Allocution prononcée par l’honorable Marco Mendicino, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté :  Annonce concernant l’appel à l’action 17 de la Commission de vérité et réconciliation

Discours

Annonce concernant l’appel à l’action 17 de la Commission de vérité et réconciliation
Ottawa (Ontario)
Le 14 juin 2021

Traduction de l’allocution prononcée

Good morning. Bonjour. Kwaï. Je suis heureux que mes collègues, les ministres Bennett et Miller, soient présents. Pour commencer, je tiens à souligner que nous nous joignons à vous depuis le territoire traditionnel des Algonquins Annishnaabe.

Merci à mes collègues d’être là pour parler de cette importante nouvelle.

À la fin du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation, les commissaires mentionnent que, en novembre 2012, les aînés de nations autochtones et de nombreuses autres cultures se sont réunis pendant deux jours dans le territoire des Musqueam en Colombie‑Britannique, pour parler de la façon dont la réconciliation peut aider le Canada à aller de l’avant. Par la suite, ils ont déclaré ceci : « En tant que Canadiens, nous partageons la responsabilité de prendre soin les uns des autres et de reconnaître la douleur et la souffrance que nos diverses sociétés ont endurées – une douleur qui a été transmise aux générations suivantes. Nous devons redresser ces torts, guérir ensemble et créer un nouvel avenir qui honore les dons uniques de nos enfants et petits‑enfants. Comment procède‑t‑on? Grâce au partage de nos histoires personnelles, légendes et enseignements traditionnels, nous avons constaté que nous sommes interconnectés dans le même esprit. Nos enseignements traditionnels parlent d’actions telles que le soutien à se donner mutuellement en marchant ensemble, l’équilibre, la guérison et l’unité. Nos histoires nous montrent comment ces enseignements peuvent guérir la douleur et restaurer la dignité. Nous avons découvert que dans toutes nos traditions culturelles, il existe des enseignements sur la réconciliation, le pardon, l’unité, la guérison et l’équilibre ».

Les aînés nous ont offert ce message d’espoir parce que, dans leur sagesse, ils savaient que le chemin de la réconciliation serait parsemé d’obstacles, mais aussi que nous réussirions à poursuivre ce travail en tant que Canadiens en puisant dans notre force collective. Aujourd’hui, nous franchissons un autre pas ensemble en répondant à l’appel à l’action no 17, afin que les survivants des pensionnats et leurs familles puissent reprendre leurs noms dans leurs passeports et d’autres documents de voyage; les noms dont ils ont été dépouillés par les pensionnats.

Le nom est l’une des premières choses qu’une personne reçoit. Il est personnalisé, unique, il évoque notre passé, honore ceux qui nous ont précédé et reflète l’histoire de notre famille. Nommer un enfant est une tradition d’une profonde importance pour de nombreuses cultures et communautés. Les noms traditionnels donnés aux enfants autochtones sont empreints d’une profonde signification culturelle. Pourtant, pour de nombreux membres des Premières Nations, Inuits et Métis, le colonialisme leur a volé ces noms sacrés. Arrachés de leurs familles et intégrés de force dans le réseau des pensionnats, les enfants autochtones ont même été dépouillés de leurs noms, comme en attestent les douloureux souvenirs relatés par des survivants dans le rapport final de la CVR.

Au pensionnat anglican d’Aklavik, dans les Territoires du Nord‑Ouest, une jeune Inuite nommée Masak est devenue Alice. Elle n’a pu porter son nom de naissance jusqu’à son retour chez elle. Au pensionnat de Qu’Appelle, en Saskatchewan, Path Maker a été renommé Daniel Kennedy et Adélard Standing (inaudible) a reçu le nom d’Adélard Langevin. Au fil des années, des Autochtones ont courageusement cherché à récupérer leurs noms. Par moments, leurs efforts pour utiliser leurs noms traditionnels ont reçu des réactions de toutes sortes allant du rejet poli à l’agression raciste.

De nombreux autochtones se sont heurtés à des obstacles de la part des gouvernements, de la police, des écoles et d’autres institutions lorsqu’ils ont tenté de récupérer ces noms comme moyen d’exprimer leur identité autochtone. Il y a quelques années, la Commission de vérité et de réconciliation a mis en lumier (sic) cette question et nous ne pouvons pas l’ignorer. Avec la tragédie de Kamloops, les communautés autochtones ont été confrontées une fois de plus à l’héritage douloureux et durable du système des pensionnats.

En 2015, l’appel à l’action no 17 de la Commission de vérité et réconciliation demandait à tous les ordres de gouvernement de permettre aux survivants des pensionnats indiens et à leurs familles de récupérer leurs noms autochtones sur les documents d’identité. Aujourd’hui, je suis fier d’annoncer que le gouvernement a répondu à cet appel. À compter d’aujourd’hui, les Autochtones peuvent présenter une demande pour récupérer leurs noms tels qu’ils figurent sur les passeports et autres documents d’identité. Bien que l’appel à l’action no 17 fasse expressément référence aux passeports, en tant que ministre, j’ai décidé d’aller plus loin pour inclure les documents de voyage de remplacement, y compris les certificats de citoyenneté et les cartes de résident permanent. De plus, cette mesure s’appliquera non seulement aux survivants des pensionnats et à leurs familles, mais également à tous les Autochtones au Canada, et la démarche sera entièrement gratuite.

Pour permettre aux personnes qui demandent la récupération des noms ancestraux de disposer de moyens clairs d’effectuer ce changement important, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (inaudible) ce processus de récupération afin qu’il soit rapide et efficace pour les demandeurs.

Alors que nous procédons à cet important changement, je veux prendre un moment pour mentionner nos progrès afin de répondre à deux autres appels à l’action de la CVR. Jeudi dernier, le Sénat a adopté le projet de loi C‑8 visant à modifier le serment de citoyenneté du Canada afin d’inclure une référence aux Premières Nations, aux Inuits et aux Métis et à notre obligation de respecter les traités. Cette mesure répond à l’appel à l’action no 94. Et comme je l’ai dit à cette occasion, le serment de citoyenneté est plus que des mots. C’est une déclaration publique d’appartenance. Désormais, les nouveaux citoyens comprendront leur rôle dans la réconciliation dès leur entrée dans la famille canadienne.

Et en réponse à l’appel à l’action no 93, mon ministère travaille activement à actualiser le guide de citoyenneté afin de donner aux nouveaux arrivants un compte rendu complet et fidèle de l’histoire du Canada, dans lequel le rôle et les récits des peuples autochtones sont mis en valeur, y compris les parties qui concernent les pensionnats et plus encore. Nous avons hâte de le présenter très prochainement aux Canadiens. La réconciliation requiert la collaboration de tous, y compris les nouveaux citoyens canadiens.

Je suis profondément honoré de me joindre aux ministres Bennett et Miller pour faire cette annonce aujourd’hui. Et maintenant, je vais passer la parole à la ministre Bennett. Merci.

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