Les ouvrières de la construction navale et Mme Martin (Malti)
Document d'information
Environ un million de femmes ont été employées par l’industrie canadienne durant la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945). À mesure que la production de guerre augmentait, et qu’un nombre croissant d’hommes s’enrôlaient pour le service militaire, les femmes comblaient la pénurie de main‑d’œuvre en occupant des emplois traditionnellement dominés par les hommes, y compris sur les chantiers navals du Canada où, sur les deux côtes et le long du fleuve Saint-Laurent, environ 4 000 femmes avaient aidé à construire des navires militaires et marchands essentiels à la lutte pour la victoire des alliés.
Dans les Maritimes, des femmes et des hommes ont travaillé côte à côte pour construire des navires. Au seul chantier de la Foundation Maritime Ltd, à Pictou, en Nouvelle-Écosse, 24 navires de charge de classe « Park » ont été construits pour la marine marchande du Canada. Au plus fort de la production du chantier de Pictou, en 1943, plus du tiers des 2 000 employés du chantier, tous métiers confondus, était des femmes.
Des travailleuses telles que Mme Martin (Malti), un mère micmaque, ont été louées pour leur ténacité et leur éthique du travail, quelles que soient les conditions météorologiques (Malti signifie « Martin » en micmac). Elles ont toutefois aussi été confrontées à de nombreuses difficultés, notamment des préjugés sexistes, des salaires inférieurs à ceux de leurs collègues masculins et un besoin pressant de services de garde d’enfants.
On n’en sait peu sur Mme Martin, même son prénom n’a jamais été découvert. Toutefois, des photos la montrent en train de faire du travail de boulonnage avec un enfant sur le dos. Elle serrait les boulons qui retenaient les plaques d’acier alignées pour qu’elles puissent être rivetées ensemble.
Après la Deuxième Guerre mondiale, la plupart des femmes actives ont repris leur rôle domestique. Pourtant, l’héritage industrieux laissé par Mme Martin et ses collègues pionnières en brisant les barrières séparant les sexes dans les métiers se poursuit encore aujourd'hui.
La Foundation Maritime Ltd., à Pictou (Nouvelle-Écosse)
Pictou est un centre de construction navale depuis des générations. Au commencement de la Deuxième Guerre mondiale, la société Pictou Foundry and Machine Company Limited, l’une des plus anciennes entreprises de la province, possédait une installation de mise à l’eau et de réparation de bateaux. En 1941, le gouvernement fédéral a autorisé l’agrandissement des installations de construction de navires de Pictou avec la construction d’un nouveau chantier de construction navale d’urgence en temps de guerre, dont la gestion a été assurée par la Foundation Maritime Limited, en vue de produire plusieurs navires de charge de 4 700 tonnes.
Le premier de ces navires de charge homonymes de parcs était le SS Victoria Park, un navire de classe « Scandinavian-Gray » achevé en avril 1943. Avant la fin de la guerre, le chantier a lancé avec succès vingt-quatre navires marchands de 4 700 tonnes.
Ce chantier naval était également le plus gros employeur d’ouvrières durant la guerre, plus que tout autre chantier au Canada. Au plus fort de ses activités, son effectif était de plus 2 000 employés et plus du tiers était des femmes.