Définition nationale de cas : Infection par le virus de la grippe aviaire A(H7N9)

Préambule

Le principal objectif de la surveillance des virus respiratoires émergents est la détection précoce de tout cas au Canada. Par la suite, une telle surveillance des virus permet de guider ultérieurement les efforts liés au confinement et/ou à l’atténuation du risque de ce nouvel agent pathogène des voies respiratoires. Ce document expose les définitions de cas de la grippe aviaire A(H7N9) aux fins de surveillance et fournit des directives sur la déclaration des cas à l’échelle nationale. Des renseignements plus détaillés sur les lignes directrices en matière de surveillance, y compris les recommandations liées aux objectifs de surveillance, aux activités, aux analyses en laboratoires et aux rapports sur les résultats figurent dans le document suivant : Lignes directrices nationales sur la surveillance des cas d’infection humaine causée par les virus de la grippe aviaire A(H7N9).

Les définitions de cas aux fins de surveillance sont fournies ici dans le but d’optimiser la classification des cas et le processus de déclaration à l’Agence de la santé publique du Canada. Elles sont basées sur les données épidémiologiques et le niveau d’incertitude actuels ainsi que sur les objectifs d’intervention en matière de santé publique. Ces définitions de cas aux fins de surveillance ne visent pas à remplacer le jugement du clinicien ou du praticien de la santé publique dans la prise en charge des patients individuels, ni à être utilisées aux fins de triage (contrôle) des infections.

Il convient de noter que toute grappe inhabituelle d’infection respiratoire aiguë sévère (IRAS) présente dans la communauté ou dans les établissements (et en particulier touchant les travailleurs de la santé) doit être évaluée de façon appropriée sous la direction d’autorités sanitaires locales et provinciales.

Les premiers tests de dépistage de la grippe aviaire A(H7N9) peuvent être effectués dans certains laboratoires (p. ex. laboratoires de santé publique provinciaux et d’hôpitaux); cependant, les diagnostics doivent être confirmés par le Laboratoire national de microbiologie au Canada pour être jugés décisifs. Ces cas sont jugés probables en attente de la confirmation du Laboratoire national de microbiologie. Plus de renseignements sur les objectifs ou les échantillons pertinents en ce qui concerne l’analyse en laboratoire figurent dans le document Protocole d’enquête microbiologique concernant les infections respiratoires aiguës sévères (IRAS).

Les autorités de la santé publique des provinces/territoires doivent déclarer les cas de H7N9 confirmés et probables à l’échelle nationale dans les 24 heures suivant leur notification. Les définitions nationales de cas aux fins de surveillance sont fournies ci-dessous; elles pourraient changer avec la surveillance continue et l’évolution des connaissances sur les caractéristiques et les évaluations des risques de la variante H7N9.

Définitions nationales de cas d'infection par le virus de la grippe aviaire A(H7N9) aux fins de surveillance

Personne faisant l’objet d’une enquête (POE) :

  • Personne répondant aux critères d’expositionNote de bas de page 1 et de maladieNote de bas de page 2

    Remarque : Les mécanismes et systèmes de surveillance pour l’identification des personnes faisant l’objet d’une enquête peuvent varier selon la province ou le territoire en fonction du risque perçu, des ressources, des structures de soutien et d’autres contextes.

    Remarque : Les données limitées suggèrent que le virus H7N9 peut se manifester sous forme de co-infection avec d’autres agents pathogènes viraux ainsi que des pathogènes bactériens. L’identification d’un agent causal ne devrait pas exclure le virus H7N9 en présence d’un degré de suspicion possiblement élevé.

Cas probable :

  • Personne présentant un lien épidémiologique par contact étroitc avec un cas confirmé en laboratoire satisfaisant aux critères de maladie2 mais pour qui l’épreuve diagnostique de le virus H7N9 n’est pas disponible ou indéterminée/peu fiable (en raison de la qualité, de la charge virale ou du moment du prélèvement de l’échantillon).

    Remarque : Des efforts visant à obtenir des échantillons supplémentaires afin de clarifier l’état du cas pourraient s’avérer nécessaires.

OU

  • Personne satisfaisant aux critères d’exposition1 et de maladie2 chez qui un test de dépistage en laboratoire du virus H7N9 était positif, mais pas confirmé par le Laboratoire national de microbiologie.

Cas confirmé :

  • Personne dont l’infection par le virus de la grippe A(H7N9) a été confirmée en laboratoire par le Laboratoire national de microbiologie du Canada (LNM).

    Remarque : Le LNM peut confirmer la détection du virus à l’aide de la réaction en chaîne de la polymérase (RT-PCR) propre au virus H7N9 ainsi qu’à d’autres analyses génétiques.

Critères d'exposition et de maladie

  1. Critères d’exposition : Liens avec une région touchéeNote de bas de page b (c.-à-d. résidence, antécédents de voyage), ou contact étroitNote de bas de page c avec un cas confirmé ou un cas probable au cours des 10 joursNote de bas de page a précédant l’apparition de la maladie2.
    1. La période d’incubation du sous-type H7N9 a été déclarée comme 5 à 6 jours (médiane) avec un intervalle de 1 à 15 jours. Ceci est considéré comme prolongée par rapport aux virus de la grippe typiques observés chez les humains (moyenne, 1 à 3 jours). Les données probantes disponibles appuient des critères d’exposition basés sur les 10 jours précédant l’apparition de la maladie2 de manière à identifier les cas et le suivi des contacts fait par les services de santé publique au Canada. Cela est considéré comme une approximation raisonnable, avec une certaine perte de sensibilité de la surveillance compensée par la prise en compte de la capacité des services de santé publique locales à mener des enquêtes de santé publique et à effectuer le suivi des cas et des contacts.
    2. Les régions touchées sont définies par la présence d’infections animales ou humaines causées par le sous-type H7N9. Étant donné que les régions touchées sont susceptibles de changer, veuillez consulter le site Web de l’Organisation mondiale de la Santé pour des renseignements à jour.
    3. Un contact étroit s’entend d’une personne qui a prodigué des soins au patient, y compris les travailleurs de la santé, les membres de la famille ou les autres personnes soignantes, ou encore d’une personne qui a eu un contact physique étroit OU qui a séjourné au même endroit (p. ex. qui a vécu ou qui a eu autrement un contact étroit prolongé à une distance de moins de deux mètres) qu’un cas probable ou confirmé alors que ce dernier était malade (à partir de la journée précédant la date d’apparition de la maladie et jusqu’à ce que la maladie soit guérie).

      Remarque : Lorsque les interventions ou le tableau clinique sont plus susceptibles d’être associés à une aérosolisation chargée du virus (p. ex. réanimation cardiopulmonaire, intubation, ventilation, aspiration, induction d’expectorations, nébulisation, bronchoscopie ou BiPAP), la durée et la distance d’exposition considérées dans la définition de partage d’un espace aérien clos peuvent être élargies. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter les Directives nationales provisoires sur la prévention et le contrôle des infections dans les établissements de soins actifs - Virus de la grippe aviaire A(H7N9 ).

      Remarque : Les données actuelles liées à la grippe saisonnière indiquent que les charges virales dans les 24 heures précédant l’apparition des symptômes sont considérablement plus faibles lorsque les symptômes commencent à se manifester, et elles atteignent leur maximum avec l’intensité des symptômes. Bien qu’il soit impossible d’obtenir une transmission efficace à partir de l’excrétion virale, on s’attend à ce que la transmission soit supérieure lors du pic de la période symptomatique, particulièrement en association avec des symptômes de type projectile ou aérosol, tels que la toux ou les éternuements. Une prolongation de la période d’exposition pertinente pour les contacts afin d’y inclure un jour précédant l’apparition des symptômes chez le cas serait ainsi considérée comme étant une approche prudente à l’égard de la réponse des agents pathogènes émergents. Des infections asymptomatiques ou peu sévères au virus H7N9 ont été observées, principalement chez les enfants, mais également chez les adultes, et ont été présentées dans les publications; cependant, des études n’ont pas démontré de façon concluante la transmission par des personnes asymptomatiques. La durée totale de la période infectieuse pour le virus de la grippe aviaire A(H7N9) est inconnue, et elle peut varier en fonction de différents facteurs tels que l’âge, les états immunodéprimés ou d’autres comorbidités, ou même avec l’intensité ou la proximité du contact. Dans un tel contexte, il est raisonnable d’envisager une période d’exposition habituelle pour les contacts qui commence le jour précédent et s’étend pendant toute la période symptomatique du cas, tout en reconnaissant qu’il est nécessaire d’user de jugement et de s’adapter à ces lignes directrices dans certains scénarios ou en fonction de considérations locales ou pratiques supplémentaires.
  2. Critères de maladie : L’apparition de la maladie est définie par la première manifestation des symptômes respiratoires associés à l’épisode actuel. L’accent est mis sur la détection de l’infection respiratoire aiguë sévère (IRAS) définie principalement par la présence de symptômes respiratoires, c’est-à-dire de la fièvre (plus de 38 degrés Celsius) ET l’apparition d’une toux (ou exacerbation de la toux chronique) ou de difficultés à respirer, accompagnées de signes cliniques, radiologiques ou histopathologiques de maladie du parenchyme pulmonaire (p. ex. pneumonie, pneumonite ou syndrome respiratoire aigu sévère) typiquement associés à la nécessité d’une hospitalisation ou d’une surveillance à l’unité des soins intensifs et/ou un autre marqueur de gravité (tel le décès).

De nombreuses maladies infectieuses sont associées à un spectre de maladie, y compris les infections légères ou asymptomatiques. Des cas d’infection atypique par le virus H7N9 sans symptôme respiratoire ont été documentés en présence de comorbidités, notamment des états immunodéprimés. Par conséquent, le jugement des cliniciens et des responsables de la santé publique doit être utilisé dans l’évaluation des patients présentant un tableau plus léger ou atypique et dont les antécédents des contacts, des comorbidités ou de la grappe pourraient élever le degré de suspicion de la maladie. Pour obtenir des renseignements supplémentaires, veuillez consulter les Directives provisoires concernant le confinement en présence de cas importés de transmission interhumaine limitée soupçonnés/confirmés au Canada.

La discrétion du clinicien, le contexte épidémiologique ainsi que la faisabilité au niveau local doivent être pris en compte lors des discussions avec les autorités en matière de santé locales/provinciales.

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