Rapport de la Réunion des ministres de la défense sur le maintien de la paix des nations unies

Résumé

Les 14 et 15 novembre 2017, la Réunion des ministres de la Défense sur le maintien de la paix des Nations Unies à Vancouver a accueilli le plus grand nombre jamais observé de délégations de défense vouées aux opérations de maintien de la paix. Le Canada, les Nations Unies et les dix nations co-hôtes – le Bangladesh, l’Éthiopie, l’Indonésie, le Japon, les Pays-Bas, le Pakistan, le Rwanda, l’Uruguay, les États Unis et le Royaume-Uni – ont accueilli des ministres de la Défense ainsi que des délégations officielles de 80 pays et de cinq organisations internationales. La Réunion avait pour but d’obtenir de nouveaux engagements et de faire avancer les engagements existants en vue de combler les lacunes en matière de capacités des Nations Unies, de réformer les opérations de maintien de la paix pour résoudre des problèmes récurrents, d’accroître le nombre de femmes dans les opérations de maintien de la paix et de moderniser les outils afin de maintenir la paix autrement. La Réunion des ministres de la Défense à Vancouver était la dernière d’une série de rencontres de haut niveau axées sur l’obtention d’un appui supplémentaire pour contribuer à répondre aux besoins mondiaux dans le domaine des opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

L’hon. Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et de la Francophonie; l’hon. Harjit Sajjan, ministre de la Défense nationale; le Premier ministre Justin Trudeau; l’hon. Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères; et le général Jonathan Vance, chef d’État-Major de la Défense.

Après un moment de silence observé à la mémoire des Casques bleus morts dans l’exercice de leurs fonctions, la séance plénière a été officiellement ouverte par l’honorable Harjit S. Sajjan, ministre de la Défense nationale du Canada. Afin de guider les délibérations, M. Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix de l’Organisation des Nations Unies (ONU), a rappelé les priorités du maintien de la paix moderne :

  • l’importance d’accorder la priorité aux solutions politiques;
  • la protection des civils;
  • la nécessité pour les soldats de la paix d’être plus efficaces et mobiles, grâce à une meilleure formation.

S’adressant aux délégations réunies, le premier ministre Justin Trudeau a rappelé l’héritage canadien en matière de maintien de la paix, en commençant par le legs de Lester B. Pearson, lauréat du Prix Nobel de la paix en 1957 pour son leadership dans la résolution de la crise du canal de Suez. Le premier ministre a souligné que les défis d’aujourd’hui dans le domaine du maintien de la paix sont ceux d’une nouvelle ère. À cette fin, le Canada a annoncé une série d’engagements, y compris une initiative visant à augmenter le nombre de femmes dans les opérations de maintien de la paix – l’Initiative Elsie sur les femmes dans les opérations de maintien de la paix. Le premier ministre Trudeau a également dévoilé les Principes de Vancouver, une série exhaustive d’engagements comprenant des engagements politiques des États membres en vue de l’amélioration de la formation, de la planification et de la conduite de leurs propres forces en ce qui a trait à la prévention du recrutement et de l’utilisation d’enfants soldats.

Au cours de la réunion, 49 délégations ont annoncé de nouveaux engagements en matière de maintien de la paix et 14 délégations ont fait avancer des engagements déjà établis. Bon nombre de ces annonces consistaient en des « engagements conjoints » – une pratique émergente permettant de combler d’importantes lacunes dans les capacités et d’améliorer la coordination avec les Nations Unies et entre les États membres.

La route vers vancouver

La portée de la Réunion des ministres de la Défense de 2017 va bien au-delà des événements des 14 et 15 novembre à Vancouver. Des rencontres préparatoires ont été tenues à Kigali, Tokyo et Dhaka par le Rwanda, les Pays-Bas, le Japon et le Bangladesh, pays co-hôtes de la Réunion des ministres. Chacune de ces rencontres visait la réalisation de progrès à l’égard d’un défi clé des opérations modernes de maintien de la paix. Quarante-six États membres et trois organisations internationales ont participé à ces rencontres préparatoires, qui s’inscrivaient dans le cadre d’une nouvelle approche à l’égard de la Réunion des ministres, une approche que l’ONU a qualifiée de déterminante dans le succès de l’événement de Vancouver. De plus, une table ronde de la société civile a également été organisée à Ottawa en octobre 2017, offrant aux acteurs de la société civile une occasion de formuler des recommandations concrètes sur la réforme et la modernisation des opérations de maintien de la paix, recommandations qui ont ensuite été relayées aux délégations réunies à Vancouver. Ces événements ont contribué à l’établissement de réseaux d’expertise, de communication et de coopération dans le domaine du maintien de la paix qui subsisteront au-delà de la conclusion de la réunion de Vancouver.

En reconnaissance de ses efforts inlassables pour promouvoir l’égalité dans les opérations de maintien de la paix et en reconnaissance de l’importance transversale de la question des genres, le major Seitebatso Pearl Block, de la Force nationale de défense sud-africaine, a reçu le prix 2017 du défenseur militaire des genres de l’ONU.

La perspective des genres et le maintien de la paix

Reconnaissant que l’intégration de la perspective des genres et l’autonomisation des femmes sont essentielles à l’amélioration de l’efficacité des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, ces enjeux transversaux ont été intégrés à tous les aspects de la Réunion de Vancouver, y compris aux discussions sur la planification et le rendement des opérations de maintien de la paix. En octobre 2017, les effectifs militaires de maintien de la paix comptaient moins de 3 000 femmes, soit 3,6 pourcent de l’effectif total déployé. La mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité a été d’une lenteur inacceptable, et de nombreuses délégations ont confirmé leur engagement à augmenter le nombre de femmes bien formées et bien équipées au sein des contingents de maintien de la paix sur le terrain.

L’importance de la sensibilisation à la question des genres et de l’égalité des genres a été constamment rappelée tout au long de la réunion, de même qu’au sein des groupes de discussion sur les engagements conjoints, l’instruction et le renforcement des capacités, la protection des personnes à risque, ainsi que l’alerte avancée et le déploiement rapide. Parmi les 49 délégations qui ont proposé de nouveaux engagements en matière de maintien de la paix, 32 y ont inclus un élément relatif aux genres.

La police et le maintien de la paix

Le nombre de policiers affectés aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies a augmenté de façon marquée au cours des dernières années et les tâches policières dans les mandats des missions se sont complexifiées. Les policiers de l’ONU participent à l’éventail complet des activités de paix et de sécurité et exécutent des mandats dynamiques englobant les opérations, la formation, le mentorat, la prestation de conseils, le renforcement des capacités et, dans certains cas, les activités directes d’application de la loi. Dans ses interventions, M. Luís Carrilho, conseiller pour les questions de police de l’ONU, a réaffirmé le rôle clé que jouent les policiers dans la protection des civils – y compris la protection contre la violence fondée sur le genre – et a encouragé les pays fournisseurs de troupes à accroître les engagements en capacités policières pour les opérations de maintien de la paix. Il a souligné que la police est souvent la manifestation la plus visible de l’État et qu’elle constitue un élément essentiel de promotion de la paix, de la reconstruction après les conflits et du développement durable.

L’hon. Raul Jungmann (Brésil), Mme. Jane Connors (ONU);
l’hon. José Alberto de Azeredo Lopes, (Portugal)

Un certain nombre d’États membres se sont engagés à Vancouver à fournir des policiers et des ressources policières, et bon nombre ont souligné la nécessité d’améliorer la coordination entre les services en uniforme et d’instaurer des règles d’engagement claires pour les policiers de l’ONU et les policiers locaux. Dans ce contexte, de nombreux États membres ont mentionné que l’augmentation du nombre de femmes au sein des effectifs policiers de l’ONU – où elles comptent actuellement pour moins de 10 pourcent – contribuerait aussi à établir une relation de confiance avec les populations locales et à créer un environnement sécuritaire pour le signalement des crimes par les victimes de violence sexuelle. Le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix de l’ONU a fait remarquer que le déploiement de policiers est devenu un outil de plus en plus important dans le cadre d’opérations complexes de maintien de la paix de l’ONU. Vingt-et-un pays ont pris des engagements relatifs à la participation de policiers aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, y compris l’engagement de fournir : des policiers (et d’augmenter le nombre de policières); des unités de police constituées; des unités tactiques (SWAT) et des équipes policières spécialisées.

M. Luís Carrilho, Conseiller pour les questions de police pour les Nations Unies

M. Chris Lewis, conseiller pour la nation Squamish et Mme. Charlene Aleck, conseillère pour la nation Tsleil-Waututh

Le Premier ministre Justin Trudeau

Les opérations menées en milieu francophone

S.E. la très hon. Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation
internationale de la Francophonie et Emmanuel Jal, artiste, activiste de la
paix, et ancien enfant soldat.

Aujourd’hui, certaines des opérations de maintien de la paix des Nations Unies les plus complexes se déroulent dans des milieux francophones, et l’expérience passée a démontré le rôle central des compétences linguistiques dans l’établissemexnt d’un dialogue avec les collectivités. Comme l’a mentionné l’une des délégations, l’accent mis sur les opérations menées en milieu francophone dans le contexte des opérations de maintien de la paix des Nations Unies ne concerne pas principalement la promotion de l’utilisation de la langue française, mais plutôt l’augmentation de l’efficacité. En termes simples, compte tenu du nombre d’opérations de maintien de la paix de l’ONU en cours dans des pays francophones, de la complexité croissante des mandats de maintien de la paix et des interactions croissantes avec les populations locales, le besoin en Casques bleus capables d’interagir en français avec les populations locales se fait de plus en plus sentir.

Mme Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, a souligné dans son allocution la nécessité pour les militaires affectés aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies dans des milieux francophones de connaître les réalités culturelles et historiques du milieu dans lequel ils sont déployés et d’être en mesure de communiquer en français avec les populations locales. À cette fin, onze États membres se sont engagés à fournir des ressources afin d’améliorer l’efficacité des opérations menées en milieu francophone, dont des troupes francophones supplémentaires, de l’instruction supplémentaire en français et des traductions françaises des ressources mises à la disposition du personnel des Nations Unies. Au-delà des engagements individuels, certaines délégations ont reconnu la nécessité d’établir des partenariats bilatéraux et multilatéraux entre les pays et les organisations internationales francophones, comme l’Organisation internationale de la Francophonie, et les pays fournisseurs de troupes non francophones.

Angelina Jolie, envoyée spéciale du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) de l’ONU et co-fondatrice de l’Initiative pour la prévention des violences sexuelles

Dans son allocution, l’envoyée spéciale de l’HCR de l’ONU a exhorté les participants à mettre fi n à la violence fondée sur le genre et a fait valoir que l’élimination de sa pire forme, soit la violence sexuelle comme arme de guerre, était cruciale pour la paix et la sécurité futures :

« Même si nous acceptons que la violence sexuelle n’a rien à voir avec le sexe, qu’il s’agit d’un crime, et qu’il est utilisé comme une arme, de nombreuses personnes croient encore qu’il est tout simplement impossible de faire quoi que ce soit. Il est déjà diffi cile d’agir au sein de nos propres sociétés, tel est le raisonnement. Comment diable pourrions-nous prévenir la violence sexuelle dans les conditions extrêmes de la guerre? C’est certes diffi cile, mais pas impossible. Nous avons les lois, les institutions et l’expertise pour la collecte de preuves. Nous sommes en mesure d’identifi er les auteurs et les responsables. Ce qui manque, c’est la volonté politique. »

Les principes de vancouver

L’hon. Lgén (ret) Roméo Dallaire s’adresse aux médias.

Les Principes de Vancouver sur le maintien de la paix et la prévention du recrutement et de l’utilisation d’enfants soldats, entérinés par plus de 50 États membres de l’ONU lors de leur lancement à Vancouver, sont une initiative du gouvernement canadien en partenariat avec la Roméo Dallaire Child Soldiers Initiative, qui vise à accorder davantage d’importance aux efforts de prévention du recrutement et de l’utilisation des enfants soldats dans le contexte des opérations de maintien de la paix.

Les Principes consistent en une série de 17 engagements s’appuyant sur un ensemble existant de politiques et de lois internationales sur les enfants et les conflits armés, notamment les Principes de Paris. Les Principes de Vancouver sont axés sur les défis posés par les enfants soldats dans un contexte de maintien de la paix, en accordant une importance accrue aux efforts destinés à prévenir le recrutement d’enfants soldats, y compris par l’alerte avancée et le signalement des violations graves des droits des enfants.

Les engagements conjoints

M. Atul Khare, secrétaire général adjoint à l’appui aux missions, ONU

« Les partenariats avec les États membres et les organisations régionales sont cruciaux pour le succès des Nations Unies et le succès des opérations de maintien de la paix. Nous avons des partenariats avec des États membres qui nous donnent les mandats et qui nous fournissent les troupes, les ressources fi nancières, l’équipement essentiel et le soutien politique. »

Président : Le très honorable Earl Howe, Leader adjoint de la chambre des Lords et ministre d’État de la Défense, Royaume-Uni

Panélistes : L’hon. Frank Bakke-Jensen, ministre de la Défense, Norvège Mgén (ret) Tarique Ahmed Siddique, conseiller à la Défense et à la Sécurité auprès du premier ministre, Bangladesh

M. Wim Geerts, sous-ministre de la Défense, Pays-Bas

Les engagements conjoints sont des engagements pris de concert avec d’autres États membres et organisations internationales pour combler les principales lacunes en matière de capacités pour les opérations de maintien de la paix de l’ONU. Les participants à la Réunion des ministres ont souligné que les engagements conjoints constituent un outil essentiel pour assurer le déploiement des éléments habilitants et des capacités spécialisées. Lors de la séance annonçant de nouveaux engagements conjoints et l’avancement d’engagements existants, des engagements ont été pris en ce qui a trait à l’utilisation de nouveaux mécanismes pour répondre aux besoins de l’ONU en matière de déploiement rapide, pour fournir des équipes de mission féminines et des unités mixtes afin de combler des lacunes importantes, pour mettre en place des installations médicales et pour proposer des solutions novatrices en matière de formation.

Les panélistes ont également discuté de l’importance des partenariats entre plusieurs États membres, en particulier pour les plus petits pays fournisseurs de troupes. Ces partenariats ont été utilisés pour proposer des arrangements en matière de rotation entre les pays, permettant ainsi le déploiement de ressources rares et de niveau élevé de façon continue et à plus long terme. Bien que ces partenariats aient jusqu’à présent mis l’accent sur les capacités aériennes, les participants ont exprimé la volonté générale d’étendre ces arrangements de rotation à d’autres domaines des opérations de maintien de la paix. La coopération régionale par l’entremise d’engagements conjoints a été expressément évoquée comme un moyen pour les États membres de travailler ensemble pour faire en sorte que les engagements puissent être ciblés afin de répondre aux besoins des opérations de maintien de la paix modernes.

L’innovation en matière d’instruction et de renforcement des capacités

Président : ML’hon. Chrystia Freeland, C.P., députée, ministre des Affaires étrangères, Canada

Panélistes : L’hon. Tomohiro Yamamoto, ministre d’État de la Défense, Japon
L’hon. Peter Hultqvist, ministre de la Défense, Suède
Dr. Patricia Flor, commissaire du gouvernement fédéral pour le désarmement et le contrôle des armements et directeur général de l’Ordre international, des Nations Unies et du contrôle des armements, Allemagne
Mgén Jean-Paul Deconinck, commandant de la Force MINUSMA

Patrick M. Shanahan, secrétaire adjoint à la Défense des États-Unis
« Le monde a besoin d’un leadership fort ence moment. Nos antécédents, nos expériences et nos lieux d’origine sont différents, et cela infl uence notre perception des défi s liés à la sécurité, mais nous avons un but commun – protéger et sauver des vies innocentes. »

Une leçon clé à retenir des missions de maintien de la paix passées est l’importance de l’instruction et du renforcement des capacités, tant en ce qui concerne l’amélioration des capacités des forces de maintien de la paix que le renforcement des forces locales, un facteur crucial de stabilité à long terme. Les contributions des délégations ont visé les façons de soutenir les compétences militaires professionnelles requises pour remplir les mandats de maintien de la paix et contribuer à l’établissement d’une paix durable.

Les délégations ont souligné l’importance des normes d’instruction et des critères d’évaluation de l’ONU pour assurer l’uniformité et l’efficacité de la préparation au déploiement des soldats de la paix. Les arrangements en matière de renforcement des capacités régionales et les partenariats bilatéraux, le déploiement d’équipes d’instruction mobiles et le renforcement des compétences spécialisées comme les compétences linguistiques ont été évoqués comme des moyens clés pour répondre aux défis auxquels l’ONU est confrontée aujourd’hui. Par ailleurs, l’importance d’offrir des occasions d’instruction additionnelles aux femmes afin d’augmenter le nombre de femmes Casques bleus, de même que des programmes d’instruction fondés sur le genre pour tous les Casques bleus et non pas uniquement pour les femmes, a été soulignée.

Protecting those at risk

Président : M. Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux Opérations de maintien de la paix des Nations Unies Panélistes:

Panélistes : Mme Rebecca Skinner, secrétaire adjointe de la Défense, Australie
L’hon. Raul Jungmann, ministre de la Défense, Brésil
L’hon. José Alberto de Azeredo Lopes, ministre de la Défense nationale, Portugal
Gén James Kabarebe, ministre de la Défense, Rwanda
Mme Jane Connors, secrétaire générale adjointe et défenseure des droits des victimes pour les Nations Unies

Une policière ghanéenne de l’Opération hybride
Union africaine – Nations Unies au Darfour (MINUAD)
pose avec des écoliers au camp
d’El-Sereif pour les personnes déplacées à l’intérieu,
r de leur propre pays au Darfour-Sud.

La protection des populations vulnérables est un objectif primordial des opérations de maintien de la paix et plus de 95 pourcent du personnel de maintien de la paix de l’ONU participe actuellement à des missions ayant pour mandat de protéger les civils. Les discussions tenues lors de la Réunion des ministres ont mis en lumière les défis modernes relatifs au maintien de la paix, avec de nombreux délégués exprimant leur appui aux réformes proposées par le secrétaire général de l’ONU, António Guterres. En plus de nombreux engagements en matière de nouvelles ressources et capacités, les délégués réunis à Vancouver ont fait remarquer que la protection des personnes à risque nécessite une plus grande anticipation des menaces qui pèsent sur les populations. Beaucoup d’entre eux ont indiqué que l’augmentation du nombre de femmes dans les missions de maintien de la paix est une étape importante pour gagner la confiance des communautés locales et protéger les populations les plus exposées, notamment les femmes et les enfants.

Les participants ont souligné le fait que la protection des personnes à risque exige également que les Casques bleus soient tenus responsables de leurs actes et que les coupables de crimes soient traduits en justice. Dans ce contexte, tous les pays participants se sont engagés à soutenir l’accent mis par le secrétaire général des Nations Unies sur la tolérance zéro à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles. Les participants se sont entendus sur le fait que la protection des civils incombe principalement aux pays hôtes; les Nations Unies et les pays fournisseurs de troupes doivent s’efforcer de créer les conditions propices pour que cette transition ait lieu.

L’alerte avancée et les déploiements rapides

Président : M. Atul Khare, secrétaire général adjoint à l’Appui aux missions des Nations Unies

Panélistes : L’hon. Khurram Dastgir Khan, ministre de la Défense, Pakistan
Mgén Shao Yuanming, chef d’état-major adjoint, ministère de l’état-major interarmées de la Commission militaire centrale, Chine
Mgén Ben Francis Okello, chef des plans et des opérations, division des opérations de paix dans le département de la paix et de la sécurité, Union africaine
L’hon. Jüri Luik, ministre de la Défense, Estonie, représentant la présidence de l’Union européenne
M. Luís Carrilho, Conseiller pour les questions de police pour les Nations Unies

Les participants à la Réunion des ministres ont souligné qu’il importe plus que jamais de mettre en place des mécanismes d’alerte avancée et de déploiement rapide pour prévenir l’augmentation de la violence. Faisant observer que la capacité de réagir aux alertes avancées peut permettre d’établir la confiance avec les populations locales et de sauver des vies, un certain nombre de pays participants ont pris des engagements concrets pour que des unités et des ressources soient mises à la disposition des Nations Unies aux fins de déploiement rapide. Compte tenu de la complexité croissante des opérations de maintien de la paix, diverses délégations ont indiqué que l’ONU avait non seulement besoin de ressources supplémentaires, mais aussi de nouvelles stratégies et de meilleurs mécanismes de coordination pour éviter les chevauchements. Cela comprend une meilleure coordination entre les pays fournisseurs de troupes et au sein de chacun d’entre eux, ainsi qu’un engagement plus rapide et plus efficace auprès des pays hôtes afin de faciliter des déploiements plus rapides.

Certaines délégations ont fait remarquer que les organisations régionales pourraient jouer un rôle en période de crise et combler des lacunes dans les situations où les Nations Unies n’ont pas la capacité de déployer rapidement des ressources. En plus de leurs engagements, plusieurs États membres ont réitéré leur soutien envers les initiatives des Nations Unies visant notamment à accroître le nombre et le pourcentage de femmes affectées aux opérations de maintien de la paix et à respecter les normes de comportement les plus strictes, y compris la politique de tolérance zéro du secrétaire général des Nations Unies à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles.

Cérémonie d’ouverture

Le ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan, le secrétaire général adjoint de l’ONU Jean-Pierre Lacroix et le secrétaire général adjoint de l’ONU Atul Khare

Mgén Shao Yuanming (Chine), Mgén Ben Francis Okello (Union africaine) et l’hon. Jüri Luik (Union européenne)

Harjit S. Sajjan, ministre de la Défense nationale
« Ce fût un honneur et un privilège d’être l’hôte de cette rencontre. Maintenant que nous nous apprêtons tous à rentrer à la maison, nous devons transformer la promesse solennelle d’aujourd’hui en résultats concrets pour demain. Nous devons continuer de travailler ensemble pour nous assurer que l’ONU a la capacité de surmonter les défi s changeants qui se présentent. Parce que, comme l’a si bien dit Lester B. Pearson : ‘De tous nos rêves actuels, aucun n’est plus important ou plus diffi cile à réaliser que celui de la paix dans le monde. Ne perdons jamais notre foi en ce rêve, ni notre détermination à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour qu’il devienne un jour une réalité.’ »

La ministre du Développement international et de
la Francophonie Marie-Claude Bibeau participe à la
séance publique « Les jeunes comme artisans de la paix ».

Atelier et séance publique les jeunes comme artisans de la paix

Faire participer les jeunes à la promotion de la paix et de la sécurité était un objectif clé de la Réunion des ministres de la Défense sur le maintien de la paix des Nations Unies. Avant les séances plénières ministérielles, l’Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) a organisé un atelier et une séance publique réunissant de jeunes délégués. Les délégués ont discuté d’un certain nombre de recommandations visant à soutenir le rôle des jeunes en tant qu’artisans de la paix, notamment l’abaissement de l’âge de vote au Canada, la promotion de l’éducation à tous les niveaux et le soutien au rôle des jeunes autochtones. Ces recommandations ont ensuite été présentées à la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau. Roméo Dallaire, lieutenant-général (ret) et responsable de la Child Soldiers Initiative, et Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, ont participé à l’atelier, en travaillant avec les jeunes délégués pour promouvoir des idées novatrices. Un compte rendu complet de l’événement et des recommandations formulées par les jeunes délégués sera publié par l’ACNU cette année.

Le rôle du secteur privé dans la prévention des conflits

Mme. Jody Thomas, sous-ministre de la Défense nationale;
l’hon. Harjit Sajjan, ministre de la Défense nationale; le Premier ministre Justin Trudeau; l’hon. Chrystia Freeland, ministre des
Affaires étrangères; et le général Jonathan Vance, chef d’État-major de la Défense.

Des délégués de 80 pays et 5 organisations internationales ont
participé à la Réunion des ministres de la Défense sur le maintien
de la paix des Nations Unies à Vancouver

Dominic Barton, John Thornton, Alexandra Guáqueta-Girvin, Charles Sirois, Karin Finkelston et l’ambassadeur Marc-André Blanchard discutent du rôle du secteur privé dans la prévention des confl its.

Coordonné par le ministère de la Défense nationale et le bureau de Dominic Barton, associé directeur mondial chez McKinsey & Co, cet événement a réuni le ministre canadien de la Défense nationale, Harjit S. Sajjan; la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau; et cinq panélistes – John Thornton, Alexandra Guáqueta-Girvin, Charles Sirois, Karin Finkelston, et l’ambassadeur Marc-André Blanchard – pour discuter du rôle du secteur privé dans la prévention des conflits. Faisant observer que la plupart des conflits ne peuvent être résolus militairement, les membres du panel ont évoqué le rôle du secteur privé dans la prévention des conflits, la croissance économique, l’emploi des jeunes et la prévention de la radicalisation dans les zones de conflit. Ils ont convenu que la reconstruction et le maintien de la paix après un conflit exigent des investissements du secteur privé et que les gouvernements ont un rôle à jouer dans la promotion de l’entrepreneuriat local – en particulier pour les femmes entrepreneurs. Les gouvernements doivent promulguer des règlements qui encouragent les nouveaux investissements dans les zones de conflit et dans les zones reculées, en s’appuyant sur l’expertise d’organisations internationales telles que la Société financière internationale. Étant donné que l’aide publique officielle mondiale au développement continuera d’être insuffisante pour répondre aux besoins du monde en développement, les participants ont convenu qu’il est impératif de continuer à investir dans des moyens novateurs de prévention des conflits, car les recherches montrent que cela a une incidence notable et durable. Comme l’a fait remarquer le ministre Sajjan, les militaires peuvent « gagner du temps » pour prévenir et arrêter les conflits, mais seuls une société civile et un secteur privé robustes peuvent favoriser une croissance durable.

Réseau des chefs de la défense sur les femmes, la paix et la sécurité

Le lancement du Réseau des chefs de la défense sur les femmes, la paix et la sécurité a marqué le début d’un forum de hauts responsables militaires visant à promouvoir la cause des femmes, de la paix et de la sécurité au sein des armées nationales en partageant les pratiques exemplaires, en s’attaquant aux obstacles et défis, et en mesurant les progrès réalisés. Cet événement, co-organisé par le Bangladesh, le Canada et le Royaume-Uni, a réuni près de 30 pays et 65 représentants. Les co-organisateurs ont souligné l’importance de mobiliser activement les chefs de la défense du fait de leur position d’influence à l’égard des femmes, de la paix et de la sécurité, et le rôle intégral des perspectives des genres dans la planification opérationnelle et la prise de décision. Le Bangladesh, le Canada et le Royaume-Uni ont annoncé leurs engagements envers le Réseau, suivi des interventions des pays s’engageant à adhérer au Réseau, en plus des engagements liés à la mise en œuvre des principes de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies et de la cause des femmes, de la paix et de la sécurité au sein de leurs forces armées nationales. Le Réseau a convenu de se réunir en marge de conférences comme la Réunion des ministres de Vancouver afin d’évaluer les progrès accomplis en matière d’engagements et de discuter des défis.

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