Chapitre 2 : Rapport de l’administrateur en chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada 2012 – Sexe, genre et santé publique

Chapitre 2 : Sexe, genre et santé publique

Le présent chapitre vise à définir le sexe et le genre et explique en quoi ces concepts sont importants en santé publique. Les interactions entre le sexe, le genre et les autres déterminants de la santé y sont décrites et examinées d’une manière générale, de même que l’influence qu’elles exercent sur les comportements et les résultats en matière de santé. De plus, l’analyse comparative fondée sur le sexe et le genre (ACFSG) y est présentée comme un outil pouvant aider les chercheurs, les décideurs et les conseillers en programmes à comprendre l’influence du sexe et du genre sur la santé et à en tenir compte. L’ACFSG peut contribuer à améliorer l’efficacité et la rentabilité des programmes et des services en indiquant la voie à suivre pour créer des conditions propices à une meilleure santé, tout en réduisant les risques et les obstacles qui empêchent les Canadiens d’atteindre un état de santé optimal.

Clarification des concepts de sexe et de genre

Bien qu’ils soient souvent utilisés indifféremment, les termes sexe et genre n’ont pas la même signification.

Le sexe renvoie aux caractéristiques biologiques comme l’anatomie (p. ex., la taille et la conformation corporelle) et la physiologie (p. ex., l’activité hormonale et le fonctionnement des organes) qui distinguent le sexe masculin et le sexe fémininNote de bas de page 22.

Le genre renvoie à toute la gamme de rôles, relations, traits de personnalité, attitudes, comportements, valeurs, influences et pouvoirs relatifs socialement et culturellement construits, que la société attribue de façon différente à l’un et l’autre sexeNote de bas de page 22.

Même s’il n’existe aucune définition unanimement acceptée, le terme sexe renvoie habituellement aux caractéristiques biologiques et physiologiques qui distinguent les hommes et les femmesNote de bas de page 216-Note de bas de page 218. Le sexe est un concept multidimensionnel qui englobe, par exemple, les hormones, les gènes, l’anatomie et la physiologieNote de bas de page 219. Il renvoie souvent à une notion binaire (homme-femme ou masculin-féminin), quoique la plupart des éléments qui le composent (par exemple, les différences hormonales et chromosomiques) coexistent sur un continuumNote de bas de page 216-Note de bas de page 221.

Par ailleurs, le genre se réfère souvent aux rôles, relations, comportements, pouvoirs relatifs et autres traits socialement et culturellement construits, que la société attribue aux hommes, aux femmes et aux personnes s’identifiant à un autre genreNote de bas de page 216, Note de bas de page 217, Note de bas de page 222, Note de bas de page 223. Tout comme le sexe, le genre est souvent considéré comme un concept binaire (homme-femme ou masculin-féminin)Note de bas de page 217, Note de bas de page 218. Cependant, une telle distinction ne traduit pas fidèlement l’éventail des expériences humaines, des identités et des possibilités d’expression de soi qu’englobe la notion de genreNote de bas de page 216-Note de bas de page 218. La plupart d’entre nous ressentent ou expriment leur genre selon un continuum de caractéristiques et de comportements plutôt qu’en vertu de catégories qui s’excluent mutuellement. Même si le sexe et le genre sont interdépendants, l’un ne détermine pas l’autre. Par exemple, une personne née avec un sexe féminin peut avoir une identité de genre masculin. Certaines personnes peuvent se considérer comme transgenres, c’est‑à‑dire que leur identité ou l’expression de leur genre diffère de leur sexe biologiqueNote de bas de page 216, Note de bas de page 217, Note de bas de page 224-Note de bas de page 226.

L’identité de genre nous permet de nous situer, en tant qu’individu, sur le continuum des genres (homme, femme ou toute personne s’identifiant à un autre genre). Cette identité peut influencer les sentiments que nous éprouvons et les comportements que nous adoptonsNote de bas de page 216, Note de bas de page 226. Il importe toutefois de faire la distinction entre identité de genre et orientation sexuelle : on peut avoir une identité féminine et ressentir une attirance pour les hommes, les femmes, les deux ou aucun des deux. L’identité de genre renvoie aussi au sentiment d’être un homme ou une femme. La plupart des personnes développent une identité de genre en fonction du contexte social, qui détermine l’expression du genre convenant à leur sexe biologique (sexe masculin ou sexe féminin). Autrement dit, lorsque nous apprenons à nous assumer en tant qu’homme ou en tant que femme, nous apprenons aussi quels sont les comportements, les émotions, les relations, les possibilités et les types d’emploi qui correspondent à notre sexeNote de bas de page 216.

Les rôles fondés sur le genre sont l’expression ou la traduction, dans les faits, de notre identité de genreNote de bas de page 216. Il s’agit de normes de comportement que la société dicte aux hommes et aux femmes. Ces normes influencent quotidiennement nos expériences, nos attentes, nos gestes, notre façon de nous exprimer, notre style vestimentaire, nos aspirations et ce que nous considérons comme une contribution utile à titre d’homme ou de femmeNote de bas de page 216.

Les relations de genre se réfèrent à notre manière d’entrer en relation avec les autres et à la façon dont ces derniers nous traitent selon le genre qui nous est attribué. Ils jouent un rôle dans tous les aspects de notre vie et peuvent restreindre ou élargir les possibilités qui s’offrent à nousNote de bas de page 216.

Le genre comporte de nombreuses dimensions, notamment les identités de genre ainsi que les rôles et les relations fondés sur le genreNote de bas de page 219.

Dans le domaine de la santé, les rôles, les identités, les expressions, les normes et les relations fondés sur le genre peuvent constituer des facteurs de risque ou, au contraire, des facteurs de protectionNote de bas de page 227. Certaines études révèlent que les normes fondées sur le genre (c’est-à-dire les attentes sociales à l’égard des comportements et des rôles qui conviennent aux hommes ou aux femmes) et la transposition de ces normes dans les institutions et les pratiques culturelles exercent une influence sur le bien‑être et la santé en généralNote de bas de page 228, Note de bas de page 229. Les attentes, les expériences, les rôles et les relations fondés sur le genre sont déterminés par diverses institutions sociales, comme la famille, la culture, les médias, le système d’éducation, le système de droit et les pouvoirs religieux et politiquesNote de bas de page 216, Note de bas de page 227. Ces institutions peuvent perpétuer des normes sociales et culturelles, des images et des idéaux de la masculinité ou de la féminité qui ne correspondent pas forcément à la réalité ou qui nuisent au développement et à l’épanouissement personnel. Les perceptions sociales peuvent également accroître la pression et le stress chez les hommes et les femmes qui ne sont pas en mesure — ou qu’on a dissuadés — de s’acquitter de certains rôles et de certaines responsabilités parce qu’ils ne cadrent pas avec les normes prescritesNote de bas de page 216, Note de bas de page 217, Note de bas de page 227.

Les normes et les rôles fondés sur le genre ont une influence sur les attitudes et les comportements dans bien des domaines, y compris les relations avec les autres, le rôle parental, l’éducation, le travail et les habitudes de santé (par exemple, l’accès aux soins, au soutien et au traitement)Note de bas de page 216, Note de bas de page 228. Les rôles fondés sur le genre peuvent aussi exercer des pressions économiques et culturelles qui n’auront pas les mêmes répercussions sur la santé des hommes et sur celle des femmesNote de bas de page 218. Les normes fondées sur le genre qui régissent les rôles professionnels, la répartition du travail rémunéré et non rémunéré et la distribution des tâches entre les hommes et les femmes peuvent engendrer différents risques ou conduire à des vulnérabilités. À terme, il peut en résulter des différences dans les besoins, les comportements et les résultats en matière de santé. Par exemple, on attribue généralement aux femmes la responsabilité de prendre soin des enfants ou des parents âgés, ce qui peut compromettre ou empêcher la poursuite des études, l’exercice d’un emploi ou les possibilités d’avancement professionnel, en plus de leur imposer un fardeau et un stress néfastes pour la santéNote de bas de page 218, Note de bas de page 230-Note de bas de page 232.

L’importance du sexe et du genre en santé publique

La santé publique vise à appuyer, promouvoir et protéger la santé de tous les CanadiensNote de bas de page 4. Elle veille à offrir aux citoyens, de leur naissance jusqu’à leur mort, un accès équitable et universel aux conditions essentielles à un état de santé et de bien‑être optimalNote de bas de page 5, Note de bas de page 6. Ce faisant, elle permet à un nombre croissant de Canadiens de vivre plus longtemps et en meilleure santé.

Mieux connaître et comprendre le rôle du sexe et du genre sur la santé peut contribuer à améliorer l’état de santé de tous les CanadiensNote de bas de page 233. Le sexe peut, en effet, avoir une influence sur la santé. Par exemple, les hommes et les femmes atteints d’une même affection peuvent présenter des symptômes distincts et répondre différemment aux médicaments et aux traitements en raison de leurs particularités physiologiques, hormonales et morphologiquesNote de bas de page 218. De même, certaines maladies ou affections peuvent frapper exclusivement ou plus massivement un seul des deux sexes ou avoir des conséquences différentes chez les hommes et les femmesNote de bas de page 18.

Le genre est un autre facteur important à considérer. Son incidence sur la santé se traduit par les différents rôles et responsabilités que l’on attribue à une personne en fonction de son genre. Par exemple, on associe souvent la masculinité à la force et à la résilience, ce qui peut entraîner chez les personnes de genre masculin (qu’elles soient de sexe masculin ou féminin) une réticence à consulter ou une propension à endurer le mal. De même, les hommes ont davantage tendance à prendre des risques et à se blesserNote de bas de page 218, Note de bas de page 225, Note de bas de page 228. En revanche, la féminité évoque généralement la délicatesse, ce qui peut décourager certaines personnes (de sexe masculin ou féminin) de participer à des activités physiques qui seraient pourtant bénéfiques pour leur santé physique et mentaleNote de bas de page 216, Note de bas de page 218.

Examiner la question du genre peut s’avérer ardu en raison de la nature dynamique et changeante de l’environnement social et culturel des Canadiens. Les normes et les valeurs qui influencent et déterminent le genre diffèrent d’un endroit à un autre et évoluent au fil du temps. Ainsi, nos expériences en matière de santé sont le fruit d’un mélange complexe de masculinité et de féminité modulé par notre environnement social et notre identité culturelleNote de bas de page 18. Tenir compte du genre nous aide à comprendre comment les milieux culturels et sociaux peuvent avoir une incidence sur les risques de maladies et de blessures auxquels s’exposent les hommes et les femmes, sur leur accès aux ressources essentielles à une bonne santé ainsi que sur les facteurs de risque, notamment l’apparition, la gravité et la fréquence des maladies ainsi que les réactions qu’elles engendrent d’un point de vue social et culturelNote de bas de page 18.

Une perspective axée sur le sexe et le genre nous renseigne sur les influences que ces deux facteurs exercent sur la santéNote de bas de page 18. Il est fondamental de les comprendre, de les reconnaître et d’en examiner les répercussions sur la santé publiqueNote de bas de page 219. En plus de contribuer à la santé de tous les Canadiens, cette façon de faire favorise l’élaboration de travaux de recherche, de politiques et de programmes plus complets et assure des interventions de santé publique plus efficaces et plus ouvertes à la diversitéNote de bas de page 219, Note de bas de page 234, Note de bas de page 235.

L’intégration du sexe et du genre dans les travaux de recherche, les politiques et les programmes en santé est essentielle aux progrès dans la santé de la populationNote de bas de page 236. Une approche axée sur la santé de la population doit tenir compte de tous les facteurs sociaux, économiques et physiques susceptibles d’avoir une incidence sur la santé et doit fournir des pistes pour éclairer, cibler, mettre en œuvre et évaluer les interventions en conséquenceNote de bas de page 218. Elle mise sur le maintien et l’amélioration de l’état de santé de tous les Canadiens afin de réduire les inégalités en santé entre les différents groupes de la populationNote de bas de page 13, Note de bas de page 237, Note de bas de page 238. L’adoption d’une perspective axée sur la santé de la population, qui reconnaît les différences entre les sexes et les genres, permet d’accroître les connaissances et favorise la participation et la conscientisation. Elle aide également les chercheurs et les décideurs à mettre en place des pratiques prometteuses qui favoriseront une meilleure prise en charge des problèmes de santé de tous les CanadiensNote de bas de page 216, Note de bas de page 217.

Sexe, genre et vaste éventail de déterminants de la santé

La santé d’une personne ou d’une population résulte des influences et des interactions du sexe et du genre avec d’autres déterminants de la santéNote de bas de page 218. Les déterminants de la santé peuvent, à tout moment dans la vie d’une personne, influencer les risques, les possibilités, les comportements et les résultats en matière de santé (voir l’encadré intitulé « Déterminants de la santé »)Note de bas de page 12, Note de bas de page 16. C’est pourquoi, pour jouir d’une bonne santé et d’un bien-être optimal, tous les déterminants ont leur importanceNote de bas de page 12. Ces facteurs, en interagissant, créent des contextes variés et complexes dans lesquels les gens exercent des choix et adoptent des comportements qui, à terme, auront une influence sur la santé qui variera d’une population à une autre et au sein d’une même populationNote de bas de page 12, Note de bas de page 216-Note de bas de page 218, Note de bas de page 232, Note de bas de page 233.

Déterminants de la santé

  • Niveau de revenu et statut social
  • Réseaux de soutien social (p. ex., la famille, les pairs)
  • Niveau de scolarité et alphabétisme
  • Emploi et conditions de travail
  • Environnement social (p. ex., la collectivité, le milieu de travail)
  • Environnement physique (p. ex., le logement, l’infrastructure communautaire)
  • Habitudes de santé et capacité d’adaptation personnelle
  • Développement de la petite enfance (y compris pendant la grossesse)
  • Patrimoine biologique et génétique (p. ex., le sexe)
  • Services de santé
  • Genre
  • Culture (p. ex., l’appartenance autochtone, l’identité ethnique et culturelle)Note de bas de page 12

Communément appelés déterminants sociaux de la santé, les facteurs socioéconomiques (comme le revenu, l’éducation et l’emploi) interagissent avec le sexe et le genre et entraînent, de ce fait, des différences en santéNote de bas de page 218, Note de bas de page 239. Ils varient en fonction de la place qu’un individu occupe dans la société (les circonstances dans lesquelles il naît, vit, travaille, se divertit, interagit et vieillit)Note de bas de page 240, Note de bas de page 241. Les facteurs socioéconomiques contribuent aux inégalités en santé non seulement entre les hommes et les femmes, mais entre les différents groupes d’hommes et de femmesNote de bas de page 218. Ils peuvent également influer sur les chances d’une personne de jouir d’une bonne santé et d’un bien-être optimalNote de bas de page 12, Note de bas de page 240, Note de bas de page 241.

L’influence de chaque déterminant peut différer d’une personne à une autre, en fonction de son sexe et de son genreNote de bas de page 218. Pour assurer le bien-être et la santé de tous les Canadiens, on doit leur offrir des conditions et des services essentiels à une santé optimaleNote de bas de page 216, Note de bas de page 217.

On appelle inégalités en matière de santé les écarts observés dans l’état de santé individuel ou collectif. Ces inégalités peuvent être le fruit du hasard ou être le résultat de décisions ou de facteurs génétiques et biologiques, mais, bien souvent, elles sont générées par un accès inégal aux principaux facteurs qui influent sur la santé, comme le niveau de revenu, le niveau de scolarité, l’emploi et les réseaux de soutien socialNote de bas de page 24.

La diversité renvoie à des variations ou des dissemblances entre les gens. Souvent, elle désigne les différences observables, comme les variations ethniques visibles dans une population et les distinctions d’âge ou de lieu de résidence. Toutefois, la diversité comporte également des différences qui ne sont pas toujours évidentes, comme l’orientation sexuelle et le niveau de scolaritéNote de bas de page 216, Note de bas de page 217.

Le Canada compte une population diversifiée qui se distingue sur de nombreux aspects, que ce soit le revenu, les conditions de vie, la situation géographique, la scolarité, l’emploi, les aptitudes, l’âge, le sexe, le genre, l’orientation sexuelle, l’appartenance autochtone ou l’identité ethnique et culturelle. Cette diversité a une incidence sur les possibilités de vivre en bonne santé, sur la prédisposition et l’exposition aux risques ainsi que sur l’accès aux services sociaux, aux services de soutien et aux soins de santé. Elle peut aussi accroître la vulnérabilité ou l’exposition à certains facteurs de risque ou à des maladies ou des problèmes de santé, et entraîner ultimement des inégalités sur le plan de la santéNote de bas de page 22, Note de bas de page 242, Note de bas de page 243.

Le fait de comprendre les facteurs qui contribuent aux inégalités en matière de santé et de s’y attaquer peut aider à instaurer les conditions essentielles pour répondre aux besoins diversifiés d’un individu, encourager l’adoption de choix santé, réduire ou modifier les mauvaises habitudes, limiter les comportements à risque, aplanir les obstacles et promouvoir la santé tout au long de la vieNote de bas de page 12, Note de bas de page 16, Note de bas de page 216-Note de bas de page 218, Note de bas de page 240, Note de bas de page 241.

Analyse comparative fondée sur le sexe et le genre : un outil

L’intégration d’une démarche d’égalité en santé publique consiste à tenir compte, de manière constante et systématique, du sexe et du genre dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des travaux de recherche, des politiques et des programmes de manière à promouvoir l’égalité sur le plan de la santé. Même si cette approche est largement reconnue en santé publique, il reste d’importants défis à relever.

Selon le Conseil économique et social des Nations Unies, « intégrer une démarche d’égalité entre les sexes, c’est évaluer les incidences pour les femmes et pour les hommes de toute action envisagée, notamment dans la législation, les politiques ou les programmes, dans tous les secteurs et à tous les niveaux. Il s’agit d’une stratégie visant à incorporer les préoccupations et les expériences des femmes aussi bien que celles des hommes dans l’élaboration, la mise en œuvre, la surveillance et l’évaluation des politiques et des programmes dans tous les domaines (politique, économique et social) de manière que les femmes et les hommes bénéficient des mêmes avantages et que l’inégalité ne puisse se perpétuer. Le but ultime est d’atteindre l’égalité entre les sexesNote de bas de page 245. »

L’analyse comparative fondée sur le sexe et le genre est une façon systématique d’aborder la recherche, les politiques et les programmes de manière à tenir compte des similarités et des différences biologiques (fondées sur le sexe) et socioculturelles (fondées sur le genre) qui existent entre les hommes et les femmes, les garçons et les fillesNote de bas de page 22, Note de bas de page 218.

L’ACFSG est un outil précieux qui permet d’analyser l’incidence du sexe (facteurs biologiques) et du genre (rôles sociaux façonnés par le milieu et l’expérience) sur la santé et le bien‑être d’une personneNote de bas de page 244. Le fait d’être un homme ou une femme peut avoir des conséquences considérables sur l’accès aux ressources, sur les possibilités de vivre en bonne santé, sur l’exposition et la prédisposition aux risques, sur l’accès aux programmes et aux services de santé ainsi que sur leur efficacité et, enfin, sur l’état de santé en généralNote de bas de page 22, Note de bas de page 244.

L’ACFSG permet l’examen critique des travaux de recherche, des politiques et des programmes pour s’assurer qu’ils respectent les besoins diversifiés de la population : homme ou femme, garçon ou fille. Elle met en lumière les différences observées dans la santé des hommes et des femmes sous l’influence de certains facteurs, notamment l’accès au système de santé publique et aux services sociaux et les interactions avec le système de santé (voir le chapitre 4, Intégration du sexe et du genre dans les interventions en santé, pour en savoir davantage sur l’utilisation de l’ACFSG et la façon de l’intégrer dans les pratiques de santé publique)Note de bas de page 22, Note de bas de page 216, Note de bas de page 217, Note de bas de page 236.

L’ACFSG s’inscrit dans le cadre d’une approche axée sur la santé de la population, car elle permet d’analyser les variations observées selon le sexe et le genre. Elle fait ressortir les différentes influences que les principaux déterminants exercent sur la santé des hommes et des femmes, des garçons et des fillesNote de bas de page 218. Il s’agit d’un outil qui encourage la remise en question des hypothèses voulant que la recherche, les politiques et les programmes s’appliquent de la même manière aux hommes et aux femmes ou que le sexe et le genre n’ont aucune influence sur les risques, les causes et les effets liés aux problèmes de santé, ou même sur la prestation des servicesNote de bas de page 22. L’ACFSG rappelle l’importance de s’interroger sur les différences et les similarités qui existent entre les personnes, peu importe leur sexe ou leur identité de genre, au lieu d’adopter une approche uniformiséeNote de bas de page 217. En suscitant des questionnements, l’ACFSG aide à bouleverser les idées reçues et à améliorer la prestation des programmes et la répartition des ressourcesNote de bas de page 216, Note de bas de page 217.

Il est à la fois possible et nécessaire d’appliquer l’ACFSG à la recherche, à la planification et à l’élaboration des politiques en matière de santé, puisqu’elle permet de mieux comprendre les différences qui existent entre les hommes et les femmes sur le plan des tendances épidémiologiques, des maladies et des traitements. Elle contribue aussi à faire avancer la recherche sur l’influence que la culture, les normes, les expériences et les structures sociales exercent sur ces facteurs et ces tendancesNote de bas de page 216, Note de bas de page 217. Les conclusions de l’ACFSG peuvent déboucher sur des découvertes, des recommandations et des interventions efficaces et pertinentes qui, à terme, pourraient favoriser, améliorer ou aider à préserver la santé des hommes et des femmes, des garçons et des filles et de tous les autres membres de la sociétéNote de bas de page 246. L’ACFSG permet d’accroître l’efficacité des interventions, puisqu’elle aide à cibler les personnes les plus à risque et à cerner leurs besoins. Elle contribue ainsi à l’atteinte du meilleur état de santé possible pour tous les CanadiensNote de bas de page 22, Note de bas de page 216, Note de bas de page 217.

Résumé

Le sexe et le genre sont des facteurs d’une importance capitale dans tous les domaines de la santé publique, y compris la recherche, les politiques et les programmes. Pour assurer à tous les Canadiens un état de santé et de bien‑être optimal, il est essentiel de comprendre la relation entre le sexe, le genre et les autres déterminants de la santé, ainsi que la manière dont ceux-ci interagissent pour influencer les possibilités, les risques et les résultats en matière de santé.

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