Validation des méthodes analytiques pour les essais sur le cannabis
Sur cette page
- À qui s'adresse cette page
- Aperçu
- Essais de validation, méthodologie et évaluation
- Contrôle de qualité pendant l'analyse
- Équipement
- Présentation des résultats
À qui s'adresse cette page
Cette page s'adresse aux titulaires de licence qui effectuent des essais analytiques, notamment:
- micro-culture, culture en pépinière et culture standard
- micro-transformation et transformation standard
- essais analytiques
Aperçu
Cette page fournit des renseignements complémentaires à la ligne directrice Q2(R2) de l'ICH sur la validation des procédures analytiques. Elle porte précisément sur les essais relatifs au cannabis et tient compte de la nature unique et complexe des produits de cannabis.
Comme l'indique la ligne directrice Q2(R2) de l'ICH, différentes approches de validation des méthodes peuvent être acceptables, pourvu que vous puissiez fournir une justification scientifique appropriée. En définitive, la validation de votre méthode vous aidera à démontrer qu'elle convient à l'usage auquel elle est destinée.
Essais de validation, méthodologie et évaluation
Généralités
Le paragraphe 92(1) du Règlement sur le cannabis (le Règlement) exige que vous utilisiez des méthodes validées pour les essais prévus aux articles 90 à 91.1. En pratique, la validation d'une méthode est généralement effectuée avant la mise en œuvre d'une nouvelle méthode d'essai ou l'introduction d'une nouvelle technique ou d'un nouvel instrument.
Vous pouvez décider d'utiliser une méthode normalisée déjà validée et effectuer l'une ou l'autre des activités suivantes :
- validation de la méthode
- vérification visant à confirmer qu'elle fonctionne comme prévu dans votre propre environnement
Lorsque vous modifiez une méthode validée, on s'attend généralement à ce que vous évaluiez l'incidence des changements sur le rendement de la méthode afin de choisir l'approche appropriée pour valider la modification. Vous devriez justifier votre approche et consigner cette justification avec vos résultats de validation, conformément aux exigences de la partie 11 du Règlement.
Dans le contexte de la validation d'une méthode, il est essentiel de tenir compte à la fois :
- des étapes de préparation de l'échantillon
- des réglages propres à l'instrument
Les activités de validation comprennent habituellement l'ensemble du processus analytique, de la préparation de l'échantillon jusqu'au traitement des données et à la présentation des résultats. Il est généralement reconnu que les méthodes sont validées en tenant compte de chaque type de produit auquel elles sont destinées.
Aux fins de traçabilité, il est recommandé de documenter et de conserver votre processus et vos résultats de validation conformément à la partie 11 du Règlement. Un dossier de validation complet comprend généralement, par exemple :
- votre procédure de sélection et de validation de nouvelles méthodes analytiques
- vos données et vos registres (données brutes, rapports d'instrument, feuilles de calcul, calculs)
- votre plan de validation, comprenant les critères d'acceptabilité préétablis pour chaque caractéristique
- Vous prépareriez ce document avant la validation
- les méthodes d'essai que vous validez, comprenant la préparation des échantillons, les réglages de l'instrument et le traitement des données
- votre rapport de validation, qui présente les conclusions de la validation de la méthode pour chaque caractéristique évaluée et indique si les critères d'acceptabilité ont été respectés
Matériaux de référence et étalons
Il est recommandé d'utiliser des matériaux de référence et des étalons bien caractérisés et traçables tout au long du processus de validation. Cela est particulièrement important lors de l'évaluation de l'exactitude, qui constitue le fondement de mesures fiables. Le certificat d'analyse de ces matériaux de référence est généralement disponible et précise leurs conditions d'entreposage et leur date d'expiration. Une fois ces matériaux ouverts, dilués ou mélangés à d'autres analytes, il est courant d'évaluer leur stabilité pendant leur utilisation.
Considérations relatives à la matrice
Dans les essais sur le cannabis, il existe une grande variété de produits, chacun présentant des caractéristiques physiques et chimiques différentes pouvant influences les performances analytiques. Les différences de composition de la matrice peuvent avoir une incidence sur :
- la stabilité
- l'efficacité d'extraction
- les interférences instrumentales
Les matrices courantes comprennent, par exemple :
- les huiles
- les extraits
- les bonbons
- les boissons
- les pâtisseries
- le cannabis frais
- le cannabis séché
- les produits topiques
- les extraits obtenus par transformation chimique (par exemple, les cannabinoïdes semi-synthétiques)
Au sein de ces catégories, une variabilité supplémentaire peut exister et exiger une validation spécifique au produit. Par exemple, les produits topiques peuvent être subdivisés en crèmes, timbres transdermiques, bombes de bain et baumes. Chacun possède des caractéristiques chimiques différentes susceptibles d'influencer la performance d'une méthode.
Il est généralement recommandé de démontrer que vous pouvez mesurer avec exactitude et fiabilité chaque analyte dans les matrices auxquelles vous appliquerez la méthode.
Spécificité
La spécificité est la capacité du système de détection à produire un signal unique et caractéristique pour l'analyte d'intérêt. Elle permet d'identifier et de quantifier avec exactitude les analytes pendant les essais.
Séparation chromatographique
Lorsque vous utilisez une technique chromatographique, vous pouvez identifier les pics chromatographiques en injectant d'abord chaque étalon de référence séparément. Une fois que vous connaissez les temps de rétention et les caractéristiques spectrales de chaque composé, l'utilisation d'une solution mixte peut être plus pratique.
Assurez-vous que les pics sont suffisamment séparés pour pouvoir les mesurer avec exactitude. Si les pics sont clairement séparés à la ligne de base du chromatogramme, l'examen visuel du chromatogramme suffit. Si des pics se chevauchent, vous devrez peut-être calculer la résolution. Une valeur de résolution de 1,2 ou plus est généralement considérée comme suffisante pour une quantification exacte. Pour les méthodes quantitatives, il est important de vérifier la séparation à l'aide de concentrations d'analytes proches de celles attendues dans les extraits d'échantillons.
D'autres substances de la matrice peuvent aussi coéluer et interférer avec la substance mesurée. Ces interférences peuvent varier d'un échantillon à l'autre et il est important d'en tenir compte pendant la validation et les analyses de routine. Par exemple, certains sous-produits de synthèse peuvent interférer avec les cannabinoïdes d'intérêt lors de l'analyse d'extraits de cannabis, puisqu'ils peuvent avoir une structure semblable. De plus, le delta-8-THC et le delta-9-THC éluent à des temps rapprochés dans la plupart des conditions chromatographiques en raison de leur similarité structurale. Une séparation suffisante des composés qui éluent à des temps rapprochés permet d'obtenir des résultats exacts et fiables.
Identification
Pour assurer une identification exacte, il est important de vérifier que la substance mesurée est bien celle que vous croyez mesurer. Certains composés qui se ressemblent ou réagissent de façon comparable peuvent produire presque le même signal lors d'une analyse. Votre méthode doit pouvoir les distinguer afin d'éviter une identification erronée. Des substances qui ne sont pas visées par votre méthode peuvent être présentes dans les produits et avoir un impact sur votre analyse (par exemple, des sous-produits de synthèse).
Par exemple, lorsque vous utilisez la chromatographie avec détection UV, il est recommandé de recueillir le spectre complet plutôt que d'effectuer une mesure à une seule longueur d'onde fixe. La comparaison du spectre UV de votre échantillon à une bibliothèque de composés connus aide à réduire le risque de confondre un pic avec un autre. Si des données de spectrométrie de masse sont disponibles, vous pouvez également utiliser les spectres MS pour confirmer l'identité des pics.
Si vous disposez d'un échantillon qui ne contient aucun des analytes recherchés, vous pouvez l'analyser comme blanc de matrice. Cela aide à repérer toute interférence provenant de la matrice qui pourrait interagir avec vos analytes et fausser votre mesure.
Données recommandées
- Pour les méthodes chromatographiques :
- Consignez le temps de rétention de chaque composé (analyte) à partir de son analyse individuelle
- Incluez les spectres (UV ou MS) ainsi que les critères utilisés pour confirmer que vous avez correctement identifié un pic
- Présentez les calculs de résolution pour toute paire d'analytes qui se trouvent à proximité l'un de l'autre dans un chromatogramme
- Pour tous les types de méthodes :
- Consignez les données des blancs de matrice
- Consignez les données des blancs de matrice enrichis avec les analytes connus
- Incluez tous les analytes susceptibles d'être présents dans le produit, et non seulement les principaux analytes ciblés par la méthode
Sélectivité
La sélectivité décrit la capacité d'une méthode à mesurer l'analyte cible sans être influencée par d'autres substances présentes dans l'échantillon.
Effets de matrice
Une attention particulière est nécessaire lorsqu'on utilise des lignes directrices de validation initialement conçues pour les essais pharmaceutiques. Les échantillons pharmaceutiques présentent généralement des matrices simples et propres; ces lignes directrices n'exigent donc souvent qu'une vérification superficielle de la sélectivité.
Comme indiqué précédemment, les produits de cannabis sont beaucoup plus complexes. Vous devez vérifier que la matrice n'interfère pas avec la mesure. Dans certains cas, aucune préparation d'échantillon ne permettra d'éliminer complètement les effets de matrice. Vous pouvez alors prendre des mesures pour réduire ces effets autant que possible afin d'éviter qu'ils ne compromettent le résultat final.
Vous devriez habituellement vérifier les effets de matrice à l'aide d'échantillons représentatifs des types d'échantillons qui seront analysés. Il revient à votre laboratoire de déterminer ce qui constitue une matrice représentative et comment regrouper les produits semblables. Par exemple, vous pourriez regrouper les bonbons gélifiés et les bonbons durs dans la catégorie des confiseries et choisir les bonbons gélifiés comme échantillon représentatif pour vos travaux de validation. Dans tous les cas, vous devriez pouvoir expliquer pourquoi vous avez choisi cet échantillon représentatif et démontrer que le niveau de validation effectué est approprié.
Il existe plusieurs moyens simples de vérifier si votre méthode est affectée par les effets de matrice ou la sélectivité :
- Étude de récupération : Ajoutez des quantités connues de l'analyte (enrichissement) à un échantillon représentatif, à différentes concentrations couvrant la plage de travail de votre méthode. Mesurez ensuite l'échantillon avec votre méthode en utilisant une courbe d'étalonnage préparée dans un solvant propre et exempt de matrice. Dans la mesure du possible, ajoutez l'analyte avant l'étape d'extraction afin de déterminer si le processus de préparation de l'échantillon a aussi un impact sur les résultats.
- Étude de régression : Utilisez les résultats de l'étude de récupération et tracez un graphique des quantités ajoutées en fonction des quantités mesurées. Établissez une droite de régression. L'ordonnée à l'origine (point où la droite coupe l'axe des y) devrait correspondre à la concentration mesurée initialement dans l'échantillon non enrichi. Si c'est le cas, cela montre que la matrice ne fausse pas la réponse.
- Comparaison des courbes d'étalonnage : Préparez une courbe d'étalonnage dans un solvant propre et une autre à l'aide d'un extrait d'échantillon exempt d'analyte (adapté à la matrice). S'il n'y a aucun effet de matrice au niveau de l'instrument, les deux courbes devraient être semblables. Leurs pentes et leurs ordonnées à l'origine devraient être presque identiques.
Données recommandées
- Calculez les taux de récupération des matrices d'échantillons enrichies à différentes concentrations.
- Rassemblez les données permettant de justifier l'absence de biais d'étalonnage attribuable aux effets de matrice.
Linéarité
Il est important de vérifier que votre méthode produit un signal qui augmente de façon prévisible à mesure que la concentration de l'analyte augmente. Vous évaluez généralement cette relation (linéarité) sur toute la plage de travail d'une méthode.
Une approche consiste à examiner un graphique du signal de l'instrument en fonction de la concentration de l'analyte. Si le graphique semble linéaire, vous pouvez utiliser une analyse statistique pour confirmer cette observation, par exemple en calculant une droite de régression selon la méthode des moindres carrés.
Pour démontrer la linéarité, préparez des solutions étalons à différentes concentrations. Tracez les signaux mesurés en fonction de leurs concentrations connues. Il est généralement recommandé d'utiliser au moins cinq points d'étalonnage. Ceux-ci doivent couvrir toute la plage, depuis la limite de quantification jusqu'à la limite supérieure de quantification.
Vous pouvez choisir le modèle mathématique approprié (par exemple, linéaire ou quadratique) et la pondération qui conviennent le mieux à la relation. Afin d'assurer des résultats fiables et comparables, il est recommandé d'appliquer ces paramètres de façon uniforme à tous les calculs pendant la validation et les analyses de routine.
Enfin, rappelez-vous que le coefficient de détermination à lui seul ne suffit souvent pas à démontrer l'absence de biais d'une courbe d'étalonnage, surtout aux extrémités inférieure et supérieure.
Données recommandées
- Définissez le modèle mathématique et la pondération qui répondent le mieux à vos besoins.
- Consignez :
- l'ordonnée à l'origine
- un graphique des données
- le coefficient de détermination
- la somme des carrés des résidus
- la pente de la droite de régression
- Analysez l'écart entre les points de données réels et la droite de régression.
Limite de détection et limite de quantification
La limite de détection est la plus faible concentration d'un analyte que votre méthode peut détecter comme étant réellement présente et non simplement attribuable au bruit de fond.
La limite de quantification est la plus faible concentration d'un analyte que votre méthode peut mesurer de façon fiable, avec une précision et une exactitude acceptables.
La limite de détection est souvent estimée pour l'instrument et repose généralement sur l'un des éléments suivants :
- une valeur minimale du rapport signal-bruit
- l'écart-type de la réponse de l'instrument pour des échantillons à faible concentration ou des blancs
Vous pouvez calculer la limite de quantification d'une manière semblable à la limite de détection. Toutefois, vous la calculez à une concentration plus élevée, où le signal est suffisamment fort pour être mesuré avec exactitude. Elle est définie de manière à ne pas dépasser le point d'étalonnage le plus bas utilisé dans votre courbe d'étalonnage.
Lors de la présentation de la limite de détection et de la limite de quantification, il est important de porter attention aux unités de mesure. Une limite de détection fondée uniquement sur l'instrument, par exemple sur une valeur du rapport signal-bruit, ne reflète que la sensibilité de l'instrument. Elle ne tient pas compte des étapes de préparation de l'échantillon qui diluent les analytes. Par conséquent, une limite de détection fondée uniquement sur le rapport signal-bruit donne souvent l'impression que la méthode est plus sensible qu'elle ne l'est réellement.
Exemple
Un échantillon est préparé.
- Vous disposez d'un échantillon de 500 mg
- Vous ajoutez 10 mL de solvant
- 1 mL de cette solution est dilué à 10 mL
- Vous effectuez une analyse instrumentale
Si la limite de détection instrumentale a été établie à 1 µg/ml et que nous remontons toutes les étapes de dilution et d'extraction, vous pouvez déterminer la quantité d'analyte que cela représente dans l'échantillon initial :
- Analyse instrumentale
- La limite de détection est de 1 mcg/ml
- 1 ml dilué à 10 ml
- La limite de détection est de 10 mcg/ml
- Ajouter 10 ml de solvant
- La limite de détection est de 100 mcg/ml
- Échantillon de 500 mg
- La limite de détection est de 200 mcg/g
Ainsi, une limite de détection instrumentale de 1 mcg/ml correspond à une limite de détection de 200 mcg/g dans l'échantillon initial lorsqu'on tient compte de l'ensemble de la préparation de l'échantillon.
Données recommandées
- Décrivez la méthode utilisée pour déterminer la limite de détection ou la limite de quantification.
- Indiquez la limite de détection ou la limite de quantification.
Important : Afin de démontrer avec exactitude la capacité de votre méthode, il est recommandé que la limite de détection ou la limite de quantification indiquée sur tout certificat d'analyse :
- tienne compte de la masse de l'échantillon, le cas échéant
- soit exprimée dans les mêmes unités de mesure que les résultats présentés et les facteurs de dilution
Domaine d'application
Le domaine d'application d'une procédure analytique est l'intervalle compris entre les valeurs de mesure les plus faibles et les plus élevées pour lesquelles la fiabilité de la méthode analytique a été démontrée. Cela signifie qu'elle produit un signal approprié ainsi que des résultats exacts et précis.
En pratique, le domaine d'application est déterminé en validant à la fois la linéarité et la limite de détection ou la limite de quantification. La limite supérieure de quantification correspond au point le plus élevé que vous avez validé sur une courbe d'étalonnage.
Figure 1 : Courbe d'étalonnage

Figure 1 : Description textuel
La figure montre la relation entre la concentration d’un analyte et sa réponse instrumentale. La limite de détection correspond à la plus faible concentration pouvant être détectée, tandis que la limite de quantification représente la plus faible concentration pouvant être quantifiée avec exactitude. Entre la limite de quantification et la limite supérieure de quantification, la réponse est linéaire et permet une quantification exacte. Au-delà de la limite supérieure de quantification, la réponse devient non linéaire et les échantillons doivent généralement être dilués afin d’obtenir une mesure fiable.
Données recommandées
- Utilisez les mêmes unités que celles de la courbe d'étalonnage.
- Assurez-vous que les résultats de votre échantillon se situent entre la limite de quantification et la limite supérieure de quantification.
- Si un résultat est inférieur à la courbe d'étalonnage, indiquez qu'il est inférieur à la limite de quantification ou donnez une valeur telle que « < 0,01 mg/g ».
- Si un résultat est supérieur à la limite supérieure de quantification, ajustez la préparation de l'échantillon (par exemple, diluez l'échantillon) afin que la mesure se situe dans la plage validée.
Exactitude
L'exactitude est une caractéristique essentielle qui décrit à quel point la valeur mesurée est proche de la valeur « vraie ». Il est recommandé de valider l'exactitude sur toute la plage de résultats que votre méthode est destinée à couvrir. L'exactitude est généralement démontrée en comparant les résultats mesurés à la valeur attendue dans des conditions d'essai normales, par exemple en présence de la matrice de l'échantillon et en suivant les étapes de préparation de l'échantillon prévues par la méthode.
La « valeur attendue » utilisée pour calculer l'exactitude correspond généralement à la valeur certifiée d'un matériau de référence approprié.
Il existe plusieurs façons de vérifier l'exactitude de votre méthode :
- Comparaison à un matériau de référence : Vous utilisez cette méthode pour mesurer un échantillon dont la valeur est connue et certifiée (par exemple, un matériau de référence ou une impureté bien caractérisée). Vous comparez le résultat mesuré à la valeur attendue afin d'évaluer leur degré de concordance.
- Étude de récupération (enrichissement) : Vous ajoutez une quantité connue de l'analyte à une matrice vierge ou à un échantillon réel. Vous comparez les résultats obtenus pour les échantillons enrichis et non enrichis afin de déterminer la quantité d'analyte que la méthode permet de récupérer avec exactitude. Cette approche est utile lorsqu'il est impossible de reproduire parfaitement l'ensemble de la matrice.
- Comparaison à une procédure orthogonale : Vous comparez les résultats de la méthode en cours de validation à ceux d'une autre méthode bien établie (technique orthogonale) dont l'exactitude a déjà été démontrée.
Considérations particulières pour l'analyse du cannabis
L'analyse des cannabinoïdes et des contaminants dans le cannabis et les produits de cannabis présente certains défis lors de la validation et de la vérification de l'exactitude :
- les matériaux de référence qui correspondent aux échantillons analysés au niveau de la composition et de la concentration en cannabinoïdes ne sont pas toujours disponibles
- les matériaux de référence, comme les solutions étalons de cannabinoïdes pouvant être utilisées dans les études de récupération, sont souvent offerts à des concentrations maximales de 1 à 10 mg/ml
- les produits de cannabis soumis aux essais comprennent de nombreux types d'échantillons dont les teneurs en cannabinoïdes et la complexité de la matrice varient
Par exemple, certains produits contiennent l'analyte à des teneurs si élevées que l'« extraction » devient essentiellement une étape de dilution. Dans de tels cas, il peut être impossible d'effectuer des études de récupération sur l'échantillon non dilué. La vérification de la récupération après la dilution et avant l'analyse instrumentale permet plutôt de confirmer que la préparation finale ou l'analyse instrumentale n'introduit pas d'interférences susceptibles d'affecter l'exactitude.
Données recommandées
- Recueillez des données d'exactitude sur des échantillons semblables à ceux que vous analysez.
- Pour l'étude de récupération, effectuez plusieurs déterminations à différents niveaux de concentration dans l'intervalle de mesure de la méthode.
Précision
Il est préférable de vérifier la précision à l'aide d'échantillons réels homogènes. Si aucun échantillon approprié n'est disponible, vous pouvez en préparer en enrichissant l'un des types d'échantillons suivants :
- une matrice vierge avec une quantité connue de l'analyte
- un échantillon contenant déjà l'analyte, afin d'atteindre la concentration souhaitée
La précision se divise en 3 types :
- Répétabilité : Précision obtenue dans les mêmes conditions expérimentales sur un court intervalle de temps
- La répétabilité est aussi appelée précision intra-série
- Précision intermédiaire : Précision obtenue au sein du laboratoire dans des conditions expérimentales variées, notamment :
- des jours différents
- des analystes différents
- des équipements différents
- des conditions environnementales différentes
- Reproductibilité : Précision entre les laboratoires
Données recommandées
Vous pouvez vérifier les écarts-types et l'écart-type relatif pour chaque type de précision validé. Idéalement, un minimum de six mesures est recommandé pour chaque type de précision.
Robustesse
La robustesse décrit la fiabilité d'une analyse lorsque les conditions de la méthode varient légèrement. Vous pouvez l'évaluer pendant le développement ou la validation de votre méthode.
Données recommandées
Une approche appropriée pour valider la robustesse de votre méthode consiste à mettre à l'essai les variations normales et prévues de votre processus en faisant varier les conditions. Les variations étudiées dépendent largement du type d'analyse, mais comprennent souvent les éléments suivants :
- vérifier l'influence de l'un ou l'autre des facteurs suivants :
- la température et le débit pour une analyse par chromatographie en phase gazeuse
- les variations dans la préparation des phases mobiles pour une analyse par chromatographie en phase liquide
- établir la durée des étapes d'extraction de l'échantillon
- étudier la stabilité des solutions au fil du temps et dans différentes conditions d'entreposage
- déterminer les effets de différents lots de colonnes chromatographiques sur la séparation
Contrôle de qualité pendant l'analyse
Les contrôles de qualité sont des vérifications de routine qui permettent de s'assurer qu'une méthode analytique continue de fonctionner comme prévu au quotidien, et non seulement lors de la validation initiale. Comme les instruments, les réactifs et les types d'échantillons peuvent changer au fil du temps, ces vérifications constituent une forme de validation continue. Elles confirment que la méthode demeure exacte, uniforme et fiable pendant son utilisation courante. En surveillant des indicateurs de rendement clés, comme la stabilité de l'étalonnage, la performance de l'instrument, la récupération de l'analyte, la précision et les effets de matrice, les laboratoires peuvent :
- repérer rapidement les tendances
- déceler les problèmes tôt
- maintenir la confiance dans les résultats qu'ils rapportent
Les critères d'acceptation de chaque contrôle de qualité sont généralement déterminés à l'avance et intégrés à une procédure opératoire normalisée pertinente.
| Caractéristique de validation | Contrôles de qualité suggérés (pendant les analyses de routine) | Objectif et remarques |
|---|---|---|
Spécificité |
|
Permet de s'assurer que les analytes demeurent correctement séparés à mesure que la colonne vieillit et que les conditions changent |
Sélectivité |
|
Permet de vérifier que la méthode fonctionne correctement avec des types d'échantillons réalistes et des variations de matrice |
Linéarité |
|
Permet de s'assurer que l'étalonnage demeure exact et stable pendant toute la séquence d'analyse |
Exactitude |
|
Confirme que la méthode produit des résultats exacts et signale toute dérive de l'extraction, de la préparation ou de la réponse de l'instrument |
Précision |
|
Détecte la variabilité au sein d'une série (répétabilité) et entre les séries, les analystes ou les jours (précision intermédiaire) |
Équipement
Équipement de mesure et instrumentation analytique
Bien qu'il ne soit habituellement pas traité dans les références sur la validation, la performance d'une méthode d'analyse dépend directement de l'utilisation et de l'entretien appropriés de l'équipement et de l'instrumentation. Le bon fonctionnement de vos instruments favorise l'obtention de résultats exacts et contribue à réduire au minimum les temps d'arrêt causés par les défaillances d'instruments. Dans le cadre de la vérification courante, il peut être utile de planifier des contrôles de vos instruments. Par exemple, il est recommandé de vous assurer que :
- vos instruments sont correctement étalonnés
- vous planifiez et effectuez l'entretien préventif de l'instrumentation, au besoin
- vous disposez d'indicateurs et d'outils permettant de déterminer quand un instrument doit être réétalonné
- vous vérifiez et étalonnez régulièrement l'équipement de mesure analytique, notamment les balances, les pipettes et les diluteurs automatiques
Vérification de la performance du système
La vérification de la performance du système fait partie intégrante de nombreuses procédures analytiques. Elle porte sur trois aspects du rendement d'une méthode au moment de son utilisation :
- l'instrument a été correctement configuré pour l'analyse
- l'instrument a fonctionné de façon acceptable pendant toute l'analyse
- l'instrument, tel qu'il est configuré, peut atteindre le même niveau de rendement que lors de sa qualification (ou de la validation)
Le type et la portée de la vérification de la performance du système varieront selon :
- le type d'analyse
- l'instrumentation utilisée
- les autres contrôles de qualité exigés par votre méthode d'analyse
Présentation des résultats
La façon dont vous rapportez vos résultats analytiques constitue un élément important de la performance de votre méthode. Elle a un impact direct sur l'interprétation et l'utilisation des résultats. Des pratiques de présentation claires, uniformes et transparentes contribuent à garantir que les résultats sont significatifs et reflètent les capacités de votre méthode.
Unités de mesure
Les unités de mesure indiquent l'ordre de grandeur de vos résultats. Elles permettent de les interpréter correctement et de les comparer aux limites établies (par exemple, pour les contaminants). Il est généralement recommandé :
- d'exprimer les résultats, l'incertitude de mesure et la limite de détection ou la limite de quantification dans les mêmes unités de mesure
- de calculer les résultats à l'aide des masses réelles des échantillons plutôt que des masses cibles ou prescrites
- de préciser clairement la formule de conversion dans les méthodes ou les procédures lorsqu'un changement d'unités est requis (par exemple, de mg/g à % p/p)
Présentation des équivalences et utilisation des facteurs de correction
Dans les essais sur le cannabis, il est courant de présenter des valeurs calculées. Le cas échéant, il est recommandé de décrire clairement dans votre procédure la formule utilisée pour calculer les quantités « totales » de cannabinoïdes afin d'assurer la transparence et l'uniformité. Ces calculs tiennent généralement compte des formes carboxylées et décarboxylées. Par exemple, le « THC total » comprendrait le THC et le THCA.
Chiffres significatifs
Les chiffres significatifs reflètent l'exactitude et la précision de votre méthode. Le choix arbitraire d'un nombre fixe de décimales n'est pas scientifiquement justifié et ne représente pas fidèlement la performance de la méthode. Il est important de bien comprendre les chiffres significatifs, et vous êtes encouragé :
- à établir une procédure pour arrondir correctement le nombre de chiffres avant de communiquer un résultat
- à présenter la limite de détection ou la limite de quantification et l'incertitude de mesure avec un nombre de chiffres significatifs approprié et uniforme
- à arrondir les résultats présentés afin de ne conserver que le nombre approprié de chiffres significatifs
- Présenter un trop grand nombre de chiffres significatifs dans le certificat d'analyse peut laisser croire à tort que la méthode est plus précise qu'elle ne l'est réellement.
Incertitude de mesure
L'incertitude de mesure fournit un contexte important pour interpréter les résultats analytiques et comprendre le niveau de confiance qui leur est associé. Afin d'assurer une présentation fiable, il est recommandé :
- que le laboratoire dispose d'une procédure d'estimation de l'incertitude de mesure
- que l'incertitude de mesure soit disponible pour chaque méthode d'analyse