Échange de données (normes de formats de données)

De plus en plus, les musées doivent échanger des données avec d'autres musées (par exemple, pour la planification d'une exposition ou la recherche), échanger des données à l'interne (par exemple, entre les services, les applications ou les plateformes) et aussi inclure leurs données dans les ressources collectives. L'échange de données sur le patrimoine culturel peut se faire de plusieurs façons, notamment :

  • l'importation, l'exportation et le transfert de fichiers de données;
  • la collecte.

Des normes ont été élaborées afin de rendre possible ces activités.

Échange efficace de données

La plupart des logiciels de gestion des collections permettent d'exporter ou d'importer des données dans différents formats. Il est donc possible pour un musée d'exporter ses données de gestion des collections en vue de les transférer dans un autre système ou à un organisme. Il est toutefois difficile de transférer ces données sans en perdre la « signification » ou la précision au cours du processus. Cette signification n'est pas, en grande partie, inhérente aux données réelles, mais elle l'est dans les définitions des éléments de données qu'utilise le système et dans les liens entre ces éléments de données. Par exemple, les données sur les collections de musées pourraient contenir un grand nombre de dates et de noms personnels et, à moins que ces éléments de données ne soient décrits (par exemple, nom de l'auteur, date de naissance de l'auteur, nom du catalogue, nom du collectionneur, date de la collection) et que les liens entre les zones ne soient clairs, les données ont peu d'utilité.

Il existe divers outils, protocoles et normes facilitant l'échange de données sur le patrimoine culturel. Ces outils servent à définir une structure pour les divers éléments des données et à échanger les données ainsi que les liens.

Modèle de référence conceptuel

  • Modèle de référence conceptuel CIDOC CRM

    « Le Modèle de référence conceptuel CIDOC CRM fournit des définitions et une structure formelle permettant de décrire des concepts implicites et explicites, ainsi que les liens utilisés dans la documentation sur le patrimoine culturel.» « [Il] propose un langage commun aux experts et à ceux qui formulent des exigences fonctionnelles pour le développement de systèmes d'information, en plus de servir de guide de bonnes pratiques pour la modélisation conceptuelle. » Le modèle CIDOC CRM a une très grande portée. Il vise à fournir toute l'information nécessaire à la documentation et à la gestion du patrimoine culturel. Il comporte 86 classes et 137 propriétés uniques. Le modèle CIDOC CRM a « pour objectif de promouvoir l'échange de renseignements sur le patrimoine culturel en fournissant un cadre sémantique commun et extensible avec lequel toute information sur le patrimoine culturel peut être mise en correspondance. Ainsi, le modèle CIDOC CRM peut fournir la "colle sémantique" nécessaire pour relier ensemble différentes sources d'information sur le patrimoine culturel, comme celles qui sont publiées par les musées, les bibliothèques et les services d'archives ». Dans le modèle CIDOC CRM, les métadonnées sont représentées selon une approche centrée sur des « événements » (comme la création et l'utilisation), qui est maintenant considérée comme le moyen le plus souple de modéliser les données sur le patrimoine culturel. L'encodage du modèle CIDOC CRM est fourni dans un schéma RDF, mais il est possible de représenter les métadonnées autrement. Il est reconnu comme une norme ISO : ISO 21127:2006. Les instances peuvent être encodées en langage RDF, XML, OWL, etc. Le modèle CIDOC CRM a été harmonisé avec FRBR (Functional Requirements for Bibliographic Records). La traduction française des noms de classes et des propriétés est acccessible à l'adresse suivante : http://cidoc.ics.forth.gr/docs/cidoc_terms_translations.doc

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Le XML

Le XML (Extensible Markup Language) peut être utilisé pour permettre aux systèmes d'information d'échanger des données structurées. Le XML (et les normes propres à la collectivité muséale reposant sur le XML) est utile pour l'échange de données entre deux applications, car les données contiennent des tabulations décrivant ce qu'elles représentent. Le XML procure un moyen d'échanger non seulement les données, mais aussi la signification inhérente dans la structure des données et des liens. Le XML est de plus en plus offert comme moyen pour exporter des données à l'aide de logiciels commerciaux de gestion des collections. Toute donnée muséale structurée peut être encodée en XML.

Schémas XML pour les musées

Il existe plusieurs normes particulières qui ont été élaborées afin de faciliter l'échange des données des musées et des données sur le patrimoine culturel. Au nombre des schémas XML importants élaborés pour les données de musées, mentionnons :

  • Lightweight Information Describing Objects (LIDO)

    LIDO (Lightweight Information Describing Objects) est un schéma de collecte de données XML ayant pour but de transférer les données des bases de données sur les collections dans les musées aux agrégations multilingues de données (comme Artefacts Canada) ainsi que d'échanger des données muséales sur le Web. LIDO peut représenter l’éventail complet des renseignements descriptifs sur des objets muséaux et convient aux données muséales de nombreuses disciplines (par exemple, des données sur l'art, la culture et les sciences naturelles). LIDO est le fruit d’une collaboration internationale fondée sur les schémas CDWA Lite et museumdat, et est conforme au CIDOC CRM (modèle de référence conceptuel du Comité international pour la documentation) et compatible avec Spectrum. Certains systèmes logiciels de gestion des collections peuvent exporter des dossiers LIDO, facilitant ainsi l’échange de données. LIDO a été lancé à la fin de l’année 2010 et est offert en anglais seulement.

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  • CDWA-Lite XML Schema

    Ce schéma en langage XML décrit un format pour les fiches descriptives d’œuvres d’art et d’objets de culture matérielle. Le schéma CDWA Lite est fondé sur la norme Categories for the Description of Works of Art (CDWA), un schéma de métadonnées qui a été établi par l'Art Information Task Force (AITF). Les fiches CDWA Lite sont destinées aux catalogues collectifs et aux autres répertoires qui utilisent les protocoles de collecte de métadonnées Open Archives Initiative (OAI). En raison de l'accent mis sur les fiches descriptives de base, le CDWA Lite ne porte que sur un sous-ensemble d’éléments de données qui se trouvent dans le Modèle conceptuel de référence CIDOC CRM, et il est beaucoup plus simple. Il comprend 22 éléments, dont 9 sont obligatoires. En 2010, l’harmonisation des CDWA Lite et du schéma museumdat a permis de créer le Lightweight Information Describing Objects (LIDO). Offert en anglais.

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Correspondance entre les données

Peu importe le format dans lequel un musée échange des données, à savoir avec tabulation comme séparateur, XML ou autre, il sera nécessaire d'établir une correspondance entre les données si la structure de la source des données est différente de celle de la base de données visée. Cette action assurera la bonne interprétation des données dans le nouveau système.

Cette correspondance s'effectue parfois directement entre les deux systèmes de données. Par exemple, les musées qui contribuent à Artefacts Canada peuvent établir une correspondance entre leurs zones et celles d'Artefacts Canada à l'aide d'une simple interface Web, puis téléverser leurs données dans un format avec tabulation comme séparateur ou autre. Le processus de correspondance permet aux musées de faire correspondre chaque élément de leur système local à un ou plusieurs éléments de la base de données d'Artefacts Canada, de sorte que peu importe le système ou la norme relative aux métadonnées utilisé, les données téléversées par le musée dans Artefacts Canada seront bien interprétées et affichées dans la base de données nationale.

Des progrès ont été réalisés récemment pour automatiser davantage le processus de correspondance des données sur le patrimoine culturel. Au lieu d'établir une correspondance de façon ponctuelle entre des modèles de données locaux, l'échange est facilité par une correspondance à tous les éléments. Par exemple, une correspondance est établie entre les données d'une base de données source et une norme, notamment le modèle CIDOC CRM, puis les données sont exportées dans le format XML du CIDOC CRM, de sorte que d'autres systèmes conformes à cette norme peuvent interpréter et utiliser les données sans que la signification ou la précision ne soit altérée.

Collecte des données

Outre l'exportation et le transfert de fichiers à un autre organisme ou service, les musées peuvent également exposer leurs données aux fins de collecte. Dans ce cas, le musée affiche l'information à un endroit accessible sur le Web (soit un endroit sécurisé permettant un accès restreint ou un accès libre), dans un format standard, et les données peuvent être « recueillies » par d'autres à l'aide de protocoles standards. Dans certains cas, les données exposées sont recueillies et téléversées dans d'autres systèmes; dans d'autres cas, elles sont à peine interrogées, et les résultats sont utilisés par des systèmes à distance. Habituellement, les données à recueillir sont encodées en XML et peuvent être échangées à l'aide de protocoles et d'outils de collecte de métadonnées tel l'outil suivant :

  • Open Archives Initiative Protocol for Metadata Harvesting (OAI-PMH)

    Le protocole OAI constitue un moyen pour les musées de rendre le contenu de leurs bases de données plus accessible sur Internet, de participer plus facilement aux services répartis d'un portail et de réutiliser les données sur leurs collections. Le protocole OAI est destiné à la fois à la récolte de données et à l’exposition de métadonnées conformes à la norme OAI pouvant être récoltées. Un musée qui voudrait échanger des données à l'aide du protocole OAI créerait un dépôt de données conforme à la norme OAI en « exposant » ses données en langage XML, d’après un protocole technique simple. La norme Dublin Core (non qualifiée) est la norme minimale d'échange de données que requiert le protocole OAI. Toutefois, on peut utiliser tout autre ensemble de métadonnées décrit à l'aide d'un schéma en langage XML (comme le schéma CDWA Lite XML) pour obtenir des descriptions plus détaillées. Le protocole OAI est facile à implanter et comporte peu de barrières techniques. Offert en anglais seulement.

    Aller à « Open Archives Initiative Protocol for Metadata Harvesting (OAI-PMH) »

Format alternatif

Guide du RCIP sur les normes pour les musées (PDF, 573 Ko)

Coordonnées pour cette page Web

Ce document est publié par le Réseau canadien d’information sur le patrimoine (RCIP). Pour fournir des commentaires ou des questions à ce sujet, veuillez communiquer directement avec le RCIP. Pour trouver d’autres ressources en ligne destinées aux professionnels de musées, visitez la page d'accueil du RCIP ou la page Muséologie et conservation sur Canada.ca.

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