Gestion de la santé publique à l’égard de la maladie humaine associée au coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient: Directives provisoires concernant le confinement en présence de cas importés au Canada

Table des matières

L'Agence de la santé publique du Canada, en collaboration avec les autorités de santé publique des provinces et des territoires et d'autres ministères fédéraux pertinents, a élaboré ce document afin de guider les responsables de la santé publique fédéraux, provinciaux et territoriaux (FPT) s'il advenait qu'un cas de maladie humaine causée par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (CoV-SRMO) soit déclaré au sein du territoire relevant de leur compétence.

L'élément ayant déclenché l'élaboration de ce document est la détection quelque part dans le monde d'un nouveau coronavirus entraînant des cas d'infection chez les humains de transmission interhumaine limitée. Ce document d'orientation serait utilisé lorsqu'un cas d'infection par le CoV-SRMO est soupçonné ou confirmé au Canada.

La stratégie décrite dans ce document d'orientation est le confinement, c'est-à-dire la réduction des possibilités de transmission aux contacts. Ce document d'orientation demeure pertinent tant que l'objectif de la gestion de l'éclosion est le confinement et que le virus n'est pas transmis efficacement d'une personne à l'autre.

Ce document d'orientation est fondé sur les données scientifiques et l'opinion d'experts actuellement disponibles. Il pourrait être modifié au fur et à mesure que de nouveaux renseignements sur la transmissibilité et l'épidémiologie de la maladie deviendront disponibles. Il devrait être lu en conjonction avec les lois, les politiques et les règlements locaux et provinciaux ou territoriaux pertinents. Ce document a été élaboré en fonction de la situation prévalant au Canada, c'est pourquoi il peut différer de ceux d'autres pays.

Contexte
La maladie humaine causée par le CoV-SRMO a été signalée pour la première fois à l'Organisation mondiale de la Santé par le Royaume-Uni le 22 septembre 2012. Même si on a signalé des cas dans plusieurs pays, le point d'origine de la totalité des cas a été associé aux pays du Moyen-Orient. Aucune transmission interhumaine soutenue n'a été démontrée; cependant, certaines des infections se sont produites en grappes de contacts étroits ou dans un milieu de soins de santé, ce qui suggère une transmission interhumaine limitée. Pour obtenir de l'information sur le risque actuel pour la santé publique associé à cette maladie tel qu'évalué par l'Agence, veuillez consulter le Résumé de l'évaluation du risque pour la santé publique au Canada associé au coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient Note de bas de page 1 élaboré par l'Agence.

Méthodologie
Le Groupe de travail sur les mesures de santé publique (GTMSP), un groupe de travail FPT relevant du Comité de coordination d'enquête en cas d'éclosion de maladies respiratoires infectieuses, a été convoqué pour élaborer des recommandations sur la prise en charge par la santé publique des cas et des contacts d'infection par le CoV-SRMO chez l'homme. Ce document d'orientation est le fruit d'une étroite collaboration entre le GTMSP, le groupe de travail FPT de la Section de l'influenza et autres maladies respiratoires infectieuses (questions liées à la surveillance) et le groupe de travail d'experts en prévention et en contrôle des infections, et de la consultation d'autres documents d'orientation pertinents (c.-à-d. évaluation du risque par l'Agence et OMS (Note de bas de page 2)). Les documents d'orientation élaborés pour des éclosions antérieures (p. ex. éclosion du syndrome respiratoire aigu sévère [SRAS] de 2003 et pandémie de grippe H1N1 de 2009) ont été revus, de même que la littérature pertinente disponible.

Prise en charge des cas
L'Agence a élaboré des définitions provisoires de cas de maladie humaine causée par le CoV-SRMO (Note de bas de page 3), spécifiquement pour les cas confirmés, les cas probables et les personnes faisant l'objet d'une enquête (POE), ainsi que pour répondre aux exigences associées en matière de déclaration. La prise en charge par la santé publique des cas confirmés, des cas probables et des personnes faisant l'objet d'une enquête est présentée ci-dessous.

RECOMMANDATIONS : PRISE EN CHARGE DES CAS
(cas confirmés et probables et POE)

Prise en charge des cas

  • À l'heure actuelle, il n'existe pas de traitement ciblant spécifiquement le virus. Cependant, bon nombre des symptômes causés par ce virus peuvent être pris en charge; par conséquent, le traitement doit être basé sur les symptômes du patient.
  • Effectuer une surveillance quotidienne active de l'état de santé des personnes atteintes pendant toute la durée de la maladie ou jusqu'à ce que les analyses de laboratoire aient écarté la possibilité d'une infection par le CoV-SRMO.
  • Offrir, au besoin, des renseignements sur :
    • le traitement de la maladie à la maison;
    • l'endroit où se rendre pour obtenir une évaluation médicale (ainsi que le moment), et ce qui doit être mentionné immédiatement à l'arrivée dans un établissement de soins de santé (antécédents de voyage ou de contact);
    • la prévention de la transmission de la maladie (voir la section sur la prévention et le contrôle des infections ci-dessous).

Analyses de laboratoire

  • Faciliter les analyses de laboratoire en consultation avec le laboratoire provincial de santé publique (LPSP).
  • Conformément aux directives de laboratoire pertinentes ainsi qu'aux protocoles désignés, s'assurer que les échantillons appropriés provenant des POE soient envoyés aux LPSP concernés. Le LPSP coordonnera ensuite la soumission des échantillons au Laboratoire national de microbiologie pour la réalisation des tests de confirmation. Inclure les antécédents d'exposition ou de voyage avec les échantillons envoyés. Consulter le document intitulé Protocole d'enquête microbiologique concernant les infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) (Note de bas de page 4) pour plus de détails.

Prévention et contrôle des infections

  • Établissements de soins actifs : Consulter les Directives provisoires – Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) : Lignes directrices sur la prévention et le contrôle des infections dans les établissements de soins actifs. (Note de bas de page 5).
  • En général, les cas d'infection par le CoV-SRMO devraient être pris en charge dans les hôpitaux afin d'assurer un isolement efficace et une surveillance appropriée de la maladie.
  • Pour les prises en charge à domicile (p. ex. situation où l'hospitalisation n'est pas possible, ou un patient est suffisamment en bonne santé pour ne pas nécessiter une hospitalisation), les mesures suivantes sont recommandées :
  • Soins à domicile : En plus des pratiques de base, les travailleurs de la santé visitant le domicile des patients devraient prendre les précautions appropriées contre la transmission par contact et par gouttelettes, y compris le port d'un masque chirurgical/opératoire et de protection oculaire, lorsqu'ils se trouvent à moins de deux mètres de la personne malade. Les interventions médicales pouvant générer des aérosols ne devraient pas être réalisées à domicile.
  • Pour les patients, leurs soignants et les autres personnes vivant dans le même environnement :
    • La personne malade doit s'isoler lorsqu'elle est malade et ne pas aller au travail, à l'école ou à un autre endroit public, et ce, jusqu'à ce que les symptômes aient disparu et que la personne se sente assez bien pour reprendre ses activités habituelles.
    • Si des soins nécessitant un contact direct doivent être fournis à la personne malade, demander au patient de couvrir sa bouche et son nez avec un mouchoir en papier ou un masque chirurgical/opératoire. Jeter les mouchoirs en papier ainsi que le matériel jetable utilisés pour couvrir le nez ou la bouche, préférablement dans une poubelle avec couvercle et doublée de plastique. Nettoyez les vêtements souillies de façon adéquate.
    • Le soignant fournissant des soins par contact direct à la personne malade devrait porter un masque opératoire/chirurgical ainsi qu'une protection oculaire lorsqu'elle se trouve à moins de deux mètres de la personne malade, et se laver les mains après être entré en contact avec le patient.
    • Le contact direct avec les liquides corporels, en particulier les sécrétions buccales ou respiratoires, ainsi que les selles, doit être évité. Utiliser des gants jetables lors des soins buccaux ou respiratoires, si possible. Se laver les mains après tout contact.
    • Si la personne malade ne peut être séparée des autres personnes, elle devrait alors porter un masque chirurgical/opératoire ou couvrir, si possible, son nez et sa bouche avec un papier mouchoir lorsque d'autres personnes se trouvent dans la même endroit.
    • Tous les membres du foyer devraient maintenir une bonne étiquette respiratoire et de bonnes pratiques d'hygiène des mains, lesquelles sont décrites à l'adresse combattezlagrippe.CA.
    • Le lavage des mains avec du savon ordinaire et de l'eau est la méthode privilégiée pour l'hygiène des mains en communauté, puisque l'action mécanique retire efficacement la saleté et les microbes visibles. Si le lavage des mains n'est pas possible, l'utilisation d'un désinfectant pour les mains à base d'alcool (concentration minimale de 60 %) est recommandée; toutefois, il est possible qu'à lui seul, le désinfectant pour les mains à base d'alcool ne soit pas assez efficace pour éliminer le virus de mains visiblement souillées.
    • Les espaces communs (p. ex. cuisines et salles de bain) devraient rester bien ventilés (p. ex. fenêtres ouvertes).
    • Toute personne présentant un risque élevé de complications liées à l'infection ne devrait pas fournir des soins ou entrer en contact étroit avec la personne malade. Ceci peut inclure les personnes atteintes d'une maladie chronique, les personnes immunodéprimées ainsi que les personnes âgées.
    • Les autres types d'exposition possible avec la personne malade ou des objets contaminés devraient être évités. Par exemple, éviter de partager les brosses à dents, les cigarettes, les ustensiles, les boissons, les serviettes, les débarbouillettes ou la literie. La vaisselle et les ustensiles devraient être lavés avec du savon et de l'eau après utilisation.
    • Les objets fréquemment touchés, telles les toilettes et les tables de chevet, devraient être lavés quotidiennement avec des nettoyants domestiques réguliers ou un agent de blanchiment dilué (une part d'eau de Javel pour neuf parts d'eau); les vêtements et la literie des personnes malades peuvent être lavés avec du savon à lessive régulier et de l'eau.
    • Les personnes soignant un membre de la famille malade devraient limiter dans la mesure du possible leur contact avec les autres personnes et vérifier leur état de santéconcernant tout autre signe de la maladie.

Voyages

  • Le Bureau des services de santé à la frontière de l'Agence participera au signalement et à la prise en charge des cas parmi les passagers internationaux (à l'arrivée et au départ) qui pourraient s'avérer des POE, de pair avec l'agent de quarantaine, lequel sera responsable d'aviser les autorités locales en matière de santé publique advenant une telle situation. Les agents de quarantaine ne détiennent aucune autorité au niveau des vols intérieurs. Les agents en hygiène environnementale de l'Agence fourniront des renseignements au transporteur concernant le nettoyage des moyens de transport.

Investigation et prise en charge des contacts
Étant donné l'élément ayant déclenché l'élaboration de ce document d'orientation et les objectifs associés à ce dernier, il est attendu que des efforts raisonnables seront mis de l'avant pour identifier les contacts étroits des cas confirmés et probables survenant au Canada. Le but de la recherche des contacts étroits de cas confirmés et probables est :

  • de mieux comprendre l'épidémiologie de ce nouveau virus;
  • d'identifier tous les contacts symptomatiques;
  • de réduire le délai entre l'apparition de la maladie et l'isolement des cas afin de réduire les possibilités de transmission à d'autres personnes.

Remarque : Si des symptômes apparaissent chez le contact dans les 14 jours suivant le dernier contact étroit avec le cas, il faut considérer la personne comme une POE dans sa prise en charge.

Un contact étroit est défini comme une personne :

  • qui a prodigué des soins au patient, notamment les travailleurs de la santé, les membres de la famille ou autres soignants, ou qui a eu avec le patient un contact physique étroit de nature similaire;

OU

  • qui a séjourné au même endroit (p. ex. qui a vécu sous le même toit ou qui a eu autrement un contact étroit prolongé à une distance de moins de deux mètres) qu'un cas probable ou confirmé alors que ce dernier était malade.

RECOMMANDATIONS : PRISE EN CHARGE DES CONTACTS
(des cas probables et confirmés)

Prise en charge des contacts

  • La quarantaine n'est pas recommandée en ce moment pour les contacts étroits.
  • Surveillance active effectuée par le personnel de la santé publique qui s'assure que ces personnes sont contactées quotidiennement pendant toute la durée de la période de surveillance, qui est définie comme 14 jours suivant le dernier contact étroit.

Conseils de santé publique

  • Aviser les contacts étroits d'un cas au sujet des mesures à respecter (ci-dessous), en vigueur pour les 14 jours suivant le dernier contact étroit avec le cas ou jusqu'à ce que le cas probable ne réponde plus à la définition de cas (p. ex. les analyses de laboratoire ont écarté la possibilité d'une infection par le CoV-SRMO) :
  • Auto-surveiller l'apparition d'une maladie respiratoire aiguë, y compris la fièvre et la toux.
  • Envisager de rester à un endroit où les soins de santé sont facilement accessibles, si possible.
  • Maintenir une bonne étiquette respiratoire et de bonnes pratiques d'hygiène des mains, lesquelles sont décrites à l'adresse combattezlagrippe.CA.
  • S'il y a partage du même logement avec un cas non hospitalisé, éviter les contacts étroits le plus possible et suivre les conseils pertinents fournis dans la section « Prise en charge des cas » ci-dessus.
  • En cas d'apparition de symptômes, s'isoler le plus rapidement possible et communiquer avec les autorités locales de santé publique pour de plus amples directives.

Voyages

  • Étant donné l'incertitude à déterminer l'efficacité de la transmission du CoV-SRMO, la recherche des contacts des cas confirmés devrait se faire à bord des avions, quelle que soit l'heure du vol, si le cas a voyagé alors qu'il était symptomatique. Comme mesure prioritaire, les passagers assis dans la même rangée que celle du cas, les passagers assis dans les trois rangées précédentes et les trois rangées suivantes, de même que tous les membres de l'équipage ayant pu être assignés aux soins du cas à bord de l'avion, devraient faire l'objet d'un suivi. Quand cela est possible, les autorités en matière de santé publique peuvent envisager la recherche des contacts parmi tous les passagers d'un même avion.
  • Le Bureau des services de santé à la frontière peut être d'une aide dans l'obtention des listes des passagers des vols internationaux et intérieurs.

Références et ressources supplémentaires

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