La campagne de Normandie (France)

La campagne de Normandie, dont le nom de code était « opération OVERLORD », a consisté en une série d’opérations alliées visant à libérer le territoire occupé par les Allemands dans le Nord Ouest de la France et à ouvrir la voie à une invasion de l’Allemagne elle-même. Bien qu’elle ait été en fin de compte couronnée de succès, la campagne de Normandie a entraîné plus de 18 700 pertes chez les Canadiens, dont plus de 5 000 morts.

  • Les opérations canadiennes en Normandie ont commencé le 6 juin 1944.
  • Au cours de la première partie de la campagne ont eu lieu les débarquements du jour J, la prise de contrôle de la tête de pont et la prise de la ville de Caen.
  • Après la prise de Caen, du point de vue canadien, la campagne consisterait essentiellement à encercler les forces allemandes encore en Normandie en rejoignant l’Armée américaine près de Falaise.
  • Les opérations canadiennes en Normandie ont pris fin le 23 août 1944.

Opération OVERLORD, 6 juin 1944

La première étape de l’opération OVERLORD, dont le nom de code était « opération NEPTUNE », consistait à faire traverser la Manche aux soldats alliés pour les amener sur les plages de Normandie, à partir desquelles ils avanceraient à l’intérieur des terres, près de la ville de Caen, dans le secteur anglo-canadien. Le jour J, le mauvais temps a rendu les débarquements très difficiles. La 3e Division d’infanterie canadienne et la 2e Brigade blindée du Canada ont débarqué à Juno Beach, flanquées de chaque côté d’une division britannique. Malgré un intense bombardement, beaucoup des défenses allemandes étaient intactes. Tandis que les Canadiens luttaient pour atteindre les hauteurs autour de Caen, la 12e Division Panzer S.S. allemande ralentissait leur avance. Les alliés ont repoussé de fortes contre-attaques pendant des semaines, ce qui a forcé les Canadiens à se retrancher dans le Nord-Ouest de la ville.

Opération EPSOM, 26 juin 1944

L’opération EPSOM visait à se rendre à l’ouest de Caen et à s’emparer du plateau de Caen Falaise. La 3e Division canadienne a reçu l’ordre de prendre la ville de Carpiquet et son aéroport étroitement gardé. La 12e Division Panzer S.S. allemande a intercepté une radiocommunication indiquant l’endroit exact où se trouvaient les Canadiens et a lancé des obus sur leurs positions. Après de durs combats ayant entraîné de nombreuses pertes, les Canadiens ont pu pénétrer dans le village et en garder le contrôle.

Opération CHARNWOOD, 8 juillet 1944

L’objectif de l’étape suivante était d’atteindre Caen et de traverser l’Orne. Des bombardements aériens ont précédé de six heures l’attaque par les Canadiens et les Britanniques. Ce retard dans l’attaque a donné aux Allemands le temps de se préparer même s’ils continuaient d’essuyer les tirs des artilleries britannique et canadienne. Les Canadiens se sont lentement frayé un chemin vers la ville à partir de l’ouest, faisant face à une forte opposition tandis qu’ils progressaient. L’attaque a permis aux alliés de s’emparer de Caen.

Opération ATLANTIC, 18 juillet 1944

« Opération ATLANTIC » était le nom de code donné à la partie canadienne de l’opération GOODWOOD. L’opération GOODWOOD a été la première opération menée par les Britanniques et les Canadiens pour déloger les Allemands des hauteurs situées au sud de l’Orne. Le but de l’opération ATLANTIC était de faire en sorte que le 2e Corps canadien s’empare du Faubourg de Vaucelles. La 3e Division canadienne a avancé à partir de l’est tandis que la 2e Division canadienne a progressé depuis l’ouest; elles se sont finalement rejointes et ont poursuivi leur route vers la crête de Verrières. Tout le long du sommet de la crête se trouvaient des villages fortifiés et des renforts allemands. Bien que les unités canadiennes aient subi de lourdes pertes, elles ont en fin de compte réussi à repousser les Allemands et à prendre pied sur la crête de Bourguébus.

Opération SPRING, 25 juillet 1944

L’opération SPRING visait la prise des hauteurs autour de la crête de Verrières jusqu’aux villages de Fontenay-le-Marmion et de Roquancourt. Dans l’ensemble, cette opération n’a pas permis d’atteindre les objectifs fixés et a été très sanglante pour l’Armée canadienne. En effet, les Canadiens ont subi plus de 1 200 pertes, dont quelque 360 morts, par suite de l’opération SPRING. Seule victoire mineure : la prise définitive du village de Verrières par le Royal Hamilton Light Infantry, ce qui était bien en-deçà des objectifs visés.

Opération TOTALIZE, 8 août 1944

À ce stade de la campagne de Normandie, l’opération américaine COBRA avait permis de percer les lignes allemandes au sud de Saint-Lô. De ce fait, l’Armée allemande en Normandie se trouvait menacée d’encerclement. L’objectif consistait à enfoncer les positions allemandes au sud-est de Caen dans le cadre de la stratégie alliée générale visant à repousser l’ennemi jusqu’à la Seine. Il s’agirait de la première opération planifiée par la Première Armée canadienne et elle supposerait la participation de plusieurs divisions canadiennes et britanniques et d’une division polonaise. Si, au départ, l’opération a été couronnée de beaucoup de succès pour ce qui était de percer les lignes allemandes, l’attaque a peu à peu perdu de son élan. Afin de maintenir la pression sur les forces allemandes tandis que la bataille tirait à sa fin, les commandants ont planifié l’offensive suivante, l’opération TRACTABLE, qui devait commencer à peine quelques jours plus tard.

Opération TRACTABLE, 14 août 1944

L’opération TRACTABLE était une dernière offensive blindée visant à percer les lignes défensives allemandes et à traverser la Laison. Bien que l’ordre ait été donné de s’emparer de Falaise, la partie la plus importante de l’opération a été le déplacement de la 4e Division canadienne vers l’est du village de Trun, où l’on espérait qu’elle pourrait se joindre aux forces américaines qui avançaient depuis Argentan. Ainsi, l’Armée allemande se trouverait coincée en Normandie dans ce qu’on appellerait la poche de Falaise. En raison de cette possibilité d’encerclement, le 16 août, le commandant allemand en Normandie a reçu la permission de se replier, mais, à ce stade, il ne pouvait le faire qu’en passant par la petite brèche dans la vallée de la Dives. Au total, 100 000 hommes et véhicules ont traversé la vallée en colonnes facilement repérables, qui ont été détruites par les avions et l’artillerie des alliés. La fermeture de la brèche de Falaise a entraîné des combats très intenses dans la région autour de Trun, de Chambois et de Coudehard pour les forces canadiennes, britanniques et polonaises qui bloquaient la retraite des Allemands vers le nord. Après avoir joué avec succès un rôle important dans la défaite de l’Armée allemande en Normandie, l’Armée canadienne a mis fin à ses opérations dans cette région le 23 août.


Plus de 260 soldats de la Première Armée canadienne tués au combat entre le 6 et le 23 août 1944 n’ont pas de sépulture connue. En combinant la recherche historique, l’analyse anthropologique et odontologique médico-légale et l’analyse génétique (ADN), la Direction – Histoire et patrimoine du ministère de la Défense nationale a identifié les soldats mentionnés ci-dessous, dont la découverte des restes humains est attribuable à une activité humaine moderne

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