Commission de vérité du Qikiqtani

Document d'information

ᐃᓄᒃᑎᑐᑦ

La Commission de vérité du Qikiqtani a été créée pour donner suite à la demande formulée en 2000 par l’Association inuite du Qikiqtani (AIQ) et la Société Makivik du Nunavik qui souhaitaient que le gouvernement du Canada lance une enquête publique sur l’abattage des qimmiit (chiens de traîneau).

En 2002, l’AIQ a créé des comités pour étudier les questions relatives à la politique sociale, à la langue, à l’abattage des qimmiit et aux réinstallations. En 2004, l’AIQ a commencé à recueillir des témoignages directement des Inuits pour mieux comprendre comment les politiques gouvernementales avaient affecté ceux-ci et leurs familles et provoqué des changements profonds et irréversibles à leur mode de vie.

Le gouvernement a demandé à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de faire enquête sur les allégations relatives à l’abattage des qimmiit et de faire rapport au Parlement. Or, l’AIQ a été extrêmement déçue par le rapport de la GRC qui, à son avis, contredisait et rejetait les récits de cette histoire par les Inuits.

Puisque le gouvernement canadien n’a pas lancé d’enquête publique, l’AIQ a créé une commission de vérité indépendante en 2007 pour dévoiler ce qui est arrivé aux Inuits du Qikiqtani entre 1950 et 1975. La Commission de vérité du Qikiqtani a été la première commission de vérité indépendante du genre, à savoir une commission dirigée par une organisation autochtone.

Près de 350 personnes ont participé aux audiences publiques pour lever le voile sur les politiques et les pratiques du gouvernement du Canada.

Le rapport final de la Commission de vérité du Qikiqtani, intitulé « Achieving Saimaqatigiingniq », présente le bilan de trois années d’entrevues, de témoignages et de recherches d’archives sur le colonialisme moderne dont ont été victimes les Inuits du Qikiqtani. Le rapport formule 25 recommandations.

Conclusions

De 1950 à 1975, le gouvernement canadien a été la cause principale des changements observés dans la région du Qikiqtani. Voici quelques exemples de mesures prises par le gouvernement :

  • Il a imposé la réinstallation des Inuits, provoquant la séparation des familles et la perte du lien communautaire et de la culture pour créer 13 établissements permanents, tout en promettant aux Inuits une « vie meilleure » qui ne s’est jamais matérialisée.
  • Il a promis de fournir des logements de base et des services essentiels (promesse qui souvent n’a pas été tenue) et construit des maisons qui n’étaient absolument pas adaptées aux conditions arctiques.
  • Il a obligé les enfants inuits à vivre dans des pensionnats et à fréquenter des établissements coloniaux où l’anglais était la seule langue utilisée, de sorte que de nombreux Inuits ont perdu la capacité de parler l’inuktitut, ce qui a entraîné la perte de leur culture et de leurs traditions et la détérioration de leurs liens familiaux. On avait dit aux parents qu’ils perdraient leur allocation familiale (qui était devenue essentielle à leur survie là où ils avaient été réinstallés) si leurs enfants ne fréquentaient pas l’école.
  • Il a abattu les qimmiit, enlevant ainsi aux Inuits les outils de base nécessaires pour se déplacer et se procurer de la nourriture. Puisque ces chiens jouaient un rôle crucial dans la communauté, cette politique a eu des répercussions négatives majeures sur les personnes touchées, notamment en provoquant une insécurité alimentaire dans l’Arctique. 
  • Ces politiques ont entraîné un préjudice irréparable et provoqué un traumatisme intergénérationnel dont souffrent encore les Inuits du Qikiqtani.

Pour un résumé du rapport, consulter le document intitulé « Action of the Qikiqtani Truth Commission », qui se trouve sur le site Web de l’Association inuite du Qikiqtani, à l’adresse suivante : www.qia.ca/wp-content/uploads/2019/06/QIA-QTC-English_FINAL-LobbyingKit-2019-06-13_LOW.pdf (non offert en français)

Pour connaître toutes les conclusions du rapport, consulter le site Web de la Commission de vérité du Qikiqtani, à l’adresse suivante : www.qtcommission.ca/en (non offert en français)

L’avenir

Le 14 août 2019, la ministre des Relations Couronne-Autochtones a présenté des excuses officielles aux Inuits du Qikiqtani au nom du gouvernement du Canada. Ces excuses sont le fruit du travail réalisé par l’AIQ et le gouvernement du Canada. La ministre s’est notamment engagée à créer le Fonds Saimaqatigiingniq et à le soutenir financièrement, pour concevoir et élaborer des programmes visant à promouvoir la culture, la guérison et le bien-être des générations inuites actuelles et à venir. Ces programmes seront administrés par l’AIQ.

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