Nirmala Naidoo lors de la conférence annuelle de l’Association nationale des radios étudiantes et communautaires

Discours

Le 31 mai 2023
Calgary (Alberta)

Nirmala Naidoo, conseillère pour l’Alberta et les Territoires du Nord-Ouest
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes

Le discours prononcé fait foi

Bonjour à toutes et à tous et merci à pour cette aimable présentation.

C’est un plaisir de se retrouver sur les territoires traditionnels des peuples du Traité 7. La ville de Calgary abrite également la Nation métisse de l’Alberta, région 3. Je reconnais les nombreuses communautés autochtones de cette partie de l’ouest du Canada et je rends hommage à ces nations et à leurs aînés.

Je suis ravie de participer à la première conférence en personne de l’Association nationale des radios étudiantes et communautaires depuis la pandémie. Et c’est un privilège pour moi d’être parmi des personnes passionnées par l’utilisation de la radio pour communiquer avec leurs communautés et les servir.

Les membres de l’ANREC se distinguent du reste de l’industrie de la radiodiffusion à bien des égards. La plus grande différence réside peut-être dans votre diversité. Les membres de l’ANREC diffusent par exemple dans plus de 65 langues au total. Nombre de vos stations suivent un format en continu ou en mosaïque et présentent toute la gamme des contenus musicaux et de créations orales. J’estime que ce qui vous distingue sert aussi à renforcer non seulement le secteur de la radiodiffusion, mais aussi la démocratie canadienne.

Je suis née en Afrique du Sud sous le régime de l’apartheid, un système juridique qui classait les personnes en fonction de la couleur de leur peau et prescrivait des droits et libertés particuliers à divers groupes. En tant que personne de couleur, par exemple, je n’avais pas le droit de manger dans certains restaurants ou de me baigner sur certaines plages. Pour maintenir ce système, le gouvernement sud-africain et d’autres partisans de l’apartheid ont utilisé des moyens de communication comme outil de désinformation, de promotion de la haine et d’oppression des personnes de couleur.

Si l’apartheid n’est qu’un lointain souvenir pour certains, il a façonné à jamais ma vision du monde. Cela m’a permis d’apprécier tout particulièrement le Canada et son système de radiodiffusion inclusif qui accueille et fait participer tous les citoyens, quelles que soient leurs origines. Comme vous le savez, j’ai connu un succès considérable dans ma carrière dans le secteur de la radiodiffusion, ce qui n’aurait pas été possible sous le régime de l’apartheid.

Aujourd’hui, mon rôle de conseillère du CRTC me donne l’occasion d’œuvrer pour le bien commun. J’ai la conviction que tous les Canadiens méritent un système de communication juste, équitable et de classe mondiale, un système qui ne fait pas de discrimination et qui sert tous les citoyens.

Les radios universitaires et communautaires remplissent précisément ce rôle, et elles représentent un élément unique et essentiel du système de communication du Canada. Chacune de vos stations est ancrée au sein du public qu’elle dessert. Non seulement vous célébrez les diverses communautés de ce pays, mais vous engagez aussi directement les membres de ces communautés à faire de la radio. Ce faisant, vous contribuez à garantir que les auditeurs ont accès à des informations communautaires pertinentes. Pendant la pandémie, nous avons vu à quel point il est important d’avoir accès aux informations locales.

La pandémie a bien sûr posé des problèmes importants à la plupart des membres de l’ANREC. Le nombre de bénévoles a chuté de façon spectaculaire, de l’ordre de 40 %. Pour rester à l’antenne, le personnel de certaines stations a choisi de se mettre en quarantaine sur place – un dévouement remarquable!

En outre, de nombreuses stations de campus sont confrontées à des difficultés financières relatives à la décision des étudiants de voter contre l’affectation d’une partie de leur cotisation à la radio. Malgré ces défis, l’auditoire des radios communautaires et des radios de campus continue de croître. Chaque jour, plus d’un demi-million de Canadiens écoutent une ou plusieurs de vos stations. Autre signe positif, deux nouvelles stations communautaires vont bientôt prendre l’antenne, dont une à une heure d’ici, à Nanton.

Une autre chose qui distingue les membres de l’ANREC du reste de l’industrie de la radiodiffusion est leur engagement à s’entraider. Le système de distribution earshot en est un excellent exemple. Grâce à ce système, les membres ont un accès direct à la musique, à des émissions syndiquées et aux messages d’intérêt public de partout au pays.

La conférence annuelle de l’ANREC est un autre moyen efficace de collaboration. Je félicite d’ailleurs les organisateurs de la conférence de cette année d’avoir rassemblé un programme aussi excellent et opportun. Les membres peuvent profiter de nombreuses occasions d’apprendre les uns des autres sur tous les sujets, de l’utilisation efficace des médias sociaux à la baladodiffusion pour les personnes âgées. Il y a même une séance sur le respect des exigences réglementaires, pour le plus grand plaisir de la conseillère du CRTC qui est en moi!

 

Des conférences comme celle-ci sont particulièrement utiles compte tenu de la rapidité des changements technologiques dans le secteur des communications. Les membres de l’ANREC n’ont d’autre choix que de s’adapter à ces changements. Les régulateurs comme le CRTC doivent également s’adapter afin de veiller à ce que l’évolution technologique ne porte pas atteinte aux principes sous-jacents du système de communication du Canada – des principes comme l’équité et l’accessibilité. En tant que personne née en Afrique du Sud, j’apprécie tout particulièrement ces principes.

Comme vous le savez, le gouvernement du Canada prévoit actualiser notre système réglementaire au moyen de deux textes législatifs. Le premier, le projet de loi C-11, intitulé la Loi sur la diffusion continue en ligne, a reçu la sanction royale le mois dernier.

Ce projet de loi fait entrer la Loi sur la radiodiffusion dans le 21e siècle en clarifiant la compétence du CRTC en matière de services de diffusion en ligne et en lui donnant de nouveaux outils afin d’atteindre ses objectifs stratégiques en matière de politique publique.

Ces objectifs consistent entre autres à veiller à ce que les services de diffusion en continu en ligne contribuent de façon significative au contenu canadien et autochtone. Cela vise également à assurer une plus grande diversité de contenus, en particulier des contenus produits par les communautés racisées et les personnes 2ELGBTQIA+ et qui leur sont accessibles. 

Le CRTC soutient ces objectifs et estime que les radiodiffuseurs traditionnels et les services de diffusion en continu devraient tous deux contribuer équitablement au contenu canadien et au système de radiodiffusion du Canada. En même temps, nous reconnaissons les différences entre la radiodiffusion traditionnelle et les services de diffusion en continu. Il faut un régime réglementaire souple qui accueille et soutient une variété de modèles d’entreprise, et qui contribue au contenu canadien.

Maintenant que le projet de loi C-11 a été adopté par le Parlement, nous avons publié un plan réglementaire en trois phases que nous suivrons afin de moderniser le système de radiodiffusion. Nous avons déjà lancé nos trois premières consultations publiques.

Je souhaite aujourd’hui me concentrer sur celle qui vous intéressera le plus. Nous avons présenté des propositions pour un nouveau cadre de contribution composé de trois catégories. La première catégorie serait une contribution de base commune à tous et pourrait être affectée à des fonds comme le Radio Starmaker Fund. La catégorie suivante serait une exigence financière souple afin d’investir dans différents types de programmes, laquelle tiendrait compte du fait que tout le monde ne peut pas contribuer de la même manière. La dernière catégorie serait celle des contributions intangibles, comme les projets en vue de faciliter l’accès au contenu canadien en ligne.

Dans le cadre de cette instance, nous examinerons comment soutenir au mieux le secteur de la radio, y compris le secteur des stations de campus et communautaires. Il est important que vous participiez et que vous fassiez connaître votre point de vue au public, afin que mes collègues conseillers et moi-même puissions en tenir compte dans notre prise de décision.

Nous passerons à la deuxième phase de notre plan à l’automne. Nous organiserons des consultations au sujet des définitions du contenu canadien et autochtone et des outils destinés à soutenir la musique canadienne et d’autres contenus du secteur audio, entre autres. La troisième phase se concentrera sur la mise en œuvre des décisions politiques que nous aurons prises au cours des phases 1 et 2.

Je vous encourage à consulter le plan réglementaire sur notre site web afin de vous préparer aux consultations à venir et de nous aider à créer le système de radiodiffusion de demain.

Nous suivons un deuxième projet législatif : le projet de loi C-18, ou la Loi sur les nouvelles en ligne. Ce projet de loi vise à faciliter la rémunération des contenus de nouvelles accessibles en ligne. Le CRTC serait responsable de mettre en œuvre le cadre réglementaire en vertu duquel des accords de compensation seraient négociés entre les entreprises de nouvelles canadiennes et les plus grandes plateformes en ligne. Il est important de souligner que le projet de loi C-18 ne demande pas au CRTC de déterminer quelles nouvelles les Canadiens reçoivent ou comment ils les reçoivent.

Le projet de loi C-18, qui vous intéresse particulièrement, désigne les stations de campus, les stations communautaires et les stations autochtones comme pouvant négocier en vertu de la Loi. Ce faisant, le projet de loi reconnaît le rôle important que jouent les petits radiodiffuseurs indépendants comme vous dans la collecte de nouvelles à l’échelle locale. 

Le CRTC est habitué à superviser un environnement réglementaire qui valorise et soutient l’importance de la liberté d’expression et de l’indépendance journalistique. En tant que journaliste chevronnée, cela est extrêmement important pour moi. Nous avons également l’habitude de soutenir la production de nouvelles locales au moyen de conditions de licence et du Fonds pour les nouvelles locales indépendantes, afin que les Canadiens aient accès à des nouvelles portant sur leurs communautés et le monde qui les entoure.

Nous agirons rapidement si le projet de loi C-18 reçoit la sanction royale. Le CRTC organiserait les consultations publiques nécessaires afin de recueillir les avis et élaborer le cadre approprié.

Enfin, nous reconnaissons le travail vital effectué par les membres de l’ANREC afin de soutenir les communautés locales et promouvoir le contenu canadien et autochtone, en particulier le contenu créé par des artistes émergents. Le CRTC prévoit de revoir son approche à l’égard du développement du contenu canadien. Nous planifions également la prochaine phase de notre processus d’élaboration d’une nouvelle politique de radiodiffusion autochtone en collaboration avec les peuples autochtones. Restez à l’affût pour davantage de détails au sujet de ces instances.

Je ne saurais trop insister sur l’importance de participer aux consultations du CRTC. Les opinions des Canadiens influencent les décisions du Conseil, il est donc essentiel qu’un large éventail de parties intéressées y participent. Le CRTC estime grandement la contribution des membres de l’ANREC et nous vous encourageons à nous faire part de vos points de vue.

Je vous encourage également à nous suivre sur les médias sociaux ou consulter fréquemment notre site web pour obtenir des informations sur les instances en cours ou à venir. Vous pouvez même vous inscrire à notre flux RSS pour recevoir nos communiqués de presse et être informés des nouvelles instances ainsi que des décisions rendues.

Dans le secteur de la radiodiffusion, la capacité à établir des liens avec le public est essentielle à la réussite, quelle que soit l’évolution des technologies. Je sais par expérience que les membres de l’ANREC sont particulièrement doués dans ce domaine. 

Il y a des années, lorsque j’étais étudiante à l’Université de l’Alberta, j’ai découvert la radio du campus, que nous appelions à l’époque CKSR, et j’ai été émerveillée par la façon dont elle favorisait le sentiment d’appartenance à une communauté. Lorsque nous sommes arrivés sur le campus, peu d’entre nous se connaissaient. Lorsqu’est venu le temps de partir, par contre, nous parlions la même langue.

Je n’oublierai jamais comment CKSR a joué la musique des artistes des petites villes et a fait la promotion de leurs concerts. Mes camarades de classe et moi-même avons assisté en temps réel à l’ascension d’artistes autrefois obscurs, comme k.d. lang, sur la scène internationale. CKSR a contribué à créer le lien profond que nous avons ressenti tant avec les artistes qu’entre nous. Des décennies plus tard, je ressens toujours ce lien. C’est bien là toute la puissance des radios de campus et des radios communautaires.

Je suis convaincue que les membres de l’ANREC continueront à se rapprocher de leurs communautés et je me réjouis de travailler avec vous afin de renforcer l’industrie de la radiodiffusion au Canada.

Merci. 

Personnes-ressources

Relations avec les médias
819-997-9403

Renseignements généraux
819-997-0313
Numéro sans frais 1-877-249-CRTC (2782)
Ligne ATS 819-994-0423

Restez branchés
Suivez-nous sur Twitter @CRTCfra
Aimez-nous sur Facebook

Détails de la page

Date de modification :