Établissement et intégration de réfugiés d’expression française dans une CLOSM francophone : le cas de Winnipeg et Saint-Boniface, 2006 à 2016

Étude sur les réfugiés d’expression française de Winnipeg et Saint-Boniface.

Faiçal Zellama, Chedly Belkhodja, Patrick Noël, Moses Nyongwa, Mamadou Ka et Halimatou Ba

16 février 2018

Ce projet a été financé par la Direction générale de la recherche et de l’évaluation d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

Les opinions exprimées dans le présent document sont celles de l’auteur(e) ou des auteur(e)s et ne reflètent pas nécessairement celles d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada ou du Gouvernement du Canada.

Numéro référence : R27a-2016

Resumé

Le présent rapport de recherche porte sur l’établissement et l’intégration des réfugiés d’expression française à Winnipeg au Manitoba. Pour comprendre cette problématique, le rapport en effectue d’abord, en guise d’introduction, une mise en contexte historique et conceptuelle. Le chapitre 1 présente la voix des réfugiés. Nous nous sommes arrêtés sur le profil des réfugiés francophones participant à l’enquête, sur leur trajectoire entre leur pays d’origine et le Canada, leur appréciation des programmes gouvernementaux relative à l’expérience d’établissement, leur intégration socioculturelle et économique et les défis que soulève celle-ci. Le chapitre se termine par la présentation des services reçus par les participants qui nous en ont aussi donné une évaluation. Le chapitre 2 donne la voix aux intervenants des organismes desservant les nouveaux arrivants. Après avoir dressé un profil des organismes participant à notre enquête, nous présentons les défis dont les intervenants des organismes ont fait part relativement à la question de l’établissement et de l’intégration des réfugiés d’expression française, les services qu’ils offrent à ces derniers, les évaluations qu’ils ont de ceux-là ainsi que leur avis sur les programmes encadrant l’établissement et l’intégration des réfugiés. Le chapitre 3 analyse et discute les résultats présentés dans les chapitres précédents à la lumière de la problématique dessinée dans l’introduction. De façon plus précise, l’établissement et l’intégration des réfugiés d’expression française sont examinés à travers 6 variables selon leurs lacunes, les enjeux qu’elles soulèvent et les recommandations pertinentes : logement, emploi et formation, éducation, maîtrise des langues, santé et intégration sociale.

Sommaire exécutif

Le présent rapport de recherche répond à un appel d’offre d’IRCC lancé à l’été 2016 sur l’établissement et l’intégration des réfugiés d’expression française à Winnipeg au Manitoba. Pour comprendre cette problématique, le rapport en effectue d’abord une mise en contexte historique et conceptuelle. Les notions d’immigration, de politique linguistique, de CLOSM et de réfugiés sont mises en relation. Le cadre méthodologique de l’enquête est ensuite défini. Celui-ci est avant tout de nature qualitative, bien que nous ayons récolté des données d’ordre quantitatif au moyen de fiches d’informations sociodémographiques que chacun des participants réfugié devait remplir. L’analyse qualitative repose sur des entretiens individuels et des discussions de groupe. Nous avons mené 29 entrevues individuelles auprès de réfugiés francophones et 2 discussions de groupe impliquant en tout 11 autres réfugiés francophones. Nous avons également mené 17 entrevues auprès d’intervenants d’organismes desservant les nouveaux arrivants. Ces entrevues nous permis d’avoir un regard plus global sur la question de l’établissement et de l’intégration des réfugiés d’expression française à Winnipeg, croisant la perspective de ces derniers avec celle des organismes. Le rapport s’articule en trois chapitres. Les deux premiers chapitres présentent une analyse descriptive. Le chapitre 1 présente la voix des réfugiés. Après avoir présenté le profil des réfugiés ayant participé à notre enquête à partir de quelques variables sociodémographiques, nous nous sommes arrêtés sur la trajectoire de ces derniers entre leur pays d’origine et le Canada, une trajectoire qui conditionne leur parcours d’établissement et d’intégration dans leur société d’accueil. Sont ensuite examinés leur appréciation des programmes gouvernementaux relative à l’expérience d’établissement, leur intégration socioculturelle et économique et les défis que soulève celle-ci. Le chapitre se termine par la présentation des services reçus par les participants qui nous en ont aussi donné une évaluation. Le chapitre 2, quant à lui, donne la voix aux intervenants des organismes desservant les nouveaux arrivants. Après avoir dressé un profil des organismes participant à notre enquête, nous présentons les défis dont les intervenants des organismes ont fait part relativement à la question de l’établissement et de l’intégration des réfugiés d’expression française, les services qu’ils offrent à ces derniers, les évaluations qu’ils ont de ceux-là ainsi que leur avis sur les programmes encadrant l’établissement et l’intégration des réfugiés. Le chapitre 3 analyse et discute les résultats présentés dans les chapitres précédents à la lumière de la problématique identifiée. De façon plus précise, l’établissement et l’intégration des réfugiés d’expression française sont examinés à travers 6 variables selon leurs lacunes, les enjeux qu’elles soulèvent et les recommandations pertinentes : logement, emploi et formation, éducation, maîtrise des langues officielles, santé et intégration sociale.

Recommandations

Au logement

  • Le nombre des logements de transition pour les réfugiés pourrait être augmenté.
  • Le gouvernement fédéral pourrait s’inspirer des pratiques exemplaires du parrainage privé.
  • Le gouvernement fédéral pourrait investir davantage dans des logements sociaux.
  • Le gouvernement fédéral pourrait mettre sur pied un programme d’aide au logement.
  • Le logement pour les réfugiés pourrait être décentralisé davantage.

À l’emploi et à la formation

  • Des centres de formation pour les réfugiés pourraient mis sur pied.
  • Les services d’aide à l’emploi existants pourraient être remplacés par des services d’accompagnement sur le marché du travail.
  • Les services en matière d’emploi et de formation offerts aux nouveaux arrivants pourraient être décentralisés.

À l’éducation

  • Les modalités de l’enseignement prodigué aux réfugiés d’expression française pourraient faire l’objet d’une réorganisation logistique afin qu’il réponde mieux à leurs besoins.
  • Le contenu de l’enseignement pourrait être revu pour qu’il s’arrime davantage aux besoins spécifiques et divers des réfugiés d’expression française.
  • Des incitatifs financiers pourraient être mis sur pied pour qu’il soit plus facile aux réfugiés d’expression française de concilier travail et éducation.

À la maitrise des langues officielles

  • Les cours de langue pourraient être organisés en mode coopératif afin de permettre aux nouveaux arrivants d’avoir un contact direct avec le monde du travail et la langue utilisée dans le milieu.
  • Les cours de langue pourraient être mieux financés.
  • Les activités de traduction dans les organismes communautaires qui œuvrent auprès des réfugiés pourraient être soutenues.
  • Les familles francophones pourraient être appariées à des familles anglophones pour permettre des échanges et un apprentissage rapide de la langue.
  • Des activités pourraient être organisées pour rendre attrayante la langue française.
  • Les moniteurs de langue pourraient être sensibilisés aux réalités vécues par les réfugiés et donner à ces derniers des appuis psychologiques dès leur arrivée sur le sol canadien.

À la santé

  • Les autorités fédérales pourraient augmenter les ressources pour pouvoir offrir aux réfugiés les soins dont ils ont besoin dès leur arrivée sur le sol canadien.
  • Les organismes qui offrent des services de première ligne pourraient se voir donner la capacité d’orienter les réfugiés vers des professionnels de la santé dès leur arrivée au Canada.
  • La santé chez les réfugiés pourrait être abordée selon une approche holistique, c’est-à-dire en regardant tous les principaux déterminants de la santé que sont l’employabilité, l’environnement, la santé mentale, la santé physique n’étant que la partie visible de l’iceberg.

À l’intégration sociale

  • Certains organismes sociaux qui participent à l’intégration sociale des réfugiés dans la communauté d’accueil pourraient être financés ou mieux financés.
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