Résumé de l’examen de l’innocuité - Benzodiazépines et barbituriques - Évaluation du risque potentiel d’effets néfastes sur le développement des cerveaux des enfants (troubles neurodéveloppementaux)

Le 22 décembre 2017

Produit

Ativan (lorazépam) et midazolam (benzodiazépines), phénobarbital et thiopental (barbituriques)

Problème d’innocuité potentiel

Effets néfastes sur le développement des cerveaux des enfants (troubles neurodéveloppementaux)

Messages clés

  • Les benzodiazépines et les barbituriques sont des sédatifs et des anesthésiques souvent requis lors d’interventions chirurgicales ou durant des procédures médicales chez les enfants et les adultes.
  • Santé Canada a effectué un examen du risque potentiel d’effets néfastes sur le développement des cerveaux des enfants, associé à l’administration de certains sédatifs et anesthésiques chez les jeunes enfants ou les femmes enceintes (exposition du fœtus). 
  • Santé Canada a effectué cet examen pour déterminer s’il y avait, au Canada, des préoccupations à propos du risque potentiel d’effets néfastes sur le développement des cerveaux des enfants, associé à l’administration de certains sédatifs et anesthésiques, après que des préoccupations ont été soulevées par la Food and Drug Administration des États-Unis. 
  • L’examen des données disponibles, mené par Santé Canada, a révélé qu’il existe peu de données probantes laissant croire à l’existence d’un lien entre l’utilisation de ces sédatifs et anesthésiques et des effets néfastes potentiels sur le développement des cerveaux des enfants.
  • Les femmes enceintes, les parents et les fournisseurs de soins de santé devraient discuter, avec leur professionnel de la santé, de toute question ou préoccupation à propos de l’innocuité des sédatifs et anesthésiques, et du besoin de performer des procédures nécessitant ces médicaments.
  • Santé Canada continuera de surveiller ce risque et publiera une mise à jour pour mieux sensibiliser les parents et les professionnels de la santé à cette question.

Enjeu

Santé Canada a effectué un examen de l’innocuité pour évaluer l’éventualité d’effets néfastes sur le développement des cerveaux des enfants (troubles neurodéveloppementaux) associé à l’administration de certains sédatifs et anesthésiques (lorazépam, midazolam, phénobarbital et thiopental) chez les jeunes enfants (de moins de 5 ans, inclusivement) ou les femmes enceintes (exposition du fœtus). Santé Canada a effectué cet examen pour déterminer s’il y avait, au Canada, des préoccupations à propos du risque potentiel d’effets néfastes sur le développement des cerveaux des enfants, associé à l’administration de certains sédatifs et anesthésiques telles que soulevées à travers une communication de risque publiée par la FDA en décembre 2016.

Les renseignements canadiens relatifs à l’innocuité du lorazépam et du midazolam mettent en garde que ces médicaments ne devraient pas être utilisés chez les femmes enceintes. Les renseignements canadiens relatifs à l’innocuité du phénobarbital mettent en garde qu’il faut évaluer les bienfaits du médicament par rapport au risque, lorsqu’il est utilisé durant la grossesse. Par ailleurs, les restrictions concernant l’utilisation de ces produits chez les enfants varient d’un médicament à l’autre.

Le risque d’atteinte neurodéveloppementale, associé à  l’administration d’autres sédatifs et anesthésiques autres que les benzodiazépines et barbiturates (propofol, kétamine, sévoflurane, desflurane et isoflurane) chez les jeunes enfants ou les femmes enceintes, a été évalué dans le cadre d’un examen distinct.

Les troubles neurodéveloppementaux touchent le fonctionnement du cerveau et peuvent inclure, par exemple, des difficultés sur le plan intellectuel et d’apprentissage, et des problèmes de communication et de mobilité. De nombreux facteurs (ex. génétiques, sociaux, économiques ou environnementaux) peuvent jouer un rôle dans l’apparition de ces atteintes.

Utilisation au Canada

  • Les benzodiazépines et les barbituriques sont des sédatifs et des anesthésiques, souvent requis lors d’interventions chirurgicales ou durant des procédures chez les enfants et les adultes.
  • Le phénobarbital, le midazolam et le lorazépam sont actuellement disponibles sur le marché canadien. Le thiopental est autorisé pour la vente, mais n’est présentement pas vendu au Canada.

Constatations à l’issue de l’examen de l’innocuité

  • Au moment de l’examen, Santé Canada a mené une recherche de déclarations au CanadaNote de bas de page a et ailleurs dans le monde au sujet des effets néfastes potentiels sur le développement des cerveaux des enfants, associé à l’administration de sédatifs et d’anesthésiques chez des femmes enceintes ou de jeunes enfants. Il y avait, au total, 137 déclarations canadiennes et 110 déclarations internationales. Cependant, à cause de plusieurs facteurs (ex. les symptômes rapportés dans les déclarations ne correspondaient pas à la définition des troubles neurodevelopementaux telle que définie plus haut, l’utilisation du médicament était différente, le problème n’était pas déclaré chez les femmes enceintes ou chez les enfants de moins de 5 ans, inclusivement), Santé Canada n’était pas capable d’utiliser ces 247 déclarations pour en tirer des conclusions.
  • Les résultats d’études publiées, menées chez des animaux en gestation ou juvéniles et chez des enfants, n’ont pas révélé de signes probants d’un quelconque effet néfaste sur le développement des cerveaux des petits ou des enfants, associé à l’utilisation de ces sédatifs et anesthésiques.

Conclusions et mesures à prendre

  • L’examen des données disponibles, mené par Santé Canada, a révélé qu’il existe peu de données probantes laissant croire à l’existence d’un lien entre l’utilisation de ces sédatifs et anesthésiques et des troubles neurodéveloppementaux. Santé Canada publiera une mise à jour pour mieux sensibiliser les parents et les professionnels de la santé à cette question.
  • Les femmes enceintes, les parents et les fournisseurs de soins de santé devraient discuter, avec leur professionnel de la santé, de toute question ou préoccupation à propos de l’innocuité des sédatifs et anesthésiques, et du besoin de performer des procédures nécessitant ces médicaments.
  • Par ailleurs, Santé Canada envisagera de collaborer avec le Réseau sur l’innocuité et l’efficacité des médicaments (RIEM), afin d’étudier davantage cette question et de mieux comprendre les effets que les sédatifs et les anesthésiques peuvent avoir sur le développement des cerveaux des enfants.
  • Santé Canada continuera de surveiller les renseignements sur l’innocuité des sédatifs et des anesthésiques, comme il le fait à l’égard de tous les produits de santé sur le marché canadien, afin de cerner et d’évaluer les dangers possibles. Santé Canada prendra les mesures qui s’imposent, en temps opportun, si de nouveaux renseignements en matière de risques pour la santé sont portés à son attention.

Renseignements supplémentaires

Les données analysées aux fins de cet examen de l’innocuité proviennent de documents scientifiques et médicaux, des renseignements obtenus au Canada et ailleurs dans le monde et des connaissances acquises au sujet de l’utilisation des sédatifs et anesthésiques tant au Canada qu’à l’étranger.

Pour d’autres renseignements, veuillez communiquer avec la Direction des produits de santé commercialisés.

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