitude)

Mise à l’échelle

10

10.3.1 : Prise en compte du domaine spatial, de la résolution, de la mise à l’échelle et de la correction des biais

10.3.2 : Choix des informations climatiques pertinentes

Détection et attribution

2, 8

2.4.2 Comprendre les changements passés

Encadré 8.1 : Attribution des changements dans les extrêmes

Scénarios d’émissions

3, 10

3.3.1 : Scénarios

Encadré 3.1 : Niveaux de réchauffement planétaire

Encadré 3.2 : Hypothèses sous-jacentes aux scénarios d’émissions

10.3.4 : Évaluation des scénarios d’émissions et détermination des horizons temporels

Homogénéisation des données

2

Encadré 2.1 : Qu’est-ce qui rend les données adaptées à l’étude des changements climatiques?

Encadré 2.2 : Représentativité des tendances dans les données maillées des stations, compte tenu de l’évolution de la disponibilité des données

2.3.3 : Produits de données maillées

Projections et prédictions

3

3.4 : Température (changements futurs)

Réanalyse et produits de données maillées

2

2.3.3 : Produits de données maillées

Données de télédétection

2

2.3.2 : Données de télédétection

Données de stations météorologiques

2

2.3.1 : Données de stations météorologiques et climatiques

2.7.2 : Déclin des archives de données de station au Canada

Études de cas autochtones

2, 3, 5, 6, 8, 9, 10

Étude de cas 2.1 : Par amour pour la terre : observations sur la fonte du Nuna Aliannaittuq

Étude de cas 2.2 : Un Aîné Eeyou de Chisasibi partage son point de vue sur les changements environnementaux à Eeyou Istchee

Étude de cas 3.1 : L’histoire des saisons à Ulukhaktuuq

Étude de cas 5.1 : Vers un approvisionnement en eau durable pour Ausuiktuq (Grise Fiord), Nunavut

Étude de cas 5.2 : Programme communautaire de surveillance du climat des Métis de la rivière Rouge

Étude de cas 6.1 : Une vie marquée par les changements climatiques dans l’Arctique

Étude de cas 6.2 : SmartICE

Étude de cas 6.3 : Changement dans le paysage des régions des Gwich’in et de la région désignée des Inuvialuit

Étude de cas 8.1 : « De la fumée et des pêches » – Effets des événements extrêmes combinés sur les pratiques alimentaires culturelles des Métis

Étude de cas 9.1 : Ramener le bon feu sur les terres dans un climat en changement

Étude de cas 10.1 : Changements climatiques, sécurité alimentaire et récolte d’aliments sauvages par les Tŝilhqot’in

Étude de cas 10.2 : Services écosystémiques et changements des cycles saisonniers : le point de vue des Gitxsan

Étude de cas 10.3 : Mâmawi Nistam : Resilience Through Seasons, un rapport sur les risques climatiques et la vulnérabilité rédigé par le gouvernement métis d’Otipemisiwak, de la Nation métisse de l’Alberta

Cryosphère

Glaciers

5, 6

5.3 : Débits fluviaux et leur chronologie

6.5 : Glaciers

Glace lacustre, glace fluviale et embâcles

5, 6

5.4 : Niveaux des eaux de surface – lacs et milieux humides

5.7 : Inondations

6.4 : Glace de lac et de rivière

Pergélisol et sol gelé de façon saisonnière

5, 6

5.3 : Débits fluviaux et leur chronologie

5.4 : Niveaux des eaux de surface – lacs et milieux humides

5.5 : Eaux souterraines

6.6 : Sol gelé de façon saisonnière

6.7 : Pergélisol

Glace de mer

6, 7

6.3 : Glace de mer

7.2 : Températures océaniques

7.5 : Vagues et ondes de tempête

Incendies

Météo des feux de forêt

8

8.7.1 : Météo des feux de forêt et feux de forêt

Encadré 8.4 : Saison des feux de forêt 2023

Superficie brûlée et émissions

9

9.5.1.7 : Feux de forêt

Carboneutralité

3

3.2.3 : Le climat du Canada à long terme dans un monde carboneutre

9.4 : Réponse climatique mondiale aux émissions de dioxyde de carbone

Acidification des océans

7, 9

7.7 : Chimie des océans

9.5.2 : Océans (cycle du carbone)

Précipitations

Précipitations moyennes annuelles et saisonnières

2, 3

2.5 : Changements passés des précipitations

3.5 : Précipitations (changements futurs)

Rivières atmosphériques

4, 5

4.5 : Rivières atmosphériques

5.7 : Inondations

Sécheresses et inondations

4, 5, 8

4.5 : Rivières atmosphériques

5.6 : Sécheresses

5.7 : Inondations

8.7.2 Inondations côtières combinées

Extrêmes de précipitations sur une période inférieure à un jour, sur un jour et sur cinq jours

8

8.3 : Extrêmes de précipitations

8.7.3 : Événements combinés de vent et de pluie

Pluie verglaçante et grêle

2, 3, 8

2.5 : Changements passés des précipitations

3.5.3 : Précipitations verglaçantes (changements futurs)

8.3.4 : Extrêmes de pluie verglaçante

8.3.5 : Grêle

Proportion des précipitations sous forme de neige par rapport à la pluie

2, 3

2.5 : Changements passés des précipitations

3.5.2 : Chutes de neige (changements futurs)

Épisodes de pluie sur neige

5

5.2 : Composante atmosphérique du cycle de l’eau

5.7 : Inondations

Élévation du niveau de la mer

7, 8

7.4 : Niveau moyen mondial et relatif de la mer

7.6 : Niveau de la mer extrême

8.7.2 : Inondations côtières combinées

Tempêtes

4, 7, 8

4.3 : Courants-jets, trajectoires des tempêtes et modes de variabilité atmosphérique

4.4 : Tempêtes extratropicales et blocages atmosphériques

4.6 Ouragans de l’Atlantique Nord

4.7 Conditions environnementales à grande échelle favorisant les orages

7.5 : Vagues et ondes de tempête

8.4.3 : Vents provenant des cyclones extratropicaux et des ouragans de l’Atlantique Nord

8.4.4 : Vents associés aux orages

Encadré 8.5 : L’ouragan Fiona et l’évolution des phénomènes extrêmes

Température

Températures moyennes annuelles et saisonnières

2, 3, 4, 7

2.4 : Changements passés des températures

3.4 : Température (changements futurs)

4.2 : Amplification arctique

7.2 : Températures océaniques

Chaleur extrême

8

8.2 : Extrêmes de température

Encadré 8.2 : Vague de chaleur de 2021 dans l’ouest du Canada (Nord-Ouest Pacifique)

Froid extrême

8

8.2 : Extrêmes de température

Indice humidex

8

8.7.4 : Stress thermique perçu par les humains

Vagues de chaleur et vagues de froid marines

7

7.2.3 : Vagues de chaleur et vagues de froid marines

Encadré 7.1 : Incidences potentielles des vagues de chaleur marines sur les écosystèmes aquatiques

Vents

Vents moyens près de la surface au-dessus des terres

2, 3

2.6 : Changements passés de la vitesse du vent

3.6 : Vent moyen près de la surface (changements futurs)

Vents extrêmes

8

8.4 : Vents extrêmes

Encadré 8.5 : L’ouragan Fiona et l’évolution des phénomènes extrêmes

8.7.3 : Événements combinés de vent et de pluie

Détails de la page

2026-09-03