Portrait statistique de la population immigrante de langue française à l’extérieur du Québec (1991 à 2011)

Statistique Canada
Ottawa, Juin 2014

René Houle, Daniel Pereira et Jean-Pierre Corbeil

Ce projet a été financé par la Direction générale de la recherche et de l’évaluation de Citoyenneté et Immigration Canada dans le cadre de la Feuille de route pour les langues officielles du Canada 2013-2018 : éducation, immigration, communautés afin de soutenir la recherche sur l’immigration dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Les opinions exprimées dans le présent document sont celles de l'auteur(e) ou des auteur(e)s et ne reflètent pas nécessairement celles de Citoyenneté et Immigration Canada ou du Gouvernement du Canada.

Numéro de reference : R8-2014

Tableau des matières

Résumé

Le présent rapport porte sur l’immigration de langue française à l’extérieur du Québec et son évolution récente : son effectif, sa répartition sur le territoire et ses caractéristiques démographiques et socio-économiques. Il s’agit d’une mise à jour du rapport analytique publié par Statistique Canada en 2010 grâce à l’appui financier de Citoyenneté et Immigration Canada. Cette nouvelle version tient donc compte des statistiques les plus récentes sur le sujet, soit celles tirées de l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011.Note de bas de page 1 Tout comme dans la version de 2010, le présent portrait statistique de l’immigration de langue française repose principalement sur la notion de première langue officielle parlée (PLOP), laquelle est, depuis plusieurs années, beaucoup utilisée comme critère de définition linguistique dans les travaux sur les minorités de langue officielle. La population immigrée francophone à l’extérieur du Québec est constituée de deux groupes : ceux qui ont le français uniquement comme première langue officielle parlée (les immigrants de PLOP français) et ceux dont la première langue officielle parlée est à la fois le français et l’anglais (les immigrants de PLOP français-anglais).

La population immigrée francophone vivant à l’extérieur du Québec est relativement peu importante, tant en nombre absolu que par rapport à l’ensemble des personnes de langue française ou par rapport à l’ensemble de la population immigrée. Le poids relatif des immigrants francophones au sein de l’ensemble de la population de langue française s’est toutefois accru, passant de 6,2 % à 11,7 % entre 1991 et 2011, alors que son poids au sein de l’ensemble de la population immigrée a connu une variation plus modérée, atteignant 2 % en 2011.

Alors que le recensement de 2006 avait permis de dénombrer quelque 60 900 immigrants ayant le français comme PLOP dans l’ensemble des provinces et territoires hors Québec et quelque 76 100 immigrants qui se sont vus attribuer à la fois le français et l’anglais comme PLOP, l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011 y a dénombré 74 470 immigrants de PLOP français et 79 400 de double PLOP français-anglais.

Fait digne de mention, parmi les immigrants résidant dans les provinces et territoires hors Québec en 2011 et qui étaient arrivés au pays entre 2006 et l’ENM de 2011, 18 450 avaient le français comme PLOP et 17 600 étaient de double PLOP français-anglais. Parmi les immigrants récents dénombrés lors du recensement de 2006, ces effectifs étaient de 12 940 et 18 570 respectivement.

Tout comme ce qui avait été observé dans la version précédente de cette étude, c’est en Ontario où se concentrent la majorité des immigrants francophones à l’extérieur du Québec, soit près de 70 % d’entre eux. Par ailleurs, les deux tiers des immigrants de langue française vivent dans trois agglomérations urbaines, soit Toronto, Ottawa et Vancouver.

Dans certaines villes, notamment Toronto, Vancouver et Calgary, le nombre d’immigrants de PLOP français-anglais est une fois et demie plus nombreux que celui des immigrants de PLOP français. Ces deux groupes de PLOP ont des caractéristiques démographiques et socioéconomiques qui sont parfois très contrastées.

L’origine géographique de l’immigration internationale vers le Canada s’est rapidement transformée au cours des dernières décennies. Les immigrants d’origine européenne ont en effet eu tendance à céder leur place aux immigrants en provenance d’Asie, d’Afrique et de l’Amérique latine. À cet égard, les immigrants de PLOP français se distinguent des autres immigrants de par la proportion importante en provenance du continent africain. Une des conséquences de cette tendance a été de modifier la composition de la population immigrée de PLOP français qui comptait en 2011 34 % de Noirs, comparativement à moins de 10 % dans le cas des deux autres groupes d’immigrants (PLOP français-anglais et PLOP autre).

La population immigrée francophone apparaît comme une population plutôt jeune (caractérisée par une proportion importante du groupe des 0 à 19 ans) quand on la compare aux immigrants non francophones. Cette caractéristique s’explique en partie par la composition par âge très particulière des immigrants ayant et le français et l’anglais comme PLOP. Ceux-ci comptent, en effet, une proportion élevée de jeunes âgés de 10 à 24 ans, proportion nettement plus élevée que chez les immigrants de PLOP français et les immigrants non francophones.

La migration interprovinciale est très différentiée selon que l’on est un francophone ou un non-francophone habitant une province ou un territoire hors Québec. Alors que les francophones tendent à s’établir au Québec lorsqu’ils migrent à l’intérieur du Canada, les non-francophones choisissent plutôt une des neuf autres provinces, surtout l’Ontario, la Colombie-Britannique et l’Alberta. Au Québec on observe les tendances exactement inverses : les francophones du Québec, qu’ils soient nés au Canada ou immigrants, migrent relativement peu vers les autres provinces alors que les non-francophones quittent la province dans une proportion beaucoup plus élevée. Au total, le mouvement migratoire des immigrants francophones du reste du Canada vers le Québec n’arrive pas à compenser le mouvement migratoire inverse du Québec vers le reste du Canada et le solde migratoire interprovincial des immigrants francophones favorise nettement le Canada hors Québec. En terme relatif, le solde migratoire des immigrants francophones est même beaucoup plus important que celui des francophones nés au pays et que celui des immigrants non francophones.

L’examen des comportements langagiers à la maison et au travail chez les immigrants francophones établis à l’extérieur du Québec montre l’existence d’une concurrence entre le français et l’anglais parlés à la maison et utilisés en milieu de travail. Chez les immigrants de PLOP français, un peu moins de la moitié (48 %) déclarent parler la langue française le plus souvent à la maison, alors que 30 % déclarent parler l’anglais et 10 % une langue non officielle. Quant aux immigrants de PLOP français-anglais, le français parlé à la maison est très peu répandu, même en tenant compte du nombre des locuteurs qui déclarent le parler à la maison sur une base régulière (plutôt que le plus souvent).

En milieu de travail, la présence de l’anglais est très répandue. Chez tous les groupes définis par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant, l’anglais domine largement comme langue la plus souvent utilisée au travail. Chez les immigrants ayant le français comme PLOP, 64 % déclarent utiliser l’anglais le plus souvent au travail.

Les tendances régionales indiquent que l’usage du français diminue d’est en ouest : il est le plus important en Atlantique, en particulier au Nouveau-Brunswick, demeure élevé dans le nord de l’Ontario et à Ottawa, et atteint le plus faible niveau d’utilisation à Toronto (et dans le sud de l’Ontario en général) et dans les deux provinces de l’Alberta et de la Colombie-Britannique.

La transmission du français dépend à la fois du type de couple dans le ménage où vivent les enfants et du contexte où cette langue est utilisée. La transmission du français est d’abord le fait des couples où les deux partenaires ont uniquement le français comme PLOP: la majorité des enfants d’âge mineur ont le français comme langue maternelle, le parlent le plus souvent à la maison et l’ont comme première langue officielle parlée. La situation est complètement différente chez les autres types de couple où c’est la transmission de l’anglais ou d’une langue non officielle qui prédomine. Le contexte est également important. En tant que langue maternelle, le français est transmis à 28 % des enfants vivant au sein de ménages composés de couples où au moins un partenaire est un immigrant francophone; il l’est à 38 % des enfants en tant que langue d’usage au foyer (langue parlée au moins régulièrement à la maison) ; et à 41 % des enfants en tant que première langue officielle parlée (PLOP). Par ailleurs, la concurrence de l’anglais est forte dans tous les contextes : en tant que langue maternelle, l’anglais (en excluant les cas de transmission simultanée du français et de l’anglais) est transmis à 29 % des enfants, en tant que langue d’usage à 61 % des enfants et en tant que PLOP à 54 % des enfants. Dans les trois cas de transmission intergénérationnelle, l’anglais surclasse le français en termes du nombre d’enfants à qui la langue est transmise. Quant aux langues non officielles, leur transmission aux enfants d’âge mineur est importante et plus répandue que le français : 43 % des enfants ont une langue non officielle comme seule langue maternelle et à peu près la même proportion, soit 47 %, utilise une langue non officielle au moins régulièrement à la maison (sans compter les cas où une langue non officielle est transmise simultanément avec le français ou l’anglais).

Les immigrants de première langue officielle (PLOP) française se distinguent à la fois des personnes francophones nées au Canada et du reste des immigrants (tant ceux ayant à la fois le français et l’anglais comme PLOP que les non-francophones) quant à leur plus haut niveau de scolarité et les caractéristiques des diplômes obtenus. Ils possèdent un niveau de scolarité semblable aux immigrants de PLOP français-anglais, mais un niveau plus élevé que celui des personnes nées au pays et des immigrants non francophones, et ce, tant chez les hommes que chez les femmes. Les immigrants dont le français est la PLOP se distinguent des autres groupes d’immigrants par la plus forte proportion d’entre eux à avoir obtenu leur diplôme ou certificat au Canada. De plus, parmi ceux qui ont obtenu leur diplôme ou certificat à l’étranger, une plus forte proportion l’a obtenu en Europe occidentale, surtout dans un pays de la francophonie, la France en tête.

Par ailleurs, une plus faible proportion des immigrants de PLOP français a acquis un diplôme ou un certificat universitaire d’études d’ingénieur comparativement aux autres immigrants (tant ceux de double PLOP français-anglais que ceux non francophones).

On a observé peu de différences entre les groupes d’immigrants quant à leur participation au marché du travail, bien que les immigrants non francophones soient moins touchés par le chômage que les immigrants de PLOP français et, surtout, de PLOP français-anglais. Ce sont plutôt les caractéristiques socioéconomiques qui dictent le degré d’insertion des immigrants au marché du travail canadien. La période d’arrivée au pays est déterminante à cet égard, tout comme l’est le continent de naissance – les ressortissants africains apparaissant particulièrement défavorisés.

Introduction

L’immigration internationale est l’un des facteurs qui contribuent le plus à la croissance de la population canadienne et à l’évolution de la situation linguistique au Canada. Au moment de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, un Canadien sur cinq était né à l’étranger, soit un effectif de 6,8 millions de personnes. En outre, entre 2006 et 2011, le Canada a accueilli environ 1,2 million de nouveaux arrivants, ce qui s’est traduit par un accroissement de 16,7 % de sa population immigrée comparativement à 3,4 % pour ce qui est de la population née au Canada.

Le présent rapport porte sur l’immigration de langue française à l’extérieur du Québec. Dans l’ensemble, les communautés francophones en situation minoritaire à l’extérieur du Québec ont peu bénéficié de l’apport démographique de l’immigration internationale en raison de la forte propension de ces immigrants à s’intégrer aux communautés majoritaires d’expression anglaise. En outre, l’intérêt porté au phénomène de l’immigration de langue française à l’extérieur du Québec est relativement récent, incluant la problématique de son apport au développement et à l’épanouissement des minorités de langue officielle.

En 2011, alors que 95,3 % de la population hors Québec née au pays avait l’anglais comme première langue officielle parlée, c’était le cas de 92 % de la population immigrée. Inversement, alors que le français était la première langue officielle parlée de 4,6 % de la population native du pays, cette proportion atteignait tout au plus 2,7 % de la population immigrée, y compris les quelque 1,4 % ayant à la fois le français et l’anglais comme première langue officielle parlée.

Le 28 mars 2013, le Ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles a annoncé la Feuille de route pour les langues officielles 2013-2018 : éducation, immigration, communautés, un plan quinquennal qui regroupe 14 agences et ministères fédéraux et qui a pour objectif de favoriser la promotion des langues officielles et la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM). Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) reçoit 149,4 M$ de cette Feuille de route dont 29,4 M$ pour l’initiative Immigration vers les CLOSM.

La mise sur pied du Comité CIC-Communautés francophones en situation minoritaire (Comité CIC-CFSM) s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle structure de gouvernance conjointe et simplifiée pour favoriser l’immigration francophone au sein des CFSM sous l’initiative Immigration vers les CLOSM. Le Comité CIC-CFSM donne suite aux travaux réalisés par l’ancien Comité directeur CIC-CFSM. Sous le leadership du Comité CIC-CFSM, les objectifs de l’initiative sont notamment de favoriser le recrutement et l’intégration d’immigrants dans les CFSM, d’accroître la proportion d’immigrants économiques francophones dans les CFSM pour la faire passer de 1,1 % (2011) à 4 % en 2018 et d’améliorer l’établissement et l’intégration des immigrants francophones.

L’initiative comporte quatre volets principaux (coordonner les activités et consulter les principaux intervenants; mener des activités de promotion et de recrutement au Canada et à l’étranger; fournir des services d’établissement aux clients (immigrants) francophones; mener des activités d’élaboration de données stratégiques et faire des recherches et concevoir des projets de partage de connaissances), dont un qui appuie spécifiquement des activités d’élaboration de données stratégiques, des recherches et des projets de partage de connaissances sur l’immigration dans les CLOSM. Ces activités de recherche visent à mieux comprendre les défis associés à l’épanouissement des deux communautés de langues anglaise et française en situation minoritaire.

Le présent portrait est une mise à jour de celui diffusé par Statistique Canada en 2010 et, tout comme ce dernier, présente de l’information sur les caractéristiques démographiques, linguistiques, sociales et économiques de l’immigration de langue française en milieu francophone minoritaire. Les analyses présentées s’appuient sur les données des recensements du Canada depuis 1991 ainsi que celles de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011. Notons qu’en 2011 l’ENM ne comprenait pas moins de 6 questions ou sous-questions portant sur les langues officielles, soit la connaissance des langues officielles, la langue parlée le plus souvent à la maison, les autres langues parlées régulièrement à la maison, la langue maternelle, la langue utilisée le plus souvent au travail et les autres langues utilisées régulièrement au travail.

Le présent rapport d’analyse traite tout d’abord de l’évolution de l’effectif et de la part relative de la population immigrée de langue française à l’extérieur du Québec depuis 1991. On y présente également de l’information sur sa distribution au sein de ce territoire en 2011 en mettant particulièrement l’accent sur les régions métropolitaines de recensement. Une deuxième section présente de l’information sur les origines géographiques des immigrants de langue française ainsi que sur leur statut de minorités dites visibles. Nous abordons en troisième et quatrième lieu la structure par âge de cette population ainsi que l’importance de la migration interprovinciale comme facteurs susceptibles d’influencer l’évolution de ces populations. Les comportements langagiers à la maison et au travail ainsi que le phénomène de la transmission linguistique intergénérationnelle sont abordés dans des sections subséquentes. Finalement, deux sections importantes de ce rapport présentent de l’information sur la scolarisation de ces immigrants et sur différents éléments de leur participation au marché du travail.

Les critères de définition de l’immigrant de langue française à l’extérieur du Québec

Avant d’amorcer la présentation des résultats contenus dans ce rapport, il importe de se pencher sur la définition des groupes linguistiques adoptée dans ce document d’analyse. La question porte donc sur le choix des critères utilisés ici pour définir ce qu’est un immigrant de langue française. Comment définit-on qui est francophone? En fait, il n’existe pas de définition canonique de ce qu’est un francophone. Pour des raisons historiquesNote de bas de page 2, Statistique Canada a généralement utilisé le critère de la langue maternelle, soit la première langue apprise à la maison dans l’enfance et encore comprise au moment du recensement. Cependant, d’autres critères sont utilisés et rendent possible des définitions qui sont tantôt plus inclusives tantôt plus restreintes des personnes de langue française. Ainsi, on peut se demander si la définition de ce qu’est un francophone correspond aux personnes ayant le français comme langue maternelle, à celles ayant cette langue comme première langue officielle parlée, ou encore aux personnes parlant le français soit le plus souvent soit régulièrement à la maison. Doit-on, par ailleurs, considérer une définition large qui inclurait l’ensemble des locuteurs du français, voire plus si l’on ajoute les jeunes enfants qui ne parlent pas le français dont au moins l’un des parents a cette langue comme première langue apprise et encore comprise?

En outre, dans le choix d’une stratégie d’estimation d’un groupe linguistique, il importe de prendre en compte au moins deux éléments principaux. D’une part, si l’objectif consiste à énumérer la population en considérant tous les groupes linguistiques sur un même pied d’égalité en les traitant d’une manière symétrique et en formant des catégories mutuellement exclusives pour les estimer (par ex. Anglais, Français, autres), cela implique une répartition convenable des réponses multiples. D’autre part, si l’objectif est de centrer l’attention sur un seul groupe linguistique (par ex. les francophones), cela permet d’élargir les critères de définition sans se préoccuper des chevauchements implicites entre les groupes linguistiques.

Dans le présent portrait statistique sur les immigrants de langue française qui résident à l’extérieur du Québec, l’on fera surtout usage de la notion de première langue officielle parlée (PLOP), laquelle est maintenant beaucoup utilisée comme critère de définition linguistique dans les travaux sur les minorités de langue officielle. En effet, les mutations qu’a connues au fil des ans la composition de la population canadienne tendent à entraîner une redéfinition ou un élargissement de la notion de groupe ou de communauté francophone dans la mesure où un nombre significatif de personnes dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais font tout de même une utilisation prédominante ou courante du français dans leur quotidien.

La création de la notion de première langue officielle parlée découle d’un certain nombre de considérations. D’une part, la poussée importante de l’immigration internationale depuis le milieu des années 1980 a eu pour effet d’augmenter l’importance de la population ayant une tierce langue maternelle dans l’ensemble du pays (21 % en 2011), soit les personnes souvent désignées par le terme d’« allophones ».

Dans la mesure où un allophone ne peut devenir francophone par la langue maternelle, mais qu’il peut le devenir en adoptant le français le plus souvent à la maison ou dans la sphère publique, on en vient donc à s’interroger sur la façon de désigner la première langue officielle des individus ou, plus spécifiquement, sur le mode de répartition des allophones entre le français et l’anglais en fonction de la connaissance déclarée de l’une ou l’autre des langues officielles.

C’est ce type d’interrogation qui a conduit à définir différentes variantes de la notion de première langue officielle parlée (Statistique Canada, 1989). Cette dernière fait notamment écho à l’esprit de la nouvelle mouture de la Loi sur les langues officielles (1988) qui précise, à l’article 32 (2), que le gouvernement peut tenir compte «de la population de la minorité francophone ou anglophone de la région desservie, de la spécificité de cette minorité et de la proportion que celle-ci représente par rapport à la population totale de cette région ».

La notion de première langue officielle a été choisie par le gouvernement fédéral, en décembre 1991, dans le Règlement sur les langues officielles – Communications avec le public et prestation de services. À l’article 2 du Règlement, on y décrit la méthode utilisée pour déterminer « la première langue officielle parlée », soit la première des deux variantes présentées dans Statistique Canada (1989), méthode qui tient compte successivement des réponses aux questions portant sur la connaissance des langues officielles, la langue maternelle et la langue parlée le plus souvent à la maison. La variable de « première langue officielle parlée » n’est donc pas une question de recensement, mais elle est plutôt dérivée de trois questions du module linguistique du recensement.

Le présent rapport brosse donc un portrait statistique des immigrants de langue française à l’extérieur du Québec, lesquels seront également appelés indistinctement immigrants francophones, en utilisant la variable de première langue officielle parlée. Tout comme le fait le Secrétariat du Conseil du trésor, l’effectif de la population ayant le français comme première langue officielle parlée (PLOP) comprend les personnes n’ayant que le français comme PLOP et la moitié des personnes ayant à la fois le français et l’anglais comme PLOP, c'est-à-dire les personnes pour qui il n’est pas possible d’attribuer le français ou l’anglais en se fondant sur les réponses aux trois variables précitées. Toutefois, à plus d’une occasion, nous présentons de façon distincte les catégories PLOP « français » et PLOP « français-anglais », car ces deux sous-populations se distinguent en ce qui a trait à leurs caractéristiques sociodémographiques et leurs pratiques linguistiques.

1 Les immigrants de langue française établis à l’extérieur de Québec

Dans cette section nous examinons le poids démographique et la distribution géographique par province et région métropolitaine de recensement (RMR) des immigrants francophones qui habitent les provinces et territoires du Canada à l’extérieur du Québec.

1.1 Poids démographique

Les immigrants de langue française (c’est-à-dire ceux dont le français est la première langue officielle parlée) établis à l’extérieur du Québec représentent une population peu nombreuse par rapport au nombre total d’immigrants ou à la population totale de langue française. Au Canada, la majorité des immigrants de langue française habitent la province de Québec. Ainsi, sur les quelque 700 000 immigrants francophones (incluant ceux de langues officielles française et anglaise, c’est-à-dire les personnes ayant à la fois le français et l’anglais comme PLOP) vivant au Canada au moment de l’Enquête nationale auprès ménages (ENM) de 2011, plus de 650 000 ou 81 % d’entre eux se trouvaient au Québec. Les autres, soit 153 000 immigrants ou 19 % du total canadien, se répartissaient dans les neuf autres provinces et les trois territoires, dont une forte proportion en Ontario.

Lors de l’ENM de 2011, on comptait près de 74 500 immigrants dont le français est la première langue officielle parlée et 79 400 se voyant attribuer à la fois le français et l’anglais comme double premières langues officielles parlées (PLOP français-anglais) à l’extérieur du Québec (tableau 1.1). En regard du Recensement de 2006, on constate donc un accroissement important de la population du premier groupe, lequel a cru de 16 000 (soit un taux de croissance quinquennale de 22,3 %) alors que l’accroissement du second groupe n’a été que de 3 000 (un taux de croissance de 4,3 %). De façon générale on observe qu’une part importante des personnes ayant une double langue officielle (PLOP français-anglais), tant parmi les natifs que parmi les immigrants, vivent en dehors du Québec. Au Canada en 2011, 12 % des natifs et des immigrants de première langue officielle française habitaient à l’extérieur du Québec alors que c’est le cas de 32 % des natifs et des immigrants de PLOP français-anglais. Ces pourcentages sont demeurés stables au cours des vingt dernières années. Si l’on redistribue les personnes de PLOP français-anglais également entre les groupes français et anglais, comme stipulé dans le Règlement sur les langues officielles - communications avec le public et prestation de services de 1991, on dénombre 115 000 immigrants vivant à l’extérieur du Québec qui ont le français comme première langue officielle parlée, ce qui représente près de 17 % de l’ensemble des immigrants de langue française vivant au Canada (voir le tableau à l’annexe A).

L’évolution des effectifs indique une croissance continue entre 1991 et 2011 pour presque tous les groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant et toutes les périodes, et ce, tant avant qu’après redistribution de la catégorie français-anglais. On remarque toutefois que la population des résidents non permanents a diminué entre 1991 et 1996, mais a cru entre 1996 et 2011, tant dans l’ensemble canadien qu’au Québec. La diminution du poids de la population de PLOP français née au pays s’est poursuivie en 2011 par rapport à 2006 (13,0 % en 2006 et 12,3 % en 2011), phénomène essentiellement attribuable à la croissance de l’immigration de langue française (tableau 1.1). En outre, on constate une légère baisse de 2006 à 2011 de la proportion d’immigrants de PLOP français et anglais hors Québec laquelle se situait à 32,2 % en 2011.

Tableau 1.1 : Population (en milliers) de groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) (avant redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, Canada, Québec, et Canada moins le Québec, 1991 à 2011

Canada
Population (en milliers) 1991 1996 2001 2006 2011
Natifs PLOP français 6 399 6 534 6 594 6 705 6 806
Natifs PLOP français et anglais 78 88 88 98 92
Immigrants PLOP français 288 337 379 473 572
Immigrants PLOP français et anglais 131 161 188 226 246
Immigrants PLOP autre 3 924 4 473 4 881 5 488 5 957
Natifs PLOP autre 15 951 16 769 17 309 17 985 18 822
Résidents non permanents 223 167 199 265 356
Québec
Population (en milliers) 1991 1996 2001 2006 2011
Natifs PLOP français 5 507 5 654 5 714 5 830 5 969
Natifs PLOP français et anglais 51 58 58 63 59
Immigrants PLOP français 250 293 327 412 498
Immigrants PLOP français et anglais 88 105 118 150 167
Immigrants PLOP autre 254 266 262 290 310
Natifs PLOP autre 617 627 606 642 662
Résidents non permanents 44 41 40 49 67
Canada moins le Québec
Population (en milliers) 1991 1996 2001 2006 2011
Natifs PLOP français 892 880 880 875 837
Natifs PLOP français et anglais 27 30 30 35 33
Immigrants PLOP français 38 44 53 61 74
Immigrants PLOP français et anglais 43 55 70 76 79
Immigrants PLOP autre 3 670 4 207 4 619 5 198 5 647
Natifs PLOP autre 15 334 16 141 16 703 17 344 18 160
Résidents non permanents 179 125 158 216 289
Poids relatif du Canada moins le Québec sur l'ensemble du Canada
Population 1991 1996 2001 2006 2011
Natifs PLOP français 13,9 % 13,5 % 13,3 % 13,0 % 12,3 %
Natifs PLOP français et anglais 34,4 % 33,8 % 34,4 % 35,2 % 35,4 %
Immigrants PLOP français 13,3 % 13,1 % 13,9 % 12,9 % 13,0 %
Immigrants PLOP français et anglais 32,9 % 34,4 % 37,1 % 33,7 % 32,2 %
Immigrants PLOP autre 93,5 % 94,1 % 94,6 % 94,7 % 94,8 %
Natifs PLOP autre 96,1 % 96,3 % 96,5 % 96,4 % 96,5 %
Résidents non permanents 80,3 % 75,2 % 79,8 % 81,6 % 81,2 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Sources : Statistique Canada, Recensements de 1991 à 2006 et Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

À l’extérieur du Québec, les immigrants de langue française représentaient 11,7 % de l’ensemble de la population de langue française, et 2,0 % de l’ensemble des immigrants (tableau 1.2). Selon deux autres estimations alternatives, soit que l’on considère uniquement les immigrants ayant le français comme seule langue officielle parlée, soit qu’on leur additionne ceux ayant le français et l’anglais comme double langue officielle, le poids relatif des immigrants au sein de l’ensemble de la population de langue française varie de façon notable. Ainsi, le pourcentage d’immigrants au sein de la population de langue française à l’extérieur du Québec était de 8,2 % en 2011 lorsqu’on ne considère pas ceux ayant le français et l’anglais comme double première langue officielle, et de 15,0 % lorsqu’on les inclut. Il en va de même de leur poids relatif au sein de la population immigrante : 1,3 % en 2011 selon le premier calcul et 2,7 % si l’on considère les immigrants de PLOP français-anglais.

À l’extérieur du Québec, le poids relatif des immigrants francophones au sein de l’ensemble de la population de langue française s’est constamment accru depuis le Recensement de 1991 selon les trois estimations. Selon l’estimation où il y a redistribution de la catégorie français-anglais, le pourcentage des immigrants de langue française est passé de 6,2 % à 11,7 % entre 1991 et 2011. L’évolution de leur poids relatif au sein de l’ensemble de la population immigrante a toutefois été plus modérée. Selon l’estimation avec redistribution, on note un accroissement beaucoup plus faible, soit de 1,6 % en 1991 à 2,0 % en 2011.

Tableau 1.2 : Pourcentage des immigrants de langue française au sein de la population totale de première langue officielle française et pourcentage des immigrants de première langue officielle française au sein de l’ensemble de la population immigrée selon trois estimations, Canada moins le Québec, 1991 à 2011

Au sein de l’ensemble de la population de langue française
Année PLOP Français seulement PLOP Français (après redistribution des PLOP français et anglais) PLOP Français, français et anglais
1991 4,1 % 6,2 % 8,1 %
1996 4,8 % 7,5 % 9,9 %
2001 5,6 % 8,9 % 11,9 %
2006 6,5 % 10,0 % 13,1 %
2011 8,2 % 11,7 % 15,0 %
Within the immigrant population
Année PLOP Français seulement PLOP Français (après redistribution des PLOP français et anglais) PLOP Français, français et anglais
1991 1,0 % 1,6 % 2,2 %
1996 1,0 % 1,7 % 2,3 %
2001 1,1 % 1,8 % 2,6 %
2006 1,1 % 1,9 % 2,6 %
2011 1,3 % 2,0 % 2,7 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

Sources : Statistique Canada, Recensements de 1991 à 2006 et Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

1.2 Répartition géographique

La population des immigrants francophones se distribue inégalement entre les provinces et territoires à l’extérieur du Québec. Le bassin le plus important se trouve en Ontario, lequel compte pour presque 70 % de l’ensemble des immigrants de langue française vivant à l’extérieur du Québec. L’Ontario est la province qui compte aussi la majorité des natifs francophones hors Québec, ainsi que la majorité des immigrants francophones résidant à l’extérieur du Québec (respectivement, 51,9 % et 67,5 %) (tableau 1.3). Lors de l’ENM de 2011, l’effectif de la population immigrée de langue française atteignait 76 600 individus dans cette province, un effectif nettement supérieur à ce qu’on retrouve en Colombie-Britannique où on dénombre la deuxième population immigrée francophone (15 500) en importance. L’Alberta, qui a enregistré un gain de sa part de la population immigrée de PLOP français (de 8,0 % en 2006 à 10,3 % en 2011), se classe au troisième rang avec une population de presque 12 000 personnes. Les autres provinces et territoires se situent bien en deçà de ce nombre. Au Nouveau-Brunswick, par exemple, l’ENM de 2011 n’a dénombré que 3 500 immigrants de langue française, soit 3,1 % de l’ensemble des immigrants francophones à travers le pays (hors Québec), bien que cette province compte pour plus de 25 % de l’ensemble des natifs francophones à l’extérieur du Québec.

En ce qui a trait à la part relative de la population immigrée francophone au sein de l’ensemble de la population francophone, celle-ci se situait à plus de 25 % en Colombie-Britannique, et à plus de 10 % dans trois autres provinces : Terre-Neuve-et-Labrador (10,9 %), Ontario (14,8 %), Alberta (17,5 %) (figure 1.1 -a). Après avoir connu une relative stabilité entre 1991 et 2006, oscillant entre 3,0 % et 5,0 % , les provinces des Prairies, en l’occurrence le Manitoba et la Saskatchewan, ont enregistré une augmentation de la proportion d’immigrants de PLOP français de plus de 3 points de pourcentage entre 2006 et 2011, soit de 5,1 % à 8,3 % au Manitoba et de 4,9 % à 8,3 % en Saskatchewan.

Au Nouveau-Brunswick, la deuxième province où l’on compte le plus grand nombre de francophones hors Québec, les immigrants de langue française ne représentaient que 1,5 % de l’essentiel de la population de langue française lors de l’ENM de 2011 (figure 1.1, panel A).

Bien que ce soit au Nouveau-Brunswick que la part relative des immigrants francophones au sein de l’ensemble de la population immigrée est la plus élevée parmi les provinces et territoires à l’extérieur du Québec, soit 12,2 % (figure 1.1-b), cette part est toutefois inférieure au poids relatif de la population francophone au sein de cette province, soit le tiers de la population. Dans les autres provinces et territoires, ce pourcentage est nettement plus faible, se situant dans la majorité des cas sous les 3 %, notamment en Ontario (2,1 %) et en Colombie-Britannique (1,3 %), les deux provinces comptant la plus forte proportion d’immigrants au sein de leur population totale.

Tableau 1.3 : Effectif et pourcentage de trois groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant au Canada (après redistribution de la catégorie français-anglais), et répartition par provinces et territoires à l’extérieur du Québec, 2011

Province et territoire (en milliers) Natifs - Français Immigrants - Français Immigrants - Autre
Terre-Neuves-et-Labrador 1,5 0,2 9,0
Île-du-Prince-Édouard 4,6 0,1 7,0
Nouvelle-Écosse 28,3 1,4 46,9
Nouveau-Brunswick 227,6 3,5 25,0
Ontario 442,5 76,6 3 534,8
Manitoba 35,2 3,2 181,3
Saskatchewan 11,7 1,1 67,7
Alberta 55,4 11,7 632,4
Colombie-Britannique 43,7 15,5 1 176,4
Yukon 1,0 0,2 3,6
Territoires du Nord-Ouest 1,0 0,1 2,8
Nunavut 0,4 0,0 0,6
Total 852,9 113,5 5 687,3
Province et territoire (en pourcentage) Natifs - Français Immigrants - Français Immigrants - Autre
Terre-Neuves-et-Labrador 0,2 % 0,2 % 0,2 %
Île-du-Prince-Édouard 0,5 % 0,1 % 0,1 %
Nouvelle-Écosse 3,3 % 1,2 % 0,8 %
Nouveau-Brunswick 26,7 % 3,1 % 0,4 %
Ontario 51,9 % 67,5 % 62,2 %
Manitoba 4,1 % 2,8 % 3,2 %
Saskatchewan 1,4 % 0,9 % 1,2 %
Alberta 6,5 % 10,3 % 11,1 %
Colombie-Britannique 5,1 % 13,7 % 20,7 %
Yukon 0,1 % 0,2 % 0,1 %
Territoires du Nord-Ouest 0,1 % 0,1 % 0,0 %
Nunavut 0,1 % 0,0 % 0,0 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 %

La catégorie « Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Sources : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

L’évolution observée depuis le Recensement de 1991 rend compte des contrastes entre les provinces observés en 2011. Cette évolution reflète l’accroissement de la part des immigrants francophones tant parmi la population de langue française que parmi l’ensemble de la population immigrante. La tendance est plus nette dans le premier cas. Ainsi, en Colombie-Britannique, là où les immigrants francophones constituaient 18 % de l’ensemble de la population de langue française en 1991, on constate une augmentation de ce pourcentage, lequel atteignait plus de 26 % en 2011. On constate une évolution similaire en Ontario, en Alberta et dans les territoires, respectivement de 8 % à 15 %, de 9 % à 17,5 % et de 5 % à 11 % entre 1991 et 2011.

Figure 1.1 : Proportion des immigrants de langue française au sein de l’ensemble de la population dont le français est la première langue officielle parlée et proportion des immigrants de PLOP français (après redistribution de la catégorie français-anglais) au sein de l’ensemble des immigrants, provinces et territoires à l’extérieur du Québec, 1991 à 2011

Panel A : Proportion des immigrants de langue française au sein de l’ensemble de la population dont le français est la première langue officielle
Figure de la proportion des immigrants de langue française au sein de l’ensemble de la population dont le français est la première langue officielle. Version texte ci-dessous.
Version texte : Proportion des immigrants de langue française au sein de l’ensemble de la population dont le français est la première langue officielle
Provinces et territoire 1991 1996 2001 2006 2011
T.-N.-L. 6,2 % 11,1 % 10,2 % 10,9 % 10,9 %
Î.-P.-É. 1,3 % 1,7 % 1,7 % 2,4 % 2,4 %
N.-É. 3,4 % 3,1 % 3,8 % 4,0 % 4,6 %
N.-B. 1,1 % 1,1 % 1,1 % 1,4 % 1,5 %
Ont. 7,9 % 9,5 % 11,6 % 12,8 % 14,8 %
Man. 3,8 % 3,7 % 4,2 % 5,1 % 8,3 %
Sask. 4,3 % 3,9 % 4,0 % 4,9 % 8,3 %
Alb. 8,6 % 9,6 % 10,2 % 12,7 % 17,5 %
C.-B. 17,4 % 21,1 % 23,2 % 23,9 % 26,2 %
TerritoiresFigure 1.1 note * 5,2 % 6,2 % 8,6 % 9,9 % 12,4 %
Canada moins le Québec 6,2 % 7,5 % 8,9 % 10,0 % 13,3 %
Panel B : Proportion des immigrants de PLOP français au sein de l’ensemble des immigrants
Figure de la proportion des immigrants de PLOP français au sein de l’ensemble des immigrants. Version texte ci-dessous.
Version texte : Proportion des immigrants de PLOP français au sein de l’ensemble des immigrants
Province and territories 1991 1996 2001 2006 2011
T.-N.-L. 1,9 % 2,9 % 2,6 % 2,5 % 2,0 %
Î.-P.-É. 1,6 % 2,0 % 2,2 % 2,6 % 1,6 %
N.-É. 3,1 % 2,5 % 3,1 % 2,9 % 2,8 %
N.-B. 10,9 % 11,3 % 11,9 % 12,8 % 12,2 %
Ont. 1,7 % 1,8 % 2,0 % 2,0 % 2,1 %
Man. 1,3 % 1,3 % 1,4 % 1,4 % 1,7 %
Sask. 1,5 % 1,3 % 1,4 % 1,5 % 1,5 %
Alb. 1,2 % 1,2 % 1,4 % 1,5 % 1,8 %
C.-B. 1,2 % 1,3 % 1,3 % 1,3 % 1,3 %
TerritoiresFigure 1.1 note * 2,0 % 2,5 % 3,2 % 4,1 % 4,3 %
Canada moins le Québec 1,6 % 1,7 % 1,8 % 1,9 % 2,0 %

Sources : Statistique Canada, les recensements de 1991 à 2006 et Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Les immigrants se concentrent dans les grandes régions métropolitaines du Canada, et la population immigrée de langue française ne fait pas exception. À l’extérieur du Québec, les trois agglomérations urbaines où l’on retrouvait les plus fortes populations d’immigrants de langue française au moment de l’ENM de 2011 sont, dans l’ordre, Toronto, Ottawa et Vancouver. À elles seules, ces trois villes regroupent près des trois quarts des immigrants francophones (après redistribution de la catégorie français-anglais). Toronto compte une population de 39 500 immigrants pour 52 000 personnes de langue française nées au Canada (tableau 1.4), soit une proportion de 43 % de la population francophone de cette ville. À Vancouver, plus du tiers des personnes de langue française sont des immigrants. On dénombre à Ottawa 23 200 immigrants pour 131 500 natifs de langue française, soit une proportion de 15 % de la population. Les autres villes comptent des populations d’immigrants de langue française nettement plus faibles. Avec près de 5 700 personnes, Calgary se place au quatrième rang tandis qu’Edmonton arrive au cinquième rang avec 4 900 immigrants. Suit le reste des villes comptant 3 000 immigrants francophones ou moins chacune. Des villes à forte population francophone, comme Moncton, Sudbury et Edmundston, comptent tout au plus un millier et demi d’immigrants de langue française. Ces villes reçoivent aussi relativement peu d’immigrants en général.

Les statistiques de l’ENM de 2011 révèlent que pour l’ensemble des provinces et territoires à l’extérieur du Québec le nombre d’immigrants de double langue officielle (PLOP français-anglais) est plus important que le nombre d’immigrants dont le français est la première langue officielle (79 400 contre 74 500). Cette situation prévaut aussi en Colombie-Britannique (11 600 contre 9 600), en Ontario (55 200 contre 49 600) et en Alberta (8 700 contre 7 500)Note de bas de page 3, ainsi que dans certaines régions métropolitaines de recensement, notamment à Toronto et Vancouver (tableau 1.4). Bien qu’il s’agisse d’une caractéristique notable décrite dans l’édition 2010 de cette étude, l’ampleur des écarts entre les deux sous-populations s’est atténuée entre 2006 et 2011, notamment au niveau des RMR. En 2011, on dénombrait 22 700 immigrants de PLOP français et 33 600 immigrants de PLOP français et anglais à Toronto. À Calgary, l’écart s’est réduit à moins de 1 000 personnes, et à Hamilton, la taille de la population immigrée de PLOP français est égale à celle de la population d’immigrants de PLOP français et anglais.

Comme tout ce qu’on a observé à l’échelle des provinces, l’évolution de la situation depuis le Recensement de 1991 rend compte des contrastes entre régions métropolitaines constatés en 2011. Cette évolution reflète l’accroissement de la part des immigrants de langue française tant parmi la population francophone que parmi l’ensemble des immigrants (tableau 1.4; graphiques 1.2-a et b). On observe une augmentation dans quatre grandes villes : Toronto, Ottawa, Calgary et Vancouver. Entre le recensement de 1991 et l’ENM de 2011, le poids relatif des immigrants de langue française parmi la population totale des francophones est passé de 31 % à 43 % dans la RMR de Toronto, de 26 % à 37 % à Vancouver et de 8 % à 15 % à Ottawa. Dans le cas de Calgary, le pourcentage d’immigrants francophones au sein de l’ensemble de la population de langue française a progressé de 16 % à plus de 25 % entre 1991 et 2011. Moncton et Winnipeg ont également vu s’accroître leur proportion respective d’immigrants par rapport à 1991, proportions atteignant 2,6 % et 10,3 % respectivement en 2011.

L’examen de l’évolution du pourcentage que représentent ces mêmes immigrants au sein de l’ensemble de la population immigrante révèle une grande stabilité au cours de la période considérée (figure 1.2-b). Cependant, alors que le Recensement de 2006 faisait état d’une hausse de la proportion d’immigrants francophones au sein de la population immigrée de Moncton, laquelle était passée de 15,3 % en 1991 à 24,3 % en 2006, l’ENM de 2011 fait plutôt état d’une baisse de leur proportion à 19,7 %, phénomène s’expliquant par une hausse plus importante de l’immigration non francophone dans cette ville entre 2006 et 2011. On observe une croissance soutenue seulement dans le cas de la RMR d’Ottawa. Ailleurs, et en particulier dans les plus grands centres urbains comme Toronto et Vancouver, les immigrants de première langue officielle française forment moins de 2 % de la population immigrée.

Tableau 1.4 : Population (en milliers) de groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) (avant et après redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, pourcentage des immigrants francophones sur la population totale de langue française et pourcentage des immigrants francophones sur la population totale des immigrants, quelques régions métropolitaines de recensement hors Québec, 2011

Avant redistribution de la catégorie français-anglais (en milliers)
Région Métropolitaine de recensement (RMR) Population totale de la RMR Natifs PLOP français Natifs PLOP français-anglais Immigrants PLOP français Immigrants PLOP français-anglais Autre immigrants
Toronto 5 521,2 45,9 12,2 22,7 33,6 2 481,1
Ottawa 1 215,7 128,6 5,8 17,3 11,8 175,3
Vancouver 2 280,7 18,1 3,7 6,5 10,1 896,8
Calgary 1 199,1 15,3 1,0 3,5 4,4 306,0
Edmonton 1 139,6 20,0 1,1 3,2 3,4 225,6
Hamilton 708,2 8,2 0,6 2,0 2,0 162,7
Winnipeg 714,6 23,1 0,6 2,0 1,4 143,9
Windsor 315,5 8,6 0,6 1,0 1,5 67,8
Kitchener 469,9 5,4 0,5 0,7 1,6 106,3
London 467,3 5,3 0,5 0,8 1,2 85,7
Victoria 336,2 4,4 0,2 1,0 0,4 58,7
Moncton 135,5 44,6 0,2 1,1 0,2 4,7
Ste. Catharines-Niagara 384,0 10,6 0,3 0,9 0,6 62,9
Halifax 384,5 9,0 0,2 0,7 0,6 29,9
Oshawa 351,7 5,4 0,2 0,6 0,3 55,3
Kingston 153,9 4,3 0,1 0,4 0,2 17,5
Grand Sudbury 158,3 39,4 0,4 0,4 0,1 9,3
Kelowna 176,4 2,0 0,1 0,3 0,1 24,0
Edmundston (RM) 21,1 19,7 0,0 0,4 0,0 0,2
Guelph 139,7 1,8 0,1 0,1 0,2 27,2
Après redistribution de la catégorie français-anglais
Région Métropolitaine de recensement (RMR) Population totale de la RMR Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Autre immigrants
Toronto 5 521,2 52,0 39,5 2 497,9
Ottawa 1 215,7 131,5 23,2 181,2
Vancouver 2 280,7 19,9 11,5 901,8
Calgary 1 199,1 15,8 5,7 308,2
Edmonton 1 139,6 20,6 4,9 227,3
Hamilton 708,2 8,5 3,0 163,7
Winnipeg 714,6 23,4 2,7 144,6
Windsor 315,5 8,9 1,8 68,5
Kitchener 469,9 5,6 1,6 107,2
London 467,3 5,5 1,4 86,3
Victoria 336,2 4,5 1,1 58,9
Moncton 135,5 44,7 1,2 4,8
Ste. Catharines-Niagara 384,0 10,7 1,2 63,2
Halifax 384,5 9,0 1,0 30,2
Oshawa 351,7 5,5 0,7 55,4
Kingston 153,9 4,4 0,5 17,6
Grand Sudbury 158,3 39,6 0,4 9,4
Kelowna 176,4 2,1 0,4 24,0
Edmundston (RM) 21,1 19,7 0,4 0,2
Guelph 139,7 1,8 0,2 27,3
Immigrants PLOP français par rapport à la population totale PLOP français et par rapport au total des immigrants (pourcentage)
Région Métropolitaine de recensement (RMR) Immigrants PLOP français par rapport à la population totale PLOP français Immigrants PLOP français par rapport au total des immigrants
Toronto 43 % 2 %
Ottawa 15 % 11 %
Vancouver 37 % 1 %
Calgary 27 % 2 %
Edmonton 19 % 2 %
Hamilton 26 % 2 %
Winnipeg 10 % 2 %
Windsor 17 % 3 %
Kitchener 22 % 1 %
London 20 % 2 %
Victoria 20 % 2 %
Moncton 3 % 20 %
Ste. Catharines-Niagara 10 % 2 %
Halifax 10 % 3 %
Oshawa 12 % 1 %
Kingston 10 % 3 %
Grand Sudbury 1 % 4 %
Kelowna 16 % 2 %
Edmundston (RM) 2 % 64 %
Guelph 12 % 1 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée. RMR = Région Métropolitaine de recensement.

La catégorie « Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Figure 1.2 : Proportion des immigrants ayant le français comme première langue officielle au sein de l’ensemble de la population de langue française (après redistribution de la catégorie français-anglais) et de l’ensemble de la population immigrée, quelques régions métropolitaines de recensement hors Québec, 1991 à 2011.

Panel A : Proportion des immigrants de langue française au sein de l’ensemble de la population de langue française
Figure de la proportion des immigrants de langue française au sein de l’ensemble de la population de langue française. Version texte ci-dessous.
Version texte : Proportion des immigrants de langue française au sein de l’ensemble de la population de langue française
Régions métropolitaines 1991 1996 2001 2006 2011
Moncton 1,5 % 1,7 % 1,8 % 2,4 % 2,6 %
Ottawa 7,5 % 8,7 % 10,9 % 12,0 % 15,0 %
Toronto 31,4 % 36,2 % 40,3 % 42,7 % 43,2 %
Winnipeg 4,6 % 4,6 % 5,1 % 6,4 % 10,3 %
Calgary 15,7 % 17,5 % 19,3 % 21,1 % 26,5 %
Vancouver 25,7 % 31,5 % 33,4 % 35,2 % 36,6 %

Sources : Statistique Canada, les recensements de 1991 à 2006 et Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Panel B : Proportion des immigrants de langue française au sein de l’ensemble de la population des immigrants
Figure de la proportion des immigrants de langue française au sein de l’ensemble de la population des immigrants. Version texte ci-dessous.
Version texte : Proportion des immigrants de langue française au sein de l’ensemble de la population des immigrants
Régions métropolitaines 1991 1996 2001 2006 2011
Moncton 15,3 % 16,6 % 21,4 % 24,3 % 19,7 %
Ottawa 8,1 % 8,5 % 9,5 % 10,3 % 11,3 %
Toronto 1,4 % 1,4 % 1,6 % 1,6 % 1,6 %
Winnipeg 1,3 % 1,2 % 1,3 % 1,5 % 1,8 %
Calgary 1,2 % 1,3 % 1,5 % 1,5 % 1,8 %
Vancouver 1,3 % 1,4 % 1,4 % 1,3 % 1,3 %

Sources : Statistique Canada, les recensements de 1991 à 2006 et Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

1.3 Répartition dans quatre régions métropolitaines de recensement (RMR)

L’effectif et la proportion de la population francophone dans les provinces et les territoires hors Québec varient grandement d’une région à l’autre et d’une RMR à l’autre. La localisation des francophones nés au pays et des immigrants francophones ne coïncide pas nécessairement sur un territoire donné. Les immigrants francophones tendent à s’établir aux mêmes endroits que la majorité des autres immigrants, et pas nécessairement là où se trouvent les plus importantes concentrations de francophones nés au pays. Ainsi, près des trois quarts (74,3 %) des immigrants francophones habitent dans les cinq plus grandes régions métropolitaines de recensement à l’extérieur du Québec – Toronto, Vancouver, Calgary, Edmonton et Ottawa.

Que se passe-t-il à un niveau géographique plus fin? Dans les grandes villes, les immigrants francophones s’établissent-ils dans les mêmes quartiers que la population native francophone? Quatre régions métropolitaines comptant à la fois une importante population native francophone et immigrante francophone ont été sélectionnées afin d’examiner la répartition en leur sein de la population francophone. Ces RMR sont Ottawa (côté Ontario seulement), Toronto, Winnipeg et Vancouver. Pour chacune de ces quatre RMR, deux cartes ont été produites à l’échelle des secteurs de recensement, l’une indiquant la répartition sur le territoire de la population francophone née au Canada, l’autre présentant la répartition des immigrants francophones.

Selon le dictionnaire du Recensement de 2011, « les secteurs de recensement (SR) sont de petites régions géographiques relativement stables qui comptent habituellement entre 2 500 et 8 000 habitants. Ils sont créés au sein de régions métropolitaines de recensement et d’agglomérations de recensement dont le noyau urbain compte 50 000 habitants ou plus d’après le recensement précédent ». Les SR suivent le plus possible des traits physiques permanents et facilement reconnaissables comme des rivières et des rues, ils sont le plus homogène possible sur le plan des caractéristiques socio-économiques et ont une forme aussi compacte que possible. Toronto compte 1 076 SR, tandis qu’Ottawa (côté Ontario) en comprend 201, Winnipeg 170 et Vancouver 453.

La représentation choisie de la répartition de la population selon les secteurs de recensement est la suivante. La population de chaque groupe de francophones (nés au Canada ou immigrants) dans chaque SR et dans chaque RMR a été divisée par la population totale du groupe vivant dans la RMR, et le résultat est multipliée par 100 de telle sorte que la somme de tous les SR d’un même groupe au sein d’une même RMR donne 100 %. Les pourcentages ont été regroupés en quatre intervalles qui sont spécifiques à chaque RMR. Sur les cartes, plus la couleur est foncée, plus le nombre de francophones vivant dans la SR est élevé. Dans la légende des cartes, en plus de retrouver l’échelle utilisée, on a également indiqué le nombre de SR ainsi que le pourcentage de la population totale correspondant à chaque intervalle de l’échelle.

Deux cartes sont présentées pour chaque RMR. La première porte sur la répartition de la population francophone née au pays alors que la seconde présente la répartition des immigrants francophones. Les cartes sont numérotées de la carte 1.1 à la carte 1.8. Les deux premières cartes (cartes 1.1 et 1.2) portent sur Ottawa. La comparaison des deux cartes montre que les natifs francophones se concentrent principalement à l’est de la RMR, depuis Vanier jusqu’à Rockland à l’est et Embrun au sud-est. Les immigrants francophones habitent essentiellement dans les zones plus densément peuplées, et très peu ont choisi les banlieues les plus éloignées du centre.

Toronto présente une situation similaire à celle d’Ottawa (cartes 1.3 et 1.4). Une part importante des natifs francophones habitant la métropole canadienne vivent dans les banlieues éloignées de la ville, vers Acton, Orangeville et Newmarket. On constate d’autres concentrations à Oakville, Mississauga et Brampton au sud, et à Pickering et Ajax au nord. Quant à la population francophone immigrante, elle réside essentiellement à Toronto même, ainsi qu’à Mississauga et à Brampton.

À Winnipeg, les natifs francophones se concentrent en grande partie à St-Boniface, du côté est de la rivière Rouge, ainsi que dans la banlieue sud de la RMR, vers St-Norbert. Les immigrants sont plus dispersés, bien qu’ils aient tendance à se retrouver dans les secteurs les plus densément peuplés (cartes 1.5 et 1.6).

Vancouver se distingue d’Ottawa, de Toronto et de Winnipeg. En effet, contrairement à ces trois villes, la répartition des deux groupes de francophones semble assez similaire à Vancouver (cartes 1.7 et 1.8). On note cependant que les natifs se répartissent en proportion plus importante que les immigrants du côté sud-est de la ville, vers Coquitlam, Surrey et surtout vers Langley et les secteurs environnants. Les immigrants sont plus concentrés du côté de North et West Vancouver, de même qu’à Vancouver même.

En conclusion, l’examen des formes d’occupation des quatre zones urbaines étudiées révèle que les natifs francophones tendent à s’établir davantage dans les banlieues éloignées que les immigrants, ce qui pourrait traduire un peuplement plus ancien de la part des natifs. Les natifs francophones ont tendance à former des grappes de peuplement à Ottawa et à Winnipeg. Les francophones nés au Canada vivant à Toronto et Vancouver sont davantage répartis sur l’ensemble du territoire de la RMR.

Les immigrants francophones habitent principalement les secteurs les plus densément peuplés des villes. De ce point de vue, seule Vancouver se démarque des trois autres centres urbains en ce que les immigrants occupent aussi les banlieues éloignées.

En résumé, la population immigrée francophone vivant à l’extérieur du Québec est relativement peu importante, tant en nombre absolu que par rapport à l’ensemble de la population de langue française ou par rapport à l’ensemble de la population immigrée. Le poids relatif de la population immigrée francophone au sein de l’ensemble de la population de langue française s’est toutefois accru, passant de 6,2 % à 11,7 % entre 1991 et 2011, alors que son poids au sein de l’ensemble de la population immigrée a connu une variation plus modérée, se situant à 2 % en 2011.

C’est en Ontario où se concentrent la majorité des immigrants francophones à l’extérieur du Québec, soit 67,5 % d’entre eux. Par ailleurs, les trois quarts des immigrants de langue française vivent dans trois agglomérations urbaines, soit Toronto, Ottawa et Vancouver.

On a constaté que la population immigrée francophone à l’extérieur du Québec est constituée de deux groupes : ceux qui ont le français uniquement comme première langue officielle parlée (les immigrants de PLOP français) et ceux qui se voient attribuer le français et l’anglais comme PLOP (les immigrants de PLOP français-anglais). Les immigrants de PLOP français-anglais, au nombre de 79 400 en 2011, sont légèrement plus nombreux que les immigrants de PLOP français, dont l’effectif est de 74 500. Dans certaines villes, notamment Toronto, Vancouver et Calgary, cette supériorité en nombre des premiers est plus marquée. Comme on le constatera dans les prochaines sections, ces deux groupes de PLOP ont des caractéristiques démographiques et socioéconomiques qui sont parfois très contrastées.

Carte 1.1 : Répartition en pourcentage de la population francophone née au Canada dans la RMR d’Ottawa selon les secteurs de recensement, 2011

Carte de la répartition en pourcentage de la population francophone née au Canada dans la RMR d’Ottawa selon les secteurs de recensement, 2011. Version texte ci-dessous.
Version texte : Répartition en pourcentage de la population francophone née au Canada dans la RMR d’Ottawa selon les secteurs de recensement, 2011

La carte représente 201 secteurs de recensement. La carte illustre la répartition de la population selon une échelle constituée de quatre catégories.

Il y a 26 secteurs de recensement, représentant 42,8 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 1 % et 2,96 % de la population.

Il y a 32 secteurs de recensement, représentant 22,4 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,5 % et 1 % de la population.

Il y a 57 secteurs de recensement, représentant 19,3 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,25 % et 0,5 % de la population.

Il y a 86 secteurs de recensement, représentant 15,5 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0 % et 0,25 % de la population.

Les zones de plus forte concentration de la population francophone née au Canada se trouvent dans le quartier de Vanier et dans la partie est de la RMR, comme Orléans, Rockland et Embrun.

Source(s) : Statistique Canada, Recensement de 2011.

Carte 1.2 : Répartition en pourcentage de la population francophone immigrante dans la RMR d’Ottawa selon les secteurs de recensement, 2011

Carte de la répartition en pourcentage de la population francophone immigrante dans la RMR d’Ottawa selon les secteurs de recensement, 2011. Version texte ci-dessous.
Version texte : Répartition en pourcentage de la population francophone immigrante dans la RMR d’Ottawa selon les secteurs de recensement, 2011

La carte représente 201 secteurs de recensement. La carte illustre la répartition de la population selon une échelle constituée de quatre catégories.

Il y a 25 secteurs de recensement, représentant 36 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 1 % et 3,71 % de la population.

Il y a 53 secteurs de recensement, représentant 37,2 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,5 % et 1 % de la population.

Il y a 49 secteurs de recensement, représentant 18,3 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,25 % et 0,5 % de la population.

Il y a 74 secteurs de recensement, représentant 8,6 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0 % et 0,25 % de la population.

Les zones de plus forte concentration de la population francophone immigrante se trouvent à Ottawa même dans les parties les plus densément peuplées, incluant Vanier, à Kanata, Orléans et Cumberland.

Source(s) : Statistique Canada, Recensement de 2011.

Carte 1.3 : Répartition en pourcentage de la population francophone née au Canada dans la RMR de Toronto selon les secteurs de recensement, 2011

Carte de la répartition en pourcentage de la population francophone née au Canada dans la RMR de Toronto selon les secteurs de recensement, 2011. Version texte ci-dessous.
Version texte : Répartition en pourcentage de la population francophone née au Canada dans la RMR de Toronto selon les secteurs de recensement, 2011

La carte représente 1 076 secteurs de recensement. La carte illustre la répartition de la population selon une échelle constituée de quatre catégories.

Il y a 215 secteurs de recensement, représentant 43,2 % de la population francophone née au Canada, qui comptent en 0,15 % et 0,9 % de la population.

Il y a 205 secteurs de recensement, représentant 23,6 % de la population francophone née au Canada, qui comptent en 0,1 % et 0,15 % de la population.

Il y a 343 secteurs de recensement, représentant 24,2 % de la population francophone née au Canada, qui comptent en 0,05 % et 0,1 % de la population.

Il y a 313 secteurs de recensement, représentant 8,9 % de la population francophone née au Canada, qui comptent en 0 % et 0,05 % de la population.

Les zones de plus forte concentration de la population francophone née au Canada se trouvent dans les zones ceinturant la ville de Toronto : Mississauga, Oakville, Brampton, Acton, Orangeville, Newmarket et Pickering.

Source(s) : Statistique Canada, Recensement de 2011.

Carte 1.4 : Répartition en pourcentage de la population francophone immigrante dans la RMR de Toronto selon les secteurs de recensement, 2011

Carte de la répartition en pourcentage de la population francophone immigrante dans la RMR de Toronto selon les secteurs de recensement, 2011. Version texte ci-dessous.
Version texte : Répartition en pourcentage de la population francophone immigrante dans la RMR de Toronto selon les secteurs de recensement, 2011

La carte représente 1 076 secteurs de recensement. La carte illustre la répartition de la population selon une échelle constituée de quatre catégories.

Il y a 210 secteurs de recensement, représentant 46,4 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,15 % et 0,65 % de la population.

Il y a 210 secteurs de recensement, représentant 24,1 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,1 % et 0,15 % de la population.

Il y a 288 secteurs de recensement, représentant 19,7 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,05 % et 0,1 % de la population.

Il y a 368 secteurs de recensement, représentant 9,8 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0 % et 0,05 % de la population.

Les zones de plus forte concentration de la population francophone immigrante se situent dans la partie centrale de la RMR, Toronto, Mississauga, Brampton et Newmarket.

Source(s) : Statistique Canada, Recensement de 2011.

Carte 1.5 : Répartition en pourcentage de la population francophone née au Canada dans la RMR de Winnipeg selon les secteurs de recensement, 2011

Carte de la répartition en pourcentage de la population francophone née au Canada dans la RMR de Winnipeg selon les secteurs de recensement, 2011. Version texte ci-dessous.
Version texte : Répartition en pourcentage de la population francophone née au Canada dans la RMR de Winnipeg selon les secteurs de recensement, 2011

La carte représente 167 secteurs de recensement. La carte illustre la répartition de la population selon une échelle constituée de quatre catégories.

Il y a 28 secteurs de recensement, représentant 63,1 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 1 % et 6,57 % de la population.

Il y a 19 secteurs de recensement, représentant 11,7 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,5 % et 1 % de la population.

Il y a 45 secteurs de recensement, représentant 15,9 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,25 % et 0,5 % de la population.

Il y a 75 secteurs de recensement, représentant 11,1 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0 % et 0,25 % de la population.

Les zones de plus forte concentration de la population francophone née au Canada se trouvent à l'est de la rivière Rouge comme à St-Boniface et dans la partie sud, comme à St-Norbert.

Source(s) : Statistique Canada, Recensement de 2011.

Carte 1.6 : Répartition en pourcentage de la population francophone immigrante dans la RMR de Winnipeg selon les secteurs de recensement, 2011

Carte de la répartition en pourcentage de la population francophone immigrante dans la RMR de Winnipeg selon les secteurs de recensement, 2011. Version texte ci-dessous.
Version texte : Répartition en pourcentage de la population francophone immigrante dans la RMR de Winnipeg selon les secteurs de recensement, 2011

La carte représente 170 secteurs de recensement. La carte illustre la répartition de la population selon une échelle constituée de quatre catégories.

Il y a 37 secteurs de recensement, représentant 67,3 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 1 % et 4,53 % de la population.

Il y a 23 secteurs de recensement, représentant 16,7 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,5 % et 1 % de la population.

Il y a 33 secteurs de recensement, représentant 11,9 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,25 % et 0,5 % de la population.

Il y a 77 secteurs de recensement, représentant 4,3 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0 % et 0,25 % de la population.

Les zones de plus forte concentration de la population francophone immigrante se trouvent de chaque côté de la rivière Rouge qui traverse la RMR du sud au nord, dont St-Boniface, Fort Richmond vers le sud et River East vers le nord.

Source(s) : Statistique Canada, Recensement de 2011.

Carte 1.7 : Répartition en pourcentage de la population francophone née au Canada dans la RMR de Vancouver selon les secteurs de recensement, 2011

Carte de la répartition en pourcentage de la population francophone née au Canada dans la RMR de Vancouver selon les secteurs de recensement, 2011. Version texte ci-dessous.
Version texte : Répartition en pourcentage de la population francophone née au Canada dans la RMR de Vancouver selon les secteurs de recensement, 2011

La carte représente 453 secteurs de recensement. La carte illustre la répartition de la population selon une échelle constituée de quatre catégories.

Il y a 35 secteurs de recensement, représentant 21,9 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,5 % et 1,22 % de la population.

Il y a 173 secteurs de recensement, représentant 53 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,2 % et 0,5 % de la population.

Il y a 123 secteurs de recensement, représentant 18,1 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,1 % et 0,2 % de la population.

Il y a 122 secteurs de recensement, représentant 7 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0 % et 0,1 % de la population.

Les zones de plus forte concentration de la population francophone née au Canada se trouvent dans un axe allant de North Vancouver à l'ouest à Langley à l'est en passant par Surrey.

Source(s) : Statistique Canada, Recensement de 2011.

Carte 1.8 : Répartition en pourcentage de la population francophone immigrante dans la RMR de Vancouver selon les secteurs de recensement, 2011

Carte de la répartition en pourcentage de la population francophone immigrante dans la RMR de Vancouver selon les secteurs de recensement, 2011. Version texte ci-dessous.
Version texte : Répartition en pourcentage de la population francophone immigrante dans la RMR de Vancouver selon les secteurs de recensement, 2011

La carte représente 453 secteurs de recensement. La carte illustre la répartition de la population selon une échelle constituée de quatre catégories.

Il y a 53 secteurs de recensement, représentant 35,6 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,5 % et 1,24 % de la population.

Il y a 135 secteurs de recensement, représentant 42,6 % de la population francophone née au Canada, qui comptent entre 0,2 % et 0,5 % de la population.

Il y a 110 secteurs de recensement, représentant 13,2 % de la population francophone née au Canada, qui comptent en 0,1 % et 0,2 % de la population.

Il y a 155 secteurs de recensement, représentant 8,5 % de la population francophone née au Canada, qui comptent en 0 % et 0,1 % de la population.

Les zones de plus forte concentration de la population francophone immigrante se trouvent à North Vancouver et à Vancouver même jusqu'à Coquitlam.

Source(s) : Statistique Canada, Recensement de 2011.

2 Les origines géographiques des immigrants de langue française

D’où proviennent les immigrants de langue française et y a-t-il eu un changement des pays sources d’immigration au cours des dernières années? Par origine géographique, on entend le lieu de naissance (un pays, un ensemble géographique, un continent) puisque le pays de naissance est la seule information sur les origines des immigrants que fournissent les recensements et l’Enquête nationale auprès des ménages. On s’intéresse ici à trois thèmes : les origines comme telles, soit le pays ou la région de naissance des immigrants, l’identification aux groupes dits de minorités visibles et la période d’obtention de la résidence permanente (période présumée d’arrivée au Canada).

2.1 Pays et région de naissance

L’origine géographique des immigrants a grandement changé au cours des dernières décennies alors que les nouvelles vagues d’immigrants originaires d’Asie et d’Afrique ont peu à peu remplacé celles d’origine européenne. Cette tendance vaut pour les groupes d’immigrants définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) français ou anglais. La population immigrée dont la première langue officielle parlée est le français seulement (PLOP français) se démarque toutefois du fait qu’un même ensemble de pays, la France en tête, a alimenté ce groupe linguistique tant en 1991 qu’en 2011 (tableau 2.1). Au cours de cette période, se sont les huit mêmes pays qui se sont classés parmi les dix pays contribuant le plus à la population immigrée dont le français est la première langue officielle. En plus de la France, on retrouve Haïti, les États-UnisNote de bas de page 4, l’île Maurice, le Maroc, la Belgique, le Liban et l’Égypte. En 1991, l’Italie et la Suisse faisaient partie de ce groupe de pays, mais ont été remplacés par la République Démocratique du Congo (ancien Zaïre) et l’Algérie en 2011.

Chez les immigrants de double langue officielle parlée (PLOP français-anglais), cinq des dix plus importants pays d’origine se situaient en Europe en 1991 (Italie, Pologne, Portugal, Allemagne de l’Ouest et Roumanie), ce qui était toujours le cas de quatre d’entre eux 20 ans plus tard. Alors que la Roumanie occupait le septième rang en 1991, elle se classait au tout premier rang en 2011 avec 6 300 immigrants de PLOP français-anglais. De nouveaux et grands pays sources d’immigration comme la République populaire de Chine et l’Inde se sont ajoutés au groupe des dix pays en importance. Les origines géographiques des autres immigrants (non francophones) se sont aussi modifiées entre les Recensements de 1991 et de l’ENM de 2011. En 1991, les quatre premiers pays sources étaient le Royaume-Uni, l’Italie, les États-Unis et l’Allemagne réunifiée, mais en 2011 la République populaire de Chine, l’Inde et les Philippines figuraient dans le peloton de tête avec le Royaume-Uni.

Une autre caractéristique des origines géographiques des immigrants de langue française est que les dix premiers pays contributeurs représentent une part importante de l’ensemble des immigrants de ce groupe linguistique. Ainsi, en 2011, les deux tiers de ces immigrants provenaient de ces dix pays, comparativement à 77 % en 1991. Cette baisse du poids relatif des dix premiers pays d’immigration par rapport à l’ensemble des pays sources d’immigration s’explique par la diversification croissante des origines des nouveaux immigrants en provenance du Moyen-Orient, d’Afrique et de l’Amérique latine. Cette tendance s’observe chez les deux autres groupes linguistiques où l’apport des pays de l’Asie est nettement plus important. En 2011, 54 % des immigrants non francophones provenaient des dix plus importants pays sources d’immigration, comparativement à 60 % en 1991. Chez les immigrants de PLOP français-anglais, ces pourcentages étaient respectivement de 40 % et 56 %

Tableau 2.1 : Effectifs des immigrants selon les dix principaux pays de naissance et la première langue officielle parlée, et pourcentage de la population que représentent les dix principaux pays par rapport à l’ensemble des immigrants de chaque groupe, Canada moins le Québec, 1991 et 2011

Français (1991)
Pays Population
FranceTableau 2.1 note * 11 225
États-Unis 4 230
Belgique 2 700
Haïti 2 225
Liban 1 740
Maurice 1 665
Maroc 1 640
Égypte 1 450
Italie 1 250
Suisse 1 235
10 premiers pays par rapport à l’ensemble des immigrants 76,8 %
Français (2011)
Pays Population
FranceTableau 2.1 note * 16 050
Haïti 7 220
Rép. Dém. Congo 6 380
Maurice 3 980
États-Unis 3 630
Maroc 3 515
Liban 2 555
Belgique 2 340
Algérie 2 025
Égypte 1 905
10 premiers pays par rapport à l’ensemble des immigrants 66,6 %
Français et anglais (1991)
Pays Population
Liban 4 045
Italie 3 780
Pologne 3 095
Portugal 2 930
Vietnam 2 535
Allemagne (RFA) 1 830
Roumanie 1 780
Hong Kong 1 605
Iran 1 485
Égypte 1 165
10 premiers pays par rapport à l’ensemble des immigrants 56,3 %
Français et anglais (2011)
Pays Population
Roumanie 6 365
Chine (Rép. pop.) 4 520
Liban 4 360
Iran 3 235
Inde 3 125
Colombie 2 310
Russie 2 075
Vietnam 2 065
Italie 1 945
Pologne 1 940
10 premiers pays par rapport à l’ensemble des immigrants 40,2 %
Autre (1991)
Pays Population
Royaume-Uni 691 360
Italie 267 895
États-Unis 216 790
Allemagne (RFA) 165 305
Inde 163 090
Pologne 162 240
Chine (Rép. pop.) 146 275
Hong Kong 145 700
Portugal 133 325
Pays-Bas 125 390
10 premiers pays par rapport à l’ensemble des immigrants 60,4 %
Autre (2011)
Pays Population
Inde 527 455
Royaume-Uni 521 745
Chine (Rép. pop.) 496 725
Philippines 430 690
États-Unis 232 375
Hong Kong 199 070
Italie 196 295
Pakistan 146 240
Allemagne  139 505
Pologne 138 375
10 premiers pays par rapport à l’ensemble des immigrants 53,6 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Sources : Statistique Canada, Recensement de 1991 et Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Un examen attentif du tableau 2.1 révèle que les immigrants ayant le français comme PLOP sont originaires de pays où la langue française y est soit la seule langue officielle du pays (France), soit l’une des langues officielles (Haïti, Belgique, Suisse), ou proviennent de pays où l’on compte des locuteurs du français en raison, notamment, de l’histoire coloniale de la France et de la Belgique (Maurice, Maroc, République démocratique du Congo, Liban et Algérie). L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) classe ses pays membres en deux grandes catégories : ceux dont le français est la langue officielle (seul ou avec d’autres langues) et ceux où l’on compte un certain nombre de locuteurs de la langue française. Au total, l’OIF compte une cinquantaine d’États dans ses rangs, dont le Canada. Pour l’analyse par ensemble géographique d’origine qui suit, on a ajouté à ces deux groupes les pays de langue romane non francophones, car la connaissance d’une langue romane (italien, espagnol, portugais…) tend à faciliter l’apprentissage du français, aussi une langue romane. La liste des pays inclus dans chacun de ces trois groupes apparaît à l’annexe B.

Les immigrants francophones (de PLOP français) proviennent, dans une proportion de 58 %, de pays où le français est langue officielle (figure 2.1). Cette proportion s’est accrue de façon constante entre 1991 et 2011. Un peu moins de 25 % d’entre eux sont originaires de pays où la langue française est présente, et un pourcentage plus réduit (moins de 10 %) de pays de langue romane (autre que le français). En fait, la distribution de la population immigrante en fonction d’ensembles géographiques d’origine définis d’après le statut du français dans le pays (avec distinction des pays de langue romane autres que le français) a peu varié entre 1991 et 2011. La période entre 2006 et 2011 fait cependant exception puisqu’on y a observé une hausse de plus de cinq points de pourcentage des immigrants originaires de pays où le français est langue officielle, tandis que les trois autres groupes ont connu une baisse en pourcentage. Environ 50 % des immigrants de double langue officielle (PLOP français-anglais) proviennent de pays où le français n’a aucun statut et où la langue officielle n’est pas l’une des langues romanes autres que le français. Par contre, les immigrants originaires de pays où le français est présent (mais sans statut officiel) formaient 30 % du groupe de PLOP français-anglais entre 1991 et 2011, tandis que 17 % provenaient de pays de langue romane, un pourcentage en décroissance durant la période considérée, sauf entre 2006 et 2011 où l’on note une légère hausse. Les immigrants non francophones sont majoritairement issus de pays non francophones et non latins. Moins d’un pourcent d’entre eux sont originaires de pays où le français est langue officielle, et 7 % d’un pays où le français est présent.

Comme déjà mentionné, la principale évolution observée au cours des dernières décennies a consisté en une réduction appréciable de la part des immigrants nés sur le continent européen. Cette tendance prévaut chez les trois groupes d’immigrants définis selon la première langue officielle parlée. Pour chacun des trois groupes, le poids relatif des immigrants européens a reculé entre 1991 et 2011, passant d’environ 50 % à moins de 35 % (graphiques 2.2-a, b, c).

Tant les immigrants de PLOP français-anglais que les immigrants non francophones ont connu des évolutions marquées par une augmentation soutenue de la part des immigrants d’Asie et du Pacifique (de 20 % à près de 50 %) et par une hausse légère des immigrants originaires des Amériques et d’Afrique (environ 20 % de l’ensemble des immigrants en 2011). La sous-population des immigrants de PLOP français se distingue des autres sous-populations. Bien sûr, le poids des Européens a diminué, mais cette diminution s’est produite principalement au profit des immigrants originaires d’Afrique. En 1991, les Africains représentaient 20 % de l’ensemble des immigrants de langue française, un pourcentage qui s’est accru de façon continue pour se situer à près de 40 % en 2011, soit six points de pourcentage de plus qu’au moment du Recensement de 2006. Durant la même période, les immigrants d’Asie et du Pacifique, ainsi que ceux des Amériques ont vu leur part relative décroître légèrement.

Figure 2.1 : Distribution en pourcentage des immigrants définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) par ensemble géographique d’origine, Canada moins le Québec, 1991 à 2011

Immigrants PLOP français
Figure des immigrants PLOP français. Version texte ci-dessous.
Version texte : Immigrants PLOP français
Catégorie 1991 1996 2001 2006 2011
Pays où le français est langue officielle 48 % 48 % 50 % 52 % 58 %
Pays où le français est présent 23 % 23 % 23 % 23 % 23 %
Pays de langue romane 7 % 7 % 6 % 6 % 5 %
Autres pays 22 % 22 % 20 % 18 % 15 %
Immigrants PLOP français-anglais
Figure des immigrants PLOP français-anglais. Version texte ci-dessous.
Version texte : Immigrants PLOP français-anglais
Catégorie 1991 1996 2001 2006 2011
Pays où le français est langue officielle 4 % 4 % 4 % 4 % 6 %
Pays où le français est présent 28 % 29 % 29 % 29 % 28 %
Pays de langue romane 24 % 19 % 16 % 15 % 17 %
Autres pays 44 % 48 % 51 % 51 % 49 %
Autre immigrants
Figure des autre immigrants. Version texte ci-dessous.
Version texte : Autre immigrants
Catégorie 1991 1996 2001 2006 2011
Pays où le français est langue officielle 1 % 1 % 1 % 1 % 1 %
Pays où le français est présent 7 % 7 % 7 % 7 % 7 %
Pays de langue romane 15 % 13 % 12 % 11 % 10 %
Autres pays 78 % 79 % 80 % 81 % 82 %

La catégorie « langue officielle parlée autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Sources : Statistique Canada, Recensements de 1991 à 2006 et Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Figure 2.2 : Distribution en pourcentage des immigrants définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) par continent d’origine, Canada moins le Québec, 1991 à 2011

Immigrants PLOP français
Figure des immigrants PLOP français. Version texte ci-dessous.
Version texte : Immigrants PLOP français
Continent 1991 1996 2001 2006 2011
Amériques 19 % 19 % 17 % 17 % 17 %
Europe 52 % 48 % 44 % 39 % 34 %
Afrique 18 % 21 % 27 % 33 % 40 %
Asie et Pacifique 10 % 11 % 12 % 11 % 9 %
Immigrants PLOP français-anglais
Figure des immigrants PLOP français-anglais. Version texte ci-dessous.
Version texte : Immigrants PLOP français-anglais
Continent 1991 1996 2001 2006 2011
Amériques 8 % 9 % 8 % 10 % 14 %
Europe 49 % 44 % 43 % 39 % 33 %
Afrique 8 % 11 % 10 % 11 % 14 %
Asie et Pacifique 35 % 36 % 39 % 40 % 39 %
Autre immigrants
Figure des autre immigrants. Version texte ci-dessous.
Version texte : Autre immigrants
Continent 1991 1996 2001 2006 2011
Amériques 15 % 15 % 15 % 14 % 14 %
Europe 55 % 48 % 42 % 37 % 31 %
Afrique 3 % 4 % 4 % 4 % 5 %
Asie et Pacifique 26 % 34 % 39 % 44 % 49 %

La catégorie « langue officielle parlée autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Sources : Statistique Canada, Recensements de 1991 à 2006 et Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

2.2 Groupes de minorité visible

La croissance soutenue de la population immigrée originaire d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes a eu pour conséquence d’augmenter la part des immigrants désignés comme faisant partie des minorités dites visibles. Les immigrants de PLOP français et de PLOP français-anglais ne font pas exception à cette tendance (tableau 2.2). Parmi les 74 500 immigrants de PLOP français en 2011, plus de la moitié (55 %) sont classifiées comme faisant partie d’une minorité visible. Parmi ce groupe, la majorité « s’identifie » au groupe des Noirs, lequel constitue 34 % de l’ensemble des immigrants de PLOP français, comparativement à 26 % en 2006. Les autres groupes de minorités visibles représentaient chacun moins de 3 % de l’effectif total en 2011, à l’exception du groupe arabe qui représentait 8 % de la population immigrante de PLOP français classifiée comme minorité visible en 2011.

Les Noirs sont beaucoup moins nombreux au sein du groupe de PLOP français-anglais (6,7 %), mais on y compte davantage d’Asiatiques, en particulier de l’Asie de l’Est (Chine, Corée, Japon) et de l’Asie du Sud (Inde, Pakistan…). Au total, 30,5 % des immigrants de PLOP français-anglais appartenaient à un groupe de minorités visibles d’origine asiatique comparativement à moins de 9 % chez les immigrants de PLOP français.

Chez les immigrants non francophones, le poids des minorités dites visibles d’origine asiatique est encore plus important, se situant à 47 %, dont de larges effectifs originaires d’Asie de l’Est et du Sud. En revanche, les Noirs ne représentaient que 6 % de ce groupe. On note également que les membres non classifiés comme minorités visibles sont légèrement minoritaires chez les trois groupes d’immigrants.

Tableau 2.2 : Effectif et distribution de la population immigrante selon le groupe de minorité visible au sein de chacun des trois groupes d’immigrants définis selon la première langue officielle parlée (PLOP), Canada moins le Québec, 2011

Minorité visible Français (milliers) Français (%) Français et anglais (milliers) Français et anglais (%) Autre (milliers) Autre (%)
Asiatiques de l’EstTableau 2.2 note * 2,3 3,1 % 8,9 11,2 % 983,1 17,4 %
Asiatiques du Sud 2,3 3,1 % 8,1 10,1 % 985,3 17,4 %
Asiatiques du Sud-Est 1,3 1,7 % 3,2 4,1 % 561,4 9,9 %
Asiatiques de l'Ouest 0,5 0,7 % 4,1 5,1 % 142,2 2,5 %
Arabes 6,0 8,0 % 7,9 9,9 % 126,6 2,2 %
Noirs 25,0 33,6 % 5,3 6,7 % 333,8 5,9 %
Latino-américains 1,2 1,7 % 7,1 9,0 % 181,6 3,2 %
Autres minorités visibles 2,3 3,0 % 1,2 1,5 % 133,0 2,4 %
Pas une minorité visible 33,6 45,1 % 33,6 42,3 % 2 199,9 39,0 %

La catégorie « Autre »inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

On observe des différences notables dans la répartition géographique des immigrants francophones au Canada selon la composition de la population par groupes de minorités dites visibles. Les graphiques 2.3-a et b illustrent ces différences pour cinq grandes régions et quelques centres urbains. On a regroupé les catégories de minorités visibles en quatre ensembles : les Noirs, les Asiatiques, les autres minorités visibles et le groupe des personnes qui sont classifiées comme n’appartenant pas à une minorité visible. C’est dans la région de l’Atlantique où le poids relatif des minorités dites visibles est le moins important parmi les cinq régions présentées au figure 2.3-a, celles-ci ne constituant que 34 % de l’ensemble de la population immigrée de langue française. À l’inverse, en Ontario, en Alberta et dans les deux provinces des prairies, les membres des minorités visibles forment 60 % des immigrants de première langue officielle française, tandis qu’en Colombie-Britannique, leur poids relatif est de 42 %. À l’exception de cette dernière province, la proportion de minorités visibles s’est accrue de façon notable depuis 2006, soit d’environ dix points de pourcentage.

La part relative des Noirs dépasse 25 % de la population des immigrants francophones en Ontario, dans les prairies et en Alberta. En Atlantique, elle est légèrement supérieure à 15 % et n’est que de 6 % en Colombie-Britannique. Dans cette dernière province, les minorités visibles sont surtout d’origine asiatique (25 % de l’ensemble des immigrants francophones, mais les deux tiers de la population de minorités visibles), ce qui concorde avec le portrait général de l’immigration dans cette province, en grande partie originaire d’Asie. Dans les autres régions, les Noirs représentent entre 45 % et plus de 60 % des immigrants de langue française classifiés comme minorités visibles.

La part de la population immigrée de langue française appartenant à une minorité visible varie également de façon importante selon la région métropolitaine (figure 2.3-b). C’est à Ottawa où le poids des minorités visibles est le plus important, soit plus de 73 % de la population immigrante francophone. À Moncton, Toronto, Winnipeg, Calgary et Vancouver, leur part relative oscille entre 50 % et un peu plus de 60 %. La population immigrée de langue française de la région métropolitaine d’Ottawa (côté Ontario seulement) compte une forte proportion de Noirs (47 %), bien supérieure à celle des autres villes (6 % à Vancouver ; 37 % à Moncton). Toronto et Vancouver se distinguent par leur fort pourcentage de minorités visibles d’origine asiatique (23 % et 30 % respectivement).

Dans l’ensemble, on observe un accroissement d’immigrants francophones appartenant à une minorité visible entre 2006 et 2011, en particulier des Noirs, dans la plupart des régions et régions métropolitaines de recensement.

Figure 2.3 : Distribution en pourcentage des immigrants de langue française (après redistribution de la catégorie français-anglais) selon la minorité visible, Canada moins le Québec, 2011

Panel A : Grandes régions du Canada
Figure des grandes régions du Canada. Version texte ci-dessous.
Version texte : Grandes régions du Canada
Catégorie Atlantique Ontario Prairies Alberta Colombie-Britannique
Noirs 17 % 27 % 38 % 28 % 6 %
Asiatiques 4 % 16 % 12 % 15 % 25 %
Autres minorités visibles 13 % 16 % 11 % 19 % 12 %
Pas une minorité visible 66 % 41 % 39 % 38 % 58 %

La région de l'Atlantique comprend les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick.

La région des Prairies comprend les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan.

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Panel B : Quelques régions métropolitaines de recensement
Figure de quelques régions métropolitaines de recensement. Version texte ci-dessous.
Version texte : Quelques régions métropolitaines de recensement
Catégorie Moncton Ottawa Totonto Winnipeg Calgary Vancouver Reste du pays
Noirs 37 % 47 % 18 % 42 % 21 % 6 % 21 %
Asiatiques 6 % 8 % 23 % 9 % 16 % 30 % 10 %
Autres minorités visibles 15 % 18 % 15 % 13 % 21 % 13 % 14 %
Pas une minorité visible 42 % 27 % 44 % 36 % 41 % 50 % 56 %

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

2.3 Période d’obtention de la résidence permanente

Les immigrants de PLOP français se distinguent peu des deux autres groupes d’immigrants en ce qui a trait à la période d’immigration (obtention de la résidence permanente) au Canada. Ils ont en effet tendance à être arrivés un peu plus tôt que les immigrants non francophones, mais plus tard que ceux ayant le français et l’anglais comme PLOP (tableau 2.3). Parmi ce dernier groupe, près de la moitié (45 %) a obtenu la résidence permanente entre 2001 et 2011, comparativement à 40,5 % pour les immigrants de PLOP français et 30 % dans le cas des autres immigrants. L’une des raisons qui expliquent la situation particulière des immigrants de PLOP français-anglais à cet égard est la part importante des Roumains dans la composition de ce groupe, l’immigration en provenance de la Roumanie s’étant accélérée depuis la chute du régime communiste à la fin de 1989. Une autre raison tient à la structure par âge particulière de ce groupe, laquelle est caractérisée par une population beaucoup plus jeune que celle des deux autres groupes d’immigrants.Note de bas de page 5

Tableau 2.3 : Distribution de la population immigrée selon la période d’immigration et la première langue officielle parlée (PLOP), Canada moins le Québec, 2011

Période d'immigration Français Français et anglais Autre
2006 à 2011 24,8 % 22,2 % 16,0 %
2001 à 2005 15,8 % 22,6 % 14,3 %
1996 à 2000 10,9 % 16,4 % 11,8 %
1986 à 1995 15,6 % 21,1 % 20,5 %
1976 à 1985 10,3 % 7,8 % 10,9 %
1975 et avant 22,7 % 9,9 % 26,6 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 %

La catégorie « Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011

En résumé, l’immigration internationale vers le Canada s’est rapidement transformée au cours des dernières décennies. L’importance relative de l’immigration d’origine européenne chez les nouveaux arrivants a diminué considérablement pour céder sa place à celle en provenance d’Asie, d’Afrique et de l’Amérique latine. À cet égard, les immigrants de PLOP français se distinguent des autres immigrants par la proportion importante qui provient du continent africain. Une des conséquences de cette tendance a été de modifier la composition de la population immigrée de PLOP français, laquelle comptait en 2011 34 % de Noirs, comparativement à moins de 10 % dans le cas des deux autres groupes d’immigrants. Cette évolution poursuit une tendance qui avait déjà été observée lors du Recensement de 2006.

3 La structure par âge

Dans la présente section, on distingue les différents groupes d’âge quinquennaux observés en 2011 et l’on y présente l’évolution récente de la population regroupée en trois grands groupes d’âge. La structure par âge des immigrants de langue française est similaire à celle des autres immigrants. Entre autres, on y retrouve une population peu nombreuse aux plus jeunes âges. Chez les natifs francophones, les 0-9 ans représentaient 8,3 % de la population totale en 2011, tandis que leur poids relatif était de 3,4 % dans le cas des immigrants francophones et de 2,4 % dans le cas des immigrants non francophones (figure 3.1-a). À l’inverse, la population est proportionnellement plus nombreuse aux âges adultes parmi les immigrants que parmi ceux des natifs de langue française. La structure par âge des immigrants francophones se distingue cependant de celle des deux autres groupes sous deux aspects. En premier lieu, on observe que la courbe de distribution par âge connait une poussée vers le haut chez les 10-19 ans. À ces âges, le pourcentage des immigrants francophones est nettement plus élevé que celui des autres immigrants. En second lieu, et bien que les différences soient moins prononcées, on constate que le pourcentage d’immigrants de langue française aux âges avancés (50 ans et plus) est moins élevé que chez les autres immigrants et les natifs francophones. L’explication de ces dissemblances semble résider dans la structure par âge très particulière de la population immigrée de PLOP français-anglais.

La comparaison de la structure par âge de la population immigrée de PLOP français avec celle de la population immigrée de PLOP français-anglais révèle que cette dernière présente une caractéristique très différente de celle de la première : une forte proportion de jeunes âgées de 10 à 24 ans (figure 3.1-b). Cette tranche d’âge constitue plus de 25 % de la population des immigrants de PLOP français-anglais comparativement à 14 % chez les immigrants de PLOP français. Mais cette caractéristique n’est pas spécifique aux immigrants de PLOP français-anglais. On observe le même phénomène chez les personnes nées au Canada, phénomène qui est d’ailleurs accentué, et qui touche tous les groupes d’âge entre 0-4 ans et 20-24 ans. Ainsi, les 0-24 ans représentent pas moins de 79 % de l’ensemble de la population de PLOP français-anglais née au Canada à l’ENM de 2011 (données non présentées), alors que le pourcentage correspondant est de 23 % chez leurs homologues de PLOP français, de 17 % chez les immigrants de PLOP français et de 28 % chez les immigrants de PLOP français-anglais. En revanche, le pourcentage de la population de 65 ans et plus se situe à 2 % chez les natifs de PLOP français-anglais et oscille autour de 15 % à 20 % chez les autres groupes définis selon la première langue officielle parlée. Notons cependant que les conséquences de ce phénomène sont minimes après redistribution de la catégorie français-anglais chez les personnes nées au pays, puisque celles de double langue officielle (PLOP français-anglais) ne constituent qu’une très faible proportion (moins de 4 %) de l’ensemble de la population francophone née au pays. La situation se pose différemment chez les immigrants, car ceux de PLOP français-anglais sont, à l’extérieur du Québec, un peu plus nombreux que ceux de PLOP français.

Figure 3.1 : Distribution en pourcentage par âge de la population selon la première langue officielle parlée (après et avant redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 2011

Panel A : Après redistribution de la catégorie français-anglais

Figure après redistribution de la catégorie français-anglais. Version texte ci-dessous.
Version texte : Après redistribution de la catégorie français-anglais
Groupe d'âge Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP autre
0 à 4 4 % 1 % 1 %
5 à 9 4 % 3 % 2 %
10 à 14 4 % 6 % 3 %
15 à 19 5 % 6 % 4 %
20 à 24 5 % 6 % 5 %
25 à 29 5 % 7 % 6 %
30 à 34 6 % 8 % 7 %
35 à 39 6 % 10 % 8 %
40 à 44 7 % 10 % 10 %
45 à 49 9 % 9 % 10 %
50 à 54 10 % 7 % 9 %
55 à 59 9 % 7 % 8 %
60 à 64 8 % 6 % 8 %
65 à 69 6 % 5 % 6 %
70 à 74 4 % 4 % 5 %
75 à 79 3 % 3 % 4 %
80 et plus 4 % 4 % 5 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « Immigrants PLOP Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Panel B : Avant redistribution de la catégorie français-anglais

Figure avant redistribution de la catégorie français-anglais. Version texte ci-dessous.
Version texte : Avant redistribution de la catégorie français-anglais
Groupe d'âge Immigrants PLOP français Immigrants PLOP français et anglais
0 à 4 1 % 0 %
5 à 9 3 % 2 %
10 à 14 4 % 8 %
15 à 19 4 % 10 %
20 à 24 5 % 7 %
25 à 29 6 % 7 %
30 à 34 8 % 8 %
35 à 39 10 % 10 %
40 à 44 11 % 10 %
45 à 49 10 % 8 %
50 à 54 7 % 7 %
55 à 59 7 % 6 %
60 à 64 7 % 4 %
65 à 69 5 % 4 %
70 à 74 4 % 3 %
75 à 79 3 % 2 %
80 et plus 4 % 2 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

L’évolution de la structure par âge entre 1991 et 2011 a varié tant selon la grande tranche d’âge considérée que selon la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant. Résultat d’un taux de fécondité inférieur au seuil de remplacement de la population et d’une transmission incomplète de la langue française des parents aux enfants, on observe une diminution tant de l’effectif que du pourcentage de la population native de langue française âgée de moins de 20 ans (tableau 3.1). Cette population a décru d’environ 48 000 en 20 ans en même temps que son poids relatif au sein de l’ensemble de la population passait de 22 % à 18 %. La tendance est inversée pour les deux autres groupes, en particulier chez les immigrants francophones. Ceux-ci ont vu leur population des 0-19 ans plus que doubler durant la période, passant de 7 000 à 17 000, tandis que son pourcentage est passé de 12 % à 15 %. Chez les immigrants non francophones, le poids relatif des 0-19 ans au sein de l’ensemble de la population est demeuré stable autour de 9 % en dépit d’une hausse importante de leur effectif de près de 180 000 (un accroissement absolu de plus de moitié).

La population adulte âgée de 20 à 64 ans s’est accrue en nombre absolu chez les deux groupes d’immigrants, mais a diminué chez les natifs francophones. Le poids relatif des 20-64 ans au sein de la l’ensemble de la population a diminué chez les trois groupes. En termes d’effectifs, la population immigrante francophone de 20 à 64 ans s’est accrue de plus de moitié entre 1991 et 2011, et celle des immigrants non francophones de 48 %. Quant à la population née au pays, son effectif a décru de 8 % au cours de cette période.

La population âgée de 65 ans ou plus a connu une hausse substantielle de son effectif chez les trois groupes. Entre 1991 et 2011, l’effectif des natifs francophones de ce groupe d’âge a crû de 43 %, celui des immigrants de langue française de 87 % et celui des immigrants non francophones de près de 48 %. Il s’en est suivi un vieillissement de la population (c’est-à-dire une augmentation de la part des personnes âgées au sein de la population totale) chez les natifs francophones et chez les immigrants non francophones, mais non chez les immigrants de langue française, chez laquelle la part relative des personnes de 65 ans et plus est demeurée stable à environ 15 % entre 1991 et 2011. Le vieillissement a été le plus rapide chez les natifs de langue française, la part des personnes âgées ayant passé de 12 % en 1991 à 18 % à 2011. C’est toutefois chez les immigrants non francophones que la part des personnes de 65 ans ou plus est la plus élevée parmi les trois groupes, et ce, lors des quatre derniers recensements et de l’ENM de 2011 : en 1991, les personnes âgées représentaient 18 % de ce groupe; ce pourcentage était de 21 % en 2011.

En résumé, la population immigrée francophone apparaît comme une population plutôt jeune (caractérisée par une proportion importante des 0-19 ans) en comparaison de celle des immigrants non francophones. Cette caractéristique s’explique en partie par la composition par âge très particulière de la population immigrée de PLOP français-anglais. Celle-ci compte, en effet, une proportion élevée de jeunes âgés de 10 à 24 ans, proportion nettement plus élevée que chez les immigrants de PLOP français et les immigrants non francophones. Notons par ailleurs que cette caractéristique s’observe aussi chez les personnes de PLOP français-anglais nées au Canada.

Tableau 3.1 : Effectif et distribution en pourcentage de la population selon trois grands groupes d’âge, selon la première langue officielle parlée (PLOP) (après redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 1991 à 2011

0 à 19 ans
Année Natifs - Français (milliers) Natifs - Français (pourcentage) Immigrants-Français (milliers) Immigrants-Français (pourcentage) Immigrants-Autre (milliers) Immigrants-Autre (pourcentage)
1991 201 22,3 % 7 11,9 % 323 8,8 %
1996 188 21,0 % 10 14,2 % 400 9,4 %
2001 175 19,5 % 13 15,0 % 451 9,7 %
2006 164 18,4 % 16 15,9 % 486 9,3 %
2011 153 17,9 % 17 15,4 % 502 8,8 %
20 à 64 ans
Année Natifs - Français (milliers) Natifs - Français (pourcentage) Immigrants-Français (milliers) Immigrants-Français (pourcentage) Immigrants-Autre (milliers) Immigrants-Autre (pourcentage)
1991 597 65,9 % 44 73,0 % 2 703 73,2 %
1996 590 65,9 % 51 70,7 % 3 054 72,1 %
2001 591 66,0 % 62 70,6 % 3 312 71,2 %
2006 586 65,7 % 68 68,9 % 3 699 70,6 %
2011 547 64,1 % 79 69,8 % 4 009 70,5 %
65 ans et plus
Année Natifs - Français (milliers) Natifs - Français (pourcentage) Immigrants-Français (milliers) Immigrants-Français (pourcentage) Immigrants-Autre (milliers) Immigrants-Autre (pourcentage)
1991 107 11,8 % 9 15,0 % 666 18,0 %
1996 117 13,1 % 11 15,1 % 780 18,4 %
2001 130 14,5 % 13 14,5 % 891 19,2 %
2006 142 15,9 % 15 15,1 % 1 051 20,1 %
2011 153 18,0 % 17 14,9 % 1 176 20,7 %

La catégorie « Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Sources : Statistique Canada, Recensements de 1991 à 2006 et Enquête nationale auprès des ménages de 2011

4 Les migrations interprovinciales

La migration interne est l’un des facteurs démographiques qui jouent sur l’évolution des groupes linguistiques au Canada. Le fait de connaître la structure migratoire des immigrants de langue française à l’intérieur du pays permet d’éclairer la dynamique démographique des populations francophones. Au Canada, l’examen des mouvements migratoires des immigrants francophones à l’extérieur du Québec comporte deux dimensions. La première est constituée des mouvements de ces immigrants vers le Québec; l’autre celle des mouvements dans l’autre sens, soit du Québec vers le reste du Canada. Ces échanges se contrebalancent-ils ou contribuent-ils plutôt à créer des déséquilibres démographiques? C’est la principale question que nous posons ici.

La migration interprovinciale est mesurée à partir des réponses à la question posée aux différents recensements et à l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011 sur le lieu de résidence cinq ans auparavant. Les recensements et l’ENM permettent donc de saisir une migration par individu sur une période de cinq ans précédant le recensement.Note de bas de page 6

4.1 La migration interprovinciale des immigrants de langue française résidant à l’extérieur du Québec

La migration interprovinciale des immigrants de langue française résidant à l’extérieur du Québec se distingue de celle des autres immigrants, mais s’apparente à celle des francophones nés au Canada. La forme générale en « cloche » de la courbe par groupe d’âge des taux de migration interprovinciale est typique chez tous les groupes linguistiques, mais un sommet est atteint chez les immigrants de PLOP français âgés de 30 à 34 ans alors que chez les natifs de langue française et chez les non-francophones ce sommet s’observe plutôt chez les 25-29 ans (figure 4.1-a). Ainsi, à son sommet chez les 30-34 ans, le taux de migration des immigrants de langue française atteint plus de 200 pour mille, alors qu’il se situe à 175 pour mille dans le cas des francophones âgés de 25 à 29 ans nés au pays. Chez les natifs non francophones, le taux de migration chez les 25-29 ans y est bien moindre (87 pour mille), tandis que les immigrants non francophones enregistrent le taux le moins élevé, soit 54 pour mille. En regard de 2006, les taux de migration interprovinciale des immigrants francophones sont non seulement plus élevés en 2011, mais la forme de la courbe est légèrement différente du fait que le taux maximum s’observe à 30-34 ans plutôt qu’à 25-29 ans comme c’était le cas en 2006. De plus, les taux de migration interprovinciale des immigrants francophones sont plus élevés chez leurs homologues nés au pays, et ce, à tous les groupes d’âge, ce qui n’était pas le cas en 2006.

La comparaison des taux par âge révèle une différence entre l’intensité de la migration interprovinciale des immigrants de PLOP français et celle des immigrants de PLOP français-anglais. La forme des deux courbes est semblable sauf pour les plus jeunes, chez qui les taux migratoires des immigrants de PLOP français et anglais se situent nettement en deçà de ceux des immigrants de PLOP français (figure 4.1-b).

En 2011, le taux de migration interprovinciale par groupe d’âge des immigrants de PLOP français est demeuré plus élevé que celui des immigrants de PLOP français et anglais; cependant, l’écart s’est rétréci.

Des résultats similaires ont été observés à chacun des recensements depuis 1991. Pour chacune des périodes de migration quinquennales, l’ordre des groupes est le même, tant après qu’avant redistribution de la catégorie français-anglais (graphiques 4.2-a et b). Dans le premier cas, ce sont les immigrants francophones qui affichent le taux de migration interprovinciale le plus élevé, suivi des natifs francophones (figure 4.2-a). Ces deux groupes présentent des taux très proches les uns des autres entre 1996 et 2006, mais un écart important s’observe en 2011. Cet écart est provoqué par une hausse importante du taux global de migration interprovinciale des immigrants francophones entre 2006 et 2011 lequel est passé de 66 pour mille à près de 92 pour mille durant cette période alors que le taux des natifs francophones est demeuré autour de 60 pour mille. Bien en deçà de ces tendances on retrouve les taux de migration interne des non-francophones, tant immigrants que natifs, lesquels sont près de deux fois moindres. Le taux de migration a baissé entre 1991 et 2011 chez les immigrants et les natifs non francophones, passant de 34 à 28 pour mille chez le premier groupe et de 39 à 32 pour mille chez le deuxième groupe. L’évolution de cette migration chez la population de langue française (tant chez les natifs que chez les immigrants) a été marquée par une baisse importante entre les Recensements de 1991 et 1996, suivie d’une légère hausse jusqu’en 2006. Entre 2006 et 2011, les tendances chez ces deux groupes ont divergé. Ainsi, chez les immigrants francophones, le taux de migration, qui se situait à 84 pour mille en 1991, est passé à 60 pour mille cinq ans plus tard, pour ensuite légèrement remonter jusqu’à 66 pour mille en 2006 et finalement atteindre plus de 91 pour mille en 2011.

Cette tendance caractérise aussi les schémas de migration interprovinciale des immigrants de PLOP français et de PLOP français-anglais entre 1991 et 2011 (figure 4.2-b). L’écart entre ces deux groupes est demeuré élevé tout au long de cette période, les taux de migration du premier groupe pouvant être du double de ceux du second (en 1996 et 2001, notamment).

Figure 4.1 : Taux de migration interprovinciale (pour mille) par groupe d’âge quinquennal en 2011 (de 5 à 64 ans) selon la première langue officielle parlée (PLOP) (après et avant redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 2011

Panel A : Après redistribution de la catégorie français-anglais
Figure après redistribution de la catégorie français-anglais. Version texte ci-dessous.
Version texte : Après redistribution de la catégorie français-anglais
Groupe d'âge Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP autre Natifs PLOP autre
5 à 9 87 158 60 37
10 à 14 64 134 49 27
15 à 19 48 105 34 22
20 à 24 94 107 40 52
25 à 29 175 180 54 87
30 à 34 128 206 53 68
35 à 39 95 173 43 48
40 à 44 64 117 32 35
45 à 49 46 85 23 28
50 à 54 33 59 17 23
55 à 59 27 32 15 23
60 à 64 23 30 14 22
Panel B : Avant redistribution de la catégorie français-anglais
Figure avant redistribution de la catégorie français-anglais. Version texte ci-dessous.
Version texte : Avant redistribution de la catégorie français-anglais
Groupe d'âge Immigrants PLOP français Immigrants PLOP français et anglais
5 à 9 211 66
10 à 14 171 94
15 à 19 121 84
20 à 24 146 87
25 à 29 186 148
30 à 34 229 191
35 à 39 183 162
40 à 44 126 103
45 à 49 96 58
50 à 54 58 56
55 à 59 30 44
60 à 64 24 45

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « Immigrants PLOP Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Figure 4.2 : Taux total de migration interprovinciale (taux pour mille standardisés par groupe d’âge), selon la première langue officielle parlée (PLOP) (après et avant redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 1991 à 2011

Panel A : Après redistribution de la catégorie français-anglais
Figure après redistribution de la catégorie français-anglais. Version texte ci-dessous.
Version texte : Après redistribution de la catégorie français-anglais
Année Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP autre Natifs PLOP autre
1991 64 84 34 39
1996 57 60 27 35
2001 57 60 24 35
2006 63 66 24 33
2011 57 91 28 32
Panel B : Avant redistribution de la catégorie français-anglais
Figure avant redistribution de la catégorie français-anglais. Version texte ci-dessous.
Version texte : Avant redistribution de la catégorie français-anglais
Année Immigrants PLOP français Immigrants PLOP français et anglais
1991 99 57
1996 76 41
2001 80 36
2006 80 46
2011 103 77

Standard utilisé : natifs de première langue officielle française (après redistribution de la catégorie français et anglais) en 2006.

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « PLOP Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Sources : Statistique Canada, Recensements de 1991 à 2006 et Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

L’ampleur de la migration interprovinciale chez les populations à l’extérieur du Québec varie selon qu’on est un francophone ou non. Il en va de même de provinces de destination choisies. On observe en effet que les personnes de langue française (après redistribution de la catégorie français-anglais), qu’elles soient natives ou immigrées, migrent principalement vers la province de Québec, alors que les autres optent pour des destinations beaucoup plus diversifiées. Parmi les migrants interprovinciaux francophones de la période 2006-2011 (dénombrés à l’ENM de 2011), 57 % de ceux nés au pays et 59 % des immigrants se sont dirigés majoritairement vers la province de Québec (tableau 4.1). Notons qu’entre 2001 et 2006, 68 % des immigrants interprovinciaux d’origine immigrante avait choisi le Québec comme destination. L’Ontario et l’Alberta, dont l’attrait comme provinces de destination est semblable, ont attiré 11 % chacune des migrants interprovinciaux de langue française. Parmi les non-francophones (natifs ou immigrants), trois provinces accueillent la majorité des migrants : la Colombie-Britannique, l’Alberta et l’Ontario. Ensemble, ces trois provinces ont accueilli 63,5 % des natifs et 77 % des immigrants non francophones qui ont effectué une migration interprovinciale entre 2006 et 2011. En comparaison, ces mêmes trois provinces ont reçu 34,5 % des immigrants de langue française et 26 % des natifs de langue française résidant à l’extérieur du Québec.

Cette structure spécifique de la population francophone résidant à l’extérieur du Québec en 2006 et dénombrée à l’ENM de 2011 a été observée à tous les recensements entre 1991 et 2006. Ainsi, la part du Québec comme province de destination pour les migrants interprovinciaux de langue française s’est maintenue au-delà de 55 % tant chez les natifs que chez les immigrants, et a atteint un sommet au Recensement de 2006 (figure 4.3). À l’inverse, chez les autres migrants interprovinciaux, la part du Québec est demeurée en deçà de 10 % dans le cas des immigrants et en deçà de 5 % dans le cas des natifs non francophones au cours de la période considérée.

Tableau 4.1 : Effectif et distribution en pourcentage des migrants interprovinciaux (2006-2011) selon la région de destination, la première langue officielle parlée (PLOP) (après redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, pour les migrants originaires des provinces et territoires à l’extérieur du Québec, 2011

Région de destination Français natifs (effectif) Français natifs (pourcentage) Français immigrant (effectif) Français immigrant (pourcentage) Autres natifs (effectif) Autres natifs (pourcentage) Autre immigrant (effectif) Autre immigrant (pourcentage)
Atlantique 5 575 12,2 % 220 3,6 % 6 620 5,6 % 103 255 17,4 %
Québec 25 840 56,7 % 3 590 58,6 % 8 695 7,3 % 24 080 4,1 %
Ontario 5 215 11,4 % 740 12,1 % 25 560 21,5 % 97 410 16,4 %
Prairies 1 485 3,3 % 150 2,4 % 10 710 9,0 % 80 115 13,5 %
Alberta 4 315 9,5 % 885 14,5 % 39 175 33,0 % 154 275 26,0 %
Colombie-Britannique 2 735 6,0 % 490 8,0 % 26 800 22,6 % 126 005 21,2 %
Territoires 435 1,0 % 45 0,8 % 1 120 0,9 % 9 305 1,6 %
Total 45 590 100,0 % 6 120 100,0 % 118 685 100,0 % 594 445 100,0 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée. La catégorie « Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

La région de l'Atlantique comprend les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick. La région des Prairies comprend les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan. La région des Territoires comprend le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut.

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Figure 4.3 : Pourcentage des migrants interprovinciaux qui se sont établis au Québec, selon la première langue officielle parlée (PLOP) (après redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, pour les migrants originaires de l’extérieur du Québec, 1991 à 2011

Figure du pourcentage des migrants interprovinciaux qui se sont établis au Québec. Version texte ci-dessous.
Version texte : Pourcentage des migrants interprovinciaux qui se sont établis au Québec, selon la première langue officielle parlée (PLOP) (après redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, pour les migrants originaires de l’extérieur du Québec, 1991 à 2011
Catégorie 1991 1996 2001 2006 2011
Natifs PLOP français 61,2 % 59,3 % 56,1 % 62,0 % 56,7 %
Immigrants PLOP français 60,2 % 56,4 % 58,2 % 67,5 % 58,6 %
Immigrants PLOP autre 7,3 % 7,2 % 7,1 % 8,6 % 7,3 %
Natifs PLOP autre 4,3 % 4,1 % 3,7 % 4,3 % 4,1 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Sources : Statistique Canada, Recensements de 1991 à 2006 et Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

4.2 La migration interprovinciale au Québec et le solde migratoire

Les différences de comportements migratoires entre les individus de langue française et le reste de la population au Canada à l’extérieur du Québec se manifestent également au Québec, à la différence près que les comportements y sont ici inversés. Ainsi, les taux de migration interprovinciale en provenance du Québec, observés à chacun des recensements de 1991 à 2006 et à l’ENM en 2011, sont nettement supérieurs chez les natifs et les immigrants non francophones à ceux des natifs et des immigrants de langue française (figure 4.4). Le portrait de la situation est donc l’inverse de ce que l’on a pu observer dans le Canada à l’extérieur du Québec et les écarts entre les deux groupes y sont encore plus importants.

Les échanges migratoires entre le Québec et le reste du Canada sont en général favorables à ce dernier (tableau 4.2). Entre 1991 et 2011, le solde migratoire quinquennal pour quatre des cinq groupes définis par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant a été positif pour le Canada à l’extérieur du Québec. Pour les personnes francophones nées au pays, les migrations interprovinciales ont favorisé le Québec lors de trois périodes (1986-1991, 1991-1996 et 2001-2006). Chez les non-francophones nés au pays, le solde net se situait entre 20 000 et près de 30 000 au cours des trois premiers lustres, mais a diminué à un peu plus de 8 000 entre 2001 et 2006 et un peu plus de 6 000 entre 2006 et 2011. Chez les immigrants non francophones, entre 8 000 et 16i000 immigrants ont quitté le Québec pour s’établir dans le reste du Canada à chaque période entre 1991 et 2011.

Figure 4.4 : Taux global (pour mille) de migration interprovinciale (en provenance du Québec vers le reste du Canada) (standardisé par groupe d’âge) de la population selon la première langue officielle parlée (PLOP) (après redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 1991 à 2011

Figure du taux global (pour mille) de migration interprovinciale. Version texte ci-dessous.
Version texte : Taux global (pour mille) de migration interprovinciale (en provenance du Québec vers le reste du Canada) (standardisé par groupe d’âge) de la population selon la première langue officielle parlée (PLOP) (après redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 1991 à 2011
Année Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP autre Natifs PLOP autre
1991 5 10 76 69
1996 5 15 82 68
2001 6 18 87 76
2006 5 12 63 50
2011 4 13 66 42

Standard utilisé : ntifs de première langue officielle français (après redistribution de la catégorie français et anglais) en 2006 (Canada moins le Québec).

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Sources : Statistique Canada, les recensements de 1991 à 2006 et Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Les immigrants de langue française affichent également un solde net positif à l’avantage du reste du Canada, mais à un niveau moindre. C’est entre 1996 et 2001 que le solde net a atteint un sommet, soit 4i055. À l’inverse, la migration des natifs francophones a favorisé le Québec. Pour l’essentiel, le solde migratoire net de l’ensemble de la population de langue française a connu des fluctuations importantes, suivant en cela celles observées tant chez les natifs que chez les immigrants francophones.

Dans l’ensemble, la migration interprovinciale à l’extérieur du Québec a joué un rôle plutôt modeste sur l’évolution relative de la population non francophone, principalement en raison du fait que l’effectif de cette dernière population est élevé. À l’inverse, malgré des nombres absolus moins élevés, le solde migratoire net a des répercussions démographiques plus importantes pour les populations de langue française, lesquelles affichent les effectifs relativement peu élevés dans le reste du Canada. Chez les immigrants en particulier, le solde net pour 1 000 immigrants (ou taux net de migration) dans le Canada à l’extérieur du Québec s’est établi à 17,8 pour mille entre 2001 et 2006, après avoir atteint des niveaux plus élevés au cours des recensements antérieurs, par exemple, 48 et 60 pour mille au cours des périodes 1991-1996 et 1996-2001, respectivement (tableau 4.2). Durant le lustre 2006-2011, le taux s’est accru pour atteindre 32 pour mille, ce qui représente presque 3 000 migrants.

4.3 Les origines des immigrants francophones ayant effectué une migration interprovinciale

Les immigrants francophones résidant à l’extérieur du Québec en 2011 et ayant effectué une migration interprovinciale entre 2006 et 2011 provenaient en majorité de cinq grandes villes (régions métropolitaines de recensement) canadiennes, en particulier de Montréal. Dans l’ensemble, au moins 35 % des immigrants francophones provenaient de la RMR de Montréal, avec cependant de grandes variations selon la région de résidence : 64 % dans le cas de l’Ontario, 50 % dans le cas de la Colombie-Britannique, mais 35 % pour la région regroupant les quatre provinces atlantiques (tableau 4.3). Dans cette dernière région, la ville de Québec a contribué pour près de 8 % des migrants et presque autant dans le cas des prairies (Manitoba et Saskatchewan). Les principales autres villes d’où sont partis les migrants sont Ottawa-Gatineau et Toronto. Seule la région formée par les deux provinces des Prairies a attiré un pourcentage un peu plus important de migrants (immigrants francophones) en provenance de la RMR de Vancouver. Le reste du pays (incluant la province de Québec à l’extérieur des villes de Montréal et Québec) a contribué pour près du tiers des migrants, sauf en Ontario où il a contribué pour un peu plus de 15 %.

Tableau 4.2 : Solde migratoire entre le Québec et le reste du Canada pour quatre groupes définis par la première langue officielle parlée (après redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, 1991 à 2011

Migrants du Québec vers le reste du Canada
Période Français natifs Français Immigrant Autre Immigrant Autres natifs Total Français
1986 à 1991 36 205 2 785 17 905 49 845 38 990
1991 à 1996 31 720 4 795 20 970 48 360 36 515
1996 à 2001 37 485 6 495 22 360 52 695 43 980
2001 à 2006 28 765 5 105 16 505 33 855 33 870
2006 à 2011 26 685 6 570 19 870 30 115 33 250
Migrants du reste du Canada vers le Québec
Période Français natifs Français Immigrant Autre Immigrant Autres natifs Total Français
1986 à 1991 41 925 2 425 7 615 29 730 44 350
1991 à 1996 33 960 2 065 7 005 25 375 36 025
1996 à 2001 29 875 2 445 6 490 23 305 32 320
2001 à 2006 35 055 3 680 8 625 25 700 38 735
2006 à 2011 25 840 3 590 8 695 24 080 29 425
Solde net vers le reste du Canada
Période Français natifs Français Immigrant Autre Immigrant Autres natifs Total Français
1986 à 1991 -520 360 10 295 20 110 -5 360
1991 à 1996 -2 230 2 735 13 965 22 990 505
1996 à 2001 7 610 4 055 15 875 29 390 11 665
2001 à 2006 -6 290 1 425 7 880 8 160 -4 865
2006 à 2011 840 2 980 11 170 6 025 3 820
Solde net vers le reste du Canada
Période Français natifs Français Immigrant Autre Immigrant Autres natifs Total Français
1986 à 1991 -6,6 % 7,7 % 3,3 % 1,4 % -5,9 %
1991 à 1996 -2,6 % 48,1 % 3,9 % 1,6 % 0,6 %
1996 à 2001 9,0 % 60,1 % 4,0 % 1,9 % 12,7 %
2001 à 2006 -7,3 % 17,8 % 1,7 % 0,5 % -5,2 %
2006 à 2011 1,0 % 31,7 % 2,2 % 0,4 % 4,2 %

La catégorie « Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Sources : Statistique Canada, Recensements de 1991 à 2006 et Enquête nationale auprès des ménages de 2011

Tableau 4.3 : Distribution en pourcentage des origines et destinations des immigrants francophones (PLOP français après redistribution de la catégorie français-anglais) ayant effectué une migration interprovinciale entre 2006 et 2011, par région de résidence en 2011, Canada moins le Québec, 2011

Lieu d’origine Atlantique Ontario Prairies Alberta Colombie-Britannique
Québec 8,0 % 5,2 % 7,9 % 4,2 % 4,1 %
Montréal 35,0 % 63,7 % 50,4 % 46,4 % 41,4 %
Ottawa-Gatineau 11,1 % 11,3 % 3,3 % 7,3 % 7,8 %
Toronto 7,5 % 3,1 % 11,9 % 9,2 %
Vancouver 1,3 % 3,8 % 4,5 % 2,0 %
Reste du pays 37,1 % 16,0 % 30,8 % 28,2 % 37,4 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 % 100,0 % 100,0 %

La région de l'Atlantique comprend les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick. La région des Prairies comprend les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan.

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Les tendances observées pour six villes de destination des migrants sont similaires (tableau 4.4). C’est toujours Montréal qui constitue le principal bassin fournissant des migrants issus de l’immigration francophone au Canada à l’extérieur du Québec. À Toronto, par exemple, 70 % des migrants interprovinciaux proviennent de la métropole québécoise. Montréal représente le principal apport pour quatre autres villes : Ottawa, Winnipeg, Calgary et Vancouver, soit 59 %, 47 %, 49 % et 54 % respectivement. On constate également une mobilité non négligeable entre Ottawa et Gatineau. Près du quart des migrants issus de l’immigration francophone établis à Ottawa provenaient en effet de Gatineau, de l’autre côté de la rivière des Outaouais.

En regard de la période précédente (2001-2006), deux changements sont à noter. Le premier est que la RMR de Toronto, qui contribuait de façon non négligeable à la migration interprovinciale des immigrants francophones entre 2001-2006 (soit pour 23 % à Moncton, 19 % à Calgary et 15 % à Vancouver), a vu ces pourcentages diminuer à au plus 12 %. Le second changement est l’accroissement de la part d’immigrants francophones vivant à Moncton et à Winnipeg qui ont migré depuis la catégorie « reste du pays » : entre 2001 et 2006, le « reste du pays » contribuait pour 28 % de la migration des francophones vers Moncton et à 16 % vers Winnipeg, pourcentages qui s’établissaient à 50 % et 40 % respectivement entre 2006 et 2011.

Tableau 4.4 : Distribution en pourcentage des origines et destinations des immigrants francophones (PLOP français après redistribution de la catégorie français-anglais) ayant effectué une migration interprovinciale entre 2006 et 2011, pour quelques régions métropolitaines de résidence en 2011, Canada moins le Québec, 2011

Lieu d’origine Moncton Ottawa Toronto Winnipeg Calgary Vancouver
Québec 4,3 % 3,4 % 7,8 % 7,4 % 4,5 % 3,3 %
Montréal 31,8 % 58,7 % 69,8 % 46,7 % 49,3 % 54,3 %
Ottawa-Gatineau 4,6 % 22,7 % 1,1 % 5,5 % 8,5 % 7,3 %
Toronto 9,2 % 0,0 % 8,9 % 11,9 %
Vancouver 0,0 % 3,5 % 3,9 % 0,0 % 1,0 %
Reste du pays 50,1 % 11,7 % 17,5 % 40,5 % 27,9 % 23,2 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 % 100,0 % 100,0 % 100,0 %

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

En résumé, la migration interprovinciale est très différentiée selon que l’on est un francophone ou un non-francophone habitant le Canada à l’extérieur du Québec. Alors que les francophones tendent à s’établir au Québec lorsqu’ils migrent à l’intérieur du Canada, les non-francophones choisissent plutôt une des neuf autres provinces, surtout l’Ontario, la Colombie-Britannique et l’Alberta. Au Québec, on observe les tendances exactement inverses : les francophones du Québec, qu’ils soient natifs ou immigrants, migrent relativement peu vers les autres provinces alors que les non francophones quittent la province dans une proportion beaucoup plus élevée. Au total, le mouvement des immigrants francophones du reste du Canada vers le Québec n’arrive pas à compenser le mouvement inverse du Québec vers le reste du Canada et le solde migratoire interprovincial des immigrants francophones favorise nettement le Canada à l’extérieur du Québec. En terme relatif, le solde migratoire des immigrants francophones est nettement plus important que celui des francophones nés au pays et que celui des immigrants non francophones, immigrants ou natifs. Ainsi, entre 2006 et 2011, le solde des immigrants francophones a été de 32 pour mille en faveur du reste du Canada contre moins de 2.5 pour mille pour les trois autres groupes.

5 Les comportements langagiers à la maison et au travail

Dans cette section on examine la répartition de l’ensemble de la population de langue française selon la langue parlée à la maison et, pour la population activeNote de bas de page 7, la langue utilisée au travail. Dans chaque cas, l’ENM procure deux mesures. En ce qui a trait à la langue parlée à la maison, on distingue celle parlée le plus souvent de celles parlées régulièrement. Il en va de même pour la langue de travail : on distingue la langue le plus souvent utilisée des autres langues qui y sont utilisées régulièrement. On aborde également la dimension régionale des comportements langagiers à la maison et au travail.

5.1 La langue parlée à la maison

On observe des différences notables dans l’usage des langues au foyer entre les groupes définis par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant. En 2011, chez les natifs de PLOP français, 61 % ont déclaré parler le français le plus souvent à maison, alors que 37 % ont déclaré parler l’anglais (tableau 5.1). Une très faible proportion déclare parler ou bien les deux langues officielles ou une langue non officielle (seule ou avec une langue officielle). Chez les immigrants de PLOP français, 48 % ont déclaré parler le français le plus souvent à la maison, 30 % l’anglais et 20 % au moins une langue non officielle.

Chez les natifs de PLOP français-anglais, 77 % déclarent parler au moins une langue non officielle, alors que 20 % déclarent parler les deux langues officielles. Parmi les immigrants de PLOP français-anglais, la grande majorité (97 %) déclarent parler une langue non officielle uniquement. Les immigrants non francophones se répartissent à peu près également entre les catégories « anglais seulement » ou « langue non officielle » (sans ou avec une langue officielle).

Tableau 5.1 : Nombre et distribution de la population selon la langue parlée le plus souvent à la maison pour cinq groupes définis par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 2011

  Natifs - Français (population) Natifs - Français (pourcentage) Natifs - Français et anglais (population) Natifs - Français et anglais (pourcentage) Immigrant Français (population) Immigrant Français (pourcentage) Immigrant Français et anglais (population) Immigrant Français et anglais (pourcentage) Autre (population) Autre (pourcentage)
Anglais seulement 306 540 36,6 % 0 0,0 % 22 560 30,3 % 0 0,0 % 2 781 165 49,3 %
Français seulement 511 895 61,2 % 0 0,0 % 35 725 48,0 % 0 0,0 % 2 040 0,0 %
Anglais et français 14 650 1,8 % 6 570 20,1 % 1 740 2,3 % 1 060 1,3 % 750 0,0 %
Non officielle seulement 1 470 0,2 % 25 200 77,3 % 7 360 9,9 % 76 925 96,9 % 2 393 355 42,4 %
Non officielle et officielle 2 115 0,3 % 845 2,6 % 7 080 9,5 % 1 425 1,8 % 469 685 8,3 %
Total 836 665 100,0 % 32 620 100,0 % 74 465 100,0 % 79 410 100,0 % 5 646 995 100,0 %

La catégorie « Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Afin d’obtenir un portrait plus complet de l’usage du français au foyer chez les immigrants francophones, on a combiné à l’information sur la langue parlée le plus souvent à la maison à celle issue de la question sur les langues parlées régulièrement à la maison que fournit le recensement depuis 2001 (et l’ENM de 2011). L’ajout de cette dimension accroît la fréquence de l’usage du français au foyer, mais ne modifie pas radicalement la tendance qui se dessinait à partir de l’information portant uniquement sur la langue le plus souvent parlée à la maison. La différence entre les personnes de PLOP français et les personnes de PLOP français-anglais demeure importante (figure 5.1). La prise en compte du deuxième volet de la question sur la langue d’usage au foyer a comme conséquence d’augmenter le nombre de personnes qui déclarent parler le français au moins régulièrement à la maison, mais dans des nombres et des proportions très inégales d’un groupe à l’autre. Tant en termes absolus que relatifs, ce sont les francophones (natifs et immigrants) dont la croissance est la plus importante, soit près de 140 300 (ou 21 %) dans le cas des personnes nées au Canada et de 12 000 (ou 22 %) dans le cas des immigrants. Au total, chez ces deux groupes, la proportion totale de personnes qui déclarent parler au moins régulièrement le français à la maison atteint 80 % et 73 % respectivement.

L’effet de la prise en compte de l’information sur le français comme langue parlée régulièrement à la maison chez les personnes de PLOP français-anglais est moins visible. Chez les natifs de PLOP français-anglais, l’effectif des personnes qui déclarent parler le français au moins régulièrement à la maison s’accroît à peine (moins de 2 500 locuteurs). Chez les immigrants de PLOP français-anglais, l’augmentation est plus importante (8 000), mais dans les deux cas le pourcentage de ceux qui déclarent utiliser le français au moins régulièrement à la maison reste faible, soit au plus 10 %.

Figure 5.1 : Distribution de la population selon l’usage du français à la maison en tant que langue parlée le plus souvent et langue parlée régulièrement selon la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 2011

Figure de la distribution de la population selon l’usage du français à la maison en tant que langue parlée le plus souvent. Version texte ci-dessous.
Version texte : Distribution de la population selon l’usage du français à la maison en tant que langue parlée le plus souvent et langue parlée régulièrement selon la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 2011
Catégorie Langue parlée le plus souvent à la maison - Français seulement Langue parlée le plus souvent à la maison - Français et anglais Langue parlée le plus souvent à la maison - Français et non officielle Autre langue parlée régulièrement à la maison - Français seulement Autre langue parlée régulièrement à la maison - Français et anglais Autre langue parlée régulièrement à la maison - Français et non officielle Le français n'est pas parlé au moins régulièrement à la maison
Natifs PLOP français 61 % 2 % 0 % 17 % 0 % 0 % 20 %
Natifs PLOP français et anglais 0 % 20 % 0 % 2 % 5 % 0 % 72 %
Immigrants PLOP français 48 % 2 % 7 % 14 % 1 % 1 % 27 %
Immigrants PLOP français et anglais 0 % 1 % 0 % 4 % 6 % 0 % 89 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

5.2 La langue utilisée au travail

L’anglais domine comme principale langue utilisée au travail à l’extérieur du Québec, même parmi les personnes dont la première langue officielle parlée est le français. L’usage de l’anglais est toutefois le plus répandu chez les immigrants non francophones, avec 92 % (tableau 5.2). Cette proportion atteint respectivement 79,6 % et 83,4 % chez les natifs et les immigrants de PLOP français-anglais. Bien que dans une moindre proportion, l’anglais est également utilisé au travail par 58 % et 64 % des natifs et immigrants de PLOP français. Chez ces deux groupes, le français arrive au deuxième rang, avec respectivement 34 % et 22 %. Chez les personnes de PLOP français-anglais et chez les immigrants non francophones, l’usage du français comme principale langue de travail reste marginal. On a dénombré aussi un certain nombre de personnes qui déclarent utiliser les deux langues officielles le plus souvent au travail. Ainsi, 12 % des immigrants de PLOP français et des personnes de PLOP français-anglais nées au Canada utilisent le français et l’anglais au travail.

Tableau 5.2 : Population active selon la langue utilisée le plus souvent au travail pour cinq groupes définis par la première langue officielle parlée et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 2011

  Natifs - Français (population) Natifs - Français (pourcentage) Natifs - Français et anglais (population) Natifs - Français et anglais (pourcentage) Immigrant Français (population) Immigrant Français (pourcentage) Immigrant Français et anglais (population) Immigrant Français et anglais (pourcentage) Autre (population) Autre (pourcentage)
Anglais seulement 291 075 57,9 % 8 090 79,6 % 30 650 64,1 % 41 120 83,4 % 3 229 420 92,4 %
Français seulement 172 045 34,2 % 520 5,1 % 10 675 22,3 % 2 225 4,5 % 3 985 0,1 %
Anglais et français 39 415 7,8 % 1 225 12,1 % 5 625 11,8 % 3 180 6,4 % 7 305 0,2 %
Non officielle seulement 190 0,0 % 195 1,9 % 295 0,6 % 1 410 2,9 % 178 985 5,1 %
Non officielle et officielle 185 0,0 % 135 1,3 % 560 1,2 % 1 355 2,8 % 74 125 2,1 %
Total 502 905 100,0 % 10 170 100,0 % 47 810 100,0 % 49 285 100,0 % 3 493 830 100,0 %

La catégorie « Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Contrairement à la langue parlée à la maison, la prise en compte de l’information sur l’utilisation régulière du français accroît substantiellement le niveau observé d’utilisation de cette langue au travail chez les quatre groupes définis par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant (figure 5.2). Chez la population de PLOP français, la proportion de ceux qui déclarent utiliser au moins régulièrement le français au travail constitue plus de la moitié de l’effectif total de chaque groupe, soit 70 % et 56 % des personnes nées au Canada et des immigrants respectivement. La répartition des utilisateurs du français au travail entre ceux qui déclarent l’utiliser le plus souvent et ceux qui déclarent l’utiliser régulièrement penche en faveur des premiers, soit 42 % contre 28 % dans le cas des personnes de PLOP français nées au Canada et 34 % contre 21 % chez les immigrants de PLOP français. Les autres, soit 30 % dans le cas des natifs de PLOP français et 44 % dans le cas des immigrants de PLOP français, n’utilisent que l’anglais ou une langue non officielle en milieu de travail.

Figure 5.2 : Population active selon l’usage du français au travail en tant que langue utilisée le plus souvent et langue utilisée régulièrement pour quatre groupes définis par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 2011

Figure de la population active selon l’usage du français au travail. Version texte ci-dessous.
Version texte : Population active selon l’usage du français au travail en tant que langue utilisée le plus souvent et langue utilisée régulièrement pour quatre groupes définis par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 2011
Catégorie Langue utilisée le plus souvent au travail - Français seulement Langue utilisée le plus souvent au travail - Français et autres Langue utilisée régulièrement au travail - Français seulement Langue utilisée régulièrement au travail - Français et autres Le français n'est pas utilisée au moins régulièrement au travail
Natifs PLOP français 34 % 8 % 28 % 0 % 30 %
Natifs PLOP français et anglais 5 % 12 % 14 % 2 % 67 %
Immigrants PLOP français 22 % 12 % 20 % 1 % 44 %
Immigrants PLOP français et anglais 5 % 6 % 11 % 2 % 76 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Chez les personnes de PLOP français-anglais, l’apport de ceux qui déclarent utiliser le français régulièrement au travail est également important et double le nombre d’utilisateurs du français en milieu de travail. Ainsi, chez les immigrants actifs de PLOP français-anglais, la proportion de ceux qui utilisent régulièrement le français au travail (13 %) est même un peu plus élevée que ceux qui l’utilisent le plus souvent (11 %). On observe une tendance similaire chez les natifs de PLOP français-anglais : 15 % déclarent utiliser régulièrement le français au travail et 17 % le plus souvent.

5.3 Différences régionales

Parce que les communautés francophones du pays présentent des caractéristiques très diversifiées, on doit s’attendre à ce que les comportements langagiers à la maison et au travail varient en conséquence. On s’intéresse ici à l’usage du français comme langue parlée le plus souvent ou régulièrement à la maison et comme langue utilisée le plus souvent ou régulièrement au travail par les natifs et les immigrants francophones (après redistribution de la catégorie français-anglais) en 2011 dans les grandes régions du Canada et dans quelques agglomérations urbaines (RMR). On centre l’attention sur le seul usage du français (à la maison ou au travail) sans distinguer les situations où d’autres langues sont utilisées. C’est donc dire que l’usage du français inclut l’usage simultané du français et de l’anglais, ou du français en plus des autres langues.

L’usage du français au foyer chez les francophones nés au pays s’atténue, grosso modo, d’est en ouest (graphiques 5.3-a et b). Par exemple, 93 % déclarent parler le français au moins régulièrement à la maison en Atlantique (surtout au Nouveau-Brunswick), contre 52 % en Colombie-Britannique. On observe le même phénomène en ce qui a trait à l’utilisation du français au travail (graphiques 5.4-a et b). Ainsi, presque 90 % des natifs de langue française déclarent utiliser le français le plus souvent au travail en Atlantique comparativement à un peu plus de 30 % en Alberta et en Colombie-Britannique.

Cette caractéristique de l’usage du français est marquée par une exception chez les immigrants francophones. Contrairement à ce qu’on observe chez les natifs, le pourcentage de personnes qui parlent au moins régulièrement le français à la maison est moins élevé en Ontario que dans les deux provinces des Prairies. La différence est d’environ huit points de pourcentage en faveur de cette dernière région. La raison de ce phénomène tient notamment au fait qu’un nombre substantiel d’immigrants francophones de l’Ontario résident à Toronto.Note de bas de page 8 Or, une proportion importante des francophones de Toronto ont le français et l’anglais comme PLOP et nombre de ces derniers font peu usage du français dans leur vie quotidienne. Toronto représente donc une exception dans cette province, surtout si on la compare à Ottawa, cette dernière étant le deuxième centre d’immigrants francophones de l’Ontario, où le nombre d’immigrants de PLOP français est supérieur au nombre d’immigrants de PLOP français-anglais (voir tableau 1.4). La métropole canadienne se compare davantage à Calgary et Vancouver qu’à Ottawa. Comme à Calgary et Vancouver, Toronto compte une importante population immigrée de PLOP français-anglais, soit une fois et demie supérieure au nombre de personnes ayant le français seulement comme PLOP.

À Winnipeg au Manitoba, les francophones déclarent parler au moins régulièrement le français à la maison et utiliser au moins régulièrement cette langue au travail dans des proportions de 67 % et 50 % respectivement dans le cas des personnes nées au Canada et de 62 % et 47 % dans le cas des immigrants. À Toronto, ces pourcentages sont bien moindres : 60 % et 40 % respectivement chez les natifs et 43 % et 40 % respectivement chez les immigrants de langue française. Les villes de Moncton et d’Ottawa affichent des pourcentages d’utilisation du français chez les natifs et les immigrants francophones nettement supérieurs aux résidents des autres villes.

En résumé, l’examen des comportements langagiers à la maison et au travail chez les immigrants francophones établis à l’extérieur du Québec montre l’existence d’une concurrence entre le français et l’anglais parlés à la maison et utilisés en milieu de travail. Chez les immigrants de PLOP français, un peu plus de la moitié déclarent parler le français le plus souvent à la maison, alors que 30 % déclarent parler l’anglais et 10 % une langue non officielle. Quant aux immigrants de PLOP français-anglais, le français parlé à la maison est très peu répandu, même en tenant compte du nombre de locuteurs qui déclarent le parler à la maison sur une base régulière (plutôt que le plus souvent).

En milieu de travail, la présence de l’anglais est très répandue. Chez tous les groupes définis par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant, l’anglais domine largement comme langue le plus souvent utilisée au travail. Chez les immigrants de PLOP français, 64 % déclarent utiliser l’anglais le plus souvent au travail. Le fait d’inclure aux utilisateurs du français sur le lieu de travail ceux qui déclarent l’utiliser régulièrement accroît cependant de façon non négligeable l’effectif de la population active qui déclare l’utiliser au moins régulièrement.

Enfin, les tendances régionales indiquent que l’usage du français diminue d’est en ouest : il est le plus important en Atlantique, en particulier au Nouveau-Brunswick, demeure élevé dans le nord de l’Ontario et à Ottawa, et atteint le plus faible niveau d’utilisation à Toronto (et dans le sud de l’Ontario en général) et dans les deux provinces de l’Alberta et de la Colombie-Britannique.

Figure 5.3 : Pourcentage de la population qui parle le plus souvent le français (seul ou avec une autre langue) à la maison chez deux groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) (après redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 2011

Panel A : Régions
Figure des régions. Version texte ci-dessous.
Version texte : Régions
    Le plus souvent Régulièrement
Natifs francophones Atlantique 85 % 7 %
Ontario 58 % 19 %
Prairies 40 % 23 %
Alberta 34 % 26 %
Colombie-Britannique 25,1 % 26,4 %
Immigrants francophones Atlantique 60,6 % 14,6 %
Ontario 40,0 % 13,1 %
Prairies 43,5 % 17,7 %
Alberta 35,3 % 15,5 %
Colombie-Britannique 26,5 % 16,5 %
Panel B : Quelques RMR
Figure de quelques RMR. Version texte ci-dessous.
Version texte : Quelques RMR
    Le plus souvent Régulièrement
Natifs francophones Moncton 83 % 10 %
Ottawa 71 % 15 %
Toronto 34 % 26 %
Winnipeg 43 % 24 %
Calgary 34 % 27 %
Vancouver 27,2 % 28,0 %
Immigrants francophones Moncton 63,2 % 22,1 %
Ottawa 59,4 % 13,0 %
Toronto 30,2 % 13,0 %
Winnipeg 45,5 % 17,0 %
Calgary 32,0 % 14,7 %
Vancouver 24,8 % 15,5 %

La région de l'Atlantique comprend les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick. La région des Prairies comprend les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan. Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Figure 5.4 : Pourcentage de la population active qui utilise le plus souvent le français (seul ou avec une autre langue) au travail selon la première langue officielle parlée (PLOP) (après redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 2011

Panel A : Régions
Figure des régions. Version texte ci-dessous.
Version texte : Régions
    Le plus souvent Régulièrement
Natifs francophones Atlantique 69 % 19 %
Ontario 36 % 35 %
Prairies 21 % 26 %
Alberta 12 % 22 %
Colombie-Britannique 10 % 22 %
Territoires 19,6 % 40,6 %
Immigrants francophones Atlantique 51,4 % 17,5 %
Ontario 30,1 % 20,5 %
Prairies 30 % 13 %
Alberta 11,1 % 12,7 %
Colombie-Britannique 11,9 % 16,0 %
Territoires 17,2 % 14,5 %
Panel B : Quelques RMR
Figure de quelques RMR. Version texte ci-dessous.
Version texte : Quelques RMR
    Le plus souvent Régulièrement
Natifs francophones Moncton 55 % 34 %
Ottawa 42 % 43 %
Toronto 17 % 31 %
Winnipeg 23 % 27 %
Calgary 12 % 21 %
Vancouver 11 % 23 %
Reste du pays 45,9 % 24,0 %
Immigrants francophones Moncton 59,3 % 15,9 %
Ottawa 49,5 % 25,8 %
Toronto 20,6 % 18,6 %
Winnipeg 31,3 % 15,0 %
Calgary 8,9 % 13,6 %
Vancouver 11 % 15 %
Reste du pays 23,2 % 15,6 %

La région de l'Atlantique comprend les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick. La région des Prairies comprend les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan.

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

6 Les couples composés d’au moins un francophone immigrant et la transmission linguistique intergénérationnelle

On entend ici par couple francophone immigrant celui dont au moins un des partenaires est un immigrant de PLOP français ou un immigrant de PLOP français-anglais. Leur nombre et leur poids relatif sur l’ensemble des couples vivant au Canada à l’extérieur du Québec sont relativement modestes. En ne tenant pas compte de la présence d’enfants de moins de 18 ans, ces couples étaient au nombre d’environ 61 800 en 2011. L’ENM de 2011 a aussi dénombré 29 900 couples francophones ayant au moins un enfant d’âge mineur. Quant aux enfants de moins de 18 ans vivant au sien d’un couple composé d’au moins un partenaire francophone, leur nombre atteignait 55 100 en 2011.

Dans cette section on examine la composition des couples composés d’au moins un partenaire francophone et ayant des enfants de moins de 18 ans sous l’angle de leur caractère homogame ou mixte. Le thème central de cette section est toutefois l’étude de la transmission linguistique intergénérationnelle des parents aux enfants d’âge mineur en termes de langue maternelle, de langue parlée au foyer parental et de première langue officielle parlée (PLOP).

6.1 Les couples composés d’au moins un francophone immigrant

Les couples composés d’au moins un francophone immigrant ont été construits en deux étapes. On a d’abord croisé entre eux le groupe défini par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant de chaque partenaire pour tous les couples. Les groupes définis par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant sont les suivants :

  • Natifs de PLOP français
  • Natifs de PLOP français-anglais
  • Immigrants de PLOP français
  • Immigrants de PLOP français-anglais
  • Immigrants non francophones et résidents non permanents
  • Natifs non francophones

On n’a ensuite retenu que les couples où au moins l’un des partenaires est à la fois francophone (de PLOP français ou de PLOP français-anglais) et immigrant. Onze types de couple composés d’au moins un partenaire francophone immigrant ont émergé de ce croisement, sans tenir compte du sexe du partenaire francophone immigrant.Note de bas de page 9 De ces onze types de couple, cinq comprenaient un petit effectif de population et ont été par conséquent regroupés en une catégorie résiduelle (les autres types de couple composés d’au moins un francophone immigrant) aux fins des analyses qui sont présentées à la suite. Notre attention porte donc sur les six autres types de couple les plus nombreux. Le nombre et la distribution en pourcentage des types de couple apparaissent au tableau 6.1.

À eux seuls, les six principaux types de couple comptent pour plus de 96 % de l’ensemble des couples comprenant au moins un partenaire immigrant francophone, avec ou sans enfants d’âge mineur. Il en est de même pour les enfants : près de 95 % d’entre eux vivent au sein des six principaux types de couple. Le type le plus nombreux, représentant plus du tiers des couples, est formé d’un immigrant de PLOP français-anglais et d’un immigrant ou un résident non permanent non francophone (rnp). Quatre autres types comptent chacun entre 10 % et 20 % des couples, dont trois sont formés par au moins un partenaire de PLOP français. Le type de couple composé de deux partenaires de PLOP français dont un partenaire est un immigrant et l’autre est un natif représente 5,5 % des couples avec enfants de moins de 18 ans et 7,1 % de l’ensemble des couples comprenant au moins un immigrant francophone.

Tableau 6.1 : Des couples francophones de sexe opposé et des enfants de moins de 18 ans selon le type de couple, Canada moins le Québec, 2011

Type de couple Couples avec enfants de moins de 18 ans Enfants de moins de 18 ans Ensemble des couples
Immigrant PLOP français plus natif PLOP français 5,5 % 5,2 % 7,1 %
Deux immigrants PLOP français 18,2 % 20,4 % 15,0 %
Immigrant PLOP français plus natif PLOP autre 10,3 % 10,2 % 12,6 %
Immigrant PLOP français plus immigrant ou résident non permanent PLOP autre 10,9 % 11,2 % 12,9 %
Deux immigrants PLOP français et anglais 15,8 % 15,6 % 15,2 %
Immigrant PLOP français et anglais plus immigrant ou résident non permanent PLOP autre 33,6 % 31,8 % 33,0 %
Autres types 5,7 % 5,6 % 4,3 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 %
Couples ou enfants 29 875 55 080 61 800

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

6.2 Homogamie et mixité des couples

On examine ici le caractère homogame ou mixte des couples avec enfants de moins de 18 ans dont au moins un des partenaires est un immigrant francophone. Le critère d’homogamie et de mixité retenu est celui de la langue maternelle de chacun des conjoints. Un couple homogame est donc défini comme un couple où les deux conjoints ont la même (ou les mêmes) langue maternelle alors qu’un couple mixte est défini comme un couple où les deux conjoints ont une (ou des) langue maternelle différente. On aurait pu choisir un autre critère pour définir l’homogamie ou la mixité des couples comme la langue parlée le plus souvent à la maison ou la première langue officielle parlée (PLOP), mais on s’en est tenu à la langue maternelle parce que c’est normalement celle-ci que les parents transmettront à leurs enfants. Cette brève incursion au cœur d’un sujet complexe aidera à mieux comprendre la nature de la transmission intergénérationnelle de la langue qui s’opère au sein des familles dont un des parents est un immigrant francophone.

Il existe une grande diversité d’homogamie et de mixité chez les couples avec enfants de moins de 18 ans et dont au moins un des parents est un immigrant francophone (figure 6.1). Chaque type de couple tend à se caractériser, à une exception près, par une forme dominante d’homogamie ou de mixité. Les couples constitués de deux partenaires de PLOP français représentent la majorité des cas de couples homogames francophones, c’est-à-dire où les deux conjoints sont de langue maternelle française. Chez les couples composés d’un natif de PLOP français et d’un immigrant de PLOP français, un peu plus du tiers (34 %) sont mixtes, l’un étant de langue maternelle française et l’autre de langue maternelle non officielle. Chez les couples formés de deux immigrants de PLOP français, 23 % sont des couples homogames de tierce langue maternelle.

Les couples dont l’un des partenaires est un immigrant de PLOP français et l’autre est un non-francophone (natif ou immigrant) ou un résident non permanent sont très majoritairement des couples mixtes. Presque la totalité (98,6 %) des unions entre un immigrant de PLOP français et un natif non francophone sont des couples mixtes, principalement « français + anglais ». Lorsque l’autre partenaire est un immigrant ou un résident non permanent non francophone, on trouve une proportion 35 % de couples mixtes « français + anglais » et 43 % de couples « français + une langue non officielle ».

Par ailleurs, on constate que plus de 90 % des unions composées soit de deux immigrants de PLOP français-anglais soit d’un immigrant de PLOP français-anglais et d’un immigrant non francophone ou d’un résident non permanent sont des couples homogames partageant la même langue non officielle (94 % et 91 % respectivement).

Au total, 53 % des couples de sexe opposé avec des enfants d’âge mineur et dont un des partenaires est un immigrant francophone (PLOP français ou PLOP français-anglais) sont des couples homogames de même langue non officielle. Cette situation tend à ne pas favoriser la transmission du français comme langue maternelle aux enfants de couples dont au moins un partenaire immigrant est francophone. On compte cependant 30 % d’unions mixtes, principalement « français + anglais » et « français + langue non officielle ».

Figure 6.1 : Des couples de sexe opposé composés d’au moins un partenaire immigrant francophone avec enfants de moins de 18 ans selon le caractère homogame ou mixte du couple par le critère de la langue maternelle de chacun des deux partenaires, par type de couple, Canada moins le Québec, 2011

Figure des couples de sexe opposé composés d’au moins un partenaire immigrant francophone avec enfants de moins de 18 ans. Version texte ci-dessous.
Version texte : Des couples de sexe opposé composés d’au moins un partenaire immigrant francophone avec enfants de moins de 18 ans selon le caractère homogame ou mixte du couple par le critère de la langue maternelle de chacun des deux partenaires, par type de couple, Canada moins le Québec, 2011
Catégorie Couple homogame, FrançaisFigure 6.1 note 1 Couple homogame, même langue non officielle seulement Couple homogame, autres couples homogamesFigure 6.1 note 2 Couple mixte, français plus anglaisFigure 6.1 note 1 Couple mixte, françaisFigure 6.1 note 1 plus langue non officielle Couple mixte, autres couples mixtesFigure 6.1 note 3 Couple non classifié
Immigrant PLOP français
plus natif PLOP français
66 % 0 % 0 % 0 % 32 % 2 % 0 %
Deux immigrants PLOP français 62 % 23 % 1 % 0 % 8 % 2 % 4 %
Immigrant PLOP français
plus natifs PLOP autre
1 % 1 % 0 % 86 % 8 % 5 % 0 %
Immigrant PLOP français plus immigrant
ou résident non permanent PLOP autre
3 % 13 % 1 % 35 % 43 % 4 % 1 %
Deux immigrants PLOP français et anglais 0 % 94 % 2 % 0 % 0 % 3 % 2 %
Immigrant PLOP français et anglais
plus immigrant ou résident non permanent PLOP autre
0 % 91 % 0 % 0 % 0 % 8 % 1 %
Autres types 0 % 35 % 2 % 0 % 31 % 30 % 2 %
Ensemble des couples avec au moins
un partenaire immigrant francophone
15 % 53 % 1 % 13 % 10 % 6 % 2 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

6.3 La transmission intergénérationnelle du français

La transmission linguistique intergénérationnelle (langue transmise des parents à leurs enfants) est influencée par plusieurs facteurs tels que les caractéristiques linguistiques de chaque parent, leur lieu d’origine et de résidence, leur profil socio-économique, ainsi que les caractéristiques des enfants. Ces éléments se conjuguent pour déterminer de quelle(s) langue(s) les enfants vont hériter et quelle(s) langue(s) ils sont susceptibles d’utiliser dans la vie quotidienne.

6.4 La langue maternelle

Au total, 43 % des enfants élevés dans des familles immigrées francophones (couples avec au moins un partenaire immigrant francophone) ont une langue autre que le français ou l’anglais comme langue maternelle (tableau 6.2). Le français n’est transmis comme langue maternelle qu’à 28 % des enfants (en incluant les cas de transmission à la fois du français et de l’anglais), ce qui est similaire à la proportion de ceux à qui seul l’anglais est transmis, soit 29 %. Les variations en fonction des types de couples sont grandes. Deux types de couples se démarquent des autres en ce qui a trait à la transmission de la langue française aux enfants: il s’agit des types dont chaque partenaire est de première langue officielle française (PLOP français). C’est le type de couple formé d’un natif de PLOP français et d’un immigrant de PLOP français qui semble le mieux assurer la transmission du français aux enfants, soit à 91 % d’entre eux (en incluant les cas de transmission conjointe du français et de l’anglais). À l’opposé, la transmission du français aux enfants de moins de 18 ans est faible ou très faible chez deux types de couple : le type composé de deux immigrants de PLOP français-anglais et celui formé d’un immigrant de PLOP français-anglais et d’un autre immigrant ou d’un résident non permanent non francophone.

Tableau 6.2 : Distribution en pourcentage des enfants âgés de moins de 18 ans vivant au sein de couples francophones de sexe opposé selon leur langue maternelle, par type de couple des parents, Canada moins le Québec, 2011

Type de couple des parents Anglais seul ou avec une autre langue Français seul ou avec une autre langue Anglais et français, sans ou avec une autre langue Autre langue seulement Total
Immigrant PLOP français plus natif PLOP français 5,2 % 90,8 % 0,3 % 3,6 % 100,0 %
Deux immigrants PLOP français 16,7 % 69,0 % 2,8 % 11,6 % 100,0 %
Immigrant PLOP français plus natif PLOP autre 73,4 % 20,2 % 4,9 % 1,6 % 100,0 %
Immigrant PLOP français plus immigrant ou résident non permanent PLOP autre 58,1 % 21,1 % 4,1 % 16,8 % 100,0 %
Deux immigrants PLOP français et anglais 19,3 % 6,1 % 2,7 % 71,9 % 100,0 %
Immigrant PLOP français et anglais plus immigrant ou résident non permanent PLOP autre 21,3 % 0,8 % 0,5 % 77,4 % 100,0 %
Autres types 22,3 % 26,2 % 5,0 % 46,5 % 100,0 %
Ensemble des couples 28,7 % 25,9 % 2,4 % 43,0 % 100,0 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée. La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

La transmission de l’anglais est plus importante que celle du français chez deux types de couple. Les couples composés d’un immigrant de PLOP français et d’un natif non francophone transmettent l’anglais à leurs enfants âgés de moins de 18 ans dans 73 % des cas, comparativement à 20 % pour le français seul. Par ailleurs, les unions entre un immigrant de PLOP français et un immigrant non francophone ou un résident non permanent transmettent l’anglais à 58 % de leurs enfants, comparativement à 21 % pour le français seul.

Tous types de couple avec au moins un partenaire immigrant francophone confondus, ce sont les langues maternelles non officielles qui sont transmises aux enfants dans le plus grand nombre de cas, soit 43 %. La transmission d’une langue non officielle touche ainsi une majorité d’enfants dans deux types de couple (en faisant abstraction du type résiduel que représentent les « autres types ») : les couples composés de deux immigrants de PLOP français-anglais (72 %) et ceux composés d’un immigrant de PLOP français-anglais et d’un immigrant non francophone ou d’un résident non permanent (77 %).

6.5 La langue parlée à la maison

En ce qui a trait à la langue d’usage à la maison chez les enfants de couples composés d’au moins un immigrant francophone, un pourcentage comparable d’enfants de moins de 18 ans utilise l’anglais ou une langue non officielle le plus souvent à la maison, soit respectivement 37 % et 36 % (tableau 6.3). Quant à la langue française, 24 % des enfants la parlent le plus souvent à la maison, et 27 % si on ajoute à ce pourcentage les enfants qui parlent à la fois le français et l’anglais. Chez les deux premiers types de couple, soit ceux formés par deux partenaires de PLOP français, une majorité d’enfants parlent le plus souvent le français à la maison, soit une proportion de 86 % chez les couples composés d’un natif et d’un immigrant et une proportion de 69 % chez ceux composés de deux immigrants. Ces pourcentages s’élèvent à 88 % et 73 % si l’on ajoute les cas d’utilisation multiple «français et anglais».

Dans les autres types de couple, les enfants ont tendance à parler majoritairement soit la langue anglaise, soit une langue non officielle. Dans trois types de couple en particulier, la langue française arrive au troisième rang des langues parlées le plus souvent à la maison derrière l’anglais et une langue non officielle.

On a amalgamé les informations sur la langue la plus souvent parlée à la maison avec celle sur la langue parlée régulièrement à la maison de façon à dresser un portrait plus complet de l’utilisation du français à la maison par les enfants de moins de 18 ans vivant au sein des unions composées d’au moins un partenaire immigrant francophone (tableau 6.4). Le degré d’utilisation du français à la maison s’accroît à peine puisque la proportion d’enfants qui parlent régulièrement le français à la maison n’atteint que 11 %. Ainsi, en sommant les quatre catégories d’utilisation du français à la maison proposées au tableau 6.4, on constate qu’un peu plus du tiers (38 %) des enfants parlent le plus souvent ou régulièrement le français à la maison.

Tableau 6.3 : Distribution en pourcentage des enfants âgés de moins de 18 ans vivant au sein de couples francophones de sexe opposé selon la langue la plus souvent parlée à la maison, par type de couple des parents, Canada moins le Québec, 2011

Type de couple des parents Anglais seul ou avec une autre langue Français seul ou avec une autre langue Anglais et français, sans ou avec une autre langue Autre langue seulement Total
Immigrant PLOP français plus natif PLOP français 11,2 % 86,4 % 1,3 % 1,1 % 100,0 %
Deux immigrants PLOP français 21,9 % 69,3 % 3,8 % 5,0 % 100,0 %
Immigrant PLOP français plus natif PLOP autre 81,5 % 13,9 % 3,6 % 1,0 % 100,0 %
Immigrant PLOP français plus immigrant ou résident non permanent PLOP autre 71,9 % 16,2 % 3,3 % 8,6 % 100,0 %
Deux immigrants PLOP français et anglais 25,7 % 4,7 % 4,4 % 65,3 % 100,0 %
Immigrant PLOP français et anglais plus immigrant ou résident non permanent PLOP autre 32,1 % 0,5 % 1,6 % 65,8 % 100,0 %
Autres types 27,6 % 17,0 % 9,1 % 46,2 % 100,0 %
Ensemble des couples 37,2 % 23,7 % 3,3 % 35,9 % 100,0 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée. La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Tableau 6.4 : Distribution en pourcentage des enfants âgés de moins de 18 ans vivant au sein de couples francophones de sexe opposé selon le niveau de français parlé à la maison, par type de couple des parents, Canada moins le Québec, 2011

Type de couple des parents Le plus souvent - Français seul ou avec une autre langue Le plus souvent - Français et anglais, sans ou avec une autre langue Régulièrement - Français seul ou avec une autre langue Régulièrement - Français et anglais, sans ou avec une autre langue Total Français
Immigrant PLOP français plus natif PLOP français 86,4 % 1,3 % 6,6 % 0,0 % 94,3 %
Deux immigrants PLOP français 69,3 % 3,8 % 7,5 % 0,5 % 81,1 %
Immigrant PLOP français plus natif PLOP autre 13,9 % 3,6 % 24,6 % 0,1 % 42,2 %
Immigrant PLOP français plus immigrant ou résident non permanent PLOP autre 16,2 % 3,3 % 15,8 % 0,3 % 35,6 %
Deux immigrants PLOP français et anglais 4,7 % 4,4 % 9,5 % 5,6 % 24,1 %
Immigrant PLOP français et anglais plus immigrant ou résident non permanent PLOP autre 0,5 % 1,6 % 2,1 % 3,0 % 7,1 %
Autres types 17,0 % 9,1 % 13,4 % 5,3 % 44,9 %
Ensemble des couples 23,7 % 3,3 % 9,0 % 2,2 % 38,3 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée. La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

6.6 La première langue officielle parlée

L’examen de la transmission des langues à partir du critère de la première langue officielle parlée (PLOP) des enfants vivant au sein des couples composés d’au moins un partenaire immigrant francophone révèle des résultats différents de ceux établis à partir de la langue maternelle et de la langue d’usage. L’anglais est la seule première langue officielle parlée des enfants dans 54 % des cas, alors que le français seul ne l’est que pour 29 % des enfants (tableau 6.5). Ce sont encore les mêmes deux types de couple chez qui une majorité d’enfants a le français comme première langue officielle parlée, soit ceux formés par un immigrant et un natif de PLOP français (94 %) et ceux composés de deux immigrants de PLOP français (76 %). L’anglais est la langue dominante des enfants de moins de 18 ans vivant au sein de trois types de couple comprenant au moins un partenaire immigrant francophone. On remarque également que près du tiers des enfants des couples composés de deux immigrants de PLOP français-anglais ont l’anglais et le français comme première langue officielle parlée.

Tableau 6.5 : Distribution en pourcentage des enfants âgés de moins de 18 ans vivant au sein de couples francophones de sexe opposé selon leur première langue officielle parlée, par type de couple des parents, Canada moins le Québec, 2011

Type de couple des parents Anglais seulement Français seulement Anglais et français Ni anglais, ni français Total
Immigrant PLOP français plus natif PLOP français 6,0 % 93,9 % 0,1 % 0,0 % 100,0 %
Deux immigrants PLOP français 20,4 % 76,2 % 2,1 % 1,3 % 100,0 %
Immigrant PLOP français plus natif PLOP autre 78,4 % 19,3 % 2,3 % 0,1 % 100,0 %
Immigrant PLOP français plus immigrant ou résident non permanent PLOP autre 71,6 % 22,7 % 3,8 % 1,9 % 100,0 %
Deux immigrants PLOP français et anglais 49,2 % 9,1 % 32,0 % 9,7 % 100,0 %
Immigrant PLOP français et anglais plus immigrant ou résident non permanent PLOP autre 73,8 % 1,5 % 16,0 % 8,7 % 100,0 %
Autres types 43,3 % 31,7 % 17,7 % 7,3 % 100,0 %
Ensemble des couples 54,1 % 28,6 % 12,1 % 5,2 % 100,0 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée. La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

En résumé, on a constaté que la transmission du français dépend à la fois du type de couple où vivent les enfants et du contexte où cette langue est utilisée. La transmission du français est d’abord le fait des couples où les deux partenaires sont de PLOP français uniquement : la majorité des enfants d’âge mineur ont le français comme langue maternelle, le parlent le plus souvent à la maison et l’ont comme première langue officielle parlée. La situation est complètement différente chez les autres types de couple où c’est la transmission de l’anglais ou d’une langue non officielle qui domine. Le contexte est également important. En tant que langue maternelle, le français est transmis à 28 % des enfants ; il l’est à 38 % des enfants en tant que langue d’usage au foyer (langue parlée au moins régulièrement à la maison) ; et à 41 % des enfants en tant que première langue officielle parlée (PLOP). Par ailleurs, la concurrence de l’anglais est forte dans tous les contextes : en tant que langue maternelle, l’anglais (en excluant les cas de transmission simultanée du français et de l’anglais) est transmis à 29 % des enfants, en tant que langue d’usage à 61 % des enfants et en tant que PLOP à 54 % des enfants. Dans les trois cas de transmission intergénérationnelle, l’anglais surclasse le français en termes du nombre d’enfants à qui la langue est transmise. Quant aux langues non officielles, leur transmission aux enfants d’âge mineur est substantielle et plus répandue que le français : 43 % des enfants ont une langue non officielle comme langue maternelle et à peu près la même proportion, soit 47 %, utilisent une langue non officielle au moins régulièrement à la maison (sans compter les cas où une langue non officielle est transmise simultanément avec le français ou l’anglais).

7 Éducation et diplômes

L’éducation et les diplômes obtenus constituent, avec les expériences de travail acquises au cours de la vie, des pièces fondamentales du capital humain ou intellectuel d’un individu. La question de savoir comment ce capital humain que les immigrants apportent peut être transféré d’une juridiction à une autre relève d’une problématique qui fait intervenir plusieurs facteurs, dont le champ d’études ou d’expérience de ce capital humain, le pays où celui-ci a été obtenu, le contexte institutionnel et légal du pays d’accueil régissant la reconnaissance des compétences ainsi que les caractéristiques individuelles des personnes impliquées dans le processus. Évidemment, le résultat de la reconnaissance des titres et de l’expérience de travail acquis à l’étranger contribue à déterminer le degré de succès de l’intégration sur le marché du travail des immigrants.

Les recensements ou l’ENM ne procurent aucune information directe sur la reconnaissance des diplômes et l’expérience de travail acquis à l’étranger. Par contre, certaines questions permettent de qualifier le plus haut certificat ou diplôme obtenu en fonction du niveau du diplôme, du pays où celui-ci a été obtenu et du principal domaine d’études.

7.1 Diplôme obtenu selon le niveau de scolarité le plus élevé

Les immigrants possèdent un niveau d’éducation supérieur à celui des personnes nées au Canada. La raison tient au processus de sélection des immigrants indépendants qui sont choisis en fonction du système de points qui met l’accent sur l’éducation et d’autres caractéristiques personnelles favorisant leur intégration à la société canadienne. À l’ENM de 2011, 45 % des immigrants masculins de PLOP français et de PLOP français-anglais possèdent un diplôme de baccalauréat ou de niveau supérieur (maîtrise, doctorat), alors que chez les francophones nés au Canada cette proportion est de 15 % (tableau 7.1). Ce pourcentage se situe à près de 20 % dans le cas des natifs de PLOP français-anglais. Chez les immigrants non francophones, 30 % ont acquis un diplôme universitaire égal ou supérieur au niveau du baccalauréat.

La population des hommes immigrants de PLOP français sans aucun diplôme ou certificat est moins nombreuse que celle qui possède un diplôme d’études supérieures tel une maîtrise ou un doctorat, soit 2 900 individus dans la première situation comparativement à 6 285 dans la deuxième. Il en va de même pour les immigrants de PLOP français-anglais. Cette situation ne s’observe chez aucun des trois autres groupes chez qui, à l’inverse, la population des personnes sans diplôme ou certificat surpasse celle des détenteurs d’un diplôme d’études supérieures. Parmi les immigrants non francophones, 415 000 ne possèdent aucun diplôme ou certificat comparativement à 269i400 qui détiennent une maîtrise ou un doctorat. En termes de poids relatif, 25 % de la population native francophone de 15 ans ou plus en 2011 ne possède aucun diplôme. Chez les immigrants de PLOP français, ce pourcentage est de 9 %, il est de 13 % chez les immigrants de sexe masculin de PLOP anglais et français, tandis qu’il atteint 16 % chez les immigrants non francophones.

La distribution de la population féminine selon le plus haut niveau du diplôme ou certificat atteint s’apparente à celle des hommes. Ainsi, on constate que les immigrantes (tant francophones que non francophones) possèdent un niveau d’éducation plus élevé que les natives de langue française, mais les différences sont moins prononcées que pour les hommes (tableau 7.2). On observe des différences entre groupes linguistiques au sein de la population immigrée. Comme pour les hommes, les femmes immigrantes francophones tendent à détenir des diplômes de niveau plus élevé que les immigrantes non francophones, tandis que la proportion de ces dernières qui ne possèdent aucun certificat ou diplôme est plus élevée que chez les immigrantes de langue française.

Tableau 7.1 : Population masculine âgée de 15 ans ou plus selon le plus haut certificat, diplôme ou grade obtenu pour cinq groupes définis par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 2011

Population
Plus haut certificat, diplôme ou grade obtenu Natifs - Français Natifs - Français et anglais Immigrant - Français Immigrant - Français et anglais Autre
Aucun certificat ou diplôme 88 950 1 990 2 905 4 230 415 035
Diplôme d'études secondaires ou attestation d'équivalence 80 300 2 035 5 550 5 675 551 500
Certificat ou diplôme d'une école de métier ou certificat d'apprenti 55 775 420 3 215 2 105 262 115
Certificat ou diplôme d'un collège ou certificat ou diplôme universitaire inférieur au baccalauréat 73 675 1 010 6 665 5 955 531 415
Baccalauréat 39 820 975 7 440 8 840 504 275
Certificat ou diplôme supérieur au baccalauréat  14 195 325 6 285 6 900 269 395
Total 352 710 6 760 32 060 33 705 2 533 740
Pourcentage
Plus haut certificat, diplôme ou grade obtenu Natifs - Français Natifs - Français et anglais Immigrant - Français Immigrant - Français et anglais Autre
Aucun certificat ou diplôme 25 % 30 % 9 % 13 % 16 %
Diplôme d'études secondaires ou attestation d'équivalence 23 % 30 % 17 % 17 % 22 %
Certificat ou diplôme d'une école de métier ou certificat d'apprenti 16 % 6 % 10 % 6 % 10 %
Certificat ou diplôme d'un collège ou certificat ou diplôme universitaire inférieur au baccalauréat 21 % 15 % 21 % 18 % 21 %
Baccalauréat 11 % 14 % 23 % 26 % 20 %
Certificat ou diplôme supérieur au baccalauréat 4 % 5 % 20 % 21 % 11 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 % 100,0 % 100,0 %

La catégorie « Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Tableau 7.2 : Population féminine âgée de 15 ans ou plus selon le plus haut certificat, diplôme ou grade obtenu pour cinq groupes définis par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 2011

Population
Plus haut certificat, diplôme ou grade obtenu Natifs - Français Natifs - Français et anglais Immigrant - Français Immigrant - Français et anglais Autre
Aucun certificat ou diplôme 88 435 2 270 4 880 4 865 550 170
Diplôme d'études secondaires ou attestation d'équivalence 91 560 2 585 6 900 6 830 684 960
Certificat ou diplôme d'une école de métier ou certificat d'apprenti 29 160 235 2 520 1 515 148 705
Certificat ou diplôme d'un collège ou certificat ou diplôme universitaire inférieur au baccalauréat 98 920 1 180 9 785 7 105 671 810
Baccalauréat 59 620 2 050 7 805 10 730 560 505
Certificat ou diplôme supérieur au baccalauréat  15 300 555 4 570 6 010 206 700
Total 383 000 8 885 36 455 37 060 2 822 840
Pourcentage
Plus haut certificat, diplôme ou grade obtenu Natifs - Français Natifs - Français et anglais Immigrant - Français Immigrant - Français et anglais Autre
Aucun certificat ou diplôme 23 % 26 % 13 % 13 % 20 %
Diplôme d'études secondaires ou attestation d'équivalence 24 % 29 % 19 % 18 % 24 %
Certificat ou diplôme d'une école de métier ou certificat d'apprenti 8 % 3 % 7 % 4 % 5 %
Certificat ou diplôme d'un collège ou certificat ou diplôme universitaire inférieur au baccalauréat 26 % 13 % 27 % 19 % 24 %
Baccalauréat 16 % 23 % 21 % 29 % 20 %
Certificat ou diplôme supérieur au baccalauréat  4 % 6 % 13 % 16 % 7 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 % 100,0 % 100,0 %

La catégorie « Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Les différences entre hommes et femmes varient selon le groupe défini par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant et selon le niveau de diplôme ou certificat. Parmi les francophones nés au Canada, le pourcentage d’hommes sans diplôme ou grade est légèrement plus élevé que le pourcentage de femmes (25 % chez les hommes, 23 % chez les femmes), tandis qu’on observe le phénomène inverse pour les immigrants dans leur ensemble, chez qui la proportion des femmes sans diplôme ou certificat est plus grande que celle des hommes. À l’autre extrémité du spectre de la scolarisation, la proportion des hommes ayant un diplôme d’études supérieures au baccalauréat est plus élevée que celle des femmes dans tous les groupes sauf chez les natifs de PLOP français, dont le pourcentage observé chez les hommes et les femmes est le même, soit 4 %. Aux autres niveaux, les différences entre hommes et femmes sont affectées par le fait qu’il y a relativement peu de femmes qui possèdent un certificat ou diplôme d’une école de métier ou un certificat d’apprenti, ce qui se traduit par une plus forte représentation dans la catégorie tout juste supérieure, soit parmi la population ayant un diplôme ou un certificat d’un collège ou un diplôme ou certificat universitaire inférieur au baccalauréat. Par ailleurs, la proportion des immigrants qui détiennent un baccalauréat est semblable chez les hommes et les femmes, tandis que chez les francophones nés au Canada les hommes sont désavantagés : 11 % chez ces derniers contre 16 % chez les femmes.

7.2 Lieu d’obtention du plus haut diplôme ou grade

On pourrait s’attendre à ce que la grande majorité des immigrants aient obtenu leur plus haut certificat ou diplôme à l’étranger étant donné le processus de sélection auxquels plusieurs immigrants sont soumis. Pourtant, on constate que 45 % à 60 % des immigrants, qu’ils soient francophones ou non francophones, ou qu’ils soient de sexe masculin ou féminin, ont obtenu leur diplôme ou certificat le plus élevé au Canada (tableau 7.3), ce qui traduit en partie le fait que plusieurs immigrants sont arrivés au Canada à l’adolescence ou avant. Une proportion légèrement plus élevée d’hommes immigrants que de femmes immigrantes ont obtenu leur plus haut diplôme ou grade à l’étranger. Les variations selon le groupe défini selon la première langue officielle parlée (PLOP) sont importantes. Ainsi, 48 % de l’ensemble de la population immigrée de PLOP français a obtenu son diplôme ou grade le plus élevé à l’étranger, ce qui, en contrepartie, signifie qu’une légère majorité d’entre eux l’ont obtenu au Canada. À l’inverse, chez les immigrants de PLOP français-anglais et chez les immigrants non francophones, une minorité a obtenu son plus haut certificat ou diplôme au Canada, alors que 59 % et 53 % respectivement l’ont reçu d’une institution étrangère.

Tableau 7.3 : Des immigrants définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) selon le lieu d’obtention du certificat ou diplôme le plus élevé, par sexe, population de 15 ans ou plus possédant un certificat ou un diplôme, Canada moins le Québec, 2011

Lieu du certificat ou diplôme Français Français et anglais Autre
Hommes : Diplôme ou grade canadien 11 465 9 310 730 935
Hommes : Diplôme ou grade étranger 12 140 14 485 836 270
Femmes : Diplôme ou grade canadien 13 590 10 835 750 090
Femmes : Diplôme ou grade étranger 11 085 14 525 837 620
Total : Diplôme ou grade canadien 25 055 20 150 1 481 025
Total : Diplôme ou grade étranger 23 225 29 010 1 673 890
Hommes : Diplôme ou grade étranger (pourcentage) 51 % 61 % 53 %
Femmes : Diplôme ou grade étranger (pourcentage) 45 % 57 % 53 %
Total : Diplôme ou grade étranger (pourcentage) 48,1 % 59,0 % 53,1 %

La catégorie « Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Deux facteurs principaux expliquent la proportion élevée d’immigrants à avoir reçu leur plus haut titre scolaire au Canada. D’une part, et comme on l’a déjà mentionné, plusieurs immigrants sont arrivés ou ont obtenu leur résidence permanente à un âge trop jeune pour avoir eu l’occasion d’étudier – ou de faire leurs études – à l’étranger. Selon l’ENM de 2011, près de 28 % des immigrants vivant au Canada à l’extérieur du Québec sont arrivés au Canada avant l’âge de 15 ans, et 23 % entre 15 et 24 ans. Dans certains travauxNote de bas de page 10, on considère que les immigrants arrivés au Canada (qui ont obtenu leur résidence permanente) avant l’âge de 28 ans ont une faible probabilité d’avoir pu faire leurs études universitaires à l’étranger. D’autre part, un certain nombre d’étudiants étrangers choisissent de demeurer au Canada à la fin de leurs études, et obtiennent donc leur résidence permanente après la fin de leurs études au Canada. L’ENM ne permet cependant pas de savoir quels sont les résidents permanents qui ont eu le statut d’étudiant étranger au Canada à un certain moment de leur vie.

L’âge au moment de l’obtention de la résidence permanente a des répercussions directes sur le pourcentage des immigrants ayant obtenu leur diplôme ou grade à l’étranger. Une minorité d’immigrants arrivés au Canada avant l’âge de 25 ans ont obtenu leur diplôme le plus élevé à l’étranger (figure 7.1). Avant l’âge de 15 ans, 94 % l’ont obtenu au Canada ; entre 15 et 24 ans, ce pourcentage se situe à un peu moins de 65 %. À partir de l’âge de 25 ans, la majorité des immigrants ont acquis leur certificat ou diplôme le plus élevé à l’étranger. Même à ces âges, on constate une certaine gradation : plus l’âge à l’obtention de la résidence permanente est élevé, plus la proportion de ceux qui ont obtenu leur plus haut titre scolaire à l’étranger est forte (pourcentages se situant entre 70 % et plus de 90 %), et plus la proportion de ceux qui l’ont obtenu au Canada est faible. Ces résultats confirment que les immigrants de PLOP français constituent le groupe dont la proportion de ceux et celles ayant obtenu leur plus haut titre scolaire à l’étranger est le plus faible, en particulier parmi ceux arrivés au pays à l’âge adulte (à 25 ans ou plus).

Figure 7.1 : Pourcentage des immigrants ayant obtenu leur plus haut certificat ou diplôme à l’étranger pour trois groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP), l’âge à l’obtention de la résidence permanente, population de 15 ans ou plus possédant un certificat ou un diplôme, Canada moins le Québec, 2011

Figure du pourcentage des immigrants ayant obtenu leur plus haut certificat ou diplôme à l’étranger pour trois groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP). Version texte ci-dessous.
Version texte : Pourcentage des immigrants ayant obtenu leur plus haut certificat ou diplôme à l’étranger pour trois groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP), l’âge à l’obtention de la résidence permanente, population de 15 ans ou plus possédant un certificat ou un diplôme, Canada moins le Québec, 2011
Âge Immigrants PLOP français Immigrants PLOP français et anglais Immigrants PLOP autre
0 à 14 5,6 % 8,7 % 6,3 %
15 à 24 33 % 32 % 37 %
25 à 34 60 % 71 % 71 %
35 à 44 75 % 87 % 84 %
45 à 54 81 % 93 % 89 %
55 et plus 87 % 96 % 94 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Parmi les immigrants qui ont acquis leur plus haut titre académique à l’étranger, il est utile de présenter des résultats sur les pays ou les régions où les études ont été complétées (on inclut ici les francophones nés au Canada à des fins de comparaison). Cinq entités géographiques (deux pays, trois régions) ont été distinguées : les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Europe francophone, le reste de l’Europe de l’Ouest avec l’Australie et la Nouvelle-ZélandeNote de bas de page 11, et enfin le reste du monde où on sait que le prestige des institutions d’enseignement y est moindre que dans les quatre premières entités géographiques. On a distingué l’Europe francophone en raison de la population d’intérêt que sont les immigrants de langue française. L’Europe francophone comprend les pays suivants : la France (sans ses départements et territoires outre-mer), la Belgique, la Suisse, le Luxembourg et Monaco. La contribution des deux derniers pays reste très marginale au groupe de la francophonie européenne.

Il existe d’importantes différences par pays ou région d’étude parmi ceux qui ont obtenu leur diplôme ou grade le plus élevé à l’étranger lorsqu’on compare les quatre groupes définis par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant. En premier lieu, 53 % des francophones (PLOP français) nés au Canada qui ont obtenu leur plus haut certificat ou diplôme à l’étranger l’ont obtenu aux États-Unis, le reste se répartissant entre les quatre autres entités géographiques (figure 7.2). Chez les immigrants, les distributions se présentent de façon totalement différente. D’un côté, une part non négligeable – un peu plus de 30 % - des immigrants de PLOP français ont acquis leur diplôme ou grade de scolarité le plus élevé en Europe francophone, surtout en France, et 60 % l’ont obtenu dans le reste du monde. Chez le reste des immigrants (incluant ceux de PLOP français-anglais) plus de 70 % des diplômes et grades ont été obtenus dans le reste du monde, c’est-à-dire dans un pays où le prestige des institutions d’enseignement est moindre qu’aux États-Unis et en Europe occidentale.

Figure 7.2. : Population pour quatre groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant selon le pays ou la région d’obtention du certificat ou diplôme le plus élevé, population de 15 ans ou plus possédant un certificat ou un diplôme obtenu à l’étranger, Canada moins le Québec, 2011

Figure de la population pour quatre groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant. Version texte ci-dessous.
Version texte : Population pour quatre groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant selon le pays ou la région d’obtention du certificat ou diplôme le plus élevé, population de 15 ans ou plus possédant un certificat ou un diplôme obtenu à l’étranger, Canada moins le Québec, 2011
Pays/Région Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP français et anglais Immigrants PLOP autre
États-Unis 67 % 7 % 4 % 8 %
Royaume-Uni 11 % 4 % 2 % 11 %
Europe francophone 13 % 42 % 8 % 1 %
Reste de l'Europe de l'ouest, Australie, Nouvelle-Zélande 7 % 7 % 39 % 19 %
Reste du monde 3 % 40 % 47 % 61 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

7.3 Champ d’études

L’ENM de 2011 permet d’examiner le champ d’études du certificat ou diplôme le plus élevé obtenu au Canada ou à l’étranger. On a restreint ici l’analyse aux champs d’études des titres universitaires, excluant du même coup les certificats et les diplômes de métiers où les femmes sont peu représentées. Dix champs d’études principaux ont été définis à partir de la classification détaillée des différentes catégories (plus de mille) proposées dans l’ENM.

D’emblée, ce sont les différences entre hommes et femmes qui apparaissent d’abord comme les plus frappantes, un résultat des trajectoires différentielles selon le sexe qui prévalent encore de nos jours dans les choix de carrière via l’éducation et la participation au marché du travail (graphiques 7.3-a et b). On note ainsi que les hommes possèdent des études d’ingénieur dans une proportion plus grande que les femmes. Celles-ci, par contre, sont surreprésentées par rapport à leurs homologues masculins dans les domaines de la santé, de l’éducation et des sciences humaines.

On observe des différences importantes entre les groupes définis par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant. Les natifs de langue française se distinguent d’abord des immigrants par le fait qu’une faible proportion d’entre eux détiennent un diplôme universitaire d’ingénieur et, dans une moindre mesure, un diplôme universitaire en sciences naturelles ; à l’inverse, ils sont proportionnellement plus nombreux à détenir un certificat ou un diplôme en éducation. Les immigrants de PLOP français se démarquent du reste des immigrants (de PLOP français-anglais et non francophones) également par le plus faible pourcentage d’entre eux qui possèdent un titre universitaire d’ingénieur; ils sont cependant davantage représentés en éducation, ce qui est particulièrement évident chez les femmes.

Figure 7.3: Population pour quatre groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant selon le champ d’études du certificat ou diplôme universitaire le plus élevé, population de 15 ans ou plus possédant un certificat ou un diplôme universitaire, par sexe, Canada moins le Québec, 2011

Panel A : Hommes
Figure des hommes. Version texte ci-dessous.
Version texte : Hommes
Champ d’études Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP français et anglais Immigrants PLOP autre
Études en génie 13 % 22 % 33 % 30 %
Sciences naturelles 7 % 8 % 9 % 9 %
Santé 8 % 7 % 8 % 8 %
Informatique 5 % 8 % 8 % 9 %
Éducation 17 % 6 % 3 % 4 %
Sciences sociales et du comportement 15 % 14 % 12 % 10 %
Sciences humaines 9 % 9 % 7 % 6 %
Arts, sports et loisirs, communication 2 % 2 % 1 % 2 %
Affaires et commerce 22 % 22 % 17 % 19 %
Autres champs d'étude 2 % 2 % 2 % 3 %
Panel B : Femmes
Figure des femmes. Version texte ci-dessous.
Version texte : Femmes
Champ d’études Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP français et anglais Immigrants PLOP autre
Études en génie 2 % 5 % 11 % 8 %
Sciences naturelles 5 % 6 % 8 % 8 %
Santé 15 % 11 % 11 % 15 %
Informatique 1 % 4 % 4 % 5 %
Éducation 31 % 16 % 9 % 11 %
Sciences sociales et du comportement 16 % 18 % 17 % 15 %
Sciences humaines 11 % 17 % 17 % 12 %
Arts, sports et loisirs, communication 3 % 1 % 4 % 3 %
Affaires et commerce 15 % 20 % 19 % 20 %
Autres champs d'étude 1 % 1 % 1 % 1 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Les immigrants non francophones et les immigrants de PLOP français-anglais présentent des distributions similaires selon le champ d’études du plus haut certificat ou diplôme universitaire. Les diplômes d’ingénieur y sont en proportion nettement plus élevée que chez les natifs et les immigrants de langue française, alors qu’ils sont peu représentés en éducation. Dans d’autres disciplines, notamment celles liées à la santé et aux affaires et commerce, les quatre groupes affichent des proportions similaires.

Les immigrants de PLOP français se distinguent à la fois des personnes francophones nées au Canada et du reste des immigrants (de PLOP français-anglais et non francophones) en termes de leur niveau d’éducation et des caractéristiques des diplômes obtenus.

7.4 Variations régionales des niveaux d’études universitaires

Les variations régionales sont examinées au moyen de la proportion des personnes détenant un diplôme ou un certificat universitaire complété. Étant donné les fortes variations selon l’âge (ou cohorte de naissances) et le sexe des niveaux d’éducation parmi la population, les proportions ont été standardisées par âge et sexe pour neutraliser les effets de la composition par âge et sexe de chaque groupe sur les proportions calculées.

Les résultats montrent qu’entre 40 % et 55 % des immigrants francophones à l’extérieur du Québec possèdent un diplôme ou un certificat universitaire, des proportions bien supérieures à celles des deux autres groupes (graphiques 7.4-a et b), sauf en Atlantique où cette proportion est légèrement plus élevée pour les immigrants non francophones (43.4 % contre 42 %) et à Ottawa où ces deux mêmes groupes affichent des proportions presque identiques. Des trois groupes, c’est parmi les personnes nées au Canada que les proportions sont les plus faibles (entre 15 % et 40 %). Ce résultat n’a rien de surprenant étant donné le processus de sélection (lequel tient compte notamment du niveau de scolarité) auquel sont soumis une partie des immigrants qui veulent venir s’établir au Canada.

De 2006 à 2011, on a observé une augmentation générale de la proportion de personnes titulaires d’un diplôme ou d’un grade universitaire, indépendamment de leur groupe linguistique ou de leur région. La seule exception s’observe chez les immigrants de PLOP français des Prairies qui ont enregistré une baisse de 47,1 % en 2006 à 41,7 % en 2011. Le niveau de l’augmentation de la proportion de personnes titulaires d’un diplôme ou d’un grade universitaire différait d’une région à l’autre. L’augmentation la plus prononcée est survenue chez les immigrants de PLOP français en Alberta, dont 40,6 % étaient titulaires d’un diplôme ou d’un grade universitaire en 2006 et 49,7 % en 2011. Cependant, l’augmentation n’était pas aussi prononcée chez les natifs de PLOP français en Alberta, soit de 19,9 % en 2006 à 22,4 % en 2011. Par conséquent, la différence entre natifs de PLOP français et immigrants de PLOP français en Alberta est plus importante en 2011 (écart de 21 points de pourcentage en 2006 contre un écart de 27 points de pourcentage en 2011). La proportion de personnes titulaires d’un diplôme ou d’un grade universitaire en Colombie-Britannique s’est accrue de 4 à 5 points de pourcentage chez les trois groupes linguistiques entre 2006 et 2011.

Dans les RMR, la différence entre les immigrants de PLOP français titulaires d’un diplôme ou d’un grade universitaire d’une part et les natifs de PLOP français et les immigrants non francophones d’autre part est moins prononcée en 2011 qu’en 2006. Par exemple, à Moncton, 49,2 % des immigrants de PLOP français, 28,5 % des immigrants non francophones et 23,2 % des francophones nés au Canada étaient titulaires d’un diplôme ou d’un grade universitaire en 2006. En 2011, ces proportions étaient respectivement de 46,9 %, 37,7 % et 27,9 %. L’écart de 20 points de pourcentage entre les immigrants francophones et non francophones observé en 2006 s’est rétréci à moins de 10 en 2011. Un changement similaire s’est produit à Winnipeg (écart de 21 points de pourcentage entre ces deux groupes en 2006 contre un écart de 9 points cinq ans plus tard).

Ce n’est qu’à Calgary que les immigrants de PLOP français titulaires d’un diplôme ou d’un grade universitaire ont enregistré une augmentation plus importante que les natifs de PLOP français et les immigrants non francophones, soit 10 points de pourcentage.

En résumé, les immigrants de PLOP français possèdent un niveau d’éducation semblable à celui des immigrants de PLOP français-anglais, mais plus élevé que celui des natifs et des immigrants non francophones, et ce, tant chez les hommes que chez les femmes. Les immigrants de PLOP français se distinguent des autres groupes d’immigrants par la plus forte proportion d’entre eux qui ont obtenu leur diplôme ou certificat au Canada. De plus, parmi ceux qui ont obtenu leur diplôme ou certificat à l’étranger, une plus forte proportion l’a obtenu en Europe occidentale, surtout dans un pays de la francophonie, la France en tête.

Par ailleurs, une plus faible proportion des immigrants de PLOP français ont acquis un diplôme ou certificat universitaire d’études d’ingénieur comparativement aux autres immigrants (de PLOP français-anglais et non francophones).

À partir de ces résultats, il est difficile de prédire les chances de réussite sur le marché du travail des immigrants de PLOP français comparativement à celles des aux autres immigrants. D’un côté, le niveau de scolarité et le lieu d’obtention du diplôme ou du certificat tendraient à favoriser leur insertion sur le marché du travail canadien; d’un autre côté, la faible proportion d’entre eux possédant un diplôme ou un certificat d’ingénieur, une profession en demande sur le marché du travail au Canada, pourrait avoir l’effet contraire.

Figure 7.4 : Proportion (standardisée par âge et sexe) de la population (de 25 à 64 ans) de trois groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) (après redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant détenant un certificat ou un diplôme universitaire, Canada moins le Québec, 2011

Panel A : Par région
Figure par région. Version texte ci-dessous.
Version texte : Par région
Région Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP autre
Atlantique 18 % 42 % 43 %
Ontario 23 % 49 % 35 %
Prairies 22 % 42 % 32 %
Alberta 22 % 50 % 37 %
Colombie-Britannique 29 % 51 % 36 %
Panel B : Pour quelques régions métropolitaines de recensement (RMR)
Figure pour quelques régions métropolitaines de recensement (RMR). Version texte ci-dessous.
Version texte : Pour quelques régions métropolitaines de recensement (RMR)
Régions métropolitaines Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP autre
Moncton 28 % 47 % 38 %
Ottawa 33 % 47 % 48 %
Toronto 42 % 53 % 36 %
Winnipeg 27 % 42 % 33 %
Calgary 33 % 55 % 41 %
Vancouver 37 % 55 % 37 %
Reste du pays 16 % 42 % 30 %

Standard utilisé: natifs de première langue officielle française (après redistribution de la catégorie français et anglais) vivant en Ontario.

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée après redistribution de la catégorie français et anglais. La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

La région de l'Atlantique comprend les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick. La région des Prairies comprend les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan. Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

8 Participation au marché du travail

La participation au marché constitue un marqueur essentiel de l’insertion économique des immigrants à la société canadienne. L’analyse proposée ici comprend une étude descriptive des taux d’activité et de chômage saisie au moment de l’ENM de 2011 et une étude plus complexe où on fait intervenir plusieurs variables de façon simultanée pour expliquer les variations du taux d’activité et du taux de chômage entre les groupes d’immigrants définis par la première langue officielle parlée (PLOP).

8.1 Taux d’activité et taux de chômage

Un premier regard d’ensemble à la participation au marché du travail des immigrants de PLOP français au moment de l’ENM de 2011Note de bas de page 12 indique que la situation des hommes se distingue de celle des francophones nés au Canada et aux immigrants non francophones. Leur taux global d’activité (tous âges actifs confondus) se situe à 73,1 % alors qu’il est de 68,3 % tant chez les natifs de langue française que chez les immigrants non francophones (tableau 8.1). Avec un taux de 9 %, le taux de chômage des immigrants de PLOP français est légèrement plus élevé que celui des natifs (8,7 %) et des immigrants non francophones (7 %), mais moins élevé que celui des immigrants de PLOP français et anglais qui présentent le taux le taux masculin le plus élevé.

On observe également des différences entre les groupes chez les femmes. Si le taux d’activité des femmes immigrantes de PLOP français est presque le même que celui des natives de PLOP français (60,9 % et 59,5 % respectivement), il est nettement supérieur à celui des immigrantes non francophones (56,4 %). Par contre, le taux de chômage des immigrantes de PLOP français et de PLOP français et anglais est supérieur à celui des deux autres groupes, soit 10,5 % et 11,4 % pour les deux premiers groupes contre 6,2 % pour les natifs de PLOP français et de 8,7 % pour les immigrantes non francophones.

Ces indicateurs sont très sensibles à la structure par âge de la population. En effet, tant la participation au marché du travail que la probabilité de se trouver en situation de recherche d’emploi (en chômage) dépendent en bonne partie de la position des individus dans leur cycle de vie. Les jeunes sont particulièrement touchés par le chômage en raison de leur manque d’expérience sur le marché du travail. De plus, il y a des différences selon le sexe, entre autres dû au fait que les femmes doivent souvent interrompre leur emploi pour des raisons familiales, notamment liées à la naissance d’enfants.

Tableau 8.1 : Situation d’emploi de la population de 15 ans ou plus pour quatre groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant, par sexe, Canada moins le Québec, 2011

Hommes
Population Occupé En chômage Hors population active Total Taux d'activité % Taux de chômage %
Natifs PLOP français 219 795 21 040 111 870 352 710 68,3 % 8,7 %
Immigrants PLOP français 21 330 2 105 8 630 32 060 73,1 % 9,0 %
Immigrants PLOP français et anglais 21 485 2 460 9 760 33 710 71,0 % 10,3 %
Immigrants PLOP autre 1 607 625 121 690 804 420 2 533 735 68,3 % 7,0 %
Femmes
Population Occupé En chômage Hors population active Total Taux d'activité % Taux de chômage %
Natifs PLOP français 213 785 14 210 155 005 383 000 59,5 % 6,2 %
Immigrants PLOP français 19 885 2 340 14 235 36 455 60,9 % 10,5 %
Immigrants PLOP français et anglais 20 480 2 630 13 955 37 060 62,3 % 11,4 %
Immigrants PLOP autre 1 454 930 137 945 1 229 975 2 822 845 56,4 % 8,7 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « PLOP autres » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

L’analyse des taux d’activité et de chômage par âge ajoute quelques détails intéressants aux résultats déjà présentés pour la population dans son ensemble. En ce qui concerne les taux d’activité, les natifs de langue française, tant les hommes que les femmes, se distinguent des autres groupes par des taux plus élevés aux jeunes âges (15-34 ans chez les hommes, 15-44 ans chez les femmes) et plus bas chez les personnes de 55 à 64 ans (figure 8.1-a). Les courbes par âge des trois groupes d’immigrants sont similaires.

Les courbes des taux de chômage offrent une plus grande variabilité en fonction de l’âge, surtout chez les femmes (figure 8.1-b). Le taux de chômage élevé chez les jeunes se vérifie chez les quatre groupes et pour les deux sexes. Il atteint un sommet chez les immigrants masculins de PLOP français et anglais avec 28 % alors que chez les femmes le maximum s’observe chez les immigrantes de PLOP français (26 %). Le taux de chômage demeure élevé, au-dessus de 10 %, chez les hommes immigrants de PLOP français et de PLOP français et anglais âgés de 25 à 34 ans. Par contre, chez les femmes, le taux de chômage reste élevé chez les trois groupes d’immigrants à tous les groupes d’âge, sauf à 55-64 ans.

Par rapport au mois de mai 2006, le changement le plus notable est l’augmentation presque généralisée du taux de chômage. Il faut toutefois garder à l’esprit que le chômage est un phénomène particulièrement sensible à la conjoncture économique. Les variations par rapport à 2006 indiquent un accroissement du chômage pouvant atteindre jusqu’à plus de 14 points de pourcentage. Par exemple, chez les hommes immigrants de PLOP français et anglais âgés de 15 à 24 ans, de 13 % en 2006 à 28 % en 2011, ce qui signifie un doublement en cinq ans.Note de bas de page 13

Figure 8.1 : Taux d’activité et taux de chômage chez quatre groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant, par groupe d’âge et sexe, Canada moins le Québec, 2011

Panel A : Taux d'activité - Hommes
Figure du taux d'activité - Hommes. Version texte ci-dessous.
Version texte : Taux d'activité - Hommes
Groupe d'âge Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP français et anglais Immigrants PLOP autre
15 à 24 67 % 49 % 45 % 52 %
25 à 34 93 % 88 % 86 % 89 %
35 à 44 92 % 93 % 93 % 92 %
45 à 54 88 % 92 % 91 % 90 %
55 à 64 64 % 79 % 80 % 74 %
Panel B : Taux d'activité - Femmes
Figure du taux d'activité - Femmes. Version texte ci-dessous.
Version texte : Taux d'activité - Femmes
Groupe d'âge Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP français et anglais Immigrants PLOP autre
15 à 24 67 % 48 % 46 % 52 %
25 à 34 88 % 76 % 72 % 74 %
35 à 44 88 % 80 % 78 % 77 %
45 à 54 82 % 82 % 81 % 78 %
55 à 64 51 % 62 % 65 % 57 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011

Panel C : Taux de chômage - Hommes
Figure du taux de chômage - Hommes. Version texte ci-dessous.
Version texte : Taux de chômage - Hommes
Groupe d'âge Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP français et anglais Immigrants PLOP autre
15 à 24 16 % 19 % 28 % 19 %
25 à 34 7 % 11 % 11 % 7 %
35 à 44 6 % 8 % 8 % 5 %
45 à 54 7 % 8 % 7 % 6 %
55 à 64 10 % 6 % 7 % 7 %
Panel D : Taux de chômage - Femmes
Figure du taux de chômage - Femmes. Version texte ci-dessous.
Version texte : Taux de chômage - Femmes
Groupe d'âge Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP français et anglais Immigrants PLOP autre
15 à 24 15 % 26 % 23 % 19 %
25 à 34 6 % 12 % 10 % 11 %
35 à 44 4 % 12 % 10 % 8 %
45 à 54 5 % 7 % 9 % 7 %
55 à 64 6 % 5 % 6 % 7 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

8.2 Variations régionales de l’activité et du chômage

Dans cette sous-section on examine les variations régionales du taux d’activité et du taux de chômage chez trois groupes définis par la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant. Les variations par âge (ou cohorte de naissances) et sexe de ces deux indicateurs observées dans la population étant importantes, les taux ont été standardisés par âge et sexe.

Les taux d’activité affichent peu de variabilité entre les régions ou entre les six centres urbains inclus dans l’analyse et les différences entre les trois groupes sont minimes.

Il en va autrement des variations du taux de chômage. Dans quatre régions sur cinq et dans cinq RMR, le taux de chômage chez les immigrants francophones surpasse celui des natifs francophones (qui est en général le plus faible des trois groupes) et celui des immigrants non francophones (graphiques 8.3-a et b). Le taux de chômage des immigrants francophones se situe entre 7 % et 11 % (il est de 10,5 % à Winnipeg). Chez les francophones nés au Canada, le taux de chômage ne dépasse pas le niveau de 6 %, sauf en Atlantique où il atteint 10,6 %.

Figure 8.2 : Taux d’activité (standardisé par âge et sexe) chez la population (de 16 à 64 ans) de trois groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) (après redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 2011

Panel A : Par région
Figure par région. Version texte ci-dessous.
Version texte : Par région
Région Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP autre
Atlantique 78 % 83 % 79 %
Ontario 78 % 82 % 78 %
Prairies 83 % 80 % 83 %
Alberta 86 % 83 % 83 %
Colombie-Britannique 82 % 80 % 77 %
Panel B : Pour quelques régions métropolitaines de recensement (RMR)
Figure pour quelques régions métropolitaines de recensement (RMR). Version texte ci-dessous.
Version texte : Pour quelques régions métropolitaines de recensement (RMR)
Régions métropolitaines Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP autre
Moncton 81 % 82 % 78 %
Ottawa 80 % 78 % 76 %
Toronto 82 % 78 % 76 %
Winnipeg 83 % 84 % 80 %
Calgary 87 % 81 % 81 %
Vancouver 80 % 77 % 73 %
Reste du pays 76 % 77 % 77 %

Standard utilisé : natifs de première langue officielle française (après redistribution de la catégorie français et anglais) vivant en Ontario.

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée. La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

La région de l'Atlantique comprend les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick. La région des Prairies comprend les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan. Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Figure 8.3 : Taux de chômage (standardisé par âge et sexe) chez la population (de 16 à 64 ans) de trois groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) (après redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, Canada moins le Québec, 2011

Panel A : Par région
Figure par région. Version texte ci-dessous.
Version texte : Par région
Région Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP autre
Atlantique 11 % 7 % 8 %
Ontario 4 % 9 % 8 %
Prairies 3 % 7 % 5 %
Alberta 4 % 8 % 5 %
Colombie-Britannique 6 % 9 % 7 %
Panel B : Pour quelques régions métropolitaines de recensement (RMR)
Figure pour quelques régions métropolitaines de recensement (RMR). Version texte ci-dessous.
Version texte : Pour quelques régions métropolitaines de recensement (RMR)
Régions métropolitaines Natifs PLOP français Immigrants PLOP français Immigrants PLOP autre
Moncton 5 % 7 % 10 %
Ottawa 3 % 9 % 6 %
Toronto 5 % 8 % 8 %
Winnipeg 3 % 11 % 5 %
Calgary 4 % 9 % 6 %
Vancouver 5 % 9 % 7 %
Reste du pays 8 % 9 % 6 %

Standard utilisé : natifs de première langue officielle française (après redistribution de la catégorie français et anglais) vivant en Ontario.

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée. La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

La région de l'Atlantique comprend les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick. La région des Prairies comprend les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan. Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

8.3 Analyse multivariée de l’activité et du chômage

Pour mieux comprendre les facteurs qui influencent la participation au marché du travail des immigrants, on a utilisé l’analyse multivariée qui permet de mesurer l’effet d’une caractéristique donnée sur le taux d’activité et le taux de chômage tout en tenant compte de l’effet d’autres caractéristiques. Étant donné la nature des variables indépendantes qui se présentent sous la forme binaire 0/1, la régression logistique a été choisie pour procéder aux analyses. Dix modèles ont été élaborés, cinq pour les taux d’activité et cinq pour les taux de chômage.

On a élaboré les mêmes cinq modèles pour chaque phénomène, soit le taux d’activité et le taux de chômage. Les trois premiers sont spécifiques à chaque groupe d’immigrants : les immigrants de PLOP français, les immigrants de PLOP français-anglais, et les immigrants non francophones. Les deux autres modèles sont propres à chaque sexe, mais incluent une variable pour la catégorie d’immigrants, ce qui permet de comparer le taux d’activité et de chômage de ces trois groupes en tenant compte de l’effet des autres variables indépendantes sur la variable explicative.

Un nombre restreint de variables explicatives (covariantes) ont été retenues, l’ENM présentant certaines limites pour l’analyse causale, entre autres parce qu’elle compte peu de variables antérieures au phénomène étudié ou rétrospectives essentielles pour l’analyse causaleNote de bas de page 14. Les variables explicatives incluses dans les modèles se regroupent en trois types. En premier lieu, les variables de contrôle dont on connait bien la relation avec le phénomène étudié, mais qui sont essentielles à la modélisation. Leur omission pourrait entraîner une mauvaise spécification du modèle et invalider les résultats obtenus. Il s’agit du sexe et de l’âge. En deuxième lieu, les variables mesurées en même temps que les variables indépendantes : la connaissance de l’anglais et du français, le lieu de résidence au moment du recensement et la catégorie d’immigrants définie par la première langue officielle parlée (PLOP). L’effet causal de ces quatre variables sur les taux d’activité et de chômage est incertain puisqu’elles peuvent aussi bien être la conséquence que la cause du phénomène à l'étude, ou les deux à la fois. C’est le problème de l’endogénéité bien connu des économètres. Les modèles pourront nous renseigner sur la relation entre ces variables et la variable indépendante, mais toute interprétation causale serait plus hasardeuse. Enfin, trois variables ont un caractère rétrospectif, c’est-à-dire qu’elles se réfèrent à un moment dans le temps antérieur au jour de l’ENM, rendant possible l’inférence causale : la période d’obtention de la résidence permanente, l’obtention d’un diplôme universitaire et le continent de naissance.

Les tableaux 8.2 à 8.5 présentent les résultats des régressions logistiques, soit les rapports de cotes (odds-ratio), le niveau de signification statistique des coefficients et les taux prédits par le modèle. Le rapport de cotes mesure le niveau du taux (d’activité ou de chômage, selon le cas) exprimé par rapport à une catégorie de référence (identifiée par ref. dans les tableaux). La valeur des tests de signification est informative, car dans les modèles où le nombre d’observations est très grand, les tests de signification sont généralement positifs (on ne rejette pas l’hypothèse qu’il existe une différence statistiquement significative entre la catégorie d’intérêt et celle de référence pour la variable catégorique examinée). Les taux prédits (predicted probabilities) par les modèles sont particulièrement utiles parce que directement comparables aux taux calculés à partir des statistiques descriptives, et donc faciles à interpréter. Ce sont ces taux prédits dont nous discuterons dans les lignes qui suivent.

8.4 Taux d’activité

Les variations des taux d’activité dans la population offrent généralement peu de surprises. Les femmes sont moins présentes sur le marché du travail que les hommes, de même que les plus jeunes (15-24 ans) et les plus âgés (55-64 ans) par rapport aux groupes d’âge centraux (tableau 8.2). L’écart entre hommes et femmes atteint 13 points de pourcentage chez les immigrants de PLOP français et les immigrants de PLOP français-anglais, et un peu plus chez les immigrants non francophones, soit 16 points de pourcentage. Les taux d’activité par âge suivent un schéma qui est en tout point comparable à celles présentées au figure 8.1, avec un plateau entre 30 et 54 ans, plateau qui est semblable chez les trois groupes d’immigrants.

La connaissance des langues officielles chez les immigrants de PLOP français et chez les immigrants non francophones est associée à une plus forte participation à la population active. La différence entre ceux qui connaissent l’anglais et ceux qui ne le connaissent pas est importante : chez les immigrants de PLOP français, le taux d’activité est de 80,9 % chez ceux qui déclarent connaître anglais et de 71 % chez ceux qui déclarent ne pas le connaître. Ces pourcentages sont respectivement de 77,9 % et 62,8 % chez les immigrants non francophones. Quant à la connaissance du français, on observe bien une différence chez les immigrants non francophones, mais celle-ci reste peu importante, de l’ordre de 1,5 point de pourcentage.

La période d’obtention de la résidence permanente affecte la participation au marché du travail. L’acquisition récente (entre 2006 et 2011) de la résidence permanente déprécie le taux d’activité chez les trois groupes d’immigrants, bien que l’effet ne soit pas statistiquement significatif au niveau de 0,05 dans le cas des immigrants de PLOP français. Parmi les immigrants arrivés il y a plus longtemps, les variations de taux d’activité sont moins prononcées, bien qu’on note un effet de durée de résidence sur l’activité : plus les immigrants ont obtenu leur résidence il y a longtemps, plus leur participation au marché du travail est élevée, bien que cet effet de durée plafonne à partir de 1981 à 1990.

La possession d’un diplôme d’études universitaires accroît le taux d’activité, mais la différence entre les trois groupes d’immigrants est peu importante. Chez les immigrants de PLOP français par exemple, le taux d’activité des détenteurs d’un diplôme ou certificat universitaire est de presque 85,6 %, alors qu’il est de 78,2 % chez ceux qui ne possèdent pas un diplôme ou certificat universitaire. Ce différentiel se vérifie chez les deux autres groupes d’immigrants.

Le continent de naissance des immigrants se répercute sur les taux d’activité, et l’effet est légèrement distinct d’un groupe d’immigrants à l’autre. Avec un taux d’activité de moins de 75 %, la participation au marché du travail est la plus faible parmi les immigrants nés en Asie et dans la région du Pacifique chez les immigrants de PLOP français et anglais et chez les immigrants non francophones. Pour les immigrants de PLOP français, le taux d’activité prédit des ressortissants africains est de 75,3 % contre 81,4 % pour ceux originaires des Amériques. Dans le cas des immigrants de PLOP français-anglais et les immigrants non francophones, le taux d’activité des personnes nées en Afrique est à peine un peu plus élevé que celui des immigrants d’Asie et du Pacifique, alors que parmi la population immigrante de PLOP français, le taux d’activité des Africains est nettement plus faible que ceux originaires des trois autres continents.

Il n’y a pas d’effets statistiquement significatifs de la région de résidence sur les taux d’activité pour les immigrants francophones (PLOP français et PLOP français-anglais). Chez les immigrants non francophones, les taux prédits sont supérieurs à 80 % dans les Prairies, en Alberta et dans les Territoires et inférieurs à ce pourcentage dans les trois autres régions.

Les écarts entre les taux d’activité dans la population sont généralement plus grands parmi les femmes que parmi les hommes (tableau 8.3). Par exemple, la différence entre ceux qui parlent anglais et ceux qui ne le parlent pas est de plus de 10 points de pourcentage chez les hommes (84,5 % versus 73,0 %), mais atteint tout près de 18 points de pourcentage chez les femmes (72,3 % contre 54,6 %). Il en va de même pour la possession d’un titre universitaire : chez les hommes, le taux d’activité des diplômés universitaires est de 86,8 % contre 83,0 % pour les non-diplômés universitaires alors que chez les femmes les taux sont respectivement de 77,3 % et 68,2 %, soit une différence absolue d’environ 9 points de pourcentage. On observe la même tendance pour les trois groupes d’immigrants : le taux d’activité est assez semblable chez les hommes chez ces trois groupes avec des valeurs variant entre 83 % et 85 %, tandis que chez les femmes l’écart entre les deux valeurs extrêmes chez les trois groupes d’immigrants atteint 6 points de pourcentage.

On remarque que la période d’obtention de la résidence permanente, le continent de naissance et la région de résidence ont une influence significative sur les taux d’activité tant chez les hommes que chez les femmes : les immigrants récents, ceux nés en Afrique et en Asie-Pacifique de même que ceux qui résident en Atlantique, en Ontario et en Colombie-Britannique affichent les taux d’activité les plus faibles. Notons aussi que la connaissance du français accroît l’activité des femmes (73,1 % pour celles qui déclarent parler le français contre 70,8 % pour les autres) alors que pour les hommes cette caractéristique n’a pas d’effet sur leur taux d’activité.

8.5 Taux de chômage

Comme pour les taux d’activité, les taux de chômage selon l’âge prédits par les modèles de régression confirment les résultats calculés à partir des statistiques descriptives : chez les trois groupes d’immigrants, le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans est nettement plus important que celui des autres groupes d’âge (tableau 8.4). En particulier chez les 15-19 ans, il atteint plus de 20 % chez les trois groupes, avec un taux de plus de 25 % chez les immigrants de PLOP français-anglais. L’effet du sexe n’est significatif que pour les immigrants non francophones, soit 9,1 % chez les hommes et 11,1 % chez les femmes. L’absence de connaissance de l’anglais est associée à un taux de chômage plus élevé. Ainsi, le taux de chômage des immigrants de PLOP français et des immigrants non francophones qui déclarent ne pas connaître l’anglais est de quatre points de pourcentage supérieurs à ceux qui déclarent le connaître. Il n’y pas de différence significative dans les taux de chômage en fonction de la connaissance du français parmi les immigrants non francophones.

Les immigrants qui ont obtenu leur résidence permanente entre 2006 et 2011 affichent des taux de chômage supérieurs à 12 % chez les trois groupes d’immigrants. Chez les immigrants de PLOP français, ceux qui sont arrivés au pays durant la période quinquennale de 2001-2005 enregistrent un taux de chômage supérieur à 9 %.

L’effet de la possession d’un titre universitaire n’a d’effet significatif sur le chômage que pour les immigrants non francophones. Il réduit légèrement la probabilité d’être en chômage, mais la différence avec ceux qui ne détiennent pas un tel diplôme est faible, soit moins de deux points de pourcentage (7,3 % contre 8,9 %).

Le continent de naissance joue un rôle non négligeable sur le taux de chômage des immigrants. Les groupes les plus touchés par le chômage sont les Africains et les Asiatiques tandis que les Européens le sont le moins. Les ressortissants des Amériques ont un taux de chômage moins élevé que ceux d’Afrique, mais plus élevé que les immigrants originaires des deux autres continents, sauf chez les immigrants de PLOP français et anglais chez qui la différence entre les continents de naissance oppose essentiellement les immigrants d’Europe, avec un taux de 7,4 %, et le reste dont le taux de chômage est supérieur à 10,5 %.

L’analyse des taux de chômage par région de résidence permet de mettre en lumière de façon non équivoque le fait que les résidents de l’Alberta (et des Prairies dans les cas des immigrants non francophones) sont moins touchés par le chômage que les résidents des autres régions. Le chômage féminin est plus élevé que celui des hommes chez tous les sous-groupes sociodémographiques, y compris les groupes d’immigrants (tableau 8.5). Il y a cependant une exception : le taux de chômage des jeunes de 15-24 ans est plus important chez les hommes (23 % et 16 % chez les 15-19 ans et les 20-24 ans respectivement) que chez les femmes (20 % et 14 % chez les 15-19 ans et les 20-24 ans respectivement). Les différences entre groupes d’immigrants montrent que les immigrants de PLOP français-anglais présentent un taux de chômage supérieur aux immigrants non francophones tant chez les hommes que chez les femmes, mais il n’y a pas de différence significative entre les immigrants de PLOP français et les immigrants non francophones. Le tableau 8.5 montre que la connaissance de l’anglais est associée à des taux de chômage plus faibles tant chez les hommes que chez les femmes, tandis que la connaissance du français n’a pas d’effet sur le taux de chômage. Les immigrants récents (arrivés entre 2006 et 2011) affichent un taux prédit de chômage plus élevé et, en général, on constate que le taux de chômage tend à diminuer à mesure que la durée de résidence au Canada augmente. La possession d’un diplôme universitaire réduit la prévalence du chômage alors que le fait d’être né en Afrique l’accroît. Les immigrants qui résident en Alberta, dans les Prairies et dans les Territoires ont des taux prédits inférieurs à 7 %, alors que dans les autres régions le taux de chômage peut atteindre plus de 10 %, comme chez les femmes vivant en Atlantique et en Ontario. Finalement, les deux modèles présentés au tableau 8.5 indiquent qu’il n’y a pas de différence significative entre les immigrants de PLOP français et les immigrants non francophones. Par contre, les immigrants de PLOP français et anglais affichent des taux prédits significativement supérieurs aux deux autres groupes.

En résumé, l’analyse des taux d’activité et de chômage révèle somme toute le peu de différences qui existent entre les groupes d’immigrants. Ce sont les caractéristiques socioéconomiques qui dictent le degré d’insertion des immigrants au marché du travail canadien. La période d’arrivée au pays est déterminante à cet égard, tout comme l’est le continent de naissance – les ressortissants africains apparaissant particulièrement défavorisés. Il semble que la connaissance de l’anglais et la région de résidence jouent également un rôle non négligeable sur l’insertion économique des immigrants, mais comme on l’a mentionné au début de cette section, la direction de cause à effet entre ces deux caractéristiques et les taux d’activité et de chômage est incertaine.

Cette analyse multivariée a des limites. L’une d’elles est reliée au caractère conjoncturel de ces deux indicateurs, en particulier le taux de chômage, qui sont sensibles aux cycles économiques. En deuxième lieu, les modèles présentés comprennent un nombre limité de variables et ne tiennent pas compte de l’hétérogénéité non observée comme celle découlant, par exemple, de l’absence dans les modèles de la catégorie d’immigrant, de l’âge à l’arrivée ou de l’état matrimonial, etc. On ne tient pas compte non plus ici de l’effet du contexte local lui-même (présence d’autres francophones, d’immigrants de la même origine) sur les indicateurs. Enfin, il est légitime de se demander si le revenu ne serait pas une mesure plus adéquate pour mesurer l’intégration économique des immigrants francophones comme cela se fait dans de nombreuses études.

Il va de soi que les résultats découlant des analyses de régression ne constituent qu’un point de départ ; il reste beaucoup à faire pour mieux comprendre les facteurs associés au succès économique de ces immigrants francophones qui ont choisi de s’établir à l’extérieur du Québec.

Tableau 8.2 : Rapport de cotes (odds-ratio) et taux d’activité prédit (%) par un modèle de régression logistique sur le taux d’activité de trois groupes d’immigrants définis par la première langue officielle parlée selon certaines caractéristiques, population de 15 à 64 ans, Canada moins le Québec, 2011 (Nombre d'observations : Français = 10 964; Français et anglais = 11 889; Autre = 832 436)

Première langue officielle parlée : Français – Sexe
Sexe Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Femme (ref.) 2,007 0,000 63 %
Homme ... ... 76 %
Première langue officielle parlée : Français – Âge
Âge Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
15 à 19 0,107 0,000 38 %
20 à 24 ... ... 70 %
25 à 29 0,445 0,000 83 %
30 à 34 (ref.) 0,949 0,732 84 %
35 à 39 1,127 0,389 85 %
40 à 44 1,554 0,002 89 %
45 à 49 1,287 0,087 87 %
50 à 54 1,319 0,083 87 %
55 à 59 0,673 0,015 78 %
60 à 64 0,332 0,000 64 %
Première langue officielle parlée : Français – Connaissance de l'anglais
Connaissance de l'anglais Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Non (ref.) ... ... 71 %
Oui 1,860 0,000 81 %
Première langue officielle parlée : Français – Connaissance du français
Connaissance du français Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Non (ref.) ... ... ...
Oui ... ... ...
Première langue officielle parlée : Français – Période d'obtention de la résidence permanente
Période d'obtention de la résidence permanente Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
1980 ou avant (ref.) ... ... 78 %
1981 à 1990 1,510 0,004 84 %
1991 à 1995 1,372 0,019 82 %
1996 à 2000 1,265 0,114 81 %
2001 à 2005 1,306 0,074 82 %
2006 à 2011 0,855 0,266 76 %
Première langue officielle parlée : Français – Diplôme universitaire
Diplôme universitaire Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Non (ref.) ... ... 78 %
Oui 1,744 0,000 86 %
Première langue officielle parlée : Français – Continent de naissance
Continent de naissance Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Amériques 1,017 0,892 81 %
Europe (ref.) ... ... 81 %
Afrique 0,673 0,000 75 %
Asie et Pacifique 0,874 0,253 79 %
Première langue officielle parlée : Français – Région de résidence
Région de résidence Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Atlantique 1,206 0,291 83 %
Ontario (ref.) ... ... 80 %
Prairies 1,152 0,412 82 %
Alberta 1,131 0,238 82 %
Colombie-Britannique 0,856 0,180 78 %
Territoires 1,267 0,517 83 %
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Sexe
Sexe Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Femme (ref.) 1,932 0,000 59 %
Homme ... ... 72 %
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Âge
Âge Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
15 à 19 0,135 0,000 37 %
20 à 24 ... ... 69 %
25 à 29 0,555 0,000 76 %
30 à 34 (ref.) 0,789 0,087 80 %
35 à 39 1,284 0,069 83 %
40 à 44 1,439 0,011 85 %
45 à 49 1,470 0,009 85 %
50 à 54 1,167 0,323 82 %
55 à 59 0,862 0,356 77 %
60 à 64 0,329 0,000 58 %
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Connaissance de l'anglais
Connaissance de l'anglais Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Non (ref.) ... ... ...
Oui ... ... ...
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Connaissance du français
Connaissance du français Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Non (ref.) ... ... ...
Oui ... ... ...
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Période d'obtention de la résidence permanente
Période d'obtention de la résidence permanente Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
1980 ou avant (ref.) ... ... 77 %
1981 à 1990 1,166 0,421 79 %
1991 à 1995 1,347 0,084 81 %
1996 à 2000 1,008 0,966 77 %
2001 à 2005 0,906 0,586 75 %
2006 à 2011 0,682 0,038 70 %
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Diplôme universitaire
Diplôme universitaire Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Non (ref.) ... ... 75 %
Oui 1,550 0,000 81 %
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Continent de naissance
Continent de naissance Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Amériques 0,961 0,700 81 %
Europe (ref.) ... ... 82 %
Afrique 0,580 0,000 73 %
Asie et Pacifique 0,551 0,000 72 %
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Région de résidence
Région de résidence Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Atlantique 1,097 0,743 78 %
Ontario (ref.) ... ... 76 %
Prairies 1,317 0,194 80 %
Alberta 1,152 0,182 79 %
Colombie-Britannique 0,977 0,786 76 %
Territoires 1,123 0,907 78 %
Première langue officielle parlée : Autre – Sexe
Sexe Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Femme (ref.) 2,196 0,000 55 %
Homme ... ... 71 %
Première langue officielle parlée : Autre – Âge
Âge Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
15 à 19 0,109 0,000 36 %
20 à 24 ... ... 69 %
25 à 29 0,472 0,000 80 %
30 à 34 (ref.) 0,899 0,000 82 %
35 à 39 1,096 0,000 83 %
40 à 44 1,203 0,000 84 %
45 à 49 1,177 0,000 84 %
50 à 54 0,984 0,337 82 %
55 à 59 0,604 0,000 74 %
60 à 64 0,246 0,000 55 %
Première langue officielle parlée : Autre – Connaissance de l'anglais
Connaissance de l'anglais Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Non (ref.) ... ... 63 %
Oui 2,323 0,000 78 %
Première langue officielle parlée : Autre – Connaissance du français
Connaissance du français Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Non (ref.) ... ... 77 %
Oui 1,116 0,000 78 %
Première langue officielle parlée : Autre – Période d'obtention de la résidence permanente
Période d'obtention de la résidence permanente Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
1980 ou avant (ref.) ... ... 76 %
1981 à 1990 1,311 0,000 80 %
1991 à 1995 1,272 0,000 80 %
1996 à 2000 1,036 0,017 77 %
2001 à 2005 0,930 0,000 75 %
2006 à 2011 0,708 0,000 71 %
Première langue officielle parlée : Autre – Diplôme universitaire
Diplôme universitaire Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Non (ref.) ... ... 75 %
Oui 1,569 0,000 82 %
Première langue officielle parlée : Autre – Continent de naissance
Continent de naissance Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Amériques 0,989 0,410 79 %
Europe (ref.) ... ... 79 %
Afrique 0,807 0,000 76 %
Asie et Pacifique 0,755 0,000 75 %
Première langue officielle parlée : Autre – Région de résidence
Région de résidence Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Atlantique 0,991 0,780 76 %
Ontario (ref.) ... ... 76 %
Prairies 1,487 0,000 82 %
Alberta 1,379 0,000 81 %
Colombie-Britannique 1,025 0,005 76 %
Territoires 2,739 0,000 88 %

La région de l'Atlantique comprend les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick. La région des Prairies comprend les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan.

La catégorie « Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Le rapport de cotes (ou rapport de risques) mesure la variation relative de l’effet de la catégorie sur la variable indépendante par rapport à la catégorie de référence (indiquée par « ref »). Il s’agit d’un ratio dont la valeur varie entre 0 et l’infini.

Le niveau de signification donne la probabilité que l’effet de la catégorie sur la variable indépendante soit le même que celui de la catégorie de référence. Sa valeur varie de 0 à 1.

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Tableau 8.3 : Rapport de cotes (odds-ratio) et taux d’activité prédit (%) par un modèle de régression logistique sur le taux d’activité de la population immigrante d'hommes et de femmes selon certaines caractéristiques, Canada moins le Québec, 2011 (Nombre d'observations : Hommes = 405 622; Femmes = 449 667)

Âge
Âge Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux d'activité prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux d'activité prédit (%) (Femmes)
15 à 19 0,048 0,000 33 % 0,214 0,000 40 %
20 à 24 0,228 0,000 69 % 0,744 0,000 69 %
25 à 29 0,638 0,000 86 % 1,024 0,273 75 %
30 à 34 (ref.) ... ... 90 % ... ... 75 %
35 à 39 1,222 0,000 92 % 1,056 0,006 76 %
40 à 44 1,048 0,155 91 % 1,261 0,000 79 %
45 à 49 0,910 0,003 90 % 1,290 0,000 79 %
50 à 54 0,772 0,000 88 % 1,069 0,001 76 %
55 à 59 0,465 0,000 82 % 0,662 0,000 67 %
60 à 64 0,194 0,000 66 % 0,269 0,000 46 %
Connaissance de l'anglais
Connaissance de l'anglais Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux d'activité prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux d'activité prédit (%) (Femmes)
Non (ref.) ... ... 73 % ... ... 55 %
Oui 2,287 0,000 85 % 2,329 0,000 72 %
Connaissance du français
Connaissance du français Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux d'activité prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux d'activité prédit (%) (Femmes)
Non (ref.) ... ... 84 % ... ... 71 %
Oui 0,997 0,924 84 % 1,138 0,000 73 %
Période d'obtention de la résidence permanente
Période d'obtention de la résidence permanente Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux d'activité prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux d'activité prédit (%) (Femmes)
1980 ou avant (ref.) ... ... 82 % ... ... 72 %
1981 à 1990 1,391 0,000 86 % 1,251 0,000 76 %
1991 à 1995 1,446 0,000 86 % 1,177 0,000 75 %
1996 à 2000 1,300 0,000 85 % 0,917 0,000 70 %
2001 à 2005 1,250 0,000 84 % 0,793 0,000 68 %
2006 à 2011 0,915 0,000 81 % 0,603 0,000 62 %
Diplôme universitaire
Diplôme universitaire Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux d'activité prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux d'activité prédit (%) (Femmes)
Non (ref.) ... ... 83 % ... ... 68 %
Oui 1,417 0,000 87 % 1,654 0,000 77 %
Continent de naissance
Continent de naissance Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux d'activité prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux d'activité prédit (%) (Femmes)
Amériques 1,002 0,943 85 % 0,980 0,206 73 %
Europe (ref.) ... ... 85 % ... ... 74 %
Afrique 0,797 0,000 83 % 0,788 0,000 69 %
Asie et Pacifique 0,747 0,000 82 % 0,757 0,000 69 %
Région de résidence
Région de résidence Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux d'activité prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux d'activité prédit (%) (Femmes)
Atlantique 0,922 0,118 82 % 1,066 0,113 71 %
Ontario (ref.) ... ... 83 % ... ... 70 %
Prairies 1,542 0,000 88 % 1,431 0,000 76 %
Alberta 1,587 0,000 88 % 1,265 0,000 74 %
Colombie-Britannique 0,980 0,155 83 % 1,048 0,000 71 %
Territoires 2,379 0,000 91 % 2,848 0,000 86 %
Groupe d’immigrants
Groupe d’immigrants Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux d'activité prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux d'activité prédit (%) (Femmes)
PLOP français 1,131 0,058 85 % 1,123 0,014 73 %
PLOP français et anglais 0,909 0,108 83 % 0,818 0,000 67 %
PLOP autre (ref.) ... ... 84 % ... ... 71 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

La région de l'Atlantique comprend les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick. La région des Prairies comprend les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan.

Le rapport de cotes (ou rapport de risques) mesure la variation relative de l’effet de la catégorie sur la variable indépendante par rapport à la catégorie de référence (indiquée par « ref »). Il s’agit d’un ratio dont la valeur varie entre 0 et l’infini."

Le niveau de signification donne la probabilité que l’effet de la catégorie sur la variable indépendante soit le même que celui de la catégorie de référence. Sa valeur varie de 0 à 1.

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Tableau 8.4 : Rapport de cotes (odds-ratio) et taux de chômage prédit (%) par un modèle de régression logistique sur le taux de chômage de trois groupes d’immigrants définis par la première langue officielle parlée selon certaines caractéristiques, population de 15 à 64 ans, Canada moins le Québec, 2011 (Nombre d'observations : Français = 8 654; Français et anglais = 8 776; Autre = 633 036)

Première langue officielle parlée : Français – Sexe
Sexe Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux de chômage prédit (%)
Femme (ref.) ... ... 10 %
Homme 0,875 0,175 9 %
Première langue officielle parlée : Français – Âge
Âge Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux de chômage prédit (%)
15 à 19 3,422 0,000 23 %
20 à 24 1,724 0,010 13 %
25 à 29 1,064 0,777 9 %
30 à 34 (ref.) ... ... 8 %
35 à 39 0,956 0,814 8 %
40 à 44 0,966 0,857 8 %
45 à 49 0,767 0,192 6 %
50 à 54 0,926 0,721 8 %
55 à 59 0,666 0,087 6 %
60 à 64 0,764 0,338 6 %
Première langue officielle parlée : Français – Connaissance de l'anglais
Connaissance de l'anglais Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux de chômage prédit (%)
Non (ref.) ... ... 12 %
Oui 0,651 0,001 8 %
Première langue officielle parlée : Français – Connaissance du français
Connaissance du français Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux de chômage prédit (%)
Non (ref.) ... ... ...
Oui ... ... ...
Première langue officielle parlée : Français – Période d'obtention de la résidence permanente
Période d'obtention de la résidence permanente Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux de chômage prédit (%)
1980 ou avant (ref.) ... ... 8 %
1981 à 1990 0,570 0,012 5 %
1991 à 1995 0,799 0,318 6 %
1996 à 2000 1,090 0,700 8 %
2001 à 2005 1,250 0,284 10 %
2006 à 2011 1,924 0,001 14 %
Première langue officielle parlée : Français – Diplôme universitaire
Diplôme universitaire Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux de chômage prédit (%)
Non (ref.) ... ... 9 %
Oui 0,824 0,059 8 %
Première langue officielle parlée : Français – Continent de naissance
Continent de naissance Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux de chômage prédit (%)
Amériques 1,599 0,004 10 %
Europe (ref.) ... ... 7 %
Afrique 1,856 0,000 12 %
Asie et Pacifique 1,266 0,241 9 %
Première langue officielle parlée : Français – Région de résidence
Région de résidence Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux de chômage prédit (%)
Atlantique 0,660 0,072 6 %
Ontario (ref.) ... ... 9 %
Prairies 0,932 0,780 8 %
Alberta 0,705 0,036 6 %
Colombie-Britannique 1,028 0,851 9 %
Territoires 1,415 0,460 12 %
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Sexe
Sexe Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux de chômage prédit (%)
Femme (ref.) ... ... 11 %
Homme 0,946 0,554 10 %
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Âge
Âge Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux de chômage prédit (%)
15 à 19 3,961 0,000 27 %
20 à 24 2,889 0,000 21 %
25 à 29 1,285 0,187 11 %
30 à 34 (ref.) ... ... 9 %
35 à 39 1,150 0,441 10 %
40 à 44 0,775 0,196 7 %
45 à 49 1,056 0,796 9 %
50 à 54 0,918 0,690 8 %
55 à 59 1,077 0,776 9 %
60 à 64 0,716 0,293 6 %
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Connaissance de l'anglais
Connaissance de l'anglais Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux de chômage prédit (%)
Non (ref.) ... ... ...
Oui ... ... ...
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Connaissance du français
Connaissance du français Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux de chômage prédit (%)
Non (ref.) ... ... ...
Oui ... ... ...
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Période d'obtention de la résidence permanente
Période d'obtention de la résidence permanente Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
1980 ou avant (ref.) ... ... 10 %
1981 à 1990 0,471 0,034 5 %
1991 à 1995 0,770 0,405 8 %
1996 à 2000 0,885 0,712 9 %
2001 à 2005 1,110 0,746 11 %
2006 à 2011 1,861 0,057 17 %
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Diplôme universitaire
Diplôme universitaire Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Non (ref.) ... ... 11 %
Oui 0,855 0,131 9 %
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Continent de naissance
Continent de naissance Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Amériques 1,530 0,002 11 %
Europe (ref.) ... ... 7 %
Afrique 1,591 0,001 11 %
Asie et Pacifique 1,703 0,000 12 %
Première langue officielle parlée : Français et anglais – Région de résidence
Région de résidence Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Atlantique 1,452 0,145 15 %
Ontario (ref.) ... ... 11 %
Prairies 0,588 0,104 7 %
Alberta 0,436 0,000 6 %
Colombie-Britannique 0,852 0,245 10 %
Territoires 0,155 0,087 2 %
Première langue officielle parlée : Autre – Sexe
Sexe Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Femme (ref.) ... ... 11 %
Homme 0,798 0,000 9 %
Première langue officielle parlée : Autre – Âge
Âge Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
15 à 19 3,382 0,000 21 %
20 à 24 2,191 0,000 15 %
25 à 29 1,203 0,000 9 %
30 à 34 (ref.) ... ... 8 %
35 à 39 0,903 0,000 7 %
40 à 44 0,862 0,000 7 %
45 à 49 0,841 0,000 6 %
50 à 54 0,841 0,000 6 %
55 à 59 0,966 0,237 7 %
60 à 64 1,121 0,000 8 %
Première langue officielle parlée : Autre – Connaissance de l'anglais
Connaissance de l'anglais Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Non (ref.) ... ... 12 %
Oui 0,611 0,000 8 %
Première langue officielle parlée : Autre – Connaissance du français
Connaissance du français Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Non (ref.) ... ... 8 %
Oui 0,962 0,221 8 %
Première langue officielle parlée : Autre – Période d'obtention de la résidence permanente
Période d'obtention de la résidence permanente Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
1980 ou avant (ref.) ... ... 7 %
1981 à 1990 1,042 0,161 7 %
1991 à 1995 1,180 0,000 8 %
1996 à 2000 1,300 0,000 8 %
2001 à 2005 1,498 0,000 10 %
2006 à 2011 1,958 0,000 12 %
Première langue officielle parlée : Autre – Diplôme universitaire
Diplôme universitaire Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Non (ref.) ... ... 9 %
Oui 0,809 0,000 7 %
Première langue officielle parlée : Autre – Continent de naissance
Continent de naissance Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Amériques 1,241 0,000 9 %
Europe (ref.) ... ... 7 %
Afrique 1,676 0,000 11 %
Asie et Pacifique 1,279 0,000 9 %
Première langue officielle parlée : Autre – Région de résidence
Région de résidence Rapport de cotes (odds-ratio) Niveau de signification Taux d'activité prédit (%)
Atlantique 1,079 0,173 10 %
Ontario (ref.) ... ... 9 %
Prairies 0,541 0,000 5 %
Alberta 0,601 0,000 6 %
Colombie-Britannique 0,812 0,000 8 %
Territoires 0,334 0,000 3 %

La région de l'Atlantique comprend les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick. La région des Prairies comprend les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan.

La catégorie « Autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Le rapport de cotes (ou rapport de risques) mesure la variation relative de l’effet de la catégorie sur la variable indépendante par rapport à la catégorie de référence (indiquée par « ref »). Il s’agit d’un ratio dont la valeur varie entre 0 et l’infini.

Le niveau de signification donne la probabilité que l’effet de la catégorie sur la variable indépendante soit le même que celui de la catégorie de référence. Sa valeur varie de 0 à 1.

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Tableau 8.5 : Rapport de cotes (odds-ratio) et taux de chômage prédit (%) par un modèle de régression logistique sur le taux de chômage de la population immigrante d'hommes et de femmes selon certaines caractéristiques, Canada moins le Québec, 2011 (Nombre d'observations : Hommes = 333,585; Femmes = 316,881)

Âge
Âge Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux de chômage prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux de chômage prédit (%) (Femmes)
15 à 19 4,835 0,000 23 % 2,544 0,000 20 %
20 à 24 3,033 0,000 16 % 1,689 0,000 14 %
25 à 29 1,452 0,000 8 % 1,049 0,174 9 %
30 à 34 (ref.) ... ... 6 % ... ... 9 %
35 à 39 0,920 0,044 5 % 0,911 0,005 8 %
40 à 44 0,928 0,068 6 % 0,833 0,000 8 %
45 à 49 0,998 0,957 6 % 0,758 0,000 7 %
50 à 54 1,004 0,923 6 % 0,757 0,000 7 %
55 à 59 1,179 0,000 7 % 0,839 0,000 8 %
60 à 64 1,431 0,000 8 % 0,879 0,006 8 %
Connaissance de l'anglais
Connaissance de l'anglais Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux de chômage prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux de chômage prédit (%) (Femmes)
Non (ref.) ... ... 10 % ... ... 14 %
Oui 0,670 0,000 7 % 0,571 0,000 9 %
Connaissance du français
Connaissance du français Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux de chômage prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux de chômage prédit (%) (Femmes)
Non (ref.) ... ... 8 % ... ... 9 %
Oui 0,978 0,636 7 % 0,976 0,563 9 %
Période d'obtention de la résidence permanente
Période d'obtention de la résidence permanente Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux de chômage prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux de chômage prédit (%) (Femmes)
1980 ou avant (ref.) ... ... 7 % ... ... 6 %
1981 à 1990 0,944 0,161 6 % 1,137 0,002 7 %
1991 à 1995 1,077 0,037 7 % 1,285 0,000 8 %
1996 à 2000 1,098 0,017 7 % 1,516 0,000 9 %
2001 à 2005 1,210 0,000 8 % 1,816 0,000 11 %
2006 à 2011 1,574 0,000 10 % 2,450 0,000 14 %
Diplôme universitaire
Diplôme universitaire Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux de chômage prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux de chômage prédit (%) (Femmes)
Non (ref.) ... ... 8 % ... ... 10 %
Oui 0,799 0,000 7 % 0,819 0,000 8 %
Continent de naissance
Continent de naissance Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux de chômage prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux de chômage prédit (%) (Femmes)
Amériques 1,254 0,000 8 % 1,272 0,000 9 %
Europe (ref.) ... ... 7 % ... ... 7 %
Afrique 1,613 0,000 10 % 1,763 0,000 12 %
Asie et Pacifique 1,219 0,000 8 % 1,352 0,000 10 %
Région de résidence
Région de résidence Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux de chômage prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux de chômage prédit (%) (Femmes)
Atlantique 1,083 0,317 9 % 1,044 0,541 11 %
Ontario (ref.) ... ... 8 % ... ... 10 %
Prairies 0,518 0,000 5 % 0,573 0,000 6 %
Alberta 0,593 0,000 5 % 0,604 0,000 7 %
Colombie-Britannique 0,847 0,000 7 % 0,786 0,000 8 %
Territoires 0,368 0,000 3 % 0,358 0,000 4 %
Groupe d’immigrants
Groupe d’immigrants Rapport de cotes (odds-ratio) (Hommes) Niveau de signification (Hommes) Taux de chômage prédit (%) (Hommes) Rapport de cotes (odds-ratio) (Femmes) Niveau de signification (Femmes) Taux de chômage prédit (%) (Femmes)
PLOP français 1,158 0,091 9 % 0,988 0,870 9 %
PLOP français et anglais 1,429 0,000 10 % 1,211 0,010 11 %
PLOP autre (ref.) ... ... 8 % ... ... 9 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Le rapport de cotes (ou rapport de risques) mesure la variation relative de l’effet de la catégorie sur la variable indépendante par rapport à la catégorie de référence (indiquée par « ref »). Il s’agit d’un ratio dont la valeur varie entre 0 et l’infini.

Le niveau de signification donne la probabilité que l’effet de la catégorie sur la variable indépendante soit le même que celui de la catégorie de référence. Sa valeur varie de 0 à 1.

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

9 Conclusion

Cette étude intitulée «Portrait statistique de la population immigrante de langue française à l’extérieur du Québec (1991 à 2011)» a été réalisée dans le contexte de la Feuille de route pour les langues officielles 2013-2018 du gouvernement du Canada.

Le présent portrait est une mise à jour de celui diffusé par Statistique Canada en 2010 et, tout comme ce dernier, présente de l’information sur les caractéristiques démographiques, linguistiques, sociales et économiques de l’immigration de langue française en milieu francophone minoritaire. Les analyses présentées s’appuient sur les données des recensements du Canada depuis 1991 ainsi que celles de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011. Ce faisant, il est important de tenter de répondre à la question portant sur les caractéristiques des immigrants d’expression française et, notamment, les critères de définition de cette population. D’entrée de jeu, la définition adoptée se veut une définition assez large de la population immigrée de langue française, c’est-à-dire celle dont la première langue officielle parlée (PLOP) est le français, seule ou avec l’anglais.

La question du critère de définition des immigrants d’expression française est importante dans la mesure où les caractéristiques sociodémographiques et les pratiques linguistiques de ces immigrants varient grandement selon la définition adoptée.

La présente étude montre que les critères de définition de la population immigrée d’expression française influent directement sur les défis entourant leur intégration et leur contribution à la vitalité des communautés d’expression française en situation minoritaire.

L’étude a tantôt distingué les immigrants dont le français est la seule première langue officielle parlée de ceux pour lesquels l’on ne peut attribuer, parmi le français ou l’anglais, cette première langue officielle, tantôt effectué une redistribution de la catégorie français-anglais comme le fait le Secrétariat du Conseil du Trésor dans l’application du Règlement sur les langues officielles – Communication avec le public et prestation de services . Quelque soit les variantes utilisées dans l’une ou l’autre des différentes parties de cette étude, il est difficile de ne pas conclure à la suite de l’examen comparée de ces deux sous-populations d’immigrants que ceux qui ont et le français et l’anglais comme première langue officielle parlée présentent des caractéristiques et des comportements aussi différents de ceux des immigrants dont le français est l’unique première langue officielle que ceux du reste des autres immigrants (les immigrants non francophones). Autrement dit, les immigrants de PLOP français-anglais partagent beaucoup plus de comportements et de caractéristiques avec les immigrants non francophones qu’avec les immigrants de PLOP français.

Il ne serait donc pas faux de dire que l’inclusion des immigrants ayant une double première langue officielle parlée au sein de la population immigrée francophone constituent une problématique et posent des défis fort différents de ceux liés à l’insertion des immigrants qui ont le français comme seule première langue officielle parlée.

Quelques-uns des résultats présentés dans le cadre de la présente étude sont assez éloquents à cet égard. Par exemple, on sait qu’une forte majorité des immigrants de PLOP français-anglais déclarent parler uniquement une langue non officielle le plus souvent à la maison (97 %) et déclarent utiliser seulement l’anglais le plus souvent au travail (83 %), un domaine important de la sphère publique. Par comparaison, un peu moins de 10 % des immigrants de PLOP français déclarent parler uniquement une langue non officielle à la maison et 64 % déclarent utiliser uniquement l’anglais au travail. Si l’on prend comme référence les couples dans lesquels les deux partenaires sont des immigrants de PLOP français-anglais, on constate que moins de 10 % des enfants d’âge mineur vivant au sein de ces couples ont le français comme langue maternelle, 24 % parlent au moins régulièrement le français à la maison (9 % déclarent le parler le plus souvent) et 9 % ont le français comme seule première langue officielle parlée. Par comparaison, chez les couples formés de deux partenaires immigrants de PLOP français, 72 % des enfants ont le français comme langue maternelle, 81 % déclarent parler au moins régulièrement le français à la maison (73 % le plus souvent) et 76 % sont de PLOP français.

Du point de vue des caractéristiques sociodémographiques, on a constaté que les immigrants de PLOP français et ceux de PLOP français-anglais se répartissent différemment sur le territoire. Dans certaines agglomérations urbaines comme Toronto, Calgary ou Vancouver, la population des immigrants de PLOP français-anglais est beaucoup plus nombreuse que celle des PLOP français, alors que dans d’autres agglomérations, telles Ottawa, Sudbury et Moncton, on observe la situation inverse.

En 2011, on comptait près de 74 500 immigrants de langue française (PLOP français) et 79 400 immigrants de «double première langue officielle» (PLOP français-anglais) à l’extérieur du Québec. Les données de l’ENM de 2011 rendent comptent d’une évolution significative depuis 2006 et il s’agit peut-être là du résultat le plus important de cette mise à jour de l’étude de 2010: la forte croissance des immigrants de PLOP français qui étaient au nombre de 60 900 en 2006, et de la faible croissance des immigrants de PLOP français et anglais dont la population atteignait 76 100 individus en 2006. Plus de 50 % de ces immigrants résidaient à Ottawa et à Toronto, 66 % si l’on y ajoute Vancouver. En outre, à Toronto et à Vancouver, on comptait beaucoup plus d’immigrants de double langue officielle parlée que d’immigrants n’ayant que le français comme PLOP. Par comparaison, Ottawa comptait près de 50 % plus d’immigrants dont le français est la seule PLOP que d’immigrants de double langue officielle. Ces considérations sont donc importantes lorsque l’objet d’étude porte sur l’immigration de langue française à l’extérieur du Québec.

De fait, les immigrants de PLOP français-anglais tendent à s’établir aux mêmes endroits que la majorité des immigrants, alors que les résultats présentés dans ce rapport suggèrent que les immigrants de PLOP français choisissent souvent des communautés francophones (définis selon la PLOP français) pour fixer leur lieu de résidence.

Les origines géographiques des immigrants de PLOP français sont très différentes de celles des immigrants de PLOP français-anglais. Les premiers proviennent de pays où le français est la langue officielle et sont principalement originaires des continents européen et africain. Les immigrants de PLOP français-anglais ont des origines plus diversifiées. Une faible proportion d’entre eux est originaire de pays où le français est langue officielle ; mais il est vrai cependant que près de 30 % proviennent de pays où la langue française est présente. Dans l’ensemble, toutefois, ces immigrants de PLOP français-anglais sont nés en Asie (Chine, Inde) et en Europe non francophone.

Les résultats présentés dans cette étude tendent également à confirmer les préoccupations qui avaient été mises en lumière dans le cadre du Plan stratégique de Citoyenneté et Immigration Canada et qui portaient sur la mise en place d’une formation linguistique en anglais et en français adaptée aux besoins des immigrants d’expression française, ainsi que l’accent mis sur l’apprentissage des langues officielles chez les immigrants dans la feuille de route 2013-1018 pour les langues officielles. Ces résultats ont en effet révélé que, toutes choses égales d’ailleurs, le taux de chômage en 2011 des immigrants de PLOP français et des immigrants qui ont déclaré ne pas connaître l’anglais était de quatre points de pourcentage supérieurs à celui des immigrants qui ont déclaré avoir une connaissance de l’anglais. Pour ce qui est du taux d’activité, la différence entre les immigrants de PLOP français qui connaissent l’anglais et ceux qui ne peuvent soutenir une conversation dans cette langue est importante : le taux d’activité des premiers est de 80 %, alors que celui des seconds est de 71 %.

Le portrait statistique présenté dans ce rapport reste bien entendu général. Il suggère néanmoins un certain nombre de pistes de recherche qui mériteraient d’être approfondies dans des travaux ultérieurs, notamment par l’entremise d’une triangulation d’approches méthodologiques. L’effectif et la part relative des populations immigrées de langue française étant relativement modestes, cela pose bien entendu un certain nombre de défis méthodologiques pour une meilleure compréhension des dynamiques qui influent sur l’intégration de ces immigrants aux communautés d’expression française à l’extérieur du Québec. Toutefois, les statistiques tirées des données du recensement canadien et de l’Enquête nationale auprès des ménages présentées dans ce rapport procurent une source d’information très utile et, conjuguées à d’autres sources de données sur le sujet, constituent une bonne base de référence à l’orientation des travaux futurs sur le sujet.

Appendice A : Population (en milliers) et part relative du Canada moins le Québec au sein du Canada de groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) (après redistribution de la catégorie français-anglais) et le statut d’immigrant, Canada, Québec, Canada moins le Québec, 1991 à 2011

Région: Canada
  1991 1996 2001 2006 2011
Natifs PLOP français 6 438 6 578 6 638 6 754 6 851
Immigrants PLOP français 353 418 474 586 696
Immigrants PLOP autre 3 990 4 553 4 975 5 601 6 080
Natifs PLOP autre 15 990 16 812 17 354 18 034 18 869
Résidents non permanents 223 167 199 265 356
Région: Québec
  1991 1996 2001 2006 2011
Natifs PLOP français 5 532 5 683 5 743 5 862 5 999
Immigrants PLOP français 294 346 386 487 582
Immigrants PLOP autre 298 319 321 364 393
Natifs PLOP autre 643 656 635 673 692
Résidents non permanents 44 41 40 49 67
Région: Canada moins le Québec
  1991 1996 2001 2006 2011
Natifs PLOP français 905 895 895 892 853
Immigrants PLOP français 60 72 88 99 115
Immigrants PLOP autre 3 692 4 235 4 654 5 236 5 686
Natifs PLOP autre 15 347 16 156 16 718 17 361 18 177
Résidents non permanents 179 125 158 216 289
Région: Canada moins le Québec (pourcentage)
  1991 1996 2001 2006 2011
Natifs PLOP français 14 % 14 % 14 % 13 % 12 %
Immigrants PLOP français 17 % 17 % 19 % 17 % 17 %
Immigrants PLOP autre 93 % 93 % 94 % 94 % 94 %
Natifs PLOP autre 96 % 96 % 96 % 96 % 96 %
Résidents non permanents 80 % 75 % 80 % 82 % 81 %

PLOP = Population de groupes définis selon la première langue officielle parlée.

La catégorie « PLOP autre » inclut les catégories « anglais » et « ni anglais ni français ».

Sources : Statistique Canada, les recensements de 1991 à 2006 et l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Note aux lecteurs :

Le tableau de l’annexe A donne les effectifs de population de cinq groupes définis selon la première langue officielle parlée (PLOP) et le statut d’immigrant entre 1991 et 2011 pour le Canada dans son ensemble, pour le Québec et pour le Canada moins le Québec. Le quatrième panel du tableau (pourcentage Canada moins Québec) présente le pourcentage que représentent les effectifs à l’extérieur du Québec sur la population totale dans chaque groupe et à chaque recensement, soit les effectifs du troisième panel divisés par ceux du premier panel, et exprimés en pourcentage.

Appendice B : Liste des pays selon des critères linguistiques

Français, langue officielle

  • Haïti
  • Belgique
  • France et DOM/TOM
  • Luxembourg
  • Monaco
  • Suisse
  • Bénin
  • Burkina Faso
  • Côte d'Ivoire
  • Guinée
  • Mali
  • Niger
  • Sénégal
  • Togo
  • Burundi
  • Comores
  • Djibouti
  • Madagascar
  • Rwanda
  • Seychelles
  • Cameroun
  • Centrafrique
  • Tchad
  • Congo RD
  • Congo R
  • Guinée Équatoriale
  • Gabon
  • Vanuatu

Français, langue en partage

  • Dominique
  • Sainte-Lucie
  • Bulgarie
  • Roumanie
  • Moldavie
  • Albanie
  • Andorre
  • Grèce
  • Macédoine
  • Cap-Vert
  • Ghana
  • Guinée Bissau
  • Mauritanie
  • Maurice
  • Algérie
  • Égypte
  • Maroc
  • Tunisie
  • Sahara Occidental
  • Sao Tomé et Principe
  • Chypre
  • Liban
  • Arménie
  • Cambodge
  • Laos
  • Vietnam

Langue romane

  • Belize
  • Costa Rica
  • El Salvador
  • Guatemala
  • Honduras
  • Mexique
  • Nicaragua
  • Panama
  • Cuba
  • République dominicaine
  • Porto Rico
  • Argentine
  • Bolivie
  • Brésil
  • Chili
  • Colombie
  • Équateur
  • Paraguay
  • Pérou
  • Uruguay
  • Venezuela
  • Italie
  • Malte
  • Portugal
  • San Marino
  • Espagne
  • Mozambique
  • Angola

Appendice C : Note sur la qualité et la comparabilité des données de l’Enquête nationale auprès de ménages (ENM)

Depuis le début de la collecte et jusqu'à l'approbation de la diffusion, les données de l'ENM sont soumises à de nombreuses analyses et plusieurs indicateurs de qualité sont produits. Dans ce processus d'évaluation, ces indicateurs sont analysés pour permettre d'évaluer la qualité des estimations de l'ENM et informer les utilisateurs des limites possibles des estimations le cas échéant.

Biais de non-réponse

L’Enquête nationale auprès des ménages est une enquête à participation volontaire et soumise, par le fait même, à un biais de non-réponseNote de bas de page 15. Il existe un biais de non-réponse lorsque les non-répondants d'une enquête sont différents des répondants. Dans ce cas, plus la non-réponse d'une enquête est élevée, plus le risque de biais de non-réponse est élevé. La qualité des estimations peut ainsi être affectée si un tel biais est présent. Il existe plusieurs méthodes possibles pour minimiser un tel biais lors de la collecte ou lors du traitement des données. La planification du suivi de la non-réponse de l'ENM a été faite de façon à maximiser le taux de réponse à l'enquête et à contrôler le biais potentiel de non-réponse lié au caractère volontaire de l'enquête.

Il est impossible de déterminer de façon définitive comment l’ENM a pu être affectée par le biais de non-réponse. Toutefois, en se basant sur les informations provenant d’autres sources de données, on sait que ce biais existe pour certaines sous populations et régions géographiques. En général, le risque d’erreur s’accroît pour des niveaux de géographie plus fins et pour de petites populations.

Pour plus d’information, se référer au Guide de l'utilisateur de l'Enquête nationale auprès des ménages.

Comparabilité des estimations de l'ENM et du Recensement de 2006

Le contenu de l'ENM est similaire à celui du questionnaire complet du Recensement de 2006. Toutefois, plusieurs modifications ont été apportées à certaines questions ou sections du questionnaire. Par exemple, l'ENM mesure une nouvelle composante du revenu (les gains ou pertes en capital) ainsi que les dépenses pour service de garde et pension alimentaire; les questions pour mesurer l'identité autochtone ont été légèrement modifiées; l'univers pour déterminer le statut générationnel a été élargi à l'ensemble de la population et non plus seulement aux personnes de 15 ans et plus. Enfin, la section sur le travail non rémunéré n'a pas été demandée dans l'ENM 2011.

Toute modification significative apportée au contenu ou à la méthode d'enquête peut avoir une incidence sur la comparabilité des données au fil du temps et cela concerne également l'ENM. On ne peut déterminer avec certitude si, et dans quelle mesure, les modifications d'une variable sont attribuables à un changement réel ou découlent d'un biais de non-réponse. C'est pourquoi à toutes les étapes de traitement, de vérification et de diffusion, de nombreux efforts ont été faits pour produire des données ayant un niveau de détail aussi précis, de même que pour assurer que les estimations diffusées de l'ENM sont de bonne qualité selon les normes de Statistique Canada.

La comparaison des estimations de l'ENM aux estimations produites à partir du questionnaire complet du Recensement de 2006 doit être faite avec prudence et tout spécialement lorsque l'analyse s'intéresse à de petits niveaux de géographie ou à de petites sous-populations. L'utilisateur est invité à utiliser le principal indicateur de qualité de l'ENM fourni, soit le taux global de non-réponse, pour juger de la qualité des estimations de l'ENM et évaluer dans quelle mesure les comparaisons sont possibles avec les estimations du questionnaire complet du Recensement de 2006. Les utilisateurs sont également invités à consulter les notes sur la qualité qui accompagnent, au besoin, les produits de diffusion.

Pour plus d’information, on peut se référer au Chapitre 5.

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