ARCHIVÉE - Lignées de pomme de terre BT06, BT10, BT12, BT16, BT17, BT18, BT23 résistant au doryphore de la pomme de terre

DA/BBA-095-264-A
Octobre 1999

Information sur des aliments nouveaux - biotechnologie alimentaire


Santé Canada a prévenu Monsanto Canada Inc. que le Ministère ne s'oppose pas à l'utilisation alimentaire les lignées BT06, BT10, BT12, BT16, BT17, BT18 et BT23 du cultivar de pomme de terre transgénique NewLeaf-PlusMD Russet Burbank, que l'on a mises au point pour qu'elles résistent au doryphore de la pomme de terre (DPT). Le Ministère a effectué une évaluation détaillée des cultivars de pomme de terre NewLeafMD Russet Burbank conformément à ses Lignes directrices relatives à l'évaluation de l'innocuité des aliments nouveaux (septembre 1994). Ces lignes directrices sont fondées sur des principes internationaux d'évaluation de l'innocuité des aliments dérivés d'organismes modifiés génétiquement.

Contexte :

Le texte qui suit résume l'avis que Monsanto Canada Inc. a donné à Santé Canada et ne contient aucun renseignement commercial confidentiel.

1. Introduction

On a mis au point les lignées BT06, BT10, BT12, BT16, BT17, BT18 et BT23 de la pomme de terre (Solanum Tuberosum) au moyen d'une modification génétique spécifique du cultivar Russet Burbank afin de les rendre résistantes au DPT (Leptinotarsa decemlineata Say.). Les lignées nouvelles produisent une version de la protéine insecticide, CryIIIA, dérivée du Bacillus thuringiensis. Les delta-endotoxines, comme la protéine CryIIIA exprimée dans les pommes de terre NewLeafMD Russet Burbank, agissent en se fixant de façon sélective à des récepteurs spécifiques qui se trouvent sur le plateau strié de l'épithélium de l'intestin moyen des espèces d'insectes vulnérables. Après la fixation, il y a formation de pores spécifiques aux cations qui perturbent les échanges ioniques dans l'intestin moyen et provoquent ainsi la paralysie et la mort. La protéine CryIIIA et les endotoxines connexes ne sont insecticides que pour les lépidoptères ou les coléoptères et la spécificité de leur action est attribuable directement à la présence de récepteurs spécifiques chez les insectes visés. Il n'y a pas de récepteur des delta-endotoxines du B. thuringiensis à la surface des cellules intestinales chez les mammifères et c'est pourquoi les bestiaux et les êtres humains ne sont pas vulnérables à ces protéines.

2. Mise au point de la plante modifiée

On a créé les lignées BT06, BT10, BT12, BT16, BT17, BT18 et BT23 en procédant à une transformation provoquée par Agrobacterium au cours de laquelle l'ADN de transfert (ADN-T) contenait le gène codant la protéine CryIIIA provenant de la race tenebrionis du B. thuringiensis. L'ADN-T contenait en outre des séquences codant l'enzyme néomycine phosphotransférase II (NPTII). On a utilisé l'expression de l'activité de la NPTII, contrôlée par le promoteur 35S du CaMV, comme caractéristique sélectible pour dépister dans les plantes transformées la présence du gène CryIIIA. Les données provenant d'au moins quatre générations de propagation de la plante ont démontré la stabilité héréditaire de la caractéristique nouvelle.

3. Information concernant le produit

On a estimé le niveau moyen d'expression de la protéine CryIIIA dans les feuilles et les tubéreuses de chacune des sept lignées NewLeafMD Russet Burbank à 16,8 et 0,8 :g/g de tissu frais respectivement. De même, l'expression constitutive de la NPTII a été quantifiée dans le tissu à la fois de la feuille et de la tubéreuse à 0,34 et 0,2 :g/g de tissu frais respectivement. On a jugé que la présence de la protéine NPTII représentait un risque insignifiant pour la santé des êtres humains à la suite de l'exposition. La solanine et la chaconine sont les principaux glycoalcaloïdes communs dans les pommes de terre. Des analyses des niveaux de glycoalcaloïdes totaux (GAT) dans chacune des lignées transgéniques ont révélé que dans chaque cas, le niveau était inférieur à celui que prévoient les lignes directrices administratives, soit 20 mg/100 g de poids frais, établi auparavant pour les GAT dans la pomme de terre. Outre la résistance au doryphore de la pomme de terre, les caractéristiques relatives à la maladie, aux parasites et à l'agronomie des lignées NewLeafMD Russet Burbank étaient comparables à celles de la pomme de terre Russet Burbank non transgénique.

4. Exposition alimentaire

Beaucoup de Canadiens considèrent la pomme de terre comme un aliment de base, car elle représente jusqu'à 37 % du total moyen des végétaux consommés. La modification génétique présente dans les lignées transgéniques BT06, BT10, BT12, BT16, BT17, BT18 et BT23 n'entraînera pas de changement de la tendance de la consommation des pommes de terre. Comme ils sont protégés contre les dommages causés par le doryphore, les cultivars NewLeafMD Russet Burbank devraient remplacer quelques cultivars de pomme de terre actuellement disponibles sur le marché dans toutes les applications de produits de la pomme de terre. On offrira ainsi un substitut ou un autre choix aux consommateurs et aux producteurs d'aliments.

5. Nutrition

L'analyse des nutriments provenant de chacun des sept cultivars de pomme de terre transgéniques et de la pomme de terre non transgénique n'a pas révélé de différence significative dans les niveaux de protéines, de matières grasses, de cendres, de fibres et d'amidon. De même, les niveaux de micronutriments et d'oligo-éléments comme la thiamine, la niacine, la riboflavine, la vitamine C, le calcium, le fer et le zinc, étaient comparables à ceux de la pomme de terre Russet Burbank non modifiée. Dans chaque cas, la concentration mesurée se situait à l'intérieur de la plage normale établie pour les pommes de terre commerciales. La consommation de produits tirés des pommes de terre NewLeafMD Russet Burbank n'aura pas d'incidence significative sur la qualité nutritionnelle de l'approvisionnement en aliments au Canada.

6. Innocuité

a) Toxicité possible :

La séquence d'acides aminés de la protéine CryIIIA exprimée dans les pommes de terre NewLeafMD ressemble de près à celles des mêmes protéines présentes dans des souches de B. thuringiensis qu'on utilise depuis plus de 30 ans comme insecticides microbiens organiques commerciaux. Une analyse des séquences d'acides aminés de la protéine CryIIIA insérée n'a pas révélé d'homologie avec des toxines protéiques connues de mammifères et ne pose aucun risque de toxicité pour les êtres humains. De plus, des études de toxicité orale aiguë réalisées avec de la protéine CryIIIA purifiée n'ont pas révélé d'effets nuisibles lorsqu'on a administré à des souris une dose de 5 220 mg/kg de masse corporelle.

b) Allergénicité possible :

La protéine CryIIIA ne possède pas de caractéristiques typiques des allergènes protéiques connus. Il n'y avait pas de région d'homologie entre la séquence de cette protéine introduite et la séquence d'acides aminés d'allergènes protéiques connus. Contrairement aux allergènes protéiques connus, la protéine CryIIIA est dégradée rapidement par les acides ou par hydrolyse enzymatique lorsqu'elle est exposée à des liquides gastriques ou intestinaux simulés. Il est extrêmement improbable que la protéine CryIIIA soit allergène.

Conclusion :

Après avoir étudié les renseignements présentés à l'appui de l'utilisation alimentaire des lignées de pomme de terre BT06, BT10, BT12, BT16, BT17, BT18 et BT23 résistant au doryphore de la pomme de terre, Santé Canada a conclu qu'elles ne posent aucune préoccupation en ce qui concerne l'innocuité. Santé Canada est d'avis que les produits tirés de la pomme de terre NewLeafMD Russet Burbank sont aussi sécuritaires et nutritifs que ceux qui proviennent des cultivars de pomme de terre actuellement disponibles sur le marché.

L'avis de Santé Canada ne porte que sur l'utilisation alimentaire des lignées de pomme de terre résistant au doryphore. Les processus réglementaires de l'Agence canadienne d'inspection des aliments s'appliquent aux enjeux liés à la production des pommes de terre NewLeafMD Russet Burbank au Canada et à leur utilisation comme provende.


Le présent document d'information sur des aliments nouveaux résume l'avis donné sur le produit visé par la Direction des aliments, Direction générale de la protection de la santé, Santé Canada. Cet avis est fondé sur l'analyse détaillée des renseignements fournis par le pétitionnaire conformément aux Lignes directrices relatives à l'évaluation de l'innocuité des aliments nouveaux.

Pour obtenir plus de renseignements, prière de communiquer avec :

Bureau de la biotechnologie alimentaire
Direction des aliments
Direction générale de la protection de la santé
Santé Canada
Parc Tunney
Ottawa (Ontario) K1A 0L2
Téléphone : (613) 941-5535
Télécopieur : (613) 952-6400

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