L’héros de chez-nous : Harold “Harry” Lovelace (1905-1992)
Document d'information
Harry Lovelace était destiné à faire fonctionner de puissants engins à sa guise, mais le fait qu’il ait grandi dans la forge de son père à Rolling Dam (Nouveau-Brunswick), où toute bonne idée pouvait se réaliser, y aura aussi contribué.
Celui que tout le monde appelle « Harry » devient un célèbre mécanicien automobile dans la ville voisine de St. Stephen. C’est là qu’il épouse Thelma Kennedy avec qui il formera un couple pendant 60 ans.
Harry tente de s’enrôler à quelques reprises après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939. Lors de sa première tentative, sa femme l’en décourage puisqu’elle a déjà un enfant en bas âge et qu’elle en attend un deuxième. À son second essai, on le refuse. Heureusement, la troisième fois est la bonne. En 1941, il rejoint le Corps du génie électrique et mécanique royal canadien (GEMRC). On l’envoie outre-mer comme sous-officier supérieur (sergent d’état-major) responsable de 800 soldats à l’atelier 1 de la base canadienne à Bordon, en Angleterre.
Cité à l’ordre du jour comme un « génie mécanique », Lovelace invente de nombreux dispositifs qui améliorent le rendement des véhicules de combat tout en réduisant le temps nécessaire à leur réparation. Il transforme des chars anciens ou excédentaires en canons automoteurs, en véhicules de transport de troupes et en véhicules blindés de dépannage (sorte de grosse dépanneuse désignée par les initiales ARV). Il repense aussi les lance-flammes sur les chars pour étendre considérablement leur efficacité et leur portée. Lors de la bataille de Normandie, Lovelace dirige une équipe de techniciens sur le terrain qui réparent et ramènent au combat les chars alliés avariés.
Ce palmarès lui vaut la Médaille de l’Empire britannique (BEM), une distinction exceptionnelle que lui remet le roi lui-même en 1945. Le sergent d’état-major Lovelace n’a jamais accordé beaucoup d’importance à sa médaille, affirmant simplement qu’il l’avait reçue pour avoir « géré un atelier de réparation en Angleterre ». Au fil du temps, nombre de ses innovations sont devenues la norme dans l’industrie automobile et se retrouvent encore dans les voitures et les camions aujourd’hui. Il a d’ailleurs obtenu de nombreux brevets, mais ceux-ci ont été considérés comme appartenant à la Couronne après la guerre et sont finalement tombés dans le domaine public.
Après sa démobilisation, Harry Lovelace entreprend une nouvelle vie avec sa famille en tant que mécanicien dans l’industrie des pâtes et papiers à Kénogami, au Québec, où il élève ses trois fils (Bill, Pete et Gord) avec son épouse Thelma. Harry démontre les mêmes compétences dans ce travail et se hisse au rang de directeur des opérations de l’entreprise, poste qu’il occupe jusqu’à sa retraite en 1972.
Harry ne fut pas le seul de son mariage à faire les manchettes après sa mort. En 2018, des chercheurs confirment que Thelma fut la dernière personne connue à entendre les appels à l’aide d’Amelia Earhart par radio à ondes courtes en juillet 1937 avant que le célèbre pilote ne périsse dans le Pacifique Sud.
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