Plan d’intervention fédéral-provincial-territorial en matière de santé publique pour la gestion continue de la COVID-19

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Organisation : Agence de la santé publique du Canada

Publiée : 2021-04-19

Table des matières

Résumé

Le présent document est la deuxième édition du plan fédéral-provincial-territorial (FPT) qui a été élaboré en collaboration avec des responsables fédéraux, provinciaux et territoriaux de la santé publique (par l'intermédiaire du Comité consultatif spécial FPT sur la COVID 19, voir l'annexe 1), des partenaires des Premières Nations, des Inuits et des Métis, et des partenaires du système de santé, à l'intention de ces intervenants et d'autres. Il s'agit d'un document évolutif qui vise à fournir une approche commune de planification prospective pour la gestion continue de la COVID 19 au Canada. Le plan reconnaît les rôles et les responsabilités des secteurs de compétence, détermine à quel moment des approches pancanadiennes deviennent nécessaires et dans quelles circonstances les provinces et les territoires devraient avoir la souplesse nécessaire pour les personnaliser. Les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis peuvent choisir d'adapter les approches aux besoins et aux contextes propres à leurs communautés.

Au nombre des principaux éléments du plan figurent les suivants :

  • un énoncé du but;
  • les objectifs d'intervention en matière de santé publique;
  • les hypothèses de planification;
  • un scénario de la pire éventualité raisonnable;
  • des résumés des activités d'intervention déjà en cours et prévues pour chaque composante principale de l'intervention en matière de santé publique (c'est-à-dire la surveillance, les activités de réponse en laboratoire, les mesures de santé publique, la prévention et le contrôle des infections et les conseils en matière de soins cliniques, la vaccination, les mesures internationales en matière de santé des voyageurs et aux frontières, l'infrastructure du système de santé, la communication des risques et la sensibilisation, et la recherche).

Le document porte également plus particulièrement sur la planification avec les collectivités autochtones, la planification pour les milieux et les populations à risque élevé, et le rôle de la modélisation dans l'intervention. À l'instar des autres documents de directives techniques, le présent document pourrait devoir être mis à jour à mesure que nos connaissances scientifiques sur l'agent pathogène SRAS CoV 2 augmentent, que le portrait épidémiologique évolue au Canada et à l'échelle mondiale, que les mesures de lutte contre la pandémie changent et que de nouvelles contre-mesures médicales deviennent disponibles (p. ex. vaccins supplémentaires, traitement efficace).

L'objectif de la réponse à la pandémie, qui consiste à réduire au minimum le risque de maladie grave et de décès en général tout en atténuant les perturbations sociales pouvant être subies par la population dans le cadre de la pandémie de COVID 19, n'a pas changé dans la présente édition. Si la réponse à la COVID 19 a été sans précédent grâce à la mise en œuvre rapide et à l'adoption par le public de mesures de santé publique (MSP), l'utilisation continue et appropriée de ces mesures dans le contexte des variants préoccupants, de l'augmentation de la couverture vaccinale et de la lassitude du public à l'égard de la pandémie, et en particulier des MSP communautaires restrictives, sera un défi. Les MSP ont eu un impact disproportionné sur certains groupes au Canada, notamment les personnes âgées, les travailleurs essentiels, les populations racialisées, les personnes vivant avec un handicap et les femmes. La « fatigue pandémique » est maintenant omniprésente et, bien que tout le monde au Canada ait supporté le fardeau de ces mesures pour protéger les personnes les plus à risque de développer une maladie grave liée à la COVID 19, il est maintenant plus que jamais nécessaire d'adapter la réponse pour minimiser le fardeau et les effets négatifs tout en maximisant les avantages des mesures de protection, comme les vaccins contre la COVID 19.

Les MSP ont réussi à réduire le nombre de cas de COVID 19 et de maladies graves et de décès connexes au Canada. Cependant, la nature restrictive de nombre de ces mesures a eu des effets négatifs sur la santé, le bien-être et la société. Bon nombre de ces conséquences ont touché de façon disproportionnée certains segments de la population canadienne. L'énoncé du but et les objectifs continuent de tenir compte de la nécessité d'intervenir de manière à trouver un juste équilibre entre, d'une part, la réduction des répercussions sur la morbidité et la mortalité, et, d'autre part, les perturbations sociales afin d'assurer une intervention durable à long terme.

Pour faciliter une approche commune et un niveau de préparation approprié partout au Canada, le plan comprend une liste d'hypothèses de planification, un « scénario de la pire éventualité raisonnable » et une liste des capacités et des besoins permettant d'atténuer ce scénario. Ce scénario ne représente pas le scénario le plus probable, mais il fournit plutôt un scénario commun réaliste pour guider la prise en compte des capacités clés et des problèmes de capacité et déterminer les besoins en ressources qui aideront à cibler les activités de planification à la lumière de nouveaux défis, tels que les variants préoccupants et la fatigue pandémique. Il s'agit d'un « test de résistance » et non d'une prédiction, et il vise à stimuler la réflexion concernant nos efforts et ressources actuels de réponse, les seuils de capacité et la résilience. Le scénario le plus pessimiste raisonnable comprend une courbe épidémique avec un troisième pic important et prolongé à court terme, sous l'effet d'une combinaison de facteurs, notamment la propagation et la prédominance des variants préoccupants hautement transmissibles, l'assouplissement prématuré des mesures communautaires de santé publique restrictives et la diminution de l'adhésion du public aux mesures de santé publique recommandées. Cette période est suivie de poussées ou de résurgences continues pendant le reste de l'année 2021, les hausses subites de l'incidence créant une demande de ressources qui dépasse la capacité du système. Elle suppose également que l'immunité conférée par le vaccin n'est pas durable et qu'il y aura donc un certain niveau de transmission continue dans un avenir prévisible.

Parmi les mesures à prendre pour atténuer les risques associés à ce scénario et assurer la gestion continue de la COVID‑19 de façon générale figurent les suivantes :

  • détecter les signaux indiquant la possibilité d’une forte augmentation du nombre de cas;
  • empêcher un pic prolongé important et des hausses subites, en particulier celles qui dépassent la capacité de réponse;
  • réduire les hausses subites du nombre de cas, d’hospitalisations et de décès;
  • augmenter la capacité en matière de soins de santé et de santé publique;
  • surveiller la demande de ressources en soins de santé;
  • favoriser la vigilance continue du public et le respect des mesures et des recommandations.

Le moment et la manière d’atténuer ce scénario sont décrits en termes de calendrier et d’utilisation ajustée des MSP communautaires restrictives. Les ajustements aux mesures de santé publique (MSP) restrictives doivent être envisagés dans le contexte de la menace associée aux variants préoccupants et de l’effet de l’augmentation de la couverture vaccinale, tout en tenant compte des facteurs sociaux, économiques et situationnels qui peuvent entraver la capacité à se conformer aux mesures de santé publique, en particulier pour les groupes de population marginalisés.

Le présent plan, de concert avec d’autres plans d’intervention fédéraux-provinciaux-territoriaux fondamentaux, offre aux dirigeants de la santé publique une approche coordonnée pour régler les problèmes communs et appuyer les mesures prises par les provinces et les territoires relativement à la COVID‑19 auprès de la population canadienne. Il contient de l’information sur les priorités actuelles liées à l’intervention de la santé publique et sur les besoins prévus pour assurer la gestion de la COVID‑19 à court, à moyen et à long terme, ce qui favorisera la sensibilisation et la coordination tant dans le secteur de la santé qu’au-delà de celui-ci.

But

Le Plan d’intervention fédéral-provincial-territorial en matière de santé publique pour la gestion continue de la COVID‑19 vise à fournir aux responsables fédéraux, provinciaux et territoriaux de la santé publique, aux partenaires des Premières Nations, des Inuits et des Métis, aux partenaires du système de santé et à d’autres intervenants une approche commune de planification à long terme pour la gestion continue de la COVID‑19 au Canada. Ce plan favorise une approche à long terme. La première édition couvrait les impératifs immédiats de planification pour la période automne/hiver 2020. Les plans doivent continuer à être revus et mis à jour jusqu’à ce que les mesures mises en œuvre et l’immunité de la population soient suffisantes pour réduire l’activité de la COVID‑19 au Canada à un niveau faible, gérable et tolérable. Cette deuxième édition a été mise à jour en fonction de l’évolution des connaissances scientifiques sur l’agent pathogène SRAS‑CoV‑2, de l’évolution de la situation épidémiologique au Canada et dans le monde, de la compréhension des répercussions disproportionnées de la pandémie sur les groupes de population marginalisés, de l’évolution des stratégies de contrôle et de l’apparition de nouvelles contre-mesures médicales (vaccins et traitements).

En s’appuyant sur l’intervention continue en santé publique, le présent document indique les mesures de préparation fédérales, provinciales et territoriales (FPT) en santé publique qui sont nécessaires et déjà en cours pour la gestion à court, à moyen et à long terme de la COVID‑19 au Canada. Il fournit une orientation générale qui s’appuie sur les ententes, les accords et les protocoles intergouvernementaux existants traitant de la préparation aux pandémies, de la planification et de la compilation de données en matière d’urgence de santé publique, de la mise en commun de l’information et des ressources (voir l’Annexe 1) et s’appuie largement sur la ressource Préparation du Canada en cas de grippe pandémique : Guide de planification pour le secteur de la santé (PCGP). Bien que le guide PCGP se veuille un document d’orientation sur la grippe pandémique, une grande partie des lignes directrices qu’il renferme s’applique également à d’autres urgences de santé publique, comme ce fut le cas pour la réponse à la COVID‑19. Il est tenu pour acquis qu’une structure d’intervention et des activités continues (mais à l’échelle appropriée) FPT coordonnées, comme elles sont décrites dans le Plan d’intervention fédéral-provincial-territorial en matière de santé publique dans les cas d’incidents biologiques, seront nécessaires dans un avenir prévisible.

Pour faciliter une approche commune et un niveau de préparation approprié partout au Canada, la présente édition du plan comprend une mise à jour du « scénario de la pire éventualité raisonnable ». Bien que ce scénario ne soit pas nécessairement le scénario le plus probable, il fournit une base de référence pour guider la prise en compte des capacités clés et des problèmes de capacité et déterminer les besoins en ressources qui aideront à cibler les activités de planification, de réponse et de rétablissement. À l’instar d’autres plans FPT, le présent document décrit les buts et les objectifs généraux, reconnaît les rôles et les responsabilités des secteurs de compétence, détermine à quel moment des approches nationales deviennent nécessaires et dans quelles circonstances les provinces et les territoires devraient avoir la souplesse nécessaire pour les personnaliser. Le présent document a été élaboré pour faciliter la planification d’une réponse continue à la COVID‑19 qui soit non seulement souple et adaptative, mais aussi durable.

Contexte

La COVID‑19 reste une menace sans précédent pour la santé et le bien-être social et économique des Canadiens, de la société canadienne et de la communauté mondiale. Le 30 janvier 2020, le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déterminé que la COVID‑19 constituait une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) et a déclaré qu’il s’agissait d’une pandémie le 11 mars 2020, en raison de la vaste propagation à l’échelle planétaire. Plus d’un an après avoir réagi à cet événement sans précédent, la réponse canadienne a été renforcée par la disponibilité des vaccins, mais elle a été mise à l’épreuve par l’émergence des variants préoccupants et la fatigue pandémique. Il est nécessaire d’ajuster et d’adapter en permanence la réponse à mesure que les connaissances sur les effets des vaccins et des variants préoccupants augmentent. En outre, il est constamment nécessaire de tenir compte de l’évolution des attitudes et des comportements d’une population fatiguée, souvent frustrée ou troublée, et de leurs impacts sur le succès de la réponse. Pour atténuer l’impact de la COVID‑19 au Canada, il faut se doter d’une stratégie globale, intégrée et intersectorielle « pansociétale » et « pangouvernementale » qui met l’accent sur ce qui s’inscrit dans la portée du contrôle de notre pays tout en essayant de réduire les risques et les répercussions pour les éléments en dehors de cette portée. Par conséquent, le contexte de notre planification est principalement axé sur le Canada, mais reconnaît que la situation mondiale a un effet important sur nos activités d’intervention.

La mobilisation du secteur de la santé du Canada pour répondre à la COVID‑19 demeure un élément essentiel de cet effort global. Le plan et ses composantes plus détaillées qui sont décrits dans le présent document s’appuient fortement sur l’expérience acquise et le travail accompli lors de la réponse à l’introduction et aux vagues subséquentes de la COVID‑19 au Canada, en plus de l’expérience passée et des leçons apprises de la mise en œuvre des campagnes de vaccination de masse précédentes. Les responsables FPT de la santé publique du Canada mènent des travaux de planification en cas de pandémie depuis plusieurs années, mais les plans établis doivent être ajustés et enrichis à mesure que la pandémie évolue, chaque pandémie comportant ses caractéristiques propres. Rien que sur le front des vaccins, l’utilisation simultanée de plusieurs vaccins utilisant des technologies vaccinales différentes et nouvelles, alors qu’une transmission communautaire importante est en cours et que des menaces de nouveaux variants préoccupants présentant des caractéristiques d’échappement immunitaire commencent à se profiler, est sans précédent. D’autres défis uniques se posent, comme les problèmes d’approvisionnement en vaccins, l’établissement des groupes prioritaires pour la vaccination par produit, la réticence possible face à un produit en particulier et la nécessité de veiller à ce que la vaccination se produise d’une manière compatible avec les mesures de santé publique recommandées. Grâce à la Stratégie de lutte contre les variants préoccupants, des équipes intégrées comptant des membres issus de divers secteurs (p. ex. laboratoires de santé publique, milieu universitaire et hôpitaux de recherche) mettent à profit leurs connaissances sur les tests de diagnostic, l’analyse épidémiologique et l’expertise clinique, entre autres, pour assurer une détection proactive et une caractérisation rapide des variants préoccupants. Cela permettra de s’assurer que des mesures de gestion et de contrôle de la santé publique peuvent être mises en place de manière efficace et efficiente pour réduire la transmission des variants préoccupants. Malgré les efforts remarquables déployés et la rapidité de la réponse à la COVID‑19 au Canada à ce jour, nous agissons à partir d’un terrain qui comporte encore une forte incertitude, nous devons continuer d’apprendre et de nous adapter à mesure que nous progressons dans nos activités de planification.

Bien que la pandémie ait touché les Canadiens de diverses façons, les Canadiens n’ont pas été touchés individuellement de la même façon. Des données probantes indiquent que les déterminants sociaux de la santé, dont le faible revenu, les environnements physiques défavorables, les logements précaires et la race et l’origine ethnique, entre autres, sont corrélés avec un risque accru d’infection par la COVID‑19Note de bas de page 1 et l’inégalité d’accès aux soins de santé et aux autres services. Ces déterminants sociaux exposent les personnes à une série de maladies chroniquesNote de bas de page 2, telles que l’obésité, les maladies cardiaques, le diabète et les maladies pulmonaires, qui peuvent contribuer à l’augmentation de la morbidité et de la mortalité dues à la COVID‑19. Comme dans d’autres paysNote de bas de page 3, au Canada, le taux de décès dus à la COVID‑19 est plus élevé chez les hommes que chez les femmes, mais le nombre total de décès est plus élevé chez les femmes, probablement en raison de la proportion plus élevée de femmes dans les groupes d’âge les plus âgés et à risque élevéNote de bas de page 4.

Ces mêmes déterminants de la santé contribuent également à d’autres effets disproportionnés des restrictions liées à la COVID‑19 sur la santé et le bien-être, notamment les effets sur la santé mentale, la violence familiale et la consommation problématique de substances et les surdoses qui en découlent. Les pertes d’emploi ont été plus importantes pour les femmes, les récentes reprises de la main-d’œuvre ayant profité de manière disproportionnée aux hommesNote de bas de page 5. En partie en raison du ralentissement économique déclenché par la pandémie, les minorités visibles ont été particulièrement touchées, et une plus grande partie d’entre elles ont déclaré avoir de la difficulté à respecter leurs obligations financières ou à répondre à leurs besoins essentiels comparativement aux travailleurs blancsNote de bas de page 6. Les minorités visibles et les nouveaux arrivants au Canada sont également plus susceptibles de cumuler plusieurs emplois, d’occuper des postes (p. ex. préposés aux services de soutien à la personne, commis d’épicerie) dans le secteur de l’alimentation et de l’hébergement et des postes en contact avec le public où la probabilité d’exposition à la COVID est plus élevée. Ces personnes peuvent également vivre dans des foyers multigénérationnels, ce qui peut entraîner des schémas circulaires de transmission de la maladie du lieu de travail au foyer, puis de nouveau au travail, perpétuant ainsi l’impact disproportionné sur les personnes de ces groupes. De même, les Autochtones, les personnes handicapées et les communautés LGBTQ2IA+, entre autres, ont été touchés de façon disproportionnée par la pandémieNote de bas de page 7.

En outre, certaines populations ont été particulièrement touchées par les mesures mises en œuvre pour lutter contre la pandémie, par exemple, l’étendue et la durée sans précédent des fermetures d’écoles qui peuvent avoir des effets à long terme sur le développement de l’enfant, sa santé et son éducationNote de bas de page 8Note de bas de page 9. À mesure que les efforts progressent vers la prochaine étape de la réponse, il est impératif que les besoins de divers groupes au Canada continuent à être pris en compte afin d’atténuer les conséquences négatives et de réduire les inégalités connues et raisonnablement anticipées.

COVID 19 : But, objectifs et réponse à ce jour

But

L’objectif du Canada dans sa réponse à la COVID‑19 est fondé sur celui établi pour la grippe pandémique dans le document Préparation du Canada en cas de grippe pandémique : Guide de planification pour le secteur de la santé (dernière mise à jour en août 2018). L’objectif est le suivant :

  • réduire au minimum le risque de maladie grave et de décès en général tout en atténuant les perturbations sociales que pourraient subir les Canadiens suite à une pandémie de COVID‑19.

Cet objectif a guidé les actions d’intervention de la santé publique FPT. Les mesures et stratégies mises en œuvre dans ce but ont contribué à réduire l’incidence de la COVID‑19 au Canada ainsi que les maladies graves et les décès qui y sont associés. Il a été extrêmement difficile de réduire les effets de la COVID‑19 sur la santé tout en minimisant les perturbations sociétales, d’autant plus que la « fatigue pandémique » s’est accrue et a entraîné des difficultés connexes en ce qui concerne le respect par le public des mesures recommandées, ce qui a imposé un fardeau inégal aux populations du Canada. Reconnaître que certains groupes de Canadiens font face à des obstacles disproportionnés dans le respect de ces mesures est un premier pas important vers l’établissement de stratégies pour y remédier.

Grâce à la disponibilité vaccins et à la mise en œuvre de programmes de vaccination axés sur la population qui donnent la priorité à la réduction des effets sanitaires dans les groupes les plus vulnérables, des progrès notables sont réalisés par rapport à la première partie de l’énoncé de l’objectif en ce qui concerne les maladies graves et les décès globaux associés à la COVID‑19. Cependant, un niveau élevé de respect des mesures de santé publique (MSP) recommandées reste essentiel, notamment en raison de l’émergence des variants préoccupants – qui, par définitionNote de bas de page 10, peuvent être associés à une transmission accrue, à une virulence accrue ou à une modification de la présentation clinique de la maladie ou à une diminution de l’efficacité de certaines mesures de santé publique et sociales ou des diagnostics, des vaccins ou des traitements disponibles, selon le variant.

Les circonstances entourant la pandémie, non seulement au Canada, mais à l’échelle mondiale, ont mené à un déploiement extraordinaire de mesures de santé publique (MSP) communautaires, vastes et restrictives (p. ex. fermeture des écoles, restrictions relatives aux rassemblements, restrictions relatives au lieu de travail/aux entreprises), et au besoin d’offrir un niveau inégalé de mesures de soutien sociétal (p. ex. soutien du revenu, soutien au logement et expansion des services sociaux comme les services en santé mentale et l’aide alimentaire). Les MSP communautaires restrictives réduisent le risque de transmission, même la transmission des variants préoccupants, mais elles ont un coût en termes de perturbation de la société et, par conséquent, l’ampleur des résultats dépend du respect des mesures par le public et de la tolérance au risque. À l’avenir, ces mesures seront continuellement adaptées au contexte local et à l’activité de la COVID‑19, conformément au but et aux objectifs de la réponse, en prenant en considération les divers besoins des groupes de population en fonction des situations de vulnérabilité, de l’ethnicité et de la culture, de l’état des capacités et d’autres facteurs socioéconomiques et démographiques. Il faut pour cela adapter ces mesures afin de réduire les obstacles auxquels sont confrontées les populations en situation de vulnérabilité, tout en tenant compte des conditions locales.

Lorsque l’objectif initial du guide PCGP en cas de pandémie a été élaboré, on pensait que la principale cause de perturbation sociétale serait l’absence des travailleurs essentiels (y compris les fournisseurs de soins de santé) au travail en raison de la maladie, du besoin de prendre soin de membres de la famille malades, des mesures de lutte contre les éclosions en milieu de travail ou du refus de travailler. La fermeture des frontières internationales, des entreprises, des écoles et les restrictions sur les rassemblements sociaux ont toujours été considérées comme une source de perturbations sociétales en cas de pandémie grave. La réponse à la COVID‑19 a été sans précédent compte tenu de la rapidité de la mise en œuvre des mesures de santé publique et de leur adoption par le public. Les mesures restrictives qui ont permis d’éviter une interruption généralisée des services essentiels en raison de la maladie ont toutefois eu des répercussions directes et indirectes importantes sur la santé et le bien-être, en particulier pour les personnes âgées, les travailleurs essentiels, les populations racialisées, les personnes handicapées, et les femmes. Au niveau de la population, les recommandations qui touchent des services et des organisations non essentiels, par exemple dans les domaines des sports, des loisirs et les arts du spectacle, ont eu des effets sur la santé physique et mentale et le bien-être dans de nombreux cas. Ces effets, ainsi que la nécessité d’un recours continu ou répétitif à des mesures restrictives, ont par la suite affecté les niveaux de respect qui sont essentiels à l’efficacité collective des MSP.

Objectifs

Alors que la planification se concentre désormais sur une réponse durable à long terme, trouver un équilibre optimal entre la réduction des effets sur la santé et la perturbation de la société reste un défi important. Les objectifs de santé publique suivants visent à atteindre cet équilibre.

Les objectifs sont d'atténuer les répercussions de la pandémie sur la santé et la société en :

  • prenant des mesures de santé publique pour réduire l’incidence, la morbidité et la mortalité de la COVID 19 à un niveau gérable à l’échelle locale (y compris l’opérationnalisation de la stratégie vaccinale);
  • garantissant l’accès aux services de soins de santé (COVID 19 et autres services connexes), aux fournitures et aux options de traitement;
  • protégeant les populations et les collectivités à risque élevé, y compris les collectivités autochtones dans les réserves et hors réserves;
  • réduisant les conséquences négatives sur la santé physique et mentale des mesures de réponse à la COVID 19;
  • adoptant une approche fondée sur les risques et les données probantes pour l’utilisation de mesures de santé publique restrictives;
  • facilitant et en soutenant des niveaux élevés de respect de toutes les mesures recommandées;
  • luttant contre la désinformation et la mésinformation;
  • tirant parti des systèmes canadiens de recherche, de surveillance, de centres de collaboration nationaux, d’agences de santé publique, de soins de santé et de laboratoires;
  • collaborant avec d’autres secteurs pour renforcer les politiques et les services sociaux et économiques qui protègent la santé et préviennent les maladies (p. ex. logements adéquats, aide à l’emploi et au revenu);
  • travaillant en collaboration avec la communauté internationale.

Réponse à ce jour

À ce jour, les mesures d’intervention FPT ont été exhaustives et ont grandement contribué à l’atteinte de ces objectifs nationaux en matière de santé publique. Ces mesures comprennent, entre autres :

  • l’appui à la prise de décisions fondées sur des données probantes en recueillant, en analysant et en partageant, rapidement et de façon continue, des données de surveillance et d’autres renseignements scientifiques pour éclairer et cibler les interventions;
  • la détection, la confirmation et l’isolement des cas pendant la période de transmissibilité;
  • la recherche des contacts, l’identification, la communication avec les contacts et la mise en quarantaine de ceux-ci pendant la durée de la période d’incubation;
  • l’élaboration d’une stratégie globale pour l’utilisation prioritaire et la surveillance des vaccins, de leur efficacité et de leur sécurité;
  • l’attribution, la distribution et l’administration des vaccins disponibles de manière aussi sûre, efficace et équitable que possible;
  • des activités rapides de détection et de confinement des éclosions;
  • la mobilisation d’équipes d’intervention d’urgence multisectorielles;
  • empêcher l’importation de la COVID‑19 à la frontière et en imposant des restrictions et des exigences en matière de voyage;
  • la prestation de conseils à plusieurs intervenants et secteurs, par exemple : les partenaires en santé publique, les intervenants chargés de la prestation des soins de santé et les secteurs/établissements non liés à la santé qui facilitent une approche fondée sur les risques et sur des données probantes;
  • la réduction de la propagation de l’infection par des communications fréquentes avec le public afin de promouvoir l’importance des stratégies d’atténuation aux échelles individuelle, familiale, communautaire et organisationnelle ainsi que des MSP;
  • la promotion de changements dans les activités quotidiennes afin de réduire le plus possible la transmission de la COVID‑19 en milieu communautaire;
  • l’utilisation des cadres de la réponse à la COVID‑19 en fonction du niveau d’activité de la COVID‑19 à l’échelle locale et des niveaux de MSP et de restrictions associées connexes;
  • le soutien au respect des mesures recommandées par une communication efficace des éléments suivants : justifications, durée prévue des mesures, et retour d’information sur les effets, les progrès et la réussite;
  • la protection des personnes les plus à risque de développer une maladie grave par la diffusion de ressources, de conseils et de messages publics;
  • la facilitation de l’accès aux services de santé par d’autres moyens, comme la télémédecine et les fournisseurs de soins de santé virtuels;
  • la protection des personnes les plus à risque de développer une maladie grave dans des milieux collectifs et des établissements de soins de santé par des communications, des directives et des mesures d’intervention ciblées;
  • l’établissement d’une capacité de protection par le dépistage au niveau communautaire, la communication d’une orientation et des mesures de quarantaine pour les collectivités nordiques, éloignées et isolées et les populations autochtones;
  • l’appui à des interventions sanitaires et sociales communautaires visant à soutenir et à protéger les populations à risque élevé et à atténuer les effets négatifs des interventions de santé publique;
  • la promotion de la résilience communautaire;
  • la facilitation d’un accès rapide aux fournitures, à l’équipement de protection individuelle (EPI), aux soins de santé, à l’équipement et aux ressources de soins de santé, y compris l’évacuation médicale de personnes vivant dans des collectivités éloignées, isolées et mal desservies;
  • l’appui à la continuité des soins de santé et d’autres services essentiels;
  • la prestation de ressources supplémentaires en santé mentale et des services sociaux;
  • l’adaptation des MSP sur la facilitation d’un retour progressif et prudent au fonctionnement de la collectivité dans le contexte de l’activité continue de la COVID‑19.

Maintenir la confiance des Canadiens grâce à la communication transparente et en temps opportun des décisions de santé publique éclairées par des données probantes; communiquer des conseils appropriés et en temps opportun (y compris des changements à ces conseils) aux décideurs, aux professionnels de la santé et au public; tenir compte des divers besoins des groupes de population en fonction de la vulnérabilité, de l’origine ethnique ou de la culture, de la capacité et d’autres facteurs socioéconomiques et démographiques; et appuyer une intervention coordonnée en travaillant en collaboration avec tous les ordres de gouvernement, les partenaires autochtones et les intervenants et continuer de jouer un rôle essentiel dans cette réponse continue. Nous devons préparer le public à la réalité de la vie avec la COVID dans un avenir prévisible et aux changements qui interviendront en matière de rôle de la vaccination et des MSP pour maintenir un niveau approprié de protection de la population contre la COVID‑19.

Afin d’atteindre le but et les objectifs de l’intervention, il est essentiel que l’efficacité des mesures de contrôle de la COVID‑19 soit évaluée par rapport aux effets négatifs de la mise en œuvre de ces mesures (y compris la réaffectation d’autres ressources du programme de santé publique) dans le but de réduire l’incidence de la COVID‑19 et de maladies graves connexes à un niveau gérable à l’échelle locale. Toute dépendance à l’égard de l’état d’urgence pour obtenir le soutien nécessaire à la réponse en cours doit être envisagée et prise en compte avant de mettre fin à cet état déclaré afin de garantir que les buts et objectifs de la réponse seront atteints. Il s’agit de la clé d’une intervention durable à long terme.

Les responsables de la santé publique sont prêts à relever les divers défis que la gestion de la COVID‑19 posera à mesure que la pandémie se poursuivra. Les conseils, les mesures recommandées et les interventions ont été fondés sur ces buts et objectifs communs par rapport à la pandémie. À mesure que nos connaissances collectives augmenteront, ces objectifs seront revus et mis à jour au besoin.

Planification prospective : Hypothèses et facteurs épidémiologiques

Hypothèses de planification et domaines d'incertitude

Ce plan vise à appuyer une planification cohérente, mais souple, de la santé publique à tous les ordres de gouvernement afin de se préparer aux activités de réponse à court, à moyen et à long terme de la COVID 19. Les plans doivent refléter une combinaison d'approches convenues à l'échelle nationale et de mesures adaptables à l'échelle régionale et locale et être harmonisés avec les buts et les objectifs d'intervention en cas de pandémie, en tenant compte des besoins de divers groupes au Canada variant selon l'état de santé, l'âge, le sexe, l'origine ethnique ou la culture, la capacité et d'autres facteurs socioéconomiques et démographiques.

Le Tableau 1 présente les hypothèses générales de planification qui visent à fournir une base commune de planification dans le contexte canadien pour les prochains mois et les prochaines années. Les domaines d’incertitude, énumérés dans le tableau, aident à cerner les éléments inconnus actuels. Compte tenu de l’évolution des données probantes et des connaissances, les plans doivent comprendre des éléments flexibles ou des paramètres qui peuvent être mis à jour à mesure que la pandémie progresse et que les connaissances et l’expérience s’enrichissent. Les hypothèses de planification et les domaines d’incertitude doivent être validés et/ou mis à jour et peuvent être des déclencheurs pour la révision et la modification des plans.

Tableau 1 : Résumé des hypothèses de planification et des domaines d’incertitude
Hypothèses de planification générales
  • Le SRAS‑CoV‑2 se transmet d’une personne infectée à d’autres par des gouttelettes respiratoires et des aérosols lorsqu’une personne infectée tousse, éternue, chante, crie ou parle.
  • La taille des gouttelettes est variable, allant de grosses gouttelettes qui tombent rapidement (en l’espace de secondes ou de minutes) au sol près de la personne infectée, à de petites gouttelettes, parfois appelées aérosols, qui restent suspendues dans l’air dans certaines circonstances.
  • Les gouttelettes ou aérosols infectieux peuvent entrer en contact direct avec les muqueuses du nez, de la bouche ou des yeux d’une autre personne ou être inhalés dans le nez, la bouche, les voies respiratoires et les poumons de celle-ci. Le contact direct avec les muqueuses, ou l’inhalation de gouttelettes et d’aérosols infectieux, sont à l’origine de la majorité des transmissions.
  • Le virus peut également se propager lorsqu’une personne touche une autre personne (p. ex. poignée de main) ou une surface ou un objet (matière contaminée) sur lequel il se trouve, puis touche sa bouche, son nez ou ses yeux sans s’être lavé les mains.
  • Comparativement à la grippe, la COVID‑19 présente une transmissibilité plus élevée (c.-à-d. un taux de reproduction de base plus élevé ou R0), est plus transmissible avant l’apparition des symptômes et a un taux de létalité plus élevé découlant de l’infection.
  • Une transmission par des cas asymptomatiques et présymptomatiques est observée.
  • Les mesures de santé publique et les mesures de protection individuelle réduisent le risque d’exposition au SRAS‑CoV‑2, mais leur efficacité optimale dépend de leur respect et de leur complète application par le public.
  • Les variants préoccupants peuvent avoir des effets sur la transmissibilité, la gravité, les tests de laboratoire ou l’efficacité des vaccins et des traitements, en fonction des mutations présentes dans le génome du variant.
  • Un niveau considérable d’immunité de la population, ainsi que des mesures de santé publique et autres seront nécessaires pour réduire la pandémie de COVID‑19 à un niveau faible, gérable et tolérable.
  • La durée de l’immunité conférée par le vaccin peut ne pas être de longue durée ou ne pas être en mesure d’empêcher toute transmission. Elle peut réduire la transmission à des niveaux relativement faibles, mais ne pas aboutir à l’élimination de la COVID‑19.
  • La réponse immunitaire à l’infection naturelle peut ne pas être durable ou suffisante pour empêcher la réinfection par tous les variants.
  • Des vaccins sûrs et efficaces continueront d’être déployés de manière ciblée jusqu’à ce que l’ensemble de la population ait accès au vaccin.
  • La stratégie de vaccination évoluera en fonction des nouvelles données probantes, de la disponibilité des nouveaux vaccins et de l’offre connexe, ainsi que de la situation épidémiologique au Canada.
  • On se dotera d’une approche nationale pour établir la priorité de distribution de toute ressource limitée, et la cibler, qui sera fondée sur un cadre d’éthique. L’élaboration de politiques ayant trait à la priorisation des ressources limitées sera également éclairée par d’autres considérations logistiques, épidémiologiques et sociétales, comme la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (PDF).
  • La courbe nationale de l’épidémie sera une compilation de l’activité épidémique dans chaque province et territoire, qui sera influencée par les mesures d’intervention en santé publique mises en œuvre localement et le respect de ces mesures par le public.
  • Le risque de cas importés entraînant des éclosions localisées est constant.
  • Les frontières internationales seront ouvertes graduellement, avec une augmentation des voyages non essentiels (pendant la période couverte par le présent plan).
  • Les mesures d’intervention mises en œuvre dans une administration pourraient avoir un impact sur les administrations voisines, même si elles ne mettent pas elles-mêmes en œuvre cette mesure.
  • Le niveau de réponse à l’échelle du Canada variera en fonction de l’épidémiologie locale (p. ex. il pourrait y avoir une montée en flèche dans plusieurs administrations en même temps, à des moments différents ou des périodes d’accalmie pourraient coïncider) et les ressources disponibles du système de santé.
  • La capacité de notre système de santé et de notre système de santé publique a des limites qui pourraient être dépassées pendant les sommets d’activité de la COVID‑19. La fatigue et l’épuisement du personnel de santé publique peuvent également affecter la capacité et la rapidité d’intervention.
  • Les effets de la circulation simultanée de la grippe et d’autres virus respiratoires sur les capacités des systèmes de soins de santé (y compris les soins de longue durée et les autres soins communautaires) et de santé publique seront inférieurs aux augmentations saisonnières habituelles, tant que le niveau de respect des mesures et des recommandations de santé publique et de prévention et de contrôle des infections dans le cadre de la COVID‑19 sera élevé.
  • La survenue du syndrome inflammatoire multisystémique chez les enfants (SIM‑C) est en corrélation avec les taux de COVID‑19 chez les enfants et les jeunes (moins de 18 ans), et pourrait augmenter les taux d’hospitalisation dans ces groupes d’âge.
  • Les programmes de santé publique (p. ex. programmes de vaccination contre la grippe saisonnière) qui atténuent les poussées de la demande de ressources hospitalières font partie de la stratégie globale à long terme pour la gestion continue de la COVID‑19.
  • La capacité de la santé publique de répondre à d’autres priorités (p. ex. la crise des surdoses et les taux plus élevés de consommation problématique de substances) doit être maintenue. Une capacité afin de rattraper les retards relativement à la prestation de programmes ayant été interrompue peut également être requise.
Domaines d'incertitude
  • La mesure dans laquelle les nouveaux variants nécessiteront des ajustements de la réponse à la pandémie afin d’atteindre les buts et objectifs actuels.
  • Comment prévenir au mieux la prise de contrôle des variants préoccupants ou réduire les effets jusqu’à ce que la couverture par un vaccin efficace soit plus élevée.
  • La mesure dans laquelle les différents vaccins et les différentes séries de vaccins contribueront à prévenir la transmission.
  • Comment la perturbation potentielle de l’approvisionnement mondial en vaccins peut affecter les progrès du déploiement des vaccins.
  • La facilité avec laquelle le virus se propage par contact avec les surfaces ou les objets.
  • La durée de l’immunité, ce qui constitue l’immunité, et si l’infection par d’autres coronavirus offre une protection croisée.
  • La durée de l’immunité conférée par le vaccin et la nécessité éventuelle d’administrer des doses de rappel ou de mettre en place des programmes de vaccination saisonnière, comme pour la grippe.
  • Le nombre de personnes qui doivent être immunisées contre la COVID‑19 pour atteindre une immunité suffisante de la population (c’est-à-dire suffisante pour réduire et maintenir des niveaux faibles, gérables et tolérables de COVID‑19 au Canada).
  • L’efficacité des différents vaccins en réponse aux nouveaux variants préoccupants.
  • Comment les effets indésirables après l’immunisation (EIAI) affecteront la confiance dans les vaccins.
  • L’impact de l’hésitation ou de la confiance et de la préférence vaccinale sur la couverture vaccinale et les délais pour atteindre une immunité suffisante de la population.
  • Si la COVID‑19 aura une tendance saisonnière semblable à celle d’autres infections respiratoires.
  • Si le manque de respect des MSP communautaires restrictives aura un impact sur l’efficacité de ces mesures au point de compromettre leur utilité.
  • Si les variations possibles de la tolérance au risque au fil du temps et dans différentes régions géographiques auront une incidence sur les mesures d’intervention.
  • Comment les variations du respect par le public des MSP évolueront dans le temps.
  • Séquelles et répercussions sanitaires à long terme de l’infection par la COVID‑19.
  • S’il y aura des taux importants à long terme de co-infection au SARS‑CoV‑2 et au virus de la grippe saisonnière ou à un autre agent pathogène respiratoire et si la co-infection aura une incidence importante sur la morbidité ou la mortalité et, par la suite, sur le système de soins et les ressources du secteur de la santé.
  • La rigueur des données et des essais internationaux sur la COVID‑19.

Modélisation et facteurs épidémiologiques

La modélisation et les évaluations des capacités peuvent faciliter la planification appropriée en permettant d’examiner comment les fourchettes possibles de paramètres pertinents par rapport à ces questions influent sur l’étendue et l’impact de l’épidémie au Canada. Tous les résultats de la modélisation sont influencés par les hypothèses sous-jacentes. Les modèles de prévision se prêtent mieux à prévoir ce qui pourrait se produire sur un horizon de deux à trois mois. Par conséquent, le rôle de la modélisation dans la planification à long terme est axé sur la communication d’information supplémentaire aux décideurs concernant l’incidence potentielle des mesures de contrôle par opposition à la communication de taux d’incidence possibles.

La modélisation mathématique appuie la planification de notre réponse aux épidémies et aux éclosions, et la pandémie de COVID‑19 a démontré le rôle important et le besoin de disposer de la gamme complète d’outils de modélisation nécessaires pour appuyer la prise de décisions pendant une crise de santé publique complexe. Ce rôle et les types de modèles actuellement utilisés sont décrits à l’Annexe 2 : Soutien à la modélisation pour la planification à long terme.

Il est important de reconnaître que la courbe nationale de l’épidémie représentera une combinaison des tendances de la courbe de l’épidémie de chaque province et territoire, qui, à leur tour, dépendront de l’effet des facteurs d’augmentation et de réduction dans chaque administration. Lorsque l’incidence quotidienne est très faible, il est important d’examiner l’incidence dans le temps (p. ex. 2 à 4 semaines à la fois) afin d’évaluer la réponse globale et les tendances récentes. La figure 1 indique les facteurs épidémiologiques qui influeront sur le nombre de nouveaux cas et le moment de leur apparition, et illustre donc comment ces facteurs d’incidence agiront sur la forme de la courbe épidémique que nous connaissons au Canada.

Figure 1. Les facteurs épidémiologiques : incidence
Figure 1. La version textuelle suit.
Figure 1 - Équivalent textuel

Cette figure est un graphique présenté à titre d'illustration; les axes ne comportent donc pas de données ou de chiffres. L'axe vertical représente l'augmentation des nouveaux cas par jour et l'axe horizontal reflète le passage du temps.

La ligne orange sur le graphique représente une courbe épidémique avec deux pics ou vagues suivis d'un déclin progressif dans le temps. Quatre flèches bleu sarcelle et des encadrés relient la ligne orange à un concept décrit dans un encadré.

La première flèche, double, située sous le premier grand pic large de la ligne orange, représente la durée d'un pic d'incidence. L'encadré correspondant, en dessous, précise les facteurs qui influent sur la durée d'un pic en quatre points.

Une flèche verticale double située au-dessus du premier pic correspond à un encadré qui indique, en sept puces, les facteurs qui influent sur la hauteur d'un pic d'incidence. Une flèche pointant vers le deuxième pic de la ligne orange mène à un encadré indiquant trois conditions pouvant conduire à un pic d'incidence ultérieur.

Enfin, la quatrième flèche double est parallèle à la ligne orange qui descend vers le bas et vers la droite, indiquant une diminution de l'incidence au fil du temps. L'encadré correspondant comprend trois puces décrivant les facteurs qui influent sur l'ampleur ou la rapidité du déclin de l'incidence dans le temps.

Une note de bas de page au bas du graphique indique comment les vaccins peuvent agir sur l'incidence.

Un modèle de courbe épidémique est une partie d'un scénario de planification, car il reflète les changements potentiels dans le nombre de nouveaux cas qui se présentent sur une période donnée. Pour assurer une planification optimale, il est important de tenir compte non seulement du nombre de cas, mais aussi des variables qui peuvent modifier les répercussions sur la santé et la société de ces nouveaux cas et, par la suite, d'éventuelles pointes qui dépassent les seuils actuels de capacité en matière de soins de santé et de santé publique. La figure 2 décrit les facteurs épidémiologiques de l'impact sanitaire en matière de variables susceptibles d'augmenter ou de diminuer l'occurrence de maladies graves et de décès dus à la COVID 19. Ces variables comprennent, entre autres, les changements dans la gravité de la maladie dans la majorité des cas dus à une virulence accrue, les changements dans les groupes à risque élevé (c.-à-d. les caractéristiques démographiques de la personne qui devient gravement malade et la détermination de nouveaux facteurs de risque de développer une maladie grave), l'incidence des variants préoccupants, la disponibilité de traitements et de soins hospitaliers efficaces et la couverture vaccinale. La manifestation de ces variables influera également sur la perception du risque par le public et, par conséquent, d'une manière quelque peu circulaire, sur les facteurs épidémiologiques comme le respect des MSP.

Figure 2. Les facteurs épidémiologiques : effets connexes de la COVID 19 sur la santé
Figure 2. La version textuelle suit.
Figure 2 - Équivalent textuel

Ce graphique traduit visuellement la manière dont les facteurs épidémiologiques influencent les effets de la COVID-19 sur la santé dans la population. Les facteurs d'augmentation (qui conduiraient à des effets plus graves sur la santé, comme l'indique une flèche rouge pointant vers le haut et contenant le texte « Augmentation des maladies graves et des décès » à gauche d'un encadré bleu) sont énumérés dans la colonne de gauche de l'encadré :

  • virulence accrue
  • variants préoccupants présentant des caractéristiques d'échappement immunitaire
  • éclosions dans des groupes/situations à haut risque, nouveaux groupes à risque élevé ou changements dans ces groupes – nombre croissant dans cette catégorie
  • capacité limitée des hôpitaux/de soins
  • tous les facteurs qui accroissent la transmission de la COVID-19

TLes facteurs de réduction (qui conduiraient à des effets moins graves sur la santé, comme l'indique une flèche verte pointant vers le bas et comprenant le texte « Diminution des maladies graves et des décès » sur le côté droit de l'encadré bleu) sont énumérés dans la colonne de droite de l'encadré :

  • diminution de la virulence
  • prédominance de souches sans caractéristiques d'échappement immunitaire
  • augmentation des options de traitement efficaces
  • couverture vaccinale élevée avec un vaccin efficace – en particulier dans les groupes à risque élevé, capacité adéquate des hôpitaux/de soins
  • adequate hospital/care capacity
  • tous les facteurs qui limitent la transmission

Planification et scénario de la pire éventualité raisonnable

Les activités de réponse prévoient actuellement que la population atteigne un niveau d’immunité considérable, conféré par la vaccination et le rétablissement de l’infection naturelle, d’ici l’automne 2021. Pour cela, il faut que la population soit largement vaccinée avec des vaccins qui sont efficaces contre les souches dominantes et qui confèrent une immunité pendant une période prolongée. Ce niveau d’immunité de la population sera considéré comme élevé lorsqu’il sera suffisant pour diminuer et maintenir l’activité de la COVID-19 au Canada à un niveau faible, gérable et tolérable.

Compte tenu des incertitudes actuelles, il est également prudent de prévoir un retard dans l’obtention d’une immunité considérable de la population (jusqu’en 2022) et la nécessité éventuelle de doses de rappel ou d’une vaccination saisonnière pour maintenir l’immunité conférée par le vaccin ou protéger les personnes à risque élevé de maladie grave. Compte tenu de l’incertitude concernant la durée de l’immunité (à la fois par la vaccination et l’infection naturelle), la propension des virus respiratoires à se propager pendant les saisons hivernales, les effets des variants et les importations liées aux voyages, il est possible qu’à l’avenir la COVID‑19 s’installe dans un schéma saisonnier similaire à celui de la grippe. Quoi qu’il en soit, vivre avec la COVID‑19 impliquera probablement un certain niveau de mesures de santé publique, non seulement pendant la période d’activité pandémique, mais aussi de manière continue.

L’assouplissement ou la levée des mesures communautaires restrictives de santé publique en l’absence d’une capacité complète et opportune de détection des cas, de recherche des contacts et d’isolement/mise en quarantaine peut entraîner une résurgence des cas, en particulier si des variants hautement transmissibles deviennent la souche dominante pendant la période précédant l’obtention d’une immunité suffisante de la population. C’est ce qui se passe actuellement dans certaines parties du pays. La taille et la durée de la résurgence (représentée par les pics de la courbe épidémique) et la pente du déclin après un pic d’incidence sont influencées par de multiples facteurs épidémiologiques (décrits précédemment). Les résurgences peuvent être considérées comme plus tolérables à mesure que la couverture vaccinale augmente parmi les personnes les plus exposées à une maladie grave et à la mort, étant donné l’impact positif de la levée des restrictions sur la réduction des perturbations sociétales. Cela suppose toutefois que le vaccin est efficace contre la souche en circulation, qu’il n’y a pas de changement dans la virulence ou dans les groupes à risque élevé et qu’il n’y a pas de séquelles importantes à long terme de l’infection. La planification en cours doit permettre de trouver un équilibre afin d’atteindre le plus rapidement possible l’objectif de la réponse à la pandémie, à savoir réduire au minimum toutes les maladies graves et tous les décès tout en minimisant les perturbations sociétales.

Pour faciliter la planification en cours dans le contexte d’un degré élevé d’incertitude, notamment en ce qui concerne les variants préoccupants et l’incidence de la vaccination, le « scénario de la pire éventualité raisonnable » a été mis à jour par rapport à la première édition du présent plan. Ce scénario n’est pas considéré comme une prédiction, mais plutôt comme un ensemble commun de caractéristiques qui appuieront une planification à long terme robuste (voir l’encadré 1).

Figure 3. Courbe épidémique pour le scénario de la pire éventualité raisonnable
Figure 3. La version textuelle suit.
Figure 3 - Équivalent textuel

La figure est un graphique se composant d’un axe des X (horizontal), sur lequel figurent trois points dans le temps : janvier 2020, janvier 2021 et janvier 2022, et d’un axe des Y (vertical), sur lequel ne figure aucune échelle, mais qui représente le nombre de nouveaux cas de COVID-19. Ensemble, ces axes brossent un portrait de la courbe épidémique générale. Le tracé de la courbe épidémique pour le scénario de la pire éventualité raisonnable est représenté par une ligne qui part du vert et passe au bleu foncé au moment de la publication de ce Plan (en avril 2021), et ondule horizontalement sur le graphique.

La partie verte de la ligne représente les deux premières vagues de cas de COVID-19 au Canada et le début d’une troisième résurgence. Plus précisément, à partir d’un nombre de cas nul au début de janvier 2020, suivi d’une augmentation relativement constante des nouveaux cas dans le temps avec un pic en avril 2020, puis d’une diminution plus progressive jusqu’en juillet 2020, la ligne reste relativement plate puis remonte pour former un deuxième pic en janvier 2021 qui est 4 à 5 fois plus élevé que la première vague. Ce pic est suivi d’une chute relativement marquée, puis d’une forte reprise en mars-avril 2021, dénotant une résurgence et le début d’une éventuelle troisième vague.

La ligne continue ensuite dans l’avenir en bleu foncé pour décrire le scénario de la pire éventualité raisonnable, qui comprend une troisième vague avec un pic prolongé 2 à 3 fois plus élevé que la deuxième vague au début du printemps 2021. Cette période est suivie de résurgences ou de pics continus d’amplitude décroissante, mais dont plusieurs dépassent les seuils de capacité des services de soins de santé, des laboratoires et de la santé publique, et d’un niveau relativement élevé de transmission continue en 2022. Un pic saisonnier relativement élevé à l’hiver 2021-2022 coïncide avec la saison de la grippe sévère et des autres agents pathogènes respiratoires.

Ce graphique illustre également le concept de « seuil de capacité », qui transmet l’idée d’une limite supérieure de la capacité d’intervention qui pourrait être dépassée par un nombre élevé de cas au cours d’une courte période. Ce seuil est illustré par une ligne horizontale rouge.

Encadré 1. Caractéristiques du scénario de la pire éventualité raisonnable

  • Une troisième vague importante commençant par un pic de longue durée au début du printemps, suivi de pics continus d’amplitude décroissante, mais dont plusieurs dépassent les seuils de capacité des services de soins de santé, des laboratoires et de la santé publique, et un niveau relativement élevé de transmission continue en 2022.
  • Le pic du début de printemps est 2 à 3 fois plus élevé que l’incidence enregistrée au pic de la deuxième vague.
  • Le pic saisonnier relativement élevé de l’hiver 2021 2022 coïncide avec la saison de la grippe sévère et des autres agents pathogènes respiratoires.
  • Il y a des périodes de pointe semblables à l’échelle du pays (chaque secteur de compétence connaît des périodes de pointe en même temps).
  • Les variants préoccupants présentant une transmissibilité élevée, une gravité accrue et des propriétés d’échappement immunitaire deviennent la ou les souches dominantes.
  • Les variants préoccupants ayant des propriétés d’échappement immunitaire réduisent l’efficacité des vaccins.
  • Il existe une réticence à prendre les vaccins homologués (ou des vaccins particuliers) ou l’approvisionnement en vaccins est insuffisant ou retardé, ce qui réduit la couverture vaccinale et retarde l’obtention d’une immunité suffisante de la population.
  • Les vaccins disponibles ne réduisent pas significativement la transmission et ne confèrent pas d’immunité à long terme.
  • Les traitements/thérapies disponibles sont moins efficaces contre le variant dominant.
  • L’immunité post-infection est faible ou non durable (les cas rétablis redeviennent vulnérables).
  • La demande de ressources en soins de santé (hospitalisations, lits de soins intensifs, ventilateurs, équipement de protection individuelle (EPI), places en soins de longue durée, etc.) dépasse la capacité du système (pendant les périodes de pointe du début de la troisième vague).
  • Pénurie de fournisseurs de soins de santé (p. ex. en raison de la maladie, de l’épuisement professionnel, du refus de travailler, de la concurrence internationale).
  • La demande de ressources de laboratoire et de santé publique dépasse la capacité (pendant toutes les périodes de pointe du début de la troisième vague).
  • Faible niveau de conformité aux mesures de santé publique.
  • Infiltration de renseignements erronés ou de désinformation dans la société canadienne et/ou perte de confiance du public.

À l’échelle nationale, l’incidence était d’environ 31/100 000 habitants ou 11 849 nouveaux cas signalés pendant la semaine de pointe de la première vague et de 149/100 000 habitants ou 56 638 nouveaux cas signalés pendant la semaine de pointe de la deuxième vague. Une troisième vague amenée par la prédominance de variants hautement transmissibles pourrait être beaucoup plus importante que la précédente, étant donné que le contrôle nécessiterait une capacité accrue et opportune de test, de traçage des contacts et d’isolement en matière de santé publique, à un moment où une grande partie de ces mêmes ressources sont nécessaires pour les programmes de vaccination. Il continue d’y avoir un degré élevé de variation dans l’épidémiologie et la réponse entre les provinces et territoires, les plus peuplés ayant le plus grand impact sur la courbe épidémique nationale. Le précédent scénario de la pire éventualité raisonnable prévoyait un pic à l’automne ou à l’hiver, qui s’est maintenant produit, mais il ne tenait pas compte particulièrement du rôle des vaccins et des variants préoccupants.

Cette mise à jour du scénario de la pire éventualité raisonnable peut être utilisée pour cerner tout besoin ou problème nouveau ou en suspens en matière de préparation et d’intervention qui exigerait un effort FPT coordonné si le Canada devait faire face à ce scénario, ou en profiterait. Il s’agit d’un « test de résistance » et non d’une prédiction, et il vise à stimuler la réflexion concernant nos efforts actuels de réponse, les seuils de capacité et la résilience.

Plus précisément, le scénario présente un ensemble de risques, chacun exigeant des stratégies d’atténuation fondées sur une évaluation des besoins en matière de capacité et de notre capacité collective à gérer les risques. Lafigure 4 indique les capacités de haut niveau qui doivent être en place pour faire face à ce scénario et le tableau 2 indique les besoins connexes qui devraient être pris en compte par tous les ordres de gouvernement.

Figure 4. Capacités de gestion du scénario de la pire éventualité raisonnable
Figure 4. La version textuelle suit.
Figure 4 - Équivalent textuel

Description textuelle : Cette figure est semblable à la figure 3, mais comprend des encadrés qui indiquent les capacités requises pour la gestion du scénario de la pire éventualité raisonnable.

Plusieurs des encadrés sont munis de flèches pointant vers des emplacements de la courbe dans lesquels il est particulièrement important qu’une capacité soit en place. Toutefois, l’intention est que ces capacités soient requises sur une base permanente pendant toute l’intervention. Ce graphique illustre également le concept de « seuil de capacité », qui transmet l’idée d’une limite supérieure de la capacité d’intervention qui pourrait être dépassée par un nombre élevé de cas au cours d’une courte période. Ce seuil est illustré par une ligne horizontale rouge.

Dans la courbe épidémique de ce scénario de la pire éventualité raisonnable, le pic de la troisième vague et les autres pics/résurgences qui le suivent traversent tous la ligne du seuil de capacité – ce qui illustre la situation dans laquelle l’augmentation des cas entraîne une demande accrue de la capacité d’intervention qui excède le seuil de capacité.

Deux encadrés rouges indiquent la nécessité d’augmenter la capacité d’intervention et de surveiller la demande. Cinq encadrés pointent vers la courbe épidémique. Le premier contient le texte « Détecter les signaux » et pointe vers la courbe épidémique, juste avant une augmentation du nombre de nouveaux cas (représentée par une hausse et un pic dans la courbe) correspondant à une grande troisième vague au début du printemps 2021 et aux résurgences qui la suivent jusqu’à l’automne 2021.

L’encadré suivant contient le texte « Prévenir les pics prolongés importants » et pointe vers la courbe épidémique à l’endroit où l’important pic de la troisième vague est illustré. Là où un autre pic se produit (plus petit que celui de la vague du début du printemps 2021), une flèche issue d’un encadré contenant le texte « Prévenir les hausses subites/résurgences » et aux endroits où ces pics dépassent la ligne du seuil de capacité, un encadré souligne le besoin de capacités afin de réduire les demandes qu’entraîne l’augmentation des cas par le texte « Réduire sous le seuil ».

Finalement, dans les « creux » entre les pics de la courbe épidémique du scénario de la pire éventualité raisonnable, un encadré indique le besoin continu de « Favoriser une vigilance et une conformité continues », particulièrement lorsque le nombre de nouveaux cas semble bas ou diminuer.

Tableau 2. Besoins pour la gestion du scénario de la pire éventualité raisonnable
Capacité Besoins pour la gestion des risques
Détecter : signaux indiquant la possibilité d’une forte augmentation du nombre de cas
  • données de surveillance en temps opportun (locales, provinciales-territoriales et internationales)
  • analyse des données internationales pour une souche identique ou similaire
  • ressources de laboratoire permettant de distinguer rapidement les souches de la COVID‑19 (y compris les variants préoccupants) des autres virus respiratoires et d’identifier les mutations associées à l’échappement immunitaire et/ou à une transmissibilité accrue
  • analyse/enquête rapide pour évaluer le risque d’un pic important sur la base de données internationales, nationales, provinciales-territoriales et locales précises/granulaires (pour évaluer le risque de modification de la souche dominante, le risque d’importation au Canada et à l’intérieur du pays, et le risque de dépasser la capacité d’intervention locale en matière de soins de santé et de santé publique)
  • activités de dépistage, y compris l’utilisation ciblée des tests de dépistage au point de service
  • avertissement rapide à l’échelle du système santé dans son ensemble de l’augmentation de la demande de ressources et des activités d’intervention
  • communication/éducation/sensibilisation concernant ce qui constitue un signal et comment assurer une notification appropriée et opportune d’un signal potentiel
  • vigilance/mobilisation continues à l’égard de la réponse à la COVID‑19
Prévenir : un pic prolongé important et des hausses subites, en particulier celles qui dépassent la capacité de réponse
  • poursuite de l’utilisation de mesures communautaires restrictives jusqu’à ce que les indicateurs clés adaptés localement pour l’assouplissement des mesures aient été atteints
  • ressources en santé publique pour garantir que les mesures d’intervention en cours sont adéquates pour contrôler la propagation des variants hautement transmissibles et prévenir les nouveaux cas (p. ex. utilisation d’hypothèses très prudentes pour définir l’exposition, approche de quarantaine des ménages)
  • capacité de détection rapide (par le dépistage et les tests) et isolement des cas, et identification rapide et mise en quarantaine des contacts à risque élevé d’exposition
  • collaboration du public aux activités de surveillance et de gestion des cas et des contacts et outils (c.-à-d. pour faciliter l’identification en temps opportun et l’isolement/la quarantaine, optimiser l’utilisation des applications d’alerte)
  • utilisation de sites d’isolement et de quarantaine appropriés et respect important des mesures recommandées en place dans ces sites
  • « réouverture » graduelle et contrôlée des établissements et reprise graduelle des activités (avec modifications) qui sont connues pour être associées à un risque accru de transmission
  • respect élevé des modifications/contrôles en cours mis en place au fur et à mesure que les MSP restrictives sont levées
  • restrictions modifiées pour les travailleurs essentiels
  • stratégies de dépistage qui visent à prévenir et/ou à détecter rapidement l’introduction du virus dans une population ou un milieu sensible à risque élevé
  • indicateurs localisés cohérents et clairs pour la mise en œuvre ou la nouvelle mise en œuvre de MSP restrictives
  • déploiement rapide de ressources ciblées pour la maîtrise et le confinement des éclosions (y compris la mise en œuvre de mesures de « confinement » locales, le déploiement d’équipes d’intervention en cas d’épidémie)
  • respect élevé des mesures de protection individuelle
  • mesures proactives de contrôle aux frontières internationales (y compris les exigences en matière de quarantaine, de tests, les restrictions de voyage)
  • augmentation des messages et de la sensibilisation du public concernant les mesures de protection individuelle, l’efficacité des vaccins et l’obligation de recourir à ces MSP après la vaccination
  • résultats fondés sur des données probantes obtenus dans le cadre des efforts déployés pour lutter contre l’hésitation à se faire vacciner et travailler avec diverses populations pour renforcer la confiance dans les vaccins, l’intérêt à s’informer et à se faire vacciner
  • capacité accrue du système de soins de santé (en particulier dans les milieux à risque élevé comme les établissements de soins de longue durée) et examen de la façon de fournir les soins de santé nécessaires (p. ex. à d’autres endroits, en faisant appel à des travailleurs à la retraite, à des étudiants ou à d’autres fournisseurs de soins)
Réduire : hausses subites de l’incidence et des hospitalisations
  • mise en œuvre rapide et optimisation de l’efficacité des programmes d’administration des vaccins
  • utilisation de stratégies vaccinales qui donnent la priorité à l’immunisation des personnes, groupes et milieux à risque élevé
  • ressources adéquates en santé publique pour assurer des mesures d’intervention continues afin de freiner la propagation actuelle et de prévenir les nouveaux cas, les hospitalisations et les décès
  • accent sur la détection et l’isolement rapides des cas, ainsi que sur l’identification et la mise en quarantaine rapides des contacts
  • détection rapide des éclosions dans les milieux à risque élevé et déploiement de ressources pour la maîtrise et le confinement des éclosions
  • examen de la façon de mettre à nouveau en œuvre la MSP communautaire restrictive et détermination de la MSP à mettre en œuvre de nouveau en fonction de déclencheurs locaux clairs
  • utilisation accrue des mesures de protection individuelle et respect de celles-ci
  • mesures internationales de contrôle frontalier en cours, avec possibilité d’une nouvelle imposition de restrictions
Augmenter : capacité en matière de soins de santé et de santé publique
  • capacité de pointe des laboratoires pour : assurer un diagnostic rapide et la notification des cas, identifier les nouveaux variants préoccupants et établir un lien entre laboratoire et lien épidémiologique pour caractériser les variants actuels et en tirer des enseignements
  • ressources suffisantes pour faciliter la mise en œuvre optimale du programme de vaccination (notamment le personnel des cliniques, les agents de vaccination, la sécurité, les responsables de l’établissement des calendriers, des établissements locaux, accessibles et appropriés, une communication claire sur qui, quand et comment, des programmes de suivi/des registres, etc.)
  • disponibilité de ressources en santé publique pour les besoins accrus en matière de gestion des cas et des contacts dans la collectivité (y compris l’isolement des cas et la mise en quarantaine des contacts à domicile/autres sites désignés), élaboration de nouveaux produits d’orientation et prestation de conseils d’experts fondés sur l’évolution de la littérature scientifique
  • ressources (c.-à-d. les ressources humaines et l’équipement/les fournitures), planification et formation pour les activités de lutte contre les éclosions dans les milieux à risque élevé, y compris des points de contact d’urgence de rechange clairs
  • capacité d’appoint pour assurer la disponibilité des ressources en soins de santé, y compris l’équipement (p. ex. ventilateurs, EPI) pendant les périodes de pointe
  • disponibilité d’un nombre suffisant de fournisseurs de soins de santé pour répondre à la demande accrue
  • capacité d’accéder à des thérapies efficaces et de les distribuer
  • surveillance continue de la documentation scientifique, réseaux et conseils d’experts pour éclairer les pratiques exemplaires pour le traitement et pour l’identification des thérapies efficaces, de manière à réduire les besoins d’hospitalisation et/ou la durée d’hospitalisation
  • politiques et mesures de rétablissement (p. ex. congé pour rétablissement à la maison ou à un autre endroit) afin d’éviter d’éventuels arriérés dans le système hospitalier
Surveiller : demande de ressources en soins de santé
  • surveillance des indicateurs précoces que d’autres maladies peuvent causer une augmentation subite de la demande de ressources en soins de santé (p. ex. grippe saisonnière, autres pathogènes respiratoires)
  • élimination stratégique de l’« arriéré », c’est-à-dire la reprogrammation des traitements, procédures et interventions chirurgicales retardés, de manière à répondre à la demande sans dépasser les seuils de capacité
  • liens entre la prestation des soins de santé et la santé publique afin d’assurer l’établissement en temps opportun de centres de soins de rechange et d’appoint
  • surveillance accrue des chaînes d’approvisionnement mondiales qui pourraient déclencher des pénuries de médicaments et détermination de solutions de rechange et de stratégies pour établir les priorités et maintenir l’approvisionnement (p. ex. réserve d’approvisionnement critique, etc.)
Favoriser : vigilance continue du public et respect des mesures et des recommandations
  • confiance continue du public envers les autorités de santé publique
  • produits de communication et de sensibilisation clairs, efficaces, sûrs sur le plan culturel et adaptés aux besoins, afin d’encourager le public à continuer de respecter les mesures de protection individuelle et les mesures de santé publique communautaires, et de favoriser la confiance dans le vaccin et l’utilisation de celui-ci
  • transparence et clarté des justifications des recommandations
  • capacité à fournir un retour d’information sur les effets, les progrès et le succès des mesures
  • recherche sur les connaissances, les attitudes et les comportements du public afin de favoriser des changements de comportement efficaces et durables et de lutter contre la fatigue pandémique et l’hésitation à se faire vacciner
  • suivi de la tolérance au risque et de l’opinion publique afin de maximiser le respect tout en ajustant les mesures à des niveaux localement tolérables/soutenables
  • soutien aux changements de politique (p. ex. les congés de maladie payés) qui facilitent le respect des mesures de santé publique et indemnisent les secteurs touchés
  • prise en compte des questions d’équité, en particulier celles qui ont une incidence sur l’accès aux ressources nécessaires (p. ex. la disponibilité de lieux d’isolement et de quarantaine appropriés), assurer la diffusion de messages publics dans plusieurs langues et sous plusieurs formes, etc. et assurer que ces ressources sont partagées avec divers partenaires, comme les partenaires autochtones
  • prise en compte des incitations au respect ou à l’adoption de nouvelles pratiques
  • initiatives axées sur l’autonomisation
  • participation de la communauté pour garantir que ses besoins et les obstacles potentiels au respect sont pris en compte dans les mesures de santé publique
  • application transparente, claire et équitable des mesures d’exécution raisonnables (si nécessaire)

Le Tableau 2 présente les capacités nécessaires pour atténuer le risque du scénario de la pire éventualité raisonnable - le « quoi » est nécessaire. En général, les orientations et autres produits traitent du « quand et comment » pour utiliser ces capacités de manière optimale. À l’heure actuelle, alors que la couverture vaccinale augmente, l’une des clés de la prévention d’une grande vague prolongée et de poussées/résurgences permanentes est le choix du moment et l’utilisation adaptée de MSP restrictives.

Les ajustements aux MPS restrictives doivent être considérés dans le contexte du risque associé aux variants préoccupants et de l’effet de l’augmentation de la couverture vaccinale et d’autres facteurs. Plus précisément :

  • La propagation des variants préoccupants est facilitée par des mesures de santé publique moins restrictives et/ou une application et un respect insuffisants des MSP.
  • Les souches plus transmissibles sont plus difficiles à contrôler. Les variants préoccupants peuvent être contrôlés par les mesures de santé publique, mais celles-ci doivent être optimisées. Au Royaume-Uni, où le variant préoccupant B1.1.7 est maintenant la souche dominante, le renforcement de la rigueur des mesures de santé publique a entraîné une diminution de l’incidenceNote de bas de page 11Note de bas de page 12.
  • Lorsque les MSP restrictives seront assouplies, les variants préoccupants se répandront beaucoup plus rapidement dans la communauté que les souches précédentes, ce qui nécessitera une capacité de dépistage, de recherche des et d’isolement/quarantaine plus importante.
  • Si l’isolement, la quarantaine et les autres MSP ne peuvent pas contrôler la propagation, il peut être nécessaire de maintenir les fermetures jusqu’à ce que le déploiement des vaccins soit plus vaste.
  • Des groupes hautement prioritaires pour l’administration des vaccins ont été sélectionnés pour réduire au minimum les maladies graves et les décès attribuables à la COVID‑19.
  • Les groupes actuellement hautement prioritaires pour la vaccination ne sont pas les populations qui sont à l’origine de la transmission communautaire (c.-à-d. groupes d’âge plus jeunes).
  • Lorsque suffisamment de personnes dans la population sont immunisées contre l’infection, de sorte que le virus ne peut pas continuer à se propager et que la maladie commence à disparaître d’elle-même.
  • On ne sait pas encore si les vaccins contre la COVID‑19 peuvent empêcher la transmission de la maladie et contribuer au développement d’une immunité suffisante de la population, ou s’ils protègent simplement contre la maladie.
  • Des efforts sont en cours par les fabricants de vaccins, les gouvernements et d’autres intervenants pour mieux comprendre l’efficacité des vaccins contre la COVID‑19 sur les variants.

En raison du rôle critique que jouent les MSP pendant cette période avant l’obtention d’une immunité suffisante de la population, la Figure 5 fournit un résumé des considérations sur le « quand et comment » assouplir les MSP restrictives.

Figure 5. Assouplissement des MSP restrictives
Figure 5. La version textuelle suit.
Figure 5 - Équivalent textuel

Cette figure montre l’ordre des considérations pour l’assouplissement des mesures restrictives de santé publique. Le contenu est divisé en trois séries d’encadrés. Les sous-titres se trouvent dans un encadré orange et le texte correspondant figure à côté, dans un encadré bleu sarcelle. Les trois sections sous-titrées sont reliées par des flèches qui pointent vers la section de texte suivante, située sous la section précédente et décalée vers la droite pour suggérer une séquence progressive de considérations.

La première section est sous-titrée « Indicateurs de l’état de préparation à l’assouplissement des mesures restrictives de santé publique (MSP) ». Elle comporte quatre points qui se lisent comme suit : La transmission de la COVID-19 est contrôlée à un niveau gérable; Une capacité suffisante en matière de santé publique est en place pour dépister, rechercher les contacts, isoler et mettre en quarantaine une forte proportion de cas et de contacts; Une capacité suffisante en matière de soins de santé existe, y compris une capacité importante en matière de soins cliniques pour répondre aux hausses subites de la maladie; et Des mesures de réduction des risques sont en place pour les populations et les milieux à risque élevé.

La deuxième section est sous-titrée « Calendrier d’utilisation des MSP restrictives ». Elle comporte trois points qui se lisent comme suit : NE PAS ASSOUPLIR – si la transmission n’est pas contrôlée, les variants préoccupants deviennent de plus en plus prévalents, la capacité en matière de soins de santé est insuffisante pour répondre aux hausses subites, la capacité en santé publique est limitée pour dépister, rechercher les contacts et isoler; ENVISAGER – si la transmission est contrôlée, la capacité de dépistage et de recherche des contacts est suffisante, une faible incidence permet de procéder à des dépistages et à des recherches pour faire face aux éclosions/hausses subites, la couverture vaccinale est élevée dans les populations et les milieux à risque élevé; et INSTAURER/RÉINSTAURER – la modélisation suggère une résurgence, l’incidence globale des cas augmente (et le taux de reproduction augmente), le respect des MSP diminue, il existe des preuves de la transmission communautaire des variants préoccupants.

La troisième section est sous-titrée « Comment procéder à l’assouplissement ». Cette section comporte quatre points qui se lisent comme suit : Approche prudente et progressive, assouplissant d’abord les restrictions dans les endroits les moins risqués, avec au moins 3 semaines entre les phases pour pouvoir détecter une résurgence; Avec une communication claire des raisons, des objectifs et de la possibilité de rétablissement; Ciblée pour répondre aux préoccupations liées à des perturbations sociétales au niveau local; et D’une manière équitable qui facilite le respect.

Composantes de l'intervention FPT en réponse à la COVID 19

La planification à long terme sera également éclairée par une réflexion continue sur ce qui a bien fonctionné, ce que nous avons appris et ce qui peut être adapté en fonction des données probantes et de l’expérience acquises. À l’aide des composantes de réponse indiquées dans le guide PCGP, en mettant l’accent sur celles qui exigent un leadership et une consultation FPT en santé publique, la présente section fournit des détails sur les activités prévues ou déjà en cours à l’échelle FPT qui faciliteront et accéléreront la planification complémentaire dans chaque ministère, province et territoire du gouvernement fédéral.

Les éléments abordés dans la présente section sont les suivants :

Surveillance

Les activités de surveillance et d’évaluation des risques visent à fournir aux décideurs l’information épidémiologique et sur les risques dont ils ont besoin en temps opportun pour prendre des mesures éclairées. À l’instar de la surveillance nationale de la grippe (programme Surveillance de l’influenza), la surveillance de la COVID‑19 est une initiative pancanadienne qui intègre de nombreux flux de données, y compris les systèmes de surveillance existants, à des sources de données nouvelles et non traditionnelles.

Situation/point de mire actuel

Actuellement, les sources de données suivantes facilitent le suivi dans l’ensemble du spectre de la maladie (c.-à-d. des cas légers dans la collectivité selon la surveillance sentinelle aux maladies graves selon les données sur les hospitalisations).

  • Données sur les cas rapportées par les PT : Ensemble de données national révisé comprenant plus d’information sur les cas, des données sur les facteurs de risque, de meilleures données sur les professions et l’ajout de données sur la race et l’origine ethnique, qui figurent en tête des priorités.
  • Données agrégées des résultats de laboratoire : Les laboratoires provinciaux de santé publique et le Laboratoire national de microbiologie de l’ASPC signalent le nombre de personnes ayant subi des tests de dépistage du SARS‑CoV‑2, ainsi que les cas confirmés de variants préoccupants.
  • Échantillonnage regroupé : La surveillance des eaux usées est en cours et montre une certaine promesse en tant qu’élément de surveillance et d’alerte.
  • Données sur les voyageurs et dépistage aux frontières : Permet d’identifier les cas positifs à la frontière et de prévenir la transmission associée aux voyages au Canada
  • Applications : Données sur les utilisateurs provenant de l’application COVID‑19 du Canada et d’autres applications de suivi des symptômes.
  • Données sur la mobilité : Partenariat avec BlueDot Inc. et d’autres sources qui pourraient devenir disponibles, pour surveiller les indicateurs de mouvement de la population comme mesure de substitution de la conformité aux MSP, et les niveaux de mouvement interprovincial.
  • Enquêtes spéciales : Impact de la COVID‑19 sur des populations particulières, p. ex. les travailleurs de la santé.
  • Réseaux de surveillance sentinelle :
    • Réseaux d’hôpitaux – Plusieurs flux de données sur les hôpitaux mesurent l’incidence de la COVID‑19 dans les hôpitaux canadiens et recueillent des renseignements détaillés sur les cas les plus graves.
    • Programme canadien de surveillance pédiatrique – Présence du syndrome inflammatoire multisystémique chez les enfants (SIM‑E)
    • Systèmes/réseaux communautaires – Évaluer le niveau de transmission dans la collectivité et les caractéristiques épidémiologiques des cas de patients externes.
  • Données de surveillance syndromique : L’ASPC surveille les personnes au Canada qui signalent un syndrome grippal par l’intermédiaire de ses praticiens sentinelles participant à Surveillance de l’influenza.
  • Données accessibles au public : source de données supplémentaires pour accroître la connaissance de la situation sur la transmission de la COVID‑19 dans les administrations.
  • Les partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux de la santé publique tirent parti des mécanismes et des procédures opérationnelles existants pour collaborer aux enquêtes multijuridictionnelles et complexes sur l’éclosion de COVID‑19. Cela permet de communiquer les capacités et les ressources visant à atteindre l’objectif commun de mieux comprendre la COVID‑19 au sein de nos communautés.
  • Le processus permettant de mener des enquêtes épidémiologiques et de laboratoire conjointes sur les variants d’intérêt au Canada est en cours d’élaboration et sera fondé sur le processus actuel d’enquête sur les maladies d’origine alimentaire.

Préparatifs/planification à long terme

La planification prospective favorisera l’amélioration continue de la surveillance et du suivi nationaux afin de soutenir la prise de décision au fur et à mesure de l’évolution de la pandémie. L’accent sera mis sur : le suivi de la performance des vaccins et des changements dans l’épidémiologie de la COVID‑19, y compris les effets sur les populations prioritaires et la réduction des conséquences graves, une surveillance et un suivi souples qui peuvent s’adapter aux nouvelles données probantes, y compris l’évolution du virus dans le temps et l’émergence de variants préoccupants, l’interprétation des données de surveillance dans le contexte des tendances épidémiologiques locales et les renseignements requis pour orienter l’assouplissement approprié des MSP en fonction des tendances épidémiologiques. De multiples flux de données sont en cours de configuration afin de repérer les signaux et de cerner les changements épidémiologiques. Ces préparatifs et les activités continues basées sur les calendriers à court, à moyen ou à long terme prévues sont indiqués ci-dessous.

À court terme :

  • Mettre à jour le dictionnaire de données, le formulaire de déclaration de cas et les directives de surveillance, si nécessaire.
  • Surveiller la performance des vaccins, notamment la couverture, l’innocuité et l’efficacité, la baisse de l’immunité et l’échappement vaccinal.
  • Mettre en œuvre la stratégie nationale et le réseau de lutte contre les variants préoccupants.
  • Soutenir l’augmentation de la capacité génomique, le dépistage des cas positifs et le lien avec les données épidémiologiques associées afin de surveiller l’évolution virale en cours, y compris les variants préoccupants.
  • Repérer les signaux qui peuvent nécessiter une intervention de santé publique.
  • Approfondir l’examen et l’utilisation de l’analyse des eaux usées comme mécanisme de détection précoce.
  • Soutenir des enquêtes épidémiologiques rapides pour caractériser la transmission et les effets des nouveaux variants et l’incidence de la vaccination dans le contexte des éclosions.
  • Soutenir la capacité de pointe fédérale.
  • Effectuer une surveillance pour déterminer les conséquences plus vastes de la COVID‑19 et des mesures de contrôle associées sur la santé des Canadiens.
  • Optimiser les données et les analyses en améliorant la modélisation et la capacité d’accès aux données.
  • Partager efficacement des renseignements opportuns avec les partenaires et publiquement avec les Canadiens.

De moyen à long terme :

  • Soutenir les enquêtes épidémiologiques rapides pour identifier les zones de transmission récurrente.
  • Surveiller la performance des vaccins, notamment la couverture, l’innocuité et l’efficacité, y compris les problèmes tels que la baisse de l’immunité et l’échappement vaccinal.
  • Effectuer une surveillance ciblée des conséquences plus vastes pour guider les actions de santé publique.
  • Améliorer l’intégration des données afin d’évaluer l’évolution de l’épidémiologie dans le contexte d’une vaccination et d’une immunité accrues pour favoriser le rétablissement.
  • Continuer à établir et à maintenir les capacités en matière de données et d’analyse et les réseaux de transfert des connaissances pour privilégier la production et la mise en commun permanentes des connaissances.

Variables ou signaux influant sur la planification

Il est possible qu’un nouveau syndrome ou un événement rare exige l’élaboration d’une nouvelle stratégie de surveillance ou des ajustements à cette stratégie, comme cela s’est produit pour le syndrome inflammatoire multisystémique chez les enfants (SIM-E).

La surveillance des éclosions (ou la collecte de renseignements sur les éclosions) pourrait faire état de nouveaux milieux ou de nouvelles populations touchés par les éclosions, ce qui pourrait précipiter l’émergence de nouveaux besoins en données, l’exécution d’activités de surveillance supplémentaires ou le besoin de compiler des données sur de nouvelles variables pour éclairer les mesures. Par exemple, les éclosions chez les travailleurs étrangers temporaires ont fait ressortir le besoin d’être prêt à mettre en œuvre rapidement des mécanismes précis de surveillance et de coordination, et ont attiré l’attention sur la façon dont les déterminants sociaux de la santé (p. ex. logements surpeuplés, travail précaire, accès aux services médicaux) peuvent avoir une incidence sur la transmission et la maîtrise de la COVID‑19.

Activités de réponse en laboratoire

La surveillance en laboratoire fait partie intégrante de la surveillance de l’activité des virus respiratoires. Depuis le début de l’éclosion de COVID‑19, le Laboratoire national de microbiologie (LNM) du Canada fait preuve de leadership en ce qui a trait aux tests de dépistage de la COVID‑19 et à la mobilisation d’une capacité d’appoint pour les laboratoires de santé publique provinciaux et territoriaux. Le LNM a également contribué aux efforts nationaux et internationaux visant à mieux comprendre les caractéristiques de la COVID‑19 qui peuvent éclairer l’élaboration de contre-mesures médicales.

Les laboratoires de santé publique du Canada, qui travaillent par l’entremise du Réseau des laboratoires de santé publique du Canada (RLSPC), ont réussi à optimiser les tests moléculaires afin de réduire la consommation de réactifs en réduisant le nombre de gènes cibles du PCR (le cas échéant), en regroupant les échantillons, en procédant au multiplexage et en évaluant les types optimaux d’échantillons, d’écouvillons et de milieux de transport. Grâce à cet effort, la capacité de test a été portée à 227 000 tests/jour à partir de février 2021. Le RLSPC a travaillé étroitement et avec succès avec les communautés nordiques, éloignées et autochtones pour permettre à ces communautés d’avoir un meilleur accès aux outils de diagnostic en laboratoire (p. ex. plateformes de diagnostic, réactifs, formation et gestion de la chaîne d’approvisionnement). Grâce à un travail étroit avec le LNM, les territoires ont pu mettre en place des tests de dépistage de la COVID‑19 dans chaque territoire.

Situation/point de mire actuel

L’évolution de plusieurs variants de virus aux caractéristiques modifiées, telles qu’une transmissibilité accrue et un potentiel d’échappement immunitaire, pose un nouveau défi aux Canadiens. Les laboratoires de santé publique du Canada, par l’entremise du RLSPC, relèvent ce nouveau défi tout en continuant à s’attaquer à d’autres pressions clés liées ou non à la COVID‑19 par le biais des activités suivantes :

  • mise au point et validation de tests de dépistage diagnostique des variants préoccupants;
  • soutien continu à la mise en œuvre du séquençage du génome entier des échantillons prioritaires;
  • entreprendre des travaux visant à normaliser la dénomination et la confirmation des variants préoccupants, définir ce qui peut constituer un variant préoccupant du SRAS‑CoV‑2 ainsi qu’acquérir rapidement des variants pour soutenir les initiatives de diagnostic et la recherche au Canada, y compris sur l’efficacité des vaccins face à l’évolution des variants;
  • poursuivre les travaux sur l’évaluation des trousses de dépistage sérologique et l’élaboration d’outils sérologiques à l’interne comme le test de dépistage ELISA, les essais de neutralisation et les tests au point de prestation de soins (le travail sérologique appuie les travaux de la communauté plus générale de l’immunologie au Canada), intégrer la capacité de distinguer l’infection naturelle des anticorps dérivés des vaccins;
  • poursuivre les travaux visant à renforcer les exigences en matière d’expédition d’échantillons dans le cadre du transport de marchandises dangereuses (TMD), afin de relever les défis du transport d’échantillons en cas de pandémie et de non-pandémie dans ces communautés et dans toutes les communautés canadiennes;
  • collaboration avec d’autres partenaires, comme les IRSC et les universités, pour entreprendre des études qui nous aident à comprendre les caractéristiques des agents pathogènes, y compris les différences apportées par les variants du virus;
  • préparation continue pour faire face à de multiples éclosions de virus respiratoires, si nécessaire, en reconnaissant que les MSP en place ont largement supprimé l’activité de la grippe et du virus respiratoire syncytial, mais qu’une résurgence pourrait être observée avec l’assouplissement de ces MSP.

Préparatifs/planification à long terme

À l’heure actuelle, les laboratoires et installations de santé publique fédéraux et provinciaux dans les territoires effectuent en moyenne 97 000 tests par jour et ont la capacité d’effectuer jusqu’à 227 000 tests par jour si nécessaire.

Le LNM et le RLSPC entreprennent les activités suivantes afin de poursuivre la préparation à des poussées ou une résurgence possible en fonction du scénario de la pire éventualité raisonnable, mais aussi dans le cadre de la vision à long terme de la préparation des laboratoires.

À court terme :

  • Maintenir une solide communication entre les partenaires en santé publique du Canada par l’entremise du RLSPC pour assurer des stratégies de réponse de laboratoire harmonisées et appropriées.
  • Poursuivre une approche de collaboration solide pour mettre au point et valider les tests de diagnostic.
  • Fournir un soutien pour les tests de dépistage au point de prestation.
  • Travailler ensemble à l’élaboration d’un solide programme de recherche collaborative sur les variants préoccupants du SRAS‑CoV‑2, leur détection et leur impact sur la santé publique au moment de l’administration des vaccins.

À moyen terme :

  • Continuer à optimiser les diverses plateformes de test et leur utilisation pour être en mesure de déterminer si les personnes ont déjà été infectées, en particulier pour les fournisseurs de soins de santé et d’autres fournisseurs de services comme la police, les pompiers, les travailleurs des établissements de soins de longue durée, entre autres.
  • Continuer à simplifier les tests moléculaires et sérologiques ainsi que la détection des variants et le séquençage du génome entier, y compris la gérance des réactifs afin qu’ils soient conservés à mesure que la demande en matière de tests augmente.
  • Continuer à élaborer et à valider des outils de diagnostic plus rapides comme les tests au point de service, et permettre un meilleur accès à ceux-ci (accorder la priorité aux collectivités nordiques, éloignées, isolées et autochtones).
  • Continuer à collaborer avec les fabricants pour améliorer l’approvisionnement en fournitures de laboratoire essentielles qui satisfont aux normes appropriées pour assurer la continuité des opérations.
  • Continuer à travailler avec les PT et d’autres intervenants pour éclairer l’utilisation des tests dans des établissements spécialisés (comme les frontières).

Variables ou signaux influant sur la planification

Les données épidémiologiques de février 2021 ont montré une baisse rassurante du nombre de cas dans la plupart des provinces et des territoires canadiens, mais avec la combinaison de l’assouplissement des mesures de santé publique et de l’expansion des variants préoccupants, celles d’avril 2021 font clairement apparaître le début d’une troisième vague résultant en grande partie des hausses subites des cas de variants préoccupants dans les provinces les plus peuplées avant une vaccination généralisée. Il faut donc maintenant accélérer les calendriers, la stratégie et l’établissement des priorités des activités susmentionnées.

Mesures de santé publique

Les MSP sont l’ensemble des interventions non pharmaceutiques mises en œuvre par les autorités de santé publique au niveau FPT et local pour réduire le risque de transmission des maladies infectieuses. Les MSP vont des mesures appliquées à l’échelle individuelle aux mesures communautaires, y compris pour les établissements (p. ex. les écoles, les lieux de travail, les établissements de soins). Les mesures à l’échelle individuelle comprennent les pratiques préventives personnelles telles que le port de masques, la distanciation physique, l’hygiène des mains, l’autosurveillance des symptômes, les mesures visant à détecter et à isoler les cas ainsi que la recherche et la mise en quarantaine des contacts. Les mesures communautaires vont des campagnes d’éducation du public et des conseils sur l’amélioration du nettoyage et de la désinfection des espaces publics aux mesures restrictives visant à réduire les interactions et à prévenir la transmission dans les groupes de population, les établissements et la communauté en général. Les mesures communautaires « restrictives » visent à réduire les contacts en limitant les mouvements, les activités ou l’accès aux ressources et aux espaces publics (p. ex. la fermeture d’une école, les restrictions sur les rassemblements, les restrictions sur les lieux de travail/entreprises).

Il a été démontré que les MSP sont efficaces pour contrôler la transmission même lorsque les variants préoccupants ayant une transmission accrue sont dominantsNote de bas de page 9Note de bas de page 10; cependant, nombre de ces mesures ont des conséquences importantes qui dépassent le cadre de la gestion de la COVID‑19. Ces conséquences doivent être soigneusement examinées et hiérarchisées par rapport à d’autres déterminants de la santé, tels que les impacts sur le développement de l’enfant, l’accès aux services de santé, la santé mentale, la violence domestique et intrafamiliale, l’isolement et l’exclusion sociale, et les communautés à risque. L’efficacité des MSP dépend du niveau de respect du public, qui est influencé par la fatigue pandémique et par des facteurs tels que les conditions de vie, de travail et de communauté, ainsi que les circonstances financières et sociales.

Depuis le début de la pandémie de COVID‑19, l’intervention en santé publique FPT a consisté à travailler en étroite collaboration avec des partenaires multilatéraux, d’autres ministères, des partenaires des Premières Nations, des Inuits et des Métis pour élaborer, mettre à jour et diffuser des directives appropriées en matière de santé publique à l’intention d’un éventail de publics cibles sur la façon de détecter, de signaler, de prévenir et de gérer l’infection par la COVID‑19. Le Groupe de travail sur la santé publique des collectivités autochtones éloignées, isolées ou nordiques qui adapte les lignes directrices sur les mesures de santé publique aux besoins, au contexte et aux considérations uniques de ces collectivités par rapport à la réponse en est un exemple.

Situation/point de mire actuel

Les MSP FPT actuelles se concentrent sur les points suivants :

  • élaborer et mettre à jour les directives nationales à mesure que les nouvelles informations deviennent disponibles ou que les interventions requises changent;
  • augmenter les capacités de dépistage et de recherche des contacts pour s’assurer que les chaînes de transmission sont interrompues;
  • assurer la détection et l’isolement rapides de tous les cas, ainsi que le traçage et la mise en quarantaine de tous les contacts à risque élevé de manière culturellement sensible;
  • promouvoir le respect des pratiques personnelles de prévention en donnant aux individus les moyens de jouer un rôle actif dans la réduction de la transmission;
  • suivre l’évolution de la situation nationale et internationale, et évaluer les MSP afin de fournir des conseils actualisés et d’adapter les MSP en conséquence (p. ex. l’utilisation de masques non médicaux, la ventilation, le risque associé à différents environnements et activités, l’émergence des variants préoccupants, le déploiement de vaccins);
  • assouplir prudemment les MSP restrictives par les PT en fonction de l’état de préparation évalué, tout en surveillant les signaux préoccupants (p. ex. l’augmentation des cas non liés, la transmission de variants préoccupants); rester prêt à rétablir rapidement les mesures restrictives en cas de poussée/résurgence; et protéger les populations présentant un risque plus élevé de maladie et de résultats graves;
  • promouvoir des approches fondées sur les risques pour l’utilisation des MSP en fonction du contexte (p. ex. les lieux de travail, les rassemblements, les espaces de loisirs en plein air, les milieux de l’enfance et de la jeunesse) et prendre en compte des répercussions générales des MSP sur la fatigue pandémique, la santé et le bien-être de divers groupes de population;
  • soutenir et informer les milieux de travail et les entreprises en travaillant avec le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail afin de garantir des milieux de travail sains et sécuritaires.

Préparatifs/planification à long terme

En ce qui concerne les préparatifs FPT, l’accent est mis sur l’élaboration, l’ajustement et la mise à jour des lignes directrices et des ressources relatives aux MSP existantes, au besoin, en fonction des nouvelles connaissances, de l’avis scientifique d’experts, de l’expérience à ce jour et de l’évaluation des risques.

Il est important que ces activités en cours continuent d’être aussi adaptées et déployées en temps opportun que possible et qu’elles tiennent compte des besoins particuliers des populations à risque élevé, notamment les facteurs sociaux, économiques et démographiques. Les MSP communautaires sont plus efficaces lorsqu’elles sont mises en œuvre le plus tôt possible, sous la forme d’un ensemble de mesures, avec une « approche par étape » en réponse aux signaux épidémiologiques préoccupants. Par conséquent, les préparatifs comprennent l’état de préparation continu à mettre en œuvre de nouveau les MSP communautaires restrictives au besoin, tout en les modifiant, si possible, afin d’éviter les effets négatifs sur la santé, le bien-être et la société. Les activités de communication qui continuent de renforcer la confiance du public seront essentielles pour faciliter la compréhension des MSP recommandées et leur respect. Au fur et à mesure que la couverture vaccinale augmente dans les contextes clés et que les indicateurs de préparation à l’assouplissement des mesures sont atteints (figure 5), les autorités de santé publique adapteront en conséquence les conseils, les mesures et les restrictions relatives à la santé publique. Ces ajustements peuvent inclure des modifications des conseils pour les environnements clés où des mesures d’atténuation et des couches de protection sont en place (p. ex. les établissements de soins de longue durée) et où la couverture vaccinale est élevée. Vivre avec la COVID‑19 impliquera probablement un certain niveau de MSP et de pratiques personnelles préventives, non seulement pendant la période d’activité épidémique, mais aussi pendant une période plus longue, par exemple, le port d’un masque dans les lieux bondés, l’hygiène des mains, des voies respiratoires et de l’environnement, et l’évitement des espaces clos mal ventilés.

Ces préparatifs et les activités continues basées sur les calendriers à court, à moyen et à long terme prévues sont indiqués ci-dessous.

À court terme :

  • Mettre à jour sur une base continue les directives nationales existantes fondées sur les données probantes selon l’évolution de ces dernières, ou élaborer de telles directives.
  • Contrôler les éléments probants émergents et modéliser l’efficacité des MSP et les adapter le cas échéant.
  • Surveiller la situation liée aux nouveaux variants préoccupants et donner des conseils sur les changements à apporter aux MSP recommandées s’il y a lieu.
  • Surveiller le respect par le public des MSP et ajuster les messages et appliquer la loi, au besoin.
  • Actualiser les produits de communication, d’orientation et d’éducation destinés au public et aux professionnels de la santé et évaluer leur efficacité (p. ex. par le biais de recherches sur l’opinion publique et le comportement).
  • Développer et maintenir une capacité suffisante en matière de santé publique pour isoler les cas, retracer et mettre en quarantaine les contacts, notamment par l’utilisation d’outils numériques.
  • Fournir de manière continue des conseils complets en matière de santé publique aux lieux de travail/entreprises.
  • Surveiller l’impact du déploiement des vaccins (p. ex. l’efficacité pour prévenir les infections asymptomatiques, les taux de couverture vaccinale) et mettre à jour en conséquence les conseils sur les mesures de santé publique pour les individus, les établissements et les communautés.

À moyen terme :

  • Surveillance continue de la situation et collaboration internationale relative à la COVID‑19, y compris les variants préoccupants, et les répercussions plus vastes des MSP, recommandations, mise à jour des conseils et ajustement des MSP en conséquence.
  • Surveiller de manière continue le respect par le public des MSP et ajuster les messages et appliquer la loi, au besoin.
  • Fournir des recommandations/conseils sur la nécessité de rétablir des MSP restrictives lorsqu’une résurgence de la COVID‑19 est identifiée aux niveaux provincial, territorial et national.
  • Surveiller les effets du déploiement des vaccins et adapter en conséquence les conseils sur les mesures de santé publique.
  • Soutenir, si nécessaire, la réévaluation par le Comité consultatif de la logistique (CCL) des plans FPT d’acquisition, de stockage et de distribution des fournitures (p. ex. désinfectant pour les mains, gants, masques, désinfectants) en tenant compte des MSP.

À long terme :

  • Collaborer en cas de reprise de la pandémie et adapter les MSP en fonction des besoins.
  • Évaluation des éléments des MSP de la réponse à la pandémie de COVID‑19 et intégration des leçons apprises dans la planification des futures pandémies.
  • Établir une stratégie pour mettre à jour les plans de lutte contre la pandémie FPT existants ou en établir de nouveaux afin d’assurer une gestion robuste de la santé publique et de minimiser les perturbations sociétales, comme le prévoit l’objectif du Canada en matière de pandémie.
  • Éduquer le public afin d’inscrire les MSP comme pratiques essentielles qui deviendront les nouvelles normes selon l’efficacité des mesures d’examen des données probantes.
  • Collaborer avec d’autres secteurs pour renforcer les services sociaux afin de protéger la santé et d’atténuer les risques.

Variables ou signaux influant sur la planification

Les préparatifs et la planification à long terme tiendront compte des adaptations aux activités, aux recommandations et aux directives actuelles, p. ex. s’il y a des changements importants dans l’activité liée aux maladies, dans les groupes à risque élevé ou dans l’adhésion du public à la MSP recommandée, et l’incidence que ces changements peuvent avoir sur divers groupes de population.

Prévention et contrôle des infections (PCI) et conseils en matière de soins cliniques

Bien qu’elle ait une incidence sur l’intervention FPT en santé publique, la prestation d’une orientation et de conseils d’experts en matière de PCI et de soins cliniques visait principalement à informer les professionnels de la santé actifs, notamment les professionnels de la prévention et du contrôle des infections. Par conséquent, la mobilisation des intervenants de l’extérieur du secteur de la santé publique, en particulier les travailleurs de première ligne en soins de santé et les professionnels de la prévention et du contrôle des infections (PCI), est un élément clé du soutien à la préparation.

Situation/point de mire actuel

Les activités d’intervention liées à la PCI et aux soins cliniques sont actuellement axées sur ce qui suit :

  • s’assurer que les documents de prévention et de contrôle des infections liés à la COVID‑19 déjà publiés continuent de fournir des conseils pertinents, à jour, et fondés sur des données probantes;
  • mettre à jour (en fonction des nouveaux renseignements) les lignes directrices provisoires pour la prise en charge clinique des patients qui représente un cas de COVID‑19 de modéré à grave et les soins aux résidents des établissements de soins de longue durée pendant la pandémie de COVID;
  • fournir des conseils cliniques sur la présentation, les complications, les facteurs de risque et les résultats en évolution de la COVID‑19;
  • achever tous les produits d’orientation encore non achevés;
  • planifier des webinaires conjoints de l’ASPC et de l’Association pour la microbiologie médicale et l’infectiologie Canada (AMMI) portant sur des enjeux cliniques clés courants, lesquels se tiendront une fois par mois à compter de juillet 2020, peut-être jusqu’en juin 2021;
  • examiner et résumer les principaux articles de revues cliniques aux tables FPT sur la santé publique.

Préparatifs/planification à long terme

Tous les documents d’orientation en matière de soins cliniques et de prévention et de contrôle des infections font l’objet d’un examen continu afin de s’assurer qu’ils reflètent l’information la plus à jour sur les soins cliniques et la PCI. Cela comprend les principales constatations cliniques dans la littérature, en réponse à des données scientifiques nouvelles et/ou changeantes.

Variables ou signaux influant sur la planification

Si d’autres renseignements cliniques ou sur la prévention et le contrôle des infections émergent (p. ex. un changement de mode de transmission, une dominance de variants préoccupants avec des caractéristiques d’échappement immunitaire, ou des groupes de risque supplémentaires), il peut être nécessaire de réviser ou d’élaborer d’autres documents d’orientation sur la PCI ou les soins cliniques. De même, la détermination et la disponibilité de nouveaux traitements efficaces exigeront la mise à jour des conseils en matière de soins cliniques.

Vaccination

Conformément à l’objectif primordial de la réponse du Canada à la COVID-19, qui est de réduire les maladies graves et les décès en général tout en minimisant les perturbations sociétales, le but du Plan de vaccination du Canada contre la COVID-19 est de :

  • Permettre au plus grand nombre possible de Canadiens d’être vaccinés contre la COVID-19 le plus rapidement possible, tout en veillant à ce que les populations à haut risque soient prioritaires.

Cet objectif guide le travail de collaboration entre les territoires de compétence afin d’allouer, de distribuer et d’administrer les vaccins de manière aussi efficace, équitable et efficiente que possible; de fournir des vaccins sûrs et efficaces aussi rapidement que possible à tous ceux qui le souhaitent; et de surveiller l’innocuité, la couverture et l’efficacité des vaccins contre la COVID-19.

En décembre 2020, le Canada a reçu ses premiers envois de vaccins et a procédé à l’administration de plus d’un million de doses au cours des deux premiers mois de la campagne nationale de vaccination. Le gouvernement du Canada prévoit que l’approvisionnement en vaccins autorisés contre la COVID-19 sera suffisant pour toutes les personnes au Canada, pour lesquelles il est recommandé, d’ici septembre 2021. Pour faciliter cela, le gouvernement du Canada a conclu des conventions d’achats anticipé pour garantir l’accès à sept candidats-vaccins, dont ceux de Moderna, de Pfizer-BioNTech, d’AstraZeneca et de Janssen, pendant la phase de développement de ces produits. Les gouvernements provinciaux et territoriaux, de concert avec les intervenants fédéraux, ont élaboré des plans pour l’attribution efficiente, efficace et équitable des vaccins contre la COVID‑19 dans l’ensemble du Canada ainsi que pour l’établissement de priorités pour les populations clés en vue d’une vaccination précoce en fonction du risque d’effets graves et du risque d’exposition à la COVID‑19. Ce travail s’appuie sur les directives du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) du Canada, un organisme consultatif externe qui fournit des conseils indépendants sur l’utilisation des vaccins autorisés au Canada. Le CCNI a élaboré des directives sur l’utilisation optimale des vaccins contre la COVID‑19, y compris sur la priorisation des populations clés pour la vaccination contre la COVID-19, qui sont utilisés pour optimiser les bénéfices de santé publique de la vaccination contre la COVID-19 pendant la pandémie, ainsi que des conseils sur les priorités de recherche sur les vaccins contre la COVID-19.

Situation/point de mire actuel

Avec l’autorisation de Santé Canada accordée à un total de quatre vaccins contre la COVID‑19 à compter depuis le 5 mars 2021, la mise en œuvre des plans documentés dans le Plan de distribution global, guidée par l’annexe sur les vaccins du document PCGP, se poursuit. Par exemple, des systèmes améliorés de suivi des effets secondaires graves suivant l’immunisation (ESSI), le Programme pancanadien de soutien aux victimes d’une vaccination, l’évaluation de l’efficacité des vaccins (EV) et leur adoption/couverture, l’attribution, le stockage et la manipulation, les stratégies de livraison des vaccins, sont tous utilisés dans le cadre de la stratégie de vaccination contre la COVID‑19 au Canada. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, les dirigeants des Premières Nations, des Inuits et des Métis et les autorités de santé publique collaborentNote de bas de page 13 pour s’assurer que les programmes et les cliniques de vaccination sont conçus et mis en œuvre de manière à répondre à une demande de vaccination surdimensionnée dans un environnement mondial où l’offre est limitée.

Un Centre national des opérations (CNO) de vaccination contre la COVID-19 a été établi à titre d’entité de coordination logistique fédérale et de point central pour la gestion de la livraison et de la distribution des vaccins aux provinces et territoires. Soutenu par une équipe multidisciplinaire d’experts, dont les Forces armées canadiennes, le CNO a été conçu pour soutenir les partenaires prenant part au déploiement de l’immunisation au Canada et pour diriger le suivi de la livraison et de la distribution des vaccins. Il rend compte au président de l’ASPC par l’intermédiaire du Groupe de travail sur le déploiement des vaccins.

Comme les vaccins proviennent jusqu’à présent de fabricants qui ne sont pas présents au Canada, qui doivent être importés d’outre-mer ou qui doivent être distribués à partir d’un point central au Canada, l’ASPC a retenu les services de fournisseurs de services logistiques (FSL)qui s’occupent de l’importation, de l’entreposage et de la distribution pour plusieurs candidats-vaccins. Les FSL s’efforcent de compléter les chaînes d’approvisionnement provinciales et territoriales, et s’alignent sur les activités entreprises par les provinces et territoires pour renforcer leurs chaînes d’approvisionnement.

De plus, le gouvernement du Canada a renforcé les systèmes d’approvisionnement de la chaîne du froid des vaccins en fournissant de l’équipement et de la formation pour gérer en toute sécurité les vaccins à très basse température et congelés, et a acheté de façon proactive des fournitures essentielles (p. ex. aiguilles, seringues, épinéphrine, etc.) au nom des PT par l’entremise de la Réserve nationale stratégique d’urgence (RNSU) afin d’atténuer les pénuries potentielles. Les activités fédérales d’approvisionnement complètent également celles entreprises au niveau des provinces et des territoires, en veillant à ce que toutes les juridictions disposent d’une capacité d’intervention en cas d’urgence, tant au niveau de la chaîne d’approvisionnement que des fournitures auxiliaires.

Le gouvernement fédéral continue également à travailler avec les provinces, les territoires et ses autres partenaires pour fournir la formation et les outils éducatifs nécessaires sur les vaccins contre la COVID‑19 afin que les vaccinateurs disposent des renseignements dont ils ont besoin.

Tous les partenaires doivent travailler en collaboration pour lutter contre l’hésitation à se faire vacciner; c’est pourquoi une coopération intergouvernementale est en cours pour mieux comprendre l’opinion publique et la science du comportement. Cette meilleure compréhension permet de créer des outils éducatifs et des stratégies de communication afin de mieux informer et de renforcer la confiance dans les vaccins contre la COVID‑19. En particulier, le gouvernement fédéral s’appuie sur le Fonds de partenariat d’immunisation (FPI) afin de soutenir les efforts des principaux intervenants pour accroître l’acceptation et l’utilisation des vaccins par les Canadiens et réduire les maladies évitables par la vaccination, notamment la COVID‑19.

En outre, pour soutenir les activités de planification et d’intervention, l’annexe sur les vaccins du PCGP a été adaptée pour guider la mise en œuvre de la stratégie d’allocation équitable, ainsi que le travail opérationnel du Centre national des opérations, en tirant parti des mécanismes existants dans la mesure du possible pour soutenir la commande, l’expédition et la livraison des vaccins, l’enregistrement et le suivi des plaintes, et l’établissement de rapports sur les stocks et le gaspillage. Enfin, VaccineConnect, une plateforme numérique de gestion des vaccins, a été conçue pour faciliter le suivi de bout en bout des vaccins, la surveillance des effets indésirables, le partage des données et la gestion des programmes de vaccination.

Préparatifs/planification à long terme

Les directives et les systèmes de suivi continueront d’être mis à jour en fonction de l’évolution de l’approvisionnement en vaccins. La RNSU continue de se procurer des fournitures supplémentaires selon les besoins pour soutenir l’administration FPT des vaccins.

Le Groupe de travail sur le vaccin contre la COVID‑19 du gouvernement du Canada se concentre sur les investissements stratégiques dans la recherche, le développement et la biofabrication de vaccins au pays afin de faciliter l’approvisionnement national en vaccins. De plus, un forum de discussion sur les essais cliniques des vaccins contre la COVID‑19 réunit des partenaires du milieu universitaire, du gouvernement et de l’industrie pour discuter des défis liés aux essais cliniques portant sur le vaccin et de la conception optimale.

Les échéances des activités qui soutiennent le Plan de vaccination du Canada contre la COVID-19 sont les suivantes :

À court terme :

  • Mettre à jour les recommandations de santé publique FPT et les stratégies de vaccination des provinces et territoires, sur la base des lignes directrices du CCNI, à mesure que de nouveaux vaccins sont autorisés et que les données sur ces vaccins et sur la COVID‑19 évoluent.
  • Travailler sur la confiance dans les vaccins, notamment par une campagne d’éducation publique de masse et des efforts de sensibilisation coordonnés visant tous les Canadiens, à mesure que le vaccin devient plus largement disponible.
  • Continuer à fournir des fournitures auxiliaires aux PT pour l’administration des vaccins.
  • Poursuivre la collaboration avec les fabricants afin d’obtenir une orientation et une formation suffisantes pour renforcer la capacité des provinces, des territoires, des partenaires des Premières Nations, des Inuits et des Métis et des ministères fédéraux à gérer l’approvisionnement et la distribution prévus des vaccins.
  • Assurer un engagement complet avec les provinces, les territoires, les partenaires des Premières Nations, des Inuits et des Métis et les ministères fédéraux afin qu’ils soient prêts à recevoir, stocker, manipuler et administrer les vaccins COVID‑19, y compris ceux déjà autorisés et ceux prévus dans un avenir proche.
  • Poursuivre le dialogue FPT pour mettre en commun les défis et les leçons apprises, y compris les stratégies pour mieux tirer parti du secteur privé (p. ex. les pharmacies) pour renforcer la capacité de déploiement des vaccins.
  • Créer et maintenir une « tour de contrôle » pour la gestion de la logistique et de la distribution, le Centre national des opérations du déploiement des vaccins, permettant un engagement clair et coordonné avec les provinces, les territoires, les partenaires autochtones et les ministères fédéraux.
  • Développer des fonctionnalités supplémentaires de VaccineConnect, le système numérique de gestion des vaccins, afin de soutenir la gestion des programmes de vaccination des administrations et l’établissement de rapports nationaux.
  • Assurer la planification logistique continue de la chaîne d’approvisionnement, y compris le transport, le stockage et l’utilisation des vaccins dans les régions nordiques, éloignées et isolées et dans les collectivités autochtones, en collaboration avec les provinces, les territoires, les intervenants autochtones et les ministères fédéraux.

À moyen terme :

  • Continuer à travailler sur la confiance dans les vaccins, notamment par une campagne d’éducation publique de masse et des efforts de sensibilisation visant toute personne présente au Canada, à mesure que le vaccin devient plus largement disponible.
  • Analyser les données afin de déterminer s’il est nécessaire d’apporter des modifications aux vaccins (p. ex. des substitutions) pour assurer une protection contre les variants préoccupants émergents, d’administrer des doses de rappel et/ou de mettre en place des programmes de vaccination saisonnière.

À long terme :

  • Planification stratégique pour l’approvisionnement continu en vaccins contre la COVID‑19, y compris la capacité de biofabrication nationale, les modèles d’allocation et de distribution, si nécessaire.
  • Poursuivre l’examen des stratégies de vaccination et des priorités de recherche liées aux vaccins pour tenir compte de l’évolution du contexte épidémiologique et des nouvelles données (p. ex. les données sur la durée de la protection vaccinale et l’utilisation des vaccins contre la COVID-19 comme prophylaxie post-exposition).
  • Améliorations/préparatifs pour l’analyse des effets secondaires graves suivant l’immunisation (ESSI).
  • Poursuivre la surveillance de la durée de la protection offerte par les vaccins contre la COVID-19 et la recherche à ce sujet.
  • Intégration de VaccineConnect pour soutenir les initiatives de vaccination pancanadiennes au‑delà de la pandémie de COVID‑19.
  • Adaptation du contenu de l’annexe sur le vaccin du guide PCGP au contexte de la COVID‑19 au besoin.
  • Poursuivre l’évaluation et le suivi de la qualité, de l’innocuité et de l’efficacité des vaccins, conformément aux processus établisNote de bas de page 14.

La réduction des hospitalisations attribuables à la grippe saisonnière et à l’infection pneumococcique envahissante grâce à l’augmentation de la couverture vaccinale peut préserver à la fois les ressources de santé publique (p. ex. diagnostic/dépistage, intervention en cas d’éclosion) et la capacité de soins de santé (c.-à-d. visites en consultation externe et séjour à l’hôpital). Pour ces raisons, il s’agit d’un élément continu de la planification.

Vaccins contre la grippe et programmes courants

Les intervenants FPT en santé publique et les groupes de professionnels sont préoccupés par les interruptions des programmes de vaccination de routine en raison des MSP liées à la COVID‑19 et de l’éloignement physique, et surveillent les tendances. À cette fin, l’ASPC a publié des directives sur l’importance de la continuité du programme d’immunisation, en particulier pour atténuer le risque de rougeole et d’autres éclosions de maladies évitables par la vaccination une fois que les voyages à l’étranger reprendront.

En prévision du maintien de l’activité de la COVID‑19 au cours du déploiement des programmes de vaccination contre la grippe saisonnière, l’ASPC prépare également des directives sur l’administration du vaccin contre la grippe en présence de la COVID‑19. Ces lignes directrices sont axées sur d’autres modèles de prestation, l’établissement de cliniques, des changements aux pratiques et aux processus de vaccination, la prévention et le contrôle des infections et l’EPI dans les cliniques de vaccination contre la grippe. On ignore les effets de l’activité actuelle de la COVID-19 sur l’activité de la grippe saisonnière et ils seront surveillés de près.

Variables ou signaux influant sur la planification

Il est important qu’au fur et à mesure que de nouveaux vaccins contre la COVID‑19 sont déployés, leurs caractéristiques (p. ex. efficacité, innocuité, calendrier d’administration), leur efficacité dans différentes populations (p. ex. personnes âgées) et la situation de l’approvisionnement continuent d’être surveillés et communiqués aux administrations FPT et aux partenaires des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Les vaccins contre la COVID‑19 présentent déjà des degrés d’efficacité variables et leur capacité à prévenir la transmission asymptomatique ou à réagir aux variants reste inconnue. L’évolution des preuves de l’efficacité des vaccins sera importante pour la gestion continue de la COVID‑19. La planification continue doit tenir compte des variations dans l’efficacité des vaccins et de la réponse aux rapports ou aux signalements d’EIAI. Cela exigera une expertise en matière de surveillance continue des EIAI, de promotion de la santé, d’éducation et de communication des risques.

Mesures internationales en matière de santé des voyageurs et aux frontières

Depuis le début de la pandémie, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a considérablement modifié et élargi ses programmes de santé des voyageurs et à la frontière pour axer ses efforts sur l’atténuation du risque d’importation de la COVID‑19 et, avec d’autres mesures d’intervention, protéger la capacité des provinces et des territoires d’offrir des services de santé aux Canadiens. Avant la pandémie, il n’était pas prévu que d’importantes fermetures de la frontière internationale seraient mises en œuvre comme mesure d’intervention en cas de pandémie. La réussite de la mise en œuvre des mesures sanitaires aux frontières et lors des voyages a nécessité un engagement et une coopération multilatéraux continus et étendus avec les intervenants gouvernementaux et non gouvernementaux (p. ex. l’industrie du transport aérien).

Situation/point de mire actuel

Plusieurs mesures nouvelles et améliorées en matière de santé des voyageurs et à la frontière essentielles à la réponse à la COVID‑19 ont été élaborées et mises en œuvre, notamment les suivantes :

  • une capacité accrue pour l’ASPC d’entreprendre des évaluations des risques pour la santé et de fournir des conseils aux voyageurs et d’autres mesures pour réduire au minimum le risque d’exposition des Canadiens à la maladie, y compris des mesures relatives aux moyens de transport (aérien, maritime, terrestre);
  • les liens entre les lignes directrices et la surveillance fédérales et provinciales pour la gestion des voyageurs internationaux et nationaux;
  • la mise à profit des dispositions de la Loi sur la mise en quarantaine et en introduisant plus de 45 décrets d’urgence;
  • la limitation de l’entrée des ressortissants étrangers et l’imposition de nouveaux tests, d’une quarantaine renforcée et d’exigences d’isolement pour les voyageurs entrant au Canada;
  • le renforcement du régime de conformité et d’application de la loi par la création d’un programme de vérification de la conformité sur place afin d’accroître la capacité de suivi des voyageurs sur leur lieu de quarantaine ou d’isolement pour vérifier leur conformité, ainsi que de nouvelles amendes en vertu de la Loi sur les contraventions;
  • des outils de gestion électronique des dossiers pour opérationnaliser la mise en œuvre des mesures frontalières, y compris les exemptions, la conformité et l’application, etc.;
  • le renforcement de la présence de personnel de la santé publique à la frontière (c.-à-d. que des agents de santé publique sont affectés à 36 points d’entrée à volume élevé) ainsi que l’amélioration de la capacité de l’ASPC d’effectuer des évaluations virtuelles de la santé liées à la COVID‑19 par un accès à un système central de notification disponible en tout temps;
  • l’établissement d’installations de quarantaine temporaires administrées par le gouvernement fédéral partout au pays, l’augmentation de leur nombre et leur gestion continue pour appuyer l’application des mesures de santé publique imposées;
  • une coopération et un travail continus avec les partenaires provinciaux et/ou locaux liés à l’application de la loi pour soutenir les activités de vérification de la conformité et d’application de la loi, y compris l’émission de contraventions aux voyageurs qui ne respectent pas les exigences fédérales en matière de quarantaine et/ou de tests;
  • l’amélioration des partenariats avec les autorités sanitaires provinciales et territoriales et d’autres intervenants clés pour appuyer le partage de données, la conformité, l’application de la quarantaine et la sensibilisation à la COVID‑19 (p. ex. au moyen de l’application ArriveCAN) et de projets pilotes de dépistage aux frontières;
  • des messages et des outils de communication, nouveaux et actualisés, pour le public voyageur.

Préparatifs/planification à long terme

Dans le cadre de la planification d’une éventuelle résurgence de la maladie et l’introduction de variants préoccupants, l’ASPC continuera de maintenir un niveau élevé de préparation pour répondre à la COVID‑19 grâce à une combinaison de mesures relatives aux frontières et aux voyages qui sont calibrées en fonction de ce qui suit :

  • l’évolution de la situation mondiale de la COVID‑19, notamment dans le but de prévenir et de suivre l’importation de variants préoccupants;
  • l’évolution de la situation de la COVID‑19 à l’échelle nationale et des considérations provinciales et territoriales;
  • la progression de la couverture vaccinale contre la COVID‑19, tant au niveau national qu’international, et les preuves scientifiques actuelles de l’efficacité des vaccins;
  • des modélisations mises à jour et des analyses des risques d’autres pays et des expériences internationales afin d’assurer l’utilisation des leçons apprises;
  • la capacité opérationnelle à la frontière, avant et après le passage de celle-ci, pour faire face aux volumes de voyages entrants et sortants prévus, ainsi que des mesures supplémentaires telles qu’appliquées;
  • des évaluations des restrictions frontalières ou assouplissements de la coordination et de l’alignement sur les exigences FPT (tout en tenant compte de l’ensemble des capacités du système de santé);
  • la prise en compte de la capacité du système de santé et de santé publique à gérer l’augmentation possible des cas importés (dépistage, recherche et déclaration des contacts, capacités des provinces et des territoires en matière de soins de santé);
  • des volumes que les différentes classes et différents secteurs ou modes d’arrivée apportent au Canada.

Sur la base de ces considérations, l’ASPC continuera d’adapter ses outils de santé aux frontières et aux voyages, notamment :

  • la mise en œuvre d’exigences renforcées aux frontières, telles que les tests et la quarantaine;
  • adapter les besoins des outils en ligne (comme ArriveCAN) pour répondre aux exigences accrues, y compris les tests, et à l’évolution des besoins d’utilisation par les partenaires FPT;
  • l’examen et l’ajustement des exemptions aux frontières pendant les périodes de réduction ou d’augmentation des infections et des importations;
  • mise à jour des rapports de gestion de cas liés au dépistage des variants parmi les juridictions FPT pour répondre à l’évolution des besoins;
  • l’examen et l’application des considérations d’amendement aux décrets en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine.

Variables ou signaux influant sur la planification

Au fur et à mesure que les contextes international et national évoluent, les mesures relatives aux frontières et aux voyages peuvent être adaptées en conséquence. Il existe une variété d’approches possibles qui pourraient être explorées :

  • Restrictions mondiales : Renforcer/réduire les restrictions mondiales pour toutes les destinations, contrôle au moyen de mesures liées à la santé. Exclusion possible des pays à risque élevé, en fonction de l’évaluation des risques par pays.
  • Restrictions nationales spécifiques : Supprimer l’avis général/l’interdiction d’entrée, mais maintenir/imposer des restrictions visant des États ou régions particuliers sur la base d’exception, en fonction du risque d’importation.
  • Restrictions relatives à des secteurs et à des classes : Réduire les exemptions aux mesures relatives aux voyages à la lumière d’une analyse sectorielle.
  • Réciprocité : Maintenir l’avis et l’interdiction d’entrée à l’échelle mondiale, éliminer ou assouplir les restrictions en fonction d’accords de réciprocité avec des États individuels (ou des régions, p. ex. les Caraïbes) et évaluer les situations liées à la COVID au cas par cas.
  • Modes de transport : Renforcer/assouplir les mesures pour les voyageurs entrant par voie aérienne, maritime ou terrestre, en fonction des risques et des facteurs opérationnels.
  • Attestations de test et/ou de vaccination : Assouplir ou imposer des mesures en fonction de la preuve des résultats des tests et/ou de la vaccination des voyageurs, d’une manière qui soit justifiée par les preuves scientifiques disponibles et qui tienne compte des questions juridiques et éthiques, notamment en matière d’équité et d’accessibilité.

Infrastructure du système de soins de santé

Un sommet d’activité pandémique supérieur à la première vague de la COVID‑19 dans n’importe quelle administration peut avoir une incidence importante sur la capacité des services de soins de santé et la capacité des organisations de soins de santé de maintenir la sécurité des personnes qui fournissent ou reçoivent des services de soins de santé.

Les entreprises canadiennes se sont mobilisées pour offrir leurs solutions et leur expertise, ou ont réorienté leurs installations de fabrication, et le Canada produit désormais avec succès des EPI, des équipements et des fournitures médicaux fabriqués au Canada pour répondre aux besoins urgents des travailleurs de première ligne et à la sécurité des Canadiens en général. En outre, Innovation, Science et Développement économique Canada, Santé Canada, l’ASPC et SPAC travaillent en étroite collaboration afin d’accroître rapidement la capacité de fabrication d’EPI au Canada afin de répondre aux besoins nationaux.

En ce qui concerne les traitements, l’Arrêté d’urgence concernant la prévention et l’atténuation de pénuries de drogues liées à la COVID‑19, pris par la ministre de la Santé le 16 octobre 2020, introduit de nouveaux outils permettant à la ministre de faire face aux pénuries de médicaments ou au risque de pénurie de médicaments, qui peuvent être causés ou exacerbés, directement ou indirectement, par la COVID‑19.

Situation/point de mire actuel

L’intervention FPT en santé publique sur le plan de l’infrastructure du système de soins de santé a consisté à établir des liens avec les partenaires responsables de la surveillance, de l’anticipation et de la planification des renforcements ponctuels de la capacité du système de soins de santé afin d’accroître les connaissances mutuelles et la connaissance de la situation, et d’appuyer les activités d’intervention relatives à la prestation de soins de santé aux patients atteints de la COVID‑19 au Canada. Pour appuyer ce travail :

  • les PT ont pris des mesures pour appuyer la capacité d’appoint des hôpitaux et assurer un accès rapide à l’équipement et aux fournitures essentiels;
  • le gouvernement du Canada collabore avec les provinces et les territoires pour s’assurer que les systèmes de soins de santé sont prêts à faire face aux futures vagues du virus, pour soutenir les Canadiens vulnérables — notamment ceux qui se trouvent dans les établissements de soins de longue durée, qui reçoivent des soins à domicile, des soins actifs et des soins palliatifs — qui risquent de présenter des complications plus graves de la COVID‑19, et pour soutenir les personnes qui ont des problèmes de santé mentale, de toxicomanie ou d’itinérance;
  • les PT s’efforcent d’élaborer, d’étendre et de lancer des outils de soins virtuels et de santé mentale, notamment en utilisant de nouveaux fonds fédéraux pour soutenir les services PT;
  • par l’entremise du Fonds pour les soins de longue durée, les gouvernements travailleront ensemble pour protéger les personnes qui vivent et travaillent dans des établissements de soins de longue durée, notamment en effectuant des évaluations de l’état de préparation en matière de prévention et de contrôle des infections, en apportant des améliorations à la ventilation et en embauchant et en formant du personnel supplémentaire ou en complétant les salaires pour favoriser la stabilité de la main-d’œuvre;
  • le gouvernement fédéral soutient les mesures de prévention et de contrôle des infections dans les établissements de soins de longue durée, notamment en finançant la Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé, afin qu’elle étende son initiative SLD+ et en finançant l’engagement de tiers pour aider à déterminer les ressources permettant de réaliser des évaluations de l’état de préparation dans les établissements de soins de longue durée et de soutenir la formation en matière de prévention et de contrôle des infections;
  • la Croix-Rouge canadienne et d’autres organisations non gouvernementales sont soutenues par le gouvernement fédéral pour créer et maintenir une main-d’œuvre humanitaire afin de fournir une capacité de pointe en réponse aux éclosions de COVID‑19 et à d’autres urgences à grande échelle;
  • la modélisation a été mise à contribution pour établir des projections de la demande;
  • le partage de données hospitalières (sur les taux d’admission, la capacité actuelle et l’utilisation de l’équipement, des fournitures et des ressources) a été inclus dans les produits de surveillance;
  • le CCL a été convoqué en février 2020 afin de fournir un forum FPT pour la collaboration, y compris la définition des besoins FPT en matière d’EPI, d’équipement et de fournitures, afin d’orienter les achats et de faciliter l’allocation.

Préparatifs/planification à long terme

En ce qui concerne la planification à long terme, le gouvernement du Canada continuera d’effectuer ce qui suit :

  • consulter les PT et utiliser la modélisation pour évaluer le paysage pancanadien global de l’offre et de la demande d’EPI, de fournitures essentielles et d’équipement médical permettant de sauver des vies pour soutenir les systèmes de soins de santé PT et prendre les mesures nécessaires;
  • collaborer et travailler avec les PT pour mieux comprendre les besoins en EPI dans le paysage pancanadien;
  • explorer les possibilités d’envisager une capacité de production nationale durable d’EPI et d’autres fournitures essentielles;
  • surveiller les pénuries possibles de médicaments liés au traitement de la COVID et collaborer avec les PT et les intervenants pour élaborer et mettre en œuvre de façon proactive des stratégies de gestion de ces risques;
  • par l’entremise de la réserve d’EPI de Services aux Autochtones Canada (SAC) et de la Réserve nationale stratégique d’urgence (RNSU) de l’ASPC, fournir des EPI aux communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis afin de soutenir la santé des travailleurs et de réduire la probabilité de propagation aux PN, aux Inuits et aux Métis pendant la prestation des services de soins de santé;
  • consulter régulièrement les PT pour définir le besoin de soutien fédéral en matière de capacité de pointe pour les provinces et les territoires dans le cadre de la COVID‑19, y compris les ressources humaines en santé et les unités hospitalières mobiles;
  • faciliter le partage des pratiques exemplaires sur les établissements de soins de rechange, le triage et la gestion de la prestation de services de santé non liés à la COVID‑19, examiner les plus récentes données scientifiques disponibles afin d’éclairer l’orientation des milieux de santé et d’élaborer des approches adaptées pour les collectivités ayant des besoins particuliers en matière de soins de santé, comme les collectivités éloignées, nordiques et isolées, ainsi que les peuples autochtones en milieu urbain;
  • travailler avec les provinces et les territoires pour soutenir la reprise en toute sécurité des services de soins primaires et de santé mentale en personne (lorsqu’ils ont été suspendus/retardés ou transférés sur des plateformes de soins virtuels);
  • collaborer avec les provinces et les territoires pour établir de nouvelles normes nationales en matière de soins de longue durée afin que les personnes âgées bénéficient du meilleur soutien possible, et prendre également davantage de mesures pour aider les gens à rester plus longtemps chez eux;
  • travailler avec les provinces et les territoires pour s’assurer que tous les Canadiens reçoivent des soins de qualité, notamment en veillant à ce que tous les Canadiens aient accès à un médecin de famille ou à une équipe de soins primaires, en augmentant la capacité de fournir des soins virtuels et en améliorant l’accès aux services de santé mentale.

Les gouvernements provinciaux et territoriaux, ainsi que les établissements de soins de santé, dont bon nombre fonctionnent déjà presque à plein rendement, continuent de planifier la façon dont ils se sont adaptés dans certaines régions (et pourraient le faire à l’avenir) pour faire face à un afflux potentiellement important de patients, y compris en établissant des protocoles de triage aux fins de l’affectation de ressources rares comme les lits de soins intensifs et les ventilateurs. Dans les collectivités éloignées, nordiques et isolées, il est également essentiel de planifier d’éventuelles interruptions supplémentaires de la chaîne d’approvisionnement et des évacuations médicales en raison de conditions météorologiques.

La planification doit tenir compte des répercussions et des changements qui se sont produits au cours de la première vague de la COVID‑19 au Canada, par exemple, la réduction imprévue des visites aux urgences pour des affections graves, le passage des soins primaires aux soins virtuels, les conséquences involontaires, mais graves sur la santé et la sécurité du retrait des aidants familiaux des établissements de soins de longue durée, l’incidence accrue des surdoses d’opioïdes, les retards ou les diminutions de la vaccination de routine et l’arriéré des interventions non urgentes. Les implications de ces répercussions et de ces changements comprennent la nécessité de planifier les éléments suivants : davantage de soins de soutien pour les personnes âgées, le « rattrapage » des examens, des traitements et des procédures médicaux retardés et la nécessité de planifier les vagues futures de manière à ne pas entraver le système de soins de santé plus que nécessaire. En outre, il sera important de comprendre les lacunes qui sont apparues, et les leçons à tirer de la manière dont elles ont été traitées, à l’intersection entre les MSP, les services de soins de santé et d’autres déterminants sociaux de la santé, afin de les prendre en compte de manière holistique pour la planification future. Par exemple, comment s’assurer que les personnes sans domicile fixe reçoivent un soutien adéquat pour pouvoir respecter les MSP (p. ex. les protocoles d’isolement et de quarantaine).

Variables ou signaux influant sur la planification

Si les établissements de soins de santé commencent à constater une augmentation du nombre de cas ou un changement des caractéristiques (p. ex. démographie, problèmes médicaux sous-jacents) des patients traités pour la COVID‑19, le gouvernement du Canada continuera de collaborer avec les PT pour surveiller la disponibilité et l’utilisation d’EPI, de ventilateurs, de lits aux unités de soins intensifs (USI) et d’autres fournitures essentielles et y faciliter l’accès rapide. Le gouvernement fédéral continue d’être prêt à répondre aux demandes d’assistance et de soutien de pointe des PT (p. ex. soutien en matière de ressources humaines en santé, facilitation de la capacité des services de santé mobiles, sites d’isolement volontaire sûrs).

Communication des risques et sensibilisation

La communication d’information et de conseils en situation d’urgence en santé publique est une intervention essentielle de santé publique qui aide à protéger la santé publique, à sauver des vies et à réduire au minimum les répercussions sociales et économiques globales. Pour ce faire, les renseignements doivent être accessibles aux personnes faiblement alphabétisées et présentés dans un format accessible afin de garantir que les Canadiens vivant avec un handicap puissent y avoir également accès. À l’aide d’une approche de communication des risques, l’Agence de la santé publique du Canada, de concert avec d’autres ministères et homologues provinciaux et territoriaux et les partenaires autochtones, s’est efforcée de fournir aux fournisseurs de soins de santé, aux Canadiens et aux intervenants clés l’information complète, fiable, accessible, fondée sur des données probantes et communiquée en temps opportun dont ils ont besoin pour se protéger, protéger leur famille, protéger leur collectivité et protéger leur entreprise.

Situation/point de mire actuel

L’accent reste mis sur la communication de messages clairs, concis et concrets qui permettront de surmonter la fatigue, la confusion et la conformité fragile actuelles, afin de : veiller à ce que les Canadiens disposent des renseignements dont ils ont besoin pour se protéger et protéger les autres du virus et des variants préoccupants; veiller à ce que les Canadiens puissent prendre des décisions éclairées sur les activités auxquelles ils participeront à l’extérieur de la maison et sur la manière dont ils peuvent participer d’une manière qui les protège, eux, leurs familles et leurs communautés, et veiller à ce que les Canadiens puissent prendre des décisions éclairées sur la vaccination contre la COVID‑19.

Principales activités entreprises à ce jour :

  • des séances d’information données par des médecins hygiénistes en chef et des médecins hygiénistes locaux dans les provinces et territoires et, à l’échelle nationale, par l’administrateur en chef de la santé publique et l’administrateur en chef adjoint de la santé publique, y compris des mises à jour sur la modélisation et l’épidémiologie;
  • un engagement et un partage de renseignements réguliers sur la COVID‑19 pour soutenir les efforts d’intervention de la santé publique aux niveaux fédéral, provincial et territorial avec un éventail de secteurs, notamment la santé, la société civile, les entreprises et les syndicats, les populations les plus touchées par la COVID‑19, ainsi que les infrastructures essentielles;
  • des communications ciblées sur l’amélioration des mesures à la frontière;
  • des efforts spécifiques de communication et de sensibilisation pour encourager la confiance dans les vaccins contre la COVID‑19 et leur adoption, y compris la sensibilisation des populations touchées de manière disproportionnée par la COVID‑19 (p. ex. les communautés racialisées, les peuples autochtones, les communautés de nouveaux arrivants, les groupes de personnes âgées, les familles et les personnes vivant avec un handicap);
  • utilisation de tous les leviers de communication et de partenariat (publicité, Web, médias sociaux, séances d’information régulières des médias, radio communautaire, envois postaux nationaux, partenariats, sensibilisation des communautés, financement de programmes, etc.) pour atteindre les intervenants, le système de santé, les leaders autochtones et communautaires (y compris le public canadien) dans une diversité de secteurs (p. ex. les fournisseurs de soins de santé, les leaders confessionnels, le secteur agroalimentaire, le commerce de détail/les entreprises, les secteurs d’infrastructures essentielles);
  • l’engagement avec divers secteurs afin de contribuer à l’élaboration d’orientations opportunes en matière de santé publique pour divers milieux tels que les lieux de travail, les écoles/la garde d’enfants, l’enseignement postsecondaire et d’autres milieux communautaires;
  • la mise en œuvre d’une stratégie de communication des risques liés à la COVID‑19 en quatre étapes comportant différents objectifs (p. ex. confinement et retard, outils et habilitation, atténuation et collaboration pour empêcher la propagation de la COVID‑19, persévérance et vigilance continue dans le contexte de la réduction des maladies et de la réouverture de la société);
  • la collaboration FPT et partenaires autochtones pour partager les pratiques exemplaires et les leçons apprises et la coordination pour veiller à ce que les messages soient harmonisés et cohérents (par l’entremise du groupe de travail sur les communications du Réseau de santé publique et le Comité consultatif spécial [CCS]).

Défis et facteurs à considérer :

Les messages de la première phase de la pandémie étaient clairs : restez à la maison, lavez-vous les mains. Maintenant l’environnement est beaucoup plus complexe.

  • Il y a différentes épidémies au pays, de sorte que des mesures de santé publique varient d’une administration à l’autre. Les messages et leur diffusion doivent être clairs pour éviter toute confusion.
  • La communication et les renseignements sur la COVID‑19 sont pléthoriques et il est difficile de distinguer les renseignements erronés ou la désinformation des renseignements et des sources sanitaires crédibles.
  • Les Canadiens ont connu deux vagues distinctes de pics de transmission à travers le pays et il existe un réel équilibre qui doit continuer à être communiqué avec l’utilisation d’une approche par étape des mesures de santé publique, même si la couverture vaccinale augmente. Cela doit tenir compte des effets de la fatigue pandémique.
  • La perception du risque (et la conformité) des Canadiens variera en fonction de leurs expériences individuelles et de leur réalité unique.
  • Il faudra encourager les Canadiens à ne pas abandonner les mesures de protection personnelle pendant le déploiement du vaccin ou à l’approche du printemps.
  • Il y a encore beaucoup d’incertitude, ce qui influe sur la précision et la certitude de nos messages surtout concernant les nouveaux variants préoccupants. À mesure que la science évolue et que nous en apprenons davantage, les conseils aux Canadiens peuvent changer.
  • Les Canadiens sont encouragés à participer à l’économie en cette période de reprise. Nous devons aider les gens à prendre une décision éclairée et en toute connaissance de cause chaque fois qu’ils quittent leur domicile pour les aider à se protéger et à protéger les autres.
  • Les Canadiens doivent évaluer leur activité, leur tolérance au risque, le risque qu’ils représentent pour les autres et l’importance de leur propre comportement pour réduire ce risque. Nos efforts de communication doivent leur fournir l’information nécessaire pour le faire facilement et avec exactitude.
  • Les Canadiens doivent avoir accès à des renseignements crédibles concernant les vaccins contre la COVID‑19, la sécurité des vaccins et le déploiement des vaccins au Canada. Nos efforts de communication doivent s’attaquer à la désinformation et fournir à toutes les personnes présentes au Canada des renseignements fondés sur des éléments probants pour les aider à prendre la décision de se faire vacciner.
  • Les Canadiens s’attendent à une communication opportune et réactive en utilisant les nouvelles plateformes de médias sociaux (p. ex. WhatsApp, TikTok, Instagram) et de la part de leaders et d’influenceurs qui sont significatifs et dignes de confiance au sein de leurs communautés et de leurs cercles de médias sociaux.

Préparatifs/planification à long terme

Il est maintenant important de changer de message alors que nous amenons les Canadiens à participer à la campagne nationale d’administration des vaccins. Le déploiement des vaccins doit être contrebalancé par le message selon lequel certaines mesures doivent demeurer en place afin de maintenir le niveau de transmission à un rythme gérable à l’échelle locale. Tous les ordres de gouvernement doivent faire savoir aux Canadiens qu’ils doivent se préparer à un recul ou à un resserrement des MSP, au besoin, pour éviter les augmentations subites de cas/résurgences.

La planification des communications comprend l’adoption simultanée de plusieurs approches.

Fournir des messages et des conseils clairs, cohérents, concis et concrets avec des exemples et des outils pertinents qui sont facilement accessibles pour les Canadiens.

  • Appliquer la science du comportement pour mettre à l’essai divers messages et outils de santé publique.
  • Donner des conseils pour aider le public à réduire au minimum les risques lorsqu’il s’aventure dans les espaces publics.
    • Des listes de contrôle avant de sortir de son domicile
    • Des outils de prise de décisions
  • Renseignements sur la sécurité et le développement des vaccins pour favoriser la confiance envers les vaccins.
    • Une boîte à outils et une formation pour les fournisseurs de soins de santé afin de les aider à répondre aux questions des patients
    • Des ressources sur les vaccins fondées sur des données probantes destinées au public

Utilisez des histoires personnelles pour motiver les comportements.

  • Mettre en valeur les membres, les organismes et les porte-parole de la collectivité qui « font les choses correctement ».
  • Tirer parti d’un plus grand nombre de récits pour motiver le comportement (poursuivre les témoignages de jeunes, etc.).
  • Partager des images et des histoires personnelles sur la vaccination.
  • Examiner le rôle des incitations pour motiver les comportements (y compris le respect des MSP).

Communiquer avec empathie et honnêteté.

  • Les efforts déployés par les Canadiens au cours de la première phase ont très probablement sauvé des milliers de vies; il faut le reconnaître et encourager tout le monde à poursuivre sur cette voie.

Ces approches seront appuyées par les stratégies, le contenu et les plans de mise en œuvre FPT qui comprennent :

  • suffisamment de recherches sur l’opinion publique (ROP) et de renseignements sur le comportement (au sujet des comportements, des vaccins, des mesures de santé publique, de la rentrée scolaire) pour cerner les priorités, les valeurs et les préoccupations de tous les Canadiens et saisir les variations régionales;
  • des campagnes d’éducation du public (vaccins contre la COVID‑19, MSP et santé mentale);
  • les campagnes « Ce n’est pas le moment de voyager »;
  • des tests et des activités de communication liées à la recherche des contacts.

Cela sera fait au moyen de la sensibilisation et de la mobilisation stratégiques, par l’entremise de l’administratrice en chef de la santé publique (ACSP), de l’administrateur en chef adjoint de la santé publique (ADPSP), de médecins hygiénistes en chef et d’autres porte-parole provinciaux, territoriaux et locaux des campagnes de sensibilisation du public, des relations avec les médias et de la gestion des enjeux, des médias sociaux et des mises à jour du site Web. La sensibilisation et la mobilisation importantes d’un éventail d’intervenants de la santé et d’autres intervenants ont été un élément essentiel de la réponse nationale à la COVID‑19. Ces activités de sensibilisation et de mobilisation ont évolué tout au long de la pandémie, passant de la mise en commun proactive des derniers développements et des dernières ressources en santé publique à la détermination des besoins et des points de vue des intervenants en matière d’information, en passant par la collaboration à l’élaboration d’orientations et d’initiatives de communication communes. Une série d’intervenants ont été impliqués par le biais de séances d’information régulières sur la COVID‑19, de téléconférences et de webinaires, dont les suivants : Forum des professionnels de la santé de l’ACSP (organisations nationales de professionnels de la santé), organisations nationales paramédicales, médecins hygiénistes locaux, intervenants en matière d’infrastructures essentielles, intervenants en matière d’agriculture et d’agroalimentaire, groupes d’affaires, associations de voyageurs, compagnies aériennes et intervenants en matière de garde d’enfants et d’éducation. Une série de leaders communautaires ont également été engagés, notamment des organisations confessionnelles, des organisations représentant les communautés racialisées et mobilisation des organisations nationales et communautaires des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Il a été et continue d’être particulièrement important d’impliquer les leaders de la communauté : les communautés autochtones, les communautés racialisées/communautés de couleur, les groupes représentant les nouveaux arrivants au Canada et les organisations confessionnelles pour aider à fournir des renseignements essentielsNote de bas de page 15.

Variables ou signaux influant sur la planification

Les augmentations subites des cas qui exigent des changements ou la mise en œuvre d’une MSP communautaire restrictive, ainsi que tout changement dans les connaissances scientifiques (p. ex. de nouveaux renseignements sur la COVID‑19 ou sur les vaccins contre la COVID‑19 qui exigent un changement dans la réponse du Canada en matière de santé publique ou dans les directives à l’égard de populations particulières), les changements aux mesures aux frontières, les indicateurs de l’hésitation à se faire vacciner et la disponibilité du vaccin sont autant de facteurs qui exigeront une mise à jour de la stratégie et des produits de communication FPT actuels.

Recherche

Le gouvernement du Canada a mobilisé rapidement les milieux de la recherche et des sciences du Canada en réponse à la propagation du nouveau coronavirus (COVID‑19). Au début de la pandémie, les domaines de recherche se sont concentrés sur les contre-mesures médicales (vaccins, thérapies et diagnostics), la recherche en gestion clinique, la modélisation prédictive, ainsi que la recherche sociale et politique. Depuis lors, les recherches se sont étendues à des domaines tels que la santé mentale et la consommation de substances psychoactives pendant la pandémie, la sécurité dans les établissements de soins de longue durée, les expériences des communautés autochtones avec la COVID‑19 et les variants préoccupants. La mobilisation de la communauté est importante pour garantir des approches de recherche culturellement appropriées.

Situation/point de mire actuel

  • Le gouvernement du Canada a établi des mécanismes pour mobiliser des interventions rapides en recherche pour ce type d’urgence, qui ont été activés pour accélérer l’élaboration de contre‑mesures médicales, afin d’appuyer la recherche prioritaire sur la transmission et la gravité de la COVID‑19, et pour comprendre les avantages et les limites possibles des contre-mesures médicales, sociales et stratégiques.
  • Santé Canada a établi et continue d’appliquer un certain nombre de mesures temporaires novatrices et souples pour aider à prioriser et à accélérer l’examen réglementaire des produits de santé liés à la COVID‑19 sans compromettre les normes élevées du Canada en matière d’innocuité, d’efficacité et de qualité (ces mesures ont été mises en place pour faciliter l’accès sécuritaire et rapide aux produits dont les Canadiens et les travailleurs de la santé ont besoin).
  • Un large éventail d’activités d’essais cliniques pour des produits thérapeutiques et des vaccins est en cours dans le cadre de l’essai Traitements canadiens contre la COVID‑19 (CATCO).
  • Plusieurs programmes fédéraux visant à mobiliser l’industrie et les secteurs de l’innovation et de la recherche se poursuivent afin de continuer à lutter contre la COVID‑19.
  • Des réseaux tels que CanCOVID, COVID‑END et les centres de collaboration nationale ont été lancés pour faciliter les efforts de recherche et tirer parti de la synthèse, de l’application et de l’expertise des connaissances transdisciplinaires au sein des communautés scientifiques, politiques et sanitaires du Canada.
  • La capacité des installations de recherche fédérales est mise à profit, et les organismes subventionnaires fédéraux sont stratégiquement alignés pour appuyer la capacité de recherche du Canada.
  • Les connaissances sur la qualité de l’air intérieur sont mobilisées avec des partenaires fédéraux, provinciaux, territoriaux et du secteur privé.
  • Le secteur privé canadien (R-D, fabrication) est mis à contribution pour apporter des solutions en recherche et développement.
  • Le gouvernement du Canada appuie également diverses stratégies visant à présenter aux décideurs, de façon utile et en temps opportun, les conclusions importantes découlant de ces efforts de recherche.

Préparatifs/planification à long terme

Dans une version antérieure de ce plan, un certain nombre de besoins avaient été identifiés afin de se préparer aux augmentations subites de cas/résurgences sur la base du scénario de la pire éventualité raisonnable. En plus des activités décrites ci-dessus, le travail a commencé sérieusement dans plusieurs domaines cruciaux.

Renforcer notre capacité à réaliser des travaux de modélisation pertinents de la COVID‑19.

  • La pandémie de COVID‑19 a démontré le rôle important et la nécessité d’une capacité accrue et continue de mettre en œuvre la gamme complète d’outils de modélisation nécessaires pour appuyer la prise de décisions pendant une crise complexe de santé publique. Les modèles aident à prédire où et quand les infections à la COVID‑19 peuvent émerger ou ressurgir, l’émergence de nouveaux variants préoccupants, et ils peuvent être utilisés pour examiner les meilleures combinaisons d’approches pour contrôler la progression de la maladie et protéger la santé des Canadiens, y compris la vaccination. Les groupes d’experts poursuivent leurs travaux en cours sur la modélisation du taux de reproducteurs (Rt) au cours de la pandémie, et travaillent à la modélisation de plusieurs scénarios de stratégies de désescalade, notamment la réouverture des frontières et la levée des restrictions de voyage.

Examiner et traiter le besoin de poursuivre les recherches et les études de surveillance visant à mieux comprendre les mécanismes des infections, la transmission et l’immunité contre le virus du SRAS‑CoV‑2.

  • Les gouvernements FPT se concentrent actuellement sur l’étude et le suivi de la diversité génétique du SRAS‑CoV‑2, dans tout le Canada, afin de mieux réagir à sa propagation, en particulier aux nouveaux variants préoccupants. Cependant, des recherches sont nécessaires pour examiner tout le potentiel de ces variants en termes de transmissibilité, de virulence et d’efficacité vaccinale, et pour surveiller leur émergence et leur présence dans le temps. Le gouvernement du Canada a lancé le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID‑19, qui mobilise les universités, les hôpitaux et les responsables de la santé publique à utiliser des méthodes d’analyse sanguine (sérologiques) pour suivre et étudier l’état immunitaire de diverses populations canadiennes. Ces méthodes seront utilisées pour soutenir la surveillance, la sécurité et l’efficacité des vaccins. La nécessité d’une recherche et d’une coordination de la recherche avec les partenaires pour comprendre la dynamique de la transmission et les répercussions des mesures non médicales (p. ex. la ventilation, les purificateurs d’air portables, etc.) commence à prendre forme grâce aux premières études sur la transmission par aérosol dans les milieux à risque élevé, comme les hôpitaux, les prisons et les établissements de soins de longue durée. Les discussions et le travail se poursuivent avec des partenaires nationaux et internationaux pour développer des modèles animaux et des contre-mesures médicales pour la COVID‑19.

Renforcer notre capacité à effectuer un examen rigoureux et rapide des données probantes.

  • Un nombre croissant d’experts au sein et en dehors du gouvernement sont mobilisés pour réaliser des examens des données probantes et répondre à des questions précises de manière à fournir les données scientifiques les plus à jour pour une prise de décisions optimale.

Explorer la valeur épidémiologique de nouvelles méthodes innovantes pour suivre la propagation communautaire, comme le dépistage du SRAS‑CoV‑2 à partir des eaux d’égout.

  • L’analyse des eaux usées offre une capacité d’alerte précoce au niveau communautaire (municipalité, établissements spéciaux tels que les établissements de soins de longue durée, les prisons, les hôpitaux et les communautés éloignées). Avec ses partenaires FPT, le groupe fédéral d’analyse des eaux usées a commencé à créer un système dans tout le Canada pour la surveillance des résultats de santé publique comme la COVID‑19.

Renforcer les capacités des laboratoires dans le domaine de l’innovation génomique et de la bio‑informatique.

  • Le gouvernement du Canada a commencé à assurer des investissements dans ce domaine.

Mobiliser les connaissances des sciences sociales.

  • Il reste nécessaire d’investir dans les connaissances en sciences sociales, et les utiliser, comme la sociologie, l’anthropologie et la psychologie. Plus précisément, la science du comportement et la recherche ethnique peuvent guider les futures mesures stratégiques et réglementaires.

De court à moyen terme :

De court à moyen terme, l’approche à l’égard de ces préparatifs continuera de comprendre les éléments suivants :

  • travailler en collaboration avec les partenaires nationaux, les gouvernements FPT, les groupes d’intervenants, les partenaires autochtones (y compris les organisations autochtones nationales, les chercheurs et les universitaires autochtones, les Centres de collaboration nationale en santé publique), et la communauté scientifique fédérale pour appuyer le travail des groupes de travail clés mandatés pour appuyer la réponse du Canada à la COVID‑19 (Groupe de travail sur l’immunité, Groupe de travail sur les vaccins, Groupe de travail sur les thérapies) et la recherche autochtone fondée sur la culture (avec des approches appropriées en matière de mobilisation communautaire et de sécurité culturelle);
  • travailler en collaboration avec les ministères et organismes à vocation scientifique du gouvernement fédéral avec une mobilisation ciblée précise avec les IRSC et la conseillère scientifique en chef du Canada;
  • poursuivre l’engagement avec la structure de gouvernance pour la COVID‑19 (via le Comité consultatif technique [CCT], le CCL et le CCS). Les activités comprennent l’échange des résultats de recherche, des données et de l’expérience locale qui orienteront une planification accrue conformément à nos objectifs et buts de santé publique (p. ex. quantifier les conséquences négatives et positives des MPS qui ont été mises en œuvre lors de l’intervention initiale afin d’être en mesure de mieux gérer les inégalités qui ont été soulevées).

Variables ou signaux influant sur la planification

Comme pour les autres composantes de la réponse à la COVID‑19 ci-dessus, plusieurs facteurs pourraient potentiellement avoir des répercussions sur les préparatifs de la réponse à la COVID‑19 en cours, notamment : un changement important dans le profil génomique du SRAS‑CoV‑2 (menant à l’examen d’un changement possible dans la virulence ou l’infectivité), des augmentations importantes du taux de mortalité, des données provenant d’essais cliniques de vaccins et de traitements, des données sur la protection immunologique des Canadiens, des connaissances nouvelles/rigoureuses sur les effets de la COVID‑19 sur des groupes spécifiques à risque élevé, et des connaissances nouvelles/rigoureuses sur l’importance d’un mode de transmission non respiratoire.

Planification avec les collectivités autochtones

Les collectivités des Premières Nations, des Inuits, des Métis ont reçu du soutien pour mettre à jour et activer leurs plans de lutte contre la pandémie. Plus de 30 organisations autochtones ont été mobilisées et ont collaboré pour appuyer l’intervention en santé publique par l’entremise du groupe de travail sur la santé publique dans les collectivités autochtones éloignées et isolées de la structure de gouvernance du CCS. Services aux Autochtones Canada (SAC) et les organisations autochtones nationales (OAN) ont dirigé les travaux avec l’ASPC, Statistique Canada et le Centre de gouvernance de l’information des Premières Nations pour combler les lacunes dans les données concernant les répercussions de la COVID‑19 sur les peuples autochtones.

Grâce aux efforts d’intervention soutenus par la collectivité, les taux d’infection dans les réserves et dans le Nord sont demeurés inférieurs à ceux du reste de la population canadienne pendant la première vague de COVID‑19. Cependant, la transmission a été plus importante dans les communautés autochtones au cours de la deuxième vague. Il est important de noter que les écarts constatés chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits vivant en milieu urbain et dans des endroits connexes sont le produit de facteurs historiques, politiques, sociétaux et économiques qui ont influencé la santé des Autochtones. Ces inégalités persistent en partie à cause du racisme systémique vécu dans le système de soins de santé et il est nécessaire de renforcer les liens avec des services culturellement sûrs pour soutenir ces populations. SAC et l’ASPC collaborent avec les partenaires autochtones, les provinces et les territoires, le Centre national des opérations en matière de vaccins, le CCL de la structure de gouvernance pour la COVID‑19 et d’autres ministères fédéraux afin de s’assurer que tous les peuples autochtones, quel que soit leur lieu de résidence, ont accès à un soutien tout au long de la réponse à la pandémie, y compris à une priorité pour les vaccins. SAC a créé le groupe de travail sur la planification de la vaccination contre la COVID‑19 et le groupe de travail sur la vaccination contre la COVID‑19 pour les Premières Nations, les Inuits et les Métis vivant en milieu urbain et dans les réserves connexes, afin de soutenir les liens entre les provinces et les territoires, les autres ministères fédéraux et les partenaires autochtones pour les discussions sur la planification conjointe de la vaccination. Un résumé des activités d’intervention qui ont été soutenues à ce jour en plus de la stratégie/approche, des mesures et des produits livrables pour ces préparatifs à court, à moyen et à long terme (c.-à-d. avant septembre, de septembre à décembre, et 2021 et au-delà, respectivement) sont inclus dans l’Annexe 3 : Planification de la réponse à la COVID‑19 avec les collectivités autochtones.

Planification des milieux et des populations à risque élevé

Un milieu particulier peut être considéré comme « à risque élevé » pour les raisons suivantes :

  • la possibilité de taux plus élevés de maladie grave ou de décès chez les personnes de ce milieu comparativement à la population générale (en raison du regroupement de personnes ayant des problèmes médicaux sous-jacents, du regroupement de personnes du groupe d’âge à risque élevé ou des deux);
  • la possibilité de taux de transmission élevés (en raison de l’encombrement inévitable en milieu confiné, avec une capacité limitée d’utiliser les mesures de protection ou un manque d’uniformité dans leur utilisation, l’introduction d’un variant préoccupant ou de conditions ou d’activités présentant un risque élevé).

Il peut être difficile d’atténuer considérablement ces risques; ainsi, les activités de planification doivent tenir compte des circonstances particulières de chaque milieu et des mesures améliorées qui peuvent être mises en place pour prévenir et gérer les éclosions de COVID‑19 dans ces milieux très variables. Celles-ci devraient comprendre des mesures pour empêcher l’introduction du virus dans ces milieux (p. ex. par le dépistage des employés et des visiteurs, la restriction des visites, les efforts pour empêcher le travail à plus d’un endroit à risque élevé, la mise en œuvre d’une période de quarantaine pour les personnes qui entrent dans le milieu en question). Les enquêtes épidémiologiques sur les éclosions dans ces contextes sont essentielles pour améliorer notre compréhension de la dynamique de transmission et des risques propres à chaque milieu. Il est particulièrement important d’étudier les éclosions causées par divers variants préoccupants et d’examiner le rôle potentiel des vaccins dans le raccourcissement des éclosions.

À ce jour, les milieux à risque élevé qui bénéficieraient de considérations spéciales en matière de planification sont les suivants :

  • les établissements de soins de longue durée;
  • les lieux de travail exigeant une proximité étroite avec des collègues (p. ex. transformation de la viande) ou avec des logements communautaires (p. ex. travailleurs étrangers temporaires vivant dans des fermes de travail, camps de travail éloignés ou accessibles par avion comme les mines du Nord);
  • les populations en régions éloignées qui n’ont pas facilement accès à des services de santé évolués (p. ex. collectivités accessibles uniquement par avion) et présentant des taux potentiellement élevés de problèmes médicaux sous-jacents ou d’autres disparités préexistantes (p. ex. les logements surpeuplés);
  • les refuges pour sans-abri et d’autres établissements d’habitation collective comme les foyers de groupe;
  • établissements correctionnels.

Bien que des directives aient été élaborées et que des mesures aient été mises en place pour prévenir d’autres éclosions dans ces milieux, la planification du scénario de la pire éventualité raisonnable exige que nous entreprenions des activités à court terme pour renforcer la capacité de prendre des mesures de prévention et d’intervention en cas d’éclosion, ainsi que pour surveiller ces mesures sur une base continue et les adapter au besoin. Par exemple :

  • S’il devait y avoir un niveau élevé d’activité causé par les variant préoccupant dans les régions géographiques environnantes, les plans d’intervention pour ces milieux seraient-ils applicables et suffisants?
  • Étant donné que la stratégie vaccinale initiale donne largement la priorité aux personnes les plus exposées au risque de maladie grave et de décès, mais pas spécifiquement à celles qui se trouvent dans des milieux où les taux de transmission sont potentiellement plus élevés, dans quelles circonstances envisagerait-on de vacciner les personnes se trouvant dans ces autres milieux à risque élevé?
  • Quelles sont les lacunes actuelles en matière d’orientation, de mesures ou de ressources, et comment peut-on les combler?
  • Les mesures de prévention qui ont été mises en œuvre précédemment sont-elles durables et réalistes en vue de hausses subites continues et/ou du scénario de la pire éventualité raisonnable?
  • Quel impact ces mesures pourraient-elles avoir sur les populations à risque élevé?
  • Les stratégies de communication des risques ont-elles été efficaces dans ces milieux et populations?

Ce travail de collaboration visant à planifier et à soutenir les milieux et les populations à risque élevé se poursuivra à tous les ordres de gouvernement, dans de multiples secteurs et avec des intervenants en santé publique des secteurs des soins de santé, de l’éducation, de l’agriculture et de l’agroalimentaire, de l’immigration et du développement économique, des services correctionnels, des services sociaux/de logement, des sciences et de la recherche et du travail.

À mesure que les travaux se poursuivent, il est important de tenir compte de l’incidence que ces mesures peuvent avoir sur les divers groupes sociodémographiques les plus vulnérables. Les considérations relatives aux travailleurs à faible revenu, aux aînés, aux travailleurs migrants, aux personnes vivant dans des logements surpeuplés, aux personnes sans abri et aux détenus, entre autres, devront demeurer une pierre angulaire de tous les plans d’intervention.

Mesure et évaluation

L’évaluation des efforts de réponse à la pandémie pendant les périodes où le rythme d’intervention est relativement faible aidera à cerner les points à améliorer et à prioriser les efforts de planification futurs. Il est également essentiel, sur une base continue, de déterminer si les activités d’intervention ont été efficaces et mises en œuvre de façon efficiente afin d’atteindre les résultats escomptés et si les domaines d’incertitude (voir la section « Hypothèses de planification et domaines d'incertitude ») ont été abordés ou peuvent l’être. La structure de gouvernance de la réponse FPT à la COVID‑19 (voir l’annexe 1), qui comprend le CCS, le CCT et le CCL, offre de multiples tribunes pour ces discussions et des occasions de partager l’expérience, les leçons apprises et les pratiques exemplaires dégagées. Des processus d’évaluation plus structurés, y compris des examens pendant l’action et après l’action, devraient être envisagés à tous les ordres du gouvernement et dans divers secteurs pour éclairer la planification et les préparatifs futurs en cas de pandémie. Les conclusions des audits formels entrepris par les gouvernements FPT seront également prises en compte dans les processus de planification futurs.

Les vastes conséquences directes et indirectes de la COVID‑19 sur le plan des résultats en matière de santé physique et mentale ainsi que sur la société et l’économie doivent continuer d’être reconnues et évaluées afin que des mesures de réduction des effets négatifs puissent être prises en compte dans les efforts globaux de planification à long terme.

Pour ce faire, il faut tenir compte de l’incidence que les mesures d’intervention peuvent avoir sur la santé et le bien-être physiques, sociaux, mentaux et émotionnels des personnes, y compris la façon dont cela peut influer sur l’adoption de mesures de contrôle. Il faut surveiller l’incidence plus vaste des MSP communautaires restrictives sur la santé, le bien-être, le développement et le bien-être de l’enfant, et mettre en œuvre des plans pour prévenir d’autres préjudices immédiats à la santé et l’augmentation des inégalités en santé pour les populations à risque élevé. Elles comprennent, sans s’y limiter, d’autres répercussions directes sur la santé, y compris le risque de retard de procédures sanitaire ou d’accès réduit aux services de dépistage et de prévention, la violence familiale, le bien-être/la négligence d’enfants, la réduction de l’accès aux services de réduction des méfaits ou à l’approvisionnement en drogues sûres et aux services de santé mentale. Il devrait aussi s’agir de s’attaquer aux risques indirects pour la santé et le bien-être associés à la COVID‑19, comme les logements collectifs, les normes d’emploi peu élevées, le manque d’accès aux soutiens éducatifs pour les étudiants ayant des besoins élevés et le risque lié aux politiques de restriction des visiteurs (p. ex. les aidants familiaux dans les foyers de soins de longue durée).

Des ressources et une orientation pour appuyer la santé mentale ont été élaborés, mais il faut tenir compte du besoin d’autres ressources tandis que la « fatigue pandémique » s’installe. De plus, aborder la question des déterminants sociaux de la santé (comme les conditions de logement et d’emploi) qui augmentent les risques associés à la COVID‑19 pourrait aussi aider à réduire les répercussions des pandémies futures sur la santé et la société.

Annexe 1 : Système d'intervention d'urgence en santé publique du Canada et Inventaire des ressources, des lignes directrices et des ententes pour éclairer la préparation et l'intervention liées à la COVID 19

Le « système » d’intervention d’urgence en santé publique du Canada comprend une série de plans, d’ententes, de protocoles et de réseaux complémentaires qui se renforcent mutuellement et qui intègrent les leçons tirées des éclosions antérieures comme le SRAS, la pandémie de grippe H1N1 de 2009 et le virus Ebola, qui sont régulièrement mis à jour pour tenir compte des dernières données probantes et des progrès scientifiques. Ensemble, ils couvrent les réalités aux échelles locale, provinciale, territoriale, pancanadienne, nord-américaine et internationale et fournissent un cadre solide et éprouvé pour la réponse du Canada à la COVID‑19.

Comme la santé publique au Canada est un domaine de compétence partagée, les fonctionnaires et les experts fédéraux, provinciaux et territoriaux de la santé travaillent de concert par l’entremise du CCS sur la COVID‑19 et ses divers comités d’experts et groupes de travail afin de faciliter une intervention coordonnée et efficace à la suite de la pandémie de COVID‑19, conformément au Plan d’intervention fédéral-provincial-territorial en matière de santé publique dans les cas d’incidents biologiques.Le Plan comprend un résumé des rôles et responsabilités FPT en situation d’urgence en santé publique.

Le CCS s’inspire de la structure de gouvernance FPT du Réseau de santé publique (RSP) pancanadien de longue date. Créé en 2005, le RSP tient compte des leçons tirées de l’éclosion du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui a mis en évidence le besoin d’adopter une approche proactive et axée sur la collaboration en matière de planification et d’intervention dans les situations d’urgence en santé publique au Canada. Le RSP a depuis démontré sa valeur et son efficacité en tant que mécanisme de leadership de collaboration en matière de santé publique au cours des épisodes de la grippe H1N1 de 2009, du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (CoV‑SRMO) et de l’éclosion de virus Zika, ainsi que lors de crises engendrées par des maladies non transmissibles, comme l’épidémie actuelle de surdoses de drogues de la rue contaminées et de décès par surdose

Le CCS est composé de membres du Conseil du RSP et du Conseil des médecins hygiénistes en chef (CMHC). Quatre groupes d’experts composés de hauts fonctionnaires FPT et d’experts en santé publique de partout au pays relèvent du CCS et l’appuient :

  • Le Comité consultatif technique (CCT) : surveille l’épidémiologie de la COVID‑19, échange de l’information et donne des conseils sur des questions techniques par l’élaboration de recommandations, de lignes directrices et de protocoles se concentre sur les domaines suivants : surveillance et enquête sur les épidémies, laboratoire, contre-mesures médicales, mesures de santé publique, évaluation des risques, participation d’experts techniques, recherche et évaluation, frontières, mesures de prévention et contrôle des infections et santé au travail, etc.
  • Le Comité consultatif de la logistique (CCA) appuie la logistique (p. ex. fournitures, approvisionnement conjoint, ressources rares), échange de l’information et donne des conseils sur les questions logistiques par l’élaboration de recommandations, de lignes directrices et de protocoles et se concentre sur les ressources déployables, l’aide mutuelle et l’approvisionnement, l’engagement en matière de prestation de soins de santé, etc.
  • Le Groupe des communications du Réseau de santé publique appuie des communications et des messages publics cohérents et coordonnés sur la COVID‑19 dans l’ensemble des administrations et se concentre sur le développement de produits de communication stratégique, la diffusion de renseignements, le soutien et la coordination des communications sur les risques en cas d’urgence, la surveillance des communications, etc.
  • Le Groupe de travail sur la santé publique dans les collectivités éloignées et isolées appuie les interventions en santé publique dans les collectivités autochtones éloignées et isolées en élaborant des orientations, des ressources et des communications.
Figure 6. Structure de gouvernance de la COVID 19
Figure 6. La version textuelle suit.
Figure 6 - Équivalent textuel

Ce graphique illustre deux principales structures de gouvernance hiérarchiques et le niveau des liens à l'échelle fédérale qui comprend plusieurs comités fédéraux/provinciaux/territoriaux (FPT) pertinents. Veuillez noter que les provinces et les territoires sont les principaux responsables de la santé publique et des services de soins de santé dans les structures fédéralistes du Canada. Chaque province et territoire aura également sa propre structure d'intervention et ses propres comités consultatifs qui ne sont pas représentés ici.

La structure de gauche sur le fond turquoise illustre la structure de gouvernance fédérale, provinciale et territoriale (FPT) qui a été activée dans le cadre de la réponse à la COVID 19 conformément au Plan d'intervention FPT en matière de santé publique dans les cas d'incidents biologiques.

Un astérisque a été ajouté pour rappeler au lecteur que la structure ne décrit pas la gouvernance FPT permanente de la gestion générale et de la gestion des urgences. Au haut de la structure, on retrouve la Conférence des ministres de la Santé FPT (CMS), qui mène ses activités au niveau ministériel.

La Conférence des sous-ministres de la Santé (CSMS), qui mène ses activités au sous-ministre, se trouve tout juste en dessous de la CMS. En dessous de la CSMS, on retrouve le Comité consultatif spécial (CCS), qui opère au niveau du médecin hygiéniste en chef et du sous-ministre adjoint. Sous le CCS se trouvent ses 4 comités/groupes et leurs sous-groupes connexes qui fournissent un soutien technique et opérationnel du point de vue de l'intervention de santé publique FPT. Ces 4 comités/groupes sont le comité consultatif technique (CCT), le groupe de communication du réseau de santé publique (RSP), le comité consultatif logistique (CCL) et le groupe de travail de santé publique sur les communautés éloignées et isolées. L'ensemble de cette structure de gouvernance FPT est axée sur un système de gestion de la santé, comme l'indique une barre jaune au bas de la structure.

La structure de droite sur fond gris illustre la structure de gouvernance fédérale, qui repose davantage sur la gestion des incidents et des opérations et est axée sur l'ensemble du gouvernement (fédéral). Le cabinet se trouve au haut de la structure, qui est similaire à la CMS dans la structure de gauche. Celui-ci mène ses activités au niveau ministériel. Le Comité des sous-ministres sur la COVID 19 relève du cabinet et mène ses activités au niveau du sous-ministre. Il est directement appuyé par le Comité du sous-ministre adjoint (qui supervise la gestion fédérale des événements et la politique et la coordination de la COVID 19 dans l'ensemble du gouvernement) et le Secrétariat de la COVID 19. Ces deux groupes, ainsi que le Centre des opérations du gouvernement du Canada, mènent leurs activités au niveau du sous-ministre adjoint. Le Centre des opérations du portefeuille de la santé fédérale (COPS), qui est lié au COG, appuie le CCS, le CCT et le CCL en plus de l'intervention fédérale.

Le COPS est officiellement lié au CCS par l'entremise du secrétariat du CCS, qui agit en tant qu'agent de liaison entre les deux structures de gouvernance. Au niveau opérationnel, la Structure de gestion des incidents du COPS comprend des groupes qui élaborent des produits FPT d'intervention et appuient le CCT, le CCL, le Groupe de communications du RPSP et le CCS.

Le gouvernement du Canada a également mis sur pied un Comité du Cabinet chargé de la réponse fédérale à la maladie du coronavirus (COVID‑19) qui se réunit régulièrement pour assurer le leadership, la coordination et la préparation à l’échelle pangouvernementale en vue d’une réponse aux répercussions du virus sur la santé et l’économie. De plus, des groupes d’experts existants et nouveaux (p. ex. le Groupe de travail d’experts en surveillance, le Groupe de travail canadien sur la préparation du Canada en cas de grippe pandémique, le Comité canadien d’immunisation et ses groupes de travail, le Groupe de travail du PCGP) et des réseaux (p. ex. RCanGéCO) ont contribué à l’intervention en s’engageant auprès de la structure de gouvernance.

Le Réseau canadien de génomique COVID‑19 (RCanGéCO) est un consortium dirigé par Génome Canada qui regroupe les autorités de santé publique fédérales, provinciales et régionales du Canada et leurs partenaires du secteur des soins de santé, le milieu universitaire, l’industrie, les hôpitaux, les instituts de recherche et les centres de séquençage à grande échelle. La mission de RCanGéCO est d’établir un réseau coordonné pancanadien et interorganismes pour le séquençage à grande échelle du SRAS‑CoV‑2 et de l’hôte humain afin de suivre l’origine, la propagation et l’évolution du virus, de caractériser le rôle de la génétique humaine dans la maladie COVID‑19 et d’éclairer la prise de décision critique et rapide des autorités sanitaires du Canada pendant la pandémie.

Ententes de collaboration FPT : Entraide, échange d'information et fournitures d'urgence

Plan d’intervention fédéral-provincial-territorial en matière de santé publique dans les cas d’incidents biologiques : il s’agit d’un document d’orientation fédéral-provincial-territorial (FPT) qui fournit un cadre de gouvernance global pour assurer une réponse intergouvernementale coordonnée du secteur de la santé à des événements de santé publique de nature biologique et d’une gravité, d’une portée ou d’une ampleur qui exigent une intervention FPT coordonnée de haut niveau.

Préparation du Canada en cas de grippe pandémique : Guide de planification pour le secteur de la santé (PCGP) : il s’agit d’un document d’orientation FPT qui décrit comment les administrations collaboreront pour assurer une approche coordonnée et cohérente du secteur de la santé en matière de préparation et d’intervention en cas de pandémie. Bien que le guide soit propre à la pandémie de grippe, la plupart de ses lignes directrices s’appliquent également à d’autres urgences en santé publique. Le Guide se compose d’une section principale qui décrit les principes généraux, les concepts et les objectifs communs, ainsi que d’une série d’annexes techniques qui fournissent des conseils opérationnels et techniques, ainsi que des outils et des listes de vérification sur des éléments précis de la planification en cas de pandémie. Il est mis à jour régulièrement pour tenir compte des nouvelles données probantes et des pratiques exemplaires.

Cadre de travail opérationnel d’aide mutuelle pour des demandes de capacité de pointe de professionnels de la santé : document d’orientation qui propose une approche pancanadienne uniforme et en temps voulu pour la prestation d’aide mutuelle aux professionnels de la santé en cas d’urgence sanitaire. Le cadre définit les rôles et les responsabilités et fournit des processus normalisés pour guider les administrations qui présentent des demandes et des offres d’aide mutuelle et de mobilisation/démobilisation des professionnels de la santé. Il éclaire également un protocole d’entente complémentaire, le Protocole d’entente (PE) sur la prestation d’une aide mutuelle en rapport avec les ressources en santé lors d’une situation d’urgence mettant en cause la santé publique.

Entente multilatérale sur l’échange d’information (EMEI) : il s’agit d’un accord juridique qui établit des normes sur le partage, l’utilisation, la divulgation et la protection des renseignements sur la santé publique dans le cas des maladies infectieuses et des urgences de santé publique de portée internationale. L’EMEI précise quels renseignements sur la santé publique doivent être communiqués et comment ils seront utilisés. Elle permet de déterminer les tendances et les situations d’urgence de santé publique plus rapidement et de réduire le dédoublement des demandes d’information. L’EMEI est également à la base d’un protocole d’entente FPT sur l’échange de l’information pendant les urgences en santé publique. Le protocole d’entente (PE) fournit un cadre pour l’échange d’information entre ses signataires pendant les urgences en santé publique.

Réserve nationale stratégique d’urgence(RNSU) : située au sein de l’ASPC, contient des fournitures que les provinces et les territoires peuvent demander à l’ASPC en cas d’urgence, comme en cas d’éclosions de maladies infectieuses, de catastrophes naturelles et d’autres événements de santé publique, lorsque leurs propres ressources ne sont pas suffisantes. Celles-ci comprennent une variété d’articles comme du matériel et des fournitures médicales, des produits pharmaceutiques et des fournitures destinés aux services sociaux, comme des lits et des couvertures.

Cadre d’éthique en santé publique : Guide pour la réponse à la pandémie de COVID‑19 au Canada : il s’agit d’un cadre destiné aux décideurs et aux professionnels de la santé publique qui prennent des décisions en matière de santé publique dans le contexte de la COVID‑19. La Section 1 énonce les principes d’éthique et les valeurs que les autorités de la santé publique doivent prendre en considération, et la Section 2 établit un cadre pour aider à clarifier les enjeux, à analyser et à évaluer les facteurs à considérer pertinents, et à évaluer les options, afin d’appuyer la prise de décisions dans des situations réelles.

Plans fédéraux d'intervention d'urgence

Plan fédéral d’intervention d’urgence (PFIU) : est le plan d’intervention tous risques du gouvernement du Canada. Le PFIU décrit les processus et les mécanismes nécessaires pour faciliter une intervention pangouvernementale en cas d’urgence. Le PFIU vise à harmoniser les efforts d’intervention d’urgence du gouvernement fédéral avec ceux des gouvernements provinciaux et territoriaux, des organisations non gouvernementales (ONG) et du secteur privé.

Politique fédérale en matière de gestion des urgences (PFGU) : Elle préconise une approche pangouvernementale intégrée et résiliente en matière de planification de la gestion des urgences, qui encourage une prévention, une atténuation, une préparation, une intervention et un rétablissement améliorés en cas d’urgence. Elle fournit des directives aux institutions fédérales sur la détermination et la gestion de tous les risques propres à un mandat précis dans le domaine de responsabilité des institutions fédérales.

Plans et protocoles d'intervention internationaux

Plan nord-américain contre l’influenza animale et la pandémie d’influenza : il décrit comment le Canada, les États‑Unis et le Mexique ont l’intention de renforcer leurs capacités d’intervention en cas d’urgence, ainsi que leur collaboration et leurs capacités trilatérales et intersectorielles, afin de s’entraider et d’assurer une réponse plus rapide et mieux coordonnée aux éclosions de grippe animale ou à une pandémie d’influenza. Ce plan complète les plans nationaux de gestion des urgences de chacun des trois pays.

Global Health Security Initiative (GHSI) : il s’agit d’un partenariat international informel entre des pays et des organisations aux vues similaires pour échanger de l’information et coordonner les pratiques dans le secteur de la santé afin de renforcer la préparation et l’intervention en matière de santé publique à l’échelle mondiale, y compris en cas de pandémie d’influenza.

Règlement sanitaire international (RSI) : il s’agit d’un accord international entre tous les États membres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) visant à renforcer les capacités de détection, de prévention, d’évaluation, de notification et d’intervention en cas d’événements de santé publique. Le Canada a l’obligation légale de respecter les capacités de base en santé publique établies par le RSI.

World Health Organization (WHO) Strategic Response Plan : ce plan décrit les mesures de santé publique que la communauté internationale est prête à fournir pour aider tous les pays à se préparer à la COVID‑19 et à y réagir. Le document (y compris le Plan d’action stratégique) de l’OMS compile les leçons apprises jusqu’à maintenant au sujet du virus SARS‑CoV‑2 et traduit ces connaissances en mesures stratégiques qui peuvent guider les efforts de tous les partenaires nationaux et internationaux lorsqu’ils établissent des plans opérationnels nationaux et régionaux adaptés à leur contexte. Ce plan, comme d’autres documents de l’OMS, est mis à jour tout au long de l’action.

Annexe 2 : Soutien à la modélisation pour la planification à long terme

La modélisation recrée les composantes essentielles des cycles de transmission des pathogènes à partir de notre compréhension de la biologie des pathogènes et de leurs interactions avec leurs hôtes. Les modèles aident à prédire où et quand les maladies infectieuses peuvent émerger ou ressurgir, et ils peuvent être utilisés pour explorer les meilleures méthodes ou combinaisons de méthodes pour contrôler les éclosions de maladies ou les épidémies et protéger la santé des Canadiens. Les modèles peuvent prendre en compte de nouveaux événements au cours de la pandémie, tels que la vaccination ou l’émergence de nouveaux variants préoccupants.

Pour répondre à la COVID‑19, trois grands types de modèles sont utilisés :

  1. Modèles de compartimentation déterministes. Il s’agit de modèles dynamiques de type « Susceptible-Exposed-Infectious-Recovered (SEIR) » (vulnérable-exposé-infectieux-rétabli) dans lesquels la population est divisée dans les classes « vulnérable », « exposé », « infectieux » et « rétabli ». Après avoir été infectés, les membres d’une population passent d’un état à l’autre. Cette structure de base comprend des éléments pour modéliser le SARS‑CoV‑2 et les répercussions des mesures de santé publique, avec plus de réalisme. Ces éléments comprennent les compartiments pour les cas isolés et les contacts « exposés » mis en quarantaine à partir desquels la transmission vers les personnes vulnérables est limitée ou inexistante, des compartiments pour les cas asymptomatiques qui peuvent ou non être détectés par la surveillance, ainsi que les flux vers les compartiments « isolement » et la « mise en quarantaine » qui permettent des variations selon les différents niveaux d’effort de santé publique. Ces modèles sont utilisés pour éclairer les politiques générales à l’échelle nationale, y compris i) l’estimation du nombre de cas, d’hospitalisations et de décès; ii) l’estimation des effets des interventions non pharmaceutiques (INP) (distanciation physique, détection et isolement des cas, recherche des contacts et mise en quarantaine); iii) la conception de programmes de vaccination; iv) la conception de programmes visant à améliorer l’« immunité collective » par l’utilisation d’antiviraux ou de thérapies en combinaison avec la vaccination; et l’estimation de l’effet de l’émergence de nouveaux variants préoccupants sur la transmission de la maladie.
  2. Modèles basés sur l’agent. Il s’agit également de modèles de type SEIR, qui peuvent également être utilisés pour éclairer l’élaboration de stratégies nationales. Toutefois, étant donné qu’ils permettent de simuler la transmission de la maladie de façon assez détaillée, à l’intérieur d’un domicile, d’un lieu de travail, d’un espace de loisirs, entre autres, et entre eux, ils sont particulièrement utiles pour la prise de décisions au niveau communautaire individuel concernant les besoins en INP et les stratégies pour assouplir les fermetures restrictives.
  3. Modèles de ramification. Il s’agit d’un ajout plus récent aux types de modèles utilisés pour la COVID‑19. Ces modèles évaluent simplement les facteurs qui provoquent l’expansion ou l’extinction d’une chaîne de transmission unique. Ils servent à évaluer les besoins en matière de contrôle de la transmission dans les lieux de travail et les établissements.

L’ASPC a élaboré des modèles qui peuvent être partagés, et elle recourt invariablement à la modélisation pour appuyer ses décisions. Le groupe d’experts externe sur la modélisation de la COVID‑19 de l’ASPC a été mis sur pied en février 2020 et réunit actuellement 33 membres provenant de 21 universités canadiennes, ainsi que 43 membres d’autres ministères et organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux de santé publique. Il réunit la majorité des chefs des groupes de modélisation des maladies infectieuses dans les universités canadiennes et permet d’appuyer les besoins en modélisation aux fins de la prise de décisions.

Annexe 3 : Planification de la réponse à la COVID 19 avec les collectivités autochtones

Services aux Autochtones Canada (SAC), l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et les partenaires d’intervention FPT ont participé à diverses activités visant à soutenir l’intervention relative à la COVID‑19 dans les communautés et les organisations des Premières Nations, des Inuits et des Métis, notamment aux travaux du Groupe de travail FPTA sur la santé publique dans les collectivités éloignées et isolées du CCS. Ces activités de soutien sont résumées ci-dessous.

  • Préparation : Ressources pour appuyer les mises à jour et l’activation de la planification en cas de pandémie; accès aux fournitures médicales et à l’EPI; formation; lignes directrices.
  • Ressources humaines en santé : Ressources pour appuyer la capacité d’appoint des ressources humaines de la santé, y compris le soutien du personnel infirmier, médical et paramédical, ainsi que les services d’affrètement pour amener les ressources humaines de la santé dans les collectivités en réduisant le service aérien commercial.
  • Infrastructure : Ressources pour fournir des solutions d’hébergement temporaire et pour appuyer les collectivités dans leurs efforts de réaménagement des espaces existants afin d’offrir des espaces d’évaluation et d’appoint sécuritaires, et mesures de soutien d’appoint supplémentaires pour les composantes de la chaîne d’approvisionnement en aliments, en eau et autres, coordination de vols nolisés pour assurer la disponibilité de fournitures et de professionnels pour les infrastructures essentielles.
  • Prévention et contrôle des infections (PCI) : Échange continu d’information (c.-à-d. orientations sur les mesures de santé publique et promotion de mesures sanitaires personnelles pour les personnes et les fournisseurs de soins de santé), formation et augmentation de la capacité d’appuyer l’intervention communautaire, y compris des messages d’intérêt des conseils sur public dans les langues autochtones. Prestation de formations pour les travailleurs communautaires et les fournisseurs de soins de santé sur la PCI. Financement continu des collectivités et des fournisseurs de services pour accroître leur capacité de prévention et de contrôle des infections, y compris les écoles gérées par les Premières Nations, les foyers d’hébergement, les refuges pour victimes de violence familiale et les centres d’amitié.
  • Tests de dépistage : Des ressources pour développer la capacité à effectuer des tests de dépistage de la COVID‑19, y compris la fourniture d’écouvillons de test et de dispositifs et cartouches de test au point de service.
  • Gouvernance : Continuer à travailler avec les partenaires des Premières Nations, des Inuits et des Métis, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), Santé Canada, le Centre des opérations du gouvernement de Sécurité publique Canada et d’autres ministères, ainsi que leurs homologues provinciaux et territoriaux, pour se doter d’une approche canadienne coordonnée et uniforme en réponse à la COVID‑19 afin de protéger la santé et la sécurité de toutes les Premières Nations et de tous les Inuits et les Métis, peu importe l’endroit où ils vivent.
  • Communications : Continuer à développer et à diffuser à grande échelle de messages au moyen du guichet unique de communications sur la COVID‑19 du Ministère pour les réseaux en produisant des messages d’intérêt public dans plusieurs langues autochtones. Utilisation des médias numériques pour atteindre davantage les intervenants au moyen de communications comme des mesures de santé publique et le maintien d’un référentiel en ligne, accessible au public, des ressources relatives à la COVID‑19 pertinentes pour les peuples autochtones dans plusieurs langues et formats. Les appels multilatéraux avec des partenaires aux niveaux national et régional continuent.
  • Surveillance : Adaptation de l’outil de surveillance de la grippe du Ministère pour faire le suivi de la COVID‑19 dans les collectivités des Premières Nations et élaboration d’un outil de suivi pour éclairer des tableaux de bord sur les indicateurs clés de la COVID‑19. Les données relatives aux cas de COVID‑19 sont régulièrement mises à jour sur la page Web de SAC sur la COVID‑19. SAC continue de financer et de faciliter les partenariats avec des initiatives de données fondées sur les distinctions et dirigées par des Autochtones. L’ASPC travaille avec les provinces et les territoires pour soutenir la collecte de renseignements sur les cas de COVID‑19 et la vaccination, y compris la race/ethnicité et l’indigénéité, afin de mieux comprendre les répercussions de la COVID‑19 et d’éclairer la planification et les mesures d’intervention.
  • Planification de la réponse aux vaccins : Collaborer avec les ministères fédéraux, les provinces et les territoires, ainsi qu’avec les partenaires des Premières Nations, des Inuits et des Métis, pour veiller à ce que les établissements de santé des communautés autochtones disposent des fournitures de vaccination, de l’EPI et des ressources humaines nécessaires pour administrer le vaccin lorsqu’il est disponible. L’animation de deux groupes de travail sur la planification des vaccins contre la COVID‑19, avec des représentants des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, ainsi que des partenaires des Premières Nations, des Inuits et des Métis, afin d’élaborer conjointement des approches visant à favoriser l’accès aux vaccins contre la COVID‑19 pour les communautés et populations autochtones, y compris les peuples autochtones vivant en milieu urbain.

Compte tenu des connaissances et de la rétroaction acquises à ce jour, une collaboration et un financement continus sont nécessaires pour aider les collectivités et les organisations des Premières Nations, des Inuits et des Métis à faire face à toute augmentation subite des cas ou résurgences futures. Accès continu à des fournitures de dépistage en temps opportun, à des laboratoires PT pour le traitement et la communication de résultats, y compris des tests au point de prestation pour les collectivités nordiques, éloignées et isolées et capacité à détecter les variants préoccupants.

L’accès à des soins pour traiter les symptômes plus graves de la COVID‑19 dans les collectivités éloignées et isolées exige également que des ententes permanentes, ou de nouvelles ententes, soient conclues pour assurer un nombre suffisant de lits dans les hôpitaux au sud du 60e parallèle, afin d’appuyer le traitement des Autochtones vivant dans des collectivités nordiques, éloignées et/ou isolées sans ce type de service. Dans les collectivités où il y a des établissements de soins de longue durée ou des résidences pour personnes âgées, il est important d’avoir accès à des ressources adéquates pour appuyer leur planification visant à assurer la sécurité et la santé des Aînés – y compris le financement pour prendre des mesures de base de prévention des infections (EPI, vaccin antigrippal à forte dose, matériel de nettoyage, etc.), ainsi que des mesures de santé publique techniques.

En prenant appui sur les leçons tirées de la grippe H1N1, nous savons que les écarts de longue date en matière de santé publique et les disparités en matière de santé entre les Premières Nations, les Inuits et les Métis, et les Canadiens non autochtones augmentent la probabilité et la gravité potentielle d’une éclosion de COVID‑19 dans les collectivités autochtones, et nous l’avons constaté lors de la deuxième vague de la maladie. Ces disparités sont souvent exacerbées dans les collectivités éloignées ou accessibles uniquement par avion, où l’accès aux fournitures et aux services de soins de santé nécessaires est limité comparativement aux collectivités non autochtones. Nous savons également que pendant la grippe H1N1, les données pour les populations des Premières Nations, des Inuits et des Métis n’ont pas été saisies de façon uniforme ou d’une façon qui permet de soutenir les collectivités dans leurs efforts de préparation et d’intervention. Le gouvernement fédéral a adopté une approche fondée sur les distinctions pour veiller à ce que les droits, les intérêts et la situation uniques des Premières Nations, les Inuits et les Métis soient reconnus, confirmés et mis en œuvre. Dans ce contexte, il tient compte des particularités culturelles et socioéconomiques de chacune des nations autochtones concernées. Il est nécessaire de procéder à une analyse dirigée par les Autochtones et fondée sur les distinctions des données sur la COVID‑19 pour faire progresser des approches culturellement appropriées et fondées sur la science pour les collectivités des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Les activités de surveillance sont essentielles à l’obtention de renseignements sur les interventions en santé publique en cas de pandémie. Elles appuient la détection précoce et la description des menaces pour la santé au Canada, y compris dans les collectivités des Premières Nations dans des réserves. Pour être en mesure de prendre des décisions éclairées, les décideurs et les dirigeants de l’ensemble du système ont besoin de données fiables sur la santé publique. Les données existantes sur la qualité et les lacunes des services en ce qui concerne les populations des Premières Nations, des Inuits et des Métis vivant dans des réserves et hors réserve, sont essentielles pour répondre efficacement aux futures vagues de COVID‑19 touchant cette population et protéger leur santé et leur sécurité en leur donnant l’accès aux soins requis.

La stratégie/approche, les actions et les résultats attendus de ces préparatifs à court, moyen et long terme sont présentés ci-dessous.

À court terme :

À court terme, il faut poursuivre le travail pour s’assurer que les communautés et les organisations des Premières Nations, des Inuits et des Métis ont accès aux fournitures nécessaires (p. ex. EPI, vaccins et fournitures administratives connexes), aux ressources humaines et au financement pour soutenir la réponse à la COVID‑19 et la planification des vagues futures. La planification de la vaccination est une priorité à court terme et se fait par le biais d’efforts de collaboration au sein de groupes de travail afin de faciliter un accès culturellement sûr et équitable au vaccin contre la COVID‑19 pour tous les peuples autochtones, quel que soit leur lieu de résidence. Des communications concernant les vaccins sont élaborées et diffusées dans plusieurs langues autochtones, en partenariat avec des leaders et des organisations autochtones, afin de renforcer la confiance dans la vaccination. SAC et l’ASPC continuent de travailler avec leurs partenaires pour plaider en faveur de la priorisation de l’accès des peuples autochtones au vaccin contre la COVID‑19. Il est nécessaire de poursuivre les travaux sur la surveillance et le suivi de l’administration des vaccins contre la COVID‑19, qui sont en cours avec les ministères fédéraux, les provinces et territoires ainsi que les partenaires autochtones. Il est essentiel d’avoir des ressources pour appuyer la collecte, la gouvernance et l’infrastructure de données dirigées par les Autochtones afin d’optimiser l’utilisation des données à long terme au Canada. Il faut des ressources pour renforcer le soutien en santé publique dirigé par la collectivité, la communication et les renseignements culturellement adaptés et les travaux, ainsi que de la formation et le renforcement des capacités pour appuyer ces fonctions.

À moyen terme :

Au fur et à mesure que le déploiement des vaccins contre la COVID‑19 se poursuivra et que l’approvisionnement en vaccins augmentera, le suivi et les rapports sur l’utilisation et l’efficacité des vaccins seront essentiels. SAC continuera également à œuvrer pour accroître la confiance dans les vaccins, en s’appuyant sur les enseignements tirés du déploiement précoce des vaccins. Il faut continuer à travailler pour appuyer l’accès aux soins des patients, ainsi que le travail des travailleurs communautaires et du personnel infirmier dans les collectivités nordiques, éloignées ou isolées, et il est nécessaire d’augmenter le financement pour la télémédecine et les fournisseurs de soins de santé virtuels. Cela permettra d’éviter un arriéré dans les rendez-vous chez les médecins ou les spécialistes après la COVID‑19 et facilitera l’accès à des soins en temps opportun qui favoriseront de meilleurs résultats pour la santé. Une surveillance continue des feux de forêt et des inondations dans le contexte d’éventuelles évacuations et planification à la lumière de la COVID‑19 sera maintenue au cours de l’été et de l’automne.

À long terme :

À l’automne, la planification des cliniques de vaccination contre la grippe devra s’appuyer sur l’épidémiologie locale actuelle de la COVID‑19, en tenant compte des mesures de santé publique existantes. Au fur et à mesure que la propagation de la COVID‑19 dans les communautés diminue et que la couverture vaccinale augmente, SAC et les responsables FPT de la santé publique soutiendront les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis dans la réouverture des économies et des conseils pour l’ajustement et la levée éventuelle des mesures de santé publique individuelles et communautaires après l’évaluation des indicateurs de l’état de préparation. Poursuite du travail de suivi de l’adoption et de l’efficacité des vaccins. SAC travaillera avec ses partenaires pour faciliter les examens après action qui permettront d’éclairer le financement et la planification de la gestion des urgences pour les futures pandémies.

Les signaux de haut niveau qui exigeraient un changement aux calendriers ou à la stratégie ou l’approche, ainsi que les mesures et les produits livrables subséquents, comprennent les suivants :

  • la propagation des variants préoccupants dans la communauté;
  • cas actifs continus et prolongés – soit lents, soit dans un scénario d’éclosion communautaire;
  • les signaux et les risques de propagation dans la collectivité, où les collectivités peuvent être plus à risque en raison de leur emplacement géographique;
  • accès à des soins de santé pour traiter des symptômes plus graves;
  • pressions exercées sur le système pour les évacuations sanitaires en cas de besoin accru dans les PT;
  • changements du taux d’hospitalisation, du taux d’admission aux soins intensifs, du taux de mortalité des cas;
  • taux de reproduction;
  • éclosions dans les établissements de soins de longue durée ou les pavillons des aînés;
  • changement de la répartition âge/sexe des cas.

Références

Note de bas de page 1

Abrams, E.M. et Szefler, S.J., 2020. COVID‑19 and the impact of social determinants of health. The Lancet. Respiratory Medicine.

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Note de bas de page 2

Cockerham, W.C., Hamby, B.W., Oates, G.R. The Social Determinants of Chronic Disease. American Journal of Preventative Medicine. Volume 52, numéro 1, supplément 1, janvier 2017, pages S5-S12. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5328595/

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Note de bas de page 3

Supplément à : Dehingia N, Raj A. Sex differences in COVID‑19 case fatality: do we know enough? Lancet Glob Health 2020 ; publié en ligne le 5 novembre. http://dx.doi.org/10.1016/S2214-109X(20)30464-2. Disponible à : https://www.thelancet.com/cms/10.1016/S2214-109X(20)30464-2/attachment/13cc9566-cd27-4d95-b590-b65637439d12/mmc1.pdf

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Note de bas de page 4

Maladie à coronavirus de 2019 (COVID‑19) : Mise à jour quotidienne sur l’épidémiologie Accessible sur https://sante-infobase.canada.ca/covid-19/resume-epidemiologique-cas-covid-19.html

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Note de bas de page 5

Statistique Canada, Enquête sur la population active, mai 2020. Disponible à : https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/200605/dq200605a-fra.htm

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Note de bas de page 6

Statistique Canada, Répercussions économiques de la COVID‑19 chez les groupes de minorité visible. Disponible à :https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/45-28-0001/2020001/article/00042-fra.htm?HPA=1

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Note de bas de page 7

Commission canadienne des droits de la personne. Déclaration – Les inégalités amplifiées par la crise de la COVID‑19. Disponible à : https://www.chrc-ccdp.gc.ca/fra/contenu/declaration-les-inegalites-amplifiees-par-la-crise-de-la-covid-19

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Note de bas de page 8

Santé publique Ontario, Examen rapide : Mesures communautaires de santé publique en situation de pandémie (dont la COVID‑19) : répercussions négatives sur les enfants et les familles Disponible à : https://www.publichealthontario.ca/-/media/documents/ncov/cong/2020/06/covid-19-negative-impacts-public-health-pandemic-families.pdf?la=fr

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Note de bas de page 9

Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, Conséquences de la fermeture des écoles. Disponible à : https://fr.unesco.org/covid19/educationresponse/consequences

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Note de bas de page 10

Organisation mondiale de la Santé, COVID‑19 : Relevé épidémiologique hebdomadaire, 25 février 2021, édition spéciale : Propositions de définitions de travail des variants d’intérêt et des variants préoccupants du SRAS‑CoV‑2. Disponible à https://www.who.int/docs/default-source/coronaviruse/situation-reports/20210225_weekly_epi_update_voc-special-edition.pdf?sfvrsn=1eacfa47_7&download=true

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Note de bas de page 11

Agence de la santé publique du Canada. (19 février 2021). Le point sur la COVID‑19 au Canada : Épidémiologie et modélisation. Disponible à : https://www.canada.ca/content/dam/phac-aspc/documents/services/diseases-maladies/coronavirus-disease-covid-19/epidemiological-economic-research-data/update-covid-19-canada-epidemiology-modelling-20210219-fr.pdf

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Note de bas de page 12

Riley et coll., (23 février 2021). REACT-1 round 9 interim report : downward trend of SARS-CoV-2 in England in February 2021 but still at high prevalence [pre-print]. medRxiv. Disponible à : https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2021.02.18.21251973v1

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Note de bas de page 13

Plan de vaccination du Canada contre la COVID‑19 : sauver des vies et protéger les moyens de subsistance Disponible à : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies/2019-nouveau-coronavirus/reponse-canada/plan-vaccination-canada-contre-covid-19.html

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Note de bas de page 14

Déclaration de manifestations cliniques inhabituelles (MCI) à la suite d’une immunisation au Canada : Guide de l’utilisateur pour remplir et soumettre les rapports de déclaration de MCI. Disponible à l’adresse suivante : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/immunisation/declaration-manifestations-cliniques-inhabituelles-suite-immunisation/guide-utilisateur-remplir-soumettre-rapports-declaration-mci.html

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Note de bas de page 15

Krishnan, L., Ogunwole, S. M., et Cooper, L. A. (2020). Historical Insights on Coronavirus Disease 2019 (COVID‑19), the 1918 Influenza Pandemic, and Racial Disparities: Illuminating a Path Forward. Annals of Internal Medicine. https:// doi:10.7326/M20-2223

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