Universités Canada

Discours

Notes d’allocution

L’honorable Kirsty Duncan, C.P., députée
Ministre des Sciences

Montréal (Québec)
Le 26 avril 2017

La version prononcée fait foi

Bonjour à toutes et à tous.

Merci, Elizabeth, pour cette amiable présentation et pour vos réalisations extraordinaires en tant que présidente du conseil d’administration d’Universités Canada.

Je suis vraiment heureuse d’être avec vous aujourd’hui et de voir un grand nombre de visages familiers.

J’ai eu le privilège de rencontrer plusieurs d’entre vous depuis que j’ai été nommée ministre des Sciences à l’automne 2015.

J’ai visité de nombreux campus et passé beaucoup de temps avec vous, avec les membres de votre personnel et, surtout, avec vos chercheurs et vos étudiants.

Chaque rencontre — que ce soit lors avec une seule personne ou à l’occasion d’une table ronde ou encore d’une visite guidée de l’une de vos installations remarquables — m’a emplie d’humilité et a été une source d’inspiration.

Merci.

Je suis fière d’être au service d’un gouvernement qui comprend le rôle que jouent les universités pour ce qui est de nous fournir les données dont nous avons besoin pour prendre des décisions éclairées — des décisions au sujet du climat, de l’environnement, de l’économie, de la santé et des collectivités.

Nous avons pris des engagements à l’égard des sciences et à l’endroit des scientifiques qui travaillent fort.

Et nous nous sommes engagés à nous assurer que la science nous aide à bâtir un meilleur avenir pour tous les Canadiens.

Aujourd’hui, j’aimerais parler de ce que, à mon point de vue, les universités peuvent faire pour nous aider à façonner un brillant avenir.

J’aimerais vous dire ce qui, selon moi, pourrait être fait pour bâtir un meilleur avenir pour tous les Canadiens.

Commençons par parler de l’Examen du soutien fédéral aux sciences et de la manière dont cet examen contribuera à éclairer l’avenir de la recherche et du savoir.

Comme vous le savez, aucun examen externe approfondi des organismes fédéraux n’avait été mené depuis les années 1970.

Plus de 40 ans ont passé, et il y avait lieu de se poser la question suivante : « Le système de financement est-il optimal, et répond-il aux besoins du milieu de la recherche et des Canadiens? »

C’était l’une de mes premières questions quand j’ai été nommée par le premier ministre.

Il est devenu vite évident que le lancement d’un examen indépendant visant à évaluer les forces et les faiblesses et les lacunes et les possibilités et à déterminer comment le système pouvait être amélioré pour les chercheurs.

Nous avions besoin de veiller à investir les fonds publics de manière stratégique et efficace et à répondre aux besoins des scientifiques, des chercheurs et des autres personnes érudites.

J’aimerais exprimer aux distingués membres du Comité spécial, et notamment à son président, David Naylor, ma profonde gratitude pour leur service.

Le Comité a fait un travail formidable et a démontré un engagement indéfectible envers la science.

La nature approfondie et rigoureuse de ses conseils est ce qui fait de ce rapport une contribution faisant autorité en matière de politiques scientifiques.

Il est bon de mentionner que la réponse à l’examen a été extrêmement positive.

Vos contributions et celles des chercheurs de vos établissements respectifs ont vraiment inestimables.

Le fait que ce rapport ait suscité un si haut degré de participation de la part du milieu universitaire et de la population canadienne — le Comité a reçu au total 1 275 communications écrites — lui donne un statut qu’il n’aurait pas eu autrement.

Pour cela, je ne saurais que vous en être trop reconnaissante.

Je tiens à vous remercier de votre appui et de vos contributions durant la tenue de cet examen.

Le rapport de l’Examen du soutien fédéral aux sciences a été officiellement remis peu plus tôt ce mois-ci.

Je vais prendre le temps de l’évaluer en profondeur.

Mais je peux dire que nous avons en main un rapport qui servira de base pour commencer le véritable travail, c’est-à-dire le travail qui consiste à renforcer la science fondamentale.

Je n’ai pas l’intention de passer en revue en détail avec vous aujourd’hui les 35 recommandations formulées dans le rapport.

Cependant, j’aimerais vous donner une idée générale, des principaux thèmes et priorités que j’ai retenus depuis que j’ai reçu le rapport :

  • la gouvernance et la coordination;
  • la diversité et l’égalité;
  • le soutien aux chercheurs en début de carrière;
  • la capacité de saisir rapidement les occasions qui se présentent et de surmonter rapidement les défis, en d’autres mots, la rapidité d’intervention.

D’abord, permettez-moi de vous parler de gouvernance et de coordination.

Le rapport décrit avec clarté le fonctionnement des trois conseils subventionnaires, à savoir le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada [CRSNG], le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada [CRSH] et les Instituts de recherche en santé du Canada [IRSC], de même que de la Fondation canadienne pour l’innovation [FCI].

En gros, ces organisations sont décrites comme étant des organisations professionnelles et efficaces.

Le système dont elles font partie n’est aucunement déficient.

C’est là une bonne nouvelle.

Ce que j’ai entendu dire, cependant, c’est qu’au sein du système, il faut qu’il y ait une bien meilleure coordination entre les organisations et que les structures de gouvernance soient transparentes et responsables.

Le fait d’avoir des politiques et des mandats cohérents et coordonnés fait en sorte que tout va dans même sens, et non dans tous les sens, comme le dit monsieur Naylor.

Je suis en ce moment en train de passer en revue les recommandations du Comité concernant la gouvernance et la coordination, et je vais commencer à voir ce qui peut être fait pour harmoniser le système et en améliorer la coordination.

Le Comité a aussi fait valoir avec beaucoup de force qu’il est nécessaire d’accroître les ressources au sein du système.

Bien évidemment, ces arguments trouvent écho chez moi.

Force nous est de reconnaître que ces besoins ne sont que l’une des nombreuses priorités de notre gouvernement. C’est, selon moi, une priorité qui n’est pas appréciée à sa juste valeur.

Il est de notre responsabilité partagée d’expliquer comment les investissements dans la recherche et les bourses, par l’intermédiaire des conseils subventionnaires et de la FCI, servent la science et l’intérêt public.

Nous savons que nous bénéficions d’un public intéressé.

Les Canadiens sont conscients de la valeur associée au fait d’avoir facilement accès à des établissements postsecondaires.

Ils reconnaissent l’importance du traitement du cancer ou d’une maladie dégénérative.

Ils comprennent que la science est une source d’inspiration pour nos jeunes et qu’elle aide les personnes âgées à avoir une meilleure qualité de vie et à être plus autonomes.

Ils croient dans la science des changements climatiques et peuvent établir un lien entre un changement de climat et la nourriture qu’ils mangent, l’air qu’ils respirent, la température quotidienne et les collectivités que nous essayons de bâtir.

Les sciences sont importantes aux yeux des Canadiens.

Les Canadiens attachent de l’importance aux sciences.

Si ce n’était pas le cas, nous n’aurions pas vu une si grande participation lors de la Marche pour la science la fin de semaine dernière.

Notre défi maintenant est de faire le lien entre les milliards de dollars qui sont versés aux conseils subventionnaires et les choses dont les Canadiens se soucient : la santé et la sécurité, l’environnement, les entreprises et les collectivités, ainsi que les emplois et les possibilités pour les membres de leur famille et pour eux-mêmes.

Ce sont là leurs priorités.

Vous devez être réalistes par rapport à vos principales priorités et être en mesure de démontrer que le fait d’investir dans ces priorités va dans le sens de ce qui compte le plus aux yeux des Canadiens.

Le deuxième thème qui se dégage de mes premières constatations est celui de la diversité et de l’égalité.

Ce sont deux valeurs de base sur lesquelles reposent un grand nombre de mesures prises par le gouvernement, qu’il s’agisse de la nomination de premier Cabinet paritaire, de l’analyse comparative entre les sexes ou de l’examen de notre plus récent budget.

Il faut donner un meilleur accès aux possibilités pour que chacun ait la chance de contribuer à l’avenir de notre pays.

La Charte des droits et libertés reconnaît constitutionnellement depuis 35 ans cette année le droit à l’égalité.

Je sais que les universités reconnaissent l’importance de l’égalité, et nous reconnaissons nous-mêmes l’importance du traitement équitable pour tous.

Cependant, le rapport soutient qu’il y a encore beaucoup de travail à faire dans ce domaine et que le milieu universitaire a besoin de « retrousser ses manches ».

En d’autres mots, nous ne sommes pas rendus aussi loin que nous l’aurions souhaité sur les plans de la diversité et de l’égalité.

Le Comité me conseille de songer à prendre des mesures plus coercitives, si les approches volontaires en place ne donnent pas de résultats.

Je vous ai donné des outils, et j’ai pris des mesures pour rétablir l’enquête du Système d’information sur le personnel d’enseignement dans les universités et les collèges — le SPEUC, comme on l’appelle.

Les premiers résultats de l’enquête ont été rendus publics mardi cette semaine, et je suis heureuse de pouvoir dire que Statistique Canada a connu un taux de réponse sans précédent, soit 75 universités sur 112, selon le communiqué préliminaire au sujet de l’enquête.

Merci de votre collaboration et de votre enthousiasme.

L’ensemble complet des données, qui seront rendues publiques à l’automne, nous fournira des renseignements sur le sexe, l’âge, le rang professoral, le traitement et maintes autres données concernant le personnel enseignant à plein temps sur les campus au pays.

Grâce à ces données, nous serons en mesure de prendre des décisions éclairées en ce qui concerne nos politiques et pratiques, et ainsi les rendre plus équitables.

Le rétablissement du SPEUC a été l’une des réalisations majeures du gouvernement au chapitre de l’égalité et de la diversité.

Les changements apportés au Programme des chaires d’excellence en recherche du Canada, ou CERC, en est une autre.

Nous avons mis en place de nouvelles exigences en matière d’équité pour le concours visant l’attribution des CERC — et nous nous attendons à des résultats de votre part.

Notre gouvernement n’est pas chaud à l’idée d’approuver des demandes de financement pour ce qui est des résultats du concours se tenant actuellement, s’il n’y a pas d’amélioration à l’égard de la proportion actuelle : il y a en ce moment 27 titulaires de chaires de recherche, dont 26 sont des hommes.

Il n’y a qu’une seule femme active dans le Programme.

Nous pouvons faire mieux.

Je m’attends à une amélioration de ce ratio. Il n’y a aucune raison pourquoi il ne serait pas possible de l’améliorer.

Et ce n’est qu’un début.

Je continuerai à explorer d’autres mesures semblables afin d’aider à accroître la diversité et l’égalité dans le domaine de la recherche.

Si nous voulons que le Canada puisse atteindre son plein potentiel dans les domaines de la science et de l’érudition, il faut que tous sachent qu’ils sont les bienvenus dans les laboratoires, sur le terrain et dans les salles de classe.

La clé, ce sont les personnes.

Nos efforts en vue d’accroître la diversité et l’égalité dans le domaine de la recherche ne consistent pas seulement à faire ce qui est bien ou juste.

C’est d’abord et avant tout pour les gens, pour leur donner la possibilité d’acquérir les compétences et les connaissances dont ils ont besoin pour réussir, et ce, quel que soit leur race, leur sexe ou leur origine ethnique.

Nous devons aussi offrir plus de possibilités aux peuples autochtones.

Il y a deux semaines, j’étais au Centre de recherche en santé à Thunder Bay, où j’ai eu la chance de m’entretenir avec le chef régional de l’Ontario, Isadore Day.

Il a été clair : il faut prendre en compte les Autochtones dans le cadre des mesures qui découleront du rapport et des politiques scientifiques.

Il m’a dit explicitement et sans équivoque que les communautés autochtones n’ont aucunement l’intention d’être des spécimens, des spectateurs ou des pions, tandis que nous allons de l’avant au chapitre des politiques scientifiques au Canada.

Les remarques du chef Day concordent avec la rétroaction que j’ai reçue d’autres groupes autochtones.

Un certain nombre de conseils sont également donnés dans le rapport à l’égard de la recherche autochtone.

Je crois que nous devons prendre en considération ces éléments, et le faire avec soin, et agir d’une manière qui soit équitable, inclusive et en partenariat avec les peuples autochtones.

Et, dans le cadre de ces efforts, il faudra prendre en considération non seulement l’égalité et la diversité, mais aussi le soutien nécessaire aux chercheurs émergents et en début de carrière, et c’est là le prochain thème que je me propose d’aborder.

L’Examen du soutien fédéral aux sciences a fait clairement ressortir les défis auxquels sont confrontés les chercheurs en début de carrière.

Ces chercheurs jouent un rôle primordial pour le progrès scientifique.

Ils arrivent avec des idées neuves et de nouvelles façons de résoudre de vieux problèmes avec de nouvelles solutions.

Prenez, par exemple, James Watson, Francis Crick et Rosalind Franklin.

Ces chercheurs avaient 24, 36 et 32 ans, respectivement, lorsque leurs travaux ont débouché sur la découverte de la structure en double hélice de l’ADN en 1953.

Il y a tant de potentiel au début de la carrière des chercheurs.

Mais, trop souvent, ils se heurtent à des obstacles quasi infranchissables qui les empêchent de réaliser leurs ambitions.

Ils sont obligés de se trouver une bourse d’études, de faire de l’enseignement et de faire continuellement du réseautage et, dans la plupart des cas, avec très peu d’appui financier.

Aujourd’hui, on dispose de moins de temps, d’argent et de garantie pour tout faire.

Le Comité a laissé entendre que nous avons besoin d’un meilleur réseau de soutien pour l’encadrement des chercheurs en début de carrière.

Les chercheurs ne devraient pas devoir attendre d’avoir 40 ans avant de se voir accorder une première subvention.

Ce que j’entends, particulièrement des femmes, est troublant.

En plus des difficultés inhérentes auxquelles elles sont d’avance confrontées dans le domaine des sciences, les femmes se heurtent à d’autant plus d’obstacles si elles désirent fonder une famille.

J’ai même connu des femmes qui portaient une blouse de laboratoire afin de cacher leur grossesse.

Ce n’est pas normal.

Il y a beaucoup de travail à faire.

Je m’attends à ce que vous fassiez preuve de solidarité et que vous agissiez de concert afin de mettre toutes les chances du côté de nos jeunes chercheurs.

Le quatrième thème que je veux aborder avant d’entreprendre nos discussions est celui de la rapidité.

C’est-à-dire qu’il faut que nous soyons en mesure d’agir rapidement pour tirer avantage des occasions qui se présentent et pour suivre le rythme des développements qui se font au-delà de nos frontières.

J’ai mentionné précédemment qu’il est important que nous soyons prêts à relever les grands défis et qu’il nous faut, à cette fin, surmonter les obstacles à la recherche interdisciplinaire et multinationale.

Il faut aussi que nous soyons moins réticents à courir des risques, lorsque vient le temps de prendre des décisions touchant le financement de la recherche de pointe. Ainsi, le système sera souple et dynamique, et il nous permettra de réagir rapidement face aux possibilités émergentes.

Je vous donne un exemple.

Aujourd’hui, une foule de facteurs s’alignent dans le monde entier, qui font en sorte que le Canada est en voie de devenir l’endroit par excellence pour la recherche de pointe.

Nous sommes en train de mettre en place le programme des chaires de recherche de Canada 150 afin d’attirer les personnes les plus brillantes du monde.

Nous rationaliserons ce processus de sorte à trouver des titulaires à ces chaires de recherche le plus vite possible.

Et, comme d’habitude, je compte sur vous pour aider à trouver les chercheurs les plus talentueux que nous puissions recruter pour continuer d’avoir un avantage concurrentiel dans le domaine des sciences et de la recherche.

Pour résumer :

  • gouvernance et coordination;
  • diversité et égalité;
  • soutien aux chercheurs en début de carrière;
  • rapidité d’intervention.

Ce sont là les quatre thèmes qui résonnent chez moi depuis que j’ai reçu le rapport sur l’Examen du soutien fédéral aux sciences.

Après avoir déterminé ce qu’il est possible de faire, je commencerai à mettre en œuvre des solutions à court, à moyen et à long terme relativement à ces thèmes et à plus encore.

Bien que j’anticipe de nombreuses conversations et amplement de concessions de part et d’autre, j’ai confiance en notre solidarité pour ce qui est de travailler à l’atteinte d’un seul et même objectif, soit celui de créer une culture de recherche audacieuse, dynamique et juste au Canada.

Mes amis, vous n’avez de meilleurs champions que notre gouvernement et moi.

Je crois fermement au pouvoir de la science.

Notre gouvernement accorde de la valeur et soutient la science fondamentale.

Nous avons confiance en l’excellent travail que font nos scientifiques.

Et nous savons que les universités jouent un rôle important dans les collectivités et dans l’économie en vue de l’avenir.

Nous sommes disposés à faire de grands changements qui nous aideront à bâtir un meilleur avenir où chacun aura la chance de réussir.

La question est la suivante : « Êtes-vous prêts à vous joindre à nous? »

Merci.


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